L'équation impossible...

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L'équation impossible...

Message par chouette le Mer 1 Aoû 2012 - 21:35

C’est l’été, le forum est moins fréquenté...

Étant d’un naturel discret, j’avais envie d'y jeter ma modeste expérience, tel un cri trop longtemps contenu. Si ça peut aider d’autres, cette bafouille n'aura pas été inutile...

J’ai été diagnostiqué HP, il y a un an à l’âge de 46 ans… Et loin de résoudre mes problèmes, ça n’a fait que jeter encore plus d’interrogations sur ma vie. Ces fameux « pourquoi » méthodiquement et impitoyablement accumulés depuis 46 ans…

Aussi longtemps que je me souvienne, je me suis toujours posé ces « pourquoi » : Ma première pensée en arrivant sur cette terre a du être : "Pourquoi suis-je là ?" Et ces « pourquoi » ne m’ont jamais quitté…

Pourquoi d’ailleurs avait-il fallu que j’aille à ce diner ou un convive parlait de la douance de son fils, la découverte tardive de sa propre différence, responsable de ses multiples échecs affectifs… ?

Et voilà, que des tonnes de souvenirs personnels remontaient à la surface, rendant la fin de ce diner particulièrement difficile. En rentrant chez moi, j’ai passé la nuit à surfer sur le net : LE CHOC !
Dès le lendemain, je me jetais sur les livres qui m’ont terriblement fait souffrir ! Je voyais défiler mon enfance… C’était donc ça ?!?!?
Le diagnostic réalisé, quelques semaines après ce diner, n’a fait que me confirmer l’impensable...

Quelle découverte violente, insupportable ; Comment cet « épisode » que j’avais limité à mon enfance, avait pu ainsi affecter toute ma vie ??
Dans les années 60, on ne parlait pas de douance, de « surdoués », de « précoces », de « HP »… On s’était contenté de dire à mes parents que j’étais en avance, et on m’avait placé 2 classes au dessus de mon age…

Moi petit antillais né à Paris découvrant un monde plus grand mais pas forcément plus mur, ni plus sûr… avec toutes les cruautés de l’enfance et l’incompréhension des adultes face à sa, à ses différences, multiples variées visibles et non visibles…
Mes parents, aussi démunis et dépassés mais sentant bien mon mal-être, avaient mis cela sur le compte du racisme, qu'ils avaient eux même connu. Ils avaient décidé de protéger leur enfant et avaient pris la décision de partir s’installer aux Antilles, quitte à sacrifier leur carrière…

Oh, si ça avait pu résoudre le « problème » ? Mais non… Mon grand frère déployait une haine féroce à vouloir me faire payer cette attention parentale : « Pourquoi prendre une telle décision pour celui qui était déjà le plus couvé, le plus brillant, le plus éveillé, le plus fragile… » ?
La haine magnifiée de l’ainé : De quoi écrire des centaines d’ouvrages…

Chacun espérait à ce moment là que tout serait rentré dans l’ordre mais hélas, le problème était encore plus épineux : J’étais certes « antillais » parmi d’autres « antillais » mais culturellement, cérébralement, personnellement si différent…

Pour mon entourage, j’étais le fils modèle : d’excellents résultats, aucune revendication, toujours espiègle certes mais toujours à vouloir donner à ses parents le sentiment qu’ils avaient fait le bon choix en se sacrifiant pour leur enfant : quelle terrible responsabilité… ! Ne rien montrer de sa souffrance, de son mal-être, pour ne pas les culpabiliser… De toute façon, ils n’auraient pas compris, personne n’aurait compris...
Juste tout faire pour paraître heureux aux yeux des siens, tout en sachant parfaitement au fond de soi, qu’on ne l’est pas... Se construire une apparence, ça j’ai su le faire depuis tout petit…

Isolé, déconnecté de tout repère, solitaire mais ayant une réelle empathie pour les autres, j’ai appris à survivre au milieu de tout ça… Je me réfugiais dans l’imaginaire que m’apportaient la nature, mes lectures, la musique, le cinéma, pour tenter de répondre à ce pourquoi de l’existence… Un monde à la fois trop immense à appréhender et un corps trop petit, trop étriqué, totalement inadapté…

Fondamentalement, j’avais mal, j’étais mal, terriblement mal mais je croyais que c’était normal. Les livres de mes parents sur la psychologie de l’enfance me rassuraient tant bien que mal : c’était une adolescence précoce… Précoce mais pas au bonheur…
Je devinais les problèmes des autres, j’anticipais leurs réactions, j’étais prisonnier d’une hyper sensibilité dont j’étais l’esclave : La moindre contrariété, le moindre geste déplacé, tout me touchait, me rendait malheureux. Je n’étais pas à ma place mais quelle était ma place… ?

