J'ose mais ne tappez pas fort svp :'(

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Message par Shiriya le Mer 22 Mai 2013 - 16:53

Bon voilà, j'ose venir me fendre dans cette section de quelques un de mes textes. Bien sur j'en espère des critiques pour m'améliorer mais des constructives si possible ( sinon ça ne sert à rien )
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1er texte :

- « Ca y estttt !! Je l’ai eueee !! Ma puce !! Je l’ai ! J’ai les clés en main. Elle est S-U-P-E-R-B-E !»
C’étaient le début de l’automne, il ya de cela 8 ans. Le téléphone avait sonné à l’heure prévue. C’était Laurent.
Laurent Rouvière. 23 ans. Toute la vie devant lui. Blond comme les blés. Des yeux bleus azur dans lesquels je me noyais quand je m’y plongeais. Un regard aussi doux que la soie, et qui me réconfortait chaque fois qu’il m’entourait de ses joyeuses ailes.
7 ans déjà.
Cela faisait 7 ans que nous nous étions rencontrés à Auron pendant nos vacances d’hivers. Ce fut le véritable coup de foudre sur la piste de dans, un 31 Décembre. Vous vous doutez bien que les résolutions aux 12 coups de minuit avaient un peu changé.
Love at first sight. Rentrés sur Marseille, ou nous habitions tout les deux, comme par un heureux coup du hasard, moi, avec ma mère dans un beau F3, surplombant l’ancien terrain de foot ou s’entrainait l’OM, au pied de notre dame de la garde, lui au Castellane, chez ses parents. Nous ne nous étions plus quittés dés lors. Rien ne pouvait nous séparer.
Rien sauf la mort.
-« Je suis sure qu’elle est magnifique, mon cœur, mais sois prudent s’il te plait, je tiens à te récupérer en un seul morceau. »
-« Ne t’inquiète pas, ce ne seras pas la première que je conduis … Juste la première qui est totalement à moi. »
Je sentais sa joie, son excitation. Une pointe de jalousie aussi. Comme si … comme si j’avais maintenant une rivale. Je chassais cette pensée pour me concentrer à nouveau sur lui et son bonheur. Je souriais tendrement à l’imaginer lui et son excitation toute enfantine. Cela faisait 2 ans qu’il économisait pour pouvoir racheter cette bécane à son oncle.
Et Cela faisait 2 ans qu’une sourde angoisse m’étreignait à cette pensée.
Oh, j’avais confiance en lui. Je le savais prudent. Il n’en était pas à sa première moto conduite et j’avais déjà pu constater par moi-même sa maestria dans le maniement de cet engin.
C’était en les autres que je n’avais aucune confiance. Des morts, des motos et des voitures en bouillie, on en voyait depuis des années sur les routes d’Auron, de Menton ou même de Tourves. Eté ou hiver, c’était, inexorablement, les mêmes drames qui s’étalaient en toute impudeur sous nos yeux. Mais ce n’était jamais nous les victimes. Ce n’était jamais nous les chauffards. C’était toujours les autres.
Sauf cette fois-ci.
Qu’est ce qui avait changé ? Pourquoi toutes les autres fois s’étaient bien passées ? Ce trajet, il le connaissait par cœur.
C’était les vacances de la toussaint. Cette année nous étions de corvée d’ouverture des « vallons longs ». Enfin … A vrai dire, corvée était un mot bien éloigné de la réalité. Cet endroit était mon havre de paix depuis ma plus tendre enfance. Un paradis sur terre ou les tendres odeurs de thym et de lavandes se mêlaient, à celles des pinèdes environnantes, le tout rythme par le chant des cigales sur fond de silence et de liberté.
Le chalet appartenait à ma marraine et à sa sœur. Un jour, il nous reviendrait sans doute, la sœur de ma marraine n’ayant jamais eu d’enfants, il avait été entendu qu’ils me reviendraient un jour, parce que je les aimais vraiment.
Laurent avait rodé sa VFR 750, tous les jours que Dieu faisait. La veille encore il m’avait emmenée sur la plage, du coté de la pointe rouge. Un magnifique été indien répandait sur nous sa douce chaleur, peignant l’horizon tel un chef d’œuvre pastel qu’on aurait pu intituler : « Coucher de soleil indien ».
Nous étions restés là des heures, abimés dans al contemplation du disque solaire s’évanouissant avec quiétude dans derrière les limites bleutées de la méditerranée. Laurent avait commencé à sortir du petit coffre, une nappe, une bouteille et un panier en osier, que je reconnaissais comme celui que maman emmenait pour nos pique-niques.
-« Qu’est-ce qui se passe exactement ? » Demandais-je. Bien que j’en ai eu une vague idée. Appelez ça de l’intuition féminine. Cela faisait des mois qu’on attendait ça.
Il resta silencieux tout en continuant à s’activer, étala, la couverture que je reconnue aussi. Je soupirais et n’insistais plus. Je le connaissais mon homme. Cet air mystérieux, ce sourire en coin, ce regard malicieux. Il avait quelque chose à m’annoncer. Je frémissais de plaisir. Laurent n’avait pas son pareil pour les surprises, preuve en était ce petit diner imprévu. Imprévisible. C’est ce qu’il était. Je me mis à ramasser des morceaux de bois sec qui trainaient de ci de là sur la plage puis j’improvisais un feu de camp et y plaçais ma récolte.
