Un de Grenoble

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Re: Un de Grenoble

Message par Invité le Mar 12 Mar 2013 - 15:34

bonne idée, et après tu postes là
http://www.zebrascrossing.net/t674-nos-creazions

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Burn out

Message par Oekkat le Mar 19 Mar 2013 - 22:17

Chers zèbres, ça y est, on y est. Le travail m'a tuer.

Je me tourne vers vous car je crois que vous que je ne connais pas (à quelque exception notable près), êtes les plus à même de comprendre.

Je travaille dans le domaine de la recherche. Assez naturel pour un zèbre mais assez dur aussi. Il faut anticiper, comme si mon cerveau ne le faisait pas déjà assez comme ça. Il faut déposer des projets, les défendre, les exécuter. Ca dure des années les projets de recherche : des années à ne faire qu'anticiper et bien sûr à culpabiliser parce qu'on ne fait jamais assez bien, qu'on ne prévoie pas tout. Etc. Il faut aller parler devant des gens qu'on ne connaît pas et qu'on ne connaîtra sans doute jamais. Ressentir toutes leurs humeurs - ennui, incompréhension, intérêt, oh un haussement de sourcil par là-bas, qu'est-ce que j'ai bien pu dire pour déclencher ça ?
Parfois c'est dans une autre langue et faut prendre les informations la veille.

Dès le début, je sentais que ça allait être difficile émotionnellement parlant, mais ça me semblait moins difficile qu'ailleurs (genre dans une grosse boîte d'informatique) et ça m'intéressait alors mon cerveau m'a pris par la main, m'a dit "tes névroses finiront par partir si tu te forces, tu n'auras plus peur un jour" et on s'est lancés. Et bien sûr, ça a marché, thèse, articles acceptés, tout ça. Au fur et à mesure, j'ai donc eu des responsabilités de plus en plus importante, avec des angoisses de plus en plus profondes mais aussi de plus en plus maîtrisées. Le piège. Comme si on pouvait simplement maîtriser ses angoisses et s'en tirer à bon compte ! Hahahahabboouuuuhsnifsnif

Et bon, j'ai tenu des années hein ! Et puis bon, il s'agirait pas d'aller dire à la direction que je suis peut-être pas à la place qui me convient le mieux. Ils risqueraient de plus m'aimer, alors que dans la vie, c'est connu, il faut tout prendre sur son dos, plaire à tout le monde, ne décevoir personne. Et puis il s'agirait pas qu'ils croient que je suis pas à la hauteur pour prendre leur suite, parce qu'il faut être parfait quand même.

Alors au bout d'un moment, on se retrouve à déposer un projet européen avec plein de partenaires, à les monter en un mois (on arrête de vivre pendant ce temps, bien sûr, mais c'est pour la bonne cause). Et le tout sans que la direction n'ait à vous mettre particulièrement la pression. Tous vos foutus mécanismes culbabilisateur-perfectionnistes vous interdisent d'émettre la moindre objection bien entendu. C'est dur, dur, dur mais vous continuez à vous dire que vos névroses vont bien finir par se calmer, que c'est juste parce que vous le faites pour la première fois, ça va aller mieux après, que c'est qu'une phase. La preuve, après 8 ans de bureau vous arrivez presque à passer des coups de fil sans trembler, sans vous demander pendant 2 jours à l'avance sur quelle phrase vous allez commencer, et ce que peut répondre l'autre, et ce que avez de mieux à répondre. Alors c'est que tout va aller bien, probablement une fois la cinquantaine passée - une fois la vie complètement bouffée et plus rien à perdre.

Et puis le projet a la bonne idée d'être accepté et même de finir premier sur plusieurs centaines. Tout le monde se dit que vous avez vraiment fait vos preuve et qu'on va pouvoir compter sur vous pour de bon. Ah ah hi hi ho ho.

Pendant ce temps, votre première réaction est l'angoisse totale parce que pour la première fois, c'est vous qui allez gérer le projet, être en première ligne. Et là, les gens vont bien se rendre compte que vous êtes un imposteur de première ordre, qu'en vrai vous ne savez rien faire et que si vous avez réussi à déposer ce projet avec succès, c'est que ça, c'est facile, contrairement au reste, à ce qu'on va vous demander de faire dans les prochains épisodes.

