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Message par SparklingLance le Dim 15 Déc 2019 - 14:33

Hello ling et bienvenue,

J'espère que tu trouveras tes réponses ici ou ailleurs ^^

J'ai longtemps repoussé Jéröme Bosch car je n'aime pas la noirceur qui s'ajoute à l'obscure... Quel intérêt de noircir le sombre ? Le noir sur le noir? (Soulages en est fasciné semble-t-il et je reconnais son art sans le comprendre vraiment.  Le noir brille et illumine?)
Mais avec le temps, j'ai pris la peine de le regarder de près Bosch; de fouiller dans sa laideur picturale et j'ai vu sa lumière. C'est étrange comme une forme de pensée rend invisible et impénétrable ce qui est pourtant évident.

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Message par Invité le Dim 15 Déc 2019 - 15:38

Bonjour Sparklinglance et merci ;

"C'est étrange comme une forme de pensée rend invisible et impénétrable ce qui est pourtant évident"
Oui . trés juste .
Il n'est de pire aveugle que celui qui ne veut (ne peut ? ) (pas encore? ) voire.
"Seule guérit la blessure , la lance qui la fit ." Parzifal .
(Voire les vitraux de Soulages à  l'abbaye de conques  , au couché ou au levé du soleil .)

"Le noir brille et illumine?"

Chez Platon , celui qui sort de la caverne , est , dans un premier temps , aveuglé par le "trop" de lumière .

C'est Le mystère , paradoxe  :
La lumiére ne peut s'éclairer elle méme ; ainsi elle se connait ténèbre .
"la lumière était dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas compris" St Jean : prologue .

Chez  Jacob Boehme :

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nuit;jour/ nimilana:unmilana:
Du point de vue ultime, l’univers n’a jamais commencé et ne finira jamais pour la simple raison que le temps continu n’existe pas, pas plus que le passé (simple phénomène de mémoire), le futur (simple projection de la mémoire) ni même le présent (qui, sitôt pensé, est déjà passé). Il n’y a que des instants toujours «actuels» dès que la conscience s’en saisit et il n’existe nulle part d’entité, de substance appelée «Temps» qui relierait ces instants entre eux. L’instant, en vérité, n’est que la «durée d’un acte de conscience[17]». Seule cette conscience «mesure», supporte les choses et leur prête une réalité. Le yogî, qui ne croit pas au Temps, sait en revanche se glisser dans le vide interstitiel qui sépare les instants successifs, il les disjoint, les disloque, pour rejoindre le Coeur, l’instant-choc, l’instant éternel . Au terme de ce voyage au centre du Soi, dont nous n’avons esquissé que quelques aspects, le pèlerin, devenu «roi des yogîs» (yogîndra), aura acquis, sans vraiment le chercher, le double pouvoir de Shiva: celui de rétracter le monde en un seul point (samâdhiaux yeux clos:nimîlanamâdhi) et celui de le manifester, dans une libre et totale expansion des sens (samâdhiaux yeux grands ouverts:unmîlanasamâdhi).
https://www.almora.fr/fichiers/LE_COEUR.pdf

« Oh mon âme, laisse-moi entrer en toi maintenant. Regarde à travers mes yeux les choses que tu as créées. Tout est lumineux. "
"La ligne rouge " Terence Malick , fin

Ainsi , comme il m'a semblé le comprendre , à propos du sujet de ton ouvrage en projet , il arrive qu'on "meurre( avant de) pour vivre" Smile .



Siamois
Courbette
La profondeur , c'est la peau .

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Message par izo le Dim 15 Déc 2019 - 16:17

Merci pour ce regard floral, intouché, édénique selon certains (de Chazal ) ou survivant selon un autre (Rimbaud).
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Message par Invité le Dim 15 Déc 2019 - 20:33

Merci de le re co (n)naitre , de le re ce voire .

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Message par Invité le Lun 16 Déc 2019 - 10:39

"A l'alta fantasia qui manco possa
Ma già volgeva il mio disio e 'I velle
si come rota ch'igualmente è mossa

l'amor que muove il sole et l'altre stelle ."



Dante , Pradisio , derniers vers .



Le haut symbole perd ici son pouvoir ;
mais déjà il tournait mon désir et LE vouloir
tout comme roue également mue

l'amour qui meut le soleil et les autres étoiles .


le "voile" de l'amor:
On pourrait même ajouter que ce symbolisme de l’amour a parfois été employé également dans l’Inde ; et, pour s’en tenir au monde musulman, il est assez singulier qu’on parle toujours presque uniquement à cet égard de la poésie persane, alors qu’on peut facilement trouver des exemples similaires dans la poésie arabe, d’un caractère non moins ésotérique, par exemple chez Omar ibn El-Fârid. Ajoutons que bien d’autres « voiles » ont été employés également dans les expressions poétiques du Soufisme, y compris celui du scepticisme, dont on peut citer comme exemples Omar El-Khayyam et Abul-Alâ El-Maarri ; pour ce dernier surtout, bien peu nombreux sont ceux qui savent qu’il était en réalité un initié de haut rang ; et, fait que nous n’avons vu signalé nulle part jusqu’ici, il y a ceci de particulièrement curieux, pour le sujet qui nous occupe présentement, que sa Risâlatul-Ghufrân pourrait être regardée comme une des principales « sources » islamiques de la Divine Comédie.
https://oeuvre-de-rene-guenon-libre.quebec/oeuvre/livres/Rene%20Guenon%20-%201925%20-%20L%27Esoterisme%20de%20Dante%20+%20appendice.pdf




Abul-Alâ Al Maari:

"Si on me demande quelle est ma doctrine,

Elle est claire :

Ne suis-je pas, comme les autres,

Un imbécile ? "



"Deux sortes de gens sur la terre :

Ceux qui ont la raison sans religion,

Et ceux qui ont la religion et manquent de raison."


"L’homme peut-il s’enfuir

Du domaine de son Seigneur ?

S’échapper de Sa terre et de Son ciel ?



Les os sont-ils rien d’autre

Que frondaison des branches ?

La sève est-elle autre

Que sang fraîchement versé ?



Comment passer une heure dans la joie,

Sachant que la mort est mon créancier ? "












Jean de la Croix :
"Moyen de parvenir au tout.

Pour parvenir à ce que tu ne sais pas

Tu dois passer par où tu ne sais pas.

Pour parvenir à ce qui ne te plaît pas

Tu dois passer par ce qui ne te plaît pas.

Pour parvenir à ce que tu ne possèdes pas

Tu dois passer par où tu ne possèdes pas.

Pour parvenir à ce que tu n'es pas

Tu dois passer par où tu n'es pas.



Moyen de posséder le tout

Pour parvenir à savoir tout

Ne désire rien savoir de rien.

Pour parvenir à tout ce qui te plaît

Ne désire rien posséder de rien.

Pour parvenir à être tout

Ne désire être quelque chose en rien.



Moyen de ne pas empêcher le tout.

Quand tu t'arrêtes à quelque chose,

Tu cesses de te jeter dans le tout.

Pour parvenir totalement au tout,

Tu dois renoncer totalement à tout.

Et quand tu parviendras à tout posséder,

Tu dois le posséder sans rien désirer.

Car si tu dois posséder quelque chose en tout

Tu ne possèdes pas ton trésor, pur, en Dieu.



Indice que l'on possède tout.

Dans ce dénuement l'esprit trouve

Quiétude et repos,

Car, ne convoitant rien, rien

Ne le pousse vers le haut, et rien

Ne l'oppresse vers le bas, car il

Se trouve au centre de son humilité.

Car lorsqu'il désire quelque chose

En cela même il se lasse.



Néant, néant, néant, néant, néant.  Et sur le mont, néant. Et là il n'y a pas de chemin, car pour le juste, il n'y a pas de loi."

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Message par izo le Lun 16 Déc 2019 - 10:57

elles sont curieuses les questions de Abul-Alâ Al Maari:, déjà, il coupe le monde en deux, d'un coté ceux-là et de l'autre ceux-ci se déclarant pour sa part différent (dont tiers). C'est une manie fâcheuse ce découpage, certes il aide à comprendre, à la rigueur à se représenter les choses, mais cependant partiellement. Ensuite il réduit l'humain à sa seule raison ce qui est également fâcheux. enfin il parle d’échappatoire, comme si elle était la règle en toute vie, dont celle notamment d'échapper à la mort vue comme un créancier. "Comment passer une heure dans la joie Sachant que la mort est mon créancier ? " Étrange question ...
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Message par Clive le Lun 16 Déc 2019 - 11:07

Merci pour le partage Ling...

Izo ça déconcerte, certes. Il faut diviser pour distinguer. Il s'agit de discernement, pas de jugement égotique.
Et non pas réduit à la raison. Réduit à la raison, ou à la foi. Beaucoup, ici, penchent d'un côté ou de l'autre. Je dois être un énergumène, un imbécile également, pour ma part.
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Message par izo le Lun 16 Déc 2019 - 11:26

je préfère relier plutôt que de diviser pour comprendre et non point distinguer, à moins que cette opération parte du plus petit déterminant ou composant pour aller vers la grande somme, c'est-à-dire celle qui permet tout au juste de voir l'objet dans ce qu'il peut offrir de visible.
Ensuite quoi mettre sur la balance qui fasse qu'elle va pencher du coté-ci de la croyance ou du coté-ci de la logique ? Pour ma part je ne me partage pas aussi nettement, et c'est heureux. Je ne suis même pas un pivot c'est dire. Quant au je je ne m'en préoccupe pas tant à vrai dire.
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Message par Clive le Lun 16 Déc 2019 - 11:44

De l'ordre au chaos. Du chaos à l'ordre.
La division permet de descendre, de se concentrer, de se porter sur les détails. C'est le chemin de l'incarnation. Comme un zoom sur un microscope. Bien évidemment, c'est un processus à réaliser sans son ego, qui introduira du jugement, de la dépréciation, ou qui déformera les éléments étudiés par un filtre dissonant.
La connexion permet de rassembler, de lier, d'embrasser le tout. C'est le chemin de l'illumination. Là également, il convient de laisser l'égo de côté (car oui on a un égo spirituel).
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Message par izo le Lun 16 Déc 2019 - 12:02

mince voici les pôles qui surgissent, extrêmes souvent, le chaos et l'ordre. (J'espère que je ne pollue pas ce fil). le fini, l'infini alors qu'on est incapables de trancher peut être parce qu'on ne peut tout trancher finalement. A quoi sert une mathématique qui ne pourrait trancher ? A quoi sert une classification qui ne pourrait ranger ?
Ce qui est bien entre tout cela est finalement la circulation pour cheminer, circuler non dans un cadre car, au cadre, je préfère le registre car le premier se fie trop aux interprétations (on bute alors sur la formulation et dieu sait si on y passe du temps là dessus !), alors que le second, beaucoup moins, se fiant principalement à un jeu de conversions (on change de l'intérieur pour comprendre, on décale juste la mesure, on la déforme pour l'ajuster à l'objet). C'est moins résistant et donc plus agréable, comme poussière au vent. Au gré de...
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Message par Clive le Lun 16 Déc 2019 - 12:09

Je ne veut pas polluer ce fil non plus...

Comme me disait un ami musicien, la musique c'est :
-10 ans pour apprendre à jouer de son instrument et comment marche la musique,
- et 10 ans pour désapprendre.
Après, éventuellement, on peut jouer. Very Happy
Clive
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Message par izo le Lun 16 Déc 2019 - 12:19

Clive a écrit:Je ne veut pas polluer ce fil non plus...

Comme me disait un ami musicien, la musique c'est :
-10 ans pour apprendre à jouer de son instrument et comment marche la musique,
- et 10 ans pour désapprendre.
Après, éventuellement, on peut jouer. Very Happy

tu oublies la transpiration (donc le corps)....
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Message par Invité le Lun 16 Déc 2019 - 12:32

Merci  pour ce beau "pas de deux" .
Smile

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Message par Invité le Lun 16 Déc 2019 - 12:35

L'amor , c'est beau .

