Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

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Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par borntobewild le Lun 3 Déc 2012 - 19:25

Bonsoir à tous,
Il y a bien longtemps que je veux vous retrouver, mais le temps m'a cruellement manqué ces derniers temps. Ce sont peut-être de nouvelles questions qui m'ont poussée à revenir vers vous tous, zèbres auprès desquels je me sens enfin chez moi.
En voici une, ou plutôt une situation qui m'en a rappelé plein d'autres : la semaine dernière, j'ai assisté à une réunion professionnelle. Il s'agissait d'un tour de table où chacun devait se présenter. Comme à chaque fois, je passe toujours en dernier, voire même on m'oublie. J'ai beau me retrouver parfois juste à côté du principal intervenant, je peux être certaine qu'il commencera le tour de table dans le sens opposé au mien. C'est écri-it, comme dirait Cabrel.
Les personnes se sont donc présentées chacune leur tour. Une dame s'est présentée avant moi alors qu'elle devait passer après moi, mais c'était normal, puisqu'elle devait partir plus tôt. Lorsqu'elle a eu terminé son speech, l'intervenante, qui a pourtant regardé dans ma direction, a dit "Bon, tout le monde est passé, je crois que nous pouvons clôturer cette réunion". Heureusement que je me suis manifestée, sans quoi je passais à la trappe.
Vous allez peut-être me dire que, au cours de cette réunion, je me suis planquée, de manière à ce qu'on ne me voie pas, etc. Que nenni ! Sans monopoliser l'attention du public, j'ai tout de même pris la parole à plusieurs reprises, pour rebondir sur une parole, pour ajouter quelque chose ou pour sortir une boutade. Comme tout le monde, quoi. Tout le monde a bien vu que j'étais là, mais on m'a oubliée au moment où c'était à moi de parler. Si mon collègue n'avait pas été à côté de moi, si je n'avais pas être sûre qu'il interviendrait en ma faveur, je me serais amusée à ne pas me manifester, et à partir comme tout le monde, alors que j'avais plein de choses à dire sur le thème de cette réunion.
Ce week-end, j'ai discuté de cette anecdote à une personne avec qui j'ai bien accroché, que je ne connais pas plus que ça, mais que j'attire, manifestement. Elle est bien plus âgée que moi et m'a dit qu'elle avait beaucoup à apprendre de moi, alors qu'elle ne sait absolument pas que je suis zébrée. Bref, je me suis tournée vers cette personne pour voir si elle avait une réponse à m'apporter : et comme ça, elle m'a dit "C'est parce que tu vas à l'essentiel".
J'ai été clouée par sa réponse, par la pertinence de cette hypothèse. Est-ce que, inconsciemment, les gens ne se tournent naturellement pas vers moi, parce que "je vais à l'essentiel" ? Pourtant, je ne suis pas de nature à en mettre plein la vue, et je pense qu'à ces paroles, beaucoup d'entre vous réagiront : nous ne sommes pas de nature à nous vanter, je pense, nous sommes au contraire d'une grande humilité, mais peut-être, en effet, d'une grande clairvoyance.
Cette expérience m'en a donc rappelé beaucoup d'autres : dans n'importe quelle assemblée, pro, familiale ou autre, je suis la femme invisible. Pourtant, je ne reste pas dans mon coin, j'essaie de communiquer, de me fondre, je m'intéresse énormément aux autres, mais peut-être pas dans la direction qu'ils entendent. J'ai l'air comme tout le monde, mais pourtant personne ne se comporte avec moi comme ils le font avec d'autres. Je soupçonne parfois même de les mettre mal à l'aise, alors que j'ai toujours l'impression de marcher sur des oeufs. Dernièrement, j'ai dit à un membre de ma famille que je ne me sentais jamais moi en leur compagnie, et il m'a répondu, comme ça "Mais c'est peut-être toi qui as un problème". Mon problème est-il juste de porter des rayures ? Est-ce cela, mon fardeau ? Je me sens totalement perdue, et il me tarde de voir ma psy (spécialiste des zèbres) pour lui parler de ce questionnement. Avez-vous déjà vécu ou éprouvé cette expérience ? Avez-vous des réponses, des pistes du moins ?
Je suis impatiente de les connaître ! Merci à tous.

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par siamois93 le Lun 3 Déc 2012 - 21:21

"c'est toi qui a un problème" ce n'est pas un problème, c'est juste que tu n'es pas bien en leur compagnie et c'est normal.
Pour moi les fois où on m'oubliait c'était vraiment pour m'ostraciser mais c'était dans des circonstances particulières où il y avait quand même de la jalousie.
Par contre c'est vrai que quand j'ouvre ma gueule :
1 - En général on m'entend.
2 - Ca dérange.

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par Kajaes le Lun 3 Déc 2012 - 22:33

Je vis la même situation que toi tous les jours, à la différence que je suis étudiant.

Dès qu'une conversation intéressante et que j'y participe, je ne suscite aucune réaction. Pas de colère, pas de rire, pas de réponse positive / négative, rien. Ignorance totale.

Je n'ai pas réponse à tes questions, je ne peux que te dire que tu n'es pas la seule dans ce cas. Et que, pareillemment à toi, je souhaite vraiment que ça change et qu'on daigne me répondre.

J'ai testé plusieurs méthodes, comme étudier quelques jours les réactions à certaines répliques et essayer de les recopier, faire le con, faire le mec super-intelligent-qui-connait-tout (la moins efficace, surtout quand ils parlent d'un sujet qu'on connait pas du tout).
La meilleure a été la première, ça a marché quelques semaines, pi je suis retombé dans l'oubli, faute "d'originalité" dans les réponses je pense.

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par Rayon Vert le Lun 3 Déc 2012 - 22:42

Je pense connaître le problème que tu rencontres Borntobewild.

Ca me parle en tout cas, mais c'est un thème qui me chatouille de moins en moins, sans doute car c'est en train de se résoudre.

Ce que moi je vis ou vivais (car ce n'est plus aussi tangible à présent), c'est :
on ne me remarque pas, on ne tient pas compte de moi ou de ce que j'ai dit, je passe inaperçue, on m'ignore, ne me dit pas bonjour (même des proches qui font la bise à toute la famille – sauf à moi, et plus d'une fois).
En fait je ne me suis rendue compte de ça très clairement qu'il y a quelques années. Mais je pense que ça a toujours été comme ça pour moi.
Plutôt timide et soumise tout en étant rebelle et parfois (rarement, mais quand même) grande gueule, j'ai l'impression de valoir peanuts pour les autres.

En fait, ce phénomène m'est devenu plus clair quand plusieurs fois d'affilée, en circulant en ville, par un jour d'affluence, je me faisais bousculer par des gens qui ne m'avaient tout simplement pas vue. Et là, j'étais bien forcée de comprendre que ce n'était pas parce qu'ils ne m'appréciaient pas, m'en voulaient, (ou autre problème relationnel).... puisqu'ils ne me connaissaient tout simplement pas.

C'était en général les jours où je me sentais justement seule et où j'aurais espéré rencontrer par hasard quelqu'un que je connaissais. Je regardais donc très clairement tout le monde, mais personne ne me voyait apparemment. Et bien sûr, je ne rencontrais personne.

