Exercices de style

Page 1 sur 4 1, 2, 3, 4  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Exercices de style

Message par Pieyre le Lun 12 Nov 2012 - 19:56

Je vous invite à un jeu nouveau, celui pratiqué par Raymond Queneau dans son livre célèbre, Exercices de style.

Il s'agit de proposer un court texte, extrait ou non d'un ouvrage littéraire, et un style, dans lequel la personne qui répond devra réaliser un pastiche, cela en conservant le plus possible la structure de l'original. C'est-à-dire qu'elle devra y remplacer le plus qu'elle pourra de mots ou d'expressions au moyen de ceux qui correspondent à ce nouveau style.

On pourra trouver des exemples de styles appliqués au texte original de Queneau ici : Nouveaux exercices de style.

J'envisage deux possibilités :
— soit on écrit son pastiche dans le style proposé et on propose un nouveau style, pour le même texte;
— soit, après avoir écrit son pastiche, on propose un nouveau texte (ou l'on revient à l'un de ceux déjà proposés) et un nouveau style.

Pour commencer, je choisis l'un des textes les plus connus de la littérature, le début du livre Du côté de chez Swann de Marcel Proust, et un style... obligé.


Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour particulier ; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles-Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil ; elle ne choquait pas ma raison, mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n'était plus allumé. Puis elle commençait à me devenir inintelligible, comme après la métempsycose les pensées d'une existence antérieure ; le sujet du livre se détachait de moi, j'étais libre de m'y appliquer ou non ; aussitôt je recouvrais la vue et j'étais bien étonné de trouver autour de moi une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible, comme une chose vraiment obscure. Je me demandais quelle heure il pouvait être ; j'entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d'un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l'étendue de la campagne déserte où le voyageur se hâte vers la station prochaine ; et le petit chemin qu'il suit va être gravé dans son souvenir par l'excitation qui doit à des lieux nouveaux, à des actes inaccoutumés, à la causerie récente et aux adieux sous la lampe étrangère qui le suivent encore dans le silence de la nuit, à la douceur prochaine du retour.

Style : zèbre.


Dernière édition par Pieyre le Ven 16 Nov 2012 - 19:23, édité 1 fois

Pieyre
Maître es rayures
Maître es rayures

Messages : 15354
Date d'inscription : 17/03/2012
Localisation : Quartier Latin

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Invité le Mar 13 Nov 2012 - 11:09

Je me lance, en espérant avoir compris le principe de ton post...!

Longtemps, j'ai eu la ferme volonté de me coucher de bonne heure (ah ah ah !). Mais souvent, à peine ma bougie éteinte, mon cerveau se mettait à galoper dans tous les sens alors que je pensais sans discontinuer : « Il faut que je dorme. » Et, une demi-heure après, j'étais toujours là, les yeux grands ouverts dans le noir, mes pensées, dont celle où je me répétais qu'il était temps de chercher le sommeil, me tenaient éveillée. Je rallumais alors la lumière et attrapais un des livres posés sur ma table de chevet. A mes précédentes pensées venaient alors se greffer des réflexions sur ce que j'étais en train de lire, mais ces réflexions prenaient un tour particulier : j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles-Quint. Cela ne choquait pas ma raison, au contraire, je m'en émerveillais, quel bonheur de pouvoir être tout, et partout à la fois. Puis ces pensées s'estompaient, remplacées par d'autres, comme après la métempsycose (mince, un mot de la liste... vite, trouver autre chose... euh... le fait que l'âme, les pensées d'une personne, après sa mort, intègrent un nouveau corps pour commencer une nouvelle vie... euh ça va, ça ?) des pensées d'une existence antérieure ; le sujet du livre se détachait de moi (ou est-ce moi qui me détachais de lui ?), j'étais libre de m'y appliquer ou non (oui, mais... sommes-nous vraiment libre, au fond ?). Ayant trouvé un sujet non épineux, neutre et agréable sur lequel focaliser mes pensées, j'éteignais à nouveau la lumière. Aussitôt je me retrouvais plongé dans une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible (comment ça, incompréhensible? et sans cause? J'ai éteint la lumière, et il n'y a pas d'autre source lumineuse, donc il fait noir ! j'ai vraiment de ces pensées, moi, parfois... pffff), comme une chose vraiment obscure (d'où le terme d'obscurité !). Je me demandais quelle heure il pouvait être, j'interrogeais mon horloge interne, vérifiais ensuite sur le réveil : gagné, à quelques minutes près, comme toujours. Sensible au moindre bruit, j'entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d'un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l'étendue de la campagne déserte où le voyageur (ah ben, elle n'est plus déserte la campagne vu qu'il y a un train et un homme, déjà) se hâte vers la station prochaine (c'est comment déjà le nom de cette station ? je passe devant tous les samedis... mais c'est comment ??) ; et le petit chemin qu'il suit va être gravé dans son souvenir par l'excitation qu'il doit à des lieux nouveaux, à des actes inaccoutumés, à la causerie récente (bla bla bla) et aux adieux sous la lampe étrangère qui le suivent encore dans le silence de la nuit, à la douceur prochaine du retour (mais au fait, je pars où moi pour les prochaines vacances ?). Le jour commençait doucement à filtrer à travers les volets, le cerveau embrumé, enfin apaisé, l'esprit tourné vers cet homme, là-bas, je sentis le sommeil m'envahir. Mais, EST-CE QUE J'AI PENSE A......? Shocked Oh non............ me voilà à nouveau parfaitement réveillée.... Bon, ben... si j'allais préparer le petit déjeuner....?



