Et vous, comment parlez-vous ?

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Invité le Mar 8 Nov 2011 - 9:49

fleurblanche a écrit:Grand merci pour les liens ! ça me "rassure" de savoir que "ça" existe, et qu'en plus "ça" a un nom. Sauf que dans mon cas, personne ne m'a appris. J'ai commencé à le faire toute seule d'instinct, pour essayer de mettre de l'ordre dans le bazar des cours de la fac.

Question que je me pose maintenant : il est dit que Aristote aurait inventé cette manière d'utiliser le cerveau ou de classer les informations. Est-ce vraiement une invention ? Si je me base sur mon propre cas (je savais pas que "ça" existait), j'aurais putôt tendance à croire qu'il a décrit un phénomène observé, peut-être sur lui-même
Pareil, c'est naturellement que je pose mes idée avec des flèches dans tout les sens geek, plus qu'une invention quelquonque, je pense que c'est surtout représentatif (et inné) des penseurs visuo-spatiaux.
http://www.visualspatial.org/vslasl.php

Amicalement,

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Fata Morgana le Mar 8 Nov 2011 - 9:53

Je me sens assez proche de Sylvie. Sauf que je remplace souvent le bégaiement par un soupir désabusé.

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Invité le Mar 8 Nov 2011 - 9:58

Je suis positivement enchanté de trouver dans ce fil l’expression de tout un tas de mes ressentis. Je vois également que les mots seuls n'ont pas le pouvoir de couvrir tout ce flot de pensées qui me submerge en permanence. Il faut qu'ils soient organisés en phrases; et que celles-ci forment un tout, comme un emballage recouvrant un objet. Ainsi, une teinture différente se crée, et "colore" d'une autre manière les sensations diffuses, car non formulées, que je porte.

Je n'ai pas la possibilité de faire un clair distinguo entre "pensée arborescente" et "pensée spatiale". Pour moi, elles se rejoignent. Si l'on part un peu en direction de la physique, l'espace ne peut exister que parce que le temps existe. Sachant que l'arborescence de pensée dont on parle n'a de sens que parce que le temps nous permet de relier un concept ou une idée à ses avoisinants, l'espace se décrit de lui-même.

De plus, j'ai pris comme mécanisme de stockage, non pas des références (mots, titres, actions) mais des concepts. Je ne m’embarrasse plus de ce verbiage, mais préfère garder ce que j'appelle des "macro-données" (Excusez-moi si vous le voulez bien Smile mon métier d'informaticien se rappelle à mon bon souvenir ...). Qu'est-ce à dire ? Que je sais qu'un concept existe, et comment il est relié à ses pendants, satellites ou autres composés avoisinants. Je le sais par l'apprentissage, par la déduction, ou encore par un de ces éclairs de compréhension dont les zèbres sont coutumiers. Ainsi, il m'est facile de retrouver la formalisation de ce concepts dans les recherches que je pratique régulièrement, et de trouver les éléments de mise en œuvre ou de valorisation intellectuelle que je dois délivrer aux autres.

Ceci me permet plusieurs choses :
1/ De ne pas m'encombrer avec des informations de base qui sont facilement récupérables
2/ D’agréger les concepts en "arbre inversé" et de gérer leurs "interfaces" de manière plus cohérente
3/ De "faire de la place" pour utiliser des "index" au lieu de "données" (encore une référence à mon métier, Very Happy ... chassez le naturel, il revient au galop ...)

Je pense sincèrement que les problématiques qu'évoquait Tramber en rebondissant sur mon post sont identiques pour nous tous. Nous avons une conscience aiguë de l'imbrication intangible de tout ce qui nous entoure, et du fait que tout est en interaction. Que chaque mouvement d'un des composés interfère obligatoirement sur les autres (une sorte d'effet papillon). Nous avons même conscience, si voilée soit-elle, que cette acuité qui est la notre change en fonction de cette prise en compte, et que cette prise en compte fait que nous sommes notre propre feedback ! En substance, nous sommes notre propre "tapis roulant" !
Comment alors s'étonner que les autres nous trouvent tellement différents ? Comment s’étonner de la difficulté que nous avons à mettre un mot à un instant T sur un ressenti, sachant que nous sommes à l'écoute permanente de notre environnement, et que celui-ci influe EN TEMPS RÉEL sur ce que nous sommes en train de faire ou de prononcer. Le mécanisme de pensée séquentiel ne se base que sur l'information qui a été proposée au traitement. Les autres se figent donc dans une situation de "stase temporelle" qui leur permet à la fois de se concentrer sur la chose à traiter, et de faire abstraction de l’environnement immédiat et des stimulus afférents. Pas nous !

Ainsi, pour exemple, et de manière purement déontologique, nous faisons parfois rappel des prérequis. Ceci provoque souvent ce qui suit :
1/ Un décalage chez les autres qui trouvent ça hors sujet
2/ Une frustration chez les autres qui savent (Il me prend pour un con ...)
3/ Un digression dans notre propre cerveau (allez, en avant l'arborescence ... !)
4/ Un recherche de réponse sur les questions qui fusent à propos de ce que nous avons dit et qui n'était pas prévu
Etc. etc ...

Cette prise de conscience sur mon décalage me permet à présent, non pas de réfréner ma pensée, mais de comprendre mieux les attentes des gens qui sont en face de moi. Je valide d'abord leurs demandes et leur appréhension de la problématique et j'axe mon discours dessus. Je série mes interlocuteurs et délivre mon message par pans, chacun de ces pans à la personne concernée. ce n'est que lorsqu'on me demande la vue d'ensemble que je "recolle" les morceaux, en ne délivrant que les informations nécessaires à la bonne mise en place des "interfaces".

Ainsi, j'ai plus de tranquillité relationnelle, plus de facilité à trouver les mots, plus de sérénité. Mais c'est un travail de tous les jours ! J'ai en permanence cette frustration de ne pas pouvoir donner ce que j'ai envie de donner, de mentir par omission, de ne pas pouvoir être moi-même ...

Voilà. En espérant participer au débat, et en vous remerciant tous (même si je n'ai parlé ici que de Tramber) des horizons que vous ouvrez dans ma réflexion Very Happy





Dernière édition par Jaisamer le Mar 8 Nov 2011 - 11:23, édité 2 fois

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Fata Morgana le Mar 8 Nov 2011 - 10:27

Le mécanisme de pensée séquentiel ne se base que sur l'information qui a été proposée au traitement.
Oui, mais qui peut le plus peut le moins, la preuve, j'observe que ton énoncé est fondé sur un mode séquentiel tout à fait rationnel.