Je me relevais. Un peu trop rapidement. La tête se mit à me tourner. Ma vue se brouilla l’espace d’un instant. J’étais au bord du malaise, suffisamment pour qu’il le remarque et se précipite vers moi.
-« Ma puce ! Qu’est-ce qui t’arrive ?! »
Oh, il ne m’arrivait rien de bien grave. Non. Rien du tout. Je lui souris et le rassurais : Je n’avais pas assez mangé aujourd’hui. Cela faisait plus d’un mois que ça durait. C’était bien un mec. Il n’avait encore rien remarqué. Même le plus parfait des hommes ne sera jamais … qu’un homme. *Ô mon amour. Moi aussi j’ai quelque chose à t’annoncer.*
Mon sourire s’intensifia et je l’embrassais fougueusement.
-« Je vais bien ! Allez-dis moi la bonne nouvelle ! »
-« Comment sais-tu qu’il ya une bonne nouvelle ? »
Je balayais la question d’un revers de main. 7 ans et il ne savait pas que je le connaissais mieux que moi-même ?
-« Tu as eu les résultats, c’est ça ?!! On t’a répondu ?? »
Il me regarda les yeux écarquillés. *Ô mon amour ! J’attends ce moment depuis aussi longtemps que toi ! Pourquoi donc tant de surprise ?*
-« De quoi parles-tu ? »
-« Ben des résultats de ton postulat en Australie ! Oncle Michel t’a appelé non ? »
-« AAAAAAAAAhhhhh. Mais comment tu sais qu’il m’a appelé toi ??? »
C’était à moi de le regarder les yeux écarquillés.
-« Ben c’est pas pour ça tout ça ?» demandais-je en balayant le pique-nique du regard et de la main.
Il sourit, l’air à nouveau mystérieux. Plongea la main dans sa poche et en sorti un objet qui tenait dans la paume de sa main. Puis il vrilla son regard azur au mien.
-« Oui tu as raison, j’ai eu la réponse d’oncle Michel et c’est bon j’ai le contrat. Mais non, c’était pas pour ça. »
Il me souleva le visage et effleura mes lèvres avec toute al tendresse et la douceur qui le caractérisait depuis que je le connaissais. C’était ainsi qu’il m’avait embrassée la première fois. Et sans que je ne le sache, ce serait le dernière fois qu’il m’embrasserait ainsi.
Il tendit la main et saisit la mienne, puis y glissant une bague. Celle de mon arrière grand-mère. Un superbe diamant monté sur de l’or blanc serti de plusieurs petits autres diamants entourant le plus gros. Une bague … Non, LA bague, qui se transmettait, depuis des générations dans ma famille, de femme en femme, d’ainée en ainée … pour leur mariage. Je le regardais ébahie. Bien sur, il n’avait plus besoin de dire quoi que ce soit. J’avais déjà compris. Ma gorge s’était serrée. Je n’avais jamais pensé au mariage. Pas avant ce dernier mois en fait. Les larmes se mirent à couler, sans permission, sans retenue. Encore une fois, nous étions synchrones. Encore une fois, les événements s’orchestraient autour de nous dans un parfait ballet. Je gardais le silence. J’attendais.
-« Est-ce que tu veux devenir ma femme ? »
La question tomba comme un couperet. Je souris au travers de mes larmes. Mes doigts se refermèrent sur les siens. Je hochais la tête, incapable de parler. Puis il m’embrassa à nouveau. C’est le moment que je choisis pour lui dire, dans un murmure, lèvres contre lèvres :
-« Est-ce que tu veux être papa ? »
Je le senti se raidir. Puis il me regarda intensément avant de baisser les yeux sur mon ventre, qui n’avait jamais été d’une platitude exemplaire quelle que soit les circonstances d’ailleurs, puis il se mit à sourire, les yeux brillants de larmes contenues.
-« Tu … tu es sûre ? ».
Je hochais la tête en souriant. Il avait toujours aimé les enfants. Il faisait d’ailleurs d’un groupe qui arpentait les hôpitaux et leurs services pédiatriques, déguisé en bozo le clown.
Laurent. La vie. Le rire. Le bonheur.
Il m’arracha à mes pensées. Toujours avec une note d’humour bien sur.
-« Le champagne c’est que pour moaaaaaa alors !! Tu ne vas pas nous en faire une dégénérée, hein ! Déjà avec l’héritage qu’elle va devoir supporter la pauvre petite ! »
-« Elle ? » répétais-je, surprise encore une fois par la similitude de nos pensées. Par quel hasard, les prénoms que j’avais trouvés n’étaient que des prénoms de filles ? Je n’en savais rien. Un sourire ce dessina au coin de ma bouche.
-« Oui, une fille ! Je veux une fille au caractère bien trempé de sa mère...»
-« … Et à la joie de vivre et l’optimisme de son père ! »
-« Une amoureuse de la vie et une battante ?! Oui, ça l’fait !ça me plait bien.»
La soirée se passa comme dans un rêve. Nous mangeâmes peu. Ne bûmes pas du tout. Et firent l’amour encore et encore avant de rentrés épuisés chez ma mère, d’où nous devions partir le lendemain matin… Tôt.
