Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

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Message par Invité le Jeu 6 Déc 2012 - 12:11

Rayon Vert a écrit:
J'ai donc envie de suggérer à tous les gens qui se taisent (et lisent l'échange) et se sentent concernés, de se mettre à oser s'exprimer dans le vide, petit à petit, en expérimentant, et pour commencer, dans un lieu où le contenu de ce qu'ils exprimeront ne sera pas trop important à leurs yeux. Mieux vaut commencer dans le cadre des loisirs, avec des gens assez éloignés par exemple.

Mais quel bénéfice obtient on en s'exprimant plutôt qu'en se taisant et en passant inaperçu ?

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Message par Rayon Vert le Jeu 6 Déc 2012 - 17:40

Bitterlings a écrit:
Rayon Vert a écrit:
J'ai donc envie de suggérer à tous les gens qui se taisent (et lisent l'échange) et se sentent concernés, de se mettre à oser s'exprimer dans le vide, petit à petit, en expérimentant, et pour commencer, dans un lieu où le contenu de ce qu'ils exprimeront ne sera pas trop important à leurs yeux. Mieux vaut commencer dans le cadre des loisirs, avec des gens assez éloignés par exemple.

Mais quel bénéfice obtient on en s'exprimant plutôt qu'en se taisant et en passant inaperçu ?

Tout d'abord le fait de se permettre d'être plus soi-même (rem : on ne l'est jamais tout à fait). Taire ce que l'on a envie de dire car on croit que c'est mal perçu, pas compris, pas entendu; n'est ni agréable, ni sain pour soi-même, même si c'est a priori plus confortable.
Sans doute que le déclic a eu lieu pour moi quand j'ai décidé que je préférais être détestée ou ignorée pour ce que je suis, plutôt que de parvenir difficilement et rarement à être reconnue pour ce que je ne suis pas (et ce n'est pas un processus tout à fait conscient – ce n'est que maintenant que je mets les mots dessus). Pour commencer mieux vaut s'essayer dans un milieu où on n'a rien à perdre, tout en refusant de le fuir au premier échec.

Ensuite, il se peut que ce qu'on exprime puisse être utile ou agréable à quelqu'un selon le type de message exprimé (humour, information, opinion, question, idée, ...). Donc, le désir d'être social, humain, peut être comblé de la sorte.

Et puis, en étant soi-même et en se laissant connaître de la sorte, face à des gens qui nous côtoient souvent, on permet de se laisser approcher, de se laisser apprécier, non pas pour qui on voudrait qu'on nous prenne, mais pour qui on est vraiment.

Et enfin, et sans doute surtout, cela permet un lâcher prise. Le fait de se taire est sans doute confortable avec l'habitude. On ne se met pas en danger, mais on se ferme à plein de choses aussi.
Quand on s'exprime, si on apprend à le faire correctement (communiquer sainement, le faire en conscience et dans le respect de soi et des autres – avec le temps on parvient à faire ça spontanément, mais pas au début), il y a tout un aspect lâcher prise, improvisation, spontanéité, et cela nourrit notre joie de vivre, le sens que nous donnons aux choses de la vie etc.
Je dirais aussi que ça aide à évoluer, car rester enfermé sur soi-même, c'est se recroqueviller, tout l'opposé de l'épanouissement.

Et plus loin encore, je pense que ça permet d'asseoir encore mieux la confiance en soi, car si les choses se passent correctement, on peut finir aussi par voir qu'on est écouté et que ce qu'on dit a de l'importance pour les autres. Cela aussi donne du sens.
On agit soi-même à devenir visible, sans mettre la faute sur personne, en prenant la responsabilité de la solution et en arrêtant de pointer ailleurs la responsabilité du problème.

Bon, voilà, ce sont les premières idées qui me viennent à l'esprit, car je n'avais pas réfléchi à cette question, et elle est d'ailleurs assez interpellante. D'autres auront peut-être d'autres réponses, et si j'ai d'autres idées, je viendrai les « exprimer » Wink

Cela dit, si pour toi rester inaperçu est un avantage intrinsèque dans ta manière de vivre, je ne suis pas là pour te suggérer de changer. Mais ma croyance à moi c'est de penser que en tant qu'être humain, nous sommes sociaux, et si nous arrivons à nous sentir reliés aux autres, en participant à ces liaisons de la même manière que les autres, nous participons à notre propre bonheur, et très probablement à celui des autres. Et en tant que zèbre, le décalage mental que nous avons est souvent une sorte de handicap pour cette participation sociale, et le savoir et apprendre à le dépasser me paraît la meilleure des choses.

Je peux me tromper, mais en ce qui me concerne, plus ça va, plus je m'exprime, et plus je me sens légère, libre, reconnue par mes pairs. J'ai carrément l'impression de recommencer à apprendre à vivre, comme si j'avais vécu à côté de la vie tout le temps où je me suis tue.
Et puis aussi, cela évacue tant de doutes. Les doutes on en aura toujours, et c'est très sain d'en avoir, mais quand on est silencieux tout devient objet de doutes, on ne va nulle part.

Mais ça prend du temps, et il faut être patient et persévérant, car tant qu'on s'exprime sans la confiance, on aura la réponse de type indifférence, voire d'opposition.

Il faut donc aussi apprendre à oser sans réussir, cumuler les échecs, sans flancher pour autant par un retour dans sa coquille, car on finit au bout d'un moment par cumuler les réussites.

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Message par borntobewild le Jeu 6 Déc 2012 - 17:49

Bonjour Rayon Vert, comment fais-tu lorsque tu es obligée de fréquenter des gens par obligation (familiale, en ce qui me concerne), alors que ces mêmes personnes, certainement involontairement, te font beaucoup de mal, rien qu'en n'écoutant pas ce que tu as à dire ou pire, en te rabrouant lorsque ouvres la bouche ? Une amie m'a dit une chose horrible : elle m'a dit que je devrais considérer cela comme un exercice. Mais comme tu l'as dit, quoi que l'on fasse, les dés sont pipés dès le départ, parce que c'est ce décalage, ressenti par soi-même ou par l'autre, ou par les deux, qui a déterminé la manière dont nous pouvons être vus. Je sais que je suis parfois obligée de faire semblant pour me fondre, mais de là à me renier, ça n'a plus de sens, je n'en retire ni plaisir, ni satisfaction, ni bien-être. Comment faire alors ? Se positionner en renonçant à fréquenter ces gens ? Est-ce si facile ? Moi ça me torture, et pourtant je suis impatiente que ce moment arrive pour m'en libérer enfin.

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Message par Rayon Vert le Jeu 6 Déc 2012 - 18:44

Bonjour Borntobewild,

C'est en effet profondément épineux, et d'une certaine manière j'estime avoir de la chance. Je me suis éloignée d'une partie de ma famille mais pas de tout le monde. J'ai réussi à vivre un bon compromis avec certaines personnes, et ça n'a pas été facile, mais j'ai fini par avoir une relation que j'estime bien meilleure qu'avant, plus vraie. Et je pense que c'est réciproque. Et ça s'est fait petit à petit. Mais plus et mieux je mettais mes limites, plus et mieux elles étaient respectées.

Avec l'autre partie de la famille j'ai mis la distance, ai tenté de renouer quelques fois, en me rééloignant ensuite. Ma chance, c'est mon corps. On peut le voir comme un problème, mais il était clair qu'après chaque réunion de famille ma santé faisait un couac, et j'étais donc forcée par mon corps de me respecter. C'est en cela que j'estime que c'est une chance. Car mordre sur sa chique et s'en prendre plein la gueule à répétition sans se rendre compte à quel point on se fait du tort, je ne pense pas que ce soit enviable.

Je dois bien avouer que mon chemin m'a amenée à renoncer à pas mal de choses au niveau social. Mais je ne le regrette pas. Je le considère comme temporaire, et sais que cela m'a apporté beaucoup plus d'avantages et d'apprentissages que d'inconvénients.

Actuellement je suis à nouveau en train de tenter de renouer, mais nettement plus prudemment que par le passé, et j'accepte d'avance que cela pourra faire un échec. Mais j'aime les gens de ma famille, même si les relations ne sont pas faciles, et j'ai envie qu'un jour on puisse renouer sans que chaque contact soit problématique, source de colère, de frustrations, de ruminations, de mal-être ou de symptômes. Je pense qu'on y gagnera tous.

Je ne suis pas en train de conseiller de faire pareil. Tout ce que je sais, c'est que pour moi c'est comme cela que ça se passe et que je ne peux envisager que cela se passe autrement.

Il y a bien sûr pas mal de culpabilisation quand on agit ainsi. Et à nouveau, pour cela mon corps m'a aidée. J'ignore si j'aurais été si intransigeante sans les manifestations de symptômes. Il y a une pression sociale, des auto-jugements, des doutes aussi, qui vont toujours nous pousser à refuser de prendre des distances. Tout dépend du lien qui existe, des sentiments aussi. Personne n'est obligé d'accepter l'inadmissible dans ses relations, mais il ne faut pas non plus ruer dans les brancards à chaque pet de travers. C'est donc relatif.
C'est chacun qui sait pour lui-même au niveau du vécu, des émotions, et de leur taille.

Je pense aussi qu'il est important d'arriver à avoir une attitude la plus positive (constructive) possible avec les personnes avec qui cela se passe de manière la plus problématique. Sinon, renouer est impossible.
Le problème ne vient pas vraiment d'eux, sauf en apparence.

Et comme c'est nous qui vivons le problème, c'est à nous à apporter les solutions. Càd que, en dehors de nos limites que nous pouvons poser, il n'y a rien que l'on puisse exiger de l'autre pour que les choses changent.

En ce qui concerne l'idée de l'exercice, oui, pourquoi pas, mais uniquement si c'est supportable, et cela ne semble pas l'être pour toi. C'est pour ça que je parlais dans mon message précédent de s'exercer avec des gens plus éloignés, dans des relations qui n'engagent rien de très important.

Quand on se sent vraiment en danger, bien sûr qu'il vaut mieux continuer à se taire et passer inaperçu.

Je pense aussi qu'il faut être conscient et soucieux du fait que plus on s'en prend plein la gueule plus ça rend difficile les relations ultérieures.
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Message par Invité le Jeu 6 Déc 2012 - 19:09

rayonvert,c'est un grand bonheur pour moi que de te lire,tu exprimes beaucoup des choses que je me resignais à taire sur ce fil,par manque de temps et par flemme... mais je suis completement en accord avec la majorité de tes propos..donc volontairement je choisis le silence,et dans ce cas precis,c'est trop bon! merci What a Face

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Message par borntobewild le Jeu 6 Déc 2012 - 19:41

Merci Rayon Vert, je partage ton point de vue sur la question, même si c'est encore plus facile à dire qu'à faire pour moi en ce moment. Tout ce que tu évoques est en train de se mettre en place, mais lentement, avec prudence. Je veux pouvoir rencontrer les gens, même si je ne me sens pas particulièrement à l'aise avec eux, mais sans que mon corps se révolte : écouter de la musique à fond les gamelles 2 heures avant ces rendez-vous, sauter dans tous les sens pour être fatiguée, ou bien avoir des palpitations et des crises de panique rien que d'y penser, c'est encore trop frais pour moi pour que je passe le cap. Face à ces personnes, je me sens stupide, inutile, méprisable, minable, écorchée vive, toute nue, et je ne me sens pas capable de supporter une telle violence (involontaire, sans doute, mais tel est mon ressenti).
Je reviens sur la première anecdote qui m'a poussée à ouvrir cette discussion : j'en ai parlé à la psy que je consulte, et qui m'a donné une hypothèse toute simple : si la personne qui animait cette réunion m'a loupée, c'est tout simplement parce qu'elle est une mauvaise animatrice ! Simple, mais clair et rassurant. Tout ce dont j'ai besoin en ce moment : de me sentir protégée, dans un cocon, de ne me préoccuper que du cercle extrêmement restreint qui m'entoure, à savoir mes enfants, mon mari, et mes très très proches.
Une autre question, qui m'interpelle : combien d'entre ont besoin ou ont eu besoin de voir un psy ? Dans ton cas, Rayon Vert, tu me parais d'une clairvoyance à toute épreuve : comment as-tu trouvé cet apaisement ? Fais-tu de la sophro ? Du sport ? Une activité artistique ?

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Message par Rayon Vert le Ven 7 Déc 2012 - 1:32

ayaaaahh a écrit:rayonvert,c'est un grand bonheur pour moi que de te lire,tu exprimes beaucoup des choses que je me resignais à taire sur ce fil,par manque de temps et par flemme... mais je suis completement en accord avec la majorité de tes propos..donc volontairement je choisis le silence,et dans ce cas precis,c'est trop bon! merci What a Face

Ah ben voilà, je suis rassurée : j'avais des doutes, ne savais pas si mes messages étaient lus, et si ça faisait écho chez quelqu'un. Là, ya au moins une personne qui a lu et chez qui ça fait écho Wink
Merci de l'avoir écrit en tout cas Smile

D'une certaine manière, je tente de me prouver encore ce que j'ai dit dans les messages Wink

L'air de rien, pour moi, cet échange peut être un microcosme du sujet qu'il traite.

borntobewild a écrit:Merci Rayon Vert, je partage ton point de vue sur la question, même si c'est encore plus facile à dire qu'à faire pour moi en ce moment. Tout ce que tu évoques est en train de se mettre en place, mais lentement, avec prudence. Je veux pouvoir rencontrer les gens, même si je ne me sens pas particulièrement à l'aise avec eux, mais sans que mon corps se révolte : écouter de la musique à fond les gamelles 2 heures avant ces rendez-vous, sauter dans tous les sens pour être fatiguée, ou bien avoir des palpitations et des crises de panique rien que d'y penser, c'est encore trop frais pour moi pour que je passe le cap.

Les palpitations et les crises de panique : ne serait-ce pas tout de même le corps qui se révolte? Faut-il attendre pire?

Face à ces personnes, je me sens stupide, inutile, méprisable, minable, écorchée vive, toute nue, et je ne me sens pas capable de supporter une telle violence (involontaire, sans doute, mais tel est mon ressenti).

J'imagine qu'il y a un sacré passif dont il faudra guérir d'abord avant de pouvoir les revoir sereinement.

Je reviens sur la première anecdote qui m'a poussée à ouvrir cette discussion : j'en ai parlé à la psy que je consulte, et qui m'a donné une hypothèse toute simple : si la personne qui animait cette réunion m'a loupée, c'est tout simplement parce qu'elle est une mauvaise animatrice ! Simple, mais clair et rassurant.

C'est un peu court je trouve. Tout le monde a le droit à l'erreur, surtout qu'il y a eu quelqu'un qui suivait ton tour et qui devait se présenter et partir en même temps, ce qui a obligé à sauter ton tour. La distraction de ne pas y revenir ensuite n'est pas excusable, mais de là à dire qu'il s'agit d'une mauvaise animatrice c'est pousser je trouve.
Par contre, je pense qu'il n'y a pas de hasard. Et que l'erreur de distraction de l'animatrice n'est certainement pas intentionnelle, mais elle ne s'est pas produite sur n'importe qui Wink

Une autre question, qui m'interpelle : combien d'entre ont besoin ou ont eu besoin de voir un psy ? Dans ton cas, Rayon Vert, tu me parais d'une clairvoyance à toute épreuve : comment as-tu trouvé cet apaisement ? Fais-tu de la sophro ? Du sport ? Une activité artistique ?

Oui, je vais bien voir un psy, et ça fait une sacrée paie Wink (ça se dit en France ça, ou c'est un belgicisme?)

Je ne fais qu'un peu de sport (volley donc Wink ), pas de sophro, je n'arrive pas encore vraiment à méditer (je sais que ça aide grandement), mais réussis de plus en plus souvent à revenir dans l'instant présent. Mais j'ai pratiqué une tonne de méthodes différentes, tant corporelles, que des techniques, des thérapies, des soins, traitements alternatifs en tous genres. Certaines m'aident, me soutiennent, d'autres m'aident à guérir de problèmes tels que la transparence sociale, et certaines passent à la trappe.
Pour moi, aller chez le psy sert plus à parvenir à voir clair dans le chemin qu'on fait, à avoir du soutien, et surtout être compris par au moins une personne. Mais le véritable travail, logiquement se fait ailleurs. Je parle pour les psychothérapies de la parole.

Et pour la « clairvoyance à toute épreuve », tu m'as fait sourire. Si ça c'est pas être remarquée Wink Mes chevilles ont pété instantanément à la lecture de ces quelques mots Wink
Va falloir des semaines pour que je m'en remette Wink

C'est vrai que ça fait du bien à l'ego, mais je pense qu'il vaut mieux s'en passer à ce niveau-là. Par contre, c'est pour moi surtout un encouragement à aller de l'avant. Oser dire les choses, oser prendre le risque de ne pas être comprise, oser ne pas avoir de retour et rester dans le doute, oser prendre le risque aussi d'être niée dans ce que je dis, dans ce que je vis et je ressens, et dans ce que je suis. Car de temps en temps, comme aujourd'hui, il y a un retour, deux retours mêmes, et pas n'importe quoi en plus, qui me prouvent que finalement la présence de ce silence toutes les autres fois, n'est finalement peut-être qu'un malentendu (malentendu symbolique on va dire).

