La fuite du temps et autres béances sans réponses

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La fuite du temps et autres béances sans réponses

Message par florangeté le Mer 25 Jan 2012 - 2:17

Je me demande souvent dans quel sens marchent les choses. Perdre, rattraper, prolonger son temps, s'en saisir comme d'une loupe ou comme une machine à écrire les choses vraies ? Fuir son poids ahurissant, sa présence frénétique à toute action, à tout geste de l'esprit ?

c'est un noeud, trop compact et trop fin. Des lors qu'on se penche dessus, on change encore et encore sa forme et la manière même dont on peut essayer de l'aborder.

Le temps, pour nous, êtres mortels, vieillissants, tirés tendus entre la conscience et l'action; comment pourrait-on le résumer ? On lui cherche des dimensions. soit.

les horloges sont toujours décevantes; si pauvres de leurs tics, mornes et navrantes régularités empruntées à la machine.

Le temps et les autres, fragments de notre temps pris dans un temps qui leur est propre. les rencontres sont toujours des chocs. des temps qui se brisent, se lassent, s'entremêlent, fusionnent pour un temps..

Dans l'absolu, il faudrait choisir ses temps. Mais la prise de décision, face aux possibles innombrables pour nous qui sentons, pressentons, dessinons mille possibles quand un seul devient celui que l'on voit; creuse la conscience du temps sans fond et sans fondement. Il y a nécessairement quelque chose, hors champ. Dans la toile immense qui tresse nos aspirations, nos gestes jusqu'au plus infime; un élan hors des temps qui nous fait glisser, d'une dimension à une autre.

J'ai pourtant trop souvent la sensation de subir le temps qui passe, parce que je le passe à penser hors de lui même. C'est idiot, parce que penser façonne un temps. mais c'est un temps de pensée, ineffable. La reconnection est toujours douloureuse, parce que créer son temps isole, fait reculer le réel au rang d'expérience, de test, d'informations et de résultats.

Je me sens déréalisé, parce que j'ai la sensation que les choses que je vois ne sont pas "tout", qu'elles dépendent d'un temps qui ne m'appartient que partiellement. Que je ne sens que ce qui est dans mon temps. Le reste m'est inaccessible, nécessairement hors champ. Le recul qui me semble nécessaire à l'appréhension du monde, s'il me libère de ma propre bulle, finit par créer un décalage insupportable au réel. L'absence de méta-repères, parce que le repère est anecdotique, et que l'anecdotique ne suffit pas.

je me sens morcelé, et dépersonnalisé. Je n'existe que partiellement, en fragments dans des temps qui ne m'appartiennent pas. L'autre me possède toujours, je n'existe que par lui, que par eux, que par les objets que je regarde, que par les évènements qui me portent. Les instants sont si rares que lorsqu'ils apparaissent, l'idée de leur rareté les fait disparaitre, les amenuise, les fragilise. Ils ne sont que ça.

Je ne parviens pas à envisager un possible qui vaudrait plus qu'un autre.

Le temps, et j'en suis intimement persuadé, est la clé.

Comment dessiner les limites d'un tel continent ?
Comment orienter son esprit parmi tous les possibles ?
Comment passer d'une analyse vaine à une action simple ?
Comment communiquer ce qui importe ?
Comment définir le vrai ?
Comment savoir ce qu'il faut dire ?
Comment saborder ses propres machines?
Comment transformer l'ennui en exhaltation sans se perdre dans des endroits inaccessibles ?

bises

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Re: La fuite du temps et autres béances sans réponses

Message par Catre le Mer 25 Jan 2012 - 16:22

Le temps ne m'obsède pas comme toi, ou du moins, rarement. Mais je trouve quand même très intéressant de définir le temps, avoir le pouvoir de le contrôler, ou même voyager dedans, autrement que par mes rêves ou mes visions.

Je me demande si Stephen Hawking, lui aussi obsédé par le temps, a déjà vu le temps sous les mêmes angles que toi.

D'ailleurs, son article aussi est très intéressant: Stephen Hawking, comment construire une machine dans le temps.

http://www.dailymail.co.uk/home/moslive/article-1269288/STEPHEN-HAWKING-How-build-time-machine.html


J'adore comment il explique tout ça, mais c'est en anglais... à traduire avec google peut-être... je n'ai pas le temps ni l'énergie pour traduire tout ça.

