Trop d'empathie nourrit-il mon nombril ?

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Trop d'empathie nourrit-il mon nombril ?

Message par AnaSoul le Sam 3 Nov 2018 - 11:09

Bonjour à tous,

Je sens un marasme mental avec ce putain d'hiver qui approche. Y'a les vieux reflux de la dépression qui remontent et le cerveau en mode cogit'a'fond qui commence.
Je vous fait part d'un (ouais juste un sinon je pourrirai le forum) de mes questionnements.
J'ai fait la connaissances d'un groupe de zèbres hypersensibles et adorables. La personne à l'origine de nos rencontres et qui assurait cette cohésion est parti de la région. On s'est pas vu assez souvent en groupe pour se serrer les liens plus que ca. Donc Bon, on se voit plus.
Je passerai le débat : il ne tient qu'à moi de relancer une invitation etc ...
Lors de ces rencontres, j'ai compris et touché du doigt ce qu'est "avoir quelques échanges sans masque, et avec des codes de langage partagé"
parce que bon, soyons honnêtes, moi avec les neuro-typiques (que j'envie , ben oui, je l'avoue moi je les envie), je comprends que dalle. Il se passe pas un quart d'heure sans que je me dise "merde, pourquoi ils rient là ?" "merde pourquoi j'ai l'impression que le sujet de conversation a glissé et que j'ai raté l'évidence de ce glissement.." "merde, ils parlent de choses normales et sensées et moi je m'en fous... aller rebranche toi" "merde, il/elle attend de moi une réaction mais laqueeeeeelle !!? help"

qu'est-ce qu'il en ressort ? Ben que j'en ai rien à foutre des autres ? non, bien que j'en a rien à foutre de leurs conversations. Et ça me peine terriblement parce que les personnes, elles, comptent pour moi.

de ces moments passés avec ces quelques zebres, il en est ressort que j'ai une empathie énorme même pour un zèbre (a ce qu'il parait)
résultat, je ressens beaucoup de choses et comme beaucoup je vois dans les groupes normaux-pensants, les discussions se profiler d'avance. (bon alors là lui il va partir sur tel sujet, et elle du coup elle va nous faire sa grande scène, du coup lui va intervenir et se renfrogner et moi je suis sencée faire quoi dans cette pièce de théâtre ?)
et franchement, à ressentir tant et tout le temps, je sature tant et tant que j'arrive plus à être à l'écoute des gens. C'est trop ! trop d'émotions, trop de sentiments trop de sensation. J'étouffe et je n'arrive plus à m'entendre. et comme le cérébral y va de son petit coup, j'analyse bien sur en permanence et cherche une solution mais yen a pas.. puisque plus tu veux maitriser le bazar, plus tu perds ton naturel et plus ça se voit. résultat : m'écouter est une obsession sinon je suis noyée dans l'autre et il en découle une diarhhée verbale que j'excècre. Je me vois parler parler de l'exterieur à une vitesse dingue pour mon interlocuteur qui est barbé en 2 secondes 3/4.
du coup besoin d'aller dans ma "grotte" désaturer" pour avoir à nouveau la possibilité d'etre en contact et hop on rebranche le circuit pour un tour !

alors moi, je me demande.. est-ce possible d'avoir trop d'empathie ? et si oui, est-ce qu'à trop percevoir, ressentir, sentir je ne suis pas coupée des autres . finalement.
Paradoxal .. hein ?
Mais à part m'isoler je n'ai pas de solution. Et parfois ce besoin d'isolement survient d'un coup. Pendant un diner, ou une conversation entre pépette ... et là, j'étouffe tellement ... en plus j'ai un visage ultra expressif j'arrive pas à le cacher. pourtant j'essaie, je vous jure ! Mais je suis démasquée "ah ben dis-le si je te soûle ? - heu non, non ..." tu te sens con sauf que le décalage est là et impossible de rattraper le coup, t'es casée dans les "bizarres"
Je me sens handicapée