Là dessus, vous lisez "l'adulte surdoué" et vous vous cassez le coccyx intérieur tellement vous tombez de haut sur votre cul intérieur. Vous réalisez qu'il y a des choses dans votre nature, dans votre fonctionnement, qui créent tous ces tourbillons dans votre cerveau, tous ces questionnements. Vous n'êtes pas juste un malade qui va bien finir par guérir à force de vous administrer l'affreux remède de la persévérance. Vous êtes différent et vous allez le rester quoi que vous fassiez.

Là votre cerveau commence sérieusement à ressembler à un miroir brisé, vous êtes prise de vertiges toute la journée, je vous commencez à anticiper la suite. Vous vous dites que vous devriez peut-être changer de métier. Vous retrouvez instantanément plongé dans la réunion où vous annoncez ça, vous entamez le dialogue, la présence des autres annihile votre volonté, votre décision, vous vous dites qu'on va juste vous prendre pour un immature là où vous savez maintenant que vous êtes avant tout, constitutivement, hypersensible et que vous avez un cerveau qui tourne beaucoup trop. Vous culpabilisez dans cet entretien imaginaire et vous culpabilisez de l'avoir imaginé. Vous décidez de ne rien faire de ne rien dire mais vous commencez à rêver de votre boulot toutes les nuits et de vous réveiller déjà angoissé mais là vous vous dites rien de plus normal étant donné que vos patrons ne dorment pas à cause de leur boulot et on dirait parfois qu'ils font exprès de vous le faire savoir pour bien vous faire comprendre que c'est ça la recherche, c'est difficile mon gars.

Les autres projets déjà en cours ou à lancer sont toujours là, vous continuez à vous laisser emporter par le flot et puis viens cette réunion d'information avec un financeur très important, mais en fait vous découvrez sur place que ce n'est pas eux qui vont vous informer mais vous qui devez justifiez ce que vous voulez faire avec leur argent et ce devant tous les autres bénéficiaire et là c'est le drame vous n’êtes plus qu'une boule de panique, vous tentez de préparer votre intervention pendant que les autres parlent et se font parfois allumer, vous vous surprenez à cherchez une excuse pour quitter la réunion en urgence. Quand c'est votre tour vous vous en sortez tant bien que mal mais vous savez que vos oreilles sont écarlates et qu'il y a marqué "IMPOSTEUR DE PREMIER ORDRE" sur votre front et en face de vous c'est quelqu'un dont c'est le métier de parler en réunion comme ça alors que vous c'est la première fois, c'est trop, c'est trop !

Vous sortez en ayant du mal à savoir quoi faire, à retrouver votre chemin. Dans le train, vous vous retenez de pleurer et puis vous avez des copies à corriger, ho, du cran mon petit ! Sur votre vélo vous passez sur un pont et l'appel de l'eau devient si fort que vous vous mordez la joue pour ne pas plonger, les larmes sortent enfin, et vous êtes totalement perdu. Totalement.

Vous finissez par rentrer chez vous après avoir pleuré toutes vos larmes, avoir pensé appeler la moitié de votre répertoire mais ne pas y être arrivé - de peur que votre mécanisme de régulation vous rende "raisonnable" au contact de quelqu'un d'autre et que vous finissiez encore par dire "mais bon ça va allez, c'est qu'un mauvais moment à passer".

Pour la première fois, vous contactez votre psy pour avoir un rendez-vous d'urgence le lendemain. Pour la première fois, vous envisagez très sérieusement d'aller voir votre médecin.

Puis vous pensez tout de suite à aller écrire une tartine sur Zebras Crossing et vous espérez que des gens vont la lire malgré tout et vont vous répondre.

Et la fin, vous vous sentez soulagé. Et là commence le pire : comme vous vous sentez mieux, vous culpabilisez de vouloir changer votre vie, de faire faux bond à votre employeur. Vous vous dites que finalement c'est peut-être pas le burn out, juste un mauvais moment. Peut-être prendre un ou deux jours.

Bref, vous êtes vraiment un sacré zèbre.

