L'histoire de Petit Pierre.

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par jolindien le Mer 14 Nov 2018 - 6:08

Nous jugeons notre passé à la lumière de notre présent souvent,
et nos souvenirs sont juste des reflets de ce passé,
l'expérience n'est jamais une erreur sauf pour l'égo...j'aurai dû être...alors je souffre de ce que je n'étais pas ou de ce que j'étais...peu importe finalement...
Un jour vient la mort...peu importe aussi, d'ici là auront nous le courage de réunir tout les relatifs qui composent notre être, d'en évacuer la peur qui elle ne fait que séparer?
Nous pouvons bien être libre if, juste dans cette joie d'exister, mais il faudra s'extraire de tout les conditionnements sociétal, culturels...
Oublier l'histoire des hommes racontés par les hommes, et revenir à l'essence, le seul exemple valable pour soi, par soi est le sien propre...
Puisque toute la vie s'est déroulée pour que nous en soyons là et maintenant.

Quelques mots, et peut-être plus à venir, je verrai bien, nous verrons et trouverons peut-être les liens nécessaires à chacun

édit: ...il faudra aussi s'extraire...et c'est peut-être le plus difficile, car le plus profond, primordial s'il en est, du conditionnement reçu durant l'enfance, celui familial.

Alors l'homme naît une nouvelle fois, réunissant ses parties, sans peurs. Il renait de l'intérieur, à lui même, pour lui même et (c'est assez beau) par lui-même.
Il peut alors renaitre au monde car il est enfin capable de tout relier;

Et souvent nous cherchons l'induction opposée,
je crois qu'un comment ne pourra jamais comprendre un pourquoi.

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Mer 14 Nov 2018 - 18:59

joli
j'ai toujours trop envie de rebondir sur tes mots, et  j'en délaisse mon projet. Tant pis.

ligne 1 : j'aurais écrit "nous relisons"
ligne 2 : notre mémoire est notre Moi, le présent n'est que l'endroit où se pose hic et nunc notre crayon
ligne 5 : je sais et ne crains pas; simplement, je n'ai pour le moment pas envie de cesser de vivre
ligne 7 : je ne dirais pas "s'extraire", ce que je crois impossible, voire non-désirable, ce qui m'a fait est important, je dirais "prendre conscience de, et veiller, en permanence"
ligne 8 : idem. Non, avoir en tête l'histoire des hommes pour mieux appréhender notre essence (cf ligne 10)

édit : oui, et non. s'extraire, oui, le plus primordial, why not ?, 
disons : être intelligent, distancié, la méthodologie critique qu'on applique à toute science est valable, selon moi, en tous domaines,
(tout un chapitre pourrait être écrit ici sur la notion de racines, que je récuse violemment, mais qu'objectivement on est contraint de ne pas éluder d'un revers de main)


5 dernières lignes : elles ont pour moi questionnement, je crains de ne pas tout saisir.
Tu sais, joli, je ne suis pas du tout "spiritualiste", je m'en tiens pour la philosophie du Soi à Montaigne, 
et pour les éclats d'âme à la poésie. Sans prétention.

Si je dois être porteur d'une lutte, ce serait celle-ci : 
contre l'ignorance


L'ignorance naît de bien des sources.

if

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Mer 14 Nov 2018 - 19:38

De ce souvenir Petit Pierre est certain.


Il sait qu'il va quitter la maison de Marie pour enfin vivre avec ses parents, dans un village proche d'A. Son papa est devenu instituteur (il avait auparavant été cadre dans une entreprise de bâtiment qui avait prospéré sur les ruines de la guerre, profitant en particulier de juteux contrats avec la SNCF, que l'on nommait "Sainte-CF" dans la famille).
Dans l'attente de l'emménagement dans un petit logement de fonction, Petit Pierre avait commencé son année de CE2 dans l'établissement qu'il fréquentait depuis la Maternelle (Nous reviendrons ultérieurement un peu sur cette école).
Petit Pierre n'avait même pas 7 ans. Il savait lire depuis ses 4 ans, on l'avait dispensé de CP, et il s'était toujours retrouvé premier de classe.


Pour la première fois (il est encore en possession de son bulletin scolaire), on écrit à son propos : 
"Résultats décevants. Pierre peut mieux."
Décevant... Ha ha !
Petit Pierre s'est simplement permis de faire le con, parce qu'il sait qu'il va quitter cette école de la ville d'A., et aller rejoindre son papa dans celle du village d'AI.


Les adultes ne savent pas rire.

Mais le mot "décevant" commence à s'inscrire dans sa vie.
Aujourd'hui encore, Pierre a terriblement peur de décevoir.
A un point tel qu'il préfère souvent s'extraire, disparaître, ne pas exister.
Un non-être ne peut décevoir, n'est-ce pas ?
..........................................
if

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par jolindien le Jeu 15 Nov 2018 - 5:37

Je suis content que tu prennes ces mots et les fasses tiens.
Effectivement s'extraire je le voyais comme ne plus être dépendant des conditionnements...déconstruire ce qui dans notre personnalité s'y relie, et agencer tout cela avec de la douceur, du sens,...de la sagesse, et donc surtout de l'amour.
Je sais que tu n'es pas spiritualiste, ...j'ai juste envie de dire, dans chaque chose se reflète toute chose...oh qu'elle est belle la fractale,
facétieuse aussi!

Tu sais je parlais de méta histoire, l'illusoire histoire fruit des perceptions et surtout interprétations basées sur des jugements de valeurs (culturels, identitaires...)
Pour les racines, comme pour les arbres nous pouvons être un lien entre la Terre et le ciel.

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Jeu 15 Nov 2018 - 22:57

@ juste une note : je crois que je fais de l'Histoire comme on fait de Science "dure", expérimentale, et théorique.
Comme Levi-Strauss outrepassa ses pouvoirs d'ethnologue.