Cela dit, j'ai tendance à voir de plus en plus l'aspect positif des choses. Et dans ce sens, j'ai envie de penser que ce malentendu peut vraiment nous servir. Parce que s'il nous envoie vers le fond parce qu'on n'a rien à quoi se rattacher puisqu'on est transparent(e)s, c'est aussi lui qui permet de rebondir et d'aller au delà de l'apparence pour retrouver notre authenticité et une forme de témérité qui peut nous servir.

Car sans doute que la difficulté du HP, haut potentiel, c'est justement de ne pas réaliser le potentiel en question. Et si sa lucidité peut l'envoyer au fond du trou, elle peut aussi l'envoyer aux sommets une fois rebondi sur ce fond de trou. C'est ma croyance actuelle.
Je veux dire par là que je pense de plus en plus (je peux me tromper, et si je m'exprime dans la généralisation, je suis consciente que ça ne concerne pas forcément tous les HP), que les problèmes rencontrés par les zèbres, sont presque des conditions intrinsèques à la réalisation de ce potentiel. Quand on réussit à passer au travers de ces problèmes, on a alors de quoi réaliser le potentiel. Mais aussi, sans avoir réussi à passer à travers, on se condamne probablement à garder le potentiel sans le réaliser.
Et si ce que je dis devais correspondre à une forme de réalité, alors on a les premières clés en mains pour arriver à cette réalisation.

Ben oui, je sais, mes chevilles sont dans un état lamentable Wink
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Message par Guard 'n wall PB le Ven 7 Déc 2012 - 2:30

Un petit mot pour dire que je me retrouve dans ce que vous dites Borntobewild et Rayon Vert. Et je trouve les paroles de cette dernière sages.

Borntobewild a écrit:comment fais-tu lorsque tu es obligée de fréquenter des gens par obligation (familiale, en ce qui me concerne), alors que ces mêmes personnes, certainement involontairement, te font beaucoup de mal
Si certaines personnes te rendent malade, il faut arrêter de les fréquenter. Famille ou pas. Où est-il écrit que nous sommes obligés de fréquenter telles ou telles personnes? Mais je sais que cet éloignement n'est pas facile pour tout le monde.

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Message par Invité le Ven 7 Déc 2012 - 2:48

Un aspect qui n'a pas encore été évoqué[...]
Est-ce que ça parle à quelqu'un ce que je dis ou est-ce que c'est complètement codé?

Moi aussi ce que tu as écrit là me parle, Rayon vert (y compris la p'tite question paradoxale en guise de conclusion Wink ).

Le seul hic, c'est que quelquefois, on ne "cause" pas uniquement pour s'exprimer, mais aussi pour créer du contact... Sauf qu'on ne sait pas trop créer du contact sans passer par le sens de la parole (mouais, il est tard, je le sens... ).

Bon, sinon, passer des années à communiquer tout seul, ça permet de développer non seulement la confiance en soi, mais aussi un humour propre indécrottable, c'est tout bénef pour l'hygiène mentale (ça n'en a pas l'air mais c'est du premier degré, je le jure !).
Ça doit être une forme d'autonomie ou d'auto-gestion...

Là où ça risque de coincer pour les hésitants à s'exprimer, c'est au niveau de l'investissement émotionnel. Comme tu le dis, commencer là où cet investissement est le moins marqué, mais pour un zèbre un peu démuni sur le plan de la confiance en soi...
Tu mentionnes le sentiment de n'avoir plus rien à perdre pour se jeter à l'eau (de mémoire, si je ne me trompe pas), et je te rejoins (avec une bouée). Mais en arriver là peut exiger une longue période de multiples renoncements parfois (d'autant plus longue et d'autant plus dure qu'on est persévérant et résistant dans l'"adversité" - intérieure ou autre - justement ).
Je me demande dans quelle mesure, pour faire entendre sa voix même quand on a le sentiment de ne pas être dans le ton, il ne faut pas s'être déjà largement cassé les dents sur de nombreux os... Et si on n'y a laissé que les dents ?




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Message par Guard 'n wall PB le Ven 7 Déc 2012 - 3:36

On finit à la soupe?

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Message par borntobewild le Ven 7 Déc 2012 - 7:45

"Je me demande dans quelle mesure, pour faire entendre sa voix même quand on a le sentiment de ne pas être dans le ton, il ne faut pas s'être déjà largement cassé les dents sur de nombreux os... Et si on n'y a laissé que les dents ?"

Sans les dents, on risque de faire peur ! Avant toute chose, je pense qu'il faut être passé chez un excellent dentiste pour s'équiper d'un bridge inusable ! Car finalement, pour beaucoup de gens, c'est ce qui compte avant tout : l'apparence du beau, du lisse, du droit, du standard, du bon "ton", comme tu le dis, Equinoxe… Avoir les dents cassées, un oeil en moins ou le nez tordu, soit dérange, et le contact se fait avec une insupportable condescendance, soit fait fuir et nous isole encore davantage, soit est sujet à moqueries, jusqu'à ce que cela devienne intolérable pour la personne qui en est l'objet, et qu'elle renonce à endurer davantage cette torture.

Avec un dentier tout neuf, ce qui dérange ne disparaît pas, mais reste caché derrière. Y a plus qu'à !

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Message par Pieyre le Ven 7 Déc 2012 - 19:08

Quand on n'est pas dans le ton, c'est par défaut ou par excès en somme. Soit on ne s'affirme pas assez, soit on affirme trop pour les autres.
Dans le premier cas, on peut chercher à s'améliorer, selon un travail psychologique. Dans le second, j'en ai bien peur, c'est plutôt de manipulation positive qu'il faudrait user. En effet, il ne faudrait surtout pas se rabaisser ou se culpabiliser pour un défaut qu'on n'a pas.

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Message par Invité le Ven 7 Déc 2012 - 21:50

@ Gardenwall :
Yep, on fait de la soupe et on a la certitude de ne pas rayer le plancher, tout bénef, j'vous dis !

@ Borntobewild :
Eh oui, ce que tu dis est exact. Mais si tu savais le mal que j'ai à sacrifier au culte de l'apparence !... Wink

@ Pieyre :
Oui, c'est vrai aussi... Mais je pense que la fausse note, c'est également quand on n'est pas dans le même référentiel que l'entourage.

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Message par Rayon Vert le Ven 7 Déc 2012 - 23:30

Equinoxe a écrit:Bon, sinon, passer des années à communiquer tout seul, ça permet de développer non seulement la confiance en soi, mais aussi un humour propre indécrottable, c'est tout bénef pour l'hygiène mentale (ça n'en a pas l'air mais c'est du premier degré, je le jure !).
Ça doit être une forme d'autonomie ou d'auto-gestion...

J'avoue que je n'y avais pas pensé. Mais c'est vrai que tant que je n'osais pas causer, je ne développais pas mon humour et ne le croyais tout simplement pas drôle puisque personne n'en riait sauf moi un peu. Et depuis que je me lâche un peu au volley, c'est vrai que ça commence à venir facilement (ou recommence, car il y a des périodes dans le passé où je m'exprimais plus facilement)

Là où ça risque de coincer pour les hésitants à s'exprimer, c'est au niveau de l'investissement émotionnel. Comme tu le dis, commencer là où cet investissement est le moins marqué, mais pour un zèbre un peu démuni sur le plan de la confiance en soi...

Je pense que les zèbres concernés par la transparence, par les faux selfs etc. sont toujours assez démunis côté confiance en soi. Je pense même que c'est une caractéristique quasi sine qua non de la zebritude, mais bon, ça n'est qu'une opinion du moment.

Tu mentionnes le sentiment de n'avoir plus rien à perdre pour se jeter à l'eau (de mémoire, si je ne me trompe pas), et je te rejoins (avec une bouée). Mais en arriver là peut exiger une longue période de multiples renoncements parfois (d'autant plus longue et d'autant plus dure qu'on est persévérant et résistant dans l'"adversité" - intérieure ou autre - justement ).

Tu me fais réfléchir là. Car tout à coup, le « rien à perdre », je le comprends dans deux sens possibles.
Si on a fait un très long cheminement vers le fond, c'est sûr qu'on n'a plus grand chose à perdre. Mais je ne sais pas quelle est la proportion des zèbres qui vivent cette descente. Ils ne sont pas peu, ça je sais, mais pas forcément nombreux.

Mais on peut utiliser l'autre sens de « rien à perdre ». Si je participe à un groupe d'une activité que je viens de commencer, en dilettante, rien de fondamental pour moi, mais un bon moyen pour apprendre à me socialiser; je peux me permettre de faire des échecs et de tester mes capacités à aller au-delà de mes doutes. Dans ce cas, le « rien à perdre » est nettement plus léger. Juste, je commence une activité qui n'est pas vitale pour moi, qui pourrait devenir très agréable si je parviens à m'y socialiser, mais sur laquelle je ne mise pas tous mes atouts. Alors je peux me permettre d'être qui je veux, mettre des masques, être moi-même, être tout à la fois. Je ne suis pas en train de préconiser d'apprendre à multiplier nos façades. Au contraire, le mieux c'est de tenter de les bazarder. Mais bon, tenter de quitter un rôle, consiste déjà à en enfiler un autre. L'idée c'est plutôt de lâcher prise, ne pas tout contrôler, être comme ce qui sort tout seul (enfin, sans être destructeur non plus). Et aussi apprendre à accepter nos contradictions.

Je me demande dans quelle mesure, pour faire entendre sa voix même quand on a le sentiment de ne pas être dans le ton, il ne faut pas s'être déjà largement cassé les dents sur de nombreux os... Et si on n'y a laissé que les dents ?


J'ai l'intuition que non. De toute façon, si on est trop amoché on n'est plus capable que de se casser des dents supplémentaires quelle que soit l'initiative que l'on prend. Donc si on est vraiment amoché, faut pas jouer avec le feu.
J'ai connu une période où je n'aurais pas été capable d'essayer de tenter ce que je propose ici dans l'échange. J'étais de loin trop amochée.
A l'époque je me serais probablement opposée à tout ce que j'ai dit ici dans les derniers messages. J'aurais cru cela tout simplement impossible : pas crédible.
Je me suis prouvé à présent le contraire.
Et j'ignore s'il y a beaucoup de gens qui ont la chance de se refaire des bonnes dents sur ce genre de chemin. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai du mal à me taire. Car si je peux guérir (je suis en chemin, je n'ai pas encore toutes les clés en mains), tout le monde peut en guérir. Il n'y a pas de raison que je sois une exception.

Cela dit, l'exemple des dents n'est pas assez représentatifs, car on ne peut guérir de dents amochées, on peut juste les remplacer par des dents artificielles, alors qu'au niveau psychologique, il y a vraiment une guérison possible sans passer par des artifices.
Mais malgré tout ça ne guérit en général pas tout seul. Il ne faut pas s'attendre à ce que nos peurs et colères inappropriées, nos allergies, diminuent avec le temps si on ne fait rien pour y arriver. Il existe actuellement de plus en plus de méthodes pour en guérir. Certaines peuvent même s'apprendre en solo, mais je persiste à penser que la psychothérapie reste indispensable, alors en complément, pour cadrer cela. C'est à mes yeux même primordial – mais pas avec n'importe qui.

Gardenwall GB a écrit:On finit à la soupe?

Ya la panade aussi. Le porridge, les crèmes glacées, le chocolat chaud, la mayonnaise, le ketchup, toutes les purées, la chantilly, les coulis, .... Smile

borntobewild a écrit:"Je me demande dans quelle mesure, pour faire entendre sa voix même quand on a le sentiment de ne pas être dans le ton, il ne faut pas s'être déjà largement cassé les dents sur de nombreux os... Et si on n'y a laissé que les dents ?"

Sans les dents, on risque de faire peur ! Avant toute chose, je pense qu'il faut être passé chez un excellent dentiste pour s'équiper d'un bridge inusable ! Car finalement, pour beaucoup de gens, c'est ce qui compte avant tout : l'apparence du beau, du lisse, du droit, du standard, du bon "ton", comme tu le dis, Equinoxe…

Je n'en suis pas sûre. Les faux selfs c'est apparemment le truc des zèbres non? Wink surtout que les dents ne sont pas faites pour l'apparence, mais bien pour manger. Mais l'image des dents cassées ne correspond pas au cas de figure.
Je pense qu'on est plutôt brûlé au troisième degré un peu partout. Ca veut dire qu'on ne peut plus nous toucher, et que le moindre frôlement nous fait hurler. C'est pas qu'on déteste les autres, mais, temporairement on doit vraiment éviter tous les contacts.

Mais ça se soigne Wink C'est quand ça commence à cicatriser qu'on peut se lancer et oser s'exprimer, tout en évitant les lieux fréquentés par des lance-flammes.

Avoir les dents cassées, un oeil en moins ou le nez tordu, soit dérange, et le contact se fait avec une insupportable condescendance, soit fait fuir et nous isole encore davantage, soit est sujet à moqueries, jusqu'à ce que cela devienne intolérable pour la personne qui en est l'objet, et qu'elle renonce à endurer davantage cette torture.

C'est possible, mais ce n'est pas sûr. Si quelqu'un qui a la face complètement amochée de toutes parts, se présente avec une belle assurance, il y a des chances qu'on ne le lui fera pas payer. La réaction des autres est bien souvent tout à fait en adéquation avec ce que l'on s'attend à avoir comme réaction des autres. Il y a des gens laids comme des poux qui ont un succès social incroyable, probablement parce qu'ils sont convaincus d'être capable d'avoir ce succès. Ce sont souvent nos propres peurs qui alimentent les réactions négatives des gens.
En fait, ce qu'il y a quand on est amoché, c'est pas tant qu'on soit pas beau à voir, c'est qu'on trouille tellement d'en recevoir une de plus en pleine figure, qu'on ne montre que la face sombre de notre profil, de manière à pas trop briller.
Et quand quelqu'un voit quelqu'un d'autre qui trouille de peur de prendre des coups, ben ça donne envie d'en donner.
Il n'y a pas si longtemps je disais régulièrement que j'avais probablement une tête à claque.
C'est pas tant que les gens soient sadiques dans l'ensemble. Mais que veux-tu faire d'autre quand tu vois une tête à claque, que de lui donner des claques Wink
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Message par Rayon Vert le Ven 7 Déc 2012 - 23:36

Pieyre a écrit:Quand on n'est pas dans le ton, c'est par défaut ou par excès en somme. Soit on ne s'affirme pas assez, soit on affirme trop pour les autres.
Dans le premier cas, on peut chercher à s'améliorer, selon un travail psychologique. Dans le second, j'en ai bien peur, c'est plutôt de manipulation positive qu'il faudrait user. En effet, il ne faudrait surtout pas se rabaisser ou se culpabiliser pour un défaut qu'on n'a pas.

Je ne m'inscris pas dans ce que tu dis et en même temps je suis tout de même un peu d'accord. Difficile à expliquer.
Tout d'abord, pour moi, changer consciemment et volontairement nos habitudes de comportement ne peut opérer un réel changement que si le résultat des nouveaux comportements apportent des effets qui opèrent des déclics en nous.
Je veux dire par là que simplement prendre la décision que aujourd'hui je vais causer, et me tenir à ça, ne consisterait pas en un changement. Je risque d'ailleurs bien vite me renfrogner dans ma coquille s'il s'agit de tenter d'appliquer de nouvelles règles.
C'est sans doute sur l'expression « chercher à s'améliorer » que j'achoppe.
Les changements psychologiques se passent à un autre niveau.
Si j'ai une blessure qui saigne, mettre un pansement après avoir désinfecté ne consiste pas à faire guérir la blessure, juste je la protège des infections et de toutes réouverture. C'est le corps lui-même qui opère la guérison : le sang coagule en premier, et de nouvelles cellules se forment, reforment une partie du tissu amoché pour finir par former une couche assez solide sous la croute de sang coagulé qui pourra être éliminée quand le nouveau tissu sera assez résistant. Volontairement, à part la désinfection et la protection, je n'aurai rien fait.

