Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par ludion le Ven 9 Nov 2018 - 17:30

Spoiler:
Si vous utilisez Firefox installez le module FlagFox. Il vous dira quel serveur cache vous utilisez lors de votre connexion sur ZC

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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pola le Ven 9 Nov 2018 - 17:32

Ça n’existe pas un serveur universel ?

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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pabanalitor le Ven 9 Nov 2018 - 17:34

@ Fleur de cactus

Pour Charpak il y a de la joie dans la connaissance scientifique, elle peut fédérer. Ca doit faire trois ou quatre fois  que j'en fais la promotion ici, mais faut croire que son Soyez savants, devenez prophètes écrit avec Roland Omnès  a été important dans ma façon de revoir ma perspective, puisqu'il me revient en tête.


Dernière édition par Pabanalitor le Ven 9 Nov 2018 - 17:38, édité 1 fois
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pola le Ven 9 Nov 2018 - 17:36

Ce qui touche la tête, touche le cœur ?

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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par ludion le Ven 9 Nov 2018 - 17:38

Spoiler:
Le serveur originel est la plupart du temps dupliqué sur d'autres sites pour équilibrer la charge.

Voilà la liste  de tous les serveurs qui servent  www.zebrascrossing.net :

www.zebrascrossing.net. 86400 IN CNAME q50.maxns.net.
q50.maxns.net. 50003 IN A 178.33.43.150
q50.maxns.net. 50003 IN A 178.33.44.177
q50.maxns.net. 50003 IN A 94.23.159.185
q50.maxns.net. 50003 IN A 94.23.76.111
q50.maxns.net. 50003 IN A 178.33.115.32
q50.maxns.net. 50003 IN A 94.23.150.222
q50.maxns.net. 50003 IN A 94.23.73.212
q50.maxns.net. 50003 IN A 188.165.2.137
q50.maxns.net. 50003 IN A 178.33.43.178

Remarque : au demeurant cette configuration n'est pas géniale ...


Promis Fleur de Cactus, j'arrête de polluer ton fil Smile
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pabanalitor le Ven 9 Nov 2018 - 17:45

Du coup je ne peux m'empêcher de mettre ici le texte en quatrième de couverture :

Geore Charpak & Roland Omnès a écrit:« Sans la science, on ne peut rien comprendre aujourd’hui au monde moderne. La démarche scientifique nous conduit à nous interroger sur le sens de l’homme, celui du monde qu’il a construit et de l’Univers qu’il habite, en somme sur les questions fondamentales depuis la nuit des temps. Nous avons voulu, dans ce livre, nous comporter en guides afin de permettre à chacun d’entre nous de jeter un regard sur le spectacle des lois qui président à l’architecture du monde. Parce que nous voulons faire partager ce sentiment, si proche du sacré, nous nous sommes retrouvés sur les terres de la philosophie et de la religion. Un autre ordre du monde ne peut venir que d’une sagesse où la science, ou plutôt ce qu’elle révèle, trouve sa véritable place. Rien n’est plus important que de donner aux jeunes l’éducation dont ils ont besoin, qui fera d’eux des hommes et des femmes libres, capables de comprendre l’Univers qui les entoure et sa signification. Il le faut, d’urgence, avant que des gourous, des marchands, des adorateurs de légendes ou des illuminés aient le temps de s’emparer d’eux. Qu’ils aient des savants le vrai savoir et des prophètes la lucidité et l’action éclairée. »
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Ven 9 Nov 2018 - 19:19

Work in  Progress


Bien évidemment, il n’y a pas eu « violence à mon endroit » comme j’ai pu l’écrire hier, de même qu’il n’y a eu ni « condescendance», ou « défiance », comme je l’ai écrit ailleurs, mais c’est ainsi que je l’ai reçu. Preuve que malgré l’âge, l’expérience, les événements qui ont pu me marquer, me forger, me structurer et donc me construire, je ne sais toujours pas parfaitement canaliser le flux d’émotions qui m’animent.

Mais… si j’accepte l’idée que ce qui m’est arrivé les jours derniers, ici ou là, et m’a fait réagir, n’est que ce qui devait arriver (déterminisme), que c’est ce qui devait donc m’atteindre, et me blesser et me faire rebondir, alors je me dois de creuser.