J'aime les arbres, joli. J'aime leur tronc, leur force, qui leur a permis, issus comme chacun des impératifs de l'Evolution, de s'élever. 
Mais le Ciel, tu emploies le mot, est beaucoup plus haut, beaucoup, beaucoup plus haut, que la cîme des plus grands arbres.
Je ne crois pas les arbres dont j'étreins le tronc être assez stupides pour rêver d'atteindre le ciel.
De la Terre ils sont les enfants, les sujets, les victimes.
Aucune âme ne hante aucun lieu. Ni la terre, ni les arbres, ni les monuments des hommes.

Seul l'Esprit des Hommes (et , p-ê, de quelques animaux, de cela intuitivement je n'ai jamais douté, et les recherches actuelles nous incitent à penser en ce sens) crée , invente, des esprits.
...............................................................................

Il est objectivement complexe d'évoquer la prime enfance de Petit Pierre.
Bien qu'il y ait très souvent réfléchi.


(NB. Liens avec les notions psychanalytiques, et, désormais, les neurosciences.)


Des faux-souvenirs il n'a jamais contesté l'existence, pour en avoir eu les preuves.
Mais alors : quel labeur d'authentification !
Des images, des daguerréotypes, plutôt que de la mémoire.
Son arrière grand-mère, Léa, hémiplégique suite à un AVC, qui s'extirpe de son fauteuil pour essuyer le jus de l'orange pressée que P.Pierre a renversé ?
Son ennemi, à l'école, qui se rit de lui quand il a perdu sa Panhard dans la bouche d'égoût de la cour de récré ?*
*Nous reparlerons, de cet ennemi. Parce que c'est amusant, quasi absurde. Kafka en rirait (parce que Kafka aimait rire : ses récits , si dramatiques soient-ils, sont des plaisanteries qu'il aimait à lire à ses amis, dans le cloud du rire).
P.Pierre caché riant sous une table tandis que Marie-Pierre était là, avec sa maman, M.P. sa collègue de classe (mais plus âgée, forcément plus âgée), et sa maman, l'amie de Marie.
P.Pierre sur son seau, au fond de la petite cour entourée de murs de briques, P.Pierre qu'on a laissé là, déjà las, las de la paresse de son intestin. Et un oiseau chantait, chantait, P.Pierre s'est dit plus tard "un rossignol", mais ce n'était pas un rossignol, qu'était-ce ? 
C'était la liberté.
P.Pierre très ému, son papa (une sorte de deus) lui offrait le dernier "Sylvain Sylvette" paru, le feuilletait avec lui, et P.Pierre savait qu'il l'apprendrait par coeur, on était pauvre, à l'époque, et
je me demande encore aujourd'hui comment/pourquoi je suis devenu tel ,
hors les sollicitations incessantes des mondes actuels, 
tant mes stimuli furent pauvres et rares (mais si précieux ?).

D'autres souvenirs se mêlent à des photographies.
Ou P.Pierre est dans l'incapacité de les replacer sur l'ordre du Temps.


On ne peut citer que  événements, tous  ayant rapport avec la féminité.
- L'irruption, dans la vie de P.Pierre, de Marie-Pierre et de sa maman. Sa maman avait sympathisé avec Marie (Marie vivra, en ces temps de disette locative, chez celle-ci,  3 années durant, après les événements contés). Elle était (la maman) forcément, un succédané de mère.
(P.Pierre vivra sa vie entière, p-ê, avec des succédanés de mère... Smile No )
Et M. Pierre, forcément, un symbole (un symbole, déjà) puissant de féminité.


D'autres images, je ne les citerai pas ici, ce n'est pas un livre.
.....................


J'avais conclu : "Les adultes ne savent pas rire.".
Qui est une constante de ma physique.
..................
Je conclus de mes exemples de ce jour : 
 
La féminité envahit l'espace de mon désir.


.....Ne vous inquiétez point, lectrices ou lecteurs, j'y reviendrai.

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par jolindien le Ven 16 Nov 2018 - 7:52

J'ai lu il y a peu "la métamorphose" de cet homme,...rire de l'absurde, celui du monde des hommes, de l'apparence des choses...alors que suis-je donc?
Un ensemble de choses hétéroclites!

Le ciel n'est pas si haut, parfois on peut le toucher du bout des doigts. Si on sort de nos concepts limitants.
Alors je ne suis pas un adulte, je ne me suis pas résigné.

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Sam 17 Nov 2018 - 19:48

Lis "Le Château". Lis "Le Procès". Vois si tu ris.
(NB. Au contraire de certain(e)s, je n'ai pas tellement ri, en fait. Enfin : si ! Mais non...)

Le ciel est à portée de notre vue (sauf pour les aveugles, bien entendu).
Les racines (les vraies, celles des arbres et des plantes) sont à portée de bien de nos sens.
Tout cela peut être nommé, désigné, comme : "La Vie", la vie sensuelle.

La physique quantique procède-t-elle de notre sensualité ?
Je soulève la question. Elle est celle de notre humanité, de notre état d'humains, du paradigme perdu d'Edgar Morin "La Nature Humaine".
................................

J'aimerais en finir avec ces vrais-faux souvenirs.
Ils sont nombreux.


Ainsi ce G.M., qui rit lors de la perte de la Panhard. Sans doute s'amusa à d'autres vexations.
Car, lors du seul procès que P.PI attenta en sa vie jusqu'à présent, contre l'Hôpital d'Amiens (précisément : contre les Urgences), au nom de sa compagne, évacuée après des mensonges et un laisser-aller inadmissible de ce service, suite à un accident automobile,
il se retrouva (avec son avocat, certes, mais ce fut bizarre) face à G.M., avocat du CHU. Desproges eût dit : "Etonnant, non ?".
Rage lui prit. Il inonda de rapports et de motifs le sus-dit avocat, qui, après années, gagna le procès devant le Tribunal Administratif, reprenant ses idées, avis et preuves.
Il avait vengé ses années de Maternelle.
C'est assez dingue, rigolo, lorsqu'on y songe. Kafkaïen ? Je n'irai pas jusque là.
  
