Le syndrome du "fais-moi mal".

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Message par Invité Dim 19 Mai 2013 - 19:37

Non, certes, c'est pas forcément une bonne idée pour le HQI.
Mais Bayadère et moi ne sommes pas correctement testées alors si ça se trouve on est une race à part aux pointes cassantes. ^^
Rejoignons le grand gourou Lore Eal contre ce combat monumental!

... ^^
Trêve de plaisanterie, "poète maudit" est un mauvais terme. Mais tous les "poètes" (c'est à dire, les très grands artistes qui oeuvrent dans la création - les autres domaines artistiques c'est un peu différent que pour les créateurs) ont des difficultés similaires.
Ils font tous de l'art par nécessité.
Ils sont plus exposés que les autres artistes, justement parcequ'ils se mouillent, qu'ils écrivent, et donc sont exposé plus fortement que quiconque à la critique.
Et paradoxalement parfois ce sont les gens qui la supportent le moins... la dite critique.

La majorité de ceux que je connais ont des sautes d'humeurs. Les plus créatifs sont les plus à fleur de peau, les plus tourmentés, les plus intelligents, et les plus sensibles.

Il y a une corrélation très forte entre ces points et la qualité du travail qu'ils font.
Alors... n'est-ce pas légèrement une malédiction?


Il y en a qui se blindent, certes, certains en sont capables. Mais généralement ils sacrifient leur talent pour ça, ou en tous cas une partie. Ils s'épuisent à sauver les apparences.
Je ne les juge pas hein. Je les envie.

De mon expérience (vécue ou observée autour de moi), être artiste, ce n'est pas un choix, ce n'est pas un métier, c'est d'abord un état d'être.
Donc... quand tu peux tout canaliser et ne pas subir, et obtenir une reconnaissance... ça doit être chouette (enfin... j'imagine)... et sinon... bah si, ça fait un peu malédiction car c'est une chose inéluctable.

Et l'image de l'eau en afrique, c'est très justement imagé.

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Message par Bayadère Dim 19 Mai 2013 - 20:30

Avant sue l'on me demande : mes chevilles vont bien, je ne me prends pas pour une poétesse maudite !

Je n'ai pas été testée au vu des circonstances un peu urgentes de la prise en charge. La Psy a fait un entretien clinique de deux heures. À partir de là, elle m'a dit qu'a priori, il y avait plus que de fortes chances que je sois HP, mais qu'elle me déconseillait de faire un test dans mon état dépressif (mémoire altérée, difficulté à trouver mes mots, lenteur inhabituelle, mal au crâne, stress) et d'attendre d'être prête.

J'ai acquiescé. Pour moi, le HQI n'est qu'un catalyseur de mes problèmes - comme dans une réactions chimique, il accélère le processus entre différents réactifs mis en jeu, mais n'apparaît pas dans l'équation-bilan. Au final, celle-ci se ferait, bien plus lentement, sans lui.

J'ai vécu un début d'adolescence très calme, très heureux. J'étais bien intégrée. Tout s'est cassé la gueule au lycée... Pour diverses raisons possibles :
- lycée Élitiste, je suis devenue une bête à concours
- lycée Bourgeois, très huppé, avec des discours et un moule assez pesant
- rencontre avec des enseignants géniaux, mais aussi névrosés, dont un probablement malade (bipolaire, quoique soupçon de PN) avec lequel j'ai entretenu une histoire trouble
- histoires difficiles avec des amis aussi brillants que moi, mais très instables psychologiquement
- accidents physiques à répétitions
- TCA et conflits familiaux...

Bref, la douance n'est pas la cause de mes tourments, mais les accentue. J'ai développé une sorte de spirale infernale, et ai du mal à en sortir, en dépit de ma bonne volonté. Une des solutions serait de couper les ponts et repartir de 0 ailleurs, ce que mes études me donnent la possibilité de faire. En même temps, je n'aimerais pas sacrifier des liens et des gens qui ne l'ont pas mérité, et qui l'ont toujours soutenue, et l'isolement ne me paraît pas être une bonne chose...

Avez-vous déjà tout quitté pour aller mieux ?
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Message par Lilou7777777 Dim 19 Mai 2013 - 20:50

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Dernière édition par Lilou7777777 le Lun 20 Mai 2013 - 14:39, édité 1 fois
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Message par Kisuije Dim 19 Mai 2013 - 20:51

Petitpoissongluant a écrit:Et l'image de l'eau en afrique, c'est très justement imagé.
Dans ses tripes, maitre Yoda a trouvé l'image Laughing


Petitpoissongluant a écrit:Et demain j'ai 28 ans, et tu sais ce que je me dis?
"28 ans, et toujours rien fait de ma vie"...
Attennnnds, là tu vas trop vite. C'est bien un zèbre ça...
Demain, tu pourras te dire ça clown


Petitpoissongluant a écrit:Ce qui est réducteur et faux, mais à partir d'un certain moment quand tu te demande ce que c'est que "vivre" et que tu fais de la figuration depuis de si longues années... bah ouais, ça fait mal.
Je me souviens de mes 14 ans, de mon envie d'indépendance, de tous ces projets que j'avais...
Que je n'ai pas réalisés.
Plus sérieusement, refaire le monde chaque jour, avoir 10 idées à la minute, vouloir être simultanément sur tous les fronts... Autant de caractéristiques du zèbre. Sauf que ça ne se passe pas comme ça, parce que les limites du monde réel sont bien en-deça de celles de nos pensées. Face à la frustration qui peut naitre de l'impossibilité de se réaliser pleinement, il faut confronter la satisfaction de nos actes, aussi anodins qu'ils puissent paraitre. D'autant qu'un acte banal dans le référentiel du zèbre n'est peut-être pas si banal que ça, recontextualisé dans un environnement classique...


Petitpoissongluant a écrit:Alors oui, un psy spécialisé. Ouip.
Faut le trouver par ici.. pas franchement évident. (Voire impossible, pourtant j'habite pas dans le trou du cul du monde.)
{....}
Quand c'est pas le cas, il faut mettre un mot sur une souffrance.
Alors le mot habituel c'est dépression, certes... mais punaise, y a une raison!!
Bien sur qu'il y a une raison. Et même surement des tas de raisons. La dépression n'est qu'une conséquence aux souffrances accumulées. Mais elle n'est pas systématique, et encore moins une fatalité. Et dépression ou pas, les solutions pour te sentir mieux sont en toi. Et c'est justement le rôle du psy de t'aider à les trouver, puis à les mettre en oeuvre. D'où l'importance de trouver un bon psy, capable de comprendre les causes de tes douleurs, ET avec qui tu te sens suffisamment en confiance pour t'ouvrir et libérer ce qui est en toi.

En France, il existe des associations pour les enfants précoces (notamment l'Afep et l'Anpeip). Bien que ça ne soit pas leur rôle premier, elles peuvent être de très bon conseil pour trouver un psy qui maîtrise le domaine de la douance. Je ne sais pas si il y a un équivalent en Suisse ?
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Message par anianka05 Dim 19 Mai 2013 - 21:00

Kisuije a écrit:
oufyfille a écrit:Le HQI n'est pas la cause des souffrances.
Rolling Eyes

anianka05 a écrit:Elle a raison, le HQI n'est pas la cause. Les choses sont trop complexes pour se résumer à ça. D'ailleurs il y a des HP qui vont bien et d'autres non, donc en voici la preuve.
En Afrique, il y a des buveurs d'eau du robinet qui vont bien (les locaux) et d'autres non (moi qui passe 3 jours aux chiottes). D'après ton raisonnement, ça serait donc la preuve que l'eau n'est pas en cause. Et pourtant si...

Les causes dans ton argument sont:
l'eau+l'état physique du buveur (fatigue, système immunitaire déprimé ou non, ce qu'il a mangé la veille...)
Donc je maintiens mon argument, tout n'est pas la faute au HP

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Message par Kisuije Dim 19 Mai 2013 - 21:09

Ha là on est d'accord.
On ne peut pas considérer le HQI comme l'unique cause de toutes les souffrances, comme on ne peut pas nier qu'il puisse en être une, à un degré divers selon le passif de chacun.
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Message par anianka05 Dim 19 Mai 2013 - 21:16

c'est vrai que c'était mal formulé. Le HP n'est pas la seule cause de...

