Résumé et discussion de l'épistémologie relationelle de M. Bitbol

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Message par janikest le Lun 25 Mar 2019 - 0:05

Un an après la discussion sur les sciences cognitives, je reviens vers vous Smile

Les deux ouvrages imposants (800pages) de M Bitbol reposent dans ma bibliothèque depuis un an et demi et ils m'ont toujours fait peur. Mais cette fois-ci j'ai décidé de m'y mettre car je les présentaient incontournables pour l'élaboration d'une nouvelle manière de concevoir la connaissance à l'aune des extraordinaires percées réalisées par des domaines aussi variés que les sciences cognitives ou la physique quantique.

Je vous propose ici un résumé du premier tiers de cette œuvre volumineuse et foisonnante. Je vous donne la suite bientôt, mais j'ai du m'accorder une pause tant la suite du livre, qui traite de la physique quantique, est ardue, en particulier pour moi qui n'ai pas de formation académique dans le domaine des sciences. J'ai un million de commentaires et de developpements sur ce simple début mais pour l'instant, je vous propose avec moi de suspendre un moment votre jugement et de vous immerger dans l'argumentation présentée:



De l'intérieur du monde
Pour une philosophie et une science des relations



Introduction


La thèse de l'ouvrage est de montrer qu'il est possible d'établir une théorie de la connaissance véritablement relationnelle, ce qui s'avère être une tache ardue et jalonnée d'écueils méthodologiques. En effet, la difficulté posée par une telle entreprise découle de la nature même de l'acte de connaissance: réfléchir sur la cognition, c'est encore faire acte de cognition, tant et si bien que non seulement la connaissance est relationnelle, mais l'homme est entièrement immergé dans cette relation, et ne peut penser cette relation à partir d'aucun point de vue extérieur. Il n'y a pas de reflet spéculaire de l'acte cognitif, pour autant, le caractère circulaire de l’auto-cognition n’empêche pas un enrichissement de la relation ainsi qu'un développement des sciences.

Ce dernier point est important et correspond à une distinction opérée par Bitbol dans son propos introductif général: il sépare en effet un scepticisme partiel (Sextus) et un scepticisme radical (Pyrrhon). Le posture du scepticisme partiel porte un doute négatif sur le fondement de toute connaissance. Il pose la relativité des choses connues (les objets sont connus par le biais de leur relation avec d'autres objets) et sur la relation des choses avec le sujet connaissant (la pensée ne s'occupe pas des choses comme elles sont, mais de la représentation mentale que nous en avons). Rien n'est donc connaissable "en soi". Bitbol s'appuie sur le scepticisme radical, qu'il estime positif et fécond pour la production de la connaissance et au cœur même de la démarche scientifique: tout savoir est relationnel, et les sciences doivent assumer cette relation alité et l'inscrire au cœur de leur programme. Il ne s'agit pas de se "résigner au doute", mais de "domestiquer le doute" pour renouveler les perspectives et enrichir la relation de laquelle on ne peut prétendre aucune sortie.

Pour cela, il est nécessaire de lutter contre une tendance presque atavique consistant à placer la relation cognitive dans un vis à vis entre un pole sujet (le connaissant) et un pole objet (la chose à connaître). Ce vis à vis a pour conséquence deux conceptions complémentaires mais nécessairement incomplètes de la connaissance: dans un cas, connaître consiste à appréhender un monde d'objets ayant des propriétés intrinsèques, dans l'autre cas, connaître consiste à structurer un monde informe à partir de catégories à prori. Dans le premier cas, la connaissance est découverte, dans l'autre cas, elle est prescrite. De la, Bitbol avance un argument important: l'image d'une dualité sujet/objet ou connaissant/connu porte l'assomption d'une organisation unique du champ de l'apparaitre: unicité d'une chose en soi et de ses propriétés intrinsèques d'objet, unicité du sujet connaissant et de la structure de son entendement. Or, cette manière d'envisager la connaissance nous empêche d'en entrevoir le caractère relationnel.

