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Message par dessein Ven 7 Juin 2013 - 15:27







gene, anar malin devant l'éternel, dans les films à large audience
avez vous noté l'agent de police castrateur à la fin de la pluie...
hello dolly c'est lui a la realisation et louis a la trompette

Gene Kelly 1912 ^1996


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Message par dessein Ven 7 Juin 2013 - 15:46

Marguerite, les mots du dedans pour la société du dehors....



apesanteurs Marguerite-yourcenar-un-homme-obscur

"La principale difficulté d'Un homme obscur était de montrer un individu à peu près inculte formulant silencieusement sa pensée sur le monde qui l'entoure(...). Nathanaël est de ceux qui pensent presque sans l'intermédiaire des mots, (...) [un] quasi-autodidacte nullement simple, mais délesté à l'extrême, se méfiant instinctivement de ce que les livres qu'il feuillette, les musiques qu'il lui arrive d'entendre, (...) sans préjugé dans tout ce qui touche à la vie des sens, (...) prenant la science et la philosophie pour ce qu'elles sont, et surtout pour ce que sont les savants et les philosophes qu'il rencontre, et levant sur le monde un regard d'autant plus clair qu'il est dépourvu d'orgueil."
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Message par dessein Ven 7 Juin 2013 - 16:00

Maurizio, mon grand père,

deux cravates, pas d'interview,
capable de faire du stockhausen avec des mitaines en plein pleyel (j'avoue c'était chiant mais mon môme s'est marré)




apesanteurs Dgg59645


lachez le avec chopin, et regarder le contre berlusconi si vous parlez italien

Maurizio Pollini est le né le 5 janvier 1942

http://www.deutschegrammophon.com/fr/ontour/?ART_ID=POLMA
attention il faut reserver longtemps a l'avance il vient une a deux fois par an a Paris


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Message par dessein Ven 7 Juin 2013 - 16:40

Ella, ma grand -mère



avec louis encore


et si vous voulez savoir oh combien la lune est loin
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Message par dessein Dim 9 Juin 2013 - 19:46


"Chanel’s mastery of raw materials and orchestration shines through. Starting with a tremendous leafy-peppery green as of the earthy breath of a lush jungle after a storm, the genius of 19 lies inmaintaining this unripe greenness like a tense unresolved musical chord to the very end, without succumbing to sweetness. The rigor of intellectual elegance and restraint. An absolute masterpiece."
Luca Turin

apesanteurs Chanel_n_19_extrait_de_parfum



et ce livre inracontable, une merveille mêlant aventure, science et plaisir (que j'avais trouvé à la bibliothèque)

apesanteurs 9782746705227

http://en.wikipedia.org/wiki/Luca_Turin
(préférer le guide des parfums dans sa version originale)
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Message par dessein Dim 9 Juin 2013 - 23:31

apesanteurs Pinter03

Harold Pinter, discours de réception du Prix Nobel Conspiration Littérature 2005

"En 1958 j’ai écrit la chose suivante :

« Il n’y a pas de distinctions tranchées entre ce qui est réel et ce qui est irréel, entre ce qui est vrai et ce qui est faux. Une chose n’est pas nécessairement vraie ou fausse ; elle peut être tout à la fois vraie et fausse. »

Je crois que ces affirmations ont toujours un sens et s’appliquent toujours à l’exploration de la réalité à travers l’art. Donc, en tant qu’auteur, j’y souscris encore, mais en tant que citoyen je ne peux pas. En tant que citoyen, je dois demander : Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ?

La vérité au théâtre est à jamais insaisissable. Vous ne la trouvez jamais tout à fait, mais sa quête a quelque chose de compulsif.Cette quête est précisément ce qui commande votre effort. Cette quête est votre tâche. La plupart du temps vous tombez sur la vérité par hasard dans le noir, en entrant en collision avec elle, ou en entrevoyant simplement une image ou une forme qui semble correspondre à la vérité, souvent sans vous rendre compte que vous l’avez fait. Mais la réelle vérité, c’est qu’il n’y a jamais, en art dramatique, une et une seule vérité à découvrir. Il y en a beaucoup. Ces vérités se défient l’une l’autre, se dérobent l’une à l’autre, se reflètent, s’ignorent, se narguent, sont aveugles l’une à l’autre. Vous avez parfois le sentiment d’avoir trouvé dans votre main la vérité d’un moment, puis elle vous glisse entre les doigts et la voilà perdue.

On m’a souvent demandé comment mes pièces voyaient le jour. Je ne saurais le dire. Pas plus que je ne saurais résumer mes pièces, si ce n’est pour dire voilà ce qui s’est passé. Voilà ce qu’ils ont dit. Voilà ce qu’ils ont fait.

La plupart des pièces naissent d’une réplique, d’un mot ou d’une image. Le mot s’offre le premier, l’image le suivant souvent de près. Je vais vous donner deux exemples de répliques qui me sont venues à l’esprit de façon totalement inattendue, suivies par une image, que j’ai moi-même suivie.

Les pièces en question sont Le Retour et C’était hier. La première réplique du Retour est « Qu’est-ce que tu as fait des ciseaux ? » La première réplique de C’était hier est « Bruns ».

Dans un cas comme dans l’autre je n’avais pas d’autres indications.

Dans le premier cas, quelqu’un, à l’évidence, cherchait une paire de ciseaux et demandait où ils étaient passés à quelqu’un d’autre dont il soupçonnait qu’il les avait probablement volés. Mais d’une manière ou d’une autre je savais que la personne à qui on s’adressait se fichait éperdument des ciseaux, comme de celui qui posait la question, d’ailleurs.

« Bruns » : je présumais qu’il s’agissait de la description des cheveux de quelqu’un, les cheveux d’une femme, et que cela répondait à une question. Dans l’un et l’autre cas, je me suis trouvé contraint de poursuivre la chose. Tout se passait visuellement, un très lent fondu, passant de l’ombre à la lumière.

Je commence toujours une pièce en appelant les personnages A, B et C.

Dans la pièce qui est devenue Le Retour je voyais un homme entrer dans une pièce austère et poser sa question àun homme plus jeune, assis sur un affreux canapé, le nez dans un journal des courses. Je soupçonnais vaguement que A était un père et que B était son fils, mais je n’en avais aucune preuve. Cela s’est néanmoins confirmé un peu plus tard quand B (qui par la suite deviendrait Lenny) dit à A (qui par la suite deviendrait Max), « Papa, tu permets que je change de sujet ? Je voudrais te demander quelque chose. Ce qu’on a mangé au dîner tout à l’heure, ça s’appelait comment ? Tu appelles ça comment ? Pourquoi tu n’achètes pas un chien ? Tu es un cuisinier pour chiens. Franchement. Tu crois donc que tu fais la cuisine pour une bande de chiens. 1  » Donc, dès lors que B appelait A « Papa », il me semblait raisonnable d’admettre qu’ils étaient père et fils. A, manifestement, était aussi le cuisinier et sa cuisine ne semblait pas être tenue en bien haute estime. Cela voulait-il dire qu’il n’y avait pas de mère ? Je n’en savais rien. Mais, comme je me le répétais à l’époque, nos débuts ne savent jamais de quoi nos fins seront faites.

