Comment retrouver l'élan vital ?

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Message par Dirhavel le Mar 28 Jan 2020 - 5:21

Salut à tous,

J’écris ces lignes afin d’obtenir des conseils, des témoignages, des suggestions, quant à la façon, aux méthodes, aux détours mentaux potentiels pour retrouver l’élan vital, l’élan vers l’extérieur, vers l’action, force essentielle que j’ai perdue ces dernières années en tant qu'étudiant, et que je ne parviens pas à retrouver.

Je m’explique. J’ai entamé voilà plus de trois ans, après une scolarité réussie et (quasiment) sans effort dans le secondaire, des études supérieures plutôt exigeantes à Paris. J’y ai passé trois ans (dont un redoublement de ma première année) et j’effectue actuellement ma quatrième année universitaire à l’étranger. Cependant, quitter mon cocon familial protecteur, quitter ma ville natale, quitter le lycée et son encadrement, fut perdre une vie dans une bulle, facile, confortable, sans presque aucun effort. Il faut noter que s’y pointait déjà une forte tendance à la mélancolie et la procrastination, qui n’était pas handicapante au regard du peu d’exigences de ma vie de lycéen.

Mais qui l’est devenue une fois que j’avais mis les pieds à Paris, étudiant supposé autonome, soudain responsable de lui-même. Pour résumer, le schéma de chaque année universitaire est à peu près le même depuis lors. En septembre, je reviens plutôt frais et motivé de mes vacances. Pendant celles-ci, j’ai eu le temps de perdre les kilos pris l’année précédente, de me ressourcer auprès de ma famille et, surtout, de m’auto-hypnotiser de sorte que je me réinstalle dans ma chambre parisienne (ou, cette année, dans une capitale étrangère) convaincu que cette fois ça ne va pas se passer comme ça; que je ne vais pas sombrer à nouveau dans l’apathie, la procrastination maladive, la solitude, la déprime et la détestation de soi, tout en malmenant abondamment mon pauvre corps par le grignotage. Oh non !

C’est pourtant exactement ce qu’il s’est passé à chaque fois. Voici le schéma. Pendant les premières semaines de septembre et octobre, à peu près rechargé en énergie par un été à me remettre de l’année précédente, c’est-à-dire à ne pas faire grand’chose, je suis plutôt de bonne humeur. Et comme je suis de bonne humeur, je suis confiant et crois sincèrement que cette fois je ne vais pas recommencer et m’autodétruire à nouveau. Je sors un peu, passe du bon temps avec mes amis, regarde des films, joue à mes jeux favoris, lis un peu, me détends, bref je me fais plaisir avec mes loisirs, tout en reportant à plus tard les premiers devoirs à rendre qui arrivent sur la table, qui ne paraissent alors pas si considérables.

C’est le stade de la fainéantise, toute bête. Procrastination étudiante classique, rien de surprenant ni de particulièrement maladif. C’est quasiment assumé et je n’en tire pas de culpabilité, car je m’amuse plutôt bien. À ce stade, me mettre au travail sur les premiers devoirs ne me paraît pas abominable, seulement un peu pénible. Ils ne m’inquiètent donc pas beaucoup : j’ai encore tant de temps d’ici les échéances !

Puis s’approche la première échéance, début octobre généralement. Un exposé à réaliser ou un devoir écrit à rendre. Pour dans une semaine. J’ai le temps, me dis-je, mais je sens qu’il faut s’y mettre le plus vite possible, sinon je vais encore le faire la veille au soir en me maudissant de tous les noms ! Sauf que je n’ai pas envie, et le mot n’est pas assez fort. Quelque chose de profond, un sentiment de rejet viscéral, s’empare de moi, refuse de ne pas avoir le choix. Il faut s’y mettre, maintenant. Ou demain, ou après-demain, mais dans la semaine qui vient, à un moment, il va falloir mettre les mains à la pâte et agir, le faire, réellement. Non fantasmer de le faire plus tard en s’auto-hypnotisant, non envisager de le faire bientôt, ce que je fais depuis plusieurs semaines. Non, le faire, pour de vrai, passer dix heures d’affilée ou réparties sur plusieurs jours à agir et écrire ce truc. Et ça, je n’arrive pas à l’accepter, ce “il faut”, ce “je n’ai pas le choix”, m’est insupportable.

La semaine s’écoule, je pense tout le temps à ce foutu devoir, la représentation mentale que je m’en fais paraît de plus en plus affreuse et lourde. Je surestime la quantité de travail et de douleur qu’il va m’imposer. La raison me dit qu’il suffit de scinder le travail en plusieurs séances de 30 minutes. J’essaye, je me traîne à la bibliothèque chercher les livres et articles nécessaires pour le sujet. Epuisant, je rentre et laisse tout sur mon bureau, retour aux loisirs et à la détente, qui déjà sont complètement gâchés par la culpabilité.

Je décline une invitation de sortie le lendemain en me disant qu’il faut absolument que je commence le devoir, trouve une problématique et un plan… Je me retrouve à procrastiner seul sur des choses sans intérêt qui en ont soudain beaucoup (Youtube ou Twitch) car j’ai encore moins envie de le faire, ce maudit devoir. Plus le temps avance, moins j’ai le choix, plus ma répulsion est grande à l’égard dudit devoir. Plus j’ai l’impression qu’en m’y mettant, je “cède”. Je me mets à le haïr tellement, lui qui me remplit de culpabilité et de stress depuis une semaine, que la pensée de “s’y mettre” est de plus en plus pénible et douloureuse.

