présentation Broutille

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Re: présentation Broutille

Message par Invité le Jeu 13 Déc 2012 - 23:56

Marty est le nom du zèbre du film d'animation Madagascar, j'y ai ajouté un "e" puisque je suis du sexe féminin Wink
Visiblement cette paralexie visuelle est fréquente ici Very Happy Tu n'es pas la première, mais ce n'est vraiment pas voulu, je ne me sens pas martyr Wink

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Re: présentation Broutille

Message par ♡Maïa le Ven 14 Déc 2012 - 0:02

Broutille a écrit:j'ai été heureuse de te lire sur mon fil. Très vaniteux, ce genre de réaction
Ah ?? scratch

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Re: présentation Broutille

Message par Invité le Ven 14 Déc 2012 - 0:12

En flânant on découvre de belles choses ... un certaine forme de culture qui m'est totalement étrangère ...

Au passage, même si nous ne sommes guère parlés, je suis heureux de t'avoir croisé, Broutille.

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Re: présentation Broutille

Message par Broutille le Ven 14 Déc 2012 - 2:43

Un jour, l'on se reverra et alors, bercé par des mots qui auront fait pont entre temps, nous nous parlerons. Même s'il faut attendre plus d'une année entière.
Merci d'avoir déposé cette gentille trace de ton passage ici.
Pardonne-moi pour ce lyrisme probablement excessif ; je te réponds sous l'emprise d'une drogue puissante : je viens de revisionner des séquences magnifiques de ce qui semble être, malgré tous les grands qui l'accompagnent, le film qui me touche au plus profond de mon être.
Je t'embrasse tout de même, du fond de mon intérieur, donc.




Je ne peux mettre ici toutes les scènes cruciales, tel qu'à vrai dire je l'aurais souhaité tant leur beauté ou leur mots résonnent formidablement, humainement. Il s'agit donc de la séquence d'ouverture.
To look life in the face. Always to look life in the face and to know it for what it is.

(VO uniquement, car je ne l'ai pas trouvée sous-titrée et que la perfection de la musicalité de la langue anglaise est ici splendide.)


Dernière édition par Broutille le Sam 15 Déc 2012 - 11:53, édité 1 fois (Raison : Youhouuu, merci Brain !)

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Re: présentation Broutille

Message par MegaHz le Ven 14 Déc 2012 - 21:30

La complexité de l'acte final d'une vie rendu avec tant de simplicité, quelle sophistication.
C'est autre chose que le petit pull marine d'Adjani (qui est insoutenable).

J'avais aimé Atanarjuat, sans doute parce qu'il venait d'une autre planète. Je ne trouve pas vraiment que le cul est le centre de l'histoire.
Cependant tout est plus ou moins choquant dans ce film, les rapports sociaux, la bouffe, le sexe, de l'adultère, du meurtre, mais rien n'est là gratuitement.



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Re: présentation Broutille

Message par Invité le Ven 14 Déc 2012 - 22:21

Hello Broutille

<-- il faut écrire l'URL en utilisant cette syntaxe et la vidéo s'affichera (pas de pot pour moi je suis encore en période de probation Razz)

Merci pour cet extrait qui me donne envie de regarder le film en entier. Je sens que j'échangerai pas mal ici, et je découvrirai petit à petit des univers que je n'ai jamais explorés Very Happy



Dernière édition par BrainDrain (ex Mjöllnir) le Sam 15 Déc 2012 - 13:12, édité 1 fois

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Re: présentation Broutille

Message par Broutille le Sam 15 Déc 2012 - 13:10

Si tu parles de la chanson de Gainsbourg, MegaHz, alors je répondrai simplement qu'Adjani est véritable actrice mais non pas véritable chanteuse. Si ce n'est pas cela, qu'est-ce ?
Pour ce qui est d'Atanaejuat, ton commentaire me fait dire que je devrais le revoir. Ce n'est absolument pas un film de cul, mais simplement ainsi que je l'ai ressenti à l'époque - où ce qu'il m'en est resté à l'époque, en plus des ressentis poignants, de ces paysages blancs, et de cette façon de tourner en saisissant les visages que j'avais trouvée belle. (Une bise à toi ! Toujours en France ou bien parti à l'autre bout du monde ? Bagdad ? - non, pas Bagdad, encore dangereuse, mais j'aime ses sonorités. J'aimerais, un jour, voir le Tigre et l'Euphrate, et toute cette Mésopotamie verte, et Babylone au nom rondelet, qui me donne invariablement l'envie de prononcer tout haut le nom fantasque de Nabuchodonosor...)