------------- The black day -----------
-« Laurent … écoute je ne suis pas rassurée. Pourquoi ne viendrais-tu pas en voiture avec nous ? On n’a pas besoin d’emmener Priscilla avec nous ! »
Oui, il fallait bien qu’il ait des défauts quand même. Il était du genre à donner des prénoms aux objets par exemple. Priscilla c’était sa moto. Fan de Priscilla Presley. Il avait été logique (aheum !) qu’il donne ce nom à l’objet sur lequel il passait le plus de temps allongé dans une journée ! Non, je n’étais aucunement jalouse !
-« Ne t’inquiètes pas mon amour ! Ce n’est pas la première fois que je la conduit quand même, ni que je fais ce trajet ».
Je me tus. La seule fois ou je n’aurais pas du me taire. La seule fois ou j’aurai du lui pourrir la vie pour qu’il m’écoute. La seule fois ou j’aurais du être chiante au possible pour lui faire laisser sa satanée foutue moto au garage ! Je ne l’ai pas fait.
On s’était réveillés sous des nuages bas, effrayants. La pluie menaçait. Le tonnerre grondait. On eu même droit à un éclair lointain. *Laurent.* Une sourde angoisse étreignait de plus en plus ma poitrine. Je n’aimais pas ce sombre pressentiment. Je pressais maman pour qu’elle ne le lâche pas, mais des ralentissements avaient lieu un peu partout sur la voie rapide, dus aux trombes d’eaux qui s’abattaient à grosses gouttes depuis une bonne 50 aine de kilomètres déjà.
La visibilité était quasi nulle. Plusieurs petits accidents avaient déjà eu lieu. Je pestais contre le temps, contre les ralentissements, contre les chauffards. Je pestais contre Laurent que je ne voyais nulle part.
-« Calme-toi ma chérie ! Fais lui un peu confiance s’il arrive avant nous il attendra sous la pluie, ça lui apprendra à t’écouter. »
Ma mère tentait, sans grand succès d’ailleurs, de ma rassurer et de calmer mon angoisse. Mais elle savait. Elle savait que mes pressentiments se vérifiaient à 95% des cas. Je le savais aussi.
Quelques minutes plus tard, je sentis un soulagement m’envahir.
La pluie avait enfin cessé et un soleil pointait timidement ses pâles rayons. La circulation avait repris à un rythme à peu prés normal, maman s’était rabattue sue la file du milieu. Puis à un moment, sur le bas coté, une VFR 750 grise métallisée attira mon attention. Un motard, aussi gris et métallisé que sa bécane portait une bouteille à sa bouche et son casque sous un bras.
-« LAUUUUUUREEEEEENNNNNNTTTTTTTT !! CHEEEERRRRRRRRIIIIIIIIII » Hurlais-je, le corps à moitié sorti par la vitre, secouant les bras dans tout les sens. Il avait toujours dit que j’avais une grande gueule et que mes hurlements réveilleraient les morts. Il devrait m’entendre si je m’époumonais suffisamment. Et il me vit. Il salua avec son casque pendant qu’il arrêtait de boire. Je souris, remerciais Dieu, et me rassis soulagée.
Nous nous approchions de la sortie que nous devions prendre. De nouveaux ralentissements avaient lieu. Sans doute la sortie. Les motos filaient sur notre gauche. J’étais contente qu’on se soit rabattus. Nous avions laissé le coté ou les motards roulaient par excellence. Je la guettais, pensant y voir Priscilla passer.
Nous avancions à 9km/h. Du sur place pour ainsi dire. C’est la que j’entendis un coup sur ma vitre. C’était Laurent qui nous avait rattrapées. Toutes les files étant à l’arrêt, j’ouvrais en grand et souriais à mon homme qui s’était aussi arrêté et se penchait vers moi pour m’embrasser, casque relevé suffisamment pour cela. Je ris de sa jeunesse d’âme et de cœur. De son immaturité.
J’en ris gaiement et lui balançais un : « T’es fou ! Mais je t’aime aussi follement. » Il me sourit et murmura un « à toute à l’heure » en remettant son casque et en faisant rugir Priscilla. Tellement qu’on n’entendit pas l’autre moto.
Un bruit de fracas. Un hurlement.
« LAAAAUUUUUUURRRRRRREEEEEEEENNNNNNNNNNTTTTTTTTTTTTTTTTTT !!! NNNNNOOOOOOOONNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN !! »
Le son de la tôle froissée qui s’abîme sur le bitume. Dans l’eau. Deux mastodontes de métal qui s’entrechoquent. Une portière qui s’ouvre, des jambes qui portent une jeune femme hystérique.
Le verre, le sang, un casque gris. Un regard bleu azur me fixant, un bras qui se lève avec peine vers moi.
« J..je t’…aime » puis une grimace de douleur, une trainée de sang qui s’écoule de ses lèvres.
Un voile qui s’abat sur le regard tant aimé. A peine le temps de lui dire à l’oreille, « Je t’aime aussi » puis le néant. Le vide. La mort. Le noir total.
Plus jamais je ne serais la même.
7 mois plus tard. Laura naissait. « La joie de vivre de sa mère et l’optimisme de son père ». Une promesse.[u]
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Message par Shiriya le Mer 22 Mai 2013 - 17:14

