Parcours jusqu'à en perdre haleine.

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Parcours jusqu'à en perdre haleine.

Message par blablafact le Ven 7 Sep 2012 - 0:46

Présentation (préparez vous, armez vous de courage, ça va être long)

Bonjour,

J’ai 23 ans à ce jour et suis étudiant infirmier, pâtissier et gérant d’une sandwicherie de nuit. Je ne suis pas étiqueté en tant que surdoué et j’ai entamé un suivi psy depuis trois mois approximativement suite à une détresse psychologique récurrente, un sentiment de décalage grandissant ainsi qu’un épuisement physique lié à mon rythme de vie, à mes troubles du sommeil (3 à 5 heures par nuit dans les périodes passables) et à une consommation régulière de stupéfiants à visée anxiolytique

Cette situation me porte, par moments, à voir la vie comme une vaste blague née du néant et j’ai du mal à donner un sens à ma vie et à mon parcours quelque peu alambiqué.

J’ai le sentiment d’avoir une enfance tel un âge d’or jusqu’aux premières ruptures. J’ai parlé vite et bien selon ma mère et j’ai été un enfant très actif, casse-cou, qui se faisait des amis partout où il allait. J’ai toujours posé énormément de question et eu la volonté de savoir faire tout ce qui me semblait intéressant, à savoir une quantité de chose difficile à déterminer. Ayant toujours de nouveaux centres d’intérêts, la persévérance n’a jamais été mon fort

Il y a quelques jours, je me suis souvenu de quelque chose qui m’a fait rire et qui, je pense, est une des origines à l’impression que j’ai d’avoir toujours été un fieffé menteur et arnaqueur : Nous devions en primaire réciter sur une ardoise, tout les matins, la leçon apprise de la veille, or j’ai toujours eu comme une impossibilité à apprendre par cœur, volontairement des textes. J’y ai trouvé une solution rapidement puisque je prenais le temps tous les matins pendant plusieurs années d’écrire au verso de l’ardoise ladite leçon, puis j’écrivais ce qui me passait par la tête durant la phase de restitution pour finir par aller faire approuver ma production. Aussi depuis très jeune j’ai l’énervante manie de réussir très aisément à argumenter n’importe lequel de mes points de vue même sachant que j’ai tort.

Cette période s’est soldée par la séparation de mes parents que j’ai accepté par la force des choses. Cet événement nous à mené à aller vivre en ville où j’ai du repartir à zéro : nouvel environnement, le collège, la sixième avec toutes ses promesses de variété dans le contenu, nouveau cercle d’amis car je ne connaissais personne…
Nada, l’ennui toujours présent en classe, les élèves qui affublent « d’intello » les élèves qui répondent quand ils s’intéressent réellement au sujet, l’absence de relations amicale, la violence qui s’immisce et la solitude qui pointe le bout de son nez. La situation s’est encore assombri dans mes souvenirs, entrée dans l’adolescence oblige : appareils dentaire, acné, surpoids surajoutés au qualificatif « d’intello » et de « Mr je-pense-que » ne m’ont pas aidés à retrouver la popularité que j’avais étant enfant. Jusqu’à ce que je me désinvestisse totalement des cours pour devenir un « élément perturbateur » qui «n’apporte aucun travail personnel malgré de grandes capacités ». J’arrive alors toujours à obtenir des notes élevées dans les matières qui attisent ma curiosité (svt, chimie, technologie, arts plastiques, mathématiques) sans l’ombre d’un investissement personnel en cours ni à la maison, seulement des choses dont je trouve les réponses « à l’instinct ».

La seconde rupture intervient au cours de la troisième puisque je deviens une coquille vide pour laquelle tout perd son sens. Je fais une dépression quand la vieille impression est confirmée dans mon esprit, par le biais des SVT, que la vie humaine n’a strictement aucun des sens transcendants qui lui sont attribués. Je perds gout à tout et commence alors à consommer alcool et stupéfiants en masse périodiquement puis viens un moment ou les choses tournent mal : je réalise deux tentatives d’atteinte à ma vie qui pousserons ma mère à me faire admettre dans un service fermé de psychiatrie en urgence. Service dans lequel je reste trois semaines. Je n’ai pas de souvenirs de cette période sinon le sentiment de ne pas y être à ma place et que ma réaction à été absurde.

