L'équation impossible...

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Message par chouette le Mer 1 Aoû 2012 - 21:35

C’est l’été, le forum est moins fréquenté...

Étant d’un naturel discret, j’avais envie d'y jeter ma modeste expérience, tel un cri trop longtemps contenu. Si ça peut aider d’autres, cette bafouille n'aura pas été inutile...

J’ai été diagnostiqué HP, il y a un an à l’âge de 46 ans… Et loin de résoudre mes problèmes, ça n’a fait que jeter encore plus d’interrogations sur ma vie. Ces fameux « pourquoi » méthodiquement et impitoyablement accumulés depuis 46 ans…

Aussi longtemps que je me souvienne, je me suis toujours posé ces « pourquoi » : Ma première pensée en arrivant sur cette terre a du être : "Pourquoi suis-je là ?" Et ces « pourquoi » ne m’ont jamais quitté…

Pourquoi d’ailleurs avait-il fallu que j’aille à ce diner ou un convive parlait de la douance de son fils, la découverte tardive de sa propre différence, responsable de ses multiples échecs affectifs… ?

Et voilà, que des tonnes de souvenirs personnels remontaient à la surface, rendant la fin de ce diner particulièrement difficile. En rentrant chez moi, j’ai passé la nuit à surfer sur le net : LE CHOC !
Dès le lendemain, je me jetais sur les livres qui m’ont terriblement fait souffrir ! Je voyais défiler mon enfance… C’était donc ça ?!?!?
Le diagnostic réalisé, quelques semaines après ce diner, n’a fait que me confirmer l’impensable...

Quelle découverte violente, insupportable ; Comment cet « épisode » que j’avais limité à mon enfance, avait pu ainsi affecter toute ma vie ??
Dans les années 60, on ne parlait pas de douance, de « surdoués », de « précoces », de « HP »… On s’était contenté de dire à mes parents que j’étais en avance, et on m’avait placé 2 classes au dessus de mon age…

Moi petit antillais né à Paris découvrant un monde plus grand mais pas forcément plus mur, ni plus sûr… avec toutes les cruautés de l’enfance et l’incompréhension des adultes face à sa, à ses différences, multiples variées visibles et non visibles…
Mes parents, aussi démunis et dépassés mais sentant bien mon mal-être, avaient mis cela sur le compte du racisme, qu'ils avaient eux même connu. Ils avaient décidé de protéger leur enfant et avaient pris la décision de partir s’installer aux Antilles, quitte à sacrifier leur carrière…

Oh, si ça avait pu résoudre le « problème » ? Mais non… Mon grand frère déployait une haine féroce à vouloir me faire payer cette attention parentale : « Pourquoi prendre une telle décision pour celui qui était déjà le plus couvé, le plus brillant, le plus éveillé, le plus fragile… » ?
La haine magnifiée de l’ainé : De quoi écrire des centaines d’ouvrages…

Chacun espérait à ce moment là que tout serait rentré dans l’ordre mais hélas, le problème était encore plus épineux : J’étais certes « antillais » parmi d’autres « antillais » mais culturellement, cérébralement, personnellement si différent…

Pour mon entourage, j’étais le fils modèle : d’excellents résultats, aucune revendication, toujours espiègle certes mais toujours à vouloir donner à ses parents le sentiment qu’ils avaient fait le bon choix en se sacrifiant pour leur enfant : quelle terrible responsabilité… ! Ne rien montrer de sa souffrance, de son mal-être, pour ne pas les culpabiliser… De toute façon, ils n’auraient pas compris, personne n’aurait compris...
Juste tout faire pour paraître heureux aux yeux des siens, tout en sachant parfaitement au fond de soi, qu’on ne l’est pas... Se construire une apparence, ça j’ai su le faire depuis tout petit…

Isolé, déconnecté de tout repère, solitaire mais ayant une réelle empathie pour les autres, j’ai appris à survivre au milieu de tout ça… Je me réfugiais dans l’imaginaire que m’apportaient la nature, mes lectures, la musique, le cinéma, pour tenter de répondre à ce pourquoi de l’existence… Un monde à la fois trop immense à appréhender et un corps trop petit, trop étriqué, totalement inadapté…

Fondamentalement, j’avais mal, j’étais mal, terriblement mal mais je croyais que c’était normal. Les livres de mes parents sur la psychologie de l’enfance me rassuraient tant bien que mal : c’était une adolescence précoce… Précoce mais pas au bonheur…
Je devinais les problèmes des autres, j’anticipais leurs réactions, j’étais prisonnier d’une hyper sensibilité dont j’étais l’esclave : La moindre contrariété, le moindre geste déplacé, tout me touchait, me rendait malheureux. Je n’étais pas à ma place mais quelle était ma place… ?

Je m’entendais avec des gens plus âgés que moi, curieux de tout ce qu’ils pouvaient m’apporter. Et là-bas, aux Antilles, ces anciens, détenteurs de la tradition, nourrissaient mon imaginaire débridé.
Je sublimais tout dans un délire artistique, seule consolation pour ce cerveau qui tournait en permanence en créant des suites aux films, des personnages aux romans… Chateaubriand était mon idole, le « no way » de Sénancour me subjuguait. J’étais seul, j’étais bien…
Bref, je me définissais comme un hyper romantique prisonnier de ses passions : Voilà c’est réglé ! On ne se pose plus de questions, point trait, à la ligne…

Mais pour moi, cet état de fait était circonscrit à une enfance et une adolescence totalement ratées, mal gérées et après, ça s’arrangerait… Me projeter dans un futur meilleur, avec mon imagination débordante, c’était tellement facile…


J’ai passé mon bac scientifique, juste histoire de faire plaisir à mes parents mais fondamentalement je m’ennuyais de tout, j’ai erré dans des études à Paris, sans génie, ni passion en ratant tout ou presque… Je n’avais aucune attirance pour rien, ni personne, sauf pour la musique qui sublimait mes états d’âme.
Je mettais tout ça sur le compte d’une dépression, puis d’une névrose maniaco-dépressive. Quand on a appris à s’analyser à travers le prisme de son cerveau, c’est facile de tout répertorier…

Je trainais mon mal de vivre comme un vieux cartable dont on ne peut pas se débarrasser tant il contient tous ses souvenirs…
Ma devise était d'« Essayer de paraître le moins malheureux possible » ! Je n’étais pas triste, de contact plutôt agréable, avec un humour certes spécial, à l’écoute des autres, mais incapable de trouver une réelle joie de vivre… Je m’investissais dans mes passions de solitaire pour occuper mon cerveau mais dès que j’en avais fait le tour, j’en cherchais de nouvelles... En fait, tant qu'on ne m'aimait pas, je n'existais pas !

Je m’investissais méthodiquement dans des projets que j’explosais en plein vol parce que je ne « sentais » pas ceux qui y participaient et parce qu’il était « normal pour un scorpion de tout casser pour recommencer… »

Je promenais un regard désabusé sur tout, incapable de comprendre ce que je faisais là… Tantôt exalté, tantôt déprimé, mon cerveau interprétait, analysait chaque détail et jouait au yoyo avec : Il n’avait jamais cessé de faire ça depuis ma naissance…

Je me droguais de musique, de cinéma, de bouquins, car c’était beau et cette beauté là me donnait sans doute, l’illusion d’exister… Comme les sentiments personnels m’étaient interdits, je regardais les autres faire semblant de s’aimer, se détester, se quitter… J’étais le meilleur guide possible, capable de donner des conseils judicieux à tout le monde alors que ma propre vie n’était qu’un désert affectif… Cet irrépressible besoin de me protéger contre un monde qui m’apparaissait toujours aussi hostile : ma créativité, mes attentes, mes rêves étaient bien trop grands pour la vie qui s’offrait à moi…
Alors que tout individu apprend à se construire autour d’une image positive, je m’appliquais à détruire méthodiquement la mienne.
Un ersatz de vie d’étudiant épouvantablement ratée où je regardais les autres faire la fête, s’amuser alors que tout m’apparaissait stérile, sans grand intérêt. De plus, Le racisme, l'intolérance, toutes les formes de rejet me repliaient encore plus sur moi même...

Des amis ? Oui il y en avait... comment d'ailleurs avaient-ils pu s’accrocher… ? Je me le demande encore aujourd’hui… Mais les amis ne sont pas là pour vous comprendre, juste pour vous aimer ! Et leur sollicitude me touchait… Plus de 20 après, la plupart sont encore là, de quoi flatter mon cerveau de les avoir repérés et acceptés à l’époque…

De plus, je me sentais attiré par les garçons mais je ne me reconnaissais absolument pas dans cette attitude gay faite souvent d’outrance, de superficialité et d’ostracisme : Le monde gay m’apparaissait encore plus hostile !

En fait, sans le savoir, j’avais tiré le gros lot : Noir, HP non diagnostiqué, Gay refoulé, L’équation IMPOSSIBLE !! 3 raisons de se sentir différent et rejeté des autres…. et je devais vivre avec ça, sans savoir, ni comment, ni pourquoi…

Quand chaque seconde, on met le doigt sur ce qui vous fait mal, vos différences, visibles et invisibles, perceptibles et imperceptibles, comment espérer être heureux ???
Je vivais hors des jours, définitivement ni d’ici, ni d’ailleurs…

Sans être suicidaire, avec la seule obsession de ne pas faire du mal à mes parents, je prenais des risques inconsidérés. Je ne cherchais pas à mourir, je voulais simplement arrêter d’être là, de penser… Mais ce corps, ce char d’assaut que la vie m’avait donné, refusait le moindre rhume, même quand en plein hiver, je me promenais en tee-shirt et prenais des bains dans des lacs gelés…
Je pense que si j'avais voulu traverser le périphérique, une nuit de pluie sans lune, les yeux bandés, j'aurais échappé au pire : J’étais condamné à vivre, à survivre dans cet état...

Heureusement que je résistais, aux sirènes des paradis artificiels grâce à mon éducation peut-être, au désir de ne pas faire souffrir ceux qui m’aimaient, mais aussi, à cause de cette quête d’absolu : je savais que ces pistes n'auraient mené à rien !

Je méprisais les psy incapables qu’ils étaient tous, d’apporter des réponses. Je les avais surnommés les « donneurs de leçons » et très rapidement, je les vomissais au bout de quelques séances, quand j’avais eu le malheur de pousser la porte de leur cabinet. Ils ne comprenaient rien, incapables d’appréhender la complexité de ce que je vivais…
Pourquoi c’était à moi de payer un psy ? Pour apprendre à supporter la médiocrité des autres ??? En fait, je vivais avec mon meilleur ami et mon pire ennemi : moi-même !

Je collectionnais des raisons d’être aussi malheureux, décalé, déconnecté de ce monde. Les grandes causes me faisaient fuir, je détestais toute démonstration affective extérieure, je voulais des sentiments nobles, puissants, sincères, platoniques et je traquais dans chaque personne, les raisons de ne pas faire confiance.

