Zébritude et résilience

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Zébritude et résilience

Message par Invité le Sam 22 Sep 2012 - 16:25

Je n'ai pas vu de discussion sur le lien entre la zébritude et la résilience. J'ai lu quelques messages sur le fait de remonter la pente, de surmonter ses déprimes...Pour moi, ce n'est pas de la résilience. Ce mot désigne la capacité à surmonter les traumatismes. C'est un sujet qui me taraude depuis longtemps avant que je ne connaisse la zébritude : pourquoi certains peuvent surmonter les pires des événements et d'autres se laisseront mourir. Ma question sera plus spécifique : voyez-vous un lien entre la zébritude et la résilience ? Existe-t-il un lien ?

Je me rends compte que c'est un sujet sensible. Ceux, qui seraient les plus capables de répondre sur la base de leur expérience, ne voudront pas forcément s'exprimer. Vous pouvez ne pas décrire les traumatismes subits. Personnellement, je suis une résiliente, une survivor, qui a traversé plusieurs épreuves traumatiques. Cela ne veut pas dire que l'idée d'une abdication définitive ne me soit pas venue à l'esprit dans le passé. Et tout s'emmêle un peu dans ma tête entre ce qui viendrait de la zébritude et de ces traumatismes.

PS : malgré le ton de mon message, je suis relativement heureuse, équilibrée.

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Re: Zébritude et résilience

Message par Fata Morgana le Sam 22 Sep 2012 - 16:49

Je suis un enfant-martyr. Je suis né avant terme avec ce qu'on pense avoir été une encéphalithe. J'ai été placé dans des centres où j'ai été maltraité et qui m'ont éloigné de l'école. On m'y a par exemple et entre autres fait remanger mon vomi. Je n'ai presque pas suivi de scolarité, tout ce que je sais je l'ai reccueilli tout seul. J'ai été placé dans une multitude de familles d'accueil. A l'adolescence, la sucession des cliniques psy et des maisons de repos a duré dix ans au bas mot. Les médecins m'ont dit condamné. J'ai abusé des médicaments valium, mandrax, ect jusqu'à la folie. On m'a diagnostiqué une dépression endogène ET exogène. J'ai commencé les somnifères à quatre ans. Je prends des médicaments encore aujourd"hui. je suis passé par l'alcool et la drogue. j'ai connu des accès d'amnésie rétrograde (souffrance indicible). Je suis marié, j'ai deux enfants dont un autiste de Kanner... (et une fille surdouée.) Ma mère était quasiment folle. Je n'ai jamais travaillé. j'ai une carte d'invalidité. je ne vois que d'un œil, j'ai été gravement asmathique... On pourrait continuer la liste.
Je dois dire qu'indépendamment d'une vie de foi salutaire (et pour cause Wink ) Je suis un homme heureux. Je ne suis pas ou plus (totalement) l'objet de mon passé. Je pense, je crée, je médite, j'étudie, je compose de la musique, je suis moi-même. Je pense donc être résilient...
J'ai découvert ma zébritude à 53 ans environ. Tout le reste du temps je me suis cru fou, frappadingue, anormal, mentalement diminué...
Parfois, ce qui m'en reste, c'est juste que j'ai envie qu'on m'écoute, car je pense avoir pas mal de choses à dire sur pas mal de sujets...Voilà.
J'ignore l'impact de ce passé sur ma zébritude, qu'est-ce qui est dû à quoi, mais au fond, je m'en moque. Sans doute que si on m'avait placé dans un milieu adapté (à l'époque les écoles spécialisées n'existaient pas, pas plus que des tests valables) j'aurais sans doute fait des étincelles. Mais bon. La résililence consiste pour le principal en réconciliation, avec les autres, son passé et soi-même. C'est chose faite.
Ah oui, mon père a tenté de me défenestrer... What a Face


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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Sam 22 Sep 2012 - 17:29

Wahou... Je ne m'attendais pas à ce type de réponse. Quel courage ! Merci en tout cas.

Pour moi, être résilient signifie avoir traversé ces traumatismes et arriver à vivre "normalement". Mais la réconciliation n'est pas forcément au rendez-vous. L'âge y est sûrement pour quelque chose (je ne suis pas en train de te dire que tu es vieux...je parle de distance temporelle). Contrairement à toi, malgré les vicissitudes de la vie et le contexte très défavorable, j'ai pu exploiter mon potentiel. Et je crois que ma soif de connaissance et ma volonté de me réaliser sont des moteurs qui m'ont permis de tenir. La vie intérieure comme un refuge.