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Re: Un de Grenoble

Message par Invité le Mar 19 Mar 2013 - 22:54

eh ben, quel exercice !
J'ai l'impression d'avoir vécu cela des dizaines de fois... et de reprendre toujours au même endroit. Parce qu'il faut travailler, assumer, honorer ses rendez-vous...parce qu'il ne faut pas échouer, défaillir... que la culpabilité chatouille dans le ventre, que c'est douloureux, mais où ? Dans la tête, le ventre, les muscles, sous la peau ? et que les autres vont parler, juger, anéantir, tuer, torturer. Et qu'il faut l'excellence dans un métier où rien n'est jamais pareil et dépend de soi.

Et la machine tourne toute seule... à fond... au fond...
Et que le lendemain les collègues te regardent bizarrement... car tu as failli, défailli, hésité, bafouillé... tu ne savais pas, tu n'avais pas la perfection du verbe et de l'énonciation.

Mais la clarté de la pensée, OUI.

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Re: Un de Grenoble

Message par Invité le Mar 19 Mar 2013 - 23:19

Et en meme temps Oekkat, ca te passionne ton métier n'est ce pas ?
Changez de boulot ? de projet ? c'est pas un peu ton bébé ce projet ? maintenant que tu l'as vendu.

J'imagine bien que ca t'empeche de dormir la nuit, mais faut dire que c'est la nuit que tu trouves les solutions, pas vrai ?
Faut que tu prennes confiance en toi et en ton intuition.

Tu pourrais prendre un peu de temps pour toi, en faisant du yoga par exemple, j'ai jamais fait mais parait que ca oxygene bien la tete. La sophro j'ai fait quand je faisais des crises d'angoisse... je sais pas si c'est ce qui m'a aidé mais ca detend au moins.
A mon avis, faut éviter les medocs, c'est un cercle vicieux.

Je suis passée par là aussi, sur un projet moins complexe que le tien, mais j'etais pas sure d'etre à la hauteur. J'ai développé des phobies de dingue, comme la phobie du métro, la phobie du restaurant, la phobie des gens...
Mais je suis contente d'avoir dépassé ma trouille de me planter, parce que je l'ai fait, et j'etais bien fiere de moi apres.

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Re: Un de Grenoble

Message par Basilice le Mer 20 Mar 2013 - 9:41

Cher Oekkat,

Je crains que ces traversées angoissantes fassent partie du schmilblick.
Il se passe une chose nouvelle pour toi, tu parviens à une autre place, plus en vue : c'est forcément ultra l'enfer encore plus que d'habitude. affraid affraid affraid
Mais ça va passer (ouf !)
Tu t'es investi dans ce boulot, le changement t'angoisse beaucoup aussi, ce serait dommage de partir maintenant !
Si tu arrives à t'arrêter deux jours ( Rolling Eyes ) je t'encourage vivement à souffler... Un petit tour dans la montagne ? Un petit tour dans la Vie ?
Les angoisses seront moins fortes dans quelques jours, puis elles reviendront, etcaeteri, etcaetera...
Et tu reviendras pondre une tartine sur ZC et ce ne sera pas Byzance mais au moins tu te sentiras moins seul.
Et peut-être qu'un jour tu deviendras aussi sage que Semama. Very Happy

Je suis avec toi, je t'embrasse. Bisous
(Et c'était bien la peine de me reprocher mon mutisme alors que tu n'oses même pas de servir de ton répertoire, d'abord. tongue )
(En même temps vu ce que je viens d'écrire je comprends que tu hésites. Laughing )
(N'empêche que, n'hésite pas.)

Basilice
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Re: Un de Grenoble

Message par Invité le Mer 20 Mar 2013 - 12:01

J'en suis sorti, Oekkat
Je suis à présent sur un chemin bien plus paisible.

J'ai aussi mené des projets informatiques, de plus en plus gros, de jours/homme à années/homme...
A ma demande en plus!
Après les avoir présenté devant des comités directeurs, des comités de pilotage... des troupeaux de gens pas toujours ni concernés, ni compétents.
Après avoir épluché des documents techniques, avoir expliqué ma vue personnelle des projets, et leurs imbrications avec le reste du SI.

J'ai fini par partir, changer de métier... devenir un illustre inconnu de formateur, et passer les 15 dernières années au chaud à ne faire plus que transmettre l'envie aux suivants, et quelques idées pour apprendre à apprendre.
Et ce avec soulagement et les nuits enfin complètes, même si parfois, la gamberge est encore là à vouloir exister.

Avec un peu de recul, ça m'a énormément plu de m'investir, de me chahuter les méninges pour optimiser et rendre possible les développements auxquels j'ai participés.