Très tôt, je m’étais réfugié dans une quête spirituelle pour trouver des réponses à mon mal-être : le karma bouddhiste me séduisait, j’avais du être un beau salaud dans une vie antérieure pour mériter tant de souffrances injustes. La culpabilisation judéo-chrétienne me convenait également, le fils maudit pour lesquels s’étaient sacrifiés ses parents, homosexuel et noir, les interprétations bibliques nourrissaient à profusion, ce sentiment d’être voué au pire courroux divin !
je dévorais tout ce que la littérature pouvait m’apporter notamment les auteurs Américains New Age. La spiritualité (et pas le spiritisme que je trouvais totalement ridicule) devenait une quête, un art de vivre.
Krishnamurti m’enflammait : « Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade. »
Je m’étais créé mon dieu à moi, tantôt père Noël, tantôt père fouettard, essayant de décrypter dans les moindres petits événements, les signes de sa « présence ».

Ma misanthropie, mon humour caustique, le plus souvent à mes propres dépends, étaient devenue ma carapace.

Au sortir des ces années de vide abyssal, la découverte de l’audiovisuel a été une véritable planche de salut : voilà que ce mal de vivre pouvait être constructif ! Heureusement que quelques personnes avaient senti à la fois le potentiel et la personnalité de l’OVNI que j’étais…. Je suis devenu le collaborateur idéal : dévoué, zélé, investi, imaginatif, discret et surtout sans ambition donc pas dangereux dans ce milieu particulièrement difficile.
Bref, tout le monde vante mes qualités d’investissement et de dévouement sauf qu'il n'est pas question de me laisser déployer mes ailes… Encore fallait-il que je le veuille, que je le revendique, malgré des qualités évidentes et reconnues… "Non, moi j’ai juste besoin de survivre sans qu’on m’emmerde". Le quotidien était déjà suffisamment douloureux pour me farcir les peaux de bananes des uns et des autres : "Epargnez moi vos hypocrisies, les gars, je suis habitué à les décrypter depuis tout petit... !"

C’est cette vie que je traine encore aujourd’hui : la « douance persistante » est une maladie dont on ne guérit jamais !

On n’échappe pas à ce cerveau qui fonctionne comme un réacteur nucléaire en plein emballement thermique, dans un monde qui n’accepte aucune forme de différence. On reste toujours prisonnier de l'analyse aïgue et impitoyable de ce qui nous entoure ; nos propres limites même acceptées mais surtout les autres et leurs travers insupportables...

En fait, cette découverte de la douance ne m’a apporté AUCUNE solution : Le fait d’avoir mis un mot « HP » sur un mode de fonctionnement au lieu de "romantique exacerbé", "maniaco-dépressif", "karma difficile", etc... a juste clos le débat : Aujourd'hui c'est répertorié, écrit mais en plus, il faut éviter de le crier sur les toits, sous peine de passer pour un mythomane prétentieux.

Évidemment, je fuis toujours la psychanalyse : comment pourrait-elle appréhender 47 ans de souffrances et d’interrogations ? Comment pourrait-elle comprendre que toute ma vie, j’ai appris à assumer mes différences et que la douance n’est qu’une nouvelle, juxtaposée aux autres... ? Que chaque problématique est à la fois unique et complexe ? Que ce monde n'est tout simplement pas fait pour nous, même si de toute évidence, nous y apportons un supplément d'âme et d'humanité ?


La quête de la vie est le besoin de reconnaissance, d'amour, de valorisation de soi ! Or quand on a toujours été désigné comme différent, on ne peut construire une image positive de soi. C’est comme ça, il faut s’y faire et essayer de survivre avec ça...

Bon été à tous !






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Message par Ελπίδα le Mer 1 Aoû 2012 - 22:30

merci pour ton témoignage


Dernière édition par Ελπίδα le Mer 5 Sep 2012 - 19:44, édité 1 fois
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Message par Invité le Mer 1 Aoû 2012 - 22:39

J'ai tout lu aussi. Avec grande attention. Je n'ai rien à dire non plus. Peur d'abîmer un si beau message.

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Message par IIyamaXP le Mer 1 Aoû 2012 - 22:39

Cher Chouette,

Je comprends ce que vous ressentez... Néanmoins, pourquoi ne pas utiliser ce que vous considérez comme une simple "différence" comme une force qui vous permet de mieux appréhender le monde?

Sans doute le savez-vous, et je retombe dans le cliché du mythe de la caverne, vous êtes sans doute parmis les mieux placés de votre entourage pour comprendre le monde qui vous entoure.

Transformer ce que vous considérez comme une faiblesse en force vous permet de tomber dans la spirale au mieux nihiliste, au pire nettement suicidaire.

Le débat n'est donc pas clos, il ne fait que commencer, après les questions de type "pourquoi", passez au questions de types "comment pourquoi?". Profitez-en pour changer de cadre, pour vous redéfinir, pour vous reconceptualiser vous-même. Reconstruisez votre réalité, soyez conscient de votre différence et osez l'affirmer. L'intelligence, le savoir, la présomption, l'esprit de déduction (etc.) sont autant d'outils qui servent à s'approprier le réel.

- ce que je dis ne sert sans doute à rien, j'ai un peu bu (en même temps, la Leffe Blonde, c'est cool, ça aide à la déconnexion); d'autres auront bien d'autres choses à dire, bien plus intéressantes et bien mieux construires; chuis même pas vraiment "étalonné"... -
Je ne peux que vous souhaiter bonne chance et réalisez la chance que vous avez. Pûs-je tout connaitre de l'Univers que j'accourrais vers la source de la connaissance... - me fous des accords, ai bu, Leffe ++, très bon... - Utilisez vos ressources, vous avez un don, c'est idiot de le gâcher! Nous ne sommes que gouttes, certes, mais chaque goutte compte dans l'océan de l'humanité. Le petit pas de l'un permet aux autres, au final, d'avancer.
-ododomerciaurevoirbonnenuitàplustardoupas-
Cédric
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Message par chouette le Mer 1 Aoû 2012 - 23:36

Merci pour vos réactions.

Cédric, je pense qu'il y a une mauvaise interprétation de mon témoignage : je ne me place pas comme victime ! Je ne me plains de rien, je ne l'ai jamais fait, j'ai juste passé l’essentiel de mon existence à compiler des différences et à jongler avec !

Si j'étais malheureux au sens ou on l'entend, j'aurais utilisé des méthodes connues de la plupart des gens pour y remédier : addictions multiples et variées, alcool, drogues, psy, antidépresseurs ou autres…
Or, non seulement je n’y ai jamais touché mais pire encore, je n’ai jamais ressenti le besoin d’y faire appel ! Et je n’ai jamais été suicidaire : ce serait la pire épreuve que je pourrais faire subir à mes parents encore vivants !

Appréhender le monde, je sais ce que c’est : mon métier m’a justement permis de voyager, de rencontrer d’autres personnes et sans doute de me découvrir une réelle compassion et une attention aux plus faibles, aux plus démunis, aux plus méprisés... De plus, j’adore la possibilité de pouvoir concentrer mon énergie superlative vers des formes de création…
C’est en ce sens que j’aime mon métier, il m’a, pour ainsi dire, construit ! C’est mon milieu professionnel que j’exècre... Mais je sais que la nature humaine est ainsi faite !

Il ne s’agit pas, à travers ce témoignage de jeter le bébé avec l’eau du bain mais de se résigner à dire, sans paraître défaitiste, que ce monde n’est pas fait pour la différence ; il l’a même en horreur !
Il suffit de regarder les informations, de vivre au quotidien dans une ville comme Paris pour se rendre compte à quel point, les différences font peur !

Avec mon témoignage, je ne ferme pas le débat, je le circonscris : Le but du jeu n’est pas d’être heureux, mais d’être le moins malheureux possible !

Comme un disait un ami (rescapé de ces années difficiles et à qui j’ai fait d’ailleurs découvrir sa douance) : "comment pouvons-nous dire que nous sommes heureux, quand en sortant de ce restaurant où nous avons passé une excellente soirée, un SDF nous demande une pièce de monnaie ? Il faudrait donc être égoïste pour définir et ramener notre bonheur à notre simple plaisir… ?"

Je n’ai pas eu de réponse à lui fournir mais ce soir là, je me suis dit que j’avais réussi au moins une belle chose dans ma vie : cette amitié !


Dernière édition par chouette le Jeu 2 Aoû 2012 - 22:41, édité 2 fois
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Message par Fata Morgana le Mer 1 Aoû 2012 - 23:51

Si ça peut te rassurer j'ai été détecté il y a un an et demi à peu près, et on se fait plutôt assez bien à l'idée d'être intelligent finalement. Very Happy
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Message par IIyamaXP le Jeu 2 Aoû 2012 - 7:55

mea maxima culpa dans la mauvaise interprétation... Je suis en plein questionnement et ça se ressent sur mon analyse.

*se fait tout petit* Embarassed
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Message par chouette le Jeu 2 Aoû 2012 - 8:07

Pas de souci Cédric... Nous en sommes tous là, à nous questionner encore et encore...
Et c'est bien là hélas, notre problème !
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Message par wanig le Jeu 2 Aoû 2012 - 11:05

Merci chouette pour ton témoignage.

Je me retrouve dans certains passages ; par moments, j'ai l'impression que quelqu'un est rentré dans mon cerveau pour voir ce qui s'y passait et a couché par écrit ce qu'il a vu.

J'ai pris connaissance de ma douance il y a 5 ans. Cette découverte ne m'a à moi non plus apporté aucune solution, mais elle me permet d'appréhender la vie avec un point de vue différent et de comprendre, enfin, une des raisons du décalage permanent.

Tu dis que tu n'as jamais été suicidaire car ç'aurait été la pire épreuve que tu aurais pu faire subir à tes parents encore vivants. T'es-tu déjà posé la question de savoir si tu aurais pu devenir suicidaire si tes parents n'avaient pas été là ? Et si oui, quelle est la réponse ?

En ce qui me concerne, je pense que j'ai très peur de décevoir les gens ; je ne sais pas pourquoi, sans doute cette histoire de besoin permanent de reconnaissance pour avoir le droit d'exister.

La conséquence positive de cette peur, c'est qu'elle m'a justement permis de ne pas me foutre en l'air à une époque où je n'avais que des pourquoi et pas de réponse (comme toi, je ne pouvais pas faire ça à mes parents ; détruire ma vie, ok, mais pas la leur). C'est ce qui fait qu'aujourd'hui je suis encore là, finalement c'est une bonne chose (enfin, de mon point de vue).