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Message par SparklingLance le Lun 16 Déc 2019 - 12:41

Bonjour ling,


Merci pour ta vision des choses très sophistiquée ( j'entends pas là, aboutie, intelligente, cultivée) et remplie de sagesse.


Il n'est de pire aveugle que celui qui ne veut (ne peut ? ) (pas encore? ) voire.
"Seule guérit la blessure , la lance qui la fit ." Parzifal .
Ne peut ... pas encore ... J'ai un défaut qui me fait rougir; c'est de constater la vérité et de la rejeter en bloc ainsi perdre des années à refuser d'accepter ce qui est simplement sous mes yeux...

(Voire les vitraux de Soulages à  l'abbaye de conques  , au couché ou au levé du soleil .)
Je m'étais promis d'y aller. Un rappel :-)

Chez Platon , celui qui sort de la caverne , est , dans un premier temps , aveuglé par le "trop" de lumière .

C'est Le mystère , paradoxe  :
La lumiére ne peut s'éclairer elle méme ; ainsi elle se connait ténèbre .
"la lumière était dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas compris" St Jean : prologue .
La lumière a besoin de l'ombre pour exister et inversement.
Ce que Platon évoque est la difficulté à reconnaitre ce qui est bon après une longue période passée à ne voir que son contraire?
Faut il alors fermé les yeux pour appréhender la lumière pendant un moment ( renier le beau, l'ouverture) ? Ou est ce le risque que l'on prend de ne pas la reconnaitre et de lui tourner le dos ?

« Oh mon âme, laisse-moi entrer en toi maintenant. Regarde à travers mes yeux les choses que tu as créées. Tout est lumineux. "
"La ligne rouge " Terence Malick , fin
magnifique :-)

Ainsi , comme il m'a semblé le comprendre , à propos du sujet de ton ouvrage en projet , il arrive qu'on "meurre( avant de) pour vivre" Smile
C'est le principe de la vie n'est ce pas ?
Mourir et renaitre. Chaque soir je meure et chaque matin, je nais.

Voulons-nous avoir raison ou être heureux?

Je me pose souvent la question...

Au plaisir de te lire encore :-)
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Message par Clive le Lun 16 Déc 2019 - 13:03

Lux umbra dei est.
La lumière est l'ombre de dieu.

Nous vivons à chaque inspire et mourons à chaque expire.
En même temps, vie et mort sont liées (cf l'Ouroboros).
Clive
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Message par Invité le Lun 16 Déc 2019 - 13:26

"J'ai un défaut qui me fait rougir; c'est de constater la vérité et de la rejeter en bloc ainsi perdre des années à refuser d'accepter ce qui est simplement sous mes yeux..."

La conscience  de l'inconscience est parfaite conscience , car , ou serait la liberté (de la conscience) et son infinité , s'il elle ne pouvait étre aussi la possibilité de se voiler, par elle-méme et à elle méme ,  en sa danse de 7 ou 7OOOOO voiles , qu'on appelle monde(s) .

"Faut il alors fermé les yeux pour appréhender la lumière pendant un moment ( renier le beau, l'ouverture) ? Ou est ce le risque que l'on prend de ne pas la reconnaitre et de lui tourner le dos ? "


"Va vers ton risque" comme disait un prince des poétes , en son Char ...

Quand je ferme les yeux , "avant" toute pensée , sensation , que vois "Je" ?
Du noir avec du (des points) blanc(s).

Par une nuit claire , quand je regarde le ciel étoilé , que vois "Je" ?


Et si ce qui est vu , ce qui voit et le voire était une tri-unité .

Et si tout (cela) était "Je" ?


Peut on tourner le dos à la totalité ?

Peut on avaler l'Ouverture ?


"C'est le principe de la vie n'est ce pas ?
Mourir et renaitre. Chaque soir je meure et chaque matin, je nais. "

En chaque inspire , monde crèé ,
En chaque expire , monde résorbé .
Divine Respiration  .

Filles et fils de l'instant ,
toujours , seulement , maintenant .
Pour nous ,
quelle autre réalité ?


"Voulons-nous avoir raison ou être heureux? "

Voulons nous avoir
ou étre ?

Voulons nous !

Avoir la chose ( fut-elle raison ), n'est-ce étre chosifié ?

Etre , présent infini .
Qu'y dire d'autre
que "Merci" .
Comme Un .

Seule nécessité, présence,
Seule acte,
grace  rendue .
Comme Une .




Merci pour la lumière que tu es , Sparklinglance .

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Message par siamois93 le Lun 16 Déc 2019 - 14:21

Le ciel étoilé est toujours là même en plein soleil, comme la nuit le soleil est là aussi.

Avoir conscience de la quasi-sphéricité de la Terre et de l'espace non vide autour, m'apporte un quelque chose de différent.
Je pense à ces quelques milliers de kilomètres de Terre sous mes fesses et à l'espace encore plus loin au-dessous.
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Message par Invité le Lun 16 Déc 2019 - 15:42

Oui
Il n'y a que ce qui est .

Et la porte est en dedans...

Là ,  au non-lieu , Saint Palais ,
vertiges de présence ,
distance mème s'abolie ,
et bas et haut ,
et , merveille ,  dehors aussi .
Cependant que tout
a sa place ,
en harmoninfinie .

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Message par izo le Lun 16 Déc 2019 - 16:44

Cependant est joli le trouble qui taille 
Dans cette harmonie car alors 
L’éclat en est plus vif ! 
Avant de voir la boue, voir le terreau
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Message par Invité le Lun 16 Déc 2019 - 17:31

Sans humus  , pas d'humain .
Sans faille , par ou passerait  lumiére ?
Sans trouble ,  pas d'eclairssissement .
Sans Shakti , pas de Shiva
realisable ,  réalisé .
Sans yioni , pas de lingam .

Sans izo , pas d'ici .



"Tout est admirable"
Leon Bloy

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Message par Sic le Lun 16 Déc 2019 - 17:45

Les Rois Mages
 


Ils perdirent l'étoile, un soir ; pourquoi perd-on
L'étoile ? Pour l'avoir parfois trop regardée,
Les deux rois blancs, étant des savants de Chaldée,
Tracèrent sur le sol des cercles au bâton.
Ils firent des calculs, grattèrent leur menton,
Mais l'étoile avait fui, comme fuit une idée.
Et ces hommes dont l'âme eût soif d'être guidée
Pleurèrent, en dressant des tentes de coton.
Mais le pauvre Roi noir, méprisé des deux autres,
Se dit "Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres,
Il faut donner quand même à boire aux animaux."
Et, tandis qu'il tenait son seau d'eau par son anse,
Dans l'humble rond de ciel où buvaient les chameaux
Il vit l'étoile d'or, qui dansait en silence.




- Edmond rostand.


Spoiler:

Se dit "Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres,
Il faut donner quand même à boire aux animaux."
Et, tandis qu'il tenait son seau d'eau par son anse,
Dans l'humble rond de ciel où buvaient les chameaux
Il vit l'étoile d'or, qui dansait en silence.


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Message par Invité le Lun 16 Déc 2019 - 17:48

magnifique .


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Message par Sic le Lun 16 Déc 2019 - 17:49

I love you  Oui

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Message par izo le Lun 16 Déc 2019 - 18:10

Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres 
La clé de résolution de nombreux et multiples problèmes Smile
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Message par Invité le Lun 16 Déc 2019 - 18:40

Smile

Qu'importe le flacon , pourvu qu'on ait l'ivresse .

Il n'est nulle soif que n'étanche la Dive Bouteille .

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Message par Sic le Lun 16 Déc 2019 - 18:51

Heureux les abondants.

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Message par Invité le Lun 16 Déc 2019 - 18:55

à l'unique corne .

Car il sont simples en Esprit .

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Message par izo le Lun 16 Déc 2019 - 18:55

Répandez vous et assoiffez vous !
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Message par Invité le Lun 16 Déc 2019 - 18:58

A soi fées vous .

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Message par siamois93 le Lun 16 Déc 2019 - 19:01

Le chemin du retour n'est pas celui de l'aller.
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Message par Invité le Lun 16 Déc 2019 - 19:04

On ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve .

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Message par siamois93 le Lun 16 Déc 2019 - 19:16

Non ce n'est pas que ça. Il y a quelque chose de profond dans cette notion de retour, et ce n'est pas seulement parce que c'est un autre moment que l'aller.
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Message par Sic le Lun 16 Déc 2019 - 19:23

Bizarre, je n'aurais pas choisis le mot "profond", ni même peut-être celui de "retour" (retour à quoi ?)
Par contre, je me demandais cette après midi en vous lisant, si la passion pour le divin s'épuisant, pouvait laisser place à la passion pour l'humain.
Une chose comme ça, pas tout à fait ça, car ce n'est pas le mot "s'épuisant" encore, mais je ne peux pas vraiment le dire avec mes mots, je ne sais à peine si je sais, et c'est souvent plus faux de se montrer que de se "cacher".

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Message par Sic le Lun 16 Déc 2019 - 19:26

Mais du coup, je trouve ça intéressant que tu parles de "retour".

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Message par siamois93 le Lun 16 Déc 2019 - 19:30

Parfois on s'exprime mieux dans une autre langue que le français.
Depuis quand le divin et l'humain seraient séparés ?
Je sais, ce terme de retour dérange, il semble incongru là où quasiment tout le monde parle d'élévation.

Chute puis élévation, aller et retour, sauter en parachute et remonter par le sentier le long de la falaise, petite circulation énergétique des taoïstes, exil et retour sur la terre promise, les rois mages qui ne reviennent pas par leur chemin de l'aller, parabole du retour du fils prodigue ou prodige. TOUT cela me parle de la même chose, c'est un angle de perception évidemment .
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Message par Invité le Lun 16 Déc 2019 - 19:39

L'humain serait comme le divin qui s'oublirait .
ainsi il n'y aurait pas de solution de continuité entre ces deux "passions" , (qui n'en serait qu'une) .
Un symbole vivant .
 
le demiurge . (extrait):
Ce que nous avons dit au sujet de la distinction du Bien et du Mal permet de comprendre le symbole de la Chute originelle, du moins dans la mesure où ces choses peuvent être exprimées. La fragmentation de la Vérité totale, ou du Verbe, car c’est la même chose au fond, fragmentation qui produit la relativité, est identique à la segmentation de l’Adam Kadmon, dont les parcelles séparées constituent l’Adam Protoplaste, c’est-à-dire le premier formateur ; la cause de cette segmentation, c’est Nahash, l’Egoïsme ou le désir de l’existence individuelle. Ce Nahash n’est point une cause extérieure à l’homme, mais il est en lui, d’abord à l’état potentiel, et il ne lui devient extérieur que dans la mesure où l’homme lui-même l’extériorise ; cet instinct de séparativité, par sa nature qui est de provoquer la division, pousse l’homme à goûter le fruit de l’Arbre de la Science du Bien et du Mal, c’est-à-dire à créer la distinction même du Bien et du Mal. Alors, les yeux de l’homme s’ouvrent, parce que ce qui lui était intérieur est devenu extérieur, par suite de la séparation qui s’est produite entre les êtres ; ceux-ci sont maintenant revêtus de formes, qui limitent et définissent leur existence individuelle, et ainsi l’homme a été le premier formateur. Mais lui aussi se trouve désormais soumis aux conditions de cette existence individuelle, et il est revêtu également d’une forme, ou, suivant l’expression biblique, d’une tunique de peau ; il est enfermé dans le domaine du Bien et du Mal, dans l’Empire du Démiurge.
 
