Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Fa le Mar 9 Oct 2012 - 15:48

Doinel...
On m'a dit qu'il fallait pas dire "je t'aime" sur ce forum à tout bout de champ.
Alors je t'aime "bien" .

Même si j'ai pas trop de réponse pour toi Neutral
(Mais t'en attendais pas, hein ? dis ?)

Merci du partage.
(Edit : Et me voilà désolé d'avoir pourri ton post avec ce saut de page...)

Fa
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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Mar 9 Oct 2012 - 15:58


Merci Fa, c'est exactement le genre de réaction qui peut me satisfaire. Pas trop d'effusions, aucune proposition de réponse ou de conseil. Je suis assez rétif à tout ça et ai la présomption de penser que c'est à moi, à moi seul, de tracer ma voie.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Ananke le Mar 9 Oct 2012 - 17:14

There's a light that's never goes out ?
There's a light that's never goes out !



C'est une reprise bien personnelle, d'un ami zèbre, qui mesure deux mètres (rires). Je ne sais pourquoi, mais outre certaines maladresses, j'aime beaucoup cette version. J'avais envie de te la faire écouter : ici, et maintenant !

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Mar 9 Oct 2012 - 17:32

J'aime cette version, contrepoint adulte et virile (je mets des "e" à viril quand y faut pas) de celle des Smiths (adolescente et asexuée). Les paroles y gagnent une nouvelle interprétation. On n'y retrouve pas la distanciation affectée de Neil Hannon (Divine Comedy).

La vidéo est également excellente, tout à fait dans l'esprit de l'univers visuel imposé par Morrissey pour les Smiths, avec même des références explicites à l'iconographie.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par ♡Maïa le Mar 9 Oct 2012 - 18:08

Merci Doinel pour ton partage. C'est bête, mais je suis plus sensible aux mots qu'aux musiques (je veux dire, comme outils d'accession à l'autre, pas "en soi"), alors quand tu écris, je me sens plus proche de toi et j'ai envie de te le dire. Pas de solution non, juste... je te lis, et je suis touchée...

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Mar 9 Oct 2012 - 18:23


Merci Mogwai. Je suis comme toi en fait, sauf quand une chanson adressée à une personne particulière véhicule un message.

Après il y a comment on souhaite découvrir les autres et comment on peut soi même se découvrir aux autres. Mais bon, je ne fais pas que poster des vidéos sur mon fil perso... J'en poste aussi ailleurs Laughing

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Myrtille31 le Mar 9 Oct 2012 - 18:33

Je suis sensible a la musique et aux mots ( aux maux aussi par la meme occasion ) en me promenant sur les forums je suis tombee par hasard sur ton post Ananke et je trouve ca vraiment bien ... je tenais a le dire ....

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Harpo le Mer 10 Oct 2012 - 9:54

Merci pour ton post intime Doinel. Au fur et à mesure que je rencontre des gens sur ce forum, je suis de plus en plus étonné et fasciné par ces destins, ces tranches de vies amoureuses croisées ici ou là... Cette richesse et ces failles, ces interrogations... Ces petits mots, ces gestes, ou ces regards, qui disent tant...
Vivant, et humain, tellement.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Mer 10 Oct 2012 - 10:46


Merci Harpo. Tu sais toujours trouver des mots justes et touchants.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Ven 12 Oct 2012 - 9:59








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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Dim 14 Oct 2012 - 19:44

Dans ma relation aux autres, j'ai toujours essayé d'appliquer une philosophie très simple: les considérer de la même manière que je voudrais qu'ils me considèrent.

Ce n'est pas toujours facile, il me faut parfois des réajustements, parfois je ne peux tout simplement pas m'en tenir à ce principe. Mais les gens que j'aime en profitent à plein.

Ne pas faire de mal aux autres. La sensation d'avoir fait du mal à quelqu'un est la pire chose qui puisse m'arriver, la principale raison pour vouloir m'isoler. C'est pire que souffrir du mal des autres. Quand on est très susceptible, sensible à des remarques qui ne se veulent pas méchantes, à certains comportements, on peut faire très attention à la manière de s'exprimer et d'agir auprès des autres. Il y a des exceptions: l'humour parfois caustique que l'autre prend pour lui, les signes d'impatience, la colère froide qui fait dire des "vérités" qui touchent au cœur de la cible ou bâtissent un véritable mur, et puis les coups de gueules incontrôlables quand je suis témoin de comportements égoïstes, irrespectueux, insensibles. Ces coups de gueules sont tellement rares qu'ils font l'effet d'une bombe. On se demande ce qui peut bien m'arriver. On est d'autant plus affecté qu'on n'y est pas habitué. Il me faut me justifier.