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Message par CarpeDiem Dim 19 Mai 2013 - 21:59

Petitpoissongluant a écrit:Je ne crois pas que tu n'aimes pas quand "tout va bien" Bayadère.
Ce que tu n'aimes pas, c'est probablement le vide.

Tes changements d'humeur se font ils en une fraction de seconde? Ou est-ce que cela dure plusieurs semaines?

Je suis moi-même EXTRÊMEMENT changeante. (Voui voui, avec des majuscules.)
Je passe de la joie intense, quasi euphorique, à l'envie de disparaître.
Parfois je me suis détestée au point de m'arracher les cheveux... Et quand je me démolis je me dis qu'il y a un souci.

C'est l'amour d'une femme qui a changé ma vie du tout au tout.
Parcequ'elle m'aimait pour moi.
Pas pour mon talent. Pas pour mon physique ou un autre critère non-valable.
Juste pour moi. Pour qui je suis dedans, pour l'essence de mon être.

C'est une erreur d'attendre de se voir dans les yeux d'un autre qui peut enfin nous montrer l'être lumineux que nous sommes.
Ceci dit... Mieux vaut tard que jamais.

Je ne supporte pas le vide moi. Vraiment pas.
L'état émotionnel neutre est pour moi un cercueil, une prison, le comble du fade et de l'insipide.

Ça me rend incapable de gérer ma vie comme quelqu'un de normal.

Cependant, depuis quelques temps j'ai pris conscience de ce que je cherchais.
Je cherche la beauté.
Partout.

Et quand je la trouve alors je cesse de saigner pour un moment.
Frénétiquement je m'y raccroche, elle est ce qui donne un sens à cette vie.
Et depuis quelques années je sais qu'elle se trouve en moi.
Bien sur j'ai besoin qu'on me le dise et le redise... Mais cette quête m'arrache à cette violence perpétuelle en moi et autour de moi.

Parfois je trouve donc de quoi me hisser au dessus de ça.
Et c'est à travers l'art, car l'art est avec moi même quand je suis seule.
Et parfois c'est aussi à travers les gens que je croise, et leur sourire.


Dur équilibre à trouver donc.. Mais j'ai appris à accepter que mon équilibre était fait de vagues incessantes et diverses.
Purée, j'aurais pu écrire pareil au mot près! Vraiment!
Je crois que tu as tout dit: l'intensité de toute réaction (de joie, de tristesse, de colère) indispose les gens.
Moi aussi, petite, j'étais du genre à exploser de joie pour un "rien" et de manière magistrale. Je ne sais pas comment l'expliquer mais c'est comme une certaine naïveté qui crée un élan de contentement suprême. Le genre de choses qui déplaît fortement aux gens qui ne vivent pas les choses avec autant d'intensité et ne comprennent pas pourquoi on peut être aussi heureux d'un rien (pareil pour le malheur, la colère...). Les expressions négatives doivent être plus tolérées par la société ( et plus aisées à atteindre) parce que j'ai davantage gardé cela. J'ai perdu de mon aptitude à atteindre le bonheur... J'aimerais la trouver de nouveau Smile.

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Message par Invité Dim 19 Mai 2013 - 22:11

Concernant le HP, certes il faut des fragilités, des brisures pour se casser la gueule avec.

Divorce de mes parents, décès multiples et prématurés (toujours 3 deuils à la fois, ou dans le genre), ex belle-mère PN (copine de mon papa donc), famille démantelée, père absent, homosexualité (oui, c'est une étape, et non, c'est pas un truc qui se fait en douceur), hypersensibilité croissante, perte de mes repères artistiques (cours, profs, etc).
Manque de parrains et marraines artistiques pour pouvoir aller loin dans une voie. (Oui mine de rien... ça, ça joue beaucoup. Quand on est tout seul on va pas forcément aussi vite que quand on est bien accompagnés.)
Blocages à l'école.
Blocages en art... surtout. (Comme quoi, c'est pas seulement une histoire d'intérêt.)

Clairement le HP ne crée pas le problème il nous y rend vulnérable.

Quand on te démolit quand tu te construis c'est plutôt hard de pas passer par la case dépression hein.

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Message par anianka05 Dim 19 Mai 2013 - 22:16

Je viens de pousser un mini coup de gue*le sur un autre topic. J'y disais à quel point il était récurent de ne mettre en avant que le négatif de toute chose! Le mal de notre société (la dépression) vient en grande partie de là! Je suis prête à parier que 95 à 99% des personnes présentes ici ont été ou sont en dépression! Eteignez vos télés et bouchez-vous les oreilles lorsque vous entendrez des nouvelles acerbes et mauvaises! Personne ne peut résister éternellement à de la flagellation! Comment voulez-vous être heureuse (x) si l'on passe son temps à dire à quel point vous êtes mauvais, nuls, destructeurs, une erreur honteuse de la création?!
Les critiques, les insultes, les rabaissements sont partout, elles gangrènent tout! Alors bouchez-vous les oreilles et barrez-vous lorsque ça arrive! Vous êtes libres de les écouter ou non. Vous avez encore la possibilité de dire: "stop! Parles moins en bien ou adresses-toi à quelqu'un d'autre!" Libres d'éteindre votre télé lors des nouvelles (tu parles Charles!) Nouvelles pas fraîches puisque ce sont toujours les mêmes! Des attentats, des morts, des négociations, du fric qui part on ne sait où!
Et les bonnes nouvelles? Et les initiatives locales, comme celle en Normandie l'an dernier? Je parle de ce village qui s'est mobilisé pour construire une maison à un homme ruiné qui vivait avec ses trois enfants dans un mobilhome tout pourri sans lui demander un copec en retour! Vous ne trouvez pas qu'on ressent de la joie en apprenant ça?
Moi je choisis de fuir les oiseaux de mauvaise augure et ben je me sens mieux!

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Message par Harpo Dim 19 Mai 2013 - 22:42

Petitpoissongluant a écrit:

... ^^
Trêve de plaisanterie, "poète maudit" est un mauvais terme. Mais tous les "poètes" (c'est à dire, les très grands artistes qui oeuvrent dans la création - les autres domaines artistiques c'est un peu différent que pour les créateurs) ont des difficultés similaires.
Ils font tous de l'art par nécessité.
Ils sont plus exposés que les autres artistes, justement parce qu'ils se mouillent, qu'ils écrivent, et donc sont exposé plus fortement que quiconque à la critique.
Et paradoxalement parfois ce sont les gens qui la supportent le moins... la dite critique.

La majorité de ceux que je connais ont des sautes d'humeurs. Les plus créatifs sont les plus à fleur de peau, les plus tourmentés, les plus intelligents, et les plus sensibles.

Il y a une corrélation très forte entre ces points et la qualité du travail qu'ils font.
Alors... n'est-ce pas légèrement une malédiction?


Il y en a qui se blindent, certes, certains en sont capables. Mais généralement ils sacrifient leur talent pour ça, ou en tous cas une partie. Ils s'épuisent à sauver les apparences.
Je ne les juge pas hein. Je les envie.

De mon expérience (vécue ou observée autour de moi), être artiste, ce n'est pas un choix, ce n'est pas un métier, c'est d'abord un état d'être.
Donc... quand tu peux tout canaliser et ne pas subir, et obtenir une reconnaissance... ça doit être chouette (enfin... j'imagine)... et sinon... bah si, ça fait un peu malédiction car c'est une chose inéluctable.

Et l'image de l'eau en afrique, c'est très justement imagé.

Petit aparté sur cette question qui m'intéresse beaucoup, mais qui sort un peu du sujet initial posté par Bayadère.

