L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

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L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 10:45

L'autre jour, sur le tchat, la conversation a roulé sur un grand mathématicien, un génie absolu, bien que j'en aie oublié le nom - six thèses à vingt ans, des travaux d'une importance considérable, et une vie de reclus, un refus de tous les honneurs et de l'argent qui va avec (refus de la médaille Fields et de son million de dollars).
Motif avancé par l'intéressé (je cite de mémoire et en substance, Hermocrates, auras-tu la citation exacte ?) : "j'ai les secrets du cosmos entre mes deux doigts, alors vos billets..."
Sans aller jusqu'à cet extrême-là, je me demandais si, en quelque sorte, un certain degré d'intelligence menait nécessairement à dédaigner le monde extérieur parce que le monde intérieur est si riche et source de tout ce qu'on lui demande, qu'il comble tous les besoins. Et si ce pour quoi nous avons besoin de l'extérieur, n'était pas que preuve de faiblesse finalement - incapacité à trouver des ressources en soi, de l'inspiration en soi.

Genre, si Monet avait vraiment été grand, il n'aurait même pas eu besoin d'aller sur le port du Havre s'imprégner de la lumière du soleil levant.

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Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 11:03


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Dernière édition par Mazarine le Dim 3 Fév 2013 - 14:28, édité 1 fois

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par tagore le Dim 3 Fév 2013 - 12:16

Bonjour Fusain,

À mon avis, le cas est un petit peu particulier car il s'agit d'un mathématicien. Or les mathématiciens peuvent effectivement travailler seuls, avec juste une feuille et un crayon. Mais dans beaucoup d'autres domaines, tout cela serait impossible.

Il y a de multiples formes d'intelligence et beaucoup impliquent une forme d'intelligence collective, donc une participation directe ou indirecte d'autrui. C'est tout sauf une preuve de faiblesse, c'est la nature des choses, et je dirais même que ceux qui vont le plus loin sont ceux qui ont compris ce fait et savent faire appel intelligemment aux compétences des autres dans leurs propres projets.

D'ailleurs, à regarder un peu plus en profondeur, il est clair que ce mathématicien russe, aussi reclus soit-il, n'a pu développer ses talents que grâce à d'autres : à ses parents, aux plantes qui l'ont nourri, aux personnes qui les ont cultivées, aux parents de ces personnes, à ses professeurs, etc.

J'aime beaucoup ce type de méditation sur la causalité profonde, que l'on retrouve notamment dans le bouddhisme (avec la notion d'interdépendance, ou d'inter-être). On y gagne en intelligence, c'est certain Wink

à bientôt !

tagore
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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 12:32

cacahuètes

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Fata Morgana le Dim 3 Fév 2013 - 12:54

Tu sais fusain, en plaçant la barre aussi haut, tu perds de potentiels intervenants. Ceux-ci peut-être même dans la necessité intérieure d'une solitude féconde redouteraient d'être comparés au matheux (Russe je crois) dont tu parles. Moi j'ai besoin d'être le plus seul possible. Mais je ne suis pas foutu d'écrire la moindre équation....Je compute surtout des syllabes. Du coup je me dis: qu'est-ce que je vais aller fiche sur ce fil ?

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Fata Morgana le Dim 3 Fév 2013 - 13:34

Pardon pour le double post.
Ce qui est vrai, c'est que l'intensité de la présence de la vie intérieure est telle qu'elle distrait totalement de la vie extérieure, perçue comme une gène. Intérieurement, tout est si présent, prenant, que l'agitation alentour produit une confusion qui rend extrêmement nerveux.
J'écoute souvent les bruits de la rue en me disant: "Mais ces gens n'ont donc rien d'autre à faire que de trainer dans les rues" ?
Le silence permet par exemple d'écrire mentalement.
A l'inverse, une plongée dans la vie sociale (prendre un train What a Face ) provoque un sentiment de confusion, de chaos très angoissant. Tout semble heurté, haché, mécanique.
Dès le retour à la solitude ou à une ambience studieuse partagée, c'est un long soupir de soulagement. Comme si on était lavé dans une source pure.
Curieusement, moins les circonstances me permettent d'être reccueilli - choses à faire au-dehors - plus le nombre de pensées à écrire, à cultiver se multiplient, ce qui redouble le sentiment de perte de temps irréparable...

