Le bruit de l'eau dans les gouttes

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par siddhartha le Sam 23 Juin 2012 - 1:30

Bloup bloup.

Un message par ici me voilà. J'appelle (à nouveau) à votre camaraderie. Bonsoir.

J'ai demain une journée importante et longue. Mais je n'ai pas eu le goût de me coucher en temps et en heure. Et me voilà à ce point, à celui où (enfin) on se retrouve à faire face à soi-même. Cela fait déjà quelques jours que je me cherche. Je me suis dressé bien des principes, une presque philosophie, un soupçon de doctrine, une pratique voire des protocoles... J'apprends à vivre avec moi-même et en accord avec ça. Seulement j'ai bien l'impression d'être la carcasse d'un étrange monstre gentil qui ne sait pas toujours lui-même s'il est réveillé ou vivant. Manque d'accès et de conscience, être dans le faire sans passage ni demeure. Je suis en transition, et je l'ai choisi.

Les choix. J'en fais au quotidien. Implicites ou théâtralisés, ils modèlent le fil des jours comme de la terre glaise. À une époque j'avais bien nommé l'expression par les sentiments de ces passerelles vers le moi du doux nom de Golem. Et l'on ose encore parler de conscience. J'ai même commis un blog et les plus fouineurs pourraient en trouver les oripeaux dans les tréfonds du web. Personne ne le lisait. Ce fût pourtant sûrement mes premiers pas vers l'expression de ce genre, de ce fil, de cette texture vibrante d'inexistence et de désirs fantasmés à la fois. Étrange aime-je à dire. Un paradis en mon sein. Une boîte noire. Un coffre aux secrets qu'on chérie, en secret, quand vient le soir et qu'on peut. On se laisse aller et l'on prend dans ses bras l'édredon qui maintient, celui qui simplement nous repose d'ordinaire, celui qui nous maintient. Au repos.

J'ai des à-côté, pour certains des zones d'ombre. Ce fil ténu qui bruisse figure bien des choses en mon nom. Je parle du non dit, du principe directeur, de la chose qui fait que, de l'en vie. Je ne sais pas qui habite en moi-même, et dans le fond je l'aime bien. J'ai fait semblant de l'apprivoiser et me plaît régulièrement à croire que je sais comment l'être. Y'en a même qui se sont inventé des sagesses pour vivre avec ça. Curieuse ironie du vide. Moi ça me perturbe et bien des fois, vous qui fréquentez ces lieux, m'avez pris dans la vague d'un dessein que j'ignore. Mais il sentait bon l'énergie et j'en suis ressorti bien beau du tourbillon. Voilà le fond de ce que je veux dire. Maintenant les caresses.


Je ne sais pas du tout quoi faire de ma carcasse, et par la même de moi-même en ces semaines fuyantes qui se présentent sous mes pieds. Je me suis doté d'un point fixe et j'emménage avec des amis en septembre. J'ai trouvé l'évidence sur ces lieux. C'est bien. En attendant, le vertige. Et la peur se cristallise comme un flocon trop lourd pour voler. Et mes rêves semblent mornes au regard de l'enfant qui ne voit plus que la pluie tomber. Ce qui me meut. La justesse d'une notion. Et sa beauté. Mais là je peine. J'ai changé dix mille fois de plans et donné à voir à mon entourage bien plus d'idées qu'il ne m'en aurait fallut pour me montrer que je n'en savais rien. Je suis tout perdu. J'aimerais me connecter à moi-même. La patience est trop vague pour m'expliquer comment aboutir. J'aimerais que les circonvolutions que j'ai couché ici pratiquent mes affects au point de modeler mon âme. Un semblant de quelque chose vous montrerait la voie et vous m'appelleriez dans la danse avec le charme doux amer de ce qui glisse avec aisance. La simple main et le plus vrai regard ont bien plus de justesse qu'un monceau d'avenir. Et je vous connaît doués pour ce faire.

Alors à votre bon coeur et à la joie des rencontres. Paraîtrait que ce n'est que la même chose.

Merci pour vos mots déposés par ici. Ils me sont précieux, doux et chauds.

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Harpo le Sam 23 Juin 2012 - 3:14

C'est vraiment impressionnant ces présentations qui surgissent, ces gens que l'on découvre tout à coup. Impossible de tout lire ici, sinon y consacrer trop de vie, et le no life, non merci. Parce que le Net, c'est pire que la télé au niveau addiction hein...

Je viens donc de lire ces mots étranges et beaux, finement ciselés, et qui décrivent tant de sentiments que je connais si bien, notamment sur l'endormissement, les amis ou la carcasse. Mais ça devient un euphémisme sur ce forum quand on vient dire qu'on se reconnait dans les autres.