Je m’entendais avec des gens plus âgés que moi, curieux de tout ce qu’ils pouvaient m’apporter. Et là-bas, aux Antilles, ces anciens, détenteurs de la tradition, nourrissaient mon imaginaire débridé.
Je sublimais tout dans un délire artistique, seule consolation pour ce cerveau qui tournait en permanence en créant des suites aux films, des personnages aux romans… Chateaubriand était mon idole, le « no way » de Sénancour me subjuguait. J’étais seul, j’étais bien…
Bref, je me définissais comme un hyper romantique prisonnier de ses passions : Voilà c’est réglé ! On ne se pose plus de questions, point trait, à la ligne…

Mais pour moi, cet état de fait était circonscrit à une enfance et une adolescence totalement ratées, mal gérées et après, ça s’arrangerait… Me projeter dans un futur meilleur, avec mon imagination débordante, c’était tellement facile…


J’ai passé mon bac scientifique, juste histoire de faire plaisir à mes parents mais fondamentalement je m’ennuyais de tout, j’ai erré dans des études à Paris, sans génie, ni passion en ratant tout ou presque… Je n’avais aucune attirance pour rien, ni personne, sauf pour la musique qui sublimait mes états d’âme.
Je mettais tout ça sur le compte d’une dépression, puis d’une névrose maniaco-dépressive. Quand on a appris à s’analyser à travers le prisme de son cerveau, c’est facile de tout répertorier…

Je trainais mon mal de vivre comme un vieux cartable dont on ne peut pas se débarrasser tant il contient tous ses souvenirs…
Ma devise était d'« Essayer de paraître le moins malheureux possible » ! Je n’étais pas triste, de contact plutôt agréable, avec un humour certes spécial, à l’écoute des autres, mais incapable de trouver une réelle joie de vivre… Je m’investissais dans mes passions de solitaire pour occuper mon cerveau mais dès que j’en avais fait le tour, j’en cherchais de nouvelles... En fait, tant qu'on ne m'aimait pas, je n'existais pas !

Je m’investissais méthodiquement dans des projets que j’explosais en plein vol parce que je ne « sentais » pas ceux qui y participaient et parce qu’il était « normal pour un scorpion de tout casser pour recommencer… »

Je promenais un regard désabusé sur tout, incapable de comprendre ce que je faisais là… Tantôt exalté, tantôt déprimé, mon cerveau interprétait, analysait chaque détail et jouait au yoyo avec : Il n’avait jamais cessé de faire ça depuis ma naissance…

Je me droguais de musique, de cinéma, de bouquins, car c’était beau et cette beauté là me donnait sans doute, l’illusion d’exister… Comme les sentiments personnels m’étaient interdits, je regardais les autres faire semblant de s’aimer, se détester, se quitter… J’étais le meilleur guide possible, capable de donner des conseils judicieux à tout le monde alors que ma propre vie n’était qu’un désert affectif… Cet irrépressible besoin de me protéger contre un monde qui m’apparaissait toujours aussi hostile : ma créativité, mes attentes, mes rêves étaient bien trop grands pour la vie qui s’offrait à moi…
Alors que tout individu apprend à se construire autour d’une image positive, je m’appliquais à détruire méthodiquement la mienne.
Un ersatz de vie d’étudiant épouvantablement ratée où je regardais les autres faire la fête, s’amuser alors que tout m’apparaissait stérile, sans grand intérêt. De plus, Le racisme, l'intolérance, toutes les formes de rejet me repliaient encore plus sur moi même...

Des amis ? Oui il y en avait... comment d'ailleurs avaient-ils pu s’accrocher… ? Je me le demande encore aujourd’hui… Mais les amis ne sont pas là pour vous comprendre, juste pour vous aimer ! Et leur sollicitude me touchait… Plus de 20 après, la plupart sont encore là, de quoi flatter mon cerveau de les avoir repérés et acceptés à l’époque…

De plus, je me sentais attiré par les garçons mais je ne me reconnaissais absolument pas dans cette attitude gay faite souvent d’outrance, de superficialité et d’ostracisme : Le monde gay m’apparaissait encore plus hostile !

En fait, sans le savoir, j’avais tiré le gros lot : Noir, HP non diagnostiqué, Gay refoulé, L’équation IMPOSSIBLE !! 3 raisons de se sentir différent et rejeté des autres…. et je devais vivre avec ça, sans savoir, ni comment, ni pourquoi…

Quand chaque seconde, on met le doigt sur ce qui vous fait mal, vos différences, visibles et invisibles, perceptibles et imperceptibles, comment espérer être heureux ???
Je vivais hors des jours, définitivement ni d’ici, ni d’ailleurs…

Sans être suicidaire, avec la seule obsession de ne pas faire du mal à mes parents, je prenais des risques inconsidérés. Je ne cherchais pas à mourir, je voulais simplement arrêter d’être là, de penser… Mais ce corps, ce char d’assaut que la vie m’avait donné, refusait le moindre rhume, même quand en plein hiver, je me promenais en tee-shirt et prenais des bains dans des lacs gelés…
Je pense que si j'avais voulu traverser le périphérique, une nuit de pluie sans lune, les yeux bandés, j'aurais échappé au pire : J’étais condamné à vivre, à survivre dans cet état...

Heureusement que je résistais, aux sirènes des paradis artificiels grâce à mon éducation peut-être, au désir de ne pas faire souffrir ceux qui m’aimaient, mais aussi, à cause de cette quête d’absolu : je savais que ces pistes n'auraient mené à rien !