L'étonnant dans l'histoire, c'est que, dans les mêmes circonstances, des jours où j'étais très en forme, bon moral, mais où je n'en avais pas clairement pris conscience, je rencontrais plusieurs personnes, de manière plutôt exceptionnelle, sur la même journée, sans l'avoir cherché. Et le soir, j'étais bien forcée de me rendre compte qu'il y avait des jours (moins fréquents) où je n'étais pas invisible.

Pour le moment, les choses changent. C'est presque même l'inverse qui se passe. J'ai l'impression que les gens ont parfois carrément l'attention sur moi alors que je n'ai rien fait, ou rien dit de spécial. Et un détail qui me parle : de tout petits enfants sont attirés par ma présence, alors que par le passé, ils ne me remarquaient pas.

Ce que je comprends, c'est que ce n'est pas dépendant directement de notre volonté, même pas de notre comportement, sans doute en partie de notre état d'esprit du moment, mais qu'il y a quelque chose de sous-jacent, de l'ordre de l'aura, d'une énergie dont j'ignore quasi tout, qui est en cause. C'est comme une sorte de voile que l'on porte, parfois devant certaines personnes et pas d'autres.
Ce voile peut ne pas être éternel, il y a moyen de le faire disparaître.

Pour le côté : « c'est toi qui a un problème ». Il y a deux interprétations à ça. Si on le prend dans le sens : « tu es une personne problématique », c'est super vexant, et c'est même injurieux : mieux vaut oublier tout de suite. Quelqu'un qui fait une telle sortie n'est très clairement pas psy, et sans doute mieux vaut ne pas orienter son attention sur ce qu'il nous dit à notre sujet.
L'autre interprétation c'est: « c'est toi qui fait la remarque et que cela gêne, donc cela représente un problème pour toi ».
Ben oui, forcément, mais il n'y a rien de neuf là-dedans, donc rien à en tirer non plus.

Autre remarque : le « tu vas à l'essentiel ». Moi ça ne me parle pas du tout.
Est-ce que le fait que tu parles ou te taises te rend moins invisible? Je ne pense pas. Donc je ne pense pas que ce soit pertinent.

Le lien avec les zébrures : il est possible, mais je suis certaine que d'autres gens vivent le même genre de situations sans être zèbres pour autant.

Dernière remarque : ce que je sais, c'est que plus on se focalise sur le fait d'être ignoré, plus on va l'être. Il est connu que nous parvenons toujours à vérifier nos croyances. Donc, une fois qu'on remarque qu'on est quelqu'un d'invisible, ben on le remarque de plus en plus. Donc, une fois le problème posé, pour en sortir, mieux vaut diriger l'attention sur toutes les fois où on est remarqué. Même si 3000 personnes nous ignorent et une seule croise notre regard sans nous sourire, sans nous parler, sans nous laisser passer : retenons cet indice-là.

Mieux encore, plus on attend des autres qu'ils nous remarquent : moins ils nous remarqueront. Ce serait l'expectative, le côté assoiffé qui pourrait jouer un rôle. Il y aurait donc à apprendre dans un premier temps à accepter l'invisibilité, en être témoin, observer cela avec bonhommie sans attente autre que d'être là pour l'observer, au point d'en sourire tellement c'est cocasse finalement.

Je pense vraiment que cette impression d'invisibilité est liée aux croyances, à notre mode de fonctionnement mental, peut-être à certains blocages d'énergie car c'est lié à quelque chose de purement physique aussi, et pour lequel, a priori, nous n'avons pas le contrôle.

Je pense que si tu fais un travail d'évolution personnelle, et qu'un de tes objectifs est d'être remarquée, si tu es persévérante, il n'y a pas de raison que cela ne change pas.


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Message par Kajaes le Lun 3 Déc 2012 - 23:28

C'est comme l'histoire du "c'est quand t'es en couple que tu te fais harceler par des celibataires"...

J'y crois pas trop à tout ça. Je ne pense pas que le simple fait de focaliser notre attention sur un évenement modifie le comportement des autres. Si les autres nous ignorent, c'est qu'il y a du "bruit" entre l'émetteur et le récepteur, ce bruit ne peut être qu'un défaut de compréhension (manque de synergie entre les deux personnes).

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Message par siamois93 le Mar 4 Déc 2012 - 0:12

Physiquement je dirais : ouvrir le bas de la gorge, au niveau de l'attache des clavicules sur le sternum, sourire à cet endroit pour laisser l'être s'exprimer.

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par Zébu le Mar 4 Déc 2012 - 8:53

On m'a en effet répondu la même chose "tu vas à l'essentiel, trop vite".
Le problème de l'essentiel ou d'une réponse trop concise et précise, c'est ils n'appellent pas vraiment une réponse qui pourrait engranger un dialogue.
Tout est déjà dit donc et j'ai parfois l'impression que les autres peuvent vivre cela comme une agression.

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par Pieyre le Mar 4 Déc 2012 - 9:12

Je pense moi aussi que le fait d'aller à l'essentiel est décisif. C'est tout au moins le cas dans le débat d'idées, lorsqu'on ne prend pas garde d'enrober ce qu'on dit dans un emballage un peu superficiel, pour plaire à tous, mais aussi avec de l'attention ou de la considération pour chacun, quand bien même on penserait ne rien devoir aux autres quant à notre réflexion.

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par borntobewild le Mar 4 Déc 2012 - 9:21

Merci à tous pour vos réponses. Peut-être y a-t-il plusieurs paramètres : une histoire d'énergie, comme tu le dis, Rayon Vert, peut-être aussi un malaise.
En fait, c'est très paradoxal, et c'est en cela que je suis perturbée : en règle générale, je suis la femme invisible, mais avec certaines personnes, j'ai l'impression d'irradier, tellement, à les entendre, je les illumine. Il y a des personnes qui, sans que je sache pourquoi, sont attirées irrésistiblement, me trouvent brillante, étonnante, pétillante, que des adjectifs en -ante. Ces personnes viennent vers moi, je ne vais pas les chercher, et je suis toujours étonnée qu'elles s'intéressent autant à moi. J'ai enfin une identité avec ces personnes, et même si elle est superlative, elle a le mérite de rassurer mon ego sur le fait que, quel que soit la perception de ces personnes sur ce que je suis, elles m'acceptent telle que je suis.
Dans ma famille, je pense que le paramètre essentiel qui joue dans mes relations avec elle, c'est probablement la jalousie, comme tu dis, Siamois93, ou bien le sentiment profond qu'on n'est pas sur la même longueur d'onde. Partant de là, les dès sont pipés dès le départ et nos relations ne pourront jamais être saines.
En y repensant, quand même, je remarque que les personnes avec lesquelles je ne suis pas à l'aise, non seulement ont un sacré manque d'ouverture d'esprit, mais en plus libèrent des ondes super négatives à mon encontre. Lorsque je vais dans ma famille, j'ai l'impression de le voir, qu'il y a quelque chose qui émane de ces personnes, comme un rayon, pas vert, mais rouge. J'ai décidé de ne plus m'en approcher, et l'idéal serait de ne même plus les voir, pour ne pas avoir d'aussi désagréables sensations, et j'y travaille : je développe des stratégies pour les éviter au maximum.
Bref, pour en revenir au mystère de la femme invisible, je ne me fais plus bousculer dans la rue, depuis bien longtemps, et en effet, dans ce cas, c'est une histoire d'énergie : si tu décides que tu ne te feras pas bousculer, ça ne t'arrivera pas, comme Néo et Morpheus qui marchent dans les rues de la matrice. Mais pour le reste… Tu as beau être là, tu n'es que le spectateur de ce monde dont tu ne pourras jamais faire entièrement partie. Et ce n'est pas parce que je me le dis que ça se passe ainsi, c'est un simple constat que je subis !