Merci BrainDrain. Je m'en vais de ce pas faire mes changements dans d'autres messages déséquilibrés par mes vaines tentatives. Heureuse de tes découvertes ici. N'hésite pas à me dire ce que tu en as pensé et ressenti (quand bien même tu n'aurais pas accroché).


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Re: présentation Broutille

Message par Broutille le Sam 15 Déc 2012 - 14:54

Je retrouve une phrase de Rilke, en m'y replongeant, laquelle m'évoque ces mots échangés hier soir, autour d'une bougie, sur des douleurs impansables.
"Porter jusqu'au terme, puis enfanter : tout est là." Plus loin : "Être artiste, c'est croître comme l'arbre qui ne presse pas sa sève, qui résiste, confiant, aux grands vents du printemps, sans craindre que l'été puisse ne pas venir."


Lou Andreas-Salomé.



L'accouchement d'une création. Nécessaire. Écrire. Je n'ai pas foi.
Je me meurs sans cette création, depuis plus d'un an déjà. J'ai pourtant parlé ainsi à mon compagnon qui m'exprimait sa douleur incessante, actuellement due à sa recherche avide de ce qu'il est et de la création qui y serait associée:
L'on s'essouffle à chercher sa pâte, alors que celle-ci se crée au rougeoiement-même de cette forge. Cette douleur de la recherche est choisie. Certains choisissent de ne plus écrire. L’existence consiste en fait, en ce qu'elle est elle aussi accouchement de soi, en une douleur semblable. Mais l'artiste s'affronte dans une lutte qui le fait prendre en charge consciemment cet accouchement de l'extérieur, soudé au fond même de ce qu'il a en propre. Si tout accouchement est déchirement, celui-ci a cela de terrible qu'il cherche l'universel, l'humanité.
Car c'est cette humanité qui rend cette dorure funeste et magnifique à la création, quelle qu'en soit la forme.
L'on travaille à sortir de soi notre singularité la plus profonde. La plus inscrite, incrustée, gravée. Celle dont on est marqué. Et c'est paradoxalement dans cette singularité, cette solitude, que jaillira l'écho entendu par toute sensibilité humaine. Dans ce grain singulier seul peut surgir de l'universel. Si l'on s'en tient à chercher ce qui s'ouvre à tous, l'on risque de se brider à la découverte du général. Or l'on n'atteint l'universel que dans la course terrible à ce point de particulier, de sensibilité la plus singulière. L'encre la plus assombrie par les profondeurs se révélera la plus ancrée dans le sable des fonds marins, autrement dit dans le caractère humain de chacun des êtres qui produisent.
Je n'ai pas l'illusion de saisir un jour cette entité parfaite. Peut-être faut-il la garder pour continuer de s'avancer. J'ai ralenti la course. J'abandonne. M'assois sur le sol, étourdie, et prend cette position absurde d'observateur, de pilier, de parleur. Je discute et écoute, je rends ce que je peux et tente autant que possible d'aider aux accouchements douloureux.
Peut-être j'aime à voir souffrir. Peut-être suis-je bien plus faible que ceux qui combattent, qui bien que désespérés, avancent encore.
Je n'en veux plus, par désillusion. Pourtant je me sais capable de créer de belles choses. Peut-être est-ce plus facile de se savoir capable que d'agir et subir cette violence qui porte en son sein la folie.

Je crache mes organes sensibles en volutes, en caillots de sang. J'avale et en suis consternée. Cela ne me satisfait pas. Je ravale toute énergie surgissante. Mais je transforme en raisonnement. Ça s'évapore, parfois, un peu. Pas d'accumulation bouillonnante. Je n'exploserai pas. Soit je décide de prendre en charge cette création et de subir tout à la fois ses affres et ses chimères, en me forçant à l'illusion d'une non-lucidité, soit je m'arrête de marcher et prends un autre chemin. Pourquoi choisir de regarder ? J'y suis plus calme, sur ce promontoire, mais aussi frustrée de ne pouvoir participer.