Ne jamais attendre quoi que ce soit en retour d'une bonne action. J'aime les situations dans lesquelles je rends service et puis bye bye. Les "merci" me gênent, je n'attends pas de remerciements ni de donnant donnant. Et puis attendre quelque chose d'autrui c'est s'exposer à être déçu. Mieux vaut ne rien attendre des autres et savourer ce qui vient.

Etre sincère et honnête. Je ne dis pas tout ce que je pense et ne dévoile pas tout de moi. Il faut savoir se protéger et éviter de blesser les autres. Mais je ressens le mensonge comme un torture. Je suis un très mauvais menteur. Manipuler l'autre, avancer masqué, dire une chose en pensant autre chose, essayer de provoquer des réactions de l'autre en agissant de telle ou telle manière sont des comportements impossibles pour moi. Et pourtant, ce n'est pas toujours si simple. Je sais que certaines de mes paroles, certains de mes gestes peuvent être interprétés de différentes manières et peuvent engendrer un certain type de réaction. Je comprends tous ces sens et souvent tous ces sens sont également vrais. Je sais qu'une action sincère peut aussi manipuler, et le sachant, je manipule. Je sais que ce que je dis ou écris peut être, sans trahison, compris différemment. Et ce sens alternatif, parfois contradictoire avec le premier, correspond lui aussi à une partie de ma pensée.

Ne pas surinterpréter le comportement des autres. Chacun semble avoir une grille de lecture du comportement d'autrui. Chaque parole, chaque action passe par le crible de cette grille et se transforme en intention. Dans mon cas, la plupart des grilles des autres sont inadéquates, alors pourquoi leur imposer la mienne? Il peut exister une multitudes de raisons qui poussent une personne à agir d'une certaine manière. Quand on est toujours ponctuel, on peut prendre pour de l’égoïsme ou du manque de savoir vivre le retard systématique d'une autre personne qui ne va même pas s'excuser. Mais pour savoir si on peut avoir des raisons de suspecter un comportement inadéquat de la personne (sans préjuger de la raison), il faut déjà connaitre sa propre grille: comment réagit elle au retard des autres quand elle attend quelqu'un?

Ne pas enfermer les autres dans un jugement. On confond souvent mon analyse très poussée des gens à un jugement de ma part. J'essaie de ne pas juger, et quand je le fais ce jugement n'est que très rarement définitif. Il y a des personnes dont je pense pouvoir prédire toutes les pensées, toutes les réactions, toutes les actions. Pour moi, une des pires choses que je puisse dire est "Surprends moi pour une fois!". Mais je laisse toujours à chacun la chance de me surprendre. Mon ex femme disait parfois que je voulais sauver le monde. Parfois elle était plus agressive: "Tu trouves des excuses à tous les comportements condamnables. Tu les cautionnes et pourrais toi même être capable de tout". Ce n'était pas vrai. Je veux toujours comprendre ce qui peut expliquer le mal, pas l'excuser. Et si je trouve normal de condamner une personne pour ses actes, je ne trouve pas normal que cette condamnation doive poursuivre la personne une fois purgée. Personne ne mérite d'être enfermé dans un jugement implacable et définitif.

Ne jamais se sentir supérieur ou inférieur aux autres. J'ai mes points forts, je les connais. Ils font que certaines personnes peuvent éprouver des complexes face à moi. J'ai aussi de gros handicaps qui font qu'en terme d'intelligence(s), d'habileté, de sens pratique, de culture, je peux toujours trouver des personnes qui me sont supérieures. Alors, je suis tout à fait sincère en leur disant que non, je ne suis pas si intelligent, que non, je ne suis pas si cultivé (je m'intéresse à certains sujets, c'est tout).

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 15 Oct 2012 - 9:57



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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Fa le Lun 15 Oct 2012 - 11:19

J'aime ta philo de vie. Mais c'est en effet pas toujours facile.
Je trouve particulièrement intéressant que ton premier point soit ton premier point Very Happy
Spoiler:
"Gloire à qui n'ayant pas d'idéal sacro-saint se borne à ne pas trop emmerder son voisin"
Georges Brassens
Je te comprends pour le mensonge et la conscience des multiples sens.