Pour le suivant, même texte mais écrit en l'an 2149 Very Happy

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Pieyre le Mer 14 Nov 2012 - 5:00

Merci Vlinder ! Bien sûr que tu as compris. C'est ce que j'attendais, sans tellement y croire d'ailleurs pour le démarrage. J'imaginais proposer un style plus facile (mais en fait ils le sont tous, puisque, dans le principe, il n'y aura pas de comparaison), et finalement le traiter moi-même pour donner l'exemple.

Cela me permet de faire quelques commentaires pour compléter le sujet. L'exercice a en effet un côté évolutif.

Déjà des remarques éventuelles seront les bienvenues sur les textes proposés ou les styles, sur les textes soumis, sur la nature de l'exercice plus généralement. On pourra les placer en italiques, comme je fais ici.

Par ailleurs, il pourrait y avoir un problème de temps investi, et une demande du genre : je suis en train d'écrire mon texte, laissez-moi le temps jusqu'à ce soir... — Non, ce n'est pas possible chez les zèbres, un peu de procrastination ? Ah bon, je croyais.

Le reste, ce sera pour plus tard. Je me mets au travail.



Tout le temps de ma vie sur Terre, je me suis couché avant la nuit du Soleil. Parfois, à peine le geste fait, le lit me faisait perdre conscience. Et, une demi-heure après, la pensée d'un réglage incorrect m'éveillait ; je signalais avec mes doigts la fin de l'ennosie ; je n'avais pas cessé en dormant de l'organiser, mais le processus avait pris un tour particulier ; il me semblait que j'avais vécu l'information : un point de rencontre, un événement musical, la rivalité du Conservateur et du Distributeur. J'y croyais pendant quelques secondes à mon réveil ; j'adhérais aux structures visuelles qui persistaient dans le noir. Puis je commençais à en juger mieux, comme après le passage de l'expérience de vie-autre ; je me détachais du sujet de l'ennosie, j'étais libre de m'y appliquer ou non ; aussitôt je voyais réellement et j'étais bien étonné de ne plus percevoir autour de moi que l'état de réalité atténuée, apaisante pour mes sens, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui il apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible, comme une chose inexistante. Je me concentrais sur ma personnalisation sensorielle du temps ; je percevais le thème des transporteurs qui, ainsi que le chant d'un oiseau dans une forêt, représentant les distances, simulait l'étendue de l'espace inhabité où le voyageur glisse vers sa destination ; et le chemin optimal qu'il suit va être gravé dans son souvenir par l'excitation qui doit à des matérialisations nouvelles, à des actes inaccoutumés, à la causerie récente et aux adieux sous l'éclairage inédit qui le suivent encore dans le calme de la nuit, à la douceur du retour.

Nouveau style : contraire.


Dernière édition par Pieyre le Ven 16 Nov 2012 - 19:24, édité 1 fois

Pieyre
Maître es rayures
Maître es rayures

Messages : 15354
Date d'inscription : 17/03/2012
Localisation : Quartier Latin

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Invité le Jeu 15 Nov 2012 - 22:02

Style : contraire.