Texte 2 :


- Non !

Je soupirais et regardais mon interlocutrice, avant de reprendre avec plus de véhémence :

- Non ! C'est hors de question ! Je n'épouserai pas ce diplomate et je n'irai nulle part ! Je veux rester ici ... et j'y resterai.

Le regard suppliant de ma mère me portait sur les nerfs, je ne comprenais pas cet acharnement qu'elle et mon père avaient de vouloir me caser à tout prix avec un diplomate, un riche marchand, un noble et autres hurluberlus de la haute société stellère, aussi vieux et rabougris les uns que les autres ! Ces têtes pensantes qui pouvaient se permettre selon leur bon vouloir de prendre femme, puis de la rendre à sa liberté pour en reprendre une autre encore plus jeune que leurs propres enfants ... Je n'avais que 16 ans ! Il était hors de question que je troque mon désir de liberté pour servir de dévidoir à un vieux pervers !

- Maman ! Si vous me forcez à l'épouser, je m'enfuirai ... ou mieux je me tuerai !

Ma mère éclata en sanglot ... Je grimaçais intérieurement, c'était encore plus aberrant de voir à quel point ma propre mère me connaissait mal ! Moi, une amoureuse de la vie, me tuer ?? Jamais de la vie ! Je savais que je poussais la cruauté un peu loin, mais cela faisait deux ans déjà que ce manège durait, je commençais à en avoir serieusement marre et si je n'envisageais aucunement de m'ôter la vie ... il n'en était pas de même concernant le fait de m'enfuir !
Quelques mois auparavant j'avais postulé pour rejoindre le groupe des explorateurs et bien entendu aucun de mes parents n'était au courant, j'attendais une réponse qui tardait à venir et à cette allure là, ma patience allait vite s'écouler.

- ... ne nous aurait jamais contrés aussi effrontément ! Je me demande si nous avons bien gardé le bon enfant.

La voix de mon père et surtout ses paroles, me tirèrent de mes pensées. J'écarquillais les yeux, les informations pénétraient mon cerveau petit à petit ... Un frère ? Garder le bon enfant ? Qu'est-ce que cela voulait dire ? Mon regard allait simultanément du visage horrifié de ma mère à celui courroucé de mon père

- Un frère ? De quoi parles-tu papa ? Maman ... ?