On voit par cet exposé, d’ailleurs très abrégé et très incomplet, qu’en réalité le Démiurge n’est point une puissance extérieure à l’homme ; il n’est en principe que la volonté de l’homme en tant qu’elle réalise la distinction du Bien et du Mal. Mais ensuite l’homme, limité en tant qu’être individuel par cette volonté qui est la sienne propre, la considère comme quelque chose d’extérieur à lui, et ainsi elle devient distincte de lui ; bien plus, comme elle s’oppose aux efforts qu’il fait pour sortir du domaine où il s’est lui-même enfermé, il la regarde comme une puissance hostile, et il l’appelle Shathan ou l’Adversaire.  Remarquons d’ailleurs que cet Adversaire, que nous avons créé nous-mêmes et que nous créons à chaque instant, car ceci ne doit point être considéré comme ayant eu lieu en un temps déterminé, que cet Adversaire, disons-nous, n’est point mauvais en lui-même, mais qu’il est seulement l’ensemble de tout ce qui nous est contraire.
 
A un point de vue plus général, le Démiurge, devenu une puissance distincte et envisagé comme tel, est le Prince de ce Monde dont il est parlé dans l’Evangile de Jean ; ici encore, il n’est à proprement parler ni bon ni mauvais, ou plutôt il est l’un et l’autre, puisqu’il contient en lui-même le Bien et le Mal. On considère son domaine comme le Monde inférieur, s’opposant au Monde supérieur ou à l’Univers principiel dont il a été séparé, mais il faut avoir soin de remarquer que cette séparation n’est jamais absolument réelle ; elle n’est réelle que dans la mesure où nous la réalisons, car ce Monde inférieur est contenu à l’état potentiel dans l’Univers principiel, et il est évident qu’aucune partie ne peut réellement sortir du Tout. C’est d’ailleurs ce qui empêche que la chute se continue indéfiniment ; mais ceci n’est qu’une expression toute symbolique, et la profondeur de la chute mesure simplement le degré auquel la séparation est réalisée. Avec cette restriction, le Démiurge s’oppose à l’Adam Kadmon ou à l’Humanité principielle, manifestation du Verbe, mais seulement comme un reflet, car il n’est point une émanation, et il n’existe pas par lui-même ; c’est ce qui est représenté par la figure des deux vieillards du Zohar, et aussi par les deux triangles opposés du Sceau de Salomon.



 
Nous sommes donc amenés à considérer le Démiurge comme un reflet ténébreux et inversé de l’Être, car il ne peut pas être autre chose en réalité. Il n’est donc pas un être ; mais, d’après ce que nous avons dit précédemment, il peut être envisagé comme la collectivité des êtres dans la mesure où ils sont distincts, ou, si l’on préfère, en tant qu’ils ont une existence individuelle. Nous sommes des êtres distincts en tant que nous créons nous-mêmes la distinction, qui n’existe que dans la mesure où nous la créons ; en tant que nous créons cette distinction, nous sommes des éléments du Démiurge, et, en tant qu’êtres distincts, nous appartenons au domaine de ce même Démiurge, qui est ce qu’on appelle la Création.
 
(René Guénon, Le démiurge, Revue la Gnose, nov.1909, pseudonyme : Palingénius)


pour l'aller et le retour :



Réalisation ascendante et descendante:

Dans la réalisation totale de l’être, il y a lieu d’envisager l’union de deux aspects qui correspondent en quelque sorte à deux phases de celle-ci, l’une « ascendante » et l’autre « descendante ». La considération de la première phase dans laquelle l’être, parti d’un certain état de manifestation, s’élève jusqu’à l’identification avec son principe non-manifesté, ne peut soulever aucune difficulté, puisque c’est là ce qui, partout et toujours, est expressément indiqué comme le processus et le but essentiel de toute initiation, celle-ci aboutissant à la « sortie du cosmos », comme nous l’avons expliqué dans de précédents articles, et, par suite, à la libération des conditions limitatives de tout état particulier d’existence. Par contre, pour ce qui est de la seconde phase, celle de « redescente » dans le manifesté, il semble qu’il n’en soit parlé que plus rarement et, dans bien des cas, d’une façon moins explicite, parfois même, pourrait-on dire, avec une certaine réserve ou une certaine hésitation, que les explications que nous nous proposons de donner ici permettront d’ailleurs de comprendre ; c’est sans doute pourquoi elle donne lieu facilement à des malentendus, soit que l’on regarde à tort cette façon d’envisager les choses comme plus ou moins exceptionnelle, soit qu’on se méprenne sur le véritable caractère de la « redescente » dont il s’agit.
Nous considérerons tout d’abord ce qu’on pourrait appeler la question de principe, c’est-à-dire la raison même pour laquelle toute doctrine traditionnelle, pourvu qu’elle se présente sous une forme vraiment complète, ne peut pas, en réalité, envisager les choses autrement ; et cette raison pourra être comprise sans difficultés si l’on se reporte à l’enseignement du Vêdânta sur les quatre états d’Âtmâ, tels qu’ils sont décrits notamment dans la Mândûkya Upanishad (1). En effet, il n’y a pas seulement les trois états qui sont représentés dans l’être humain par la veille, le rêve et le sommeil profond, et qui correspondent respectivement à la manifestation corporelle, à la manifestation subtile et au non-manifesté ; mais, au-delà de ces trois états, donc au-delà du non-manifesté lui-même, il en est un quatrième, qui peut être dit « ni manifesté ni non-manifesté », puisqu’il est le principe de l’un et de l’autre, mais qui aussi, par là même, comprend à la fois le manifesté et le non-manifesté. Or, bien que l’être atteigne réellement son propre « Soi » dans le troisième état, celui du non manifesté, ce n’est cependant pas celui-ci qui est le terme ultime, mais le quatrième, en lequel seul est pleinement réalisée l’« Identité Suprême », car Brahma est à la fois « être et non-être » (sadasat), « manifesté et non-manifesté » (vyaktâvyakta), « son et silence » (shabdâshabda), sans quoi il ne serait pas véritablement la Totalité absolue ; et, si la réalisation s’arrêtait au troisième état, elle n’impliquerait que le second des deux aspects, celui que le langage ne peut exprimer que sous une forme négative. Ainsi, comme le dit M. Ananda K. Coomaraswamy dans une récente étude (2), « il faut être passé au-delà du manifesté (ce qui est représenté par le passage « au-delà du Soleil ») pour atteindre le non-manifesté (l’« obscurité » entendue en son sens supérieur), mais la fin dernière est encore au-delà du non-manifesté ; le terme de la voie n’est pas atteint tant qu’Âtmâ n’est pas connu à la fois comme manifesté et non-manifesté » ; il faut donc, pour y parvenir, passer encore « au-delà de l’obscurité », ou, comme l’expriment certains textes, « voir l’autre face de l’obscurité ». Autrement, Âtmâ peut « briller » en soi-même, mais ne « rayonne » pas ; il est identique à Brahma, mais dans une seule nature, non dans la double nature qui est comprise en Son unique essence (3).
(1) Voir L’Homme et son devenir selon le Vêdânta, ch. XII à XVII.
(2) Notes on the Katha Upanishad, 3ème partie.
(3) Cf. Brihad Âranyaka Upanishad, II, 3.
Ici, il est nécessaire de prévenir une objection possible : on pourrait, en effet, faire remarquer qu’il n’y a aucune commune mesure entre le manifesté et le non-manifesté, de telle sorte que le premier est comme nul vis-à-vis du second, et, en outre, que le non-manifesté, étant déjà en lui-même le principe du manifesté, doit dès lors le contenir d’une certaine façon. Tout cela est parfaitement vrai, certes, mais il ne l’est pas moins que le manifesté et le non-manifesté, tant qu’on les envisage ainsi, apparaissent encore en un sens comme deux termes entre lesquels il existe une opposition ; et cette opposition, même si elle n’est qu’illusoire (comme d’ailleurs toute opposition l’est au fond), n’en doit pas moins être finalement résolue ; or elle ne peut l’être qu’en passant au-delà de l’un et de l’autre de ses deux termes. D’autre part, si le manifesté ne peut pas être dit réel au sens absolu de ce mot, il n’en possède pas moins en lui-même une certaine réalité, relative et contingente sans doute, mais qui est pourtant une réalité à quelque degré, puisqu’il n’est pas un pur néant, et qu’il serait même inconcevable qu’il le fût, car cela l’exclurait de la Possibilité universelle. On ne peut donc pas dire, en définitive, que le manifesté soit strictement négligeable, bien qu’il paraisse tel au regard du non-manifesté, et que ce soit peut-être même là une des raisons pour lesquelles ce qui s’y rapporte, dans la réalisation, peut se trouver parfois moins en évidence et comme rejeté dans l’ombre. Enfin, si le manifesté est compris en principe dans le non-manifesté, c’est en tant qu’ensemble des possibilités de manifestation, mais non pas en tant que manifesté effectivement ; pour qu’il soit compris aussi sous ce dernier rapport, il faut remonter, comme nous l’avons dit, au principe commun du manifesté et du non-manifesté, qui est vraiment le Principe suprême dont tout procède et en lequel tout est contenu ; et il faut qu’il en soit ainsi, comme on le verra mieux encore par la suite, pour qu’il y ait réalisation pleine et totale de l’« Homme universel ».
Maintenant, une autre question se pose : d’après ce que nous venons de dire, il s’agit là d’étapes différentes dans le parcours d’une seule et même voie, ou, plus exactement, d’une étape et du terme final de cette voie, et il est bien évident qu’il doit en être ainsi en effet, puisque c’est la réalisation qui se continue par là jusqu’à son achèvement ultime ; mais alors comment peut-on parler en cela, comme nous le faisions tout d’abord, d’une phase « ascendante » et d’une phase « descendante » ? Il va de soi que, si ces deux représentations sont légitimes l’une et l’autre, elles doivent, pour n’être pas contradictoires, se rapporter à des points de vue différents ; mais, avant de voir comment elles peuvent effectivement se concilier, nous pouvons déjà remarquer que, en tout cas, cette conciliation n’est possible qu’à la condition que la « redescente » ne soit aucunement conçue comme une sorte de « régression » ou de « retour en arrière », ce qui, du reste, serait incompatible aussi avec le fait que tout ce qui est acquis par l’être au cours de la réalisation initiatique l’est d’une façon permanente et définitive. Il n’y a donc là rien de comparable à ce qui se produit dans le cas des « états mystiques » passagers, tels que l’« extase », après lesquels l’être se retrouve purement et simplement dans l’existence humaine terrestre, avec toutes les limitations individuelles qui la conditionnent, ne gardant de ces états, dans sa conscience actuelle, qu’un reflet indirect et toujours plus ou moins imparfait (4). Il est à peine besoin de dire que la « redescente » en question n’est pas davantage assimilable à ce qui est désigné comme la « descente aux Enfers » ; celle-ci prend place, comme on le sait, préalablement au début même du processus initiatique proprement dit, et, en épuisant certaines possibilités inférieures de l’être, elle joue un rôle « purificatoire » qui n’aurait manifestement plus aucune raison d’être par la suite, et surtout au niveau auquel se réfère ce dont il s’agit présentement. Ajoutons encore, pour ne passer sous silence aucune des équivoques possibles, qu’il n’y a là absolument rien de commun avec ce qu’on pourrait appeler une « réalisation à rebours », qui n’aurait de sens que si elle prenait cette direction « descendante » à partir même de l’état humain, mais dont le sens, alors, serait proprement « infernal » ou « satanique », et qui, par conséquent, ne pourrait relever que du domaine de la « contre-initiation » (5).
(4) Il convient d’ajouter, à ce propos, que quelque chose de semblable peut aussi avoir lieu dans un autre cas que celui des « états mystiques », cas qui est celui d’une réalisation métaphysique véritable, mais demeurée incomplète et encore virtuelle ; la vie de Plotin en offre un exemple qui est sans doute le plus connu. Il s’agit alors, dans le langage du taçawwuf islamique, d’un hâl ou état transitoire qui n’a pas pu être fixé et transformé en maqâm, c’est-à-dire en « station » permanente, acquise une fois pour toutes, quel que soit d’ailleurs le degré de réalisation auquel elle correspond.
(5) Le parcours d’une telle voie « descendante », avec toutes les conséquences qu’il implique, ne peut même être envisagé effectivement, dans toute la mesure où il est possible, que dans le cas extrême des awliyâ es-Shaytân (cf. Le Symbolisme de la Croix, p. 186).
Cela dit, il devient facile de comprendre que le point de vue où la réalisation tout entière apparaît comme le parcours d’une voie en quelque sorte « rectiligne » est celui de l’être même qui l’accomplit, puisque, pour cet être, il ne saurait jamais être question de revenir en arrière et de rentrer dans les conditions de quelqu’un des états qu’il a déjà dépassés. Quand au point de vue où cette même réalisation prend l’aspect des deux phases « ascendante » et « descendante », il n’est en somme que celui sous lequel elle peut apparaître aux autres êtres, qui l’envisagent en demeurant eux-mêmes enfermés dans les conditions du monde manifesté ; mais on peut encore se demander comment un mouvement continu peut revêtir ainsi, ne fût-ce qu’extérieurement, l’apparence d’un ensemble de deux mouvements se succédant dans des directions opposées. Or, il existe une représentation géométrique qui permet de s’en faire une idée aussi claire que possible : si l’on considère un cercle placé verticalement, le parcours d’une des moitiés de la circonférence sera « ascendant », et celui de l’autre moitié sera « descendant », sans pourtant que le mouvement cesse jamais d’être continu ; de plus, il n’y a dans le cours de ce mouvement aucun « retour en arrière », puisqu’il ne repasse pas par la partie de la circonférence qui a été déjà parcourue. Il y a là un cycle complet, mais, si l’on se souvient qu’il ne saurait exister de cycles réellement fermés, ainsi que nous l’avons expliqué en d’autres occasions, on se rend compte par là même que ce n’est qu’en apparence que le point d’aboutissement coïncide avec le point de départ ou, en d’autres termes, que l’être revient à l’état manifesté dont il était parti (apparence qui existe pour les autres, mais qui n’est point la « réalité » de cet être) ; et, d’autre part, cette considération du cycle est ici d’autant plus naturelle que ce dont il s’agit a sa correspondance « macrocosmique » exacte dans les deux phases d’« aspir » et d’« expir » de la manifestation universelle. Enfin, on peut remarquer qu’une ligne droite est la « limite », au sens mathématique de ce mot, d’une circonférence qui croît indéfiniment ; la distance parcourue dans la réalisation (ou plutôt ce qui est figuré par une distance quand on emploie le symbolisme spatial) étant véritablement au-delà de toute mesure assignable, il n’y a en réalité aucune différence entre le parcours de la circonférence dont nous venons de parler et celui d’un axe qui demeure toujours vertical dans toutes ses parties successives, ce qui achève de réconcilier les représentations correspondant respectivement aux deux points de vue « intérieur » et « extérieur » que nous avons distingués.
Nous pensons qu’on peut dès maintenant, par ces diverses considérations, comprendre suffisamment le vrai caractère de la phase « descendante » ou apparemment telle ; mais il reste encore à se demander ce que peut être, sous le rapport de la hiérarchie initiatique, la différence entre la réalisation arrêtée à la phase « ascendante » et celle qui comprend en outre la phase « descendante », et c’est là surtout ce que nous aurons à examiner plus particulièrement par la suite.
Tandis que l’être qui demeure dans le non-manifesté a accompli la réalisation uniquement « pour soi-même », celui qui « redescend » ensuite, au sens que nous avons précisé précédemment, a dès lors, par rapport à la manifestation, un rôle qu’exprime le symbolisme du « rayonnement » solaire par lequel toutes choses sont illuminées. Dans le premier cas, comme nous l’avons déjà dit, Âtmâ « brille » sans « rayonner » ; mais il faut cependant dissiper ici encore une équivoque : on parle trop fréquemment, à cet égard, d’une réalisation « égoïste », ce qui est un véritable non-sens, puisqu’il n’y a plus d’ego, c’est-à-dire d’individualité, les limitations qui constituent celle-ci comme telle ayant été nécessairement abolies, et de façon définitive, pour que l’être puisse « s’établir » dans le non-manifesté. Une telle méprise implique évidemment une confusion grossière entre le « Soi » et le « moi » ; nous avons dit que cet être a réalisé « pour soi-même », et non pas « pour lui-même », et c’est là, non pas une simple question de langage, mais une distinction tout à fait essentielle quant au fond même de ce dont il s’agit. Cette remarque faite, il n’en reste pas moins, entre les deux cas, une différence dont la véritable portée peut être mieux comprise en se référant à la façon dont diverses traditions envisagent les états qui y correspondent, car même si la réalisation « descendante », en tant que phase du processus initiatique, n’est généralement indiquée que d’une façon plus ou moins enveloppée, on peut cependant trouver facilement des exemples qui la supposent très nettement et sans aucun doute possible.
Pour prendre tout d’abord l’exemple qui est peut-être le plus connu, sinon le mieux compris habituellement, la différence dont il s’agit est, en somme, celle qui existe entre le Pratyêka-Buddha et le Bodhisattwa (6) ; et il est particulièrement important à cet égard, de remarquer que la voie qui a pour terme le premier de ces deux états est désignée comme une « petite voie » ou, si l’on veut, une « moindre voie » (hînayâna), ce qui implique qu’elle n’est pas exempte d’un certain caractère restrictif, tandis que c’est celle qui conduit au second qui est considérée comme étant véritablement la « grande voie » (mahâyâna), donc celle qui est complète et parfaite sous tous les rapports. Ceci permet de répondre à l’objection qui pourrait être tirée du fait que, d’une façon générale, l’état de Buddha est regardé comme supérieur à celui de Bodhisattwa ; dans le cas du Pratyêka-Buddha, cette supériorité ne peut être qu’apparente, et elle est due surtout au caractère d’« impassibilité » que, apparemment aussi, n’a pas le Bodhisattwa ; nous disons apparemment, parce qu’il faut distinguer en cela entre la « réalité » de l’être et le rôle qu’il a à jouer par rapport au monde manifesté, ou, en d’autres termes, entre ce qu’il est en soi et ce qu’il paraît être pour les êtres ordinaires ; nous retrouverons d’ailleurs la même distinction à faire dans des cas appartenant à d’autres traditions. Il est vrai que, exotériquement, le Bodhisattwa est représenté comme ayant encore une dernière étape à franchir pour atteindre l’état de Buddha parfait ; mais, si nous disons exotériquement, c’est que, précisément, cela correspond à la façon dont les choses apparaissent quand elles sont envisagées de l’extérieur ; et il faut qu’il en soit ainsi pour que le Bodhisattwa puisse remplir sa fonction, en tant que celle-ci est de montrer la voie aux autres êtres : il est « celui qui est allé ainsi » (tathâ-gata), et ainsi doivent aller ceux qui peuvent parvenir comme lui au but suprême ; il faut donc que l’existence même dans laquelle il accomplit sa « mission », pour être véritablement « exemplaire », se présente en quelque sorte comme une récapitulation de la voie. Quant à prétendre qu’il s’agit là réellement d’un état encore imparfait ou d’un moindre degré de réalisation, cela équivaut à perdre entièrement de vue le côté « transcendant » de l’être du Bodhisattwa ; ce qui est peut-être conforme à certaines interprétations « rationnelles » courantes, mais rend parfaitement incompréhensible tout le symbolisme concernant la vie du Bodhisattwa et qui lui confère, depuis son début même, un caractère proprement « avatârique », c’est-à-dire la montre effectivement comme une « descente » (c’est le sens propre du mot avatâra) par laquelle un principe, ou un être qui représente celui-ci parce qu’il lui est identifié, est manifesté dans le monde extérieur, ce qui, évidemment, ne saurait en aucune façon altérer l’immutabilité du principe comme tel (7).
