Le syndrome de l'imposteur du Zebre et sortir de sa zone de confort

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Message par Cyrillus le Sam 7 Sep 2019 - 14:14

Mesdames et messieurs les Zebres,

J'aurais besoin si ce n'est de de conseils, peut-être de témoignages de la manière dont vous arriver à traiter avec ce type de situations.
Je vais essayer de rendre le récit générique pour que vous puissiez vous reconnaitre dans le sujet et donc réagir.
Si vous avez besoin d'élément plus spécifique pour répondre peut-être que je pourrais y répondre.

Zèbre de tout poil, je voudrais savoir comment est-ce que vous gérer votre syndrome de l'imposteur dans votre travail ?

Détails : Bcp d'entre nous sont plutôt autodidactes pour différentes raisons (rejet de toute forme d'autorité, un rythme et une profondeur d’apprentissage inadapté, apprentissage instinctif, etc). Et un peu comme les personnes qui ont du mal à croire qu'elles sont zèbre, nous avons souvent une forme plus ou moins importante de doute sur ce que nous savons (et surtout une clairvoyance sur ce que nous ne savons pas). Surtout que personnellement je ne me compare pas à mon voisin de bureau mais dans l'absolu ... et forcément je ne me trouve toujours pas très doué. De fait je trouve que nous sommes particulièrement mal équipés pour le monde du travail quand il s'agit de prendre des responsabilités ou pour dire que nous sommes aptes/capables de réaliser quelque chose.
Cela entraine un fort malaise qui dure plus ou moins longtemps lorsque l'on se lance dans quelque chose de nouveau dans le monde du travail souvent ponctué de petite phrase de type : " Non mais tu verras c'est fait pour toi, tu as tout ce qu'il faut pour y arriver". Souvent c'est vrai, souvent nos capacités nous donnent les moyens de s'adapter vite si notre manque de connaissance est handicapant dans un premier temps.
Du coup j'ai un mal fou à objectivement à savoir ce dont je suis capable et donc potentiellement être capable d'évoluer.

Du coup ça m'amène au second point un peu plus personnel :
Ayant depuis peu de temps une volonté d'être plus en phase avec mon côté émotionnel (grâce à ma chérie), je me rends compte que j'ai surtout avancé professionnellement sur un modèle qui est celui de mes parents.
Suite à un brown out émotionnel, voici une nouvelle étape de mon évolution vers moi même : mon travail.
Je remets pas mal en cause mon travail et le fait de ne jamais avoir réussi à me sentir à ma place dans aucun milieu.
Plus cela va, plus je me rends compte que l'on exploite mon bon travail et que le retour sur investissement est loin d'être optimum.
Ajoutons à cela que le fait de travailler pour que des actionnaires touches leurs dividendes ne fait pas bcp écho en moi (je travaille principalement pour les entreprises du CAC40).

Du coup j’envisageais deux "solutions" :
1- Monter ma propre boite (ou être freelance) dans le même secteur d'activité. Au moins le travail que je fais (ou pas) me rapporterais directement à moi et je ne serais pas en train de quémander 2% d'augmentation lors de mon entretien annuel alors que je suis sous payé.
Le souci ici, c'est le syndrome de l'imposteur, et le fait de ne pas être capable. Et je me demandais si quelqu'un avait été dans ce cas et si oui comment cela c'était passé pour lui ?
2- Me lancer vers un projet plus en phase avec mes émotions profondes et ma volonté de faire partie de quelque chose de plus grand, quelque chose qui laisse une emprunte derrière soi. Un peu avec une sorte de mantra en tête : " A quoi ça sert d'être intelligent si c'est pour ne pas faire avancer les choses ", un peu à la Peter Parker : " avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités "
La pour le coup, c'est la zone de confort qui est touchée de plein fouet. L'incertitude. Mais est ce que le confort d'être à l'aise avec soit même est meilleur que le confort "matériel" de la vie que j'ai actuellement.
Pareil, est ce que quelqu'un se reconnait dans ces questions? et qui a déjà fait le grand saut?

