Et rebondir de bumper en bumper...

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Dim 14 Jan 2018 - 17:57

Work in Progress

Ce qui s’est passé au vernissage me travaille depuis jeudi soir. Sur le moment j’ai réussi à en parler ici, sans rien y comprendre, et ce que j’ai pu en dire était abrupt, purement émotionnel. J’ai eu vaguement sur le moment le sentiment d’en faire un peu trop, que ce n’était peut-être pas totalement “vrai”, pas moi, pas réel. Mais c’était bien ce que je ressentais alors je l’ai laissé.

Puis le lendemain j’ai analysé, écrit ici que c’était bon et beau de retrouver ma sensibilité, mais comme la veille, une fois posté mon billet j’ai eu comme un sentiment négatif, je trichais, sûrement, cela ne pouvait pas être « ça ».

Je me sentais partagée, stupide et vaguement perdue. Car au final que s’était-il vraiment passé jeudi soir et qu’est ce qui se passait là. Je n’en étais pas sûre.

Hier matin, d’ailleurs, comme si le doute me hantait encore, il m’a été impossible d’écrire ici. Pour écrire quoi, qui ne serait pas mensonger, me serinait une petite voix intérieure.

Alors j’ai tenté d’écrire sous contrainte pour rendre compte du souvenir que j’en avais. C’est le meilleur moyen, je le sais désormais, de laisser parler mon inconscient. Une phrase ou deux, je compte les pieds ou les syllabes et je tache d’en écrire la suite, en rimes.

J’ai donc commencé un texte qui parlait du vernissage et de cet ami, mais passées les premières strophes, c’est de moi dont je parlais. Et même si j’en éprouvais de l’émotion, je m’en suis voulu, cela m’a bloquée. J’ai mis de côté.

Une petite voix me hantait donc encore tandis que je suis sortie faire quelques courses. Pourtant me disais-je, si je pleure sur moi, sans pouvoir m’en empêcher, c’est peut-être bien parce que c’est “vrai” ? Oui… mais cela me semblait tout de même fou.

Par chance ma fille venait sur Lyon ce samedi soir, et elle vient seulement de repartir, en me disant que cela lui avait fait très plaisir de pouvoir parler avec moi aussi simplement, que c’était très touchant, et très vrai, justement.  Un retour que l’on m’a déjà fait récemment.

Hier, je lui ai raconté mes 48 dernières heures et je me suis mise à pleurer, après l’avoir prévenue, “Attention, je vais pleurer !”, ce qui l’a beaucoup amusée. Je n’ai pas cherché à me freiner ou me cacher, je me suis laissée être. Or, au moment où je me suis racontée, seule face à elle, c’est bien moi qui suis apparue, celle qui ne sait plus contenir cette sensibilité exacerbée, et retrouve par moments les pleurs d’une émotion impossible à contenir.

Tard hier soir, puis ce matin, après une nuit étonnamment longue, j’ai tenté de reprendre le petit texte en rimes, et je viens de le terminer. Je ne sais pas si c’est “vrai”, ou si c’est exagéré, ou si c’est sublimé, ou sans intérêt.  Je crois que je m’en fous. Je sais seulement que j’en suis émue, aux larmes.


La première fois


Quelques personnes, un hall ouvert,
Un lieu de passage et des passants,
Un choix d’images prises sur une aire,
Et le bonhomme, debout, attend.

C’est sa première exposition
Enfin il peut se dire artiste,
Mais ce n’est pas par ambition
Car ce n’est pas un arriviste.

Il est tremblant, inquiet, tendu,
Ça fait des jours qu’il a plongé,
Des nuits entières et décousues,
A tout revoir, tout calculer.

Pourtant l’ambiance est bon enfant,
Le lieu s’y prête, rien d’officiel,
Les rires fusent, le vin détend,
Rien qui ne soit sacrificiel.

L’amie est là, simple soutien,
Elle croit devoir rester dans l’ombre,
Bouclier ou même gardien,
Des sensations en trop grand nombre.

Collègues, amis, le monde afflue,
Regards, questions, paroles, silences,
Elle joue le jeu qui est convenu,
Et ne sent pas monter la transe.

Elle est postée non loin de lui,
Elle le regarde, le sent, le capte.
Il se détend et s’épanouit,
Tandis qu’elle plonge, et sombre, inapte.

Sans avoir vu l’angoisse venir
Telle une marée, un tsunami,
Ses émotions sans l’avertir  
Ont envahi son cœur, sans bruit.
   
Depuis le temps qu’elle divague,
Elle sait pourtant bien les brider,
Et sans jamais faire de vagues,
Rester stoïque, comme un rocher.

Alors elle borde et tire et pousse
Tâchant de faire conversation,
N’écoutant pas cette secousse
Du refoulé des émotions.

Puis elle ne peut plus s’en défaire,
Ni même espérer les freiner,
De fait il n’y a  plus rien à faire
Sinon s’enfuir, sans rien montrer.

C’est bien après, une fois chez elle,
Au calme, à l’abri sous son toit,
Qu’elle en appréhende l’essentiel,
Pour elle aussi, une première fois.

Fleur de Lotus

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Invité le Dim 14 Jan 2018 - 19:02

Bonsoir Fleur de Lotus,

Ton témoignage vis-à-vis de ce que tu as vécu avant et pendant le vernissage de ton ami m'interpelle et me questionne. Je vais tenter d'exprimer assez clairement mes pensées, mais au moment où j'écris cette phrase, elles sont plutôt brouillonnes ^^

Déjà, je me suis demandée si pour toi le fait de dissocier était nécessairement une mauvaise chose, si ton idéal était d'être la plus connectée possible à tes émotions, quand bien même elles sont très fortes et douloureuses? Je demande ça en particulier à cause de ce passage:

Fleur de Lotus a écrit:Je m'aperçois alors, en y réfléchissant, que cette histoire de stress n'est pas claire pour moi, elle est intellectualisée, et pas ressentie. N'ai-je jamais connu de stress intense ? Bien sûr que si, bien plus souvent qu'à mon tour même. Alors ?  En fait, bien que j’aie pensé dès mon réveil à ce qu’il devait éprouver, je n'ai pas osé m’y projeter. Je ne me le suis pas permis, comme si d’accepter mon empathie n'avait pas été possible, de là où j'étais. Idiot, c'est certain. J’ai le sentiment de dissocier.

Je trouve aussi un peu étonnant cet autre passage qui, pour le dire un peu brutalement, peut sembler un peu "masochiste":

Fleur de Lotus a écrit:Hier j’ai dû dissocier,  c’est à dire mettre une partie de mon cerveau en mode “Off”, pour simplement supporter ce que je ressentais, parce que depuis peu je suis de nouveau sans protection, telle une écorchée vive. Je n’y prends plus garde, je ne me prémunis plus, et je prends tout de plein fouet.

Et c’est bon.

C’est compliqué, intime, parfois trop ; c’est angoissant, stressant, comme il y a longtemps ; c’est sensible, intensément, à en avoir besoin de disjoncter, au bout d’un moment. Mais je sais que je suis vivante, enfin.

Je dois maintenant apprendre à ne pas en avoir peur, à le gérer sans penser que j’agis mal, à en profiter pour créer et aimer, au présent, en un mot à le vivre.

Mais oui, c’est bon, et c’est beau.

Personnellement, je pense que c'est une bonne chose d'être reliée à ses émotions, de pouvoir les ressentir et les exprimer. Mais je trouve aussi que la dissociation, lorsqu'elle permet de se couper d'émotions trop fortes et délétères, est un mécanisme sain. Bien sûr, lorsque la dissociation prend trop de place dans notre vie, elle devient plus ou moins pathologique, ou en tous cas une source de souffrance, notamment parce qu'il devient difficile d'être soi-même lorsqu'on perd la connexion avec nos ressentis.

Cependant, être trop en lien avec des émotions exacerbées est aussi une source de souffrance (quand il s'agit de peur, de tristesse et sans doute de colère). D'ailleurs, le fait de vouloir tellement comprendre ce qu'il y a derrière, ce qui les cause et les déclenche, ce qui peut nous permettre de progresser, montre à mon avis bien qu'il s'agit d'émotions difficiles à accepter, à juste laisser passer.

Bref, je ne sais pas si je suis claire, mais qualifier l'ensemble de nos émotions de "belles et bonnes" est à mon sens exagéré, car un bon nombre de nos émotions nous font souffrir (quand bien même elles sont légitimes ou compréhensibles). Personnellement, après avoir été (sans le savoir, bien sûr), pas mal dissociée tout au long de ma vie, j'ai beaucoup misé sur mes émotions il y a 6 ans, en commençant un intense travail sur moi. J'ai ensuite mis longtemps à comprendre que les émotions elles-même pouvaient être plus ou moins pathologiques, et source d'une grande souffrance. Dans mon cas elles sont carrément pathologiques, puisque je souffre d'un trouble anxio-dépressif et d'un stress post-traumatique. J'ai conclu de mon propre parcours que nos émotions nous sont vitales et nous apprennent beaucoup de choses sur nous, mais qu'elles peuvent aussi nous envahir et être délétères (même sans en arriver à un trouble de l'humeur). Et j'ai aujourd'hui une certaine nostalgie du temps où je me sentais plus paisible, et où j'étais capable de me concentrer sur autre chose que ce qui m'agite intérieurement.

Je sais fort bien que tu n'es pas dans ma situation, mais je me demandais quel est ton positionnement par rapport à la place à accorder aux émotions. À te lire, il me semble qu'elle est très grande, mais je ne connais de toi que ce que tu nous livres ici, ce qui est nécessairement biaisé.

Je me suis dit aussi que tu n'étais sans doute pas si dissociée que ça lors du vernissage puisque tu as senti l'effet que provoquait sur toi le stress de ton ami, et senti que c'était pour toi difficile à supporter. Quand on est davantage dissocié, on ne ressent même pas de stress, on "plane" un peu, on vit les choses de plus loin et on a l'impression que "tout va bien". En tous cas c'est comme ça que ça se passait pour moi, et c'est ce que j'ai compris de ce que j'ai lu sur le sujet.

Je suis curieuse d'avoir ton avis sur tout ça Smile

PS: je suis épatée par le long poème que tu as pu écrire sur cette expérience!

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Dim 14 Jan 2018 - 20:05

Bonsoir Tempête, tout d'abord merci de ton retour.

A dire vrai, sur le moment, je n'ai pas du tout senti ce qui se passait. Mais alors rien du tout. Donc c'est pour ça que j'ai employé le mot "dissocier".
D'ailleurs, c'est parce que je n'ai rien ressenti sur le moment, que j'étais purement dans l'instant, que j'ai eu le sentiment, en après coup, de tricher ou de mentir, de penser que j'en faisais trop. Avais-je réellement vécu tout ce que je décrivais ? J'ai toujours été habituée à gérer tout "ça" au mieux, alors n'étais-je pas en train d'en faire trop, dans la narration ?

Ce qui m'a "alertée" c'est le billet que j'ai écrit jeudi, tout au long de la journée, comme cela m'arrive parfois. En le corrigeant et le terminant le soir, à mon retour, j'ai bien senti que je m'étais coupée de mes émotions dans la journée et qu'elle ressortait via le billet, malgré moi.

