Suspicion d'être zèbre sans l'avoir jamais su

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Suspicion d'être zèbre sans l'avoir jamais su

Message par missmalice le Ven 10 Fév 2012 - 14:46

Bonjour à tous,

Je me présente : étudiante de 21 ans en master marketing. Je ne sais pas vraiment par où commencer. J'ai tellement à dire et pourtant je n'arrive pas à organiser tout cela.
J'ai depuis toujours comme beaucoup ici eu l'impression d'être toujours à part. Tous les cercles d'amis que j'ai pu avoir ont toujours fini par me rejeter à cause de ma tendance à vouloir en faire trop. Je m'explique : lorsque je sais que je sais, je ne peux pas m'empêcher de le faire savoir. Au fil du temps, j'ai fini par me taire mais cette stratégie est aussi à double tranchant : on se pense nul, incapable de faire "rêver" les autres, de ne pas être apprécié à sa juste valeur. J'ai toujours l'impression de pouvoir apporter beaucoup de choses aux autres. C'est d'ailleurs pour cela que je ne peux jamais refuser de l'aide à quelqu'un. L'idée de pouvoir enrichir mon prochain est trop grande. Malheureusement, on m'a souvent considéré comme la fille trop gentille qui se fait exploiter par les autres. Car il est bien là le problème : les autres ne m'apprécient que pour pouvoir se servir de moi mais au fond, il ne me connaisse pas et pense que je suis une sorte de Mme Je sais tout qui ramène toujours sa science.
Au niveau de mon parcours scolaire, j'ai toujours été une excellente élève : polie, sage et qui a de bons résultats. Seulement voilà, les résultats pour les obtenir je n'ai jamais eu besoin de fournir des efforts. Je suis dans la plupart des domaines autodidactes. J'ai appris seule la plupart des choses que je sais. L'exemple le plus flagrant qui me vient en tête : suite à une maladie quelconque j'ai durant ma prépa manqué une leçon entière de mathématique. Je suis revenu en cours au moment où le prof proposait des exercices pour s'entraîner à utiliser la théorie. En seulement quelques instants, j'ai réussi à faire les exercices en me penchant sur la leçon. En gros, je comprenais mieux que les autres alors qu'ils avaient suivi plusieurs heures d'explication. Je ne vous raconte même pas la réaction des autres élèves : "pfff c'est pas possible, tu m'énerves, je sais pas comment tu fais". En réalité, j'ai d'énormes facilités dans tous les domaines. Il suffit que je prenne le temps de m'y intéresser pour instantanément tout comprendre. C'est comme si une machine se mettait en route pour décortiquer les moindres mécanismes sous-jacents pour les graver dans ma mémoire. Une mémoire particulièrement photographique. Elle fonctionne comme une projection intérieure. Lorsque j'ai besoin de quelque chose s'y trouvant, c'est comme si je passais en revue des dossiers bien rangés et que je le sortais pour le consulter en pensée. J'ai d'ailleurs souvent l'impression que je suis réellement en train de regarder ma feuille de cours par exemple. Je me dis souvent : alors la réponse à cette question est situé sous le titre du grand A, vers la droite et il me suffit ensuite de faire une sorte de "zoom" pour trouver. J'ai aussi toujours l'impression d'être en hyper-activité cérébrale. Impossible de m'arrêter de me poser des questions, tout le temps, sans arrêt, à tout analyser, à tout décortiquer.
J'ai consulter beaucoup de forums sur les zèbres et je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer en ayant l'impression qu'on racontait ma propre vie. L'hypersensibilité, l'hyper-susceptibilité, l'impression d'être toujours à part, de ne pas se sentir intégré dans un groupe. Les gens ne comprennent jamais que je cherche constamment une reconnaissance affective. Les reproches et les critiques sont pour moi un énorme coup de poignard qui pourfend le coeur sans ménagement. La douleur est si intense que j'ai l'impression de brûler à l'intérieur. Surtout quand des amis me jettent à la figure que je les rabaisse sans cesse et que je suis arrogante. Ce n'est pas par souci de vouloir être mieux que les autres, c'est davantage pour être comme eux. J'ai toujours l'impression de ne rien valoir, que les autres sont toujours plus intéressants, plus sociables. Mais voilà, avec ce trou béant dans la confiance en soi, on a tendance à en faire trop et finalement c'est pire. Je suis toujours sur la défensive et j'ai une carapace de plusieurs centaines d'épaisseurs pour éviter de toujours fondre en larmes.
Je me suis également reconnu dans cette impressionnante manie à toujours vouloir déplacer des montagnes et à être souvent terriblement déçu lorsque l'on ne nous donne pas les moyens d'y parvenir. L'école en est un bon exemple. J'ai toujours eu le rêve de pouvoir faire de grandes choses et j'ai l'impression d'être constamment bridé. J'ai beau être dans l'enseignement supérieur, je trouve la plupart des cours inintéressants puisque tout me parait logique sans avoir besoin d'explications. J'ai l'impression de perdre mon temps, que j'aille en cours ou pas finalement ne fait aucune différence dans mes résultats. Mes années de prépa sont un peu différentes : les professeurs recherchent davantage la réflexion, la soif de connaissance, etc... alors qu'à la fac, quel choc ! J'ai eu mon année de licence sans jamais avoir eu besoin d'assister au cours puisque les partiels consistaient à recracher "bêtement" son cours et avec ma mémoire photographique, l'intérêt disparaissait complètement.
Le travail en groupe est particulièrement pénible puisque n'avançant pas au même rythme que les autres, je voudrais tout faire moi-même sans attendre que les autres trouvent la même solution après plusieurs heures de réflexion. Je ne prétends pas avoir de meilleures solutions, juste d'en trouver plus rapidement. Seulement, j'ai souvent du mal à convaincre les autres qui ne voient pas les choses de la même façon. La plupart du temps, je finis par ne plus rien faire et à dire Amen à tout. Je laisse les autres faire le travail et me contente d'attendre qu'on me dise ce que je dois faire. C'est plus facile que d'avoir à passer pour Mme Je sais tout et les autres ce qu'ils pensent c'est de la m***e.