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 14:15

L'intelligent super rieur se retire du monde, c'est ça quand on a un rire de cheval.

Signé un nez qui déraille...

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Zébu le Dim 3 Fév 2013 - 14:18

Ce qui me gêne, c'est le mot "nécessairement". Disons qu'il est tentant de vouloir se retirer du monde pour se protéger. Mais admirer rien que sa vie intérieure, ça me paraît tordu, ne serait-ce pas là un subterfuge pour ne pas reconnaître son désir, ses besoins, ses manques ou même nier la richesse de l'autre, différente ?
Parce que pour moi l'autre aura toujours quelque chose de différent que je ne trouverai jamais en moi et je serai toujours tenté d'aller vers lui, même si c'est parfois effrayant.

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 15:31

À mon avis, le cas est un petit peu particulier car il s'agit d'un mathématicien. Or les mathématiciens peuvent effectivement travailler seuls, avec juste une feuille et un crayon. Mais dans beaucoup d'autres domaines, tout cela serait impossible.

Tout à fait. Cette idée m'était venue juste en cliquant sur Envoyer, et puis je me suis dit : tant pis, laissons et voyons ce que les autres diront. Surtout que les mathématiciens peuvent travailler seuls, c'est vrai, mais comme tout chercheur, ils ont intérêt à se tenir au courant de ce que les autres font, ne serait-ce que pour ne pas perdre de temps à le redémontrer eux-mêmes. Cela dit, je pense que dans pas mal de domaines on peut choisir de travailler seul (et vivre seul et travailler seul ne sont pas exactement la même chose).

Fata, je ne vois pas où est le problème. J'ai justement ouvert ce topic en me rappelant de ton fil "Recherche Z retirés du monde". J'ai bien dit que ce personnage était un cas extrême. J'ajoute que la vie intérieure qui serait (serait !) susceptible de combler les besoins n'a aucune raison d'être obligatoirement du genre mathématique, et je pensais notamment à une vie spirituelle.

Les exemples de personnes étant parvenues à "se passer" de la rencontre avec l'autre sont suffisamment nombreux pour que ce soit troublant, alors qu'en toute logique les choses devraient être comme les expose Zébu : l'autre aura toujours quelque chose qu'on ne peut trouver en soi.


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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Fata Morgana le Dim 3 Fév 2013 - 15:54

C'est difficile à expliquer. Ce n'est pas qu'on n'aime pas les autres, ou pire, qu'on les méprise - c'est hors de question - C'est seulement le sentiment d'un devoir (?) à accomplir. D'autre part, et je prends des risques en disant cela, on a quand même l'impression d'avoir "déjà été ça" en face des gens...On a en tête des espèces de modèles nombreux et variés, et la rencontre avec une personne qui ne serait pas susceptible de correspondre à l'un de ces modèles SEMBLE ne pas exister...Usuellement, on a l'air de penser à l'autre comme à un apport. Mais quand l'introspection s'approfondit, l'autre semble plutôt un repère.
C'est assez incommunicable. Au contact d'autrui il peut arriver que les idées s'emballent et qu'on soit fatigué de ne pas avoir pu noter tout ce qui nous est passé par la tête ! Comme source de stimulation, un personne peut être féconde - à condition qu'on réussisse à fixer quelque chose de ce qu'elle nous a volontairement ou non, transmis. On a besoin de laisser descendre, de laisser les choses décanter, se déposer... Du coup, trop de stimulation (et un quart d'heure peut suffire) provoque un cyclone dans la tête, et une impression de gâchis ensuite si on n'a pas pu fixer les choses. Ce peut être tout à fait involontaire de la part de la personne. Quad je l'accompagne au supermarché, mon épouse me fait souvent signe d'arrêter de fixer les gens. Dans ces moments là, tout paraît nu et dévoilé à mes yeux. Une cadène de réflexions qui s'enchaînent me tient comme sidéré et j'aimerais me ruer sur un de mes carnets pour noter tout ce qui débaroule dans mon esprit...
Une association d'idée: Avec un copain il y a très longtemps, nous aimions beaucoup un certain musicien. Un jour je commente à voix haute ce que j'entends, les relations entre les instruments, les légères inflexions, les glissements vers d'autre tonalités, et mon copain me dit alors: "Je ne l'avais jamais entendu comme ça." J'ai mis longtemps ce genre de chose sur une capacité de concentration particulière. Or précisément, la solitude accroit énormément cette capacité ! Du coup quand on reprend un bain de foule, on voit et entend des choses que personne d'autre ne remarque.