En lisant Siddartha, étant adolescent, j'avais bêtement compris que le bonheur se trouvait dans la contemplation du fleuve qui passe. Je crois aujourd'hui que la contemplation ne suffit pas. Mais avais-je bien compris ce que voulais dire Hesse ?

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Invité le Sam 23 Juin 2012 - 8:04

Je lis ce que tu écris avec beaucoup de délicatesse (bon, d'accord pour un ours ce n'est pas simple). Harpo parle du fleuve hypnotique, je pencherai plus vers une fontaine ou une source, mais c'est toujours d'eau dont il est question, comme dans ton merveilleux titre.

Je ne sais pas sur le moment trouver le ou les mots doux et chaleureux qui conviendront. Mais avant que ce texte déposé ne fuit au fil de l'eau, je voulais te dire que je t'ai lu.

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par siddhartha le Sam 23 Juin 2012 - 8:16

ours a écrit:Mais avant que ce texte déposé ne fuit au fil de l'eau, je voulais te dire que je t'ai lu.
Merci.

harpo a écrit:En lisant Siddartha, étant adolescent, j'avais bêtement compris que le bonheur se trouvait dans la contemplation du fleuve qui passe. Je crois aujourd'hui que la contemplation ne suffit pas. Mais avais-je bien compris ce que voulais dire Hesse ?
Dans une préface au loup des steppes, l'éditeur a inclus une lettre d'Hermann Hesse en réponse à l'un de ses lecteurs qui, semble-t-il, n'a pas compris ses intentions. L'auteur y explique que le but de son écriture réside dans une forme d'outils ou de chemins à présenter au lecteur pour l'aider à vivre, car c'est bien le plus crucial dans ce monde. Puis à chacun de se nourrir de ce qui lui correspond. Dans le loup des steppes, le théâtre magique se veut cette piste. Dans Siddhartha, c'est l'amour. Dixit l'auteur. Faudrait que je la relise cette préface tiens.

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Invité le Sam 23 Juin 2012 - 8:46

I love you


Ce petit goût amer, reste petit et temporaire.
Il cesse dès que l'on reste centré sur une chose et une seule: non plus ce goût amer, ce n'est pas lui l'essentiel. Il est là, et tu ne peux avec tes moyens, le faire disparaître, sinon ce serait déjà fait.

Il cesse dès que tu te centres sur ce qu'il montre. Voilà la différence.

Se décentrer du goût amer, qui fait souffrir, ou qui fait dire que ça ne va pas, cette ombre... Ce n'est pas toi. Ce n'est pas non plus ton monde. C'est là, cela te parle, mais ce n'est ni toi ni ton monde.

Cela te dit que non, comme ça, ça ne va pas. Bien. Alors détourne ton regard de cette ombre, maintenant que tu l'as entendue, et cherche, concentre-toi sur trouver la porte, ou la clé. Même si c'est tout noir, c'est bon signe. Very Happy
Se décentrer et se détourner de la douleur, ou de l'amer. Réellement. Y regarder comme une donnée qui est là, mais qui ne peut plus t'hypnotiser: tu l'as vue, c'est bon, maintenant, il faut passer à trouver la sortie, donc ne regarde plus l'amer. Ne centre aps ton attention sur ça.



Centre-toi sur la clé, ou la porte, qui n'est pas visible. Penses-y chaque jour, à cette clé, à cette porte. Calmement, mais avec force. Et ne laisse plus les pensées aller vers l'amer, stop: cela t'a montré le souci, maintenant il faut s'en détourner volontairement.
Les synchronicités alors t'apparaîtront et te la dévoileront, elle qui restait cachée jusque-là, deviendra subitement visible, en pleine lumière ! cheers
Bam !!! drunken




(pareil, ainsi de suite, à chaque nouvelle "mue", étape... Toujours pareil...)




C'est comme se concentrer pour "faire apparaître" la sortie, ou parfois on la voit, mais comme Alice, on ne sait pas comment passer la porte trop petite... sunny
La clé apparaît alors dès qu'on la cherche, qu'on fait l'effort de chercher, qu'on maintient cet effort même sans rien trouver. La persévérance débloque ensuite.

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Saphodane le Sam 23 Juin 2012 - 12:43

Courage, poto. Être patient c'est pas facile ; meuble avec des activités. Rencontre, puisque tu en ressens le besoin. Courage ! :3

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par siddhartha le Sam 23 Juin 2012 - 22:56

Euh... Merci Kara, pour le coup, je crois que je vois un peu ce que tu veux dire, mais c'est un peu trop mystique de l'amour de la lumière de l'amour pour moi là... Surprised Smile

Merci Sapho pour ton passage, j'espère que ça s'apaise de ton côté.