« Bruns. » Une grande fenêtre. Ciel du soir. Un homme, A (qui par la suite deviendrait Deeley), et une femme, B (qui par la suite deviendrait Kate), assis avec des verres. « Grosse ou mince ? » demande l’homme. De qui parlent-ils ? C’est alors que je vois, se tenant à la fenêtre, une femme, C (qui par la suite deviendrait Anna), dans une autre qualité de lumière, leur tournant le dos, les cheveux bruns.

C’est un étrange moment, le moment où l’on crée des personnages qui n’avaient jusque-là aucune existence. Ce qui suit est capricieux, incertain, voire hallucinatoire, même si cela peut parfois prendre la forme d’une avalanche que rien ne peut arrêter. La position de l’auteur est une position bizarre. En un sens, les personnages ne lui font pas bon accueil. Les personnages lui résistent, ils ne sont pas faciles à vivre, ils sont impossibles à définir. Vous ne pouvez certainement pas leur donner d’ordres. Dans une certaine mesure vous vous livrez avec eux à un jeu interminable, vous jouez au chat et à la souris, à colin-maillard, à cache-cache. Mais vous découvrez finalement que vous avez sur les bras des êtres de chair et de sang, des êtres possédant une volonté et une sensibilité individuelle bien à eux, faits de composantes que vous n’êtes pas en mesure de changer, manipuler ou dénaturer.

Le langage, en art, demeure donc une affaire extrêmement ambiguë, des sables mouvants, un trampoline, une mare gelée qui pourrait bien céder sous vos pieds, à vous l’auteur, d’un instant à l’autre.

Mais, comme je le disais, la quête de la vérité ne peut jamais s’arrêter. Elle ne saurait être ajournée, elle ne saurait être différée. Il faut l’affronter là, tout de suite.

Le théâtre politique présente un ensemble de problèmes totalement différents. Les sermons doivent être évités à tout prix. L’objectivité est essentielle. Il doit être permis aux personnages de respirer un air qui leur appartient. L’auteur ne peut les enfermer ni les entraver pour satisfaire le goût, l’inclination ou les préjugés qui sont les siens. Il doit être prêt à les aborder sous des angles variés, dans des perspectives très diverses, ne connaissant ni frein ni limite, les prendre par surprise, peut-être, de temps en temps, tout en leur laissant la liberté de suivre le chemin qui leur plaît. Ça ne fonctionne pas toujours. Et la satire politique, bien évidemment, n’obéit à aucun de ces préceptes, elle fait même précisément l’inverse, ce qui est d’ailleurs sa fonction première.

Dans ma pièce L’Anniversaire il me semble que je lance des pistes d’interprétation très diverses, les laissant opérer dans une épaisse forêt de possibles avant de me concentrer, au final, sur un acte de soumission.

Langue de la montagne ne prétend pas opérer de manière aussi ouverte. Tout y est brutal, bref et laid. Les soldats de la pièce trouvent pourtant le moyen de s’amuser de la situation. On oublie parfois que les tortionnaires s’ennuient très facilement. Ils ont besoin de rire un peu pour garder le moral. Comme l’ont bien évidemment confirmé les événements d’Abu Ghraib à Bagdad. Langue de la montagne ne dure que vingt minutes, mais elle pourrait se prolonger pendant des heures et des heures, inlassablement, répétant le même schéma encore et encore, pendant des heures et des heures.

Ashes to Ashes, pour sa part, me semble se dérouler sous l’eau. Une femme qui se noie, sa main se tendant vers la surface à travers les vagues, retombant hors de vue, se tendant vers d’autres mains, mais ne trouvant là personne, ni au-dessus ni au-dessous de l’eau, ne trouvant que des ombres, des reflets, flottant ; la femme, une silhouette perdue dans un paysage qui se noie, une femme incapable d’échapper au destin tragique qui semblait n’appartenir qu’aux autres.

Mais comme les autres sont morts, elle doit mourir aussi.

Le langage politique, tel que l’emploient les hommes politiques, ne s’aventure jamais sur ce genre de terrain, puisque la majorité des hommes politiques, à en croire les éléments dont nous disposons, ne s’intéressent pas à la vérité mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir. Pour maintenir ce pouvoir il est essentiel que les gens demeurent dans l’ignorance, qu’ils vivent dans l’ignorance de la vérité, jusqu’à la vérité de leur propre vie. Ce qui nous entoure est donc un vaste tissu de mensonges, dont nous nous nourrissons.

Comme le sait ici tout un chacun, l’argument avancé pour justifier l’invasion de l’Irak était que Saddam Hussein détenait un arsenal extrêmement dangereux d’armes de destruction massive, dont certaines pouvaient être déchargées en 45 minutes, provoquant un effroyable carnage. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai. On nous disait que l’Irak entretenait des relations avec Al Qaïda et avait donc sa part de responsabilitédans l’atrocité du 11 septembre 2001 à New York. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai. On nous disait que l’Irak menaçait la sécurité du monde. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai.

La vérité est totalement différente. La vérité est liée à la façon dont les États-Unis comprennent leur rôle dans le monde et la façon dont ils choisissent de l’incarner.

Mais avant de revenirau temps présent, j’aimerais considérer l’histoire récente, j’entends par là la politique étrangère des États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je crois qu’il est pour nous impératif de soumettre cette période à un examen rigoureux, quoique limité, forcément, par le temps dont nous disposons ici.

Tout le monde sait ce qui s’est passé en Union Soviétique et dans toute l’Europe de l’Est durant l’après-guerre : la brutalité systématique, les atrocités largement répandues,la répression impitoyable de toute pensée indépendante. Tout cela a été pleinement documenté et attesté.

Mais je soutiens que les crimes commis par les États-Unis durant cette même période n’ont été que superficiellement rapportés, encore moins documentés, encore moins reconnus, encore moins identifiés àdes crimes tout court. Je crois que la question doit être abordée et que la vérité a un rapport évident avec l’état actuel du monde. Bien que limitées, dans une certaine mesure, par l’existence de l’Union Soviétique, les actions menées dans le monde entier par les États-Unis donnaient clairement à entendre qu’ils avaient décrété avoir carte blanche pour faire ce qu’ils voulaient.

L’invasion directe d’un état souverain n’a jamais été, de fait, la méthode privilégiée de l’Amérique. Dans l’ensemble, elle préférait ce qu’elle a qualifié de « conflit de faible intensité ».« Conflit de faible intensité », cela veut dire que des milliers de gens meurent, mais plus lentement que si vous lâchiez une bombe sur eux d’un seul coup.Cela veut dire que vous contaminez le cœur du pays, que vous y implantez une tumeur maligne et que vous observez s’étendre la gangrène. Une fois que le peuple a été soumis – ou battu à mort – ça revient au même – et que vos amis, les militaires et les grandes sociétés commerciales, sont confortablement installés au pouvoir, vous allez devant les caméras et vous déclarez que la démocratie l’a emporté. C’était monnaie courante dans la politique étrangère américaine dans les années auxquelles je fais allusion.

La tragédie du Nicaragua s’est avérée être un cas extrêmement révélateur. Si je décide de l’évoquer ici, c’est qu’il illustre de façon convaincante la façon dont l’Amérique envisage son rôle dans le monde, aussi bien à l’époque qu’aujourd’hui.

J’ai assisté à une réunion qui s’est tenue à l’Ambassade des États-Unis à Londres à la fin des années 80.

