Journal démembré. Tourne.

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Message par Goliadkine le Lun 8 Juil 2019 - 11:00

Tourne. Et c’est simplement la sueur qui les tenait ensemble, camouflés dans les vêtements aux encolures rondes. Tout coulait, tout s’écroulait sur l’estrade, les pieds broyés par les romances périssables, les cigarettes jetées contre le comptoir, la drogue échangée contre quelques piécettes labiles, les bières qui laissent des traces sur les râles expirants. Et ils tournaient, ajoutant un charme au paysage. Le vieux guitariste, à la chair grise, aux sonorités déclinantes, murmurait quelques signes aux pans de sa robe. Et sa robe, profondeur mauve de ses forges, faisait l’amour à celui dont la peau s’écaillait, morceaux de tristesses qui se délitent par le ravissement de quelques heures infinies de danse.
Tourne, Tourne. Et c’est le voilement de ses épaules qui accouchait de leur loyauté, éraflés dans les tourments d’une autre vie faconde. Tout coulait, tout s’écroulait le long de leur promenade, les nuques rompues par les complaintes immobiles, les cigarettes jetées sur la route,la drogue des autres contre quelques sourires graciles, les bières qui laissent des cordages entre leurs bras somnolents. Et ils tournaient, tournaient, ajoutant une éloquence à leur visage. Le jeune éthylique, aux doigts du passé, reconnaît le pans de sa robe. Et sa robe fuit les ombrages, tourne, continue à faire l’amour à celui dont les yeux détrônaient, reliefs de sa vie, les histoires qui s’écaillent par les passivités de l’esprit.
Tourne, Tourne, Tourne. Et ce n’est pas le tiédissement qui les retenait ensemble, giflés par le vent sur les venelles ascendentantes. Tout coulait, tout s’écroulait sous leurs tirades étouffées, les cordes vocales étirées par les conneries altérables, les cigarettes jetées sur la nappe, laissant une trace de leurs espoirs levants. Et ils tournaient, tournaient, tournaient, ajoutant de la lucidité à leur Présage. Quiconque, à la voix des sonates graves, les jalousait tandis que…
Sa robe, profondeur de leurs cycles, froissait ses plis contre l’écorce de Celui dont les majuscules, jadis, avaient perdu leurs sens, avant ces brisures de désirs qui refusionnent.
Tourne, Tourne, Tourne, Tourne. Et ce ne sera jamais qu’une danse parmi d’autres pour eux, qui ne peuvent que refuser le rythme ternaire d’une liaison écrouée. Tout coulait, tout s’écroulait le long de leurs corps, les doigts scindant les élégies écoulées, les cigarettes avalées par leur propre fumée. Et ils tournaient, tournaient, tournaient, tournaient, plaqués contre le comptoir ajoutant des secrets aux tressages. Personne ne les entendait, personne pour éventrer des Tendresses qui ne leur ressemblaient pas…
Sa robe, profondeur de leurs siècles, suspendue sur le lit, contre Celui dont la joie ravivait les draps, jadis déformés par les cruautés du déclin.
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Message par Goliadkine le Mar 9 Juil 2019 - 12:31

Troisième jour. Les cernes d’une espérance infidèle. Menthe, orientalisme, estampe d’un Salem oublié. Diagonale, elle se tourne, et fait évoluer son regard vers le Maya charmé. Elle ressent la fixation dérobée de Celui. Elle se brûle la langue, elle broie ses voyelles. Instant vernal de sa sensation. Elle tremble, tremble, tremble, et les bourgeons viennent dévorer ses membres.
Robe bleue pour éloigner les serpents aux odeurs de Jasmin. Elle ne lui parlera pas. Il ne saura plus. Ne jamais tourner sa langue. Mais fleurissent, autour de ses poignets, les tristes bouquets de Roses qui sombrent. La voix de Celui qui ne la quittera pas. Légèrement grave, encercle sa cage branlante. Pourtant, elle avait déjà succombé. Lors de nuits aux feuilles desséchées, aux premières lueurs d’Octobre. Le désir de tisser quelques mots à deux. Elle tourne les noms, disperse son venin, elle entend d’autres l’écrire. Le nom de Celui se dégageait du virtuel liminaire.
Elle tourne ses yeux, vers un autre qui crachait les mêmes syllabes alternées. Et dans l’ironie, se lance. Qui est-il. Morses. Danse du langage des signes. Swirling black lilies. Perdus dans les cinéraires d’erreurs.
Elle envoie valser, et dans un même mouvement, ouvre son thorax pour retourner le mécanisme. Elle serre les dents, serre les dents, ne s’avalera pas elle-même. Elle l’oubliera, un peu. Elle avait arrêté de s’alimenter, et s’était tourné vers un nouveau train à prendre. Tout était mort sur Paris, tout était débris sur Lyon. Héllébore englouti. Tourne avec les araignées de Blake. Noires, blanches, noires, blanches. Elle a menti. Elle a tourné sur les rails, par plaisir de la Bienveillance inabolie. Vacarme des limailles dans ses os, elle boit la panacée. Reprend un train, et vient mourir dans d’autres bras. Et toujours le filament d’Absinthe qui résiste dans ses yeux,
qui deviendront leurs yeux.
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Message par Goliadkine le Mar 9 Juil 2019 - 17:31