A mon retour au collège je suis changé, fragilisé mais motivé à en découdre avec la vie. La direction de mon collège m’apprend alors que je dois réaliser 35 heures de colles car je ne veux pas dévoiler le motif de mon hospitalisation. Je change alors de collège et passe le brevet avec succès malgré cette année trouble.

Arrive ensuite le lycée, ou mon désinvestissement est alors de plus en plus grand je rattrape mes heures de sommeil en cours, je consomme de plus en plus de cannabis et je commence à m’inscrire dans une délinquance faite de petits vols et de trafics de stupéfiants. L’année se solde par un redoublement, ce qui à l’effet de me faire perdre toute confiance en mes facultés intellectuelles jusqu’à ce jour. L’établissement acceptant mon passage dans n’importe quelle série sauf la scientifique même en appel, je décide alors de changer de lycée. Le retard accumulé durant toutes ces années sur les programmes est alors échelonné et je commence à fuir les cours ne me sentant plus capable de quoi que ce soit. J’arriverais jusqu’en terminale séchant plus de la moitié de ma scolarité au lycée mais me débrouillant pour rattraper 3 ans de retard en deux semaines au moment du bac.

J’obtiens mon bac avec 12 de moyenne contre toute attente ce qui me donne envie de me mettre à travailler pour réaliser mon ambition d’enfant, devenir médecin. La rentrée passée je me rends compte de l’ampleur de la tache et de l’ambiance de compétition qui règne dans les amphithéâtres de médecine. Mon idéal est alors bafoué, je me désengage à nouveau et quitte la fac au bout de deux mois. Je suis alors au fond du gouffre. Depuis petit j’ai des phases d’émerveillement prolifiques et de désenchantement destructeur mais celle ci est celle qui à réduit mon estime de moi même, à cassé toute ambition pour un temps et qui m’a aidé, d’un autre coté à me demander quelles étaient mes motivations réelles, pourquoi et à quelle vie j’aspirait.

J’ai ensuite travaillé deux ans à plein temps dans la pâtisserie ou je travaille depuis l’âge de 17 ans, ce qui m’a amené rigueur dans le travail, une envie du dépassement de soi et une reconnaissance dans mon travail. Cette parenthèse m’a permis de me rendre compte aussi à quel point j’aimais et avais besoin d’apprendre. Je suis donc entré en école d’infirmiers car j’avais un besoin injustifiable d’altruisme, que la formation touchait à des sujets existentielles et aussi parce que le bagage théorique me semblait intéressant et polyvalent. Voilà maintenant deux ans que je m’ennuie une fois de plus en cours et que je suis malmené par mon anxiété et mon besoin de faire parfaitement et de manière réfléchie chaque acte en stage.

L’ennui est mon fardeau. Et ce à tel point que j’ai deux emplois malgré une indemnisation raisonnable durant la totalité de ma formation : je travaille toujours dans la pâtisserie et j’ai monté ma sandwicherie.
Je sèche tout les cours possibles pour rentrer chez moi au plus tôt et lire et naviguer sur internet à la recherche de la connaissance du moment qui m’intéresse : cette année c’est allé de la gestion, au shiatsu en passant par la philosophie, le développement personnel, l’art et la psychologie.
J’ai tout le temps mille et une questions entremêlées en tête qui me donnent envie de faire autant de projet mais la rapidité du phénomène ne m’autorise sans rigueur à ne vivre ma vie qu’en songes.

Ayant des problèmes de confrontation au cadre des choses, je suis en « conflit » avec la direction de mon école. En effet, la directrice a usé d’abus de pouvoirs, a stigmatisé des élèves et transmet des valeurs opposées à celles de ma formation d’infirmier. Jusqu’au moment où je me suis placé comme toujours en tant que protecteur de la veuve et de l’orphelin en la remettant en place avec tact devant toute son équipe et 150 étudiants car son discours m’était devenu insupportable.
Cela n’a pas été sans conséquences et je suis maintenant la bête noire de la direction qui m’attend au tournant au moindre de mes ratés.