Pendant une courte période, je me suis levé très tard. Parfois, à peine l’esprit éveillé, mes yeux s’ouvraient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m’éveille. » Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de quitter mon lit commençait à tourner; je voulais prendre le volume que j’avais posé la veille et allumer ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour particulier ; il me semblait que j'étais moi-même tout le contraire de ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles-Quint. Cette croyance survivait de longues heures après mon réveil ; elle choquait ma raison, et gardait mes yeux grands ouverts. Elle ne me quittait pas, restant claire et limpide, comme de l’eau de roche ; le sujet du livre restait attaché à moi, je n’avais pas le choix, je devais y penser; à aucun moment je ne pouvais en détourner mon esprit, et je n’étais nullement étonné de trouver autour de moi une clarté, éblouissante et agressive pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose importante, compréhensible, comme une chose vraiment lumineuse. Je me demandais quelle heure il pouvait être ; je n'entendais rien, ni le sifflement des avions qui, plus ou moins éloigné, comme le cri d'un tigre dans une jungle, relevant les distances, aurait pu me décrire l'étendue de la campagne déserte où le voyageur s’avance tranquillement vers l’aéroport ; et le grand chemin qu'il suit ne restera pas gravé dans son souvenir, terni par l’habitude qui accompagne les lieux quotidiens, les actes répétitifs, les causeries barbantes, et les « au revoir » prononcés sans conviction sous la lampe habituelle, ne lui donnant nullement l’envie d’un retour prochain.

Nouveau texte :
Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.
L’asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d’Alger. Je prendrai l’autobus à deux heures et j’arriverai dans l’après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J’ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n’avait pas l’air content. Je lui ai même dit : « Ce n’est pas de ma faute. » Il n’a pas répondu. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû lui dire cela. En somme, je n’avais pas à m’excuser. C’était plutôt à lui de me présenter ses condoléances. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il me verra en deuil. Pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte. Après l’enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une allure plus officielle.
J’ai pris l’autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J’ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme d’habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et Céleste m’a dit : « On n’a qu’une mère. » Quand je suis parti, ils m’ont accompagné à la porte. J’étais un peu étourdi parce qu’il a fallu que je monte chez Emmanuel pour lui emprunter une cravate noire et un brassard. Il a perdu son oncle, il y a quelques mois.

Contrainte : annonce d'une naissance au lieu d'un décès.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Claire² le Ven 16 Nov 2012 - 0:08

Je me lance !

Aujourd'hui, mon fils est né. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'hôpital: "Bébé garçon né. Baptême demain. Sentiments distingués;" Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.
La maternité est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d'Alger. Je prendrai l’autobus à deux heures et j’arriverai dans l’après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J’ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n’avait pas l’air content. Je lui ai même dit : « Ce n’est pas de ma faute. » Il n’a pas répondu. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû lui dire cela. En somme, je n’avais pas à m’excuser. Il aurait même été correct qu'il me félicite. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il me verra fier d'être père. Pour le moment, c’est un peu comme si mon fils n'était pas encore né. Après le baptême, au contraire, ce sera plus réel et tout aura revêtu une allure plus officielle.
J’ai pris l’autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J’ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme d’habitude. Ils étaient tous très heureux pour moi et Céleste m’a dit : « C'est important la première fois qu'on devient père. » Quand je suis parti, ils m’ont accompagné à la porte. J’étais un peu étourdi parce qu’il a fallu que je monte chez Emmanuel pour lui emprunter une cravate élégante et un brassard. Il est devenu oncle, il y a quelques mois.

Oups merci Pieyre.
Nouveau style : interjections

Claire²
Zèbre régulier
Zèbre régulier

Messages : 45
Date d'inscription : 05/11/2012

http://www.sos-suicide.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Pieyre le Dim 18 Nov 2012 - 4:01