(6) Le cas du Pratyêka-Buddha est un de ceux auxquels les interprètes occidentaux appliquent le plus volontiers ce terme d’« égoïsme » dont nous venons de signaler l’absurdité.
(7) On pourrait encore dire qu’un tel être, chargé de toutes les influences spirituelles inhérentes à son état transcendant, devient le « véhicule » par lequel ces influences sont dirigées vers notre monde ; cette « descente » des influences spirituelles est indiquée assez explicitement par le nom d’Avalokitêshwara, et elle est aussi une des significations principales « bénéfiques » du triangle inversé. – Ajoutons que c’est précisément avec cette signification que le triangle inversé est pris comme symbole des plus hauts grades de la Maçonnerie écossaise ; dans celle-ci, d’ailleurs, le 30ème degré étant regardé comme nec plus ultra, doit logiquement marquer par là même le terme de la « montée », de sorte que les degrés suivants ne peuvent plus se référer proprement qu’à une « redescente », par laquelle sont apportées à toute l’organisation initiatique les influences destinées à la « vivifier » ; et les couleurs correspondantes, qui sont respectivement le noir et le blanc, sont encore très significatives sous le même rapport.
Dans la tradition islamique, ce que nous venons de dire a son équivalent dans une très large mesure, et en tenant compte de la différence des points de vue qui sont naturellement propres à chacune des diverses formes traditionnelles : cet équivalent se trouve dans la distinction qui est faite entre le cas du walî et celui du nabî. Un être peut n’être walî que « pour soi », s’il est permis de s’exprimer ainsi, sans en manifester quoi que ce soit à l’extérieur ; au contraire, un nabî n’est tel que parce qu’il a une fonction à remplir à l’égard des autres êtres ; et, à plus forte raison, la même chose est vraie du rasûl, qui est aussi nabî, mais dont la fonction revêt un caractère d’universalité, tandis que celle du simple nabî peut être plus ou moins limitée quant à son étendue et quant à son but propre (Cool. Il pourrait même sembler qu’il ne doive pas y avoir ici l’ambiguïté apparente que nous avons vue tout à l’heure à propos du Bodhisattwa, puisque la supériorité du nabî par rapport au walî est généralement admise et même regardée comme évidente ; et pourtant il a été parfois soutenu aussi que la « station » (maqâm) du walî est, en elle-même, plus élevée que celle du nabî, parce qu’elle implique essentiellement un état de « proximité » divine, tandis que le nabî, par sa fonction même, est nécessairement tourné vers la création ; mais, là encore, c’est ne voir qu’une des deux faces de la réalité, la face extérieure, et ne pas comprendre qu’elle représente un aspect qui s’ajoute à l’autre sans aucunement le détruire ni même l’affecter véritablement (9). En effet, la condition du nabî implique tout d’abord en elle-même celle du walî, mais elle est en même temps quelque chose de plus ; il y a donc, dans le cas du walî, une sorte de « manque » sous un certain rapport, non pas quant à sa nature intime, mais quant à ce qu’on pourrait appeler son degré d’universalisation, « manque » qui correspond à ce que nous avons dit de l’être qui s’arrête au stade du non-manifesté sans « redescendre » vers la manifestation ; et l’universalité atteint sa plénitude effective dans le rasûl, qui ainsi est véritablement et totalement l’« Homme universel ».
(Cool Le rasûl manifeste l’attribut divin d’Er-Rahmân dans tous les mondes (rahmatan lil-âlamin), et non pas seulement dans un certain domaine particulier. – On peut remarquer que, par ailleurs, la désignation du Bodhisattwa comme « Seigneur de compassion » se rapporte aussi à un rôle similaire, la « compassion » étendue à tous les êtres n’étant au fond qu’une autre expression de l’attribut de rahmah.
(9) Nous renverrons ici à ce qui a été dit sur la notion du barzakh, et qui permet de comprendre sans peine comment doivent être entendues ces deux faces de la réalité ; la face intérieure est tournée vers El-Haqq, et la face extérieure vers el-Khalq ; et l’être dont la fonction est de la nature du barzakh doit nécessairement unir en lui ces deux aspects, établissant ainsi un « pont » ou un « canal » par lequel les influences divines se communiquent à la création.
On voit nettement, dans des cas tels que ceux que nous venons de citer, que l’être qui « redescend » a, vis-à-vis de la manifestation, une fonction dont le caractère en quelque sorte exceptionnel montre bien qu’il ne s’y retrouve nullement dans une condition comparable à celle des êtres ordinaires ; aussi ces cas sont-ils ceux d’êtres qu’on peut dire « missionnés » au vrai sens de ce mot. En un certain sens, on peut dire aussi que tout être manifesté a sa « mission », si l’on entend simplement par là qu’il doit occuper sa place propre dans le monde et qu’il est ainsi un élément nécessaire de l’ensemble dont il fait partie ; mais il va de soi que ce n’est pas de cette façon que nous l’entendons ici, et qu’il s’agit d’une « mission » d’une tout autre portée, procédant directement d’un ordre transcendant et principiel et exprimant dans le monde manifesté quelque chose de cet ordre même. Comme la « redescente » présuppose la « montée » préalable, une telle « mission » présuppose nécessairement la parfaite réalisation intérieure ; il n’est pas inutile d’y insister, surtout à une époque où tant de gens s’imaginent trop facilement avoir des « missions » plus ou moins extraordinaires, qui faute de cette condition essentielle, ne peuvent être que de pures illusions.
Nous devons encore, après toutes les considérations que nous avons exposées jusqu’ici, insister sur un aspect de la « redescente » qui nous paraît expliquer, dans bien des cas, le fait que ce sujet est passé sous silence ou entouré de réticences, comme s’il y avait là quelque chose dont on répugne à parler nettement : il s’agit de ce qu’on pourrait appeler son aspect « sacrificiel ». Il doit être bien entendu, avant tout, que, si nous employons ici le mot de « sacrifice », ce n’est point dans le sens simplement « moral » qu’on lui donne vulgairement, et qui n’est qu’un des exemples de la dégénérescence du langage moderne, qui amoindrit et dénature toutes choses pour les abaisser à un niveau purement humain et les faire rentrer dans les cadres conventionnels de la « vie ordinaire ». Au contraire, nous prenons ce mot dans son sens véritable et originel, avec tout ce que celui-ci comporte d’effectif et même d’essentiellement « technique » ; il va de soi, en effet, que le rôle d’êtres tels que ceux dont il s’agit dans les cas que nous avons cités précédemment ne saurait avoir rien de commun avec l’« altruisme », l’« humanitarisme », la « philanthropie » et autres platitudes « idéales » célébrées par les moralistes, et qui non seulement sont trop évidemment dépourvues de tout caractère transcendant ou supra-humain, mais sont même parfaitement à la portée du premier profane venu (10).
(10) Nous tenons à préciser que ce que nous disons ici vise le point de vue spécifiquement moderne de la « morale laïque » ; même lorsque celle-ci ne fait en quelque sorte, comme il arrive souvent en dépit de ses prétentions, que « démarquer » des préceptes empruntés à la religion, elle les vide de toute signification réelle, en écartant tous les éléments qui permettaient de les relier à un ordre supérieur et, au-delà de l’exotérisme simplement littéral, de les transposer comme signes de vérités principielles ; et parfois même, tout en paraissant garder ce qu’on pourrait appeler la « matérialité » de ces préceptes, cette morale, par l’interprétation qu’elle en donne, va jusqu’à les « retourner » véritablement dans un sens antitraditionnel.
L’être ayant réalisé son identité avec Âtmâ, et sa « redescente » dans la manifestation, ou ce qui apparaît comme tel au point de vue de celle-ci, n’étant effectivement que la pleine universalisation de cette identité même, cet être n’est alors autre que « l’Âtmâ incorporé dans les mondes », ce qui revient à dire que la « redescente » n’est en réalité, pour lui, rien de différent du processus même de la manifestation universelle. Or, précisément, ce processus est souvent décrit traditionnellement comme un « sacrifice » : dans le symbole vêdique, c’est le sacrifice du Mahâ-Purusha, c’est-à-dire de l’« Homme universel », auquel, suivant ce que nous avons déjà dit, l’être dont il s’agit est effectivement identique ; et non seulement ce sacrifice primordial doit être entendu au sens strictement rituel, et non dans une acception plus ou moins vaguement « métaphorique », mais il est essentiellement le prototype même de tout rite sacrificiel (11).
Le « missionné », au sens où nous avons pris ce mot précédemment, est donc littéralement une « victime » ; il est d’ailleurs bien entendu que ceci n’implique nullement, d’une façon générale, que sa vie doive se terminer par une mort violente, puisque, en réalité, c’est cette vie même, dans tout son ensemble, qui est déjà la conséquence du sacrifice (12). On pourra remarquer immédiatement que c’est là que réside l’explication profonde des hésitations et des « tentations » qui, dans tous les récits traditionnels, et quelle que soit la forme plus spéciale qu’elles revêtent suivant les cas, sont attribuées aux Prophètes, et même aux Avatâras, lorsqu’ils se trouvent en quelque sorte mis en présence de la « mission » qu’ils ont à accomplir. Ces hésitations, au fond, ne sont autres que celles d’Agni à accepter de devenir le conducteur du « chariot cosmique » (13), ainsi que le dit M. Coomaraswamy dans l’étude que nous avons déjà citée, rattachant ainsi tous ces cas à celui de l’« Avatâra éternel », avec lequel ils ne font qu’un dans leur « vérité » la plus intérieure ; et, assurément, la tentation de demeurer dans la « nuit » du non-manifesté se comprend sans peine, car nul ne saurait contester que, en ce sens supérieur, « la nuit est meilleure que le jour » (14). M. Coomaraswamy explique aussi par là, et avec juste raison, le fait que Shankarâchârya s’efforce toujours visiblement d’éviter la considération de la « redescente », même lorsqu’il commente des textes dont le sens l’implique assez clairement ; il serait absurde en effet, dans un cas comme celui-là, d’attribuer une telle attitude à un défaut de connaissance ou à une incompréhension de la doctrine ; elle ne peut donc se comprendre que comme une sorte de recul devant la perspective du « sacrifice », et, par suite, comme une volonté consciente de ne pas soulever le voile qui dissimule « l’autre face de l’obscurité » ; et, en généralisant plus haut, la raison principale de la réserve qui est gardée habituellement sur cette question (15). On peut d’ailleurs y joindre, à titre de raison secondaire, le danger que cette considération mal comprise ne serve de prétexte à certains pour justifier en s’illusionnant eux-mêmes sur sa vraie nature un désir de « rester dans le monde », alors qu’il ne s’agit point d’y rester, mais, ce qui est tout différent, d’y revenir après en être déjà sorti, et que cette « sortie » préalable n’est possible que pour l’être en lequel ne subsiste plus aucun désir, non plus qu’aucune autre attache individuelle quelconque ; il faut avoir bien soin de ne pas se méprendre sur ce point essentiel, faute de quoi on risquerait de ne voir aucune différence entre la réalisation ultime et un simple début de réalisation arrêté à un stade ne dépassant même pas les limites de l’individualité.
(11) À ce propos, nous pouvons faire incidemment une remarque qui n’est pas sans importance : la vie de certains êtres, considérée selon les apparences individuelles, présente des faits qui sont en correspondance avec ceux de l’ordre cosmique et sont en quelque sorte, au point de vue extérieur, une image ou une reproduction de ceux-ci ; mais, au point de vue intérieur, ce rapport doit être inversé, car, ces êtres étant réellement le Mahâ-Purusha, ce sont les faits cosmiques qui véritablement sont modelés sur leur vie ou, pour parler plus exactement, sur ce dont cette vie est une expression directe, tandis que les faits cosmiques en eux-mêmes n’en sont qu’une expression par reflet. Nous ajouterons que c’est là aussi ce qui fonde dans la réalité et rend valables les rites institués par des êtres « missionnés », tandis qu’un être qui n’est rien de plus qu’un individu humain ne pourra jamais, de sa propre initiative, qu’inventer des « pseudo-rites » dépourvus de toute efficacité réelle.
(12) Il faut noter aussi que ce dont il s’agit n’a aucun rapport avec l’usage que certains mystiques font volontiers de ce mot de « victime » ou de celui d’« immolation » ; même dans les cas où ce qu’ils entendent par là a une réalité propre et ne se réduit pas à de simples illusions « subjectives », toujours possibles chez eux en raison de la « passivité » inhérente à leur attitude, c’est une réalité dont la portée ne dépasse aucunement l’ordre des possibilités individuelles.
(13) Rig-Vêda, X, 51.
(14) Cette expression a aussi son application, dans un autre ordre, au « rejet des pouvoirs » ; mais, tandis que cette attitude est non seulement justifiée, mais même la seule entièrement légitime, pour l’être qui, n’ayant aucune « mission » à remplir, n’a pas à paraître au dehors, il est évident que, au contraire, une « mission » serait inexistante comme telle si elle n’était manifestée extérieurement.
(15) Nous rappellerons, comme « illustration » de ce qui vient d’être dit, un fait dont le caractère historique ou légendaire importe peu à notre point de vue, car nous n’entendons lui donner qu’une valeur exclusivement symbolique : on raconte que Dante ne souriait jamais, et que les gens attribuaient cette tristesse apparente à ce qu’il « revenait de l’Enfer » ; n’aurait-il pas fallu en voir plutôt la véritable raison dans ce qu’il était « redescendu du Ciel » ?
Maintenant, pour revenir à l’idée du sacrifice, nous devons dire qu’elle comporte encore un autre aspect, qui est même celui qu’exprime directement l’étymologie du mot : « sacrifier », c’est proprement sacrum facere, c’est-à-dire « rendre sacré » ce qui est l’objet du sacrifice. Cet aspect ne convient pas moins ici que celui que l’on considère plus ordinairement, et que nous avions en vue tout d’abord en parlant de la « victime » comme telle ; c’est le sacrifice, en effet, qui confère aux « missionnés » un caractère « sacré », au sens le plus complet de ce terme. Non seulement ce caractère est évidemment inhérent à la fonction dont leur sacrifice est véritablement l’investiture ; mais encore, car cela aussi est impliqué dans le sens original du mot « sacré », c’est là ce qui fait d’eux des êtres « mis à part », c’est-à-dire essentiellement différents à la fois du commun des êtres manifestés et de ceux qui, étant parvenus à la réalisation du « Soi », demeurent purement et simplement dans le non-manifesté. Leur action, même lorsqu’elle est extérieurement semblable à celle des êtres ordinaires, n’a en réalité avec elle aucun rapport allant plus loin que cette simple apparence extérieure ; elle est, dans sa « vérité », nécessairement incompréhensible aux facultés individuelles, car elle procède directement de l’inexprimable. Ce caractère montre bien encore qu’il s’agit, comme nous l’avons déjà dit, de cas exceptionnels, et en fait, dans l’état humain, les « missionnés » ne sont assurément qu’une infime minorité en regard de l’immense multitude des êtres qui ne sauraient prétendre à un tel rôle ; mais d’autre part, les états de l’être étant en multiplicité indéfinie, quelle raison peut-il y avoir là qui empêche d’admettre que, dans un état ou dans un autre, tout être ait la possibilité de parvenir à ce degré suprême de la hiérarchie spirituelle ?
René Guénon, Réalisation ascendante et descendante, Études Traditionnelles, janvier 1939.
Repris dans le recueil posthume Initiation et réalisation spirituelle, chap. XXXII