Tes macros-données chez moi sont des images. Des "imprints" mémoriels. Par exemple je ne retiens bien les évènements et les lieux qu'en fonction des musiques que j'écoutais au moment où je les vivais ou les visitais.
Je ne garde des choses que leurs symboles. Leurs formes stylisées. Tout se réfère en moi à des symboles, des types. Je classe donc mes souvenirs comme un album photo qui contiendrait des figures archétypales. J'épure les détails qui me semblent être des parasites dépourvus de pertinence et je conserve l'image globale, image qui peut être un goût, un parfum, un toucher, un ensemble de formes autant qu'un symbole référencé comme tel. Parfois tout à la fois.
je ramène tout à une figure simple qui contient les données essentielles.
Mais le processus est hyper rapide. Quelques mots, attitudes, et je sais aussitôt à quel type (dans les deux sens du terme) j'ai à faire, ce qui me permet de puiser dans mes réactions précédentes pour interagir aussitôt de la manière adaptée. Sur cette base les différences ne sont que des accidents. Tout se ramène à des schémas désormais préétablis dans ma citrouille et pour le moment, ça fonctionne très bien.
PS, j'ajoute que c'est par l'écriture que je déploie cette forme simple, en expose le contenu. Il m'arrive même de le découvrir ce faisant.

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Invité le Mar 8 Nov 2011 - 12:17

Oui, mais qui peut le plus peut le moins, la preuve, j'observe que ton énoncé est fondé sur un mode séquentiel tout à fait rationnel.

Allez ... qu'est-ce que la "rationalité" ? Par essence étymologique, ce terme décrit une conduite cohérente, voire optimale par rapport aux buts d'un être. Qu'en est il alors de la rationalité de ces buts par rapport aux intérêts des autres ?

Je pars donc du principe, ici, que ta représentation de la rationalité correspond à celle que je perçois dans la définition égoïste que je cite ci-dessus. Cette définition est pour moi limitative, car elle obscurcit la possibilité de suivre le courant de vie qui émerge lors d'un échange quel qu'il soit. Elle donne à croire que reste rationnel un comportement accepté parce que répandu et est, à mon avis, le pendant opposé de l'universalisme.

Bon ... trêve de digressions Wink

Tu ne gardes des choses que les symboles. Oui, je comprends. Des images. J'ai eu une formalisation différente, mais je te rejoins là dessus. Il me vient le mot de polyèdre, où les facettes s'assemblent pour former un tout cohérent.
Ces "souvenirs", comme tu les appelles, sont pour moi reliés par les arêtes du polyèdre dont je parle. Leur forme définitive n'étant pas figée, on pourrait en substance décrire leur évolution comme celle des excroissances d'une fractale de Mandelbrot.
Ainsi, je te rejoins également sur le fait de puiser dans tes réactions précédentes pour réagir, sachant néanmoins que j'y apporterait un complément : Les différences accidentelles que tu cite, même prises comme un accident (une déviance ou un écart type) restent pour moi une donnée d'importance, et sont donc à stocker.
En fait, une fois le principe de base acquis, j'épure comme toi et garde le référentiel ET AUSSI ce que tu qualifié d'accident. Je pense par là même augmenter mon processus réactif, l'exception à la règle me permettant de brosser par la suite une variation possible du comportement.
Pour faire un parallèle avec la physique quantique et éclairer mon propos, tu sais comme moi qu'il est impossible de savoir au même instant où se trouve un électron et mesurer sa vitesse. en fait, il y a l'observateur, l'observé et le système d'observation qui influe sur le comportement de l'observé dans ce processus. La chance que nous avons, en tant qu'humain, est d'être à la fois l'observateur et le système d'observation. Ainsi, même si nous ne pouvons mesurer à la fois "vitesse" et "position", nous pouvons reconnaitre l'objet s'il passe une deuxième fois. Et observer les paramètres que je viens de citer, mais aussi l'influence que nous avons sur lui.
Maintenant, si nous nous plaçons nous-mêmes comme l'objet de notre propre examen, quel potentiel différenciant pouvons nous prendre comme base, puisque nous bougeons nous-même ? Les "accidents" dont tu parles ne seraient-ils pas là les qualifiants du principe d'incertitude d'Eisenberg ?

En résumé, si tant est que nous soyons tous des "mobiles" en introspection, je pense que la "vitesse" relative des uns par rapport aux autres devrait être le vecteur de la référence de communication. Pour encore faire un parallèle physique, je prendrai un photon comme exemple. C'est à la fois une onde et une particule. L'une des composantes ne peut exister sans l'autre. Nous sommes, individuellement, la particule. l'onde est notre moyen de transport, donc de communication en ce qui concerne le parallèle que je voudrais établir. Ainsi, si ce moyen de transport voit sa vitesse ou son axe de déplacement trop décalé par rapport à son vis-à-vis, le niveau d'échange s'en trouve faussé.
Alors, pour en revenir au fait que nous sommes à la fois le mécanisme d'observation et l'observateur, il nous reste à moduler notre axe de déplacement ainsi que notre vitesse. Même si je te rejoins en très grande partie sur le fonctionnement que tu as, je reste persuadé que d'autres n'ont pas capacité à accélérer ou à changer de direction comme nous le faisons. Et qu'il est alors lénifiant pour tous d'apprendre à réduire notre vitesse de croisière de temps en temps ...

Pour en revenir plus sobrement au sujet de discussion dans lequel nous postons à présent, je dirais qu'il est dans mon tempérament de prendre des "images", parallèles, allégories, etc. pour faire "passer" les figures mentales que je construit. C'est cette recherche de "contenu" au sens figuratif du terme, qui, je crois, provoque en moi cette quête permanent du terme le mieux approprié. D'aucun croient sans doute que l'on se noie dans les digressions alors ... Et pourtant.

Au plaisir de te lire Very Happy

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Fata Morgana le Mar 8 Nov 2011 - 12:59

Allez ... qu'est-ce que la "rationalité" ? Par essence étymologique, ce terme décrit une conduite cohérente, voire optimale par rapport aux buts d'un être. Qu'en est il alors de la rationalité de ces buts par rapport aux intérêts des autres ?

Je pars donc du principe, ici, que ta représentation de la rationalité correspond à celle que je perçois dans la définition égoïste que je cite ci-dessus. Cette définition est pour moi limitative, car elle obscurcit la possibilité de suivre le courant de vie qui émerge lors d'un échange quel qu'il soit. Elle donne à croire que reste rationnel un comportement accepté parce que répandu et est, à mon avis, le pendant opposé de l'universalisme.