Voici ! C'est arrivé ! Maman est morte ! Aujourd’hui, dit-on... Maman ! Mais quoi ! Si c'était hier... Va savoir ! Bing ! un télégramme ! C'est de l’asile : « Mère décédée. » Direct ! « Enterrement demain. » Vlan ! « Sentiments distingués. » Quand même, bon ! Mais enfin ! Aujourd'hui... ou hier, qui sait !
Allons ! L’asile de vieillards... Marengo : Ah oui ! Depuis Alger... quatre-vingts kilomètres, c'est ça ! Je prendrai l’autobus. Il est à deux heures, c'est bon ! Et j’arriverai dans l’après-midi. Aussi sec ! Ainsi, je pourrai veiller... Courage ! Et demain soir, je rentrerai... terminé ! Deux jours de congé que j’ai demandé... à mon patron, oui, oui ! Holà ! me les refuser avec une excuse pareille ? Non, mais ! Il n’avait pas l’air content, ça ! Je lui ai même dit : « Ce n’est pas de ma faute. » Non, vraiment... Il n’a pas répondu. Pfff... J’ai pensé alors... Hum... je n’aurais pas dû... pas lui dire cela, non ! En somme, quoi ! je n’avais pas à m’excuser. On aura tout vu ! C’était plutôt à lui de dire... Des condoléances, Ça se présente ! Mais il le fera, pas de panique ! après-demain, sans doute ! il me verra en deuil, et alors... Pour le moment, on respire ! Maman n'est pas morte, pas encore ! C'est juste comme si ! Au contraire, après l’enterrement, là... classé ! avec une allure plus officielle, et tout, et tout !
J’ai pris l’autobus à deux heures, hop ! deux heures tapantes ! Il faisait d'un chaud... J’ai mangé, hein ! quand même ! là, au restaurant, chez Céleste, comme d’hab, quoi ! Ils avaient tous de la peine pour moi, et patati et patata ! beaucoup de peine, oui, oui ! et Céleste, elle m’a dit : « On n’a qu’une mère. » Bah ! oui, je sais ! Quand je suis parti, ouf ! ils m’ont accompagné, et jusqu'à la porte ! J’étais un peu étourdi, il y avait de quoi ! parce qu’il a fallu que je monte, deux étages ! chez Emmanuel. Il avait une cravate noire et un brassard. Bon ! je lui ai empruntés. Il a perdu son oncle, c'est bien triste aussi ! il y a quelques mois. C'était tout chaud ! Enfin, non ! je veux dire... Je me comprends ! Voilà !

Nouveau style : ampoulé.

Pieyre
Maître es rayures
Maître es rayures

Messages : 15354
Date d'inscription : 17/03/2012
Localisation : Quartier Latin

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Fofie le Ven 14 Déc 2012 - 14:22

Mes chers amis, voyez-vous, aujourd’hui, j'ai la douleur et malgré tout le devoir de vous annoncer que ma mère, cette femme qui eut la noblesse de me porter en son sein, puis de m'éduquer, cette femme merveilleuse et extrêmement douée pour beaucoup de choses, s'est éteinte. Peut-être est-ce arrivé hier, j'ignore l'exactitude du moment du passage de vie à trépas de ma défeunte génitrice : quelle importance cela peut-il avoir après tout, comparé aux grandes choses qu'elle a exécutées. J’ai réceptionné un important télégramme de la part de l'hôpital psychiatrique : « Monsieur, sachez que c'est arrivé : votre mère, votre douce maman n'est plus. Nous vous informons que la cérémonie, la mise en bière et l'inhumation auront lieu demain. Nous vous présentons nos très sincères condoléances dans cette douloureuse épreuve, ainsi que nos salutations distinguées dignes de votre rang. » Cela ne signifie rien. Cela a très bien pu se produire hier.
La maison pour personnes âgées dépendantes et vulnérables se trouve à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d’Alger. J'utiliserai ma Ferrari. Je quitterai mes appartements à quatorze heures et arriverai dans l’après-midi. Ainsi, je pourrai veiller, échanger quelques propos intellectuels et rentrer demain soir. J’ai quémandé deux légitimes jours de congé à mon employeur et ce dernier ne pouvait pas me les refuser, compte tenu des dramatiques circonstances que je traversais. Mais il n'approuvait pas mon besoin. J'ai pourtant pris soin de lui formuler explicitement que je n'étais en rien responsable de ce terrible incident. L'homme est resté coit. J’ai songé alors que je n’avais point à m'abaisser de cette façon. C’était lui qui avait charge de me présenter ses condoléances. Mais il ne manquera certainement pas à son devoir après-demain, quand il constatera ma personne endeuillée. Pour le moment, la situation offre l'illusion que Mère n’était point décédée. Après l’enterrement, à l'inverse, cet événement sera oublié et les choses auront repris leurs allures légères et supercicielles.
J’ai démarré ma Ferrari à deux heures. La température extérieure était très élevée. Je me suis sustenté dans l'établissement de Madame Céleste, conformément à mon habitude. Les personnes présentes pour me montrer leur soutien et me témoigner leur réconfort (chose normale) éprouvaient toutes beaucoup de peine pour moi et Madame Céleste a bien compris la douleur de perdre l'unique mère que chacun de nous a. Lorsque je pris congé, ils m’accompagnèrent à la porte. Je fus quelque peu étourdi car qu’il fallut que je monte chez Monsieur Emmanuel pour lui emprunter une cravate noire et un brassard, qu'il avait déjà du fait d'avoir perdu son oncle, quelques mois auparavant.