Les ailes du désir.A

Et quand Monsieur de Sainte ColombeB dit qu'il joue pour les morts, je le comprends sous plusieurs teintes, dont celle-ci : nous avons en charge, nous portons en chacun de nous toute l'humanité, tout son poids, toute sa fraîcheur chenue (j'ai appris hier soir que le terme chenu ne désignait pas cet amalgame entre chétif et menu, biscornu, que je lui ai donné durant vingt ans). Nous sommes héritiers et héritages, culture, tradition, sagesse, apprentissages, expériences, savoirs, expressions, arts. Je suis porteuse du passé et souffleuse de l'avenir. Je prends en charge mon humanité en m'y étendant de tout mon long, et c'est pourquoi je fais écho et suis résonance de tout ce grand atelier en bordel.


a:
Les Ailes du Désir (Der Himmel über Berlin) réalisé par Wim Wenders, sorti en 1987
vidéo extrait[flash(425,350):
http://www.youtube.com/v/bqw57eOW8so[/flash]

b:
Tous les Matins du Monde (roman écrit par Pascal Quignard) réalisé par Alain Corneau, sorti en 1991
vidéo film entier[flash(425,350):
http://www.youtube.com/v/5xpYmFUuZCE[/flash]





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Re: présentation Broutille

Message par Harpo le Sam 15 Déc 2012 - 15:01

Pourquoi un livre ne peut-il être à la hauteur de la nécessité de l'écrire ?

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Re: présentation Broutille

Message par Invité le Sam 15 Déc 2012 - 15:12

Salut Broutille. Oui je te dirai ce que j'en ai pensé. Il me faut tout d'abord retrouver en moi des points d'accroche, laisser passer les secondes qui sont nécessaire à la percolation d'une eau chargée de principes actifs au travers du filtre de ma conscience de l'instant.

Toute chose qui rentre à l'improviste, comme une lueur soudainement apparue au travers de la frondaison d'une forêt d'automne, me saisit au premier abord. M'interroge sur sa substance et me questionne par sa présence là, à l'instant. Mon questionnement se fige, me demandant pourquoi ceci se passe maintenant, et encore plus pourquoi je ne l'ai point saisi par avant.

Là sans doute, dans ses instants suspendus, suis-je en train de réaliser que viennent les choses quand l’expérience elle-même modèle une surface, déplaçant la porosité d'un endroit à un autre, participant à une complétude qu'il faut admettre cyclique, non pas dans ses aller-retour, mais dans son pivotement permanent autour de l'être.

Le processus de création est lui-même vivant. Poser une chose qui germe en nous devient alors une trace soumise à l'usure du temps, permet à l'extérieur en tant qu'entité d'y apposer sa marque, et ainsi devient un des acteurs de la poursuite de notre chemin par l'image toujours mouvante qu'il nous renvoie de nous. Ainsi, je ne considère pas le passé comme immobile, mais aussi comme l'image d'un monde qui a été et qui court encore en parallèle. La seule chose que nous avons fait et lui donner de multiples vies qui ne nous appartiennent plus ...

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Re: présentation Broutille

Message par ♡Maïa le Sam 15 Déc 2012 - 15:13

Broutille a écrit:Les Ailes du Désir
Wouah affraid
Je cherchais à éditer le titre de mon fil en vain... pour le renommer... Synchronicité !
Bisous

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Re: présentation Broutille

Message par Broutille le Sam 15 Déc 2012 - 15:13

Ça m'a l'air d'une petite phrase. Qui se situe, qui plus est, un peu en marge de ce que je dis. Je ne souhaite pas que mon écrit (parlons d'écrits, je ne peux avoir le projet du livre actuellement) soit le reflet de cette nécessité qui a été sa condition. Je dis simplement que j'ai abandonné par manque de foi, par désillusion, tout en me mourant de ce désir.

Que voulais-tu donc signifier par là, Harpo ?

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Message par Invité le Sam 15 Déc 2012 - 15:16

@Mog*Why

Tu ne peux l'éditer que sur ton premier post Wink

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Re: présentation Broutille

Message par ♡Maïa le Sam 15 Déc 2012 - 15:18

Bah oui mais mon fil a splité, il est donc verrouillé !

