L'ère mite âge ...

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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Mar 26 Juin 2012 - 13:39

Je vais me retirer. J'ai souvent pensé à le faire ...
Cette fois ci est la bonne

Je vous salue bien tous et peut-être à une autre fois.

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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Jeu 26 Juil 2012 - 18:50

Lettre à un copain normo-pensant

Bonjour

Pour une fois, tu vois, je m’autorise à dire ce que je suis. J’ai appris cette fichue différence de conceptualisation de l’environnement il y a donc un an et demi. Depuis, je n’arrête pas de travailler sur moi et remodèle ma vision du monde à partir de cela.

Pourquoi donc t’écrire ce mail alors que nous ne sommes que peu parlé de nous ? Eh bien, parce que je crois à trois choses :
Premièrement, que mon instinct me parle (alors que j’évitais cela avant en me disant que j’étais un peu dingue)
Deuxièmement parce que je ressens une écoute dénuée de préjugés.
Et, troisièmement, puisque que maintenant que je comprends les différences entre ce que je suis et ce que sont les autres, je me dis que j’ai à expliquer les miennes.

Donc … (il faut que je trouve les mots, ce n’est pas simple)

Commençons par le début. Depuis que je suis jeune et ai senti ma différence, je n’ai jamais croisé de gens que me ressemblent peu ou prou. J’ai toujours été différent, toujours été attiré par énormément de choses, par de nombreux concepts qui s’imbriquaient les uns aux autres.
J’avais des centres d’intérêt à l’opposé de mes congénères, intérêts qui abordaient par la lecture des choses aussi hétéroclites que l’histoire des civilisations, l’astronomie, la physique quantique, la poésie, l’architecture … et puis la musique, la photo, les voyages, mon métier par après…

Je n’ai jamais bien compris les interactions sociales. Quand j’avais un ressenti, je le donnais tel quel. Je m’appuyais sur ce qui s’est passé, exposais les faits pour les faits. Que cela soit moi qui sois l’origine de ces derniers ou mes vis-à-vis.

Je viens de saisir que cette récapitulation de faits (que je répétais à satiété) passait la plupart du temps pour des reproches aux yeux des autres (un énorme merci au passage à ma psychologue qui m’a fait comprendre ça).

Je viens aussi de conceptualiser que la réaction de mes interlocuteurs par rapport à ça leur parvient parfois de la gêne ou bien encore d’une impossibilité à s’exprimer. Et non pas d’une volonté délibérée de se taire (ce que je croyais être le cas à l’époque, puisque je n’ai pas ce problème personnellement).

Je viens de plus de saisir que mon comportement insistant à ce sujet ne provoquait qu’un sentiment d’agression ou tout au moins de rejet par les autres.
Imagines donc dans quel état cela me met. Comprendre cela et comprendre à la fois que les autres ignorent comment je fonctionne … quelle galère !!!
Sans doute ai-je fait beaucoup de faux-pas à cet égard, toujours à cause de ces différences, comme les autres en ont fait à cause des leurs …

Je disais que je voyais plus « largement » les interactions dans les projets, les relations interpersonnelles. C’est vrai. Mais là où le jeu était faussé, c’est que je pensais sincèrement que les autres les percevaient comme moi, qu’ils avaient en tête ce que j’ai en tête, qu’ils fonctionnaient comme je fonctionne. Le silence que je ressentais m’a induit en erreur : Je pensais sincèrement qu’on se fichait de moi alors que les autres ne comprenaient simplement pas ce dont je parlais ou encore où je voulais en venir. Quelle ironie, quel foutoir !!!

Donc, donc, donc … voilà que je me dis maintenant : « Ok mon gars. Tu as maintenant le tableau à peu près complet de ce qu’est le paysage dans lequel tu évolues. Comme tu commences à mettre les choses en place, arrêtes de flipper et oublies les avanies passées. Personne ne peut porter de fautes en l’espèce, puisque personne ne comprenait les différences ».

Que me reste-t-il à faire ? Eh bien c’est simple à mon sens. Expliquer comment je marche et le pourquoi de mes réactions. Ouvrir le débat, ne plus me retenir de parler. Poser des questions sur ce que je ne comprends pas.

Tu sais, j’ai oublié les regrets. J’ai oublié les rancœurs, les choses que j’ai subies. Je ne peux en vouloir à personne car je considère que pas un ne savait, moi y compris.