Non non, je voulais juste dire que les choses sont formulées chronologiquement et de telle manière qu'un non-zèbre peut se faire une très bonne représentation de ce que tu avances ! En d'autres termes on comprend ce que tu dis. Wink
Dans mon cas les formes emmagasinées seraient plus proche d'un instantané. Les accidents y ont leur place, mais pas forcément au niveau conscient, en fait j'ai tendance à tout percevoir de manière globale, j'ai un mal de chien à isoler des éléments. Ce qui est disparate, je dois lui trouver une structure unifiée. Il y a une force d'attraction, disons-le, un tropisme qui me pousse à unir les choses, que les choses soient en paix.
je prendrai un photon comme exemple. C'est à la fois une onde et une particule.
j'imagine que je ne découplerais pas les choses comme tu le fais, je garderais l'image dans sa totalité, c'est à dire la lumière. Je parle ici pour le processus du ressouvenir. Cependant j'ai de gros problèmes relationnels avec les non-zèbres (pas plus tard que la semaine dernière avec mon demi-frère) soudain, les gens se lèvent, furieux, et me traitent de fou, de "manipulé" et d'égocentrique forcené. La question pour moi c'est: "pourquoi est-ce que je ne le vois pas venir ?" Mon épouse affirme que je ne me rends pas compte que je fatigue les gens et qu'au bout d'un moment, ils craquent ! Very Happy Cela me déstabilise beaucoup et me fait de la peine étant donné que la seule chose que je désirais était de communiquer en serrant le fond du problème...Pour ce genre de situation, mon schéma mental fait défaut dans pas mal de situations. Je ne me rends pas compte que je vais trop loin.
Particule--- particulier, source de l'onde--- ce qui est commun, ce qui est transmis. Cette dis-synchronie m'a suivi toute ma vie. J'essaie, mais seulement dans les discussions d'importance, "d'écrire en temps réel" comme un livre (il parait que j'ai parlé très très tôt comme un livre sans que personne ne sache comment j'acquérais les termes que j'utilisais, dixit ma tatan Louise... Very Happy Pour moi l'important c'est que l'idée passe, et non pas celui qui l'énonce. Donc je rationalise au maximum pour éviter les contresens, les malentendus, les faux-amis. Du coup je passe pour pédant ! Very Happy
Les gens sont tellement ingrats... Wink

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par fleur de nacre le Mar 8 Nov 2011 - 14:05

(…)Cela me déstabilise beaucoup et me fait de la peine étant donné que la
seule chose que je désirais était de communiquer en serrant le fond du
problème...(…)


En lisant cette phrase de FataMorgana, sursaut, voilà, c'est ça, le "fond". Mon sentiment c'est que le plus souvent mon interlocuteur n'a pas envie de ça et que ça le dérange. Que ce à quoi il donne de l'importance c'est la forme.
Et "ma" forme le dérange : on me reproche ma passion, ce à quoi je réponds que non, je ne suis pas passionnée, mais intense.
On me reproche alors de couper les cheveux en quatre, de pinailler sur les mots...
Si je suis passionnée, c'est alors un passion pour le contenu, pour le fond justement, la forme m'intéresse aussi mais pas au point d'en faire une passion (sinon il me semble qu'il y a longtemps que je serais devenue riche en création de fanfreluche…).
Cette intensité doublé de ma "passion" pour le fond, de mon besoin de clarté, de communion aussi… c'est peut-être ça qui créé chez mes interlocuteurs (en général) un brouillage émotionnel qui les amène à craquer, se mettre en colère, me rejeter…

Je n'ai pas envie de réfléchir à la manière dont je parle, ça me fait mal d'avance.
Parler… Je fais comme je peux. Et c'est si difficile.
Je sais que je dis si peu par rapport à ce que j'aimerai exprimer.
Et que quand il s'agit de "défendre" mes intérêts, j'oublie généralement d'exprimer ce qui est important.
(Exemple dossiers médicaux : j'ai oublié auprès de la MDPH de dire mes problèmes… résultat : dossier refusé — j'avais pourtant expliqué que je ne sais pas parler de mes problèmes… je suis tout de suite face à une sorte de voile noire, un mur quand on me demande d'expliquer de quoi je souffre, comment je me sens, quelles sont mes difficultés…).

Bon voilà, quelques petits riens, en chemin.
Bonne journée.

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Boq-Boq le Mar 8 Nov 2011 - 15:41

××××××× a écrit:J'épure les détails qui me semblent être des parasites dépourvus de pertinence et je conserve l'image globale, image qui peut être un goût, un parfum, un toucher, un ensemble de formes autant qu'un symbole référencé comme tel. Parfois tout à la fois.
Je ramène tout à une figure simple qui contient les données essentielles.

Ça ressemble furieusement à de la compression de fichier.

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Fata Morgana le Mar 8 Nov 2011 - 16:03

C'est ça. C'est du zip. Une lecture, une réflexion, et paf (ou patatra, c'est selon) tout se dezipe.

Une de mes dernières grandes expériences indicibles, c'est quand j'ai assisté au repas des Lycaons dans le parc animalier de Peaugres.(Ah si, il y avait aussi cette sublime Maserati qui était sur le parking...)
Je savais la nature impitoyable, inflexible, cruelle, mais à ce point là ! Shocked Ces bêtes, quand elles ont une proie en vue sont véritablement un défi pour l'entendement. Leur souplesse, leur rapidité, leur sournoiserie et la hideur de leur cri...ça te laisse glacé. Shocked
(Pourquoi je parle de ça moi ? Suspect )

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Bleu nuit le Mar 8 Nov 2011 - 17:07

[quote="fleur de nacre"]
Je n'ai pas envie de réfléchir à la manière dont je parle, ça me fait mal d'avance.
Parler… Je fais comme je peux. Et c'est si difficile.
Je sais que je dis si peu par rapport à ce que j'aimerai exprimer.
Et que quand il s'agit de "défendre" mes intérêts, j'oublie généralement d'exprimer ce qui est important.
(Exemple dossiers médicaux : j'ai oublié auprès de la MDPH de dire mes problèmes… résultat : dossier refusé — j'avais pourtant expliqué que je ne sais pas parler de mes problèmes… je suis tout de suite face à une sorte de voile noire, un mur quand on me demande d'expliquer de quoi je souffre, comment je me sens, quelles sont mes difficultés…).