La conséquence négative, c'est que mon comportement est trop souvent dicté par ce que les autres attendent de moi, ce qui me donne une apparence lisse, de quelqu'un qui ne fait pas de vagues, alors qu'à l'intérieur ça bouillonne, et que souvent je me dis après coup tu aurais du faire ci ou ça, ou dire ci ou ça et je m'en veux. Le regard des autres est quelque chose dont j'ai du mal à m'affranchir, et il faudrait qu'un jour je travaille là-dessus…

En relisant, je me rends compte que je parle presque uniquement de moi dans ce post, je m'en excuse, mais ton texte est par moments rentré en résonance avec ce que je ressens et j'avais besoin d'exprimer ça.
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Message par R3M1 le Jeu 2 Aoû 2012 - 11:19

Merci pour ton témoignage, mais à moi il fait froid dans le dos, car j'ai peur que cela ne m'annonce mon avenir de coquille vide.
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Message par chouette le Jeu 2 Aoû 2012 - 13:15

Salut !

@ Fata Morgana

Je ne partage pas ton euphorie sur le diagnostic tardif... Déjà, pour moi un HP n’est pas un être intelligent, c’est juste un individu qui a un mode de réflexion beaucoup plus sophistiqué que la plupart...

Le plus belle analogie serait celle d’un champion d’échecs qui a, en permanence, 10 coups d’avance sur son adversaire… Mais au lieu de profiter de cet avantage, il souffre, en silence, à la place de son partenaire car il sait les conséquences de chacune des propositions : il les a toutes déjà étudiées…

C’est comme ça que je me sens : Quelqu’un qui souffre de comprendre les problèmes, les angoisses, les attentes, les souffrances des autres, alors que personne ne peut le comprendre et imaginer ce que lui ressent.

Donc, je peux difficilement parler d’enthousiasme à la découverte tardive de ma douance… Juste le sentiment dans mon cas, d’avoir une mule bien chargée pour continuer la route : Faire partie d’une minorité d'une autre minorité, elle-même déjà minoritaire ! Démerde toi avec ça...

@ R3M1
Tu n'as pas à avoir peur si tu sais que tu es HP. Tu es jeune et aujourd'hui, ces choses sont suffisamment connues pour que tu puisses te documenter, rencontrer les bonnes personnes et tracer ainsi ta route !
Mon "problème" a été de ne pas avoir été diagnostiqué assez tôt, suivi éventuellement, ce qui m'a entrainé dans une spirale de voies de garage, certes enrichissantes même si décevantes au bout du compte...

Tu ne pourras pas être une coquille vide si tu apprends à te connaitre en définissant tes attentes et tes souhaits. Il ne faut pas être négatif...
Quand je me "retourne" sur ma vie, je vois certes, beaucoup de frustrations mais je ne suis pas malheureux, juste un peu amer de cette traversée "incomplète" de l'existence.

Bon courage à toi !
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Message par chouette le Ven 3 Aoû 2012 - 0:43

wanig a écrit:Merci chouette pour ton témoignage.

Je me retrouve dans certains passages ; par moments, j'ai l'impression que quelqu'un est rentré dans mon cerveau pour voir ce qui s'y passait et a couché par écrit ce qu'il a vu.

J'ai pris connaissance de ma douance il y a 5 ans. Cette découverte ne m'a à moi non plus apporté aucune solution, mais elle me permet d'appréhender la vie avec un point de vue différent et de comprendre, enfin, une des raisons du décalage permanent.

Tu dis que tu n'as jamais été suicidaire car ç'aurait été la pire épreuve que tu aurais pu faire subir à tes parents encore vivants. T'es-tu déjà posé la question de savoir si tu aurais pu devenir suicidaire si tes parents n'avaient pas été là ? Et si oui, quelle est la réponse ?


Salut Wanig !

Désolé de te répondre tardivement. Merci pour ton intérêt et la question que tu soulèves…

Déjà, il me semble évident qu’il y a une différence essentielle entre l’intelligence et la douance. De façon simpliste, cette différence se traduit, pour moi, par un certain… « goût des autres ».

J'ai souvent rencontré des gens très intelligents voire brillants qui me surprenaient toujours, par le peu de sollicitude et d'attention que beaucoup pouvaient témoigner à ceux qui les entouraient : Ils se contentaient de les ignorer dans le meilleur des cas, voire de les mépriser ou souvent, de les écraser…
On en a tous connus autour de nous et on les voit très bien œuvrer avec efficacité, dans tous les domaines où leur cerveau exceptionnel leur permet de gravir rapidement les échelons (affaires, politique, médias, etc…)

Ce qui m’a interpelé dans mes nombreuses lectures depuis un an sur les HP, c’est ce besoin viscéral d’aider (d’aimer ?)… La connaissance intuitive du HP le pousse à ne pas se servir des autres (ce qu’il pourrait facilement faire…) mais l’engage plutôt dans une réelle empathie pour ceux qui l'entourent. J’espère ne pas me tromper en arrivant sur ce forum... Laughing

C’est vraiment ce qui m’a le plus intrigué dans mon analyse de la douance : Cette attention portée aux autres.

Je suis particulièrement sensible à ce sujet, moi qui gère déjà 2 différences, l’une visible, l’autre beaucoup plus discrète, mon origine ethnique et mon homosexualité. Je sais parfaitement déceler un regard, un geste condescendant ou méprisant (même et surtout venant de ces 2 mêmes groupes, loin d’être des exemples de tolérance... ! Cool ).

Tout ça pour aboutir à ta question : Si mes parents n’avaient pas été là, me serais-je suicidé ? Honnêtement, je ne le crois pas…
Tout simplement parce que je pense qu’il n'y a pas une seule vie inutile sur cette terre…

Là, il faudrait ouvrir un autre débat mais c’est là-dessus que j'ai le plus cogité depuis tout petit, en mettant de côté les dogmes philosophiques, spirituels ou religieux : "Mais enfin, qu'est-ce que je fous là ??? Pourquoi avoir mis au monde une créature aussi décalée ???"

Je pense sincèrement que la nature ne crée rien d’inutile et si elle a permis l’évolution de montres sanguinaires dans l’histoire de notre espèce, elle a aussi mis au monde des individus qui ont illuminé le néant...
Il y a eu, bien sûr, de grands penseurs, philosophes, humanistes, idéalistes qui ont fait sortir la nature humaine de la barbarie, des artistes qui ont inondé le monde de beautés inaltérables mais aussi beaucoup d'êtres qui discrètement, sans faire de bruit, au delà de leur propre souffrance, ont apporté et continuent à le faire au quotidien, un peu d’humanité autour d’eux...

Ça, je l'ai intégré très tôt dans ma famille, mes relations et même encore aujourd’hui dans mon quotidien professionnel.

L’idée du suicide même si elle a pu m’effleurer certains jours difficiles, n’a jamais constitué une hypothèse valable à mes yeux. Je savais que j'étais sur cette terre pour « quelque chose », que cette souffrance aussi injuste et insupportable puisse t-elle être, n’était pas stérile ! Aujourd'hui, j’en ai, non seulement l’absolue conviction mais bien plus encore, la quasi certitude !

Donc, même elle peut paraître vide, je pense que la vie d’un HP n’est jamais inutile : Il ne sait pas pourquoi il est là (et c’est sans doute ce qui le rend malheureux !!!) mais je pense qu’il sait au fond de lui, qu'il "sert à quelque chose" !

C’est d’ailleurs ce que Cédric évoque plus haut…

Ce n’est pas de l’orgueil mal placé, c’est juste l'analyse permanente de quelqu’un qui a toujours vécu et avancé seul et qui s’est toujours posé ces mêmes questions en boucle : Pourquoi je suis là ? En quoi ma "différence" peut enrichir la vie des autres ? En quoi, à défaut d’être agréable, ma vie peut être fructueuse ?

J’espère avoir pu t’apporter mon petit embryon de réponse à tes interrogations légitimes.


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Message par Sakura le Ven 3 Aoû 2012 - 11:24

chouette a écrit:
"Non, moi j’ai juste besoin de survivre sans qu’on m’emmerde"

Je ressens la même chose.

Ton témoignage m'a beaucoup émue.

Savoir ce qu'on est a un intérêt, c'est celui de savoir qu'on n'est plus seul à être ainsi fabriqué. On n'est pas un modèle défaillant, on est une série limitée Very Happy

J'espère sincèrement que tu trouveras ton équilibre. flower
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Message par ness le Ven 3 Aoû 2012 - 11:36

Moi j'en suis là... un mois après mon diagnostic, du un peu naviguant à vue que j'étais, je me retrouve avec un voile de brouillard en plus... avant c'était : comment me sentir utile, via le travail notamment, maintenant, c'est aussi comment me sentir utile vis à vis de moi-même : me connaître, mes envies, mes goûts, les laisser s'exprimer un peu et ne pas les réfréner... enfin bon je vais laisser tout ça décanter...
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Message par chouette le Ven 3 Aoû 2012 - 13:06

Sakura a écrit: On n'est pas un modèle défaillant, on est une série limitée Very Happy


EXCELLENT !!! J'adore et j'adopte !!!! Laughing Laughing Laughing

Quant à l'équilibre, ma foi, je suis comme le vélo d'Einstein : « La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.»

Sinon pour le reste, Sartre a tout dit : « l'enfer, c'est les autres »

bise à toi.
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Message par chouette le Ven 3 Aoû 2012 - 13:16

ness a écrit:Moi j'en suis là... un mois après mon diagnostic, du un peu naviguant à vue que j'étais, je me retrouve avec un voile de brouillard en plus... avant c'était : comment me sentir utile, via le travail notamment, maintenant, c'est aussi comment me sentir utile vis à vis de moi-même : me connaître, mes envies, mes goûts, les laisser s'exprimer un peu et ne pas les réfréner... enfin bon je vais laisser tout ça décanter...

Tu sais, certains événements et l’explosion des réseaux sociaux ont fait ressurgir dans ma vie, des personnes que j’avais croisées dans des circonstances toutes très différentes, de façon épisodique ou prolongée (école, études, perso, boulot…)
Or, ces gens m’ont rappelé des paroles, des attitudes, des actions (totalement oubliées ou minimisées) que j’avais eu à leur égard et qui ont eu des conséquences bénéfiques sur leur existence, alors que pour moi, elles relevaient totalement de l’anecdote…

Si à l’époque, je n’avais pas été aussi focalisé sur mon mal-être, sur ma souffrance intérieure, j’aurais pu me rendre compte de ce que je leur apportais... En tout cas, ça m’a fait prendre conscience de la responsabilité de mes actes et du regard déformé souvent impitoyable que je pouvais avoir sur moi, alors que les autres perçoivent les choses de façon radicalement différente…

Honnêtement, je pense que dans cette tourmente permanente qui est la nôtre, il faut se raccrocher à nos valeurs fondamentales. Même dans la cécité la plus totale, elles continuent à gouverner nos actes...