La sur-interprétation... c'est pour moi le plus compliqué.
comment en effet être dans l'analyse, comme le souligne le point suivant, sans interpréter ?
comment avoir confiance en ses capacités d'empathie, d'intuition, de compréhension, sans projeter un minimum ? bref, comment rendre à l'autre son objectivité.

Capable de tout, oui. On est humains au même titre que des personnes ayant des comportement "condamnables", avec le même panel d'émotions et de possibles.
Et non, si on reste attaché aux principes que tu évoques. Donc je te rejoins aussi sur ce qui est de comprendre sans absoudre.
(Enfin, lorsque c'est relativement détaché de soi, sinon dans mon cas l'affect est trop violent).




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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 15 Oct 2012 - 11:47


Bonjour Fa.

Mon premier point n'est pas le premier par hasard, tu l'as compris.

Brassens. Si je devais nommer un mentor, ce serait lui. Entre autres choses, il y a chez lui cette dualité que j'adore, ces chansons qui "tapent" sur des catégories de gens (le clergé, les flics, etc.) et qui sont systématiquement contrebalancées par d'autres qui "sauvent" des individus appartenant à ces catégories.

J'ai trop souffert de la sur-interprétation de mes actes et de mes paroles pour ne pas y être sensible. Il est si facile de se tromper sur la raison profonde de certains comportements. Alors je doute de mon interprétation tant que c'est possible. Souvent, je décide de "faire confiance" à certaines personnes qui me sont chères, leur permettant de me montrer si cette confiance est fondée ou non. Je peux m'en prendre plein la face, mais je préfère cela au doute.

On ne peut pas toujours contrôler son affect, mais je me suis rendu compte que je garde (presque) toujours le contrôle de mes gestes et de mes paroles. Parfois, je décide de "me lâcher" jusqu'à un certain point, de rendre une partie du mal qu'on me fait, de dire une "vérité" blessante. Mais je peux dire à chacun: "si je te dis quelque chose qui te fait du mal, sache que je le pense, du moins en partie". Je me suis trouvé parfois dans la situation d'être face à une personne dont le seul but était de me faire du mal. Je ne pouvais résister à mon envie de lui faire du mal en retour, mais avec des limites: rester sincère et ne pas la "détruire", car je connaissais ses points les plus faibles et c'était si facile d'appuyer dessus.

Note que ces principes se sont imposés à moi. Soit ils me sont venus naturellement, soit ils proviennent de la culpabilité que j'ai pu ressentir suite à mes actes. Ce n'est qu'après un certain temps, en me comparant avec les personnes que je côtoyais, que j'ai rationalisé cette philosophie.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Mar 16 Oct 2012 - 1:45

Je n'ai pas choisi mon métier. Arrivé au bac, je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire après. Pour mes parents, ce bac, le plus réputé, était la consécration ultime. Ils n'avaient aucune idée que ce n'était qu'un moyen de choisir un métier, que ce n'était qu'un début. Mes facilités dans les matières scientifiques m'avaient mené vers cette voie royale. La découverte tardive de mes limites naturelles et le rejet (tardif mais radical) de ces matières où j'avais excellé m'ont fait opter pour le parcours le plus facile après le bac. Alors j'ai été un bac+5 universitaire, à qui on a offert la possibilité d'aller plus loin mais a tout laissé tomber suite à une "peine de cœur". Suffisant pour impressionner beaucoup, trop peu pour ne pas ressentir le mépris de ceux qui avaient persévéré dans une ou l'autre des voies qui mènent tout en haut de la pyramide bien française.

Et puis le coup de bol dans le boulot: j'y trouve des frustrations mais aussi et surtout un plaisir énorme. J'ai la chance pendant de très longues années de trouver une liberté et une autonomie totales. Je peux choisir mes sujets d'intérêt et m'y plonger autant que je le souhaite. Je trace enfin ma voie.