Le Congrès américain était sur le point de décider s’il fallait ou non donner davantage d’argent aux Contras dans la campagne qu’ils menaient contre l’État du Nicaragua. J’étais là en tant que membre d’une délégation parlant au nom du Nicaragua, mais le membre le plus important de cette délégation était un certain Père John Metcalf. Le chef de file du camp américain était Raymond Seitz (alors bras droit de l’ambassadeur, lui-même nommé ambassadeur par la suite). Père Metcalf a dit : « Monsieur, j’ai la charge d’une paroisse au nord du Nicaragua. Mes paroissiens ont construit une école, un centre médico-social, un centre culturel. Nous avons vécu en paix. Il y a quelques mois une force de la Contra a attaqué la paroisse. Ils ont tout détruit : l’école, le centre médico-social, le centre culturel. Ils ont violé les infirmières et les institutrices, massacré les médecins, de la manière la plus brutale. Ils se sont comportés comme des sauvages. Je vous en supplie, exigez du gouvernement américain qu’il retire son soutien à cette odieuse activité terroriste. »

Raymond Seitz avait très bonne réputation, celle d’un homme rationnel, responsable et très bien informé. Il était grandement respecté dans les cercles diplomatiques. Il a écouté, marqué une pause, puis parlé avec une certaine gravité. « Père, dit-il, laissez-moi vous dire une chose. En temps de guerre, les innocents souffrent toujours. » Il y eut un silence glacial. Nous l’avons regardé d’un œil fixe. Il n’a pas bronché.

Les innocents, certes, souffrent toujours.

Finalement quelqu’un a dit : « Mais dans le cas qui nous occupe, des « innocents » ont été les victimes d’une atrocité innommable financée par votre gouvernement, une parmi tant d’autres. Si le Congrès accorde davantage d’argent aux Contras, d’autres atrocités de cette espèce seront perpétrées. N’est-ce pas le cas ? Votre gouvernement n’est-il pas par là même coupable de soutenir des actes meurtriers et destructeurs commis sur les citoyens d’un état souverain ? »

Seitz était imperturbable. « Je ne suis pas d’accord que les faits, tels qu’ils nous ont été exposés, appuient ce que vous affirmez là », dit-il.

Alors que nous quittions l’ambassade, un conseiller américain m’a dit qu’il aimait beaucoup mes pièces. Je n’ai pas répondu.

Je dois vous rappeler qu’à l’époque le Président Reagan avait fait la déclaration suivante : « Les Contras sont l’équivalent moral de nos Pères fondateurs. »

Les États-Unis ont pendant plus de quarante ans soutenu la dictature brutale de Somoza au Nicaragua. Le peuple nicaraguayen, sous la conduite des Sandinistes, a renversé ce régime en 1979, une révolution populaire et poignante.

Les Sandinistes n’étaient pas parfaits. Ils avaient leur part d’arrogance et leur philosophie politique comportait un certain nombre d’éléments contradictoires. Mais ils étaient intelligents, rationnels et civilisés. Leur but était d’instaurer une société stable, digne, et pluraliste. La peine de mort a été abolie. Des centaines de milliers de paysans frappés par la misère ont été ramenés d’entre les morts. Plus de 100 000 familles se sont vues attribuer un droit à la terre. Deux mille écoles ont été construites. Une campagne d’alphabétisation tout à fait remarquable a fait tomber le taux d’analphabétisme dans le pays sous la barre des 15%. L’éducation gratuite a été instaurée ainsi que la gratuité des services de santé. La mortalité infantile a diminué d’un tiers. La polio a été éradiquée.

Les États-Unis accusèrent ces franches réussites d’être de la subversion marxiste-léniniste. Aux yeux du gouvernement américain, le Nicaragua donnait là un dangereux exemple. Si on lui permettait d’établir les normes élémentaires de la justice économique et sociale, si on lui permettait d’élever le niveau des soins médicaux et de l’éducation et d’accéder à une unité sociale et une dignité nationale, les pays voisins se poseraient les mêmes questions et apporteraient les mêmes réponses. Il y avait bien sûr à l’époque, au Salvador, une résistance farouche au statu quo.

J’ai parlé tout à l’heure du « tissu de mensonges » qui nous entoure. Le Président Reagan qualifiait couramment le Nicaragua de « donjon totalitaire ». Ce que les médias, et assurément le gouvernement britannique, tenaient généralement pour une observation juste et méritée. Il n’y avait pourtant pas trace d’escadrons de la mort sous le gouvernement sandiniste. Il n’y avait pas trace de tortures. Il n’y avait pas trace de brutalité militaire, systématique ou officielle. Aucun prêtre n’a jamais été assassiné au Nicaragua. Il y avait même trois prêtres dans le gouvernement sandiniste, deux jésuites et un missionnaire de la Société de Maryknoll. Les « donjons totalitaires » se trouvaient en fait tout à côté, au Salvador et au Guatemala. Les États-Unis avaient, en 1954, fait tomber le gouvernement démocratiquement élu du Guatemala et on estime que plus de 200 000 personnes avaient été victimes des dictatures militaires qui s’y étaient succédé.

En 1989, six des plus éminents jésuites du monde ont été violemment abattus à l’Université Centraméricaine de San Salvador par un bataillon du régiment Alcatl entraîné à Fort Benning, Géorgie, USA. L’archevêque Romero, cet homme au courage exemplaire, a été assassiné alors qu’il célébrait la messe. On estime que 75 000 personnes sont mortes. Pourquoi a-t-on tué ces gens-là ? On les a tués parce qu’ils étaient convaincus qu’une vie meilleure était possible et devait advenir. Cette conviction les a immédiatement catalogués comme communistes. Ils sont morts parce qu’ils osaient contester le statu quo, l’horizon infini de pauvreté, de maladies, d’humiliation et d’oppression, le seul droit qu’ils avaient acquis à la naissance.

Les États-Unis ont fini par faire tomber le gouvernement sandiniste. Cela leur prit plusieurs années et ils durent faire preuve d’une ténacité considérable,mais une persécution économique acharnée et 30 000 morts ont fini par ébranler le courage des Nicaraguayens. Ils étaient épuisés et de nouveau misérables. L’économie « casino » s’est réinstallée dans le pays. C’en était fini de la santé gratuite et de l’éducation gratuite. Les affaires ont fait un retour en force. La « Démocratie » l’avait emporté.

Mais cette « politique » ne se limitait en rien à l’Amérique Centrale. Elle était menée partout dans le monde. Elle était sans fin. Et c’est comme si ça n’était jamais arrivé.

Les États-Unis ont soutenu, et dans bien des cas engendré, toutes les dictatures militaires droitières apparues dans le monde à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Je veux parler de l’Indonésie, de la Grèce, de l’Uruguay, du Brésil, du Paraguay, d’Haïti, de la Turquie, des Philippines, du Guatemala, du Salvador, et, bien sûr, du Chili. L’horreur que les États-Unis ont infligée au Chili en 1973 ne pourra jamais être expiée et ne pourra jamais être oubliée.

Des centaines de milliers de morts ont eu lieu dans tous ces pays. Ont-elles eu lieu? Et sont-elles dans tous les cas imputables à la politique étrangère des États-Unis? La réponse est oui, elles ont eu lieu et elles sont imputables à la politique étrangère américaine. Mais vous n’en savez rien.