Bientôt, il ne reste plus que 24 heures avant l’échéance. Dont, dans le déroulement normal des choses, une nuit de sommeil et les heures de cours précédant celui où le devoir est dû. A ce stade, j'entre dans la déprime. Cela fait plusieurs jours que je ne sors pas, que je ne fais quasiment plus rien à part procrastiner sur Internet pour fuir la réalité, que je déprime et ressasse ma haine de moi-même.

Soudain, la peur s’empare de moi. Je reviens brutalement à la réalité. Et si je ne rends pas le devoir ? Il va falloir l’assumer. Soit en TD face à l’enseignant, soit, si je sèche par lâcheté, par mail car il va se manifester. Assumer face aux autres étudiants que je connais, qui ne manqueront pas de poser des questions. Assumer de prendre l’énorme risque de rater une matière importante car le devoir a un gros coefficient. La peur alors s’empare de moi, faire le devoir n’apparaît plus si affreux face à de telles conséquences. Et d’une traite, en rognant soit sur ma nuit soit sur mes autres cours, je fais le devoir.

Je le rends, ou je passe (dans le cas d’un exposé) comme si de rien n’était, pour l’enseignant et les autres étudiants ce n’est qu’un exposé normalement conduit parmi d’autres. Un sentiment de soulagement immense m’envahit. Mais pas de satisfaction. Je n’arrive pas à être content de mon travail (qui est pourtant en général très bon, au final) accouché dans de telles conditions et de telles extrémités émotionnelles. Ainsi les dommages de la semaine passée faits à l’estime de soi ne sont pas réparés. Je me sens juste vidé de toute énergie et de toute motivation. Je me hais d’avoir, encore une fois, procédé de cette façon, comme pour chaque maudite échéance depuis plus de trois ans. Je n’ai qu’une seule envie : qu’on me laisse en paix pour que je m’en remette.

Sauf que la réalité de mes responsabilités (pourtant maigres) en tant qu’étudiant ne me laisse pas ce loisir. Une ou deux semaines plus tard, il y a une autre échéance. Elle se fait rapidement urgente. Surtout qu’après celle-ci, il y a une semaine où j’ai deux échéances. Il faudrait donc prendre de l’avance. Sans oublier de rattraper les cours séchés pour finir le devoir précédent au dernier moment. Sans oublier les papiers pour renouveler le pass Navigo étudiant, les papiers pour l’allocation logement, le loyer du mois, l’appel à faire au banquier pour telle ou telle raison, etc.

Alors, déjà épuisé que je me sens après le premier devoir du semestre, écrasé par la perspective de toutes ces choses à faire que je n’ai aucune envie de faire, toute volonté consciente, toute motivation, tout élan dynamique m’a quitté. Et le scénario du premier devoir se répète, de pire en pire, pour chaque échéance du semestre (et du suivant). Je m’isole, je grignote, je fuis la réalité des jours entiers les yeux rivés sur mon écran ou l’esprit plongé dans mes rêvasseries et la musique.

A la fin de l’année, je me sens moralement et psychologiquement ruiné, lessivé, l’estime de soi frôlant le zéro. Je rentre chez moi et passe l’été à m’en remettre. A retrouver la ligne, me détendre, essayer de retrouver un peu de joie de vivre. Sauf en première année, où je n’ai pas tenu le second semestre, ce qui a entraîné un redoublement, l’année a toujours été, au final, réussie et je suis passé à l’échelon suivant.

Toutefois, je souffre tout le long de chacune de ces années, sombrant à nouveau à chaque fois dans ces longues périodes de déprime où je procrastine maladivement, je ressasse mes regrets, je m’autodétruis. J’ai écouté de nombreux conseils de mes proches, j’ai consulté deux psychiatres, j’ai beaucoup réfléchi, mais rien n’y fait. Je retombe à chaque fois de nouveau dans les mêmes travers.

Le problème est assez tordu. Car, au fond, une première réaction aurait pu être de me dire que j’ai mal choisi mes études et que c’est la raison pour laquelle je bloque autant sur chaque tâche qu’on m’y donne. Peut-être. Toutefois, les études que je fais comportent les disciplines qui intellectuellement me plaisent le plus et m’ont toujours plu. Je n’ai d’ailleurs aucun problème, et n’éprouve que du plaisir - sauf lorsque je procrastine un devoir -, à aller en cours magistral prendre tranquillement des notes, sans rien à produire moi-même. C’est tout à fait passionnant et stimulant en général. Certains professeurs sont un pur plaisir à écouter des heures durant.

Mais seulement écouter. Dès qu’on me donne un devoir en TD, le blocage est tout aussi intense, que j’aime la matière ou non. Ce que je constatais déjà au lycée, où je procrastinais autant matières que j’aimais et matières qui me laissaient indifférent. Dès que je dois ensuite réviser ces notes que j’ai prises, pareil.