Je me laissais tomber sur le bord de mon lit, abasourdie par ce que je comprenais à demi-mots et qui venait de reléguer au second plan toutes mes indispositions maritales éventuelles. Je regardais ma mère qui secouait la tête l'air désespéré, attendant une explication que je n'étais, honnêtement pas sûre de recevoir .

- Eh bien quoi ?! Elle l'aurait su de toute façon un jour ou l'autre non ? Tu avais un frère jumeau à ta naissance et il n'a pas réussi le test, c'était ta jumeau maléfique adepte de furion, il a été condamné dés que nous l'avons su ! Il n'a eu que ce qu'il méritait et toi tu es en vie !

- PAPA !

J'étais proprement horrifiée de ce que je venais d'entendre. Oh bien sur, j'avais déjà eu l'occasion de voir mon père en colère, mais jamais je n'avais vu dans cet état de manque de sentiment, cette cruauté devant ma mère qui semblait-il n'avait pas encore surmonté l'événement ... Ces nouvelles me décidèrent à aller demander la réponse à ma candidature moi même le lendemain matin. Je ne pouvais plus rester.

- Je n'épouserai pas ce diplomate, vicieux et suintant la perversité ... Si tu veux me jeter dehors ou me tuer comme ma sœur, ne te gène surtout pas !

Je savais qu'il ne le ferait pas. A l'époque j'étais trop jeune pour comprendre ces lois qui voulaient qu'on tue un enfant qui n'avait décidé de rien et dont le seul tort avait été de naitre jumeau ... Cependant, j'avais déjà développé mon don d'empathie depuis belle lurette et je ressentais les émotions de mes parents sans trop de difficultés ... Enfin, c'était relatif, car autant je pouvais ressentir ceux de ma mère autant, je ne percevais ceux de mon père qu'à travers un voile, suffisamment fin cependant pour que je sache qu'il ne me tuerai pas.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~

- Râââââââ !! Mais qu'est-ce qu'ils font !!

Le lendemain du jour qui avait vu survenir l'incident de ma chambre, je me rendais au centre de recrutement des explorateurs, où j'apprenais qu'il me fallait passer un concours d'entrée et une formation.
En soit cela ne me dérangeait absolument pas. Ce qui me contrariait, c'était que j'allais devoir passer encore 4 années à subir les tentatives incessantes de mon père de me caser avec un de ses riches collègues où homologues diplomates.

*Bon, occupons nous d'abord de ce concours d'entrée on réglera le reste plus tard.*

Voilà, c’était fait. Mon inscription validée, je reçus une liste indiquant divers centres d’études ainsi que les places disponibles. Un sifflement strident s’échappa de mes lèvres charnues, tandis que je murmurais.

*Eh bien, les places sont chères ! J‘ai intérêt à me surpasser, si je veux avoir une chance de quitter ce monde !

Pendant les semaines qui suivirent je m’entrainais d’arrache pieds pour les épreuves physiques et potassais ardûment les sujets prévus à l’examen. Le jour J, je m’échappais discrètement, tôt le matin avant de recevoir la visite quotidienne de ma mère et son cortège de pleurs et de lamentations. Je me dirigeais vers le centre d’examens d’un pas alerte, forte de mes connaissances, confiante en mes capacités. D’ailleurs, l’avenir me prouva que j’avais bien eu raison; en effet 2 semaines plus tard :
Liste des candidats admis aux centres de formation des explorateurs : 3ème « Phèdre Callista, mention très bien ».
Un sourire de satisfaction s’était dessiné sur mes lèvres, je me dirigeais vers le bureau administratif et demandais mon affectation. Je redoutais ce que j’allais y lire, je ne m’étais pas donnée à fond de mes capacités, espérant arriver parmi les derniers pour pouvoir m’échapper d’ici. En effet, le règlement du concours stipulait que seuls les premiers étaient affectés au centre de la capitale, deux autres centres existaient dans Skeïa et j’espérais y être envoyée si je ne réussissais pas très bien. Mais bien sur, comme toujours il avait fallut que je fasse de l’excès de zèle, merci papa pour tout ces précepteurs!