Or pour moi, la difficulté que nous avons à prendre notre place dans les groupes n'est pas liée à un défaut qui serait une zébrure de zèbre. Pour moi c'est le résultat d'une blessure psychologique qui s'est renforcée avec le temps et qui n'a jamais été soignée. Et toute activité sociale n'est alors qu'un couteau qu'on remue dans la plaie, sauf quand on reste dans notre coquille.
Et donc pour moi le fait qu'on prenne trop ou pas assez de place ne constitue que les deux côtés d'une même médaille. Et ce n'est pas quelque chose à améliorer, mais dont il faut guérir.
Car ce n'est pas parce qu'on a un fonctionnement intellectuel un peu différent de la majorité que les groupes nous mettent sur la touche. C'est parce que notre fonctionnement intellectuel nous fait interpréter le fonctionnement de groupe autrement que ce qu'il est et qu'on en tire les mauvaises conclusions, et qu'on n'arrête pas soi-même de se taper la tête contre les murs. A force, les autres du groupe nous y aident, c'est vrai. Mais ce ne sont pas les autres qui sont à l'origine de notre manque de confiance. Je ne le crois pas (encore une fois, ça n'est que mon opinion, mais plus ça va, plus elle se renforce).
C'est assez difficile à croire, et pourtant, s'il est possible d'en guérir, ça ne peut pas être autrement. Mes doutes tombent au fur et à mesure que je suis en train d'en guérir. La guérison n'étant pas assez assurée, je reste dans le doute. Mais cela ouvre pour moi énormément d'espoir, pour moi-même d'abord, mais tous ceux qui pourraient être concernés et qui se croient pas loin du fond du trou.
Et je n'ai rien à perdre à aller dans cette direction, au contraire : tout à gagner.

Et pour la manipulation « positive », je me suis déjà exprimée ailleurs Wink
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Message par Invité le Sam 8 Déc 2012 - 0:25

J'aime bien ton langage imagé, Rayon Vert, je comprends généralement mieux les métaphores que la forme rhétorique, qui me demande plus d'efforts de compréhension (question de pratique sans doute).
Je suis globalement plutôt d'accord avec ce que tu dis, je tique un peu malgré tout sur la question de tester son rapport à la communication dans un groupe dont on n'attend que peu. Je me demande dans quelle mesure un zèbre "transparent" ne va pas avoir tendance à attendre beaucoup trop, en termes de reconnaissance de son existence, de sa participation à un groupe quel qu'il soit. S'il n'y a pas déjà un travail de détachement qui doit avoir été effectué à la base pour que l'expérience soit concluante. Non ?
Du point de vue des techniques psy, ce n'est pas grosso modo la technique cognitive-comportementale ? (juste par curiosité, je n'ai pas bien exploré ce domaine).
Et reste malgré tout, je pense, la question de l'incommunicabilité d'une certaine forme de perception globale qui ne peut pas passer par le raisonnement et le langage. mais je m'éloigne du sujet.

Je veux bien le lien sur le fil concernant la manipulation positive, si vous avez le temps et s'il existe un fil dédié, je ne vois pas trop de quoi il s'agit.

Merci ! Wink

Borntobewild, excuse-moi j'ai un peu squatté ton sujet (mais j'ai fini) Smile

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Message par Pieyre le Sam 8 Déc 2012 - 7:16

Rayon Vert, si nous sommes un peu d'accord, c'est un début. J'accueillerai favorablement toute ouverture de ta part.

Équinoxe, pour la manipulation positive, c'est juste une façon de parler, pour dire que parfois on doit se livrer à cet expédient, par exemple en contre-manipulation.

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Message par borntobewild le Sam 8 Déc 2012 - 9:15

Pas de problème, Equinoxe, j'ai lancé le sujet justement pour avoir des réponses, des pistes, et je suis heureuse d'en voir autant, et aussi de voir que ce sujet prend d'autres directions.
Je relis tout ce que vous avez écrit, et je me rends compte que je suis dans l'erreur. Mes réflexions ne sont pas bien orientées, je me trompe de chemin. Je suis parfois d'une connerie atterrante. Mais je suis dans un labyrinthe, là, et j'ai deux options : soit je me creuse les méninges pour savoir, par déduction logique, quel chemin je dois prendre, soit je m'écoute moi et je prends le chemin que me dicte mon instinct.
Je veux toujours tout contrôler, c'est peut-être pour ça que tout se barre en c… lles. Finalement, je suis peut-être constamment dans le paraître, pour ne pas voir à quel point ma connerie est atterrante et la sensation de vide omniprésente.
Brrrr…

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Message par Rayon Vert le Sam 8 Déc 2012 - 14:56

Equinoxe a écrit:J'aime bien ton langage imagé, Rayon Vert, je comprends généralement mieux les métaphores que la forme rhétorique, qui me demande plus d'efforts de compréhension (question de pratique sans doute).

Merci Equinoxe, et ça me rassure.
Moi aussi les métaphores m'aident à comprendre sinon je n'en parlerais pas. C'est un peu comme si ça mettait les points sur les 'i', comme si ça empêchait les malentendus.

Je suis globalement plutôt d'accord avec ce que tu dis, je tique un peu malgré tout sur la question de tester son rapport à la communication dans un groupe dont on n'attend que peu. Je me demande dans quelle mesure un zèbre "transparent" ne va pas avoir tendance à attendre beaucoup trop, en termes de reconnaissance de son existence, de sa participation à un groupe quel qu'il soit. S'il n'y a pas déjà un travail de détachement qui doit avoir été effectué à la base pour que l'expérience soit concluante. Non ?

Peut-être que justement c'est un travail de détachement que cela opère et rien d'autre.
Moi ce qui m'a frappé quand j'ai commencé à lâcher mon humour et mes remarques au volley, c'est que personne n'y réagissait. Frustrant au départ. Je me suis tout de même dit aussi : mais ils ne s'y opposent pas, ils ne se moquent pas. Juste, soit ils ne remarquent pas, soit ça leur passe au-dessus ou quelque chose du genre. Et à partir de ça je me suis dit : puisqu'on ne me le reproche pas c'est que je ne fais de mal à personne, or je me fais du bien à moi-même : donc toujours rien à perdre, je peux continuer. Ce que j'ai fait. Et puis, avec le temps, de semaine en semaine, je vois que c'est comme si j'étais de moins en moins transparente. On me fait des remarques, on rit avec moi, je ne me sens plus un pion qui ne compte pour rien.

Du point de vue des techniques psy, ce n'est pas grosso modo la technique cognitive-comportementale ? (juste par curiosité, je n'ai pas bien exploré ce domaine).

Je ne connais pas les techniques cognitives-comportementales. Je pense à toutes les techniques qui travaillent à aider à quitter le mental pour aller vers le corps, le coeur, les émotions : EFT, EMDR, somatic experiencing sont les 3 que je pratique, mais il y en a probablement d'autres. La méditation est sans doute aussi un énorme coup de pouce. La cohérence cardiaque un peu aussi.

Et reste malgré tout, je pense, la question de l'incommunicabilité d'une certaine forme de perception globale qui ne peut pas passer par le raisonnement et le langage. mais je m'éloigne du sujet.

Je pense qu'elle peut passer, mais qu'il faut se donner la peine d'apprendre à mettre des mots sur les choses les plus difficile à expliquer.
A moins que je ne comprenne pas de quoi tu parles.

Je veux bien le lien sur le fil concernant la manipulation positive, si vous avez le temps et s'il existe un fil dédié, je ne vois pas trop de quoi il s'agit.

En fait, la manipulation positive était défendue par quelqu'un sur un fil concernant la manipulation tout court :
http://www.zebrascrossing.net/t7732-zebre-et-manipulation?highlight=manipulation

Borntobewild, excuse-moi j'ai un peu squatté ton sujet (mais j'ai fini) Smile

Borntobewild, excuse-moi, j'ai répondu aux digressions de Equinoxe qui a squatté ton sujet, ce qui fait que ça n'a pas été fini Wink

borntobewild a écrit:Je relis tout ce que vous avez écrit, et je me rends compte que je suis dans l'erreur. Mes réflexions ne sont pas bien orientées, je me trompe de chemin. Je suis parfois d'une connerie atterrante. Mais je suis dans un labyrinthe, là, et j'ai deux options : soit je me creuse les méninges pour savoir, par déduction logique, quel chemin je dois prendre, soit je m'écoute moi et je prends le chemin que me dicte mon instinct.
Je veux toujours tout contrôler, c'est peut-être pour ça que tout se barre en c… lles. Finalement, je suis peut-être constamment dans le paraître, pour ne pas voir à quel point ma connerie est atterrante et la sensation de vide omniprésente.
Brrrr…

J'aime beaucoup ta description de comment tu fonctionnes, elle me correspond assez aussi Wink

En fait, bien que l'étiquette de surdoué nous soit parfois collée, on est aussi, et peut-être surtout pas très habiles dans beaucoup de domaines.
L'accepter c'est déjà sans doute en stopper pas mal de conséquences négatives. Et, bonne nouvelle, ces habiletés peuvent s'acquérir, on aurait juste raté un apprentissage, justement car on a un QI un peu trop élevé. Il a pris toute la place, mais du coup il n'en a pas laissé aux autres fonctions. Et en plus, sous prétexte que notre logique est tout ce qu'il y a de plus rationnel, ce mental veut tout contrôler. Mais si cette rationalité est effective dans des trucs comme les maths, elle ne l'est pas du tout dans le domaine de la psychologie, raison pour laquelle on n'arrête pas de se leurrer et se casser la figure, ce qui nous fait endosser très souvent des rôles de Calimero.

Et dans ce que tu exprimes, je lis immédiatement que finalement ton mental te piège à aller dans la mauvaise direction, alors que ton intuition te dicte la bonne direction, mais que tu as encore du mal à l'écouter.

Notre problème (bon, il se peut que la généralisation soit abusive, mais il est probable que non), c'est d'avoir un mental qui fonctionne à fond la caisse et qui nous empêche d'accéder consciemment aux autres aspects de la vie : intuition, coeur, corps etc.
Et plus ce mental nous piège, plus les claques que l'on prend vont être gérées par le mental (cercle vicieux) et nous envoyer vers le fond.

Quand tu dis que tu es peut-être constamment dans le paraître, je n'en suis pas si sûre. Il est probable que ton mental, dans sa volonté de tout contrôler, cherche à te rendre le plus « conforme » possible, pour rentrer dans ce moule d'une personne acceptable, visible, ..... normale quoi Wink Ce n'est pas tant que tu cherches à donner une image fausse de toi que de chercher à juste entrer dans la case dans laquelle tu crois devoir appartenir.
C'est pas un jugement hein Wink juste que je fonctionne comme ça et que j'imagine que ce que tu exprimes traduit cela. Sans doute que c'est ça le fameux faux self. Mais le démasquer ne veut pas dire qu'on voit le vrai self derrière Wink C'est ça qui rend la chose si compliquée. Enfin, ça et notre mental qui a le don de tout complexifier.

En ce qui concerne ta connerie atterrante, ne t'enfonce pas ça trop profondément dans la tête, tu pourrais finir par en être convaincue Wink
En fait, ne pas s'écouter n'est pas preuve de connerie, plutôt de naïveté ou d'ignorance. S'il n'y avait rien à écouter, on pourrait peut-être parler de connerie Wink

Cela dit, accepter qu'on fait en effet des conneries, ça soulage énormément. Car tant qu'on se croit au-dessus de la norme - QI oblige - non seulement on se met dans l'obligation de tenter d'être parfait (contrôler, toujours se contrôler) – quelle pression - , mais en plus on se leurre sur qui on est vraiment. Tous les humains font des conneries, et l'air de rien c'est heureux, sinon la vie n'aurait pas de sel. Quel bonheur alors que de se donner le droit à la connerie Wink
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Message par Pieyre le Dim 9 Déc 2012 - 6:02

Rayon Vert, je n'ai pas fait l'effort hier te de répondre dans le détail parce que je n'étais pas en forme, mais aussi parce que tu as un discours systématique qui n'incite pas au débat théorique. Je peux me tromper, mais ta façon de développer abondamment des conceptions sans doute justes mais partielles, me semble révélatrice.

Mon histoire personnelle ne correspond pas au schéma d'une blessure psychique; c'est ce que je crois. Certes ma timidité et la prise de conscience que je n'avais pas la force de m'affirmer en face de ceux qui faisaient montre plus naturellement que moi d'une sorte de violence m'a souvent fait adopter une posture de retrait dont j'ai souffert. Une autre éducation m'aurait permis de compenser mieux, sans doute, mais pas suffisamment, je le crois. Il y a des déterminants innés à tout, que ce soit pour les dons ou pour les lacunes; je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.

C'est surtout sur le plan intellectuel que j'ai développé une confiance en mes possibilités qui m'a placé en décalage, non pas tellement dans la conversation à deux, mais relativement au groupe, qui correspond à un esprit particulier. Je ne me suis jamais intégré aux groupes, parce que j'avais des difficultés à le faire, mais aussi parce que je tenais à maintenir l'avantage d'une lucidité et surtout d'un jugement intellectuel que je ne voulais pas brider pour qu'il corresponde un esprit de consensus mou empreint d'un besoin de s'inscrire dans une ligne commune. La diversité s'exprime au sein du groupe, certes, mais il y a souvent un dominant ou une idée dominante implicite, faite de déterminations sociales que je n'ai jamais hésité à dépasser en affirmant mes idées de façon indépendante, souvent du bout des lèvres, mais parfois sous la forme d'un pavé dans la mare.

Aussi je pense que, dans mon cas, mon expression a été déterminé non tant par un défaut d'adaptation que par la volonté de conserver en dépit de la force de coercition du groupe des convictions propres. J'en ai d'ailleurs eu confirmation dans le fait que j'ai été généralement reconnu justement par ceux qui ont eu comme moi la possibilité d'avoir une expression autonome.

C'est une posture d'orgueil qui n'est pas exempte parfois de vanité. D'ailleurs je me trompe bien souvent en m'exprimant trop rapidement. Aussi je suis obligé de corriger après coup, en donnant l'impression de revenir sur ce que je pense. C'est que mon jugement est difficilement global. Il s'attache d'abord à une idée qui n'est qu'une hypothèse de travail, parfois pertinente, en touchant à l'essentiel de la question envisagée, parfois réfutable facilement par ceux qui ont ce jugement global, c'est-à-dire globalement juste, mais pas forcément aussi précis.

Dans une perspective différente, mais qui se rapporte à ce que je défends, envisageons une telle idée, cette fois irréfutable. Si, dans un groupe jusque-là strictement masculin, une femme tente de s'intégrer, il va lui falloir montrer qu'elle est légitime, en se montrant à la hauteur de ce qui est attendu. Le fait d'être une femme ne correspond pas à une faille psychique ou à un manque de confiance contingent par rapport au groupe. C'est une différence de nature. Il existe aussi de telles différences de point de vue de la personnalité, qui peuvent être acquises mais aussi innées; c'est ce que je veux dire.

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Message par Rayon Vert le Lun 10 Déc 2012 - 1:57

Bonjour Pieyre,

J'avoue me reconnaître en partie dans ton témoignage. Bien que, ces derniers temps, je change un peu. Je me sens moins hors des groupes. J'exprime plus facilement mes idées qui ne correspondent pas au courant du groupe, tout en essayant de ne pas chercher à les défendre, juste je me contente de les exprimer une fois. Et j'avoue que je m'en porte mieux qu'avant, me sentant moins critique face à ce à quoi je n'adhère pas forcément a priori.

Et, pareil que toi, j'apprends à reconnaître et accepter quand je me trompe (ça ne réussit pas encore à tous les coups), et c'est tellement plus confortable que de rester sur la défensive.

Dans une perspective différente, mais qui se rapporte à ce que je défends, envisageons une telle idée, cette fois irréfutable. Si, dans un groupe jusque-là strictement masculin, une femme tente de s'intégrer, il va lui falloir montrer qu'elle est légitime, en se montrant à la hauteur de ce qui est attendu. Le fait d'être une femme ne correspond pas à une faille psychique ou à un manque de confiance contingent par rapport au groupe. C'est une différence de nature. Il existe aussi de telles différences de point de vue de la personnalité, qui peuvent être acquises mais aussi innées; c'est ce que je veux dire.

Pour moi, si la nature fait que les hommes et les femmes sont un peu différents, il y a surtout que l'éducation et les conditionnements sociaux amènent à de plus grosses différences. Entre autre justement celle de l'assurance.
L'adage dit qu'une femme, pour devenir PDG doit pouvoir se montrer bien plus compétente que tout homme qui pourrait le devenir. De la même manière, par rapport à des femmes comme Madame Thatcher, on a toujours dit que sa réussite était liée au fait qu'elle prenait un comportement d'homme pour se faire valoir. Et je trouve tout cela assez logique.