Je ne sais pas si est une bonne idée de passer un test de QI. Je me dis que quoi qu'il arrive, rien ne changera. Si le test s'avère négatif, je ne saurais toujours pas expliqué pourquoi je me sens tout le temps à part, angoissé, rejeté. Impression d'avoir toujours le poids du monde sur mes épaules. J'ai d'ailleurs développé une bonne panoplie de phobies qui disparaissent au fur et à mesure pour être remplacé par d'autres et une somatisation très importante (malaise, crises de palpitations). Si le test s'avère positif, être "surdoué" est tellement mal perçu, que je ne pourrais expliquer à personne ce que je ressens à chaque instant. Je crois que la plus grande des souffrances, c'est l'incompréhension. Tout le monde dit : tu as de la chance, tu peux tout faire, sans comprendre que cela implique d'autres choses comme le déphasage constant avec l'entourage et une empathie qui ronge de l'intérieur (qui va de pair avec la recherche d'une reconnaissance affective).
J'aimerais aller consulter un psychologue mais j'ai peur d'être prise pour une prétentieuse qui veut épater la galerie en affichant son score de QI. D'ailleurs je ne pense pas que mon QI dépasse les 130, je me sens juste au dessus de la moyenne, mais assez pour me sentir extra-terrestre.

Bon, je viens de voir que j'ai écris un roman comme d'habitude quand je laisse le flot de mes idées s'écouler. Et encore, je pourrais en dire beaucoup plus. J'espère trouver des oreilles attentives sur ce forum car je me sens souvent très seule. Mon copain arrive à supporter mais il ne me comprend pas et ne le pourrait sans doute jamais. Dans un sens, je comprends que ce soit difficile d'imaginer ce que l'on a jamais vécu.

Au plaisir de vous lire.


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Re: Suspicion d'être zèbre sans l'avoir jamais su

Message par Tof le Ven 10 Fév 2012 - 15:59

Bienvenue ici !

Si tu veux en dire plus, ne te gêne surtout pas ! Personne n'est obligé de lire. Ceux qui le veulent le feront Smile

J'espère que tu trouveras sur ce forum ce que tu y cherches (et réciproquement Smile )

Pour ma part, j'ai lu, ton parcours me parle. Je ne vais pas jouer au jeu des ressemblances et des différences, cela dit,

Pour l'instant, je me contente d'un grand
BIENVENUE
et te souhaite du bon temps sur ZC Smile

Au plaisir de te lire !

Tof
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Re: Suspicion d'être zèbre sans l'avoir jamais su

Message par imposteur le Ven 10 Fév 2012 - 16:46

Salut,

Intéressant, je n'avais pas encore lu le sentiment de porter le monde sur ses épaules. Moi qui me croyais seul à ce niveau...

Le test de QI, j'aurais aimé ne pas l'avoir passé. Les résultats sont tels que j'ai du mal à savoir si je suis parmi les Z ou si j'appartiens à une classe inconnue et qu'il n'y a donc aucune explication à mon sentiment de déphasage avec le monde. Mais libre à toi de le passer si le besoin de réponses tangibles t'obsède Wink .

