La frustration de l'échec, l'erreur perpétuelle, le cercle infini.

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Message par Nightul le Lun 1 Juil 2019 - 7:14

Coucou,

Comme à mon habitude, je viens parler de ce sujet que j'aborde si souvent ici. Et aujourd'hui je viens avec une certaine lassitude de tout ça.
J'ai passé tellement de temps dans ma vie à vouloir trouver quelqu'un. Parce que je n'y peux rien, c'est dans le partage que je me sens bien, c'est en prenant soin de ma copine et en me sentant aimé. Je me suis beaucoup battu pour avoir cela, et à la base ça me paraissait plutôt simple et sain comme objectif. Moi qui ai toujours la folie des grandeurs, entamant des projets si ambitieux, en étant toujours si exigeant avec moi-même, en rêvant de changer le monde... Avoir une personne avec qui partager mon quotidien m'a toujours reconnecté au présent tout en me permettant de rêver du futur sans ressentir de frustration quant à son aspect hypothétique.

Alors j'ai souvent cherché quelqu'un qui pourrait me correspondre, et aujourd'hui je suis là en train de me demander pourquoi je cherche encore. J'ai toujours fait de mon mieux, toujours été le plus sincère possible, et je n'ai pourtant jamais eu la chance à plaire à quelqu'un de bien. Les deux seules personnes qui m'ont accepté dans leur vie ont détruit beaucoup de choses dans la mienne.
A chaque fois je parle à une femme, souvent sur internet je l'accorde, je passe du temps avec elle, et ce n'est pas si rare que je l'intéresse au premier abord ou lorsqu'elle me connaît un peu mieux. Mais au final, lorsque le moment vient de passer un cap, de se rencontrer ou de ses mettre en couple. Tout s'effondre, elle disparaît et je reste là, déçu.

Habituellement, je me dis que ce n'est de la faute de personne, que je ne plaisais pas tant que ça et que je n'y peux rien mais qu'au moins j'ai fait de mon mieux. Je suis d'ailleurs plutôt assez patient car, même si je m'attache très vite, je donne le temps à l'autre d'aller à son rythme. Mais chaque échec m'enlève une petite partie de mes espoirs, je deviens peut-être un tout petit peu moins patient, j'ai peut-être plus peur d'échouer, de renouveler l’expérience encore une fois, investissant sans cesse beaucoup de temps et d'énergie dans une relation qui s'effondre toujours au moment fatidique. Et alors, chaque nouvelle tentative devient plus difficile que la précédente, mes échecs passés me rappellent sans cesse que rien n'est jamais gagné, que peu importe le temps et la confiance que je pourrais avoir dans le déroulement des choses, peu importe à quel point j'aurais l'impression d'avoir créé quelque chose d'unique, il y a toujours cette épée de Damoclès au dessus de moi, cet possibilité que tout s'effondre encore. Et à cause de ça, j'amenuise mes chances, parce que je suis tellement sincère que je n'arrive pas à garder cette frustration pour moi, je sais que ça se ressent, et je sais que ça fait peur. Je suis sûr que j'ai parfois l'air d'être un type qui est trop en manque d'affection pour en valoir le coup.
Bref, je crois que ces échecs me font perdre ma confiance en moi. Ça m'arrive de me remettre en cause sur des parties de moi qui était très solides avant. Avant quand on me disait la fameuse phrase "il faut savoir être heureux seul", je me disais toujours que ça n'avait pas trop de sens quand on sait que la sociabilité est un besoin primaire qui a permis à l'humanité de survivre, et donc je préférais simplement assumer le fait que je me sente mieux avec quelqu'un que seul. Personne n'a envie de rester seul enfermé chez soi et incompris. Mais maintenant, je me surprends à culpabiliser de ressentir ce besoin d'affection, de vouloir trouver quelqu'un. Je me dis que je me voile sûrement la face et que je ne devrais pas chercher (et puis je me dis aussi que de toute façon ça va encore foirer) , mais je suis là à chercher quand même malgré moi.

Je pense sincèrement être quelqu'un qui en vaille le coup, et je sais même que ne suis pas le seul à le penser... Mais ça me ronge de voir que malgré la belle image que j'ai de moi la plupart du temps et l'énergie que je suis prêt à investir dans tout ce que j'aime, ce soit si difficile d'obtenir ce que je souhaite. J'aimerais juste parfois que les choses soit simples, qu'on sache voir mes qualités comme je sais voir celles des autres et qu'elles soient suffisantes, que je n'aie pas à répondre à des exigences folles pour être assez bien pour quelqu'un.