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par borntobewild le Mar 4 Déc 2012 - 9:40

Bonjour Pieyre et Zébu, mais comment les gens peuvent-il savoir d'instinct que tu vas à l'essentiel, alors que tu n'as pas encore ouvert la bouche ?! Le ressentent-ils instinctivement, et instinctivement se mettent-ils en retrait, en mode défense, de peur que cet essentiel les agresse ?
À l'inverse, j'ai aussi le problème de ne pas pouvoir, dans certains cas, donner une réponse concise à une question posée. Un exemple flagrant : "Et tu fais quoi, comme boulot ?" Mon boulot actuel est la suite logique de tant d'autres événements, que je ne peux pas le considérer de manière exclusive. En même temps, je sais que me lancer dans un monologue pour expliquer le pourquoi du comment de mon boulot actuel serait d'un ennui profond pour mes auditeurs, qui attendent une réponse simple et surtout rapide. Finalement, je ne sais pas faire la différence entre ceux qui me demandent quel boulot je fais comme s'ils me disaient "Il fait chaud, hein, aujourd'hui!", et ceux qui y portent un véritable intérêt. Je suis toujours en déséquilibre dans mes relations, et je le paie toujours plus tard : l'année dernière, j'ai participé à une journée kayak, où j'ai rencontré pas mal de monde. Au moment du repas, deux personnes m'ont posé la question qui tue. J'ai répondu de manière simple, mais elles ont voulu en savoir plus. Je suis donc partie dans une explication de 10 min, expliquant pourquoi j'en était arrivée là au niveau professionnel, quels étaient mes projets ensuite, etc. Les deux personnes m'ont regardée d'un air perplexe, ont conclu la conversation en disant "Eh bé!", sont parties et ne m'ont plus parlé de la journée. J'ai revu l'une de ces deux personnes cette année, qui n'a répondu à mon "bonjour!" ni par un regard, ni par un salut. Je ne me sens pas blessée, mais frustrée de ne pas comprendre ce qui peut se passer dans la tête des gens. Si je parvenais à les décoder, je me soulagerais d'un sacré poids. Je ne sais pas quelle solution il peut y avoir : la psy que je vais voir toutes les 3 semaines me dit que, quoi qu'il arrive, ce sera toujours à nous de nous adapter. Mais j'arrive à bientôt 40 ans, presque la moitié de ma vie, et je n'en ai plus envie.

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par Pieyre le Mar 4 Déc 2012 - 10:07

Je me retrouve avec à peu près tout ce que tu dis de ta communication avec les autres : ceux que tu attires et ceux que tu repousses, la concision et la prolixité, ne pas savoir naviguer entre les deux, tout ça. Mais je vais rarement jusqu'à me poser des questions existentielles à partir de ce genre de problèmes. Il est parfois difficile de se dire que c'est à soi de s'adapter, mais on ne peut quand même pas changer tous les autres, n'est-ce pas ?

En ce qui concerne ta question, je pense que ce qu'on appelle instinct au sens ordinaire est construit à partir de multiples observations, qui en grande partie convergent. Aussi il suffit aux autres de remarquer quelques-uns de nos comportements pour savoir à qui ils ont affaire, comme nous le faisons à leur égard, même si c'est variable en fonction de chacun.

Mais je ne dirais pas que c'est la parole essentielle seule qui agresse les autres. C'est le fait que quelqu'un surgisse avec sa petite voix dans une réunion, en niant l'implicite d'une pensée élaborée en commun, où chacun œuvre... aussi où chacun obtient une reconnaissance, une confirmation de sa place parmi les autres.


Dernière édition par Pieyre le Mar 4 Déc 2012 - 23:56, édité 1 fois (Raison : expression)

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Message par Tuvatroloinmomo le Mar 4 Déc 2012 - 11:12

"Les personnes se sont donc présentées chacune leur tour. Une dame s'est présentée avant moi alors qu'elle devait passer après moi, mais c'était normal, puisqu'elle devait partir plus tôt".

--> Pourquoi tu le soulignes alors? Le fait que tu l'écrives donnes l'impression que tu donnes un autre sens au fait qu'elle est parle avant toi (comme "ca n'arrive qu'a moi" par exemple).


"Lorsqu'elle a eu terminé son speech, l'intervenante, qui a pourtant regardé dans ma direction, a dit "Bon, tout le monde est passé, je crois que nous pouvons clôturer cette réunion". Heureusement que je me suis manifestée, sans quoi je passais à la trappe."

--> Ca m'est déjà arrive. C'est deja arrive a plein d'autres employes de ma compagnie. Ca n'est pas ma specificite ni celle de quelqu'un d autres. Ca arrive a tout le monde. Le point est ce que certains focalisent leur attention dessus alors que d autres s'en foutent. Dans une compagnie, le fait est que chacun pense a sa pomme et pas a celle du voisin.


"Vous allez peut-être me dire que, au cours de cette réunion, je me suis planquée, de manière à ce qu'on ne me voie pas, etc. Que nenni ! Sans monopoliser l'attention du public, j'ai tout de même pris la parole à plusieurs reprises, pour rebondir sur une parole, pour ajouter quelque chose ou pour sortir une boutade. Comme tout le monde, quoi. Tout le monde a bien vu que j'étais là, mais on m'a oubliée au moment où c'était à moi de parler".

--> Peut etre que celui qui animait la reunion avait autre chose en tete que toi. il peut t'avoir oublie parce que tu n'est pas le centre de ses pensees, ni de son attention. Ca ne veut pas dire que tu es invisible ou que tu n as pas fait les choses comme il fallait. C'est juste que lui pensait a autre chose.


Ce week-end, j'ai discuté de cette anecdote à une personne avec qui j'ai bien accroché, que je ne connais pas plus que ça, mais que j'attire, manifestement. Elle est bien plus âgée que moi et m'a dit qu'elle avait beaucoup à apprendre de moi, alors qu'elle ne sait absolument pas que je suis zébrée.

--> Tu sais, on peut dire a quelqu'un qu'on a plein de chose a apprendre de lui, même si il n'est pas surdoué.. : ))



"Bref, je me suis tournée vers cette personne pour voir si elle avait une réponse à m'apporter : et comme ça, elle m'a dit "C'est parce que tu vas à l'essentiel.J'ai été clouée par sa réponse, par la pertinence de cette hypothèse. Est-ce que, inconsciemment, les gens ne se tournent naturellement pas vers moi, parce que "je vais à l'essentiel" ?

--> Franchement, je trouverais ça très curieux. Les gens ne te parlent pas parce que tu irais droit a la solution et que tu serais "always on point" ? non, non non.. si quelqu'un ne parle pas a quelqu'un d autre, ce n est pas que cette personne est trop pertinente.. Par contre, je pense que tu as raison: tu attires manifestement la personne qui t'a dit ça!