Courage à toi flower


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Message par marahute le Ven 3 Aoû 2012 - 14:41

Je plussoie sur le "on n'est pas un modèle défaillant, on est une série limitée". Rien que pour le sentiment de soulagement qu'apporte cette reconnaissance, je ne regrette pas de m'être fait testée (et approuvée) il y a une quinzaine de jours.

Pour le reste, Chouette, tu décris mieux que je n'aurais pu le faire, la perplexité et ce sentiment d'"à quoi bon" quand la lutte pour survivre aux regards désapprobateurs (ou condescendants, dans le meilleurs des cas)des autres a pompé toutes vos forces durant un demi siècle (en ce qui me concerne du moins, la barre est franchie).

J'ai vécu ce "surdon" comme une malédiction qui n'avait alors pas de nom, mais qui en a un aujourd'hui. C'est un petit petit pas et je ne sais pas où il peut me mener, à supposer qu'il y a encore un chemin à emprunter à mon âge avancé Smile

Je crois aussi que nous servons tous à quelque chose ou à quelqu'un - peut-être de petites choses à un bref moment, peut-être un apport déterminant sans qu'on le sache - sinon pourquoi continuer ?

Aujourd'hui, ce que tu as écrit m'a servi à moi et je t'en remercie !
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Message par chouette le Ven 3 Aoû 2012 - 14:54

Très heureux Marahute que mes bafouilles d'été, loin de la "foule effrayante", t'apportent un peu de réconfort.

Et très honnêtement, au vu de ce que j'ai pu lire ici ou là, je n’ai pas non plus le sentiment que la découverte précoce de sa douance soit la carte d'accès à un club privilégié d’happy fews… No

Ne voyons pas cette "incomplétude" de notre existence comme un échec, en tout cas, moi je ne le vis pas du tout comme ça ! C'est juste un nouvel éclairage déculpabilisant ; je n'étais pas responsable et coupable de tout...

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Message par Sakura le Ven 3 Aoû 2012 - 21:04

chouette a écrit:
Sakura a écrit: On n'est pas un modèle défaillant, on est une série limitée Very Happy


EXCELLENT !!! J'adore et j'adopte !!!! Laughing Laughing Laughing

Quant à l'équilibre, ma foi, je suis comme le vélo d'Einstein : « La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.»

Sinon pour le reste, Sartre a tout dit : « l'enfer, c'est les autres »

bise à toi.

Si tu pédales à une certaine vitesse (pas trop lentement donc) tu verras que le vélo tient bien la route Very Happy

PS : conseil que je tente de mettre moi-même en application.
PS 2 : bise à toi aussi flower

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Message par chouette le Ven 3 Aoû 2012 - 21:20

Sakura a écrit:
Si tu pédales à une certaine vitesse (pas trop lentement donc) tu verras que le vélo tient bien la route Very Happy

En ça te laisse plus de temps pour observer les paysages... flower
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Message par Sakura le Ven 3 Aoû 2012 - 21:32

chouette a écrit:
Sakura a écrit:
Si tu pédales à une certaine vitesse (pas trop lentement donc) tu verras que le vélo tient bien la route Very Happy

En ça te laisse plus de temps pour observer les paysages... flower

yes !!!!!!!!!! Very Happy
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Message par Invité le Sam 4 Aoû 2012 - 0:37

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Message par Nonmerci le Sam 4 Aoû 2012 - 8:24

@ Chouette
Beau témoignage. Comme wanig, je me retrouve en partie dans ta description de ton enfance, "antillais, noir et homosexuel" en moins ... avec beaucoup moins de tristesse pour ma part.
Ton obsession de ne pas faire du mal à tes parents m'est très familière, c'est surement ça qui t'a forcé à garder la tête hors de l'eau et à traverser la vie tant bien que mal. Même si tu sembles en douter.
Ton "goût des autres", "Cette attention portée aux autres", on est nombreux ici à les partager aussi, c'est tellement formidable et problématique à la fois.
Pas évident d'expliquer en quoi avec toutes ses différences, je ne me sens plus malheureux. Malheureux, c'est un sentiment que j'ai laissé avec l'adolescence je crois ; ou plutôt avec la solitude de mon "avant vie de couple"

Tu n'évoques d'ailleurs pas ta vie de couple actuelle ? As-tu trouvé une "âme sœur" avec qui dialoguer, échanger, partager ? Au delà du bête concept de couple qui me semble bien trop étriqué pour notre analyse au scalpel. Je pense à quelqu'un qui partagerait TOUT dans ta vie, une oreille attentive. C'est je le crains la seule solution à nos problèmes (c'est la mienne de solution et elle marche à merveille)

Ta question "Mais enfin, qu'est-ce que je fous là" m'amuse beaucoup, je ne me la pose jamais (j'en ai fait le tour à l'adolescence et n'ai pas trouvé de réponse qui me convienne), par contre, mon père se la pose sans cesse et nous rabâche les oreilles avec ça depuis des années.

"le HP sert à quelque chose" ... je ne sais pas, tu as surement raison. On a tellement plus de facilités pour trouver des solutions justes et équitables, résoudre des conflits par exemple. C'est tellement bizarre de voir comme les gens peuvent se prendre parfois la tête pour rien, qu'on se doit de les aider un peu.

@ Wanig
En relisant, je me rends compte que je parle presque uniquement de moi dans ce post
Oui, comme moi ! Sur ce forum, je me dis en permanence :
a) si je parle de moi, je suis ou passe pour un mégalo
b) qui suis-je pour analyser, juger ce que l'autre évoque dans son message ?
c) prends le temps de relire, ne gâche pas ce beau forum si bien écrit, avec peu de fautes d'orthographe (même IIyamaX sous l'emprise de la Leffe écrit correctement !)

@ Sakura
on est une série limitée
Exact, mais je ne sais pas encore dire si ça me plait ou pas. J'aimais bien penser que ces différences faisaient partie de ma personne, que ça me définissait. Mon chien se comporte comme tous les autres golden retriever et ça m'énerve de me dire que c'est pareil pour nous. J'ai l'impression d'être un clone de vous tous ... si on me remplaçait par n'importe lequel d'entre vous, mon entourage ne verrait rien ; c'est flippant affraid
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Message par Sakura le Sam 4 Aoû 2012 - 13:06

Nonmerci a écrit:J'ai l'impression d'être un clone de vous tous ... si on me remplaçait par n'importe lequel d'entre vous, mon entourage ne verrait rien ; c'est flippant affraid
Si tu es brune aux cheveux trèssss longs, exact ! Very Happy (mouaif, je pense que ton chien "sentirait" la différence What a Face )

Plus sérieusement, je ne pense pas que nous soyons des clones, mais nos particularités nous rassemblent, au lieu de nous éloigner les uns des autres et nous aident à mieux nous comprendre, enfin, je le pense.

Ce que Chouette a écrit me parle, comme ce qu'écrivent beaucoup d'entre vous.
C'est bien le premier endroit où un tel phénomène se produit pour moi.

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Message par Sakura le Sam 4 Aoû 2012 - 13:12

Spoiler:
Puzzle a écrit:et pour Sakura, Smile "Dans un univers de cyclistes, seuls les sophistes se graissent la patte, les autres freinent" (Mandryka, Le concombre masqué - j'aurais bien mis le dessin, mais ça ne marche pas...)

L'équation impossible... Conc_s10

Je ne connais pas le nom de la fidèle betterave.
C'est un copain qui m'avait parlé un jour du concombre masqué, mais jamais lu.
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Message par Invité le Sam 4 Aoû 2012 - 15:10

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Message par chouette le Dim 5 Aoû 2012 - 2:54

Nonmerci a écrit:@ Chouette
Beau témoignage. Comme wanig, je me retrouve en partie dans ta description de ton enfance, "antillais, noir et homosexuel" en moins ... avec beaucoup moins de tristesse pour ma part.
C’est en cela que j’écris que chaque cas est unique… Et si je me définis comme « antillais, gay et HP », je ne m'y résume pas non plus. Ce sont ces 3 composantes importantes qui ont méthodiquement élaboré mon sentiment d’exclusion et d’isolement, mais je refuse de me décrire essentiellement autour de ces 3 éléments ; ce serait un peu simpliste quand même... Wink

Nonmerci a écrit:@
Tu n'évoques d'ailleurs pas ta vie de couple actuelle ? As-tu trouvé une "âme sœur" avec qui dialoguer, échanger, partager ? Au delà du bête concept de couple qui me semble bien trop étriqué pour notre analyse au scalpel. Je pense à quelqu'un qui partagerait TOUT dans ta vie, une oreille attentive. C'est je le crains la seule solution à nos problèmes (c'est la mienne de solution et elle marche à merveille)
Certes, c’est une excellente solution, sans doute la meilleure… mais quand on la trouve ! Ça n’a pas été mon cas... et je peux même dire que c’est de ce coté que j’ai connu mes plus belles désillusions…
Mais peut-être aussi que j’avais d’autres centres d’intérêts que les soirées mousse du Queen et d’autres interrogations existentielles que le dernier slip à la mode... Laughing
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Message par Nonmerci le Dim 5 Aoû 2012 - 6:53

@ Chouette
Ne voyons pas cette "incomplétude" de notre existence comme un échec, en tout cas, moi je ne le vis pas du tout comme ça ! C'est juste un nouvel éclairage déculpabilisant ; je n'étais pas responsable et coupable de tout...
Excellent comme point de vue, très positif ! Tu pourrais apporter beaucoup sur ce forum. J'ai l'impression que ceux qui ont quelques clefs pour mieux vivre ne sont pas si nombreux ici
c’est de ce coté que j’ai connu mes plus belles désillusions
Ça ne m'étonne pas, le milieu gay me gène beaucoup pour son côté superficiel. J'ai quelques potes gays en couple et ça semble durer, mais c'est super rare, c'est loin d'être une généralité. En même temps, tu n'a que 47 ans, rien n'est fini c'est même pas la moitié d'une vie !

