Vivre avec zèbre et ses tourments

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Message par selfishgiant le Sam 20 Juil 2019 - 8:53

C’est un thème récurrent sur le forum, je le sais, mon conjoint est un zèbre et pas moi. Il n’est pas testé mais je n’ai aucun doute : son QI,  ses intuitions, le bouillonnement permanent d’idées, l’hypersensibilité, la multiplicité des talents et sa tendance à les dissimuler… S’il n’est pas un zèbre, alors personne ne l’est !
               Il ne nie pas l’être, mais lorsque je lui en parle, il se contente de dire que ça lui fait plus de peine qu’autre chose car il n’a pas fait de longues études et qu’il a l’impression d’avoir gâché son potentiel. Je n’insiste pas trop non plus car il a reçu une éducation très rigide, très culpabilisante et très destructrice avec beaucoup de manipulation. En un sens, être un zèbre n’est peut-être dans son cas pas le cœur de ses problèmes, sa créativité est un facteur de résilience, sa sensibilité un fardeau supplémentaire dans une situation insupportable en elle-même.  
             En regardant le documentaire « dans la tête d’un zèbre », il s’est mis à sangloter de manière totalement incontrôlable. Certains témoignages décrivaient bien trop précisément ce qu’il vivait, en particulier une phrase :« je passe 80  % de mon temps à contrôler mes émotions ». Cela fait dix ans que nous vivons ensemble, une des béquilles qu’il a trouvée pour stabiliser ses émotions, c’est le THC. Il consomme massivement de l’herbe. Cela ne l’empêche pas d’être actif – ce qui est en soi incroyable vu les doses prises. Cela apaise ses angoisses et certains TOC.
              Cela me pose problème : je m’inquiète pour sa santé,  son addiction prend pas mal de place dans notre quotidien et s’étale malgré mon désaccord sous les yeux de notre fille de cinq ans.
             La douance, c’est une partie d’un tout complexe, une enfance troublée, une situation professionnelle précaire, des addictions, un parcours d’adulte difficile.
                  De mon côté, je suis un peu usée par une dizaine d’années au cours desquelles je me suis beaucoup adaptée et j’ai pris en charge beaucoup d’aspects de la vie pratique. Mon conjoint me reproche beaucoup mon manque de soutien. C’est-à-dire qu’il considère que je devrais davantage l’aider et manifester mon amour pour lui. Mais la réalité c’est que le seul domaine où  je refuse de l’aider (trop) c’est son propre travail, tout le reste est à ma charge. Quant à manifester mon amour, disons que j’ai été patiente dans beaucoup de domaines, ce qui me rend un peu distante. Je me  protège aussi car il exprime beaucoup de colère et de reproches surtout lorsqu’il est stressé. Je ne l’abandonne pas mais je refuse de servir de déversoir.
        Si vous-même avez des témoignages d’expériences similaires, des conseils… Inutile de conseiller un psy pour mon conjoint … vous prêchez une convertie ! Je voudrais juste qu’il s’accepte un peu mieux, qu’il essaie de développer d’autres manières de s’apaiser… bref qu’il soit moins malheureux. Et ce n’est pas complètement désintéressé de ma part car lorsqu’il est stressé comme actuellement, il respecte beaucoup moins mes limites et mes besoins.

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Message par izo le Sam 20 Juil 2019 - 10:42

Un soutien constant peut user. Être deux c’est être légers pas alourdi par l’un. L’un qui semble disposer de tout un arsenal d’excuses pour légitimer (basta les guillemets, j’y vais sans pincettes), son attitude : sa douance non assumée et dont il aurait que le versant souffrant, une enfance limite brimée etc. Sauf que tu es là aussi et bien plus que cela, il y a un enfant. Donc oui cette constante dégradation peut te dérouter, d’autant que cette addiction te renvoie un résultat vain (pour ne pas dire négatif) en dépit de tout ce que tu entreprends pour le rendre heureux. 
Tu peux jouer indéfiniment ce rôle qui n’est à mon avis pas forcément le tien. tu n’es pas sa maman. Un enjeu autrement terrible préside la situation, votre enfant et toutes les responsabilités qui vont avec. 