Je me suis beaucoup sondé et, en vérité, sur le plan intellectuel, je pense que la seule et unique chose qui réellement me motive et m’entraîne à faire des efforts intellectuels, outre la création artistique (il m’arrive d’écrire, bien que pendant ces années de déprime permanente 8 mois sur 12 j’aie rarement trouvé l’énergie de le faire), est la construction permanente (et jamais aboutie) d’une sorte d’immense système de compréhension du monde, intégrant le plus de perspectives et de réalités possibles. Au fil de cet exercice intellectuel permanent, qui jamais ne me quitte, j’alterne des périodes où je me concentre sur une approche ou une autre, un thème ou un autre. Il est arrivé, rarement, que cet intérêt du moment colle exactement au sujet d’un cours, voire, encore mieux, d’un devoir. Ce furent les seules fois (deux ou trois) où je ne suis pas rentré dans mon cercle vicieux et que j’ai fait le devoir de bon coeur.

Le problème est qu’absolument aucune formation du supérieure, ni d’ailleurs, plus tard, aucun métier, ne permet de rentre cette correspondance plus fréquente. Au contraire, de ce point de vue, les études que je fais son quasi optimales. Dans d’autres études, le niveau d’occurrence serait proche de zéro. Ce serait encore pire.

En quelque sorte, au sein des études, seuls les cours magistraux ou les parties magistrales des TDs (ce qui arrive souvent car il y a beaucoup de choses au programme…), apports bruts de savoirs et d’analyses de ces savoirs, suscitent chez moi un réel intérêt, car une large partie de tout cela vient nourrir directement mon modèle de compréhension du monde et, souvent, l’aspect qui me travaille particulièrement à ce moment précis. J’en retiens en général les savoirs les plus essentiels, les plus marquants, et surtout les analyses. Le reste part vite aux oubliettes, sauf anecdotes intéressantes ou évocatrices, car n’est pas significatif du point de vue d’une réflexion générale transdisciplinaire : ce sont des détails.

Cela rend donc les devoirs écrits, exposés ou révisions, qui consistent généralement à rentrer dans le détail d’un sous-sujet du sous-sujet qu’est déjà le cours en lui-même, dans le but d’en faire une analyse bornée aux règles de la discipline, sans saveur. Bien que la discipline concernée en général m’intéresse beaucoup, ce n’est que sous un certain angle qui m’est très personnel, et par conséquent, généralement, le sujet qu’on me donne à traiter m’indiffère au plus haut point.

Voilà pour les raisons pour lesquelles je ne pense pas avoir choisi la mauvaise orientation (il est probable que ce serait pareil ou pire ailleurs), si tant est qu’il y en avait une bonne pour moi. Et pourquoi je pense ne pas réussir à me motiver pour ces études qui pourtant correspondent à mes centres d’intérêts intellectuels.

Cependant le résultat est là : chaque année, confronté aux responsabilités d’un étudiant, essentiellement rendre ces damnés devoirs et exposés et réviser ces satanés examens, accumuler des milliers de détails pour rédiger des dissertations plates et bornées par des règles disciplinaires, je m’effondre et sombre dans un cercle vicieux où je ne parviens même plus à consacrer du temps et de l’énergie à ce que j’aime vraiment : mes proches, mes amis, l’écriture… Mon imaginaire créatif et ma construction d’un modèle de compréhension du monde, eux, survivent ces périodes bien que je leur donne moins de temps de cerveau dans mes longues heures de procrastination malative.

(Note : cela peut paraître grandiloquent et prétentieux mais le désir de bâtir un tel système est profondément ancré dans mon caractère, c’est plus fort que moi, et cela ne m’empêche pas de savoir que, bien qu’il me paraisse si immense et puissant, je ne suis bien entendu pas plus avancé que quiconque pour comprendre ce qu’il nous arrive.)

Je me heurte donc depuis tout ce temps à un obstacle infranchissable : hors la peur des conséquences qui me fait m’y mettre au dernier moment dans la douleur, impossible de se motiver du fond du coeur pour devoirs et révisions. Or, et ce n’est qu’un constat, je suis un grand enfant, et quand je ne suis pas motivé du fond du coeur pour faire un truc, je ne le fais pas. Tout mon moi rationnel et biberonné aux valeurs de réussite par le labeur, d’excellence scolaire, de discipline, voudrait qu’il n’en soit pas ainsi, se rêve en étudiant rigoureux qui s’organise bien, démarre ses devoirs et révisions en avance, fait ses petites fiches de dates progressivement…

Mais la réalité est que contre ce discours de mon moi rationnel, contre le discours de mes parents (la vie est faite de contraintes, il faut s’y habituer et apprendre à se forcer, faire des efforts et tutti quanti), contre l’idéal que j’ai construit pendant mon adolescence de ce que je devrais être (l’étudiant sérieux et brillant), choses avec lesquelles je me suis toujours pensé théoriquement en accord… contre tout cela, la réalité de mes désirs, de mes envies et par conséquent de mon comportement réel, n’a jamais obéi.

Mon problème serait alors le résultat de la confrontation, que les études et leurs contraintes révèlent dans mon cas le mieux, entre deux idéaux, l’un contre l’autre d’abord, et ensuite chacun contre la réalité :

- l’enfant avide de liberté, qui ne demande qu’à ce qu’on lui fiche la paix pour vivre d’errance jouissive dans son univers mental, entre philosophie et imaginaire créatif; et de loisirs et de bon temps avec ceux qu’il aime à côté.
- l’idéal de l’homme sérieux et responsable, maître de lui-même par la raison et la discipline, dans les études comme plus tard ailleurs : il s’y prend à l’avance pour toute tâche, il s’organise bien, etc.