Tout homme qui, ne serait-ce que parfois le soir en s'endormant, a tenté de pénétrer l'obscurité de son inconscient, sait qu'il a vécu pour lui-même. Ceux qui ne peuvent trouver leur plaisir dans le monde de la dominance, et qui, drogués, poètes ou psychotiques, appareillent pour celui de l'imaginaire, font encore la même chose.
...
L'homme est enfin, on peut le supposer, le seul animal qui sache qu'il doit mourir. Ses luttes journalières compétitives, sa recherche du bien-être à travers l'ascension hiérarchique, son travail machinal accablant, lui laissent peu de temps à penser à la mort, à sa mort. C'est dommage, car l'angoisse qui en résulte est sans doute la motivation la plus puissante à la créativité. Celle-ci n'est elle pas en effet une recherche de la compréhension, du pourquoi et du comment du monde, et chaque découverte ne nous permet-elle pas d'arracher un lambeau au linceul de la mort ? N'est-ce pas ainsi que l'on peut comprendre qu'en son absence celui qui "gagne" sa vie la perd ?
...
Le créateur doit être motivé à créer. Pour cela, il doit généralement ne pas trouver de gratification suffisante dans la société à laquelle il appartient. Il doit avoir des difficultés à s'inscrire dans une échelle hiérarchique fondée sur la production de marchandises. Celle-ci exigeant, pour assurer sa promotion sociale, une certaine faculté d'adaptation à l'abstraction physique et mathématique, beaucoup, rebutés d'autre part par la forme "insignifiante" prise par le travail manuel à notre époque, s'orientent vers les sciences dites humaines, ou vers les activités artistiques, "culturelles". Mais celles-ci sont moins "payantes", pour une société dite de production, et les débouchés moins nombreux. Par contre, l'appréciation de la valeur de l’œuvre étant pratiquement impossible, tant l'échelle en est mobile, affective, non logique, l'artiste conserve un territoire vaste pour agir et surtout une possibilité de consolation narcissique. S'il n'est pas apprécié, aucun critère objectif solide ne permettant d'affirmer que les autres ont raison, il peut toujours se considérer comme incompris. Envisagée sous cet aspect, la création est bien une fuite de la vie quotidienne, une fuite des réalités sociales, des échelles hiérarchiques, une fuite dans l'imaginaire. Mais, avant d'atteindre le ciel nimbé d'étoiles de l'imaginaire, la motivation pulsionnelle, la recherche du plaisir qui n'a pu s'inscrire dans une dominance hiérarchique, doit encore traverser la couche nuageuse de la socio-culture en place. L'artiste, dès l’œuf fécondé, est forcément lié à elle dans le temps et l'espace social. Il la fuit, mais n'en reste pas moins imprégné. Aussi génial soit-il, l'artiste appartient à une époque, réalisant la synthèse de ceux qui l'ont précédé et la réaction aux habitudes culturelles que ceux-ci ont imposés. C'est dans cette réaction d'ailleurs qu'il peut trouver son originalité. Mais c'est aussi en elle que réside l’ambiguïté de l'art pour ses contemporains. Le besoin d'être admiré, aimé, apprécié, qui envahit chacun de nous, pousse l'artiste au non-conformisme. Il refuse le déjà vu, le déjà entendu. La création est à ce prix, et l'admiration qu'elle suscite également. Mais l’œuvre originale s'éloigne alors des critères de références généralement utilisés pour la juger, et l'art se devant de ne pas être objectif, de prendre ses distances d'avec la sensation, d'avec le monde du réel, il devient fort difficile d'émettre à son égard un jugement immédiat. L'art est un plat qui se mange froid, comme la vengeance. Seule l'évolution imprévisible du goût pourra par la suite affirmer le génie.
...
Mais l'artiste peut-être suffisamment paranoïaque pour ne pas rechercher, ni même apprécier, cette réussite sociale, ce pansement narcissique. Cela ne veut pas dire pour autant qu'il soit un génie créateur. Aucun système de référence n'est là pour nous le dire. Cependant, c'est dans ce groupe de psychotiques ou à ses frontières qu'on a le plus de chance de le trouver. En effet, sa motivation n'est plus de s'inscrire dans un système pour en profiter, soit matériellement, soit de façon narcissique. Il trouve sa gratification dans l'imaginaire et dans l’œuvre qui en résulte. On peut admettre que celle-ci est moins suspecte.
Cette analyse motivationnelle et comportementale de l'artiste que nous venons de faire est d'ailleurs approximative et l'on ne peut nier qu'à travers l'histoire, certains génies créateurs ont trouvé une place dans la société de leur temps, et que le consensus historique, par la suite, confirma l'opinion favorable de leurs contemporains. C'est en effet qu'il existe deux niveaux d'abstraction dans le comportement de l'artiste. Le premier pourrait être interprété comme une fuite du réel non gratifiant vers un imaginaire qui l’apaise. Le second, qui prend naissance à partir de l’œuvre créée, est un retour par son intermédiaire à la réalité sociale, retour qui, pour les raisons que nous avons indiquées, peut être diversement apprécié, car il dépend du consommateur. Or, le consommateur n'est jamais seul. Si nous éliminons le snob, dont nous avons déjà parlé, il représente l'expression d'un certain type de société, à une certaine époque. Et nous retrouvons là la culture et son rôle social.
...
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Message par Bayadère Dim 19 Mai 2013 - 22:50

Oui... Il faut fuir les oiseaux de mauvaise augure.

Mon problème, je pense, c'est que je n'ai pas encore les épaules, ni le recul nécessaire pour relativiser certaines choses - y compris cette espèce d'ondulation de malheur. Suis-je MOI malheureuse, ou ne suis-je pas malheureuse simplement parce que le monde est dans cet état dépressif ? Comme je suis "enfermée" dans un carcan qui ne me correspond pas, je le subis, je le ressens. "Fais-moi mal"... Ou plutôt, "laisse-moi aller mal à ta place"...

Allez, haut les cœurs : je vais changer ce qui ne me plaît pas pour ne plus subir, et je m'en donnerai les moyens.

Merci à tous pour vos réponses Long hug
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Message par Invité Lun 20 Mai 2013 - 9:20

Clairement, fuir les oiseaux de mauvais augures (et à ce propos c'est pas demain la veille que je me mettrai à lire les nouvelles... Je ne connais rien qui m'insupporte plus que cela).


Bayadère, je pense effectivement que ton manque de liberté y est pour beaucoup dans tes difficultés.
Tu dois assumer un rythme qui n'est pas le tien (l'école), tu vis dans un cadre que tu n'as pas choisi avec des valeurs qui ne sont à priori pas toujours les tiennes et que pourtant, tu dois assumer.

Je voudrais te dire que ça change quand on quitte ses parents... Malheureusement pas entièrement.
Il y a toujours ces cadres inadaptés. Les études, le travail, parfois simplement notre entourage... Et quand on est amoureux de quelqu'un il n'est pas toujours parfait et absolument adapté à nous.

Il paraît que ce sont les HP qui doivent s'adapter aux autres et non l'inverse, car les HP en sont capables et les autres pas forcément.

Perspective du serpent qui se mord la queue.

Par contre je suis persuadée que pour les gens comme toi ça fait du bien de partir de chez ses parents.
Je suis personnellement pas un exemple de santé depuis, mais actuellement je ne supporte absolument plus de retourner chez eux (j'aurais dû, et je n'ai pas tenu, ils m'épuisent).

Reste qu'après ceci amene d'autres difficultés, mais cette liberté, je ne la lâcherai pas tellement elle est essentielle.


Je pense effectivement que tu changeras les choses petit à petit. Ça va se mettre en place, je suis confiante.