Cette expérience m'en a donc rappelé beaucoup d'autres : dans n'importe quelle assemblée, pro, familiale ou autre, je suis la femme invisible. Pourtant, je ne reste pas dans mon coin, j'essaie de communiquer, de me fondre, je m'intéresse énormément aux autres, mais peut-être pas dans la direction qu'ils entendent.

--> Nous sommes tout plus ou moins "invisibles" selon les circonstances et les personnes car encore une fois, tout le monde, y compris au sein d'une famille, a ses propres préoccupations, intérêts .. et ne peux pas toujours fournir l'attention a laquelle tu peux estimer avoir droit.



"J'ai l'air comme tout le monde, mais pourtant personne ne se comporte avec moi comme ils le font avec d'autres. Je soupçonne parfois même de les mettre mal à l'aise, alors que j'ai toujours l'impression de marcher sur des oeufs".

--> Je ne peux pas reagir sur ça car je ne te connais pas. Maintenant, tu me donnes un peu l'impression d'accorder de l'importance a des details. Si on ne te parle pas, si on ne te donne pas la parole, si on ne t accorde pas d'attention, ça ne veut pas dire que tu es invisible, ou que les gens ont cette attitude volontairement, ou qu'ils se sentent mal a l'aise avec toi. Ca peut vouloir dire qu'ils ont autre chose en tête, et ce que cette autre chose, ce n'est pas toi.

Tu mets en parallèle ce que tu vis en famille et ce que tu vis au travail. Mais ce sont deux contextes tres différents. Peut etre meme que c'est ce que tu ressens dans ta famille qui fait que tu as une sensibilité particuliere au fait qu'on ne t'aies pas donne la parole durant cette reunion ?


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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par Rayon Vert le Mar 4 Déc 2012 - 11:22

Je précise que je réponds à un peu tous les messages à la fois, et que quand j'utilise un « nous », je parle de ceux qui se sentent concernés, pour qui cela fait écho, pas pour tous les zèbres.

Je pense qu'il ne s'agit pas réellement ou que partiellement d'un problème d'adaptation, ou en tout cas pas uniquement, et sans doute pas là où on croit qu'on devrait s'adapter.

Ce qui est devenu plus clair pour moi, c'est que ce n'est certainement pas aux autres à s'adapter à nos modes de pensée qui leur paraissent plus que tordus à certains moments. Et là, il est parfois nécessaire de faire un réel travail sur nos aptitudes à communiquer. Etre au clair avec ce qu'on veut exprimer, les mots qu'on va utiliser pour le faire, mais aussi être au clair avec nos émotions, celles qu'on va exprimer ou pas (en faisant attention à toute la part implicite, les non-dits, etc), et aussi encore, être au clair avec nos besoins, et les demandes ou limites que l'on va exprimer.
Un truc que je remarque de plus en plus : les zèbres sont nombreux à parler codés. Et en ce sens, il y a un boulot de décodage à faire avant de s'exprimer. Nous trouvons souvent trop évident ce que nous exprimons, et ce ne l'est pas, même pour les autres zèbres bien souvent. Mais je pense que ce n'est pas là le problème dont parle Borntobewild.

Donc oui, dans un sens nous avons à nous adapter à nos interlocuteurs dans notre manière de communiquer (et j'avoue avoir exactement le même problème quand on me demande quel boulot je fais (je ne travaille pas, et les raisons sont longues et complexes à expliquer : ne pas les dire désarçonne, les dire désarçonne encore plus, et il y a sans doute une manière économe de dire les choses qui serait parfaitement comprise mais que j'ignore encore)).

Il est cité dans un des messages que le style de voix, la manière de s'exprimer a sans doute une influence. C'est probable. Sauf que, pour moi, le phénomène existe aussi sur les forums par exemple, ou dans les échanges email.
J'en connais une des raisons : je fais des messages trop longs et je n'arrive pas encore à raccourcir sans me « forcer », donc naturellement.
Mais il y a autre chose.
Dans certains forums pour des échanges qui intéressaient pas mal d'internautes, il est courant que mon message soit le dernier de l'échange (alors qu'il ne s'agissait pas d'un échange prise de bec ou quelqu'un cherche à avoir le dernier mot, car en général, là, je tente à tout prix de le laisser aux autres).
Et là, ça rejoint peut-être ce que tu disais (Borntobewild) : le côté aller à l'essentiel – que je réfutais hier dans mon message. Certains m'ont dit : ben après ton message il n'y a plus rien à dire. Ou encore : tu as une longueur d'avance.
Ca me fait une belle jambe Wink Je devrais ne plus m'exprimer pour que les échanges se poursuivent. J'avoue ne pas encore m'en sentir capable.

Pour d'autres échanges, il n'est pas rare que mon message, qui parle du même sujet que les autres, soit totalement ignoré par tous, qui continuent à se répondre les uns les autres, sans jamais faire référence ni à moi ni au contenu de mon message, même si je multiplie les messages. C'est purement frustrant : à se taper la tête contre les murs.
Et je suis sûre à 99,99% ne pas être la seule dans ce cas.

Mais ça c'est plus l'aspect communication, et ce dont parle Borntobewild est plus large que cela. Car en fait, je pense que c'est un sujet nettement plus complexe qu'il n'y parait, qui implique différents aspects qui peuvent se combiner et qu'il s'agit d'un phénomène dont peu de personnes savent quelque chose. S'il existe des théories à ce sujet, je les ignore, et si on m'en donne des références, elles pourraient m'intéresser.

J'avais parlé du « voile » à mon ostéopathe qui semblait tout à fait comprendre de quoi je parlais et concevais en effet que le voile, avec le travail sur moi que je fais en ce moment, allait en effet tomber. Et je remarque de plus en plus, en effet, que les choses changent (les tendances s'inversent)

Un message qui m'a très fort interpellée, c'est celui qui parlait de « bruit » dans la communication. Ca me parle encore plus que le voile, car c'est sans doute encore mieux représentatif de la réalité.
Je me demande jusqu'à quel point, le voile dont je parle, ce qui nous rend invisible, ne serait pas justement quelque chose qui, symboliquement ressemble à du bruit : une interférence, un parasitage que nous provoquons inconsciemment et que nous ignorons mais qui est perçu, inconsciemment, par nos interlocuteurs. En quelque sorte, notre ronron mental, ou plus encore notre ronron émotionnel, parasiterait la communication, de manière à ce que nos interlocuteurs préfèrent s'éloigner, s'adresser à quelqu'un d'autre. Exactement comme quand on allume le poste radio. Si une longueur d'onde nous donne accès à un poste qui grésille en permanence et qu'on ne parvient pas à l'obtenir clairement, on finit par simplement en chercher un autre. Et dans une réunion, si un participant émet en permanence du grésillement, il me parait normal qu'on ne tente pas de lui donner la parole vu que le grésillement perturbe déjà la réunion en permanence et qu'il va parasiter la communication et s'intensifier si on lui donne la parole.
Le grésillement résiderait dans notre comportement : notre regard, notre maintien, l'expression de notre visage; tout le non verbal en quelque sorte, mais peut-être bien plus via l'aura ou autre chose, et dont nous sommes totalement inconscients.