Notons que les deux “idéaux” que je décris là ne proviennent pas de ma pensée rationelle où d’une réflexion consciente sur ce que devrait être mon idéal en tant que personne. J’ai juste essayé d’extraire par l’introspection ce que je ressentais au fond de moi, en m’efforçant de ne pas me mentir. Ce sont deux idéaux irrationnels, il n’y a rien de réfléchi là-dedans, et en avoir conscience, comme d’ailleurs avoir conscience de tout ce que j’ai dit plus haut, n’a jamais vraiment changé les choses, sinon en les rendant plus cruelles car je suis plus lucide face à mes comportements qui ne changent pas. Cela dit je me ments certainement encore beaucoup à moi-même et tout n’est pas clair sinon je n’en serais pas à écrire ces lignes.

C’est précisément cela qui m’amène aujourd’hui. J’ai atteint, à force d’introspection, je pense, un certain niveau de compréhension de la façon dont je fonctionne. Mais il me manque quelque chose. Cela fait plusieurs mois que j’en suis aux constats que j’ai fait ci-dessus, mais cela ne change rien. Je bloque sur les mêmes obstacles, il me manque une clé.

J’ai essayé désespérement de trouver une perspective, une façon de voir les choses, de tourner mon esprit, pour percevoir les tâches que j’ai à faire autrement, pour trouver une façon de me motiver, mais jusqu’ici il n’y a rien à faire. Je n’ai pas envie ! je n’arrive pas à dépasser ce fait. Les injonctions de mon “moi” rationnel et de l’extérieur, qui sont les mêmes d’ailleurs (“il faut le faire”, “tu n’as pas le choix”, “c’est la vie, il faut grandir”, “il faut accepter de faire des efforts et apprendre à s’y forcer”) restent lettre morte, n’ont jamais eu aucune influence sur mon comportement sinon générer de la culpabilité. Je n’arrive pas à me forcer pour des raisons purement rationnelles, ou alors au prix d’une énergie folle et seulement après des heures de procrastination toxique.

Arrêter les études tout court, puisque ça ne me réussit pas, et aller sur le marché du travail trouver un petit boulot ? Je l’ai envisagé, mais, d’abord, je suis trop lâche pour assumer un tel choix, qui serait un énorme virage dans ma vie; ensuite, je n’ai aucune assurance que ce ne serait pas encore pire pour mon moral, entre le sentiment de déchéance [bien sûr, ne pas avoir de diplôme et aller directement sur le marché du travail faire un petit boulot n’est pas déshonorant en soi, mais prétendre que je ne ressentirais pas un sentiment de déchéance sociale assez douloureux si je le faisais serait mentir hypocritiquement] et l’incertitude quant à l’avenir que ça rajoute. De plus, le fait de devoir assumer ça socialement (parents, amis, connaissances) est au-dessus de mes forces.

Je me retrouve donc sans réelle solution sous les yeux et cherche toujours comment, sachant tout cela, trouver une approche, une perspective, une attitude grâce à laquelle aborder l’existence dans les années qui viennent en évitant ces affres, ou tout au moins en limitant bien davantage leur portée. Pour revenir à ce que je disais en introduction, je cherche à retrouver l’élan vital, celui qui jadis me faisait agir, aller de l’avant, tenter des choses, sortir, aller vers le défi… D’une certaine façon, il était déjà en voie de disparition avant l’entrée dans le supérieur, mon apathie adolescente à partir de la troisième en témoigne. Mais au contact des études et du mal qu’elles m’ont donné, je perds à nouveau chaque année le peu de cet élan que je retrouve pendant l’été.

Tant de personnes m’ont prodigué des conseils, s’orientant vers différentes solutions : pour l’un le problème fondamental est que je suis trop seul… j’ai pourtant eu quelques périodes où je suis beaucoup sorti (notamment les rencontres avec des membres ZC en 2017) alors que j’étais dans mes tourments habituels. Cela n’a pas changé grand’chose : en bon adepte des ascenseurs émotionnels, je passais de l’euphorie de m’être fait des amis au désespoir une heure plus tard, une fois rentré et confronté au sujet d’exposé qui m’attendait toujours et que je n’avais décidément toujours pas envie de faire. L’énergie et la motivation tirées des interactions sociales réussies sont indéniables, je ne suis d’ailleurs pas un ermite du tout, mais je n’ai jamais réussi à les rediriger sur le travail à faire. Au contraire, il me saoule encore davantage. Cela ne m’apparaît donc pas une solution.

Pour d’autres (papa, maman), et ils ont raison au fond, le problème est que je ne grandis pas et refuse mes responsabilités (alors qu’elles sont bien maigres, pourtant), il faut que j’accepte que la vie est aussi faite d’efforts et de contraintes et que j’apprenne à y faire face. Certes. 100 % d’accord en théorie. Mais me dire cela ne m’a jamais ni touché ni aidé ni motivé. Au final, une fois face au devoir à faire, je n’ai pas envie, point. J’ai eu beau tourner et retourner l'impératif moral et le principe de réalité dans ma tête, c’est du vent sans effet pour mon coeur. Ils ne m’aident à la rigueur qu’à me motiver par la peur au dernier moment. Ce qui ne règle pas le problème.