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Message par CarpeDiem Lun 20 Mai 2013 - 16:11

oufyfille a écrit:
Le HQI n'est pas la cause des souffrances.
Personnellement, ce sont pourtant mes souffrances qui m'ont mise sur la piste d'une "surdouance". Je ne suis peut-être pas "zèbre" mais si je devais résumer les choses, je dirai que: j'ai beau faire des efforts dans toute chose, je ne suis jamais dans la case, au mieux, je suis toujours à un poil près à côté.
Je perçois très bien qu'il peut être tentant de mettre tous ses maux sur la "surdouance", à tort, mais ce n'est pas pour autant que celle-ci ne peut expliquer bon nombre de choses.
Je veux dire... Clairement, ça n'explique pas tout (et cela apparaît dans les commentaires qui suivent ce que je viens de citer), mais ça PEUT (ou explique, pour ceux sont sûrs d'avoir un HP) expliquer ce petit quelque chose qui emmerde tout le monde, à commencer par soi... Vous m'excuserez pour les termes mais parfois, ne pas faire dans la dentelle est le procédé qui explique le mieux les choses.
En fait, je dirai même que je ne suis pas du tout d'accord. J'ai même l'impression que c'est une volonté assez positiviste qui entraîne à dire que le " HQI n'est pas cause de nombre de souffrances". Pourtant, si on lit les présentations ici, on y lit ou pressent de nombreuses souffrances en lien (plus ou moins, certes) direct avec la "surdouance".
Perso, ne jamais être vraiment comprise pour ce que j'ai dit, dire des choses qui choquent ou mettent mal à l'aise, être en-dehors (des groupes, de ce que vous voulez mais toujours en-dehors) par une certaine marginalité, être trop/pas assez, etc... et tout cela sans s'en rendre vraiment compte (les autres sont pareils à moi, soi-disant), ça mène à des incompréhensions systématiques et à, globalement, toujours mettre les pieds dans le plat.
Je ne vous parle guère de tout le reste (que vous connaissez très bien) comme de poser des questions à tout va, par exemple. Tiens, ne serait-ce que ça, c'est une souffrance. Une souffrance parce que je ne peux poser toutes les questions que je veux. Trop de questions, parfois, on sait même pas comment les formuler, et puis, l'explication ne va jamais assez loin. Et blablabla... Je me fais des noeuds pour pas grand-chose... Enfin bref, c'est là d'ailleurs que je prends conscience que je me sens HPI jusqu'à la moelle, toujours ce sentiment d'être nulle mais d'avoir pourtant certaines potentialités qui restent en friche, car limite inexploitables.
Encore une souffrance...

Après, est-ce pour autant qu'il faille être fataliste et dire que c'est invivable et tout.... hummm, non, certainement pas. De toute façon, vivre est dur pour tout un chacun. On a tous un tas de choses à affronter.
Pour ma part, la difficulté majeur se trouve à faire ce diagnostic.
Pour les gens qui vivent l'après, j'imagine que rien n'est idyllique pour autant mais avoir la base (savoir qu'on est "HPI" et donc différent), ça aide en tout cas à appréhender le monde avec le juste comportement, ou du moins, à ne plus faire tout un pataquès d'un pas de travers. Je dis bien « ça aide ». Je pense que c’est une construction. Rien n’est évident.
Mais quand je vois par exemple comment je suis hypersensible, perfectionniste… Rien que ça, ça me pourrit clairement la vie. Un rien est tragique et je repère tout un tas de comportements, expressions qui me semblent vouloir dire ceci, cela, et vas-y que je passe des journées entières à me faire un plaidoyer intérieur pour savoir ce qu’il en est. Non, vraiment, si je suis HPI, l’être est une souffrance.
Quant à ceux qui se portent très bien, je me demande s’ils ne correspondent pas à des HPI dit laminaires, et donc à une forme de HPIs qui vivent leur vie beaucoup plus sereinement.
Et j’ajouterai aussi qu’il est fort possible qu’un certain nombre arrive à faire semblant assez bien, y compris pour eux-mêmes et que viendra un jour, ils iront plus si bien.
D’autres encore ont pu trouver une vie qui leurs permettent de juguler leurs difficultés.
Bref, je ne pense pas que tout soit rose pour autant.
Désolée si mon post paraît noir. Je ne veux pas qu’il le soit. Je pense qu’il FAUT penser que les solutions (pas miraculeuses) existent, pour qu’elles s’offrent à nous.
Et malheureusement, point de recettes je crois. J’imagine qu’il faut que tout un chacun trouve sa manière à lui d’être heureux, de se sentir bien, ça dépend de la vie de chacun…
Pour reprendre ce que dit Kisuije : « On ne peut pas considérer le HQI comme l'unique cause de toutes les souffrances, comme on ne peut pas nier qu'il puisse en être une, à un degré divers selon le passif de chacun. ». J’irai plus loin. C’est l’image de l’arbre, si l’enracinement de l’arbre est hérétique, celui-ci poussera mal. Je vois le HPI comme l’enracinement, possiblement nébuleux, l’élément basal qui fait que tout PEUT partir de travers, par rapport à la « norme » du moins, et donc obscurcir l’horizon.
anianka05 a écrit:Je viens de pousser un mini coup de gue*le sur un autre topic. J'y disais à quel point il était récurent de ne mettre en avant que le négatif de toute chose! Le mal de notre société (la dépression) vient en grande partie de là! Je suis prête à parier que 95 à 99% des personnes présentes ici ont été ou sont en dépression! Eteignez vos télés et bouchez-vous les oreilles lorsque vous entendrez des nouvelles acerbes et mauvaises! Personne ne peut résister éternellement à de la flagellation! Comment voulez-vous être heureuse (x) si l'on passe son temps à dire à quel point vous êtes mauvais, nuls, destructeurs, une erreur honteuse de la création?!
Les critiques, les insultes, les rabaissements sont partout, elles gangrènent tout! Alors bouchez-vous les oreilles et barrez-vous lorsque ça arrive! Vous êtes libres de les écouter ou non. Vous avez encore la possibilité de dire: "stop! Parles moins en bien ou adresses-toi à quelqu'un d'autre!" Libres d'éteindre votre télé lors des nouvelles (tu parles Charles!) Nouvelles pas fraîches puisque ce sont toujours les mêmes! Des attentats, des morts, des négociations, du fric qui part on ne sait où!
Et les bonnes nouvelles? Et les initiatives locales, comme celle en Normandie l'an dernier? Je parle de ce village qui s'est mobilisé pour construire une maison à un homme ruiné qui vivait avec ses trois enfants dans un mobilhome tout pourri sans lui demander un copec en retour! Vous ne trouvez pas qu'on ressent de la joie en apprenant ça?
Moi je choisis de fuir les oiseaux de mauvaise augure et ben je me sens mieux!
Oui, c’est vrai que le mal, la critique, le noir envahit tout et ça ne peut que nous faire voir les choses en noir, en petit, en décadent, etc…
Je te rejoins dans le fait de faire le choix de se détourner de la « gangrène ». Mais je ne pense pas que ce soit aussi simple que cela. Comme tu le dis si bien, elle est partout. Que faire alors ? Ensuite, il y a effectivement un certain nombre de choses qui ne vont vraiment en ce monde. Donc bon… Je ne sais pas… ça fait un peu « ferme les yeux et tant pis ». Et ça, par contre, je ne suis pas du tout d’accord^^. Je ne dis pas que c’est ce que tu as dit mais finalement, cela s’en rapprocherait, j’ai l’impression.
D’autre part, je voulais dire une chose personnelle : je suis poète et il se trouve que dans mes poèmes, j’aime (c’est même plus que ça) aller dans le dramatique, le noir, etc … sans que ce soit triste. Tout ce côté obscur a quelque chose d’intensément beau lorsqu’il est sublimé (et parfois, il me semble l’être par nature, oui oui ! Peut-être ce côté artiste ?)… Je me dis parfois que j’aime le noir, le triste, le tragique… sans que ce soit pathétique ou triste, c’est juste beau, en un certain sens. Je crois que j’aime ça parce que c’est intense en fait. Y’a de la vie en tout ça… Je crois que c’est lié au fait que je préfère cela car ça n’est pas fade, vide, ouais, y’a de la vie…
Bref, voir les choses en noir parfois, n’est pas forcément délétère… Tout dépend de la manière de voir les choses, surtout pour un HPI, qui a besoin d’émotions fortes…
« Ils font tous de l'art par nécessité.
Ils sont plus exposés que les autres artistes, justement parce qu'ils se mouillent, qu'ils écrivent, et donc sont exposé plus fortement que quiconque à la critique. »
Oui, c’est tout à fait ça. Merci de me décrire avec autant de perspicacité !
J’écris parce qu’écrire, c’est mon sang, c’est ma vie, je suis « obligée » (mais c’est un plaisir, plus qu’un plaisir même). D’ailleurs, depuis que je traverse ce qui me semble être une dépression, j’écris très peu (mais j’écris quand même). Etrange non ? Comme si ce petit morceau de vie que j’ai perdu, je l’avais perdu dans l’écriture aussi.
D’autre part, oui, écrire, c’est se mouiller. J’ai beaucoup de mal à écrire vraiment (genre, un roman, c’est mon rêve), parce que je sais que, dans ce que j’écris, c’est moi qui transparaît à chaque coin de ligne et je ne souhaite pas (pudeur, pudeur) qu’on m’y lise. Donc, j’en reste là, à ne pas écrire. Pourtant, je n’attends que ça quelque part. Et j’ai l’impression que peu de gens comprennent cela… Peut-être qu’ils ne comprennent pas à quel point l’écrivain se mouille justement ?
« La majorité de ceux que je connais ont des sautes d'humeurs. Les plus créatifs sont les plus à fleur de peau, les plus tourmentés, les plus intelligents, et les plus sensibles. »
C’est tout à fait ça pour moi : je suis créative mais très à fleur de peau, très tourmentée, over-sensible (nan pas hyper mais over, le truc qui déborde quoi). Mais j’accepte très bien ce côté finalement (pas tous les jours cependant hihihi) parce que c’est un formidable élan créatif, et de vie. Ouais, la création, c’est la vie, pour moi, du moins.
Enfin, le « plus intelligents », je tique toujours… mouhahaha (rire jaune) !