En te lisant je ressens quelque chose, le fait que tu provoques ce voile sur tes problèmes/souffrances, tu le dit toi-même le fait de "réfléchir à la manière" dont tu vas parler te "fais mal", n'as-tu pas l'impression de vouloir "rejeter" tes problèmes ? même peut-être inconsciemment maintenant..
Enfin je dit ça comme ça, je ne veux pas te forcer à penser à cela.

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Invité le Mar 8 Nov 2011 - 19:39

Fata Morgana :

Il y a une force d'attraction, disons-le, un tropisme qui me pousse à unir les choses, que les choses soient en paix.

Prends-tu néanmoins l'entropie, la dissonance et les solutions de continuité comme des paramètres dans ta réflexion ?

Fata Morgana :

Soudain, les gens se lèvent, furieux, et me traitent de fou, de "manipulé" et d'égocentrique forcené. La question pour moi c'est: "pourquoi est-ce que je ne le vois pas venir ?" Mon épouse affirme que je ne me rends pas compte que je fatigue les gens et qu'au bout d'un moment, ils craquent ! Very Happy Cela me déstabilise beaucoup et me fait de la peine étant donné que la seule chose que je désirais était de communiquer en serrant le fond du problème...Pour ce genre de situation, mon schéma mental fait défaut dans pas mal de situations. Je ne me rends pas compte que je vais trop loin.

fleur de nacre dit :

on me reproche ma passion, ce à quoi je réponds que non, je ne suis pas passionnée, mais intense.
On me reproche alors de couper les cheveux en quatre, de pinailler sur les mots...
Si je suis passionnée, c'est alors un passion pour le contenu, pour le fond justement, la forme m'intéresse aussi mais pas au point d'en faire une passion (sinon il me semble qu'il y a longtemps que je serais devenue riche en création de fanfreluche…).
Cette intensité doublé de ma "passion" pour le fond, de mon besoin de clarté, de communion aussi… c'est peut-être ça qui créé chez mes interlocuteurs (en général) un brouillage émotionnel qui les amène à craquer, se mettre en colère, me rejeter…


Ce genre de problème m'est arrivé plus souvent que vous ne pouvez l'imaginer. Et j'ai envisagé un début de réponse ... que je vais essayer de représenter par quelques formules liminaires :

1/ notre arborescence de pensée fait que nous trouvons des phénomènes annexes au discours principal pour étayer ce dernier --> Mise en parte à faux de l'interlocuteur en face
2/ notre curiosité insatiable fait que, sans pour autant tendre vers une connaissance universelle, nous en savons souvent plus que le commun des mortels sur les sujets qui nous tiennent à cœur --> mise en porte à faux de l'interlocuteur en face
3/ notre sens de la logique et notre imbrication des ces dernières avec la philosophie et la philologie donne de la profondeur et du sens à notre jugement --> introduction de l'éthique et déstabilisation de l'auditeur

Je pourrais continuer encore et encore ... Alors j'essaye de me mettre à la place d'un joueur de tennis qui envoie 1 balle et qui en reprend 10 au retour. Il en renvoie péniblement 3 et s'en reprend 30 le coup d'après. Il a deux choix là :
1/ il quitte le court dépité
2/ il engueule le joueur d'en face et l'arbitre par la même occasion

Je me dis, quant à moi, que la plupart des discours que l'on entend autour de nous sont à visée sociale, là pour tisser des liens, et seulement en de très rares cas pour aller au fond d'un problème. Je pense qu'il suffit, pour en acquérir une début de conviction, de regarder à combien d'exemplaires sont vendus la plupart des livres que nous lisons tous, gens qui fréquentons ce forum.

Ne prenez pas ce que j'écris comme de l'eugénisme ni une déclaration formelle d'appartenir à une caste. Non. juste pour l’affirmation de notre différence, et pour souligner le peu d'intérêt qu'ont la majorité des gens à axer leur réflexion sur des choses qu'ils acceptent et ont renoncé à analyser. C'est ainsi que leur égo, déjà mis à mal par les contraintes sociétales, se retrouve pris au piège de leur incompétence relative mais fortement ressentie dans les situations que j'évoque. D'où le réflexe de rejet à mon sens.

Je ne crois donc pas que cela soit de l'ingratitude, mais penche plutôt pour le réflexe d'un "animal blessé" qui se défend en mordant.

Pour continuer à répondre à Fata Morgana, je suis fondamentalement d'accord pour faire passer l'idée avant le vecteur de propagation de cette dernière. Il est pourtant de notoriété publique qu'à notre époque, c'est le porteur qui est encensé. Alors, bien que permis dans l'Agora, c'est rejeté dans le domaine privé. Pourquoi ? Parce que que le domaine privé reste le dernier terrain où une certaine liberté d'être et de s'exprimer reste possible, mais toujours en prenant comme base le niveau d'échange médian, relatif à l'équilibre de la masse. encore une fois, pour s'en convaincre, il suffit d'assister à une réunion de cadres d'entreprises par exemple, en dehors des heures de boulot. Plus le nombre de personnes est grand, plus les échanges sont au "ras des pâquerettes" ...
Et puis, il reste néanmoins que le factuel que nous dégageons dans nos discours est, quand il en devient trop "pointu", dénué de tout sentiment, presque froid tant il en est analytique. N'est-ce pas là un sacré contrepoint à ce que je lis de vos remarques (et que je pense des miennes) et lorsque je vois à quel point le rejet des autres nous blesse ?

Bien à vous


Dernière édition par Jaisamer le Mar 8 Nov 2011 - 20:59, édité 2 fois

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par WildZ le Mar 8 Nov 2011 - 20:15

Jaisamer a écrit:Je me dis, quant à moi, que la plupart des discours que l'on entend autour de nous sont à visée sociale, là pour tisser des liens, et seulement en de très rares cas pour aller au fond d'un problème.
Ca me parle tout ça... C'est ce que j'ai mis très longtemps à découvrir.

Quand la plupart des gens aborde un sujet qui m'intéresse et que j'arrive à me mêler à la conversation pour détailler mon point de vue ou apporter des informations nouvelles par exemple, rapidement plus personne n'écoute, et le premier venu qui prend la parole remporte un franc succès.

Je croyais que ce que je disais n'avait pas d'intérêt, que jev m'y prenais mal, que je ne savais pas exposer les choses, mais j'ai découvert en effet que ces gens n'étaient paspour ça. Dans les discussions, ils ne cherchent pas à apprendre des choses, juste à partager un moment ensemble. Je croyais qu'on pouvait faire les deux, mais bon...