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Message par Sic le Lun 16 Déc 2019 - 20:37

siamois93 a écrit:Parfois on s'exprime mieux dans une autre langue que le français.
Depuis quand le divin et l'humain seraient séparés ?
Je sais, ce terme de retour dérange, il semble incongru là où quasiment tout le monde parle d'élévation.

Chute puis élévation, aller et retour, sauter en parachute et remonter par le sentier le long de la falaise, petite circulation énergétique des taoïstes, exil et retour sur la terre promise, les rois mages qui ne reviennent pas par leur chemin de l'aller, parabole du retour du fils prodigue ou prodige. TOUT cela me parle de la même chose, c'est un angle de perception évidemment . 

Depuis quand le divin et l'humain seraient séparés ?

Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, ni même pensé ceci.

Je sais, ce terme de retour dérange

ça non plus je n'ai pas voulu le dire, ça ne me dérange aucunement, j'ai dis que j'ai trouvé ça intéressant.
Je me posais juste la question, et aussi en moi-même, si l'idée de retour ne pouvait pas être mal saisis, comme l'idée que l'on en sortirait ou que l'on reviendrait à quelque chose de déjà connu, comme si ça ne devait pas être finalement, plutôt qu'un retour, une continuité.

Parfois on s'exprime mieux dans une autre langue que le français.

Je ne parle pas d'autre langue, mais je ne crois pas que le faire arrangerait la chose.
Il y a tant d'orgueil, que dire une chose vrai reviendrait à l'annuler. Il y a tant de mystère dans les mots, tant de préjugés aussi, je pourrais bien m'appliquer, tenter d’exprimer au plus près, je ne finirais que par m'échapper de la chose, et certainement, me retrouver bien seule.
Je ne cherchais pas le débat, je voulais juste dire, comme l'on dit, comme ça, comme un partage.

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Message par SparklingLance le Mar 17 Déc 2019 - 8:15

Bonjour ling 🦋

Merci pour ton retour.

La conscience de l'inconscience est parfaite conscience , car , ou serait la liberté (de la conscience) et son infinité , s'il elle ne pouvait étre aussi la possibilité de se voiler, par elle-méme et à elle méme , en sa danse de 7 ou 7OOOOO voiles , qu'on appelle monde(s) .
Comme le dit Shakyamuni «  Il existe 3000 mondes en un seul instant de vie » . Merci de me
le rappeler ;-)

"Va vers ton risque" comme disait un prince des poétes , en son Char ...
j’adore... inspirant et motivant.

Quand je ferme les yeux , "avant" toute pensée , sensation , que vois "Je" ?
Du noir avec du (des points) blanc(s).

Par une nuit claire , quand je regarde le ciel étoilé , que vois "Je" ?


Et si ce qui est vu , ce qui voit et le voire était une tri-unité .

Et si tout (cela) était "Je" ?


Peut on tourner le dos à la totalité ?

Peut on avaler l'Ouverture ?
j’aime tes mots qui poussent à la réflexion.

Passe une belle journée ling 😉
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Message par Invité le Mar 17 Déc 2019 - 8:44

Sois la bienvenue .


"Et si ce qui est vu , ce qui voit et le "voir" était une tri-unité .

Et si tout (cela) était "Je" ?"




"Le vin est défendu, car tout dépend de qui le boit, - Et aussi de sa qualité et de la compagnie du buveur. - Ces trois conditions réalisées, tu peux dire: - Qui donc boit du vin, si ce n'est le sage?"

Omar Khayam


in vino veritas:
Nous faisions allusion tout à l’heure aux « Chevaliers de la Table Ronde »; il ne sera pas hors de propos d’indiquer ici ce que signifie la « queste du Graal », qui, dans les légendes d’origine celtique, est présentée comme leur fonction principale. Dans toutes les traditions, il est fait ainsi allusion à quelque chose qui, à partir d’une certaine époque, aurait été perdu ou caché: c’est, par exemple, le Soma des Hindous ou le Haoma des Perses, le « breuvage d’immortalité », qui, précisément, a un rapport fort direct avec le Graal, puisque celui-ci est, dit-on, le vase sacré qui contient le sang du Christ, lequel est aussi le « breuvage d’immortalité ». Ailleurs, le symbolisme est différent: ainsi, chez les Juifs, ce qui est perdu, c’est la prononciation du grand Nom divin [01]; mais l’idée fondamentale est toujours la même, et nous verrons plus loin à quoi elle correspond exactement.
Le Saint-Graal est, dit-on, la coupe qui servit à la Cène, et où Joseph d’Arimathie recueillit ensuite le sang et l’eau qui s’échappaient de la blessure ouverte au flanc du Christ par la lance du centurion Longin. Cette coupe aurait été, d’après la légende, transportée en Grande-Bretagne par Joseph d’Arimathie lui-même et Nicodème [02]; et il faut voir là l’indication d’un lien établi entre la tradition celtique et le Christianisme. La coupe, en effet, joue un rôle fort important dans la plupart des traditions antiques, et sans doute en était-il ainsi notamment chez les Celtes; il est même à remarquer qu’elle est fréquemment associée à la lance, ces deux symboles étant alors en quelque sorte complémentaires l’un de l’autre; mais ceci nous éloignerait de notre sujet [03].
Ce qui montre peut-être le plus nettement la signification essentielle du Graal, c’est ce qui est dit de son origine: cette coupe aurait été taillée par les Anges dans une émeraude tombée du front de Lucifer lors de sa chute. Cette émeraude rappelle d’une façon très frappante l’urnâ, la perle frontale qui, dans le symbolisme hindou (d’où elle est passée dans le Bouddhisme), tient souvent la place du troisième œil de Shiva, représentant ce qu’on peut appeler le « sens de l’éternité », ainsi que nous l’avons déjà expliqué ailleurs. Du reste, il est dit ensuite que le Graal fut confié à Adam dans le Paradis terrestre, mais que, lors de sa chute, Adam le perdit à son tour, car il ne put l’emporter avec lui lorsqu’il fut chassé de l’Eden; et, avec la signification que nous venons d’indiquer, cela devient fort clair. En effet, l’homme, écarté de son centre originel, se trouvait dès lors enfermé dans la sphère temporelle; il ne pouvait plus rejoindre le point unique d’où toutes choses sont contemplées sous l’aspect de l’éternité. En d’autres termes, la possession du « sens de l’éternité » est liée à ce que toutes les traditions nomment, comme nous l’avons rappelé plus haut, l’« état primordial », dont la restauration constitue le premier stade de la véritable initiation, étant la condition préalable de la conquête effective des états « suprahumains ». Le Paradis terrestre, d’ailleurs, représente proprement le « Centre du Monde »; et ce que nous dirons dans la suite, sur le sens originel du mot Paradis, pourra le faire mieux comprendre encore.
Ce qui suit peut sembler plus énigmatique: Seth obtint de rentrer dans le Paradis terrestre et put ainsi recouvrer le précieux vase; or le nom de Seth exprime les idées de fondement et de stabilité, et, par suite, il indique en quelque façon la restauration de l’ordre primordial détruit par la chute de l’homme [04]. On doit donc comprendre que Seth et ceux qui après lui possédèrent le Graal purent par là même établir un centre spirituel destiné à remplacer le Paradis perdu, et qui était comme une image de celui-ci; et alors cette possession du Graal représente la conservation intégrale de la tradition primordiale dans un tel centre spirituel. La légende, d’ailleurs, ne dit pas où ni par qui le Graal fut conservé jusqu’à l’époque du Christ; mais l’origine celtique qu’on lui reconnaît doit sans doute laisser entendre que les Druides y eurent une part et doivent être comptés parmi les conservateurs réguliers de la tradition primordiale.
La perte du Graal, ou de quelqu’un de ses équivalents symboliques, c’est en somme la perte de la tradition avec tout ce que celle-ci comporte; à vrai dire, d’ailleurs, cette tradition est plutôt cachée que perdue, ou du moins elle ne peut être perdue que pour certains centres secondaires, lorsque ceux-ci cessent d’être en relation directe avec le centre suprême. Quant à ce dernier, il garde toujours intact le dépôt de la tradition, et il n’est pas affecté par les changements qui surviennent dans le monde extérieur; c’est ainsi que, suivant divers Pères de l’Eglise, et notamment saint Augustin, le déluge n’a pu atteindre le Paradis terrestre, qui est « l’habitation d’Hénoch et la Terre des Saints [05] », et dont le sommet « touche la sphère lunaire », c’est-à-dire se trouve au-delà du domaine du changement (identifié au « monde sublunaire »), au point de communication de la Terre et des Cieux [06] . Mais, de même que le Paradis terrestre est devenu inaccessible, le centre suprême, qui est au fond la même chose, peut, au cours d’une certaine période, n’être pas manifesté extérieurement, et alors on peut dire que la tradition est perdue pour l’ensemble de l’humanité, car elle n’est conservée que dans certains centres rigoureusement fermés, et la masse des hommes n’y participe plus d’une façon consciente et effective, contrairement à ce qui avait lieu dans l’état originel [07], telle est précisément la condition de l’époque actuelle, dont le début remonte d’ailleurs bien au delà de ce qui est accessible à l’histoire ordinaire et « profane ». La perte de la tradition peut donc, suivant les cas, être entendue dans ce sens général, ou bien être rapportée à l’obscuration du centre spirituel qui régissait plus ou moins invisiblement les destinées d’un peuple particulier ou d’une civilisation déterminée; il faut donc, chaque fois qu’on rencontre un symbolisme qui s’y rapporte, examiner s’il doit être interprété dans l’un ou l’autre sens.
D’après ce que nous venons de dire, le Graal représente en même temps deux choses qui sont étroitement solidaires l’une de l’autre: celui qui possède intégralement la « tradition primordiale », qui est parvenu au degré de connaissance effective qu’implique essentiellement cette possession, est en effet, par là même, réintégré dans la plénitude de l’« état primordial ». A ces deux choses, « état primordial » et « tradition primordiale », se rapporte le double sens qui est inhérent au mot Graal lui-même, car, par une de ces assimilations verbales qui jouent souvent dans le symbolisme un rôle non négligeable, et qui ont d’ailleurs des raisons beaucoup plus profondes qu’on ne se l’imaginerait à première vue, le Graal est à la fois un vase (grasale) et un livre (gradale ou graduale), ce dernier aspect désigne manifestement la tradition, tandis que l’autre concerne plus directement l’état lui-même.
Nous n’avons pas l’intention d’entrer ici dans les détails secondaires de la légende du Saint-Graal, bien qu’ils aient tous aussi une valeur symbolique, ni de suivre l’histoire des « Chevaliers de la Table Ronde » et de leurs exploits; nous rappellerons seulement que la « Table Ronde », construite par le roi Arthur sur les plans de Merlin, était destinée à recevoir le Graal lorsqu’un des Chevaliers serait parvenu à le conquérir et l’aurait apporté de Grande-Bretagne en Armorique. Cette table est encore un symbole vraisemblablement très ancien, un de ceux qui furent toujours associés à l’idée des centres spirituels, conservateurs de la tradition; la forme circulaire de la table est d’ailleurs liée formelement au cycle zodiacal par la présence autour d’elle de douze personnages principaux [08], particularité qui, comme nous le disions précédemment, se retrouve dans la constitution de tous les centres dont il s’agit.
Il y a encore un symbole qui se rattache à un autre aspect de la légende du Graal, et qui mérite une attention spéciale: c’est celui de Montsalvat (littéralement « Mont du Salut »), le pic situé « aux bords lointains dont nul mortel n’approche », représenté comme se dressant au milieu de la mer, dans une région inaccessible, et derrière lequel se lève le Soleil. C’est à la fois l’« île sacrée » et la « montagne polaire », deux symboles équivalents dont nous encore à reparler dans la suite de cette étude; c’est la « Terre d’immortalité », qui s’identifie naturellement au Paradis terrestre. Pour en revenir au Graal lui-même, il est facile de se rendre compte que sa signification première est au fond la même que celle qu’a généralement le vase sacré partout où il se rencontre, et qu’à notamment, en Orient, la coupe sacrificielle contenant originairement, comme nous l’indiquons plus haut, le Soma védique ou le Haoma mazdéen, c’est-à-dire le « breuvage d’immortalité » qui confère ou restitue, à ceux qui le reçoivent avec les dispositions requises, le « sens de l’éternité ».
Notes :
[01] : Nous rappellerons aussi, à cet égard, la « Parole perdue » de la Maçonnerie, qui symbolise pareillement les secrets de l’initiation véritable; la « recherche de la Parole perdue » n’est donc qu’une autre forme de la « queste du Graal ». Ceci justifie la relation signalée par l’historien Henri Martin entre la « Massenie du Saint-Graal » et la Maçonnerie; et les explicaitons que nous donnons ici permettront de comprendre ce que nous disions, à ce propos, de la connexion très étroite qui existe entre le symbolisme même du Graal et le « centre commun » de toutes les organisations initiatiques.
[02] : Ces deux personnages représentent ici respectivement le pouvoir royal et le pouvoir sacerdotal; il en est de même d’Arthur et de Merlin dans l’institution de la « Table Ronde ».
[03] : Nous dirons seulement que le symbolisme de la lance est souvent en rapport avec l’« Axe du Monde »; à cet égard, le sang qui dégoutte de la lance a la même signification que la rosée qui émane de l’« Arbre de Vie »; on sait d’ailleurs que toutes les traditions sont unanimes à affirmer que le principe vital est intimement lié au sang.
[04] : Il est dit que Seth demeura quarante ans dans le Paradis terrestre; ce nombre 40 a aussi un sens de « réconciliation » ou de « retour au principe ». Les périodes mesurées par ce nombre se rencontrent très souvent dans la tradition judéo-chrétienne: rappelons les quarante jours du déluge, les quarante ans pendant lesquels les Israélites errèrent dans le désert, les quarante jours que Moïse passa sur le Sinaï, les quarante jours de jeûne du Christ.
[05] : « Et Hénoch marcha avec Dieu, et il ne parut plus (dans le monde visible ou extérieur), car Dieu le prit » (Genèse, V, 24).
[06] : « Ceci est conforme au symbolisme employé par Dante, situant le Paradis terrestre au sommet de la montagne du Purgatoire, qui s’identifie chez lui à la « montagne polaire » de toutes les traditions.
[07] : La tradition hindoue enseigne qu’il n’y avait à l’origine qu’une seule caste, qui était appelée Hamsa; cela signifie que tous les hommes possédaient alors normalement et spontanément le degré spirituel qui est désigné par ce nom, et qui est au delà de la distinction des quatre castes actuelles.
[08] : Les « Chevaliers de la Table Ronde » sont parfois au nombre de cinquante (qui était, chez les Hébreux, le nombre du Jubilé, et qui se rapporte aussi au « règne du Saint-Esprit »); mais même alors, il y en a toujours douze qui jouent un rôle prépondérent. – Rappelons aussi, à ce propos, les douze pairs de Charlemagne dans d’autres récits légendaires du moyen âge.
René Guénon, dans « Le Roi du Monde » – 1927