« Il y a une corrélation très forte entre ces points et la qualité du travail qu'ils font.
Alors... n'est-ce pas légèrement une malédiction? »
Tout à fait mais c’est aussi un plus haut degré de… vie. Quelque chose de plus, toujours une espèce d’intensité en plus. Cela peut être formidable… mais également une vraie torture… Je ne sais que dire… Parfois, y’a une envie de se trancher ce côté artiste… Mais dans le fond, j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux…
« Il y en a qui se blindent, certes, certains en sont capables. Mais généralement ils sacrifient leur talent pour ça, ou en tous cas une partie. Ils s'épuisent à sauver les apparences.
Je ne les juge pas hein. Je les envie. »
Je crois que lorsque l’on tombe en dépression, on a comme un blindage (ça n’en est pas un) dans le sens où on est un peu beaucoup léthargiques et que du coup, le dit talent est sacrifié (au moins partiellement).
Mais l’inverse me semble possiblement vrai… Ce qui fait que l’on est créatif, c’est l’hypersensibilité, la profondeur avec laquelle on vit les choses… Ne pas l’exprimer, ne pas être créatif, se blinder, c’est blinder ses émotions, c’est ne plus vivre, quelque part. Je pense qu’on peut atteindre la dépression en faisant cela…
Je comprends ton envie, je l’ai souhaité très fort et la souhaiterai probablement à certains moments de ma vie.

Merci Harpo pour le « petit aparté », fort instructif !
Bayadère a écrit:
En ce moment, j'alterne phases de complète euphorie, et d'incommensurable tristesse.
Une houle émotionnelle.
Marée haute, marée basse.
Les idées viennent, surgissent, foisonnent, se décompensent, se démultiplient.
Je joue - avec moi, mon destin, ma vie, mon corps, l'espace, les échanges, les flux, les émotions.

Et puis, subitement...
Disparition.
Néant.
Une tête lourde - un fardeau à porter.
Je dodeline du chef comme pour dire "oui" à la dépression.
Mes facultés de mémorisation et de concentration s'amenuisent.
Tout perd sens.
L'essence fuit...
On dirait une vape, une chape de plomb...

J'ai connu ça, avant.
Avec l'alcool, l'alcool...
Un oublie mièvre et inopiné.
Et avec des médicaments.
Et lors de phases d'apathie et d'asthénie prolongée.
On m'a dit que c'était le signe d'une dépression - ou d'un sevrage.

A quoi suis-je en train d 'essayer d'échapper ?
A ma vie, au bonheur, que je touche enfin du bout du doigt ?
Un des membres de ZC écrivait que nous nous habituions quelquefois à nos malheurs, car ils avaient quelque chose de rassurant.
C'est ça - moi, être joyeuse, ça me fait plonger.
Je suis de cette espèce étrange qui a besoin de se sentir en conflit intérieur pour que tout s'arrange. Sans pression, tout semble fade. L'on ne vit jamais aussi intensément que lorsque l'on danse sur son fil.
Je crois qu'on l'appelle le "sentiment d'ordalie"... Vouloir être soumis à un danger pour être dans l'intense, le compact, l'essentiel, le foisonnant - quelque chose de plus "concret".
Avez-vous connu ce sentiment ?
Comment se sortir de cette sorte de mode de fonctionnement masochiste ?
J’aurais sûrement du commencer par là mais tant pis, ça vient comme ça vient.
On dirait moi comme beaucoup de posts sur ZC.
Ton post sent la dépression existentielle… Je me permets de te poser quelques questions, tu n’es pas obligée d’y répondre, bien entendu Smile :
• Quelle est ta situation professionnelle/personnelle (statut : mariée, célibataire, … ; profession/études ; chez papa/maman, je crois que c’est le cas ; le quotidien : que fais-tu de tes journées, etc…)
« Je crois qu'on l'appelle le "sentiment d'ordalie"... Vouloir être soumis à un danger pour être dans l'intense, le compact, l'essentiel, le foisonnant - quelque chose de plus "concret". »
Bah je dirai simplement que la vie dont la majorité des gens se satisfait ne te convient pas, elle te paraît fade, lisse, insignifiante, j’ai faux ?
Je crois que ça rejoint ce que je dis du fait que j’aime écrire du noir, du dramatique dans mes poèmes…
Je n’ai pas envie de vivre une vie lisse, morne, comme toi… quitte à vivre le danger, la tristesse…
Il faut que la vie soit émotionnelle, de grands hauts et de grand bas… Les grands bas, on n’en a pas envie, oui, mais c’est toujours mieux que la ligne droite et continue, si vide de sens…
Quant au fait « qu’être joyeuse, ça te fasse plonger », je crois que c’est effectivement la peur du retour de manivelle : on est heureux, ça ne peut être que pire dans pas longtemps… Logique anti-épicurienne par excellence. Je fonctionne aussi comme ça… Comme si je devais payer tout bonheur… Je crois que ce sont, déjà ces « bonnes » bases judéo-chrétiennes qui nous font rejeter le bonheur, le profit (de la vie, pas de l’argent). Il ne faut pas profiter de la vie, il faut travailler ! Mais qui a envie de travailler pour travailler ? Après tout, après, on meurt ! Enfin bref, je m’égare, ce que je veux dire, c’est que la société nous renvoie (c’est très subtile mais c’est là) qu’être heureux, c’est un peu mal… Je veux dire, par exemple, être là et contempler un fabuleux coucher de soleil, c’est mal… On devrait être en train de travailler (j’exagère à peine). D’ailleurs, ça rejoint le fait que le côté artistique est souvent mal perçu, c’est un peu le marginal foufou qui « branle rien » (manuellement = ne fait rien du tout).
On est un peu beaucoup conditionné à ne pas jouir de la vie.
Peut-être qu’à un moment donné, il faut accepter que l’on préfère être malheureux plutôt que ne rien ressentir, qu’il faille faire un choix aussi, le choix de profiter (d’un rien, pour les autres) parce que c’est le choix de vie que l’on fait et aussi parce qu’on a la capacité à s’émerveiller d’un rien. Ce que les autres n’ont pas… Je vois par exemple mon père qui s’émerveille qu’un oiseau pépie. Cela le comble de bonheur. Et bien, ça rend folle ma mère… Parce qu’elle ne comprend pas et sûrement lui envie-t-elle un peu (beaucoup ?) cette capacité à être envoûté par un « rien » ?
A mon avis, Bayadère, il faut que ça bouge chez toi. Il n’y a pas de secret. Cela ne va pas dans ta vie, fais des choix radicaux et accepte-les, ils ne seront pas parfaits, c’est sûr, mais ils donneront une direction et un sens à ta vie. D’autre part, cherche à exprimer ta créativité ( de quelque manière que ce soit), tu en as forcément une (hypersensibilité = créativité) ! Conseil de JSF, je crois, je sais plus.