1e Partie La relation transversale: sur les rapports du connaissant et du connu


Bitbol consacre le premier moment de sa réflexion à montrer non seulement qu'il n'existe pas d'organisation unique du champ de l'apparaitre, mais aussi que cette pluralité des régions de la connaissance est un critère du caractère relationnel de cette dernière. Pour montrer le premier point (organisation plurielle de la connaissance), Bitbol propose d'abord d'examiner une controverse interne à la philosophie de la connaissance portant sur la notion kantienne de schème conceptuel. L'argument est assez délicat: Bitbol veut montrer que l'existence d'une pluralité de schèmes conceptuels va dans le sens de l'élaboration d'une conception véritablement relationnelle de la connaissance. Mais un tel argument n'est soutenable que si on ôte aux schèmes conceptuels toute forme d'extériorité (et donc leur caractère d'aprioricité cher à Kant dans la première partie de sa vie) pour considérer que les schèmes sont immanents au champs qu'ils organisent.

Avant de développer cet argument, présentons la controverse initiale. Elle est formulée par Donald Davidson qui récuse la notion kantiene de schème conceptuel de deux manières: d'une part, il remet en cause la dualité entre un schème organisateur et un contenu brut, d'autre part, il remet en cause exterritorialité des schèmes les uns par rapport aux autres. C'est donc la notion même de schème conceptuel qui s'évanouit puisqu'un schème existe en se distinguant d'une part de son contenu et d'autre part des autres schèmes, toujours selon Davidson.

L'extériorité des schèmes les uns par rapport aux autres suppose en effet pour Davidson qu'il existe un système de coordonnées pour comparer ces schèmes à un schème fédérateur, ce qui nous amène à considérer les schèmes d'un point de vue extérieur, or c'est précisément l'écueil dans lequel Bitbol nous invite à ne pas tomber. Mais est-il possible de soutenir une extériorité des schèmes de manière interne ? Pour Davidson, qui s'inscrit ici en faux contre le relativisme, cette position n'est pas tenable. Pour le montrer, (et comme il a beaucoup travaillé sur le langage), il va assimiler les schèmes à des langues. Ce faisant, envisager à l'intérieur des schèmes eux mêmes l'extériorité des schèmes les uns par rapport aux autres revient à considérer que les langages sont intraduisibles. Or, même si il existe des différences très importantes entre les langues et que la traduction a des marges d'incertitude, il existe un "principe de charité" à partir duquel les traducteurs s'efforcent pour restituer le mieux possible le sens d'un langage à l'autre. La réfutation de l'argument d’extériorité est donc moins à chercher dans l'infaillibilité de la traduction que dans l'effort sous tendu par l'acte de traduire, c'est à dire les pratiques humaines.

Concernant la critique de l'extériorité entre les schèmes conceptuels et la chose en soi, Davidson propose un inventaire des relations possibles entre schème/contenu découlant de ce principe d'extériorité. Si tous les schèmes sont le reflet d'un même contenu pré structuré, alors il faut abandonner l'idée d'une pluralité des schèmes conceptuels, qui se dissolvent. Si le contenu est structuré par les schèmes, ressurgit le problème de l'aprioricité des schèmes, car l'observateur fait lui même partie intégrante du monde. Davidson nous invite ensuite à une expérience de pensée nous présentant un monde consisté d'objet, de lumières, et d'ombres. Un observateur pourrait appréhender le monde à partir de la lumière, et un autre à partir des ombres. Il existerait donc une "ontologie d'objets" et une "ontologie d'ombres", ce qui aurait deux conséquences. La première est une relativité de l'ontologie, la seconde est un inscrutabilité de la référence. La thèse de la relativité de l'ontologie est positive pour Bitbol, car elle soutient qu'il existe une relation de connaissance entre deux pôles dont l'un est fini. Davidson, lui, soutient la thèse de l'inscrutabilité de la référence, qui pour Bitbol est négative (sur le plan heuristique).

Ce que Davidson cherche dans sa critique des schèmes conceptuels, c'est à couper toute possibilité de transcendance, et à ramener la connaissance au champ immanent des pratiques humaines, à une procédure ouverte qui est assez bien représentée par l'effort de traduction et le principe de charité. Bitbol ne remet pas entièrement en cause l'argument de Davidson mais veut montrer qu'il est excessif. Bitbol veut montrer que l'idée d'une pluralité de schèmes conceptuels reste pertinente en dépit de l'argument Davidsonien. Pour ce faire, Bitbol revient sur l'assimilation hâtive des schèmes conceptuels à des langages, et de l'extériorité des schèmes conceptuels à une clause d'intraduisibilité.