Nouveau style : sms

Fofie
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 303
Date d'inscription : 15/11/2012
Age : 49
Localisation : Langon, près de Redon (35)

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Invité le Ven 14 Déc 2012 - 14:47

wesh tc koi g vu 1 corbo ds 1 arb il av 1 bigmac ds le bc tc y a 1 chi1 1 rnar 1 truc genr il c ramener il lui a grav doner du resp lotr il ouvr sa gueul trop kon il lach son big mac le rnar il c kc avec le big mac lllloollll

Jean de La Fontaine dislikes this.

Edit : zutre, j'avais pas vu le sujet imposé. Pas grave, je vous laisse ce petit truc. Embarassed

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Fofie le Ven 14 Déc 2012 - 15:12

wesh tc koi g vu 1 corbo ds 1 arb il av 1 bigmac ds le bc tc y a 1 chi1 1 rnar 1 truc genr il c ramener il lui a grav doner du resp lotr il ouvr sa gueul trop kon il lach son big mac le rnar il c kc avec le big mac lllloollll
Laughing excellent !!! C'est pas grave, c'est moins long donc plus adequat pour un sms du coup.
Jean de La Fontaine dislikes this. Pété de rire

Sinon tu demandes quoi à faire au prochain ?
Ouaah !

Fofie
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 303
Date d'inscription : 15/11/2012
Age : 49
Localisation : Langon, près de Redon (35)

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Pieyre le Ven 14 Déc 2012 - 23:15

Le problème des jeux, comme de toutes les formes imposées sur les forums, y compris des sondages, c'est qu'on y voit surtout le côté liste de discussion, où c'est le thème qui importe. Encore le sondage est-il rappelé au début de chaque page.
Personnellement je ne suis pas contre le fait de s'écarter un peu de la forme (et même d'en discuter, du moment qu'on y revienne rapidement).
Aussi je me demande, pour aller dans le sens de Fusain, s'il ne faut pas modifier un peu la contrainte : un style qui nous est imposé mais un texte qu'on peut choisir pour sa propre intervention déjà, sans attendre la suivante.
Pour le moment je ne modifie pas le message de tête en ce sens. N'hésitez pas à donner votre avis.

Sinon, je fais la soudure.


Texte : Le corbeau et le renard.

Nouveau style : coloré.

Pieyre
Maître es rayures
Maître es rayures

Messages : 15354
Date d'inscription : 17/03/2012
Localisation : Quartier Latin

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Fofie le Lun 17 Déc 2012 - 14:32

Je ne suis pas sûre d'avoir bien répondu au style "ampoulé"... ça veut dire quoi, un style "coloré" ?
Sinon je ne sais pas quoi penser du libre choix du texte.

Fofie
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 303
Date d'inscription : 15/11/2012
Age : 49
Localisation : Langon, près de Redon (35)

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Pieyre le Lun 17 Déc 2012 - 15:57

Pour le style ampoulé, ça me convient assez. Bon, ce genre de style, c'est relatif. On pouvait aussi en faire plus, en faire des tonnes... Pour moi il est surtout question de conserver le même degré de transformation tout au long.

Alors, pour le style coloré, j'ai choisi un terme qui peut être interprété diversement : soit vraiment des termes de couleurs, par exemple un peu recherchés, en variant l'expression pour éviter la monotonie; soit de façon plus métaphorique (il y a plusieurs sens).

Mais, si un style ne trouve pas preneur pendant un certain temps, qu'on demande à celui qui l'a proposé de le changer ! Tu en veux, tu n'en veux pas ? Tu peux aussi me mettre au défi avec un style de ton choix puisque c'est moi qui ai lancé le jeu.

