le cloisonnement relationnel

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Message par Kadence le Ven 28 Juin 2019 - 13:04

J'essaie de faire le tri et de comprendre. Après la troisième rupture pour mêmes causes, faut que je mette du sens.je n'arrive pas à rencontrer quelqu'un qui partage ma façon relationnelle et je me demandais si en postant ceci certains pourraient se reconnaitre.

Je peux entrer en relation très rapidement et de façon intense. Passé les quelques moments d'observation nécessaires, j'ouvre tous les champs d'intimité. C'est une période très émotionnelle, souvent. Je me comporte en chat, je viens au contact ( alors que je suis assez phobique du contact physique sinon, j'aime pas qu'on vienne trop près de moi et je me sens envahie si un ami veut me prendre dans ses bras). Je sais maintenant que j'interprète tout ce qui se passe avec extrêmement de naïveté, de bienveillance, je mets les mots prononcés par l'autre dans mes cases et je leur donne un sens, celui de la compréhension. je me sens libre et je ne suis aucune règle. C'est la lune de miel. L'autre ne me manque pas, ce que je trouve très rassurant. Je n'ai pas besoin de contacts fréquents, de romantisme ou de mots d'amour. Je n'aime pas ça.Au début, l'autre est toujours ok avec tout ça. C'est différent, c'est joli, et non il n'y a pas besoin de se dire des "gros mots" pour se comprendre et se montrer son affection.
Dans la vie j'ai des cases. La case boulot, qui me prend énormément de temps et consomme énormément d'énergie. C'est une grand contrainte dans ma vie. Je suis extrêmement fatiguable pour deux raisons: j'ai besoin de beaucoup de sommeil ( et je ne peux pas toujours avoir mes heures avec mon métier) et, mes collègues étant tout le temps différents, le relationnel m'épuise, il n'y a que de rares exceptions ou le relationnel est agréable et facile pour moi et dans ce cas j'ai une pêche d'enfer.
La case enfants. J'ai beaucoup de mal à mélanger cette case avec d'autres. Je n'aime pas prendre du temps pour moi quand c'est ma semaine de garde. Je le fais quand ça vaut vraiment la peine ( amis proches) mais pas plus d'une fois la semaine. Et introduire un "petit copain" est une source de grand stress. Même quand il est gentil tout plein, l'avoir à table avec nous me gêne, je le vois comme un truc un peu encombrant et qui m'énerve un peu. j'arrive à faire la part des choses, j'essaie d'être souple, mais ça reste un petit irritant en bruit e fond.
La case vie privée. Celle là je la vois comme une occasion de lâcher prise, d'être juste moi, libre, hors des contraintes.

J'aime pas trop mélanger mes cases. Je n'ai que très récemment présenté mes amis les uns aux autres. Quand je sors, je sors seule. J'ai toujours des difficultés à emmener mon compagnon du moment à un souper avec des amis. Je me force à surmonter mon stress et en général ça se passe bien ( mes amis sont chouettes bien qu'ils aient tous décidé de ne plus s'attacher à mes amoureux). Je suis généralement seule aux repas de couple, fête d 'école etc. Et ça me va bien.

Mais bien sûr ça ne peut pas rester comme ça.