Ça ne s’est jamais passé. Rien ne s’est jamais passé. Même pendant que cela se passait, ça ne se passait pas. Ça n’avait aucune importance. Ça n’avait aucun intérêt. Les crimes commis par les États-Unis ont été systématiques, constants, violents, impitoyables, mais très peu de gens en ont réellement parlé. Rendons cette justice à l’Amérique : elle s’est livrée, partout dans le monde, à une manipulation tout à fait clinique du pouvoir tout en se faisant passer pour une force qui agissait dans l’intérêt du bien universel. Un cas d’hypnose génial, pour ne pas dire spirituel, et terriblement efficace.

Les États-Unis, je vous le dis, offrent sans aucun doute le plus grand spectacle du moment. Pays brutal, indifférent, méprisant et sans pitié, peut-être bien, mais c’est aussi un pays très malin. À l’image d’un commis voyageur, il œuvre tout seul et l’article qu’il vend le mieux est l’amour de soi. Succès garanti. Écoutez tous les présidents américains à la télévision prononcer les mots « peuple américain », comme dans la phrase : « Je dis au peuple américain qu’il est temps de prier et de défendre les droits du peuple américain et je demande au peuple américain de faire confiance à son Président pour les actions qu’il s’apprête à mener au nom du peuple américain. »

Le stratagème est brillant. Le langage est en fait employé pour tenir la pensée en échec. Les mots « peuple américain » fournissent un coussin franchement voluptueux destiné à vous rassurer. Vous n’avez pas besoin de penser. Vous n’avez qu’à vous allonger sur le coussin. Il se peut que ce coussin étouffe votre intelligence et votre sens critique mais il est très confortable. Ce qui bien sûr ne vaut pas pour les 40 millions de gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ni aux 2 millions d’hommes et de femmes incarcérés dans le vaste goulag de prisons qui s’étend d’un bout à l’autre des États-Unis.

Les États-Unis ne se préoccupent plus des conflits de faible intensité. Ils ne voient plus l’intérêt qu’il y aurait à faire preuve de réserve, ni même de sournoiserie. Ils jouent cartes sur table, sans distinction. C’est bien simple, ils se fichent éperdument des Nations Unies, du droit international ou des voix dissidentes, dont ils pensent qu’ils n’ont aucun pouvoir ni aucune pertinence. Et puis ils ont leur petit agneau bêlant qui les suit partout au bout d’une laisse, la Grande-Bretagne, pathétique et soumise.

Où est donc passée notre sensibilité morale ? En avons-nous jamais eu une ? Que signifient ces mots ? Renvoient-ils à un terme très rarement employé ces temps-ci – la conscience ? Une conscience qui soit non seulement liée à nos propres actes mais qui soit également liée à la part de responsabilité qui est la nôtre dans les actes d’autrui ? Tout cela est-il mort ? Regardez Guantanamo. Des centaines de gens détenus sans chef d’accusation depuis plus de trois ans, sans représentation légale ni procès équitable, théoriquement détenus pour toujours. Cette structure totalement illégitime est maintenue au mépris de la Convention de Genève. Non seulement on la tolère mais c’est à peine si la soi-disant « communauté internationale » en fait le moindre cas. Ce crime scandaleux est commis en ce moment même par un pays qui fait profession d’être « le leader du monde libre ». Est-ce que nous pensons aux locataires de Guantanamo ? Qu’en disent les médias ? Ils se réveillent de temps en temps pour nous pondre un petit article en page six. Ces hommes ont été relégués dans un no man’s land dont ils pourraient fort bien ne jamais revenir. À présent beaucoup d’entre euxfont la grève de la faim, ils sont nourris de force, y compris des résidents britanniques. Pas de raffinements dans ces méthodes d’alimentation forcée. Pas de sédatifs ni d’anesthésiques. Juste un tube qu’on vous enfonce dans le nez et qu’on vous fait descendre dans la gorge. Vous vomissez du sang. C’est de la torture. Qu’en a dit le ministre des Affaires étrangères britannique ? Rien. Qu’en a dit le Premier Ministre britannique ? Rien. Et pourquoi ? Parce que les États-Unis ont déclaré : critiquer notre conduite à Guantanamo constitue un acte hostile. Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. Résultat, Blair se tait.

L’invasion de l’Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d’État patenté, témoignant d’un absolu mépris pour la notion de droit international. Cette invasion était un engagement militaire arbitraire inspiré par une série de mensonges répétés sans fin et une manipulation flagrante des médias et, partant, du public ; une intervention visant à renforcer le contrôle militaire et économique de l’Amérique sur le Moyen-Orient et se faisant passer – en dernier ressort – toutes les autres justifications n’ayant pas réussi à prouver leur bien-fondé – pour une libération. Une red outable affirmation de la force militaire responsable de la mort et de la mutilation de milliers et de milliers d’innocents.

Nous avons apporté au peuple irakien la torture, les bombes à fragmentation, l’uranium appauvri, d’innombrables tueries commises au hasard, la misère, l’humiliation et la mort et nous appelons cela « apporter la liberté et la démocratie au Moyen-Orient ».

Combien de gens vous faut-il tuer avant d’avoir droit au titre de meurtrier de masse et de criminel de guerre ? Cent mille ? Plus qu’assez, serais-je tenté de croire. Il serait donc juste que Bush et Blair soient appelés à comparaître devant la Cour internationale de justice. Mais Bush a été malin. Il n’a pas ratifié la Cour internationale de justice. Donc, si un soldat américain ou, à plus forte raison, un homme politique américain, devait se retrouver au banc des accusés, Bush a prévenu qu’il enverrait les marines. Mais Tony Blair, lui, a ratifié la Cour et peut donc faire l’objet de poursuites.Nous pouvons communiquer son adresse à la Cour si ça l’intéresse. Il habite au 10 Downing Street, Londres.

La mort dans ce contexte devient tout à fait accessoire. Bush et Blair prennent tous deux bien soin de la mettre de côté. Au moins 100 000 Irakiens ont péri sous les bombes et les missiles américains avant que ne commence l’insurrection irakienne. Ces gens-là sont quantité négligeable. Leur mort n’existe pas. Un néant. Ils ne sont même pas recensés comme étant morts. « Nous ne comptons pas les cadavres » a déclaré le général américain Tommy Franks.

Aux premiers jours de l’invasion une photo a été publiée à la une des journaux britanniques ; on y voit Tony Blair embrassant sur la joue un petit garçon irakien. « Un enfant reconnaissant » disait la légende. Quelques jours plus tard on pouvait trouver, en pages intérieures, l’histoire et la photo d’un autre petit garçon de quatre ans qui n’avait plus de bras. Sa famille avait été pulvérisée par un missile. C’était le seul survivant. « Quand est-ce que je retrouverai mes bras ? » demandait-il. L’histoire est passée à la trappe. Eh bien oui, Tony Blair ne le serrait pas contre lui, pas plus qu’il ne serrait dans ses bras le corps d’un autre enfant mutilé, ou le corps d’un cadavre ensanglanté. Le sang, c’est sale. Ça salit votre chemise et votre cravate quand vous parlez avec sincérité devant les caméras de télévision.

Les 2000 morts américains sont embarrassants. On les transporte vers leurs tombes dans le noir. Les funérailles se font discrètement, en lieu sûr. Les mutilés pourrissent dans leurs lits, certains pour le restant de leurs jours. Ainsi les morts et les mutilés pourrissent-ils, dans différentes catégories de tombes.