C'est dense certes, mais court.
afro


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Re: Un de Grenoble

Message par Groustpitchal le Mer 20 Mar 2013 - 21:44

.

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Re: Un de Grenoble

Message par Peruenio essere le Jeu 21 Mar 2013 - 0:19

Oekkat,

Ton message, j'en avais presque les larmes aux yeux tellement je me reconnaissais dans le processus que tu as décrit.
Se culpabiliser de ne pas être parfait, la peur panique de rater. La honte, ou plutôt l'appréhension de la honte qu'on ressentirait lorsque les autres se rendrait compte qu'on ne sait pas SI on se plantait. Parcequ'en fait, quand on y va en la graaaande majorité du temps on ne se plante pas. Mais cette peur de regard de l'autre, du haussement de sourcil, du regard interrogateur de la personne qui ne voit pas bien se qu'on est en train de raconter.

Mon Dieu que mon cerveau est fatiguant, et que d'angoisse. Mais pour RIEN au monde je n'en changerai.

Je n'ai pas la solution de ton problème (et tu m'en vois désolée car alors j'aurai résolu par là même le mien Ouaah !

Par contre je peux te dire que je ressens plus ou moins les même choses que toi ... et qu'on est beaucoup dans ce cas là !

Tu as remarqué comme c'est facile de discuter avec un autre zèbre ? Bon ok, peut-être pas tous, mais en tout cas les cas où la communication est fluide, et le faux self absent, c'est toujours avec un zèbre non ?

Parfois j'en viens à me dire que le monde serait tellement bien s'il n'y avait QUE des zèbres ! Bon, j'avoue, c'est un peu extrême mais tu vois l'idée ? Plus de faux self, fini la fausse schizophrénie et les processus "d'adaptation" .

Ah la la .. ce serait tellement trop parfait !! Ange Bon mais ne "rêvons pas" ... impossible de reprogrammer tous les non zèbres Smile et puis probablement qu'on s'apercevrait qu'en fait certains nous manque cruellement. rahh Sans parler de l'infaisabilité de la chose Smile

Nous sommes donc condamnés à être différents et ça c'est dur. Je n'ai PAS fait le deuil de ça. Et c'est peut-être un tord, mais j'ai toujours envie de m'adapter. Oui c'est triste un peu je trouve, mais en même temps, bin c'est tout simple : j'ai envie d'avoir une vie sociale. Quand j'emmène mon faux self en balade ("Allez, rends-toi sympathique, acclimates-toi bon sang"), ok, la plus part du temps je suis acceptable, même plus qu'acceptable puisque je peux avoir des conversations et même faire rire mon auditoire (youh ouh) et même provoquer son intérêt, parfois même il me semble qu'un lien se crée. Oui mais en fait, je ne me leurre pas -(complètement) : mon faux self ne se fait pas d'amis ni de relation. Mais il me permet d'avoir des gens avec qui partager des activités. Et puis parfois (rarement) en chemin il y a un autres zèbres avec qui parler pour de vrai.

Alors je parlais de la vie sociale, et c'est déjà compliqué quand les gens sont "détendus" et n'ont pas autant d'enjeu, mais au travail ... affraid

MERCI pour ton post (même si ta situation n'était vraiment pas agréable ni rien, on s'entend) mais merci parce que d'un coup - pouf- quelqu'un parle exactement ce que je connais moi-même. Et même je lui répond dans un message très très (trop?) long pour lui (te) dire tu n'est pas tout seul ! Long hug

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Re: Un de Grenoble

Message par Invité le Jeu 21 Mar 2013 - 12:49

Oekkat, finalement alors, c’était juste un mauvais moment ou bien le burn out ?
Ca te rassure de savoir que plein de gens ici ont ressenti ce trop plein, ses angoisses, ce pas-capable-de ?

Dans ma boite, ils ont mis en place un système de Mentor. On trouve une personne qui a une expérience similaire, et qui peut nous guider. Cette personne, qui ne doit avoir aucun interet dans notre taf, nous donne des conseils sur certains dossiers chaud, sur les pieges à eviter, sur le psycho aussi. J’ai jamais fait moi, mais dans ton cas, ca pourrait t’aider. Un ancien, quelqu’un qui a déjà eu l’experience de projets europeens, qui sait par quel bout commencer, comment négocier le budget, les hommes, les outils etc…. ca serait faisable à ton avis ou pas ?