@Sakura
Si tu es brune aux cheveux trèssss longs, exact !
Tout l'inverse à 100% ! (mais mon chien est vraiment très con, une bonne perruque et ça passerait nickel Suspect
Ce que Chouette a écrit me parle, comme ce qu'écrivent beaucoup d'entre vous.
C'est bien le premier endroit où un tel phénomène se produit pour moi.
Oui, très surprenant ! J'avais bien un peu parfois cette sensation aux scouts quand j'étais gosse , mais là, c'est complétement dingue comme sensation (scout = proche de la nature, ouvert aux autres, rendant service ...)
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Message par chouette le Dim 5 Aoû 2012 - 7:47

Nonmerci a écrit:@ Chouette
Ne voyons pas cette "incomplétude" de notre existence comme un échec, en tout cas, moi je ne le vis pas du tout comme ça ! C'est juste un nouvel éclairage déculpabilisant ; je n'étais pas responsable et coupable de tout...
Excellent comme point de vue, très positif ! Tu pourrais apporter beaucoup sur ce forum. J'ai l'impression que ceux qui ont quelques clefs pour mieux vivre ne sont pas si nombreux ici
Ben, si j'ai attendu un an avant de poster, c'est que j'ai longuement et intensément cogité sur cette nouvelle info sur moi... (comme d'hab quoi... Twisted Evil )

Il m'est apparu évidemment que je n'avais pas décroché le Jackpot avec la découverte de ce nouveau facteur : Nous sommes certes différents, minoritaires, pas trop cons... mais ça ne nous donne pas non plus accès d'office, à la carte Platinum des "Joyeux Invidivus Ravis & Epanouis" jocolor geek rendeer

Nonmerci a écrit:
c’est de ce coté que j’ai connu mes plus belles désillusions
Ça ne m'étonne pas, le milieu gay me gène beaucoup pour son côté superficiel. J'ai quelques potes gays en couple et ça semble durer, mais c'est super rare, c'est loin d'être une généralité. En même temps, tu n'a que 47 ans, rien n'est fini c'est même pas la moitié d'une vie !
Là aussi, il m'a suffit de lire un des posts initiés sur les "cultures LGBT" pour comprendre que même ici, la tolérance n'était pas toujours au rendez-vous...

C'est sûr que la superficialité et les ostracismes en tous genres sont quand même, légion dans ce milieu qui ne m'a jamais attiré pour ces raisons. Ce n'est certainement pas là que j'aurais trouvé des pistes d'épanouissement fiables et des raisons d'espérer en l'être humain... Cool

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Message par Invité le Dim 5 Aoû 2012 - 10:57

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Message par chouette le Dim 5 Aoû 2012 - 11:32

Nonmerci a écrit:@ Chouette
En même temps, tu n'a que 47 ans, rien n'est fini c'est même pas la moitié d'une vie !
Hein quoi ?!?!? Encore 47 ans à tirer !?!?! What a Face T'aurais pas une nouvelle plus réjouissante... ? Rolling Eyes

Puzzle a écrit:bonjour chouette,
je m'installe sur ton fil, parce qu'on s'y sent bien.
Merci... une tasse de thé?
Puzzle a écrit:
A la lecture du message précédent, je me suis rendue compte que j'avais beaucoup d'amis homosexuels (gars et filles d'ailleurs). Statistiquement plus que leur proportion dans la société. L'une d'entre elles m'a dit un jour que c'était peut être parce que j'en étais...ben, non, en fait. Ils ne me prennent pas la tête et ne jugent pas ma façon de vivre, peut être simplement parce que ce sont mes amis, pas du fait de leur orientation sexuelle.
Maintenant que je vois la vie en rayures, je me dis que c'est peut être parce qu'ils sont un peu rayés, ou parce qu'ils ont du aussi faire face au regard de leurs congénères humains sur eux, comme moi, ou parce qu'ils posent aussi un regard décalé sur certaines valeurs de la société. Je crois que je devrais plutôt aller leur poser la question en fait Smile, ça ferait plus avancé le schmilblick .

Euh non... Je ne suis pas d'accord, vraiment pas...

Comme je l'ai écrit plus haut, de même que je ne crois pas qu'il suffise d'être intelligent pour être HP, je ne crois pas non plus qu'il s'uffise d'être différent, original, gay ou chanteur de jazz austro-hongrois... pour l'être !

Tes amis sont tes amis parce que.... ce sont tes amis, que tu les "attirés" et gardés parce que vous aviez des atomes crochus ou des affinités communes : Accorder à un communauté une prédominance d'un facteur HP ne me semble pas crédible... Ca releve d'une certaine forme de prosélytisme...

Je n'ai pas beaucoup de temps là, mais ça mérite un débat plus élaboré... A suivre !
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Message par Sakura le Dim 5 Aoû 2012 - 11:59

chouette a écrit:
Hein quoi ?!?!? Encore 47 ans à tirer !?!?! What a Face T'aurais pas une nouvelle plus réjouissante... ? Rolling Eyes

Arghhh ... ça fait plusieurs années que je regarde celles qu'il me reste à "tirer", comme un bagnard calcule sa peine, et j'essaye avec l'énergie d'un désespoir consommé de trouver un angle de vue positif à cette vie qui m'a été donnée.
J'ai tout loupé : seule, pas d'enfant, une vie professionnelle qui devient trop lourde (je n'ai pas fait les bonnes études), bref, juste l'impression d'être bonne à jeter aux encombrants (j'tiendrai pas dans un sac 30 litres Very Happy ).
Et surtout une peur panique de finir toute seule, comme ... un vieux rebut !


chouette a écrit: C'est juste un nouvel éclairage déculpabilisant ; je n'étais pas responsable et coupable de tout...

C'est ce que je comprends aujourd'hui. Mon "système d'exploitation" n'est pas défectueux, il est différent. Ce qui fait que depuis quelques mois, je réfléchis à comment modifier mon environnement pour l'adapter à ma personne, et non plus l'inverse. Je n'ai plus assez d'énergie pour maintenir l'illusion, ça finit par altérer ma santé.
Et puis zut, pourquoi devrais-je me torturer pour rentrer dans le moule ? Je fais des efforts mais j'en souffre, c'est insuffisant et ça m'use, je ne fais pas d'efforts et j'en souffre aussi parce que je m'isole.

La nouvelle réjouissante dans tout ça, c'est de savoir, comme tu l'as dit, que tout ne nous est pas imputable.
C'est une nouvelle information intéressante pour avancer.

chouette a écrit: Merci... une tasse de thé?
Voui, voui, merci !! (avec un sucre) flower

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Message par chouette le Dim 5 Aoû 2012 - 13:54

Sakura a écrit:
Arghhh ... ça fait plusieurs années que je regarde celles qu'il me reste à "tirer", comme un bagnard calcule sa peine, et j'essaye avec l'énergie d'un désespoir consommé de trouver un angle de vue positif à cette vie qui m'a été donnée.
J'ai tout loupé : seule, pas d'enfant, une vie professionnelle qui devient trop lourde (je n'ai pas fait les bonnes études), bref, juste l'impression d'être bonne à jeter aux encombrants (j'tiendrai pas dans un sac 30 litres Very Happy ).
Et surtout une peur panique de finir toute seule, comme ... un vieux rebut !
Ah non… Je ne partage pas du tout ta vision aussi pessimiste de l’existence… No On est HP, pas vraiment épanouis certes mais pas totalement et irrémédiablement malheureux non plus...
Je pense que relativiser est indispensable pour éviter de tirer des conclusions aussi radicales sur le suite du parcours : notre cerveau a cette capacité incroyable d'imaginer le pire comme le meilleur en 3D, son 5.1 Dolby THX Suround. Créons-nous des carottes virtuelles pour faire avancer l'âne Very Happy
D’autant plus que certains nous promettent la fin du film, pour le 21 décembre prochain avec quelque chose d’assez radical et surtout spectaculaire : Chouette, on sera aux premières loges ! Twisted Evil

Et puis tant qu’à vieillir seul, je t’avoue que l’ayant toujours été, ça ne me fait pas peur du tout : Je connais bien ma bête maintenant ! Cool
Et quand je vois comment certaines personnes sont paniquées à l’idée de rester seules ne serait-ce qu'une soirée, une séance de cinéma ou un simple voyage en train… Comme si, se retrouver face à soi-même était la situation la plus inconfortable à vivre… ?!?
Je trouve que de ce côté là, on est plutôt bien lotis, non ? cheers

Allez, haut les coeurs !
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Message par Invité le Dim 5 Aoû 2012 - 14:03

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Message par chouette le Dim 5 Aoû 2012 - 17:55

Puzzle a écrit:Ca sera un Earl Grey pour moi, s'il te plait! Very Happy
Parfait... Un petit biscuit... ?

Puzzle a écrit:
Chouette a écrit : "Euh non... Je ne suis pas d'accord, vraiment pas..."

Oups! ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, le "ils" ne se referaient qu'a mes amis, pas a une communauté. Je ne pense déjà pas qu'on puisse mettre 2 individus dans une même case, alors une communauté entière! Le monde serait bien ennuyeux, et on aurait encore moins de raisons de se poser des questions, déjà qu'on se demande tout le temps pourquoi on s'en pose autant, mais au moins on a la justification d'avoir le monde dans sa diversité et sa complexité a observer.
Oups ! Pardon, c'est moi qui ai mal interprété... Mais c'est une question (voire un sondage) qui m'intéresserait énormément ; je ne sais pas si le sujet a déjà été abordé sur ce forum.
"Avez-vous détecté beaucoup de HP chez vos amis" ?" (j'irai faire un tour dans les archives)

Je n'ai pas une expérience importante de la chose mais c'est vrai qu'il y a au moins, un de mes amis (mais surtout sa soeur puissance 1000) qui a tous les témoins au vert pour une douance officielle ! Je ne sais pas s'il passera les tests mais je ne serais pas surpris...
Inconsciemment, est-ce que les Zèbres non diagnostiqués se reconnaissent et se regroupent entre eux ?

En tout cas, j'ai eu la même réaction que toi, à la lecture de "Trop intelligent pour être heureux ?". J'ai reconnu des profils que j'avais pu croiser et apprécier. Et c'est peut-être ce que tu mentionnes avec tes amis. En as-tu discuté avec eux ?
Puzzle a écrit:
chouette a écrit: Hein quoi ?!?!? Encore 47 ans à tirer !?!?! T'aurais pas une nouvelle plus réjouissante... ?
Eh eh, j'ai eu un blanc cette semaine en plein discours en prononçant "2013", déjà? mais qu'ai je donc fait de ma vie? affraid et en même temps, je compte généralement a rebours aussi, encore tant d'années a tirer... silent . Ca m'a rappelé "Un héros de notre temps" de Lermontov, qui est un texte qui m'accompagne depuis mon adolescence:

Contexte (important quand même, parce qu'il ne parle pas de suicide): le héros doit se battre en duel le lendemain, a l'aube, et voila ce qu'il se dit:

"Eh bien, quoi ? mourir… mourir ainsi ! c’est une bien petite perte pour le monde. Et puis, je m’ennuie bien. Je ressemble à un homme qui bâille dans un bal, et ne va pas dormir, parce que sa voiture n’est pas là… mais la voiture est prête… Adieu !…

Je parcours avec le souvenir tout mon passé et je me demande involontairement pourquoi ai-je vécu ? À quoi étais-je destiné en naissant ? Ah ! sûrement, j’avais un but à atteindre ; j’étais appelé à un sort élevé, car je sens en moi des forces immenses. Mais je n’ai point compris ma destinée et je me suis laissé entraîner par l’appât des passions viles et ingrates. [....]

