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Message par eucalyptus77 le Sam 1 Déc 2012 - 0:59

Hello.

Je me questionne de plus en plus sur le caractère générationnel de ce qu'on appelle la zébritude.

Il y a bien sûr toujours eu des HQI, au sens de la courbe de Gauss, mais HQI ne veut pas dire HP zèbre.

C'est en ayant côtoyé quelques gars de plus de 60/70 ans que je me rends compte que malgré leur HQI & leurs possibilités de "penser contradictoirement", le pour et le contre, et plein d'autres choses liées au HQI, je ressens comme une appréhension à les dénommer "zébres".

D'où cette hypothèse : la zébritude n'est-elle pas liée à une certaine démocratisation / libéralisation des moeurs, de la culture, sociétale, etc. ?
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Message par Zarbitude le Ven 1 Fév 2013 - 7:15

Pour répondre à cette question, il faudrait faire une enquête qui prendrait, selon mon estimation toute personnelle, au moins une vie.
D'après ce que j'ai pu voir sur ce forum il y a plein de zébrillons qui arrivent sur terre et y z'on l'air de s'en battre les rayures de la culture sociétale lol!
Sinon, à part ça, tu as trouvé des pistes à ton hypothèse?
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Message par folavril le Jeu 7 Fév 2013 - 7:45

La démocratisation/libéralisation de l'intelligence ? Des Z yen avait avant et yen aura après. C'est les moyens d'expressions et de considération qui changent je pense non ? Après mon "coming out" en moi même Z, j'ai regardé ma vieille grand mère. Me suis dites merde alors, elle en est. C'est pour cela que l'on communique si direct aussi sur ce mode si sensible si diff. Ce sans études, éducation, des soifs de culture matées par l'époque..Bref pour moi, c'était pas sociétal. Maintenant, ca le devient trop "d'en être" ; ca ca me dérange.
J'observe quotidiennement de vieux zèbres, adore leurs originalités, leurs instincts de survie, la créativité et l'humour incroyables, les stratégies de vie.bref. La Zébritude oui me parait générationnelle. Dans un trop plein de cercle. Par ex sur le chat, suis souvent larguée, mais ca me rafraichit. Ca me fait du bien le pétillement.

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Message par Zarbitude le Jeu 7 Fév 2013 - 7:56

Oooohhh oui, pétillons drunken
L'important c'est que la zébritude soit !
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Message par Invité le Dim 17 Fév 2013 - 6:06

Zarbitude a écrit: il y a plein de zébrillons qui arrivent sur terre et y z'on l'air de s'en battre les rayures de la culture sociétale

Tu m'étonnes !! J'ai beau lire et relire le post sur "la culture sociétale", j'y comprends rien de rien lol! Mais je réagis quand même parce que ce topic est extrêmement sympathique !!

Pour le côté "générationnel" : oui à 100% d'après mon expérience personnelle (désolé, j'ai pas d'étude sous le coude, et si j'en avais, je les lirais pas). Le grand père est membre de l'Académie des sciences morales et politiques, le tonton est l'un des rares traducteurs "officiels" de Schopenhauer, mon frère cadet "zébrotesté", mais c'est mon père qui est le plus digne d'admiration amusée.... Quand l'hôpital de jour lui accorde une sortie, il vient me faire des cadeaux. Mercredi dernier j'ai eu droit à 3 polos Lacoste blancs tombés du camion (alors que je porte jamais de blanc, et je me demande encore où il a trouvé ces polos). C'est pas pire que le cadeau qu'il m'a fait l'année dernière : il est parti en Espagne, et m'a rapporté une quinzaine de cadeaux. Je me suis dit "cool, dans le lot il doit bien bien y avoir une cartouche de cigarettes"... tu parles !! J'ai ouvert les 15 paquets cadeaux et dans les 15 il y avait... du chorizo !!! Tu me diras, il y avait des grosses tranches, des petites tranches, du chorizo fort, du chorizo doux... au final pas un seul cadeau de semblable !!

Tout ça pour répondre à Folavril :

J'observe quotidiennement de vieux zèbres, adore leurs originalités, leurs instincts de survie, la créativité et l'humour incroyables, les stratégies de vie

Bah moi aussi ^^ et je me marre bien !!