Alors oui, j'ai entendu parler de la gestion des émotions. mais tout ça c'est du contrôle de soi. Ca me demande une énergie dingue au quotidien. Parce que ce filtre qui fait que les stimuli extérieurs sont atténués ben, si tu l'as pas, ben tu 'las pas.... gérer ses émotions, ça n'est que gérer la conséquence de cette arrivée massive et débordante de sensations. Mais ça empêche pas cette arrivée, qui submerge et parfois me noit. Du coup, nombril ??? je suis sur ces peurs, douleurs joie et c'est pas les miennes et elles m'inondent et me coupent de moi. Et je suis tellement centrée pour me retrouver dans cette enveloppe qui n'est pas la mienne que je me trouve très axée sur mon nombril sauf que .... je vois pas d'autre option !

et d'ailleurs quand je relis ce que je vous écris, je vois "mon nombril mon nombril et encore mon nombril"

Moi j'en souffre énormément et j'ai 41 piges ..
si je vous dis qu'avant c'était pire sauf que j'avais l'air plus sociable. avec les années, ma réserve d'énergie baisse et mon insertion sociale aussi.

J'aimerai avoir des phrases toutes faites à dégainer selon les situations... ca me ferait économiser tellement de stress et puis au moins je participerai comme il est socialement convenu. J'alimenterai le moulin du monde qui est fait de beaucoup de normaux pensants, certes mais aussi d'atypiques.

On m'avait dit "tu verras avec les années, on gère plus facilement les émotions." Mon oeil !!! Ca ce'st du blabla pour nous endormir. Je vois auucne différence sauf si je m'anesthésie mentalement et là c'est dépression.
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Re: Trop d'empathie nourrit-il mon nombril ?

Message par 3615chuna le Sam 3 Nov 2018 - 11:26

Ben on arrive à mieux gérer ses émotions si on apprend comment...

Je ne suis pas certaine que ça existe "trop d'empathie". Une très forte sensibilité oui. Et une très mauvaise gestion des émotions pour sûr (moi c'est plutôt ça).
L'ennuie avec les autres, c'est un autre problème (plus compliqué à gérer il me semble, ou alors aborder la relation autrement, en s'imaginant dans un labo en train d'observer le comportement des êtres vivants en face, ainsi que le mien. Moi ça marche à peu près).

Pour ce qui est de la gestion des émotions, je sais pas trop comment qu'on y arrive.
Ma psy a réussi ce tour de magie avec moi, sans que je comprenne trop comment.
Enfin j'ai quelques théories. M'amener vers l'émotion, m'accompagner, me rassurer, m'aider à l'accueillir, et me ramener. Désormais, j'y arrive à peu près toute seule.
Mais c'est loin d'être terminé.

M'enfin, c'est une piste.
Si tu es mal dans ta peau, ta vie, ou les autres, ou quoi que ce soit, franchement, on n'a qu'une vie, et une aide extérieure c'est pas un aveu d'échec.
Et c'est pas pasqu'on n'est pas au fond du trou qu'on n'a pas le droit de demander de l'aide pour être un peu plus heureux...
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Re: Trop d'empathie nourrit-il mon nombril ?

Message par AnaSoul le Sam 3 Nov 2018 - 11:41

Salut Chuna

merci pour ton message
J'ai fait appel à de l'aide. Je suis suivie par une psy depuis plus de 10 ans. J'ai meme été suivie par un psychiatre avec traitement ... je me suis juste tranformée en zombie mais qui ressentais toujours beaucoup donc j'ai arreté le traitement.

Je continue à chercher mais ce flux d'émotion intense qui arrive comme un tsunami
pffffffff
c'est fatigant ...

raconte moi tes progrès si tu es d'accord ?
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Re: Trop d'empathie nourrit-il mon nombril ?

Message par Invité le Sam 3 Nov 2018 - 12:46

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Dernière édition par ZeZebulon le Dim 4 Nov 2018 - 13:04, édité 1 fois

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Re: Trop d'empathie nourrit-il mon nombril ?

Message par 3615chuna le Sam 3 Nov 2018 - 12:52

En fait, je sais pas trop comment expliquer...
J'ai eu des trucs dans l'enfance qui ont fait que j'ai eu une espèce de fractionnement de ma personnalité, avec un côté adulte mature, et l'autre petite fille éternellement perdue. La petite fille prenait le dessus à la moindre émotion un peu forte, et ça partait en larmes. Et si on poussait trop, yavait plus personne, plus aucune émotion.
Du coup avec la psy, on a travaillé à laisser sortir ces émotions; s'en est alors venue une période où j'étais à fleur de peau. Où tout me faisait pleurer rire, de manière décuplée à avant. Puis c'est redevenu plus acceptable.