Tu trouveras ici un nombre indénombrable de gens qui, bizarrement, sont sur la même longueur d'onde que toi sur plein d'aspects (c'est parfois difficile à admettre, surtout quand on s'est enfermé dans l'idée "oui mais bon, QI ou pas, je sais que je suis unique et que personne ne me ressemble").

Pour tes futures écritures, s'il te plait, laisse des lignes blanches entre tes paragraphes (appuie 2 fois sur 'enter'); ça aère le texte et le rend plus agréable à lire Wink .

Et pour rester dans les classiques,

Bienvenue Smile

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Re: Suspicion d'être zèbre sans l'avoir jamais su

Message par Invité le Ven 10 Fév 2012 - 19:24

Bienvenue à toi, MissMalice.

J'ai eu de la chance, je suis arrivé ici depuis au moins 3 semaines avant toi. Tu vois, tu n'es pas toujours la première bounce

J'ai plus de 2 fois ton âge, mais je comprend parfaitement ce que tu racontes. Par certains côté, je t'envie, parce que tu dis avoir une excellente mémoire mais surtout tu sais la mobiliser sans penser à mille sujets en même temps. Pour moi, cela a toujours été le bouillonnement dans ma tête, concentration longue difficile, du coup mes réussites sont rares.

Mais à part cela, l'impression de porter le monde, l'ennui profond durant les réunions d'entreprise à attendre que la lumière se fasse par un autre que moi (sinon la mienne aura 2 ou 3 coups d'avance, mon idée sera considérée comme inadaptée et rejetée, quitte à être sortie d'un chapeau 3 à 4 ans plus tard), le sentiment de devoir se travestir en permanence, le comportement que l'on construit et qui tombe à plat, les copains/copines toujours là pour obtenir un coup de main mais jamais pour te mettre sur un bon moment, le travail et les emmerdes pour moi (et forcément je ne suis pas en forme pour faire la fête). Tu sais, on m'appelle quelque fois "Victor" quand il faut écrire un courrier compliqué (simplement parce que j'essaie d'utiliser les mots les plus précis bien que je ne sois pas littéraire). Et "Victor" accoure toute affaire cessante, trop content de croire qu'il a une importance pour autrui. C'est un peu comme la première partie du "diner de con", c'est pas très drôle.

Et puis, il y a quelques jours, j'ai trouvé ce forum. J'ai lu, écrit, partagé. J'ai trouvé simplicité, accueil, respect parce que tous ici nous avons soufferts d'être des parias. Depuis, comme l'un d'entre nous l'a écrit ces derniers jours, je suis serein. Je ne suis ni un génie, ni un poulpe, je suis câblé, organisé comme un zèbre et je suis content de croiser des gens exceptionnels comme toi.

Alors, surtout, un grand merci de ta présence et d'avance pour tes témoignages, partages, idées, commentaires, bavardages, coups de gueule, ..... Very Happy

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Merci à tous

Message par missmalice le Ven 10 Fév 2012 - 19:54

Tout d'abord merci à vous tous d'avoir pris le temps de lire ce résumé condensé de mon histoire. C'est réconfortant de pouvoir parler avec des gens qui peuvent nous comprendre puisqu'ils vivent la même chose.

Pour répondre en particulier @ ours, effectivement ma mémoire est pour moi le don le plus appréciable que je possède. J'aime d'ailleurs beaucoup la mettre à l'épreuve et essayer de repousser mes limites. De là à retenir tous les chiffres du nombre Pi, il y a un pas que je ne franchirais pas !

Finalement, après vous avoir écrit et lu, j'ai décroché mon téléphone pour appeler mon médecin qui m'a donné le nom d'un bon psychiatre (les psychologues n'étant pas remboursés par la sécurité sociale). J'espère seulement que ce psy saura suffisamment former au phénomène d'"hyper-activité cérébrale" et que ma démarche ne va pas finir en impasse. Le pire pour moi serait qu'on me dise que je suis simplement tordue et que je n'ai qu'à prendre sur moi. En gros, pas d'explication, retour à la case départ.

Mes deux frères sont exactement dans la même situation que moi. Le plus petit souffre davantage de son caractère de zèbre et est dans une phase de dépression. Il veut tellement savoir ce qui lui arrive qu'il se croit schizophrène. Je l'ai appelé pour lui parler des zébrés et on a parlé pendant plusieurs heures de ce que nous ressentons. Il a pris la décision également d'aller voir un psychiatre.