Il  regarde et touche le sexe d'une fille. Il a 8 ans. Son père voit, depuis la fenêtre de sa chambre.
C'est faux : son père n'a jamais rien vu, ni regardé. Il le croit. Son père était dans sa tête. Il était le Censeur, et le restera jusqu'à ce qu'il le nomme ainsi lors de sa psychanalyse.


Sa mère va accoucher. On l'a laissé seul avec sa grand-mère (Marie) dans la petite maison d'A.I.
 Sans nouvelles, en début d'après-midi, n'y tenant plus, Marie réquisitionne la voiture de la boulangère pour se rendre à A. Elle dépose Pierre chez Marie-Pierre.
Il apprend dans l'après-midi que le bébé est mort, et que sa mère se porte bien.
Il  pleure entre les bras de Marie-Pierre. "Ma mère est vivante !!"
Scène fondatrice de quelques choses, en vérité. Mais de quoi ? Il  restera à jamais amoureux de Marie-Pierre .
Que signifie : "amoureux" ?.
(NB. Lors de sa vie en fac, H.G 1ère année, il a bossé avec une autre Marie-Pierre. C'est la première fille avec laquelle il a fait l'amour. Ce fut très bien. Pour lui, pour elle. Qu'en penser ?)
......

J'en finirai ici avec les souvenirs de cette période.
Qui s'acheva lorsqu'il eut 7 ans, à peu de semaines près. 
Il vécut ensuite avec mes parents. Ce qui ne fut pas si simple.
......

J'ai conté l'accouchement de sa mère, qui acheva le cycle de 3 années au cours desquelles il vécut en Cie de ses parents.
Il avait 9 ans lorsqu'il apparut qu'il allait entrer en 6 ème.
NB. A cette, époque, il se souvient précisément, seuls 2 garçons de sa classe accédèrent à la 6ème. Lui, et son éternel second. Ô tempora Ô mores.

Son père demanda donc (au grand dam de ses propres collègues et de son directeur) son "changement" pour A., la ville où se situait le "Lycée" (ainsi nommait-on à l'époque l'assemblage des "humanités" réservées à l'élite, aux détenteurs de privilèges intellectuels ou financiers, les autres poursuivant jusqu'à l'obtention du "Certificat d'Etudes". Ou pas.)
Lycée quasi neuf, nommé "Cité Scolaire", sis en d'immenses terrains en bordure sud de la ville d'A., partagé en plusieurs bâtiments "dédiés", comme on dit désormais.
....................

Le jour de la rentrée, son père, instituteur, faisait la sienne dans sa nouvelle école d'un faubourg nord d'A.
Ce fut donc, et très exceptionnellement, sa mère, qui le conduisit, via les autobus, à l'autre bout de la ville, jusque les portes (extérieures) du "Lycée" 
Il n'avait pas 10 ans. Il allait vivre et parcourir la grande ville, découvrir l'anglais, le latin, les professeurs, les transports en commun qui le transbahutaient du nord au sud, du sud au nord, de cette ville, il allait faire la connaissance de nouveaux camarades, il allait aussi faire l'expérience de la mixité.


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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Sam 8 Déc 2018 - 23:04

... Très étendus problèmes concernant Petit-Pierre et ses parents.


D'où étendus problèmes concernant la parenté, la famille,
d'où intérêt pour les notion de parentés dans d'autres sociétés (ethnologies), 
c'est ce qu'on appelle "sublimer".


... Petit-Pierre a-t-il aimé sa mère ? 
Ce dont il est certain, c'est qu'il l'a haïe.
Ce dont il est certain, lui, lecteur obsessionnel de Freud dès ses 15 ans, c'est qu'il s'est bien interrogé concernant le "complexe d'Oedipe". Il en rit, désormais. Il n'en riait pas; il n'en souriait qu'avec son ami. Qui était amoureux de sa grande soeur. 
Tout ceci est plutôt exact. Tout ceci est amusant. Tout ceci est déstabilisant. Tout ceci est, finalement, assez douloureux, sur le long terme.


Sa mère n'était pas une mauvaise personne, même s'il lui arrivait d'être méchante.
Non, elle vivait comme elle pouvait.
Ce n'est que lorsqu'elle vivait dans sa maison de retraite, handicapée mentalement, que Petit-Pierre réalisa enfin : la psychologue le convoqua, qui lui parut sage, et bienveillante, et le fit parler (ce dont il s'acquittait avec facilité). Elle lui parla de sa mère.
La psychologue lui dit : "Votre mère ne manifeste presque pas de sentiments. Sa mémoire à long terme n'est pas affectée. Elle se souvient, du passé. Votre mère est limite psychotique."(je résume, bien entendu. Ceci n'est pas un roman.)


...Une lumière se fit en l'âme de P.Pierre, lui qui, pourtant, avait tant et tant travaillé en psycho. 


Ainsi, son père avait-il vécu avec, avait-il été amoureux d'une psychotique aux sentiments atones, à l'expression double, aux sourires de cinéma, 
ainsi P.Pierre avait-il vécu avec des parents illisibles, 
et , seule, Marie, la vieille et mortelle Marie, avait-elle été son amarre solide, son éclat d'amour simple, 


et puis
et puis 
toutes les filles
ou les femmes
les femmes
ou les filles
qui lui manquèrent, 
parce que Marie était bonne, mais vieille (elle n'avait que 51 ans, à la naissance de P.Pierre, mais portait chignon gris et vêtements sombres, peut-être l'ai déjà écrit)


les femmes, les filles,
et le père.
...............................................
Je tiens le sujet d'un prochain post : 
portrait d'une fille
portrait d'une femme

puis d'un autre (complexe, celui-là): 
portrait d'un père.

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par siamois93 le Dim 9 Déc 2018 - 0:40

En évitant Vipère au Poing ? Ou dans le même style. Ce livre fut tellement libérateur pour moi, enfin je trouvais une histoire qui me ressemblait.
Il y a tellement d'histoires charmantes, tellement d'horreurs à connaitre aussi.
Merci.
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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Dim 9 Déc 2018 - 1:17

Tu sais, siamois, 
j'ai souvent eu le sentiment (le sentiment)
de faire une psycha , de PAYER  une psycha, pour toute la famille. Conjoint incluse.