Cogne, jeune abstème, cours vers Celui, sans convoitise, Haridelle écorchée. Ne plus s’accrocher, tourne les liens, glace les noeuds. Nouvel Esquif, nouveaux désordres de la légèreté.
Rouge de l’égarement. Présage de la Danse dans ses ondulations. Elle arrive, rit, tourne pour le percuter, baisse les yeux. Celui, comme paralysé. Elle tourne dans la gare, danse avec les frontières. L’Absinthe. Elle court n’importe où, écrase ses pas, lance cinq larmes sur le parterre sans fleurs, désire quitter le Préambule. Le regard de Celui qui invite à le rejoindre, qui l’invite à violer ses inclinations. Diagonale des regards. Elle court à l’envers du décor, s'écartèle dans le seuil. Serpentine. Le souffle coupé comme seule écluse. Tourne, et explose l’Hesper sur le portail de Celui. La main de Celui qui tourne ses crochets. Doucement, ils chavirent. Sa voix, puis l’Exil.
Les nervures de ses yeux débordent. Vestale sans inertie. L’hallucination comme don au silence, s’enfonce dans le siège des amours démodées. Celui qui avait une dimension de trop. Lilas craintifs.
Et Cette main qui avait tant touché, à travers les siècles, n’avait d’expertise. Souffle, le vent, barque empruntée, radeau quinteux, discours empaillés, Celui s’épanouit dans ses métastases, fleurs de Leucémie. Le Lien de Ceux du devenir et de la métamorphose. L’Hirondelle peureuse aux présages sincères ne fera que s’accomplir dans la lumière d’une nuit sans fin.
Nervures de ses yeux. La stupéfaction de ses astreintes dévaluées. Deux décennies écoulées sans ses Jours, et voilà que Celui inhume les veines du découragement.


Danse la nuit. Tourne les nocturnes, litanie de ses astres vilipendés quand Celui s’approche. Vingt secondes, le long de Leurs constellations, éphélides mêlées, ils épousent la féalité d’une réalité qui les attend depuis leurs déluges respectifs. Ne pas dépasser les vingt secondes, de peur de perdre son Idéal, de peur d’avouer à Celui qu’il était son Idéal dessiné dans sa jeunesse défoncée, ne plus avoir honte de son Idéal, refuser l’Assimilation. Peur d’avouer qu’elle avait souffert de ses évictions. Et pourtant, elle avait déjà succombé. Dès le premier baiser, elle s’éveille. Ballerine, sur la pointe des sens, désirs confondus aux obsessions, Celui épuise la chair, l’eau résiste aux fatigues. Celui lévite sous la pluie, la pénètre, les yeux ne visent plus le Ciel, ils rajeunissent la carotide, pénètrent, vagues déferlantes, l’enfantement d’une Idée désuète et baignée d'altérité. Celui lave les reliures damnées, il inonde de lumière les anfractuosités. Creuse la chair, creuse la chair, Aube Alépine. Aubépine. Le chœur des ombres.
Aubéine. Transfusion de l’Aube. La lumière vient frapper nos muscles endoloris. Elle a les bleus des torsions, nerfs enroulés contre sa poitrine. Ils forment des cercles d’étreintes. Étreintes. Étreintes.
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Message par Goliadkine le Mer 10 Juil 2019 - 11:54

Ils sont dans la troisième année. L’ascension des escaliers, puis entre. Et les fleurs en Jaspe font l’amour aux clochettes de mai. Les tiges ocres s’enroulent autours de son silence. Elle s’assied sur le canapé. Ouvre la fenêtre. Laisse guérir le temps. Le passé est ceinturé au présent et tend vers le futur.
Elle évite les lèvres de Celui, elle sent qu’elle ne pourrait s’en défaire. Qu’elle mourrait après. Oiseau de passage perdu dans la nacelle. Il lui offre l’impression de rester toujours dans cette parcelle d’eux-mêmes. Il lui propose des Noces éternelles, le sang du Prieuré. Ils s’en iront, et laisseront des cendres à l’endroit où leurs yeux ont murmuré l’acréantement. Le ciel était mauve.
Ils sont nés ce jour-là. Celle qui mourra l’Aurore d’après.

Sourire à Celui qui part, à Celle qui découvre. Elle rit, rit, rit et ses rayons rayent le plancher.
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Message par Gashadokuro le Sam 13 Juil 2019 - 22:12

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