Un petit fait avantageux peut être utilisé. Il vient de recevoir un choc via le documentaire. Est-ce cela va déclencher quelque chose dans sa tête ? Ayant pleuré c’est donc qu’il en a été affecté. Peut être peux tu te servir de ce support pour échanger avec lui, sans confrontation sur vos difficultés (et pas les siennes).  
Comme il est intelligent (ce qu’il sait au plus intime de lui), peut-être, pourrait-il pour commencer écouter (j’ai pas dis entendre) ton ressenti quant à ta situation quotidienne, constater ta solitude et son accaparement insidieux à ton égard, sans accuser quoi que ce soit. 
Le mettre face à lui, à toi, à vous trois, en se posant ces questions simples mais cruciales me paraît sain : 
Et maintenant que faisons-nous ? 
Comment fonctionner sans usures ? 
Comment fonctionner pour le bénéfice de notre enfant et de notre couple ? 
C’est juste se décaler ensemble, faire un pas de côté pour échanger et se voir fonctionner. Idéalement c’est mieux quand un tiers s’y colle mais manifestement il semble réticent, aussi hélas tu ne peux faire selon moi l’impasse de cet échange à faire si possible dans un endroit neutre. Oui, j’imagine que tu as du l'entreprendre plus d’une fois, mais celui-ci serait à envisager comme une ultime fois. C’est le « maintenant ou jamais » (enfin les guillemets mais non plus nuancer mais pour ponctuer). 
C’est à lui de cheminer vers le problème d’abord, qui s’avère sien (l’addiction). Toi, tu le formules, mais tu ne peux le résoudre seule. 
Pardon pour la pauvreté de mon aide. Tiens nous au courant, n'hésite pas à creuser. Prends soin de toi surtout.
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Message par Penne.de.coeur le Sam 20 Juil 2019 - 15:04

Bonjour,

C'est très gentil pour lui que vous portez attention sur ses comportements, et à votre couple. Peut-être vous trouverez la solution spontanément, en continuant le dialogue que vous savez construire pour nous, mais avec les arguments de la connaissance de l'autre, ensemble ?
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Message par Spirea le Sam 20 Juil 2019 - 23:29

Bonjour, je crois être zèbre et je me reconnais grandement dans la description de votre mari, je sais même pas comment mon compagnon a pu accueillir avec autant de patience, de douceur et de persévérance toute la violence que j'ai déferlé sur lui. Bien que cela n'ai pas duré 10ans, mais 1 année parce que moi aussi malgré toute sa douceur je me suis prise quelques "coups de pieds au cul" si je puis dire, en plus de la peur finalement de perdre quelqu'un de bien pour une fois dans ma vie. J'avais beaucoup de peur qui se manifestais par des actes de violence (pas physique mais maintenant je le reconnais comme étant de la violence), dont peur des autres, pas confiance pour pouvoir me confier etc donc terrorisée d'aller voir un thérapeute parce que c'est quelqu'un d'étranger en plus(il a du m'emmener par la main dans une grosse crise de pleur en pleine "rechute dépressive" + si déjà ceux qui m'aime me comprenne pas pourquoi quelqu'un qui me connaît pas). Je pense que quand on a un passif difficile surtout au niveau familiale (c'est mon cas aussi) ce sont beaucoup de blessure qui s'encre en nous et qu'on enfouie donc très difficile à reconnaître quand elles se manifestent. Ce qui m'a mis sur la lancée, qui m'a permis de commencer quelques changements, quelques accueil de qui je suis et des blessures que j'ai ce sont premièrement les vidéo sur youtube d'Isabelle Padovani et secondement la rencontre avec la communication non violente par le biais des livres de Marshall Rosenberg et des ateliers de pratiques en groupe.
C'est possible que ça puisse vous aidez. Après, personnellement j'ai mis beaucoup de temps a pouvoir regarder ces vidéos et commencer a m'intéresser à la CNV, je pense parce qu'on a des gardiens (comme dis Isabelle) qui se poste à chaque blessure et nous empêche d'aller voir et rassurer notre part qui est derrière, l'accueillir. Tout comme j'ai mis des mois avant d'ouvrir "Trop intelligent pour être heureux", je ne sais pas si ton mari fonctionne comme moi, mais insiste vraiment si c'est le cas. Je me suis énervée, j'étais en colère, j'étais triste, j'ai été bouleversée, ... , quand mon amoureux a continué à me dire de regarder les vidéos et de m'intéresser à la CNV, il y en a beaucoup que j'ai regardé avec lui parce qu'il me les proposés et maintenant je suis bien contente de ce que ça m'apporte. J'ai enfin commencé un réel travail sur moi même et je commence à accepter que j'ai besoin et que je peux demander de l'aide à des personnes compétentes, alors que je me suis dis à l'âge de 10ans que j'avais plus besoins de quiconque dans la vie pour régler mes problèmes et que je me démerderai avec toute seule...
Je te souhaite que vous puissiez trouver une voix de l'écoute, de la conscience et de la communication.
Ha oui, et j'avais remarqué avec mon ex qui fumait et fume beaucoup qu'en fait quand il en avait pas il devenait vraiment plus que violent, j'en avais déduit que cette plante (très possessive, esprit féminin accaparant, il m'a dit un jour où je lui demandais de fumer moins "comment je fais moi, si tu m'enlève tout ce que j'aime", notre fils avait 2 ou 3 mois... Sad ) te "sors" de ton corps où les nœuds (blessures, problèmes) viennent s'accumuler et que plus on fume moins on s'en occupe et quand on "redescend" dans le corps c'est d'une extrême violence pour l'âme. J'ai pu le déduire ayant moi même été une grosse fumeuse sur certaine période, il y avait des périodes où je sentais devoir arrêter complètement car besoin de reconnexion. Mais rien n'est irréversible Smile
Voilà mon expérience, j'espère qu'elle pourra t'apporter un peu d'espoir.

