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Message par Shamrock le Lun 8 Juil 2013 - 15:05

Voilà, je me décide enfin à vous mettre quelques textes de moi... Smile sur tout et rien.
Bonne lecture ! Smile

L’agonie d’un titan

Après une semaine de randonnées en moyenne montagne, j’avais voulu aller voir le glacier. Prendre le téléphérique pour grimper dans les hauteurs impossibles, puis admirer, tout simplement.
Je m’imaginais déjà contempler l’immense masse blanche dans le mutisme brut de la montagne minérale. Si belle dans ce silence.
Mais le glacier se mourait lentement. Il reculait tel une armée vaincue, laissant à nu la roche gris sombre qu’il avait lentement polie par sa force titanesque. Et il était du gris sale de la poussière de roche, sa belle glace blanche fondant implacablement.
Et, pire encore, les hommes avaient fait de ce glacier agonisant et devenu vulnérable une piste de skis. La neige avait été modelée ; des tire-fesses avaient été installés partout.
Comme en hiver, sauf que l’on était au mois d’août.
Et les hommes descendaient en glissant sur la courte pente puis ils remontaient en téléskis, puis ils redescendaient et remontaient puis redescendaient et remontaient…  
La foule – car ils étaient si nombreux que c’était bien une foule qui avait envahi cet espace –, la foule glapissante avait fait disparaître le silence sublime qui avait régné ici durant des millénaires.
Des hommes étaient prêts à payer, et cher, pour pouvoir faire du ski en été. Alors d’autres hommes en profitaient ; ils construisaient et faisaient payer, et encaissaient.
Les hommes, cupides, détruisent les lieux de beauté, pour le même et éternel désir : l’argent. Toujours l’argent. Sont-ils si aveugles à la beauté du monde ? N’ont-ils aucun respect pour ces étendues sauvages ?
Il y a deux cent ans, aucun homme n’osait pénétrer dans le territoire de la haute montagne, craint et sacré. Il y a cent ans, quelques humains s’y aventuraient ; ils découvraient des lieux dangereux mais sublimes. Maintenant, les mécaniques ont rendu accessibles presque tous les endroits de la Terre. Les lieux sauvages en ont perdu leur caractère sacré ; on peut même s’y amuser…
Les yeux d'amour

Relève les yeux, petite fille. Relève les yeux et tu trouveras, en face de toi, deux perles lumineuses, qui te contemplent calmement, doucement.
Ne t’effraie pas, et ose pénétrer ces deux yeux couleur d’or sombre qui te fixent avec affection. Ils s’attachent, se préoccupent, s’inquiètent.
Chaque fois que tu lèveras ton regard, ils seront là. Assidus, fidèles, obstinés. Ils seront là pour te prouver un amour inébranlable.
Alors, à chaque fois que tu ressentiras la peur ou tu te mésestimeras, à chaque fois que tu subiras la honte, le déshonneur ou le mépris, ils seront là. Et, à chaque fois que tu le nécessiteras, tu pourras plonger ton regard dans ce regard et y lire que tu ne mérites pas les violences que l’on te fait, parce que tu es magnifique, tu es merveilleuse, tu es belle. Pour ce regard, tu es unique, précieuse, sacrée.
À mesure que tu sentiras la fidélité de ce regard, petit à petit, se glissera en toi cette idée incongrue, absurde, impossible que tu es véritablement belle.
Et chaque malheureuse fois où tu en douterais, les yeux seront toujours là pour te le confirmer.
L'appel de la montagne