Bref vous l'aurez compris c'est le bazar dans ma tête avec tout ça Very Happy
Vos retours sont les bienvenus.

Love!
Cyrillus
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Message par higeekomori le Lun 9 Sep 2019 - 14:07

Bonjour Monsieur Cyrillus Very Happy

Zèbre de tout poil, je voudrais savoir comment est-ce que vous gérer votre syndrome de l'imposteur dans votre travail ?
Désolé d'apporter sitôt un peu plus de doute à ta réflexion, mais peut-être y a-t-il plus qu'un seul syndrome de l'imposteur. Je ne crois pas au côté tout blanc tout noir de la vie. Et sans doute est-il possible d'être imposteur à degrés variables. C'est à dire, se sentir imposteur pleinement pour une tâche et très peu pour une autre. Du moins, c'est ce que j'ai concrètement vécu par mon expérience perso. Wink

Mais bon, pour aller dans le sens de ton topic, partons du postulat d'un syndrome 100% existant pour l'ensemble d'un travail.

Du coup j'ai un mal fou à objectivement à savoir ce dont je suis capable et donc potentiellement être capable d'évoluer.
Une question, es-tu un scanner ou pas? (c'est à dire, souhaitant apprendre quelque chose, puis une fois le savoir acquis, se désintéresser de la chose pour passer à un autre savoir.)

Du coup ça m'amène au second point un peu plus personnel :
Ayant depuis peu de temps une volonté d'être plus en phase avec mon côté émotionnel (grâce à ma chérie), je me rends compte que j'ai surtout avancé professionnellement sur un modèle qui est celui de mes parents.
...parce que c'est très vite en ce sens que la société nous oriente dans la vie, dès la maternelle parfois. Les remises en question ne viennent toujours que d'individus qui, après expérimentations, repositionnent leurs opinions à l'âge adulte. Rarement l'enfance est concernée par cette analyse mentale. Le seul point de basculement possible bien visible reste l'adolescence où, brusquement, le choix d'un style de vie se place délibérement en contrepoint de celui des parents. (Et c'est comme ça par exemple qu'on peut se retrouver, en tant que fils de CRS, à partir militer d'un seul coup sur les Terres de Notre-Dame-Des-Landes, contre l'aéroport. Zut alors! ^^)

Suite à un brown out émotionnel, voici une nouvelle étape de mon évolution vers moi même : mon travail.
Autre question : détaches-tu le travail de la vie intra-personnelle ou fusionnes-tu les deux?

Plus cela va, plus je me rends compte que l'on exploite mon bon travail et que le retour sur investissement est loin d'être optimum.
La récompense du travailleur se compose de deux choses : primo, le salaire, secundo, la reconnaissance. Bien que, entre les deux, il n'y a pas un ordre établi, évidemment... Aujourd'hui, la reconnaissance a complètement disparue. C'est même devenue une norme sociable acceptable dans les discours des patrons et des politiques. Ne reste que le salaire, dont en réalité on a discrètement mais légalement croqué environ 20% au fil de ces dernières décennies. Du coup, conscient ou inconscient de cela, beaucoup de personnes sont en train d'atteindre le point de bascule intérieur leur intimant de se poser la question suivante : "si plus payé, ou du moins pas assez, mon travail salarié a-t-il encore de la valeur?"

Dans la prochaine décennie, on aura à coup sûr la réponse. Moi, je n'en doute plus... Rolling Eyes

Ajoutons à cela que le fait de travailler pour que des actionnaires touches leurs dividendes ne fait pas bcp écho en moi (je travaille principalement pour les entreprises du CAC40).
Ben voilà, tu y es toi aussi à ton point de bascule! ^^ Sinon, tu n'aurais pas écrit ça. Tu aurais fait comme la génération de nos parents : Travailler, être payé, consommer, améliorer son confort de vie. Et puis les week-ends, on va profiter de la famille en bord de mer.