Cela m’amène à me dire que mon comportement restera toujours, dans une certaine mesure, problématique par rapport à une hiérarchie aux pratiques infondées et injustes. Je n’exercerais donc pas le métier pour lequel je me forme et je suis maintenant entrain de mettre en place un projet entrepreneurial à plus grande échelle que celui que j’ai déjà crée. Cela me semble être un moyen de me créer un « ilot de sécurité » avec mes règles, mes manières de faire et qui me permettrais, en une poignée d’années, d’atteindre une situation financière ne nécessitant qu’un travail d’entretien. Tout cela dans le but de pouvoir me dégager un maximum de temps pour étudier, lire monter des projets et activités en tout genre selon mes envies du moment.

En lien avec tout cela je suis une énigme ou un « type bizarre » au mieux pour les gens qui m’entourent voir un raté pour une certaine fraction de ceux ci. Quoi qu’il arrive j’accuse un certain décalage dans la grande majorité de mes relations qui ne comprennent pas mes aspirations malgré toutes mes explications.
Ce décalage permanent m’a poussé à me considérer comme une sorte de monstre ou de bizarrerie de la nature et en quête de compréhension j’ai fini par tomber sur des sites bien connus de votre communauté qui m’ont amenés à me poser la question de la « douance ». Terme au passage qui me fait culpabiliser car je ne me sent pas doué.

Voilà vous en savez maintenant bien plus que beaucoup de mes proches.
Merci pour votre patience, cela m’a fait grand bien de pouvoir poser ce pavé.

Aussi je me suis reconnu malgré nos différences dans les propos de the-Art-of-Falling-Apart. Courage.

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Re: Parcours jusqu'à en perdre haleine.

Message par Gummo le Ven 7 Sep 2012 - 1:30

Bienvenue à toi dans notre graaande famille de zèbres. Smile

Je te souhaite une bonne découverte du forum. J'espère que tu trouveras les réponses à tes questionnements et que ça t'aidera à voir plus clair en toi !


Et j'aime bien ton pavé, quand on lit ton histoire, tu es vivant, tu agis, tu réagis, tu accomplis. Je pense que tu es plus doué que tu ne le penses.
En tout cas, moi, je t'aime déjà ! Very Happy

Gummo
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Re: Parcours jusqu'à en perdre haleine.

Message par Sense le Dim 16 Sep 2012 - 0:14

Welcome fellow Zèbre!

L'entrepreunariat à l'air d'avoir vraiment un effet bénéfique sur toi.

Sense
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Re: Parcours jusqu'à en perdre haleine.

Message par Bliss le Dim 16 Sep 2012 - 2:07

Bienvenue à toi blablafact !! Very Happy

Dis donc, quel parcours !! Que d'intensité, de violence, d'émotions à fleur de peau, d'entièreté !! ça fuse dans tous les sens, on sent que ça bouillonne là-dedans !
Et tu n'as que 23 ans, wahou ! O_o
On croirait presque écouter un vieux monsieur qui raconte sa vie à ses petits-enfants ! (bon, le côté gâteux et dur de la feuille en moins, hein Wink )

Tu ne te sens pas surdoué, mais perso, je mets ma main à couper que tu l'es !

Sinon, ton avatar est horrible ! affraid


Je te souhaite que ce forum te permette de te poser, de souffler et de mieux t'accepter dans tes différences. Car si pendant 23 ans les gens t'ont signifié plus ou moins directement que ces différences étaient des tares et que ce qui sortait de toi était mauvais (comme le symbolise ton avatar), tu verras que sur ce forum ces "tares" sont vues comme des richesses à valoriser et à cultiver Like a Star @ heaven


Je te recommande vivement les rencontres zèbres IRL (In Real Life), qui sont de véritables accélérateurs d'évolution personnelle et de réconciliation avec soi-même sunny


Au plaisir de te lire et d'échanger avec toi...


Bliss
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Re: Parcours jusqu'à en perdre haleine.

Message par blablafact le Mar 2 Oct 2012 - 18:14

Bonjour tout le monde,

Merci de votre attention et des propos bienveillants que vous tenez à mon égard.