Dernière édition par Manouchca le Mer 24 Avr 2013 - 14:55, édité 1 fois

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Re: Un de Grenoble

Message par Peruenio essere le Jeu 21 Mar 2013 - 15:33

Dans ma boite, ils ont mis en place un système de Mentor.
Super intéressant comme système. Ce ne serait pas un zèbre qui aurait mis ça en place par hasard ? Smile

Dans mon service, sur les 10 personnes, je pense que 8 sont des zebres
Le rêve ! Puis-je te demander dans quel domaine pro tu exerces ?

Moi même je cherche un emploi en ce moment (gestion de l'info numérique : BU, archives etc ...) et j'espère de tout coeur tomber sur un environnement zébré Vivat
Dans un précédent poste, la "chef" était une zèbre ainsi que d'autres collègues, et ce n'était que du bonheur ! Le plus, c'était vraiment d'avoir un environnement favorable et puis la marge de manoeuvre pour faire un peu dans la nouveauté et la proposition.
Cela dit dans mon cas, et pas comme toi Oekkat, il s'agissait de petite responsabilités en plus, donc pas stressant.

Moi aussi j'aimerai bien avoir des nouvelles sur cette période. Est-ce que tu t'en es sorti ? ou pas ?

... Petite digression
Finalement, est-ce bien les autres qui tourne à l’envers ou nous … toujours est-il qu’on tourne pas dans le même sens
Juste pour clarifier parceque je ne voudrai pas avoir l'air intolérante. Je n'ai jamais Smile pensé que les non zèbres ne tournaient pas rond, mais que c'était très difficile de s'entendre avec eux : à la fois de communiquer et de fonctionner à leur contact. Enfin ... rien que vous ne connaissiez déjà, et comme ce n'est pas le sujet du topic, je ne m'étend pas plus Smile

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Re: Un de Grenoble

Message par Oekkat le Jeu 21 Mar 2013 - 19:01

Bonsoir,

Je suis très touché par vos nombreux messages, parfois durs à lire mais c'est bon de se sentir compris. J'aimerais répondre à chacun mais je ne m'en sens pas le courage pour l'instant.

Ca a été très dur hier, j'ai passé la matinée chez moi, en compagnie des larmes, des envies de violence envers moi-même et envers les objets qui m'entouraient. J'ai réussi à ne pas me faire mal (mais quand même, c'était bizarre quand ma tête tapait le mur, on entendait un bruit de débris qui tombaient à l'intérieur de la cloison) et à ne casser qu'un clavier USB à 17 €.

Donc oui, c'est le burn out. Very Happy

Ce qui est clair, c'est que ce n'est pas le moment pour moi de prendre des décisions pour l'avenir, mais seulement de me reposer. Le médecin m'a donné un arrêt d'une semaine et prescrit un anxiolytique qui, d'après ce que j'ai vu sur le web, devrait soit ne me faire aucun effet, soit me déclencher une grave pathologie du foie Very Happy C'était pas mon médecin traitant, donc c'était dur de parler de problèmes psychologiques, surtout quand on a l'habitude de parler avec un psychologue.

Donc ça a été ma première journée de repos et je suis encore complètement sur le qui-vive. Bien sûr, une partie de moi me reproche d'avoir déserté mon poste pour mon confort personnel et j'ai l'impression que je peux recevoir à tout moment un appel d'urgence du travail disant de façon tout à fait légitime "reviens ici tout de suite". Mais bon, je vais pas me laisser avoir, je vais profiter de ce temps de repos pour réaliser que je suis pas indispensable et j'irais jusqu'au bout de mon arrêt.

Et puis je vous répondrai plus en détail dans les jours qui viennent.

Bisous à tous

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Re: Un de Grenoble

Message par Invité le Jeu 21 Mar 2013 - 21:15

Quand je pense aux nombres de fois où je me suis tapée la tête contre le mur... Sad sans trop me faire de mal, pour ne pas laisser de traces ni sur moi ni sur les murs... pour ne pas faire de bruit... pour ne pas éveiller l'attention... pour souffrir en silence... pour ne pas déranger...

Avec cette envie d'enlever cette chose dans ma tête... avec ce sentiment de solitude extrême... et cette douleur, cette douleur.

