Introducing Les Invisibles

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Introducing Les Invisibles

Message par Anachor3t3 le Dim 18 Nov 2018 - 13:19

"I sing the body electric.
The armies of those I love engirth me and I engirth them.
The will not let me off till I go with them,
Respond to them, and discorrupt them,
And charge them full,
With the charge of the soul".
Walt Withman

Les Invisibles, c'est cette fable graphique de Grant Morrison.
Je vais adopter arbitrairement un prisme d'observation à son égard :

0_ Il existe un groupe minoritaire identifié par des caractéristiques communes,
et dont le champ est cependant si vaste que sa description devient obsolète
à mesure qu'on tente d'en préciser les contours.
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1_ Si l'on attend des individus composant ce groupe que leurs entreprises
aient la fécondité apparente des chemins préétablis, alors leur efficience future rend sceptique ;
apparaît alors leur labilité, et se cristallisent les cases du déterminisme social,
factrices de gauche potentiel.
------
2_ Les Invisibles, c'est Schrödinger dont l'entrée en salle de conférence
serait obstruée par la silhouette de Kant pour trois raisons :

A_ "Une allure estudiantine augure indéniablement l'immaturité du chercheur."
B_(dans le cas où Kant a une vague idée de l'éducation de Schrödinger) :
"Un costume rouge tape à l’œil augure indéniablement le manque de rigueur d'un excentrique de belle famille (décomposée qui plus est). Excusez-moi, la dualité de quoi ? Le chat de quelle boite !?" et Erwin S. de répondre que c'est Albert qui avait insisté pour l'expérience de pensée...
C_ (Où Kant qui porte encore une robe de chambre en 2018, fait de la science explicative pour parler d'Erwin et ses sciences prédictives) : "Effectivement, son génie et son allure sont le fruit d'une éducation atypique, bercée d'érudition ; ils reflètent son intense liberté de penser."

Mais les invisibles, c'est aussi une inconnue qui pratique le lancer de couteaux ; un guitariste au chômage qui décide de se mettre au dessin pour peut-être un jour faire le design d'un jeu vidéo ; une femme créant sa propre langue des signes ; un transgenre indien qui invente un langage mathématique dans une mansarde, ou encore Amélie poulain en hébétude, dont la main se plonge une heure durant - oh intelligence du bonheur! - dans un sac de blé.  
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3_ Puisque ce groupe minoritaire n'est pas exclusivement constitué de la progéniture d'une institutrice pianiste à ses heures perdues, de la descendance d'un père Da Vinci notaire, chancelier et ambassadeur de la république florentine, ni de tuteurs prolétaires qui encouragent leurs gamins à renouveler leur carte de bibliothèque, suivre une école de musique et des cours d'aïkido, alors il décrit au moins ce pourquoi il fascine, et ne constitue encore un champ précisément descriptible de personnalités et de vécus : une population curieuse, souvent touchante, parfois marquante, porteuse, à des échelles insoupçonnées, d'un innovant potentiel.


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Je suis Technicien de l'arbre, c'est à dire que j'identifie, diagnostique et cartographie le développement et l'état de santé des arbres, dans des milieux très variés. C'est une situation intéressante car, bien que je ne plonge pas chaque jour la main dans des sacs de blé, au moins, je touche du bois. Je dois monopoliser des connaissances en physiologie végétale, botanique, mécanique, chimie, pédologie, géomatique, statistique, foresterie, esthétique du paysage, hydraulique, et bla,bla,bla. Du coup ça calme une petite partie de ma curiosité. La résilience me décrit, semble-t-il, mieux que l'étiquette de la douance, dont je ne me suis pas encore vu affublé.

Je ne me considère absolument pas comme étant brillant, mais j'apprends chaque jour mieux et plus vite. Il y a comme un toc derrière mon oreille, qui me force à chercher à combler mes lacunes. L'observation du monde, la réflexion ainsi qu'un peu d'imagination me permettent d'explorer des chemins de pensée qui, je l'espère, continueront d'enrichir mon intuition. J'aime comparer le fonctionnement de mon esprit au deep learning : ne pouvoir faire autrement que de commencer par un travail de fond ; lent au départ, puis exponentiellement efficace à mesure que les informations se structurent et deviennent ainsi invocables à souhait. On se rend vite compte que tout est lié, et les idées foisonnent dans une sorte d'interdisciplinarité.
Mon nom français véritable exprime l'inflorescence constante, et mon pseudo, "Horlogium" depuis tout jeune, sera ici "Anachorète", en référence au paradigme des horlogers et des anachorètes de la chappelle du Vêpre du Cathare Aveugle du monastère des thomasiens du col de Sidelhorn : un paradigme quasi manichéen sorti d'une histoire de David Mitchell.

Je suis issu d'une filière littéraire, et flanqué d'un deug en Psychologie, d'une licence dans la Médiation littéraire, un service civique dans la Rénovation de patrimoine et l'Animation d'ateliers bois, un Cqp d'Opérateur sur parcours acrobatiques en hauteur, un bts en Gestion des forêts, et une licence en Gestion de l'arbre.

J'ai toujours eu des manies, dues à du perfectionnisme. Il faut que je touche chaque chose dans un certain sens, que j'avale ce que je bois en évitant toute bulle, ou que la pointe de mon pied presse le sol entre chaque poteau téléphonique et chaque trait blanc que je croise en voiture. Mais je me soigne là-dessus. Je peux maintenir ma concentration sur une chose pendant un temps relativement indéterminé, ce qui est pratique pour apprendre à peu près n'importe quoi, mais est parfois difficile à contrôler, me fait oublier la fatigue, me rend aussi obstiné que mon père, ma petite sœur, ou aussi impatient que ma mère. Pour remédier à ma veille cérébrale, je fragmente mon sommeil et m'instruis en neurologie pour mieux comprendre comment activer ou désactiver des zones cérébrales. Ainsi j'essaie de dormir de jour, me réveille la nuit, tout en essayant de ne pas trop perturber mes rythmes circadiens. J'ai des tendances monomaniaques ; une alimentation saine, mais les angoisses me donnent des tentations boulimiques, que je palie avec un régime actuellement constitué principalement de riz thaïlandais cuit selon deux méthodes exclusives, ou bien à l'autocuiseur. Un souvenir agréable des familles viets dont je faisais pour ainsi dire partie, adolescent, et qui logent encore quelque part dans mon coeur.

Ma seule peur est là phobie des choses dénaturées, qui se dégradent anormalement, et qu'on remarque quand il est déjà trop tard. Les choses que je ne sais comment préserver et qui peinent à se préserver elles-mêmes.