Je pense qu'en fait, les femmes sont en général très conditionnées dans la soumission, et que donc, dans un groupe avec rien que des hommes, elles ont pas mal de longueurs de retard pour se faire valoir. Elles risquent d'ailleurs, et ça c'est un cas souvent répertorié, de se faire harceler. Et ce n'est certainement pas la différence naturelle qui engendre ça, juste les préjugés et habitudes de comportement acquis pour chaque genre. Ce n'est pas une règle absolue, mais une nette tendance.
Et si la femme est d'un côté encore soumise, l'homme de l'autre, a encore souvent tendance à être dans le rapport de force, avec aussi un préjugé souvent assez tenace de ne vouloir à aucun prix pouvoir ressembler à une femme. Une femme seule dans le groupe aura donc pour effet de faire augmenter l'aspect rapport de forces entre les hommes, et à la rigueur, directement au détriment de la femme.
Et il se peut que ce soit tout l'inverse qui se passe, mais avec les mêmes préjugés et conditionnements finalement : les hommes se mettent à surprotéger la femme (tendance parternaliste alors), qui bien installée dans sa soumission trouvera cela extrêmement confortable et appréciera de la sorte être le centre de toutes les attentions.

Bref, je pense que les relations égalitaires entre hommes et femmes dans des groupes où la représentation des uns et des autres n'est pas du tout proportionnelle, ben c'est pas gagné d'avance, même s'il existe des groupes qui y parviennent.

Ce sont des généralisations bien sûr, et ces choses sont assez fort en train de changer. Je parle pour la génération des 40-60 ans. J'ai bien l'impression qu'en dessous de ces âges, c'est nettement moins prononcé, voire même inexistant. Donc j'espère me tromper sur toute la longueur Wink

Sinon, j'ai déjà pas mal de fois participé à des groupes de femmes avec un seul homme, et là, ça ne pose pas de problème, car tant l'aspect soumission que celui de rapport de force n'interviennent plus avec la même intensité.

En fait, c'est par la relation homme-femme que je pense avoir commencé à comprendre justement, il y a de ça déjà 25-30 ans, l'idée que quand on est confronté à un problème face à d'autres personnes, ce n'est que soi qui en détient la solution.
En tant que femme, et sacrément féministe à l'époque, j'ai compris d'un coup que les revendications des femmes n'avaient pas de sens, tout d'abord car elles fonctionnent dans le rapport de force et que ça ne mène pas bien loin face à des hommes que cela renvoie vers leur tendance (conditionnée) de départ. Mais aussi car seules les femmes y voyaient au départ un problème, et que donc ce sont elles qui détenaient les solutions.

Et pour moi ça vaut aussi pour les hp.
Si en tant que hp nous nous sentons confrontés à des problèmes relationnels dans les groupes, cela ne veut dire, ni que les groupes sont problématiques, ni que nous sommes problématiques, mais que si c'est nous qui rencontrons le problème, c'est nous qui pouvons trouver la solution, et elle passe, à mon avis, par une propre remise en question.
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Message par Roland7 le Lun 10 Déc 2012 - 15:13

borntobewild a écrit:Pas de problème, Equinoxe, j'ai lancé le sujet justement pour avoir des réponses, des pistes, et je suis heureuse d'en voir autant, et aussi de voir que ce sujet prend d'autres directions.
Je relis tout ce que vous avez écrit, et je me rends compte que je suis dans l'erreur. Mes réflexions ne sont pas bien orientées, je me trompe de chemin. Je suis parfois d'une connerie atterrante. Mais je suis dans un labyrinthe, là, et j'ai deux options : soit je me creuse les méninges pour savoir, par déduction logique, quel chemin je dois prendre, soit je m'écoute moi et je prends le chemin que me dicte mon instinct.
Je veux toujours tout contrôler, c'est peut-être pour ça que tout se barre en c… lles. Finalement, je suis peut-être constamment dans le paraître, pour ne pas voir à quel point ma connerie est atterrante et la sensation de vide omniprésente.
Brrrr…
Ni "l'instinct", en réalité ton fonctionnement émotionnel spontané, automatique (conscient et inconscient), ni la "déduction logique" (conditionnée implicitement par tes émotions et tes croyances sur la question), ne sont fiables, selon moi.

D'abord il est important d'avoir de l'amitié pour soi-même !

Et, face à de telles situations (ta "transparence" dans la réunion, et ta réaction actuelle), essayer de se pardonner à soi-même et aux autres, de garder la conscience de la relativité de tout cela ...
Juste se dire : j'observe, je suis présente, je ressens ... les choses et la situation révélera son sens avec le temps ...

Découvrir et reconnaître aussi, à quel point tu attends des autres, ou de la vie, ou d'une personne particulière, un regard, une considération, une attention, une reconnaissance ... une présence, une attention tissée d'amour, en réalité, et au final .... comme chacun d'entre nous.
Et le manque de tout cela te brûle, te rend douloureusement sensible à cette situation, cette exclusion, qui se répète.
Et la machine (mentale-émotionnelle) s'emballe ... :
Tu te sens mal, et tu "frappes" encore plus fort, interventions plus pointues, plus d'humour ....
Et du coup, il y a les "trop proches", fascinés, et les "trop loins", indifférents, froids. Et toi, au milieu : Ou es tu ? Qui es tu ?
Avec ce cri : pourquoi moi ? Comment cela se fait-il ? Et bienvenue à ta question sur le forum.

Imagine : en deux-trois phrases tu ramènes une problématique à sa substance .... qu'est-ce qui se passe ?
Les trois quarts des gens sont emberlificotés dans une réflexion sur certains paramètres accessoires, avec des tensions émotionnelles relatives à qui s'exprime, à la place qu'il a dans le groupe, à ses propres projections sur la situation ...
Donc ce que tu dis, pour ces personnes est sans signification : cela ne résonne en rien avec les pensées et l'état émotionnel qui sont les leurs.
Donc pas de réponse.
Un quart comprend ou perçoit du sens, mais ce même élément les "tensions émotionnelles relatives à qui s'exprime, à la place qu'il a dans le groupe, à ses propres projections sur la situation", fait que certains vont trouver cela "bien" et d'autres vont être "dérangés" (dans leur statut, dans leur confort psychologique, ...), donc, sauf exception : pas de réponse ...

Comment faudrait il faire ?
En prenant conscience de ton attente, de cette souffrance que tu portes en toi, tu désamorces la "bombe" du manque ... et avec le temps, tu te positionneras de manière plus sereine, sans excès (un peu comme en parle Rayon Vert), sans le "besoin impératif d'être entendue", qui, inconsciemment, selon moi, parasite tes interventions, et fait que tu es "tenue à l'écart" ... Et tu agiras aussi, de manière à recevoir la réponse à ton manque, parce que tu deviendras disponible, ouverte, à la tendresse et à l'amour dont tu as besoin ... alors qu'actuellement tu "hurles" ta douleur, sans t'en rendre compte, et crée chez les autres, la distance que tu crains ...

Comme le dit Rayon Vert, dont j'aime beaucoup les interventions :
c'est nous qui pouvons trouver la solution, et elle passe, à mon avis, par une propre remise en question.
Prends le temps d'écouter le manque intérieur que révèle cette/ces situations ... sans t'y perdre, avec respect et tendresse pour toi, pour cette personne qui porte cette blessure en elle ...

Qui vivra verra ... J'espère être juste, pertinent dans la compréhension dont je témoigne (bien que je sache être parfaitement subjectif !), et enrichir cet échange déjà passionnant et profond que je viens de découvrir.
Merci de vos témoignages et réflexions ... Bonne journée.
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Message par borntobewild le Lun 10 Déc 2012 - 16:14

Ben voilà, on en est là. Je ne sais pas quoi répondre à cela, parce que je ne veux pas faire de mal, parce que je ne veux pas non plus avoir mal. Alors je réfléchis, je me dis que si je réponds ceci ou cela, il y aura tel ou tel impact. Et pourtant, j'ai l'impression que toutes les réponses que je pourrais donner peuvent être les bonnes. Je ne comprends pas ce qui se passe en ce moment : je me trouve dans une sphère, puis dans une autre, puis dans une autre encore, et je ne trouve pas de passerelle entre chacune d'elles, comme s'il y avait une barrière. Si je choisis de prendre tel ou tel chemin, d'entrer dans telle ou telle sphère, serai-je véritablement moi ? Et comment définir ce moi ? Qui est-il réellement ? J'ai l'impression que j'ai tellement passé de temps à faire semblant, que je ne sais plus où est la vraie nana que je suis, si je l'ai su un jour. J'ignore si elle est compatible avec ma vie sociale, familiale, professionnelle, que j'ai la chance d'avoir épanouie, et j'ai très peur de le savoir, d'où ces questionnements, peut-être. Je crois que la notion d'amour-propre, ou même d'amitié, seulement, avec soi-même, est finalement à des année-lumière de ma galaxie, et c'est cet apprentissage que je dois faire, cette éducation que j'ai loupée. Mais cela en vaut-il la peine ? La personne que je risque de redécouvrir en vaut-elle la peine ?
Oulà, je me demande s'il n'y a pas plus de boulot que je ne le croyais ! La thérapie que j'ai commencée en septembre m'enfonce petit à petit dans de nouveaux questionnements. J'ai aussi fait une séance de mayeusthésie qui m'a amenée dans des profondeurs auxquelles je ne m'attendais pas. Parfois, j'ai envie d'aller jusqu'au bout, mais je suis terrifiée à l'idée de me retrouver dans un vide encore plus vide que celui que je connais parfois. Si je l'atteins, que va-t-il se passer ensuite ?
Et si j'étais complètement barje, siphonnée, que je faisais quelque chose de terrible ? Si j'oubliais un jour d'être raisonnable, sociable, posée, rassurante, rationnelle… ce moi que beaucoup connaissent ? Si je me laissais aller, tiens ? Y a-t-il des personnes qui sont totalement elles-mêmes, et qui sont-elles ? Que fait-on une fois que toutes les pierres de son mur sont par terre ? On les laisse là, on les abandonne, on les prend et on reconstruit, ou on les prend pour reconstruire autre chose ?

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Message par Roland7 le Lun 10 Déc 2012 - 21:57

Tu manifestes un certain affolement, perdue dans un flot de suppositions et de peur ... Calme. Observe, cette affolement n'est pas toi, pas plus que ces suppositions, ou que ces peurs ...

Crois tu que le "moi" que t'est familier, soit vraiment sans lien ni rapport avec la "vraie personne" que tu serais au fond et que tu es supposée découvrir ?
L'une et l'autre sont étroitement imbriquée, et c'est le dévoilement des erreurs et des souffrances que tu portes en toi (dans ce "moi" qui t'est familier, mais dont tu ne connais pas la profondeur (ex : dans ta sensation de "transparence", se cache un manque de reconnaissance et d'amour dont tu n'avais pas conscience)), qui va faire émerger les énergies et l'expression d'une plus grande profondeur, plus proche d'une authenticité qui t'échappe pour l'instant.
Cette "personne" dont tu as peur (qui sera-t-elle ? qu'elle sacrifice me demandera-t-elle ? sera-t-elle bonne ou mauvaise ? ...) se construit en ce moment même par les démarches que tu fais ... elle n'existe qu'en potentiel ... bien qu'elle soit déjà aussi, réellement là.

Tout ce qui nous traverse, de pensées, d'émotions, d'intuitions, de sensations, d'états intérieurs (positifs comme négatifs), d'histoire(s) personnelle(s), de relations/rêves/situations réelles ou fantasmées, toutes ces "pierres" qui nous constituent et dont tu parles, elles ne peuvent pas être "jetées à terre", ni "abandonnées". Elles font partie d'un tout (ta personne), et en étant "comprises" et "vues", elles se transforment/transformeront en source, terreau, en graines de la nouvelle conscience/personne qui est en train de naître ...

Oui, au jour d'aujourd'hui tu es dans une grande désorientation quand à "qui tu es" "vraiment" ... Est-ce grave ? Cela t'empêche-t-il de vivre le quotidien ?
Être désorientée, sans repère, est-ce une tragédie ? C'est inconfortable, assurément ... cela peut renvoyer à des peurs anciennes aussi ...
Mais : non, ne pas avoir de certitude sur "qui je suis" n'empêche pas de vivre ! On fait avec, et à chaque moment, soit on fait "comme avant", soit on se laisse aller à "être autrement" un peu, beaucoup ou pas du tout ! Pas d'urgence, rien à résoudre ! La vie suit son cours ! Moins confortable ? plus intéressante ?
A toi de voir ! Smile
C'est ma vision des choses ... Amicalement.
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Message par Rayon Vert le Mar 11 Déc 2012 - 0:20

Tout d'abord, j'ai envie d'aller dans le sens de Roland7 pour son dernier message. Je le trouve assez apaisant. J'avoue que le premier message m'a paru plus opaque. Je pense en comprendre le contenu, mais j'ai dû chercher tout de même Wink

J'avais préparé ma réponse avant de lire la sienne, qui je pense va dans le même sens, et je me permets de l'ajouter, un peu aussi pour ajouter de l'eau à son moulin.

Car je me sens frustrée et inquiète, Borntobewild de te voir toi-même dans l'inquiétude qui ne semble pas légère, due apparemment au fait que tu te sens perdue parmi toutes les pistes qu'on t'a lancées, les questions que tu te poses, et le fait que tu ne sais pas où et jusqu'où tout ça pourrait te mener.
C'est comme si, en évoquant les faux selfs, on t'avait dit que tu n'existais pas encore et que tu allais devoir chercher qui tu étais.

J'aurais envie de dire : t'inquiètes tu ne vas rien changer à qui tu es, au contraire, tu vas enfin pouvoir être fidèle à toi même.
Les faux selfs ce sont les manières (inconscientes pour la plupart, ou semi conscientes on va dire) dont on se présente aux autres. Mais à soi-même on se ment nettement moins Wink

Alors, la réponse en question :

borntobewild a écrit:Ben voilà, on en est là. Je ne sais pas quoi répondre à cela, parce que je ne veux pas faire de mal, parce que je ne veux pas non plus avoir mal. Alors je réfléchis, je me dis que si je réponds ceci ou cela, il y aura tel ou tel impact. Et pourtant, j'ai l'impression que toutes les réponses que je pourrais donner peuvent être les bonnes.

Je ne peux pas répondre pour toi, mais je peux répondre à partir de ce que moi j'ai vécu, au cas où ça ferait écho.
J'ai pas mal appris via le net, et le fait de passer par la communication écrite m'a beaucoup aidée, car en écrivant, on n'est jamais obligé d'envoyer tout de suite. Le meilleur moyen d'être sûr que ce qu'on veut émettre nous convient vraiment, c'est de le relire après une bonne nuit de sommeil, ou après quelques heures où on a été distrait par d'autres préoccupations. Et si après relecture, on n'est pas encore satisfait, qu'on sent que c'est trop impulsif, ou trop négatif, ou trop critique, ou trop autre chose, le mieux c'est de laisser attendre. Parfois je réécris tout autre chose le lendemain. Et parfois même, je décide après plusieurs relectures, de ne jamais envoyer.
Quand on sent qu'on est « serein » pour envoyer, c'est que c'est ok. Cette base là m'a énormément aidée, et m'aide encore toujours.

En fait, les « arguments » pour choisir qu'on répond ci ou ça, les raisonnements pour ces choix, mieux vaut ne pas trop en tenir compte. Le raisonnement se trouve dans les phrases écrites, mais le choix d'aller dans un sens ou l'autre, de répondre ou pas, mieux vaut le faire à partir d'autre chose que de l'argumentation. Quelque chose de l'ordre du ressenti, de l'intuition : ce qui fait qu'on va se sentir à l'aise, serein, au moment où on enverra, et pas dans une sorte de peur prémonition, que peut-être on fait une gaffe.
Je ne sais pas si ça te dit quelque chose. (si, pas, oublie)

Je ne comprends pas ce qui se passe en ce moment : je me trouve dans une sphère, puis dans une autre, puis dans une autre encore, et je ne trouve pas de passerelle entre chacune d'elles, comme s'il y avait une barrière.

Probablement que les sphères correspondent plus à des émotions que tu vis, des sortes d'humeurs (bonne ou mauvaises) que tu traverses?

Si je choisis de prendre tel ou tel chemin, d'entrer dans telle ou telle sphère, serai-je véritablement moi ?

Dans chaque sphère tu restes toi-même, même si elles se contredisent. On est tous multifacettes, surtout quand on est hp.
Mais tu pourrais aussi tenter l'expérience par moment de te montrer autre que la véritable toi. Un peu comme un jeu, et regarde si c'est confortable ou pas. Ca peut aussi être un chemin pour se rendre compte qu'il n'est pas nécessaire de « chercher » à être qui on est vraiment, car en montrant une autre façade, tu ne seras pas quelqu'un d'autre.
Surtout que, pour le moment tu dis être au stade où tu passes inaperçue : tant qu'à faire, profites-en, personne ne remarquera rien Wink

A toi de voir si tu veux prendre cette remarque au sérieux ou pas. Mais l'idée c'est de dire que ce n'est pas tellement important de donner telle ou telle image (une part de moi n'est pas du tout d'accord avec ça bien sûr Wink ), ça vaut en tout cas la peine de remarquer que quand on est autrement, les gens ne le remarqueront probablement pas plus et que de ce fait il y a moyen de jouer avec ça.
J'espère ne pas compliquer les choses. Ce que j'essaie de dire c'est que : quitte à jouer un rôle, autant en profiter pour en changer de temps en temps aussi. Comme les faux selfs ne vont pas tomber à la seconde (de toute façon, il est probable qu'il en reste toujours quelque chose), autant apprendre à jouer avec, ça permet sans doute de mieux comprendre comment tout ça fonctionne.