Voici un extrait de « J’explique certaines choses », un poème de Pablo Neruda :

   Et un matin tout était en feu,
   et un matin les bûchers
   sortaient de la terre
   dévorant les êtres vivants,
   et dès lors ce fut le feu,
   ce fut la poudre,
   et ce fut le sang.
   Des bandits avec des avions, avec des Maures,
   des bandits avec des bagues et des duchesses,
   des bandits avec des moines noirs pour bénir
   tombaient du ciel pour tuer des enfants,
   et à travers les rues le sang des enfants
   coulait simplement, comme du sang d’enfants.

   Chacals que le chacal repousserait,
   pierres que le dur chardon mordrait en crachant,
   vipères que les vipères détesteraient !

   Face à vous j’ai vu le sang
   de l’Espagne se lever
   pour vous noyer dans une seule vague
   d’orgueil et de couteaux !

   Généraux
   de trahison :
   regardez ma maison morte,
   regardez l’Espagne brisée :

   mais de chaque maison morte surgit un métal ardent
   au lieu de fleurs,
   mais de chaque brèche d’Espagne
   surgit l’Espagne,
   mais de chaque enfant mort surgit un fusil avec des yeux,
   mais de chaque crime naissent des balles
   qui trouveront un jour l’endroit
   de votre cœur.

   Vous allez demander pourquoi sa poésie
   ne parle-t-elle pas du rêve, des feuilles,
   des grands volcans de son pays natal ?

   Venez voir le sang dans les rues,
   venez voir
   le sang dans les rues,
   venez voir
   le sang dans les rues ! 2

Laissez-moi préciser qu’en citant ce poème de Neruda je ne suis en aucune façon en train de comparer l’Espagne républicaine à l’Irak de Saddam Hussein. Si je cite Neruda c’est parce que je n’ai jamais lu ailleurs dans la poésie contemporaine de description aussi puissante et viscérale d’un bombardement de civils.

J’ai dit tout à l’heure que les États-Unis étaient désormais d’une franchise totale et jouaient cartes sur table. C’est bien le cas. Leur politique officielle déclarée est désormais définie comme une « full spectrum dominance » (une domination totale sur tous les fronts). L’expression n’est pas de moi, elle est d’eux. « Full spectrum dominance », cela veut dire contrôle des terres, des mers, des airs et de l’espace et de toutes les ressources qui vont avec.

Les États-Unis occupent aujourd’hui 702 installations militaires dans 132 pays du monde entier, à l’honorable exception de la Suède, bien sûr. On ne sait pas trop comment ils en sont arrivés là, mais une chose est sûre, c’est qu’ils y sont.

Les États-Unis détiennent 8000 ogives nucléaires actives et opérationnelles. 2000 sont en état d’alerte maximale, prêtes à être lancées avec un délai d’avertissement de 15 minutes. Ils développent de nouveaux systèmes de force nucléaire, connus sous le nom de « bunker busters » (briseurs de blockhaus). Les Britanniques, toujours coopératifs, ont l’intention de remplacer leur missile nucléaire, le Trident. Qui, je me le demande, visent-ils ? Oussama Ben Laden ? Vous ? Moi ? Tartempion ? La Chine ? Paris ? Qui sait ? Ce que nous savons c’est que cette folie infantile – détenir des armes nucléaires et menacer de s’en servir – est au cœur de la philosophie politique américaine actuelle. Nous devons nous rappeler que les États-Unis sont en permanence sur le pied de guerre et ne laissent entrevoir en la matière aucun signe de détente.

Des milliers, sinon des millions, de gens aux États-Unis sont pleins de honte et de colère, visiblement écœurés par les actions de leur gouvernement, mais en l’état actuel des choses, ils ne constituent pas une force politique cohérente – pas encore. Cela dit, l’angoisse, l’incertitude et la peur que nous voyons grandir de jour en jour aux États-Unis ne sont pas près de s’atténuer.

Je sais que le Président Bush emploie déjà pour écrire ses discours de nombreuses personnes extrêmement compétentes, mais j’aimerais me porter volontaire pour le poste. Je propose la courte allocution suivante, qu’il pourrait faire à la télévision et adresser à la nation. Je l’imagine grave, les cheveux soigneusement peignés, sérieux, avenant, sincère, souvent enjôleur, y allant parfois d’un petit sourire forcé, curieusement séduisant, un homme plus à son aise avec les hommes.

« Dieu est bon. Dieu est grand. Dieu est bon. Mon Dieu est bon. Le Dieu de Ben Laden est mauvais. Le sien est un mauvais Dieu. Le Dieu de Saddam était mauvais, sauf que Saddam n’en avait pas. C’était un barbare. Nous ne sommes pas des barbares. Nous ne tranchons pas la tête des gens. Nous croyons à la liberté. Dieu aussi. Je ne suis pas un barbare. Je suis le leader démocratiquement élu d’une démocratie éprise de liberté. Nous sommes une société pleine de compassion. Nous administrons des électrocutions pleines de compassion et des injections létales pleines de compassion. Nous sommes une grande nation. Je ne suis pas un dictateur. Lui, oui. Je ne suis pas un barbare. Lui, oui. Et lui aussi. Ils le sont tous. Moi, je détiens l’autorité morale. Vous voyez ce poing ? C’est ça, mon autorité morale. Tâchez de ne pas l’oublier. »

La vie d’un écrivain est une activité infiniment vulnérable, presque nue. Inutile de pleurer là-dessus. L’écrivain fait un choix, un choix qui lui colle à la peau. Mais il est juste de dire que vous êtes exposé à tous les vents, dont certains sont glacés bien sûr. Vous œuvrez tout seul, isolé de tout. Vous ne trouvez aucun refuge, aucune protection – sauf si vous mentez – auquel cas bien sûr vous avez construit et assuré vous-même votre protection et, on pourrait vous le rétorquer, vous êtes devenu un homme politique.

J’ai parlé de la mort pas mal de fois ce soir.Je vais maintenant vous lire un de mes poèmes, intitulé « Mort ».

   Où a-t-on trouvé le cadavre ?
   Qui a trouvé le cadavre ?
   Le cadavre était-il mort quand on l’a trouvé ?
   Comment a-t-on trouvé le cadavre ?

   Qui était le cadavre ?

   Qui était le père ou la fille ou le frère
   Ou l’oncle ou la sœur ou la mère ou le fils
   Du cadavre abandonné ?

   Le corps était-il mort quand on l’a abandonné ?
   Le corps était-il abandonné ?
   Par qui avait-il été abandonné ?

   Le cadavre était-il nu ou en costume de voyage ?

   Qu’est-ce qui a fait que ce cadavre, vous l’avez déclaré mort ?
   Le cadavre, vous l’avez déclaré mort ?
   Vous le connaissiez bien, le cadavre ?
   Comment saviez-vous que le cadavre était mort ?

   Avez-vous lavé le cadavre
   Avez-vous fermé ses deux yeux
   Avez-vous enterré le corps
   L’avez-vous laissé à l’abandon
   Avez-vous embrassé le cadavre

Quand nous nous regardons dans un miroir nous pensons que l’image qui nous fait face est fidèle. Mais bougez d’un millimètre et l’image change. Nous sommes en fait en train de regarder une gamme infinie de reflets.Mais un écrivain doit parfois fracasser le miroir – car c’est de l’autre côté de ce miroir que la vérité nous fixe des yeux.