Je pense, comme toi, que dissocier en cas d'émotions très dangereuses peut être salutaire, sur le moment. Il est possible que j'ai dissocié, lorsque j'étais enfant, pour des épisodes dont j'ai parlé ici, et si c'est arrivé, cela ne pouvait être que pour me sauver, donc c'était bénéfique.

Par contre, tout au long de ma vie, je me suis coupée de certaines émotions, mais c'étaient celles qui peuvent (pourraient ?) me permettre d'écrire avec mes tripes, et pas les autres. Donc c'était une bonne chose en un certain sens car j'ai pu assumer une famille, nombreuse, dans la joie et la bonne humeur comme on dit, des boulots, souvent gratifiants, un couple, qui a été une réussite au niveau parental, etc. Globalement j'ai eu une vie tout ce qu'il y a des plus heureuses, en fait !

Mais... Mais ce n'était qu'une partie de moi. L'exemple le plus parlant est à propos de l'écriture. Lorsque j'écrivais des livres pour la jeunesse, malgré leur succès,  je n'en étais pas satisfaite. C'était du "marketing" disais-je. Je savais bien raconter des histoires d'enfances type "Treize à la douzaine" disait-on. Soit. Et alors ? Est-ce que j'écrivais vraiment, comme un "vrai écrivain", un artiste ? Non. Du moins est-ce, ce que j'opposais au discours ambiant.

En fait, je ne me pense pas masochiste mais plutôt en quête d'une certaine vérité. Une vérité qui tournerait autour de l'Amour.

Je l'ai toujours cherchée, cette vérité, et mes nombreuses années d'analyse en témoignent. Mais je me trompais, ce n'était pas quelques chose à intellectualiser, il me fallait au contraire aller au coeur de mon être, sans passer par le cerveau. Et cela passe par les émotions, qui, oui, peuvent être douloureuses mais on peut les vivre sans trop en souffrir, les regarder passer, les prendre pour ce qu'elles sont, les exprimer, puis, justement parce qu'elles ont pu être dites, les laisser partir. Elles ne peuvent s'en aller si elles sont enfouies en soi. Et en ce qui me concerne, j'ai l'impression qu'elles doivent être dites d'une manière artistique.

Il est évident que je pourrais me passer de cette recherche, m'éviter ces douleurs, mais alors je ne pourrais pas véritablement créer. Ce qui ne veut pas dire non plus que je veux souffrir pour pouvoir créer ! Il y a des artistes qui sont foncièrement heureux d'être et de créer.

En fait, et tu vas peut-être sourire, mais pour mieux m'expliquer je vais passer par un personnage de série, il s'agit de Patrick Jane, dans Le Mentaliste. Je la regarde en ce moment, pour la troisième fois. J'adore le personnage de Patrick Jane, je le rencontrerais IRL, j'en tomberais raide dingue amoureuse, c'est certain. Pourquoi ? Parce que, malgré son histoire, sa douleur intense, son désir de vengeance et la noirceur qui l'habite aussi, c'est foncièrement un être d'Amour qui l'offre tout autour de lui, en permanence. Une sorte de double masculin de ce que j'aimerais être, en quelque sorte.

Alors.. puisque je réfléchis tout en écrivant, peut-être ai-je tort de vouloir absolument créer, et surtout me penser artiste en devenir. Peut-être dois-je me contenter de vivre mes émotions sans les brider, prendre tout de plein fouet, certes, mais en apprenant à les accueillir pour ensuite les laisser repartir, sans en avoir souffert. Peut-être que je dois simplement vivre et offrir cet Amour dont je suis pleine, sans chercher à l'exprimer de façon "artistique" .... c'est possible. Vraiment, là, je n'en sais rien...

Mais c'est sûr et certain, je vais y réfléchir plus avant !
Bonne soirée Tempête.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Lun 15 Jan 2018 - 22:42

Work in Progress

Depuis mon réveil de ce matin, un peu compliqué car je n’arrivais pas à sortir du sommeil, je suis en plongée intérieure, je plane, comme légèrement anesthésiée, ce qui m’a rendue très cool avec mes étudiants comme j’ai pu le constater cet après midi puisque je les ai laissés me convaincre, assez facilement, de visionner un film plutôt que de travailler sur des textes.

Je n’avais pas de toute façon pas la force de les porter et de les motiver, une activité bien trop loin de mes préoccupations du moment, même si je ne les connais pas. J’ai donc flotté tout au long de cette journée, dans un état ni mauvais ni bon, assez neutre, à me regarder évoluer, d’un oeil vaguement intéressé et amusé.

J’ai donc géré ma journée professionnelle de loin, et c’était assez agréable de ne pas me sentir plus que ça touchée par les uns ou les autres. D’une certaine manière, je me suis sentie “inatteignable”, mot inexistant que j’aurais bien changé par invincible mais il y a une connotation active voire agressive dans cette notion d’invincibilité, ce qui n’est absolument pas ce que j’éprouve.

C’est plus un flottement au dessus des problèmes concrets du monde, une sorte d’indifférence, aimable, mais d’une neutralité étrange. Un état parfait pour coudre mes “bidules” mais pas plus.

Je ne sais pas où cela me mène, mais j’y suis encore en ce moment, et je ne me sens pas vraiment capable d’en dire grand chose de plus ce soir.

Petit billet doux sans autre prétention que d’être la trace d’une humeur très certainement bien plus significative qu’elle n’en donne l’air.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mar 16 Jan 2018 - 21:15

Work in Progress

La plongée dure peu plus longtemps que prévu. Je n’ai pas ma vivacité habituelle et je baillais beaucoup ce matin. J’accuserais donc vaguement le coup d’une certaine fatigue.

Ce matin, comme hier matin, je me suis rendormie après ou pendant la sonnerie et je ne dois probablement mon salut (un réveil dans les temps) qu’au petit soldat, surnommé Moi, qui veille au danger. Ou alors c’est mon inconscient qui, jouant double-jeu,  m’assomme et me tient en alerte tout en même temps. Possible aussi, je sais combien il peut être facétieux.

Toujours est-il que je suis là en train d’essayer d’écrire mon billet quotidien et que je cerne très précisément les limites de l’exercice. Mais après tout lorsque l’on est en analyse, il y a parfois ce genre de pause ou de repli. Tout semble à l’arrêt tandis que la fatigue nous cloue sur place et qu'un travail intense se déroule en coulisses.

Je me souviens du début de ma première tranche d’analyse : au bout de quelques semaines, le temps de m’y mettre vraiment, j’ai sombré dans un état de fatigue tel que je passais littéralement tout mon temps de loisir à dormir. Et cela a duré quelques mois. C’était aussi le début de ma relation avec celui qui deviendra le père de mes enfants, là aussi il y aurait peut-être quelque chose à creuser.

Ce qui m’incite à penser que j’ai atteint une nouvelle pelure (métaphore de la psyché vue comme un oignon) ou sous-couche du masque qui me constitue (ait).

Tout à l’heure, pendant une pause de deux heures, j’ai commencé à retravailler le fameux texte érotique, pour un magazine qui se dit intéressé. Il me semblait qu’enfin je pourrais le relire, objectivement, sans y mettre de désir particulier sinon d’écriture, et surtout pas de nostalgie d’une relation amoureuse qui permettait ce genre de littérature.

Et c’est le cas.

En fait, avec cette fausse fatigue qui me fait planer, c’est comme si mon corps m’obligeait à lever le pied, le fameux lâcher prise. Peut-être pour me permettre de (re)trouver ce qui est essentiel.

Sûrement même. Car j’ai bien du mal à m’auto-analyser. Pire je suis au bord des larmes en ce moment même, à simplement tenter d’y voir clair.

Oh, je me doute bien de ce qui se passe. Car j’ai beau tenter de m’assommer psychologiquement, on n’efface pas comme ça des années d’introspection. Mais je m’interdis d’y penser consciemment.

Tiens, ça me rappelle lorsque j’ai décidé sciemment de ne plus écouter mes rêves, mes désirs, ou même de me projeter dans des lendemains meilleurs, une des conséquences de l’analyse. Preuve qu’elle était « terminée » et « réussie » puisque j’étais parfaitement adaptée à la vie que j’avais choisie, la vie normale d’une femme normale, avec un quotidien normal, etc, etc, etc.

Mine de rien c’était un excellent pansement. Il a tout de même tenu un paquet d’années...

Je doute que celui que je tente désespérément de coller sur mes ressentis du moment tienne aussi bien. Mais peut-être n’en ai-je pas envie.

Sûrement même.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Invité le Mar 16 Jan 2018 - 23:14

Bonsoir Fleur de Lotus,

Ce que tu vis depuis hier me semble bien plus être une dissociation que ce que tu as vécu le jour du vernissage de ton ami. Pour preuve, tu emploies le verbe "planer" et tu es bien incapable de savoir ce qui se passe en toi (hormis quelques suppositions et les larmes qui perlent à tes paupières). Enfin je ne suis pas spécialiste du sujet, que j'aimerais d'ailleurs approfondir un jour...


Fleur de Lotus a écrit:Tiens, ça me rappelle lorsque j’ai décidé sciemment de ne plus écouter mes rêves, mes désirs, ou même de me projeter dans des lendemains meilleurs, une des conséquences de l’analyse. Preuve qu’elle était « terminée » et « réussie » puisque j’étais parfaitement adaptée à la vie que j’avais choisie, la vie normale d’une femme normale, avec un quotidien normal, etc, etc, etc.

Mine de rien c’était un excellent pansement. Il a tout de même tenu un paquet d’années...

Ça, c'est ce que j'ai vécu pendant de nombreuses années, mais dans mon cas ça s'était mis en place tout seul, pendant l'enfance.


Douce nuit à toi, et attention au réveil! Wink

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mer 17 Jan 2018 - 17:12

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Jour sans. Sans l’obligation de sortir pour aller “gagner ma vie”. Libre de gérer mon temps comme je le souhaite, entre préparation de cours, corrections et tout le reste, un « reste », plein d’émotions diverses, connues ou inconnues, mais toujours variées et tentantes, un reste fait de multiples sensations qu’à un moment ou un autre j’aurais envie de raconter, un reste des milliers de fois plus important que le travail obligatoire.

Je bénis ces “jours sans”, bien qu’ils soient financièrement nuls. D’ailleurs je ne suis jamais aussi active que lors de ces journées, pleine d’une versatilité digne de figurer au Guiness Book Records.

Là je pédale comme une dératée sur un vélo calé entre une bibliothèque blindée et un lit de fortune utilisé tous les quinze jours par ma fille, j’écris ce billet, j’écoute vraiment une playlist imaginée pour moi par Spotify à partir de mes écoutes précédentes, jazzy romance and Co, je grimpe en régime et je règle mon souffle pour tenir mini 45 minutes voire une petite heure, si tout va bien, ou plutôt si je garde la motivation, et j’ai déjà/encore la tête dans le texte que je corrige en sourdine depuis mon réveil, entre deux quêtes sur wow, deux courriers administratifs, une machine, une vaisselle, deux textes préparés pour mes cocottes de la prépa Infirmière, etc.

Me poser sur ce vélo m’oblige à y rester le temps de faire au moins vingt kilomètres, c’est la règle que je me suis fixée, et je ne peux ni jouer, ni papillonner, ni rien d’autre qu’écrire du pouce sur mon smartphone, et c’est parfait pour ce genre d’exercice.