Je méprisais les psy incapables qu’ils étaient tous, d’apporter des réponses. Je les avais surnommés les « donneurs de leçons » et très rapidement, je les vomissais au bout de quelques séances, quand j’avais eu le malheur de pousser la porte de leur cabinet. Ils ne comprenaient rien, incapables d’appréhender la complexité de ce que je vivais…
Pourquoi c’était à moi de payer un psy ? Pour apprendre à supporter la médiocrité des autres ??? En fait, je vivais avec mon meilleur ami et mon pire ennemi : moi-même !

Je collectionnais des raisons d’être aussi malheureux, décalé, déconnecté de ce monde. Les grandes causes me faisaient fuir, je détestais toute démonstration affective extérieure, je voulais des sentiments nobles, puissants, sincères, platoniques et je traquais dans chaque personne, les raisons de ne pas faire confiance.

Très tôt, je m’étais réfugié dans une quête spirituelle pour trouver des réponses à mon mal-être : le karma bouddhiste me séduisait, j’avais du être un beau salaud dans une vie antérieure pour mériter tant de souffrances injustes. La culpabilisation judéo-chrétienne me convenait également, le fils maudit pour lesquels s’étaient sacrifiés ses parents, homosexuel et noir, les interprétations bibliques nourrissaient à profusion, ce sentiment d’être voué au pire courroux divin !
je dévorais tout ce que la littérature pouvait m’apporter notamment les auteurs Américains New Age. La spiritualité (et pas le spiritisme que je trouvais totalement ridicule) devenait une quête, un art de vivre.
Krishnamurti m’enflammait : « Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade. »
Je m’étais créé mon dieu à moi, tantôt père Noël, tantôt père fouettard, essayant de décrypter dans les moindres petits événements, les signes de sa « présence ».

Ma misanthropie, mon humour caustique, le plus souvent à mes propres dépends, étaient devenue ma carapace.

Au sortir des ces années de vide abyssal, la découverte de l’audiovisuel a été une véritable planche de salut : voilà que ce mal de vivre pouvait être constructif ! Heureusement que quelques personnes avaient senti à la fois le potentiel et la personnalité de l’OVNI que j’étais…. Je suis devenu le collaborateur idéal : dévoué, zélé, investi, imaginatif, discret et surtout sans ambition donc pas dangereux dans ce milieu particulièrement difficile.
Bref, tout le monde vante mes qualités d’investissement et de dévouement sauf qu'il n'est pas question de me laisser déployer mes ailes… Encore fallait-il que je le veuille, que je le revendique, malgré des qualités évidentes et reconnues… "Non, moi j’ai juste besoin de survivre sans qu’on m’emmerde". Le quotidien était déjà suffisamment douloureux pour me farcir les peaux de bananes des uns et des autres : "Epargnez moi vos hypocrisies, les gars, je suis habitué à les décrypter depuis tout petit... !"

C’est cette vie que je traine encore aujourd’hui : la « douance persistante » est une maladie dont on ne guérit jamais !

On n’échappe pas à ce cerveau qui fonctionne comme un réacteur nucléaire en plein emballement thermique, dans un monde qui n’accepte aucune forme de différence. On reste toujours prisonnier de l'analyse aïgue et impitoyable de ce qui nous entoure ; nos propres limites même acceptées mais surtout les autres et leurs travers insupportables...

En fait, cette découverte de la douance ne m’a apporté AUCUNE solution : Le fait d’avoir mis un mot « HP » sur un mode de fonctionnement au lieu de "romantique exacerbé", "maniaco-dépressif", "karma difficile", etc... a juste clos le débat : Aujourd'hui c'est répertorié, écrit mais en plus, il faut éviter de le crier sur les toits, sous peine de passer pour un mythomane prétentieux.

Évidemment, je fuis toujours la psychanalyse : comment pourrait-elle appréhender 47 ans de souffrances et d’interrogations ? Comment pourrait-elle comprendre que toute ma vie, j’ai appris à assumer mes différences et que la douance n’est qu’une nouvelle, juxtaposée aux autres... ? Que chaque problématique est à la fois unique et complexe ? Que ce monde n'est tout simplement pas fait pour nous, même si de toute évidence, nous y apportons un supplément d'âme et d'humanité ?


La quête de la vie est le besoin de reconnaissance, d'amour, de valorisation de soi ! Or quand on a toujours été désigné comme différent, on ne peut construire une image positive de soi. C’est comme ça, il faut s’y faire et essayer de survivre avec ça...

Bon été à tous !






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Re: L'équation impossible...

Message par Ελπίδα le Mer 1 Aoû 2012 - 22:30

merci pour ton témoignage


Dernière édition par Ελπίδα le Mer 5 Sep 2012 - 19:44, édité 1 fois
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Re: L'équation impossible...

Message par Invité le Mer 1 Aoû 2012 - 22:39

J'ai tout lu aussi. Avec grande attention. Je n'ai rien à dire non plus. Peur d'abîmer un si beau message.

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Re: L'équation impossible...

Message par IIyamaXP le Mer 1 Aoû 2012 - 22:39

Cher Chouette,

Je comprends ce que vous ressentez... Néanmoins, pourquoi ne pas utiliser ce que vous considérez comme une simple "différence" comme une force qui vous permet de mieux appréhender le monde?