Depuis que j'essaie de faire comme eux, ça marche ! Le problème, c'est que pour moi, ce n'est pas naturel...

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Bleu nuit le Mar 8 Nov 2011 - 20:51

Et selon moi je ne pense pas qu'il faut aller contre le naturel, ou alors ne pas que sa t'affecte, que ce soit vraiment juste un rôle que tu te donnes.

Je me retrouve un peu aussi, à toujours chercher à aller plus loin, à montrer les limites de certaines propos ect..
Et à cause de ça je me trouve pas "normal" disons.. je vois les autres qui ont ces facilités à parler, tisser des liens, trouver des sujets de discussions qui intéresses, et moi j'ai l'impression que je ne m'intéresse le plus souvent qu'à des discussions à caractère plus "intelligent" si je puis dire, si on me parle de psychologie, ou si l'on peut m'apprendre des choses, débattre sur un sujet intéressant, qui fait un peu utiliser sa tête, ou alors au moins des sujets qui sortent un peu de la normal, ça me plait, mais pour trouver un sujet qui intéresse vraiment les autres.. c'est plus compliqués, j'arrive parfois à glisser quelques remarques sans trop jeter de froid, mais je me sens parfois plutôt en décalage.. les autres ont l'air de parler si aisément.. alors que moi je pense à ce qui se dit, et ce que je pourrais dire, mais aussi comment on pourrait l'intepreter (des fois), et si je peux le dire.. =/

Comme ce que, je crois, vous avez dit, j'ai plus l'impression qu'ils sont là pour mettre en commun quelques connaissances sur des sujets assez futiles, routiniers.. sur lesquelles ils sont sûr d'être d'accord, et qui n'entraine pas un élan de réflexion..

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Retyar le Jeu 10 Nov 2011 - 0:52

Moi j'ai l'impression de parler en cliquant sur tous les liens hypertexte et partir dessus à chaque fois. En général ça donne A1 A2 A3 (B1 B2 (C1... )B3 B4 (encore plein de trucs dedans) ici aussi d'ailleurs) A4... An avec n souvent grand :p
Je pars dans tous les sens, si on me laisse terminer je termine en bouclant tout le sujet ou en me limitant quand je vois que celui à qui c'est destiné décroche, du genre je vais vite résumer une partie ou juste évoquer tel truc parce que c'est important pour moi mais pas pour la compréhension générale (mais c'est toujours bien de savoir par exemple qu'une matrice orthogonale a trente douze propriétés intéressante et encore plus pas intéressantes)...
Vouala vouala (mais quand je parle de maths on me comprend :p).

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Fata Morgana le Jeu 10 Nov 2011 - 8:16

Plus le nombre de personnes est grand, plus les échanges sont au "ras des pâquerettes" ...

"Regardez comme on est bête quand on est beaucoup." (Colette ou Georges Sand je crois) - de mémoire. Very Happy

Ce qui est vrai, c'est qu'on, enfin je, n'ai pas l'impression du tout de dire des choses si perturbantes que ça, j'essaie d'être logique et simple et ça me paraît même ne pas voler bien haut...Bon, il y a peut-être aussi un trait asperger qui traîne quelque part étant donné que j'ai quand même des difficultés à comprendre comment (et jusqu'où) fonctionnent les relations sociales. Les gens me semblent parfois imprévisibles et irrationnels... Shocked
Mais sur la base de ce qu'écrit Jaisamer, c'est tout un problème aux frontières de la métaphysique qui se fait jour, puisque la communication sert en premier lieu à extérioriser et partager notre monde intérieur. Finalement à l'extrême, en tant qu'êtres humains, nous existons pour communiquer, partager, échanger. De cette impossibilité relative naît le sentiment de solitude et d'incompréhension, une mise au ban tacite et qui pour moi est à l'origine de presque toutes les difficultés psychologiques des zèbres. Quand on voit par exemple sur un forum tel que Zébra le nombre de dépressions, comportements addictifs et autres joyeusetés, on comprend le prix à payer quand on peut communiquer plus et mieux dans une société qui communique, authentiquement, peu... et surtout mal !
1/ notre arborescence de pensée fait que nous trouvons des phénomènes annexes au discours principal pour étayer ce dernier .
Personnellement, je suis un utilisateur forcené de la métaphore. Au vu des effets produit, la positivité de cette manière de faire passer des idées laisse à désirer. A l'inverse, j'ai appris grâce à la pratique de l'écriture à domestiquer les embardées de la pensée en arborescence, au point qu'il me semble repérer la pensée "parasite" au moment même où elle se formule; j'ai crée un fil sur "l'écriture domestique le zèbre" suite à cette constatation. Comme exercice qui nous entraîne à passer de A à B, sans utiliser des a prime, double prime et ainsi de suite, à la longue, c'est plutôt productif. Pour les métaphores, voire les paraboles, à l'inverse, ça n'aide pas vraiment, ça renforcerait plutôt la tendance... What a Face

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Invité le Jeu 10 Nov 2011 - 11:50

Ce qui est vrai, c'est qu'on, enfin je, n'ai pas l'impression du tout de dire des choses si perturbantes que ça, j'essaie d'être logique et simple et ça me paraît même ne pas voler bien haut...

Tu m'arraches les mots de la bouche ... Very Happy

... étant donné que j'ai quand même des difficultés à comprendre comment (et jusqu'où) fonctionnent les relations sociales.

La différence entre un postulat et un théorème ... Je partais tellement du principe que les relations sociales étaient basées sur un théorème (et j'en était totalement convaincu !!) que je ne comprenais pas. Et puis j'ai fini par les envisager sous forme de postulat. J'ai donc lâché prise. Et je dois avouer que cela va mieux maintenant Wink

Mais sur la base de ce qu'écrit Jaisamer, c'est tout un problème aux frontières de la métaphysique qui se fait jour, puisque la communication sert en premier lieu à extérioriser et partager notre monde intérieur.

Tu me fais trop d'honneur Embarassed ! Je vais apporter un complément sur ce que je penses de la communication. J'avais le même ressenti que le tien auparavant, mais il est en train d'évoluer. Extérioriser et partager notre monde intérieur, certes, pour nous deux tout au moins. Mais le discours des autres ne serait-il pas pour nous inciter à rentrer dans le leur ? Pourrais-tu concevoir qu'au lieu de donner (comme ton expression le dit clairement à mon sens), leur discours ne tende pas à vouloir recevoir ? MAIS RECEVOIR UNIQUEMENT A LA HAUTEUR DE LEURS ATTENTES ?