Spoiler:
(Qu'est -ce qu'elle est belle cette fille sur mon avatar ! Shocked )




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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Zébu le Dim 3 Fév 2013 - 17:46

Fata Morgana a écrit:Ce n'est pas qu'on n'aime pas les autres, ou pire, qu'on les méprise - c'est hors de question -

L'idée t'a pourtant effleuré l'esprit puisque tu l'as écrit (c'est le propre du symbole que de pouvoir exprimer des désirs contradictoires au sein d'une seule structure plus acceptable. Faut lire "L'écorce et le Noyau" de Nicolas Abraham et Maria Török).

Blague à part, le post initial part de l'idée d'une intelligence "supérieure", d'admirer son monde intérieur et dédaigner la réalité (l'autre) et de se suffire à soi même.
Ca fait penser à Narcisse, et le pauvre, il s'en noyé dans son image.
Après cela, on pourra écrire des tonnes de posts sur la tolérance, la compassion, la dépression, la foie, la grâce, se positionner en victime de cette intelligence, etc : c'est du vent, la vraie difficulté n'est pas l'intelligence, mais le fait de se croire supérieur (tout en le niant), d'envisager le monde comme quelque chose de sale dont il faut se "laver'" (!).

Et puis ces grands mathématiciens, étaient-ils heureux...ou simplement malades ?

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 18:04

Personne ne semble se soucier de le leur demander, d'ailleurs. Mais probablement ne répondraient-ils pas.

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Fata Morgana le Dim 3 Fév 2013 - 18:26

Non zebu, je pensais au mot dédaigner dans l'ouverture du fil :
un certain degré d'intelligence menait nécessairement à dédaigner le monde extérieur
Tu t'es jeté trop vite sur le steack pas vrai ? Wink
Cela dit je ne me prétends pas comparable au génie cité plus haut; par contre oui je suis de ces zèbres qui ont besoin d'être seuls, un besoin vital, et cela depuis toujours.

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par paela le Dim 3 Fév 2013 - 18:31

Il y a des témoignages sur le forum qui vont dans le sens d'une réponse largement positive.
C'est clair qu'une personne bien plus intelligente que son entourage devra se retirer au sens où elle devra retirer de son mode d'expression ce qu'il ne servirait à rien d'exprimer.
La nécessité doit moins se faire sentir pour les gens intelligents entourés de "semblables".

Il y a tellement de façons de se retirer du monde aussi, que tout ce qui est source de différence a des chances de faire piocher dans l'une d'elles.

L'intelligence, la sensibilité, ce sont des constituants de notre nature chose sur laquelle il est difficile de faire des compromis, alors la prise de distance physique est une solution qui s'impose.


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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Zébu le Dim 3 Fév 2013 - 18:44

Ce n'est pas toi qui parle de te laver, de mépris (oh non, surtout pas!), d'une vie intérieure tellement riche que le monde en devient un gêne, d'être ton propre fan, des modèles que tu as en tête auxquels les autres ne se conforment pas (oui, tu as écris sembler), des autres vécus comme des "apports"...
Et tu arrives encore à me dire que ce n'était pas toi mais le post initial?
T'es vraiment incroyable toi !

Excuse moi alors, ça doit encore être un de ces bugs de PHP qui génère des mise en page différentes....

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 19:19

paela, en lançant ce fil, je pensais à des personnes du genre TTHQI, UHQI, quoi. Des gens bien au-delà de nous, certainement pas de "simples" surdoués comme nouzâutes.
A priori, le phénomène que tu décris serait celui-ci : au bout d'un moment, à un certain "niveau", dans les pensées, la part de ce qu'il est inutile de communiquer parce qu'on ne trouve personne avec qui le partager finit par arriver à cent pour cent.
Je ne pensais pas tant à cela - qui à la limite conduirait plutôt au suicide... - qu'à un phénomène du type "tout ce que l'autre pourrait m'apporter, je sais le sécréter par moi-même, donc je n'ai pas besoin du monde". (Je précise bien que ce "je" est le personnage hypothétique et certainement pas moi.) C'est cela que semblait évoquer ce mathématicien. Les deux peuvent être parents et même le second, être le fils du premier...