J’avoue être assez perdu et ne plus savoir sur quelle piste m’engager pour changer les choses, tant tout cela est confus et rendu lourd par des milliers d’heures de ressassement stérile.

Je vais m’arrêter là. Désolé pour le roman, et merci à quiconque aura eu la patience de me lire jusqu’au bout !


Dernière édition par Dirhavel le Mar 28 Jan 2020 - 8:18, édité 4 fois (Raison : corr)

Dirhavel

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Message par zebrisse le Mar 28 Jan 2020 - 22:11

Salut,

Tu m'a l'air d'être dans un curieux mélange de burn-out/bore-out/brown-out...
Je souhaite partager quelques clés avec toi, peut être que ça t'aidera.

Selon la perspective bouddhiste, pour parvenir à mettre en place un effort de qualité, il est judicieux de mettre en oeuvre 4 "pouvoirs" :

- le pouvoir de l'aspiration :
C'est la motivation proprement dite à accomplir ton travail.
La motivation se construit et se développe, en contemplant encore et encore les bienfaits de s'engager dans la pratique concernée, et les dangers/inconvénients de ne pas s'y engager.

- le pouvoir de la joie
Il est important de développer de la joie lors de nos activités.
L'idéal est d'arriver à être comme des enfants qui jouent, ils sont hyper absorbés par leur activité.

- le pouvoir de la constance
Il s'agit de mettre en place un effort régulier, même petit.
Notre effort doit être comme un ruisseau qui s'écoule en permanence ;
et non pas comme une cascade qui s'écoule bruyamment pendant une durée courte, avant de s'arrêter complètement.

- le pouvoir de la détente
Il s'agit de ne pas trop se griller par d'intenses efforts répétés, mais plutôt de mettre en place des phases de détente (sorties, loisirs, ...) pour décompresser afin de retrouver notre énergie au plus vite.


Dans ton cas, actuellement tu n'es pas en possession de ces 4 pouvoirs ; à toi de t'engager dans une réflexion sur ces points pour voir si tu peux parvenir à changer la donne.
Si jamais un tel changement n'est pas possible, je prévois que ton année va continuer à se poursuivre dans la douleur.

En parallèle à la question de la gestion de l'effort, je t'encourage également à réfléchir sur les alternatives que tu évoques (arrêter les études).
Analyser ce sentiment de déchéance sociale que tu évoques pour le décortiquer et l'affaiblir me semble très pertinent. Idem quand à l'incertitude face à l'avenir. Idem quand à l'idée de devoir assumer ça socialement.

Bon courage !
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Message par Opossum le Mar 28 Jan 2020 - 22:13

Bonsoir,
J'ai pensé un instant assez long à te conter la vie, aussi longue que la tienne, d'une personne que j'estime énormément.  Mais peut-être n'est-ce pas opportun.

Je te laisse ce lien http://www.sourcedoptimisme.com/article-metaphore-l-ane-dans-le-puits-et-son-maitre-63845439.html .  Peut-être te sera-t-il utile.
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Message par izo le Mar 28 Jan 2020 - 23:48

Ah les devoirs ...je me bagarre quelques soirs là dessus avec mes fistons. Je me bagarrais jadis contre moi même pour les miens. J’ai beau sortir tous les beaux discours qui me viennent je ne convaincs pas encore ma grainaille de s’y mettre. Laissons le temps s’y coller me dis-je. 
Mon moteur en ce qui me concernait était la mauvaise note obtenue la veille que je devais rattraper. Aussi avais-je un bulletin yoyoique au possible et donc au bout du compte la moyenne. Je calculais les points et suivant les pondérations alignais mon énergie comme on aligne les planètes. Service maximum. Effet rasoir. Jusqu’au jour où les devoirs ne réclamèrent plus de moi un savoir à plaquer sur un habillage déjà surfait (à mon goût), mais une réflexion propre que je pris pour le coup à la façon d’une composition. D’ailleurs, je composais. Mettais dans mes oreilles une musique (c’était le choix le plus dur: laquelle mettre, quel tempo, quelle respiration ? ). Une fois le choix valide, en lien avec l’humeur et tôt le reste, j’y allais de bon cœur quelque soit la matière, quelle soit scientifique ou pas. Aussi je transforme (cela fonctionne encore) un truc barbant en création, retrouvant le goût de créer, de produire sous prétexte d’un écrit imposé. Superbe subterfuge. Je me trompe en effet proprement, offrant à mon esprit une présentation autre me jouant de lui pour m’y méprendre et l’enrôler dsns cette danse que je ne désire au départ pas mener.
 Bon je ne sais pas si tout ceci est utile pour toi. C’est posé....
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Message par zebrisse le Mer 29 Jan 2020 - 15:54

Un autre point : je t'encourage à te débarrasser de ce sentiment de culpabilité.
Tu peux te considérer comme souffrant d'une maladie : la procrastination.
Subir cette maladie n'est pas un choix de ta part ; tu as peut-être les ressources intellectuelles pour accomplir tes travaux, mais tu n'en n'a pas l'énergie psychique.
Du coup, tu peux te considérer avec bienveillance : "bon, ben encore une fois je n'ai pas avancé sur mon travail. C'est normal, je n'en n'ai pas les capacités psychiques actuellement."
Y a pas besoin de se traiter de nul ou de mauvaise personne.
Ca n'apporte rien : au contraire ça ajoute une couche de souffrances.