Pieyre
Maître es rayures
Maître es rayures

Messages : 15354
Date d'inscription : 17/03/2012
Localisation : Quartier Latin

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Fofie le Mar 18 Déc 2012 - 15:03

Maître corbeau, noir comme du charbon,
Tenait en son bec jaune un fromage rond.
Maître renard à la queue touffue orange
Vit rouge et lui dit d'une voix blanche :
Hé, bonjour Monsieur l'ombre !
Que vous êtes noir, que vous me semblez sombre !
Sans mentir : si votre couleur se rapporte à vos idées noires,
Vous êtes le plus représentatif des dépressifs notoirs."
A ces mots, le renard perd son civisme
Et pour montrer son cynisme
Serre le bec, ainsi décroche involontairement
Son camembert dégoulinant.
Le renard s'en saisit et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que toute personne à basse estime de soi
Vit au dépend de celui qui le croit.
Cette leçon vaut bien ce fromage pour moi."
Le corbeau, vert de rage, fonça
Sur le renard qui, riant jaune, le tua.

La même fable mais en termes techniques. What a Face

Fofie
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 303
Date d'inscription : 15/11/2012
Age : 49
Localisation : Langon, près de Redon (35)

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Pieyre le Jeu 3 Jan 2013 - 16:47

J'ai vu apparaître un début de réponse, hier ou avant-hier, qui me semblait très bien parti. J'attends jusqu'à dimanche soir que la personne (dont je n'ai pas retenu le pseudo) se décide à terminer; sinon je rédigerai ma propre version. (Tu peux me contacter en privé pour que je retire au préalable le présent message.)

Pieyre
Maître es rayures
Maître es rayures

Messages : 15354
Date d'inscription : 17/03/2012
Localisation : Quartier Latin

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Invité le Ven 4 Jan 2013 - 14:06

Basketball


Dernière édition par jouravliov le Ven 4 Jan 2013 - 14:28, édité 1 fois

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Pieyre le Ven 4 Jan 2013 - 14:15

Bon, alors c'est encore moi qui m'y colle ? C'est comme tu veux, mais j'attends tout de même dimanche puisque j'ai prévu comme ça. Si tu te ravises, n'hésite pas. J'avais envisagé des termes semblables aux tiens, mais il y avait de bonnes idées auxquelles je n'aurais pas pensé.
Et puis, on n'est pas obligé de proposer un autre texte; un style suffit.

Pieyre
Maître es rayures
Maître es rayures

Messages : 15354
Date d'inscription : 17/03/2012
Localisation : Quartier Latin

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Invité le Ven 4 Jan 2013 - 14:28

Un vertébré, de l’embranchement des chordata, du genre corvus et de l’espèce freux, perché sur un arbre de la famille des platanaceae, tenait entre ses phanères maxillaire et mandibulaire un fromage de vache au lait cru, à pâte molle, à croûte lavée, traditionnellement produit en région Bourguignonne.
Un canidé du genre Vulpès, alléché par olfaction directe, glapit approximativement (et après traduction) : « Oh, monsieur le vertébré de l’embranchement des chordata, du genre corvus et de l’espèce freux, sachez combien mon cortex occipital est sensible à la symétrie de vos traits. Si vos croassements entrainent, après traduction du signal par mes cortex temporaux, une effervescence électro-chimique à l’avenant, vous êtes cet oiseau légendaire qui renaît des résidus basiques de sa propre combustion
Spoiler:
(et donne son nom à des maisons de prolétaires essentiellement composées de béton et d’acier, ria-t-il sous cap).
A ces mots, le vertébré de l’embranchement des chordata, du genre corvus et de l’espèce freux, ne se sent plus de…
Spoiler:
(j'te laisse terminer, hein)

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Fofie le Ven 4 Jan 2013 - 22:57

Spoiler:
Laughing Je suis pliée de rire... Aah je suis contente, ma connexion fonctionne enfin depuis aujourd'hui et je suis contente de revenir lire des messages comme celui-là... Pété de rire

Fofie
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 303
Date d'inscription : 15/11/2012
Age : 49
Localisation : Langon, près de Redon (35)

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Pieyre le Dim 6 Jan 2013 - 22:47

Je termine donc, ou plutôt je reprends certains termes de ta version en prose en les incluant dans celle en vers que j'avais commencée. C'est un peu plus ramassé et un peu moins technique du coup, puisque je dois me plier à la contrainte. Grand merci en tout cas d'avoir joué le jeu.