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Re: Zébritude et résilience

Message par Fata Morgana le Sam 22 Sep 2012 - 17:42

Pour bien des zèbres la vie intérieure semble être en fait de toute façon la vraie. Souvent les contacts avec la société sont tendus, blessants et marqués par l'incompréhension. Du coup ce refuge de la solitude est l'une des caractéristiques (pas systématique bien sûr) de la zébritude.
Zèbre et introversion vont souvent de pair.

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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Sam 22 Sep 2012 - 18:29

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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Sam 22 Sep 2012 - 21:29

Ma question est très ouverte...car je pense que les différentes interprétations et réactions donnent des points de vue intéressants.

Dans une situation traumatique, qu'on soit zèbre ou non, on est dans une situation de survie. La force psychique est plus importante que l'intelligence. Je me demande seulement si les processus mis en jeu diffèrent selon la zébritude ou non.

Par exemple, ma soeur, qui a vécu la même chose que moi, a été diagnostiquée surdouée...Mais elle n'a pas su résister. La schizophrénie a été le processus qui l'a sorti de ce réel qui était devenu insupportable pour elle. De mon côté, le parcours a été très différent. Et pourtant, j'ai aussi utilisé mon monde intérieur pour résister. J'ai été mariée, j'ai une petite fille et j'ai "réussi" selon la norme sociale (mais ma vie personnelle est une catastrophe).

Je pense que Fata a compris ma question : est-ce que la zébritude renforce ou non la résilience ? Est-ce que les traumatismes nous marquent dans le développement de cette zébritude ?

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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Sam 22 Sep 2012 - 22:13

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Re: Zébritude et résilience

Message par Fata Morgana le Dim 23 Sep 2012 - 7:50

La créativité a été pour moi l'idéal échappatoire. Et je pense que sans la zébritude, je n'aurais pas disposé de ce recours. Je me suis mis à écrire au plus fort de la crise adolescente qui a été très dangereuse. Un ami créatif nous accueillait dans sa grande maison à la campagne et nous écrivions et dessinions en groupe en écoutant de la musique, lors de nuits blanches inoubliables. La zébritude comme source de créativité ET les bonnes rencontres au bon moment ont été salutaires.
Je pense que la douance est surtout un potentiel. En tant que tel il peut être plus ou moins investi par la personne qui en dispose. Quand j'étais jeune, les comportements originaux et voyants étaient beaucoup mieux supportés qu'aujourd'hui. Le monde croyez-m'en a énormément régressé en matière de liberté. Du coup "l'originalité", du moins dans certains milieux, était vue d'un œil plutôt favorable, du coup, exprimer sa zébritude ne nous faisait pas forcément passer pour des demis-fous car le monde était alors beaucoup moins conformiste et psycho-rigide...


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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Dim 23 Sep 2012 - 10:20

Mazarine, ce que je vais te dire n'est pas méchant et je ne veux surtout pas te vexer. Une analyse de mon texte ne fait pas avancer la réflexion. Je sais ce que j'ai écrit. J'ai pris l'exemple de ma soeur et moi car nous n'avons pas évolué de la même manière...Et heureusement, tous les zèbres ne sont pas identiques. Nous avons des points communs mais nous sommes tous différents. Je voulais prendre un exemple où la zébritude n'a pas donné le même résultat.

Quant à ma zébritude, je n'en ai aucun doute même sans diagnostic officiel. J'ai rencontré plusieurs THPI diagnostiqués. Le dialogue était fluide et je m'y sentais bien. Le rythme était celui qui me convenait. Ceux-ci m'ont dit que j'étais zèbre sans aucun doute. Cela me suffit. Je ne suis pas intéressée par le fait d'avoir 125, 140 ou 160 de QI. Cela ne me sert en rien.
Je n'ai pas envie de voir un psychologue car il fera une fixation sur mes traumatismes au lieu de regarder mon fonctionnement interne. Je n'en ai rencontré qu'un, à l'occasion d'une thérapie de couple. La seule chose qui l'a intéressé était mon passé alors que je le manipulais pour lui faire dire à mon ex ce que je pensais de la situation. Il n'y eut qu'une séance et pour cause...même si le psychologue insistait pour me revoir dans des séances individuelles !