La journée s'est bien passée, un peu longue mais passée. Et riche avec ça. J'avais besoin qu'elle soit passée celle-là. Enfin il me reste encore demain mais c'est déjà ça. La suite, qui coule, lentement. Et moi là-dedans comme une poussière.

Bonne nuit les amis. Fatigant de voir les choses même délicates se dérouler. On angoisserait presque de ne plus se prendre les pieds dans le tapis. Very Happy

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par siddhartha le Sam 14 Juil 2012 - 0:56

Bonsoir à toi qui lis ces lignes.

Je m'en veux un peu de ne passer ici que pour épancher mes douleurs ou lassitudes. C'est que j'ai l'impression d'être (au moins) ici écouté ou compris. J'aimerais participer autrement, aussi parfois je répond à quelqu'un en passant, comme je peux, comme je sens. Mais malheureusement je ne trouve pas cette formule magique qui ferait s'apaiser toutes tensions dans une simple démarche opérante. Normal, y'en a pas. Very Happy

Ya comme un poisson dans mon potage. Une odeur sous-marine me ramène à mes pensées intimes, par-delà ma nourriture du jour qui vient. Une phrase m'est venue presque intacte aujourd'hui comme cela, à la façon d'un papillon qui danse dans le vent sans prévenir : "Avec patience libérons-les ces papillons qui dans leur chrysalide enfermés ne cessent jamais d'avoir peur."

Avec patience. Ça je l'ai rajouté après coup, pour mieux essayer de m'en convaincre. En fait c'est ce que je pense au fond. Mais allez dire à un coeur que vous pensez. Il rira bien de vous : un peu jaune et malade au pire ; avec bienveillance et humour au mieux. king Des citadelles vous dis-je. Des citadelles. J'aimerais les voir en suspens. rendeer CARIBOU !!! What a Face pardon... Rolling Eyes Libérer ses rêves avec la patience de les mûrir pour qu'ils éclosent enfin, malgré les embuches.

Elle me manque un peu cette folie, ce goût du jour des temps qui filent comme pour tous. Et pourtant nous filons tous comme pour rien. Va-t'en savoir... Vous dansez Mademoiselle ? Si seulement... ah oui mais nous sommes deux. Laissez-moi vous enseigner la fantomatique du désespoir. Elle court à perdre haleine. Elle court vers on ne sait où. Elle court. Et Lola aussi.

Les fleurs, sur la table, se fanent après deux jours. Tandis que des bourgeons éclosent, à leur tour, leur présence reste elle en suspens.

Une bonne nuit. Bisous


PS : Et au fait Kara, je t'ai relu. Et ça me parle peut-être plus... je ne sais pas. En tout cas j'avais du m'y fermer un peu fort comme on claque une porte pour ne plus avoir l'idée de se coincer les doigts dedans, et au risque d'y laisser des doigts ou de ne plus ouvrir la porte. Qui sait... en tout cas pas moi.

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Gasta le Sam 14 Juil 2012 - 6:08

Comme l'Ephémère qui périt à l'instant mais un autre à son tour déploie ses ailes à la vie qui renait. Bisous

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Invité le Sam 14 Juil 2012 - 12:20

Double I love you

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Saphodane le Sam 14 Juil 2012 - 13:28

Long hug

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Nanana le Mer 12 Sep 2012 - 10:55

Coucou sid, juste des bises en passant.

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par siddhartha le Mer 12 Sep 2012 - 11:01

Hey hey !
Je me demandais si tu étais toujours en vie.
Ravi de le voir. Smile
À bientôt j'espère !

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Taz le Mer 12 Sep 2012 - 11:15

North Atlantic Tracks NAT a écrit:Coucou sid, juste des bises en passant.

Hé ben moi ...ben j'en tout plein partout à tous le monde ... Very Happy ( ben quoi ...chui un tendre moi ...et alors ?? )

SMAAAAAKEUUUUUUUUU

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Nanana le Mer 12 Sep 2012 - 11:22

En vie plus que jamais Wink
Plus très présente par ici, mais je continue à lire ceux comme toi qui égayent mes journées ^^.
XXX


PS : des bises à toi aussi mon taz Smile

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Saphodane le Mer 12 Sep 2012 - 11:39

Ouaiiiiis, des bisous !!! \o/

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Taz le Mer 12 Sep 2012 - 11:54

Bisous et encore Bisous et puis Bisous

purée , mais je gogolise moi ....YO LES COPAINS , LES COPINE Triste HELP , Pleure JE ME MOLDUTISE Bouhouhou

Taz
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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par siddhartha le Jeu 13 Sep 2012 - 23:29

Bonsoir les amis,

Je reviens, écrire ici plutôt qu'ailleurs. Parce que. C'est un beau lieu ici. Alors je continue. Encore.
J'aime.