Maître Corvus corone, sur un corylus avellana, en position de stabilité,
Tenait en son phanère corné un caillé fermenté.
Maître Vulpes vulpes, la concupiscence attisée par l'émanation aromatique,
Lui adressa approximativement cette expression sémantique :
« Hé ! salutation, agent social Corvus corone.
Que vous êtes jugé supérieur, à mon esthétique aune !
Sans délivrer une information fausse, si votre émission musicale ovipare
Est corrélé au soyeux des téguments dont votre espèce se pare
Vous êtes le sous-système maximal de ce système végétal ligneux. »
Ces unités syntaxiques énoncées, le corvus manifeste un extremum joyeux;
Et pour soumettre à estimation les qualités spécifiques de son organe oral,
Il ouvre d'un angle supérieur son phanère, laisse graviter son capital.
Le vulpus en assure réception, et énonce : « Concitoyen de positive estimation,
Archivez que tout système intentionnel qui dénote une surestimation
Déploie son conatus, le jugement apprécié, selon le principe des vases communicants :
La valeur de cet enseignement est probablement supérieure à celle d'un caillé fermentant. »
Le corvus, sujet à l'augmentation d'une entropie émotive et intellectuelle auto-dépréciatives
S'engagea, n'ayant anticipé le dommage, à intérioriser des mesures préventives.


Nouveau texte : La petite fille aux allumettes, conte d'Andersen

Il faisait atrocement froid. Il neigeait, l'obscurité du soir venait. Il faut dire que c'était le dernier soir de l'année, la veille du Jour de l'An. Par ce froid, dans cette obscurité, une pauvre petite fille marchait dans la rue, tête nue, pieds nus. C'est-à-dire : elle avait bien mis des pantoufles en partant de chez elle, mais à quoi bon ! C'étaient des pantoufles très grandes, sa mère les portait dernièrement, tellement elles étaient grandes, et la petite les perdit quand elle se dépêcha de traverser la rue au moment où deux voitures passaient affreusement vite. Il n'y eut pas moyen de retrouver l'une des pantoufles, et l'autre, un gamin l'emporta : il disait qu'il pourrait en faire un berceau quand il aurait des enfants.

Nouveau style : augmentation – il s'agit de reprendre tel quel le texte en insérant des mots, des expressions ou des propositions entières de façon à donner à l'extrait un tout autre sens.

Pieyre
Maître es rayures
Maître es rayures

Messages : 15354
Date d'inscription : 17/03/2012
Localisation : Quartier Latin

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par SoleilSombre le Dim 6 Jan 2013 - 22:52

Combien de temps accordes-tu pour qu'on propose la nouvelle version ?

SoleilSombre
Vieux de la vieille
Vieux de la vieille

Messages : 3757
Date d'inscription : 19/12/2012

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Pieyre le Dim 6 Jan 2013 - 22:56

C'est simple : si tu fais une réservation, tu indiques toi-même de combien de temps, – disons un jour ou deux, enfin une durée raisonnable. Ensuite de quoi, quelqu'un d'autre peut s'y mettre... sauf si tu demandes une rallonge.

Pieyre
Maître es rayures
Maître es rayures

Messages : 15354
Date d'inscription : 17/03/2012
Localisation : Quartier Latin

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par SoleilSombre le Dim 6 Jan 2013 - 23:00

C'est trop court... Désolée. Je vais me contenter de vous lire Smile

SoleilSombre
Vieux de la vieille
Vieux de la vieille

Messages : 3757
Date d'inscription : 19/12/2012

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Fofie le Lun 7 Jan 2013 - 1:08