C’est bon, je suis chaude pour passer sur l’autre texte…

Les 20 kilomètres sont passés, ma batterie est déchargée, je n’ai plus la concentration nécessaire, je dois m’arrêter.

Mais j’ai bien avancé. Je m’amuse à corriger ce texte, je l’actualise, puisqu’il avait été écrit pour deux personnages vivant dans un monde hors d’âge, j’y mets des ressentis passés mais sans affect, j’écris, vraiment,  et c’est bon.

Je ne sais pas s’il sera meilleur mais je me le ré-appropri, vraiment, et j’en suis heureuse. Parce que si la plongée qui n’est pas terminée m’emmène sur ce type de chemin, c’est certainement ce qui pouvait m’arriver de mieux.

Après, pour ce qui est du reste, de “l’autre reste”… bah, qui vivra verra.



Tout de même, avant de poster, la question qui revient, régulièrement : pourquoi se dévoiler ainsi, c’est tout de même particulier. Pour me pousser. Indubitablement. Je poste le billet et c’est comme si je tournais une page tout en prenant rendez-vous avec moi-même. Et j’en ai besoin.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Jeu 18 Jan 2018 - 23:48

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Je ne suis plus dans mon état « normal », au sens où je me sens différente de celle que j’étais en démarrant cette introspection devenue quotidienne, il y a à peu près deux mois.

C’est devenu évident, je le sens autour de moi, dans les échanges ici ou là, dans les retours que j’en perçois et en mon for intérieur. Il y a une évolution, une sorte de rotation - révolution - interne, du regard que je porte sur moi, ma personnalité, mon parcours, passé, présent et même futur, et donc de mon comportement.

J’ai le sentiment étrange d’être en train de franchir une étape et d’entamer une nouvelle vie. Pourtant, concrètement, objectivement, il n’y a aucun signe patent d’une nouvelle vie qui se profilerait. Mais c’est ce que je ressens et ça me déstabilise. Ai-je envie de sauter le pas, un pas que je n’identifie même pas globalement mais dont je cerne, peut-être, quelques facettes.

C’est bien ça la question.

C’est comme si, tout à coup, je m’apercevais de la présence d’une nouvelle porte sur une route que je pensais avoir bien balisée, que j’ouvrais cette porte, avec une certaine appréhension, et que j’accédais à un nouveau chemin, une nouvelle voie.

Me voilà donc sur le pas de la porte, face à cette route inconnue, vaste et sans contours précis, foisonnante, et donc attirante.... mais tout autant inquiétante. Je dirais même qu’il n’y a pas encore de route mais plutôt un espace à découvrir, parcourir, à condition de m’y engager. Inquiétant, exaltant, stressant, attirant.

Et cela m’oblige à y réfléchir...

Car, même si le stress de l’inconnu n’est pas franchement agréable à vivre, il est évident que la situation, telle qu’elle donne l’air de se présenter, est pleine de potentiel.

Il me semblait pourtant avoir réussi à me satisfaire du confort d’un chemin bien tracé, vie professionnelle rodée, vie familiale épisodique mais intense et vraie, vie amoureuse vide mais en attente sereine de jours meilleurs, écriture de soi pour baliser le parcours, bricolages divers pour agrémenter le quotidien, un petit train-train somme toute assez agréable.

Alors pourquoi quitter cette route bien balisée, surtout à mon âge.

Ah… le mot est lâché, c’est donc une question d’âge. Ou plutôt du chemin qui reste potentiellement à parcourir avant le cut de fin. Bien évidemment, plus on avance sur ce chemin que l’on sait  limité, et plus on se rapproche de la fin, Mr de Lapalisse n’aurait pas dit mieux.

Le balisage de mon chemin aurait donc pour but de me faire oublier que, comme tout un chacun,  je me dirige inexorablement vers le panneau “Sortie définitive”  ; et je l’aurais donc dessiné avec tout plein de détails destinés à me leurrer et m’endormir…  Sans doute, très banal tout ça.  

Et donc, une fois cette triste évidence mise à jour, je fais quoi avec l’espace en friche derrière la porte ?

Hum… je ne sais pas. Ca clignote pas mal derrière cette porte, mais ça ne clignote pas encore assez pour effacer le chemin que j’ai patiemment balisé depuis des semaines. Pourtant je suis très tentée, c’est certain. J’ai le sentiment qu’il me faudrait changer de paradigme, carrément. Et puis ce serait un bon moyen pour ne pas m’encroûter dans une vie certes confortable mais qui risque d’être morne d’avoir été trop bien balisée.

Reste à savoir si je vais avoir le courage, ou la folie, ou l’inconscience, ou je ne sais quoi, pour franchir le pas. Car pour le moment, je suis toujours sur le seuil. Mais…
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Ven 19 Jan 2018 - 16:35

Work in Progress

J’ai beaucoup hésité à venir ici aujourd’hui.

J’avais le sentiment que je ne pourrais pas écrire ce billet quotidien sans, d’une façon ou d’une autre, tricher ou mentir par omission. Et cela n’aurait eu aucun intérêt, sauf à m’interroger sur cet empêchement, mais cela risquait d’être tout aussi mensonger.

La raison en est simple et se devine sans mal, ce que je dis ici peut être lu, et là, je ne pouvais l’envisager.

Mais voilà, aujourd’hui est un nouveau « jour sans », et j’ai passé ma matinée à jouer, pas trop fière de moi, sentant bien que je cherchais à m’y perdre, ou du moins m’oublier.

On a les addictions qu’on veut.


Alors je me suis dit que j’allais pédaler, que ça me calmerait et puis que je n’aurais pas « rien » fait de ma matinée.

Et me voilà à pleurer doucement sur mon vélo tout en écrivant ces mots...

Écrire en pédalant pour tenir plus longtemps, pour chercher le souffle, pour se mettre en mouvement, me détendre dans l’effort, laisser filtrer malgré moi les émotions, me laisser être, avec mes contradictions. C’est une forme de méditation ou en tout cas un bon moyen d’introspection et de remise en route.

On prend les garde-fous qu’on trouve.


Je l’ai senti venir hier soir, lorsque j’ai finalisé le billet du jour. J’étais sur le jeu en même temps, et j’ai envoyé balader un personnage qui cherchait de la compagnie. Pourtant rien d’extraordinaire,  au contraire, puisque c’est le principe même du RP et que j’y vais aussi pour ça. Mais c’était un personnage féminin qui se plaignait d’être mal aimée, maladive, perdue, etc. Le genre Calimero avec des boobs et ça... non merci. Alors, même si mon instinct me disait que derrière la blonde se cachait un mec désireux de pécho sans risque de se faire jeter, je me suis lâchée et je l’ai envoyée dans les cordes. Elle n’a pas tenu longtemps face à ma dérision sur la pauvre petite chose qu’elle disait être.

On gère ses émotions comme on peut.


Une demi heure que je pédale, et que j’écris. Mon souffle est stabilisé, j’en éprouve un certain plaisir, je vais mieux, c’est un fait.

Faire confiance à son instinct de survie.

Hier soir encore, après le RP,  j’ai entamé la lecture d'un nouveau roman, « La vie sans fin » de Frédéric Beigbeder, une sorte d’auto-fiction sur l’immortalité et les “avancées” du Transhumanisme. En fait un roman autobiographique sur notre finitude, et comment chacun réussit à le vivre.

Tiens...  je crois bien que c’est justement cette lecture qui m’a achevée.

Un mec qui s’interroge sur le temps qui passe, c’est intéressant, bien sûr. Mais cela reste un mec et on aura beau dire, les hommes n’ont (quasi) aucune conscience de cet effet de l’âge sur une femme. Et Beigbeder, du haut de ses cinquante ans, entame son roman en expliquant comment il se rassure sur cette finitude qui nous hante tous. Il baise, en imaginant qu’il engrosse la jeune femme qui lui tombe facile dans les bras...

La messe est dite.

Je me suis arrêtée de pédaler sans même m’en apercevoir, cela faisait 45 minutes et j’avais atteint les 20 kilomètres.

Comme quoi, même si ça ne va pas trop bien, une part de nous tient bon dans la tempête.

Le déni de ce qui m’habite, une colère exprimée en RP , une tentative de négociation avec moi-même, un petit moment de déprime, et pour finir une forme d’acceptation, voilà les étapes du deuil déclinées en quelques heures. Pourquoi pas, mais si c’est le cas, de quoi est-ce le deuil, ou de qui ?
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Sam 20 Jan 2018 - 16:38

Work in Progress

J’ai bien essayé d’écrire un texte pour cette introspection quotidienne, mais c’est un autre texte qui s’est écrit sous mes deux pouces pendant que je pédalais. Et même si j’en suis contente, même s’il s’agit bien de regard sur moi, même si c’est personnel et sans tricherie, sans doute même parce que c’est sincère et intime, je ne souhaite pas qu’il devienne mon billet du jour.  J’aimerais qu’il fasse partie d’une série, sans trop savoir à quoi elle ressemblera pour le moment.

Mais de l’avoir écrit me laisse à penser que je suis bien en train de franchir le seuil de la petite porte découverte ces jours derniers. Timidement, avec une assurance toute relative, un regard amusé sur ma naïveté incorrigible et un brin de coquetterie d’auteure, mais oui, un petit pas vient d’être réalisé vers l’espace inconnu.

Oh, je ne me leurre pas. J’ai encore la main sur la poignée, je peux encore faire machine arrière, puisque je n’en dis rien, mais j’aime à penser que j’avance, encore et toujours. D’ailleurs, quoi qu’il puisse se passer, j’avance puisque j’écris.



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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Dim 21 Jan 2018 - 12:26

Work in Progress

Samedi soir, ma fille n’est pas là ce week-end, et vers 21 heures j’aurais pu aller sur le jeu, comme quasi tous les soirs, mais pas eu envie de converser via un personnage, pas eu envie de ce genre d’émotions-là, pas ce soir.

Je n’y vais plus beaucoup en RP, sur ce jeu, mais j’y passe tout de même une heure, parfois deux, en soirée. Un peu de relations sociales décalées, ça occupe une partie de l’esprit, ça trompe l’ennui. Mais non, pas ce soir.

Alors j’ai écrit, un peu, un texte que je retravaille et que j’aimerai faire relire, puis j’ai suivi les pérégrinations de Patrick Jane en cousant mes petits morceaux de tissu. Je l’aime bien cet éternel adolescent qui met de la folie et de l’amour dans tout ce qu’il fait. Un personnage atypique, un zèbre, très bien brossé.

Entre chaque épisode, en me connectant avec un personnage que personne ne connaît,  j’ai vérifié qui était présent,  s’il y avait des gens que je connaissais, évalué si cela pouvait être intéressant d’y aller avec ma brunette.

Il y avait bien une cinquantaine de personnages en RP sur la capitale. J’en connais environ un quart, dont quelques uns seraient accourus vers moi, très certainement, pour RP ou même un petit coucou HRP. Mais il n’y avait pas le “danseur”. Et là je me suis aperçue que je n’y allais plus que pour lui, sans même lui parler et encore moins jouer avec lui. J’ai compris que j’avais besoin de cette petite lumière dans ma nuit. Franchement pathétique.