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Message par Clive le Mar 17 Déc 2019 - 8:49

(euh je vais pas vous demander de moins poster, y a beaucoup de choses super intéressantes et je vais y revenir pour regarder ça à tête reposée)
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Message par Invité le Mar 17 Déc 2019 - 14:27

présentation . - Page 2 Img_0112

Note du tavernier ;

Les images- breuvages proposés ici , par dela tout exclusivisme , saintcrétinisme syncrétisme , syncrasie idiote , sont à l'usage et au gout , dans la mesure de leur transposition analogique dans l'experience propre , de chacun(e)s , ou pas .
En conséquence , la direction décline toute résponsabilité quant au mésusage , abus ou rejet desdits spiritueux .

Ceci dit ,


A propos de vulnéraire sacré :



Dédicace à Circée ;

Paix à ton ame , Leonard .


présentation . - Page 2 Unset_10

présentation . - Page 2 Imag0112
mandorle à la vierge ( aujourd'hui détruite?) ; Notre dame de Paris

présentation . - Page 2 E158ac11
La blessure au flanc du Christ
Psautier de Bonne de Luxembourg (1345-49). L’ouverture de l’« œil du cœur » peut être figurée symboliquement comme une « blessure »

L'analogie entre la blessure et une autre forme de "faille" , qui pourrait paraitre impertinente , l'est cependant ( pertinente ) tout à fait .
Symboliquement la caverne ,  la matrice et la blessure peuvent évoquer des réalités similaires ...


présentation . - Page 2 Ob_e0813

Spoiler:
En parlant, à propos de « la lumière et la pluie », des représentations du soleil avec des rayons alternativement rectilignes et ondulés, nous avons signalé que ces deux sortes de rayons se retrouvent aussi, d’une façon toute semblable, dans certaines figurations symboliques du cœur ; un des exemples les plus intéressants qu’on puisse en donner est celui du cœur figuré sur un petit bas-relief de marbre noir, datant apparemment du XVIe siècle et provenant de la Chartreuse de Saint-Denis d’Orques, qui a été étudié autrefois par L. Charbonneau-Lassay (1). Ce cœur rayonnant est placé au centre de deux cercles sur lesquels se trouvent respectivement les planètes et les signes du Zodiaque, ce qui le caractérise expressément comme le « Centre du Monde », sous le double rapport du symbolisme spatial et du symbolisme temporel (2) ; cette figuration est évidemment « solaire », mais, d’ailleurs, le fait que le soleil, entendu au sens « physique », se trouve lui-même placé sur le cercle planétaire, ainsi qu’il doit l’être normalement dans le symbolisme astrologique, montre bien qu’il s’agit proprement ici du « Soleil spirituel ».
Il est à peine besoin de rappeler que l’assimilation du soleil et du cœur, en tant que l’un et l’autre ont également une signification « centrale », est commune à toutes les doctrines traditionnelles, en Occident aussi bien qu’en Orient ; c’est ainsi, par exemple, que Proclus dit en s’adressant au soleil : « Occupant au-dessus de l’éther le trône du milieu, et ayant pour figure un cercle éblouissant qui est le Cœur du Monde, tu remplis tout d’une providence à même de réveiller l’intelligence » (3). Nous citons plus particulièrement ce texte ici, de préférence à bien d’autres, en raison de la mention formelle qui y est faite de l’intelligence ; et, comme nous avons eu souvent l’occasion de l’expliquer, le cœur est considéré aussi avant tout, dans toutes les traditions, comme le siège de l’intelligence (4). D’ailleurs, selon Macrobe, « le nom d’Intelligence du Monde que l’on donne au Soleil répond à celui de Cœur du Ciel (5) ; source de la lumière éthérée, le Soleil est pour ce fluide ce que le cœur est pour l’être animé (6) » ; et Plutarque écrit que le Soleil, « ayant la force d’un cœur, disperse et répand de lui-même la chaleur et la lumière, comme si c’était le sang et le souffle (7) ». Nous retrouvons dans ce dernier passage, tant pour le cœur que pour le soleil, l’indication de la chaleur et de la lumière, correspondant aux deux sortes de rayons que nous avons envisagés ; si le « souffle » y est rapporté à la lumière, c’est qu’il est proprement le symbole de l’esprit, qui est essentiellement la même chose que l’intelligence ; quant au sang, il est évidemment le véhicule de la « chaleur animatrice », ce qui se réfère plus spécialement au rôle « vital » du principe centre de l’être (Cool.
Dans certains cas, en ce qui concerne le cœur, la figuration ne comporte qu’un seul des deux aspects de lumière et de chaleur : la lumière est naturellement représentée par un rayonnement du type ordinaire, c’est-à-dire formé uniquement de rayons rectilignes ; quant à la chaleur, elle est représentée le plus habituellement par des flammes sortant du cœur. On peut d’ailleurs remarquer que le rayonnement, même quand les deux aspects y sont réunis, paraît suggérer, d’une façon générale, une prépondérance reconnue à l’aspect lumineux ; cette interprétation est confirmée par le fait que les représentations du cœur rayonnant, avec ou sans la distinction de deux sortes de rayons, sont les plus anciennes, datant pour la plupart d’époques où l’intelligence était encore rapportée traditionnellement au cœur, tandis que celles du cœur enflammé se sont répandues surtout avec les idées modernes réduisant le cœur à ne plus correspondre qu’au sentiment (9). On ne sait que trop, en effet, qu’on en est arrivé à ne plus donner au cœur d’autre signification que celle-là, et à oublier entièrement sa relation avec l’intelligence ; l’origine de cette déviation est d’ailleurs sans doute imputable pour une grande part au rationalisme, en tant que celui-ci prétend identifier purement et simplement l’intelligence à la raison, car ce n’est point avec cette dernière que le cœur est en rapport, mais bien avec l’intellect transcendant, qui précisément est ignoré et même nié par le rationalisme. Il est vrai, d’autre part, que, dès lors que le cœur est considéré comme le centre de l’être, toutes les modalités de celui-ci peuvent en un certain sens lui être rapportées au moins indirectement, y compris le sentiment, ou ce que les psychologues appellent l’« affectivité » ; mais il n’y en a pas moins lieu d’observer en cela les relations hiérarchiques, et de maintenir que l’intellect seul est véritablement « central », tandis que toutes les autres modalités n’ont qu’un caractère plus ou moins « périphérique ». Seulement, l’intuition intellectuelle qui réside dans le cœur étant méconnue (10), et la raison qui réside dans le cerveau ayant usurpé son rôle « illuminateur (11) », il ne restait plus au cœur que la seule possibilité d’être regardé comme le siège de l’affectivité (12) ; d’ailleurs, le monde moderne devait aussi voir naître, comme une sorte de contrepartie du rationalisme, ce qu’on peut appeler le sentimentalisme, c’est-à-dire la tendance à voir dans le sentiment ce qu’il y a de plus profond et de plus élevé dans l’être, à affirmer sa suprématie sur l’intelligence ; et il est bien évident qu’une telle chose, comme tout ce qui n’est en réalité qu’exaltation de l’« infra-rationnel » sous une forme ou sous une autre, n’a pu se produire que parce que l’intelligence avait été tout d’abord réduite à la seule raison.
(1) Le Marbre astronomique de Saint-Denis d’Orques, dans Regnabit, février 1924.
(2) [b]Il y a aussi, dans cette même figuration, d’autres détails qui ont un grand intérêt au point de vue symbolique ; ainsi, notamment, le cœur porte une blessure ou du moins ce qui présente l’apparence extérieure d’une blessure, ayant la forme d’un iod hébraïque, ce qui se réfère à la fois à l’« Œil du cœur » et au « germe » avatârique résidant au « centre », que celui-ci soit d’ailleurs entendu au sens macrocosmique (ce qui est manifestement le cas ici) ou au sens microcosmique[/b] (cf. Aperçus sur l’initiation, ch. XLVIII).
(3) Hymne au Soleil, traduction Mario Meunier.
(4) Il est bien entendu (et nous y reviendrons d’ailleurs plus loin) qu’il s’agit ici de l’intelligence pure, au sens universel, et non de la raison, qui n’en est qu’un simple reflet dans l’ordre individuel, et qui est rapportée au cerveau, celui-ci étant alors par rapport au cœur, dans l’être humain, l’analogue de ce que la lune est par rapport au soleil dans le monde.
(5) Cette expression de « Cœur du Ciel », appliquée au soleil, se retrouve aussi dans les anciennes traditions de l’Amérique centrale.
(6) Songe de Scipion, I, 20.
(7) De la face que l’on voit dans le cercle de la lune, 15, 4. – Ce texte et le précédent sont cités en note par le traducteur à propos du passage de Proclus que nous venons de reproduire.
(Cool Aristote assimile la vie organique à la chaleur, en quoi il est d’accord avec toutes les doctrines orientales ; Descartes lui-même place dans le cœur un « feu sans lumière », mais qui n’est pour lui que le principe d’une théorie physiologique exclusivement « mécaniste » comme toute sa physique, ce qui, bien entendu, n’a rien de commun avec le point de vue traditionnel des anciens.
(9) Il est remarquable, à cet égard, que, dans le symbolisme chrétien en particulier, les plus anciennes figurations connues du Sacré-Cœur appartiennent toutes au type du cœur rayonnant, tandis que, dans celles qui ne remontent pas au-delà du XVIIe siècle, c’est le cœur enflammé qu’on rencontre d’une façon constante et à peu près exclusive ; il y a là un exemple assez significatif de l’influence exercée par les conceptions modernes jusque dans le domaine religieux.
(10) C’est cette intuition intellectuelle qui est symbolisée proprement par l’« œil du cœur ».
(11) Cf. ce que nous avons dit ailleurs sur le sens rationaliste donné aux « lumières » au XVIIIe siècle, notamment en Allemagne, et sur la signification connexe de la dénomination des Illuminés de Bavière (Aperçus sur l’initiation, ch. XII).
(12) C’est ainsi que Pascal, contemporain des débuts du rationalisme proprement dit, entend déjà le « cœur » au sens exclusif de « sentiment ».
Maintenant, si l’on veut, en dehors de la déviation moderne dont nous venons de parler, établir, dans les limites légitimes, un certain rapport du cœur avec l’affectivité, on devra regarder ce rapport comme résultant directement de la considération du cœur comme « centre vital » et siège de la « chaleur animatrice », vie et affectivité étant deux choses très proches l’une de l’autre, sinon même tout à fait connexes, tandis que le rapport avec l’intelligence est évidemment d’un tout autre ordre. Du reste, cette étroite relation de la vie et de l’affectivité est nettement exprimée par le symbolisme lui-même, puisque l’une et l’autre y sont également représentées sous l’aspect de la chaleur (13) ; et c’est en vertu de cette même assimilation, mais faite alors d’une façon assez peu consciente, que, dans le langage ordinaire, on parle couramment de la chaleur du sentiment ou de l’affection (14). Il faut aussi remarquer à ce propos que, quand le feu se polarise en ces deux aspects complémentaires qui sont la lumière et la chaleur, ceux-ci sont pour ainsi dire, dans leur manifestation, en raison inverse l’un de l’autre ; et l’on sait que, même au simple point de vue de la physique, une flamme est en effet d’autant plus chaude qu’elle est moins éclairante. De même, le sentiment n’est véritablement qu’une chaleur sans lumière (15), et l’on peut aussi trouver dans l’homme une lumière sans chaleur, celle de la raison, qui n’est qu’une lumière réfléchie, froide comme la lumière lunaire qui la symbolise. Dans l’ordre des principes, au contraire, les deux aspects, comme tous les complémentaires, se rejoignent et s’unissent indissolublement, puisqu’ils sont constitutifs d’une même nature essentielle ; il en est donc ainsi en ce qui concerne l’intelligence pure, qui appartient proprement à cet ordre principiel, et ceci confirme encore que, comme nous l’indiquions précédemment, le rayonnement symbolique sous sa double forme peut lui être rapporté intégralement. Le feu qui réside au centre de l’être est bien à la fois lumière et chaleur ; mais, si l’on veut traduire ces deux termes respectivement par intelligence et amour, bien qu’ils ne soient au fond que deux aspects inséparables d’une seule et même chose, il faudra, pour que cette traduction soit acceptable et légitime, ajouter que l’amour dont il s’agit alors diffère tout autant du sentiment auquel on donne le même nom que l’intelligence pure diffère de la raison.
On peut facilement comprendre, en effet, que certains termes empruntés à l’affectivité soient, aussi bien que d’autres, susceptibles d’être transposés analogiquement dans un ordre supérieur, car toutes choses ont effectivement, outre leur sens immédiat et littéral, une valeur de symboles par rapport à des réalités plus profondes ; et il en est manifestement ainsi, en particulier, toutes les fois que, dans les doctrines traditionnelles, il est question de l’amour. Chez les mystiques eux-mêmes, malgré certaines confusions inévitables, le langage affectif apparaît surtout comme un mode d’expression symbolique, car, quelle que soit chez eux la part incontestable du sentiment au sens ordinaire de ce mot, il est pourtant inadmissible, quoi qu’en puissent prétendre les psychologues modernes, qu’il n’y ait là rien d’autre que des émotions et des affections purement humaines rapportées telles quelles à un objet supra-humain. Cependant la transposition devient encore beaucoup plus évidente lorsqu’on constate que les applications traditionnelles de l’idée de l’amour ne sont pas bornées au domaine exotérique et surtout religieux, mais qu’elles s’étendent également au domaine ésotérique et initiatique ; il en est ainsi notamment dans de nombreuses branches ou écoles de l’ésotérisme islamique, et il en est de même dans certaines doctrines du moyen âge occidental, notamment les traditions propres aux Ordres de chevalerie (16), et aussi la doctrine initiatique, d’ailleurs connexe, qui a trouvé son expression chez Dante et les « Fidèles d’Amour ». Nous ajouterons que la distinction de l’intelligence et de l’amour, ainsi entendue, a sa correspondance dans la tradition hindoue avec la distinction de Jnâna-mârga et Bhakti-mârga ; l’allusion que nous venons de faire aux Ordres de chevalerie indique d’ailleurs que la voie de l’amour est plus particulièrement appropriée aux Kshatriyas, tandis que la voie de l’intelligence ou de la connaissance est naturellement celle qui convient surtout aux Brahmanes ; mais, en définitive, il ne s’agit là que d’une différence qui porte seulement sur la façon d’envisager le Principe, en conformité avec la différence même des natures individuelles, et qui ne saurait aucunement affecter l’indivisible unité du Principe lui-même.
(13) Il s’agit naturellement ici de la vie organique, dans son acception la plus littérale, et non du sens supérieur dans lequel la « vie » est au contraire mise en rapport avec la lumière, ainsi qu’on le voit notamment au début de l’Évangile de saint Jean (cf. Aperçus sur l’initiation, ch. XLVII).
(14) Chez les modernes, le cœur enflammé est d’ailleurs pris assez ordinairement pour représenter l’amour, non pas seulement en un sens religieux, mais aussi au sens purement humain ; cette représentation était tout à fait courante, surtout au XVIIIe siècle.
(15) C’est pourquoi les anciens représentaient l’amour comme aveugle.
(16) On sait que la base principale de ces traditions était l’Évangile de saint Jean : « Dieu est Amour », dit saint Jean, ce qui ne peut assurément se comprendre que par la transposition dont nous parlons ici, et le cri de guerre des Templiers était : « Vive Dieu Saint Amour. »
[René Guénon, Le cœur rayonnant et le cœur enflammé, Regnabit - avril 1926, repris dans Études Traditionnelles, juin-juillet 1946.