Étonnamment je suis calme. J'ai franchi une sorte de cap. Un peu comme lorsque la douleur s'annule elle-même. Ou quand on s'évanouit. La fatigue.

Je me sens un peu faible. J'ai ce grain de beauté sur la clavicule qui vient me démanger et me gêner. D'aussi longtemps que je me souvienne, il a toujours été mon point de faiblesse par excellence, cet endroit de mon corps vulnérable, qui me donne l'impression que l'on pourrait rentrer dans l'os par une simple caresse. Pas pratique pour la ceinture de sécurité. À l'instant, j'ai cette douce anxiété qui vient se frotter entre mon pouce et mon index. Le gros vient se frotter sous le petit, comme pour se protéger du monde des grands qui vient encore de frapper comme on lance une grenade à fragmentation. Mais je suis calme.

J'aurais cru avoir besoin des larmes pour m'échapper de mon corps par un autre quelconque. J'aurais cru avoir besoin de m'emporter face à un colloc qui m'exaspère par moment autant que je voudrais le faire taire, juste pour faire sortir quelque chose de moi, une tension. J'aurais cru tout sauf cela : le calme. Maintenant je souris à mon colloc, et la tristesse qui doit briller au fin fond de mon oeil n'est là que pour donner une sorte de noblesse à mon âme semble-t-il. Pas une larme ne sera venu sortir ces chaînes de mon corps faible, de cette enveloppe frémissante qui s'écorche tant dans la seule expérience d'être au monde. Je ne suis même pas tout à fait résigné. Plutôt triste. Et encore. Fatigué peut-être. Ennuyé aussi. L'ennui. rabbit

Quand on se bat toujours contre ses fantômes, on finit par s'épuiser et tomber las. Pas besoin de larme alors. Pas besoin d'engueulade. L'écoute de soi porte ses fruits, et vient prendre dans ses bras par lui-même l'enfant enfoui qui tremble de peur. Quand on attend plus rien, il n'y a plus de quoi inscrire sa souffrance sur quelque chose. Apprendre à mourir en quelque sorte. Lentement. Pour soi. Et quelle fierté de ne se voir plus fuir, mais prendre avec douceur la posture qu'il faudra assumer. Parce que l'on a pas le choix. Parce que l'on est. Et parce que l'on sera encore par la suite. Un vrai programme, en soi.

L'absurde est rigolo. C'est bien pour ça que la vie aligne ces lettres. On entend un arbre grincer, et il ne s'agissait que d'une feuille amenée à rejoindre le vent. Pas besoin d'être Z pour savoir que la danse est belle et que du mouvement naît la vie même. Alors je m'obstine à croire que les autres devraient, que les autres pourraient, que tout devrait être différent. Puis je m'endors. Et je cligne des yeux en essayant de distinguer le vrai du faux, le rêve de l'éveil, la couleur de la forme... Et je m'évanouis encore une fois dans la course, sans mesure possible de mes prises. Un vertige s'établit et la folie naissante est la belle amie du réconfort que je viens bercer du coin de la chansonnette en me racontant des histoires. Et même si rien de tout cela n'est advenu, je garde toujours en mon coeur le chant possible de ce poème, et joue avec. Certains chats l'ont compris. Je finirai par pleurer.

Je suis heureux de me découvrir ce soir dans cet état décalé, qui fait percevoir la vie avec une douceur écorchée mais si belle. Je ne supporte pas cette pellicule des jours qui vient se coller sur la vie comme de la suie. On dirait qu'on revit en permanence les mêmes actes, avec un décors qui file et des rencontres qui ne se font plus. L'habitude réconfortante vient voler à la douceur sa fragilité, et tout s'effondre. Ou plutôt tout se grippe, grogne en soi et s'oubli. Alors quand on voit encore le monde avec des yeux clairs, qu'il vous brûle la rétine et que vous prenez le large en vous-même... il n'y a qu'un pas à se croire déjà parti, réalisé, dans le vrai, sur cette ombre flottante que l'on nomme existence. Mais j'oublierai encore, j e plierai de nouveau sous le poids du nécessaire. Bien dur de se trouver dans un pareil louvoyage.