Désormais, je dirai qui je suis puisque je le sais. Là où je pourrais alors m’élever en faux, c’est uniquement si la compréhension ne s’établit pas de manière bidirectionnelle par après.

Je comprends désormais que j’ai des efforts à faire, du temps à prendre pour donner des repères aux autres, à la fois sur ce que je vis, fait et comment je fonctionne. Je sais maintenant que je semble passer du coq à l’âne dans ce que je « livre », ma forme de pensée en arborescence me permettant des raccourcis (ma foi efficaces) mais peu compréhensibles pour les gens différents de moi.

Tu vois, si j’essaye dès à présent de me mettre à la place des autres ; je m’imagine leurs interrogations. Ils pensent avoir fait le maximum pour que je comprenne, alors que j’en suis déjà 10 pas après. Et je réponds de là où je suis, pas de là où ils sont. Quel dialogue de sourd !!!

Ensuite, si je poursuis ce que je te dis là … Ils pensaient sans doute pour la plupart que je faisais le con. Que je connaissais la réponse, qu’ils m’avaient dit les choses (Ni moi ni les autres ne comprenaient !!! C’est terrifiant !!!)

Eh bien, tu vois, je n’arrivais pas à le concevoir ce schéma. Je cherchais à saisir la suite de faits, pas des non-dits ni des paraboles, des faits ! Je voyais (je vois encore mais différemment maintenant) l’évolution, les écarts entre les gestes et les mots et les prenais immédiatement en compte. Mon paysage mental se transforme en temps réel. Il me faut alors une réponse, une validation en commun. En gros ces mots que je prononçais signifiaient : « Sommes-nous sur la même longueur d’onde ? », ou encore « Etes-vous d’accord avec ce que je présente, avec mes conclusions ? ». Je n’attendais que, par exemple : « On revient vers toi » ou encore « expliques-moi », ou encore « je ne sais pas mais on en parle à telle date », ou encore « non » ou « oui ». je ne comprenais pas le silence. Je demandais … mais comme j’étais « ailleurs » … sans doute très "malhabilement" pour ceux d'en face.

Maintenant cela a changé. Je sais bien mieux ce que je suis et ce qu’ils sont. Je saurai de mieux en mieux faire le lien. Passer le temps qu’il faut pour m’expliquer. Pourquoi ? Parce qu’avant je me disais être un gros con puisque je ne fonctionne pas pareil, toujours vu comme différent et isolé. Donc je me sentais plutôt « inférieur » et non digne d’intérêt. Et passais le temps à me justifier, à faire, à montrer encore et encore. A souffrir aussi … oh combien.

Quand ce sentiment d’être une andouille, de ne rien valoir, perdure et s’amplifie, quand il est vécu toute une vie, il crée un mal être immense. Il est un frein à la compréhension de soi et des autres. Et seule sa découverte, sa « digestion », son acceptation peut faire avancer les choses …

Enfin ... Le calme et la sérénité reviennent. Une nouvelle route s’ouvre à mes yeux, sans doute plus paisible, plus acceptante. Je ne préjuge plus de l’avenir, des silences, des incompréhensions puisque je sais maintenant comme je pourrai essayer de les amortir, de les éviter en parlant, en expliquant.

Je pense désormais que la compréhension est possible si les deux cotés font l’effort de saisir ce qui nous différencie. C’est apporter une forme de paix, ou un moyen d’y revenir pour ceux qui essayeront de faire un pas comme j’essaye de mon côté. L’avenir me dira si je me trompe encore …

Il n’y a pas de fatalité, pas d’impossible pour ceux qui perçoivent les différences comme étant une richesse, qui admettent ne pas avoir compris comme je l’admets. Je veux encore y croire, parce que je ne sais construire qu’en commun. Il faut, je pense, de la force pour ça, et j’en ai.

Amicalement






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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Jeu 26 Juil 2012 - 18:55




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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Jeu 26 Juil 2012 - 19:12

"Il est préférable d'affronter une fois dans sa vie un danger que l'on craint que de vivre dans le soin éternel de l'éviter." Marquis de Sade

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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Jeu 26 Juil 2012 - 19:16

Un beau site sur le bouddhisme, la méditation et la recherche de soi.

http://www.renaissance65.fr/index.html

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Re: L'ère mite âge ...