Mes premières années de boulot en région parisienne furent heureuses dans l'ensemble. Jamais je me suis senti aussi proche de mes collègues qu'à cette époque. Et rapidement je pris confiance en mes capacités. Le premier problème, énorme, fut que je vis rapidement que la seule manière de progresser quand on excelle dans un domaine technique est...de devenir un manager. Gérer des personnes, les maltraiter pour suivre des directives dégueulasses de la direction, ce n'était pas pour moi. Et puis il y eut le divorce: mon unité bloqua mon transfert vers une filiale du groupe assortie d'une belle augmentation parce qu'elle avait besoin de moi. Du jour au lendemain, mon futur "nouveau chef", si heureux de m'accueillir, évitait de me croiser. Le pire, c'est qu'en première ligne des manœuvres en coulisse il y avait une femme que je considérais comme une amie. Dans une conversation téléphonique, je lui démontais les faux semblants du petit jeu malsain auquel elle prenait part et lui affichais mon dégoût d'une telle conduite. Après quelques temps de froid, je lui pardonnai et l'invitai à mon pot de départ.

Direction le Canada.

Période difficile, personne ne semblait vouloir voir ce dont j'étais capable. Puis, au moment où j'allais laisser tomber, mon chef me dit qu'il avait lu un rapport que j'avais pondu à la demande d'un collègue dans un autre département et qu'il avait été impressionné. Il fallait prendre des mesures pour utiliser mes talents. Dès lors, cela alla très vite.

A mon apogée, dans la société suivante, j'étais devenu un expert international, un visionnaire, un inventeur prolifique qui collectionnait les brevets (me rappelle une conf où un intervenant avait été célébré avec ses 3 brevets. Petit joueur!). On m'invitait à des conférences, on me demandait quelques interviews, on utilisait mes idées dans des articles, dans des travaux de recherche, dans des livres. Moi je n'ai pas écrit de livre, j'ai juste créé un blog dans lequel j'exposais mes idées. Je scrutais le compteur de visites, analysais la provenance de mes lecteurs (sociétés, zones géographiques). Je répondais de bonne grâce aux emails qui venaient du monde entier, acceptais de faire des formations et de donner des conseils.

Tout ceci était relatif, dérisoire, égocentrique, temporaire - ne vous laissez pas abuser par ce que j'ai écrit plus haut - mais cela m'a fait énormément de bien. J'avais prouvé que je pouvais être quelqu'un de brillant dans le regard des autres (une minorité d'accord, mais quand même). Et donc dans le mien.

Cela compensait l’agressivité que mes idées et (par extension) ma personne avaient rencontré quand je travaillais au Canada et les doutes que ce refus de mes idées suscitait chez moi. Personne n'était capable de "tuer" ces idées, alors on se contentait de m'empêcher de les exprimer ou d'y répondre. Pour certaines personnes et leurs organisations, en Europe, j'étais devenu le diable incarné. Je me rappelle le jour où j'allais faire une présentation et vois un collègue que j'avais brièvement croisé quelques années auparavant. On discute de choses et autres, amicalement, jusqu'à ce que l'organisatrice de la réunion, ignorant qu'on se connaissait, décide de faire les présentations. Elle lui dit: "Je ne sais pas si tu connais <Doinel>?" et la réponse fuse avec un petit sourire: "Qui ne connait pas <Doinel>?"

A l'époque, j'avais encore une chance énorme: le soutien absolu de ma hiérarchie canadienne et d'un ami qui, bien placé en Europe, soutenait mes idées en sous main auprès des hautes sphères. Parfois, mon chef venait me voir: "Suite à ton appel conférence, j'ai reçu quelques coups de fil me demandant de te faire taire. - Et alors? - Alors continue de dire ce que tu penses!". Un jour, je me suis trouvé invité à un diner avec mon chef de département et des managers des organisations avec lesquelles j'étais en "conflit". Je faisais profil bas mais à un moment, mon chef s'est fendu d'une longue déclaration "d'amour" à mon égard, disant combien la société avait besoin de personnes comme moi. Une pure provocation. Ses interlocuteurs étaient médusés, surtout qu'il était censé être un des leurs, partageant les mêmes origines et la même culture, et que son avenir dans la société dépendait en grande partie d'eux. Alors que moi j'étais un "français", un "latin" et, travaillant en Amérique du nord, un "cowboy".