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Re: présentation Broutille

Message par Invité le Sam 15 Déc 2012 - 15:21

ben demande à un modérateur de déverrouiller, changes-le et il le reverrouilleront après Wink

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Re: présentation Broutille

Message par Broutille le Sam 15 Déc 2012 - 16:16

BrainDrain (ex Mjöllnir) a écrit:Le processus de création est lui-même vivant. Poser une chose qui germe en nous devient alors une trace soumise à l'usure du temps, permet à l'extérieur en tant qu'entité d'y apposer sa marque, et ainsi devient un des acteurs de la poursuite de notre chemin par l'image toujours mouvante qu'il nous renvoie de nous. Ainsi, je ne considère pas le passé comme immobile, mais aussi comme l'image d'un monde qui a été et qui court encore en parallèle. La seule chose que nous avons fait et lui donner de multiples vies qui ne nous appartiennent plus ...
Je ne considère pas le passé comme immobile lorsque je dis que nous le portons en chacun de nous. "Porter" ou "avoir en charge" ne suppose pas un quelque chose de formé, borné donc défini de façon absolu. Voilà également pourquoi je peux affirmer que nous portons également ce qui est à venir.
Le processus de création lui-même est vivant. Comme nous le sommes. Mouvant, comme nous le sommes. C'est pourquoi d'ailleurs trouver sa pâte, trouver une expression qui nous corresponde en propre ne rime à rien. Cette recherche est un passage probablement obligé mais est un non-sens en soi. (Un non-sens en soie... des images) Cela supposerait une création délimitée à l'avance, sans puissance. Cette recherche, extrêmement douloureuse à qui s'y confronte, ne pose en fait pas réellement problème. Il est dépassable si l'on prend conscience de ce caractère changeant, et du fait que créer soit déjà un processus qui fait être avec soi ; c'est déjà de la sincérité. La création peut être plus ou moins minutieuse, profonde, résonner différemment.
Comment faire lorsque sa propre pâte ne nous plaît pas ? Est-ce vraiment une question qui mène à quelque chose. Une pâte n'est pas la pour plaire, même à soi-même. Elle est là pour faire surgir.


Je dis n'importe quoi. J'étale des évidences.
C'est évident que faire surgir me fait envie. Follement. Je désire faire surgir. Mais je ne crois pas en l'été. Je ne crois en tout cas pas à un été saisi et achevé. En un été mort.
En réalité, je ne comprends pas pourquoi j'ai abandonné. Je suis déçue de cette quête incessante dont je sais qu'elle sera vaine. Or c'est pourtant cela qui la rend vivante. Pourtant je sais que le mort m’ennuierait. Je serait également déçue par une recherche dont le but est atteignable et où l'on peut s’asseoir sur son trésor comme un pirate sur son coffre. Les pirates chercheur d'un trésor qu'il savent ne jamais trouver, comment font-ils ? Vivent-ils réellement pour ce trésor, avec une foi en perpétuelle naissance ? Ou vivent-ils pour le trajet que leur permet cette aventure ?
Tout me déçoit. Je descend du wagon en marche, même à vive allure, en apprenant que je ne vais nulle part. Je ne parviens pas à profiter de n'aller justement nulle part, pour en dorer l'idée. Je contemple le paysage qui ne va nulle part. Contemplation. Cela pourrait sembler sage et pourtant, je suis insatisfaite. Je voudrais participer avec passion. Le complexe de l'ange s'appliquant à l'homme.

J'étale des évidences.

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Re: présentation Broutille

Message par Invité le Sam 15 Déc 2012 - 17:05

Je ressens le mot quête comme étant une but, et je n'ai pas de but.
Je me ressens être un voyageur du monde, une assembleur de puzzle dont je n'ai pas le dessin (dessein ?)
Ainsi, je me donne le droit de croire que chaque composé que je trouve me permet justement ce construire cette pâte qui fera le prochain pavé que je poserai sur ma route. Là est pour moi l'acte de création, à une échelle que je peux ou pas partager. L'importance, si elle existe, ne s'en révèlera que dans l'avenir, et je n'ai pas souci de savoir si elle s'adresse à quelques êtres ou à la multitude.