Dernière édition par ddistance le Dim 17 Fév 2013 - 23:25, édité 5 fois

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Message par Zarbitude le Dim 17 Fév 2013 - 8:25

Perso j'aime bien ce texte qui parle de culture et de société.
Si y'a un truc que tu comprends pas, dis-le moi LOOOOOOOOOL


Spoiler:


Ce texte, destiné aux professionnels de la culture et du social engagés principalement dans des pratiques d’expression et de créativité, entend relever un certain nombre de constats, soulever des questions sur ce que les discours ambiants font passer comme évidences. Ce texte précise aussi un certain nombre d’enjeux culturels que beaucoup, y compris les décideurs politiques en charge de la culture, gomment trop aisément. Faute d’espace nécessaire, il n’était pas possible d’aborder ici ni une typologie des pratiques développées, ni le profil des intervenants. Il n’était pas possible non plus d’aborder les liens artistes et milieux sociaux. Ni cette approche, pourtant fondamentale, du droit à la culture.



Acteur culturel en quête de social

Confronté à des situations sociales difficiles, l’acteur culturel (animateur le plus souvent), convaincu qu’une action culturelle avec un public n’a d’effet que si elle s’avère globale, est parfois tenté de négliger les outils culturels et artistiques qui sont les siens au profit d’aides services, d’actions sociales et politiques qui ne sont que partiellement les siennes. Il en résulte un retrait de l’action spécifiquement culturelle par ceux qui en ont le mandat et leur intervention dans des pratiques où ils ne se révèlent pas toujours des plus compétents.



Acteur social en quête de culture

Insatisfait par un secteur où il perçoit généralement les situations comme se dégradant (situations sociales, procédures administratives, lourdeurs institutionnelles), l’acteur social (assistant, animateur), marqué par l’esthétisation de la société (l’expression personnelle comme aboutissement des utopies démocratiques) cherche un refuge culturel à la complexité de ce qu’il observe et aux impasses où il se trouve. Il prétend alors « culturaliser » les pratiques sociales, mais se voit contraint - presque toujours - de développer ses projets en marge de son travail professionnel. Disposant rarement du langage adéquat (l’action culturelle suppose une médiation par une technique avec ses codes, ses contraintes et son histoire), le voilà très vite confronté à la pauvreté de ce qu’il a mis en œuvre. Il ne lui reste alors qu’à confirmer, pour de bon, l’impossible avenir de ceux avec qui il travaille, à mettre en cause la marginalité où le tient l’institution qui l’occupe, ou, s’il veut échapper au conflit institutionnel, à idéaliser des réalisations culturelles sans grand intérêt.



La culture est-elle un facteur de cohésion sociale ?

Dans une société marquée par ses fractures, ses ruptures et ses divisions, la cohésion sociale apparaît essentielle. Le problème est que, dans nos sociétés contemporaines, cette cohésion n’a de sens qu’autour de valeurs aussi fondamentales que générales, très quotidiennes et concrètes : démocratie, tolérance, justice sociale. Dans un pays aussi marginal que le nôtre, et de plus en plus fédéral, la nation n’est plus facteur de cohésion et l’unité du peuple ne peut être comprise que dans la complexité qui le compose. L’apprentissage de ces valeurs (démocratie, tolérance, justice sociale) dans le quotidien de la famille, de l’école, des structures associatives, dans l’organisation et la gestion de projets, dans le processus de participation au débat démocratique fonde principalement la démarche d’éducation permanente à laquelle beaucoup se réfèrent.

Mais qu’en est-il de l’intervention et de l’action sur le particulier, le spécifique ou le local en ce qu’ils ont de culturel ? D’aucuns s’en méfient ou les rejettent au nom même des valeurs globales et universelles sous-jacentes à la nécessité de cohésion sociale, tant ils appréhendent les facteurs de division sociale. D’autres les négligent ou les méprisent au nom d’une contradiction supposée, entre global et spécifique, local et universel.



Les résultats, en termes de cohésion sociale, d’une action culturelle qui a recours à des outils relevant des arts, qui se révèle à même de prendre en charge les particularités des cultures en présence, qui ose les confronter à d’autres références et relève le défi d’une production de qualité, se caractérisent au mieux, mais c’est loin d’être sans intérêt, à des cohésions partielles, fragmentaires et segmentées qui ne peuvent répondre à l’attente de cohésion sociale forte qu’exprime le monde politique. De plus la cohésion est un effet de l’action menée, elle n’en est pas l’objet. Et ceux qui inversent les attentes échouent le plus généralement dans leur action.



La culture est-elle un facteur d’intégration ?