Plutôt que la culpabilité, tu aurais avantage à cultiver le regret : "je regrette de ne pas m'être avancé sur ce travail, car maintenant je suis en difficulté".
(Et éventuellement tu peux compléter en te promettant à toi même de t'y prendre plus tôt la prochaine fois.)
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Message par I am just Nath le Mer 29 Jan 2020 - 21:14

Il est plein de bons conseils ce fil et le titre est superbe.

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L'envie. Johnny Hallyday. Musique.

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Message par I am just Nath le Mer 29 Jan 2020 - 21:17

Ben il doit être dans sa forêt l'élan, Vital.  Assomme


Rien à voir avec la carte vitale, ou si ?  Assomme
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Message par siamois93 le Mer 29 Jan 2020 - 23:02

«Ne pas attendre pour agir».
Sinon, la dépression, c'est une vraie maladie soignée par de vrais médecins avec parfois de vrais médicaments.
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Message par Taem le Jeu 30 Jan 2020 - 17:01

Hey, 22 ans étudiant tout comme toi. Avec exactement le même schéma de fonctionnement. Bon j'ai pas tout lu je t'avoue c'était un peu dense.

Seule solution trouvée ? Je suis différent des autres, ma méthode c'est de rien foutre des semaines et de passer un mauvais moment durant les périodes où les échéances sont à rendre. Je suis stressé, anxieux, etc etc. Je mange mal, dors peu, refume, etc.

Pour autant, depuis que j'arrive à me dire "c'est comme ça, fait toi confiance, dans les faits tu y arrives toujours (bien sûr sauf comme toi une fois de temps en temps comme ton semestre raté mais ça ne fait pas de nous des étudiants bizarres, ils sont légions à redoubler un moment ou l'autre de leur vie).

Et bien je le vis beauuuucoouuuup mieux. Oui, je suis incapable de bien faire mon travail quand il faut comme il faut. Oui, ça me met dans des états pas possibles. Mais au final ça passe. Et c'est ce qu'on attend de moi à la fac, que ça passe. J'suis là pour le diplôme, de toute façon quand je veux apprendre vraiment un truc en réalité j'ai même pas l'impression de faire la démarche pour apprendre quelque chose. Genre, quand je lis sur un sujet qui m'intéresse, ben je retiens tout ou presque.

J'arrive pas à bosser ce qu'on me demande petit à petit en temps et en heure ? Tant pis. Est-ce que j'échouerai peut-être ? Possible. Est-ce que ça doit m'arrêter ou miner ma confiance en moi ? Je crois pas.

Ca fait 20 ans qu'on est dans des systèmes éducatifs qui ne sont pas fait pour notre fonctionnement. Pourtant on est encore là, alors je dirai que c'est à prendre en compte, qu'on s'en tire pas si mal finalement.

Et l'échec est humain, on apprendra de nos échecs au pire. Mais on va pas se martyriser parce qu'on peut pas être comme tout le monde alors que de toute façon ça n'y change rien. On ne PEUT pas. Tant pis. Donc je profite de mes moments d'acalmie, je vis, je souris, puis quand ça devient la merde, c'est la merde et là c'est le mode dos rond + Sprint activé. Avec un résultat Ok à l'arrivée.

Si je veux être perfectionniste j'ai qu'à l'être dans mes loisirs.

J'espère que ça te parlera, je pense que ton plus gros problème sont les attentes irréalistes que tu as vis-à-vis de toi-même et de ton fonctionnement.

T'es surdoué t'as pas à être le meilleur, tant pis si tu fonctionnes comme ça, tant que tu peux atteindre tes objectifs, ne serait-ce par un trou de souris.

Et oui... Les moments de rush sont horribles... Mais bon, ils ont une fin Smile

EDIT : Tu es la planche de surf et l'université la mer. Tu ne peux que glisser sur elle, tu ne peux pas tout contrôler.
EDIT2 : c'est bon j'ai tout lu !

Taem

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Message par Dirhavel le Dim 16 Fév 2020 - 23:11

Merci pour vos réponses à tous!

@zebrisse Sur ton premier message, ce que tu dis me paraît juste et, finalement, pas si différent de bons conseils que j'ai pu entendre ci et là en dehors de toute perspective bouddhiste. J'aurais tendance à adhérer sur le plan intellectuel à ces quatre points, toutefois il m'est difficile de les traduire par des actes, comme tout conseil ou toute solution d'ailleurs. D'une manière générale, je trouve qu'il y a un gouffre entre penser clairement une solution d'une part, et la ressentir et réellement la mettre en oeuvre d'autre part.
Sinon, sur le sentiment de culpabilité, tu touches juste. Le fait que j'aie passé tant de temps à ruminer et m'en vouloir d'être faible n'aide à l'évidence pas du tout. Difficile toutefois de changer ma perception négative de moi-même. J'y travaille.