Quand j'angoisse, seul le vertige ou une forte stimulation intellectuelle m'apaisent. C'est ce vertige que l'on ressent lors d'une prompte alternance entre ascension et descente, en voiture, en avion, lorsqu'on se balance d'avant en arrière ou que l'on est bercé avec attention. La disparition soudaine de la pesanteur. Je pense aujourd'hui que mon angoisse naît d'un besoin intense de connexion spirituelle réelle, et de stimulation intellectuelle, impératifs d'une façon ou d'une autre, à la résilience ayant succédé au traumatisme de mes premiers mois de vie au Mali.  

J'écris de la poésie rythmique, suis batteur, et de temps en temps j'apprends d'autres instruments comme le saxophone (plutôt adepte de l'improvisation), la guitare (j'aime bien jouer "Take five" mais sans avoir encore bossé le solo), ou le marimba. J'essaie de développer un style de musique basé sur la polyrythmie, car je considère que la batterie peut être appréciée en tant qu'instrument mélodique doux, d'avantage qu'une boite à rythme. Les quelques tentatives que j'ai faites pour partager ça en public ont plutôt été reçues avec surprise, mais pour ma part j'ai encore du pain sur la planche. J'ai constamment une mélodie ou un rythme en arrière-plan, ce qui m'empêche souvent d'être statique, et j'ai toujours apprécié apprendre et réciter les paroles d'à peu près n'importe quoi qui me touche en tant que performance lyrique. Je me calme là-dessus depuis que je me concentre un peu plus sur l'écriture. J'essaierai de mettre sur ce forum un texte rythmique et son audio.

J'aime pratiquer l'affutage de ciseaux et gouges à bois, selon des techniques que j'ai pu apprendre lors de mes voyages au Japon. J'aime donc aussi faire de la sculpture sur bois quand j'ai le temps, depuis l'époque de la fac.

J'ai toujours aimé apprendre à défier la gravité, grimpe urbaine/arborescente, pied-lune, flips, saltos, et récemment la gymnastique artistique. Aujourd'hui je maîtrise mon corps de façon plus satisfaisante, et perçoit moins ma gaucherie, qu'un trop plein d'empathie accentuait ; à part faire du vélo sans roulette à 2ans et quelques, marcher tôt et courir vite, je me suis rarement trouvé la grâce suffisante pour mériter le Hakama. Ceci dit en passant, j'ai l'excuse d'avoir une latéralité croisée. Donc contrelatéralisé soit, mais qu'importe, car avant toute chose je préfère l'impair, plus vague et plus soluble dans l'air, sans rien en lui qui pèse ou qui pose, comme l'encensait Verlaine.

Pour ceux qui se foutent des fragments de ma bio : sautez les paragraphes suivants et rendez-vous directement aux centres d'intérêt.

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Bio (en abrégé)

Je suis né il y a environ 27 ans, au Mali, je ne sais exactement quand, où, ni dans quelles circonstances, et j'ai passé deux-trois mois dans une pouponnière après qu'un inconnu m'ait trouvé dans une rue de Bamako, un parterre de fleurs où j'étais plutôt bouffé par les moustiques. J'ai ensuite été envoyé en France chez un couple particulièrement altruiste, avec lequel je fus relativement coopératif, à peu près jusqu'à ce que j'aborde vers 11ans quelques-unes de mes réflexions métaphysiques. Mais mes préoccupations n'étaient pas nécessairement partagées. M'a donc été proposé de consulter. Ce qui m'intéressait chez le psy qu'on avait brièvement voulu me faire voir était d'apprendre son métier, ce qui aurait été plutôt utile au tas de citations que j'avais accumulées sur des post-its, et aux schémas et réflexions que je structurais avec l'aide d'un peu de papier. Mais le psy était du luxe, et pas question pour mes vieux, électro-mécanicien et agro-secrétaire, de dilapider la monnaie de leurs heures supp pour rien.

Ainsi à défaut d'étudier un psy, pour combler mes lacunes, j'allais quotidiennement à la rencontre de ceux qui étaient prêts à partager leurs pensées. Pré-ado/ado, je questionnais de préférence des personnes souvent plus vieilles ou atypiques, et partageais des réflexions sur le but de la vie, la mort, la poésie, la sexualité, la logique... J'adore tester ma logique. Je passais pour un psy ou un philosophe auprès des jeunes et du professorat, ce qui pour moi ne reflétait rien de glorieux, sinon la preuve étincelante d'un manque d'intelligence, ou d'un désir d'intelligence relativement vindicatif de ma part, voire un intérêt pour des questions inutiles.

Observant les problématiques relationnelles de jeunes et adultes qui tournaient en rond, je m'étais fixé déjà l'impératif de comprendre comment épanouir celle (ou celui, mais plutôt celle) qui serait l'élue. Dans le meilleur des cas elle ressemblait au portrait flouté de Björk, Mercredi, Paprika, Ruth Wilson, Hinata et Fifi Brin d'acier.

À l'époque, les copains regardaient du X, et pendant ce temps je visionnais sur Arte des documentaires sur le plaisir féminin, découvrais l'érotisme par l'art graphique, la littérature, dont les œuvres fascinantes de Sade, ou plus tard, lycéen, de Ryu Murakami. Je cherchais à intégrer chaque assertion qui effleurait mon oreille à des réflexions sur les contradictions, les faux-semblants, la compréhension mutuelle, et l'épanouissement.

Je bouffais des BD, adepte des perles rares, et quelques romans, avec le numéro de ma carte de lecteur en tête, et c'était une bonne raison de m'isoler dans les penderies pendant les repas de famille, ou passer mes récrés à l'infirmerie avec un passe-droit nommé Caleb Carr (l'Aliéniste), ou encore Torey Hayden (Les enfants des autres). J'adorais les récits de narrateurs autistes, et les énigmes que je ne prenais pas le temps de résoudre jusqu'à il y a peu.
C'était l'idée de comprendre qu'il y avait quelque chose au-delà de l'envers du décor, qui me captivait. Qu'il existait des secrets qui révèlent comment faire naître l'extraordinaire au cœur de ce réel qui me semblait normatif, frileux et peu poétisé.

Aujourd'hui je réalise que pendant que se sont chronologiquement succédées mes trois fixettes professionnelles, c'est-à-dire : devenir détective privé en écoutant du smooth jazz,  bibliothécaire les pieds sur un bureau à lire toute la journée, puis prof de français en Asie – se sont surtout succédées des années mélancoliques, intellectuellement isolées, bien que riches en expériences, tentatives de partage, et en voyages. Mon éducation, marquée par des exigences d'empathie, d'humilité, d'abnégation et de fierté, aurait pu m'éviter l'angoisse du vide, si elle avait été nuancée par une autocritique éthique plus subtile, moins crédule. Peut-être aurait-elle pu aussi m'éviter tant d'énergie dépensée à utiliser une intelligence sociale potentielle pour me prouver que j'étais capable d'être quelqu'un d'attractif. Quelqu'un dont la voie, le path – allez disons le nindô – ne sont guidés ni par un plan de repli face à la frustration, ni par la peur de l'échec.

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Est-il utile de s'attarder sur la scolarité ? Mon trajet à au départ été peu marqué par les sciences "dures". Tout ce que je souhaitais était vivre une relation fusionnelle, rester à l'écart des incohérences sociales, développer des savoirs physiques et psychologiques surprenants, et poser ma touche de poésie dans ce monde. Avec le temps j'ai pu observer l'intérêt et l'imperfection du système scolaire en tant que catalyseur du potentiel humain. L'hétérogénéité des productions me semble naturelle chez ceux qui ont des exigences de justice, de précision, d'alternative, et recherchent à comprendre la complexité derrière les assertions ordinaires. J'ai toujours été évalué de façon positive mais variable, du 16 à l'examen de littérature après avoir passé un an à somnoler en cours, au 6 attribué à l'examen d'écriture d'invention, qui détonnait face à mes affinités avec l'écrit. Les langues, et particulièrement le français, sont comme un arbre aux prises multiples, et à l'architecture artistique, car leur logique est tout simplement musicale. Les notes et les mots ne sont qu'une et même chose.

Que valent statistiquement des encouragements à passer en spé espagnol ou math ? Que signifie statistiquement un 10 au bac d'histoire après une année passée à rendre des copies vierges à un enseignant dont la pédagogie et la personnalité révulsent ? Combien de logiques et de chemins de pensée sont sanctionnés dans la scolarité vécue par la plupart d'entre nous ?

Si une chose demeure du décalage scolaire, c'est bien ma lenteur, et le fait qu'elle me nuirait. Dernier à entrer, dernier à sortir, je défie quiconque d'avoir rendu tant de copies inachevées. J'étais à la fois le plus rapide à la course, et le plus lent réaliser quoi que ce soit que je n'aie pas saisi en profondeur. Je dois dire que j'étais surpris et me suis interrogé brièvement en lisant des bouquins sur la pédagogie de la douance qui parlaient de cette lenteur particulière – enfants expliquants vs enfants appliquants. Souvenir d'une incessante propension à questionner les enseignements, objecter ou demander des précisions sur les consignes, quitte à ne rien produire dans le risque de n'avoir pas réellement saisi. Tant de possibilités face à des énoncés imprécis, tant d'incohérences éludées dans la pédagogie.

Je ne souhaitais que lire, conter, faire des cadavres exquis, m'attarder dans des revues sur la physique quantique, réfléchir ou converser devant les vagues, partager des expériences intimes atypiques, des escalades urbaines, des films insolites ; jouer de la musique ou découvrir des mécaniques de jeux originales. D'ailleurs, un jour, je prendrai le temps de m'améliorer au Go.
Je pense que mon sentiment d'incompétence s'est trouvé fortement soutenu par l'incompréhension d'autrui face à des questions qui devaient paraître alambiquées, à côté de la plaque, philosophiques, ou inutiles.

Je pense aujourd'hui que le choix de prôner des enseignements arbitraires, revendiqués comme universels et nécessairement bénéfiques, fait partie des lacunes de l'éducation nationale. (Exemple de non-enseignements : les axiomes de la Mathématique ; la créativité nécessaire et les difficultés dans la recherche scientifique ; la subjectivité de l'Histoire ; le lien entre valorisation de l'intelligence verbo-linguistique et les rapports de force politiques, tout comme le lien entre l'intelligence logico-mathématique et la logique productiviste de la pensée capitaliste, ou l'évolutionnisme des lumières. Si j'avais su à l'époque qu'il existe des logiciens pour démontrer les principes mathématiques qu'on me présentait comme si évidents – ! –  et qui plus est des chercheurs qui doivent produire quantités de pages pour démontrer qu'1+1 font deux. Comme tout apprenant, qui ne revient pas nécessairement sur ce qui l'aura rebuté, j'aurais peut être perçu les apprentissages qu'on me présentait différemment, ou en aurais approfondi moi-même plus tôt.

Alors que mon esprit tournait déjà sans cesse, il m'a fallu attendre de constituer un bagage psychosocial, étudier la psychologie interculturelle et l'ethnologie avant que ma curiosité, insatisfaite de la lenteur des débats actuels, ne m'oriente vers des sciences appliquées (construction, agroforesterie, artisanat), où j'ai pu me replonger dans les sciences de la vie et de la terre en abordant la naissance ou les principes fondateurs de ces disciplines, ainsi que leurs limites assumées. C'est alors que j'ai pu saisir que mes impératifs perfectionnistes ne pouvaient que me léser s'il me fallait tenter toujours de tout comprendre avant de produire, car nos sciences sont exploratoires, elles n'ont pas les réponses exhaustives et objectives que l'éducation nationale leur prête. Elles sont, par principe, en construction et cette construction demande le même désir intense d'exploration et d'expression artistique (exemple des recherches en mathématique) qui me poussait justement à dépasser mes limites acrobatiques, aventurières, et mener des réflexions métaphysiques depuis l'enfance : le désir d'aller en terre inconnue accompagné des palpitations que procure le risque de ne savoir ce que j'y trouverais.

Je me fiche de savoir quel étiquette diagnostic peut m'être collé, sachant que je passe un test dans un mois, suite aux conseils répétés d'amis : mais je pensais à remercier ceux qui partagent leur univers ici. Malgré le fait que je sois néophyte dans le domaine, deux mois de lectures sur les hpi, de conférences, de débats, m'ont permis de structurer quelques idées, et de lire certaines choses touchantes, ne serait-ce que par la façon dont certains s'expriment, qui ressemble parfois à une langue familière, agréable à lire ou écouter. Après mon premier vrai rdv avec un psy, dont l'impression pour la première partie du bilan se résume à : "hum, vous avez manifestement beaucoup de choses en tête, qui semblent parfois décousues. On dirait qu'il y a dans votre raisonnement plusieurs fils conducteurs, ce qui vous rend difficile à suivre", je suis tenté de me dire que ça résume déjà assez bien les choses.

Ce qui m'intéresse donc c'est : non pas savoir quel est mon profil, mais pouvoir échanger et creuser, avec qui en a l'intérêt, certains domaines sur un mode et avec une soif que je ne peux avoir au quotidien. Une soif que je ne peux apaiser qu'en me rendant aux quatre coins de France pour visiter des amis d'univers bien différents, de la bergère à l'ingénieur spatial, en passant par les autodidactes qui composent, écrivent, ou fabriquent des arcs ; les libraires, artisans ou les philosophes invétérés.
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Centres d'intérêts :

Il y a quelques domaines dans lesquels je peux partager quelques connaissances, et d'autres dans lesquels j'ai l'intention de partir en exploration, sans en avoir encore trouvé le temps donc, ou sans savoir parfois quelles bases solides choisir. Il y a aussi des domaines que j'aimerais explorer de façon interactive. Les voici :

Domaines que j'ai déjà commencé à explorer :

. Les arbres, et disciplines qui les étudient
. La bande dessinée
      Ex : José Roosevelt, Shaun Tan, Hideji Oda, Bilal, Neil Gaiman, Taniguchi, Nicolas Dumontheuil, Warren Ellis & Darick Robertson, Mathieu Gallié & Guillaume Sorel, Peeters & Schuiten, Aaron McGruder.
. La polyrythmie, et les percussions d'influence jazz
. Les jeux de rôle et autres jeux de société
      Ex : Nostra city, This war of mine, dead of winter, 51st state, Go, Bagh Chal (et autres jeux traditionnels), London 1888, gloomhaven.
. La psychologie, l'ethnologie
. La littérature
      Ex : Paul Beatty, Ryu Murakami, Emilie De Turckheim Peter Carey, Charles Bukowsky, Jack Kerouac, Jacques Abeilles, Reif Larsen, Dai Sijie, Ben Okri, Marie Desplechin, Dany Laferriere
. Affûtage, essences et sculpture.
. Cinéma, de Kitano à Lynch, en passant par Bilal et Spike Lee, art et essai, dont court-métrages et films d'animation (ex : Tokyo godfathers, Mind game, Cowboy bebop, Genius party).

Et dans la série ça-m'intéresse-mais-pour-l'instant-je-survole :

. Les haïkus
. Les énigmes
      Ex : site web "prise de tête", conception d'escape-games (j'en ai conçu un dans mon appart pour les 30ans d'un pote il y a un an), Les casse-tête.
. Vulgarisation scientifique (physique, mécanique, chimie), notamment "Bon sang j'ai du mal à me représenter les principes d'electromagnétisme et il va falloir que je les cerne mieux que ça pour fabriquer mon tapis à induction", ou "Comment je peux comprendre la transmission d'énergie dans le principe du bras de levier", ou encore, "Est-ce que quelqu'un aurait un moyen mnémotechnique pour retenir le tableau de Mendeleïev ? (optionnel)".
. Le réalisme magique, notamment les récits initiatiques, et les voyages, dystopies et uchronies
. Les formations nuageuses
      Ex : Combien pèse un nuage ?, Jean Pierre Chalon ; "Nom de d... pourquoi l'eu ne précipite pas malgré le niveau de pression athmosphérique ? publié aux éditions Seul dans ton délire"
. La compréhension des phénomènes orageux et leur chasse
      Ex d'ouvrages que je compte lire sous peu : La foudre, Claude Gary ; Doit-on craindre la foudre ?, Christian Bouquegneau ;
. La pratique de l'hypnose et de l'auto hypnose
. Schopenhauer, sur sa conception du non-binaire
. Les exercices de style
. La production d'énergies renouvelables et l'autosuffisance
. L'écoconstruction (plutôt dans la pratique)

Liste non-exhaustive, amenée à évoluer
Au plaisir de vous lire,
Cheers

Anachor3t3

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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Pango le Lun 19 Nov 2018 - 12:43

Bienvenue Anachor3t3,

C'est toujours un plaisir pour moi de lire une présentation si claire et détaillée.
J'espère que tu trouveras ici une personne avec qui partager tes centres d'intérêts.

Je ne connaissais pas la profession de technicien des arbres, ça a l'air passionnant au vue de la multitude des domaines abordés. J'ai appris un petit peu de biologie végétal durant mes années en Travaux paysager, c'est à peu près tout ce que j'ai retenu de cette formation, d’ailleurs.

J'apprécie le travail du bois et j'ai pour projet la fabrication d'arcs traditionnel. J'ai réussi à dégoter du robinier mais je dois avant cela me fabriquer un banc d'archer et trouver les outils adéquats (j'adore les vieux outils). Je suis donc en train de me renseigner avec les quatre volumes de "The traditional bowyer's bible".

Je possède l'oreille musicale d'un rocher de granit envoyé dans l'espace mais je suis curieux d'entendre ce que peut donner la batterie en tant 'qu'instrument mélodique doux'.

Je recherche un livre d'ethnologie qui présenterais des fonctionnements de sociétés différentes de nos valeurs acquises. Par exemple, j'ai récemment écouté une conférence TedX qui présentait une tribu sans repère gauche/droite. Ils utilisent uniquement des repères cardinaux. Et ont donc une représentation de l'écoulement du temps d'Est en Ouest ! C'est le genre d'information qui font ma journée.

Il y a une section 'j'aime les sciences', tu y trouveras certainement des références sur la vulgarisation scientifique si ce n'est déjà fait.

Voilà ! Au plaisir de te lire sur le forum.
Pango
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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Heldé le Lun 19 Nov 2018 - 23:30

Bienvenue à toi anachor3t3!

Il ne manque que ton numéro de Sécurité Sociale à cette présentation! Smile

Anachor3t3 a écrit: Affûtage, essences et sculpture.  

Voilà un des points qui a le plus attiré mon attention. Si tu pouvais en dire plus sur l'outillage utilisé, quel type de meule, quel type de gouge, etc...
Et quelles essences travailles-tu le plus souvent? Y'a t'il un thème d'inspiration en particulier pour tes sculptures?

@Pango
J'apprécie le travail du bois et j'ai pour projet la fabrication d'arcs traditionnel. J'ai réussi à dégoter du robinier mais je dois avant cela me fabriquer un banc d'archer et trouver les outils adéquats (j'adore les vieux outils). Je suis donc en train de me renseigner avec les quatre volumes de "The traditional bowyer's bible".
Le projet m'a traversé l'esprit également sans que je ne me renseigne davantage. Pourquoi utiliser du robinier en particulier?
Et quel genre d'outils adéquats te sont-ils nécessaires?
Heldé
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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Anachor3t3 le Mar 20 Nov 2018 - 19:58

@Pango

Merci, chaleureux tout ça !

Pango a écrit: des fonctionnements de sociétés différentes de nos valeurs acquises. Par exemple, j'ai récemment écouté une conférence TedX qui présentait une tribu sans repère gauche/droite. Ils utilisent uniquement des repères cardinaux. Et ont donc une représentation de l'écoulement du temps d'Est en Ouest !

Ok je vois, j'ai peut être un truc qui pourrait t'intéresser :

D'abord tu m'as fait penser à cette étude présentée au Collège de France sur les langues tambourinées d'Afrique Centrale, et quelques rites qui en découlent ; certaines langues orales possèdent de multiples tonalités qui permettent d'être reproduites sur deux instruments (nommés ê yi lenga = mère, et â ko lenga = époux), et de communiquer jusqu'à 12km, de préférence à l'aube pour que les sonorités portent plus loin.
Ref : https://www.college-de-france.fr/site/colloque-2008/symposium-2008-10-16-14h40.htm

Puis il y a les travaux culturalistes de Margaret Mead, notamment sur les iles Samoa et en Nouvelle Guinée Papouasie, qui lui ont permis de rendre compte du relativisme culturel, (ex :crise de l'adolescence, ou comportements féminins dits "doux" vs masculins "agressifs" ( ça se passe chez les Chambuli, les Mundugumor et les Arapesh).
Ref : « Adolescence à Samoa », 1928, et « Trois sociétés primitives de Nouvelle-Guinée », 1935, traduits et rassemblés en France sous le titre Moeurs et sexualité en Océanie, 1963, rééd. Pocket, coll. «Terre humaine », 1993

Dis moi si jamais tu connais déjà, et je n'ai pas vérifié si c'était encore publié...

@Déhèle
Yo!
tu veux pas mon Rib plutôt ?
J'affûte au touret à eau pour commencer quand j'ai l'élec, et sinon je refait le fil avec une pierre diamantée, de grain 300 à peu près.
Ensuite pierre japonaise, semi synthétique, Double face (avec le portrait du bad guy en bonus). J'en avais ramené une du japon, de grain 3000 et 6000,
(malheureusement disparue dans les soutes d'une compagnie low cost qui devait lorgner l'extracteur de jus dernier cri que j'apportais à un ingé en Afrique.)
Du coup maintenant j'ai une pierre japonaise 3000/8000 ou un truc comme ça, commandée sur le net. Mais ça fait quand même des miracles.

Je pense me faire des angles adaptés aux gouges un de ces jours pour gagner un peu de temps (elles vont de 9 à 46mm je crois, et l'incurvation est variable. plus deux burins et qq ciseaux).
Vu que je sculpte surtout pour des occasions (pour offrir), j'aime bien trouver des matériaux avec des couleurs particulières, ou des matériaux très denses.
(Couleurs : buis, cornouiller mâle, bourdaine, robinier... Récemment un ami m'a filé de la cytise, une vieille avec un très beau duramen!) il y a aussi un tronçon de liquidambar qui fait marcher les suspensions de ma voiture depuis un mois.
Je n'ai pas spécialement de thème, mais la prochaine fois ce sera un masque.
Tu t'intéresse au bois depuis longtemps ?

@Pango
J'ai lu un jour dans un bouquin qui s'appelle "Les arbres, entre visible et invisible", qq infos sur l'utilisation ancienne d'if pour les flèches d'arcs. Apparemment elles transperçaient des portes en chêne! D'ailleurs les archers anglais s'appelaient yew-men, ou un truc du genre.

Thanks for sharing.
Salud, y força el canud, comme disait ma catalane

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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Lainie le Mar 20 Nov 2018 - 20:15

C'est pour le moins... détaillé!

Du coup je vais faire contre-pied: bienvenue

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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Chrystared le Mer 21 Nov 2018 - 7:54

Bienvenue Anachor3t3 et Au plaisir renouvelé de te lire.

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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Invité le Mer 21 Nov 2018 - 10:59

bienvenue

un plaisir de lire le parcours et les centres d'intérêts variés et mis en oeuvre de manière pointue qui plus est :-)

fameux parcours en effet !

et cette capacité de création intelligente en même temps que de parcourir le monde et s'en abreuver, impressionnant

le contact avec la matière bois pierre peut être inspirant et façonner sa propre âme quelque part, on écoute le monde au travers de ses propres outils

mieux on les façonne

j'aime assez les communications non verbales, j'ignorais celle là mais connaissais un tout petit peu les communications entre vallées suisses et jurassienne , comme quoi les peuples ont su inventé les moyens les plus efficaces d'échanger sur longue distance

pour le smooth jazz , j'aime bcp mais je suis assez éclectique , je fais un peu de guitare et de synthé à mes heures perdues et d'harmonica aussi , assez mal , pas assez bien selon mon angle , enfin ça fait des notes et pas du bruit :-)

ya pas mal de vrais musicos ici en fait , moi je suis amateur parfois éclairé selon les humeurs et les jours lol

détective privé et bibliothécaire sont deux parcours que j'ai aussi envisagés, finalement quelque part je suis les deux sans l'avoir fait, je pense qu'on garde ce qu'on est en soi

j'adore les livres et je fais de l'enquête permanente ou de la recherche dans certains domaines précis dont l'ufologie, même techniques, même rigueur, même absence de rigueur innovante, la fameuse intuition des enquêteurs

j'ai toujours trouvé ça fun

bref

bienvenue ici :-)




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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Pango le Mer 21 Nov 2018 - 15:37

@Déhèle :
Je t'ai répondu par MP.

@Anachor3t3:
Merci pour ces références, je les aient trouvés. Je vais jeter un œil, je t'en dirai des nouvelles.

Apparemment elles transperçaient des portes en chêne!
Oui et ils prenaient aussi les français pour des portes en chêne...
J'ai déjà entendu le terme de yew-man dans le livre "L'histoire de l'archery de R. Roth".
Un "archer" en vieux français c'était un "archier", oui, c'est pas la même classe et ça en dit long sur nos capacités militaires d'alors...
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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Heldé le Jeu 22 Nov 2018 - 20:42

Anachor3t3 a écrit: Tu t'intéresse au bois depuis longtemps ?  

J'ai toujours eu de l'attrait pour cette matière et la travailler est un passe-temps qui m'est très agréable. Notamment sur mon tour à bois. Tu comprendras alors en quoi j'ai tilté sur les trois mots cités dans mon message initial.

L'affûtage de mes gouges est une étape qui reste délicate et je suis à l'affût ( Smile ) de la moindre info qui permettrait de faciliter cette étape, chose faite avec la pierre japonaise. Faut que j'essaye.
Tout comme toi, j'ai en tête de me faire des gabarits pour optimiser l'aiguisage.

Outre le tour à bois, j'ai dégoté un combiné que je dois mettre en place. De quoi faire quelques copeaux supplémentaires et me lancer dans des projets plus conséquents.

Anachor3t3 a écrit:  il y a aussi un tronçon de liquidambar qui fait marcher les suspensions de ma voiture depuis un mois.

Smile. Système D, bravo. Quelle pièce ce morceau de bois a t'il précisément remplacé?
Les liquidambars sont splendides en ce moment.
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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Anachor3t3 le Ven 23 Nov 2018 - 1:07

@Déhèle

Déhèle a écrit:Les liquidambars sont splendides en ce moment.
Oui, merci de ta sensibilité, et les chênes rouges également, ces jours derniers...

Littéralement on m'a filé une bille de liquidambar qui trône sur le siège arrière. Je te dis pas l'inertie quand le feu vire orange au dernier moment, mais je vais trouver ou le stocker...
Ce que tu dois ronronner avec un tour à bois. Ivresse ... un collègue en a trouvé un d'occas pour pas grand chose récemment, sur lbc.

Pour le combiné je t'envie sincèrement, tu l'as acquis pour une somme raisonnable, si ce n'est indiscret ? pour quelles fonctions ?
J'ai un projet avorté dont j'avais fait les dessins pour une asso, il s'agissait de modèles de trônes et de charrettes, dont on aurait fait la structure, avec un gars qui était motivé et possédait un combiné, puis d'autres artisans (forgeron, maroquinier). c'était un projet de partage de savoirs qui me tenait à cœur et qui s'est finalement réalisé un an après mon départ anticipé.
Tu aimes faire un type de pièce en particulier ? J'ai rencontré un collectionneur-tourneur une fois en Haute-Marne, dont l'atelier était une caverne d'Ali baba ; il gardait même une myriade de marteaux dont j'ignorais l'existence, dont des marteaux uniques de gardiens forestiers, avec les poinçons...


Pango a écrit:
Un "archer" en vieux français c'était un "archier", oui, c'est pas la même classe et ça en dit long sur nos capacités militaires d'alors...
Une pointe (d'humour) percutante. Smile Tu t'intéresses aux stratégies militaires ?
Je ne suis pas calé sur le sujet mais je crois que les yew-men ont persisté quelques temps grâce à leur précision à l'arrivée de la poudre non ?

Je suis curieux, de même que Déhèle, de savoir pourquoi tu as choisis du robinier pour les arcs ; ça me semble manquer d'élasticité non ? peut être sur un aubier plus tendre ? Il paraît que le collage d'aubier et de duramen d'If produit de bons effets mécaniques en compression et en tension, mais je ne sais plus dans quel sens. L'aubier en compression peut être...
En tout cas, effectivement : que vivent les vieux aciers.

@ZZebulon

Enchanté,

quelle est la particularité des communications entre vallées suisses et jurassiennes ?

Tu as des morceaux ou un style phares quand tu joues ?
Pour ma part je pense à me trouver ma propre loop station quand le budget le permettra, vu qu'écrire une partoche de batterie c'est pas l'idéal...

ZZebulon a écrit:détective privé et bibliothécaire sont deux parcours que j'ai aussi envisagés, finalement quelque part je suis les deux sans l'avoir fait
Est-ce un indice qui permet de deviner ton métier ?

Quelles sont les zones qui attirent ton attention dans de domaine de l'ufologie ?
Que penses-tu de l'Exoconférence d'Alex Astier ? Ce sujet me titille toujours de loin, mais je n'ai pu entendre récemment qu'une émission de Nicolas Martin là dessus (Les idées claires). Sans émettre d'avis personnel, je me garde une zone d'ouverture d'esprit.

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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Heldé le Sam 24 Nov 2018 - 15:59

Anachor3t3 a écrit: Littéralement on m'a filé une bille de liquidambar qui trône sur le siège arrière.  
Ok, les suspensions de ta voiture sont sollicitées par la bille de liquidambar. En mode mécano en ce moment, j'ai imaginé (bien que difficilement) un morceau de bois sur une suspension en guise de réparation de fortune. Je comprends mieux! Smile
Que vas-tu faire de cette bille de liquidambar?

Anachor3t3 a écrit: Ce que tu dois ronronner avec un tour à bois. Ivresse ... un collègue en a trouvé un d'occas pour pas grand chose récemment, sur lbc.
C'est exactement ce que j'ai fais quelques années en arrière pour le dégoter 50€ avec six gouges. Ce n'est pas de la top qualité et très vite limité d'ailleurs comme matériel mais ça m'a permis de mettre le pied à l'étrier et de me faire la main. Faut que j'évolue désormais mais c'est coûteux comme investissement.
Le tournage sur bois est un passe-temps savoureux et une mise en éveil des sens. Le temps s'arrête dès lors que le tour se met en route.
Anachor3t3 a écrit: Tu aimes faire un type de pièce en particulier ?
Je fais surtout dans le pratique plus que dans l'artistique. Je tourne des manches d'outils, des jouets pour amuser les gosses, des tire-bouchons et décapsuleurs pour les copains, des moulins à poivre, etc... J'ai fait récemment un pion de centrage pour embrayage, un outil pour caler les satellites d'un différentiel ou encore des entretoises de moyeu pour réparer la roue d'une des trottinettes de l'école du village. Joindre l'utile à l'agréable en somme.
En ce moment, je suis dans ma phase "poignées de portes". Smile  

Tu as déjà eu l'occasion d'essayer?

Anachor3t3 a écrit: Pour le combiné je t'envie sincèrement, tu l'as acquis pour une somme raisonnable, si ce n'est indiscret ? pour quelles fonctions ?  
Plus que raisonnable puisqu'il ne m'a coûté que l'emprunt d'un camion à un tiers pour le ramener à mon atelier ainsi qu'une chaleureuse bise donnée à son ancien possesseur qui est une copine ébéniste (ce qui fut un plaisir de plus dans cette aubaine). Smile
Après avoir dompté la bête, je compte bien à terme pouvoir me fabriquer mon propre mobilier ou celui des proches. Je me suis déjà fait un canapé en chêne massif avant d'avoir ce combiné alors l'espoir est permis maintenant que je suis un peu mieux équipé. Mais sans être présomptueux, je suis très loin de maîtriser.    

Anachor3t3 a écrit:J'ai un projet avorté dont j'avais fait les dessins pour une asso, il s'agissait de modèles de trônes et de charrettes, dont on aurait fait la structure, avec un gars qui était motivé et possédait un combiné, puis d'autres artisans (forgeron, maroquinier). c'était un projet de partage de savoirs qui me tenait à cœur et qui s'est finalement réalisé un an après mon départ anticipé.
Voilà tout à fait le genre de projets dans lequel j'aimerais m'investir à titre perso, ce genre de projets où les talents/compétences se conjuguent dans un but collectif et louable. Je comprends ton désarroi d'avoir manqué cette belle occasion.
Quel genre d'association est-ce?
Tu maîtrises le dessin technique?
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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Pango le Dim 25 Nov 2018 - 14:08

Tu t'intéresses aux stratégies militaires ?
J'ai lu "l'histoire de l'archerie de R.Roth" mais ça s'arrête là car je chope des passions comme on chope la peste.
De ce que j'en ai lu les techniques militaires françaises se sont résumées pendant longtemps à : "Gloire à Dieu" suivi d'une charge où toutes la noblesses françaises périssaient (héroïquement).

Je ne suis pas calé sur le sujet mais je crois que les yew-men ont persisté quelques temps grâce à leur précision à l'arrivée de la poudre non ?
Il est vrai qu'un archer comportaient beaucoup d'avantages comparés aux premières arquebuses. Les départs à la retraite (anticipé) n'ont donc, la aussi, pas été remplacés. Ces dernières ne nécessitant pas les années d'entrainement requises à son utilisation.
Les archers ont tout de même gardées un rôle dans la défense civile des villes lors des sièges ce qui à donné la création des guildes d'archeries.

Je suis curieux, de même que Déhèle, de savoir pourquoi tu as choisis du robinier pour les arcs ; ça me semble manquer d'élasticité non ?
Tous type de bois peuvent être utilisés pour la facture d'arc (mise à part la plupart des résineux, quoi que...c'est une question de technique), il faut cependant adapter le design à celui-ci. Un dos (la partie la plus éloignée de l'archer) arrondie en respectant une cerne de croissance choisie sur toute la longueur, ventre plus large que le dos.

Il est assez facile à trouver, possède un tronc droit quasiment sans noeuds, est durable dans le temps et est grave sexy (des reflets dorés au soleil). Il est considéré pour être le "professeur des facteurs d'arcs" car s'il est mal réalisé (design, équilibrage) il cassera sans autre forme de procès.

Il paraît que le collage d'aubier et de duramen d'If produit de bons effets mécaniques en compression et en tension, mais je ne sais plus dans quel sens. L'aubier en compression peut être...
Je n'ai pas lu grand chose sur les arcs composites, ils nécessitent plus de matériels et un savoir différent comme la fabrication de la colle (quitte à tout faire sois-même).

Si mon projet avance, je créerai un sujet sur la facture d'arc. Pour l'instant je dois me fabriquer un banc d'archer et me trouver une plane plate digne de ce nom ainsi que...du temps. Arf ! Je ne suis pas un grand bricoleur mais quand on commence à travailler le bois on ne s'arrête plus !
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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Anachor3t3 le Mer 28 Nov 2018 - 17:21

@Pango
" "Gloire à Dieu" suivi d'une charge où toutes la noblesses françaises périssaient (héroïquement)."

Le prologue de "Dragons" de Marie Desplechin devrait de plaire.

"Il est assez facile à trouver, possède un tronc droit quasiment sans noeuds, est durable dans le temps"

Super je comprends mieux, ainsi que pour la rupture. Un jeune axe est à choisir de préférence il me semble, Tu as des infos sur les préférences du diamètre de l'arbre vivant ?

"cerne de croissance choisie sur toute la longueur, ventre plus large que le dos "

 Ça me fait penser qu'un jeune arbre qui compense son inclinaison pour reprendre la verticale va produire du bois de tension, et donc des cernes plus larges sur la zone courbée ( partie supérieure, tournée vers le ciel) : ça pourrait faire des propriétés mécaniques intéressantes vu ce que tu dis...

"une plane plate digne de ce nom ainsi que...du temps"

Je comprends, je suis en déplacement depuis lundi sur Paris pour des diag, donc aux oubliettes les créneaux...

@Déhèle
"En mode mécano en ce moment, j'ai imaginé (bien que difficilement) un morceau de bois sur une suspension en guise de réparation de fortune. Je comprends mieux! Smile
Que vas-tu faire de cette bille de liquidambar? "

Je vais faire un ou deux masques. Dans un style afro-japonais si je m'en sors, et peut être du genre palindromique. J'avais besoin d'un surface tengentielle assez large, longue et épaisse .

Tu veux remplacer quelle pièce par du bois ? C'est  intriguant Smile j'ai rencontré cet été un adepte de la mécanique qui serait aussi interessé par cette approche.

"J'ai fait récemment un pion de centrage pour embrayage, un outil pour caler les satellites d'un différentiel ou encore des entretoises de moyeu pour réparer la roue d'une des trottinettes de l'école du village".

Je kiffe bien tes idées... ça me fait penser que je pourrais rendre mes éducateurs plus utiles tiens. Ce serait cool un fablab pour partager tout ça, sans y perdre en indépendance bien sur!

"Mais sans être présomptueux, je suis très loin de maîtriser."

Je ne trouve rien de présomptueux dans ce dont tu parles. Je ne souhaite pas l'être non plus vu ma faible productivité. De même piur te repondre, e n'ai jamais eu l'occasion de faire de tournage.

"Quel genre d'association est-ce?
Tu maîtrises le dessin technique?"

C'était une association qui faisait du lien social via la restauration d'un chateau en ruines avec une chapelle, des douves... et via des animations, d'où mes propositions de travailler le bois, fabriquer des plateaux de jeux de société traditionnels, des jardinières mobiles un peu atypiques et adaptées aux personnes à mobilité réduite, des étagères suspendues. J'ai aussi pu faire des bacs pour permaculture, un xylophone avorté en paduk et bambou pour un gamin du sessad (ne manquait plus que le cordage, mais on m'a poliment demandé de faire des trucs plus rapides et collectifs). Beaucoup de récup de la tempête de 99 et autre, de la couverture, de l'isolation terre paille, de l'arase... Ça payait pas mais j'étais bien riche...

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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Heldé le Ven 7 Déc 2018 - 22:03

Tu veux remplacer quelle pièce par du bois ? C'est  intriguant Smile j'ai rencontré cet été un adepte de la mécanique qui serait aussi interessé par cette approche.
Au niveau des suspensions, j'imaginais assez facilement ledit "tronçon" faire office de biellette par exemple.
Je fais un grand pont mais l'idée de faire une maquette de moteur en bois m'a déjà traversé l'esprit (équipage mobile + soupapes + arbre à cames) ... Bien d'avis moi-même que son seul intérêt serait le simple plaisir de faire et que le temps à y consacrer serait conséquent mais ça me plairait.

Je kiffe bien tes idées... ça me fait penser que je pourrais rendre mes éducateurs plus utiles tiens.
Y'a pas de postes vacants ^^ ??

C'était une association qui faisait du lien social via la restauration d'un chateau en ruines avec une chapelle, des douves... et via des animations, d'où mes propositions de travailler le bois, fabriquer des plateaux de jeux de société traditionnels, des jardinières mobiles un peu atypiques et adaptées aux personnes à mobilité réduite, des étagères suspendues. J'ai aussi pu faire des bacs pour permaculture, un xylophone avorté en paduk et bambou pour un gamin du sessad (ne manquait plus que le cordage, mais on m'a poliment demandé de faire des trucs plus rapides et collectifs). Beaucoup de récup de la tempête de 99 et autre, de la couverture, de l'isolation terre paille, de l'arase... Ça payait pas mais j'étais bien riche...
Je m'étais positionné dans le cadre d'un SVE sur un projet semblable près de Berlin et je regrette de ne pas l'avoir fait. Cette expérience (bénévole) m'aurait enrichi sans nul doute.

--------------------------


Je compte replanter (alors que ce devrait déjà être fait) un frêne de deux ans et j'aurais voulu avoir conseils et recommandations (météo, phase lunaire, préparation du sol, etc...). Si non, c'est pas grave. Smile
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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Anachor3t3 le Sam 8 Déc 2018 - 10:52

@ Déhèle
" rendre" mes éducateurs plus utiles"
Sacré correcteur, je voulais dire "mes écarteurs " mea culpa

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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Anachor3t3 le Sam 8 Déc 2018 - 11:39

Tu veux planter le frêne depuis quelle situation vers quelle autre (sol, relief, climat/localisation approximative dans le pays) ?

Il lui faut un sol bien frais et un peu aéré (argilo-limoneux, pas sableux). C'est du costaud, la tolérance à l'humidité du sol est élevée, ils sont à l'aise lorsqu'ils sont à proximité des cours d'eau avec pas mal de lumière. Il tolère qd même de l'ombrage dans ses premières années, mais il craint la sécheresse et les vents déssechants, du coup faudra l'arroser un petit peu quotidiennement en saison "verte" (un peu avant le printemps car les arbres se préparent bien avant que les feuilles soient là) s'il n'a pas de nappe permanente toute proche ou de pluie.
Puis, toujours dans le cas de saison plutôt sèche, il faudra, genre dans 3ans, l'arroser un peu plus abondamment mais moins fréquemment pour pousser son puissant système racinaire à se déployer.

Il n'aime pas les gelées de printemps mais pousse très bien dans l'Est malgré le froid. Attention aux zones où les frênes tombent malade (chalarose).

Est-ce qu'il a poussé naturellement, été semé, ou est-ce un plant qui vient d'une pépinière ? Est il en pot actuellement ? Si oui quel est le volume ?

Si tu me donnes les infos sur sa provenance et ses conditions actuelles je pourrai compléter ça avec plaisir.

Tchuss

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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Anachor3t3 le Sam 8 Déc 2018 - 11:54

J'oubliais pendant que j'y pense : quand il va se mettre à pousser après sa reprise, évite les tuteurs, (Sauf à la rigueur, si le vent est vraiment fort chez toi : une bande de caoutchouc souple, préventive, qui passe autour de trois tuteurs plantés en triangle), ceci pour que ton frêne subisse les flexions quotidiennes dues au vent, de même qu'on imagine facilement ce qui se passe lorsqu'on grandit avec une attelle ou que notre croissance osseuse commence sur la lune avant de connaître la rudesse de la gravité.
Mais tu le sais peut etre déjà et en ce cas, mes excuses ma précision te sera inutile.

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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Kriminelle le Mar 11 Déc 2018 - 4:09

Pfffooouuuiiii dis donc.

Désolé j'ai pas tout lu... Manque de courage.

Alors je te fais un grand

BIENVENU
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Re: Introducing Les Invisibles

Message par Heldé le Sam 15 Déc 2018 - 0:34

@ Anachor3t3

Merci de ta contribution tout d'abord.

A la base, j'ai planté un rameau au printemps 2016 dans un parterre de terre végétale. Au cas où ça pousserait ^^.
Parterre paillé qui a permis de limiter les effets de la sécheresse de cette année.
Apport régulier de matière organique et fumure au fumier de cheval à l'automne.

L'idée est de le transférer dudit parterre et de le planter auprès d'autres frênes existants.
Localisation : massif du Morvan, Bourgogne.
Sol argileux assez pauvre, peu profond (15/20cm) et PH acide. Roche-mère granitique.
Climat continental avec influence océanique (précipitations = 1200 mm)
Altitude : 330m

Indicateur de (bonne) croissance: 1m80 de hauteur et diamètre de tronc à la base de 30mm.

M'avertir si besoin de complément.

Merci encore en attendant!
Heldé
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hors catégories

Message par MalineMaline le Dim 23 Déc 2018 - 12:02

wouha ! merci !
Frérot, j'apprécie la longueur en bouche, la complexité, la suavité, la générosité, la solitude terrible de cette dentelle dont l'auteur, je présume, sait n'avoir pas besoin de subir un test pour comprendre qu'il n'entre dans aucune catégorie...

Et sinon, d'un mot, tu m'éclaires soudain sur ma propre frustration face aux sciences : "exploratoire"... Tellement plus excitant que le rabâché "parce que c'est comme ça" scolaire qui m'a privée d'exercer mon sherlockisme sur tout un versant de la connaissance humaine.
(– Les sciences, les maths, c'est comme ça. 1+1 font 2 c'est comme ça.
– Pourquoi?
– Parce que. D'autres questions ?)

Et tu connais sûrement ça (écrire sur youtube:) Willy Wonka w/drums (J'ai pas le droit de poster des liens externes ici)


Dernière édition par MalineMaline le Dim 23 Déc 2018 - 12:47, édité 5 fois (Raison : compléter)

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Re: Introducing Les Invisibles

Message par siamois93 le Dim 23 Déc 2018 - 15:21

Bonjour.
Ce livre sur un forestier t’intéressera peut-être : http://www.editions-tredaniel.com/le-genie-de-viktor-schauberger-p-1627.html

Oui explorer c'est bien, j'aime bien ça moi aussi.
siamois93
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http://taijiquan.neuronnexion.fr

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