Message par ♡Maïa le Jeu 26 Juil 2012 - 22:11

Heureuse de retrouver tes partages Mjöllnir Smile

♡Maïa
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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Jeu 26 Juil 2012 - 22:33

Merci Mogwai Smile

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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Jeu 26 Juil 2012 - 22:46

La vie est un songe (Jacques Vallée DES BARREAUX)

Tout n'est plein ici bas que de vaine apparence,
Ce qu'on donne à sagesse est conduit par le sort,
L'on monte et l'on descend avec pareil effort,
Sans jamais rencontrer l'état de consistance.

Que veiller et dormir ont peu de différence,
Grand maître en l'art d'aimer, tu te trompes bien fort
En nommant le sommeil l'image de la mort,
La vie et le sommeil ont plus de ressemblance.

Comme on rêve en son lit, rêver en la maison,
Espérer sans succès, et craindre sans raison,
Passer et repasser d'une à une autre envie,

Travailler avec peine et travailler sans fruit,
Le dirai-je, mortels, qu'est-ce que cette vie ?
C'est un songe qui dure un peu plus qu'une nuit.



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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Jeu 26 Juil 2012 - 23:16



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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Jeu 26 Juil 2012 - 23:23

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Dernière édition par Loic le Sam 8 Déc 2012 - 21:52, édité 1 fois

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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Jeu 26 Juil 2012 - 23:47




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Re: L'ère mite âge ...

Message par Catre le Ven 27 Juil 2012 - 2:02

Rebienvenue!

flower
Je suis contente pour toi! Quelle force! Un beau pas vers de meilleurs jours.
Au plaisir de continuer à te lire. Long hug

Spoiler:
Loic: lol! J'adore ton avatar de grenouille!!!!!!!!!!!!!!!!

Catre
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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Ven 27 Juil 2012 - 2:55

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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Ven 27 Juil 2012 - 15:33

Merci cathoo et Loïc Very Happy

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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Ven 27 Juil 2012 - 15:35

Et hop ... un petit tour dans un datacenter de Google




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Re: L'ère mite âge ...

Message par ♡Maïa le Ven 27 Juil 2012 - 17:06

WOAW !

♡Maïa
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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Ven 27 Juil 2012 - 18:10

Je me suis élevé seul dans ma propre cage
A la fois mon gardien et puis mon prisonnier
Le temps en moi a gravé bien des outrages
Et des blessures à d'autres m'a fait distribuer.

La vie parfois qui se prend en otage
Au sein d'un être en lui si emmuré
- Faisant souvent tonner tant d'orages -
Qu'il ne blesse au lieu de bien soigner.

De la vie j'ai cru voir tous les ramages
Et n'ai vu en somme que le potier
Qui dans la glaise de son ouvrage
N'a fait seulement qu'un bêtisier.





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Re: L'ère mite âge ...

Message par Mag le Ven 27 Juil 2012 - 21:14

cheers Ouai ! Mjöllnir est reviendu clown
T'a l'air en pleine forme !
Bon plein de choses à lire de chez toi ... alors la Bisous et @ bientôt Smile

Mag
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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Ven 27 Juil 2012 - 22:38

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Dernière édition par Loic le Sam 8 Déc 2012 - 21:52, édité 1 fois

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Re: L'ère mite âge ...

Message par Catre le Sam 28 Juil 2012 - 20:39

Spoiler:
Désolée Loic! Je suis une inculte!

Photo souvenir:

C'est nous qui étions en cage. Pas le chat!

Catre
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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Dim 29 Juil 2012 - 3:27

Re Catre, merci beaucoup pour cette image et ce qu'elle m'inspire

Hello Mag, c'est trop Embarassed bises aussi

Et merci à mon pote Loïc de prêter gré à ces quelques vers malhabiles

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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Dim 29 Juil 2012 - 3:31

Souvenir (Alfred de Musset)


J'espérais bien pleurer, mais je croyais souffrir
En osant te revoir, place à jamais sacrée,
O la plus chère tombe et la plus ignorée
Où dort un souvenir !

Que redoutiez-vous donc de cette solitude,
Et pourquoi, mes amis, me preniez-vous la main,
Alors qu'une si douce et si vieille habitude
Me montrait ce chemin ?

Les voilà, ces coteaux, ces bruyères fleuries,
Et ces pas argentins sur le sable muet,
Ces sentiers amoureux, remplis de causeries,
Où son bras m'enlaçait.

Les voilà, ces sapins à la sombre verdure,
Cette gorge profonde aux nonchalants détours,
Ces sauvages amis, dont l'antique murmure
A bercé mes beaux jours.