Mise en route de cette nouvelle journée avec la voix de Pablo Servigne au sujet de la résilience, vidéo piochée sur le fil de la collapsologie. « L’effondrement est le miroir de nos ombres »… « Il est nécessaire d’affronter nos émotions pour pouvoir rebondir »… je pleure en me mettant en route, la tristesse de la veille ne m’a donc pas quittée. Je n’aime pas me voir dans cet état, je me trouve pathétique. Mais je sais aussi que ça passera, que je rebondirai, je connais intimement ce processus, couler, toucher le fond, donner un coup de pied et remonter. Je le connais viscéralement, dans mes tripes, par coeur presque. Ma force vient peut-être de là.

Est-ce que j’ai mis en place les conditions d’un scénario destiné à me faire plonger pour mieux rebondir ? Il semblerait bien…  Je vais rebondir, je le sais, mais comment ?

Me tourner vers les autres ? Je le fais déjà, mais peut-être pas comme il faut, pas là où il faut, pas avec les bonnes attentes, pas avec les bons outils, ni peut-être les bonnes personnes.

J’ai toujours rebondi seule, je m’en suis sortie seule, mais avec les autres, et plus particulièrement un Autre, à qui j’ai offert les clés de son paradis ou plutôt la mise en oeuvre de son récit.

Et moi là dedans ? Pas important. Est-ce que pour autant je me suis niée ? Non, je ne crois pas. J’ai besoin de l’Autre pour mon propre récit. L’énergie (la Vie, l’Amour, le flux, peu importe le nom) qui me traverse doit être partagée pour être totalement vécue. Et ça me paraît logique, sain, inévitable. Probablement parce que je ne sais pas faire autrement. Preuve alors que c’est bien ainsi que je dois vivre, et être. Voilà pourquoi je ne peux me résoudre à penser qu’il n’y aurait plus de partage.

Mais avec qui alors ? Mes enfants ? Bien sûr qu’il y a partage d’émotions, chaque fois que je les vois, mais ils ont leur vie, ils n’attendent rien de moi, sinon une présence aimante qui sait rester discrète, se tenir prête, oui, mais uniquement quand ils en ressentent le besoin, l’envie. Et il y a du partage, même sans se voir, car nos esprits restent connectés envers et contre tout, et ça nous suffit, même s’ils aimeraient que j’achète une maison dans un coin perdu pour les réunir tous  de temps en temps, et leur permettre de participer à nouveau à ce qui nous a liés si intimenent, la vie de famille, cette communauté joyeuse et aimante que j’ai imaginée, désirée, créée, écrite avec eux, pour eux, et pour moi aussi, bien sûr.

Et cet homme que j’ai aimé passionnément pendant six ans, pourquoi l’ai-je viré de chez moi il y a dix-huit mois ? Peut-être justement parce qu’il avait besoin d’un autre récit de vie, un récit sans moi qui lui avait pourtant permis de mettre en œuvre celui qui l’a vu naître à lui même, FtM passé du Féminin meurtri et éteint au Masculin guéri et flamboyant.

La vie, ma vie, ne serait que partage d’histoires, de récits ? Si je m’y intéresse autant, c’est probablement parce que cela me structure, désormais.

Désormais, ou depuis toujours ? Hasard ou Nécessité ? Déterminisme ou Biologie … Evolution ?

Je laisse la réponse à Carole Châtelain dans l’émission «La méthode scientifique» de Nicolas Martin entendue sur France Culture en rentrant tout à l’heure. A propos des syndromes post-traumatiques, elle évoque une guérison possible…  par le récit.



Explications (tirées de ce podcast vers la 20ème minute):

Lorsqu’il y a événement, il y a production chimique dans le système limbique (amygdale), siège de la mémoire émotionnelle. L’amygdale active alors l’hippocampe, le siège du contexte, décrit comme un GPS. Cet échange chimique nous permet donc de relier émotions et contexte. C’est alors là qu’intervient le cortex, la partie supérieure de notre cerveau, qui prend les commandes et régule en triant, classant, remettant ce lien émotion/contexte en perspective avec d’autres liens similaires,  passés au rang de souvenirs, ceci afin de calmer l’amygdale, l’avertir qu’il n’y a pas à s’inquiéter, pas de danger, pas de peur à avoir, puisque c’est connu et donc sous contrôle. La chimie corporelle régule le tout, les échanges baissent, le coeur cesse de s’emballer, les hormones de tempêter, les émotions de nous faire perdre pied. L’évènement peut alors devenir souvenir, et prendre sa place parmi les autres souvenirs dans la mémoire longue.