Zébu, je partage ton avis sur un tel mode de fonctionnement, hein ! Wink Autant s'affranchir des "choses de ce monde" au sens '"vanitas vanitatum", "travailler sans souci de gloire et de fortune, à quel voyage, auquel on pense, dans la lune", me semble quelque chose de plutôt sain, autant le pousser jusqu'au rejet des êtres me semble, si j'ose dire, la vanité ultime : qui peut prétendre porter en lui tout ce que les autres détiennent ?

Or (c'est cool ! vos réponses démêlent mon idée de départ qui était confuse et mal formulée Smile ) je me demandais dans quelle mesure les TTHQI, UHQI, n'étaient pas, sinon condamnés (oui, on est libre, on peut toujours, etc), du moins fortement prédisposés à évoluer dans ce sens et à juger que les seules sources suffisamment abreuvantes ne pouvaient être qu'en eux - quelque triste que soit ce constat...

(Pour notre part, aujourd'hui, nous avons fait exactement le contraire et nous en sommes heureux !)

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 19:44

J'aurais tendance à penser que c'est l'inverse qui se produit : l'homme qui est dans son monde, complètement happé par ses pensées, a plus de chances de fournir des réalisations que celui qui sort au bar discuter avec ses potes.

J'ai tout de même le sentiment qu'il y a eu des très grands qui avaient une vie sociale, voire politique, voire amoureuse, en plus de leurs réalisations ; et ça me semble bien plus sain et équilibré que la personne qui se donne corps et âme à une discipline.

Mais évidemment, ce sont ces seconds qui seront les plus marquants, qui sembleront les plus brillants, étant donné qu'ils ne se dispersent jamais...

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Fata Morgana le Dim 3 Fév 2013 - 20:14

Zebu si tu veux me convaincre que je suis méprisant, hautain, ect, tu n'y arriveras pas: je ne le suis pas.
Pense ce que tu veux je m'en branle. Je ne vois pas au nom de quoi je me justifierais aux yeux de n'importe qui.
Je suis un sale con arrogant et misanthrope, et j'en suis fier si ça peut te faire plaisir !
T'es content maintenant ? Au passage, je n'ai jusque là jugé personne, moi.
Donc, pas de procès d'intention, merci.

Spoiler:
Depuis quelques temps je trouve que l'ambiance se dégrade sur ce forum. Je pense d'ailleurs à partir. On laisse trop de n'importe qui dire tout le temps trop de n'importe quoi. Vais-je rester, c'est la question...Ou alors, je peux attendre que cette "génération" s'en aille..
Il y a longtemps que je n'ai pas trouvé de fils avec des débats SEREINS, POLIS et sans arrière-pensée. Je pense que les posts des surdoués sont noyés sous les posts de gens qui ne le sont pas. Je ne parle pas là de zebu.

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 20:47

Fata, tu sais que l'auteur du fil a horreur des accusations vagues comme ça où bien des gens peuvent se sentir visés. Bon, même si a priori Fusain ne devrait pas le prendre pour lui en l'occurrence j'imagine ^^

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 20:47

Un rappel pour moi-même :

L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde?

Je considère comme acquis que l'intelligence supérieure est considérée comme étant une intelligence supérieure de 4 à 5 degrés à la moyenne de celle de la population. Nous considérons somme toute ceux que l'ont appelle THQI, ou bien plus encore. Et surtout, je pose comme premier axiome que cet homme possède une compréhension presque absolue des méandres de l'esprit humain et comme second axiome qu'il est intéressé par son propre bien-être et donc à la compréhension qu'il a de lui-même.