Le coup de poignard, je l'ai reçu le jour où certaines de mes idées ont commencé à prévaloir. Une réorganisation fut effectuée, avec un chef de programme ayant tous pouvoirs pour monter une nouvelle structure et dessiner une nouvelle orientation. Mon ami bien placé avait son oreille et en profita pour faire ma promotion: "<Doinel> a été un des rares à pousser dans la bonne direction. C'est le mieux placé pour mettre en oeuvre la nouvelle stratégie. Il est prêt à venir en Europe." L'autre prit quelques jours pour tester l'idée et revint vers mon ami: "<Doinel> a généré trop de haine. Beaucoup trop de personnes ne peuvent accepter de le suivre. Je préfère un programme qui évolue lentement dans la bonne direction que gérer des conflits personnels et des blocages insurmontables, même si sais que je pourrais aller plus vite avec lui." Mon ami, très croyant, commença à comparer mon destin à celui du Christ. Amen.

J'étais alors confronté au dilemme suivant: rester dans mon pays d'adoption, dans mon organisation dans laquelle j'étais devenu un "mandarin", une de ces personnes à qui on attribue l'omniscience, courtisé par les managers, apprécié par beaucoup, craint par certains, ou alors partir, prendre le risque de recommencer à zéro, de perdre en salaire et niveau de vie (déjà perdre mes stock options!), mais continuer à travailler dans ce domaine où j'excellais. Je partis, traversai l'Atlantique dans l'autre sens, et manquai de peu la France en visant l'Europe.

Alors oui, cette reconnaissance qui suivit, favorisée par ma nouvelle société, me fit "énormément de bien".

Autant mon métier me passionnait pendant les heures de bureau, autant il m'indifférait en dehors. C'était comme un jeu qui me permettait d'exercer certains talents jusqu'à l'ivresse, mais le jeu lui même ne présentait que peu d'intérêt. Je voyais comme des bêtes curieuses ces collègues qui avaient dans le privé la même passion que dans notre travail.

Du coup, ma soif d'apprendre et de réfléchir restait limitée dans ma sphère privée. Je scannais beaucoup mais ne m'investissais dans rien. En fait, je passais le plus clair de mon temps personnel à calmer mon cerveau et mes émotions. Mon temps n'était pas dévoré par le travail mais ce travail absorbait une grande partie de mes capacités intellectuelles, de ma soif de (re)connaissance et de mon capital émotionnel (le reste étant bouffé par mes difficultés de couple). La journée je vivais intensément entre film d'action et tragédie, le soir je survivais, la nuit je dormais bien.

Le temps passant, la nécessité de vivre dans un lieu géographique déterminé (fini la tentation d'aller chercher le travail idéal à l'autre bout du monde), de subvenir aux besoins matériels de mes proches, les responsabilités quoi, ont fait que je me suis laissé éloigner des activités stimulantes dans lesquelles je pouvais me réaliser. Le retour en France fut le début d'une lente descente de mon Olympe.

Finalement, j'ai commencé à faire un boulot dans lequel n'importe qui ou presque pouvait faire l'affaire. Et si n'importe qui pouvait le faire alors moi je le ferais moins bien. Je me suis alors rendu compte à quel point j'étais entier: quand j'ai la sensation de maitriser un domaine, j'ai une confiance absolue qui se traduit dans ma relation aux autres; si je me sens être un imposteur, j'ai l'impression que tout le monde le voit et je suis incapable de "donner le change", même pour dire bonjour.

La vacuité du métier que j'exerce m'est alors apparue dans toute sa "splendeur". Alors, comme rien ne se perd, ma soif de connaissance a commencé à s'orienter vers des sujets très différents, plus en accord avec ce que je suis. Je n'arrive plus à me motiver pour mon boulot, je préfère passer mon temps à faire autre chose, à essayer de rattraper mon retard, en me dispersant, en me décourageant parfois. Je culpabilise et me demande combien de temps je vais réussir à "tenir" et à faire illusion. Et maintenant j'ai des troubles du sommeil car, au lieu de me calmer le soir, je m'investis dans tout un tas de sujets.