Dès que le temps a passé et que la relation amoureuse s'installe, l'autre veut déborder sur toutes mes cases. Quand je dis que pour moi il n'y a pas de limites dans le jusqu'où on peut aller, ça veut dire que la case peut être sans fond et que si les connections s'établissent sur plein de niveaux, je n'ai pas peur d'aller au bout de ses niveaux. mais je crois que ce que l'autre entend c'est que je vais le laisser prendre part à mes autres cases. Que comme les choses deviennent sérieuses ils ont mot à dire dans la prise de décision.Soudainement il veut m'aider, venir tondre ma pelouse, il a besoin de se sentir utile. Moi ça me stresse. Ca m'envahit. J'essaie, mais plus j'essaie et plus je commence à me détacher.
Je suis incapable de dormir avec quelqu'un. C'est un concept qui me dépasse. 9 nuits sur 10 seront des nuits blanches pour moi si quelqu'un partage mon lit. J'ai beau expliquer cet état de fait, au début c'est ok pas de souci, puis ça devient un enjeu. Il devra être celui avec qui j'arrive à dormir. Résultat: stress pour moi à chaque nuit, colère de ne pas être respectée et chagrin de devoir passer par un rejet de l'autre en le virant du pieu. Quand on en est là de toutes façons le problème est exacerbé, c'est 11 nuits sur 10 qui sont impossibles.
L'autre devient, hors les bons moments passés, une source de stress. je ne suis plus chat du tout, mon corps est en mode protection, il ne se laisse plus aller aux câlins.
Etape 3, perte de confiance de l'autre. Il ne s'y retrouve plus et commence à exiger des preuves d'attachement. Retour aux mots d'amour pas prononcés-qui finalement sont un problème. Interprétation de tout comme un rejet et du coup attitude "en demande" tout le temps ce que je sens, me met la pression et l'éloigne encore plus. Je commence à étouffer. Il n'y plus de bons moments cool, il n'y a plus que des discussions sans fin. J'alterne pitoyablement entre mes sentiments et mon envie que ça marche, et mon stress, mon rejet physique qui s'installe, ma réluctance à consacrer tout mon peu de temps libre à cet autre.On part en vrille.
Là en général je suis à un point extrême de fatigue, je suis saturée par mes hyperémotions contradictoires, je ne sais plus si je suis le problème, si c'est l'autre, pas le moment etc etc, c'est le hamster dans sa roue dans ma tête.
On a beau continuer d'en discuter et essayer de passer de bons moments, je suis en sursaturation.Mon épuisement empiète sur mon boulot, ma vie de famille.
Donc j'ai besoin d'un gros reset de la situation. Pour revenir à un état plus neutre émotionnellement, pour me reposer et me retrouver. Stopper la spirale.
Cette demande passe bien sûr très mal. Pour moi elle est assez simple et claire. Une bonne grosse pause, chacun se remet un peu de ses émotions chez soi et on fait le point une fois reposés et calmes. Apparement c'est scandaleux de ma part d'oser demander ça. Je dois fournir des explications sur la durée, le commencement, le pourquoi, ce qui se passera après etc etc. Ce qui est exactement ce que je ne peux pas faire sans un arrêt de la machine et surtout sans être enfermée dans une demande de résultat ou un objectif, ce qui m'empêcherait totalement de faire le boulot de mon côté. J'ai besoin que ce soit totalement hors cadre, et hors attente. Si je veux trouver mes réponses il me faut un arrêt total de sollicitations, il me faut la liberté complète. Sinon je m'enferme dans ce qu'on attend de moi.Je reste dans le stress et là c'est sûr il n'y aura plus aucune chance de sauver quoi que ce soit. Donc l'autre pousse pour des réponses et comme je ne peux pas les donner en l'état, je romps la relation. C'est pas cool.
Je romps, je vis très mal le fait d'avoir blessé quelqu'un , que malgré toute l'intimité échangée et mes sentiments fort je n'ai pas réussi et je n'ai pas été comprise. Je me reçois des liens sur les phobiques de l'engagement ou l'attachement fuyant.
On repart donc sur un constat de maladie et d'inaptitude de ma part (trop trop trop ,pas assez pas assez), là où moi je vois plutôt une différence fondamentale dans la manière d'aborder les relations.