Puis est arrivé minuit, et j’ai commencé ce billet du lendemain.

Si je veux jouer le jeu, je me dois de parler de cet ennui que je ressens en ce moment. Parce qu’il est bien réel et qu’il me tombe dessus. Ce soir je me sens seule et je m’aperçois que cette attente du “danseur” n’était là que pour combler ce vide dans ma vie. Et je ne suis pas trop fière de moi, j’avoue.

Alors je vais aller lire Beigbeder, et demain, promis, je tâcherai de creuser un peu ici.

.....

Dimanche, deux bonnes  heures que je suis réveillée. Une demie heure dans le lit à simplement réfléchir à ce qui m’habite depuis hier et une seconde à mettre en route café, chauffage, musique acoustique sur Spotify et petits morceaux de tissus, et une grosse heure à mêler tout ça.

Le blues est là, impossible de passer à côté ou de le nier. Est-ce le réveil dont parlait Tempête ? Possible, prise de conscience en tout cas.

Je repensais à ces six dernières années, enfin sept plutôt puisque j’ai rompu il y a un an, à quinze jours près. Déjà un an... est-ce que j’ai mis à profit cette année ? Oui, sans conteste. J’ai retrouvé ma liberté d’être. Je l’avais perdue sans même le voir. Car maintenant je peux l’admettre, et le dire, M. avait fait de moi une autre. Pas une mauvaise chose en soi, je suis sortie de ma cage dorée, même si par moments je repense à son confort feutré avec un brin de nostalgie. Mais il avait repoussé toutes mes limites à son profit, faisant de moi ce que je ne suis pas, possessive à l’excès, connement jalouse, exigeante, attachée à  le réassurer en permanence sur l’amour que je lui portais, jamais rassasié, jamais satisfait. Il m’avait « hystérisée » et je l’ai laissé faire. Je veux croire qu’il m’a rendu la liberté, comme il me l’a dit, et que c’est par amour. Il est parti en vampiriser une autre, et il va probablement la vider de toute substance vitale.

Un an pour me retrouver. Un an que je tourne en rond, que je creuse, que je me fais mal, que je m’arrache la peau, que je déchire le voile. Cela ressemble bien à un réveil.

Un signe qui ne trompe pas, depuis le début de ce week-end je n’arrête pas de me brûler. Le four, le fer à repasser, tout est bon pour me marquer, j’ai même réussi à me brûler la lèvre inférieure avec un morceau de chocolat fondu d’un pain au chocolat sorti du four. Il faut tout de même le faire. Mais j’en connais la signification, cela ressemble à ces ados qui se scarifient, je me sens exister dans mon corps. Seule, mais c’est mieux que rien.

Que vais-je faire de cette liberté retrouvée. Je crois que c’est justement la porte qui est apparue et que j’ai ouverte avec crainte et espoirs. J’en ai une image assez claire, si je savais peindre, cela ressemblerait sans doute à du Magritte, teinté de Rousseau, Dali et Kandisky, un lieu réel mais un peu naïf et surréaliste.

Curieusement j’ai le sentiment que la route balisée s’assombrit ou s’efface, perd son côté attirant car rassurant, tandis que derrière la porte l’espace s’ouvre, s’éclaire, et perd son côté angoissant.

C’est comme si je voyais différemment ce que peut être ma vie à partir d’aujourd’hui, comme si je cherchais à moins me préoccuper de ce que j’ai déjà vécu, et donc de ce qui me reste à vivre, pour envisager que tout est possible, comme aux premiers jours.

Mais ne dit-on pas que c’est ce qu’il faut faire, vivre comme si chaque jour était le dernier, et donc l’unique, ou mieux, le premier ?



Et voilà ce que Spotify m’a offert tandis que je terminais ce billet :

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Lun 22 Jan 2018 - 14:31

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Encore un jour sans. Une partie des étudiants sont en stage, et le mois de Janvier est un morceau de gruyère, cool mais pas du tout rentable, je me fais « chi.. » à corriger des copies pour pas un rond, le prix à payer comme on dit.

Bon, je ne suis pas à plaindre, stop les jérémiades. Surtout que cela fait deux heures que je fais des quêtes sur le jeu en faisant de la paperasse, j’ai même rempli mon devoir en répondant au questionnaire du recensement. Et cela m’a curieusement réveillée.

Ah ben oui... je vis seule désormais. Il y a bien une visite tous les quinze jours de ma dernière, mais cela va bientôt s’arrêter car son copain, celui dont elle pensait qu’il n’était pas pour elle car il lui ressemblait beaucoup trop, et dont elle pense aujourd’hui que c’est « celui pour toute une vie », et bien il va venir habiter chez elle, en permanence, dès qu’il aura trouvé un boulot sur Sainté. Finis les week-ends chez Maman, c’est sûr, d’autant que je n’ai pas la place pour les loger à deux. Et puis, même si je le pouvais, je ne crois pas que j’en aurais envie.

Bref, me voilà donc libre. Bien. Et libre de quoi ? Hum... vaste question.

Il me semble qu’il est très facile de n’en rien faire, ou pas grand chose, de cette liberté dont on rêve pourtant tellement.

Il me semble qu’il faut rester vigilant, sous peine de s’endormir dans une routine arrangée au fil des jours.

Il me semble que l’envie, le besoin même, de calme intérieur, peut nous faire glisser vers une vie d’endormi, bien à l’abri dans notre zone de confort.

Et j’ai effectivement le sentiment que ma route bien tracée y ressemble.

Cette route balisée, éclairée, que j’hésite encore un peu à quitter pour le petit chemin de traverse, inquiétant car fouillis et plein d’inconnus, cette route aux allures de vie classique, normale, papa/maman voire papi/mamie (beurk....) dans la grande maison enchantée pleine de rires d’enfants, feu dans la cheminée, chat qui daigne nous prêter une partie de « sa » maison et potager bio dans le jardin, une image qui m’habite et m’a construite, je ne le nie pas, cette route là... est pleine du risque de m’endormir.

Moui... c’est évident.

Est-ce que j’irais mieux, est-ce que je vivrais mieux cette vie qui est bien la mienne désormais, si je décidais, une fois pour toutes, que je choisis le petit chemin de traverse, un dernier pour la route avant de reprendre, peut-être un jour, l’autre route ?

Je crois bien que telle est la vraie question à se poser, là maintenant.







Paroles de "Je pense" :
Je pense qu'il faut penser,
Pour avancer,
Penser le jour, penser la nuit,
Penser un peu, quelques pensée,
Pour avancer,

Je pense qu'il faut aimer,
Pour avancer,
Aimer pour vivre, devenir ivre,
Aimer sans rien, sans bouclier,
Pour avancer,

Je pense qu'il faut construire,
Pour avancer,
Gouter au pire, pour s'épanouir,
Un grand navire, qui chavire,
Pour avancer,

Je pense qu'il partir,
Pour avancer,
Faire un détour, devenir sourd
Un tête à tête, à l'aveuglette,
Pour avancer,

Alors je pense, je pars, je perds,
Je perds mes repères,
Une tempête, un désert, les éclairs, le tonnerre,
Moi je désespère,
Alors je tourne, je tape, je tombe,
Je tombe de sommeil,
Un rayon de soleil m'ensoleille
Au paysage de reflets vermeille,

Et je pense qu'il faut croire,
Pour avancer,
Fixer un phare, couleur ivoire,
Toujours vouloir, garder espoir,
Pour avancer,

Je pense qu'il faut créer,
Pour avancer,
Peindre à ses heures,
Écrire ses peurs,
Chanter ses peurs et ses malheurs,
Pour avancer,

Je penses qu'il faut se décaler,
Pour avancer,
Regarder autrement, s'arrêter un instant,
Prendre le temps de s'ennuyer,
Pour avancer,

Je pense qu'il faut s'unir,
Pour avancer,
Tendre le coeur, tordre la peur,
Marcher ensemble, quand la nuit tremble,
Pour avancer,

Alors je pense, je pars, je perds,
Je perds mes repères,
Une tempête, un désert, les éclairs, le tonnerre,
Moi je désespère,
Alors je tourne, je tape, je tombe,
Je tombe de sommeil,
Un rayon de soleil m'ensoleille
Au paysage de reflets vermeille,

Prendre le temps d'écrire,
Ces quelques lignes,
Fallait que je respire,
Fallait que je m'incline,
Dans ce décor en feu,
J'ai que mes yeux,
Pour contempler la vue,
Terre inconnue,
Prendre le temps de se taire,
Écouter l'air,
Infuser les soirs d'été, les jours d'hiver,
Regarder la vie, silencieuse et belle,
Comme un incendie,
Qui s'envole au ciel
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mar 23 Jan 2018 - 9:09

Work in Progress

Réveillée vers 5 heures du mat’, une heure à tourner en rond, j’envisage de me lever, et puis non, c’est pas pour moi ça, et je ferai quoi. Je ne serais pas seule, je trouverais bien à m’occuper...

Non, je reste, finalement je me rendors et forcément je maudis la sonnerie de 7 heures. C’est quoi ce nouveau truc, une piqûre de rappel sur le fait que je ne sais toujours pas où je vais, juste histoire de me questionner ?

Marrant, hier soir je me suis endormie en prenant vaguement la décision d’arrêter ce journal. Le sentiment qu’il me fallait passer à autre chose, ou ailleurs, ou ... bref une autre voix, un autre chemin. Plus rien à dire sur moi, me disais-je, je tourne en rond, c’est devenu inutile. Ou peut-être n’est pas assez intime...

Oui, bon, j’ai compris.

J’ai de nouveau besoin d’une écriture très particulière, celle que je pratique quand je suis amoureuse et que c’est partagé. Écriture folle mais libre de se laisser être. Logique.

Hier soir sur le jeu ma brunette a rencontré un personnage intéressant. Une bonne heure de conversation rafraîchissante, agréable, engageante. Je me suis même demandé si ce n’était pas M. qui animait ce soldat bien moins idiot que la moyenne.

J’ai senti que je pourrais de nouveau écrire à propos du jeu, ce que je n’ai pas su faire depuis près de trois semaines. Mais justement, j’ai bien joué avec goût et amusement, j’ai bien cerné ce que j’aurais pu en retirer pour un petit texte narratif, mais j’ai aussi senti que cela ne remplirait pas non plus ce qui me manque, vraiment, là, maintenant. Je pouvais écrire mais sans affect, comme le jeu d’hier soir, et comme ici. En plus je finissais la correction d’un autre texte, que j’ai même imprimé pour le relire dans la journée, je n’y étais donc pas vraiment.

Hier encore je me disais que c’était peut-être comme une fin d’analyse ou fin de période. Tout a été mis à plat, il n’y a plus qu’à vivre désormais.

7h30. Une demie heure d’introspection sans frein. Ça ressemble à une bonne séance. Je lance Spotify, une liste préparée pour moi à partir de mes écoutes précédentes. Tom Misch & Carmody, Release you. Là il est vraiment temps d’y aller.



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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mer 24 Jan 2018 - 14:14

Work in Progress

Bon, bon, bon... ça sent vraiment la fin ou en tout cas la pause. .... Ou alors le franchissement difficile d’une étape et j’y vais à reculons. Possible aussi.