Je me sens maintenant nul. Quand mes proches me suggèrent de changer de taf, de société, sans pour autant changer complètement de domaine, je ne peux que leur répondre que j'ai perdu toute confiance en moi. Je ne sais pas si je suis capable de retrouver mes "talents", peut être les ai je perdus. Peut être ne peuvent ils s'exercer que dans certains domaines qui ne m'intéressent pas. Entre mes capacités et mes aspirations, il semble y avoir un gouffre insondable. J'aime les arts mais je me sens incapable de créer quoi que ce soit d'artistique. Et puis, j'ai perdu tant de temps à n'amasser que des connaissances superficielles ici ou là. Je ne sais rien faire d'autre que ce que je ne veux plus faire.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Invitado le Mar 16 Oct 2012 - 3:36

Je sais ce dont tu parles Doinel, y penses souvent bien que mes parents soient toujours en vie et pour l'instant en relative bonne santé.....mais ai vécu, ce non échange avec mes grands parents.....un regret qui ne sera résolu, une cicatrice, un point un peu plus douloureux que les autres, qui restera à jamais, une de plus....

Le dernier message de l'auteur a été posté entre temps....

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Invitado le Mar 16 Oct 2012 - 3:52

Aborde, en ce moment la même pente sur le plan affectif : aimer à perdre la raison revient à aller jusqu'au bout de la montagne russe avant de dévaler la pente.
Tu as déjà dévalé, sur le plan professionnel....je suis en haut de la côte et contemple la pente vertigineuse qui m'attend....le pire est que je n'ai que de rares moments d'angoisse intense...le reste du temps (et plus le temps passe pire c'est), je m'en fou.

Mais tu as des enfants, la vie est habillée d'une couleur différente pour les parents....


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Mar 16 Oct 2012 - 9:48


Merci ESO.

Tu as raison, il y a les enfants. Parfois je me dis que s'il y a un sens à trouver c'est dans eux que je peux le trouver. Peut être feront ils de belles choses, ou leurs enfants.

J'ai énormément culpabilisé quand je me suis éloigné de mes deux premiers en partant vivre loin. Mon ainée a refusé de me voir pendant quelques mois, avant que cela s'arrange. Je me demande si je suis un bon père. En tout cas, pour l'instant j'ai le rôle facile du papa qu'on voit de temps en temps.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Mer 17 Oct 2012 - 11:56


Dans l'attirance initiale que l'on éprouve pour une personnes dont on est susceptible de tomber amoureux(se), se cache sans doute le besoin de trouver dans ces personnes des attributs qui nous sont importants.

La première fille dont je suis tombé amoureux, en primaire, s'appelait Françoise. Elle avait des traits adorables de petite fille sage, avec des tâches de rousseur, mais des yeux qui transpercent ses interlocuteurs, et un caractère de feu. Elle avait déjà les caractéristiques des femmes qui allaient m'attirer tout au long de ma vie: un mélange détonnant de petite fille et de personnalité conquérante. Les femmes que j'aime m'intimident, mais en même temps j'ai l'impression que je pourrais les "apprivoiser", leur apporter la compréhension et le soutien dont elles ont besoin, besoin qu'elles dissimulent. Je recherche des alter ego.

Adolescent, mon attirance pour les femmes s'est concentrée sur les visages et les regards. A mon grand étonnement, j'étais troublé par des visages "clownesques": Cindy Lauper, Shirley MacLaine, Giuletta Massina. Ce n'est pas que je les trouvais belles ou séduisantes, mais il y avait dans leur visage quelque chose qui me parlait. De manière générale, les visages avec du maquillage qui agrandissait les yeux me plaisaient (heureusement j'étais déjà trop âgé pour regarder les dessins animés japonais). Au collège j'ai rencontré cette fille avec un de ces visages très "typés", pas beau en soi mais très attirant pour moi à cette époque. Et en plus, dès le premier jour, elle s'était mise à me draguer éhontément, mais cela me déstabilisait trop. Alors elle s'était trouvée une autre "cible" et "travaillait" les deux en parallèle. Grande détermination et optimisation des chances de succès. Très bien.

Plus tard, j'ai affiné mes critères. J'étais attiré par des femmes qui pouvaient extérioriser des émotions très fortes: l'hostilité, la joie, la peine, la fantaisie. Et cette extériorisation passait en particulier par le visage et le regard. Le visage qui dit "Fais pas chier aujourd'hui" ou qui s'illumine. Le regard qui "tue", qui "pétille", qui dévoile un océan de détresse ou qui te dis "Suis moi, on va s'éclater et tout éclater". Le visage et le regard qui ne mentent pas, qui contredisent parfois les paroles.

Alors, j'ai flashé sur Juliette Binoche, celle de Mauvais Sang et de L’Insoutenable Légèreté De L'Etre.