Et comment définir ce moi ? Qui est-il réellement ? J'ai l'impression que j'ai tellement passé de temps à faire semblant, que je ne sais plus où est la vraie nana que je suis, si je l'ai su un jour. J'ignore si elle est compatible avec ma vie sociale, familiale, professionnelle, que j'ai la chance d'avoir épanouie, et j'ai très peur de le savoir, d'où ces questionnements, peut-être.

T'inquiète, tu as toujours été qui tu es et tu le resteras. Ce n'est pas parce que l'apparence est un peu faussée et te renvoie une image floue de toi-même que ton toi-même n'est pas bel et bien là. J'ai l'impression que ce sont plutôt tous nos beaux discours qui te mettent surtout dans le flou.
Qui tu es ne peut pas disparaître en tout cas, c'est ton essence. Ce sur quoi tu te poses des questions c'est sans doute les façades que les gens perçoivent de toi et qu'ils te renvoient, et ça c'est encore assez flou.

Je crois que la notion d'amour-propre, ou même d'amitié, seulement, avec soi-même, est finalement à des année-lumière de ma galaxie, et c'est cet apprentissage que je dois faire, cette éducation que j'ai loupée.

Je pense que je vais contredire tout ce que les psys disent toujours. Mais quand on arrive à si bien cacher à tout le monde qui on est vraiment (je parle en général, pour de nombreux hp probablement en tout cas) c'est justement parce qu'on s'aime suffisamment (pas dans le sens qu'on est bon pour soi, mais qu'on tient à soi). Moi, en tout cas, j'aurais aimé qu'on arrête de me dire que je doive m'aimer. Je ne faisais que ça, en me protégeant justement à fond tellement j'avais l'impression que le monde ne m'aimait pas, et je ne comprenais pas pourquoi, je ne me sentais pas du tout haïssable.
Pour moi, la confiance en soi, l'assurance, c'est n'est pas quelque chose qu'on acquiert en apprenant à s'aimer, mais bien en apprenant à avoir confiance que d'autres peuvent très bien nous aimer aussi.
Je pense que toute la question est plus l'interprétation de comment fonctionnent les autres, soi-même, les relations etc.
L'enjeu, c'est notre regard et nos croyances, notre manière de communiquer, notre manière de nous présenter etc. Mais cet enjeu n'a pas grand chose à voir avec le choix conscient de notre manière de nous comporter. Il ne faut certainement pas commencer à se surveiller en permanence, rechercher quel comportement adopter etc. (sauf pour le jeu comme proposé ci-dessus). C'est foncer vers de nouveaux faux self alors. Les changements se feront inconsciemment, ou en tout cas loin du mental. C'est surtout justement le mental qu'il faut déconnecter. C'est lui qui a faussé toutes les pistes de nos compréhensions depuis le début. Et en fait on ne peut pas réellement « déconnecter le mental », il faut plutôt apprendre à se connecter au corps, au coeur, à l'intuition, etc.
C'est mon crédo en tout cas Wink Et à nouveau, si ça ne te parle pas, oublie.

Je coupe le message, il est trop long, suite donc au message suivant
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Message par Rayon Vert le Mar 11 Déc 2012 - 0:23

Suite du message précédent :

Mais cela en vaut-il la peine ? La personne que je risque de redécouvrir en vaut-elle la peine ?

Par définition oui. C'est impossible autrement.
J'aimerais être moins péremptoire dans ce que je viens d'écrire, mais je ne pourrais franchement plus concevoir le contraire. On a bien tous des défauts, mais on est tous avant tout humain, chacun avec ses caractéristiques. Et nos défauts ne sont rien d'autre que des malentendus, des séquelles du passé, des mauvaises habitudes, mais rien de bien pire en général.

En plus, tu ne vas découvrir personne, tu es déjà qui tu es, juste au fil du temps, yaura des déclics de compréhension (plus trop dans le mental) qui te feront remarquer que la manière dont tu abordes tel problème, telle relation, telle opinion, aura changé. Il ne faut surtout pas craindre que nos faux selfs nous rendent inconnus à nous-mêmes. Ils ne sont que des techniques inconscientes pour nous présenter aux autres d'une manière la plus sécurisante possible, rien d'autres.

Oulà, je me demande s'il n'y a pas plus de boulot que je ne le croyais ! La thérapie que j'ai commencée en septembre m'enfonce petit à petit dans de nouveaux questionnements. J'ai aussi fait une séance de mayeusthésie qui m'a amenée dans des profondeurs auxquelles je ne m'attendais pas.

C'est sûr qu'on ne t'a pas épargnée non plus depuis que tu as commencé l'échange. On s'est tous mis à donner notre avis, à donner notre interprétation des choses, et pas forcément toujours cohérentes entre elles, plus ta thérapie, et la séance de mayeusthésie (je ne connais pas du tout, de quoi s'agit-il?) c'est un peu beaucoup tout ça.

Je l'ai déjà dit en d'autres termes dans des messages précédents, mais vais le répéter : ne prend surtout pas pour argent content les choses que je raconte. Je dis ma manière d'interpréter la réalité. Et elle ne peut avoir de valeur que chez ceux qui lisent et chez qui ça fait écho, sinon c'est bon pour la poubelle. Et j'aurais envie de dire, c'est pour tous les messages qui t'ont été adressés.

Ton message me donne l'impression que tu les as tous enregistrés et pris pour argent comptant, et forcément, ça fait une soupe pas possible tout ça.
Si nécessaire, oublie-les tous, on s'est peut-être tous trompés Wink

Parfois, j'ai envie d'aller jusqu'au bout, mais je suis terrifiée à l'idée de me retrouver dans un vide encore plus vide que celui que je connais parfois. Si je l'atteins, que va-t-il se passer ensuite ?

Encore une fois, j'ai envie de dire que ce n'est pas possible. Si tu fais du chemin, que tu as la patience et la persévérance, tu ne peux que rencontrer énormément de densité dans ce que tu trouveras.

Et si j'étais complètement barje, siphonnée, que je faisais quelque chose de terrible ?

Ben déjà, les gens barjes, siphonnés, capables de faire des choses terribles, ne se posent pas ce genre de questions Wink
A mon avis ce doit être une question que se posent beaucoup de HP, surtout quand on les étiquette à l'occasion de borderline, hyperactif, bipolaire, dépressif, c'est vraiment pas pour aider.

Par contre je lis entre les lignes - car c'est en dehors du mental - que tu es dans la peur, et elle n'est pas mince (« terrifiée »). La peur n'est pas quelque chose de « raisonnable », donc ton mental ne peut rien pour l'apaiser.

Je vais proposer quelque chose : serait-ce possible pour toi quand tu as peur, de regarder que tu as peur, d'avoir conscience de cette émotion, d'accepter qu'elle soit là, en continuant à la regarder? Et de te dire pendant ce temps là : tout ce que je vais penser pendant que j'ai cette peur, c'est du toc, il n'y a rien de crédible là-dedans.

A la rigueur même : écris tout ce que tes pensées te dictent pendant que tu as peur. Et quand la peur sera apaisée (c'est en général une affaire de quelques heures, liées à la présence d'adrénaline dans le sang : l'arrivée est rapide au moment où elle est déclenchée, l'apaisement prend du temps), en fonction de ce que tu penseras alors.
Plus tard, relis ce que tu auras écrit, et prouve-toi alors que ce que tu pensais pendant que tu avais peur, n'est plus la même chose que ce que tu penses quand tu es plus sereine. Alors tu verras à quel point ton mental (de hp) peut te mener en bateau.

Si j'oubliais un jour d'être raisonnable, sociable, posée, rassurante, rationnelle… ce moi que beaucoup connaissent ? Si je me laissais aller, tiens ?

Si tu restes dans certaines limites (ne rien détruire), pourquoi pas? On peut tous être un jour dans la contradiction, on a tous droit à avoir nos humeurs. Le plus rassurant c'est lâcher un peu la soupape de sécurité sans ouvrir tout grand le couvercle. Permets-toi de petites excentricités pour tester ce que ça fait, sur toi, sur ton entourage, mais rien de bien terrible. Fais-le avec beaucoup de bienveillance pour toi même, et avec la curiosité et une forme d'humour en regardant les autres : vont-ils repérer quelque chose? Wink
Change de coiffure, mets des couleurs qui jurent, ris niaisement, amuse-toi et regarde l'effet que ça fait sur toi.

Que fait-on une fois que toutes les pierres de son mur sont par terre ? On les laisse là, on les abandonne, on les prend et on reconstruit, ou on les prend pour reconstruire autre chose ?

Non, on prend un grand coup d'air, on installe le relax sur la terrasse, on fait une bonne sieste au soleil, et si on en a le courage, on va regarder un peu plus loin ce qu'il y a à voir, ou on remet ça à plus tard car il n'y a pas urgence.

Je dis ça, car pour moi, le mur qui m'entourait, et m'entoure encore partiellement est comme un donjon, dans lequel ces dernières années j'ai réussi à créer l'une ou l'autre brèche. Le jour où le mur sera écroulé, je le perçois comme un des plus beaux jours qui puisse être. Car pour me protéger je me suis construis une muraille tout autour de moi, et je ne suis plus capable de la franchir, je me suis emmurée. Donc, quand le mur s'effondre, ce n'est pas moi qui m'effondre, c'est l'inverse : c'est le jour ou je retrouve ma liberté. Moi, je serai toute pareille, mais je pourrai écarter les bras, courir, m'exposer au soleil, partir à l'aventure. La seule différence c'est que j'aurai changé la couleur de mes lunettes, j'aurai un autre regard sur la réalité, mais je resterai qui j'étais, et la réalité n'aura pas changé elle non plus, juste, je l'appréhenderai différemment.

Une autre image que j'utilise souvent c'est aussi le tunnel. Un long chemin dans le noir. Je chemine dans le tunnel tout en sachant que la vie, la vie sociale se passe ailleurs, ailleurs que dans le tunnel.
Je savais que l'unique voie pour arriver vers la sortie était de cheminer dans le tunnel. A présent, je vois la lumière du bout du tunnel, et je sais que « dehors » existe bel et bien. Avant j'en doutais encore un chouia.
J'imagine que ton tunnel est déjà moins sombre car tu as plus d'accès sur l'extérieur vu que tu es mariée avec des enfants.

Cela me rappelle l'image qu'une psy m'a donnée il y a très très longtemps et qui me parle encore. Quand on commence un chemin en psychothérapie, on ne sait pas très bien où on va, et on n'y voit pas clair. On peut alors apprendre à se contenter d'allumer une petite bougie qui va éclairer quelques pas devant, et là on posera une autre bougie, et ainsi de suite, et c'est comme ça que le chemin se fait.

Je pense que l'important c'est d'avancer à ton rythme, ne pas chercher à aller trop vite. Tu verras, les choses se feront d'elles-mêmes, et je veux bien parier très cher que tu ne le regretteras pas.
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Message par borntobewild le Mar 11 Déc 2012 - 8:38

Ce n'est pas tant le fait de prendre ce que vous dites (et les autres en général) pour argent comptant, mais plutôt de croire que eux sont FORCEMENT dans le vrai, et que je suis FORCEMENT dans l'erreur, même si j'ai des arguments me prouvant par A+B le contraire.
J'ai vu dans vos messages que les HP sont souvent pluriels : hier, je me demandais justement si je n'étais pas un peu schizo, et s'il n'allait pas me falloir autre chose qu'une thérapie avec une spécialiste des "surdoués", mais votre argument m'a rassurée. C'est une donnée dont je n'avais pas conscience, en effet, justement parce que je découvre cet univers depuis peu.
J'aime beaucoup cette image des petites bougies que tu poses au fur et à mesure de tes avancées dans le tunnel, je m'y retrouve totalement.
Tu parlais aussi, Rayon Vert, de se détendre un peu, de respirer. Je me suis mise au kayak cette année, c'est extrêmement libérateur pour moi et ça a l'avantage de me donner mal partout, sauf à la tête. En plus, je suis dans un club, avec ma fille, qui est aussi HP, où nous sommes acceptées telles que nous sommes. Les gens nous appellent "la famille bizarroïde" (eh oui, j'en ai encore 2 autres à la maison, le mari et la petite dernière), mais avec beaucoup de bienveillance. Je suis persuadée que si je leur demandais pourquoi ils nous appellent ainsi, ils seraient incapables de me répondre. Quoi qu'il en soit, je peux me permettre de laisser exprimer ce moi très drôle, très excentrique, très vivant, de faire l'andouille sans avoir peur de ne pas être à ma place, et d'être tout à fait sérieuse, posée, rassurante, stable, etc. lorsqu'il faut l'être, là encore sans avoir peur de ne pas être à ma place.
Cette nuit a été bénéfique pour moi, elle m'a permis de prendre mon relax, comme tu dis, et de me reposer, de rêver, de me laisser aller. Ce matin, je vois plutôt le verre à moitié plein. Dans une heure peut-être, il en sera autrement, mais je me suis toujours raccrochée à la bouée de ma passion pour beaucoup de choses, comme j'imagine la plupart de mes congénères ici.
C'est drôle que tu parles d'écrire, parce que je disais justement hier à mon mari qu'il me tardait d'être en vacances pour pouvoir reprendre l'écriture. En fait, c'est mon job, je fais ça toute la journée, mais j'écris aussi pour moi, et c'est un grand bienfait pour moi. Créer ce petit roman qui prend forme, lui donner vie petit à petit, est une action démiurgique absolument jouissive, et je sens que j'ai laissé tomber ce projet depuis trop longtemps, et qu'il faut que j'y revienne pour trouver l'apaisement, pour libérer ma tête de cette énergie, de cette bouteille de Perrier dont les bulles ne demandent qu'à s'échapper.
Je prends aussi conscience que j'ai beaucoup de chance d'être dans ma situation, d'avoir trouvé une certaine stabilité, une passerelle, finalement, entre les deux sphères que sont mon besoin d'être moi et mon besoin d'être acceptée. Cette passerelle, c'est ma famille. C'est elle, et elle seule, qui assure chacun de mes pas, même s'ils sont parfois très hésitants.
Je ne dis pas par là que le fait d'être sociable, stable, etc., est la voie à suivre pour tout le monde, mais que la voie que l'on arpente doit être celle qu'on a choisie. Tu as choisi de construire ta forteresse, Rayon Vert, puis d'y ouvrir quelles brèches, quelques meurtrières, au gré de tes envies, de tes découvertes, de tes bonheurs, de tes avancées. Que fais-tu dans ta forteresse ? Des choses extraordinaires, j'imagine, car tu en es capable.
Une amie zèbrette, admirable, m'a dit la semaine dernière que nous étions des personnes qui avons les ressources pour faire avancer le schmilblic de ce monde. J'en ai toujours été persuadée. Je me rappelle très bien que lorsque j'étais enceinte de ma fille aînée, j'avais rêvé qu'elle allait naître pour "sauver le monde". L'image est hyperbolique, bien entendu, comme dans tous les rêves, mais c'est peut-être cela que j'ai toujours perçu : que nous avions des choses à faire dans ce monde, que nous étions des personnes utiles, dont le fonctionnement, la créativité et la vision pouvaient servir à quelque chose. Dans ta forteresse, quels trésors caches-tu ?

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Message par Roland7 le Mar 11 Déc 2012 - 15:30

AH ! Les vagues émotionnelles ! L'exagération des opinions, complètement irréalistes et sans fondement ... surtout quand notre confiance en nous-même est fragile (temporairement ou pas) ...
Les zèbres doivent apprendre à devenir des super-surfeurs de l'émotion, et des contrôleurs pointus de la réalité et de la cohérence de leur pensée, s'ils ne veulent pas passer leur temps à "se vautrer" (se planter et souffrir) psychologiquement et émotionnellement !

Tous nous sommes là pour "sauver le monde" ! Lui apporter un peu de beauté, d'amour, et/ou de conscience, selon nos compétences, nos sagesses, nos sensibilités, nos vécus propres !
Et cela, sans trop en prendre plein la figure ... si possible ! En même temps, c'est parce qu'on traverse des difficultés, qu'on apprends de la vie et de nous-mêmes ...

Dans un sens le "moi" est un logiciel. Soit nous n'en connaissons que l'apparence : ce que nous avons l'habitude qu'il fasse et comment il fonctionne et réagit. Soit, par un cheminement personnel, nous avons perçu et compris comment et pourquoi, il fonctionne comme il le fait ... Et alors nous somme libres d'en modifier la programmation, nous l'enrichissons progressivement, nous corrigeons certains "bugs" ... mais les anciennes fonctions (les anciennes versions) sont toujours disponibles, même si on se rend compte qu'il vaut mieux ne plus les utiliser, parce qu'elles compliquent les choses, ou parce qu'on a installé bien mieux depuis !