Je soupirais, il ne fallait pas se laisser abattre, nous verrons bien ce qu’il en serai. Trois autres semaines, ponctuées de visites, de réponses aux invitations , de lettres de divers soupirants auxquelles il me fallait répondre, amenuisant ainsi ma patience et ma combattivité.
Mon désir de bien faire m’avait encore joué un mauvais tour. En effet, je faisais partie des « privilégiés » qui suivraient leur formation au centre de la capitale. J’avais eu beau supplier pour qu’on me change de centre, rien n’y faisait. Il me fallait l’autorisation d’un responsable légal, vu mon jeune âge pour aller dans un des deux autres centres, plutôt reculés d’ailleurs.
Mon désespoir était poussé à son paroxysme, attisé par ces combats quasi quotidien, contre mon père. Je commençais d’ailleurs à ne plus avoir d’arguments, il allait falloir que je trouve une solution durable cette fois-ci qui m’offrirait plus que quelques heures de répit.
Au pire je paierai un autre étudiant pour échanger de place avec lui. Pour le moment il était essentiel que je m’entraine et que je me prépare à intégrer l’école… Et que je prévienne mes parents. C’était, et de loin, la tâche la plus désagréable et rébarbative qui soit, mais je n’y couperai pas et de toute manière, si je devais aujourd’hui fuir cette corvée, je ferais, dans le futur, une bien piètre exploratrice.
Forte de ces pensées, je me dirigeais vers la maison de mes parents … mon courage s’amenuisait à chaque pas que je faisais, quand enfin je me retrouvais devant l’entrée. Je n’arrêtais pas de tourner les mots encore et encore dans ma tête pour trouver la meilleure façon d’annoncer les choses à mes parents, il valait mieux pour une fille de diplomate de l’être un tant soit peu, non ?
Prenant mon courage à deux mains, un large sourire aux lèvres, je criais en passant le pas de la porte:

*- Maman ! Papa ! Je suis rentée ! J’ai quelque chose à v …

- Ah ma chérie, te voilà enfin ! Mais où étais-tu passée ??? Il ya des personnes ici pour te rencontrer ! elles t’attendent dans le salon avec ton père.

Je n’avais pas eu le temps de terminer ma phrase, que ma mère, surgissant de nulle part, m’avait bondi dessus, telle un prédateur guettant sa proie. Elle m’entraina sans autre forme de procès vers nos « invités » et me présenta:

- Ah ma chérie, te voilà enfin ! Mais où étais-tu donc passée ??? Il ya des personnes ici pour te rencontrer ! elles t’attendent dans le salon avec ton père.

Son sourire forcé et son ton précieux, ne laissaient rien présager de bon. Et en effet, à peine avais-je mis un pieds dans le salon, que mon père, se levait et me présentait, un homme d‘environ 25 ans, pas moche physiquement, des yeux à tomber par terre. Je me sentais rougir sous le regard insistant de l’homme.

- Phèdre, je te présente Kade Bavil, Il vient d’arriver dans la capitale, il a été nommé à la direction de l’école de formation des explorateurs stellères. C’est le fils d’un vieil ami et ancien collègue diplomate qui veut à s’établir dans nos jolies contrées et fonder une famille.

Je me sentais devenir encore plus livide que je ne l’étais naturellement. L’école de formation des explorateurs stellères … l’endroit d’où je revenais. Je levais mon regard livide vers cet homme qui me regardait un petit sourire en coin.
Ce regard ironique me frappa de plein fouet. Secouant la tête, je plaquais un sourire conventionnel sur mon visage.

*- Bonsoir monsieur Bavil. Comment trouvez-vous nos contrées ? Votre épouse où fiancée ne vous a pas accompagnée ?

- Ma chérie tu n’écoutes donc pas ? Il cherche justement une épouse et c’est d’ailleurs la raison de sa présence parmi nous. Quand mon ami a su que tu voulais te marier, il m’a dem…

Mon père n’eut pas le temps de finir sa phrase que j’étais déjà aux pieds de l’immense escalier en colimaçon qui menait à ma chambre. Je grimpais les marches quatre à quatre.

La porte de ma chambre claqua si fort qu’il me sembla qu’un gond sauta. J’étais hors de moi. Mon père ne semblait pas prendre mes menaces de fuite au sérieux. J’en avais plus qu’assez de ces perpétuels affrontements. *Mais Quelle tête de mule ! Il ne comprendra donc jamais ? Je ne veux pas de cette vie d’oiseau en cage ! Je ne veux pas qu’IL vive MA vie à MA place ! C’est décidé, il faut que je m‘en aille … *[/color]
Je commençais à préparer un sac, j’y jetais mes affaires en vrac; pas le temps d’arranger quoique ce soit dans l’urgence. Je prenais mes papiers: diplôme, instructions, affectation etc … quand j’entendis la porte de ma chambre se refermer.