En me projetant ainsi, je pourrais comprendre qu’au début, il soient friands de ce que nous leur offrons, puis, devant l’inondation que nous apportons, ils aient une expression de rejet en se retrouvant affaiblis. En substance, avons-nous suffisamment de recul pour savoir où nous devons nous arrêter ? Avons-nous suffisamment de jugeote pour cerner ceux qui nous font face ? N'est-ce pas notre insatisfaction devant le manque d'interlocuteurs à notre niveau (Rien de péjoratif là dedans, je déteste les comparaisons stériles et par la même hors propos entre deux composants fondamentalement différents) qui nous pousse à nous donner au maximum dès qu'une occasion de nous "lâcher" se présente ?

... on comprend le prix à payer quand on peut communiquer plus et mieux dans une société qui communique, authentiquement, peu... et surtout mal !

Si je puis me permettre de rebondir sur le coté sociétal de la chose ... Une évidence (personnelle encore une fois), se fait jour dans ma tête :
Depuis une cinquantaine d'années, plusieurs phénomènes prennent substance :
- La consommation de masse
- L'éclatement des valeurs familiales
- La glorification du soi
- La course à la beauté, la richesse
- La mise en concurrence sociale et économique
- L'instauration de la lutte entre individus dans le milieu professionnel (salaire avec variable sur résultats pour tous, prime à la performance)
- Etc, etc.

Sans encore partir dans des digressions (arborescentes) en explicitant plus en avant les items que je viens de citer, j'en retirerai sommairement ce qui suit :

La somme d'oppressions sociétales que je viens d'énumérer met subrepticement le doute de soi en avant chez la majorité des personnes. Chez certaines, comme nous, elles sont analysables, formulables, et ceci en pleine conscience car nous avons cette acuité, cette hyper-conscience de notre état et de celui du monde qui nous entoure. C'est bien ça qui rend notre malaise si cuisant, si présent ! Chez les "autres", la négation à tout crin de leur fragilité correspond au mode que dicte la société : Acceptes, sois fort et bats-toi. Rejettes, non pas ce que l'environnement que tu ne maitrise pas t'impose, mais ce que ceux qui t'entourent t'oppose si ce n'est pas dans la norme (Quelle norme bon sang ??? QUELLE NORME ???)

Personnellement, je suis un utilisateur forcené de la métaphore.

J'en suis aussi un adepte Very Happy

Au vu des effets produit, la positivité de cette manière de faire passer des idées laisse à désirer.

Ah bon ? Je n'en suis pas sûr de mon côté ... Étant fan des écrits du comte Alfred Abdank Skarbeck Korzybski (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Korzybski) j'ai beaucoup réfléchi en m'inspirant de ce qui suit extrait de l'article de Wikipédia :

Il a fondé la sémantique générale, une logique de pensée basée sur la physique quantique et les travaux d'Einstein, une discipline pratique pour que chacun puisse prendre un recul critique sur les réactions (non verbales et verbales) à un « événement » au sens large (comprendre ses propres réactions, ainsi que les réactions des autres et leur interaction éventuelle). Cette approche, nouvelle pour l'époque et surtout très structurée, remet en cause les postulats de la logique d'Aristote (IVe siècle av. J.‑C.) élaborée sur la base de la physique euclidienne, et les schémas de pensée aristotéliciens ancrés dans le langage occidental habituel (approche figée, typiquement noir-blanc, sans tenir compte de l'infinité des nuances qui se trouvent dans « le monde où l'on vit »).

Pour les métaphores, voire les paraboles, à l'inverse, ça n'aide pas vraiment, ça renforcerait plutôt la tendance...

Il est clair pour moi que la métaphore est un outil, mais un outil à ne pas employer sans valider auparavant qu'un minimum de "sens d'analyse" préalable existe chez le receveur de cette dernière. Elle ne peut donc, toujours à mon sens, n'être que le seul et unique moyen de diffusion de notre ressenti et devrait, si possible, s'accompagner de parallèles tangibles pour l'interlocuteur.

En l'attente (angoissée ... LOL ... non, non Very Happy, avide ... de vous lire)

Amicalement


Dernière édition par Jaisamer le Jeu 10 Nov 2011 - 12:57, édité 6 fois

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Message par Fata Morgana le Jeu 10 Nov 2011 - 12:14

Je suis un pessimiste de la communication...
MAIS RECEVOIR UNIQUEMENT A LA HAUTEUR DE LEURS ATTENTES ?
Dans le meilleur des cas. Car souvent il apert que c'est bien plutôt une confirmation narcissique qui est attendue ! D'où les conflits qui surgissent brutalement de nulle part pour une affirmation posée qui somme toute était banale.
Avec un deuxième problème "technique" et pratique. Si une personne pose une question (c'est du vécu) la politesse est-il de lui répondre ou de répondre à la question ? Parce que dans le deuxième cas, le seuil de tolérance n'étant pas clairement fixé, on peut franchir le Rubicon sans même s'en rendre compte et récolter une volée de bois vert en guise de dialogue. What a Face
N'est-ce pas notre insatisfaction devant le manque d'interlocuteurs à notre niveau [...] qui nous pousse à nous donner au maximum dès qu'une occasion de nous "lâcher" se présente ?
Sûrement, on a accumulé un grand nombre de frustrations, avec leur part narcissique aussi, et l'occasion de lâcher du lest se faisant rare, nous avons tendance à surinvestir un dialogue pour évacuer le trop-plein. Le problème tout bête que cela pose, c'est que nos interlocuteurs cessent de penser au problème abordé dès qu'on n'en parle plus , alors que nous, nous avons tendance à continuer à fouiller le sujet en aparté, ce qui nous donne à terme une telle longueur d'avance que nous passons au minimum pour des prétentieux pédants - ce qui en fait ne nous intéresse pas du tout . (Arrêtez-moi si je me trompe, mais récolter un concert de louanges est extrêmement pénible quand on n'est pas convaincu soi-même que cette louange est méritée. Il n'y a rien de plus vexant que d'être honoré pour une chose que nous estimons quelconque...Seule la "vérité" compte, et cette nôtre exigence est on ne peut plus castratrice.)
Pour la pression de la société, je m'amuse sadiquement de voir à quel point chacun s'efforce d'être le "parfait objet de son milieu" ! (Expression de Dolto) On a donc à faire à un statut, et non à un individu !
À une fonction, et non à une identité...Et là, vraiment, le bât blesse...
Pour ce qui concerne la métaphore, elle semble fonctionner plutôt (pour moi en tout cas) comme une pensée visuelle, la succession des images racontent le discours. Oui, mais les liens implicites qui les relient entre elles semblent ne pas être perçus. On va donc s'écharper sur un mot plutôt que contempler l'idée dans son ensemble. Je soupçonne même l'interlocuteur d'être à l'affût du mot qui créera la polémique (polèmos=guerre) de sorte qu'il obtiendra la fin de la discussion et parfois à son avantage apparent. Il lui aura suffit d'être le plus méchant pour s'estimer avoir été le plus fort... Very Happy

Ps. Dans ce contexte, la pire des choses est d'avoir pensé pouvoir partager un émerveillement.