Je ne suis pas/plus en couple, mais mes trois grandes filles sont un bonheur et un point d'appui pour moi aussi !

Bonne journée.
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Message par borntobewild le Mar 11 Déc 2012 - 15:53

Pour la maieusthésie (désolée pour l'orthographe, j'ai dû confondre avec "mayonnaise"), je pense que le mieux est de parcourir la définition de son propre géniteur.
http://www.maieusthesie.com/

Pour le compte-rendu émotionnel, j'ai accepté de servir de cobaye à une amie qui me fait des séances de sophro, et qui devait écrire un petit mémoire pour avoir une certification et pouvoir dispenser ce type de "soins". Je suis restée 2 h 30 en séance, j'ai pleuré comme jamais, je crois, ça ne m'était arrivé. Je suis rentrée chez moi totalement vidée, incapable même d'aller bosser, mais plus légère, vraiment plus légère. J'ai pris au cours de cette séance un chemin auquel je ne m'attendais pas, mais que je pensais nécessaire d'arpenter pour avancer, au moins sur une partie des questions que je me posais. J'ai ressenti un énorme soulagement, comme si je posais sur ce chemin une pierre trop lourde plus moi, et que je devais sacrifier si je voulais aller plus loin. J'ai laissé tout ça sur le bord de la route, et même si l'expérience a été douloureuse sur le moment, je suis heureuse de l'avoir vécue.

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Message par borntobewild le Mar 11 Déc 2012 - 16:08

Oui, Roland7, je vais essayer de glisser sur la vague tout en n'invitant à ma "yellow" que ceux que j'ai envie de voir. Pour les autres, j'attendrai encore un peu, je ne me sens pas encore prête à les recevoir.
J'aime bien l'idée du logiciel, je l'utilise souvent lorsque j'essaie d'expliquer à mes stagiaires ce qui se met en place dans leur tête pour apprendre ce qu'ils doivent apprendre. C'est une belle image aussi dans le cadre que nous évoquons.

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Message par Invité le Mar 11 Déc 2012 - 18:16

(Merci pour ta réponse Rayon Vert, hop, une petite parenthèse vite fait pour dire que j'ai bien lu, mais que j'ai épuisé momentanément mes questionnements et sources de digressions) Smile

Merci aussi à toi Borntobewild d'évoquer le besoin créatif, "action démiurgique absolument jouissive", que Pieyre mentionnait aussi, de mémoire, comme la nécessité d'être à la source d'un projet, d'un travail... Ce que je globalise schématiquement sous le terme de "créativité", qu'on retrouve me semble-t-il chez de nombreux zèbres... Mais pas dans les tests Laughing

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Message par Rayon Vert le Mar 11 Déc 2012 - 21:31

Bonjour Borntobewild,

borntobewild a écrit:Ce n'est pas tant le fait de prendre ce que vous dites (et les autres en général) pour argent comptant, mais plutôt de croire que eux sont FORCEMENT dans le vrai, et que je suis FORCEMENT dans l'erreur, même si j'ai des arguments me prouvant par A+B le contraire.

C'est pourtant bien ça que j'appelle prendre pour argent comptant : estimer vrai ce que d'autres disent à l'encontre de ce qu'on pense soi-même. Leur donner aveuglément raison d'une certaine manière. Et forcément ça crée des peurs puisque ta vérité est certainement plus convaincante pour toi surtout si tu as des arguments preuves. En quelque sorte, si tu sais pour toi-même qu'il est bon d'aller dans une direction, et que en même temps tu « crois » qu'il est bon d'aller dans une autre : il y a de quoi péter un plomb.

Je pense que dans les domaines psy, seul ce qui nous « parle » est digne d'être pris en compte, le reste c'est pour les autres.

J'ai vu dans vos messages que les HP sont souvent pluriels : hier, je me demandais justement si je n'étais pas un peu schizo, et s'il n'allait pas me falloir autre chose qu'une thérapie avec une spécialiste des "surdoués", mais votre argument m'a rassurée. C'est une donnée dont je n'avais pas conscience, en effet, justement parce que je découvre cet univers depuis peu.

En fait, il n'y a pas que les hp, mais apparemment, les hp en feraient une spécialité Wink

Tu parlais aussi, Rayon Vert, de se détendre un peu, de respirer. Je me suis mise au kayak cette année, c'est extrêmement libérateur pour moi et ça a l'avantage de me donner mal partout, sauf à la tête. En plus, je suis dans un club, avec ma fille, qui est aussi HP, où nous sommes acceptées telles que nous sommes. Les gens nous appellent "la famille bizarroïde" (eh oui, j'en ai encore 2 autres à la maison, le mari et la petite dernière), mais avec beaucoup de bienveillance. Je suis persuadée que si je leur demandais pourquoi ils nous appellent ainsi, ils seraient incapables de me répondre. Quoi qu'il en soit, je peux me permettre de laisser exprimer ce moi très drôle, très excentrique, très vivant, de faire l'andouille sans avoir peur de ne pas être à ma place, et d'être tout à fait sérieuse, posée, rassurante, stable, etc. lorsqu'il faut l'être, là encore sans avoir peur de ne pas être à ma place.

Ah bon? Pas besoin de faux self chez les kayakeurs? Wink

« Bizarre » : oui, on m'a déjà traitée de la sorte. Qu'est-ce que j'ai été vexée, même si je sais que c'est l'étiquette par excellence des hp.
Mais l'air de rien, avec le temps, ça m'a aidée, car à présent, quand je ne me sens pas assez conforme, je ne rectifie plus forcément, avec comme argument : de toutes façons on me prend pour bizarre, alors à quoi bon se forcer à devenir convenable Wink
Je pense que je finirai par faire au volley comme toi au kayak, mais je n'y suis pas encore.

Remarque : si tu es déjà capable de te lâcher avec les kayakeurs, le chemin ne sera pas très long pour que tu parviennent à te lâcher ailleurs.

Cette nuit a été bénéfique pour moi, elle m'a permis de prendre mon relax, comme tu dis, et de me reposer, de rêver, de me laisser aller. Ce matin, je vois plutôt le verre à moitié plein.

Hier tu étais bouffée par une émotion. A partir du moment où tu es capable de te rendre compte que dans une émotion tu regardes le verre à moitié vide, et hors de l'émotion, tu le regardes à moitié plein, tu as tout en mains pour comprendre à quel point le mental (tes pensées) peut te berner. Or, en tant que hp, nous sommes nombreux à croire que le mental est la référence suprême pour comprendre la vie, sur la base de laquelle effectuer nos choix, pour prendre des décisions, ou encore croire ou non en quelque chose. Une fois qu'on a conscience que notre mental, malgré les pépites qu'il est capable de nous offrir, n'est jamais fiable en continu, on a la clé, je pense, pour se débarrasser de certaines caractéristiques frustrantes de hp.
Car nous avons d'autres ressources mais avons trop souvent appris à les ignorer, voire même à les mépriser (par souci d'objectivité, de rationalité). Et elles sont pourtant bien plus fiables et bonnes conseillères: les émotions, les intuitions, l'inspiration, et les sentiments, et peut-être encore d'autres.

Je prends aussi conscience que j'ai beaucoup de chance d'être dans ma situation, d'avoir trouvé une certaine stabilité, une passerelle, finalement, entre les deux sphères que sont mon besoin d'être moi et mon besoin d'être acceptée. Cette passerelle, c'est ma famille. C'est elle, et elle seule, qui assure chacun de mes pas, même s'ils sont parfois très hésitants.

Je pense qu'un jour tu n'auras plus besoin de ta famille pour ça. Sans sous-entendre que tu prendras ton envol sans eux.

Je ne dis pas par là que le fait d'être sociable, stable, etc., est la voie à suivre pour tout le monde, mais que la voie que l'on arpente doit être celle qu'on a choisie. Tu as choisi de construire ta forteresse, Rayon Vert, puis d'y ouvrir quelles brèches, quelques meurtrières, au gré de tes envies, de tes découvertes, de tes bonheurs, de tes avancées. Que fais-tu dans ta forteresse ? Des choses extraordinaires, j'imagine, car tu en es capable.

En fait, la construction de la muraille dans laquelle je suis encore partiellement prisonnière n'est pas un choix volontaire. Ce sont des réactions réflexes bâties depuis l'enfance qui ont abouti à ça. Je n'ai compris que j'en étais là qu'il n'y a que quelques années. Dans ma forteresse, je construis les projets de vie que je mènerai quand je serai parvenue à la quitter. Et il est vrai que ces projets sont déjà pas mal avancés, mais j'avoue que j'ai encore besoin de ma forteresse et ne tiens pas à en parler ici pour le moment.

Une amie zèbrette, admirable, m'a dit la semaine dernière que nous étions des personnes qui avons les ressources pour faire avancer le schmilblic de ce monde. J'en ai toujours été persuadée. Je me rappelle très bien que lorsque j'étais enceinte de ma fille aînée, j'avais rêvé qu'elle allait naître pour "sauver le monde". L'image est hyperbolique, bien entendu, comme dans tous les rêves, mais c'est peut-être cela que j'ai toujours perçu : que nous avions des choses à faire dans ce monde, que nous étions des personnes utiles, dont le fonctionnement, la créativité et la vision pouvaient servir à quelque chose. Dans ta forteresse, quels trésors caches-tu ?

Je cache des projets de ce genre en effet Wink Envie d'apporter ma pierre à l'édifice (pas le donjon en tout cas Wink )

********************
Roland7,

Roland7 a écrit:AH ! Les vagues émotionnelles ! L'exagération des opinions, complètement irréalistes et sans fondement ... surtout quand notre confiance en nous-même est fragile (temporairement ou pas) ...
Les zèbres doivent apprendre à devenir des super-surfeurs de l'émotion, et des contrôleurs pointus de la réalité et de la cohérence de leur pensée, s'ils ne veulent pas passer leur temps à "se vautrer" (se planter et souffrir) psychologiquement et émotionnellement !

Dans le même registre, tant que j'y pense, pour Borntowild : le livre de Eckart Tolle : « Le pouvoir du moment présent », le chapitre sur le corps de souffrance, ça c'est un must je trouve. Bien que pas tout à fait simple à comprendre pour moi, c'est tout de même ce concept là qui m'a menée à comprendre à quel point je me laissais berner par des bouffées d'émotions incontrôlables. Or les pensées qui nous traversent quand on n'est pas serein (donc bouffé par l'émotion) sont souvent cruelles pour nous mêmes, ce sont elles qui nous créent la plupart de nos problèmes ou nous y enfoncent.
Or actuellement, je suis en train de découvrir que mon corps de souffrance est de moins en moins actif, ce qui pourrait bientôt me rendre toute la liberté.

Dans un sens le "moi" est un logiciel. Soit nous n'en connaissons que l'apparence : ce que nous avons l'habitude qu'il fasse et comment il fonctionne et réagit. Soit, par un cheminement personnel, nous avons perçu et compris comment et pourquoi, il fonctionne comme il le fait ... Et alors nous somme libres d'en modifier la programmation, nous l'enrichissons progressivement, nous corrigeons certains "bugs" ... mais les anciennes fonctions (les anciennes versions) sont toujours disponibles, même si on se rend compte qu'il vaut mieux ne plus les utiliser, parce qu'elles compliquent les choses, ou parce qu'on a installé bien mieux depuis !

Pour moi l'image est très valable si elle est utilisée pour notre système de pensées, mais notre moi n'est pas notre système de pensées, et justement la difficulté est de stopper l'identification qu'on se fait à notre système de pensées. Surtout pour les hp, chez qui le mental est une sorte de super moteur trop productif et qui ne s'arrête jamais.
Nous ne sommes pas nos pensées. Notre mental n'est qu'un outil, et il est très imparfait, même chez les surdoués – j'ai presque envie de dire : surtout chez les surdoués. Nous l'utilisons pour tout, à tort et à travers, alors que ce n'est pas son rôle. Et surtout, nous croyons tout ce qu'il nous raconte, mais la plupart du temps il nous raconte des niaiseries, il nous raconte un tas d'âneries qui vont nous mettre dans la peur, la culpabilité, la colère, la honte, la tristesse, l'illusion. Et cela va nous amener à l'utiliser encore en peu plus, car nous croyons que c'est lui qui va nous sortir de ces peurs, de cette culpabilité, colère, etc.
Or il n'en a tout simplement pas la capacité, le mieux qu'il puisse faire, c'est de nous y enfoncer.
Je pense que pour s'épanouir en tant que hp, et pour ne plus être hp*, il est nécessaire d'utiliser son mental comme simple outil, sans plus le prendre comme référence universelle.
*Car une personne étant à la base HP : à haut potentiel, ne l'est plus le jour où elle a réalisé son potentiel Wink

Merci Borntobewild pour le message sur la maieusthésie.

rem : allez, encore un message et, même si je resterai zèbre, j'aurai perdu ma timidité, enfin, c'est le message que j'ai cru comprendre Wink
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Message par borntobewild le Mer 12 Déc 2012 - 8:55

Car une personne étant à la base HP : à haut potentiel, ne l'est plus le jour où elle a réalisé son potentiel Wink

Je suis impatiente que ce moment arrive !


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Message par borntobewild le Mer 12 Déc 2012 - 8:57

PS : comment fais-tu pour faire apparaître une citation ? Se tape la tête cont

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Message par Rayon Vert le Mer 12 Déc 2012 - 10:09

borntobewild a écrit:Car une personne étant à la base HP : à haut potentiel, ne l'est plus le jour où elle a réalisé son potentiel Wink

Je suis impatiente que ce moment arrive !


Euh, disons que c'est moi qui ai inventé ça, quand quelqu'un m'a fait remarquer que quelque chose de potentiel, une fois qu'il se réalise, n'est plus potentiel. Mais à un niveau officiel (si ça existe), je l'ignore complètement.

Ma croyance est pourtant bien qu'on reste surdoué, mais qu'une partie des inconvénients qui y sont liés peuvent être résolus, et qu'une fois résolus, il n'y a pas de raison que le surdoument ne soit pas utilisé efficacement, et dans ce cas, le potentiel en question est bien utilisé.

borntobewild a écrit:PS : comment fais-tu pour faire apparaître une citation ? Se tape la tête cont

Il y a deux moyens, soit tu cliques sur "citer" en haut à droite du titre du message et tu as la totalité du message qui est cité.
Soit tu inscris le mot "quote" entre les deux signes "[ ]" en début de citation, et la même chose avec un slash devant : "/quote" en fin de citation.
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Message par bepo le Mer 12 Déc 2012 - 11:20

Dans l'expression à haut potentiel, je ne sais pas s'il s'agit d'"un potentiel".
Se réaliser ne signifie pas avoir atteint une fois quelque-chose qui serait reconnu comme correspondant à son potentiel.
Donc sans même rentrer dans le concept de surdoué (biologique), et envisager sa pérennité dans le temps pour un individu donné, il ne me semble pas que se réaliser soit restrictif et s'apparente à un haut fait d'arme unique et sa médaille associée.
Mais effectivement socialement les exploits uniques sont valorisés en façade, et leur auteur devient un héros... pour un temps.
Je sais pas....

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Message par Rayon Vert le Mer 12 Déc 2012 - 18:52

Bonjour Qwerty,

qwerty a écrit:
Rayon Vert a écrit:
borntobewild a écrit:Car une personne étant à la base HP : à haut potentiel, ne l'est plus le jour où elle a réalisé son potentiel Wink

Euh, disons que c'est moi qui ai inventé ça, quand quelqu'un m'a fait remarquer que quelque chose de potentiel, une fois qu'il se réalise, n'est plus potentiel. Mais à un niveau officiel (si ça existe), je l'ignore complètement.

Ma croyance est pourtant bien qu'on reste surdoué, mais qu'une partie des inconvénients qui y sont liés peuvent être résolus, et qu'une fois résolus, il n'y a pas de raison que le surdoument ne soit pas utilisé efficacement, et dans ce cas, le potentiel en question est bien utilisé.

Dans l'expression à haut potentiel, je ne sais pas s'il s'agit d'"un potentiel".
Se réaliser ne signifie pas avoir atteint une fois quelque-chose qui serait reconnu comme correspondant à son potentiel.