Nous serions (ceux qui se sentent concernés par le problème) donc des personnes qui émettent des messages pas toujours simples à déchiffrer d'un côté, mais en plus, nous émettrions à un autre niveau quelque chose d'inconscient et d'invisible (tant à l'émission que pour nos interlocuteurs) qui brouille la communication et fait tout simplement fuir les gens.

Et lorsque des gens nous approchent de manière inverse, c'est en effet interpellant. Le tout est de savoir dans quelles conditions mentales et émotionnelles on se trouve à ce moment là.

Pour ma part, j'ai remarqué deux choses bien séparées. Les jours où mon ronronnement mental et émotionnel est positif ou moins intense, les gens m'approchent plus et mieux, et cela concerne tout le monde.

Par contre, j'avais constaté dans le passé, mais cela ne se produit quasi plus à présent, quand mon ronronnement mental et émotionnel est fort (quand je suis dans des frustrations qui ruminent et qui jouent sur mon moral ou sur mon humeur), si des gens m'approchent, ce sont en général des gens malsains, manipulateurs, mal dans leur peau ou dans ces eaux-là, et le mieux c'est de s'en éloigner.

De là à se poser la question, si nous-mêmes (ceux qui se sentent concernés) ne serions justement pas alors des gens à caser dans le registre des « malsains, manipulateurs, mal dans leur peau ou dans ces eaux-là » puisque on nous fuit. Je ne le pense pas, mais je ne l'exclus pas tout à fait non plus. Nous serions plutôt des gens qui se couplent parfaitement avec ces gens-là, tout en ayant tout de même ces aspects présents en nous, mais pas forcément aussi développés. Un peu le genre : eux sont des bourreaux potentiels, nous sommes des victimes potentielles, les derniers attirants facilement les premiers, mais n'intéressant en aucune manière tous les autres.

S'il devait s'agir de ce genre de problématique, il est alors possible de s'en sortir, pas par simple décision, ni en apprenant à forcer certains comportements différents de ce qu'on a l'habitude d'avoir, mais en allant guérir certains aspects de notre personnalité qui nous conditionnent à agir comme des victimes. Tout cela touche à la confiance en soi principalement, et cela ne « s'apprend » pas. Il s'agit plutôt de « guérir » d'un manque de confiance en soi. Et parfois c'est à un niveau physique que le travail peut être fait pour y arriver. Je ne pense pas en tout cas que les thérapies de la parole (trop axées sur le mental) peuvent y aider.

Finalement, en me relisant, je vois que j'ai effleuré les aspects suivants, et il y en a sans doute d'autres :
communication (parler codé)
ronronnement mental et émotionnel (parasitage)
frustration >< pensée positive
confiance en soi
acceptation de ce qui est (effleuré dans le message d'hier)
nos croyances (effleuré hier) - nous remarquons ce que nous croyons

Pour rebondir sur le message de tuvatroloinmomo, je peux comprendre qu'on puisse focaliser trop sur ce problème, et que plus on focalise dessus, plus il se manifeste à nous. Mais de là à nier la problématique, je ne peux pas être d'accord.

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Message par Tuvatroloinmomo le Mar 4 Déc 2012 - 11:36

Rayon vert:
1) j'ai lu tout ton message (oui il est long, très long.. :-) )
2) j'ai encore quelque chose a dire, non tu n'as pas épuise le sujet, te voila rassure :-)

--> l'adaptation a l'autre, c'est quelque chose qui concerne tous les etres humains, non tous les etres vivants. Et oui c'est plus ou facile ou difficile selon les jours et selon les personnes de s'adapter, et cela est vrai pour tout le monde ! Il y a aussi ceux qui n'ont pas envie de s'adapter, qui restent avec des gens qui leurs ressemblent, qui sont tres intolérants, mais tres heureux comme ca.. pourquoi pas. Peut etre que les surdoues doivent faire un effort supplementaire pour s'adapter justement, mais c'est important quand meme de rappeler qu'ils ne sont pas les seuls a devoir faire cet effort..

--> le voile, le bruit etc.. --> oui on sait que 90% de la communication est non verbale. Donc oui, quand on est de bonne humeur et quand on confiance en soi, on attire plus de gens que si on est complexe et renfrogne.. Donc oui, faire un travail sur soi est en effet la cles de toutes les solutions Smile

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Message par Invité le Mar 4 Déc 2012 - 14:52

Je pense que dans ce domaine-là comme dans beaucoup d'autres, il peut être utile de comparer ses diverses expériences sur différents terrains.

Si, avec globalement le même fonctionnement et le même mode de communication partout, tu as le sentiment d'être ignorée d'une façon générale, alors c'est probablement ton propre regard sur toi-même et sur ton environnement qui mérite d'être questionné. Ou ton fonctionnement Smile

Si, en revanche, tu établis des contacts "normaux", pas toujours mais au moins d'une façon globalement satisfaisante pour toi dans la plupart des environnements, et que tu te retrouves dans un groupe où tu te sens systématiquement boycottée, que tu y restes suffisamment longtemps pour vérifier qu'il s'agit bien d'une récurrence automatique et non pas d'un hasard répété (rigueur scientifique oblige Laughing ), alors je crois que tu peux en conclure sans te torturer que tu as affaire à un groupe au fonctionnement malsain.

A toutes fins utiles, rappelons que l'absence systématique et volontaire de dialogue avec une personne, la mise au placard automatique, l'isolement de la personne dans le groupe par le refus de communiquer avec elle tout en parlant d'elle "à la troisième personne", est une des techniques de harcèlement moral amplement répertoriée partout.

N'importe quel groupe/ individu ayant un fonctionnement sain t'adressera directement la parole pour te le signifier si il juge que ton comportement est problématique. Tout autre mode de fonctionnement, ça s'appelle de la manipulation, et c'est, par définition, malsain, avec des conséquences potentiellement destructives, sinon on n'aurait sans doute pas jugé utile de légiférer.

Donc, j'en reviens à mon intro :
- Déterminer, déjà, ta part de "responsabilité" en comparant à tes autres expériences
- Décider ensuite si tu as des raisons de rester dans cet environnement potentiellement nocif ou pas - mais si tu choisis de continuer à y survivre, mieux vaut avoir un solide blindage émotionnel et affectif (ne rien investir de ce côté-là sur la ou les personnes concernées), et une tout aussi solide conviction dans le fait que ce que tu as à y apporter est aussi valable que l'apport de n'importe qui d'autre (ça s'appelle la confiance en soi, je crois Wink ) .