Amusant, c’est de me mettre à écrire ce billet qui m’y fait penser, vu que je me suis clairement obligée en me mettant sur mon vélo, me disant qu’une fois partie pour vingt bornes, je ne tiendrais pas sans une motivation autre. Parce qu’il faut tout de même être honnête : pédaler pour pédaler, j’y arrive pas. Même avec de la bonne musique. Au bout d’un moment je m’ennuie. Ce n’est même pas une question de souffle ou de fatigue, non je m’emmerde. Ça tourne dans ma tête au même rythme que mes jambes et de n’en rien faire, ça me déprime. Tandis qu’écrire, c’est un autre souffle que je vais chercher. D’ailleurs j’ai écrit bon nombre de petits « poèmes » sur ce vélo. Pour les textes plus longs, c’est bien plus compliqué, question de rythme, justement.

Bien.

Hier soir j’ai sorti ma brunette et ça n’a pas raté, le soldat est venu à sa rencontre. Nous nous étions déjà mis d’accord par courrier IG (in game) pour nous retrouver ce soir, mais pas pour hier soir. D’ailleurs je me suis co assez tard, vers 22 heures, et il était en train de pexer (= monter les niveaux de son personnage), mais il est assez rapidement arrivé en ville pour tomber « par hasard » sur ma brunette.

Et c’est là que... bah me voilà quand même partie pour dévoiler des petits trucs intimes... je m’amuse de moi même. Bref. Donc discussion sur un muret face au port, un spot connu pour le RP.

….

Bon... j’ai perdu le souffle. Je n’ai même pas fait dix bornes... arrêt sur image... je me suis sentie prête à lâcher un « truc » et j’ai déraillé, dans ma tête en tout cas.

Soit je joue le jeu soit j’arrête.

Plongeon.

Pour ceux qui me liraient et n’auraient aucune idée de ce que peut être un cheminement analytique, vous voilà aux premières loges. Clairement je butte sur un point important, pour moi en ce moment, et c’est d’être ici, sur mon vélo mais surtout dans cette parole que j’ai souhaitée transférentielle que ça se joue.

Enfin... non, pas tout à fait. Parce qu’en analyse, on se fout tout de même un peu de ce que pense l’analyste. Même au plus fort du transfert on sait pertinemment qu’une fois sorti.e de son cabinet on reprendra une vie bien à soi, sans regard ni risque. Ce qui n’est pas le cas ici.

Donc... et bien j’ai atteint la limite du dévoilement intime sur un « blog » ou l’anonymat est tout relatif.

Pourtant j’en ai dévoilé des faits, des souvenirs, des peurs, des erreurs, des rêves. Certes. Mais cela restait sans réel impact sur moi, ma vie présente ou future. Je suis comme je suis, on prend ou on prend pas, j’ai passé l’âge de m’en préoccuper... sauf... pour quelques personnes.

Oui, enfin non. Ce n’est pas ça non plus.

Quinze bornes. Je joue avec moi, c’est clair. Comment je fais pour aller jusqu’au bout de cette petite route que je m’impose plusieurs fois par semaine, ces vingt bornes qui durent 45 minutes environ, si je n’écris pas.

Bah, l’avantage est que, je le sais, une fois posté, j’oublierai ce billet. Je passerai à autre chose, en l’occurence un "lieu communautaire" d’artistes que j’ai décidé d’aller voir cet après midi,  et je n’y repenserai que demain...

Donc, hier soir, discussion à deux sur un muret devant le port. Une nana se poste tout près et se mêle à notre conversation, sans y être invitée. Je demandais au soldat s’il voulait rester sur les hauteurs ou descendre voir l’animation du port. La fille, une fouteuse de merde, certainement jouée par un mec, insinue que Lyly, ma brunette, crève d’envie que le soldat l’emmène voir les bateaux mais n’ose pas lui demander, et qu’il doit donc prendre les devants.

Là... je rigole toute seule sur mon vélo... là je lui rentre dedans, verbalement, tout d’abord en lui disant qu’elle nous emmerde, ce qui la ravissait de toute évidence, puis, emportée par ma colère, réelle, je lui balance que “ J'ai pas besoin de quelqu'un pour emmener qui je veux où je veux”.

“Faux !” me suis écrié en silence en voyant mes paroles s’afficher sur mon écran de jeu. Faux, me suis-je redit en rejoignant mon lit un peu plus tard. Vrai pour Lyly, bien évidemment, il n’y a aucun risque, sinon de faire mal au joueur du soldat qui déjà, je le sais, espère une relation particulière avec mon personnage, et je dois y prendre garde, même si le RP est bien un jeu. Mais faux pour la vraie vie. Pour les mêmes raisons d’ailleurs, si je vais jusqu’au bout de ma pensée. Car dans la vraie vie, jamais je ne joue pas avec les sentiments.

Vingt et un kilomètres au compteur.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Jeu 25 Jan 2018 - 19:01

Work in Progress


Hier soir j’ai eu énormément de difficultés à m’endormir, j’ai dû lire longtemps avant de sentir que je pouvais éteindre sans me retrouver à tourner en rond.
Je ne savais pas sur le moment pourquoi, mais là je sais, et cela vient du RP, de ce que cela a révélé de mon état d’esprit du moment.


Mon personnage avait rendez vous avec le soldat pour aller boire un verre et se promener. Ce sont des choses qui se font simplement, rien d’extraordinaire, c’est ce que l’on appelle du RP sauvage (une rencontre faite au hasard des échanges en ville) qui passe gentiment à un RP plus organisé, puis éventuellement régulier, amical voire  amoureux, ou encore du RP scénarisé, événementiel, militaire, commercial au autre.

Le rendez vous a été fixé pour ce mercredi soir car justement le soldat, qui est dans une guilde militaire, doit partir en campagne dans une autre région, et ne pourra donc plus venir en ville, ce qui signifie que pendant un mois il ne pourra pas y avoir de RP entre nos deux personnages. C’est tout à la fois un premier rendez-vous et une sorte de soirée d’adieu.

Les deux vont à la taverne, tenue par des personnages-joueurs qui animent le lieu. Ils font connaissance en jouant à « devine qui je suis » à partir de questions sur la vie ou l’histoire du personnage. C’est un bon moyen de mieux définir son propre personnage, en alimentant son histoire d’anecdotes censées le préciser, tout en découvrant un autre personnage.

De ce que je sens de lui, à travers les différents échanges que nous avons déjà eus, le joueur est très certainement doté d’une forte sensibilité réelle, d’un âge indéterminé mais d’une maturité certaine. Il me cerne assez vite, mon personnage mais aussi la joueuse, car ma personnalité transparaît toujours un peu malgré moi dans les personnages que j’incarne, comme souvent pour les joueurs sensibles.

Nous papotons gentiment. C’est agréable, sans stress, doux et peu à peu je m’immerge. Et plus je m’immerge, plus ce sont mes émotions réelles du quotidien qui se jouent au travers du personnage.

Parce que j’étais préoccupée par la disparition du « danseur » lorsque j’ai créé ce personnage, en novembre, je lui ai construit une identité où apparaissait cet abandon mal vécu. Cela fait donc partie intrinsèque de son histoire. Elle a été amoureuse, et son amoureux a disparu, elle n’a plus de nouvelles. Elle est un peu nostalgique, un peu triste, un peu méfiante.

Fatalement arrive la question sur ce passé. La connexion avec le joueur du soldat est tellement facile, naturelle, que je raconte l’histoire telle que je l’ai construite… et donc en fait vécue. Seule devant mon ordinateur, mes émotions deviennent tellement intenses que mon immersion me fait oublier le monde alentour. Je « vis » ce que je joue, émotionnellement parlant. J’en deviens vulnérable.

Mais le moment nostalgique est passé et les deux personnages évoluent maintenant avec légèreté. Tous les deux doivent assumer le gage donné par l’autre. Moi j’ai décidé de reporter mon gage à plus tard, peut-être dans la correspondance qui est prévue entre eux, ou sinon dans un mois, si je joue encore, ce dont je ne suis pas sûre, mais peu importe. Le soldat demande à Lyly d’aller commander une boisson au comptoir et de partir sans payer. Elle commande un verre d’eau et n’a donc pas à payer, elle a déjoué l’embarras dans lequel il pensait la mettre, elle a gagné et il fait semblant de bouder.

C’est là que je dérape.

Il joue tellement bien le mec faussement blessé du fait d’avoir perdu, il est tellement attendrissant, qu’il me touche, moi, la joueuse. Sans réfléchir à ce que je fais ni aux conséquences qui viendront ensuite, Lyly s’approche alors du soldat pour le faire taire, pose doucement sa main sur sa joue puis, dans la foulée, l’embrasse au coin des lèvres, simplement.

Je joue la scène sans du tout y réfléchir sur le moment, car ce ne sont que des mots qui s’écrivent très très rapidement sous mes doigts. Par contre c’est une scène que j’ai déjà imaginée et écrite, bien avant hier, et pas du tout dans ce contexte. Mon inconscient a pris le contrôle. Une émotion rêvée et désirée ailleurs, m’a tout simplement échappée pour venir s’exprimer dans le jeu.

Bien évidemment, en face, le soldat réagit, de manière très logique. Etonné, embarrassé, la brunette l’a déstabilisé. Et moi, derrière mon écran, je me maudis. J’ai mis mon personnage dans une situation que je n’ai pas envie de vivre, pas là, et donc de jouer. Je tâche alors de m’en sortir, m’excusant, expliquant que je (mon personnage) est trop sensible et que c’est d’avoir parlé de la disparition de mon amoureux.

Heureusement le joueur rebondit et soldat la rassure, il comprend que cela ne signifie rien, que c’était un moment d’égarement à mettre sur le compte de cette nostalgie exprimée plus tôt, rien de grave, dit-il. De mon côté je gère au mieux la reprise d’une relation certes complice mais purement amicale. Enfin il est l’heure de se quitter, ils se promettent de s’écrire pendant le mois de son absence. Il demande tout de même un “souvenir”. Moi, la joueuse, j’hésite, mais c’est logique d’un point de vue du RP et Lyly lui offre donc un nouveau “demi” baiser.

C’était une session de RP comme on peut en jouer des dizaines. Sauf qu’un « bonne soirée » rajouté hors contexte par le joueur juste avant de se déconnecter m’indique que mon comportement a quand même bien eu un impact Hors RP. Je m’y attendais. Heureusement qu’il ne pourra pas y avoir de RP pendant un mois, j’aurais eu beaucoup de difficultés à jouer sans m’empêtrer dans cette sensibilité qui m’a échappée.

J’éteins mon ordinateur, je suis flottante. Je vais mettre bien plus d’une heure à retrouver le calme intérieur nécessaire pour m’endormir.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Ven 26 Jan 2018 - 20:03

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Je me suis mise mal toute seule, tout au long de la journée. Je me suis vue faire, j’ai glissé doucement dans un état de blues dont je ne suis pas certaine de vouloir sortir. Car pour en sortir il me faudrait prendre un risque, réel ou imaginaire, je ne sais pas, mais je le vis comme un risque bien réel, de me mettre dans une situation qui pourrait devenir douloureuse.

Je ne me souviens pas avoir ressenti ce genre de peur, j’avoue ne pas y comprendre grand chose. Ou vaguement pour le moment. D’où l’objet du billet.