Et c'est pas un mal. Je suis prof, et j'ai régulièrement affaire à la misère affective de certains élèves. Se prendre tout ça dans la face, c'est compliqué, donc faut apprendre à se protéger, ce qui n'est pas évident. Mais ça marche désormais plus ou moins bien.
Il est compliqué encore des fois de comprendre ce qui vient de l'autre, ou ce qui vient de moi.
Oké, les émotions des autres sont contagieuses, mais ya aussi le fait que des fois, ça fait résonner en nous des souvenirs douloureux, et donc notre réaction est disproportionnée car il y a un espèce d'écho.

Donc je crois que dans ce genre de situation, faut réussir à trouver un moment d'apaisement pour se demander pourquoi.
Pourquoi ça me touche, pourquoi ça fait mal.

Mine de rien, ya plein de pensées parasites, si on s'arrête deux secondes pour s'écouter, qui nous amènent à avoir ces émotions pas forcément pertinentes dans la situation.
Et ça, j'ai mis un temps fou à l'admettre.

Je pensais que ces émotions étaient "justifiées", parce que l'autre, mais des fois, que néni, ça vient de moi, et moi seule.
Et comprendre pourquoi, ça m'aide à m'apaiser.

Je me méfie de mon intuition, je me méfie de cette confiance que je lui accordais jusqu'à présent. Je sais que je suis faite, comme tout humain, de bric et de broc, que je continue à évoluer, et que tout ça, ça brouille des fois mes ressentis.
Donc écouter ses ressentis, ses émotions, et ensuite tenter de les rationaliser.

Après, voilà, c'est ma façon à moi, rationaliser.
Je sais pas comment qq1 d'intuitif peut faire...

Un point que je souligne, mais j'espère le faire avec tac (mais c'est pas ma spécialité, donc ne le prends pas mal si jamais Embarassed ) : 10 ans de thérapie, ça me parait terriblement long... Surtout pour un résultat qui semble être modéré. Quelle est la formation de la personne ?
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Re: Trop d'empathie nourrit-il mon nombril ?

Message par Fleur de Lotus le Sam 3 Nov 2018 - 13:39

Je me retrouve totalement dans ce que tu dis Zezebulon, même si j'ai énormément de mal à te lire car je suis très sensible à la construction "graphique" du texte, avec la ponctuation, etc, et je suis obligée de prendre sur moi pour te lire (c'est une simple information, rien de personnel). Je trouve que tes deux vidéos sont en effet très pertinentes.

Et pour te répondre Anasoul, j'ai eu le même problème que toi (que j'ai dépassé en m'occupant de mes 5 enfants sur une période de 25 ans, puis ensuite en passant par le jeu vidéo, un MMORPG) et il ne faut pas culpabiliser d'avoir cette empathie, on a bien assez de trucs à se reprocher sans aller rajouter celui là ! Aujourd'hui, je joue le jeu social en l'effleurant, juste assez pour passer pour "la nana super enjouée, toujours en forme, marrante et sur qui on peut compter", je profite des relations avec les jeunes (mes étudiants) pour étancher mon besoin de connexion, je continue à jouer (beaucoup d'atypiques font du RP) pour vivre ces émotions dont j'ai besoin, je viens ici pour avoir des conversations qui font cogiter.... et je continue de croire à une nouvelle rencontre qui comblera ce besoin sentimental dont j'apprends encore à ne pas avoir honte.

Je suis aussi en accord avec Chuna sur le fait qu'il faille apprendre à différencier les émotions qui sont en réaction à l'environnement ("à cause de l'autre" donc) et celles qui nous sont personnelles, réminiscences du passé ou traces inconscientes, qui nous emmènent parfois dans une tornade ingérable. Quoique je dirais, j'y pense là, qu'on est toujours dans la tornade. Quand tout va bien, on se trouve sur l'épicentre et tout baigne, et il suffit d'un mouvement inadéquat pour quitter cet épicentre et se retrouver pris dans la tourmente. Ce qu'il faut réussir à faire, c'est donc se retrouver sur l'épicentre, c'est à dire se recentrer, ce qu'explique Chuna.

Donc, en conclusion, rien à changer, mais trouver l'épicentre, l'accepter et s'y tenir.
C'est ce que je fais en écrivant, je le comprends en écrivant, juste là.
Courage.
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Re: Trop d'empathie nourrit-il mon nombril ?

Message par Bimbang le Sam 3 Nov 2018 - 15:21

Je crois que la notion de "perfection" est quelque chose trop présente parfois et qu'elle est à la base de beaucoup de problèmes.

On voudrait vraiment participer pleinement aux interactions sociales car on se dit que c'est ce qui "devrait" être (ce qui se fait parfois d'ailleurs avec un petit nombre de personnes, et donc que l'on recherche par dessus tout).

Mais comme on "voit bien" les autres, comme on détecte rapidement les fausses vérités, on taxe de "mensonge" ce qui n'est en fait qu'un jeu sociétal, et on lui donne une connotation péjorative. Et de fait, on s'en exclue, puis on se culpabilise.

La première façon de procéder est de prendre ce qui vient sans "colorer" les choses, ne pas y mettre de jugement de valeur. Ensuite on peut y jouer comme on se prête à jouer avec un enfant, juste pour en retirer de la joie, pour soi et pour les autres.
On peut tout à fait, comme Fleur de Lotus "jouer" une interaction sociale, et ce jeu là a réellement un intérêt.


Ensuite pour les émotions, sujet que je bosse depuis que je suis sur le forum et qui est compliqué, et aussi compliqué à exprimer.

Une difficulté vient du fait que l'intensité des émotions est perçue comme dangereuse. Je pense qu'il faut apprendre à les accueillir telles qu'elles viennent et ne pas chercher à les empêcher.
Une autre difficulté est de la percevoir en tant que telle, sans l'amalgamer à un raisonnement. (c'est de sa faute.. mais pourquoi j'ai fait ça ?... etc)

Une fois qu'elles sont là, on peut avoir deux attitudes (y en a peut être d'autres, mais ce sont les seules que j'ai trouvées).

- la détecter et l'évaluer, puis la regarder en face et la laisser passer en tant qu'émotion.
La déconstruire en fait : J'ai de la colère, mais je la détache des faits qui l'ont générée pour la traiter en tant que telle. Puis une fois qu'elle est passée, parce qu'elle passe vraiment si on la regarde sans y cotiser, quand on se "détache" en fait.
Puis, on peut régler les problèmes qui l'ont générée de manière plus saine. Sans tout embrouiller.
Je dirais que c'est la technique du boss qui veut gérer sainement son entreprise. On découpe les phases, et on les traite séparément.

- la détecter et la faire évoluer en autre chose.
C'est ma technique habituelle (et surtout instinctive parce que je n'avais pas trouvé l'autre). Je la fais monter, je l'amplifie via une musique, un souvenir hyper-émotionnel, je la fais monter jusqu'à l'explosion pour bénéficier de l’apaisement qui suit.
Parfois, j'arrive à faire dériver une colère en grande tristesse ainsi, et j'arrive mieux à la contrôler. Le but, c'est de prendre le contrôle. De la nourrir avec ce que l'on choisit, consciemment, et d'en prendre le contrôle. C'est mon bidouillage maison en quelque sorte ^^
Je n'ai jamais imploser en vol, il faut se rassurer là dessus. Ce sont des moments intenses, mais il ne faut pas en avoir peur.
C'est lorsqu'on en a peur, qu'on ne veut ne pas vivre ça, qu'on fait perdurer les blessures.

Et puis, il y a un paquet bonus à l'arrivée ^^
Il y a cette phase d'apaisement qui est aussi une phase de questionnements et de recherche sur soi-même, sur le monde. De résilience aussi. Ce qu'on ressent après une phase de stress intense. Une période d'hyper lucidité qui m'a fait comprendre beaucoup de choses.
Du coup, même si la technique est plutôt "chelou" de base, je la préfère à l'autre qui me semble moins "humaine".
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