Voilà, "my two cents" , comme on dit par ici, et bon courage à toi ! Smile

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Message par Tuvatroloinmomo le Mar 4 Déc 2012 - 15:09

Equinoxe : je suis 100% d'accord avec toi : )

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Message par borntobewild le Mar 4 Déc 2012 - 15:29

Merci Equinoxe, les deux points que tu as évoqués me parlent beaucoup, notamment le second ! Pour être plus précise sur l'événement que j'ai rapporté et qui a lancé le débat, je n'ai ressenti aucun malaise, aucune sorte d'hostilité (contrairement à l'univers familial, où d'autres enjeux motivent les comportements) au cours de cette réunion : je ne connaissais aucun des participants. Il s'agissait d'une réunion que j'ai qualifiée de professionnelle, mais avec des professionnels qui se rencontraient pour la première fois. La notion de harcèlement moral, quelle qu'en soit l'intensité, n'est donc pas de mise dans ce contexte : pour l'avoir vécu, avec mon père par exemple, une amie que je suis heureuse de ne plus avoir et un narcissique pervers (ou pervers narcissique), je pense pouvoir l'identifier clairement et m'en défendre.
Lorsque tu parles de "part de responsabilité", penses-tu à cette surcharge émotionnelle qui fait que je me focalise sur un événement particulier, alors que ce n'est rien de plus que de la maladresse de la part de l'autre, qu'il n'y a aucune mauvaise intention, mais je l'interprète comme une agression ? Dans le contexte précis de cette réunion, non, je ne l'ai pas ressenti comme ça, alors que, je le reconnais, cela m'arrive très souvent de tout interpréter. Mais ici, dès le départ, c'était comme si j'avais perçu ce qui se produirait. Je sens que j'ai des choses importantes à dire, ou à partager, et je n'ai pas peur de le faire. Mais je pense qu'au fond de moi, s'il se passe un événement tel que celui-ci, je me dis que ce n'est pas très grave, que ce n'est pas très important, donc que je ne suis pas très importante, que je ne mérite pas l'attention qu'on m'apporte. Ce qui rejoint le second point que tu as abordé, la confiance en soi ! J'y travaille, j'y travaille, mais y a encore du boulot !

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par Invité le Mar 4 Déc 2012 - 17:03

Lorsque tu parles de "part de responsabilité", penses-tu à cette surcharge émotionnelle qui fait que je me focalise sur un événement particulier, alors que ce n'est rien de plus que de la maladresse de la part de l'autre, qu'il n'y a aucune mauvaise intention, mais je l'interprète comme une agression ?
Oui, je pensais effectivement plutôt à la focale mal réglée, c'est-à-dire une tendance qu'on peut tous avoir à ne remarquer que les événements qui correspondent à une croyance préalable. Ou à interpréter de travers, en passant par ce filtre de la croyance, des événements qui n'y correspondent pas. (Responsabilité entre guillemets car le terme ne me convient pas ici, mais faute de mieux à l'instant d'écrire...)

Ceci dit, il y a une autre éventualité évoquée par Rayon Vert, celle des signaux contradictoires qu'on peut renvoyer.
Je me prends comme exemple : quand j'étais plus jeune, j'étais d'une timidité maladive. Dans toutes les relations sociales, il y avait donc en moi deux tensions contradictoires : le désir d'entrer en contact, d'établir des liens, et la peur qu'on me remarque. Très vraisemblablement, j'envoyais à mes interlocuteurs des signaux paradoxaux qu'ils captaient inconsciemment, disons visage souriant, attitude attentive, et retrait physique, bras noués, regard fuyant dès que l'attention se portait sur moi... Ils étaient inévitablement désarçonnés. Certains réagissaient plutôt à l'appel au contact et me titillaient, me provoquaient... Me demandaient de chanter une chanson, quoi Laughing , d'autres au contraire étaient plus sensibles à ma fragilité et me ménageaient, évitaient de me mettre mal à l'aise en m'invitant à m'exprimer, respectaient en quelque sorte ma distance.
Bon, je résume très grossièrement et je suis totalement insatisfaite de mon mode d'expression, je pense que tu comprends malgré tout ce que je veux dire.

Je suis toujours aussi... wild ( Wink ), et comme j'ai le même âge que toi, je crains que ce soit irrécupérable Laughing , mais il me semble susciter moins de malaise ou de perplexité chez les personnes que je côtoie hors cadre privé. Non pas que j'aie réglé le problème d'être un paradoxe sur pattes, mais peut-être plutôt parce que je m'accepte mieux comme telle. J'imagine que je ne renvoie plus des signaux contradictoires simultanément, mais successivement (alternance d'ouverture et de fermeture), donc je passe simplement pour caractérielle ou lunatique... Plus facile à cerner, quoi Very Happy

Ceci étant dit, dans le cadre d'une réunion, indépendamment de ce qu'on renvoie ou pas, il y a aussi la question de l'inévitable dispersion liée au nombre de participants, et la difficulté parfois pour le chef d'orchestre à ne pas perdre le fil...

Je ne sais pas si tout ça va t'avancer beaucoup, ni dans quelle mesure ça peut être transposable à ton cas. Bon, tant pis, je poste quand même.

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par borntobewild le Mar 4 Déc 2012 - 17:14

Au contraire, merci pour ta pertinence, elle me convient bien, et les souvenirs que tu évoques de ta jeunesse ressemblent en tout point aux miens. J'étais moi aussi très timide, ou très explosive. Comme beaucoup de personnes sur ce forum, j'étais toujours too much, dans un sens comme dans l'autre. Je piquais des crises que ma mère appelait "de nerfs" lorsqu'il s'agissait de faire un repas en famille, ou alors j'étais capable de rester toute la journée dans la voiture de mes parents, parce que je ne voulais pas être en société. Aujourd'hui encore, j'oscille entre le regard fuyant et la tentative souvent maladroite d'un regard franc. C'est probablement ce malaise, ce paradoxe, que les gens ressentent d'instinct.

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par Invité le Mar 4 Déc 2012 - 20:37

Ça me fait plaisir si j'ai pu t'apporter quelque chose Smile

Toujours pas réglé non plus le problème du regard, mais je me suis rendue compte que mon aisance dépendait beaucoup du naturel et de l'authenticité de la personne en face... Les paradoxes n'étant pas à sens unique ! Wink

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par siamois93 le Mar 4 Déc 2012 - 22:49

Borntobewild, tu disais... je ne mérite pas l'attention qu'on m'apporte. Ce qui rejoint le second point que tu as abordé, la confiance en soi !

Il me semble que c'est plus une question d'amour de soi que de confiance en soi. Parfois j'oublie de m'aimer, je cherche à aimer ce que les gens projettent vers moi et de m'y conformer, et dans ces cas j'ai tout faux. Bien que je le sache j'ai du mal à me débarrasser de cette réaction.
Parler de confiance pour moi cela implique de se placer dans la relation aux autres d'une manière plutôt fausse, cela veut dire faire confiance dans le personnage artificiel que je peux créer pour leur faire plaisir.

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par Pieyre le Mer 5 Déc 2012 - 2:05

Je constate que chacun peut apporter des aspects qui recoupent le sujet. Je vais revenir sur mes impressions moi aussi, qui me semblaient concorder très bien à la première lecture. On va voir.

Quand j'étais enfant, ma timidité était tempérée par une intrépidité qui faisait que, dans un groupe, j'étais parfois à l'initiative, voire même au commandement. Mais, par la suite, j'ai pris la position de l'ombre ou celle de la marge du groupe. Jamais je n'ai été parmi ce qu'on peut appeler les lieutenants, pas plus que parmi les simples suiveurs.
Par ailleurs, en classe, du collège à la faculté, quand il y avait des projets de groupe à présenter, je réalisais tout le travail, ou alors je m'arrangeais pour ne pas vraiment être dans un groupe.