Miracle! En cherchant une vidéo de Mauvais Sang, j'ai trouvé celle que je recherchais depuis de longues années. Une interview "catastrophe" de Juliette Binoche. Dans ma tête s'était imprimé un moment magique, que je croyais s'étendre sur de longues secondes et qui en fait est très furtif. Cela commence à 4:41 à peu près.



Mais le plus grand choc que j'ai reçu en regardant une femme dans un film, c'est Louise Brooks dans Loulou. Je suis littéralement tombé amoureux d'elle en regardant ce film pour la première fois, au Goethe Institut de Paris, pouvant ainsi m'identifier à tous les hommes (et la femme) qui tombent sous son emprise dans le film. La vidéo ci-dessous, que j'ai déjà postée ailleurs, montre l'éventail d'expressions et d'émotions qu'elle montre dans le film, avec parfois des changements stupéfiants.


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Ven 19 Oct 2012 - 11:50

Mes dernières lectures sur le forum et les pensées qu'elles génèrent en moi me donnent envie de poster une chanson particulière.

J'ai l'impression que la zébritude est à la fois une malédiction et une bénédiction (désolé pour la phrase bateau). Une malédiction parce que le Z fait partie de ces personnes susceptibles de ressentir de grands traumatismes là ou d'autres passeraient plus ou moins aisément entre les gouttes. Une bénédiction parce qu'il possède en lui des armes exceptionnelles pour affronter et dépasser tous les traumatismes.


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par ♡Maïa le Ven 19 Oct 2012 - 12:33

D'aussi loin que je me souvienne, toute petite, je me disais déjà "Que j'aimerais être comme les autres, une imbécile heureuse"... et puis 10 secondes après, je me disais "Euh non, en fait, c'est dur, mais je préfère (sa)voir les choses".

Merci pour ce partage Doinel, et pour ceux qui précèdent. J'aime te lire.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Sam 20 Oct 2012 - 14:25

J'ai très longtemps brimé l'expression de mes émotions, que ce soient les positives (demi rires et sourires) où les négatives (surtout pas de larmes, tout au plus un peu d'eau dans les yeux). Les émotions un peu trop intenses faisaient partie de ma différence inacceptable avec les autres. Les hommes bien sur mais aussi beaucoup de femmes.

Je ne pouvais pleurer sur mon propre sort alors que parfois j'en ressentais le besoin. Il me fallait me forcer pour que ça sorte. Quelques verres d'alcool, des chansons à fort contenu émotionnel (Barbara pour que cela marche à coup sur). Le pire c'était quand je prenais l'avion entre Montréal et l'Europe, en business class. Je ressentais le besoin de boire et alors la moindre scène lacrymale d'un film hollywoodien qui me désespérait par sa superficialité me faisait éclater en sanglots. J'imaginais les regards se porter sur moi et me trouvais ridicule.

Un jour, dans un bus, je me suis mis à penser à ma mère, à quel point sa sensibilité, ses larmes qui sortaient sans arrêt, des larmes de rire, des larmes de tristesse, me faisait horreur. Pourquoi était elle si différente de moi? Pourquoi me faisait elle honte? Alors soudain j'ai eu le flash: c'était mon reflet en elle qui me terrifiait. Je me voulais beaucoup plus rationnel, beaucoup plus détaché de mes émotions alors que j'étais exactement comme elle. Bien plus que mon intelligence, ce sont les émotions qui ont toujours déterminé mes choix, mon comportement. Ce jour là, seul dans le bus, je me suis mis à pleurer. Mes yeux s'embuent en écrivant cela. Les digues commençaient à céder. Elles n'ont pas disparu aujourd'hui mais une grande partie s'est écroulée.

Depuis, j'ai les larmes très faciles. Elles viennent quand je regarde un film, une série, un reportage, la tristesse et la douleur chez les autres, ou quand j'écoute des chansons. Elles viennent pour un rien, mais toujours pas quand je suis tout simplement triste. Mais dans ce cas il me suffit de trouver un vecteur et aujourd'hui c'est très facile.

Le plus beau compliment que je puisse faire à une œuvre de création est de dire qu'elle est pudique. J'aime sentir une sensibilité sortir de toutes les pores d'une œuvre mais que cette sensibilité soit contrôlée, que l'auteur essaie de minimiser l'effet produit sur son public.