Par contre lorsqu’il y a syndrome traumatique (événement traumatisant majeur qui s’imprime très durablement), le cortex est court-circuité. L’amygdale est tellement sollicitée par le flot d’émotions inconnues que l’hippocampe est bien en peine de resituer l’événement dans un contexte. Il y a surchauffe, l’amygdale est sur-activée,  le cortex ne peut plus reprendre le contrôle, la régulation ne se fait pas et donc le souvenir ne s’engramme pas comme il devrait l’être. Chaque fois que la personne traumatisée va se retrouver dans un contexte lui rappelant, même vaguement (fumée, odeur, son, lumière, etc), le choc passé, le souvenir va resurgir avec toute l’intensité de la première fois.

Comment essaye-t-on de soigner ces personnes (protocole CNRS) ? En leur donnant une molécule (propranolol) censée empêcher le système de s’emballer, et en associant cette prise de molécule à une mise en récit de  l’expérience traumatisante, ce qui permet de faire transiter les émotions de l’amygdale au cortex via l’hippocampe. En réitérant plusieurs fois l’expérience, petit à petit le souvenir vivace non régulé, et donc hyper douloureux voire incapacitant, va être transformé, puis rangé dans la mémoire longue, apportant mieux-être et guérison.



Le récit nous sauverait donc, voire nous constituerait en tant qu’être humain.

Et pour finir, je rebondis sur Charpak. J’ai réellement éprouvé une forme d’euphorie à écouter, puis réécouter pour le retranscrire, cet épisode de la « Méthode scientifique » qui m’a ouvert l’esprit et me donne l’envie, joyeuse, de le partager.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Dim 11 Nov 2018 - 0:24

Work in Progress

Curieusement ce midi je me disais que je n’aurais rien à écrire ici aujourd’hui.

Une journée sans histoire, à écouter Jean-Philippe Smadja raconter pendant trois heures l’Histoire des religions. Délicieux, drôle, cultivé, intelligent, cet homme là me ravit (et je remercie celui qui a posé le lien).

Mais de là à en faire un billet, c’était tout de même une gageure.

C’était sans compter sur le double psychodrame du jour, auquel j’ai failli être mêlée, ayant réagi au premier,  mais n’ayant pas vraiment compris l’emballement du second, même si j’ai été témoin de « l’événement ».

Au final c’est une chance d’avoir été occupée intelligemment ailleurs et de l’avoir donc évité. Je suis restée en dehors du flux émotionnel qui a dérapé, j’ai appris des tas de choses sur les religions, j’ai ri en écoutant cet amuseur savant et j’ai même avancé sur le bricolage de mes cadeaux de Noël.

Voilà donc une journée constructive, à tous points de vue.
Il aurait été dommage de ne pas la clore d’un billet.


Ce matin, je l’ai écrit quelque part mais c’est passé à la trappe avec toute cette agitation, je me suis réveillée avec l’idée que je ne devais pas abandonner mon rêve de partage mais que je me trompais peut-être de projet. Certes, j’aimerais bien trouver « mon chacun » (comme dit sur le fil en question) mais avec l’idée qu’alors, une fois cet autre trouvé, je saurais enfin (bah oui, saurais, pas pourrais, car je peux déjà) passer à autre chose, c’est à dire m’occuper du monde.

J’ai donc évoqué l’idée d’une communauté « de vieux fous » quelque part dans la campagne. Cela me semblait une bonne idée, ce matin, au réveil, d’en parler ici. Mais voilà… la journée n’a pas été sans histoire, ici.


"Mmh"... si j’étais dans le jeu, dans une session de RP, mon personnage montrerait sa perplexité, grâce à la description de son visage, ses yeux vaguement plissés, ses sourcils arqués, une moue dubitative, une main sur le menton peut-être ... le « Mmh » prendrait tout son sens dans le langage para-verbal.

Si j’étais dans une session de RP, une fois cette perplexité exprimée littérairement, je changerais de sujet, gracieusement, d’une pirouette, dans un rire, en m’appuyant sur le côté un peu naïf de mon personnage. Ou peut-être qu’au contraire, sous un autre personnage, doté par exemple d’une assurance de dominatrice, j’évacuerais tous ces enfantillages d’un regard noir et laisserait planté là mon interlocuteur abasourdi.

Toujours est-il que je passerais à autre chose, en me disant que le jeu à venir me permettra de toute façon de profiter des échanges futurs.

Mais je ne suis pas dans un jeu et il me faut faire avec ce qui est.

Et qu’est-ce qui reste au milieu des décombres… Un sentiment de gâchis, c’est certain, qui se perçoit dans certains textes, certaines images. Mais au final, rien qui n’ait abîmé tout le potentiel de ZC, toute cette intelligence, cette culture, cet humour, ces idées, ces questions, ces émotions même, qui transitent par ici et nous nourrissent tous un peu.

Ne plus y avoir accès, voilà ce qui me rendrait triste.