J'ai lu il y a longtemps Vipère au poing. Donc je sais.

Je n'étais pas réellement dans ce schéma.
Ma grand-mère m'était référente en amour (bien que singulièrement, je ne l'ai pleinement su qu'après sa mort)
mon père un vrai père.
J'ai eu de la chance, mais je reste incertain, fluctuant, j'ai un certain mal de mer.

Si tu veux des secrets de famille à connaître, j'en ai aussi pas mal.
Pas des horreurs.
Mais de lourds secrets.
Qui n'en a pas ?

Je pense à la famille de mon ex-femme, qui comportait aussi tant de mystères.
On les y prenait à la légère.
Je me suis fait assassiner lorsque j'ai soulevé les voiles : NON ce n'était pas important !!!!
Hé bien, si.
Et les effets se font toujours sentir.
La semaine prochaine, je quitte le domicile conjugal suite à ces faits.
Je ne verrai pas mes petites filles le WE suivant suite à ces faits.

Voilà.

Tu me donnes la force d'avoir l'envie de conter cette bizarre histoire du Petit- Pierre.

De toute manière, je la raconte. Comme je peux.
Heureux qu'elle puisse être entendue.

Amitiés.

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par siamois93 le Dim 9 Déc 2018 - 2:56

J'ai un peu travaillé autour des anges gardiens, ceux qui me sont propres d'abord, puis j'ai exploré également ceux de ma famille proche : père, mère, frère (trois mots en ère, c'est bizarre).
J'ai trouvé des choses, des corrélations très intéressantes.
On entend souvent parler d'un ange gardien, mais j'ai trouvé un site qui en calcule trois, un au niveau physique, un au niveau spirituel, un au niveau matériel.
Ma mère, mon frère, et son fils par exemple ont le même ange mais chacun à un niveau différent. Si seulement ils acceptaient de travailler cela, de voir ce qui les relie au lieu de se déchirer sur des souvenirs défaillants.
Un jour mon père est mort, entre la fête de son frère et l'anniversaire de sa soeur (une semaine d'intervalle).
La mort est une chose que je comprends, la souffrance que l'on s'impose aussi, mais faire souffrir les autres ça non je ne comprends pas et s'il le faut je sors les armes (spirituelles uniquement).
Après, ton propre chemin de vie, d'où tu viens, pourquoi tu expérimentes cela, et comment tu vas t'en sortir et démarrer autre chose, c'est la Vie.
Je te souhaite Courage et Persévérance.

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par jolindien le Dim 9 Déc 2018 - 6:47

Prendre sa vie en main,
ou par la main plutôt
ainsi va t-elle, alors nous sommes
il était, est et sera difficile de se montrer là
sans masque
Rien pour se cacher de soi
ni pour se cacher des autres...
Toi ici racontant, contant cette vie
les souvenirs sont-ils bribes d'un passé révolu?
Pourtant tant présent,
ainsi les multiples facettes de l'être s'accordent
faut-il accepter ce que nous sommes
faut-il aimer ce que je suis
là, ici d'un toujours comme d'un maintenant.
Alors avancer encore,
le voyage est long, infini même,
quel concept étrange l'infini pour de petits êtres emprisonnés dans un frêle esquif de chair.
La mer est grande, et flottant à la surface nous avions peur de regarder
ailleurs
oui la ligne est d'horizon, et pourtant la dimension pas linéaire
Dessous s'agite l'inconnu, le notre, peut-être que des monstres tentaculaires l'habitent...
Dessus l'inconnu aussi, étrange soleil, pourtant la lumière n'est pas que tienne...
Derrière et devant, mon visible qui s'illusionne.
Oh temps, tant de choses qui nous composent,

Pourquoi être en vie
parce que l'être
le lien
nous pouvons tous (tout) séparer,
mais pas moins que réunir.

Quelques mots monsieur, j'avais envie de te dire quelques mots.




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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Lun 10 Déc 2018 - 19:29

@siamois
En réalité, je vais rester un moment ici. Chez moi.
Des personnes seraient heureuses que je sois là. Il suffit des crises politiques et sociales : je laisse en suspens la crise familiale, et me fais tout doux.

Ce qui est extrêmement douloureux, c'est de faire souffrir parce que l'on est ce qu'on est. 
Soit consciemment, pour exister. Soit peu consciemment, parce qu'on vit ses névroses, ses obsessions, ses manques-à-être. Parfois, je me suis surpris à me sentir quasi-manipulateur, alors que je déteste cette manière. 
Je suis alors très malheureux. D'autant que l'autre (ou les autres) ne comprennent pas, ne comprennent plus, ne veulent pas comprendre, puisque je les ai blessés.

@monsieur joli
Merci pour ce très beau texte. Tu me ravis. 
Je le relis. C'est un beau cadeau.
J'hésitais, concernant la manière dont j'allais parler ou taire des éléments de la vie de petit Pierre.
On comprendra que je ne peux me permettre ici l'exhaustivité.
Je suis confronté à deux difficultés : 
- le choix du thème
- la manière de conter

Mais je sais que cela m'aide, mon esprit bat la campagne, je puise aux tréfonds de ma mémoire, des liens apparaissent, parfois saugrenus, on connaît la tendance de nos esprits à cette pensée libre (je n'emploie pas délibérément les termes consacrés : je préfère libre; mais en même temps maîtrisée; parce que l'on sait les chemins que la pensée emprunte).