Sans doute le savez-vous, et je retombe dans le cliché du mythe de la caverne, vous êtes sans doute parmis les mieux placés de votre entourage pour comprendre le monde qui vous entoure.

Transformer ce que vous considérez comme une faiblesse en force vous permet de tomber dans la spirale au mieux nihiliste, au pire nettement suicidaire.

Le débat n'est donc pas clos, il ne fait que commencer, après les questions de type "pourquoi", passez au questions de types "comment pourquoi?". Profitez-en pour changer de cadre, pour vous redéfinir, pour vous reconceptualiser vous-même. Reconstruisez votre réalité, soyez conscient de votre différence et osez l'affirmer. L'intelligence, le savoir, la présomption, l'esprit de déduction (etc.) sont autant d'outils qui servent à s'approprier le réel.

- ce que je dis ne sert sans doute à rien, j'ai un peu bu (en même temps, la Leffe Blonde, c'est cool, ça aide à la déconnexion); d'autres auront bien d'autres choses à dire, bien plus intéressantes et bien mieux construires; chuis même pas vraiment "étalonné"... -
Je ne peux que vous souhaiter bonne chance et réalisez la chance que vous avez. Pûs-je tout connaitre de l'Univers que j'accourrais vers la source de la connaissance... - me fous des accords, ai bu, Leffe ++, très bon... - Utilisez vos ressources, vous avez un don, c'est idiot de le gâcher! Nous ne sommes que gouttes, certes, mais chaque goutte compte dans l'océan de l'humanité. Le petit pas de l'un permet aux autres, au final, d'avancer.
-ododomerciaurevoirbonnenuitàplustardoupas-
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Re: L'équation impossible...

Message par chouette le Mer 1 Aoû 2012 - 23:36

Merci pour vos réactions.

Cédric, je pense qu'il y a une mauvaise interprétation de mon témoignage : je ne me place pas comme victime ! Je ne me plains de rien, je ne l'ai jamais fait, j'ai juste passé l’essentiel de mon existence à compiler des différences et à jongler avec !

Si j'étais malheureux au sens ou on l'entend, j'aurais utilisé des méthodes connues de la plupart des gens pour y remédier : addictions multiples et variées, alcool, drogues, psy, antidépresseurs ou autres…
Or, non seulement je n’y ai jamais touché mais pire encore, je n’ai jamais ressenti le besoin d’y faire appel ! Et je n’ai jamais été suicidaire : ce serait la pire épreuve que je pourrais faire subir à mes parents encore vivants !

Appréhender le monde, je sais ce que c’est : mon métier m’a justement permis de voyager, de rencontrer d’autres personnes et sans doute de me découvrir une réelle compassion et une attention aux plus faibles, aux plus démunis, aux plus méprisés... De plus, j’adore la possibilité de pouvoir concentrer mon énergie superlative vers des formes de création…
C’est en ce sens que j’aime mon métier, il m’a, pour ainsi dire, construit ! C’est mon milieu professionnel que j’exècre... Mais je sais que la nature humaine est ainsi faite !

Il ne s’agit pas, à travers ce témoignage de jeter le bébé avec l’eau du bain mais de se résigner à dire, sans paraître défaitiste, que ce monde n’est pas fait pour la différence ; il l’a même en horreur !
Il suffit de regarder les informations, de vivre au quotidien dans une ville comme Paris pour se rendre compte à quel point, les différences font peur !

Avec mon témoignage, je ne ferme pas le débat, je le circonscris : Le but du jeu n’est pas d’être heureux, mais d’être le moins malheureux possible !

Comme un disait un ami (rescapé de ces années difficiles et à qui j’ai fait d’ailleurs découvrir sa douance) : "comment pouvons-nous dire que nous sommes heureux, quand en sortant de ce restaurant où nous avons passé une excellente soirée, un SDF nous demande une pièce de monnaie ? Il faudrait donc être égoïste pour définir et ramener notre bonheur à notre simple plaisir… ?"

Je n’ai pas eu de réponse à lui fournir mais ce soir là, je me suis dit que j’avais réussi au moins une belle chose dans ma vie : cette amitié !


Dernière édition par chouette le Jeu 2 Aoû 2012 - 22:41, édité 2 fois
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Re: L'équation impossible...

Message par Fata Morgana le Mer 1 Aoû 2012 - 23:51

Si ça peut te rassurer j'ai été détecté il y a un an et demi à peu près, et on se fait plutôt assez bien à l'idée d'être intelligent finalement. Very Happy
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Re: L'équation impossible...

Message par IIyamaXP le Jeu 2 Aoû 2012 - 7:55

mea maxima culpa dans la mauvaise interprétation... Je suis en plein questionnement et ça se ressent sur mon analyse.

*se fait tout petit* Embarassed
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Re: L'équation impossible...

Message par chouette le Jeu 2 Aoû 2012 - 8:07

Pas de souci Cédric... Nous en sommes tous là, à nous questionner encore et encore...
Et c'est bien là hélas, notre problème !
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Re: L'équation impossible...

Message par wanig le Jeu 2 Aoû 2012 - 11:05

Merci chouette pour ton témoignage.