A propos de soif
(en laquelle il y a foi(s)
et Soi .)


Un soufi disait qu'il avait eu "l'ouverture" spirituelle grace à un chien :

"Par une periode de chaleur accablante , l'animal , crevant de soif , était attiré par une flaque d'eau .
Cependant , son reflet dans l'eau l'effrayait .
Le chien ne cessait de tourner autour de la flaque , d'avancer , de fuire .
Il était au supplice , mais la peur restait plus forte que la soif .
Soudain , le chien se jeta dans la marre
et se désaltéra ."

" Vous n'avez besoin que du besoin. " ibn arabi



enfin , nous rendrons hommage à untrop rare membre de ce forum , panache , qui a écrit :
" je ne croirai qu'en un dieu qui sache danser "

ci fait :

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Ainsi , donc :



ou plutot , let us be danced ,

ou , mieux encore ,

Soyons la dance .


Et la Vie c'est sait mieux .

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Message par Invité le Mar 17 Déc 2019 - 18:53

"j'ai pris congé de mon désespoir quand je me suis rendu compte qu'il n'empéchait pas le plongeon des corneilles noires "

"L’âme noire "
Liam O’Flaherty



"La lumière de la Connaissance n'éteint pas la lumière de l'Amour."

Ghazâlî.

https://www.babelio.com/livres/Kelen-La-puissance-du-coeur-La-lumiere-de-la-Connaissa/781988

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Paris . Angle rue st Denis , rue Etienne Marcel .

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Message par siamois93 le Mar 17 Déc 2019 - 21:26

Dans le taïji-quan on a un mouvement de jambe accompagné du bras qui est très similaire.

La notion de cheminement ou de trajectoire, que l'on peut suivre dans un exercice comme on suit une recette mmais qui parle aussi de notre chemin de vie, de par entre autres sa relation au temps, est quelque chose qui m'attire toujours. J'ai peut-être un ancêtre artilleur.
siamois93
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http://taijiquan.neuronnexion.fr

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Message par Invité le Mar 17 Déc 2019 - 21:36

Oui. Je vois de quel mouvement tu parles .



A propos  de vulnéraire suite :

"A sa naissance, l'homme est doux et faible;
à sa mort, il est dur et tout raide.

Les dix milles êtres, plantes et arbres,
pendant leur vie, sont tendres et vulnérables;
à leur mort, ils sont secs et recroquevillés.

Car ce qui est dur et fort est serviteur de la mort;
ce qui est doux et faible est serviteur de la vie.

La dureté et la rigidité sont inférieures;
la souplesse et la faiblesse sont supérieures.

Les êtres devenus forts vieillissent,
car cela s'oppose au Tao.
Quiconque s'oppose au Tao
périt prématurément.

Rien n'est plus souple et plus faible que l'eau,
mais pour enlever le dur et le fort, rien ne la surpasse.

La faiblesse a raison de la force;
la souplesse a raison de la dureté.
Tout le monde le sait,
mais personne ne parvient à le mettre en pratique.

Le meilleur soldat n'attaque pas.
Le combattant de valeur l'emporte sans violence.
Les plus grands conquérants gagnent sans lutter.
Les dirrigeants les plus efficaces conduisent les hommes sans ordonner.
C'est ce qu'on appelle "la non-agressivité intelligente".
C'est ce qu'on appelle "la maîtrise des hommes"."
Tao te king .

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Message par Invité le Mer 18 Déc 2019 - 9:25

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"En cherchant le Soi, je me lassai
Car personne, en cherchant, n'a jamais obtenu
La science secrète au delà de la pensée.
J'arrètai de chercher. L'amour me conduisit
A la porte de la taverne.
Alors je trouvai des jarres pleines de vin
Mais personne ne désirait en boire.
Alors la folie de mon esprit fut dévoilée
Comme les cendres le sont par un miroir.
Alors il s'imposa à moi
Evident et clair.
Et quand je le vis tout près de moi
Il était tout, et je n'étais rien
Et plus rien d'autre n'existait."

"Il n'y a ni toi ni moi, ni contemplé ni contemplation
Seulement, Celui qui a tout crée
s'est perdu dans l'oubli.
Si les aveugles ne voient pas là de sens profond,
Les sages ayant reconnu le Suprême
se sont fondus en Lui. "

"Si cessent les vaines imaginations
et les désirs qui forment la trame du temps
si tu réalises Shiva omniprésent, impalpable et pur
tu peux vivre dans le monde ou vivre en ermite
habité par la vérité que tu as touchée"


"Le miroir de mon esprit s’est illuminé,
La reconnaissance a jailli de mon être,
J’ai vu alors le Divin en sa nature essentielle
Rien n’existe, ni moi, ni Toi, ni même l’universel déploiement."

"Je me suis épuisée à la recherche du Soi.
Qui aurait pu avoir accès à la connaissance
Silencieusement lovée au creux de mon être intime ?
Je m'y suis coulée,
Et là, j'ai découvert les coupes
Débordantes de nectar
Auxquelles peu d'êtres portent leurs lèvres."

Lalla 14 ième cashemire


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Message par Invité le Mer 18 Déc 2019 - 11:15

A l'instant. présentation . - Page 2 Img_2010

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Message par Sic le Mer 18 Déc 2019 - 14:27

ling a écrit:
enfin , nous rendrons hommage à untrop rare membre de ce forum , panache , qui a écrit :
" je ne croirai qu'en un dieu qui sache danser "

ci fait :

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Message par Invité le Mer 18 Déc 2019 - 16:07

Des noms
Une réalité .

Manifestée en sa multplicité ,
elle seule s'oublie
ou se reconnait .

Sa liberté .





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"Il y a trois sortes d'hommes: les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer."

Aristote , apocryphe

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Message par Hirondelle78 le Mer 18 Déc 2019 - 17:57

ling a écrit:

"Il y a trois sortes d'hommes: les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer."

Aristote , apocryphe

Tiens, t'as regardé "le chant du Loup" qui vient de passer sur canal toi aussi ? Laughing
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Message par Invité le Mer 18 Déc 2019 - 18:03

Non .
C'est quoi ?

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