Je ne fais pas de chagrin d'amour. Je me remets très vite. Je ne reste pas dans une relation qui n'épanouit personne, peu importe mes sentiments. Je ne crois pas aux amants maudits, je ne comprends pas comment une mauvaise relation même avec quelqu'un qu'on aime puisse perdurer. La qualité de la relation est mon repère et si elle n'est pas là c'est que ça n'a pas raison d'être ( je ne parle pas de ne pas faire les effort qui s'imposent et de partir au premier pet lâché dans le lit). Je crois fondamentalement que si on ne pose aucun cadre à une relation, si on ne la définit pas, la relation prend exactement sa juste place et que c'est merveilleux. Je crois que les définitions,les codes, les mots d'amours sont des enfermements qui prennent le dessus sur ce qui se passe vraiment et qui conditionnent nos comportements, attentes et interprétations.
Je suis aussi indépendante et autonome, donc je ne donne pas à l'autre une utilité autre que celle du besoin de la qualité des échanges, de la compréhension, de la relation physique. Il n'y pas de place "utile" à prendre dans ma vie, et donc l'auto ne pourra jamais y trouver son identité avec moi.
Ce que je cherche est profondément atypique je crois. J'ai quelques amis qui sont " cablés" comme moi.

Voici mon énorme tartine. L'écrire m'a permis déjà d'y voir plus clair.

Si vous trouvez que je suis une handicapée de l'attachement, pas besoin d'essayer de me le prouver, je comprendrais si je ne reçois aucun témoignage de résonance. Ou écrivez juste "salsifis", ce sera message reçu.

J'essaie de me battre pour le droit à être différente sans que tous ces écarts soient classés dans des interprétations de déviance, de maladie, d'inadaptation.Donc un "salsifis" me suffira amplement. Même si le texte peut paraitre froid, il est porté par pas mal de larmes.

merci





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Message par siamois93 le Ven 28 Juin 2019 - 13:17

Non pas de salsifis, ça me parle un peu quand même ton texte.
J'ai eu cette phase de questionnements après quelques relations qui n'ont pas duré, mais ça a surtout servi à me désintégrer et à me faire perdre confiance en moi.
Aujourd'hui j'avance dans la reconstruction, j'ai fait le tour ou presque de ce qui me démolissait. Evidément mes feelings étaient justes, toute cette expérience m'a servi à croire en mes feelings.

Les gens qui t'aiment t'aiment quand tu rayonnes, pas quand tu t'éffaces.
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Message par siamois93 le Ven 28 Juin 2019 - 13:20

J'ai vu ça hier :

La fin m'a plus intéressé que le début, mais de toute façon c'est une chaine que j'aime bien.
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Message par Invité le Ven 28 Juin 2019 - 14:00

A la crème, les salsifis ?
Je suis plutôt de l'autre côté de la barrière. C'est angoissant des deux côtés, tu sais ?

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Message par Kadence le Ven 28 Juin 2019 - 14:12

oui, je sais. Et provoquer cette souffrance est angoissant aussi. J'aimerais beaucoup arrêter.

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Message par Invité le Ven 28 Juin 2019 - 14:14

Je croise les doigts pour que tu puisses te débarrasser de ça, le plus rapidement possible. Je suis en train d'écouter la vidéo proposée par Siamois. C'est passionnant. Je comprends mieux la souffrance que ça peut être.

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Message par crocuscorax le Ven 28 Juin 2019 - 14:30

J’ai rencontré des gens comme ça. Je leur fous la paix, ça sert à rien de s’accrocher: c’est juste rentrer plus avant dans des malentendus; donner l’impression d’être en demande même lorsqu’on ne l’est pas.

Dormir dans le même lit est un symbolisme absurde. À l’exception de deux personnes, la présence d’un corps immense, chaud et respirant dans mon lit me rend incapable de dormir.

Qu’il s’agisse d’une phase ou d’un état consubstantiel, chacun a le droit d’avoir une zone dans laquelle il se sent en confort. De circonscrire. Trouver, la distance agréable. C’est contraire à nos mythes. Ce n’est pas possible avec tout le monde. Au lieu de pathologiser, se poser la question en termes d’adéquation l’un à l’autre.