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Invité le Jeu 10 Nov 2011 - 14:00

Car souvent il apert que c'est bien plutôt une confirmation narcissique qui est attendue !

Oui ! C'était inclut dans ce que je qualifiais génériquement d'attentes ...

Si une personne pose une question (c'est du vécu) la politesse est-il de lui répondre ou de répondre à la question ? Parce que dans le deuxième cas, le seuil de tolérance n'étant pas clairement fixé, on peut franchir le Rubicon sans même s'en rendre compte et récolter une volée de bois vert en guise de dialogue.

J'ai souvent pris le parti de faire la chose suivante :
1/ répondre à la question posée
2/ répondre aux sous-entendus que je devine, donc répondre à la "vraie" demande implicite (et, sans me vanter aucunement, je tombe souvent assez juste)

Je me suis donc aperçu que c'était totalement destructeur d'un point de vue relationnel ! Cela fait à la fois preuve de compréhension et de "dédain", même de l'expression d'un certain cynisme, ou tout au moins est-ce mon ressenti par rapport au retour qu'on m'en fait.

... ce qui nous donne à terme une telle longueur d'avance que nous passons au minimum pour des prétentieux pédants - ce qui en fait ne nous intéresse pas du tout . (Arrêtez-moi si je me trompe, mais récolter un concert de louanges est extrêmement pénible quand on n'est pas convaincu soi-même que cette louange est méritée. Il n'y a rien de plus vexant que d'être honoré pour une chose que nous estimons quelconque...Seule la "vérité" compte, et cette nôtre exigence est on ne peut plus castratrice.)

Oui ... je suis aussi fortement gêné par ces "louanges" ... Je considère de même que ce que j'ai fait ne nécessite pas de ma part un effort particulier, et que, par là même, je n'ai pas à en tirer gloriole. Et c 'est là que je m'aperçois que le mercantilisme est une chose pour laquelle je ne possède pas d'instrument de mesure. Attention quand même, quand je parle de mercantilisme, je ne réduit pas ce vocable uniquement au processus d'achat/vente de biens matériels. Je l'associe aussi aux relations humaines, car, pour en revenir au discours sociétal de tout à l'heure, je considère que d'aucuns, sinon la majorité, se considèrent comme un "produit" ayant une valeur intrinsèquement forte et donc sait (ou présuppose savoir) sa valeur en se servant de critères édictés par la masse et pris pour des postulats RÉELS !

Alors oui, c'est castrateur. POUR NOUS ! Pas pour les autres qui se reconnaissent dans le fonctionnement de la masse et qui y adhèrent pour ne pas éprouver la fragilité de leurs concepts de devant les pensées exogènes que nous leur communiquons ...

On a donc à faire à un statut, et non à un individu ! À une fonction, et non à une identité...Et là, vraiment, le bât blesse...

Oui, oui. Pour prendre une image, nous avons une ossature interne ... Ils ont une coquille, un exosquelette. Nous sommes "mous" à l'extérieur, durs à l'intérieur. Chez eux c'est l'inverse ...

Oui, mais les liens implicites qui les relient entre elles semblent ne pas être perçus. On va donc s'écharper sur un mot plutôt que contempler l'idée dans son ensemble.

Effectivement ces liens ne le sont pas. Pour, à mon avis, deux grandes raisons :
1/ parce que c'est notre manière d'être intrinsèque qui les a forgés. Le discours que nous poursuivons ici nous amène doucement à comprendre que, malgré les différences d'expression, d'exemple, de termes, le recouvrement de nos ressentis existe bel et bien. Mais nous prenons le temps de passer au dessus des différences sémantiques et de l'expression de ces dernières pour aborder le fond. Parce que nous avons ces fameux liens en conscience et que nous acceptons de les re-parcourir.
2/ parce que c'est une remise en cause du fonctionnement sur postulat qu'on leur inculque à la base. négation de la créativité et de l’existence en tant qu'être unique porteur de valeurs différentes mais complémentaires.

Quelques citations de Nicolas Boileau à ce propos :
- "Du choc des idées jaillit la lumière"
- "Avant donc que d'écrire, apprenez à penser"
- "Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément."

Et c'est donc le pouvoir qu'il reste à l'autre, celui se battre sur la sémantique d'un mot considéré comme un pivot de fragilité pour enfin asseoir une forme de puissance que la perturbation apportée par la couverture globale qui est la nôtre lui donne le sentiment de perdre.

Pour aller dans ton sens, il n'y a pas de conscience de la durée chez l'interlocuteur. Il n'y a pas cette notion de "perdre une bataille mais ne pas perdre la guerre". C'est l'instantanéité qui prime. A partir de ce moment, la négation de l'expérience devient la règle, n'est-il pas ? En poursuivant, nier l'expérience, ne pas analyser le pourquoi fait qu'une stase s'installe ...

N'est-ce pas donc là un moyen pour nous si nous en sommes conscient, de faire l'effort de nous adapter et de prendre le temps de, tout doucement, faire évoluer nos interlocuteurs ?

Dans ce contexte, la pire des choses est d'avoir pensé pouvoir partager un émerveillement.

Oh que oui !!! Mais là encore, c'est quelque chose qui nous est propre. Cette profonde sensation de s'inscrire dans la globalité n'est malheureusement pas une denrée commune ...


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Message par chien_errant le Sam 12 Nov 2011 - 12:23

...