@Opossum: j'aime bien la métaphore de l'âne et du puits. La difficulté de supporter l'effort est l'une des principales dimensions de mes soucis, en effet. Et je manque tant d'énergie ces dernières années que je ne me suis pas vraiment amélioré en apprenant à supporter progressivement des quantités d'effort plus grandes, voire y prendre plaisir. Au contraire... Sinon, ton autre phrase m'intrigue. Je serais heureux de te lire, s'il te prend l'envie de raconter cette histoire.

@izo: Tromper mon propre esprit, ou en tout cas modifier ma représentation de la tâche ou ma façon de l'accomplir de sorte qu'elle paraisse plus attractive, me paraissait en effet une solution que j'ai essayé, mais je n'y parviens guère. Pour l'instant. J'essaierai de nouveau, cela m'apparaît comme une bonne piste.

@I am just Nath: désolé, la musique de Johnny n'est pas trop ma tasse de thé, ce qui n'empêche pas que recourir à la musique d'une manière générale est une chose merveilleuse. Elle fait fi des idées noires qui enserrent mon esprit pour en appeler directement à mon coeur et mes tripes. J'en écoute souvent. Sinon, content que le titre te plaise ^^

@siamois93: en effet, si je ne tardais pas à agir, tout irait bien. C'est ce que je recherche. Je n'arrive pour l'instant pas à dépasser le fait que sans motivation ni envie de faire quelque chose (ou sans peur), je n'ai aucune énergie pour agir. J'essaye de trouver un moyen de changer, jusqu'ici en vain. Mais je ne désespère pas. Pour ce qui est de la dépression, je n'en suis jamais loin, mais jamais vraiment dedans. L'un des psychiatres que j'ai consultés a proposé un jour un anxiolytique léger. J'aurais peut-être dû accepter, je finirai peut-être par essayer cette solution un jour.

@Taem: stress, anxiété, manger mal, dormir peu et autres joyeusetés, je m'y reconnais en effet. La comparaison avec les autres étudiants m'a parfois rassuré oui. Surtout de me dire que d'un point de vue extérieur les gens verraient quelqu'un qui réussit sa vie, et s'il a un coup de mou un semestre ou deux c'est pas si grave; ça aide à prendre du recul. Et en effet, au final, ça passe la plupart du temps et on ne nous demande rien de plus, on est pas des surhommes haha.

J'ai du mal cependant à accepter et vivre sereinement cela. Malgré moi, l'angoisse va me pourrir toute autre activité que j'entreprends dans les périodes où je procrastine un truc, gâchant l'essentiel du plaisir et de la satisfaction. L'échance suivante m'obsède toujours tant que je m'en suis pas débarassé, c'est plus fort que moi. C'est sans doute là-dessus que je dois travailler, entre autres.

"quand je veux apprendre vraiment un truc en réalité j'ai même pas l'impression de faire la démarche pour apprendre quelque chose. Genre, quand je lis sur un sujet qui m'intéresse, ben je retiens tout ou presque." Je vis la même chose.

Tu vises juste sur les attentes irréalistes par rapport à moi-même. C'est ce que me répète ma mère et m'ont dit beaucoup d'autres personnes, d'ailleurs. Cela me revient souvent à l'idée comme le coeur du problème.

Je suis heureux de voir que tu as trouvé une façon de mieux vivre ton fonctionnement, en tout cas. Cela fait chaud au coeur.

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Message par I am just Nath le Lun 17 Fév 2020 - 15:43

Le but n'était pas de te faire devenir un fan de Johnny mais que le texte de cette chanson je trouve qu'il n'y a rien de tel pour retrouver un élan vital
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Message par Opossum le Lun 17 Fév 2020 - 21:23

Bonsoir,
Pour te répondre, c'est plus la mise en parallèle qui me paraissait inopportune. Nous vivons dans une société où le diplôme est devenu une chose quasiment nécessaire pour assurer relativement facilement ses propres besoins. C'est peut-être une intuition de cet ordre qui induit cette pression et qu'elle te paralyse autant, en plus du reste.
Il parait qu'en situation de stress, trois attitudes sont possibles : l'attaque, la fuite et la paralysie (si j'ai bien retenu).
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Message par B.illy le Mar 18 Fév 2020 - 2:52

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Message par Taem le Mar 18 Fév 2020 - 20:15

Dirhavel a écrit:

@Taem: stress, anxiété, manger mal, dormir peu et autres joyeusetés, je m'y reconnais en effet. La comparaison avec les autres étudiants m'a parfois rassuré oui. Surtout de me dire que d'un point de vue extérieur les gens verraient quelqu'un qui réussit sa vie, et s'il a un coup de mou un semestre ou deux c'est pas si grave; ça aide à prendre du recul. Et en effet, au final, ça passe la plupart du temps et on ne nous demande rien de plus, on est pas des surhommes haha.

J'ai du mal cependant à accepter et vivre sereinement cela. Malgré moi, l'angoisse va me pourrir toute autre activité que j'entreprends dans les périodes où je procrastine un truc, gâchant l'essentiel du plaisir et de la satisfaction. L'échance suivante m'obsède toujours tant que je m'en suis pas débarassé, c'est plus fort que moi. C'est sans doute là-dessus que je dois travailler, entre autres.