Mes parents sont restés dans un état permanent de chagrin d’amour toute leur vie, j’ai trouvé ça à la fois horriblement triste et horriblement bête. Faut continuer à avancer même si on a mal, il y a les distractions, les responsablilités, un clou chasse l’autre aussi, et ce qui a existé l’a fait pour toujours. Ça me suffit.
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Message par RonaldMcDonald le Ven 28 Juin 2019 - 14:44

crocuscorax a écrit:(.../...)Dormir dans le même lit est un symbolisme absurde. (.../...)

Dormir dans le même lit avec chacun sa couverture, c'est quand même vachement pratique. On ne dérange pas l'autre, un lit à deux places prend moins de places que deux lits à une place, et puis quand on veut passer à des activités réservées aux adultes, ça se fait tout seul. On y est passés il y a pas loin de dix ans, hors de question de revenir en arrière.

Après, tu cites le symbolique, c'est sur que chacun sa couverture(rose pour madame, grise pour monsieur), c'est moins fort comme symbole d'union du couple que la couverture partagée. Mais qu'est-ce que ça règle comme problèmes de couples, ce petit détail.
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Message par crocuscorax le Ven 28 Juin 2019 - 15:02

Haha Ronald j’en étais arrivée à la même solution. C’est très bien les couvertures séparées. Ça a marché un an, mais sur la fin, j’arrivais plus. Je finissais par aller dormir dans le canapé, je passais des nuits vraiment pourries et ça me rendait folle. Je sentais bien que ça les déprimait parce qu’il avait l’impression d’être rejeté, mais au bout d’un moment l’habitude a pris le relais et le fait de faire chambre à part (qui était heureusement devenu pour nous possible) n’était plus une insulte à notre proximité.

Depuis je ne suis plus jamais parvenue à passer une nuit entière endormie à côté de quelqu’un, sauf s’il n’y a aucun enjeu. Soit que je mette plusieurs heures à m’endormir s’il s’endort en premier, soit que je me réveille au milieu de la nuit si je me suis endormie avant. Alors que j’ai tendance à traîner au lit si je suis seule, si un partenaire y dort ça me catapulte dans la cuisine pour faire du café et commencer ma journée. Après une heure ou deux, quand l’autre émerge, je reviens le plus souvent près de lui et c’est comme si je n’étais pas trop partie. Ou je dépose une tasse de café ou de thé chaud sur la table de nuit quand je sens qu’il se réveille.

Ma psy trouvait ça étrange et voulait y voir toutes sortes de raisons (genre qu’en fait c’est parce qu’on ne s’aimait plus que je trouvais ça insupportable, mais ça tombait un peu court), mais honnêtement j’ai renoncé à me questionner sur le pourquoi de ces choses, surtout que par la suite ça s’est manifesté aussi avec des gens que j’aimais beaucoup. J’essaie juste de trouver des modalités qui permettent que ce ne soit pas chiant.
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Message par Invité le Ven 28 Juin 2019 - 15:44

Il ne faut pas tout psychologiser. Physiologiquement, on dort mieux seul (d'ailleurs beaucoup de médecins disent de ne pas dormir avec son animal familier).
Pour certaines personnes, l'agrément de dormir près de la personne aimée, dans ce que ça a de rassurant (ou de pratique pour les câlins) est supérieur aux désagréments. Pour d'autres, non.

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Message par siamois93 le Ven 28 Juin 2019 - 16:58

Pour certains c'est deux semaines ensemble, deux semaines sans se toucher, deux semaines ensemble, deux semaines sans se toucher...
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Message par Kadence le Ven 28 Juin 2019 - 19:09

Je n’ai pas arrêté d’entendre que quand ce serait le
Bon j’arriverai à partager le sommeil Smile))
C’est dommage qu’on y mette tellement d’enjeu.

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Message par Kadence le Ven 28 Juin 2019 - 19:11

« Au lieu de pathologiser, se poser la question en termes d’adéquation l’un à l’autre. »
Amen crocuscorax

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