Si je crois qu'une telle attitude est liée au point qui a été abordé : celui d'aller à l'essentiel dans le débat, ou plutôt de s'en tenir à l'essentiel sinon rien. D'un point de vue général, mes compétences sont plutôt celles du concepteur, du donneur d'idées. Mais je suis rarement en position de diriger une initiative. Aussi, comme lorsque j'étais enfant, même si c'est sur un autre plan, je suis dans l'ombre ou à la marge, et parfois pourtant sur la scène, c'est-à-dire que ma visibilité dépend des circonstances et des informations que j'échange avec le groupe plutôt que de ma personnalité.

Je me suis aperçu de cela pour la première fois quand, après des études scientifiques et un emploi en informatique, je me suis inscrit en philosophie. J'étais un peu plus vieux que les autres mais ce n'était pas tellement sensible. Une année, j'avais rassemblé un petit groupe d'étudiants afin de préparer ensemble l'épreuve du CAPES, comme c'était courant. Mais à part ça, je n'avais présenté aucun exposé.
Lors de mes études précédentes, j'avais eu les meilleurs résultats plusieurs années de suite; aussi il avait bien fallu qu'on sache qui j'étais. Ici, lorsque j'évoquais dans les discussions la volonté de former un groupe de réflexion, j'avais l'impression qu'on me fuyait. Je ne faisais tout simplement pas partie de ceux qui savaient avoir l'air plus malins qu'ils ne l'étaient, enfin ceux dont les qualités, réelles, passaient beaucoup dans l'apparence et la sociabilité. Aussi, relativement à eux, j'étais, non pas celui qu'on ne voit pas, mais celui qu'on oublie de voir.

De façon plus précise, j'ai occupé une position comparable quand je suis venu sur des forums de discussion, il y a presque dix ans.
Je me suis aperçu à plusieurs reprises que, lorsqu'on faisait, à fin ludique, un petit inventaire des participants connus – je me souviens notamment qu'un parallèle avait été fait avec des figures imaginaires, en fonction d'un aspect de la personnalité – ou lorsqu'on citait simplement ou cinq ou dix de ces participants, je n'étais jamais parmi eux. Pourtant j'étais parmi les deux ou trois qui écrivaient le plus sur le forum, en quantité et en qualité.
J'en étais dans un premier temps surpris, et dans un second soulagé. Mais le fait est que je n'avais voulu ni figurer ni être oublié dans ces petits jeux qui exprimaient un tant soit peu la part de sociabilité du forum.

En conclusion, je crois qu'il y a plusieurs aspects, dans mon cas, qui expliquent que j'insiste sur la valeur de la parole énoncée ou écrite pour expliquer une certaine invisibilité.
Dans un groupe je ne suis pas très sociable, sinon avec quelques-uns; notamment, même si je cabotine, je n'aime pas faire le pitre, ni avoir un pseudo ou un avatar le plus bébête possible, enfin tout ça. Ensuite je cherche à approfondir le plus possible la réflexion. Enfin je suis formaliste, à la fois quant au style d'écriture et quant à l'expression des idées. Aussi je tiens pour presque rien, sauf quand il s'agit de jouer, les éléments de la langue écrite qui correspondent au langage non verbal de l'interaction réelle.
Le dernier aspect est de moins en moins sensible je crois. Mais sinon, tout cela fait que j'intervenais sans laisser assez de place aux autres, avec une rhétorique et un style efficaces mais de façon froide (en apparence seulement, au regard de l'énergie que j'y mettais). Aussi, on tenait compte de mes avis quand on ne pouvait pas faire autrement, mais sans m'inclure dans une structure implicite de sociabilité, faite de d'ancienneté, de charisme, etc. que je remarquais mais dont je ne voyais pas l'intérêt dès lors qu'il s'agissait de réfléchir.

J'ai un dernier exemple pour illustrer cela. C'était durant mon service militaire, que j'effectuais sous le grade de scientifique du contingent. J'avais un poste d'ingénieur en informatique dans un organisme de recherche de l'armée, une place que j'occupais par défaut, avec la solde d'un bidasse.
Une fois, il avait fallu présenter un modèle d'entête pour un fichier que le groupe devrait utiliser à partir de mon travail. Une réunion avait été prévue. J'avais un modèle, qui me semblait très bon comme ça – quel besoin d'une réunion ? Durant 1h ou 1h30, nous en avons discuté, à cinq ou six, avec quelques chefs. J'ai dû avancer progressivement les aspects de mon format, comme si la réflexion commune s'exprimait par ma voix. Mais à la fin, bêtement, j'ai fait remarquer qu'on avait finalement adopté ce que j'avais prévu au départ. Je ne pense pas que ce soit la meilleure manière de se faire apprécier au sein d'un groupe où l'on est la cinquième roue du carrosse.

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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par Rayon Vert le Mer 5 Déc 2012 - 19:33

Un aspect qui n'a pas encore été évoqué c'est celui du fait que, dans les groupes de plus de 5 ou 10 personnes, il y a toujours des gens qui restent silencieux. Et ils sont même en général majoritaires. Et je pense qu'ils jouent en fait un rôle important dans les groupes. Et dans le cadre du problème de passer inaperçu dans un groupe, leur présence peut aider justement à mieux rebondir.

Je vais expliquer cela en fonction de ma propre expérience.
Si ma transparence apparente dans un groupe (image un peu paradoxale Wink ) me saute aux yeux parce que ma présence est (concrètement) ignorée ou parce que ce que j'exprime semble tomber à plat (no réaction), j'ai appris ces dernières années à ne plus me fier à ces apparences et à apprendre de plus en plus à en faire fi.

Car quand on se sent transparent, on a le choix de réagir de plusieurs manières.

Pour ma part, je suis capable de m'en indigner, et, si j'exprime cette indignation, je risque bien de me mettre les gens du groupe à dos, ou, pire encore, de remarquer que même mon indignation n'est pas visible pour les autres du groupe. Car, en m'indignant et en exprimant cette indignation, je prends forcément une sorte de rôle de grande gueule, et je risque gros de recevoir un retour de flamme.
Résister consistant à faire persister un problème, j'ai toutes les chances de m'en prendre plein la figure.

Les réactions négatives à mon indignation, voire l'absence de réaction à mon indignation, vont donc forcément me mener au bout d'une moment à choisir de me taire.

Je pense qu'une partie des gens timides et réservés (en particulier parmi les zèbres) le sont pour cette raison-là. Et cela s'apprend trèèèèèèèès tôt dans la vie.

Au-delà d'exprimer son indignation ou de se taire, une troisième solution est celle d'apprendre à la longue à choisir assez rapidement d'aller voir ailleurs.

Mais, là aussi, quand la transparence continue à se manifester, on finit par se rendre compte, à la longue, qu'on peut éternellement quitter les groupes sans jamais se fixer nulle part, sans jamais être entendu, sans jamais s'épanouir.

J'avais entendu, lors d'une conférence, l'auteur d'un livre sur la communication, dire que ce sont les gens qui ont l'habitude de ne pas être compris qui écrivent des livres. Je me suis dit: ce gars là est un zèbre.