En tous cas le repos dans ces situations fait toujours du bien.

Je te souhaite de t'apaiser quelque peu. Console

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Re: Un de Grenoble

Message par Invité le Ven 22 Mar 2013 - 15:09

Bisous

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Re: Un de Grenoble

Message par Oekkat le Dim 24 Mar 2013 - 23:45

Désolé mais je vais faire rien qu'à te contredire Very Happy

Manouchka a écrit:Et en meme temps Oekkat, ca te passionne ton métier n'est ce pas ?
Changez de boulot ? de projet ? c'est pas un peu ton bébé ce projet ? maintenant que tu l'as vendu.

Je peux plus me dire qu'il me passionne. Pour moi, une passion est quelque chose qui nourrit. Ca peut créer des tensions, bien sûr, mais ça doit aussi apporter de l'épanouissement et surtout ne pas engendrer des envies suicidaires.

Dans mon billet, je parlais de deux projets différents. Celui que j'ai dû défendre à l'oral, je n'en ai écrit qu'une petite partie (d'où la difficulté de l'exercice), ce n'est pas celui sur lequel j'ai bossé comme un fou pendant un mois.

Manouchka a écrit:J'imagine bien que ca t'empeche de dormir la nuit, mais faut dire que c'est la nuit que tu trouves les solutions, pas vrai ?

Non, dans ces moments là je ne suis pas suffisamment éveillé pour réfléchir, je suis plus dans une sorte de cauchemar à demi conscient où tout ce que j'ai à faire se mélange dans ma tête sans que je puisse y apporte des réponses.

Manouchka a écrit:Tu pourrais prendre un peu de temps pour toi, en faisant du yoga par exemple, j'ai jamais fait mais parait que ca oxygene bien la tete. La sophro j'ai fait quand je faisais des crises d'angoisse... je sais pas si c'est ce qui m'a aidé mais ca detend au moins.
A mon avis, faut éviter les medocs, c'est un cercle vicieux.

Bonne idée la sophro, je vais me renseigner la semaine prochaine. Pour les médocs, j'en ai déjà pris et ça s'est très bien passé pour moi (aucune difficulté à arrêter, ouf!)

Manouchka a écrit:Mais je suis contente d'avoir dépassé ma trouille de me planter, parce que je l'ai fait, et j'etais bien fiere de moi apres.

Le problème, c'est que j'ai l'impression de ne faire que ça : dépasser mes trouilles, jour après jour, sans jamais (ou presque) avoir de moment où j'ai l'esprit libre pour réellement et simplement faire mon boulot. Je ressens parfois la fierté dont tu parles, mais le plus souvent c'est simplement le soulagement d'avoir réussi à terminer un truc. Chercher le soulagement, c'est pas un bon moteur dans la vie.

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Re: Un de Grenoble

Message par Oekkat le Dim 24 Mar 2013 - 23:57

Basilice a écrit:Cher Oekkat,

Je crains que ces traversées angoissantes fassent partie du schmilblick.
Il se passe une chose nouvelle pour toi, tu parviens à une autre place, plus en vue : c'est forcément ultra l'enfer encore plus que d'habitude. affraid affraid affraid

Chère Basilice,

Ce que tu dis s'applique tout à fait aux différentes crises que j'ai vécu auparavant, mais cette fois c'est différent. Je crois que j'ai atteint un point de rupture, je me suis réellement senti vaciller (urgences psychiatriques à droite, urgences tout court à gauche, euh, non finalement je vais tenter de rester là où je suis). Ca fait déjà plusieurs jours que je suis au repos maintenant, et je commence tout juste à revenir sur Terre.

Le chemin est long. Mais par ailleurs je garde le moral, le sourire et j'aime la vie. J'ai envie de vivre, mais plus au fond d'un puits.

Et puis d'abord pourquoi "puits" ça prend toujours un 's'. C'est vraiment n'importe quoi cette langue ! clown

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Re: Un de Grenoble

Message par Invité le Lun 25 Mar 2013 - 8:53

J'adore qu'on me contredise


Dernière édition par Manouchca le Mer 24 Avr 2013 - 14:56, édité 1 fois

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Re: Un de Grenoble

Message par Oekkat le Ven 29 Mar 2013 - 19:45

semama a écrit:J'en suis sorti, Oekkat
Je suis à présent sur un chemin bien plus paisible.