On croirait chercher un homme à la mer sans comprendre qu'on entend ces voix depuis toujours, et qu'elle ne viennent que de nous. J'ai déjà le sommeil qui m'appelle. Bercé de trop de fatigue, je sombre et m'endors. Bonne nuit aux courageux qui parcourront ces lignes. La tristesse et le désespoir vont aller retrouver ma contemplation dans mes rêves pour en faire quelque chose de beau, là où tout est encore possible et que les anges ne chantent pas encore la litanie du vent.

Prenez soin de vous. Toujours.

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Invité le Ven 14 Sep 2012 - 10:07

Difficile d'exprimer aussi élégamment une profonde mélancolie. Difficile aussi d'imaginer qu'une telle élégance ne naisse pas d'une vie élégante de même, de l'élégance des vrais princes.

A continuer à te lire souvent.

Respect

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Nanana le Ven 14 Sep 2012 - 10:47

Tant de douceur sur un lit de souffrance, l'humour en oreiller... mais le sommier grince encore parfois Wink
<3

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Gasta le Ven 14 Sep 2012 - 12:42

Une plume incomparable pour un partage de tristesse, de délicatesse, de sensibilité, émouvant, touchant à lire et à relire. Wink

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Invité le Ven 14 Sep 2012 - 20:27

siddhartha a écrit:Certains chats l'ont compris.




siddhartha a écrit:il n'y a qu'un pas à se croire déjà parti, réalisé, dans le vrai, sur cette ombre flottante que l'on nomme existence. Mais j'oublierai encore, j e plierai de nouveau sous le poids du nécessaire. Bien dur de se trouver dans un pareil louvoyage.

On croirait chercher un homme à la mer sans comprendre qu'on entend ces voix depuis toujours, et qu'elle ne viennent que de nous. J'ai déjà le sommeil qui m'appelle. Bercé de trop de fatigue, je sombre et m'endors. Bonne nuit aux courageux qui parcourront ces lignes. La tristesse et le désespoir vont aller retrouver ma contemplation dans mes rêves pour en faire quelque chose de beau, là où tout est encore possible et que les anges ne chantent pas encore la litanie du vent.

Prenez soin de vous. Toujours.

Suis les vagues. I love you

Il suffit de laisser le mouvement se faire, de suivre les intuitions. Cela te façonne autrement, te donne de nouvelles ailes.

Et lorsque cela recommence, oui on oublie, mais peu à peu on comprend mieux le mécanisme, on reconnaît les signes. Du coup cela permet d'aller plus vite, ou plus tranquillement.

C'est comme les accouchements. ^^
Dur la première fois, puis le passage est fait, donc cela aide.


Quand c'est pénible, c'est la phase préparatoire si on n'est pas habitué.
On est serré, à l'étroit, dans le noir, comme un bébé qui va naître. Puis arrive l'heure du passage, de la transition à suivre. Se laisser guider, ton corps et ton mental savent quoi faire, écoute-les et suis. Il faut pousser un moment, ou laisser faire, et puis hop, magie, c'est fini et la sortie est là, merveilleuse.

Le coup suivant, pareil. Mais plus simple, ou plus tranquille.


Et le jour où cela arrive aux couches plus anciennes et profondes, ce sera difficile un temps, on repensera alors aux mécanismes de base pour passer le cap, et voilà. Dès qu'on les retrouve, ouf ça va mieux.
Very Happy


Trèfle

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Taz le Ven 14 Sep 2012 - 22:54

Deux mots ..... MERCI et RESPECT ...........

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par Invitado le Mar 18 Sep 2012 - 2:26

flower

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

Message par siddhartha le Mer 26 Sep 2012 - 1:41

Merci à vous, c'est très gentil de votre part tous ces commentaires.
De fait, vous m'encouragez à livrer plus.
Alors voici ce que je viens d'écrire pour le plaisir et pour le sortir du chien en moi. Une sorte de posture pseudo externe où j'en viens tout progressivement à construire une narration à la troisième personne pour m'entraîner à d'autres formes que le seul épanchement sentimentale curatif, mais bien l'expression singulière en vue de partage à qui voudra, d'une histoire et d'autres, d'idées et d'expérimentations.

Alors voilà une proposition. Si ça se trouve je la supprimerai demain après avoir dormi. Ou pas. Qui verra verra. Et des bisous. Parce que c'est bien aussi. flower

EDIT : Voilà, pfiouf, parti. Un tel propos n'a pas d'intérêt sans cohérence plus large, à défaut de quoi le nombrilisme à la troisième personne me guette. À bientôt. Very Happy

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Re: Le bruit de l'eau dans les gouttes

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