Fata, c'est intéressant ce que tu dis. J'ai un domaine de prédilection qui est la littérature. J'écris et ce processus d'écriture me fait un bien fou. Dans les périodes troublées, je me suis plongée dans le dessin, l'écriture. Je l'ai fait seule mais je suis d'accord que la rencontre d'un être qui te soutienne aux bons moments est essentiel.
Ce que tu dis par rapport à ton époque me fait penser à une de mes spécificités. Je suis asiatique et j'ai été baignée dans la culture asiatique. J'ai du faire un effort de décodage des conventions sociales très important. Mais je peux me permettre d'être moi sans choquer personne car je suis asiatique....Les gens mettront mes réactions plus sur un décalage culturel, ce qui n'est pas vrai. Finalement, cela a du bon d'être physiquement différent Smile

La réaction qui m'insupporte quand les personnes apprennent quel est mon passé est la pitié ou la gêne. Un non résilient, en lisant ce que tu as écrit, a habituellement la réaction : "Ah, Fata, mon pauvre, je suis désolé." Et là, le regard t'évite. Ma tactique dans ce cas est de faire de l'auto-dérision. Evidemment, je mets encore plus mal à l'aise les gens...Mais cela m'amuse et un grand rire éclate silencieusement en moi.
Et toi, quelle est ton expérience ? Si tu veux, on peut échanger par MP.


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Re: Zébritude et résilience

Message par Doinel le Dim 23 Sep 2012 - 12:42


Mon sentiment perso c'est que le zèbre présente un plus, soit pour s'enfoncer dans le trauma, soit pour en sortir et le sublimer.

Pour une raison qui m'échappe, je me suis toujours intéressé à la vie de certains artistes qui me touchent particulièrement (ex. Barbara, Marilyn, Brando, Louise Brooks, Truffaut, Dewaere, Gainsbourg). Comme par hasard, tous ont connu des traumatismes souvent terribles dans leur enfance, et la plupart me semblent être très rayés.

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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Dim 23 Sep 2012 - 14:17

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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Dim 23 Sep 2012 - 15:30

Je ne mets pas tout sur la zébritude. En fait, je pense que le potentiel zébré donne des moyens plus puissants pour faire face.
Par exemple, le zébré va réfléchir, va créer, va utiliser ses potentiels enfouis car il n'a pas le choix pour survivre. Il peut s'enfermer dans son monde pour s'évader. Dans les mêmes conditions, un non zébré s'appuyera sur sa force psychologique uniquement.
Ce ne sont que suppositions. Dans mon cas personnel, sans la littérature, sans l'imaginaire, je n'aurais pas réussi à faire face. A la base, je me sentais nulle dans tout ce que je faisais et les traumatismes m'ont encore plus enfoncé dans cette nullité. Comme pour me prouver que je valais quelque chose, j'ai lutté de toutes mes forces. C'était un pari. Et si je n'étais parvenu, je ne serai pas là...

Quand j'arriverai à écrire un long pavé sur mon expérience, je le ferai. C'est juré car je pense que tout témoignage peut aider...J'aimerais aussi avoir d'autres témoignages (il y a d'autres résilients, j'en ai identifié certains...).

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Re: Zébritude et résilience

Message par Doinel le Dim 23 Sep 2012 - 15:47

Mon hypothèse repose sur le fait que j'ai vu une étude avançant que les surdoués étaient en moyenne plus surexcitables dans les 5 domaines identifiés par Dabrowski (sensuel, psychomoteur, intellectuel, émotionnel, imaginaire). J'aurais tendance à voir ces surexcitabilités comme des boutons permettant d'aller soit plus haut, soit plus bas que la plupart des gens.

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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Dim 23 Sep 2012 - 16:12

Doinel, tu peux me donner les références de cette étude ?
Je suis assez d'accord avec ce point de vue.