Considérons un individu d'une telle intelligence. Supposons qu'elle soit telle qu'il n'ait aucun besoin de sortir même de chez lui pour devenir performant en n'importe quel Art. S'il se laisse aller à explorer le monde, c'est en fait pour rompre un peu la monotonie de son cadre, il sait qu'il en a besoin d'un point de vue humain, il ne se leurre pas.
La question se résume plus ou moins à débattre de son besoin de compagnie, d'une identité sociale.
Mais cet homme est un "génie", ne l'oublions pas. Lorsque vous entamez une conversation avec lui, il sait orienter ses propos de telle sorte que vous soyez dépossédé de votre libre arbitre, il a une connaissance, instinctive ou acquise, en tout cas phénoménale du méta-langage. Vous pensez argumenter, vous ne faîtes que resservir sur un plateau doré les arguments que cet homme a insidieusement fait germer en vous, par une mimique quelconque ou une inflexion opportune de la voix. Il fait plus que voir vos pensées se dessiner sur votre visage, il les peint avec le désintéressement propre à l'artiste véritable. Il se fait auteur de vos réflexions, non par malice mais pour la beauté de la chose, pour montrer à la Nature et aux Evènements qu'ils ne sont pas les seuls à pouvoir créer, il leur lance un défi qu'il remporte systématiquement haut la main.
Quelle déception pour cet homme! Il se rend compte que l'être pensant et de façon intrinsèque un être enchaîné dans son raisonnement aux échos que suscitent ses paroles chez les autres. L'humain ne possède pas de libre arbitre véritable, il n'est que le produit d'évènements aléatoires, et pour peu que l'on provoque d'autres situations, on peut aisément modeler la pensée de son prochain.

Comment, ayant compris cela, l'être supérieurement peut-il encore penser une seconde que la compagnie d'individus marionnettes de leur passé puissent lui apporter quoi que ce soit, qu'un échange avec l'Autre puisse être productif? Cet Autre sera de toute façon malhabile dans sa façon de s'exprimer puisqu'il ne défendra pas sa thèse mais plutôt un sentiment diffus qui lui a été transmis par un autre. L'on ne pourra jamais interroger l'être à l'origine d'une réflexion, ce qu'il faudrait idéalement ce serait assister à chaque évènement passé pour saisir entièrement la logique du propos lancé au hasard d'une conversation et qui n'est que le fruit de milliards d'années de chaînes d'évènements.
Jamais on ne pourra pousser un raisonnement jusqu'au bout. L'homme possédant un degré de rhétorique suffisamment élevé pourra réduire n'importe quelle thèse adverse avec une facilité déconcertante. Lorsque nous avons le "fin mot" lors d'une conversation, nous ne pouvons nous empêcher d'être submergé par une frustration intense matérialisée par un silence pesant, dans lequel le vainqueur attend désespérément une riposte et le vaincu sent confusément qu'il n'a justement pas été convaincu, que c'est un vice de parole qui a fait s'écrouler sa réflexion et il cherche en vain à le pointer du doigt, sans même tenter de reprendre son raisonnement avec le détachement salutaire qu'offre la lucidité. Les deux partis en présence ressentent donc une insatisfaction intellectuelle et regrettent d'avoir entamé le dialogue. Il est communément admis qu'un bon dialogue permet aux deux opposants de faire évoluer leur thèse, d'utiliser celle de l'autre pour mieux camper la sienne. Un débat productif laisse les protagonistes plus convaincus que jamais de leurs thèses respectives.

L'individu supérieurement intelligent ressent une frustration plus intense encore puisqu'il sait avoir orienté l'échange de A à Z, et lorsqu'il s'en abstient, il ne demeure pas moins que les failles logiques des arguments de son interlocuteur lui sont visibles comme le nez d'un Cyrano au milieu d'un visage suranné. Il n'a rien appris et n'a rien à apprendre de son prochain, si ce n'est peut-être sur le plan purement technique (découverte de nouveaux outils qu'il serait dans l'incapacité matérielle de concevoir, apprentissage d'un art perpétué de père en fils, et d'autres choses du même acabit).

Faut-il en conclure que tout échange avec un tel homme ne peut lui être qu'inutile, lui paraître stérile? Serait-ce le fin mot de l'aventure humaine, l'apparition d'un tel être balayerait-elle la nécessité générée par le principe entropique? La nature pourrait se considérer elle-même plus parfaitement que jamais par le truchement de notre homme.
Oui, mais il reste un ultime rempart contre cette apparente fatalité touchant le génie.

Il s'aime.

Sinon pourquoi continuerait-il de vivre? Un génie qui considère que la vie lui est superflue et qui ne s'aime pas ne vit pas longtemps, il essaie pour surmonter sa déception d'être surpris par l'expérience ultime, la Mort. Un génie arrivé aux mêmes conclusions sur l'humanité et l'univers en lui-même mais qui ne s'est pas supprimé s'aime. L'on pourrait ajouter qu'il n'aime que lui en vérité. Comment s'attacher à cette plèbe grouillante dans la cacophonie est générée par des échos plagiaires sans cesse assourdis par d'autres commentaires vieux comme le monde? Et comment s'attacher à l'univers et sa volonté de se montrer, de se faire voir, comment éprouver de l'affection pour la Nature lorsque l'on a découvert le principe entropique?