Actuellement j'apprends à accepter d'une certaine manière ce statut de transparence. C'est plus simple, vu que, comme je l'ai déjà mentionné, une part de cette transparence a déjà partiellement disparu : Le voile s'est en quelque sorte en partie dissout – sans doute la part la moins concrète, celle qui correspond à l'aura.

Mais dans les faits, dans les groupes, le plus fréquemment, je continue à remarquer que je reste transparente. Et cela m'apprend à adopter une quatrième comportement qui n'est ni de l'indignation accompagnée de résistance, ni du silence, ni de la fuite, mais simplement de m'exprimer en confiance. Car à présent, je sais que si je suis transparente pour certains – ceux qui s'expriment – je ne le suis pas forcément pour tous – les silencieux – qui sont souvent majoritaires.

Il a fallu énormément de temps pour que je le comprenne, mais les indices se sont accumulés.

Et je vais donner l'exemple du groupe de volley auquel je participe depuis au moins 5 ans. Nous ne jouons pas pour la compétition, le groupe s'apparente plus à un groupe tel qu'on les rencontre en vacances. On y rit énormément et il y a 2-3 personnes qui se chargent de faire de l'humour.
Au début je me taisais, riais, et tentais d'être à la hauteur. Ensuite j'ai commencé à tenter de faire de l'humour moi aussi, mais cela ne faisait rire personne. Cela m'a frustrée un peu, mais surtout ça m'a ramenée au silence, sans trop y réfléchir, ça a été naturel. Et malgré cette frustration, je continuais à prendre plaisir au jeu et à la bonne ambiance du groupe.
En parallèle j'étais parfois aussi frustrée dans le jeu quand des meilleurs joueurs que moi me piquaient des balles qui arrivaient à ma portée.

Actuellement, je joue de mieux en mieux, et ça m'aide à prendre confiance par rapport au groupe, et à prendre plus ma place dans le jeu, et cela m'a aidée à prendre mieux ma place aussi dans le groupe. Et je considère que la place dans le jeu et la place dans le groupe fonctionnent de concert.

Un beau jour, je ne me rappelle plus par quel déclic, sans doute un jour où j'en avais marre de me taire ou de m'indigner, et que j'ai jugé ne plus avoir rien à perdre, j'ai décidé que, peu importe que ça tombe à plat ou pas, j'avais bien le droit de faire mon humour. Et j'ai persisté. Et il se fait qu'avec le temps, je vois bien que les gens finissent par y répondre. Ils s'habituent au côté sans doute un peu tordu de mon humour, et finissent par le comprendre ou y voir quelque chose d'amusant, et ils le renvoient.
J'apprends donc que persister à s'exprimer dans le vide peut être payant.

En ce moment, j'apprends à faire pareil sur les forums et ailleurs. Et je remarque qu'en effet, mes messages n'entrainent aucune réaction, mais que, finalement, ils sont souvent lus et que certains en tiennent parfois compte. J'apprends donc à tenir compte de cette majorité silencieuse de qui je n'ai rien à attendre, pour m'exprimer malgré tout, sachant que si j'ai quelque chose à dire, cela servira très probablement à quelqu'un, voire même à beaucoup.

Et quand bien même ce que j'exprime ne devrait pas servir à d'autres, je persiste à penser que j'ai à l'exprimer, ne fut-ce que pour moi-même, tant que je reste attentive à ne nuire à personne en le faisant.

L'idée n'est tout de même pas d'ajouter à tout prix ma voix au brouhaha ambiant; juste d'utiliser du mieux que je peux une forme de droit à l'expression.
Et ma peur diminue également quand je vois le nombre de gens qui expriment des choses inutiles, peu ou pas pertinentes, voire carrément du n'importe quoi. Au point même que j'en arrive à comprendre que, lorsqu'il s'agit de défendre des droits (peu importe à quelle échelle), ceux qui obtiennent les meilleurs résultats sont rarement ceux qui demandent les choses les plus justes, ce sont plutôt ceux qui ont parlé le plus fort ou occupé le plus de temps de parole.
Et rien qu'à ce titre, je trouve qu'il est nécessaire d'arrêter de se taire quand on a quelque chose à dire.

Je suis encore capable de m'indigner bien sûr face au silence qui répond à mes participations, mais je choisis de ne plus m'investir dans cette direction . Je peux mettre mon indignation par écrit si nécessaire, afin que ce qui est déposé sur le papier (ou sur le clavier) quitte mon mental et cesse de me préoccuper. Mais je ne fais pas usage de cela.

Je sais que ce comportement est transitoire car j'ai confiance qu'une fois que le voile sera tombé, je n'en aurai plus besoin. Mais cette étape reste essentielle à mes yeux, car elle permet de réellement installer et approfondir une forme d'assurance à toute épreuve puisque cette assurance n'est d'aucune manière soutenue par l'extérieur et qu'elle vient donc en totalité d'une confiance en moi, une véritable confiance en moi, qu'il sera probablement difficile de détruire par la suite.

Souvent la confiance en soi acquise dans l'enfance via les références extérieures à soi reste une confiance conditionnelle – basée avant tout sur le jugement (tout le monde n'a pas la chance d'être aimé inconditionnellement dans l'enfance). Or la véritable confiance en soi doit être inconditionnelle pour ne plus pouvoir vaciller.

J'ai donc envie de suggérer à tous les gens qui se taisent (et lisent l'échange) et se sentent concernés, de se mettre à oser s'exprimer dans le vide, petit à petit, en expérimentant, et pour commencer, dans un lieu où le contenu de ce qu'ils exprimeront ne sera pas trop important à leurs yeux. Mieux vaut commencer dans le cadre des loisirs, avec des gens assez éloignés par exemple.

Quand j'ai remarqué que le présent échange était lu par 30 à 50 personnes alors que moins de 10 personnes se sont exprimées, cela m'a confortée dans l'idée que cela valait la peine de s'exprimer pour les silencieux.

Est-ce que ça parle à quelqu'un ce que je dis ou est-ce que c'est complètement codé?


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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par YueLiang月亮 le Mer 5 Déc 2012 - 22:34

En ce qui me concerne, j'ai remarqué que certains de mes professeurs (la plupart), ne me regardent pas dans les yeux ou très rarement mais ce n'est qu'un bref coup d'oeil..., comme s'ils évitaient d'avoir un quelconque échange avec moi ; je me demande souvent si ne je suis pas réellement transparente ! mouais Pareil pour les échanges avec un tiers, j'échange mon point de vue, ou simplement je lance une discussion, et paf, la personne en face de moi ne bronche pas, ... Non désolé





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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

Message par Bitterlings le Jeu 6 Déc 2012 - 12:11

Rayon Vert a écrit:
J'ai donc envie de suggérer à tous les gens qui se taisent (et lisent l'échange) et se sentent concernés, de se mettre à oser s'exprimer dans le vide, petit à petit, en expérimentant, et pour commencer, dans un lieu où le contenu de ce qu'ils exprimeront ne sera pas trop important à leurs yeux. Mieux vaut commencer dans le cadre des loisirs, avec des gens assez éloignés par exemple.

Mais quel bénéfice obtient on en s'exprimant plutôt qu'en se taisant et en passant inaperçu ?

Bitterlings
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Re: Avez-vous l'impression de passer systématiquement inaperçu ?

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