Là tu m'amènes à tenter de mettre un peu plus de clarté dans ce que j'ai exprimé.
En fait, je ne connais pas l'origine exacte de l'expression « haut potentiel », mais je la comprends moi comme un potentiel élevé qui concerne uniquement certaines capacités intellectuelles (côté QI surtout, voire intuition ou créativité). Et dans ce cadre je considère que réaliser le potentiel en question consiste plus au fait d'atteindre l'aptitude à l'utiliser concrètement de manière satisfaisante et épanouissante dans tous les domaines de notre vie. Or j'avoue que je n'ai encore jamais rencontré de hp (y compris moi-même) qui en étaient là.
Et dans ce cas, il ne s'agit pas d'un fait d'arme unique ou de quelque chose de héroïque, comme tu le suggères. Il s'agit plus d'être capable de donner son grain de sel efficacement dans tous les domaines de la vie qui nous concerne chacun : professionnel, familial, social, citoyen, ou autre encore. Beaucoup de hp sont plus souvent dans des cadres de type, chômeur, invalide, ou enfermés dans un laboratoire sans vie sociale, ou encore vivant en couple avec son pc, ou encore dans une vie sociale parfaitement normale mais complètement éteint à lui même (soumis, masqué, mouton, conforme, timide, ...) ou encore dans la délinquance, ou encore dans des vies marginales, exclus de la société. Il est probable que parmi les artistes il y a pas mal de surdoués qui ont justement réalisé leur potentiel. Et dans ce milieu, les bizarreries sont nettement mieux acceptées, quitte à être considérées comme de l'excentricité.
Je commence à comprendre, grâce à Borntobewild et quelques autres, que lorsqu'on a réussi à avoir une vie de famille satisfaisante où on parvient à s'extérioriser dans la cellule familiale et qu'on a le soutien de tous les membres de la famille, on a déjà atteint en partie l'épanouissement en question, mais c'est à l'extérieur de la cellule qu'on continue à rencontrer les problèmes.

J'espère que ce n'est pas trop tordu comme explication, je n'ai pas réussi à faire mieux.

Et comme d'hab, ce n'est qu'un avis, et je peux tout à fait me tromper.


Dans ta signature, il y a la phrase suivante :

La bienveillance envers soi et les autres a souvent été nourrie par celle que l'on nous a accordée.

J'ai envie d'ajouter que, faute de parvenir à recevoir la bienveillance d'autrui, on ne pourra en recevoir dans le futur que si on commence soi d'abord par en manifester.
Cela peut paraître contradictoire, surtout quand on est au moment charnière où, on s'estime frustré de tous côtés parce qu'on ne reçoit jamais rien, et qu'il faut commencer à en donner alors qu'on n'en a pas encore reçu. Pourtant mon expérience et ce que j'ai vu ou lu d'autres personnes m'ont prouvé que ça ne peut fonctionner autrement.
Moins on reçoit, plus il est difficile d'enclencher le fait de donner, mais on ne peut inverser la tendance qu'en commençant d'abord par donner. Et c'est le fait de donner qui rendra possible qu'on nous donne, et alors le processus se nourrira de plus en plus de lui-même.
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Message par Roland7 le Mer 12 Déc 2012 - 22:40

Réaliser son potentiel ! Ouaouh !

Trouver ce qu'il y a d'unique en nous, et le faire rayonner. Briser le cercle de peurs, laisser tomber les révoltes, pardonner, renoncer à attendre, vivre la vérité du présent, tellement, que la plénitude nous tombe dessus ... parfois nous déchire ...

Vu ce matin, qu'au plus près du sommet, c'est l'aveuglement de l'autre, son incompréhension (et l'intervention qui en résulte), qui pouvait me "briser les ailes" ...

Mais à travers tous les coups pris sur la tête, tout l'amour qu'à travers les épreuves je me suis donné, au lieu de continuer à me juger et à m'enfoncer moi-même ... à force de comprendre la "nature du réel", le fonctionnement de mon propre esprit, et de voir qu'au-delà des apparences des "échecs" et de "l'incompétence" que je m'attribuais, il y a une conscience/perception/intelligence globale, instantanée, aimante, profonde qui s'exprimait ...
Et les "moins doués" que moi (de mes parents, à mes chefs actuels, à toutes les autorités socialement acceptées, et parfois bien peu fondées), les moins "connectés à leur profondeur et à leur lumière intérieure", tous les "interprétants à partir d'un consensus social inconsistant" (bien que normatif), tous ceux-là, en projetant leur "compréhension", perception, conscience limitée, ne pouvaient qu'être "dérangés", et y réagir en tentant de la (cette "conscience/perception/intelligence globale, instantanée, aimante, profonde") réduire au silence, de l'éteindre, de la conformer à leur propre regard, peurs, attentes, refus ...

Mais pour parvenir à la "conscience" de cette "conscience/perception/intelligence globale, instantanée, aimante, profonde", il faut passer au plus près des "abysses" que l'on porte en soi, l'intime fragilité, où (en ce qui me concerne) une peur terrible, celle d'être détruit par le puissance d'un autre qui nous dépasse (comme le bébé, obligé de traverser les chocs de la naissance, puis de se conformer aux déséquilibres affectifs de sa mère, et de sa famille), jouxte, si j'accepte cette peur, une puissance d'amour qui dépasse toutes les folies humaines ...
Oui, la clef de voûte de cela, pour moi, c'est l'amour que l'on parvient à se donner, et à découvrir, quand nous touchons à notre plus grande souffrance/fragilité, au cœur de nos épreuves ...

L'énergie qui anime le surdoué, qui le pousse dans le mental, est, selon moi, une peur profonde, qui ne pouvait trouver d'exutoire, ni dans l'action du corps, ni dans l'expression émotionnelle ...
C'est cette énergie-peur, qui propulse la pensée, qui active et stimule la sensibilité, la sensorialité, l'émotivité ...
Mais qu'est-ce qu'il y a derrière la peur, et qu'est-ce qui peut la combattre ? L'amour, car avec l'amour, il y a la relation à l'autre, il y a le lien avec les multiples dimensions de la vie, le lien avec l'unité de la vie (nous sommes, chacun, une cellule de l'univers ...). Avec l'amour, il y a, progressivement, cessation de la peur, affirmation d'une confiance de plus en plus indestructible, reconnaissance du sens de la vie, découverte de ce vers quoi la vie, l'amour, le destin (ce que vous voulez !) nous pousse ...

J'arrête là. J'ai dit un essentiel, pour moi, peut-être écrit dans une trop grande densité pour être compris pleinement, dans tous ces aspects et détails ... Peut-être cela apparaîtra-t-il comme "folie" ou "délire" pour certains ?
C'est certainement, en ce qui me concerne, un moment d'expression d'une intensité intérieure particulière, un moment de dévoilement et de révélation de diverses compréhensions, qui, depuis quelques temps, à travers les difficultés que je traversais, couvaient ...
J'espère simplement que certains en feront leur miel, y trouveront inspiration et compréhension ... Sinon, si cela ne touche personne ... je le regretterai et en serai triste.
Bonne soirée. Merci d'être co-participants de/à ce partage et cette expérience. Amicalement.
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Message par Nace le Jeu 13 Déc 2012 - 10:05

Bonjour Roland,

Merci pour ce partage je " vois " de quoi tu parle. ( Seiphys)

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Message par Mitrouille la Saumure le Jeu 13 Déc 2012 - 13:06

Bonjour bonjour ! je prends le sujet en cours de route car certaines remarques m'ont vraiment frappé :

En fait, ce phénomène m'est devenu plus clair quand plusieurs fois d'affilée, en circulant en ville, par un jour d'affluence, je me faisais bousculer par des gens qui ne m'avaient tout simplement pas vue. Et là, j'étais bien forcée de comprendre que ce n'était pas parce qu'ils ne m'appréciaient pas, m'en voulaient, (ou autre problème relationnel).... puisqu'ils ne me connaissaient tout simplement pas.

C'était en général les jours où je me sentais justement seule et où j'aurais espéré rencontrer par hasard quelqu'un que je connaissais. Je regardais donc très clairement tout le monde, mais personne ne me voyait apparemment. Et bien sûr, je ne rencontrais personne.

L'étonnant dans l'histoire, c'est que, dans les mêmes circonstances, des jours où j'étais très en forme, bon moral, mais où je n'en avais pas clairement pris conscience, je rencontrais plusieurs personnes, de manière plutôt exceptionnelle, sur la même journée, sans l'avoir cherché. Et le soir, j'étais bien forcée de me rendre compte qu'il y avait des jours (moins fréquents) où je n'étais pas invisible.


Rayon Vert, ta remarque est passionnante, elle m'a parlé tout de suite : pour ma part, je rencontre les mêmes phénomènes. Pour résumer, j'ai remarqué que les jours où j'étais en forme voir en grande forme, j'attirais les regards et mes remarques étaient prises en compte, surtout dans le milieu professionnel où j'évolue étant donné qu'il y a beaucoup de gens agressifs, sûrs d'eux et grande gueule. Le ton de ma voix est plus assuré, je parle fort, je me tiens bien, je fais des gestes, je ne passe pas mon temps à m'excuser... Et là, pas de problèmes.
Par contre, en cas de situation de fatigue physique ou de baisse de moral fort ( ça arrive souvent), je me fais littéralement écraser. J'ai une petite voix, je parait peu assuré, je m'embrouille, les gens dans la rue ne me remarque pas et me marchent dessus, bref, je ne "dégage" rien.

Je ne sais pas si ça peut marcher aussi pour les autres, mais je pense que selon notre état mental et physique, on peut se "défendre" mieux ou pas. C'est pour cela qu'un evénement comme un licenciement ou une agression peut être traumatisant sur le long terme, car sans qu'on s'en rende compte il modifie ce qu'on renvoi aux autres. C'est pour cela que beaucoup de personnes "assurées" jouent en fait la comédie.

Si les autres nous ignorent, c'est qu'il y a du "bruit" entre l'émetteur et le récepteur, ce bruit ne peut être qu'un défaut de compréhension (manque de synergie entre les deux personnes).


Oui évidement, il y a ça, aussi.... C'est difficilement rattrapable...

En y repensant, quand même, je remarque que les personnes avec lesquelles je ne suis pas à l'aise, non seulement ont un sacré manque d'ouverture d'esprit, mais en plus libèrent des ondes super négatives à mon encontre.

Pareil... Dans mon cas ça dégénère vite en conflit, ce qui a rendu ma dernière expérience professionnelle cauchemardesque.
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Message par Invité le Jeu 13 Déc 2012 - 13:22

Pareil.

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Message par Invité le Jeu 13 Déc 2012 - 14:04

Il faut aussi comprendre que les autres n'ont pas conscience de ce qu'ils font. L'interaction pour l'interaction par l'interaction !
Pourquoi parler du temps qu'il fait aujourd'hui nous l'avons tous constater à quoi bon en remettre une couche ? Pour interagir pardi !

Nous autres cherchons je pense à nous enrichir à travers l'interaction et pour ce faire il faut être capable de déstabiliser l'autre pour qu'il se sente obliger de pousser le raisonnement mais ca ca ne plait pas ! Parler donc pour combler un silence inquiétant, un complexe, un manque... Mais a quoi bon parler pour parler ? Se sentir moins différent ? Voir que l'autre aussi trouve que notre président ne fait pas ce qu'il devrait faire ? Se sentir membre d'un groupe homogène permettant de nous rassurer ?

Au final être ignoré est surement un cadeau que l'on nous fait... Je n'aurai jamais développé mes compétences dans ce qui me passionne si j'avais perdu du temps à parler de banalité ou de sujets redondants sans la moindre utilité.

Après il existe des interactions qui valent la peine, engager une discussion sur un sujet philosophique, existentiel ou sur un concept dans n'importe quel domaine qui nous apporte une connaissance "utile" (à définir) mais les interlocuteurs prêt à aborder ce genre de choses sont peu nombreux et je pense qu'ils sont aussi peu nombreux chez les HQI surement un peu plus nombreux chez les THQI qui ne sont pas tombés dans le piège du scanneur très dur de s'en sortir...

EDIT : Correction de la dyslexie Sad

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Message par Invité le Jeu 13 Déc 2012 - 14:34

Parler pour Cocréer . Pour unifier , harmoniser.


Enfin parler n' est qu'une voie d' expression parmis d' autre.

Sui appelle le plombier ? Qui deviens le sien ?

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Message par Rayon Vert le Ven 14 Déc 2012 - 1:01

Mitrouille et Seiphys,

Ca me brûle tout de même de vous demander si vous avez conscience, ou si vous avez aussi l'impression, que il n'y a pas que votre comportement qui est en jeu? Ce serait l'ensemble du fonctionnement du moment qui semble être repéré par les gens et ça se joue en dehors des paroles, en dehors des attitudes et comportements, en dehors de non-dits même, mais bien via un langage, inconscient, que l'on émet et qu'ils perçoivent tout aussi inconsciemment. Et personnellement j'attribuerais ce langage à quelque chose de l'ordre d'ondes que l'on émet, et dont nous ignorons presque tout, un peu comme une aura. Est-ce que cette interprétation des choses vous parle? (à vous ou à d'autres qui lisent l'échange)

Car, Mitrouille, quand tu dis que c'est pour ça que les gens assurés jouent la comédie, j'ai envie de dire que justement, jouer la comédie ne marche que très partiellement, car les ondes négatives continuent à faire leur boulot. Et que d'ailleurs il est assez facilement repérable quand des gens jouent à être très sûrs d'eux, alors qu'ils ne le sont pas (quelque part, on sent bien que ça pue, que c'est du pipeau). C'est vrai qu'on peut être aussi piètre acteur ...

Je dis ça car quand on me bouscule en rue, c'est tout de même assez gros.
Ok, je peux encore penser que j'ai les épaules rentrées, que ma démarche est moins assurée, que j'ai la tête baissée ou les traits tirés, le regard vague ou à l'inverse trop fixe. Mais je persiste à penser qu'il y a autre chose, j'en suis presque sûre. Car c'est vraiment d'un autre ordre, même si je sais que c'est lié à mon état intérieur.

Comment expliquer. Imaginez vous une rue très très fréquentée un jour de shopping juste avant Noël, vous marchez, vous faites attention à éviter les gens. Et vous vous faites bousculer par quelqu'un en couple en train de parler avec son conjoint. La personne, ça me parait évident, n'a pas fait un topo semi conscient de quel type de personnage vous êtes. Juste, dans le travail automatique qu'est la marche pendant la conversation, il y a eu un obstacle qui ne s'est pas fait connaître, une sorte de lumière éteinte.
Et en plus ils ne s'excusent pas, ce qui rajoute à l'énormité de la situation à mes yeux quand je la vis.
Je veux dire par là que les gens qui bousculent ne nous bousculent pas par distraction énorme, ou parce qu'ils sont trop pris dans leur conversation (il y a des gens seuls qui me bousculent aussi), mais juste parce qu'on n'est tout simplement pas visible, pas allumé. Est-ce que ça fait sens pour vous?

Quand mon ostéopathe me dit comprendre de quoi je parle alors que c'est quelqu'un qui m'a dit être capable de voir l'aura, je me dis qu'on méconnait une donnée mais qu'il y a bien une réalité quelque part.

Si cet aspect me tient à coeur c'est justement car je pense que jouer la comédie c'est se leurrer soi-même, et entrer plus profond encore dans le problème.

Surtout que, depuis quelques mois, les jours où les gens me remarquent plutôt plus que la normale, deviennent plus nombreux que les autres jours. Or je sais que quelque chose change à l'intérieur de moi, mais je ne peux pas croire que ce serait seulement via les attitudes et comportements que cela apparaîtrait.

Et je viens de me rappeler d'un autre aspect. Les jours où je suis plus « radieuse », on m'aperçoit, je rencontre du monde, etc., les bons hasards se multiplient on va dire. Mais j'ai remarqué quelque chose de plus interpelant : il y a les jours plus négatifs où je passe inaperçue. Et il s'agit de jours où je suis triste, ou je me sens seule, par exemple. Cependant, il y a des jours où je suis habitée par pas mal de négatif d'un autre ordre, et là, j'ai l'impression inverse : les gens me remarquent énormément. Et ce sont les jours où je suis en colère. Pas une colère où je râle et me sens victime, non. Une colère où je me sens fâchée et où je ne compte pas me laisser faire. De l'énergie négative mais liée à une grande détermination. Sans doute un jour où je suis prête à mieux mettre mes limites. Est-ce que les autres jours mes limites sont plus informes alors et que cela se marquerait sur l'aura, du style : je serais plus large que ce que mon aura n'indique.... ?

Est-ce que ça fait écho chez quelqu'un ce que je dis? Car j'aimerais comprendre, et en tout cas savoir si d'autres le vivent aussi.

****************
frittefolle a écrit:Il faut aussi comprendre que les autres n'ont pas conscience de ce qu'ils font.

Contrairement à toi, je pense que, en tant que hp, nous sommes souvent bien moins conscients que ces autres justement. Si le fait d'avoir un QI élevé favorise une forme de lucidité dans certains domaines, il a plutôt tendance à nous aveugler quand il s'agit de gérer nos émotions, nos relations, et tous les aspects de la vie qui ne dépendent justement pas de la rationalité. La plupart des difficultés que rencontrent les hp sont justement liées à ce décalage. Et le problème est très souvent renforcé par la croyance qu'ont les gens hp que leur capacités intellectuelles vont résoudre ces difficultés. Or c'est justement l'inverse. Quand la rationalité est utilisée pour résoudre les problèmes psy, elle a plutôt tendance à les renforcer. Et tant que nous nous refusons à vouloir regarder cela, nous perpétuons et renforçons nos frustrations pour lesquelles nous allons persister à nous plaindre et desquelles nous allons pointer la responsabilité chez « les autres ».