*- Maman, ce n‘est pas la p…

Je me taisais, figée sur place par le spectacle qui s’offrait à moi: Kade Bavil, adossé à la porte de ma chambres, un pied reposant dessus , les mains derrière le dos, un sourire ironique aux lèvres, me regardait l’air moqueur :

- Désolé, ce n’est pas votre mère. Où comptez vous donc aller ainsi … Mademoiselle la 3ème … franchement je suis déçu … je pensais que vous feriez de votre mieux pour finir première à l’examen … Vous ne réussirez jamais dans ce métier si vous ne vous donnez pas à 200 % de vos capacités …

Le reste de ses paroles se perdait dans des volutes de flous. J’étais sidérée par ce que je venais de comprendre :il savait … depuis le début il savait parfaitement qui j’étais et me reprochait même mes résultats … encore un double parfait de mon père … les résultats, toujours les résultats, être la première, la meilleure, l’élite … MARRE !

*- CA SUFFIT ! J’ai … Fait … de mon mieux … pour ECHOUER et ne pas être dans les premiers ! Pour quitter la capitale !

- Je le sais, jeune fille, je le sais …

Je le regardais ébahie.

-V-vous … le savez … répétais-je abrutie par la révélation, après mon éclat, je ne pouvais plus nier ma participation au concours.

- Oui, je le sais, vous avez échoué aux questions les plus faciles, celles qui rapportaient le moins de points et que même un enfant aurait réussi les yeux fermés … les questions bonus.

Quelle idiote ! Je n’avais même pas fait attention à ce détail. Ainsi même pour fuir, mon subconscient refusait d’échouer. Je reportais mon attention sur l’homme qui me narguait, relevant fièrement le menton, je demandais :

*- Pourquoi n’en n’avoir pas parlé à mon père ? Qu’attendez vous de moi en échange de votre silence ?

- Que vous m’épousiez.

La réponse était tombée comme un couperet. J’explosais instantanément. Un vase qui se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment, vola en direction de la tête de cet homme agaçant au plus haut point. Il l’esquiva avec maestria.

- C’est absolument HORS DE QUESTION ! Vous croyez que j’ai fait tout cela pourquoi ??

- Calmez-vous et écoutez moi d’abord avant d’ameuter tout le quartier. J’ai une proposition à vous faire.

Ma brosse, qui allait suivre le même chemin que le vase, un peu plus à droite, pour se ficher en plein milieu de son joli front, remercia silencieusement, l’objet de ma colère. Je baissais mon bras prêt à lancer mon projectile, sans pour autant le lâcher, levais un sourcil intriguée.

- Je suis comme vous. Je subis les pressions permanentes de mes parents pour que je fonde une famille, or je n’en ai absolument pas envie. Cependant, que ce soit ma famille ou ma hiérarchie, je ne réussirai pas à accéder au poste que je brigue en restant célibataire. Quand à vous, il vous faut l’autorisation d’une personne responsable légalement de vous pour pouvoir quitter la capitale - Oui, oui je suis au courant, c’est moi qui ai invalidé votre demande de transfert - Donc, si vous m’épousez, JE serais cette autorité légale qui vous permettra de quitter la capitale, et vous me permettrez, d’obtenir ce que je veux et de camer mes parents. C’est un accord qui nous arrange tout les deux.

La proposition était, il fallait l‘avouer, alléchante, mais si je voulais partir, c’était précisément pour éviter de me marier … il ne semblait pas avoir pensé à tout. Si je l’épousais je n’avais plus aucune raison de partir.

- Ah, j’ai oublié de préciser que bien entendu, nos rapports resteront purement platoniques, donc pas d’obligations conjugales, pas d’enfants, et la liberté totale de vos actions et de votre choix de carrière. Vous pourrez changer de centre en paix, sans avoir vos parents qui pleureront pour avoir de petits enfants et nous pourrons dissoudre ce mariage pour incompatibilité dans quelques mois.
Réfléchissez bien et tenez moi au curant de votre décision. Les cours commencent dans un peu plus d’un mois. C’est le temps qu’il faudrait pour tout organiser sans attirer l’attention.
Ajoutait-il, la main sur la poignée de la porte.

Je le regardais, les yeux gros comme des soucoupes. Il avait bien pensé à TOUT. Je me laissais tomber sur mon lit et contemplait mon ciel de lit, pensive. Il n’avait pas tort et je le savais.