Rien que le fait d'observer le monde est un acte fondateur en lui-même, il fait exister l'être qui observe. Alors j'ose penser que nous n'allons pas vers nulle part, cet endroit hypothétique que l'écume des choses que nous percevons ne peut en aucun cas décrire. Je pense plus, pour prendre une image, que nous sommes chacun un minuscule chiffon qui essuie la buée d'une gigantesque vite, et que cet état ne préjuge en rien que quelqu'un ne l'ai pas fait au même endroit fut un temps.

Je ne crois pas que nous allions nulle part, j'ai le sentiment que nous traçons des routes, et que peu de gens en sont conscient, car cela revient en somme à sentir sa faiblesse dans son unicité ...


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Re: présentation Broutille

Message par Broutille le Sam 15 Déc 2012 - 17:54

Merci de ton rebondissement, BrainDrain.

Je ne comprends pas. S'il n'y a pas de fin pour soi ("Je ressens le mot quête comme étant une but, et je n'ai pas de but."), il n'y a pas de quelque part où nous allons. Nous nous dirigeons, si l'on peut dire, oui. Plus ou moins aveuglément. Mais nous ne nous dirigeons pas vers un quelque part.
Je ne vais donc nulle part : je vais, uniquement.
Ou bien, si la seule certitude est la mort , alors pouvons également dire que nous n'allons "nulle part".
Je n'ai pas de foi.

Ceci-dit, je crois bien que nous sommes absolument d'accord. Seul le terme "nulle part" posait un problème. Tu considérais le "aller", tandis que j'insistais sur le "nulle part". Nous taillons les pavé sur lesquels nous marchons, c'est une image que je connais. Celle des pavés qui s'envolent au fur et à mesure que l'on tente de mettre les pieds dessus, aussi.

Si le fait d'observer est un acte fondateur, existentiel, ce que je pense tout comme toi, toujours est-il que cela ne me satisfait pas. C'est sur cette insatisfaction que je m'interroge. Que faire ? J'ai l'impression d'être à la fois bien plus pleine en contemplant, et bien moins en acte, dans les choses. Je souffre de cette ambiguïté de mon désir. J'ai tenté de rendre acte l'observation. Peut-être n'y suis-je encore arrivée. (Tiens donc, quelle belle expression !)

Mais je ne comprends pas comment tu passes de l'affirmation qu'observer est un acte d'existence à un retour à la réflexion sur le "nulle part". Il y a un "alors" qui suppose une conséquence. Laquelle, je ne saisis pas.
Je parle d'un nulle part car il ne s'agit pas d'une "vitre gigantesque", justement. Ce serait encore mesurable. Je parle d'un nulle part en tant qu'il n'y a pas d'autre fin qu'une mort. Qui est une fin-arrêt d'agir, et non pas un but. Nous ne vivons pas pour mourir. J'espère. (Finalement, peut-être ai-je foi en quelque chose, donc.)

Tu dis : "[...] cet état ne préjuge en rien que quelqu'un ne l'ai pas fait au même endroit fut un temps." Mais ce "même endroit" ne peut être le même si la dimension temporelle est intégrée ici.

Nous traçons des routes. Je continue de tracer mais sans la passion qui était la mienne. Je me place de plus en plus en retrait, comme passive par rapport à mes actions de traçage. Parce que je suis ennuyée de ne croire en rien. Ou de ne pas trouver un acte passionnel en la contemplation.




Astiquage de cervelle, attention. Il va falloir éjaculer avant qu'il y ait irritation.

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Re: présentation Broutille

Message par Ecopli le Sam 15 Déc 2012 - 18:26

Je me retrouve dans ce que tu dis Broutille.
Ce désir de créer, de jeter sa singularité à la face du monde avec la croyance implicite que, en dévoilant notre âme à travers nos créations, enfin on sera compris.
Puis le découragement face au travail nécessaire pour mettre en forme quelque chose déjà terminé dans ma tête.
Petit à petit, désillusion après désillusion, le besoin de créer s'est tari.
Aujourd'hui, je suis un consommateur, rôle tout aussi exigeant dans la recherche de nouvelles sources de plaisirs.
J'espère retrouver l'énergie créatrice.
J'espère trouver la solution de l'équation.

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Re: présentation Broutille

Message par Broutille le Sam 15 Déc 2012 - 20:01

Oh, heureuse de te revoir. J'espère que tu vas bien.