Je crois que malgré les énormes obstacles qui existent, être intellectuellement résolus, avec une détermination farouche, stoïque et inébranlable, à définir, en tant que citoyens, la réelle vérité de nos vies et de nos sociétés est une obligation cruciale qui nous incombe à tous. Elle est même impérative.

Si une telle détermination ne s’incarne pas dans notre vision politique, nous n’avons aucun espoir de restaurer ce que nous sommes si près de perdre – notre dignité d’homme."


http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/2005/pinter-lecture-f.html
https://youtu.be/PH96tuRA3L0

une pièce en un acte pour rire Victoria Station, je n'ai pas trouvé le texte (sont pas très open source chez Faber&Faber... ),
mais l'ambiance est à ce poème de Prévert Quartier Libre,


J'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête
Alors
on ne salue plus
a demandé le commandant
Non
on ne salue plus
a répondu l'oiseau
Ah bon
excusez-moi je croyais qu'on saluait
a dit le commandant
Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper
a dit l'oiseau.  

"


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Message par dessein Mar 11 Juin 2013 - 15:18



à la génération suivante il y a eu mutation en monthy pithon

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Message par dessein Ven 26 Juil 2013 - 19:26

apesanteurs Marcovaldo

apesanteurs AVT_Italo-Calvino_2197

j'aimerai trouver La Journée d'un Scrutateur
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Message par dessein Ven 26 Juil 2013 - 21:54

http://www.capital.fr/carriere-management/actualites/le-desordre-signe-de-creativite-au-travail-861547/?google_editors_picks=true
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Message par dessein Dim 28 Juil 2013 - 1:24

apesanteurs Tumblr_mkbh4bPSzT1r83q87o1_400

Albrecht Durer 1471-1528
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Message par dessein Dim 28 Juil 2013 - 12:11



apesanteurs Calder04

Alexander Calder 1898 ^1976


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Message par dessein Dim 28 Juil 2013 - 14:21

apesanteurs 600full-dr.-akagi-poster

ne pas lire le résumé
du tout

l'avis d'un spectateur
"(...) I can't say much more without ruining it, but I left the theater profoundly exhilarated(...)"

mon avis "..."   (aucun mot dans les grands moments de la vie je respire seulement)


apesanteurs Shohei01

今村 昌平  Shōhei Imamura  1926 ^ 2006
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Message par dessein Dim 28 Juil 2013 - 18:50

en propre (et complet)




en sale (et écourté)







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Message par dessein Lun 29 Juil 2013 - 16:15



apesanteurs Europe16

http://jazzlives.wordpress.com/tag/mary-lou-williams/

Mary Lou Williams
Atlanta, 8 mai  1910 - Caroline du Nord, 28 mai 1981
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Message par dessein Lun 29 Juil 2013 - 16:54



pense bete
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Message par dessein Mar 30 Juil 2013 - 18:39

berceuse tres efficace dans la penombre



apesanteurs Makeba_hires

Miriam Makeba
Johannesburg 1932 ^ 2008
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Message par Invité Mar 30 Juil 2013 - 21:03

Olàlàlàlàlàlà...

Une malle aux trésors, un grenier fabuleux, un cabinet de curiosités, une étagère de gourmandises.

J'adore !!!
Mais comme je me retrouve !!!
Pas dans les propositions en elles-mêmes mais dans l'éclectisme.

Dessein, je vais suivre ton topic avec la curiosité que tu imagines.

Encore, s'il te plaît, encore.... PLEIN, PLEIN, PLEIN...
Tout ce que tu veux...

Dès que j'ai du temps de repasse pour déguster.

Very Happy Embarassed Very Happy

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Message par Invité Mar 30 Juil 2013 - 21:28

Je confirme...

Jolie bouffée d'oxygène...
Je suis heureuse là...

J'AIME CE FIL. BEAUCOUP.

Et je veux encore des cadeaux.
De jolis cadeaux. Petits, mais tellement bien choisis...

J'en suis super émue, tellement j'ai l'impression d'accoster sur une terre amicale, connue, de revenir à moi...
Même si je ne connais pas tout dans ce que tu proposes.
C'est ta démarche qui me plaît.Embarassed Embarassed Embarassed 

Very Happy Embarassed

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Message par dessein Mer 31 Juil 2013 - 3:19

merci de ton interet BEAUCOUP

apesanteurs Ray_bryant-3b5e93a896f67a115ba70729d264871bff0ec731




Ray Bryant 1931 ^ 2011
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Message par Invité Mer 31 Juil 2013 - 3:23

De rien...
C'est promis, je me fais un petit trip la semaine prochaine (j'ai ma fille cette semaine).

Bises.

Au revoir (snif) 

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Message par dessein Mer 31 Juil 2013 - 3:42



apesanteurs Archi

apesanteurs Joel-yale-french-actor-jacques-tati-looking-at-a-sculpture



Jacques Tati    1907 ^1982


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Message par dessein Mer 31 Juil 2013 - 4:01

(...) Un filet de sang passa sous la porte, traversa la salle commune, sortit dans la rue, prit le plus court chemin parmi les différents trottoirs, descendit des escaliers et remonta des parapets, longea la rue aux Turcs, prit un tournant à droite, puis un autre à gauche, tourna à angle droit devant la maison des Buendia, passa sous la porte close, traversa le salon en rasant les murs pour ne pas tacher les tapis, poursuivit sa route par l'autre salle, décrivit une large courbe pour éviter la table de la salle à manger, entra sous la véranda aux bégonias et passa sans être vu sous la chaise d'Amaranta qui donnait une leçon d'arithmétique à Aureliano José, s'introduisit dans la réserve à grains et déboucha dans la cuisine où Ursula s'apprêtait à casser trois douzaines d'œufs pour le pain.

- Ave Maria Très-Pure ! s'écria Ursula.
(...)


apesanteurs Seuil-pts001537-1980


apesanteurs Tumblr_m7z6x2aG9l1qlc0voo1_400

Gabriel García Márquez
est un écrivain né le 6 mars 1927 à Aracataca en Colombie
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Message par dessein Mer 31 Juil 2013 - 4:22

apesanteurs Rembrandt_paysage.jpg.crop_display


apesanteurs Autoportrait-Rembrandt

Rembrandt 1606 ^1669
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Message par dessein Mer 31 Juil 2013 - 4:42


apesanteurs DSC04563_800

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Message par dessein Mer 31 Juil 2013 - 5:54



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Message par dessein Mer 31 Juil 2013 - 23:56



Basilice part 2/2
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Message par dessein Jeu 1 Aoû 2013 - 21:45

c'est un doc drole pas un concert



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Message par dessein Jeu 1 Aoû 2013 - 22:04

apesanteurs Sempe21.thumbnail
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Message par dessein Ven 2 Aoû 2013 - 0:46


apesanteurs Street01-305x203

une photo de ferdi de ZC
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Message par dessein Ven 2 Aoû 2013 - 1:15


en corse si il y en a un qui demarre en boite, le dj arrete lady gaga









La paghjella, cette machine à remonter dans le temps .