Je me retrouve dans certains passages ; par moments, j'ai l'impression que quelqu'un est rentré dans mon cerveau pour voir ce qui s'y passait et a couché par écrit ce qu'il a vu.

J'ai pris connaissance de ma douance il y a 5 ans. Cette découverte ne m'a à moi non plus apporté aucune solution, mais elle me permet d'appréhender la vie avec un point de vue différent et de comprendre, enfin, une des raisons du décalage permanent.

Tu dis que tu n'as jamais été suicidaire car ç'aurait été la pire épreuve que tu aurais pu faire subir à tes parents encore vivants. T'es-tu déjà posé la question de savoir si tu aurais pu devenir suicidaire si tes parents n'avaient pas été là ? Et si oui, quelle est la réponse ?

En ce qui me concerne, je pense que j'ai très peur de décevoir les gens ; je ne sais pas pourquoi, sans doute cette histoire de besoin permanent de reconnaissance pour avoir le droit d'exister.

La conséquence positive de cette peur, c'est qu'elle m'a justement permis de ne pas me foutre en l'air à une époque où je n'avais que des pourquoi et pas de réponse (comme toi, je ne pouvais pas faire ça à mes parents ; détruire ma vie, ok, mais pas la leur). C'est ce qui fait qu'aujourd'hui je suis encore là, finalement c'est une bonne chose (enfin, de mon point de vue).

La conséquence négative, c'est que mon comportement est trop souvent dicté par ce que les autres attendent de moi, ce qui me donne une apparence lisse, de quelqu'un qui ne fait pas de vagues, alors qu'à l'intérieur ça bouillonne, et que souvent je me dis après coup tu aurais du faire ci ou ça, ou dire ci ou ça et je m'en veux. Le regard des autres est quelque chose dont j'ai du mal à m'affranchir, et il faudrait qu'un jour je travaille là-dessus…

En relisant, je me rends compte que je parle presque uniquement de moi dans ce post, je m'en excuse, mais ton texte est par moments rentré en résonance avec ce que je ressens et j'avais besoin d'exprimer ça.
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Re: L'équation impossible...

Message par R3M1 le Jeu 2 Aoû 2012 - 11:19

Merci pour ton témoignage, mais à moi il fait froid dans le dos, car j'ai peur que cela ne m'annonce mon avenir de coquille vide.
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Re: L'équation impossible...

Message par chouette le Jeu 2 Aoû 2012 - 13:15

Salut !

@ Fata Morgana

Je ne partage pas ton euphorie sur le diagnostic tardif... Déjà, pour moi un HP n’est pas un être intelligent, c’est juste un individu qui a un mode de réflexion beaucoup plus sophistiqué que la plupart...

Le plus belle analogie serait celle d’un champion d’échecs qui a, en permanence, 10 coups d’avance sur son adversaire… Mais au lieu de profiter de cet avantage, il souffre, en silence, à la place de son partenaire car il sait les conséquences de chacune des propositions : il les a toutes déjà étudiées…

C’est comme ça que je me sens : Quelqu’un qui souffre de comprendre les problèmes, les angoisses, les attentes, les souffrances des autres, alors que personne ne peut le comprendre et imaginer ce que lui ressent.

Donc, je peux difficilement parler d’enthousiasme à la découverte tardive de ma douance… Juste le sentiment dans mon cas, d’avoir une mule bien chargée pour continuer la route : Faire partie d’une minorité d'une autre minorité, elle-même déjà minoritaire ! Démerde toi avec ça...

@ R3M1
Tu n'as pas à avoir peur si tu sais que tu es HP. Tu es jeune et aujourd'hui, ces choses sont suffisamment connues pour que tu puisses te documenter, rencontrer les bonnes personnes et tracer ainsi ta route !
Mon "problème" a été de ne pas avoir été diagnostiqué assez tôt, suivi éventuellement, ce qui m'a entrainé dans une spirale de voies de garage, certes enrichissantes même si décevantes au bout du compte...

Tu ne pourras pas être une coquille vide si tu apprends à te connaitre en définissant tes attentes et tes souhaits. Il ne faut pas être négatif...
Quand je me "retourne" sur ma vie, je vois certes, beaucoup de frustrations mais je ne suis pas malheureux, juste un peu amer de cette traversée "incomplète" de l'existence.

Bon courage à toi !
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Re: L'équation impossible...

Message par chouette le Ven 3 Aoû 2012 - 0:43

wanig a écrit:Merci chouette pour ton témoignage.

Je me retrouve dans certains passages ; par moments, j'ai l'impression que quelqu'un est rentré dans mon cerveau pour voir ce qui s'y passait et a couché par écrit ce qu'il a vu.

J'ai pris connaissance de ma douance il y a 5 ans. Cette découverte ne m'a à moi non plus apporté aucune solution, mais elle me permet d'appréhender la vie avec un point de vue différent et de comprendre, enfin, une des raisons du décalage permanent.

Tu dis que tu n'as jamais été suicidaire car ç'aurait été la pire épreuve que tu aurais pu faire subir à tes parents encore vivants. T'es-tu déjà posé la question de savoir si tu aurais pu devenir suicidaire si tes parents n'avaient pas été là ? Et si oui, quelle est la réponse ?