La décision, ne fut pas longue à être prise. Elle eut le mérite de m’éviter de rencontrer d’autres vieux lubriques. L’inconvénient, c’est que je devais jouer le rôle de la jeune éperdue frappée par un coup de foudre … Berk ! Sourire tout le temps, faire des mamours à droite à gauche … vivement qu’on en finisse.
Trois semaines plus tard, j’étais devenue Madame Phèdre Bavil. Il tint sa promesse et en guise de cadeau de mariage, il m’offrit mon affectation à un centre qui se situait plus au nord.
Deux autres semaines plus tard, je quittais le monde de mon enfance pour me diriger vers celui, plus sauvage, de ma future vie, laissant derrière moi, parents, amis et époux … ce dernier fût rétrospectivement, celui pour qui j’éprouvais un pincement au cœur lors de mon départ et dont les yeux me hanteraient pendant longtemps.

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Rencontre inattendue:

Plusieurs années s'étaient écoulées depuis. J'avais terminé le cycle de quatre années qui faisaient de moi maintenant officiellement un exploratrice stellère. La faune et la flore de notre monde me fascinaient particulièrement. Ayant terminé cette fois-ci, puisqu'il n'y avait plus aucune pression, première à tous les examens finaux, j'avais eu l'opportunité de me voir proposer les missions de mon choix et je me spécialisais donc dans mon domaine de prédilection, la faune et la flore sauvage.
C'est ainsi qu'un jour, deux ans après ma sortie de l'école, je rencontrais Djac. Celui qui deviendrait mon ombre. Un rogal d'une beauté à couper le souffle.
Nous étions sur une mission de filetage. Des braconniers esclavagistes écumaient les forêts du coté de Necta à la recherche d'animaux mais récemment aussi de fyus et nous avions été dépêchés sur les lieux précisément pour retrouver et libérer si possible ces derniers.
La présence de rogal n'avait a été signalée car ils sont plutôt sauvages et même dans les coins les plus reculés des forêts il est difficile d'en rencontrer, c'est pour cette raison qu'à aucun moment je ne m'attendais à en rencontrer un dans ces circonstances et pourtant ce fût le cas: J'entendais un bruit suspect, des gémissements de douleurs accompagnées de petits cris plaintifs, me guidèrent vers ce qui ressemblait de loin à une grosse masse sombre. La luminosité de la forêt était telle que je ne distinguais rien des formes et des couleurs à la distance où j'étais, en dehors de celles, caractéristiques, des horribles pièges de braconniers . La seule chose qui me paraissait évidente c'est que ce n'était pas un fyu. Je m'approchais à pas lents et calculés afin de ne pas effrayer la créature emprisonnée. Sa silhouette se détachait de plus en plus clairement et je distinguais enfin une corne magnifique qui partait de la base de son front. N'osant croire à ce qui commençait à m'apparaitre comme une évidence, je pressais le pas pour me retrouver enfin face à cette sublime créature flamboyante aux yeux aussi verts que l'herbe grasse qui poussait à l'arrivée du printemps. Elle darda sur moi un regard méfiant, sauvage ... et empreint d'une indicible souffrance. Je m'approchais d'elle suffisamment pour pouvoir agir et, bâton en main, tout en lui parlant j'exécutais quelques mouvements, ordonnant aux racines de s'interposer entre les mâchoires d'acier les desserrant, pendant que je m'approchais en murmurant des paroles qui se voulaient rassurantes. L'animal grognait, menaçant quiconque s'approcherait de lui des pires tortures. Nullement impressionnée, je continuais à m'approcher, utilisant mes prédispositions empathique, je tentais de refréner la peur et la méfiance du rogal. Assez en tout cas pour pouvoir m'approcher de lui, le laisser me flairer quelques instants et de le sortir de son piège avant de m'éloigner doucement, une fois libéré.
Suite à cela il ne me quitta plus. Tout d'abord je sentais une présence, un regard que je ne sut identifier sur le coup. Puis il m'apparaissait avant de s'enfuir quand j'essayais de m'approcher de lui et ainsi de suite, ce jeu du chat et de la souris dura plusieurs jours. Puis, un jour ou je ne m'y attendais pas, je sentis un souffle chaud dans mon cou et me tournais prudemment pour me retrouver nez à nez avec lui. Je levais la main et le caressais en souriant avant de lui souffler dans les naseaux. On disait qu'ainsi on partageait un peu de notre âme avec l'animal. Depuis ce jour là, nous ne cessèrent de nous rapprocher jusqu'à devenir inséparables.
Shiriya
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