A vrai dire c'est étrange, mais les simples faits de m’être inscrit sur le forum, d'avoir posé par écrit mon "parcours" et d'avoir pu discuter avec certains membres (Elmoon par exemple) m'ont comme redonné un second souffle!

Au delà de ça, comme tu as pu le deviner Bliss, je me sent comme un vieil homme parfois, mais l'age qui sort souvent quand on me tiens ce genre de propos IRL est plus de 47 ans! Allez savoir... C'est le bel age selon certains de mes critères peut être. Mais cela ne m’empêche pas d'agir comme un enfant parfois!

Sinon pour alimenter ma toute jeune "autobiographie-exutoire en temps réel" j'ai quelques lignes de plus:

-Je suis entrain de réaliser une interruption de formation suite à maintes réflexions à propos du sens que je donne à ma vie. En effet je me suis rendu compte que j'ai toujours suivi cette voie pour répondre aux attentes de mon entourage (au sens restreint comme au sens large) et sans prendre en compte mes envies et mes besoins de réalisation tout au long de mon cursus. Je reviens donc sur mes pas pour tenter ma chance dans mon domaine manuel de prédilection, à savoir, la pâtisserie.

-Je passe un WAIS chez mon psychologue Jeudi, soit dans deux jours et j'avoue que cet "examen" à perdu beaucoup de l’enjeu que je lui donnais il y a encore quelques semaines. Il ne changera pas ma vie. Par contre mes lectures à propos de la "douance" m'ont apportés des perspectives plus intéressantes:
J'ai le sentiment de me reconnaitre en grande partie dans la majorité de la quinzaine d'ouvrages que j'ai pu lire sur le sujet et je comprend mieux les enjeux de l'acceptation de soi même en tant qu'être singulier. J'ai même l'impression de m'accepter par moment et de devenir plus juste et indulgent avec moi même.

-Je me suis rendu compte que si je suivais les écrits, la majorité de mes amis et proches sont surdoués. Cela m'a semblé être un contre argument au fait de me considérer moi même surdoué: Si tout le monde l'est ou se situe donc la différence?
Or j'ai commencé à investiguer. En premier lieux par mon père, que je connais peu en raison de mon histoire familiale compliquée, et il m'a annoncé avoir un QI de 164 (testé 3 fois par le biais de l'armée et de psychologues) et son profile correspond relativement bien à ceux décrits dans la littérature et son parcours pro et privé reflète bien les troubles et difficultés endurés par les surdoués. Ensuite mon attention s'est portée sur mes amis, une très bonne amie avec qui je suis vraiment "sur la même longueur d'onde", puisque nous fournissons un travail exceptionnel en cours comme sur nos projets parallèles, m'a avoué être diagnostiquée surdouée autour de 137 depuis son enfance. Son petit ami qui est un de mes meilleurs amis est un "entrepreneur fou", il dispose d'une énergie phénoménale, sort une idée d'entreprise viable et originale tout les jours... De plus ils possèdent tout deux des capacités relationnelles hors normes, une sensibilité particulière et sont d'un idéalisme qui ne manque pas de me réconforter. Pour faire bref, les personnes auxquelles je pensais sont tous surdoués en quelques sortes qu'ils le sache ou non.
On est toujours seuls mais cela est rassurant de se rendre compte que l'on est parmi ses semblables malgré tout.


Voila pour le moment "tranche de vie" je vous prie de m'excuser si c'est trop personnel ou déplacé j'ai du mal à réaliser. N'hésitez pas à remettre en question mes propos, la contradiction m'aide à développer ma pensée!

Merci en tout cas, n'hésitez pas à me contacter pour réagir, discuter d'autres sujets ou tout simplement faire connaissance!

Bonne journée à tous.

blablafact
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Re: Parcours jusqu'à en perdre haleine.

Message par Bliss le Ven 5 Oct 2012 - 22:16

blablafact a écrit: On est toujours seuls mais cela est rassurant de se rendre compte que l'on est parmi ses semblables malgré tout.
C'est exactement ce que ce forum et ses rencontres IRL m'ont amenée à éprouver.
Ça paraît peu, mais en réalité c'est énorme. Presque salvateur ! Wink



Bliss
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Re: Parcours jusqu'à en perdre haleine.

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