Du coup j’envisageais deux "solutions" :
1- Monter ma propre boite (ou être freelance) dans le même secteur d'activité.
Loin de moi l'idée de te décourager. Cependant, monter sa propre boite, c'est souvent beaucoup de travail en aval rien que pour la mise en place. Et puis, quand ça marche, c'est généralement des journées doubles qu'on fait. Le salaire n'est pas souvent à la hauteur. Par contre la reconnaissance et l'estime de soi dans l'accomplissement y sont proportionnellement largement dopés. Il faut en fait très rapidement savoir trouver le point d'équilibre entre effort et auto-récompense.

Au moins le travail que je fais (ou pas) me rapporterais directement à moi et je ne serais pas en train de quémander 2% d'augmentation lors de mon entretien annuel alors que je suis sous payé.
C'est vrai! Mais gare aux immobilisations si tu n'es pas dans un taf de conseil ou de service. Car, c'est 4% d'investissement non désiré que tu devras réalisé en lieu et place de 2% de régul que tu dois encore pour l'instant négocier avec ton boss. Du coup, ça sort plus que ça rentre.

Pour bien bosser seul et voir son affaire être rentable, il ne faut pas sortir d'argent. Ça, c'est la règle absolue.

Il faut aussi se méfier des inspirations à la croissance perpétuelle de son CA, car c'est un putain de leurre. Une entreprise sur deux tombe dans le piège. Et c'est la mort rapide au bout de trois exercices comptables. pale

Le souci ici, c'est le syndrome de l'imposteur, et le fait de ne pas être capable. Et je me demandais si quelqu'un avait été dans ce cas et si oui comment cela c'était passé pour lui ?
Ben, en gros, t'as trois possibilités :
- Soit tu souffres en silence et tu vis ton syndrome jusqu'au bout. Ce qui peut finir par en bonne grosse psychanalyse de derrière les fagots.
- Soit tu t'affirmes vis à vis de toi-même pour sortir de la posture et tu quittes ton taf pour ramener de la cohérence dans ton existence.
- Soit tu arnaques en sous main, et du syndrome, tu en tires une voie alternative qui ressemble à du travail, qui a la même odeur que le travail, qui donne le même salaire que le travail... mais qui n'est pas du travail. Mais là, souvent ça ébranle l'ego jusqu'au fondement et donc, il faut avoir des bases mentales solides. Ou bien de l'entraînement en milieu hostile pendant des années...

2- Me lancer vers un projet plus en phase avec mes émotions profondes et ma volonté de faire partie de quelque chose de plus grand, quelque chose qui laisse une emprunte derrière soi.
Aujourd'hui, de part le monde, la sphère des alters ne fait qu'augmenter, et c'est très bien. Sur internet, il y a énormément à lire sur ceux qui ont réussi à trouver une porte de sortie au système actuel et parvenir à se faire une place autrement que dans le moule du travail. Ça va du cancor aux hackers (pas ceux qui trifouillent Ouïndobe, comme dans l'imaginaire populaire, hein!), en passant par pas mal de nouveaux penseurs qui ont tous une part de la bonne réponse. Pour l'instant, le seul problème, c'est qu'il n'y a pas de réflexions unifiées sur le sujet à l'échelle mondiale, ce qui en amenuise fortement la portée médiatique, hélas. Chacun y va un peu de son "la", et c'est sur le fond encore pas mal cacophonique. Mais le coeur y est, ça se sent. Et c'est ce qui fera la différence dans 10 ou 20 ans.