Salut Wanig !

Désolé de te répondre tardivement. Merci pour ton intérêt et la question que tu soulèves…

Déjà, il me semble évident qu’il y a une différence essentielle entre l’intelligence et la douance. De façon simpliste, cette différence se traduit, pour moi, par un certain… « goût des autres ».

J'ai souvent rencontré des gens très intelligents voire brillants qui me surprenaient toujours, par le peu de sollicitude et d'attention que beaucoup pouvaient témoigner à ceux qui les entouraient : Ils se contentaient de les ignorer dans le meilleur des cas, voire de les mépriser ou souvent, de les écraser…
On en a tous connus autour de nous et on les voit très bien œuvrer avec efficacité, dans tous les domaines où leur cerveau exceptionnel leur permet de gravir rapidement les échelons (affaires, politique, médias, etc…)

Ce qui m’a interpelé dans mes nombreuses lectures depuis un an sur les HP, c’est ce besoin viscéral d’aider (d’aimer ?)… La connaissance intuitive du HP le pousse à ne pas se servir des autres (ce qu’il pourrait facilement faire…) mais l’engage plutôt dans une réelle empathie pour ceux qui l'entourent. J’espère ne pas me tromper en arrivant sur ce forum... Laughing

C’est vraiment ce qui m’a le plus intrigué dans mon analyse de la douance : Cette attention portée aux autres.

Je suis particulièrement sensible à ce sujet, moi qui gère déjà 2 différences, l’une visible, l’autre beaucoup plus discrète, mon origine ethnique et mon homosexualité. Je sais parfaitement déceler un regard, un geste condescendant ou méprisant (même et surtout venant de ces 2 mêmes groupes, loin d’être des exemples de tolérance... ! Cool ).

Tout ça pour aboutir à ta question : Si mes parents n’avaient pas été là, me serais-je suicidé ? Honnêtement, je ne le crois pas…
Tout simplement parce que je pense qu’il n'y a pas une seule vie inutile sur cette terre…

Là, il faudrait ouvrir un autre débat mais c’est là-dessus que j'ai le plus cogité depuis tout petit, en mettant de côté les dogmes philosophiques, spirituels ou religieux : "Mais enfin, qu'est-ce que je fous là ??? Pourquoi avoir mis au monde une créature aussi décalée ???"

Je pense sincèrement que la nature ne crée rien d’inutile et si elle a permis l’évolution de montres sanguinaires dans l’histoire de notre espèce, elle a aussi mis au monde des individus qui ont illuminé le néant...
Il y a eu, bien sûr, de grands penseurs, philosophes, humanistes, idéalistes qui ont fait sortir la nature humaine de la barbarie, des artistes qui ont inondé le monde de beautés inaltérables mais aussi beaucoup d'êtres qui discrètement, sans faire de bruit, au delà de leur propre souffrance, ont apporté et continuent à le faire au quotidien, un peu d’humanité autour d’eux...

Ça, je l'ai intégré très tôt dans ma famille, mes relations et même encore aujourd’hui dans mon quotidien professionnel.

L’idée du suicide même si elle a pu m’effleurer certains jours difficiles, n’a jamais constitué une hypothèse valable à mes yeux. Je savais que j'étais sur cette terre pour « quelque chose », que cette souffrance aussi injuste et insupportable puisse t-elle être, n’était pas stérile ! Aujourd'hui, j’en ai, non seulement l’absolue conviction mais bien plus encore, la quasi certitude !

Donc, même elle peut paraître vide, je pense que la vie d’un HP n’est jamais inutile : Il ne sait pas pourquoi il est là (et c’est sans doute ce qui le rend malheureux !!!) mais je pense qu’il sait au fond de lui, qu'il "sert à quelque chose" !

C’est d’ailleurs ce que Cédric évoque plus haut…

Ce n’est pas de l’orgueil mal placé, c’est juste l'analyse permanente de quelqu’un qui a toujours vécu et avancé seul et qui s’est toujours posé ces mêmes questions en boucle : Pourquoi je suis là ? En quoi ma "différence" peut enrichir la vie des autres ? En quoi, à défaut d’être agréable, ma vie peut être fructueuse ?

J’espère avoir pu t’apporter mon petit embryon de réponse à tes interrogations légitimes.


Dernière édition par chouette le Ven 3 Aoû 2012 - 17:00, édité 1 fois
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Re: L'équation impossible...

Message par Sakura le Ven 3 Aoû 2012 - 11:24

chouette a écrit:
"Non, moi j’ai juste besoin de survivre sans qu’on m’emmerde"

Je ressens la même chose.

Ton témoignage m'a beaucoup émue.

Savoir ce qu'on est a un intérêt, c'est celui de savoir qu'on n'est plus seul à être ainsi fabriqué. On n'est pas un modèle défaillant, on est une série limitée Very Happy

J'espère sincèrement que tu trouveras ton équilibre. flower
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Re: L'équation impossible...