Pour le reste…. « Bah ! » aurait sans doute poursuivi mon personnage.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par ludion le Dim 11 Nov 2018 - 0:37

Je suis aussi passé renifler l'odeur de poudrière qui règne ici à la veille du centième anniversaire de l'armistice de la grande guerre...

L'âge sans doute fait que je prends du recul, et que je juge ces épisodes à l'aune de ce que je vois de notre monde hyperconnecté qui transforme tout être humain en "homme sandwich" publiant à qui mieux mieux sa propre photo...

Exister n'est pas s'opposer. Exister me semble juste aller vers là où une lumière brille en soi, en faisant son possible pour ne pas écraser les pieds de ceux qui nous environnent à moins que ces deniers n'essayent de le faire en premier et à répétition...

Exister est aussi à ce que j'en imagine, non pas se sentir aigri ou désabusé par ce qui se trame en se réfugiant dans le rire jaune, dans l'ironie mordante ou l’opprobre dont le fiel se dissimule sous une couverture de soie, mais bien plus partager ce qui de notre monde ne file pas droit en essayant autant que faire ce peut de redresser la barre afin que nos successeurs puissent y trouver un endroit où se permettre d'évoluer comme nous le fîmes.

Il me semble n'être donné qu'aux "riches" (occidentaux) de pleurer sans rien faire, et de regarder le train passer en ronchonnant sur leur congénère qui leur gêne la vue...

Combien d'énergie est-elle donc engouffrée afin d'entretenir conflits de chapelle alors que la cité brûle ??



Dernière édition par ludion le Dim 11 Nov 2018 - 16:53, édité 1 fois (Raison : fautes)
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pabanalitor le Dim 11 Nov 2018 - 0:53

Bonsoir Fleur de Cactus

je ne me sens pas en mesure de critiquer des gens qui travaillent sur leurs thèses depuis si longtemps mais force est de constater que ceux que je présente peuvent se contredire et Jean-Philippe Smadja ne parle pas des phases "ancêtres" puis "esprits" ni de leur efficacité socialement structurante qui me semble logique dans la construction du récit mystique bien avant l’avènement des dieux. D'après moi seulement, ou presque,  les chamanes sont devenus les prophètes inopinément et sont à l'origine de la verticalité des sociétés, pas les chefs, qui selon lui sont des chefs de guerre qui sont devenus rois. Mais qui suis-je ? ^^ Mais j'ai des arguments dont on peut discuter en comité restreint.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Dim 11 Nov 2018 - 13:57

Pabanalitor a écrit:D'après moi seulement, ou presque,  les chamanes sont devenus les prophètes inopinément et sont à l'origine de la verticalité des sociétés, pas les chefs, qui selon lui sont des chefs de guerre qui sont devenus rois.

J'ai effectivement noté  sa propension à tout expliquer par cette montée en puissance des chefs de guerre (et y compris des hommes vs femmes - alors que, par exemple il y a eu chez les Celtes la princesse de Vix qui était bien femme ET chef d'un peuple, vers - 550, "preuve" qu'il y a probable dérapage ou extrapolation  dans l'explication) mais je crois surtout qu'il s'est appliqué à démonter les soit disant textes sacrés, et qui dit texte, dit .... écriture, bien évidemment.

Or si on remonte plus loin dans l'histoire, avec l'étude des mythes fondateurs, portés éventuellement par des chamans devenus prophètes, comme tu en as l'intuition, il n'y a pas encore (pour ce qu'on en sait) d'écriture et donc de textes à poser en "lois" qui seront interprétées avant que d'être décortiquées. D'où l'absence de travail de recherche sur le sujet (par le chercheur dont parle Smajda).

Si j'en reviens à ce que tu dis, il faudrait donc qu'il y ait, soit dans l'énonciation des mythes fondateurs, soit dans les recherches archéologiques, des traces de ces liens entre chamans, prophètes et verticalité des sociétés. Comme tu dis avoir des arguments, je suppose que tu as quelque idée sur ces liens. On en parle en comité restreint si tu le souhaites ;-)
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pabanalitor le Dim 11 Nov 2018 - 14:13

Oui enfin mon intuition globale ne s'est pas manifestée à ce moment là, mais à un moment j'ai bien eu l'intuition que je trouverai surement une formulation partielle de ce que je pressentais à lire  La société contre l'Etat de Pierre Clastres. Et c'est lui qui argumente au mieux cette thèse dans son étude d'indiens d'Amazonie, les Guaranis si j'ai bonne mémoire.

Est ce que la stratification sociale, quand il y en a eue,  s'est déroulée partout sur ce mode de fonctionnement ? J'ai seulement tendance à le croire, il peut, il doit y avoir des variantes, plus ou moins importantes.

Mais pour moi en retour, ça fonctionne bien dans mon interprétation de l' individuation au quotidien, dans ma grille de lecture.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 11 Nov 2018 - 15:50

Oui le récit.

Le récit pour soi, par soi et qui finit pour les autres. Pour que d'autres trouvent d'autres pistes.


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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 11 Nov 2018 - 15:52

Et puis le silence.

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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Dim 11 Nov 2018 - 20:40

Work in Progress


L’heure tourne, je passe d’une vidéo à une autre, d’un reportage à un autre, d’une idée à une autre et bientôt viendra l’heure de préparer mon sac pour demain. Et ça me désespère d’avance. J’ai peine à quitter le bain dans lequel je nage avec délices depuis plusieurs heures, dans l’euphorie de la découverte, de la connaissance et de la compréhension.

Pourtant, en dehors de cette contrainte qui m’oblige à reprendre le cours « normal »  de ma vie en cette veille de lundi, je m’aperçois que c’est l’écriture de ce billet quotidien qui me permet de me recentrer, ne serait-ce que le temps de rendre compte de ma journée.

Et j’en ai besoin. Car si les règles que je m’oblige à suivre (ranger, laver, repasser, me coucher avant telle heure,  préparer un cours, corriger des copies, remplir tel papier, etc, etc, etc) m’assurent un quotidien social normé et donc acceptable, elles ne me tiendraient pas en vie longtemps et ne me permettraient sans doute pas d’affronter le jeu social, correctement armée.

Ce n’est donc pas tant la contrainte sociale qui me permet de m’arrêter intérieurement, me recentrer, me repenser, mais le fait d’écrire ce billet.

Me repenser ? J’aurais donc besoin de me repenser, de me raconter, pour être ?  Complètement. Et je pense que c’est la clé de voûte de ma personne. C’est en rendant compte de l’évolution de ma pensée, que je prends forme. C’est en laissant ici trace de mon récit, que j’existe.

Qu’en est-il de cette expression narrative dans la capacité d’être au monde ?
Qu’est-ce qui fait de nous des Humains ? le sens ? le langage ? ou le récit ?

Certes le corbeau créé du sens en utilisant une brindille pour extraire un aliment d’une bouteille, l’arbre créé du sens en émettant les phéromones qui vont prévenir ses congénères d’une attaque parasitaire, et nous créons du sens en montrant à nos enfants comment tenir une fourchette, parler ou exprimer nos émotions.

Mais peut-être n’est ce pas juste de sens dont il s’agit ?

Le récit est la mise en images, sons, gestes, paroles, expressions diverses et variées,  du sens que l’Humain veut transmettre.  Le langage ne serait alors que le moyen d’offrir le récit qui fera sens pour l’individu et les écrits sacrés seraient le récit qui fera sens pour la société.

Mais qu’est-ce qu’un récit ? C’est le point de vue raconté d’un évènement auquel est confronté l’individu.

Ma journée a passé, j’ai réalisé diverses choses, eu diverses pensées, idées, rêves, etc. Tout cela a été malaxé par ma chimie personnelle, émotions, souvenirs, mises en perspective, intuitions, des milliards d’informations ont transité dans mon corps au gré des différentes activités de ma journée.

Mais « tout ça » n’aurait aucun sens si je ne venais pas ici en rendre compte. Car il n’y aura pas silence, après le récit de soi, par soi, et pour les autres, mais bien au contraire production de sens. D’une part parce que ce récit sera suivi d’un autre, qui englobera le premier ou lui fera suite, et ainsi de suite tant que je voudrais me sentir vivante, et d’autre part justement parce que ce récit est lu par d’autres, qui vont l’accepter ou le refuser, le transformer, l’interpréter, et le faire vivre, à leur manière. Ils vont y apporter leur point de vue, même silencieux, ils en feront une part de leur propre récit et c’est ce qui fera sens, pour eux.

J’en arrive à la conférence de David Elbaz (que je résume plus loin) qui a coloré l’ensemble de mes pensées du jour. Pendant une heure trente, cet astrophysicien qui se définit comme observateur et non pas théoricien, refait l’histoire des sciences pour inciter le public à participer à l’élaboration des nouvelles connaissances qui ne vont pas manquer, selon lui, de révolutionner notre perception du monde et donc nous mêmes.

Mais si sa conférence m’a autant passionnée ce matin, ce n’est pas tant parce que j’en ai compris les grandes étapes qui sont autant de blessures narcissiques pour l’Homme,  mais bien parce que j’ai saisi, viscéralement, combien notre perception du Réel n’était qu’illusion ou du moins, parcellaire. Je suis passée d’une perception intuitive à une compréhension plus … « scientifique ».

Le monde n’est que ce que j’en perçois, à l’instant T. Si je suis fatiguée, joyeuse, ouverte, attentive, triste, désabusée, indifférente, etc, etc, etc, le monde ne sera pas le même. Selon l’endroit (physique, émotionnel, intellectuel) d’où je l’observe, mon point de vue aura changé et le réel sera différent.

Or lorsque j’en fais le récit, je lui donne consistance, il cesse d’être une illusion, j’en fais ma vérité. Je le transmets à autrui, il l’interprète, cela devient sa vérité. Le récit passe d’une oreille à l’autre, il est accepté et cela devient LA vérité… le temps qu’une autre vérité soit racontée et reprise par d’autres, ailleurs, plus tard.



Je ne sais pas trop où va me mener ce billet qui m’aura demandé plus de construction intellectuelle consciente que de laisser-aller inconscient, mais ce que j’en ressens, c’est que j’appréhende différemment demain, et les contraintes professionnelles qui pourtant me gavent d’avance. Comme si une porte venait de s’ouvrir,  en moi. Comme si j’étais sur le seuil d’un chemin dont je ne sais rien, mais face auquel j’éprouve une forme d’exaltation qui me rend joyeuse. Et je serais bien bête de bouder mon plaisir.


Un résumé, forcément biaisé, de cette conférence intitulée "L'univers est-il une illusion » par David Elbaz à Rennes.

L’histoire scientifique telle qu’elle est racontée par Elgaz est une suite d’étranges coïncidences, qui, après observation et théorisation, nous ont blessés et remis à notre place.

Première étrange coïncidence, les planètes tournent de façon synchrone. Copernic, comprend alors que c’est nous qui nous déplaçons. Implication de son observation : découverte de  la gravitation universelle. Grâce à Copernic on est passés d’une étrange coïncidence à un changement de paradigme.  

Deuxième étrange coïncidence, il y a une analogie parfaite entre la gravité et l’accélération. Le nouveau point de vue permet d’observer que la gravité dépend du mouvement. Implication de cette seconde observation, la gravité est liée à l’espace temps, ce qui donne la théorie de la relativité générale d’Einstein.

Troisième étrange coïncidence : les étoiles et les galaxies se déplacent trop vite, ce qui induit que la gravité change et devrait nous entraîner vers la découverte d’une nouvelle théorie de la gravité.

Quatrième étrange coïncidence  : l’exploration de l’Univers nous révèle aujourd’hui que la matière dont nous sommes faits (ou ce que l’on voit autour de nous) ne forme qu’une parcelle insignifiante du système cosmique.

Première blessure narcissique : la révolution copernicienne, qui induit que nous ne sommes plus au centre géographique du monde.

Deuxième blessure narcissique : la révolution darwinienne qui nous démontre que nous ne sommes pas au centre historique du monde, nous ne sommes que le produit d’aléas et non pas l’aboutissement final d’un Grand Dessein.

Troisième blessure narcissique  : avec la psychanalyse et l’inconscient, l’Homme découvre qu’il n’est pas le capitaine de ses émotions, qui sont commandées par l’inconscient.

Quatrième blessure narcissique : Nous sommes fait de « rien » au regard de la totalité de l’Univers.

Conclusion : « Nous sommes à la veille d’une nouvelle révolution scientifique qui va complètement révolutionner notre point de vue ».
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par ludion le Dim 11 Nov 2018 - 21:23

Le récit n'est-il pas également exprimable dans l'acte, hors de toute parole ? Le récit comme impulsion, comme induit énergétique, comme rebond d'un réel ontologique qui exprime son effet par induction ?
Le récit une fois posé n'est-il pas la résultant d'actes l'ayant précédé et par cela mis en stase, car reflet d'un passé qui échappe au lecteur ? Donc une décorporation, sorte de suspens dans le temps, sorte de collision qui renvoie par le choc même émetteur et récepteur dans des directions séparées à la recherche de leurs propres conclusions augmentées, l'élan étant le préalable à la prose ?


Dernière édition par ludion le Dim 11 Nov 2018 - 23:23, édité 1 fois (Raison : faute)
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 11 Nov 2018 - 21:41

Le silence n'est pas tant le silence des mots que le silence émotionnel, cette sorte de transe intérieure qui signe comme autant de coquilles parsemées sur la route des pèlerins, que nous sommes sur la bonne voie, la nôtre. Une sorte de douceur, de tendre joie intérieure, c'est cela que j'aime nommer silence.
Si Dieu existait, c'est de cet habit-là que j'aimerais le reconnaître vêtu.
J'aime taire ma vie le temps de retrouver celle de ceux que j'aime dans le présent ou dans le souvenir.

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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Dim 11 Nov 2018 - 21:52

@ Ludion :
Mais quand je parle de récit, je ne parle pas (parler ^^') nécessairement de textes. C'est mon mode d'expression, mais une peinture est un récit. Une musique est un récit. Une sculpture est un récit. Une icône est un récit. Un rite est un récit.


@ Cuicui :
Ce silence là me parle, et me plaît. Et je pense qu'il est effectivement présent dans l'élaboration du récit intérieur qui suit celui que l'on a entendu de l'Autre. Le temps d'incorporer, s'approprier,  ce qui a été exprimé, narré, et donc de ... "l'incarner" en quelque sorte.


Mais je réagis intuitivement, et je m'en vais de ce pas y réfléchir plus avant.
Merci de vos réactions, quoi qu'il en soit, car elles m'aident à avancer.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 11 Nov 2018 - 21:58

Je n'ai pas lu ton texte en le réfléchissant. Il est tellement bien écrit que je me suis laissée porter et j'ai écouté l'echo qu'il avait en moi et j'ai tenté d'y apposer quelques mots.
Merci à toi.


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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Mar 13 Nov 2018 - 0:01

Work in Progress.

Je ne pouvais pas laisser passer le jour sans poser quelques mots ici. Mais rien ne me venait, qui ne soit déception, ou tristesse. Alors j'ai eu envie de poser un texte déjà écrit il y a quelques années. Je l'ai totalement repris, pour le faire mien aujourd'hui. Je me dis que si j'ai eu envie d'y passer la soirée, c'est qu'il était important pour moi, ce soir.



Un vieil homme marchait seul sur une terre aride. Cheminant seul il se traînait, les épaules basses, le front soucieux, la barbe longue et grise, s’épuisant à chercher son chemin. Désespérant de le trouver il s’enfonçait chaque jour un peu plus dans sa triste condition.

Un soir de lassitude extrême, assis au coin d’un feu qu’il avait préparé pour la nuit, il décida de s’adresser à ceux qui, sûrement, décidaient de Tout. Sur le sol dur et sec il leva les bras et s’écria en s’adressant au ciel. « Eh ! Vous là haut ! N’avez vous donc pas pitié de moi, vous qui m’observez du haut des cieux ? Ne voyez-vous pas que je suis là depuis des mois, peut-être même des années, seul, et sans soutien ?  Pourquoi restez-vous silencieux ? Je cherche le Chemin, si vous existez, montrez-le moi !».

Il resta quelques secondes à regarder le ciel étoilé, puis, persuadé de son insignifiance, il soupira en jetant une poignée de terre sur le feu. Maugréant contre cette vie qui n’avait aucun sens, il ressassait sa peine.« A quoi bon, à quoi bon » répétait-il dans sa barbe, les yeux rivés sur le feu. « De toute façon, je n’y arriverai pas. Je le cherche depuis si longtemps, j’aurais déjà dû le trouver. C’est évident, ce chemin n’existe pas ».

Replié sur lui-même, il ne vit pas le drôle de petit personnage qui semblait prendre forme au coeur des étincelles. Lutin ou farfadet, korrigan ou chimère, c’était à n’en pas douter un être venu du fond des âges. « Quel chemin cherches-tu donc ? ».  Le vieil homme redressa la tête et s’adressa au vent. « Mais !!!! Celui de la Vérité, quelle question ! » Il tonnait dans la nuit et le son de sa voix sembla alimenter le souffle du feu qui se mit à crépiter un peu plus.  

Un rire tintinnabula dans le silence de la nuit. L’homme tonna encore plus fort et le son de sa voix résonna dans le désert. « Cesse donc de te moquer ! Pourquoi viens-tu m’importuner, au lieu de me montrer le Chemin ! ».

Le cœur de l’homme était maintenant submergé de colère, il s’emportait pour se donner du courage, celui d’affronter les éléments, le temps, l’espace et même les dieux qui l’avaient abandonné. Le rire fit place à une toute petite voix, comme celle que l’on entend du fond de son abîme intérieur. « Et pourquoi est-ce si important, de trouver ce chemin ? ». Le vieil homme haussa les épaules et laissa échapper un souffle de rage mal contenue. « Tout le monde sait bien que nous sommes ici pour connaître la Vérité et qu’il faut pour cela trouver le chemin ! Mais d’où sors-tu donc, pauvre ignorant ! ».