Au cours de ma vie, quand j'étais au plus bas, je suis tombée en crise d'anorexie. J'ai vécu la dernière quand j'ai débuté ma carrière, seule à Paris. J'ai cru y rester. J'étais un petit squelette qui ne supportait plus aucun frottement de vêtement, dont les pieds ne pouvaient plus supporter le poids de ce corps...J'hantais ce corps. J'avais peur et en même temps, dans cette douleur, je me sentais vivre. Il aurait fallu d'un rien pour qu'un arrêt cardiaque m'emporte. C'est l'instinct de survie qui m'a donné une impulsion pour me nourrir à nouveau. J'avais trop de choses à découvrir, trop de beautés à percevoir, et d'amour à donner! J'avais une envie folle de ressentir tout intensément, quitte à ce que cela soit de la douleur. La période d'après, je me suis concentrée dans la recherche amoureuse Smile. Eros et Thanatos.

PS : Mazarine, je t'ai envoyé un MP et j'ai un doute sur son envoi car je n'ai pas compris à partir de combien de messages, je peux en envoyer Smile

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Re: Zébritude et résilience

Message par Doinel le Dim 23 Sep 2012 - 16:47


La voici:
http://www.positivedisintegration.com/Ackerman1997.pdf


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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Dim 23 Sep 2012 - 17:19

Merci Doinel. J'ai lu l'article. Dommage que l'échantillon soit aussi restreint. D'un point de vue statistique, la taille est insuffisante, surtout pour faire émerger les corrélations et non corrélations (j'ai fait des études de stat Smile ).
Par contre, sur le plan théorique, je trouve que ce point de vue est intéressant.

Par rapport au sujet de la résilience, si vraiment l'overexcitability psychomoteur est aussi discriminante, cela voudrait dire que l'individu zébré est capable de mobiliser plus d'énergie pour s'en sortir. Il serait plus capable de se donner l'impulsion pour s'en sortir...Mais l'overexcitability émotionnelle pourrait aussi le faire basculer dans la résignation, le faire plonger.

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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Dim 23 Sep 2012 - 18:04

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Dernière édition par Mazarine le Mer 26 Sep 2012 - 23:53, édité 1 fois

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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Dim 23 Sep 2012 - 19:32

Mazarine, je m'en doutais...Le premier pas est déjà de pouvoir en parler à une personne qui ne te jugera pas, qui sera bienveillante. Ce n'est pas facile de se dévoiler dans un contexte anonyme (le forum).

On ne se débarasse jamais de ses traumatismes comme personne ne peut panser tes blessures (ce que beaucoup recherchent à travers la relation amoureuse). Il existe un moment pivot où tu sens que ces traumatismes te rendent forte, que, sans eux, tu ne serais pas ce que tu es. Je ne sais pas trop comment l'expliquer (sauf par le pouvoir évocateur de la poésie). Quand tu as ce ressenti, c'est un signe d'acceptation...

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Re: Zébritude et résilience

Message par Doinel le Dim 23 Sep 2012 - 19:55

Tu as raison mais c'est le problème commun à la plupart des études sur les surdoués, avec le biais de sélection.

Dabrowski a défini le concept de "troisième facteur" de développement qui correspond à ce dynamisme interne dont tu parles. Il est certainement lié aux overexcitabilities, mais comme l'étude en question ne fait pas le lien (ou j'ai oublié), je me suis abstenu de le présenter comme une caractéristique potentiellement plus forte chez les surdoués.

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Re: Zébritude et résilience

Message par fleurblanche le Lun 24 Sep 2012 - 23:35

Mazarine a écrit: Car la résilience chez moi n'est pas une capacité mais un choix.

Je ressens la résilience comme une capacité, une sorte de « force intérieure » qui pousse à aller de l’avant.
Mais c’est vrai qu’il y aussi une question de « choix » dedans, car on peut prendre la décision d’avancer A CAUSE d’une responsabilité que l’on a (ex : un enfant à charge). Bien que je parle d'un ton impersonnel, c'est pourtant à partir de mon vécu que j'exprime ce que j'ai dit dans les 2 phrases précédentes. (Parler sur un ton impersonnel = prendre une distance émotionnelle pour ne pas se laisser replonger dans l'océan émotionnel vécu à l'occasion du trauma ? )

De toute façon, les facteurs influençant la résilience et les réactions aux traumatismes sont à la fois intrinsèques et extrinsèques. Si Bliss passe par ici, peut-être elle pourra nous en parler un peu plus (suis trop fatiguée pour rassembler et étoffer mes petites connaissances sur le sujet).

PS : La résilience se bâtit aussi.