Et peut-être demain je mourrai !… Et il n’y a pas en ce monde un seul être qui m’aura compris entièrement. Les uns me croient meilleur, les autres plus mauvais que je ne le suis réellement. Les uns diront : c’était un brave garçon ; les autres : un homme de rien. Et l’un et l’autre de ces termes sont faux. Ah ! quel ennui que de vivre ! et on vit tout de même… par curiosité. On attend quelque chose de nouveau… C’est ridicule et absurde !"

La plupart des jours, je coupe la dernière phrase Smile. Mais le sentiment de nouveauté s'étiole vite, c'est cela le problème.
Ouh la... bounce Mais voilà que je vais commander immédiatement ce bouquin...

Merci du tuyau !!!! Bisous



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Message par nikoku74 le Dim 5 Aoû 2012 - 19:11

@ chouette : très beau témoignage que celui là : n'as tu pas eu l'idée d'en faire un livre? car tu as pas mal de talent dans ton écriture.
Effectivement ça fait une équation difficile à résoudre car je n'ai que la partie HP chez moi et c'est déjà difficile...tu as énormément d'aptitudes, plus que les autres mais il est difficile de les rendre opérationnelles dans notre société: On en est tous là, toi un peu plus au centre.
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Message par chouette le Dim 5 Aoû 2012 - 19:46

nikoku74 a écrit:@ chouette : très beau témoignage que celui là : n'as tu pas eu l'idée d'en faire un livre? car tu as pas mal de talent dans ton écriture.
Effectivement ça fait une équation difficile à résoudre car je n'ai que la partie HP chez moi et c'est déjà difficile...tu as énormément d'aptitudes, plus que les autres mais il est difficile de les rendre opérationnelles dans notre société: On en est tous là, toi un peu plus au centre.
Tout de suite, les fleurs... flower flower
Merci... Merci... Merci beaucoup pour ce Prix littéraire... J'aimerais remercier mon éditeur sans qui rien n'aurait été possible... Wink

Non, trêve de plaisanteries ; j'adore écrire, ça me permet de structurer ma pensée et de communiquer bien plus facilement mais je n'ai absolument pas envie de publier un livre là-dessus...
Je partage juste une expérience parmi tant d'autres, sur la difficulté d'exister dans une société qui n'est pas absolument pas en état d'accepter la moindre différence...

Et sans vouloir hiérarchiser les souffrances, je suis sûr qu'il y a des gens qui ont eu des parcours de vie bien plus difficiles que moi ! C'est juste une accumulation de différences connues et non connues qui ont rendu l'équation assez éprouvante à gérer.

J'aurais publié ce témoignage sur un forum contre le racisme ou sur la difficulté de vivre son homosexualité hors des circuits traditionnels, les réactions auraient différentes car je pense (et j'espère ne pas me tromper...) que la douance rend la plupart des HP solidaires de la souffrance la plus élémentaire, la plus primaire qui soit... celle simplement d'exister !
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Message par Invité le Dim 5 Aoû 2012 - 22:55

.


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Message par Invité le Lun 6 Aoû 2012 - 0:18

Je me souviens m’être sentie parfois dure et intolérante (mais sans l’exprimer) face a des personnes dépressives notamment, humm… effet carapace ou manque d’empathie ?

Là-dessus très franchement je me demande s'il est possible de trouver quelqu'un qui fasse preuve d'empathie face à une personne dépressive si elle n'a pas, un tant soit peu, tâté de la chose. C'est triste, mais j'ai peur que ce soit difficile.
Par contre, le revirement peut être étonnamment complet dès qu'on passe ne serait-ce qu'une brève période dans ces sinistres culs de basse-fosse.

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Message par chouette le Lun 6 Aoû 2012 - 10:22

Fusain a écrit:
Je me souviens m’être sentie parfois dure et intolérante (mais sans l’exprimer) face a des personnes dépressives notamment, humm… effet carapace ou manque d’empathie ?
Là-dessus très franchement je me demande s'il est possible de trouver quelqu'un qui fasse preuve d'empathie face à une personne dépressive si elle n'a pas, un tant soit peu, tâté de la chose. C'est triste, mais j'ai peur que ce soit difficile.
Par contre, le revirement peut être étonnamment complet dès qu'on passe ne serait-ce qu'une brève période dans ces sinistres culs de basse-fosse.
Hummmm... Toutes les configurations sont possibles : J'ai connu des gens particulièrement durs face des déprimés alors qu'ils l'avaient eux-mêmes été, comme une volonté d'oublier ou d'exorciser des moments difficiles de leur vie...
Et j'ai aussi rrencontré des gens avec des qualités d'écoute et d'attention extraordinaires, alors qu'ils n'avaient jamais vécu une quelconque période sombre (avouée ?! Possible aussi...).

Étrange créature que l'être humain...
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Message par Harpo le Lun 6 Aoû 2012 - 11:22

chouette a écrit:
Ne rien montrer de sa souffrance, de son mal être, pour ne pas les culpabiliser…
..
Je mettais tout ça sur le compte d’une dépression, puis d’une névrose maniaco-dépressive. Quand on a appris à s’analyser à travers le prisme de son cerveau, c’est facile de tout répertorier…
...
Ma devise était d'« Essayer de paraître le moins malheureux possible » ! Je n’étais pas triste, de contact plutôt agréable, avec un humour certes spécial, à l’écoute des autres, mais incapable de trouver une réelle joie de vivre… Je m’investissais dans mes passions de solitaire pour occuper mon cerveau mais dès que j’en avais fait le tour, j’en cherchais de nouvelles... En fait, tant qu'on ne m'aimait pas, je n'existais pas !
...
Un ersatz de vie d’étudiant totalement ratée où je regardais les autres faire la fête, s’amuser alors que tout m’apparaissait stérile, sans grand intérêt. De plus, Le racisme, l'intolérance, toutes les formes de rejet me repliaient encore plus sur moi même...

Pourquoi c’était à moi de payer un psy ? Pour apprendre à supporter la médiocrité des autres ??? En fait, je vivais avec mon meilleur ami et mon pire ennemi : moi-même !

Déjà, merci pour tout ça. Et encore, je ne voulais pas reprendre le texte complet, mais je ne suis ni homo ni noir, donc Wink

Ton témoignage relativise la réponse de Ray Charles au journaliste qui lui demandait "ça vous rend pas malheureux d'être né aveugle ?' ... Oh vous savez ça aurait pu être pire : j'aurais pu être noir ! ' Smile

C'est étonnant le décalage avec ton texte assez pessimiste, et tes réponses beaucoup plus positives. Pour ma part, la connaissance de la surdouance ne fait pas tout bien sur, mais les quelques clés qu'elle me donne sur moi sont déjà énormes. Elle arrive également au moment opportun où j'ai enfin compris, moi aussi, "qu'il ne me restait que quelques années à tirer".

J'avais déjà décidé de ne pas mourir de ne pas vivre, cela m'aide à mieux vivre, plus intensément, avant de mourir.

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Message par chouette le Lun 6 Aoû 2012 - 12:04

Harpo a écrit:[C'est étonnant le décalage avec ton texte assez pessimiste, et tes réponses beaucoup plus positives.
Merci pour ton message, Harpo.
Mon témoignage exprime un parcours de vie au travers de la découverte de ma douance, ce n’est pas moi à l’instant t.

Si je n’avais pas fait cet état des lieux, comment voulais-tu que je me positionne aujourd’hui par rapport à cette nouvelle donne ? « Eh les gars, vous connaissez la nouvelle ? j’ai fait des tests, je suis un génie ! Maintenant, je fais partie de l’élite, z’avez qu’à bien vous tenir et plus venir me faire chier comme vous avez pu le faire par le passé… ? » afro

Non, il fallait reprendre tout à zéro et analyser les choses de façon nouvelle, en essayant de comprendre sans interpréter, ces différents épisodes plus ou moins agréables : Mon témoignage n’est pas négatif, il est juste authentique, sans concession ni sur moi, ni sur les autres.

Et me connaissant, il m'a fallu un sacré courage lié sans doute à l’anonymat d’un site pour oser publier, ce que PERSONNE d’autre au monde, même mes plus proches amis, ma famille ne sait…

Bien sûr, certains connaissent mes difficultés liées à ma couleur de peau, d’autres à mon homosexualité, mais la plupart ne connaissent et n'imaginent pas une seconde, les difficultés colossales liées à ce nouveau facteur : la douance !

Ma conclusion est que la différence quel qu’elle soit, n’est pas un facteur d’intégration dans notre société. Comprendre ça, c’est d’abord apprendre à s’accepter, HP, non HP, noir, gay, handicapé, grand avec de grandes oreilles, ou petit à pois jaunes... C’est une donnée INCONTOURNABLE pour apprendre à vivre.

Ce témoignage était indispensable comme une mise à plat de ce qui a été et ce qui devra être : Je suis moi, c’est comme ça, y a mieux, y a pire mais avant tout, je ne dois continuer à être moi, toujours à mes yeux et non pas à ceux des autres…

Je pense que c’est le travail de chacun d’entre nous vers le mieux-être, à défaut du bonheur...
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Message par Harpo le Lun 6 Aoû 2012 - 12:44

Je suis en total accord avec tout ce que tu viens de dire là, j'en suis au même point.
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Message par chouette le Mer 8 Aoû 2012 - 7:42

Le sommeil n’ayant pas été pas au rendez-vous hier soir (d’où mon pseudo… J’ai du être vampire dans une vie antérieure…. affraid ), ce matin, j’ai eu envie, après mon témoignage de livrer mes objectifs pour aller de l’avant et j’aimerais avoir des retours d’expérience des uns et des autres…

Il y a pour moi, 3 objectifs qui me semblent assez clairement définis :


Le 1er est d’arbitrer avec plus d’autorité, le match de ping pong que se livrent depuis des années dans ma tête, 2 sentiments particulièrement puissants : Injustice et Culpabilité !

Ces 2 là quand ils se jouent à la ba-balle, rien les arrête et peuvent ruiner toute volonté de voir du positif dans chaque circonstance… confused
Je suis en permanence confronté à un sentiment d’injustice face à cette souffrance non désirée et surtout absurde… J’aime souvent utiliser cette métaphore : Un alcoolique qui après une cuite, se casse 2 jambes dans une chute peut trouver une leçon à tirer pendant sa convalescence : Arrêter de boire !
Un HP lui souffre sans savoir pourquoi. Il finit donc par retourner cette incompréhension contre lui : "Mais enfin, de quoi suis-je coupable ?" Question

C’est ce jeu auquel « s’amusent » depuis des lustres, ces 2 compétiteurs hors pair que sont « Injustice » et « Culpabilité » et j’aimerais à défaut d’y mettre fin (faut pas rêver…), avoir des pistes pour gérer ça.
Y en a-t-il parmi vous qui ont travaillé dessus ?