Pour Bitbol, les schèmes ne correspondent pas exactement an langages. Pour le montrer, il prend l'exemple des processus d'acculturation comme celui de la nouvelle Calédonie. Les canaques n'avaient en effet pas de mot pour désigner la première personne du singulier, qui était par ailleurs sous tendue par aucun schème conceptuel. On était toujours fils de, père de, membre de etc selon les situations. Le schème conceptuel de la première personne du singulier a été imposé avec l'arrivée des colons et la généralisation de l'état civil. Or, la langue Hailloue ne disposait d'aucun mot pour désigner la première personne, et le mot "karo" qui désigne "armature" ou "tuteur" a été employé pour faire office de "je". Sans qu'un nouveau mot ne soit apparu, la langue Hailloue était suffisamment plastique pour admettre dans ses structures lexicales et grammaticales un nouveau schème conceptuel. Ce qui montre, pour Bitbol, que la langue, qui entretient évidement un lien fort avec les schèmes, ne se confond pas pour autant avec ces derniers. Bitbol prend d'autres exemples de découplage du langage et des schèmes au sein d'une même langue, comme en atteste le sens différent que peut avoir le mot "particules" dans le langage courant et dans la mécanique quantique.

Ensuite, Bitbol s'attaque au problème de l’assimilation faite entre vérité et traduisibilité des langages. La vérité est liée aux possibilités de traduire, mais les critères de traduction ne se limitent pas au maintien des valeurs de vérité (sinon, "la neige est blanche" = "the grass is green" serait une traduction adéquate, ce qui est absurde). Dans l'exemple donné ici, il existe néanmoins une possibilité de savoir de quoi parle le locuteur d'une langue étrangère car l'expérience de l'herbe de de la neige est suffisamment partagée. Mais il existe des cas problématiques comme par exemple l'usage anachronique des concepts. Ainsi, l'idée de corpuscule n'a aucun sens pour une personne vivant au Xe siècle, et il n'existe pas dans sa langue un énoncé permettant de rendre compte de la notion de corpuscule.

Un autre problème, peut être plus primordial, est soulevé par Wittgenstein dans une phrase reprise par Bitbol: "Si ce qui est vrai est ce qui est fondé, alors le fondement n'est pas vrai ni faux non plus". Le problème posé ici est que toute langue repose sur des propositions axiomatiques qui ne sont pas interrogées comme telles et dont on ne questionne pas la vérité. D'ailleurs, le caractère non questionné est précisément ce qui constitue leur propriété d’être le fondement des énoncés qui peuvent être vrais ou faux. Ce sont des propositions qui ne valent que par le fait qu'elles ne peuvent être contredites. Exemple: "il existe quelque chose" le simple fait de questionner cet axiome est auto-réfutant. Dans une formule que je trouve élégante, Bitbol écrit que le sens est sculpté par le non sens. Il arrive par ailleurs qu'un schème conceptuel nouveau bouscule les fondements existants, comme par exemple la notion de "particule" qui se voit attribuer un sens nouveau avec la physique quantique. Or, Davidson n'évoque pas, dans son principe de charité qui définit les conditions de traductibilité, de ces "propositions gonds" dont parle Wittgenstein. D'après Bitbol, Wittegenstein s'inscrit dans une philosophie des confins, qui vise à faire émerger les régions d'impensabilité d’où les énoncés tirent leur valeur de vérité, alors que Davidson veut faire de la philosophie un mode d'exploration de la connaissance à l'intérieur des limites admises.

Avec cet apport Wittgensteinien, Bitbol tente de repenser les conditions de traduisibilité en les poussant au bout de ce qui est possible, ce qui necessite une extension du principe de charité. Il montre par ailleurs que la traduisibilité des énoncés d'un language dans un autre n'est pas suffisant, mais la réciproque doit également etre vraie, donc il faut ajouter une condition de réciprocité à la traduction. Cela pose la question d'un métalangage, et qui fait ressurgir le problème consistant à postuler une extériorité à partir de laquelle attester de la pluralité des schèmes cognitifs. Bitbol montre ainsi, en reprenant le projet Davidsonien de traduisibilité et le menant à son terme (et en aboutissant à des conclusions différentes), qu'on se trouve contraint de postuler l'idée d'une hétérogénéité conceptuelle. Il ne faut pas oublier l'idée de départ en toile de fond: trouver des critères de relationalité sans prétendre sortir de la relation. Pour Bitbol, l'idée d'une pluralité des schèmes conceptuels peut donc être maintenue pour peu qu'on parte du principe que le schème conceptuel est immanent au champ qu'il structure, et non un principe d'organisation extérieur au champ qu'il organise.