Ce désir de créer, de jeter sa singularité à la face du monde avec la croyance implicite que, en dévoilant notre âme à travers nos créations, enfin on sera compris.
Bon, ce n'est pas exactement ce que je dis. Je ne souhaite ni "jeter" ma singularité au monde (mais bien saisir minutieusement le fil qui dépasse un peu des organes pour le tirer et le déployer), ni être comprise (mais entendue, peut-être). Je sais (cf. messages précédents) que si je suis sincère et tire le fil le plus profondément possible, moi je ne serai pas comprise, mais les receveurs percevront cet écho humain en eux. C'est ainsi que ça se produit (et ainsi que l'on produit quelque chose qui ne soit pas plat mais aiguisé, sculpté, fuselé, magnifique).

L'énergie créatrice, c'est la nécessité, je crois.
Mais on peut avoir l'énergie et rester malgré tout en retrait par angoisse, par "à quoi bon"...
Mais tu fais du théâtre, c'est de la création !

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Re: présentation Broutille

Message par ⚡ Foxy Charlie ⚡ le Sam 15 Déc 2012 - 20:06

BrainDrain (ex Mjöllnir) a écrit:Je ressens le mot quête comme étant une but, et je n'ai pas de but.
Je me ressens être un voyageur du monde, une assembleur de puzzle dont je n'ai pas le dessin (dessein ?)
Ainsi, je me donne le droit de croire que chaque composé que je trouve me permet justement ce construire cette pâte qui fera le prochain pavé que je poserai sur ma route. Là est pour moi l'acte de création, à une échelle que je peux ou pas partager. L'importance, si elle existe, ne s'en révèlera que dans l'avenir, et je n'ai pas souci de savoir si elle s'adresse à quelques êtres ou à la multitude.

Rien que le fait d'observer le monde est un acte fondateur en lui-même, il fait exister l'être qui observe. Alors j'ose penser que nous n'allons pas vers nulle part, cet endroit hypothétique que l'écume des choses que nous percevons ne peut en aucun cas décrire. je pense plus, pour prendre une image, que nous sommes chacun un minuscule chiffon qui essuie la buée d'une gigantesque vite, et que cet état ne préjuge en rien que quelqu'un ne l'ai pas fait au même endroit fut un temps.

Je ne crois pas que nous allions nulle part, j'ai le sentiment que nous traçons des routes, et que peu de gens en sont conscient, car cela revient en somme à sentir sa faiblesse dans son unicité ...

Mon cher, je viens de t'écrire un mail à la seconde:

Je n'ai pas de but sinon le bonheur.
Je ne marche pas vers quelque part en particulier, mais j'y vais, vivant chaque seconde présentement et intensément.

... et là je te lis... Tssss, j'te jure!!!!!


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Re: présentation Broutille

Message par Invité le Lun 17 Déc 2012 - 12:28

Hello Broutille

Pour essayer d'éclairer ce que je suppose être là où d'habitude on place le "nulle part", je m'inspirerai des différents travaux des physiciens que j'aime à lire.

Un exemple sur les rayonnements électromagnétiques : Si l'on assimile la fréquences perçues par l’œil de l'homme à la taille d'un clavier de piano, les fréquences détectables actuellement par les instruments que nous avons mis au point donneraient un clavier dont la taille couvrirait la distance entre la terre et le soleil.

Nous avons des sens restreints. Le temps est un révélateur. Afin de parvenir à "capturer", à intégrer tous les paramètres possibles, il est obligatoire, au vu de notre finitude, d'en capturer une centaine parmi des milliers, de les traiter, puis d'une observer une centaine d'autres, et ainsi de suite. Nous n'avons, n'aurons jamais accès à la totalité en une seule embrassade du monde. C'est en ce sens que je disait "effacer un endroit de vitre".
Maintenant, chaque paramètre saisi interagit avec les autres. Une fois que nous avons examiné les 100 premiers et que nous passons aux autres, ces 100 premiers continuent leurs interactions sans que nous y prêtions attention, focalisés que nous sommes sur les prochains. Mais qui dit qu'entre ces deux centaines n'existe pas d'interaction que nous n'ayons perçues ? Qui dit encore que nous n'ayons pas d'influence sur ces cent premiers paramètres sans en avoir conscience ?