Encore une fois merci à tous pour vos réponses et vos bras ouverts. Je vous tiens évidemment au courant des résultats de cette visite.

Je vous envoie toute ma tendresse.


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Re: Suspicion d'être zèbre sans l'avoir jamais su

Message par Invité le Sam 11 Fév 2012 - 10:28

missmalice a écrit:Tout d'abord merci à vous tous d'avoir pris le temps de lire ce résumé condensé de mon histoire. C'est réconfortant de pouvoir parler avec des gens qui peuvent nous comprendre puisqu'ils vivent la même chose.

Pour répondre en particulier @ ours, effectivement ma mémoire est pour moi le don le plus appréciable que je possède. J'aime d'ailleurs beaucoup la mettre à l'épreuve et essayer de repousser mes limites. De là à retenir tous les chiffres du nombre Pi, il y a un pas que je ne franchirais pas !

Finalement, après vous avoir écrit et lu, j'ai décroché mon téléphone pour appeler mon médecin qui m'a donné le nom d'un bon psychiatre (les psychologues n'étant pas remboursés par la sécurité sociale). J'espère seulement que ce psy saura suffisamment former au phénomène d'"hyper-activité cérébrale" et que ma démarche ne va pas finir en impasse. Le pire pour moi serait qu'on me dise que je suis simplement tordue et que je n'ai qu'à prendre sur moi. En gros, pas d'explication, retour à la case départ.

Mes deux frères sont exactement dans la même situation que moi. Le plus petit souffre davantage de son caractère de zèbre et est dans une phase de dépression. Il veut tellement savoir ce qui lui arrive qu'il se croit schizophrène. Je l'ai appelé pour lui parler des zébrés et on a parlé pendant plusieurs heures de ce que nous ressentons. Il a pris la décision également d'aller voir un psychiatre.

Encore une fois merci à tous pour vos réponses et vos bras ouverts. Je vous tiens évidemment au courant des résultats de cette visite.

Je vous envoie toute ma tendresse.



En toute sympathie,

N'oublie pas que quelque soit sa compétence et son expérience, 'un psychxxxx n'est qu'un homme et à lui seul il ne détient pas l'entière vérité.
Celle-ci est en toi.
J'ai et je crois pouvoir dire sans conteste que nous avons hâte de te retrouver.
A très bientôt

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Re: Suspicion d'être zèbre sans l'avoir jamais su

Message par Khadamon le Dim 26 Fév 2012 - 21:17

Je te rend la pareil sur ta présentation Smile

Ton parcours fait écho en moi, une sorte de résonance ; je n'ai pas trouvé de meilleurs images pour décrire ce que je ressens au contact ou à la lecture de gens dont je me sens proche intellectuellement ou "en phase".

J'aimerais avoir ta mémoire Smile
La mienne est plus archaïque. Je me souviens de tout un tas de truc inutile et rarement de ce qui est important.
Par exemple lorsque je vais avoir une discussion en tête à tête sérieuse avec quelqu'un et que je dis des choses intelligentes (cela m'arrive parfois) le lendemain j'aurais sûrement oublié les propos que je lui aurais tenu ; c'est étrange d'ailleurs ... Car au final on pourrait avoir la même conversation quelques mois plus tard, que je le contexte me rappellera au mot près ce que je lui aurait dit.

La question de passer les tests ou non est vraiment très personnelle je pense.
J'ai quelques connaissances que je suspectes fortement d'être HP et qui hésite à passer le test.
C'est une question de besoin au final.
Pour moi c'était une évidence : Je suis savoir-savoir ; j'ai besoin de certitude et ai du mal à gérer l'ignorance, le manque d'information, le silence.
Il fallait que je saches.

En définitive cela ne m'apporte pas grand chose, mais maintenant : je sais.
Je peux parler "en pleine connaissance de cause" et cela m'amène à bien des problématiques nouvelles d'ailleurs.

J'ai été surpris de lire :
"[...] être "surdoué" est tellement mal perçu"
Est-ce vraiment le cas ?

De mon coté je n'en ai parlé qu'à peu de personne, mais cela tiens surtout au fait que beaucoup de mon entourage me prend déjà pour extrêmement prétentieux (à mon grand dam d'ailleurs...), alors rajouter "ça" ce serait sûrement la goutte d'eau qui fait déborder le gâteau.

J'aimerais en savoir plus sur ce qui te fait avoir une telle "certitude" si tu veux bien Smile

Khadamon
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Re: Suspicion d'être zèbre sans l'avoir jamais su

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