« Cependant s'il faut se méfier de tout, de tout le monde, et ne jamais vivre pleinement ses émotions... à quoi bon vivre? »
J’imagine qu’il faut trouver un compromis… trouver une vie qui nous permette de vivre pleinement ses émotions… Se méfier, faire semblant, ça ne marchera jamais qu’un temps.
Après, je me pose la même question et je me demande comment vivre pleinement mes émotions…
C’est à chacun de voir avec sa situation.
« Il me semble que Anianka05 a trouvé une bonne piste.
Une bonne hygiène de vie (se recharger au maximum, le + souvent possible), l'acceptation, le lâcher-prise, se responsabiliser et RIRE DE TOUT. »
Une bonne hygiène de vie, je l’ai fait par le passé et… j’étais pareil que maintenant, c'est-à-dire pas au top de ma forme. Cependant, c’est un bon conseil mais le fond de la chose n’est pas là du tout, pour moi.
Le fond des choses : c’est de vivre avec Autrui en pouvant être vraiment soi, et donc, de trouver un consensus, une manière de vivre qui nous permette d’être nous.
Et je reste persuadée qu’on ne sera jamais vraiment heureux si on ne peut pas vraiment/ pleinement être nous.
Parce que ça n’est que mensonges, tricheries, vie superficielle et j’en passe…
Quant à rire de tout, c’est déjà ce que je fais, le rire est ma soupape… Mais ça ne résout rien, là encore…

Désolée pour le pavé, ce post est vraiment très intéressant ! Désolée aussi Bayadère, je pars un peu sur les côtés et te réponds sans doute moins directement. Mais je suis convaincue que les réflexions menées ici et là ne peuvent que t’aider ! Wink




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Le syndrome du "fais-moi mal".  - Page 2 Empty Re: Le syndrome du "fais-moi mal".

Message par Bayadère Lun 20 Mai 2013 - 16:45

• Quelle est ta situation professionnelle/personnelle (statut : mariée, célibataire, … ; profession/études ; chez papa/maman, je crois que c’est le cas ; le quotidien : que fais-tu de tes journées, etc…)

Je suis une élève de Terminale Scientifique. Blindée de toutes les options possibles (pour pas m'emmerder), utilisée par mon lycée comme bête à concours. Je ne sais pas quoi faire de ma vie, parce que j'ai des "capacités" en tout. J'ai été convoquée, il n'y a pas si longtemps de ça, par le chef d'établissement pour que l'on en discute (blabla sur l'insertion "dans les voies d'excellence du système d’éducation à la française" --> prépa...). C'est lourd à porter, cette exigence d'excellence en tout - elle me cripse encore davantage. Je la sens poindre, cette exigence du "va haut, va loin, tu le peux!". Oui... haut.... Je veux bien. mais quel pic, quand tout m'intéresse ?

Mon quotidien ? Hum... préparation de Bac en ce moment. Sinon - je lis des livres, je réfléchis sur tout, j'essaye de canaliser ma pensée vers des domaines que j'explore uns à uns, comme une gosse assoiffée de voir le monde. Je marche beaucoup, aussi. C'est le sang dans mes veines qui est un grouillant élixir - si je ne me meus pas, j'en crève. J'essaye de voir des amis, j'en ai, ce n'est pas le problème - il y en a qui me comprennent, d'autres pas, tant pis je m'adapte, et je ne me sens pas "brimée" dans ma zébritude.

Le statut ? Haha, célibataire (n'en déplaise à certains membres du forum ^^). C'est par choix pour le moment. Je n'aime personne que je puisse avoir, je ne vais pas mentir à quelqu'un et vivre avec lui dans le souvenir - toujours présent - d'un autre. Car oui, autre il y a, autre il y a eu, autre il y aura encore, sans doute. C'est une sorte d'histoire impossible. Je laisse le temps clarifier les choses, cicatriser les blessures ou rouvrir le coeur. Aujourd'hui encore, je me suis dit qu'à 18 ans, tant de choses m'attendaient que je ne suis pas celle qui craint de ne pas rencontrer ni pouvoir séduire l'amour de sa vie... Donc cela ne me tourmente plus autant.




Bah je dirai simplement que la vie dont la majorité des gens se satisfait ne te convient pas, elle te paraît fade, lisse, insignifiante, j’ai faux ?


Non - pour moi, rien n'a de goût de saveur, dans la lente progression du quotidien, et les heures qui s’égrainent comme du sable dans une clepsydre... Je sens que je trépigne sur place, alors que je veux vivre INTENSÉMENT. Mine de rien, c'est ce que je fais, chaque jour. J'avais une amie qui disait : "dommage, quand je lis les livres, ma vie m'apparaît triste et sans relief, à côté". Moi, je souris - parce que je vis des heures qui paraissent être des scénarios de cinéma, des pages de roman à suspens.
J'ai une vie somme-toute bien remplie - mais même "bien remplie", ça ne me suffit pas.

Vous avez dit James Bond ? ^^

A mon avis, Bayadère, il faut que ça bouge chez toi. Il n’y a pas de secret. Cela ne va pas dans ta vie, fais des choix radicaux et accepte-les, ils ne seront pas parfaits, c’est sûr, mais ils donneront une direction et un sens à ta vie. D’autre part, cherche à exprimer ta créativité ( de quelque manière que ce soit), tu en as forcément une (hypersensibilité = créativité) ! Conseil de JSF, je crois, je sais plus.



J'écris... J'écris comme d'autres gerbent leurs envies de renouveau, après l'alcool et la haine.
Est-ce qu'il faut que ça bouge ? Oui, il faut que ça bouge.
Je suis restée sur place pendant trois ans - c'est trop.
L'horizon ici est trop bas.
Il y a sûrement un endroit, autre, qui me comblera.
Mais avant tout - je dois changer mon paysage intérieur - lui donner une autre palette.
La couleur de l'inconnu.
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Message par Harpo Lun 20 Mai 2013 - 17:23

[quote="CarpeDiem"]
oufyfille a écrit:
Le HQI n'est pas la cause des souffrances.

Je vais essayer de préciser ce point, et cela n'engage que moi, pas oufyfille bien sûr.

Quand on dit, "le HQI n'est pas la cause des souffrances", on ne nie pas l'importance du HQI, mais sa causalité. Le haut potentiel est une chose, et il est effectivement important de le prendre en compte comme outil indispensable à sa connaissance de soi. Il n'y a qu'à voir ici le nombre de gens qui arrivent, tout heureux d'avoir enfin trouvé, peut-être, la clé qui leur manquait à l'origine de beaucoup de leurs problèmes. Mais plus qu'une clé, n'est-ce pas plutôt l'élément (manquant ou non) d'un puzzle, au même titre que son origine, sa famille, son éducation, sa personnalité, son histoire, ses névroses ? Au contraire, même, ce QI dont on ne sait trop quoi faire, n'est-il pas un atout extraordinaire pour la compréhension et la résolution de ce patchwork, au minimum grâce à notre capacité d'introspection et d'analyse ? A condition bien sûr d'avoir la justesse et l’honnêteté de ne pas se mentir.

Une des principales causes des problèmes du Z semblent venir de tous les mécanismes de défense mis en place pour affronter (ou fuir) le décalage induit par notre condition, ce qui fait que nous sommes partie d'une minorité de gens noyés dans une masse - la norme - que nous prenons en pleine poire très rapidement. Ces mécanismes là - en gros tout ce qui consiste à se créer un faux self nous empêchant d'être acteur de notre propre vie, et la frustration inévitable causée par le décalage entre la vie que nous rêvons, consciemment ou inconsciemment, et la vie que nous menons - ils dépendent grandement de beaucoup de facteurs intérieurs et extérieurs à nous. Certains vivront bien leur zébritude, parce que soutenus par un environnement favorable, et pour d'autres ce sera un long chemin de souffrance. Ou encore pour d'autres, ce sera juste une vie tiède et monotone, une non vie en attendant un éventuel sursaut. Moi, par exemple, je suis le contraire d'un cyclothymique, ou alors j'ai de cycles d'humeur d'une durée de 20 ans Wink. Ce qui ne m'empêche pas de comprendre et de ressentir tout ce que vous exprimez ici, parce que c'est pareil, mais ne s'exprime pas sous la même forme.