Bien des projets culturels émanant d’institutions à dominante sociale, scolaire ou même à dominante culturelle confrontées à des situations sociales réputées "difficiles" prétendent mieux « insérer » leur public par une démarche culturelle et créative. Si une plus grande maîtrise de la culture (connaissance des représentations, des codes, des formes et de leurs enjeux), peut faciliter une meilleure insertion par l’identification et l’usage de repères culturels, si le développement de la créativité joue un rôle dans l’affirmation de la personnalité et dans la capacité d’innovation au départ de contraintes, il faut rappeler cette évidence que devenir plus "cultivé" provoque bien des ruptures et des transformations dans les relations sociales (famille, réseaux de connaissances et d’amitiés). Assimiler projet culturel à projet d’insertion et d’intégration relève donc de la "tronquerie" ne retenant qu’un seul des pôles du processus de développement culturel puisque toute accession d’un individu à des formes culturelles non véhiculées par son milieu est vécue le plus souvent par celui-ci comme une transgression et comme une contrainte pour son environnement en ce qu’elle l’oblige, parfois, à revoir, modifier ou adapter ses propres codes et repères culturels.



La création est-elle un facteur d’intégration ?

Si la culture ne représente pas uniquement un facteur d’intégration, loin s’en faut, la situation est encore moins évidente avec la création. Car celle-ci présuppose une attitude autant qu’une manifestation de dissidence par rapport aux normes et aux codes culturels en général et plus encore par rapport aux codes culturels de chaque milieu social ou culturel dans lequel elle se manifeste.

Si l’on parle d’insertion et d’intégration par la culture et par la création, il serait tout aussi logique, et honnête, d’évoquer, lorsqu’on s’engage dans des projets culturels, créateurs ou créatifs, la part de dissidence, en ce y compris sociale, qu’implique tout projet de ce type. Si cette dimension n’était pas prise en compte, on risque de s’en tenir à une variante de l’académisme. Consciemment ou non ne privilégie-t-on pas alors une forme d’intégration par le conformisme par peur de devoir assumer les ruptures et les fractures que suscitent inévitablement des projets culturels bien conduits ? Dans cette part de résistance à la culture et à la création, de distance prise à leur égard, d’engagement dans des pratiques sans vouloir se le montrer y compris à soi-même, tous les comportements que rencontrent animateurs et créateurs, n’y a-t-il pas là preuve évidente d’une conscience - au moins latente - des changements qu’implique un projet culturel et créatif ?



Qu’entend-on par « instrumentalisation de la culture » ?

Si les discours et fragments de politiques vantant la culture, facteur de cohésion sociale, la culture et la création facteurs d’insertion et d’intégration, se révèlent si faibles quant au contenu culturel qu’ils portent, c’est que la plupart du temps l’objectif culturel est soumis à des préoccupations externes à lui-même. C’est qu’on se situe dans une perspective « d’instrumentalisation » de la culture à d’autres fins que culturelles. C’est qu’on se situe dans une logique de subordination des pratiques culturelles à des enjeux périphériques (sociaux, sécuritaires, notamment). Avec pour conséquence directe d’ignorer la revendication et l’attitude d’autonomie de la culture et particulièrement de la création qui caractérisent l’une et l’autre depuis le XIXème siècle : indépendance à l’égard du politique et des partis, indépendance à l’égard des institutions culturelles gérées et contrôlées par les pouvoirs publics, indépendance à l’égard du champ économique et de ses marchés, indépendance à l’égard du public et de la reconnaissance de celui-ci à son égard. Ce phénomène qui marque tout un pan de l’histoire de la création, on le retrouve jusqu’au mode de gestion de la culture dans les États européens depuis la seconde guerre mondiale avec la progressive mise en place de ministères spécifiques chargés exclusivement des matières culturelles. Sur ce plan, on notera, la régression, en Communauté française, depuis le regroupement de matières distinctes : Culture et Affaires sociales dans un premier temps, Enseignement et Culture aujourd’hui.



La culture est-elle autonome ?

Est-ce pour autant que la culture soit spécifique au point d’être autonome en quelque sorte du corps social lui-même ?



La culture, conçue comme système de valeurs et comme système de représentation marque bien des politiques en matière économique, sociale, d’agriculture, de relations internationales, de justice, de santé, d’environnement et d’éducation. La question des modèles qui président aux politiques les plus diverses est une question culturelle essentielle même si elle échappe directement à la capacité d’intervention du Ministère qui a la culture dans ses compétences, même si, pour des raisons strictement idéologiques, elle n’est pas reconnue dans ses fondements culturels. La culture conçue comme ensemble de codes, de représentations liées aussi bien à une histoire qu’à une époque montre elle aussi à quel point l’autonomie de la culture et de la société n’est que partielle.