Merci à vous.
Je vous embrasse.
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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par siamois93 le Mar 11 Déc 2018 - 0:47

Un jour j'ai acheté un commentaire d'une traduction du Kalevala. Le Kalévala est un long poème épique du Nord (dans la région de la Finlande). Ce poème était connu à l'oral uniquement, puis il fut mis par écrit. Ce commentaire était intéressant, il traitait de la traduction de cette oeuvre et n'en citait que quelques morceaux. Ainsi au lieu de lire le Kalévala je n'en ai lu que des fragments. Mais Vainamoinen et Illmarinen restent dans mon esprit, et surtout toute cette poésie.
Il me faut accepter ce que j'aime. Il n'y a même plus l'idée d'abandonner les vengeances, il me suffit d'aller vers ce et ceux que j'aime. Là où je me sens bien sans comprendre pourquoi et sans même y mettre forcément des mots. Là aussi où les gens me disent des choses gentilles, simplement parce que je souris, simplement parce qu'ils sont gentils.
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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Mar 11 Déc 2018 - 22:25

Merci, siamois.
Je m'étais intéressé aux mythes nordiques, mais j'étais passé à côté du Kalévala.
La Finlande n'est pas de culture scandinave/germano-gothique, voire "viking", 
sa langue n'est pas d'origine indo-européenne, mais apparentée au hongrois.
Cependant, elle appartient bien au groupe scandinave d'un point de vue historique, ainsi que la Lettonie.
Le Kalevala doit donc être particulièrement intéressant.
Tes trois dernières lignes sont tellement justes....
Elles sont simples et douces.

Dans ma story, j'aimerais conter un peu l'histoire de mes rapports aux femmes.
Pour y introduire une sorte de logique (de psycho-logique)et, éventuellement, puisque j'écris sur un forum d'échange, obtenir quelque réaction ou témoignage en retour.


Le discours possible prend peu à peu forme dans ma tête.
Si j'écrivais pour moi, ou pour un livre, je m'en ficherais : je suis le roi des digressions.
Et j'adore ces libertés auxquelles se laisse aller ma pensée, ou ma plume, comme on disait.De toute manière, je retombe toujours sur mes pieds.
Le récit que j'aime le plus, dans le genre, est "Jacques et son Maître", de Diderot.
C'est un peu mon livre de chevet. 
Toujours présent dans mon CCar, il me sert aussi beaucoup à tuer les mouches ou les mouches-tiques, le soir, avant d'aller au lit.


A bientôt, camarades. 


if

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Mar 11 Déc 2018 - 23:26

Petit Pierre a, paraît-il, pleuré quinze jours de rang lorsqu'on l'a fait entrer en maternelle (il devait avoir environ trois ans).
Pourquoi ? Je l'ignore, et l'ignorerai à jamais.
Marie a tenu bon, quand sa mère voulait céder. 
Qui avait raison ?


C'est bien chez Marie qu'il vivait, Marie qui allait le conduire et le rechercher à l'école, c'est bien sur Marie qu'il comptait avant tout.
Marie, qu'il chérira jusque sa mort, elle avait 85 ans, et probablement du cholestérol, une tension bien trop élevée, mais elle est morte de la suite d'un double infarctus, en 3 jours. L'aspirine, pour une fois, n'avait pas suffi à la soulager de ses maux.
Marie : une histoire à elle seule. Une femme simple, au parcours bovarien, un femme droit issue du XIXème siècle, comme il en existait dans les campagnes picardes ou normandes au XXème siècle, une Mme Bovary décédée à 85 ans dans un hôpital tout neuf de la ville de A..


Marie, bien entendu, ne lui suffisait pas. 
Il désirait sans doute sa mère, Oedipe veillait, mais sa mère...
(Portrait possible de mère. De peu d'intérêt, me semble-t-il. Non que je tienne cette personne pour digne d'oubli ou de mépris; non. Mais il existe tant et tant de portraits de mères dans la littérature...
Elle apparaîtra, dans ce récit, fatalement. Non, cette femme fut une figurante, un second rôle. Déterminant, certes (une mère est toujours déterminante), mais qu'en dire ? Ou pas maintenant. Un jour, peut-être, si les Dieux le permettent.)


C'est alors qu'il commença, et tout en désirant cette mère fuyante, à aimer des filles et des femmes.
C'est alors que, pour lui, se séparèrent les sexes.


Les hommes ? Il en avait.
Il en avait au moins deux.
Son père, Grand Pierre, dont on reparlera inévitablement.
Et un cousin germain de Marie, plus jeune qu'elle, d'aspect peu engageant, G.D., directeur d'école dans un bourg de campagne, qui venait souvent à la maison, qui possédait voiture, et qui rassurait Petit Pierre : oui, cet homme, c'était un homme bien , P.Pierre en était certain. Et bien qu'il fût sévère et peu amène pour un enfant de 3 ou 4 ans, G.D. rassurait, il montrait qu'existaient des points d'attache solides. Petit Pierre, dans son complet désarroi, était fier que G.D. vint régulièrement visiter Marie, et lui parler, à lui, comme existant, comme membre non-négligeable d'une famille.


C'est par Marie, et par l'école, que Petit Pierre eut ses premiers contacts avec une femme douce, et avec sa fille, douce elle aussi, sa collègue de classe.
*Vous connaissez déjà son prénom.
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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Dim 16 Déc 2018 - 20:15

Oui, voilà, 
je me suis aperçu comment la communication était difficile, voire impossible, 
il ne s'agit pas réellement de roman,
il s'agit de vie, de sentiments, et de morale.


Je pense urgent de remettre à neuf la morale.
J'ai ai ma claque, de la morale.


(Je n'ai pas envie de citer....et puis si, tiens, merdre, Mère Ubu.
- La série récente, sur Arte "Au nom du père".
Magnifique.
Je m'y suis bien ennuyé, question morale. Parce que j'avais déjà tout résolu, par d'autres voies. Sauf une, tiens donc : je ne suis pas fan éperdu du Dalaï Lama, mais le discours qu'on pourrait nommer à la Montaigne "Contre la colère", initié par un improbable moine népalais, et repris par le premier fils du Père, m'a fait effet. 
Ma colère a diminué. Elle est désormais sans racines, sans eau ni nourriture, elle s'étiole.
- Mon dialogue avec une certaine i.., d'ici issue, qui m'a ouvert les portes de son univers .)