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Re: La fuite du temps et autres béances sans réponses

Message par Vietmasta le Jeu 26 Jan 2012 - 1:30

orange a écrit: Le temps, et j'en suis intimement persuadé, est la clé.

Alors... Je ne suis pas le seul avec cette "impression"... Le Temps...

Lorsque tu en parle sur ZC, tu entend toujours une phrase du genre de "le temps n'existe pas..."

Et si il existait, physiquement, et qu'il était le secret de tout...

Je me suis longuement posé la question, sur le Temps...
pas le temps 1sec,2sec,3sec... ...le Temps...

Selon moi orange, la clé n'est pas le Temps, c'est la porte. la clé, c'est Nous, notre âme, notre conscience... Il suffit de tourner assez longtemps la clé dans la serrure pour ouvrir la porte...

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Re: La fuite du temps et autres béances sans réponses

Message par florangeté le Jeu 26 Jan 2012 - 3:45

oui, mais c'est la perception, et du coup la perception dans le temps qui établit notre rapport à la réalité, ou à notre réalité, ou à notre réalité au temps t. Si le temps ça n'etait que ça, une réalité relative comme interface ?

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Re: La fuite du temps et autres béances sans réponses

Message par jmd le Jeu 26 Jan 2012 - 7:38

orange a écrit:Comment dessiner les limites d'un tel continent ?
Comment orienter son esprit parmi tous les possibles ?
Comment passer d'une analyse vaine à une action simple ?
Comment communiquer ce qui importe ?
Comment définir le vrai ?
Comment savoir ce qu'il faut dire ?
Comment saborder ses propres machines?
Comment transformer l'ennui en exhaltation sans se perdre dans des endroits inaccessibles ?

Comment ?

Pourquoi ne pas porter ton attention sur le corps (sur l'enveloppe corporelle ou sur la zone comprise entre la gorge et le bassin) non pas pendant quelques secondes mais pendant un quart d'heure ou une demi heure ? Tu peux le faire à l'occasion d'une pause ou à l'occasion d'une activité qui te permette de porter ton attention de manière soutenue sur un ressenti. Rester en contact avec un ressenti, c'est en quelque sorte en ressentir les différentes versions, toutes à peu près semblables, mais toutes un peu différentes.

Notre corps a un sens très précis de notre situation car il est en interaction constante avec notre environnement au travers d'un grand nombre de processus. Ce sens est bien plus riche (plus épais) que celui que notre cerveau peut avoir (mais il se présente d'une autre façon). Un sens corporel n'est pas présent immédiatement ; il faut lui laisser le temps de se former en portant cette attention.

Il se peut qu'une image ou une phrase émerge lorsque tu portes ton attention de la sorte. C'est à toi de voir alors comment tu ressens cette image. (Les images sont des objets virtuels que le corps crée quand il ne sait pas conduire un processus d'interaction à bonne fin soit par un ajustement physiologique soit par un comportement. Ce qu'est la prochaine étape pour le corps reste impliqué corporellement).

Le temps du corps n'est pas le temps des horloges car les processus d'interaction génèrent un environement dans lequel ils tentent de se poursuivre. Il y a donc d'abord un retour sur soi dans le temps du corps.

L'attention portée au corps peut permettre d'opérer une synthèse de différentes idées (et en fait de construire des universaux à partir de particuliers car

1) un universel indique dans quelle mesure - ou selon quel aspect - deux particuliers sont semblables
2) "signification" et "similitude en tant que ressenti" sont des concepts équivalents
3) en tant que ressenti une signification est à la fois un universel et une instance (et comme instance une instance d'elle-même)


N'as-tu jamais fait l'expérience d'une idée qui "flashait" dans ton esprit, c'est-à-dire qui t'apparaissait toute construite et comme une solution inattendue ?

Si ta pensée est purement cérébrale, il n'est pas étonnant qu'elle puisse t'apparaître comme désincarnée, "squelettique", vaine, "pas enracinée".

Cela peut paraître assez New Age mais cela ne l'est pas du tout. Le mieux est de tenter l'expérience avant tout. Les explications en tous genres viendront après.

Une bouteille à la mer, écrite entre sandwich et clavier.

(Je passe pour un fou en postant des trucs pareils. Tant pis).

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Re: La fuite du temps et autres béances sans réponses

Message par jmd le Jeu 26 Jan 2012 - 7:48

Autre chose, pas trop mal faite, sur la question du temps :

http://t.m.p.free.fr/textes/Heidegger_etre_et_temps.pdf

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