2e Partie : Critères "internes" de relativité

L'idée d'une pluralité des schèmes permet de renforcer l'idée d'un rapport cognitif, mais il existe d'autres arguments en faveur de la relationalité. La difficulté, telle que soulevée par la controverse initiée par Davidson, est pourtant de taille: comment parler de relations en s'interdisant jusqu'à l'évocation même de leurs pôles. Pour Bitbol, il existe, au sein même de la relation, des critères, ou des "traces" attestant du caractère relationnel de la connaissance. Deux critères vont être développes dans cette partie. Le premier est qualifié par Bitbol d' "inférence vers la meilleure explication de la finitude de la connaissance". En effet, il est difficile d'expliquer certains traits d'une circonscription de la connaissance tenue pour unique autrement que par la relativité du connu vis à vis du connaissant. Le second critère est celui de la pluralité des régions de la connaissance, et le travail mené en première partie sur la pluralité des schèmes permettra de mieux comprendre le second temps de l'argumentation de Bitbol.

Concernant la finitude des contenus de la connaissance admettant comme meilleure explication in fine son caractère relationnel, il est ici aussi nécessaire de désamorcer toute tentation à l'extériorité. Poser un domaine de connaissance ou de compréhension humaine comme fini revient en effet souvent à considérer d'un point de vue extérieur le périmètre délimitant cette compréhension. Il s'agit d'une tentation métaphysique à laquelle il faut résister. Considérer que le savoir est situé, à l'intérieur même de ce savoir, reviens à considérer que la science est en permanence dans une dynamique interne d'expansion des connaissances. Un exemple donné par Bitbol concerne l'incomplétude de la prédictibilité, soit le fait que certains phénomènes qui relèvent d'un champ d'investigation échappent néanmoins à tout modèle prévisionnel. Pour Bitbol, l'imprédictibilité est non seulement la trace immanente du caractère situé de la connaissance mais de surcroît l'indice crypté d'un rapport cognitif dont l'un des pôles est fini.

La trace de cette finitude et de la relationalité de la connaissance se laisse apercevoir dans la physique quantique. En effet, le caractère aléatoire des événements microscopiques n'est pas explicable de quelque manière que ce soit. On considère qu'il est extérieur à toute forme d'explication, et qu'il est le fait d'influences non locales impliquant jusqu'à l'univers tout entier. Les physicien admettent donc l'existence d'une limite constitutive, et non plus contingente, de leur domaine d'investigation. La physique classique considère que la non prédictibilité de certains phénomènes relève d'une limite contingente qui doit être et sera levée par la dynamique d’expansion du savoir. La physique quantique tire précisément sa fécondité du fait qu'elle pose une clause restrictive dans la dynamique d’expansion de son savoir. Nous allons revenir assez vite sur cet argument car il permet de répondre en réalité simultanément aux deux critères de relationalité exposés au début de cette seconde partie.

Le second critère de relationalité (pluralité des régions de la connaissance) a été abordé en filigrane dans le première partie, par le prisme de la controverse Davidsonienne sur les schèmes conceptuels, mais mérite clarification. Il faut préciser ce qu'on entend par une organisation plurirégionale de la connaissance et en quoi cette organisation pointe vers le caractère relationnel de la connaissance. Bitbol définit deux types propositions comme equicontextuels quand ils remplissent deux conditions: d'une part, ils doivent être associées aux mêmes pratiques, au même cadre conceptuel, d'autre part, ils doivent se dissocier d'autres ensembles de pratiques. A partir de cette définition, on peut reprendre la typologie d'Heisenberg qui distingue trois grandes régions de la connaissance. La première famille concerne un domaine d'objectivation maximal dans lequel les connaissances sont séparées du contexte qui leur a donné naissance (physique classique). Dans la seconde famille, les connaissances sont liées à l'acte qui les pose, à leur conditions de production (mécanique quantique). Dans la dernière famille, les connaissances sont coextensives à l'acte qui les pose (droit et dans une large mesure les sciences humaines). Bitbol veut montrer que cette tripartition témoigne du caractère relationnel de la connaissance. Il propose d'investiguer les deux premières familles de connaissance pour montrer en quoi elles recèlent d'indices d'une relation cognitive.