Message par ness le Ven 3 Aoû 2012 - 11:36

Moi j'en suis là... un mois après mon diagnostic, du un peu naviguant à vue que j'étais, je me retrouve avec un voile de brouillard en plus... avant c'était : comment me sentir utile, via le travail notamment, maintenant, c'est aussi comment me sentir utile vis à vis de moi-même : me connaître, mes envies, mes goûts, les laisser s'exprimer un peu et ne pas les réfréner... enfin bon je vais laisser tout ça décanter...
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Re: L'équation impossible...

Message par chouette le Ven 3 Aoû 2012 - 13:06

Sakura a écrit: On n'est pas un modèle défaillant, on est une série limitée Very Happy


EXCELLENT !!! J'adore et j'adopte !!!! Laughing Laughing Laughing

Quant à l'équilibre, ma foi, je suis comme le vélo d'Einstein : « La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.»

Sinon pour le reste, Sartre a tout dit : « l'enfer, c'est les autres »

bise à toi.
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Re: L'équation impossible...

Message par chouette le Ven 3 Aoû 2012 - 13:16

ness a écrit:Moi j'en suis là... un mois après mon diagnostic, du un peu naviguant à vue que j'étais, je me retrouve avec un voile de brouillard en plus... avant c'était : comment me sentir utile, via le travail notamment, maintenant, c'est aussi comment me sentir utile vis à vis de moi-même : me connaître, mes envies, mes goûts, les laisser s'exprimer un peu et ne pas les réfréner... enfin bon je vais laisser tout ça décanter...

Tu sais, certains événements et l’explosion des réseaux sociaux ont fait ressurgir dans ma vie, des personnes que j’avais croisées dans des circonstances toutes très différentes, de façon épisodique ou prolongée (école, études, perso, boulot…)
Or, ces gens m’ont rappelé des paroles, des attitudes, des actions (totalement oubliées ou minimisées) que j’avais eu à leur égard et qui ont eu des conséquences bénéfiques sur leur existence, alors que pour moi, elles relevaient totalement de l’anecdote…

Si à l’époque, je n’avais pas été aussi focalisé sur mon mal-être, sur ma souffrance intérieure, j’aurais pu me rendre compte de ce que je leur apportais... En tout cas, ça m’a fait prendre conscience de la responsabilité de mes actes et du regard déformé souvent impitoyable que je pouvais avoir sur moi, alors que les autres perçoivent les choses de façon radicalement différente…

Honnêtement, je pense que dans cette tourmente permanente qui est la nôtre, il faut se raccrocher à nos valeurs fondamentales. Même dans la cécité la plus totale, elles continuent à gouverner nos actes...

Courage à toi flower


Dernière édition par chouette le Ven 3 Aoû 2012 - 17:03, édité 1 fois
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Re: L'équation impossible...

Message par marahute le Ven 3 Aoû 2012 - 14:41

Je plussoie sur le "on n'est pas un modèle défaillant, on est une série limitée". Rien que pour le sentiment de soulagement qu'apporte cette reconnaissance, je ne regrette pas de m'être fait testée (et approuvée) il y a une quinzaine de jours.

Pour le reste, Chouette, tu décris mieux que je n'aurais pu le faire, la perplexité et ce sentiment d'"à quoi bon" quand la lutte pour survivre aux regards désapprobateurs (ou condescendants, dans le meilleurs des cas)des autres a pompé toutes vos forces durant un demi siècle (en ce qui me concerne du moins, la barre est franchie).

J'ai vécu ce "surdon" comme une malédiction qui n'avait alors pas de nom, mais qui en a un aujourd'hui. C'est un petit petit pas et je ne sais pas où il peut me mener, à supposer qu'il y a encore un chemin à emprunter à mon âge avancé Smile

Je crois aussi que nous servons tous à quelque chose ou à quelqu'un - peut-être de petites choses à un bref moment, peut-être un apport déterminant sans qu'on le sache - sinon pourquoi continuer ?

Aujourd'hui, ce que tu as écrit m'a servi à moi et je t'en remercie !
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Re: L'équation impossible...

Message par chouette le Ven 3 Aoû 2012 - 14:54

Très heureux Marahute que mes bafouilles d'été, loin de la "foule effrayante", t'apportent un peu de réconfort.

Et très honnêtement, au vu de ce que j'ai pu lire ici ou là, je n’ai pas non plus le sentiment que la découverte précoce de sa douance soit la carte d'accès à un club privilégié d’happy fews… No

Ne voyons pas cette "incomplétude" de notre existence comme un échec, en tout cas, moi je ne le vis pas du tout comme ça ! C'est juste un nouvel éclairage déculpabilisant ; je n'étais pas responsable et coupable de tout...

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Re: L'équation impossible...

Message par Sakura le Ven 3 Aoû 2012 - 21:04

chouette a écrit:
Sakura a écrit: On n'est pas un modèle défaillant, on est une série limitée Very Happy


EXCELLENT !!! J'adore et j'adopte !!!! Laughing Laughing Laughing

Quant à l'équilibre, ma foi, je suis comme le vélo d'Einstein : « La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.»

Sinon pour le reste, Sartre a tout dit : « l'enfer, c'est les autres »

bise à toi.

Si tu pédales à une certaine vitesse (pas trop lentement donc) tu verras que le vélo tient bien la route Very Happy

PS : conseil que je tente de mettre moi-même en application.
PS 2 : bise à toi aussi flower

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Re: L'équation impossible...