Enfin, il faut également envisager dans les rapports culture et société, les liens étroits entre ce qui caractérise une société et ce qui modèle ses créations. L’art se fait écho de la société et celle-ci en retour est marquée par les acquis de ses créations.



Pratiques culturelles et sociales, quels écueils ?

Dans les rapports culture et social, deux écueils majeurs sont à éviter : élitisme et populisme. Croire que les milieux populaires ne sont pas porteurs d’une culture avec son histoire, ses codes, ses références, ses attentes et ses projections. Croire au contraire en une culture populaire spécifique non traversée par d’autres formes culturelles et par d’autres influences. Dans le premier cas, on éduque, on moralise, on ignore et méprise, on cultive une culture d’importation au mépris des dynamiques culturelles à l’œuvre dans le milieu avec lequel on veut travailler et qu’on prétend associer. Dans le second, on idéalise ce milieu, on le coince dans ses codes ou supposés tels, on tronque l’histoire (elle est profondément diverse et métisse), on « ghettoïse », on isole et on cantonne sous prétexte de valoriser et de défendre.



Pratiques culturelles : démarche contre produit ?

Les porteurs de projets culturels (les travailleurs sociaux principalement, mais aussi les acteurs culturels engagés dans des initiatives autour des valeurs démocratiques) réalisés avec une population à faible niveau de formation scolaire confrontée à des situations économiques et sociales difficiles opposent souvent, lorsqu’ils ont recours à des pratiques artistiques, démarche et résultat. A défaut d’une maîtrise de la méthode, ils mettent en avant la démarche et ses objectifs de cohésion sociale, affirmation, autonomie et cohésion progressive du groupe, développement des personnalités, action de démocratie interne et considèrent l’exigence de résultat comme une influence néfaste d’une société fondée sur la rentabilité et marquée par les contraintes de la production ; argument qui n’a guère de sens, la production, dans ce secteur, n’ayant, actuellement au moins, aucune valeur marchande.



Influencés par le discours sur la démocratie culturelle (chaque milieu social est porteur de culture), ils sont souvent bien en peine de nommer, avec précision, et autrement que par références générales, les enjeux culturels, les codes et les langages à l’œuvre dans les milieux avec lesquels ils travaillent. C’est que, pour eux, la culture se résume aux seules valeurs globales et démocratiques qu’ils portent. C’est qu’ils disposent de peu d’outils "artistiques" pour conduire des projets avec ceux que par ailleurs ils prétendre défendre.



Quels seraient les critères d’évaluation d’un projet culturel (d’expression et de créativité) inscrit dans le champ social ?

Plutôt que de s’en tenir à un discours général qui permet d’éviter tout critère d’évaluation des pratiques, le discours n’ayant précisé ni objet, ni objectif précis des projets, plutôt que de s’en tenir à un discours simpliste et falsificateur sur la culture, au nom duquel toute qualité de production culturelle ne serait qu’affaire de subjectivité (comme si les productions culturelles ne se référaient ni à une histoire, ni à une époque, ni à des codes, ni à des langages même si - en dernière instance - c’est le sujet qui marque ou non son adhésion à la production), il semble utile de préciser les objectifs qui peuvent être atteints dans le champ social et en quelque sorte "mesurés".



Identification et maîtrise des codes culturels



Un projet culturel doit permettre aux personnes qui s’y associent d’identifier les règles sociales, les gestes, les attitudes et les comportements ainsi que les valeurs et les systèmes auxquels les conditions de leur production se réfèrent. Repérer les codes, leurs transmissions, leurs variations, leurs transgressions, en déceler l’histoire, en comprendre les fondements et les incidences. Tout peut être appréhendé. Cela dépend du projet et des compétences de ceux qui les portent : la langue, les sons et les musiques, les couleurs, leurs matières et leurs formes, l’habillement, les fêtes et les relations sociales, le paysage et l’architecture, l’appropriation de l’espace. Tout peut être traité par l’information, la transmission, le recueil, l’observation, la notation, la recherche, la rencontre, la pratique d’une discipline artistique : photographier les codes, les signes et les repères sociaux, théâtraliser les gestes d’un milieu, d’un groupe, d’une génération, peindre les marquages, sculpter les emblèmes. Ce peut être explicite ou abordé avec la pudeur nécessaire : traiter une question sans avoir l’air d’y toucher. Ce peut être intelligent. Ce peut être drôle, voire grinçant.



Quant à la maîtrise des codes culturels, elle vient avec une pratique réfléchie de leur usage. Par leur reproduction, leur détournement, leur mise en question, leur confrontation avec d’autres codes, avec d’autres temps et d’autres lieux.