J’ai essayé de m’oublier sur le jeu, des quêtes, un donjon avec des gens que je connais virtuellement, des gentils, des petits mots d’amitié échangés, même des blagues, toujours sur le jeu, mais cela ne m’a pas fait remonter. Au contraire.

En fait ce matin j’ai commencé un courrier, enfin un mot, ou un sms, je ne sais pas, pour expliquer ce qui ne semblait pas compris, concernant l’attente que je pourrais avoir d’une personne, mais je ne l’ai pas envoyé. Et je me dis là que, si je poste ce billet, je devrais le faire, par honnêteté avec moi-même, ou par défi, peut-être plutôt par défi, contre cette part de moi qui renâcle à faire simple. Ou bien que j’arrête tout. Carrément. Mais comme ce serait idiot. Ou que je me contente de ce billet. Je suis perdue.



Je suis partie plutôt vite pour mes vingt bornes, sans du tout chercher le rythme. En plus je pleure à moitié. De fait je pleure par à coups depuis ce matin, entre deux copies à corriger, deux échanges sur le jeu, deux morceaux de tissu que je raccorde, ce mot que j’ai écrit, corrigé, relu, recorrigé, hésité à envoyer, encore relu, puis laissé en état pour venir pédaler.

De chercher et trouver le bon rythme, j’identifie peu à peu la peur que j’ai de tout ça.

Elle est liée, je crois, à ce qui s’est passé l’été dernier lorsque j’ai révélé au “danseur” que j’appréciais de plus en plus sa présence. Présence certes virtuelle mais présence quand même, dans ma tête déjà, mais aussi dans mes émotions et donc mon corps, même si je ne le lui avais pas décrit comme ça.

C’est suite à ce message envoyé de chez ma fille où je passais quelques jours sans pouvoir jouer, qu’il a cessé de jouer, et disparu. Lien de cause à effet ? Même si je sais qu’il allait mal, difficile de ne pas y voir un lien, même minime. J’ai bien rejoué une fois avec lui, une semaine après mon retour, toute une nuit parce qu'il était réapparu et que j'avais pris sur moi de le contacter malgré ma crainte de le déranger, mais ensuite il a disparu totalement, et il n’a pas vraiment réapparu puisque maintenant il joue seul, anonymement.

Alors, si dire à une personne qu’on l’apprécie la pousse à disparaître, et implicitement à me dégager de son entourage, puisque c’est bien ce que j’ai ressenti cet été et qui a perduré un long moment, et bien... oui ça laisse des traces. Et je comprends pourquoi j’ai dérapé mercredi soir.

Je ne sais pas si je pleure sur ce qui s’est passé cet été ou ce matin. Je me sens vraiment très conne. Comme une ado perdue devant un trop plein d’émotions.

Ce que je peux me trouver pénible parfois...

Bon, allez, demain sera un autre jour. En plus je bosse, un samedi, plein de monde à accueillir pour une journée portes ouvertes, super, au moins comme ça je n’aurais pas le temps de me triturer les méninges. Et puis après resto. D’ici là je devrais avoir rangé le bazar dans ma tête. Ou pas.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Dim 28 Jan 2018 - 22:58

Work in Progress

Ma fille était là ce week-end.
Cela ne m’a empêchée d’aller au resto ZC et de m’en trouver bien.
Cela ne m’a pas empêchée non plus de lui dévoiler mes petits secrets et de la laisser m’aider. Et c’est ce qu’elle a fait, du haut de ses 19 ans.

Outre le fait qu’elle m’a permis de clarifier un projet d’installation plastique autour du tissu avec un concept d’espace utérin, avec d’excellentes références artistiques, que je connaissais mais que je n’avais pas su raccorder à ce projet, sans doute parce qu’il est mien, elle m’a aussi permis de clarifier mes sentiments personnels ou plutôt de les laisser émerger, se dire, et s’exprimer, du mieux possible.

Pour autant, j’avais hâte qu’elle rentre chez elle, sa présence m’était difficile. Non pas qu’elle soit intrusive, bien au contraire, elle prend bien garde de ne pas être oppressante, mais de fait, je me rends bien compte que toute présence dans mon espace personnel représente une difficulté que je gère plus ou moins bien. Toujours bien pour ce que j’en donne à voir mais beaucoup moins bien pour ce que j’en vis. Je suis redevenue écorchée vive, ou peut-être n’ai-je jamais cessé de l’être. Sauf que je le cachais tellement bien que même mon petit Moi s’y trompait.

Auparavant je ne disais pas ce que je ressentais, je n’osais pas, surtout à mes proches,  tandis que maintenant, j’ose me dire, même avec mes enfants et j’avoue que cela me semble encore bien étrange. D’ailleurs, elle m’a demandé si elle pouvait passer samedi dans quinze jours avec son copain, elle voulait savoir si je pouvais les loger. Et même si c’est possible techniquement, j’ai osé dire non. Et elle n’a pas insisté. Je me suis étonnée moi même. Avant jamais je n’aurais osé exprimer un ressenti comme celui-là. Jamais. Je me dis que j’ai bien changé.

Je ne peux aller plus loin dans l’introspection sans tricher, je m’arrête donc là.
Intenses émotions, ce week-end, quoi qu’il en soit.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Lun 29 Jan 2018 - 11:25

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5h30 - 6h10... Insomnie du matin, c’est l’âge ou quoi... en plus j’ai lu tard, c’est clair que je n’ai pas mon compte de sommeil et que je vais le sentir passer dans la journée si je ne me rendors pas.

Je tourne en rond depuis plus d’une demie heure à repenser à mes différents échanges du week-end, j’ai le sentiment de basculer, sans pouvoir du tout dire, ni même sentir vers quoi. Est ce parce que je change encore ? Ou plutôt parce que je me rapproche de moi, de ce que je suis réellement ?

Lu hier, dans le Philo Mag, le numéro spécial Foucault, que l’on peut envisager faire de sa vie une œuvre d’art dès lors que l’on est dans le changement, que ce soit dans l’art ou la pensée, je tache de me rendormir là dessus...



Finalement je me suis rendormie pour un cycle et je me réveille doucement avec un rêve où il est question de ma participation à une résidence d’artistes, rêve qui m’emmène vers une somnolence où je réfléchis à cette série qui m’occupe énormément sans que j’en parle ici.

Si je fais le calcul du temps passé sur telle ou telle activité, hors sommeil, et hors cours, il est clair là aussi que cela a changé.

Je joue toujours un peu mais bien moins, plus de RP tous les soirs, mais un soir sur deux ou trois, et plutôt du jeu en journée avec correction de copies simultanée, ceci pour m’éviter de déprimer.

Ensuite je n’écris pas plus, en temps, mais en étant bien plus concentrée. De fait rien sur le jeu, et donc mon personnage, quelques petits textes courts en rimes qui me servent à exprimer ce que je ne peux dire ici, quand c’est trop fort, et un nouveau travail de reprise de textes plus anciens, très intimes, à caractère érotique.

Tout le reste du temps est occupé par mon travail sur le tissu, une série qui oscille entre bleu et noir, avec une réflexion sous-jacente sur une installation à base de tissus. Quelque chose de bien plus prenant en terme d’espace.


Bien évidemment à ce stade vient la réflexion sur la solitude qui permet ce changement d’organisation de mon temps.

Bien évidemment je raccorde à cette réflexion ma « difficulté » à supporter la présence de ma fille hier. Un peu ça va mais pas trop.

Bien évidemment suit alors la réflexion sur le célibat qui est source de solitude.

Et finalement la question finale : aurais-je mis un voile (je pense au voile mortuaire) sur mon désir d’amour partagé ?

Bah... disons plutôt que je m’adapte à la réalité, j’essaye de faire en sorte que cela ne m’empêche pas, ou que cela ne m’empêche plus, d’avancer.

Je ne dis pas qu’en l’écrivant je n’en éprouve pas une forme de tristesse, et si je creuse un tout petit peu j’en ai très vite les larmes aux yeux. Je dirais plutôt que cette pratique artistique me remplit tellement la tête que le reste en devient soit inutile (le jeu), soit moins douloureux (le célibat), soit agréable (le partage avec ma fille hier qui était absolument ravie de pouvoir me donner toutes ces références).


Je me moque de moi-même à écrire tout ça, parce que ce faisant je retrouve la figure romantique de l’artiste maudit. Comme s’il fallait nécessairement être malheureux pour mieux créer.

Non, définitivement non. Je veux pouvoir créer et être heureuse en Amour. Et je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas possible. Mais j’admets bien volontiers qu’il me fallait passer par « tout ça », ruptures, douleurs, crise, célibat, questionnements, etc, pour me débarrasser de toutes ces contraintes que je m’étais imposées et qui m’empêchaient d’être moi, la vraie moi qui émerge depuis quelques temps.

Le corollaire est qu’en me débarrassant des contraintes je me suis aussi débarrassée de ma carapace, qui m’évitait tout de même d’être trop sensible à l’autre, ce qui était tout de même bien pratique. Là je prends tout de plein fouet, quand cet autre me touche, et c’est de fait un peu plus compliqué à gérer.

Et là j’avoue que je ne sais pas comment je vais m’en dépêtrer, entre désir ou tendresse, sentiment amoureux ou amical, envie ou peur, écoute ou parole, retrait ou avancée, attente ou recherche, active ou passive.

Faire confiance au hasard ? Oui, pourquoi pas, sauf que le hasard n’existe pas...
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mar 30 Jan 2018 - 22:15

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Est ce que je progresse ? Car c’est bien beau de poser ce titre chaque jour, mais est-ce que j’avance encore... Vaste question. Et si je me la pose ce soir alors que je rentre très tard en bus, une fois n’est pas coutume, c’est que je n’en suis plus si sûre. J’avance, oui, bon an mal an, mais cela vient-il de ce travail d’introspection, je ne sais pas.

En fait... je tourne en rond, parce que je ne parle pas de ce qui me préoccupe.

Et ce qui me préoccupe vient de réflexions entendues récemment sur les relations entre les hommes et les femmes, sur ce que les uns attendent des autres, et vice versa, sur ce célibat dont on ne veut plus mais dont on ne sait pas comment sortir, sur l’envie de rencontrer un.e autre qui saura nous accompagner mais avec la peur bien plus grande de se planter, se retrouver coincé, blessé et d’être renvoyé au point de départ plus mal en point encore, sur la lassitude de chercher sans trouver et donc finalement sur le fatalisme d’un célibat qui semble vouloir s’installer et que l’on devrait accepter.

Pas franchement gaies ces réflexions.

Et elles me viennent d’où ? Des derniers échanges que j’ai pu avoir ici et là, et de moi toute seule.

C’est évident que de vivre seule est presque une découverte pour moi. Cela me ramène des années en arrière, lorsque j’étais étudiante, un bail. Et encore, très vite je me suis retrouvée en couple, très très vite. C’est comme si je n’avais jamais vécu seule, toujours à me préoccuper d’un autre, puis de plusieurs autres, tout en étudiant, travaillant, expérimentant, rêvant, vivant une vie plus que remplie. Pas vraiment le temps de se préoccuper de soi-même, en fait. Pas de temps pour soi, ou si peu.

Je ne m’en plains pas, je constate.