La première famille de connaissances donne priorité aux choses. Sa démarche peut être qualifiée de "perspectiviste" au sens ou il s'agit de multiplier les perspectives pour aboutir, par déconvolution, à la découverte des objets et de leurs propriétés intrinsèques. Cette démarche trouve son corollaire dans un mouvement inverse consistant à partir des objets pour remonter aux différentes perspectives et esquisses qui précèdent son émergence. Ce retour de l'objet à la perspective est présent dans la géométrie projective, mais surtout, il est au cœur du programme de la phénoménologie. Or, cette démarche comme son corollaire font apparaître un problème bien documenté par la philosophie de la connaissance: une circularité impossible à résoudre entre le connaissant et le connu, entre le sujet et l'objet. En effet, d'un coté les objets connus sont le résultat d'une multiplication des perspectives et des esquisses nous faisant remonter au sujet phénoménologique. Mais d'un autre coté, ces objets renvoient à des esquisses qui elles mêmes renvoient à un langage présupposant l'existence d'objets dont il y a des esquisses... La première famille de connaissances présente donc une difficulté qui a pour conséquence une procédure itérative de désengagement du sujet (démarche scientifique) ou une hypostase du sujet (démarche phénoménologique). Ses conditions de validité présupposent un isomorphisme entre l'ordre des apparitions et l'ordre de la perspective.

Un limite très claire vient mettre un coup d’arrêt à cette procédure, car cette première famille de connaissances n'est pas universalisable. Il existe en effet des domaines dans lesquels ce "perspectivisme" est inapproprié. En effet, l'idée de perspective sous tend par principe une distance entre le sujet et l'objet, une relation extrinsèque entre deux pôles séparés. Or, le problème est que l'homme est inclus dans le monde, il en est au minimum une partie intégrante et au maximum un participant. Cette disposition particulière conditionnant l'expérience humaine est qualifiée par Bitbol de "limite épistémologico-cosmologique". La physique quantique permet d'appréhender le caractère relationnel du savoir hors des apories de la perspective, en donnant un coup d’arrêt brutal à la procédure de désengagement du sujet. Elle a en effet retourné la limite épistémologico-cosmologique, inhérente à l'excès d'implication de l'homme dans le monde, en point d'appui pour un mode renouvelé de connaissance. Quelles sont donc les règles de coordination des phénomènes hors de la perspective?
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Message par Le champ de l'abstraction le Mer 10 Avr 2019 - 20:53

Merci d'avoir posté ce sujet, je l'ai relu plusieurs fois, bref chaque paragraphe mériterait une critique, car beaucoup de points sont amenés à la réflexion.

Cet extrait me permet de contempler comment une personne dite normale raisonne versus les connaissances relationnelles quel acquiert. Pour moi, c'est assez facile de le faire, mais en contrepartie je souffre en quelque sorte d'une anomalie au niveau de la gestion de ma mémoire plutôt qu'un réel don, car c'est plus facile pour la nature d'enlever quelque chose à quelqu'un du point de vue individuel que lui donner quelque chose en plus, mais la nature peut donner facilement plus de la même chose.
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Message par tim9.5 le Lun 13 Mai 2019 - 14:00

Il y a quelques vidéos de Michel Bitbol qui circulent sur le net, notamment celle-ci :
Ce que j'aime chez lui, c'est sa voix, sa manière de parler, sa précision, ses diaporamas; il s'écoute facilement.
J'ai lu aussi un autre livre qui était une discussion entre physiciens et philosophes que j'ai particulièrement apprécié.
Quant il passe à l'écrit, c'est une autre affaire ! Merci janikest pour ce fil rouge.
tim9.5
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Message par izo le Lun 13 Mai 2019 - 14:30

Merci pour ce compte rendu exhaustif Janikest suivi d’un petit merci supplémentaire pour ton avatar  (Durer ! ) que je prise énormément (le soleil noir de Nerval ).
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