Le danger, c'est de se cacher derrière cet état de HQI et de tout lui mettre sur le dos. Non, une fois fort de cette connaissance, c'est ailleurs qu'il faut creuser, et en général chez soi, bien au fond, dans la chair. Un exemple : ne pas savoir vivre son quotidien, et son horrible décalage avec son imaginaire et ses rêves, est-ce un trait HQI, ou l'impossibilité de devenir adulte ? Et si on opte pour la deuxième solution, d'où vient cette impossibilité ? Et pourquoi placer la barre de la vie rêvée à un niveau si haut, inatteignable ? N'est-ce pas un moyen de ne jamais pouvoir y accéder ?

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Message par Bayadère Lun 20 Mai 2013 - 17:44


Le danger, c'est de se cacher derrière cet état de HQI et de tout lui mettre sur le dos. Non, une fois fort de cette connaissance, c'est ailleurs qu'il faut creuser, et en général chez soi, bien au fond, dans la chair. Un exemple : ne pas savoir vivre son quotidien, et son horrible décalage avec son imaginaire et ses rêves, est-ce un trait HQI, ou l'impossibilité de devenir adulte ? Et si on opte pour la deuxième solution, d'où vient cette impossibilité ? Et pourquoi placer la barre de la vie rêvée à un niveau si haut, inatteignable ? N'est-ce pas un moyen de ne jamais pouvoir y accéder ?


Je n'ai jamais tout mis sur le dos du HQI - la preuve, je refuse que l'on m'en parle en thérapie comme d'un poids, ce n'est pas ça qui me pose problème, c'est ma personnalité - MOI-, et le QI n'est qu'un de mes traits. MA construction est bancale, mais pas celle de tous.

L'impossibilité de devenir adulte ? Pas condamnable à 18 ans, de ne pas être "adulte" à 100%... Non, je crois que ce qui me bloque, c'est bien un idéalisme qui pourrait se muer en pragmatisme s'il se trouvait dans un domaine où il pourrait s'exprimer. Ma créativité au service de l'action concrète, et non-pas d'une assimilation de savoirs sans queue ni tête, pourrait être utile, ou au moins, exprimée d'une manière sincère et honnête.

Mature, je le suis dans ma pensée, depuis toute petite ; je n'ai jamais vécu d'"enfance insouciante", j'ai toujours été une "mini-adulte". Alors que l'on ne m'ôte pas, s'il vous plaît, ce dernier petit droit de l'enfance - rêver... Quitte à ce ne soit qu'un rêve vécu en chair, différent du premier, des années après, qui soit réalisable - mais réalisable quand même.



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Message par Harpo Lun 20 Mai 2013 - 18:18

Je ne réagissais pas vraiment par rapport a toi, Bayadère Wink

Je ne voudrais pas t'empêcher de rêver, et encore moins de vivre tes rêves. D'ailleurs, se donner les moyens de vivre ses rêves est un choix que je trouve particulièrement judicieux. Pas le plus simple par contre.

Le pire, en fait, c'est de ne pas rêver.
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Message par Invité Lun 20 Mai 2013 - 18:57

Bayadère a écrit: Ma créativité au service de l'action concrète, et non-pas d'une assimilation de savoirs sans queue ni tête, pourrait être utile, ou au moins, exprimée d'une manière sincère et honnête.

Mature, je le suis dans ma pensée, depuis toute petite ; je n'ai jamais vécu d'"enfance insouciante", j'ai toujours été une "mini-adulte".

Merci Bayadère, ce sont mes propos d'il y a 10mn que j'ai eus IRL avec un zèbre.

C'est bien ce qui me pose problème, je veux en faire quelque chose de concret.. et je ne sais pas quoi.


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Message par anianka05 Lun 20 Mai 2013 - 19:16

Bayadère, j'imagine que ton excellence n'est pas facile à porter, tout comme une trop grande beauté devient un fardeau. Malgré tout je t'envie. Je suis frustrée de ne pas avoir été excellente et avoir eu le choix d'études dans tous les domaines. Mon rêve: une mémoire éidétique associée à une grande intelligence. Je ne suis pas assez intelligente à mes yeux. Mon histoire personnelle en est la cause principale...

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Message par Bayadère Lun 20 Mai 2013 - 19:49

@ Harpo
Compris, grand chef ! Wink

@ Mary Poppins
Comme quoi, cette histoire de synchronicité jungienne...

@ anianka
Je n'ai pas non-plus de mémoire éidétique...
ET je me trouve aussi "trop" bête. Surtout quand je vois que des gens arrivent à faire leurs lacets avant leur 13ème années de vie - époque où j'arrivais à lire des livres en anglais, mais pas à faire un noeud correct...
ET puis, le choix des études dans tous les domaines EST un fardeau plus grand encore que des résultats "moyens sauf dans les matières qui t'intéressent" : tu te dis que chaque voie que tu empreintes est synonymes de fermeture des autres - et ça te paralyse et parasite l'action.
Se jeter à l'eau est extrêmement difficile...
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Message par CarpeDiem Lun 20 Mai 2013 - 22:34

Harpo a écrit:

Quand on dit, "le HQI n'est pas la cause des souffrances", on ne nie pas l'importance du HQI, mais sa causalité.
Je ne suis pas d'accord. Au contraire. Etre HQI, c'est être profondément différent. A partir de là, ne jamais avoir (ou presque) un pied dans la case, faire toujours à côté, bah désolée, mais oui, c'est une souffrance (ou peut en être une -pour ceux que ça concerne), oui, due au HQI (selon moi, mais ça n'engage que moi). Je vois que beaucoup de gens contestent que cette souffrance soit due au HQI sous prétexte qu'on peut souffrir de tout plein d'autres choses finalement. Ok, il ne faut pas tout mettre sur le HQ et jamais je ne dirai le contraire. Ceci dit, être HQI, ça en fait profondément souffrir certains et ce n'est pas parce que ça n'en fait souffrir que certains que cela n'est pas la cause de leur souffrance. Okay, je ne suis sûre de rien concernant mon éventuelle "surdouance" mais j'ai (ou ai eu) des ami(e)s surdoué(e)s et je vous prie de croire que cette différence (qui entraîne la souffrance) qui s'exprime un peu partout (et qui vient de ce haut potentiel) ne peut pas être imputable à, je ne sais pas, un mauvais rapport avec sa mère ou je ne sais quoi.
Après, d'autres problèmes, oui... Je ne sais pas s'il existe une personne sur Terre qui n'ait qu'un seul problème.
Mais je vois le HQ comme une CAUSE (ou qui peut -oui, je sais, certains "surdoués" vont bien) de souffrance à part entière. Et j'ai beau lire ici et là ce qui est écrit, non, j'en reviens toujours à cela.
Après, est-ce que c'est définitif? Est-ce que c'est une sentence: le HQI sera toujours malheureux. Je ne pense pas... il y a certainement des moyens de vivre pleinement, de se vivre pleinement...

Pour le reste, oui, ça n'est pas la cause de tout, je l'ai dit et je le redis.
Bayadère a écrit:
• Quelle est ta situation professionnelle/personnelle (statut : mariée, célibataire, … ; profession/études ; chez papa/maman, je crois que c’est le cas ; le quotidien : que fais-tu de tes journées, etc…)

Je suis une élève de Terminale Scientifique. Blindée de toutes les options possibles (pour pas m'emmerder), utilisée par mon lycée comme bête à concours. Je ne sais pas quoi faire de ma vie, parce que j'ai des "capacités" en tout. J'ai été convoquée, il n'y a pas si longtemps de ça, par le chef d'établissement pour que l'on en discute (blabla sur l'insertion "dans les voies d'excellence du système d’éducation à la française" --> prépa...). C'est lourd à porter, cette exigence d'excellence en tout - elle me cripse encore davantage. Je la sens poindre, cette exigence du "va haut, va loin, tu le peux!". Oui... haut.... Je veux bien. mais quel pic, quand tout m'intéresse ?
Le problème est sûrement dans le fait d'être utilisée. Toi seule doit décider de ton futur et si c'est d'être jardinière, bah tant pis pour la prépa.
N'y a-t-il rien qui t'intéresse plus? Un truc a priori anodin que tu fais dans le quotidien, quelque chose qui t'aurait échappé? Ou alors quelque chose que tu te vois mieux faire au quotidien, en conservant le reste pour chez toi?