Je vais essayer. What a Face

Il faisait beau et chaud, et j'avais atrocement faim, aussi je me préparais un repas froid. Il neigeait il n'y a pas si longtemps. Il était tard, l'obscurité du soir venait. Il faut dire que c'était le dernier soir que j'avais travaillé de toute l'année, ce qui me rappelait la veille du Jour de l'An. Par ce dîner froid, dans cette obscurité où était plongée ma cuisine, du fait d'une panne de courant, je regardais par la fenêtre, et je vis près d'une pauvre deux chevaux une petite fille qui marchait joyeusement dans la rue, tête nue, pieds nus. C'est-à-dire : elle avait bien mis des pantoufles en partant de chez elle, mais à quoi bon : elles la gênaient ! C'étaient des pantoufles très jolies, et elle portait des tartes très grandes dans ses bras , sa mère en faisait d'autres et les portait à la kermesse dernièrement, le problème c'est que les tartes, tellement elles étaient grandes, glissaient, et la petite les perdit quand elle se dépêcha de traverser la rue au moment où deux voitures passaient affreusement vite. Il n'y eut pas moyen de retrouver l'aspect d'origine de l'une des pantoufles, enfoncée dans une des tartes ; et l'autre, un gamin l'emporta : il disait qu'il était amoureux de la petite fille, qu'il pourrait l'épouser plus tard et qu'il achèterait des planches pour en faire un berceau quand il aurait des enfants.

Ca a l'air facile au premier abord, mais c'est dur en fait !
Je propose le même texte (l'original, de Pieyre) mais raconté par quelqu'un qui ne sait pas lire ni écrire, comment dire... d'une façon maladroite, quoi, comme si c'était une concierge qui racontait un scoop à la voisine.

Fofie
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 303
Date d'inscription : 15/11/2012
Age : 49
Localisation : Langon, près de Redon (35)

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Pieyre le Mer 9 Jan 2013 - 14:26

Une petite indication, avant de relancer
Les puristes l'auront sans doute remarqué, le procédé d'augmentation que j'ai proposé ici, brillamment terminé ce jour par Fofie, n'est pas exactement un procédé de remplacement à la façon des exercices de style de Raymond Queneau. Il s'agit plutôt de ce qu'on a appelé dans l'Oulipo une amplification, comme dans cet exercice où l'on fait subir plusieurs fois cette transformation, joueur après joueur, en modifiant à chaque fois le sens.
Le jeu est ouvert pour le suivant !

Pieyre
Maître es rayures
Maître es rayures

Messages : 15354
Date d'inscription : 17/03/2012
Localisation : Quartier Latin

Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Invité le Mer 9 Jan 2013 - 21:54

Puis-je proposer ceci ?

Ma qui fesai froid, mon djeu qui fesai froid. C’est bien simple pour tout dire je crois même qu’il néjait. Ben oui c’est ça y avait des neijes pisque mon René était tout blanc en rentrant. Enfin blanc c’est pour dire pasqu’il était plutôt gris rapport à sa marraine chez qui se qu’il était passé pour les étrennes alors on se dit bon année et un coup entraine l’autre. Enfin brèfle voila-t-il pas qu’on voit une gamine nue qui passe dans la rue. Nue c’est pour dire, hein, pas nue comme sur la chaine dans la télé qu’on voit pas bien, mais elle n’avait pas grand-chose s’ul dos la povrette. Et aux pieds de ces savates, on aurait dit la mère François, voyez, celle qui a marié sa fille au chaudronnier, même qu’il parait que ça se passe pas comment qui faut, rapport à la bellemère. Mais moi ce que j’en dit. Brèfle pour revenir à la gamine, la v’la qu’elle s’engage sur la rue. Vous voyez la petite rue de la boulangerie, on passe un petit pont pis sur la droite y a une grande maison rouge, hein, vous voyez, ben, pas cette rue la mais celle juste en face. Donc la v’la qui s’avance quand tout à cout comme qui dirait que deux voitures déboulent de l’ote bout, une rouge mais pas rouge rouge non plutôt un rouge comme les tentures de chez Michaux le poissonnier dont la femme est encore enceinte. Faudra quand même voir un jour qui s’arrêtent ces deux-la, rapport aux allocations que c’est nous qu’on paie. Brèfle, la gamine court, ben vous me croierez ou vous me croierez pas mais v’la qu’elle perd ses savates. C’est bien simple, c’est comme pour dire qu’y en a une qui s’est envolée, pas moyen de remettre la main dessus que l’autre, c’est le morveux du garde-chasse qui la volée qui ferait bien de surveiller sa descedance mais c’est pas pour dire qu’un chien fait pas des chats.

Et éventuellement signaler qu'il pourrait être intéressant pour ce même événement de disposer de la version "rapport de police".

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Exercices de style

Message par Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 10:46


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 4 1, 2, 3, 4  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum