La routine, quel enfer !

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La routine, quel enfer !

Message par Jamongrass le Sam 29 Déc 2018 - 14:16

Bien le bonjour en ce début d'après-midi tout gris (en direct de Mulhouse),

J'ai vu ça et là des remarques dans ce sens. Elles me parlent. Sont-elles liées à la douance ?
Je voudrais évoquer avec ceux qui le souhaitent la routine.

Elle m'a toujours dérangée et aujourd'hui, bloque clairement mon parcours de vie. À cause de mon intolérance à la routine, je ne parviens pas à me fixer :
- je déménage chaque année depuis que j'ai 18 ans,
- je modifie au moins une fois par mois tout l'agencement de mon appartement,
- je teste des nouveautés dès que je le peux, quitte à y laisser une partie de mon budget mensuel,
- je ne parviens pas à garder un travail (et là, c'est vraiment vraiment embêtant), au bout d'un mois je n'en peux plus alors que les premières semaines se passent toujours à merveille
- au quotidien je traque les astuces pour défier les rituels : changer de chemin pour aller aux courses, manger à un autre endroit de la maison, mettre en place une nouvelle activité (qui me lassera rapidement), me comporter différemment, rencontrer de nouvelles personnes (qui n'auront bien vite plus aucune nouvelle de ma part), etc...

Je suis aujourd'hui en arrêt maladie pour un poste pris il y a un mois et demi. Je suis aussi auto-entrepreneure à mi-temps mais le salaire ne me suffit pas à nourrir les 3 bouches de la maison. Déjà tenté la demande de RQTH pour d'autres problèmes (cyclothymie, troubles anxieux généralisés et boulimie), refusée.

Est-ce que la routine pèse aussi à certains d'entre vous ?
Comment faites-vous, ceux qui parviennent à garder un job ? Est-ce qu'il vous plait ?
Est-ce que vous faites des tâches différentes tous les jours ? Le rapport au collègues ne vous fatigue-t-il pas ?
Et à tout hasard, y a-t-il ici des zèbres -ou non- qui sont sous statut de travailleur handicapé ?

Merci de m'avoir lue et bon week-end à tou(te)s !
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Re: La routine, quel enfer !

Message par My_illusion le Mar 1 Jan 2019 - 15:59

La routine m'est difficile aussi à supporter. L'immobilisme me plonge dans l'angoisse. Et ici j'y suis obligée car niveau physique ça ne va pas fort, alors je plie sous les manifestations psychosomatiques de mon corps qui me crie qu'il est éreinté.

Alors je papote, le chat sur mes genoux, et musique. Même si ne rien faire me tend nerveusement car c difficile de lâcher prise.

J'ai regardé une série que j'ai bien aimé (pas mal de larmes ont coulé d'ailleurs, sans sanglot), un psychodrame comme je les aime : 'SAFE' avec l'acteur qui joue DEXTER, qui m'a fait sourire quand il parle de sa DEXTERité de médecin.

Cela dit, je n'ai pas tes soucis. Je suppose que ce qui me fait tenir c'est le rationnel et la culpabilité. J'ai vécu 28 ans dans la même maison (je l'appelais mon petit paradis), dans un endroit calme, boisé avec tout plein d'animaux. Ce qui s'y est passé est une autre chose par contre, loin d'avoir été idyllique.

Depuis une bonne année j'ai déménagé, dans une ville, je m'y asphyxie quand même mais du coup, j'investis énormément le jardin avec un potager et de la permaculture, j'ai des tas d'idées en germination. C'est un domaine intarissable. Trouver ce qui nous fait vivre... Cultiver ma nourriture en fait partie. On peut varier les cultures, les techniques, la routine peut se casser de mille et une façons.

Mon boulot principal est d'un ennui assez prononcé. C'est mon gagne-pain. Ça fait deux ans quasi et bien entendu je ne m'y vois pas sur la durée. Mon job complémentaire est varié à souhaits mais il me plonge dans l'angoisse car j'ai cette manie d'envisager tous les pires scénarii en déroulant un diagnostic différentiel qui n'en finit pas. Il m'impose d'avoir du contact avec de la clientèle et ça me déplaît de plus en plus. J'aime le travail en coulisses, pour le seul fait d'avoir été accompli et réussi. Je me contrefiche d'en recevoir des lauriers. Les lauriers je ne les ressens que par mes actes, en clair, je ne tire de la satisfaction et du plaisir que de ce que je fais. Plus c'est dur et compliqué et plus c'est agréable, logique mais épuisant oui. Et pourtant, je suis trop gentille et disponible pour les gens qui ne le méritent souvent pas. Et c'est sur ça que je dois travailler! Pour 2019, je repense à nouveau à tenter de m'aider avec psy mais j'ai si peu d'espoir que quelqu'un puisse m'aider que ça me freine.

Ce que j'essaie d'expliquer, c'est qu'on peut bousculer la routine même en étant dans une même habitation, dans un même job. Sans pouvoir tout modifier c'est sûr. Le temps libre est là aussi pour apporter ce besoin de polyvalence, ce besoin de découvertes et de stimulations créativo-sensitivo-émotionno-intellectuelles.
Pour les magasins, je déteste aussi ça... et je fais une tournante parmi ceux qui m'entourent, j'essaie de n'y aller que max 1 fois par semaine car ça me broute grave de faire ça.

Mon besoin de sobriété et d'avoir une empreinte écologique faible me pousse à ne pas avoir envie de toucher aux nouveautés matérielles de marketing. Ce qui est fait par autrui a peu d'intérêt pour moi, en général, hum. Je préfère créer, construire moi-même les nouveautés avec des matériaux recyclés, avec mon huile de coude, avec mes petits neurones. Ne serait-ce que réparer ce qui tombe en panne c'est vraiment jouissif quand ça parait compliqué mais que tu y arrives toute seule. Les gens ne comprennent pas comment ça se fait que je sais faire tout ça. Je me contente de leur répondre qu'ils sous-estiment ce dont ils sont capables car je n'ai pas la solution d'emblée, c'est en chipotant et en persévérant que j'y arrive. J'ose, c'est déjà la première faculté à stimuler. On peut tous s'améliorer même si on ne peut pas atteindre les mêmes niveaux. J'ai toujours aimé vouloir me démerder par moi-même et j'adore les challenges, ça aide. Et crois-moi, ça casse bien la routine.

Je n'aimerais d'ailleurs pas être riche, car quand on peut tout avoir sans avoir sué, ça n'a pas de saveur. Cela dit, je suis sûre que je trouverais à travailler alors sans salaire. Les idées ne manquent pas!

Mon boulot principal a beaucoup d'avantages et me donne près de 45 jours de congés par an. Ça pèse dans la balance. C'est ce boulot d'ailleurs qui a fait que les banques m'ont ouvert grand leurs bras pour emprunter. Et ça me laisse un peu de temps donc pour les rénovations dans ma maison.

La polyvalence, je crois que c'est ça qui permet de tenir la routine de certains pans obligatoires d'une vie.
Pour ce qui est du relationnel avec les collègues, il n'est pas très nourrissant non. D'emblée, je n'en ajoute aucun sur facebook et je fais pas d'activités chez l'un ou l'autre, je les vois suffisamment en journée. Je les tolère et on rigole mais je n'ai pas envie de gratter car là ça risque de m'énerver. Je n'y cherche pas d'amis, c'y est trop risqué et puis ce qu'ils me renvoient ne résonne pas en moi. Je suis intrigante, énigmatique pour certains, folle probablement pour d'autres et ça peut rester ainsi. Les cancans dans un grand service sont inévitables et je n'ai pas, heureusement, ce besoin de plaire ni de savoir ce qui se dit sur l'un et l'autre. Ça offre une grande liberté à vrai dire.

Chercher à obtenir un statut handicapé ne solutionnera pas le souci de routine, au contraire. J'essaierais plutôt de rendre mon job d'indépendant plus varié, polyvalent?

Une des facultés hp c'est aussi de pouvoir s'adapter et trouver ses propres solutions, ne l'oublie pas Smile


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Re: La routine, quel enfer !

Message par Blob le Mar 1 Jan 2019 - 19:52

Jamongrass a écrit:

Est-ce que la routine pèse aussi à certains d'entre vous ?

Comment faites-vous, ceux qui parviennent à garder un job ? Est-ce qu'il vous plait ?

Est-ce que vous faites des tâches différentes tous les jours ? Le rapport au collègues ne vous fatigue-t-il pas ?

Et à tout hasard, y a-t-il ici des zèbres -ou non- qui sont sous statut de travailleur handicapé ?


Ben à dire vrai, moi j'aime bien le train-train, c'est même l'inverse, j'ai besoin de repères, que les choses soient pareilles à elles-mêmes dans le temps !

Mon job ne me plait pas, mais il ne me déplait pas non plus, j'intellectualise en me disant que j'ai toutes les chances d'avoir moins bien que mieux, et puis le cadre de travail correspond assez bien à ce que je suis, et ça c'est précieux.

En réalité, le fond du travail, ou les missions sont les mêmes, mais j'ai la chance de devoir changer sans cesse de lieux et de personnes, ce qui en retour est un véritable casse-tête pour nouer des liens avec qui que ce soit ! Mes collègues je les vois une poignée de fois par an, mais c'est déjà de trop car c'est pour rester assis à écouter puis de manger, encore assis, avant d'aller s'allonger.

La surdouence, les surdoués, la sur-efficience, la douance ou d'être zèbre ne sont en aucun cas une maladie, ce que tu décris de ta vie, je ne suis pas sûr que ce soit à mettre sur le dos du surdon, il s'agit sans doute d'un " trouble mental " associé, alors qu'en revanche le " doué " a besoin de stimulation pour être motivé à faire, si la motivation est là, il continue son activité, tel un passionné.


*******

As-tu pris un peu de temps, pour te poser des questions sur ce qui pourrait bien expliquer cette quête perpétuelle de changement, ou dit autrement, ce qui finit par t'ennuyer ou te déplaire ? Aimes-tu quelque chose dont tu ne te lasses jamais ?


Dernière édition par Blob le Sam 5 Jan 2019 - 18:59, édité 1 fois

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Re: La routine, quel enfer !

Message par Jamongrass le Sam 5 Jan 2019 - 16:59

Merci à tous les deux pour vos réponses ô combien intéressantes. J'entends souvent parler de ce "il faut bien", concernant le job alimentaire. Pourtant, rien n'y fait, je suis souvent dans la mouise financièrement mais je m'en sors autrement, en vendant des affaires, en me serrant la ceinture... Je suis juste incapable, pour le moment, de garder un job.
Problème plutôt lié à mon côté borderline, donc, et non à la douance, au vu de vos réponses.

My_illusion, je suis comme toi, j'adore faire par moi-même. Chercher, comprendre, puis se débrouiller avec ce qu'on a sous la main. Le processus créatif est indispensable pour casser la routine, mais quand on travaille 8h par jour et qu'en rentrant, la deuxième journée commence avec les enfants... la routine prend vite le pas sur toutes les tentatives de distraction. Devoirs, bain, repas, etc etc.
Je précise que je travaille avec des enfants en crèche, et que c'est sans doute encore plus difficile qu'un autre job du fait des relations permanents à entretenir avec 1, les enfants, 2, les collègues, et 3, les parents. En milieu fermé.
Concernant mon job en indépendante, il me convient bien car j'ai différentes tâches à accomplir mais est exigeant mentalement, impossible d'en faire une activité à part entière.

Blob, je cherche en effet du côté psy pour le problème de la routine. Jusqu'à présent, cela m'a seulement amené à un parallèle avec l'angoisse de mort ou du vide (en tant que borderline, le vide est omniprésent comme angoisse). Dès que les choses sont posées, j'ai la sensation que ma vie est finie. C'est vraiment très stressant comme expérience, un genre de voile noir qui encombre toutes mes pensées et me paralyse. Pourtant je sais bien que la vie n'est jamais figée, elle est un changement perpétuel.
Je ne peux pas non plus vivre en couple, j'ai l'impression sinon que c'est la fin -de la vie, ou de l'enfance peut-être. Plus de choix possible. Pourtant j'aime énormément mon compagnon et je me vois bien finir ma vie avec lui. Seulement dans les faits, ce n'est pas possible, je ne supporte pas de voir s'installer les petites habitudes entre nous.

Pas facile de discerner la maladie psychique des besoins du surdoué, et de la personnalité d'origine. Petit à petit je mets des choses en place, mais j'ai besoin, avidement, de comprendre comment je suis faite et ce qui fait que je réagis ainsi, que je ressens cela.

Si d'autres personnes se reconnaissent, ou veulent réagir sur un point ou l'autre, n'hésitez pas.
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Re: La routine, quel enfer !

Message par Blob le Sam 5 Jan 2019 - 19:44

Je peux comprendre, d'autant plus que je ne vis plus vraiment " d'excitation " dans ma vie, presque plus rien ne me stimule, j'ai l'impression, peut-être fausse, d'avoir touché les bords de tout ce qui pouvait être surprenant, d'avoir tellement décortiqué le monde par la pensée que je sais d'avance à peu près tout ce qui va advenir, un peu comme si je connaissais la fin des films que je serais amener à regarder, je ne vois aucun échappatoire possible, comme si j'étais prisonnier de moi-même. À quoi bon entreprendre ceci ou cela si il n'y a aucun plaisir ou aucune satisfaction au bout ? Je me contente donc de ne pas dégrader ma situation.
" Mon problème " me semble plus lourd à porter, ce n'est pas un défaut de moyen ou d'opportunité, mais un défaut intrinsèque dont je ne peux me libérer quoi que je mette en place, je pense que je peux me qualifier d'anhédoniste, mon encéphalogramme de vie est relativement plat, il y a pourtant un potentiel qui ne pourra pratiquement plus s'exprimer, quelque part je t'envie d'avoir encore envie, c'est bon signe il me semble, tant que ce désir brûle en toi, tu pourras éventuellement aboutir ou t'approcher de tes souhaits, j'oserai dire qu'il te faut trouver le moyen démultiplicateur dans ta vie qui te permette de te sentir vivre, en phase avec ce que tu es, un peu comme en mathématique, qu'importe le chiffre de départ, il faut juste trouver le bon coefficient multiplicateur pour atteindre un certain seuil, alors que lorsque ce chiffre de départ est zéro, il n'existe aucune solution pour le multiplier...

Tu me fais songer à mon fils cadet, qui lui aussi est en quête quasi-perpétuelle de " sensations " nouvelles, il se lasse extrêmement rapidement, il donne l'impression de tout vouloir essayer, de passer d'un truc à un autre sans arrêt, mais je dois bien le reconnaitre, il est aussi plein de vie lorsqu'il peut mettre en application ses desiderata !

Des fois, j'aimerais retrouver cette candeur qui vous anime tous deux...


Ma philosophie de vie aujourd'hui est essentiellement tournée, non pas sur le quoi - faire -, mais sur le comment - le bien, le vrai et le juste -, le chemin me semble bien plus important que la destination. La plupart des individus ne visent que le bon en général, ce qui à mes yeux, n'est qu'une fuite en avant, car tout plaisir est par nature éphémère, c'est donc le mythe en positif de Sisyphe, un éternel recommencement, une forme d'asservissement à son propre plaisir.
On pourrait évoquer ou invoquer le sentiment de " toute puissance " qui est censé être brisé à un âge " de raison ", et qui prend toute son ampleur à l'adolescence, avant d'être souvent rattrapé par la dure réalité, et donc d'en passer par une phase de deuil, du moins pour le commun des mortels, mais il n'est pas impossible que le véritable passionné ne traverse sans doute pas une telle crise identitaire, en revanche celui ou celle qui garde le fol espoir d'en être mais qui n'arrive pas à s'accomplir, prend un risque conséquent d'être relativement perdu·e, décontenancé·e ou même perturbé·e, voire anéanti·e, le jour où il/elle prendra conscience de cette cruelle impossibilité dans sa propre existence, la chute n'en sera que plus douloureuse que d'être " monté·e " haut et d'avoir reculé l'échéance, sauf pour une toute petite poignée d'entre nous, plus chanceux dirons-nous...

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Re: La routine, quel enfer !

Message par siamois93 le Sam 5 Jan 2019 - 19:56

Si vous ennuyez j'ai une vingtaine d'arbres à tailler, ils forment une haie d'environ dix mètres de haut et il faut les rabaisser à deux mètres. C'est à Draguignan dans le Var, il y a de la place pour tenter ou caravaner.
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Re: La routine, quel enfer !

Message par Arsix le Sam 5 Jan 2019 - 20:28

Hello Jamongrass

Jamongrass a écrit:besoins du surdoué

Le seul besoin qu'il a, en réalité, c'est d'être lui-même.

Chacun est différent, qu'on lui ait collé une étiquette ou non.
Je pense que le plus dur c'est de s'affranchir de celle-ci une fois qu'on vous l'a collé.

Être surdoué, c'est comme avoir de grandes jambes. Ca veut pas dire qu'on va aimer courir.
Si on te demande de calculer une addition au restaurant en divisant par deux, tu seras peut-être plus rapide que le serveur, mais cette rapidité ne va pas influer sur ton envie de le faire.