"quand je veux apprendre vraiment un truc en réalité j'ai même pas l'impression de faire la démarche pour apprendre quelque chose. Genre, quand je lis sur un sujet qui m'intéresse, ben je retiens tout ou presque." Je vis la même chose.

Tu vises juste sur les attentes irréalistes par rapport à moi-même. C'est ce que me répète ma mère et m'ont dit beaucoup d'autres personnes, d'ailleurs. Cela me revient souvent à l'idée comme le coeur du problème.

Je suis heureux de voir que tu as trouvé une façon de mieux vivre ton fonctionnement, en tout cas. Cela fait chaud au coeur.

J'irai pas jusque dire que je vis mieux mon fonctionnement, j'en suis qu'aux balbutiements et je reste bien seul dans une marée humaine Laughing J'arrive pas à assimiler que oui on fonctionne pas pareil, que j'ai 98% de chance que la personne n'est pas mon fonctionnement... Pour autant, souvent je l'oublie et je me déplace dans le monde comme si tout le monde était pareil, jusqu'à la déconvenue suivante Wink

Puis si tu veux tout savoir, par exemple, là je lâche mon M1 et je fais du forcing pour recommencer un cursus en L1 ! A presque 23 ans après une licence et 2 tentatives de M1 :p Je sais pas si c'est vraiment mieux vivre mon fonctionnement... Quoiqu'en fait, si quelque part, mais plus de l'ordre d'aller vers ce qui m'attire vraiment. Après, la fac (dans mon cas), ben ça reste la fac... Les gens, ça reste des gens... Les cours, ça reste des cours... Les examens, ça reste un exercice de style... Etc etc.

Je sais pas pourquoi je dis ça, si ce n'est pour dire que non je suis loin également de vivre ça sereinement, mais je pense que si on commence à travailler sur ce mode de fonctionnement à 22 ans on a encore une bonne chance de gagner du temps sur notre parcours de vie Smile

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Message par zebrisse le Sam 7 Mar 2020 - 10:45

Dirhavel a écrit:J'aurais tendance à adhérer sur le plan intellectuel à ces quatre points, toutefois il m'est difficile de les traduire par des actes, comme tout conseil ou toute solution d'ailleurs. D'une manière générale, je trouve qu'il y a un gouffre entre penser clairement une solution d'une part, et la ressentir et réellement la mettre en oeuvre d'autre part.

Ce qui semble indiquer que, sur la question de la gestion de l'effort, tu ne te vois pas de marge de progression possible ?
Dans ces conditions, je crains que tu n'imploses à moyen terme : complétement lessivé, il te faudrait alors longtemps pour récupérer ton énergie psychique. (plus de 6 mois ? Aucune idée mais je suis pessimiste)

Du coup, tu risques la double peine : rater ton année ET être à plat en énergie, incapable de faire quoi que ce soit.

zebrisse a écrit:
je t'encourage également à réfléchir sur les alternatives que tu évoques (arrêter les études).

Je suggèrerais donc de lâcher progressivement du lest au niveau des études (mode "balek")
Aller simplement écouter les cours magistraux ou les parties magistrales des TDs qui viennent nourrir ton modèle de compréhension du monde ?

zebrisse a écrit:
Analyser ce sentiment de déchéance sociale que tu évoques pour le décortiquer et l'affaiblir me semble très pertinent. Idem quand à l'incertitude face à l'avenir. Idem quand à l'idée de devoir assumer ça socialement.

Sur ce point, je peux apporter mon témoignage personnel.
Ca marchait pas mal pour moi dans les études (diplôme d'ingénieur), mais après 5 ans dans le marché du travail, je suis arrivé à la conclusion que je n'étais pas fait pour ce monde là.
Suite à une sorte de burn-out, j'ai démissionné, avec le sentiment qu'il n'y aurait pas de retour en arrière vers le monde du travail. C'était une sorte de déchéance sociale. J'ai du annoncer ma décision à mes parents, que je pensais decevoir énormément (mais en fait, ils l'ont bien accepté).
Par la suite j'ai cherché à m'en sortir avec différents projets dirigés vers l'autosuffisance avec un mode de vie simple (habitat léger). L'important pour moi étant que j'aie suffisamment de temps libre pour pouvoir progresser dans ma compréhension du monde et mes loisirs.
Mes projets ont alors échoués les uns après les autres. Je suis donc revenu vivre chez ma mère.
Vu de l'extérieur, ça fait 10 ans que je stagne ainsi, mais en réalité j'ai pu mettre ce temps à profit pour explorer plein de domaines (innombrables lectures de livres et recherches sur le net, mini formations, expériences variées pour se confronter à la réalité, et énormément de réflexion personnelle) et faire un gros travail sur moi.
Concernant l'avenir, je me fais très peu de soucis ; cela résulte notamment d'avoir développé une grande foi en Dieu/Bouddha/Allah en particulier avec le bouddhisme, mais aussi en vérifiant en pratique, que dans toutes les situations je finis par retomber sur mes pattes.
J'ai maintenant une très grande sérénité, et une vie que je qualifierais de très épanouissante, même si elle ne rentre pas dans les critères de 98% des gens.
Tout ça pour dire que le statut social n'est pas une condition nécessaire à l'épanouissement personnel.
Après, à chacun son parcours ...
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