Je ne me souviens pas de la première fois que j'ai entendu la Paghjella, probablement enfant au village. Je me souviens en revanche de cette équipe de chantres qui, d'une certaine manière, ont perpétué sinon établi la renommée de ce chant polyphonique. J'ai eu la chance, moi qui, enfant, les considérais comme les détenteurs inaccessibles d'un savoir mystérieux réservé aux représentants d'une génération vénérable, de les côtoyer durant mon adolescence au point de me fondre avec eux à maintes occasions. Car la paghjella c'est avant tout cela : quelque chose qui efface les différences d'âge, qui gomme le fossé des générations, qui permet à des jeunes et des moins jeunes de festoyer ensemble trois jours et trois nuits sans s'ennuyer une seconde en partageant pour ainsi dire tout : la joie, la convivialité, l'humour même, l'ivresse parfois mais surtout le plaisir de l'harmonie des voix, la sensation de chanter une paghjella parfaite, de faire vibrer les harmoniques, ces notes générées par les autres notes chantées, que l'on entend mais que personne dans le cercle ne produit directement et que certains anciens attribuent volontiers à une participation posthume de chanteurs défunts.
Il faut se rendre dans un village ou la paghjella n'a plus été chantée pendant des décennies pour découvrir, dès les premiers accords de voix lancés, un petit vieux essuyer discrètement une larme sur le coin de l'œil ou un enfant bouche bée écarquiller les yeux d'étonnement. Car la paghjella c'est aussi cela : quelque chose qui vous projette à la fois dans le passé et dans le futur, quiconque l'a bien connue n'en ressort pas indemne et il en est souvent de même pour celui qui la découvre.


Le chanteur de paghjella durant ses premières années d'apprentissage est souvent frustré dans son art : il faut être trois pour chanter la paghjella et de plus les occasions sont rares ; par conséquent il connaît bien cette sensation étrange qui fait que, une fois qu'il a entendu les premiers accords de voix résonner au loin, son sang se met à chauffer, il sent son cœur battre très fort au niveau des tempes en même temps que ses entrailles semblent se liquéfier alors qu'un irrésistible réflexe pousse ses jambes en direction de ces notes familières tant attendues. Parfois, il s'imposera malgré tout une attitude nonchalante dans son déplacement afin de ne pas éveiller les soupçons de son entourage ; sachant qu'il est « accro », il peut ne pas vouloir le montrer ; c'est peine perdue! Le temps qu'il va passer avec ses acolytes et l'énergie qu'il mettra à le prolonger attestera d'une manière indéniable sa passion pour cette forme de chant. Car la paghjella c'est parfois cela : un sport d'endurance en même temps qu'une drogue régénérante qui insuffle une sensation de toute puissance, d'efficacité d'action, de surpassement de soi et qui, selon mes propres observations, permet effectivement à l'individu de repousser ses limites jusqu'à l'extrême. Les années de pratique venant, le chanteur de paghjella devient plus sûr de lui et pourtant, périodiquement, il va connaître le doute : au moment où il était persuadé d'avoir atteint le sommet de son art, ne voilà-t-il pas qu'il se rend compte qu'il a encore beaucoup de choses à apprendre : une subtilité dans le mélisme (ma ùn a facciu micca à fà sta rivuccata !), une perfection dans la gamme (ma cumu ferà per cantà cusì à l'usu anticu ?), une précision dans le rythme (ma cumu serà chì u mo versu ùn chjocca micca cum'ellu ci vole ?). Car la Paghjella c'est surtout cela : quelque chose que l'on pourrait définir d'une manière simpliste comme un cri animal mais qui est en fait un style de chant raffiné très complexe qui fait tendre ses interprètes vers une perfection qu'ils n'atteindront pour ainsi dire jamais tant les difficultés qu'ils surmontent laisseront immanquablement la place à de nouvelles complications.


Comme la paghjella ne nous a pas tout dit, elle nous empêchera encore longtemps de dormir.

Benedettu Sarocchi
http:www.paghjella.com
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Message par dessein Ven 2 Aoû 2013 - 2:57

apesanteurs L-150-166196-1320273343


Les Archives Internationales de Musique Populaire (AIMP) ont été fondées au Musée d'ethnographie en 1944 par l'ethnomusicologue roumain Constantin Brailoiu. Pendant une quinzaine d'années, ce chercheur se consacre à la collecte, à l'archivage et à la diffusion de documents sonores à caractère ethnomusicologique de tous pays.
la http://www.ville-ge.ch/meg/musinfo_ph.php on peut taper un pays et entendre ces merveilles perdues

Session d’enregistrement à Dragus, Transylvanie, Roumanie, 1929apesanteurs Brailoiu300


merci Constantin Brailoiu    1893 ^1958.


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Message par dessein Ven 2 Aoû 2013 - 3:45






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Message par dessein Ven 2 Aoû 2013 - 19:07

M*A*S*H


Magnifique
Anticonformiste
Sans égal
Hilarant




apesanteurs RobertAltman

apesanteurs Altman_explore_657_168_original

Robert Altman   1925 ^ 2006
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Message par dessein Sam 3 Aoû 2013 - 10:05

ces choses fragiles et parfaites qui traversent les temps


des musées conservent des vases de verre fin fabriqués il y a des milliers d'années

des milliers d'années, des siecles qui parfois pesent des tonnes                                 


apesanteurs The_Museum_of_Ancient_Glass_Zadar_09_1243424259




pour bien apprecier les transparences et les opaques des temps
http://www.cmog.org/collection/search
(avec des cursurs sur les cotes pour choisir sa periode... du grand luxe)

pour faire un tour pedagogique (itineraire non recommandé)
http://www.glassway.org/vetro/index.cfm?glass=2,95,0,0
(sur la gauche de l'age de bronze au XIX eme)

http://www.tzzadar.hr/en/city-guide/attractions/27-05-2009/museum-of-ancient-glass-zadar





A Zaghreb avant la guerre j'avais visité un musée du verre ancien (ou était ce une partie du musée ?), deux jours que je cherche sur internet les pieces que j'y avais vu, j'aime a penser que tout ca a été bien rangé pendant la Folie

a ce propos,

(...) Cette femme, attachée de conservation qui, dès mars 1941, jouera un rôle capital en s’improvisant espionne dans cet établissement voisin du Louvre devenu, à l’initiative de l’occupant nazi, la plaque tournante d’un ahurissant trafic d’œuvres d’art, pour la plupart confisquées à des collectionneurs et des galeristes juifs et francs-maçons.

Les rapports et les notes que Rose Valland adressa au directeur des Musées nationaux Jacques Jaujard – 172 feuillets inédits – sont importants à plus d’un titre. Ils témoignent d’abord de l’institutionnalisation, via un organisme directement rattaché à Adolf Hitler, l’Einsatzstab Reichleiter Rosenberg für die bestzten Gebeite (E.R.R.), du pillage des œuvres d’art dans les pays occupés, notamment en France et dans le Benelux. Ils dressent ensuite des listes, hélas non exhaustives, d’œuvres spoliées, souvent identifiées. Ils indiquent en outre leurs destinations outre-Rhin, une démarche qui facilitera grandement, après la guerre, la récupération d’une partie d’entre elles.

Enfin, ils apportent des informations sur les curieuses pratiques qui sévissaient à l’E.R.R., lieu d’intrigues de palais, de conflit d’intérêts – la concurrence entre l’enrichissement des musées du Reich voulu par Hitler et celui de la collection personnelle d’Hermann Goering qui se rendit 21 fois sur place pour faire son marché en offre un exemple – ou théâtre de simple rapine. Car, dans l’entrepôt au stock constamment renouvelé que constituait le Jeu de Paume, des objets disparaissaient, parfois volés par des soldats, parfois empaquetés pour la femme du directeur allemand, comme ces meubles, fourrures et argenterie signalés dans une note du 25 septembre 1943. Il est piquant de voir ainsi les représentants de la « race des seigneurs » s’approprier les petites cuillers en catimini, comme des truands sans envergure, au beau milieu des tableaux de Braque, de Picasso, de Courbet, de Renoir.