Mais c’est très certainement pour cette raison que je suis encore dans une découverte presque joyeuse, ou du moins plutôt agréable. Personne pour m’inciter, même passivement, à abandonner ce texte que j’écris, ce bout de tissu que je raccorde à d’autres, ce moment où je profite d’un calme intérieur qui me devient jour après jour indispensable. Tout cela a du bon, j’avoue.

Pour autant, me disais-je au cours du voyage aller de ce bus qui me ramène en ce moment chez moi, maintenant que j’ai appris, saurais-je défendre mon espace vital intérieur retrouvé tout en me re-configurant pour une nouvelle vie à deux… j’imagine que oui. Alors ai-je moi aussi peur de m’aventurer de nouveau dans l’espace réservé aux histoires de couple…. Non, il ne me semble pas.

Mais alors pourquoi cela me semble-t-il aussi difficile ? Parce qu’en face, ils ont été cassés par leur mère, me dit-on. Et les zèbres peut-être même plus que les autres.

Mince. Est-ce vrai, je n’en sais rien, mais cela y ressemble bigrement. C’est vrai qu’ils ont l’air bien cassés. C’est en tout cas ce qu’ils disent.

Or, conséquence de ce vécu oedipien, ils ne savent plus comment être face à des femmes qui ont, elles, appris à être fortes pour deux, trois ou plus. Mais qui restent romantiques, désireuses de s’abandonner dans les bras d’un mec qui saura jouer le jeu, même un peu.

Bon… tout ça ressemble à une équation insoluble. Il n’y a plus qu’à espérer que l’amour soit bien plus imaginatif que les maths.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mer 31 Jan 2018 - 21:49

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De quoi sera faite ma vie, non pas demain ou le mois prochain mais dans quelques semestres ou années. C’est une question que je ne me posais pas de cette façon en arrivant ici, il y trois ou quatre mois. Je ne pouvais pas avoir de vision d’avenir, car j’étais encore bien trop dans la douleur de la rupture, sans pour autant en avoir conscience.

Je rêvais de pouvoir retrouver celui qui m’accompagnerait et cela semblait être le seul projet valable, comme si sans lui rien n’était possible.

Pourtant, toutes les années précédant ma relation avec M., tandis que je menais une vie « normale », j’avais sans cesse de nouveaux projets, que j’ai menés à terme la plupart du temps. Mais me retrouver seule, “abandonnée” (même si c’est moi qui l’ait viré) m’a totalement déboussolée, anéantissant tout désir d’entreprendre ou de créer.

Écrire ici, réfléchir, échanger avec des zèbres, par écrit ou verbalement, me confronter à cette douleur de ne plus côtoyer celui qui comblait mon besoin d’aimer, me retrouver sans personne à charge, avoir le temps et la liberté d’agir à ma guise, tout cela m’a petit à petit amenée à voir les choses différemment.

Aujourd’hui je redécouvre l’envie de mener à bien de nouveaux projets mais ils sont très différents.

Plus d’entreprises, déjà. Plus envie d’emmener avec moi une équipe pour une aventure économique. Le côté économique ne m’intéressait déjà pas avant, car je n’ai jamais eu envie de « faire fortune » et j’ai toujours eu du mal à penser en termes de profits, mais j’étais tout de même capable d’emmener sur un projet entrepreneurial, du moment qu'il corresponde à mes valeurs du moment. J’ai compris qu’en fait je me faisais avoir par mon enthousiasme, mon énergie communicative, et que je m’y perdais, je n’étais pas moi même.

Plus de grand projet communautaire militant, comme lorsque j’étais étudiante ou comme lorsque, plus tard, j’ai participé activement à des mouvements politiques.

Plus non plus de projet communautaire bénévole, comme tenir une guilde, ce que j’ai fait encore l’an dernier et qui demande beaucoup d’investissement, ou animer une association, voire même une fédération comme celle sur la lutte contre l’illettrisme que j’ai créée, organisée, animée il y a quelques années.

En gros, plus de projets sur lesquels je mettrais toute mon énergie au service d’un groupe, et pourtant, cela m’a motivée des années durant.

Aujourd’hui, je rêve de partage, simple mais authentique, d’échanges idem, de projets qui mettent en oeuvre une parole intime, quelle qu’elle puisse être, et donc artistique au sens où l’entend Foucault qui affirme que même la pensée, lorsqu’elle est vécue, expérimentée (et non pas seulement théorisée) fait de notre vie une oeuvre d’art *.

Et “celui qui m’accompagnerait” ?

Je ne l’ai pas oublié, c’est toujours un manque. Moins crucial, moins douloureux, mais il habite tout de même mes pensées. A dire vrai, je crois bien que j’y pense tout le temps, mais je ne m’en aperçois que lorsque je lis mes mails, mes messages, en espérant encore inconsciemment ressentir cette  émotion si particulière, celle que l’on éprouve lorsque l’on est amoureux. Une émotion que, mine de rien, j’avais encore avec M. avant la rupture, une émotion que j’ai retrouvée avec “le danseur”, une émotion que je sais être là, en creux, en sommeil. En attente, et donc en manque.

Mais le manque n'est-il pas porteur du Désir...



La transformation de soi par son propre savoir est, je crois, quelque chose d’assez proche de l’expérience esthétique. Pourquoi un peintre travaillerait-il s’il n’est pas transformé par sa peinture ?” ( in Entretien 1983, repris in Dits et Ecrits, II, p. 1355)

Par [les arts de l’exigence] il faut entendre des pratiques réfléchies et volontaires par lesquelles les hommes, non seulement se fixent des règles de conduite, mais cherchent à se transformer eux-mêmes, à se modifier dans leur être singulier, et à faire de leur vie une oeuvre qui porte certaines valeurs esthétiques et réponde à certains critères de style”. (in Histoire de la sexualité II. L’usage des plaisirs. Tel, Gallimard, 1984, P.18

[Philo Mag Hors série n°36,  p. 86-87]
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Jeu 1 Fév 2018 - 22:38

Pas envie. De rien. SI j’étais chez mon psy, est ce que je resterais sans rien dire. Je ne sais pas. Est-ce que même j’y serais allée. Oui, vu qu’il fallait payer, même quand on ne venait pas. Alors j’y serais allée, et j’aurais râlé intérieurement sur l’inutilité de la chose. Elle m’aurait laissée comme ça, à ne rien dire. Ça m’aurait agacée, “payée à rien foutre” me serais-je dit. “Inutile” “, ou encore “Ça m’emmerde”. Puis j’aurais essayé de dire ma colère, ma rage, ma tristesse.

Oui, voilà, je suis triste. Mais je ne sais pas pourquoi, ou peut-être que je n’ai pas envie de le savoir. J’étais au pot de début d’année au boulot (pot de fin d’année reporté pour causes de planning surchargé). Une quinzaine de profs, des collègues, j’ai discuté, oui, oui, tout bien, dit les mêmes inepties qu’eux, sur le niveau qui baisse et ce genre de trucs passionnants. Je me suis détestée. Qu’est ce que je fous là. Mon devoir. Une femme de devoir, c’est comme ça que je me définissais, avant de plonger dans l’adultère. Même sur le jeu, mon personnage, celui qui a été embarqué par M., se définissait comme une femme “de devoir”. Elle m’emmerde cette femme de devoir. Combien de temps je vais pouvoir durer comme ça. Aucune idée. Ma vie est triste, et tout ça manque de passion. Je m’emmerde quoi. Ça ira mieux demain, forcément. Parce qu’il le faut.

Ah tiens, au moment de poster, je vois la date. 1er février, anniversaire de mon frère. Pas vu depuis .. pffiou.. 12 ans environ. Quand j’ai décidé de couper tout lien c’était parce que ça se passait très mal, avec lui, et tous les autres, ma mère, sa famille. Une histoire sordide d’héritage du côté de mon père, déjà décédé depuis quelques années, mais suite au décès de sa mère, ma grand-mère donc, il y avait un héritage de collections diverses, qu’ils ont spolié et dilapidé. Je n’ai strictement rien eu, même pas un objet personnel. Du coup je ne vois plus personne. Je l’ai écrit sur le fil d’un autre ce midi, que je n’irai pas voir ma mère mourante lorsque cela arrivera. Cela m’a peut-être touchée sans que je m’en rende compte. C’est triste, c’est sûr. J’ai beau m’être blindée contre ces deux là, mère et frère (l’autre frère est tout autant victime que moi dans cette histoire), je reste blessée en mon for intérieur, sans doute. Je pleure. Bon bah voilà, la séance n’aura pas été inutile. Pauvre petite fille triste. Je rigole tristement dans mes larmes. Y’a pas d’âge pour ce genre de douleur. Ça reste, ça s’accroche, ça supporte le temps qui passe, intact, peut-être même que ça se bonifie, va savoir. Allez, stop, je vais finir par dire des conneries. Rideau.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Invité le Ven 2 Fév 2018 - 10:11

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Ven 2 Fév 2018 - 11:36

Très très très dur ce matin. Il y a quelque chose de cassé, j’espère que ça va se réparer car bosser tous les jours dans cet état ne va pas être possible.

Pour cette matinée de cours j’ai contourné le problème en leur passant la fin d’un premier film, j’ai cette chance de pouvoir leur montrer des films, en simulant une sorte de débat ensuite, en traînant un maximum dans l’installation, le rangement, la pause et en continuant par un excellent reportage  sur le transhumanisme. La matinée passe doucement, sans heurts, moi ici, et eux... je ne veux pas le savoir. Sur leur téléphone pour la grande majorité.

Oh ce n’est pas que je les déteste ces jeunes qui ne savent pas pourquoi ils sont là sinon que papa et maman paient 4000 euros l’an pour qu’ils obtiennent un diplôme qui ne vaut plus rien mais dont ils ne peuvent faire l’économie. Non je ne les déteste pas, mais je déteste ce qu’ils font de moi, par le vide de leurs cerveaux blindés d’infos inutiles venues du net, la vacuité de leurs rêves, leurs vies, leurs projets. Ils font de moi, qui n’ait plus l’énergie pour les réveiller, les nourrir ou les motiver, une personne presque aussi vide qu’eux. Et ça... non.

Ce matin je me suis réveillée aussi triste qu’hier soir et j’ai mis du temps à me mettre en route. Mais l’obligation d’y aller m’a poussée. Pas le choix. Vraiment pas.

Au réveil Il y a en moi de la tristesse mais aussi de la rage, de la colère, en lien avec le célibat. J’en veux à celui qui n’est pas là, sans pour autant lui donner une identité. Je lui parle. « Tant pis pour toi  si tu n’es pas capable de voir tout ce que je pourrais t’offrir ! Je ferai sans toi puisque tu ne veux pas de moi ! ». Bien évidemment ce n’est pas à cet hypothétique amoureux que je parle, mais à moi-même, l’ancien moi, celle qui a cru pendant toutes ces années qu’il fallait rentrer dans le moule pour vivre au mieux, ou que je devais trouver un autre pour être complète.

La rage me sort de la mélancolie.

Tout en m’habillant je me demande s’il n’y aurait pas des appels à projet artistiques auxquels je pourrais répondre. Je fouille un peu, trouve deux trois appels intéressants, puis je repense à cette masse d’écrits que j’ai déjà autour de mes personnages du jeu, plusieurs centaines de pages, ça dépasse même le millier, c’est dommage de n’en rien faire me dis-je.