Les voilà, ces buissons où toute ma jeunesse,
Comme un essaim d'oiseaux, chante au bruit de mes pas.
Lieux charmants, beau désert où passa ma maîtresse,
Ne m'attendiez-vous pas ?

Ah ! laissez-les couler, elles me sont bien chères,
Ces larmes que soulève un coeur encor blessé !
Ne les essuyez pas, laissez sur mes paupières
Ce voile du passé !

Je ne viens point jeter un regret inutile
Dans l'écho de ces bois témoins de mon bonheur.
Fière est cette forêt dans sa beauté tranquille,
Et fier aussi mon coeur.

Que celui-là se livre à des plaintes amères,
Qui s'agenouille et prie au tombeau d'un ami.
Tout respire en ces lieux ; les fleurs des cimetières
Ne poussent point ici.

Voyez ! la lune monte à travers ces ombrages.
Ton regard tremble encor, belle reine des nuits ;
Mais du sombre horizon déjà tu te dégages,
Et tu t'épanouis.

Ainsi de cette terre, humide encor de pluie,
Sortent, sous tes rayons, tous les parfums du jour :
Aussi calme, aussi pur, de mon âme attendrie
Sort mon ancien amour.

Que sont-ils devenus, les chagrins de ma vie ?
Tout ce qui m'a fait vieux est bien loin maintenant ;
Et rien qu'en regardant cette vallée amie
Je redeviens enfant.

O puissance du temps ! ô légères années !
Vous emportez nos pleurs, nos cris et nos regrets ;
Mais la pitié vous prend, et sur nos fleurs fanées
Vous ne marchez jamais.

Tout mon coeur te bénit, bonté consolatrice !
Je n'aurais jamais cru que l'on pût tant souffrir
D'une telle blessure, et que sa cicatrice
Fût si douce à sentir.

Loin de moi les vains mots, les frivoles pensées,
Des vulgaires douleurs linceul accoutumé,
Que viennent étaler sur leurs amours passées
Ceux qui n'ont point aimé !

Dante, pourquoi dis-tu qu'il n'est pire misère
Qu'un souvenir heureux dans les jours de douleur ?
Quel chagrin t'a dicté cette parole amère,
Cette offense au malheur ?

En est-il donc moins vrai que la lumière existe,
Et faut-il l'oublier du moment qu'il fait nuit ?
Est-ce bien toi, grande âme immortellement triste,
Est-ce toi qui l'as dit ?

Non, par ce pur flambeau dont la splendeur m'éclaire,
Ce blasphème vanté ne vient pas de ton coeur.
Un souvenir heureux est peut-être sur terre
Plus vrai que le bonheur.

Eh quoi ! l'infortuné qui trouve une étincelle
Dans la cendre brûlante où dorment ses ennuis,
Qui saisit cette flamme et qui fixe sur elle
Ses regards éblouis ;

Dans ce passé perdu quand son âme se noie,
Sur ce miroir brisé lorsqu'il rêve en pleurant,
Tu lui dis qu'il se trompe, et que sa faible joie
N'est qu'un affreux tourment !

Et c'est à ta Françoise, à ton ange de gloire,
Que tu pouvais donner ces mots à prononcer,
Elle qui s'interrompt, pour conter son histoire,
D'un éternel baiser !

Qu'est-ce donc, juste Dieu, que la pensée humaine,
Et qui pourra jamais aimer la vérité,
S'il n'est joie ou douleur si juste et si certaine
Dont quelqu'un n'ait douté ?

Comment vivez-vous donc, étranges créatures ?
Vous riez, vous chantez, vous marchez à grands pas ;
Le ciel et sa beauté, le monde et ses souillures
Ne vous dérangent pas ;

Mais, lorsque par hasard le destin vous ramène
Vers quelque monument d'un amour oublié,
Ce caillou vous arrête, et cela vous fait peine
Qu'il vous heurte le pied.

Et vous criez alors que la vie est un songe ;
Vous vous tordez les bras comme en vous réveillant,
Et vous trouvez fâcheux qu'un si joyeux mensonge
Ne dure qu'un instant.

Malheureux ! cet instant où votre âme engourdie
A secoué les fers qu'elle traîne ici-bas,
Ce fugitif instant fut toute votre vie ;
Ne le regrettez pas !

Regrettez la torpeur qui vous cloue à la terre,
Vos agitations dans la fange et le sang,
Vos nuits sans espérance et vos jours sans lumière :
C'est là qu'est le néant !

Mais que vous revient-il de vos froides doctrines ?
Que demandent au ciel ces regrets inconstants
Que vous allez semant sur vos propres ruines,
A chaque pas du Temps ?