Ainsi je crois que nous créons une route. Vraiment. Et que c'est justement là la beauté de la vie. Faire. Et faire seulement, en y mettant toute notre âme. Nous sommes un des paramètres fluctuants au même titre que tout ce qui nous entoure.


Dernière édition par L'âne Ubis cuité le Lun 17 Déc 2012 - 17:00, édité 3 fois

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Message par Broutille le Lun 17 Déc 2012 - 16:58

Qu'est-ce que faire ?

Je ne sais pas m'inscrire dans ma vie, me mettre en acte, autrement dit agir, sans créer de fiction d'immortalité.
Cela pose, paraît-il problème. Ce n'est pas un comportement assimilable à celui, enfantin, de celui qui croit à son immortalité sans se savoir mortel.
Je me sais mortelle. Et c'est justement ce qui a représenté une difficulté pour moi pendant des années : je ne parvenais pas à passer cinq minutes de ma vie sans penser à mon inévitable mort, ou plutôt à ma possible mort à la seconde suivante, là, maintenant ! Quelle violence abrasive. Ces pensées me rongeaient, m'immobilisaient. Il est impossible d'agir en étant obnubilé par la conscience de sa possible mort prochaine.
Tout en sachant que je suis mortelle, je me construis donc dans une fiction (consciente de son caractère artificiel) de mon immortalité. Ce n'est qu'ainsi que j'arrive à vivre.
Cela pose, je le redis, problème. Selon ceux à qui j'en ai parlé. On m'a d'abord dit que c'était une position enfantine. Ce que je ne crois pas comme je l'ai expliqué plus haut. Mais peut-être est-ce à mettre en rapport avec mon impossibilité à tendre vers un but - même des petits buts de la vie -, à une quelconque projection. Je vis dans un présent quasiment constant. Or le présent unique est la seule forme expérimentable de l'immortalité. C'est même la seule façon dont on peut la concevoir, je crois.

J'avais besoin de poser cela.
Comment apprendre à vivre, à agir, sans avoir besoin pour cela d'occulter l'idée paralysante de sa propre mort ?

Broutille
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Re: présentation Broutille

Message par Invité le Lun 17 Déc 2012 - 17:17

Qu'est-ce que faire ? Faire c'est laisser une empreinte temporellement mortelle. Faire c'est transformer quelque chose en autre chose, participer à l'évolution.

Si je regarde la naissance de notre système planétaire, je m'aperçois que tout change, par recomposition, mais que les matériaux sont indubitablement les mêmes. A chaque fois réorganisés, ils s'étagent de mieux en mieux, portant valeur non pas dans ce qui les constitue et est immuable, mais dans l'organisation qu'ils adoptent.

Je dirais alors que nous sommes chaînons, comme ils le sont. Je ne suis pas croyant au sens ou les religions l'entendent, je n'ai pas peur pour autant de la mort. Je crois que je m'inscris dans un système qui me dépasse et que j'ai un degré de liberté qui me permet de l'influencer de mes actes comme cela l'est pour tous. Quand je me promène autour d'un temple hindouiste dans le Maharashtra, ou que je regarde les murailles de Sacsayhuamán, je m'aperçois que les gens qui les ont édifiés on pris le pari à la fois de savoir que ces bâtiments étaient périssables, preuves seulement de la réadaptation de la matière en utilité, mais au delà de cela et aussi, acte d'évolution par l'empreinte du conscient de l'Univers sur lui-même.


Dernière édition par L'âne Ubis cuité le Lun 17 Déc 2012 - 17:53, édité 1 fois

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Re: présentation Broutille

Message par Basilice le Lun 17 Déc 2012 - 17:47

Courbette

Ce n'est pas tant la lucidité qui pose problème que l'idée selon laquelle nous n'aurions besoin de rien, ni de personne pour être et agir.
Changer de regard sur la mort, changer de lunettes pour voir le monde autrement, c'est notre seule marge de manoeuvre, notre seule liberté.
C'est ne pas figer, sentir le mouvement.
C'est ce poète cubain qui continue d'écrire dans le noir de sa cellule alors qu'il a été dénoncé par sa femme et ses enfants, et qui a pris 20 ans pour ses écrits dits polémiques, justement.

Broutillou. Bisous


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Re: présentation Broutille

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