[...]

J'ai fini par partir, changer de métier... devenir un illustre inconnu de formateur, et passer les 15 dernières années au chaud à ne faire plus que transmettre l'envie aux suivants, et quelques idées pour apprendre à apprendre.
Et ce avec soulagement et les nuits enfin complètes, même si parfois, la gamberge est encore là à vouloir exister


Cher semama, merci de m'avoir raconté ça, ça me fait du bien d'avoir un témoignage qui ressemble à ce que je vis... et à ce que j'ai envie de vivre ! Smile
Je crois que je vais aussi prendre un autre chemin, une reconversion me tente de plus en plus.

De ton côté, tu as continué dans l'informatique ou tu es formateur dans totalement autre chose maintenant (botanique ? kayak ? autre chose ? Smile)

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Re: Un de Grenoble

Message par eaSiesh9 le Mar 6 Mai 2014 - 12:05

À mon tour de frôler, de près, de loin, de trop près, le burn-out. Aussi dans le monde de la recherche: un environnement où on peut se lâcher dans les lignes droites se prête bien trop aux excès de vitesse.

Pas à Grenoble, mais pas très loin. Où en es-tu aujourd'hui ?

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Re: Un de Grenoble

Message par Oekkat le Mar 6 Mai 2014 - 12:42

eaSiesh9 a écrit:À mon tour de frôler, de près, de loin, de trop près, le burn-out. Aussi dans le monde de la recherche: un environnement où on peut se lâcher dans les lignes droites se prête bien trop aux excès de vitesse.

Pas à Grenoble, mais pas très loin. Où en es-tu aujourd'hui ?

Salut,

J'ai quitté la recherche depuis fin 2013 et je suis en train de construire un projet de vie professionnelle intégrant mes différents besoins : créativité, indépendance, autonomie, souhait de travailler pour des individus et non une grosse machine sans visage.

Si tu te sens proche du ou dans le burn-out, je te recommande de prendre ça en charge dès que possible si tu ne l'as pas déjà fait. Tu n'as pas l'air d'avoir encore traversé la crise brutale par laquelle le burn out semble souvent se signaler, alors autant éviter d'aller jusque là.
- Parles-en avec un ou plusieurs professionnels de la santé (à commencer par ton médecin traitant si c'est quelqu'un en qui tu as confiance). Si tu sens que tu as besoin d'un arrêt de travail, prends-le et va jusqu'au bout. D'après une de mes interlocutrices qui connaît bien la question, un arrêt d'un mois (comme je l'ai eu) n'est normalement pas suffisant.
- N'hésites pas à t'ouvrir de ça à tes proches hors boulot. Tes collègues de boulot ne sont pas forcément les meilleurs interlocuteurs, car ils ont une vision partielle et sont trop impliqués dans le coeur du problème.
- Tu peux lire "Se reconstruire après un burn-out" de Sabine Bataille. Le titre est un peu trompeur car il traite largement d'avant et pendant le burn-out et propose quelque outils pour faire le point qui pourraient être intéressants là où tu en es.

Si tu veux, on peut se rencontrer sur Grenoble à l'occasion, tu peux me dire ça par message privé.

Bon courage, écoutes ce que te dit ton corps et aies confiance : le burn out est une réaction qui va t'aider à te séparer de ce qui te détruit.

 Long hug 

Oekkat
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Re: Un de Grenoble

Message par Invité le Mar 6 Mai 2014 - 12:47

ehhhh un revenant ni vu ni connu qui reapparait
bounce

Te rappelles tu d'une fée ?

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Re: Un de Grenoble

Message par Oekkat le Mar 6 Mai 2014 - 12:51

Oui, c'est toi qui l'avait dessinée non ? Smile
C'était quoi ton pseudo à l'époque ??

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Re: Un de Grenoble

Message par eaSiesh9 le Mar 6 Mai 2014 - 13:00

Oekkat a écrit:
Salut,

J'ai quitté la recherche depuis fin 2013 et je suis en train de construire un projet de vie professionnelle intégrant mes différents besoins : créativité, indépendance, autonomie, souhait de travailler pour des individus et non une grosse machine sans visage.