Stanley Kubrick ne peut pas être considéré comme un réalisateur de la sensibilité. Presque tous ses films sont très cérébraux et peuvent se concevoir comme des mécaniques froides et cruelles. Mais il y a Barry Lyndon, dans lequel transparait des émotions parfois très fortes. Bien sur, la plupart sont négatives comme il se doit, et le cynisme règne en maitre. L'amour est au mieux une illusion de jeunesse, bien vite disparue. Sauf que dans ce film il y a un enfant, émetteur et réceptacle de sentiments profonds, lueur dans ce monde horrible. Cet enfant va mourir et sa mort va révéler ce qui reste d'humanité chez son père. Les scènes de l'agonie et de l'enterrement sont déchirantes mais... Il y a un mais. Longtemps avant, le narrateur du film a déjà annoncé cette mort imminente. Kubrick a voulu prévenir ses spectateurs: ne vous laissez pas embarquer dans ce moment de répit que je vais vous donner, il ne va pas durer et personne ne sera sauvé de son destin. Ce faisant, il réduit l'impact émotionnel de ce qui va suivre. Et je lui en suis reconnaissant.

Certaines personnes hypersensibles vont voir un film en prenant soin de se munir d'une quantité suffisante de kleenex. Ils évalueront la qualité du film au nombre de mouchoirs qu'ils auront utilisé. Ce n'est pas mon cas. Déjà, j'hésiterai à aller voir un film de larmes au cinéma, de peur de ne pouvoir retenir l'expression de ma tristesse. Je préfère l'intimité du foyer pour ce genre de film, seul ou avec une personne de confiance. Et puis je préfère les larmes qu'on me vole et des larmes de qualité. Récemment j'ai vu La Rafle à la télé. J'ai été très peu sensible à ce film que j'ai trouvé dans l'ensemble très maladroit, sans grande authenticité. Mais il y a à la fin une scène qui a provoqué une belle émotion chez moi. Dommage qu'il ait fallu attendre si longtemps.

Le Monde D'Apu (Apur Sansar) de Satyajit Ray est un de mes films préférés. Mon avatar actuel est une photo tirée de ce film. C'est un pur mélo mais fait avec une finesse et une subtilité (une pudeur) hors du commun. Je l'ai montré à une hypersensible qui, sur la base de ce que je lui avais dit, avait mis une boite de mouchoir sur la table. Je n'ai pu regarder la majeure partie du film avec elle car j'étais au téléphone, pris dans une conversation remplie d'émotions douloureuse. Peut être était ce lié, mais à la fin elle n'avait pas utilisé un seul mouchoir et disait ne pas avoir ressenti les émotions que je lui avais décrites.




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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Aerienne le Sam 20 Oct 2012 - 15:47

Doinel, je viens de découvrir ton fil et viens de le lire, d' écouter les musiques,
et visualiser les vidéos avec beaucoup d' intérêt : wouah !!!! ouh !!! j' ai beaucoup apprécié ce partage.....ta philosophie de vie......ton parcours.....

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Sam 20 Oct 2012 - 16:01


Merci Aerienne. Je suis très touché.

Souvent je me dis qu'un monde virtuel comme ZC ne peut pas me permettre d'échanger avec les autres comme je le voudrais. Que les écrans créent une distance trop importante pour moi.

Alors, j'espère souvent que je pourrai au moins faire découvrir des films, des artistes qui entreront un peu dans la vie de certains, leur donneront de la joie ou tendront un miroir à leurs émotions. Je me sens moi même tellement redevable à ceux ou celles qui m'ont introduit à ces mondes merveilleux.

J'en profite pour remercier encore une fois Mogwai, cette fois pour son dernier message, qui comme tous les précédents me fait chaud au cœur.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Aerienne le Sam 20 Oct 2012 - 16:15

Merci à Toi, Doinel.....

L' univers de Truffaut et de Doinel me rappelle mon adolescence......
J' aime bien Moissec et la Bretagne (j' ai de mes ex qui est breton !)
et la chanson ''Mon Homme bléssé''....Pour, Blonde Redhead je préfère la 1ère période.....J' aime beaucoup Gainsbourg (suis allée le voir en concert au Casino
de Paris en 85)......
Moi-même, j' adore aller au cinéma et au théâtre et au concert..

''l' échange par le monde virtuel '' prépare aux échanges IRL.......
Car, il est vrai ''que les écrans créent une distance trop importante'' dans la communication.....

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