Oui, sans doute, tout meurt ; ce monde est un grand rêve,
Et le peu de bonheur qui nous vient en chemin,
Nous n'avons pas plus tôt ce roseau dans la main,
Que le vent nous l'enlève.

Oui, les premiers baisers, oui, les premiers serments
Que deux êtres mortels échangèrent sur terre,
Ce fut au pied d'un arbre effeuillé par les vents,
Sur un roc en poussière.

Ils prirent à témoin de leur joie éphémère
Un ciel toujours voilé qui change à tout moment,
Et des astres sans nom que leur propre lumière
Dévore incessamment.

Tout mourait autour d'eux, l'oiseau dans le feuillage,
La fleur entre leurs mains, l'insecte sous leurs pieds,
La source desséchée où vacillait l'image
De leurs traits oubliés ;

Et sur tous ces débris joignant leurs mains d'argile,
Etourdis des éclairs d'un instant de plaisir,
Ils croyaient échapper à cet être immobile
Qui regarde mourir !

Insensés ! dit le sage. Heureux dit le poète.
Et quels tristes amours as-tu donc dans le coeur,
Si le bruit du torrent te trouble et t'inquiète,
Si le vent te fait peur?

J'ai vu sous le soleil tomber bien d'autres choses
Que les feuilles des bois et l'écume des eaux,
Bien d'autres s'en aller que le parfum des roses
Et le chant des oiseaux.

Mes yeux ont contemplé des objets plus funèbres
Que Juliette morte au fond de son tombeau,
Plus affreux que le toast à l'ange des ténèbres
Porté par Roméo.

J'ai vu ma seule amie, à jamais la plus chère,
Devenue elle-même un sépulcre blanchi,
Une tombe vivante où flottait la poussière
De notre mort chéri,

De notre pauvre amour, que, dans la nuit profonde,
Nous avions sur nos coeurs si doucement bercé !
C'était plus qu'une vie, hélas ! c'était un monde
Qui s'était effacé !

Oui, jeune et belle encor, plus belle, osait-on dire,
Je l'ai vue, et ses yeux brillaient comme autrefois.
Ses lèvres s'entr'ouvraient, et c'était un sourire,
Et c'était une voix ;

Mais non plus cette voix, non plus ce doux langage,
Ces regards adorés dans les miens confondus ;
Mon cœur, encor plein d'elle, errait sur son visage,
Et ne la trouvait plus.

Et pourtant j'aurais pu marcher alors vers elle,
Entourer de mes bras ce sein vide et glacé,
Et j'aurais pu crier : " Qu'as-tu fait, infidèle,
Qu'as-tu fait du passé? "

Mais non : il me semblait qu'une femme inconnue
Avait pris par hasard cette voix et ces yeux ;
Et je laissai passer cette froide statue
En regardant les cieux.

Eh bien ! ce fut sans doute une horrible misère
Que ce riant adieu d'un être inanimé.
Eh bien ! qu'importe encore ? O nature! ô ma mère !
En ai-je moins aimé?

La foudre maintenant peut tomber sur ma tête :
Jamais ce souvenir ne peut m'être arraché !
Comme le matelot brisé par la tempête,
Je m'y tiens attaché.

Je ne veux rien savoir, ni si les champs fleurissent;
Ni ce qu'il adviendra du simulacre humain,
Ni si ces vastes cieux éclaireront demain
Ce qu'ils ensevelissent.

Je me dis seulement : " À cette heure, en ce lieu,
Un jour, je fus aimé, j'aimais, elle était belle. "
J'enfouis ce trésor dans mon âme immortelle,
Et je l'emporte à Dieu !

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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Lun 30 Juil 2012 - 14:54

Allez encore un petit coup d’œil sur la physique quantique :





Et puis vous pourrez trouver là http://www.youtube.com/user/StanfordUniversity/featured toutes les vidéos postées par l'Université de Standford Smile

Bonne visualisation Very Happy


Dernière édition par Mjöllnir le Mer 1 Aoû 2012 - 19:37, édité 1 fois

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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Lun 30 Juil 2012 - 16:44

hey, quisétikerevoilou ;-)
Yipiiiiii de te lire à nouveau :-)
Bizzz

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Re: L'ère mite âge ...

Message par Invité le Mar 31 Juil 2012 - 4:00

hello kasha Smile

bises aussi !

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Re: L'ère mite âge ...

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