Je suis seule. Ok. Mais j’ai tout mon temps et personne n’attend rien de moi. C’est peut-être le bon moment pour tenter à nouveau d’en faire quelque chose de cohérent, éditable, filmable, vendable.

Est-ce que ça va remplir ma vie, me rendre heureuse, m’apporter le sourire ? Non, je ne crois pas. Mais ça pourrait m’éviter de devoir venir bosser comme aujourd’hui. Et ça c’est un projet qui vaut la peine que j’y revienne.

Le reportage n’est pas terminé, ce billet si. J’ai une heure « à perdre ». Je vais retenter la mise en forme d’une ligne narrative pour ces centaines, ces milliers de pages. Une série pour Netflix, pourquoi pas. C’est certainement une idée à creuser.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Dim 4 Fév 2018 - 16:36

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Une chose est sûre, enfin je crois. Je ne me serais pas coincée le dos hier, en ne faisant rien de spécial, je n’aurais pas entamé ce billet.

Parce que j’ai cette douleur intercostale qui m’agace, parce que je m’oblige à faire mes vingt bornes pour tenter de remette ça en place, parce que j’ai déjà écrit hier en pédalant mais par pour ici, pas envie, parce que je me sens riper, glisser, rager, parce ce que je me vois faire avec ma tristesse qui traîne et mes envies de tout foutre en l’air, parce que je m’énerve toute seule contre moi-même, et mes rêves, et mes questions, et cette violence intérieure qui ne se dit pas. Bref, parce que tout ça, je me dis qu’au moins je peux, ici, puisque c’est chez moi et que j’y fais ce que je veux, rager si ça m’amuse, et surtout si ça m’est utile.

Ce matin je me suis réveillée avec cette douleur intercostale désagréable et une pensée, tout aussi désagréable, que tout ça, ici, ne menait à rien, que ma vie était vide et que j’avais fait une belle connerie en trompant le père de mes enfants.

Bon, bien évidemment, ça m’a passé. Il m’a suffit de me repasser le film de notre vie commune pour constater ce que j’avais oublié : il n’y avait aucune passion. Il n’y en a jamais eue. Une femme de devoir a rencontré le fils toujours meurtri, d’une autre femme de devoir, point. Maigre comme synopsis, pourtant il y aurait de quoi en dire, 25 ans de vie commune, 5 gosses, 20 déménagements, etc. J’ai tout de même bien réussi à écrire des romans Jeunesse sur cette base. Mais non, rien qui ne vaille des regrets.

Ma mélancolie vient d’ailleurs.

Alors il s’agit de mon histoire avec M. ? Ce serait logique, d’autant que je suis en pleine période anniversaire, un an que je lui ai demandé de dégager de ma vie. Je n’ai plus aucune nouvelle mais je n’en demande pas, et je n’en donne pas. Je ne lui renvoie même pas le courrier qui arrive encore parfois chez moi. Mais non, je ne crois pas que cette nostalgie ou cette mélancolie vienne de lui, spécifiquement de lui. Mais elle est liée à lui. Oui. Comme elle est liée au « danseur » que je n’ai pourtant jamais rencontré.

C’est l’émotion intense que procure le sentiment amoureux. Voilà ce qui me manque. Je le sais depuis longtemps, j’en ai même souvent parlé avec mes filles, pour les mettre en garde sur les dangers inévitablement liés à cette quête.

Hier je pensais répondre sur un fil qui m’a touchée, il y en a régulièrement. Son auteur me touche, pour ce que j’en lis. Mêmes références, mêmes idées noires, parfois, mêmes émotions décrites, même sensibilité, apparemment, même si beaucoup de ses rages me sont étrangères. Au final, c’est peut-être son côté Aspie qui m’attire et vibre en moi. Alors non, je me suis abstenue. A quoi bon écrire ici, ailleurs que pour moi même, me suis-je dit. Tout cela est vain.

Alors j’ai recommencé à jouer, un peu plus. Et bien sûr comme rien n’arrive par hasard, le joueur du soldat m’a contactée, avec prudence, pour savoir si j’apprécierais de jouer avec lui dans des évents  « avec très peu de personnes » (donc lui et moi) qu’il aimerait organiser, manager au sens d’en être le Maître du Jeu. Et contre toute attente, j’ai accepté. En temps normal, j’aurais refusé, puisque d’une part je ne connais pas du tout ce joueur, et d’autre part je me contente d’ordinaire du RP dit sauvage et tâche de fuir tout RP organisé par d’autres que  mon “amoureux”.

Nous avons donc discuté des modes opérationnels de ces futurs mini évents, et nous sommes mis d’accord sur la périodicité et le moyen de se contacter. Il était ravi. Néanmoins tout reste purement du domaine du jeu, rien de nos vies n’a filtré, nous allons RP à deux dans un cadre qu’il va choisir et je n’en attends rien d’autre. Ma fille sera fière de moi lorsque je le lui dirai. Car bien pratiqué le RP est un excellent moyen de nourrir émotionnellement son esprit, sans risques. Et j’en ai clairement  besoin. Alors autant aller le chercher là où il peut se trouver.

38 minutes, mon rythme de pédalage est plus rapide qu’à l’ordinaire, j’ai le souffle un peu haché mais ça va, j’ai quasiment terminé mes vingt bornes, je me suis remuée dans tous les sens, il me semble que la douleur est moindre.

Ceci dit j’avance tout de même plutôt bien du côté des arts plastiques/textiles. Ma série sur le noir/bleu avance et je vais répondre à deux ou trois appels à projets repérés hier. Tout n’est donc pas perdu, ou gris, ou morne. Et puis j’ai repris un gros chantier de roman à entrées multiples, entamé pour répondre à un appel à projets multimédias il y a 4 ou 5 ans.

Je râle mais j’avance, je le sais bien.

En fait, ce qui me fait peur, c’est de finir par accepter ce vide émotionnel réel. Ou de me satisfaire de l’émotionnel virtuel, faute de mieux. Oui, voilà ce qui m’inquiète. Vraiment.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Lun 5 Fév 2018 - 12:57

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Lundi, neige, douleur intercostale toujours présente, humeur extérieure exécrable, enfin j’imagine, humeur intérieure acceptable voire même bonne, heureusement c’est un jour « sans », j’ai donc tout loisir de m’organiser à ma guise et de faire mes vingt bornes. Je pense que sinon je ne serais pas en train d’écrire pour ce fil qui prend des allures de dépotoir, ce genre d’endroit où l’on déverse ses déchets, ses vieux débris divers dont on ne veut plus.

Je serais en analyse, nul doute que l’on m’aurait signifié que je venais de passer en zone rouge. Zone de rage et de dégoûts, des autres pris dans leur acceptation la plus large, cette fameuse misanthropie dont me taxait mon ex époux lorsque je n’accédais plus à ses incessantes demandes de reconnaissance. Il est peut-être temps de me préoccuper de moi-même et de personne d’autre.



Sûrement. Pour autant pas besoin d’aller accuser les autres, regarde donc en toi même.

Ben voyons, fais moi rire un peu, tiens. Tu aurais quoi comme conseil à me donner pour me bloquer un peu plus que je ne le suis déjà ?


Elles sont de quel ordre ces pensées à mettre au rebut ?

Le monde m’emmerde. C’est très simple.


Certes. Mais il t’emmerde pourquoi, comment et qui est ce monde ?

Hum... le sentiment que je perds mon temps, qui m’est désormais compté. Un temps que je perds à trop vouloir prêter attention à ce monde, justement.  


Bien. Et si tu y prêtes attention, à ton avis, pour quelles raisons ?

Je ne sais pas... peut-être parce que j’en attends quelque chose ?


Pourquoi pas, et ce serait quoi ?

Là je me marre toute seule... serait-ce cette reconnaissance que je reproche à mon ex ? Sincèrement je ne sais pas. Pas comme lui, c’est certain. Je n’ai pas besoin d’une reconnaissance individuelle... c’est idiot mais le seul mot qui me vient à l’esprit est spirituelle.


Spirituelle, c’est à dire ?


Je vois déjà les dévots se précipiter vers moi, essayant de m’entraîner à leur suite dans leurs églises. Pas la peine, j’accroche pas, j’ai tourné le problème dans tous les sens, j’ai même eu une sorte de « révélation » en lisant les Pensées de Pascal (pas tout bien sur, un extrait mais je ne sais plus lequel), sortie du corps, sensation bien réelle de l’infini, un truc qui m’a clairement déstabilisée et que j’ai retrouvé une seule fois seule,  un soir dans Paris, dans un bus, et ensuite plusieurs fois en vibrant virtuellement à l’unisson avec M., en session d’ERP, bien avant qu’elle/il débarque réellement dans ma vie et la fasse voler en éclats.

Tiens, amusant, pensée du matin. Pourquoi je m’échine à rêver d’un mec qui m’emmerdera plus qu’il ne me fera rêver.

La vie quotidienne ? J’ai donné. Et même si je peux complètement m’éclater à lui faciliter la vie (si, si, je peux, je le sais, tout est dans la façon de le vivre) je sais aussi que j’ai de gros risques de m’y perdre. Mais ça se gère, je crois.

Le sexe ? Bah... j’ai vécu tellement de choses... expérimentées, tentées, appréciées ou pas... il y a encore bien sûr des expériences que je ne connais pas, c’est évident, ce n’est pas non plus comme si j’avais eu une vie sexuelle trépidante, mais bon.. là comme ça, non, plus envie. Et puis... pas besoin d’un autre pour avoir un très bel orgasme. Suffit d’être imaginative et de savoir se servir d’un petit objet, offert d’ailleurs par M. Le coquin. A croire qu’il avait tout prévu.

Du love dans le sexe, par contre, oui, pour la tendresse, bien sûr, mais surtout les émotions que procure le sentiment amoureux (impossible à obtenir seule, faut avouer) et peut-être aussi revivre cette distorsion de soi dans le temps et l’espace. Impossible à expliquer en quelques mots. Mais incroyable, à revivre, ça oui. Pourquoi du love pour espérer le revivre ? Parce que pour moi ça doit passer par l’autre.


Ah ! Tu vois, tu ne veux pas être seule comme tu le prétendais tout à l’heure. Tu rêves donc bien d’un autre mais il te semble impossible, inexistant, virtuel.

Moui... possible. Et alors ? J’en fais quoi de cette petite vérité bien assénée ?


À toi de me dire. Pourquoi virtuel ?


Parce que c’est par le jeu que je suis sortie de l’impasse où je me trouvais.


Le jeu, vraiment ? N’est ce pas plutôt la fiction, l’écriture du RP ?

Pas le jeu, non, mais les autres sur le jeu. Des autres comme moi, en quête d’une connexion d’âme à âme, c’est ce que l’on trouve de plus fort. Une sorte d’expérience artistique vécue à deux.


Donc, ce qui te manque c’est non pas l’Autre ou « un autre » mais ce type d’échange ou de relation ?

Je ne sais pas... Possible, oui, faudrait que j’y réfléchisse.


En tout cas, la séance est terminée. Vingt deux kilomètres au compteur, 47 minutes. A une prochaine fois, peut-être.
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Fleur de Lotus

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Invité le Lun 5 Fév 2018 - 13:42

Je te lis... pas sûre d'avoir les mots qui réconfortent mais... je te lis et je compatis Long hug

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