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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Mar 25 Sep 2012 - 19:49

Il est difficile de parler de ce sujet...Par traumatisme, je pense plus particulièrement aux événements que nous subissons et que nous ne maîtrisons pas. Je ne parle pas de ce qu'on s'auto-inflige. Généralement, ces violences contre soi sont des expressions de mal être (par exemple, l'anorexie)...Evidemment, nous avons chacun un seuil de tolérance plus ou moins élevé. Il m'est arrivé de sous-estimer l'impact d'un événement sur un être que j'aimais en ne me basant que sur mon seuil de tolérance. Grave erreur !

Si je reviens sur mon cas personnel, outre cette force intérieure, une chose m'a aidé. La majorité du temps, je vis une chose et, en même temps, je me vois vivre cette chose et me demande ce qu'il adviendra par la suite de cette expérience... C'est un peu handicapant dans la vie de tous les jours. Mais je dois reconnaître que cette faculté m'a aidée. Je me voyais dans ce trou sans fonds comme si ce n'était pas vraiment moi qui vivait le drame qui se déroulait. Le traumatisme fait ses dégâts sur moi comme en mon absence.

Le problème est que si les traumatismes se répètent, cet effet de distanciation devient de plus en plus important. Ce phénomène m'a fait peur, réellement peur....

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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Mer 26 Sep 2012 - 20:35

Après avoir pensé, repensé comment je vais dire ce que j'ai promis de dire, je vais vous faire la version courte, la vision descriptive. Ce choix va impliquer la suppression de mon ressenti...peut-être...peut-être pas.


XXXXXXX (partie effacée)

Qu'est-ce qui m'a définitivement réconcilié à la vie (pas avec mon passé) ? C'est la présence de ma fille et mon divorce. C'est merveilleux de voir cette vie qui commence Smile. J'ai eu peur, très peur avant de l'avoir. Je m'imaginais incapable de l'aimer, capable de la laisser pour partir n'importe où...Et le divorce m'a obligé à réfléchir à ma conception de la vie, à ma relation particulière avec les hommes (mes deux premiers hommes, mes deux pères m'ont abandonnée).

Fondamentalemnt, j'ai eu la chance d'avoir été aimée (même si mal aimée) par ma mère, d'avoir été soutenue par plusieurs professeurs (l'un a dit à ma mère, que je parviendrais toujours à faire ce que je voudrais). Au fonds, tout au fonds, je sens un optimisme indestructible en moi. Quelque chose de fort. Je suis heureuse de pouvoir être euphorique dans des moments simples (même si je peux plonger dans le désespoir 5 minutes plus tard). La chose qui m'a toujours tirée vers le haut est la littérature, la poésie. Quand le monde réel était trop dur, je me réfugiais dans la lecture. Elle fut une compagne fidèle et sans faille qui me permettait de rêver, de réfléchir. Malgré tout ce qui m'est arrivé, j'ai eu le parcours envié "classe prépa - grandes écoles".

Avec le recul, je dirais que je suis ce que je suis aujourd'hui grâce à ma vie. J'ai connu la faim, l'abandon, la violence psychique, le deuil, la perte d'un être cher dans une presque folie. Mais d'autres dans le monde ont subi des horreurs, de terribles horreurs. Quel que part, j'ai eu de la chance, celle de rencontrer les bonnes personnes aux bons moments. Les nombeux voyages que j'ai eu la chance de faire m'ont fait prendre conscience que le malheur pouvait être sans fonds...

Je me rends compte que j'ai une force incroyable. Et je dirais que j'aime la vie. Oui, je savoure ce qu'elle peut m'offrir de beau, de bon. Je me montre humble par rapport à elle.


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Re: Zébritude et résilience

Message par Kateo le Mer 26 Sep 2012 - 22:37

Quand je lis vos textes, je prend conscience de choses.

Personellement, j'ai été maltraité par les autres et la société dès l'enfance, en particulier à cause de deux ans de moins à l'école.
Un père effacé et une mère surprotectrice. Au bout de 17 ans, j'ai explosé toute ma souffrance et fait complétement n'importe quoi. Il y'a des gens qui ne se sont pas privés de m'humilier avec ce que j'ai fait en me calomniant sur le Net aux yeux de tous.
Je n'ai jamais eu le courage d'aller regarder ça et on en m'en a jamais parlé mais je sais que il y'a des choses terribles sur moi.