Se croire supérieurs à d'autres c'est déjà abdiquer de nos propres capacités à nous socialiser. Se mesurer à l'autre est le meilleur moyen de faire échouer toutes nos relations sociales, même entre hp.
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Message par Invité le Ven 14 Déc 2012 - 1:15

Contrairement à toi, je pense que, en tant que hp, nous sommes souvent bien moins conscients que ces autres justement. Si le fait d'avoir un QI élevé favorise une forme de lucidité dans certains domaines, il a plutôt tendance à nous aveugler quand il s'agit de gérer nos émotions, nos relations, et tous les aspects de la vie qui ne dépendent justement pas de la rationalité. La plupart des difficultés que rencontrent les hp sont justement liées à ce décalage. Et le problème est très souvent renforcé par la croyance qu'ont les gens hp que leur capacités intellectuelles vont résoudre ces difficultés. Or c'est justement l'inverse. Quand la rationalité est utilisée pour résoudre les problèmes psy, elle a plutôt tendance à les renforcer. Et tant que nous nous refusons à vouloir regarder cela, nous perpétuons et renforçons nos frustrations pour lesquelles nous allons persister à nous plaindre et desquelles nous allons pointer la responsabilité chez « les autres ».

Nous vivons dans un univers rationnel l'humain n'échappe pas à ca, c'est notre observation incomplète qui nous fait croire que les choses ne sont pas rationnelles. Et je pense que tu confonds la conscience et production, ils font des choses que nous sommes incapable de faire je suis tout a fait d'accord et je les envies tellement j'en ai marre d'être ce que je suis mais cela n'empeche en rien le fait que je puisse comprendre les motivations inconscientes qui poussent à faire ca et c'est justement ce qui fait coincer comme tu le dis. Mais la conscience engendre la conscience donc faire retour en arrière est je pense quasi impossible et peut-être une erreur ?

La supériorité n'a pas sa place ici, la différence en revanche oui. J'ai toujours trouvé que d'exprimer le QI en terme de supérieur ou inférieur faussait sa véritable valeur qui est de mesurer une différence et non pas une supériorité ou infériorité sauf dans les cas de retard mental mais ce n'est pas le problème ici. Etre conscient de sa différence et l'accepter est tout aussi difficile pour un HP avec quelqu'un de normal que l'inverse.

Je ne comprends pas pourquoi il est toujours même ici nécessaire de se taire sur les différences entre HQI et non HQI, elles existent et se voiler la face ne fera qu'aggraver nos problèmes c'est la prise de conscience justement de la différence qui permet de mieux vivre avec et non pas le rejet.

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Message par Invité le Ven 14 Déc 2012 - 1:43


J'ai systématiquement cette impression, qui en vrai n'est pas qu'une impression.


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Message par Roland7 le Ven 14 Déc 2012 - 7:37

Ce qui conditionne la manière dont les autres réagissent "instinctivement" (spontanément, "inconsciemment", sans nous connaître) à nous, ce n'est pas (ou rarement) les émotions et l'état intérieur dont nous avons conscience (car la conscience que nous avons de notre état intérieur est en général très/trop partiel), mais bien plutôt l'état d'énergie intérieure qui est le nôtre, ou, dit autrement, les émotions profondes et les croyances qui leur sont liés, que nous véhiculons, plus ou moins inconsciemment.

Il y a, pour moi, la conscience superficiel et ordinaire que nous avons de nous-mêmes, elle concerne la "surface" de notre état émotionnel, et la réalité des émotions profondes que nous véhiculons/exprimons sans le savoir (ou en le sachant confusément) qui sont ce à quoi, les autres réagissent véritablement (en fonction aussi de leur propres émotions profondes et superficielles, bien sûr).

Une personne en contact avec sa profondeur du moment, pourra faire le lien entre la réactivité des autres à son égard et son état. Une personne qui n'a pas conscience de sa profondeur (la même à un autre moment pourquoi pas ?) ne comprendra pas le mode réactionnel des autres, et en sera "choqué" ou dérangé, y verra peut-être une "injustice", et cela amplifiera, amènera à sa conscience son mal-être, déjà inconsciemment présent du fait de la non-conscience des émotions profondes en jeu.

P.S. Mon message précédent ciblait au moins 3 ou 4 coups trop loin, il me semble. Merci Seiphys de m'avoir fait savoir qu'il "parlait" au moins un peu à quelqu'un !


Dernière édition par Roland7 le Ven 14 Déc 2012 - 7:54, édité 2 fois (Raison : Ajout PS. ajout troisième paragraphe.)
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Message par Invité le Ven 14 Déc 2012 - 13:59

De rien,

Merci pour tes écrits et le " travail" que tu réalise ici.

Je relis avec bcp d' intérêts nos premiers échanges, et je commence a y percevoir des choses jusqu alors invisible a mes yeux.( c' était une de mes principales attentes en décidant de commencer a m' exprimer ici )

Bonne journée

Édit : rayon vert je commence effectivement a prendre conscience que nous sommes tous liés, et j'aime cela.


Dernière édition par Seiphys le Ven 14 Déc 2012 - 15:23, édité 1 fois

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Message par Mitrouille la Saumure le Ven 14 Déc 2012 - 15:13

Rayon Vert, je réponds principalement à ta relance :

Il est vrai que dans ma réponse, je n'avais pas pris le temps de détailler cette idée des ondes que les personnes émettent et qui se ressentent.
Je pense que quelque part, le charisme que certaines personnes sont censées avoir vient en partie de ce phénomène. Je suis donc d'accord avec toi pour dire que selon notre état, nous émettons des "ondes" (ou autre chose, je ne sais pas) qui nous font interagir avec les autres et que cette interaction prendra le dessus sur toutes les autres (langage, gestes, regard...). On dit parfois de quelqu'un qu'on "ne le sent pas" : ça pourrait venir de mauvaises choses (ondes) dégagées de cette personne...

Pour me répéter un peu, je pense que si on va mal, on ne dégage donc clairement pas la même chose. Ca confirme ce que tu disais au sujet du fait d'être remarquée dans des jours négatifs pour toi : tu dégages tout de même quelque chose de fort, la colère, même si elle n'est pas positive. On pourrait donc différencier de manière un peu simpliste les moments de forces (dégagement d'ondes positives ou négatives) des moments de faiblesse (où on passe inaperçu au risque de se faire écraser au sens propre comme au sens figuré).

Le problème principal de ce raisonnement est qu'à mon avis il ne sera jamais accepté en Occident (je généralise, hein) car nous sommes beaucoup trop fermés à l'idée de la perception sensorielle qui diffère de celle des 5 sens. Essayez donc de parler de ça à votre médecin généraliste, on va bien rigoler....
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Message par Rayon Vert le Ven 14 Déc 2012 - 22:49

frittefolle a écrit:Nous vivons dans un univers rationnel l'humain n'échappe pas à ca

Tu as le droit de penser qu'il n'y échappe pas, mais de plus en plus de gens parviennent à échapper à l'emprise de leur mental. (L'engouement pour la méditation n'est pas étranger à cela. Et Jeanne Siaud-Facchin ne s'y est pas trompée en écrivant un livre sur ce sujet, et en liant cela aux thérapies qu'elles fait avec des hp.)
Plus nombreux sont encore ceux qui commencent à comprendre l'utilité d'y échapper malgré qu'ils n'y parviennent pas encore. Même si la majorité s'y trouve encore prisonnier.

c'est notre observation incomplète qui nous fait croire que les choses ne sont pas rationnelles.

Je pense qu'il devrait être possible (potentiellement) d'expliquer tout rationnellement. Mais j'ai compris à présent, qu'avant d'y parvenir il est le plus souvent indispensable de comprendre les choses à un niveau non rationnel, mais encore faut-il y avoir accès consciemment pour parvenir à utiliser ensuite notre rationalité pour l'expliquer avec des mots.

Et je pense que tu confonds la conscience et production

Et un des problèmes du hp ne serait-il pas justement de penser savoir ce que les autres pensent?
En disant ça, je le prouve aussi en quelque sorte Wink

Pour ma part, quand quelqu'un exprime qu'il sait déjà ce que j'ai en tête, j'avoue que ça me retire l'envie d'exprimer ce que j'ai réellement en tête.

Je ne comprends pas pourquoi il est toujours même ici nécessaire de se taire sur les différences entre HQI et non HQI, elles existent et se voiler la face ne fera qu'aggraver nos problèmes c'est la prise de conscience justement de la différence qui permet de mieux vivre avec et non pas le rejet.

Je pense qu'il y a deux tendances à la différence, et faire remarquer la deuxième ne consiste pas à taire la première. On ne peut tout de même pas nier le fait que, lorsqu'on découvre qu'on a un QI élevé, on découvre en même temps à quel point la plupart des problèmes que l'on rencontre y sont liés. Mais je pense qu'il est important aussi de se rendre compte que c'est nous qui vivons ces problèmes et que dans ce cas c'est nous qui devons y trouver les solutions. Et pour cela il faut regarder la différence dans sa totalité. Nous avons un QI plus élevé, mais surtout nous avons des capacités moins développées à nous socialiser, à gérer nos émotions, à quitter le mental, et en plus large, à avoir accès aux autres dimensions de la vie.
En d'autres termes, le QI nous ouvre à beaucoup de choses, mais il nous ferme à plein d'autres, et je pense qu'il y a moyen d'y remédier.

Car pour moi la vie se déroule surtout ailleurs que dans le rationnel, et « se voiler la face » consiste à justement ne pas le voir ou ne pas le reconnaître. Et il est passablement difficile d'exprimer cela en mots, car les mots nous renvoient la plupart du temps à une compréhension rationnelle. C'est d'ailleurs la raison de l'utilisation de métaphores qui font plus écho dans ces cas-là, car elles donnent accès à ces autres dimensions; ce que les mots font plus rarement.

Souvent, faute de mots, ce ne sont que les expériences de la vie qui peuvent mener à comprendre ces autres concepts.

Je peux juste illustrer avec deux exemples (je les ai peut-être déjà donné plus haut dans l'échange, sorry dans ce cas).
Si je devais expérimenter le sommeil pour la première fois de ma vie, aucune explication, aucun raisonnement rationnel ne pourraient me le faire comprendre, aucune définition scientifique, aucun électroencéphalogramme, aucune connaissance sur les ondes alpha, gamma, bêta ne m'aideraient, même pas le témoignage d'autres personne, pour comprendre ce qu'est dormir. Il faut l'expérimenter pour savoir ce que c'est.

Dans le même registre, vivre le sentiment amoureux ne s'explique que très difficilement avec les mots. Ce n'est que quand on le vit qu'on sait ce que c'est.

Or la vie est faite en grande majorité de choses de ce genre, et le retour systématique à la rationalité pour résoudre les problèmes rencontrés dans notre vie, c'est comme tenter de résoudre une difficulté de couple en prenant des phéromones, ou guérir d'insomnie en tentant de mesurer les mouvements oculaires pendant la nuit : ça ne tient pas la route.
Et c'est bien là que se cristallisent les problèmes de la plupart des hp : ils cherchent à résoudre tout avec leur mental, même quand le mental est le plus inadéquat.

Disons que j'aimerais faire gagner du temps aux gens pour ce genre de prises de conscience. Chez moi ça a duré des années. Je me suis obstinée à ne pas le voir, et il n'y avait personne pour me dire ce genre de choses. La problématique hp était totalement inconnue et à l'association de « surdoués » où j'allais, on ne prenait pas cela en compte.
J'ai donc vraiment fait le chemin en solo. Et ça veut dire prendre toujours sur soi, et chaque fois un peu plus. Guy Corneau explique cela parfaitement dans la citation suivante:

“La vie est parfaite puisqu’elle nous ressert toujours le même plat jusqu’à ce que nous prenions conscience de ce que nous sommes en train de manger”.

Et lorsqu'on s'obstine, la vie ne fait pas de cadeau, non seulement elle ressert le même plat, mais elle grossit chaque fois le trait un peu plus.

Bon, ben j'ai quand même trouvé un autre exemple. En tant que hp, nous fonctionnerions un peu à l'image d'un professeur qui donnerait un cours devant un auditoire d'étudiants. Il s'étonnerait à l'examen que ses étudiants ne connaissent quasi rien de son cours, excepté les schémas qu'il avait proposés à l'écran, tout comme la liste des sujets dont il avait traité ou encore le contenu des témoignages de collègues qu'il avait fait venir, ou encore les exercices qu'il avait proposés au tableau pendant le cours, mais le principal du contenu du cours n'avait pas été intégré, un peu comme si les étudiants avaient brossé le cours.
Le prof a alors compris que ses étudiants n'étaient pas à la hauteur et les a tous busés. Mais cela faisait de lui un mauvais prof puisqu'il n'arrivait pas à faire passer son cours alors que les autres cours étaient réussis haut la main par les mêmes étudiants.

En fait, ce n'est ni que le prof n'est pas à la hauteur, ni que les étudiants ne le sont pas. Il s'agit d'un prof aveugle qui s'est adressé à des étudiants sourds. Il ne pouvait pas remarquer que ses étudiants communiquaient par gestes. Les étudiants ne pouvaient comprendre un traitre mot de ce qu'il racontait.
Je pense que la différence est de cet ordre. Il n'y a pas que le QI, il y a aussi un aveuglement à pas mal de choses qui sont hors du registre du QI.

Le problème n'est pas que les gens ne comprennent pas nos raisonnements produits par un QI plus élevé. Le problème c'est que nous ne parlons pas tout à fait le même langage.
Or nous ne sommes pas vraiment aveugles, nous pouvons retirer les lunettes opaques qui nous masquent une bonne part de la réalité, et, au figuré, apprendre le langage des signes ou communiquer par écrit.
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Message par Rayon Vert le Ven 14 Déc 2012 - 22:51

Roland7 a écrit:Ce qui conditionne la manière dont les autres réagissent "instinctivement" (spontanément, "inconsciemment", sans nous connaître) à nous, ce n'est pas (ou rarement) les émotions et l'état intérieur dont nous avons conscience (car la conscience que nous avons de notre état intérieur est en général très/trop partiel), mais bien plutôt l'état d'énergie intérieure qui est le nôtre, ou, dit autrement, les émotions profondes et les croyances qui leur sont liés, que nous véhiculons, plus ou moins inconsciemment.

Roland7, ton message me parle assez bien. Je ne maîtrise pas encore assez tout ça, donc ce que j'ai expliqué est encore un peu confus.
Et en effet je ressens bien qu'il y a plusieurs niveaux d'état intérieur. Je pense d'ailleurs que l'état plus profond influence aussi l'état superficiel. Et de ça je suis assez consciente.

Et quand je relate le fait qu'à présent il y a plus souvent des jours où les gens me remarquent que l'inverse, ce n'est en effet plus lié à l'état superficiel, mais à quelque chose de plus profond et plus stable qui est très peu conscient. Et ces changements se sont produits suite à plusieurs traitements que je fais de front et qui concernent la guérison des traumatismes.
Le traumatisme étant un blocage inconscient que l'on situe en général au niveau de l'amygdale au centre du cerveau. S'il y a guérison à ce niveau, c'est toute la sphère psychique qui en subit les conséquences. On ne peut être conscient de la guérison à proprement parlé, excepté de par ses effets.
Entre autre, ne plus passer inaperçu.
********************
Mitrouille a écrit: .....On pourrait donc différencier de manière un peu simpliste les moments de forces (dégagement d'ondes positives ou négatives) des moments de faiblesse (où on passe inaperçu au risque de se faire écraser au sens propre comme au sens figuré).

Ah ben voilà, c'est exactement ça. Force-faiblesse, ça me parle assez. Mettons la soumission, la timidité, toutes nos abdications, les doutes, dans la faiblesse. Mettons certaines colères (déterminées), l'enracinement (savoir ce qu'on veut), la joie, l'inspiration, dans la force.

Le problème principal de ce raisonnement est qu'à mon avis il ne sera jamais accepté en Occident (je généralise, hein) car nous sommes beaucoup trop fermés à l'idée de la perception sensorielle qui diffère de celle des 5 sens. Essayez donc de parler de ça à votre médecin généraliste, on va bien rigoler....

Et bien, je parierais cher du contraire. Les mentalités changent de plus en plus vite. Et plus les gens changent dans le bon sens, plus ils entrainent les autres à changer, par leur exemple, leur influence, mais aussi via d'autres moyens encore passablement inconnus de nous, justement car nous sommes tous liés.
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