Non, je le maintiens, un tel sujet de peut prendre intérêt qu'à son propre objet. Il ne cesse de se considérer. Il a compris, par la lecture des opposants de Descartes (vestiges de situations passées qui s'expriment encore par de géniaux écrits), que l'âme ne pouvait se considérer dans toute son entièreté car nul ne peut se contempler de façon entière de l'extérieur en restant soi. Quel moyen lui reste-t-il pour pratiquer l'introspection dont il est si friand, si ce n'est cette plèbe qui le rebute?

Aucun. Le génie est nécessairement attiré par l'Autre, puisque si génie vivant il y a il s'admire nécessairement. Bien sûr, personne ne sera à même de lui dire qui il est. Mais en transférant un peu de son âme sur la face de chacun de ses interlocuteurs il trouve le moyen de se contempler. Il sait que chaque fois qu'il essaie de se tromper, de se mentir, il ne fait que se dévoiler un peu plus à lui. Lorsque vous manipulez quelqu'un vous lui donnez les clefs de la compréhension de votre mécanisme psychique, c'est inévitable, et tant pis s'il ne sait qu'en faire. Et le génie en manipulant les autres se manipule soi-même ce qui lui permet de se contempler, s'admirer, et s'adonner à la fascination qu'il y a pour la seule chose qu'il ne pourra jamais percevoir dans son entièreté, fût-ce en pensées.

Voilà pourquoi l'intelligence supérieure porte l'individu qui en est doté au devant des autres, bien loin de le pousser à se retirer du monde.

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Zébu le Dim 3 Fév 2013 - 21:14


L'intelligence n'est qu'une mécanique et n'est pas en soi garante d'une vie intérieure riche.. Il faut lui donner du blé à moudre à cette intelligence car elle ne peut se suffire à elle-même (sauf à s'admirer sans but). Elle devra donc aller puiser dans la réalité ou la vie intérieure laquelle prend forcément racine dans la réalité.
C'est la vie fantasmatique plutôt que l'intelligence qui oriente principalement notre manière d'être au monde.

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 21:22

Ygor, tout ton édifice repose sur deux axiomes, ou plutôt deux postulats, qui me semblent rien moins qu'évidents. Mais une fois que tu les as faits, ton génie est aussi condamné à se regarder sans fin dans le miroir de l'autre qu'un prisonnier ficelé sur une chaise dans la galerie des glaces. Il est très monofonctionnel ton génie-Narcisse. Il ne sait faire qu'une chose et de plus il aime la faire : alors il la fait, mais c'est un peu une prédiction autoréalisée.

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 21:26

Il n'existe aucun raisonnement qui n'utilise de fondations, de piliers de bases, j'ai préférés les expliciter pour ne que l'on me reproche de dérouler tout cela comme un cheveu dans une soupe.

Le génie peut choisir de se supprimer. Et puis il a conscience de n'être également que le fruit de pressions évènementielles, il est évident que ses agissements sont prédéterminés, mais c'est la seule des prédictions autoréalisées qu'il a du mal à considérer objectivement, c'est ce qui entretient le mécanisme.

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 21:27

@ Zebu : c'est ce que j'ai voulu sous-entendre lorsque je parlais de voyages initiatiques.

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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

Message par paela le Dim 3 Fév 2013 - 21:31

Ah excuse Fusain j'avais compris le contraire; que tu utilisais l'exemple du mathématicien de génie comme argument de force mais que tu voulais ensuite nous faire parler de "petite" intelligence.

On sait comme il est difficile d'expliquer un phénomène qui ne nous concerne pas.
Il est sur ZC Pelerman, qu'on lui demande?

Je pense que les gens très très intelligents voient cette énorme distance entre ce qu'ils disent et pensent et ce que les gens en comprennent. L'interprétation analytique de leur retirement et de leur vision de leur vie est simplement impossible à notre échelle.

D'ailleurs, je propose de fermer ce sujet.
Spoiler:
Vous venez d'assister à une blague.

paela
Zébré et vacciné
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Re: L'intelligence supérieure conduit-elle nécessairement à se retirer du monde ?

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