Message par chouette le Ven 3 Aoû 2012 - 21:20

Sakura a écrit:
Si tu pédales à une certaine vitesse (pas trop lentement donc) tu verras que le vélo tient bien la route Very Happy

En ça te laisse plus de temps pour observer les paysages... flower
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Re: L'équation impossible...

Message par Sakura le Ven 3 Aoû 2012 - 21:32

chouette a écrit:
Sakura a écrit:
Si tu pédales à une certaine vitesse (pas trop lentement donc) tu verras que le vélo tient bien la route Very Happy

En ça te laisse plus de temps pour observer les paysages... flower

yes !!!!!!!!!! Very Happy
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Re: L'équation impossible...

Message par Invité le Sam 4 Aoû 2012 - 0:37

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Re: L'équation impossible...

Message par Nonmerci le Sam 4 Aoû 2012 - 8:24

@ Chouette
Beau témoignage. Comme wanig, je me retrouve en partie dans ta description de ton enfance, "antillais, noir et homosexuel" en moins ... avec beaucoup moins de tristesse pour ma part.
Ton obsession de ne pas faire du mal à tes parents m'est très familière, c'est surement ça qui t'a forcé à garder la tête hors de l'eau et à traverser la vie tant bien que mal. Même si tu sembles en douter.
Ton "goût des autres", "Cette attention portée aux autres", on est nombreux ici à les partager aussi, c'est tellement formidable et problématique à la fois.
Pas évident d'expliquer en quoi avec toutes ses différences, je ne me sens plus malheureux. Malheureux, c'est un sentiment que j'ai laissé avec l'adolescence je crois ; ou plutôt avec la solitude de mon "avant vie de couple"

Tu n'évoques d'ailleurs pas ta vie de couple actuelle ? As-tu trouvé une "âme sœur" avec qui dialoguer, échanger, partager ? Au delà du bête concept de couple qui me semble bien trop étriqué pour notre analyse au scalpel. Je pense à quelqu'un qui partagerait TOUT dans ta vie, une oreille attentive. C'est je le crains la seule solution à nos problèmes (c'est la mienne de solution et elle marche à merveille)

Ta question "Mais enfin, qu'est-ce que je fous là" m'amuse beaucoup, je ne me la pose jamais (j'en ai fait le tour à l'adolescence et n'ai pas trouvé de réponse qui me convienne), par contre, mon père se la pose sans cesse et nous rabâche les oreilles avec ça depuis des années.

"le HP sert à quelque chose" ... je ne sais pas, tu as surement raison. On a tellement plus de facilités pour trouver des solutions justes et équitables, résoudre des conflits par exemple. C'est tellement bizarre de voir comme les gens peuvent se prendre parfois la tête pour rien, qu'on se doit de les aider un peu.

@ Wanig
En relisant, je me rends compte que je parle presque uniquement de moi dans ce post
Oui, comme moi ! Sur ce forum, je me dis en permanence :
a) si je parle de moi, je suis ou passe pour un mégalo
b) qui suis-je pour analyser, juger ce que l'autre évoque dans son message ?
c) prends le temps de relire, ne gâche pas ce beau forum si bien écrit, avec peu de fautes d'orthographe (même IIyamaX sous l'emprise de la Leffe écrit correctement !)

@ Sakura
on est une série limitée
Exact, mais je ne sais pas encore dire si ça me plait ou pas. J'aimais bien penser que ces différences faisaient partie de ma personne, que ça me définissait. Mon chien se comporte comme tous les autres golden retriever et ça m'énerve de me dire que c'est pareil pour nous. J'ai l'impression d'être un clone de vous tous ... si on me remplaçait par n'importe lequel d'entre vous, mon entourage ne verrait rien ; c'est flippant affraid
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Re: L'équation impossible...

Message par Sakura le Sam 4 Aoû 2012 - 13:06

Nonmerci a écrit:J'ai l'impression d'être un clone de vous tous ... si on me remplaçait par n'importe lequel d'entre vous, mon entourage ne verrait rien ; c'est flippant affraid
Si tu es brune aux cheveux trèssss longs, exact ! Very Happy (mouaif, je pense que ton chien "sentirait" la différence What a Face )

Plus sérieusement, je ne pense pas que nous soyons des clones, mais nos particularités nous rassemblent, au lieu de nous éloigner les uns des autres et nous aident à mieux nous comprendre, enfin, je le pense.

Ce que Chouette a écrit me parle, comme ce qu'écrivent beaucoup d'entre vous.
C'est bien le premier endroit où un tel phénomène se produit pour moi.

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Re: L'équation impossible...

Message par Sakura le Sam 4 Aoû 2012 - 13:12

Spoiler:
Puzzle a écrit:et pour Sakura, Smile "Dans un univers de cyclistes, seuls les sophistes se graissent la patte, les autres freinent" (Mandryka, Le concombre masqué - j'aurais bien mis le dessin, mais ça ne marche pas...)



Je ne connais pas le nom de la fidèle betterave.
C'est un copain qui m'avait parlé un jour du concombre masqué, mais jamais lu.
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