Ma 2ème préoccupation immédiate est d’apprendre à gérer la colère que je peux entretenir vis à vis de personnes qui avaient parfaitement repéré mes qualités mais qui en ont, pour certains, profité sans vergogne et pour d’autres, essayé de me détruire psychologiquement…
J’ai beau me dire, avec le recul, que ces attitudes étaient de la manipulation, de la jalousie pure et de la méchanceté malsaine, je n’arrive pas à me débarrasser de cette colère… Evil or Very Mad
En plus, je ne peux le supporter quand on voit la violence psychologique aujourd’hui en entreprise, les suicides dans certaines sociétés ; je me dis combien de gens doivent vivre ce genre de cauchemars au quotidien, combien de jeunes fragiles ont pu être ainsi laminés par des individus pareils ?
Ce ressentiment est tellement fort que dès que je perçois une ébauche de comportement identique chez quelqu’un, je mets immédiatement en place une telle stratégie de rejet voire de haine et ça m’effraie…

J’aimerais savoir si certains d’entre vous ont (eu) de tels sentiments de revanche voire de vengeance vis à vis de ce type de personnes ?


Ma 3ème piste de réflexion est d’arrêter (mais là, ça va pas être de la tarte…) de vivre mes sentiments par procuration.
En effet, si dans la vie, j’arrive à camoufler mes émotions, j’ai mis en place en place de formidables processus de transferts pour arriver à les gérer…
J’entends par là que je ne pleure jamais quand une situation grave qui se produit autour de moi (alors que j’en suis bouleversé), je me réfugie dans la musique, dans la fiction pour vivre cette émotion.

En résumé, malgré mon hypersensibilité, je ne suis physiquement ému que lorsque j’écoute de la musique ou quand je vais au cinéma. Comme si ma propre souffrance ne pouvait s’exprimer que par procuration, en m’appropriant « artistiquement » celle des autres…

J’ai lu un post sur la difficulté que rencontraient certains à pleurer : je comprends parfaitement cette difficulté.

Y a t-il d’autres cas similaires de transferts émotionnels chez vous ?

Vu que chaque matin, je trouve en moins de 5 mn dans ma collection de milliers de disques, le titre en phase avec mon humeur, vu qu’un Ipod (merci Apple) me permet de balader avec un juke-box de milliers de tubes dans la poche, vu qu’une carte d’abonnement cinématographique permet de revoir des dizaines de fois un film émouvant, vous imaginez comment je suis désormais parfaitement outillé pour ce genre de transferts… Wink

Vivre ses émotions par procuration pour éviter de montrer ses sentiments, est-ce que ça arrive à certains d’entre vous ?

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Message par nikoku74 le Mer 8 Aoû 2012 - 10:03

je me retrouve déjà dans ces trois points:
-culpabilité et injustice: j'ai toujours été beaucoup plus indigné que les autres devant l'injustice. et la culpabilité, dans mes périodes basses je suis rongé par ce sentiment aussi. je remarque que ce sentiment est moins présent quand je suis heureux.
-les personnes sournoises et manipulatrices: comme je reconnais très vite ce genre de personnes et que je ne peux pas les supporter, je me braque. Le problème est très embêtant dans la vie professionnelle car on ne peut pas être honnête surtout en grande société. D'où les périodes d'angoisse et de déprime quand ça m'arrive. Tu as raison, ces personnes peuvent avoir des morts sur la conscience.
-Pour ce qui est de ce que tu ressens, tes sentiments que tu ne peux vivre que par procuration, je me reconnais aussi. Je suis capable de pleurer uniquement pour des grands moments de sport, des films ou en écoutant de la musique. Par contre j'ai beaucoup de mal à pleurer dans ma vie personnelle, même aux enterrements de proches.
Voilà, donc je me reconnais dans tous ces points mais pour ce qui est des solutions, je n'en ai pas encore. Peut-être le fait d'être soi-même en toutes circonstances, de s'indigner publiquement devant des injustices,... car garder ses sentiments pour soi mène à la dépression.
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Message par lafeelicite le Mer 8 Aoû 2012 - 14:33

Bonjour chouette,

j'ai trouvé ton témoignage très touchant. Si je peux t'apporter un peu de ma propre expérience, je te conseillerais d'abord de ne plus viser "être le moins malheureux possible" mais bien "être heureux".

Pourquoi te limiter tout seul alors que tu as un formidable potentiel pour être pleinement heureux. Etre surdoué, ce n'est pas seulement avoir le cerveau qui pédale en permanence, ce n'est pas seulement ne jamais se sentir à sa place... c'est un potentiel de ressentir 10x plus fort la joie d'un arc en ciel, celle de la première neige de l'hiver...

Pour ton 1er objectif, je le modifierais légèrement. Au lieu d'arbitrer un match qui ne te mène nulle part et ne te fait pas avancer sur le chemin du bonheur, tu mets le coup de sifflet final, stop injustice, stop culpabilité. OUT!
Bonjour empathie pour toi même, bonjour plaisir!

Je suis convaincue, de plus en plus, qu'on ne nait pas surdoué. On a un "terrain fertile", mais ce qui "aide", c'est l'environnement. A un moment, tes capacités ton aidées à survivre.
Je te conseille d'ailleurs le livre d'Alice Miller, "le drame de l'enfant doué", qui ne parle pas de douance mais m'a permis de comprendre et d'accepter des choses sur mon fonctionnement.

Concernant ta 2ème préoccupation, je ne l'éprouve pas. Par contre, ça ne me semble pas inconséquent de t'éloigner et de te protéger de personnes que tu perçois comme malveillante.
Je pense qu'en te concentrant sur toi, ce qui te fait plaisir, te fera grandir, etc... tu auras moins de temps et d'énergie à consacrer à leur en vouloir.

Pour la 3ème, je pense qu'il faut travailler sur tes émotions avec un bon psy, qui choisi cet axe de travail.
Quand j'ai passé le test, le psy m'a expliqué que j'avais coupé le lien entre émotion et cerveau, très tôt dans ma vie, pour me protéger ou suite à un traumatisme.
Il faut apprendre à ressentir, à reconnaître ce qu'on ressent... A l'accepter, ne pas en avoir peur... tout ça c'est un processus, ça vient pas du jour au lendemain.
Ceci dit, c'est déjà bien, tu ressens des choses avec la musique et le cinéma, ce n'est pas le cas pour tout le monde.

Voilà, le maître mot, je dirais, c'est bienveillance. Apprendre à être bienveillant avec soi-même.
Ca sonne cliché ou recette facile... et ça n'a rien de facile. C'est du boulot. Mais c'est chouette (cool, tu n'auras même pas besoin de changer ton pseudo Wink )

Tu verras, si tu lis ma présentation, que je suis partie de bas. Je n'arrivais même pas à l'admettre et quand je me relis, je sais bien, moi, que je n'y croyais même pas autant que ce que je voulais bien écrire. J'avais juste trop peur de paraitre trop négative et déprimée Very Happy
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Message par marahute le Mer 8 Aoû 2012 - 16:34

J’aimerais savoir si certains d’entre vous ont (eu) de tels sentiments de revanche voire de vengeance vis à vis de ce type de personnes ?

Oh oui ! Mais je ne sais pas si cela tient du fameux sentiment de justice qui caractériserait les zèbres. Dans mon cas, je crois que cela a plutôt à voir avec le fait d'avoir grandi entre un père autoritaire et une mère manipulatrice. Je réagis au quart de tour face à toute situation où l'abus d'autorité est flagrant. Ce qui m'a apporté pas mal de déboires dans ma vie professionnelle. Je me suis battue, j'ai souffert par empathie... mais que peut-on faire face à un Système ? Et puis, je me suis retirée progressivement... pas très fière... trop sensible pour être héroîque (auto justification)... trop lucide pour rentrer dans le rang.

Ton sentiment, je le partage donc, mais moi non plus je n'ai pas de solutions, en tout cas au niveau individuel.

C'est intéressant ce que tu écris sur les sentiments par procuration; en fait, j'utilise cette technique depuis longtemps sans l'avoir analysée (comme Monsieur Jourdain fait de la prose Very Happy ). Je possède une espèce de" kit de survie" faits de morceaux de musique ou de textes/phrases qui m'émeuvent. Quand la pression est trop forte et qu'il faut qu'elle s'évacue avant de me rendre dingue, je relis, j'écoute et tout s'écoule, un vrai torrent.

Je sais que la théorie voudrait qu'on écoute son enfant intérieur et qu'on "lâche prise" mais, pour ce que j'en ai vécu, les êtres sensibles sont des proies pour le chat. Donc, lâcher prise, se montrer tel qu'on est, assumer ses émotions quand elles surgissent... je ne sais pas. Je n'y suis pas prête pour l'instant... mais si la découverte de ma zébritude me permet de retrouver de la confiance en moi (et me déculpabiser), peut-être...

En tous cas, merci pour ce partage. Tu mets des mots sur des sentiments que je ressens souvent mais que je n'arrive pas toujours à verbaliser.
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Message par chouette le Mer 8 Aoû 2012 - 19:15

Merci beaucoup pour vos réactions que j’analyserai plus finement, quand j’aurai récupéré quelques heures de sommeil réparateur… Sleep

@nikoku74
Ta témoignage me rassure quelque part
Juste une question sur l'élément 1 : Ce conflit permanent « injustice / culpabilité » ne t’apparaît-il pas comme un handicap ? N’as-tu pas le sentiment d’être, en permanence un « Calimero » en puissance ?
Moi, j’arrive à bien me camoufler aux yeux de mon entourage mais ça peut prendre des tournures assez ubuesques au quotidien. Laughing

Pour le 2ème point, on est à égalité : Ça peut avoir des graves conséquences dans le milieu professionnel. C’est la raison pour laquelle ça me gène énormément…
Par contre, dans la vie perso, quand je me retrouve face à des personnes nuisibles, je tire à vue : Y en a marre !! La découverte de ma douance a fait grimper mon seuil de tolérance de plusieurs crans… Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad
Je deviens un écorché vif et à la moindre réflexion, remarque déplacée, je pars vite dans les tours, que ce soit à une caisse de supermarché, dans un restaurant, dans les transports en commun… (Mais peut-on mettre tout , sur le dos de la douance ? Cette société est devenue tellement insupportable…)

Pour le 3ème élément, là aussi tu me rassures : je ne suis pas un monstre !
Par contre, pour moi, ce n’est pas « vraiment » un handicap, c’est une carapace pour ne pas me sentir touché affectivement par ce qui se passe autour de moi. Et comme c’est une méthode qui m’est plutôt agréable… cheers

Simplement, la question m’interpèle du point de vue professionnel : Dans une démarche artistique, peut-on créer et retransmettre une émotion alors qu’on refuse de la vivre dans un cadre personnel ? Question Question Question



@ marahute
Ton sincérité me touche… Je n’ai pas du tout connu les mêmes contraintes parentales que toi mais je peux comprendre qu’elles conditionnent ton comportement !