Merci de m'avoir lu.
Comme d'habitude, je reviens après une longue absence pour exprimer ma frustration et peut-être poser des mots sur ce que d'autres ressentent.
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Message par crocuscorax le Lun 1 Juil 2019 - 9:51

Coucou,

En fait, il faut désidentifier l’affection qui nous est portée de l’image de soi. Je comprends très fort le désir de partager quelque chose de vrai & d’authentique. En tant que personnes généreuses et intéressées par les choses, la perspective d’avoir un·e complice que l’on aime de tout son cœur à ses côtés est attractif. J’ai eu la chance d’en avoir eu un pendant quelques années, et malgré que la relation amoureuse soit aujourd’hui partie les pieds devant, non sans souffrance, il reste encore mon interlocuteur privilégié — la relation intellectuelle, elle, a survécu sans problèmes.

Pour le reste, ce sont les phases les plus instables qui sont pour moi les plus productives. Il y a aussi quelque chose de nul quand on s’engonce dans un quotidien avec quelqu’un. On se perd un peu. On se laisse aller à des routines mécaniques, on s’ajuste tellement à un monde qui n’est pas le nôtre qu’on perd petit à petit ce qui était vif et intéressant. C’est très graduel, et ça n’arrive pas nécessairement à tous les couples, mais c’est quelque chose que la plupart des vieux couples rapportent.

Je ne crois pas que l’idée doive être prise comme forme de tentative ratée. Ça se produit ou ça ne ne se produit pas, on n’a que peu de contrôle dessus. À part susciter les occasions, qui ça est une question technique, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire que de laisser voir venir., restant ouvert, généreux. Trouver son confort dans un cercle affectif qui ne dépend pas du retour de quelqu’un d’autre, aussi. L’affection et l’amour ne passent pas uniquement par l’amour romantique; ainsi quand tu dis qu’un humain est un être social qui a besoin d’affection, c’est vrai, mais ça ne comprend pas nécessairement le fait de trouver une copine.

Il faut aussi se dire que dans ta tranche d’âge, tout le monde est en train de vivre des changements importants et ce n’est pas le moment où les relations parviennent à se stabiliser facilement. Peut-être qu’inconsciemment, les femmes que tu as pu rencontrer ont senti ce besoin de vide à combler et s’en sont vues effrayées. J’ai déjà produit ça assez souvent. Tant pis. C’est vrai que tout le monde ne peut pas partager mon univers. Du reste, il a l’air plutôt inquiétant. Il ne laisse aucune place à la niaiserie.

Nightful a écrit: (...) Je pense sincèrement être quelqu'un qui en vaille le coup, et je sais même que ne suis pas le seul à le penser... Mais ça me ronge de voir que malgré la belle image que j'ai de moi la plupart du temps et l'énergie que je suis prêt à investir dans tout ce que j'aime, ce soit si difficile d'obtenir ce que je souhaite. J'aimerais juste parfois que les choses soit simples, qu'on sache voir mes qualités comme je sais voir celles des autres et qu'elles soient suffisantes, que je n'aie pas à répondre à des exigences folles pour être assez bien pour quelqu'un.

C’est aussi quelque chose de masculin que d’intérioriser les attentes en termes d’image. C’est une pression bien particulière. D’un côté, j’ai pu ressentir un besoin énorme d’être aimé pour ce qu’ils étaient, comme un gouffre palpable, et quand on offre cet amour, le mec flippe complètement, parce que ça ne rentre pas avec l’idée qu’il devrait être celui qui guide la relation. Parallèlement, beaucoup de femmes foutent, oui, la pression. La société fout la pression: un mec doit réussir, doit être cette espèce de jeune loup agressif mais en même temps gentil avec les enfants, être séduisant mais pas effeminé, savoir garder une femme mais en même temps n’avoir aucun temps à lui consacrer. Les rôles masculins sont aussi débiles que les rôles féminins. Déjà eu des mecs qui se sont fait virer par leur précédente parce qu’ils étaient "trop gentils". Pas excitants. Pas dominants. Qui n’avaient aucune envie d’aller se battre contre quiconque. Qui finissent par le faire pourtant. Qui font le café le matin et aiment les massages.

Du coup oui: pas seulement être bien tout seul, mais bien s’aimer. Apprécier sa propre compagnie. À te lire j’ai l’impression que ça ne te posera pas trop de problèmes. Mais oui c’est frustrant, de sentir un truc possible et puis que ça glisse entre les doigts. Ça arrive. C’est pas grave. On a le droit de souffrir, même longtemps. On peut continuer d’avancer tout en étant plus ou moins souffrant. On peut superposer la joie à la souffrance, se laisser aller à éprouver plusieurs choses en même temps.

Voilà, j’ai pas des réponses directes à tes interrogations, si ce n’est qu’il ne faut jamais renoncer à investir une quantité d’énergie raisonnable dans ce qu’on trouve juste et beau et bien. Au moins tu ne regrettes rien. S’aigrir est pire. Remplis ta vie de choses que tu aimes, le reste viendra de lui-même.
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