Si tu te sens proche du ou dans le burn-out, je te recommande de prendre ça en charge dès que possible si tu ne l'as pas déjà fait. Tu n'as pas l'air d'avoir encore traversé la crise brutale par laquelle le burn out semble souvent se signaler, alors autant éviter d'aller jusque là.
- Parles-en avec un ou plusieurs professionnels de la santé (à commencer par ton médecin traitant si c'est quelqu'un en qui tu as confiance). Si tu sens que tu as besoin d'un arrêt de travail, prends-le et va jusqu'au bout. D'après une de mes interlocutrices qui connaît bien la question, un arrêt d'un mois (comme je l'ai eu) n'est normalement pas suffisant.
- N'hésites pas à t'ouvrir de ça à tes proches hors boulot. Tes collègues de boulot ne sont pas forcément les meilleurs interlocuteurs, car ils ont une vision partielle et sont trop impliqués dans le coeur du problème.
- Tu peux lire "Se reconstruire après un burn-out" de Sabine Bataille. Le titre est un peu trompeur car il traite largement d'avant et pendant le burn-out et propose quelque outils pour faire le point qui pourraient être intéressants là où tu en es.

Si tu veux, on peut se rencontrer sur Grenoble à l'occasion, tu peux me dire ça par message privé.

Bon courage, écoutes ce que te dit ton corps et aies confiance : le burn out est une réaction qui va t'aider à te séparer de ce qui te détruit.

 Long hug 

Merci pour ta réponse rapide Smile Ne sachant pas si ton thread était encore actif, mon post était concis.

Un peu plus de détails: je ne suis en effet pas dans une "crise brutale" - en tout cas sur le plan de la raison, parce que les tripes y sont bien, elles. Ce dernier mois, j'ai déjà grillé presque tous les congés que je peux prendre cette année. Si j'observe un mieux-être, il n'est que très temporaire et d'autant plus fragile qu'il n'y a pas de changement de fond dans le contexte structurel défavorable émergeant de la rencontre entre ma personnalité et l'organisation du travail dans le groupe de recherche dans lequel je suis. Bilan: je diminue ma consommation d'oxygène pour m'adapter, mais aucune ouverture ne se profile. Du coup, dès que les contraintes professionnelles resurgissent dans mes pensées, c'est la dégringolade assurée, oscillant entre une colère sourde et la résignation devant l'absence de perspective. C'est le moment d'agir et je te remercie de tes conseils.

Ce post étant mon second, je n'ai pas encore assez de crédit pour envoyer des MP. Très intéressé par te rencontrer à Grenoble. Tu habites plutôt côté Chambéry ou vallée du Rhône ? Ton projet de vie professionnelle s'oriente dans quelle direction ? Aller, si ça se trouve, ça va être possible de passer en MP après ce deuxième post, qui sait ? Smile

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Re: Un de Grenoble

Message par Oekkat le Mar 6 Mai 2014 - 13:07

Ha je ne savais pas qu'il fallait une certaine ancienneté pour les MP !
J'habites pas très loin du Campus, donc côté Chambéry. Mais de toute façon je suis mobile sur toute l'agglo grâce à mon super vélo.
Pour mon projet pro, c'est création d'applications mobiles et métiers du son, ensemble ou séparément, on verra Wink
Je t'en dirai plus quand on se verra.

Si tu veux avoir des crédits, tu peux te fendre d'une jolie présentation de toi même dans l'espace dédié  Smile  c'est toujours intéressants et tu seras vite accueilli par des gens bienveillants.

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Re: Un de Grenoble

Message par eaSiesh9 le Mar 6 Mai 2014 - 13:15

Héhé, ça me rappellera des souvenirs de venir dans ce coin-là Wink

Pour l'instant je suis en vacances, un peu trop loin et sans visibilité pour te proposer une date. J'erre sur zebracrossing très occasionnellement, mais je vais peut-être finalement faire un petit post de présentation, en effet Smile

Allez, est-ce que ça marche désormais, ces MP ?

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Re: Un de Grenoble

Message par Oekkat le Mer 7 Mai 2014 - 9:01

Salut,
Je t'ai envoyé un MP, est-ce que tu as pu le lire ?
En tous cas, donne moi de nouvelles quand tu seras dans le coin. Pour l'instant je bouge pas de Grenoble sauf les weekends et autres ponts.

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Re: Un de Grenoble

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