La pour le coup, c'est la zone de confort qui est touchée de plein fouet. L'incertitude. Mais est ce que le confort d'être à l'aise avec soit même est meilleur que le confort "matériel" de la vie que j'ai actuellement.
Ça peut être un mix des deux. T'es pas obligé de vivre soit dans une caverne humide avec une pauvre bougie réalisée à base de suif de cochon d'Inde, soit au contraire d'acheter un SUV flambant neuf par semaine tout en vivant le grand luxe à Las Vegas. C'est la mesure équilibrée de toute chose de ta vie qui fera harmonie. Donc, sans doute aurais-tu besoin de réduire la partie matérielle sans pour autant tuer tout confort. En fait, il faut savoir lister ses vrais besoins sans pour autant verser dans le sacrifice. Car le sacrifice, ça fait mal!... Même si ce n'est pas dit, il y a toujours un prix mental à payer sur le long terme.

Pour ma part, puisque tu as besoin semble-t-il de témoignages, sache que c'est précisément une chose que j'ai réussi dans ma vie. Mon existence est matériellement beaucoup plus sobre qu'avant et rapidement j'ai pu atteindre un équilibre financier qui a rendu ma structure de vie plus légère, plus aérienne et bien plus facile à vivre.

Pareil, est ce que quelqu'un se reconnait dans ces questions?
Je me reconnais personnellement dans une partie des questions.

et qui a déjà fait le grand saut?
Perso, j'ai même jamais fait le grand saut. J'étais déjà arrivé de l'autre côté sans rien avoir jamais demandé. Bien qu'ayant une vie professionnelle, j'ai jamais eu de métiers vraiment exerçables. Je ne sais même pas ce que veut dire "un déroulement de carrière". Les carrières, c'est les autres. Mais l'interim et le chômage aussi... Idem pour le fait d'être né avec une cuillère d'argent dans la bouche. (lol, je vous voyais venir... ^^) C'est pas moi ça non plus. Loin de là! Moi, c'était plutôt la cuillère en plastique du Macflurry qu'on lavait pour s'en resservir. Donc, je suis un peu comme le cheval qu'on a dressé spécialement pour les concours d'obstacles mais qui s'est toujours retrouvé "bloqué" face à la moindre barrière, éjectant d'ailleurs le cavalier 100% du temps dans la boue. Mais, un cheval qu'on garde même précieusement au haras, avec box titré à son nom, tout en sachant qu'il n'ira probablement jamais jusqu'au podium. Même pas sur la troisième marche. Et quand je dis "bloqué", ça ne veut pas dire que j'ai fait très tôt dès la petite enfance un blocage mental m'empéchant psychologiquement de me pencher sur la question du travail. Genre : "c'est trop dur, trop fatiguant..." Non, ça toujours été plutôt des rendez-vous manqués avec mes possibles carrières, car quelque chose s'est toujours interposé avec force à chaque fois.

Donc, comme j'ai été très tôt dirigé vers la troisième voie, celle susnommée, plus haut, de "l'arnaque", ben, j'ai continué. Car, il faut bien avancer vers un sens, sinon, ça peut devenir vite névrotique à vivre si on fait du sur-place. Il faut juste être bien conscient de là où on est, sur quel système on a les pieds posés même si on ne l'approuve pas en totalité, et la tête s'en trouve d'autant plus légère.

Bref vous l'aurez compris c'est le bazar dans ma tête avec tout ça
Heureux pour ma part d'avoir apporté toutes les lumières que tu souhaitais à toutes tes questions. Ou pas... Ha ben non, en fait, je t'ai sans doute rajouter plus de doutes encore, lol. (Je rigole, je taquine. Mais plus sérieusement, le sujet que tu as ouvert n'étant pas un rond-point a une seule voie, forcément, de d'autres chemins naissent d'autres analyses qui amènent inévitablement des réflexions quelque peu inattendues.)

Si tu as besoin de creuser ce que j'ai dit, tu peux me MP. Je tiens à préserver mon anonymat relatif sur ce forum, donc, forcément, j'ai effleuré la surface en l'habillant avec de jolis mots. Dire les choses en mots clairs, ça serait donner mon nom.



Love!
Love too. Have a peacefull life.
(le deuxième l de peaceful est volontaire Wink )



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