C’est bien d’être lucide sur sa sensibilité quoique je ne crois vraiment pas qu’il faille aujourd’hui "se montrer tel qu'on est, assumer ses émotions quand elles surgissent"…
Tu as raison quand tu écris « les êtres sensibles sont des proies pour le chat. »
Hélas aujourd’hui avouer sa sensibilité est extrêmement dangereux, montrer aussi à ceux qui font du mal qu’ils ont atteint leur cible, c’est juste INSUPPORTABLE : ils ne vivent et ne se nourrissent que de ça…
Donc, balle au centre… On se file nos tuyaux… ? Idea



@lafeelicite
Je te remercie pour ton exaltation débordante et tes encouragements mais je suis désolé de te dire que je ne partage pas du tout ton enthousiasme...
Alors tout d’abord, accepte toutes mes excuses les plus sincères si tu interprètes mal ce que je vais écrire car il ne s’agit pas de critiquer d’une façon ou d’un autre, un choix auquel tu as décidé d'adhérer ou auquel tu voudrais croire et qui t'apporte satisfaction. Donc, je veux être absolument sûr que tu ne vas pas mal le prendre...

On est là pour échanger et s'encourager mais je suis sincèrement désolé : là, j’ai vraiment l’impression d’entendre parler... ton psy. Sad
Et quand je ressens quelque part, la présence de ces 3 lettres, je deviens tout vert, grand balaise, je déchire mes vêtements qui deviennent trop petits, je… euh... non... pardon... là, je me trompe de super-héros… No

Bref, on va dire quand j’entends « psy et conseils de bonheur en 10 leçons », je quitte l’autoroute, je vais me rouler dans les champs le long des départementales, je nage jusqu’à ce qu'on me vire en vidant la piscine, je réécoute en boucle l’intégrale de Dorothée au Zénith … Bref, ça me met dans tous mes états… bounce


Donc plutôt que d’en débattre, je vais te dire que nous avons déjà un problème de sémantique : Peut-être que nous n’avons-nous pas la même définition du mot "bonheur" !

Je suis entièrement d’accord avec ce que tu écris mais comme je l’ai dit plus haut, c’est mon adaptation à ce monde qui ne peut pas fonctionner et ça c’est DÉFINITIF !

Une preuve ? Avant de te répondre, je viens de jeter un regard distrait à la télé (hélas il n’y avait pas Dorothée au Zénith), et je suis tombé sur les news du jour : Une journaliste au physique agréable et à la voix télégénique vient de nous servir une tranche de conflit syrien entre 2 médailles olympiques et le suicide d’un quinquagénaire par immolation… Elle aurait cité le bottin téléphonique avec la même émotion…

Pourtant si je me mets à réfléchir... allez 10 s (et que ce soit clair, je ne parle pas de politique !) , je me rends compte qu’on parle en Syrie du sort de millions de gens qui n’ont comme seul tort, que d’avoir un monstre sanguinaire comme dirigeant… Monstre que nous avons accueilli à bras ouverts et que nous n’osons contredire aujourd’hui parce que nos amis russes ont des contrats fort juteux avec lui… Contrats dont on peut être totalement sûr qu’ils ne serviront pas à l’évolution du peuple russe mais plutôt aux poches déjà bien grasses d’une oligarchie qui, il y a 30 ans, se réclamait du communisme…
Bon passons, on me répliquera que la politique « Tu n’y comprends rien… » clown

Ensuite, on nous parle des JO… euh... mais il me semble qu’il y a 4 ans à la même époque, le monde entier se prenait de compassion pour un peuple jusque là complètement oublié… les tibétains ! On n’avait jamais vu fleurir en France, autant de drapeaux tibétains ; des pages Facebook ont été prises d’assaut par des milliers d'internautes pour « défendre ce peuple opprimé par la dictature chinoise, etc, etc… mon cul sur la commode… »

QUI EN PARLE AUJOURD’HUI ? Qui est simplement capable de situer ce pays sur une mappemonde ? Tibétains… ?!? Ben... Euh... Allez aux suivants !!

Ensuite, 3ème nouvelle : un quinquagénaire s'immole dans une CAF dans les Yvelines.
Avant on se suicidait seul chez soi, à l’abri des regards, coupable honteux de son "mal de vivre"... Aujourd’hui, on jette à la face du monde, son "mal de mourir" comme un dernier cri pour être entendu…

Honnêtement, sans être démago comme pourraient me le reprocher certains, comment peux-tu imaginer UNE SECONDE que je puisse parler de BONHEUR, après cette analyse sommaire de 3 mn d’antenne d'infos TV ?

Ben non... J’ai beau me trouver toutes les raisons du monde pour me sentir bien au fond de moi, quelque chose me dit que je ne peux être raccord avec tout ÇA… Je peux essayer de me convaincre de ressentir "10x plus fort la joie d'un arc en ciel, celle de la première neige de l'hiver..." (ce que j’accepte !), il y aura toujours au fond de moi, quelque chose qui m’interdit de dire "Ouais, c'est ÇA le bonheur : je suis heureux !!"

En tout cas, moi dans mes rêves d’enfant, ça ne pouvait pas en être ÇA et dans mes attentes d'adulte, ÇA ne l'est toujours pas !! 40 ans après, je persiste à dire que tout ÇA ne tient pas la route et que mon Arc-en-ciel, aussi beau soit-il ne pourra jamais éclairer les ténèbres de cette réalité là... Et surtout ce n'est pas parce que je ne suis pas DIRECTEMENT concerné que ÇA ne m'atteint pas !!

Plus jeune lors d’une rencontre religieuse où on m’avait trainé, j'avais sorti avant de me casser : "Désolé, je m’en vais et vous commencerez à m’intéresser quand vous accepterez enfin d'imaginer l'hypothèse que votre créateur se soit trompé sur sa créature"


Donc lafeelicite pour le coup de sifflet final entre "Injustice" et "Culpabilité", je veux bien que tu me donnes l’adresse d'un bon entraineur, mais à mon humble avis, ce n’est pas demain matin qu’il arrivera à les faire sortir du terrain : ils ont signé un contrat, je peux te dire que ça fait plus de 40 ans que je n’arrête pas de lire les petits alinéas en bas de chaque page…

Quant à m’éloigner des gens malsains, si tu me donnes les chiffres de l’Euromillions (t’inquiète, ça restera entre nous !), j’aurai résolu une bonne partie de mes problèmes sur une ile déserte, à regarder les arcs-en-ciel et les flocons de neige…

Quant à travailler mes émotions avec un psy… ah zut, c'est l’heure de préparer le diner…
Il parait que certains sont interdits de casino et doivent présenter leur carte d'identité à l'entrée... Ca existe aussi pour les psy...?!? Arrow

Bises


Dernière édition par chouette le Mer 15 Aoû 2012 - 9:27, édité 4 fois
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Message par nikoku74 le Mer 8 Aoû 2012 - 20:28

effectivement on me traite souvent de calimero, et c'est un handicap effectivement dans ce monde individualiste. Mais je suis comme je suis et je ne pourrai pas changer ce sentiment.
Pour ce qui est de ce que tu décris sur la société, je suis entièrement d'accord. Le plus insupportable est de s'entendre traiter de rabat-joie quand on parle de notre vision de l'avenir de la société car les autres sont si individualistes qui ne pensent même pas à leurs propres enfants...
Pour ce qui est du bonheur, il n'existe pas de façon durable! Mais les instants de bonheur, si sporadiques et éphémères qu'ils soient, je les ressens de façon intense. C'est pour ceux là que la vie vaut d'être vécue.
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Message par versus le Mer 8 Aoû 2012 - 23:24

Bonjour Chouette.

Merci pour ce témoignage très intéressant, qui bascule du négatif au positif de manière très cohérente.

Je me permet donc de donner mon avis sur les points que tu as abordés:

Pour l'injustice, je dois avouer que la réponse que j'ai trouvé est la fatalité (ou le cynisme). Quand un événement arrive, c'est qu'il devait arriver, et si il n’était pas arrivé, les choses serait complétement différentes, peut être pire, peut être meilleur. Un événement, bon ou mauvais, s'analyse uniquement par son utilité. Donc si on prend un cas général, on peut se dire que la seconde guerre mondial a eu des cotés bénéfique (avance ans technologique, nous n'avons plus connu de guerre en europe depuis 70 ans...), et qui sait ce qui se serait passé si elle n'avait pas eu lieu.
Pour les cas personnels, les épreuves que l'on vie font ce que nous sommes. Est ce que je serais le même si je ne les avais pas vécue... Probablement pas.
Ce fatalisme fait accepter beaucoup de choses et finalement, j'ai parfois l'impression d'être optimiste quand tout va mal (par contre, il est m'est très facile de voir les risques quand tout le monde est positif).

Quand à la culpabilité, je ne sais pas si c'est de cela dont tu veux parler, mais, le cotés, honte de certains actes, ou idée un peu étrange, je n'ai pas de solution, mais j'y travaille Smile

Pour le fait d'avoir de la colère envers ceux qui ont cherché à te manipuler ou à te nuire, je crois qu'il n'y a rien d'anormal, et je pense que c'est quelque chose de sain. Ce sentiment est d'ailleurs plus agréable que la culpabilité (à utiliser avec modération toutefois Smile ). Après, une fois que a repéré ce type de personne, mieux vaut garder ses distances. Une solution qui peut fonctionner dans pas mal de circonstance: La politesse courtoise, En gros la personne sens que quelque chose ne va pas, mais ne peut pas l'identifier, et ne peut rien te reprocher, car il n'y a pas d'animosité apparente, avec une relation toutefois très distante. ça peut être assez déstabilisant, surtout si vous vous entendez avec les autres personnes autour (Oui, il y a toujours une petite idée de vengeance derrière.)

Ton troisième point est très intéressant, tu as réussi à mettre des mots sur quelque chose. En effet avoir une humeur et choisir sa musique en fonction, je dirais même "avoir envie de ressentir un sentiment", et donc se mettre en condition pour cela. Merci pour cette analyse Smile .

Par contre, ne soit pas trop dure avec lafelicité, dans le fond, c'est elle qui a raison, car il s'agit du meilleur moyen d'être heureux (j'en suis totalement incapable toutefois). Et pour ton analyse des choses, ma réponse sera simplement fataliste, on ne peut rien y faire, car la nature humaine est ainsi. On peut simplement se dire qu'en ne faisant pas de mal autour de soi, on contribue un peu au chose.

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