Bayadère a écrit:Mon quotidien ? Hum... préparation de Bac en ce moment. Sinon - je lis des livres, je réfléchis sur tout, j'essaye de canaliser ma pensée vers des domaines que j'explore uns à uns, comme une gosse assoiffée de voir le monde. Je marche beaucoup, aussi. C'est le sang dans mes veines qui est un grouillant élixir - si je ne me meus pas, j'en crève. J'essaye de voir des amis, j'en ai, ce n'est pas le problème - il y en a qui me comprennent, d'autres pas, tant pis je m'adapte, et je ne me sens pas "brimée" dans ma zébritude.

Le statut ? Haha, célibataire (n'en déplaise à certains membres du forum ^^). C'est par choix pour le moment. Je n'aime personne que je puisse avoir, je ne vais pas mentir à quelqu'un et vivre avec lui dans le souvenir - toujours présent - d'un autre. Car oui, autre il y a, autre il y a eu, autre il y aura encore, sans doute. C'est une sorte d'histoire impossible. Je laisse le temps clarifier les choses, cicatriser les blessures ou rouvrir le coeur. Aujourd'hui encore, je me suis dit qu'à 18 ans, tant de choses m'attendaient que je ne suis pas celle qui craint de ne pas rencontrer ni pouvoir séduire l'amour de sa vie... Donc cela ne me tourmente plus autant.
Okay, donc, le vrai problème, c'est d'avoir l'impression d'être "utilisée" et de ne pas savoir quoi faire de ton avenir, vu que tu t'intéresses à tout?
Journaliste, tu y as pensé? Je dis vraiment ça à tout hasard hein...

Bayadère a écrit:

Bah je dirai simplement que la vie dont la majorité des gens se satisfait ne te convient pas, elle te paraît fade, lisse, insignifiante, j’ai faux ?


Non - pour moi, rien n'a de goût de saveur, dans la lente progression du quotidien, et les heures qui s’égrainent comme du sable dans une clepsydre... Je sens que je trépigne sur place, alors que je veux vivre INTENSÉMENT. Mine de rien, c'est ce que je fais, chaque jour. J'avais une amie qui disait : "dommage, quand je lis les livres, ma vie m'apparaît triste et sans relief, à côté". Moi, je souris - parce que je vis des heures qui paraissent être des scénarios de cinéma, des pages de roman à suspens.
J'ai une vie somme-toute bien remplie - mais même "bien remplie", ça ne me suffit pas.
Oui, je vis la même chose donc je comprends.
Trouver un métier dans la création pour gérer cette énergie débordante et canaliser cette imagination (débordante aussi)?
Faire du sport aussi?
Paraît que ça marche bien... je ne te cache pas que moi, je mouline encore plus du cerveau donc bon...

Bayadère a écrit:
A mon avis, Bayadère, il faut que ça bouge chez toi. Il n’y a pas de secret. Cela ne va pas dans ta vie, fais des choix radicaux et accepte-les, ils ne seront pas parfaits, c’est sûr, mais ils donneront une direction et un sens à ta vie. D’autre part, cherche à exprimer ta créativité ( de quelque manière que ce soit), tu en as forcément une (hypersensibilité = créativité) ! Conseil de JSF, je crois, je sais plus.

J'écris... J'écris comme d'autres gerbent leurs envies de renouveau, après l'alcool et la haine.
Est-ce qu'il faut que ça bouge ? Oui, il faut que ça bouge.
Je suis restée sur place pendant trois ans - c'est trop.
L'horizon ici est trop bas.
Il y a sûrement un endroit, autre, qui me comblera.
Mais avant tout - je dois changer mon paysage intérieur - lui donner une autre palette.
La couleur de l'inconnu.
Trouve ce qui te fait réellement envie et prends ton avenir à bras le corps. Fais un tour du monde si besoin^^.
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Le syndrome du "fais-moi mal".  - Page 2 Empty Re: Le syndrome du "fais-moi mal".

Message par anianka05 Lun 20 Mai 2013 - 23:13

Bayadère a écrit:
@ anianka
Je n'ai pas non-plus de mémoire éidétique...
ET je me trouve aussi "trop" bête. Surtout quand je vois que des gens arrivent à faire leurs lacets avant leur 13ème années de vie - époque où j'arrivais à lire des livres en anglais, mais pas à faire un noeud correct...
ET puis, le choix des études dans tous les domaines EST un fardeau plus grand encore que des résultats "moyens sauf dans les matières qui t'intéressent" : tu te dis que chaque voie que tu empreintes est synonymes de fermeture des autres - et ça te paralyse et parasite l'action.
Se jeter à l'eau est extrêmement difficile...

Je vois. Je ne le vis pas donc je ne sais pas réellement ce que ça implique. Mais je vis comme une frustration de ne pas pouvoir tout comprendre. Il faudrait que je sois étudiante à vie (mon rêve aussi) pour pouvoir explorer au max. Mais je ne peux pas, je dois payer des factures! Alors j'explore d'autre chose, qui sont importantes, comme l'accession à la paix intérieure et l'Amour universel. Mon HP m'aide. Je ne peux pas pour le moment me pencher sur les problèmes de physique quantique ou encore sur l'océanographie, ni même sur l'étude de la "vraie" Histoire de France, alors je vais là où je peux aller sans Université, ni cours.

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Message par Invité Lun 10 Juin 2013 - 0:38

Bayadère a écrit:
En ce moment, j'alterne phases de complète euphorie, et d'incommensurable tristesse.
Une houle émotionnelle.
Marée haute, marée basse.
Les idées viennent, surgissent, foisonnent, se décompensent, se démultiplient.
Je joue - avec moi, mon destin, ma vie, mon corps, l'espace, les échanges, les flux, les émotions.

Et puis, subitement...
Disparition.
Néant.
Une tête lourde - un fardeau à porter.
Je dodeline du chef comme pour dire "oui" à la dépression.
Mes facultés de mémorisation et de concentration s'amenuisent.
Tout perd sens.
L'essence fuit...
On dirait une vape, une chape de plomb...

J'ai connu ça, avant.
Avec l'alcool, l'alcool...
Un oublie mièvre et inopiné.
Et avec des médicaments.
Et lors de phases d'apathie et d'asthénie prolongée.
On m'a dit que c'était le signe d'une dépression - ou d'un sevrage.

A quoi suis-je en train d 'essayer d'échapper ?
A ma vie, au bonheur, que je touche enfin du bout du doigt ?
Un des membres de ZC écrivait que nous nous habituions quelquefois à nos malheurs, car ils avaient quelque chose de rassurant.
C'est ça - moi, être joyeuse, ça me fait plonger.

Je suis de cette espèce étrange qui a besoin de se sentir en conflit intérieur pour que tout s'arrange. Sans pression, tout semble fade. L'on ne vit jamais aussi intensément que lorsque l'on danse sur son fil.
Je crois qu'on l'appelle le "sentiment d'ordalie"... Vouloir être soumis à un danger pour être dans l'intense, le compact, l'essentiel, le foisonnant - quelque chose de plus "concret".

Avez-vous connu ce sentiment ?
Comment se sortir de cette sorte de mode de fonctionnement masochiste ?


Ce serait presque un mode de vie que tu décris là Bayadère,

j'ai bien l'impression que oui, vivre dans l'angoisse peut devenir une habitude dont on ne sait plus se défaire, les instants d'euphorie intellectuelle/émotionnelle créent une sorte "d'équilibre" en dépit de leur caractère éphémère.

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