Là où je veux en venir, c'est que tes désirs, c'est toi, ce qui te définit. Peut-être que sur un grand nombre de surdoués, on peut retrouver une majorité de ceci, ou de celà, mais au final la seule chose que tu peux (et que tu dois) te dire, c'est que tes envies, tes émotions et ton expérience te définissent telle que tu es dans la vie de tous les jours.

La routine pèsera aussi à certains, pas du tout à d'autres, qui n'auront pas le courage/l'angoisse de la briser, d'autres comme toi y arriveront. Le fait d'avoir l'envie et d'y arriver, c'est ça ta personnalité, ce qui fait que tu es unique.

Tu as l'air de beaucoup prendre en compte le regard d'autrui car tu n'as qu'une hate : bouger et changer. Pourtant une partie de toi semble "écrasée" par ce désir de paraître normale aux yeux des autres.
Quel est le problème de ne pas être fixée ? Est-ce que ça rentre en contradiction avec d'autres aspirations que tu as ?

Certaines personnes passent leur vie à faire le tour du monde, à bosser ici et là, font des enfants (qui n'ont pas l'air traumatisé), et ils en sont très heureux.

Cependant, si tu es cyclothymique, à voir si ces changements ne sont pas directement liés aux périodes qui s'alternent.

Et pour ton boulot, pourquoi ne pas être double auto-entrepreneur à mi-temps ?

Pour finir, as-tu essayé d'arrêter de vouloir imaginer le futur ?
Quand on est angoissé par l'absence de choix, se poser avec quelqu'un, et la routine, arrêter de s'imaginer où et comment on sera dans un an aide beaucoup à réduire cette angoisse Smile
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Re: La routine, quel enfer !

Message par Jamongrass le Lun 7 Jan 2019 - 13:29

Merci Blob de ta réponse, ton dernier paragraphe en particulier est très intéressant. Cela me rappelle le principe de la méditation en pleine conscience, faire les choses en étant pleinement présent et non pas pour le simple but de les faire.
Je comprends bien aussi ce dont tu parles au sujet du manque d'envie, car j'ai également des périodes fatalistes où je me contente de suivre le cours des événements. Elles sont reposantes, mais rapidement mes pulsions reprennent le dessus.
Concernant ton fils, je sais que la génération actuelle est plus encline à "zapper" rapidement dans les activités si le plaisir n'est pas immédiat, et je m'y reconnais aussi. J'envie ceux qui ont toujours su ce qu'ils feraient plus tard, qui ont passé des années à étudier un domaine précis, à construire leur maison, à réaliser un projet.

Siamois93, sacré boulot ! Et qu'adviendra-t-il de tout ce bois ? C'est pour le chauffage ?

Arsix, bonjour. Merci pour cette réponse éclairante et pleine de positif. Concernant le fait de ne pas être fixée, j'y réfléchis. Je pense qu'une partie de moi vivrait volontiers sur les routes, tandis qu'une autre, celle pétrie d'angoisses, a besoin de retrouver son petit nid tous les soirs. Je suis proche de ma famille également, et j'aurais du mal à ne plus les voir régulièrement.
Mais j'ai eu l'occasion, avec mes filles, de vivre quelques jours dans un squat en Suisse. Une vie de bohème avec plein de gens très différents. Et ce voyage m'a beaucoup marquée.
Comme tu le dis, la cyclothymie n'aide pas car je peux vouloir une chose et une heure plus tard son inverse. Pendant un temps je suivais mes envies (ce qui a rendu ma vie très chaotique) mais maintenant je les laisse filer, de peur d'à nouveau prendre des décisions sur un coup de tête.
Double auto-entrepreneure, j'ai tenté en faisant de la rédaction web et des cours de piano. J'ai craqué rapidement car : je voyais trop de monde ce qui m'épuisait, et je n'avais plus le temps pour faire d'autres choses. La routine revenait...
Tu as bien cerné ma difficulté avec le futur. Je me projette énormément et c'est d'autant plus angoissant. Bon, je m'améliore quand même petit à petit et j'arrive à ne plus imaginer mes enfants pleurer devant mon cercueil dès que j'ai une petite toux... Laughing oui, tendance hypocondriaque !

Merci pour toutes ces réponses pertinentes et détaillées, j'apprécie vraiment ces retours car cela fait résonner certaines choses en moi et me donne de quoi réfléchir (même si des fois, je devrais arrêter de réfléchir à tout mais vous me comprenez je pense).
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