Comprendre les codes culturels dans lesquels on a été formés, éduqués. Comprendre les codes d’autres systèmes culturels, d’autres langages. Percevoir les équivalences, les passerelles, les correspondances, les distinctions et les antagonismes. Par la connaissance, l’observation, l’usage et le collage, la confrontation, la mise en question, le détour et la superposition, la transparence et la disparition provoquée, le jeu, la distance obligée et l’ironie qui s’en dégage.



Initiation à un langage



Mais plus que des seuls codes, il s’agit aussi d’évaluer si dans telle ou telle pratique il y a eu initiation à un langage (structuration des codes dans un système d’ensemble). Non pas seulement initiation à un langage établi qu’il s’agirait seulement de reproduire, au mieux de perpétuer, mais initiation à un langage qui prend racine dans des codes, souvent distincts. S’attaquer alors aux règles pour ce qu’elles sont : des balises pour s’inventer, jamais pour cadenasser. S’affirmer en recherche de sa propre structure culturelle parce que s’y loge l’amorce d’un regard. Initier (s’initier) à un langage en devenir, objectif impératif là où les systèmes scolaires ont échoué et où le respect des codes sociaux s’est révélé vain, tel est le défi des rapports « culture et social », particulièrement là où une violence répétée et systématique vient en substitut de carences de langage. Le langage parce qu’il donne des mots (et par ce terme j’entends le verbal tout autant que le non-verbal) à des identités qui se cherchent, se révèlent à elles-mêmes et parfois s’affirment. Ça prend du temps, c’est long. Mais le partiel en cette matière laisse souvent des traces qui marquent longtemps le développement d’une personnalité.



Aptitude à l’innovation au départ de contraintes

Le troisième critère d’évaluation possible réside dans la capacité d’innovation au départ de ces contraintes que sont l’environnement et ses caractéristiques incontournables, les histoires culturelles et leurs codes. Une capacité d’innovation qui réside dans cette aptitude à les prendre en compte, à les transformer et les modifier grâce à la confrontation qui a pu s’opérer par la jonction avec d’autres références culturelles puisées ailleurs dans d’autres systèmes culturels acquis, mais plutôt d’autoconstruction de sa culture au départ d’une diversité de ressources. On se situe alors moins dans une forme de reproduction et de perpétuation culturelle que dans un mode de recherche et d’affirmation d’une liberté. Et c’est sans doute en ce sens là qu’il y a lieu d’interpréter la référence à l’autonomie si présente dans les discours véhiculés dans le monde de l’éducation permanente

Le développement du processus de créativité, appuyé sur une initiation à des codes, sur la découverte d’un langage et sur les exigences d’une discipline artistique peut permettre l’acquisition d’une liberté à l’égard de ce qui façonne la formation sociale de tout un chacun. Il en résulte les possibilités d’adaptation à des pratiques nouvelles et le développement d’un potentiel important d’usage de codes et de langages divers dans des pratiques nouvelles.

Affirmation d’un regard, spécificité du regard

Mais cette capacité d’innovation n’est pas une valeur en soi. Elle n’a de sens que si elle permet cette autre énergie et cette autre potentialité qu’est l’affirmation, souvent partielle, ponctuelle et parfois progressive, dans une production culturelle, de la spécificité d’un regard, hors conventions et lieux communs, porté sur soi-même, sur son environnement et sur la société. Quant à la production de qualité, elle n’interroge pas seulement ceux qui l’ont produite, ainsi que les institutions ou organismes qui en ont permis la réalisation. Produite hors du champ reconnu comme artistique, ne disposant donc pas du statut de production artistique, son (ou ses) auteur(s) n’ayant pas choisi de structurer son (leurs) existence(s) autour de la création, l’œuvre de qualité a suffisamment d’intérêt pour interroger et l’art et la société elle-même. D’où la nécessité d’en conserver la mémoire, ce type d’œuvre représentant un patrimoine aussi bien social (témoin d’un milieu, d’une époque, d’un regard sur le monde et sur soi-même), que culturel en raison de l’originalité et de la spécificité de ses formes culturelles.

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Message par Invité le Dim 17 Fév 2013 - 20:34

hou la laaa ! La dernière fois que j'ai lu un truc aussi long, on m'a donné un diplôme à la fin !
Bon... p'têtre que demain je lirai (mais je suis pas sûr!)

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Message par Darth Lord Tiger Kalthu le Lun 18 Fév 2013 - 1:44

Faudra qu'on me définisse Zèbre, si c'est pas HQI...

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