Cette souillure est horrible. J'ai l'impression d'avoir été jugé, condamné, de porter un tatouage sur le visage. J'ai l'impression d'avoir été dégradé à un rang de paria. Je ne sais pas comment faire pour me protéger. Je n'ai presque plus rien à protéger d'ailleurs...

J'ai été heureux seulement quand je suis partis avec mon sac à dos en Irlande. Loin de tout.Seul. Mais je ne pourrai pas faire ça toutes ma vie. Ce serai une fuite.

Cela fait donc 18 ans et 9 mois, moins un, que j'encaisse. J'ai encaissé tellement de choses que je me demande souvent comment je ne me suis pas suicidé ou finis en hôpital psychiatrique tellement l'enfer dans ma tête était intense par moment. Peut-être parceque j'ai toujours hurlé pour m'en sortir.

Alors oui le zèbre est plus résilient. Mais il est aussi "plus" tout. Il a ce versant fort et ce versant destructeur en lui.


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Re: Zébritude et résilience

Message par Invité le Jeu 27 Sep 2012 - 19:27

Je vous remercie pour votre message. Je dois avouer qu'après avoir publié le mien hier soir, j'étais dans un état émotionnel intense...

Cela prend du temps pour savoir se protéger. Certains utiliseront la froideur, d'autres le rire. Vous allez trouver votre manière personnelle de le faire. Et je pense qu'on n'a pas besoin de partir loin physiquement pour être en fuite.

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Re: Zébritude et résilience

Message par fleurblanche le Jeu 27 Sep 2012 - 23:35

SoleilSombre a écrit:Je vous remercie pour votre message. Je dois avouer qu'après avoir publié le mien hier soir, j'étais dans un état émotionnel intense...
Je peux le concevoir... Raconter c'est parfois comme replonger dans la tempête émotionnelle vécue au moment des évènements. Je me suis toujours demandé si ceux qui racontent arrivent à garder une distance émotionnelle avec les faits qu'ils racontent, parce que ça me paraissait difficile à faire...

Cela prend du temps psour savoir se protéger. Certains utiliseront la froideur, d'autres le rire. Vous allez trouver votre manière personnelle de le faire. Et je pense qu'on n'a pas besoin de partir loin physiquement pour être en fuite.

Exact : les réactions d'évitement... Il y a quelques temps, dans le cadre de mon travail, des collaborateurs extérieurs à notre boîte nous ont suggéré de tester sur nous-mêmes (concepteurs), les modules et outils que nous mettions à la disposition de nos travailleurs du terrain pour soutenir psychologiquement les populations vulnérables. Le jour même, j'ai averti mes patrons que je ne serais pas disponible pour "tester" ces outils. Car tester commençait avec évoquer les traumatismes vécus, et je ne me voyais vraiment pas passer en revue tous mes traumas passés devant un groupe de personnes, et le faire de manière non volontaire. Car passer en revue = revivre les émotions, et en plus je me disais que l'évocation de mes traumas pouvaient choquer le reste du groupe. Sans compter que je risquais aussi de m'imbiber, comme une éponge, des traumas des autres. Est-ce que c'est de la fuite ? Je dirais plutôt que j'ai appris à connaitre mes limites, et donc à tenir compte d'elles. De la même manière que chacun a des limites sur le plan physique (exemple : force musculaire) différentes de celles des autres, on a aussi des limites émotionnelles qui diffèrent d'un individu à l'autre.

Quant à la protection, je dirais qu'il y a des domaines dans lesquels on est plus exposé que dans les autres (ex : vie professionnelle, relations sentimentales, vie familiale, etc). ça dépend des traumas vécus, mais aussi des "faiblesses", ou "points faibles" personnels. Il y a des gens qui vont répéter les mêmes schémas, et donc éventuellement revivre les mêmes traumas, à cause de ce qu'ils ont un faible pour telle ou telle chose, ou pour tel ou tel type de personne. Et donc, tant qu'ils n'auront pas résolu (ou au moins mis sous contrôle) ce faible qu'ils ont, ils se referont traumatisés, avec leur propre "complicité". Je parle encore de manière impersonnelle (pour garder une distance émotionnelle sans doute) mais c'est les leçons que j'ai tirées de mon vécu.

Concernant la résilience, je prie souvent que mes filles aient "hérité" des mêmes capacités que moi.

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Re: Zébritude et résilience

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