Patiemment, discrètement, écoutant aux portes, fouillant les poubelles, Rose Valland consignait tous les détails qu’elle jugeait utiles, conversations, bruits de couloir, circulaires, incidents, actes de vandalisme. Elle croquait aussi sur le vif, et non sans ironie, le portrait des responsables nazis, de leurs visiteurs; elle notait des adresses, faisait part, tour à tour, de ses espoirs, de ses indignations. Autant d’informations factuelles et précises qui renseignent les historiens de l’art sur les spoliations perpétrées durant toute l’occupation et témoignent de la qualité des services que cette héroïne de l’ombre, tenace, peu commode et surtout trop vite oubliée, rendit à son pays.

Rose Valland publia en 1961, Le Front de l’art (Plon) qui fut réédité en 1997 par la Réunion des musées nationaux, mais demeure aujourd’hui malheureusement épuisé.


http://rosevalland.eu/


apesanteurs Rosvalparis2


Rose Valland    1898 ^ 1980


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Message par dessein Sam 3 Aoû 2013 - 11:02

apesanteurs Capt+-moi+y+en+a+vouloir+des+sous


(...) Benoit Lepape, un conseiller financier se retrouve sur le carreau. Lepape décide alors de travailler chez son oncle, un militant syndicaliste. Lepape prend tout le monde a rebrousse poils en imposant des méthodes capitalistes dans l’entreprise, méthodes qui rapportent cependant vite un gros paquet de fric. Lepape, plein de bonnes intentions veut partager ses bénéfices, mais il va se retrouver bloqué par des syndicats obtus (...). Par le détour de la comédie, Yanne montre les limites du système capitaliste et son incompatibilité avec le social. Patrons, ouvriers, politiciens, CRS, Clergé et MLF, tout le monde en prend plein la gueule(...)
http://lesoreillesentrelesyeux.wordpress.com/2012/10/25/moi-yen-a-vouloir-des-sous-un-jeu-de-societe-mais-par-jean-yanne/



                                 



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        Jean Yanne  1933 ^ 2003


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Message par dessein Dim 4 Aoû 2013 - 12:00

netsupense bete
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Message par dessein Dim 4 Aoû 2013 - 21:23

apesanteurs Balcon

(...)Ce qu’on avait laissé derrière soi, ce qu’on était censé défendre, n’importait plus très réellement ; le lien était coupé ; dans cette obscurité pleine de pressentiments les raisons d’être avaient perdu leurs dents. Pour la première fois peut-être, se disait Grange, me voici mobilisé dans une armée rêveuse. Je rêve ici — nous rêvons tous — mais de quoi ?(...)

(...) Tout, autour de lui, était trouble et vacillement, prise incertaine ; on eût dit que le monde tissé par les hommes se défaisait maille à maille : il ne restait qu’une attente pure, aveugle, où la nuit d’étoiles, les bois perdus, l’énorme vague nocturne qui se gonflait et montait derrière l’horizon vous dépouillaient brutalement, comme le déferlement des vagues derrière la dune donne soudain l’envie d’être nu.(...)

(...) Grange s'amusait quelques instants parfois à fermer les yeux, et à vérifier combien la guerre, même dans ses instants les plus endormis, alertait toujours plus intimement l'ouïe que la vue, par cette espèce de brinqueballement de herse géante promenée sur la terre.(...)


Dernière édition par dessein le Mar 17 Sep 2013 - 20:47, édité 1 fois
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Message par Harpo Dim 4 Aoû 2013 - 23:20

Je n'étais pas revenu sur ce fil après le premier post...

Et qu'est-ce que j'apprend, que tu es la petite fille de Maurizio Pollini et d'Ella Fitzgerald ? Fichtre !

Bon, Tati, Pinter, Calvino, les Monthy Python, Soul Power, Dr Akagii... Des références communes pour sûr ! Quand j'ai vu la vidéo Gillespie/Stitt, je me suis dit "non, elle n'a quand même pas mis Con Alma !?! Et ouf, non...

J'ai depuis quelques temps un projet de vidéos sur la grâce, autre manière de nommer l’apesanteur. J'ai mis un exemple sur mon fil avec l'extrait de la fête de Shara. Je pensais également à un extrait de Barberousse, une course du jeune mèdecin... Tu permets que je vienne déposer ici deux ou trois de mes contributions ?

En attendant

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Message par dessein Dim 4 Aoû 2013 - 23:24

oui oui oui encore oui
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Message par Harpo Dim 4 Aoû 2013 - 23:29

Ah oui et Con Alma bien sur Smile

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Message par Invité Lun 5 Aoû 2013 - 0:39

Dessein, Harpo (happy to meet you)... non mais là, je ne vais jamais oser mes chéris...
Tout y est déjà, ou presque...

Enfin à bien y réfléchir...






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Message par Invité Lun 5 Aoû 2013 - 1:19

Steve McQueen / Faye Dunaway
L'affaire Thomas Crown


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Message par Invité Lun 5 Aoû 2013 - 22:32

Pas eu le temps de découvrir son travail de son vivant...
Et ces côtés que j'aime tellement de l'Allemagne...




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Message par Invité Lun 5 Aoû 2013 - 22:47

Apesenteurs toujours...
L'une de mes idoles...

Alors déjà ça... en attendant de trouver mieux



Et.. whouhhhhhhhhh


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Message par Invité Lun 5 Aoû 2013 - 23:10

Mahsa Vahdat
Twinklings of hope


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Message par dessein Dim 11 Aoû 2013 - 0:13

apesanteurs Saturne_Skypix_Petite_Lunette

vue de mes yeux vue ce soir


fouyouyou


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Message par dessein Dim 11 Aoû 2013 - 11:59

.

J'aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur cœur se balancer
J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils nous semblent
Capables de juger
J'aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas "comme il faut"
Ceux qui, avec leurs chaînes
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du cœur
Pour n'avoir pas su dire :
"Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur"

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être
Qu'une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme
Et daltoniens de l'âme
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l'histoire
Leur rende les honneurs

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui doutent
Mais voudraient qu'on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps

Qu'on leur dise que l'âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercie
Qu'on leur dise, on leur crie :
"Merci d'avoir vécu

Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu"



(un grand merci à celui ou celle du forum qui m'a fait découvrir ça)
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Message par Invité Dim 11 Aoû 2013 - 19:26

Parce que je l'aime, fort...
Parce que sa liberté me fait peur...
Parce que son physique me rend dingue...
Son rire, ses mains...

Et pour le théâtre Embarassed 





http://2013.terres-de-paroles.com/denis-lavant


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Message par Harpo Lun 12 Aoû 2013 - 21:37

En appesanteur....

Le grand père vient de mourir, la petite famille trouve dans sa chambre son testament, quatre livrets animés, un pour chacun... C'est le Goût du Thé, de Katsuhito Ishii :

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Message par Invité Lun 12 Aoû 2013 - 21:40

The Taste of Tea...
Absolument irrésistible.
Merci pour ce superbe cadeau de début de soirée.

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