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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Fata Morgana le Sam 12 Nov 2011 - 13:07

1/ répondre à la question posée
2/ répondre aux sous-entendus que je devine, donc répondre à la "vraie" demande implicite
Le problème étant de parvenir à les distinguer l'une de l'autre...Et là, tant que je n'ai pas compris la spécificité de mon fonctionnement, la discussion se terminait dans la plupart des cas en crises de nerfs... What a Face
Là où l'on perçoit une unicité et une conjonction des éléments, eux ont des cloisonnements. Avec la question afférente: qui des deux est le plus adapté ? Mais même cette distinction est encore artificielle, car "eux" plus "nous" formons l'humanité; c'est principalement un désir sous-jacent totalitaire de l'une ou l'autre partie qui crée quelque chose de disjonctif dans cette unité. C'est la même Raison qui chez l'un conclue: tout est esprit et corps (descartes) , chez l'autre: tout est corps, (matérialisme/Épicure ?) chez l'autre tout est esprit ( berkeley) , et chez l'autre, nihiliste (Sartre) il n'y a ni corps ni esprit. De fait ma réflexion emprunte l'une et l'autre de ces possibilités.
(L'exactitude des propositions ici est seconde et n'a d'utilité que pour la démonstration) Or ce sont les facettes d'une seule et même raison à l'œuvre que nous observons dans ces propositions qui tâtonne A TRAVERS l'un ou l'autre penseur. C'est comme si la raison avait une existence autonome A TRAVERS ses représentant ( La noosphère de Chardin ?) Comme si les penseurs divers étaient des vecteurs de "SA" communication.
Cette manière unifiée de voir est d'ailleurs plus proche de "notre" façon de voir que de la "leur". Disons alors: nous sommes de ce "coté-ci" (du coté globalisant) de la raison.

si ce n'est que pour moi la communication n'a pas du tout vocation à partager notre intérieur
Cette phrase en apporte à elle seule un démenti formel... Rolling Eyes
Car tu n'as pas apporté là une information "pure" telle que l'heure qu'il est ou la température extérieure, mais bien un ressenti...


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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par chien_errant le Sam 12 Nov 2011 - 13:31

.


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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Invité le Sam 12 Nov 2011 - 13:34

Le problème étant de parvenir à les distinguer l'une de l'autre...

Est-ce le vrai problème ? Ou ne se situerait-il pas plutôt au niveau de l'acceptation immédiate que nous devrions faire de la non-globalisation de notre interlocuteur à l'instant T de notre conversation ?

Or ce sont les facettes d'une seule et même raison à l'œuvre que nous observons dans ces propositions qui tâtonne A TRAVERS l'un ou l'autre penseur

Oui. Cette sensation diffuse que j'avais du mal à formuler vient de prendre corps au travers de tes mots. N'est-ce pas là néanmoins la démonstration que toute chose porte en elle son propre vecteur de construction/destruction ? Le tout annihile le mouvement, et cette notion se rapproche de la vacuité, concept cher au bouddhisme :

Quand on dit que les choses sont vides d'existence propre, on veut dire qu'elles sont composées et n'existent pas par elles-mêmes, c'est-à-dire qu'elles dépendent des autres pour exister. Quand on considère un objet, on n'y trouve nulle part d'entité, seulement des parties interdépendantes. De plus, comme les phénomènes sont impermanents, ils sont transitoires, ils n'existent pas durablement. C'est en ce sens que l'on parle de non-soi, de vacuité d'existence propre. Les phénomènes ne renvoient pas à un substrat durable (l'Être), ni à une absence de cause (le Néant), mais à d'autres phénomènes en réalité relative.

Le concept de « vacuité absolue » est cependant ce qui s'approche le plus du "néant" de la philosophie occidentale, et le nirvāna est défini dans les textes comme "là où il n'y a rien, où rien ne peut être saisi" (Sutta Nipāta, 1093-1094). Le nirvāna est en fait un état d'esprit où il n'y a plus de "choses". Les objets n'ont pas d'existence en soi, ils sont composés. Mais les parties elles-mêmes sont composées. Dans le bouddhisme, on considère généralement que l'on peut procéder ainsi jusqu'à arriver à la conclusion qu'il n'y a rien qui constitue les choses. Le bouddhisme affirme l'existence interdépendante tout en niant son essence. D'où l'expression du Sūtra du Cœur :

« La forme est vide et le vide est forme. »

Alors, je te rejoins dans la globalisation, et sa manifestation au travers de l'impermanence.


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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Nomin le Sam 12 Nov 2011 - 13:57

Jaisamer ,tes réponses sont le parfait exemple .
je suis dyslexique , pour moi tu utilises trop de mots et de phrases compliquées pour exprimer une idée simple, c'est comme si on demandait à quelqu'un le résultats de divisé 10 par 5 au lieu de dire tout simplement 2,
lui utilise des tas d'opérations pour arriver au même résultat 2.

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Invité le Sam 12 Nov 2011 - 14:11

Nomin dit :



Nomin ... L'intitulé du post est : "Et vous, comment parlez-vous ?"

Donc oui, mes posts sont le parfait reflet de ma manière de parler. Mais ton
Jaisamer ,tes réponses sont le parfait exemple .

n'est pas complet ... Le parfait exemple de quoi ?

Je ne suis pas là pour mettre en cause la manière de discourir de qui que ce soit, mais livre mon cheminement et ce que j'en ressens. Cet exposé ne se veut pas réducteur, mais, si je puis dire, laisse trainer des "fils" auxquels j'ai envie de se voir accrocher des raisonnements qui m'interpellent autant que j'aimerais interpeller.
Ainsi, je suis content de provoquer une réaction quelle qu'elle soit, à la condition même qu'elle soit argumentée, mais pas dans le but de me faire plaisir seulement.

Ici, fondamentalement, je me retrouve frustré. Parce que j'ai le sentiment que tu t'attaches uniquement à la surface des choses, à l'emballage plutôt qu'au cheminement réflectif. Ceci n'est pas un jugement de valeur, mais mon profond ressenti comme tu t'es permis d'exprimer le tien.

Je serais heureux de te relire ceci étant Very Happy

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

Message par Nomin le Sam 12 Nov 2011 - 14:48

Jaisamer a écrit:Nomin dit :



Ici, fondamentalement, je me retrouve frustré. Parce que j'ai le sentiment que tu t'attaches uniquement à la surface des choses, à l'emballage plutôt qu'au cheminement réflectif. Ceci n'est pas un jugement de valeur, mais mon profond ressenti comme tu t'es permis d'exprimer le tien.

Je serais heureux de te relire ceci étant Very Happy

simplement mon hémisphère gauche précisément la région de la lecture n'est pas très développée chez moi d'où ma dyslexie, contrairement à ce que tu penses je te comprends mais pour lire tes réponses ça me demande pas mal d'efforts et de concentration.

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Re: Et vous, comment parlez-vous ?

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