On a souvent reproché (en souriant, ou pas) à Petit Pierre son attrait pour les femmes.
Petit Pierre s'est pris dans la tronche des déclarations imprudentes, que ce soit de la part de femmes, que ce soit de la part de jolis moralistes.
Il s'est pris dans la tronche ce qu'il a jadis haï : la sincérité.


Mais comment s'y prendre, lorsqu'on n'a pas de mère (ou bien une mère aux symptômes d'absence affective),
qu'une grand-maman, qu'on voit vieille, terriblement mortelle (aucun désir : l'amour, la confiance, pas le désir, impossible)
et qu'apparaissent au seuil , non un rôdeur*
* Bonjour, Lovecraft !
une femme, une fille...
On l'aime, on les aime.


Petit Pierre, après seulement 2 années passées en compagnie vraie de ses parents, apprit que sa mère attendait un bébé. Il avait 8 ans.
Il se tint à l'écart de sa mère, ne lui parla plus, refusait son contact.
Vint le jour de. On appela Marie, qui lui tint compagnie, et ses parents disparurent vers la clinique de la ville de A., là même où il était né.
Les heures passaient. Pas de nouvelles. (On était au temps où les téléphones étaient rares, et pas même présents dans la maison de Petit Pierre.)
Lassée et inquiète, vers les midi, Marie réquisitionna la boulangère qui les emmena, à plus de 100 à l'heure, vers A.
Marie déposa Petit Pierre chez Marie-Pierre et ses parents, et fila à la maternité. Quelque temps plus tard, on eut des nouvelles.
L'enfant était mort-né*, mais la maman se portait bien .
Petit Pierre s'effondra dans les bras de Marie Pierre : "Maman est vivante ! Maman est vivante !"
On tirera toute leçon qu'on désirera de cet épisode.


* Il n'était pas rare, à cette époque, que l'on attende l'accouchement trop longtemps, sans le provoquer artificiellement, et que l'enfant, parfaitement formé, naisse trop tard; son jeune frère Olivier fut donc un homme qui n'eut pas à subir cette vie.


Dix années plus tard, alors qu'il était en vacances (comme d'habitude) chez Marie, à la campagne, une voiture s'arrêta devant la maison.
C'étaient Marie-Pierre, ses parents, et...son petit ami.
Petit Pierre connut une énorme crise de jalousie (pourtant il avait perdu de vue M.P. et sa famille depuis plusieurs années)
il la trouva stupide de se lier si jeune, il jugea le petit ami vulgaire et moche.


(Quinze années encore, plus tard, rendant visite aux parents de M.P. avec lesquels il s'était lié d'amitié, il apprit que M.P. maman de 2 enfants, demandait le divorce, que son mari était devenu alcoolique, qu'il la maltraitait... Elle vivait fort loin, du côté du Mans, je crois, et Petit Pierre s'attristait.)


Il avait aimé la mère de M.P., aussi, souhaitant fantasmatiquement qu'elle fût sa propre mère.


Et puis il y eut Mme C. 
Mme C. était mariée avec Mr C.
Elle était la collègue de formation de Grand Pierre, lorsque celui-ci devenait instituteur.
Petit Pierre tomba éperdument amoureux de Mme C.
(P.Pierre a retrouvé 2 vieilles diapositives prises par G.Pierre à l'époque. Il les a fait tirer sur papier, puis agrandir.
On y voyait Mme C., son mari, on y voyait Marie, encore jeune, en fait, malgré le chignon, on y voyait la mère.
Petit Pierre se dit, en observant ces retours d'un âge perdu : "j'avais bon goût; Mme C. était terriblement jolie, naturelle, souriante, j'avais raison de vouloir la marier avec mon père".
Ironie de la vie : Mme C., peu après que Mr C. se fût suicidé, se mit en couple avec une femme.
Encore une fois, je laisse au lecteur le soin de se faire sa propre idée.)


Des épisodes manqueront. Petit Pierre, lorsqu'il regarde cette ancienne photo, est toujours amoureux.


Au collège, Petit Pierre fit connaissance avec les filles. Le collège était mixte.
Il avait passé son primaire dans une école de garçons.


Des événements arrivèrent. D'importance, alors. De peu, regardés depuis l'observatoire de son âge.
(Ce récit ne peut prétendre à l'exhaustivité, ai-je déjà écrit.)


Mais Petit Pierre avait pris le pli de regarder les femmes, de scruter les filles, de les désirer.
C'est là que s'effondre la Morale : il est inutile de porter un quelconque jugement sur les pensées ou actes ultérieurs de P.Pierre. Sa structure mentale, amoureuse et/ou désirante avait été forgée par son histoire.
Votre histoire n'est pas la sienne. Jamais vous ne pourrez pénétrer dans le film de sa vie. A jamais vous serez des étrangers.
Sauf


En quatrième il tomba amoureux fou d'un fille-liane, il épelait partout les lettres de son prénom et de son nom.
Il y eut la puberté, à la suite de laquelle il se masturbait énormément (ce qui, ignorant qu'il était, l'inquiétait beaucoup), 
puis vint un âge plus calme, plus intellectuel. Sublimation.


Et,
à 16 ans, 
l'entrée en fac de médecine.
Misère de misère ! 69, année érotique...
.................................................................................................................................

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par siamois93 le Dim 16 Déc 2018 - 20:41

La morale c'est d'aimer  . . . mais derrière ce mot tant de comportements.
Je rêve depuis longtemps d'un sondage ouvert justement sur la morale des français, histoire de découvrir mes compatriotes sous cet angle et pas seulement connaître leur moral.
J'avais croisé une artiste, Daredjane, qui s'exposait sur scène dans la récitation de morceaux de son recueil «bouts tabous». Peut-être que cela ne comblera aucune de tes peines, peut-être y trouveras-tu quelques clins d'œil agréables. Il y a d'autres extraits que celui-là :
Spoiler:
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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Dim 16 Déc 2018 - 21:08

C'est sympa, t'as bien compris. la vie.