Un jour, un homme, au hasard d’un instant solitaire, s’éloignera de son groupe de touristes aveugles et se retrouvera seul.
Relevant la tête, dans l’intimité de la solitude, il prendra la montagne en pleine face. Il sera pris d’une ivresse devant les immensités vertigineuses qui sembleront vouloir l’aspirer, il goûtera le silence vierge de la nature minérale, il se sentira touché par ce sublime quasi divin qui s’adresse à lui. Et émergera en lui une sensation d’apparence magnifique, terrible et totale, attirante mais impressionnante, rassurante par sa paix mais terrorisante par sa grandeur.
Mais, dérouté par l’étrangeté de cette ivresse, effrayé par l’inconnu grandiose du sublime, il tentera d’oublier cette invite de la montagne ; il ira vite rejoindre ses semblables, se réfugier dans le vacarme de la foule qui étoufferait cette voix, se rassurer au contact de ces êtres de chair, chétifs, fragiles et mortels comme lui-même.
Mais cet appel de l’immensité auquel nul homme ne peut résister, il le gardera en lui à jamais. Il restera hanté par le manque indéfinissable d’une chose magnifique qu’il n’aura pu obtenir. Et, inconsciemment, aveuglément, désespérément, il cherchera tout le reste de sa vie à retrouver cette béatitude. Il tentera bien de se réfugier dans un parc près de chez lui, mais ces imitations de nature étouffées dans la ville ne lui parleront pas. Il regardera bien des films écologistes qui idolâtrent la nature mais ces procurations ne le rempliront pas. Il ira questionner les religions mais ces extases artificielles lui sembleront si fades.
Alors, autant que sa vie sociale le lui permettra, il reviendra dans la montagne, dépendant à jamais, plus fidèle qu’un amant, qu’un sujet ou qu’un disciple.
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Message par Shamrock le Dim 7 Juin 2015 - 0:31

Poème écrit quand j'ai découvert ma douance :
encore moi a écrit:La ville est fête et joie, partout vit la lumière.
Tous s’amusent sans moi, recluse, prisonnière.
J’entends de ma nuit les hommes qui rient et dansent
Mais les chants et les rires ne me sont que stridences.
Étrangère incomprise, seule en la multitude.
Solitudes… Ami, nouons nos solitudes,
Nous sommes si semblables dans notre différence.

Je sais lire en les hommes, serais-je sorcière ?
Pas de masque ou vernis, de leur cœur tout m’est clair.
Leurs absurdes manies, leur pauvre insouciance
Et leurs hypocrisies, leur constante violence.
De cette masse humaine, je sens l’incertitude.
Solitudes… Ami, nouons nos solitudes,
Nous sommes si semblables dans notre différence.

Je suis d’être lucide ermite involontaire
Sans maison ni racines, vagabond' sur la terre.
Ni amis ni amours, ni bonheur de l’enfance.
Je n’ai qu’un seul ami sincère : le silence.
Me pèse d’être seule et quelle lassitude.
Solitudes… Ami, nouons nos solitudes,
Nous sommes si semblables dans notre différence.

Dans l’immense cité, dans ses rues tristes, j’erre
Quand aux vents du hasard, je te croise, mon frère.
Ami, je sens en ton cœur la même différence.
Tes yeux sourient aux miens, c’est la fin de l’errance.
Je bénis le hasard, pleine de gratitude.
Solitudes… Ami, nouons nos solitudes,
Nous sommes si semblables dans notre différence.
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Message par PierreZ le Lun 22 Juin 2015 - 16:34

J'aime tes yeux d'amour, et ce qui les entoure Wink
La solitude, en nous, se noue, du déni, de niais, devenir... haha

La ville est une montagne ! Par le gris et le vide, dans l'horizontal, la transversale...
La ville est une montagne de tristesse... duquel de par ses rues étroits, l'on trempe nos tempêtes !

Et l'on erre et l'on air, les soeurs et les frères... dans les longues avenues, de nos mutuelles perditions ...

Nous sommes si semblables, nous sommes saucissons... fourrés des forêts de nos honneurs décorés...
Nous sommes saucisson et, au nom du Sacristie ! Je noue ma saucisse avec la tienne...

Bénissons, bénissons ! haha

Sorcière bénie ... au bûcher elle brûle, la beauté...

Soyons ivres, écorchés titanisés de

Notre Dame de

silence ~

~


Spoiler:

:3

PierreZ

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