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Message par selfishgiant le Dim 21 Juil 2019 - 9:27

Merci de vos réponses.

J'en retire des pistes et de la force.

Heureusement, mon conjoint n'a pas que le côté obscur de la douance et il n'est pas qu'une cocotte minute prête à exploser. C'est aussi un homme très loyal, franc, épris de justice, un excellent père, un esprit curieux de tout et un amoureux attentionné. Et il a accepté de changer pour nous: il a cessé la fête à outrance, il arrêté toute autre autre drogue que le tabac et l'herbe, il travaille (dans un boulot où son patron ne le maltraite pas), il a rompu le contact avec sa mère (pour nous en protéger) et fait la connaissance de son père, il a fait le tri dans son cercle d'amis et il a même fait quelques séances d'hypnothérapies qui se sont avérées très fructueuses (cela a mis fin à des années de migraines à tomber par terre).

Là, vous devez vous demander ce qui m'a poussé à faire un enfant. En fait je ne suis pas vraiment "gentille" ni exactement la personne la plus équilibrée de la planète et j'ai toujours su-dès le premier jour- qu'en le choisissant, je choisissais une voie inconfortable.Et je n'ai jamais eu le moindre doute sur le fait qu'il donnerait le meilleur de lui pour son enfant.

Dans un couple comme le nôtre, il  y a beaucoup d'amour et des moments de découragement. J'ai ma part de responsabilité dans cette dynamique: "je t'aide - tu me dis que c'est pas assez".  C'est l'amour inconditionnel d'une mère qu'il recherche et je suis d'accord que ce n'est pas mon rôle. Sauf que lorsque les rôles se sont figés dans un couple, c'est parfois extrêmement dur de changer.
     Et le dialogue, au lieu de faire avancer les choses, devient un disque rayé. Si je m'attarde sur son addiction c'est que c'est un point qui me semble central. Lorsqu'il fume, il se calme et il réfléchit, seulement cela l'éloigne aussi du monde réel dont je suis- parait-il en tant que femme, que normo-pensante et que personne moins amochée par la vie- responsable. Cela ne me convient pas et je ne veux pas que notre enfant en soit témoin. Tout ce que j'obtiens c'est qu'il se cache un peu plus pendant quelques jours mais au moindre coup de stress, l'angoisse monte et le pétard fleurit à sa bouche, que notre fille soit là ou pas. Lorsque nous allons chez les autres ou nous voyageons, c'est une des premières questions qu'il se pose: "Vais-je pouvoir fumer". C'est vraiment une addiction ancrée en lui et je ne parviens pas à lui faire admettre que ce produit a aussi des effets négatifs sur lui. Pourtant quand il a arrêté un mois et demi (c'est à dire le temps que je tombe enceinte) il avait l'air vraiment speed, mais pas malheureux.
    Je retiens l'idée de la communication non violente, je vais regarder ces vidéos, évidemment je vais continuer le dialogue. Nos échanges oscillent entre un souci sincère de l'autre, des moments de manipulation ( de ma part et de la sienne mais c'est un sophiste beaucoup plus doué que moi bien sûr) et des explosions d'authentique souffrance (des deux côtés également). Je vais mettre à profit les vacances pour essayer de mettre au clair ce que je suis prête à accepter pour moi et surtout pour mon enfant.
    Pardon pour ce roman et merci encore pour vos réponses.

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