Oh ! Je ne cherche pas trop à combler mes peines.
Déjà, les faire ent/compr/endre.

Je suis totalement en accord avec toi.
Sauf que : j'irai plus loin.
La sociologie nous enseigne que la morale va de pair avec le fonctionnement d'une société .J'ai revu récemment le superbe film "Van Gogh", de Pialat.
Cela m'a fait un effet bizarre. C'était un autre monde, ai-je pensé.

En fait, en notre monde en mutation radicale, la question me semble être : quels bonheurs en relation avec quel mode de vie ?

Ensuite il y a le "moi je", c'est à dire l'histoire propre.

J'ai la chance d'avoir rencontré des personnes qui disent, oui , 
chacune à leur manière, 
l'important c'est d'aimer.
Comme tu le dis.

So long, friend.

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ou-est-la-question le Lun 17 Déc 2018 - 10:02

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Dim 6 Jan 2019 - 20:56

"Longtemps je me suis couché de bonne ......."


C'est possible. Quoiqu'il en soi, du temps a passé, et le Petit Pierre de ce post est devenu grand. Il est même devenu officiellement un adulte.


Tout à fait par hasard, choisissant sur la table d'une librairie des lectures possibles pour accompagner son voyage, il trouve "La Plaisanterie". Le titre l'accroche. De Milan Kundera. Au dos, le sujet l'accroche aussi. Il achète le livre.
C'est ainsi que P.Pierre s'introduit dans l'univers romanesque de K. (ainsi nomme-t-il son nouvel ami, ou nouveau père, comme il se met parfois à penser, en relation avec le K. de Kafka, Kafka qu'admire Kundera.)


Longtemps après cet épisode, P.Pierre (adulte bien mûr, cette fois) se trouve confronté au mot "borderline".
C'est son amoureuse, qui lui chuchote/suggère ce mot, après, dit-elle, avoir beaucoup cherché. "Tu as une personnalité borderline, c'est ce que j'ai trouvé de plus proche pour expliquer certains de tes comportements". Elle a dit ça amoureusement, son amoureuse est amoureuse (mais parfois un peu inquiète).
P.Pierre sourit (en bordure, oui, ça le fait sourire, bien sûr qu'il s'est toujours vu en bordure, à la marge !), et l'affaire en reste là.
(L'affaire en reste là, et sa relation amoureuse ne durera plus très longtemps après cet épisode.)


Encore quelques années passent (P.Pierre sait bien que le temps n'existe pas, que chronologie et continuité sont des produits de notre imagination pour donner sens -oui, sens, toujours le même sens, d'ailleurs, de la gauche vers la droite - à la vie, il croit tout à fait que ce qu'affirme l'astrophysicien Carlo Rovelli est exact, mais il ne sait pas comment faire pour éviter que les années passent, même Harry Potter n'a pas appris de sort à ce sujet) et "borderline" revient sur le devant de la scène de son théâtre d'une manière apparemment très sérieuse. 
Au CHU de Montpellier, une équipe a travaillé sur les symptômes ainsi dénommés. Et c'est du sérieux psychiatrique. Tests, statistiques, liste précise de critères identifiant le trouble ... livre/méthode pour s'aider soi-même, dans l'attente (ah, l'attente, en psychiatrie ! Attente de quoi ?) d'une mise en place d'unités de soins dédiées.


NB. On en est toujours à ce point. Pas plus loin.  Cool Crying or Very sad
Ainsi que je l'écrivais ailleurs, les pathologies psychiatriques (listées dans le nouveau DSM 5 de 2018) sont... contestables et contestées. Souvent, elles se chevauchent, ou s'appellent l'une l'autre. C'est que le mental reste flou et parfaitement complexe.
Et , comme l'on peut souffrir de "symptômes autistiques" sans être totalement autiste, on peut souffrir de "symptômes borderline" sans être totalement borderline. Voilà qui nous avance.

P.Pierre est un homme sérieux, il se documente, il va jusque contacter le service du CHU, pour retomber sur le cul, non plus Pierre, mais Gros Jean comme devant.


Et le voici qui repense à K.
Il ne sait plus dans lequel de ses ouvrages (il n'a pas le courage d'aller fouiner dans toutes les notes qu'il a prises en ses nombreuses relectures), mais se souvient fort bien d'avoir été marqué par une phrase de K. qui disait quelque chose comme : 
... il (elle ? Tamina ?) marchait sur la frontière
ou
...il (elle ?) était passé.e de l'autre côté de la frontière.


Frontière : borderline. Line : ligne, la frontière est une ligne.
P.Pierre, depuis la lecture de ce passage de K., (oui, il en est de plus en plus persuadé, ce doit être Tamina, dans "Le livre du rire et de l'oubli"), s'imagine cette frontière, la sienne, pas celle de Tamina, 
comme un mur sur lequel il marche. Il marche toujours dans le même sens, il a à sa gauche le monde dans lequel il vit, dans lequel il parvient à survivre, dont il maîtrise à peu près les codes, ce monde a l'aspect d'une verte campagne, sous un soleil devant lequel passent des nuages blancs, de ce côté le mur n'est pas haut, il suffit d'un petit saut pour se retrouver dans l'herbe drue; et à sa droite un autre monde, le monde de sa folie, un monde brumeux sous un ciel triste, il n'y a rien là que des monticules recouverts d'une mousse ou de lichens épais et gris, s'il y saute, ou tombe, il ne se fera pas mal, le tapis est épais, mais il ne pourra pas remonter, car le mur est trop haut, à moins de rejoindre l'escalier de pierres qu'il aperçoit -comme les escaliers qui permettaient dans les Châteaux-forts ou les villes fortifiées de rejoindre le chemin de ronde- , qu'il aperçoit au loin, mais parviendrait-il à cet escalier, ou...ou resterait-il à jamais prisonnier de cet étranger, de cet exil ?
P.Pierre a davantage l'impression d'être prisonnier du mur, de la frontière, de la ligne du chemin de ronde qui limite sa vie, et l'attire irrésistiblement. Il sait qu'à force de marcher sur cette ligne, il finira bien par tomber.


Hors, dans le paysage -riant- de gauche comme dans le paysage -gris comme les Enfers au-delà du Styx- de droite, P.Pierre ne voit personne.
Il est seul, sur la frontière.


Le temps est devenue une géographie. Le temps n'existe pas, Carlo Rovelli a tout à fait raison, le temps est comme le faîte d'un mur infini, un espace à deux dimensions, sur lequel on marche, entre deux paysages. 


....................................................................

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par siamois93 le Dim 6 Jan 2019 - 22:22

Qu'est-ce que le temps ? Qu'est-ce que l'Univers ?

Si je pouvais créer du temps je pourrais tout faire, je le sais bien. Mais en fait ce qui est important c'est l'immatériel, le vivant "non physique". Pourtant, qu'est-ce que le temps, qu'est-ce que l'univers ?
Trouver une question sans réponse pour passer au-delà du questionnement, un peu à la manière des koans zen.
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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Mer 16 Jan 2019 - 21:06

Plus il avance en sa vie 


(Oui, Carlo Rovelli a beau avancer que le temps n'est que le produit de notre imagination , "une question de perspective")
(et le pire est que ça me plaît, de plonger dans ces paradoxes issus de la pensée physique, et quantique en particulier)


Tiens, ça me fait penser que je vais bientôt avoir à lire le nouvel Houellebecq, ça me démange. Me gratouille ? Ou me chatouille ?)


... et plus s'amoncellent des choses simples.


Par exemple : 


-ma compagne est une femme admirable.
Elle n'est pas HQI, certes, 
et non, on ne s'en fout pas, ça a créé un beau bordel,
mais retour à l'humain, à la simplicité de l'être-Homme (écriture non-genrée).*
Et mon regard en est totalement modifié.


-Mon père était mon frère. Non point réellement lorsque j'étais enfant ou adolescent (je craignais la figure du père), mais lorsque je fus devenu adulte, et jusqu'à ses dernières semaines (il est mort subitement, alors que nous étions en pleine correspondance).
Je peux, s'il vous plaît, inverser l'ordre des choses : je fus le petit frère de mon père.
Quelle chance inouïe ! 
(J'écris ailleurs que mon père était (T)HQI, thème -les parents, vos parents- apparemment absent de ce forum.)
.........................
Voici que je me surprends, si on me lit entre les lignes, 
à pénétrer (personne ne sourit, svp) en 2 concepts peu explorés, sinon, sans aucun doute, en des chats-pitres de publications psychanalytiques, 
si la psychanalyse n'est pas "efficace", au moins les psychanalystes apportent une profondeur de vue inégalée
vieille antienne : la faute à Freud.  Laughing Laughing

1) Me désirant au plus près de l'époque (mon côté italien : avoir si possible une longueur d'avance sur la mode), je "pense" constamment selon d'autres cerveaux, 
dieux que c'est compliqué d'être "politically correct" !
L'Homme est aussi la femme. Echec de la langue française.
(En latin, "homo"  vir.
Par le même temps, le grec "homo" signifie "même".
Apprentissage des subtilités.)

2) Ecrire "mon père est mon frère" ou l'inverse "mon frère fut mon père".
fera hurler les psych-analystes.(Pas les théologiens, qui accapareraient goulûment cette phrase !)
J'ai été (in vivo, intra familia) conspué pour avoir osé ce concept.
Pis: on ne peut être enfant /et/ami(e).

Quel méli-mélo !

...............................Je n'ai pas trop été Petit Pierre, ce soir.
Personnellement, je m'en fous un peu.
L'essentiel est d'écrire.

De lire, aussi.

I love you Assomme Amis Bisou câlin Approuve

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par siamois93 le Mer 16 Jan 2019 - 21:32

En hébreu, Ich l'homme masculin (pas l'Adam) et Icha la femme.
Ich c'est aussi un mot de l'allemand. "Ich bin ein Berliner" a dit Kennedy.
D'ailleurs, as-tu vu ce film, "Imitation game" ? Tu comprendras peut-être pourquoi il m'a tant mis mal à l'aise...
https://youtu.be/YmeEz6cQrwM


Oui, les rôles, l'homme, la femme, et parfois on nous dit que nos familles sont des recréations plus ou moins partielles de familles ayant déjà vécu ensemble mais avec d'autres rôles. Ton père est ton fils également. Tellement de choses à pardonner.
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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ifness le Mer 16 Jan 2019 - 22:02

Merci, mon fidèle.

Sauf que (je nomme ça en d'autres fils mon bémol... Smile )

Voilà : 
-J'ai participé à un fil fil "comment pardonner" je crois, où j'émettais l'hypothèse que pardonner est inutile, une illusion née de (je ne poursuis pas, c'est très complexe.)
-Mon itinéraire (pas de tout repos, je sais que tu comprendras, frère) m'a mené à me situer au-delà du pardon. Je n'ai plus, en quelque sorte, à pardonner, puisque j'ignore le sens même du mot pardonner.

-Oui, j'ai vu le film, et connaissais le parcours de Turing. Je suis aussi "amoureux" de Cumberbatch, il est de ces hommes (souvent anglais, par ailleurs) qui me séduiraient si j'étais femme.

Cela ne me met pas mal à l'aise : cela me révolte.

Tiens, si tu vas par l'hébreu
(ouahh, comme j'aimerais avoir de la correspondance yiddish !)(parenthèse !!!)
dis-moi :
qui est Lilith, selon toi ?
Et "Elohim" ?

Bonne soirée, frère.

ifness

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Re: L'histoire de Petit Pierre.

Message par ou-est-la-question le Mer 16 Jan 2019 - 23:20

je te remercie pour ce fil If
même si je n'y interviens pas je le lis , je te lis , je vous lis 

aujourd"'hui je mets mes mots ici car je suis en total accord avec toi à propos du pardon
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