La petite voix reprit. «  Et si je te disais que tu es déjà sur ce chemin ? Et que tu perds ton temps à chercher des signes qui te rassureront ». Un grand éclat de rire mauvais souleva le corps de l’homme et réchauffa son cœur meurtri. "Que me chantes-tu là ? Mais si j’étais sur ce chemin, depuis le temps,  je le saurais, pauvre idiot que tu es ! ». Le feu crépita et la petite voix s’éleva de nouveau. « Ah oui ? Et comment le saurais-tu ? ».

La main de l’homme passait et repassait  dans sa longue barbe grise, la perplexité le gagnait. « Et bien, cela se saurait, je veux dire, je le sentirais ! Je le verrais ! Quand on regarde quelqu’un dans les yeux avec attention, on peut savoir s’il dit la vérité ou pas. Et bien, c’est la même  chose, si j’étais sur le vrai chemin, le mien, celui de ma Vérité, je le verrais, c’est aussi simple que ça ! ».

Il y eut un silence puis la petite voix s’anima dans le crépitement du feu. « Il se trouve que j’ai là un morceau de roche aussi poli qu’un miroir. Voudrais-tu le prendre ? ». Immédiatement l’homme retrouva sa colère. « Prendre ce caillou, et pour quoi faire ? ». Mais tout en vociférant, il se pencha et prit avec précaution le morceau de roche qui brillait sur le sol. « Oui, et alors ? » commença-t-il exaspéré tandis que son regard était attiré par un éclat.

« Qu’est-ce donc que ceci ? » pensa-t-il en son for intérieur, le regard perdu sur la surface polie. "On dirait un fanion dans la nuit, une sorte de guide, ou un appel". L’homme s’affaissa sur lui même, sans prendre garde au feu qui reprenait de plus belle avant de bientôt s’éteindre. « Dis moi, toi qui sais si bien lire la vérité au fond des yeux, que lis-tu dans les tiens ? » reprit la voix avec douceur. L’homme opinait lentement, silencieux, le regard perdu dans son reflet.

La petite voix continua. « Tu cherches la Vérité, mais elle est déjà en toi. C’est là le vrai chemin. Il n’en existe nul autre. Cela ne sert à rien de rager seul dans ce désert. Assieds toi, et laisse toi être. Toi seul sait comment être vrai ».

Assis dans la nuit auprès de quelques braises, un vieil homme esseulé découvrit que la Vérité était là, juste là, au milieu de nulle part. Tout simplement.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par ludion le Mar 13 Nov 2018 - 0:12




L'utilité de l'inutile - Nuccio Ordine:

Il n'est pas vrai – pas même en temps de crise – que seul ce qui est source de profit soit utile. Il existe dans les démocraties marchandes des savoirs réputés « inutiles » qui se révèlent en réalité d'une extraordinaire utilité. Dans cet ardent pamphlet, Nuccio Ordine attire notre attention sur l'utilité de l'inutile et sur l'inutilité de l'utile. À travers les réflexions de grands philosophes (Platon, Aristote, Tchouang-tseu, Pic de la Mirandole, Montaigne, Bruno, Kant, Tocqueville, Newman, Heidegger) et de grands écrivains (Ovide, Dante, Pétrarque, Boccace, L'Arioste, Cervantès, Lessing, Dickens, Okatura Kakuzô, García Márquez, Ionesco, Calvino), Nuccio Ordine montre comment l'obsession de posséder et le culte de l'utilité finissent par dessécher l’esprit, en mettant en péril les écoles et les universités, l’art et la créativité, ainsi que certaines valeurs fondamentales telles que la dignitas hominis, l’amour et la vérité. Dans son remarquable essai traduit pour la première fois en français, Abraham Flexner souligne que les sciences, elles aussi, nous enseignent l’utilité de l’inutile. Ainsi, s’il élimine la gratuité et l’inutile, s’il supprime les luxes jugés superflus, l'homo sapiens aura bien du mal à rendre l’humanité plus humaine.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Mar 13 Nov 2018 - 20:27

Work in Progress


Depuis ce matin je suis dans un bien curieux état, sidération, au bord de l’implosion pour cause d’absence d’interlocuteur, profonde tristesse qui augmente avec l’heure qui tourne et mes survols de ZC.

Depuis hier, j’ai le le sentiment - très net encore tout à l’heure, mais qui s’efface à mesure que j’oublie le monde du dehors en navigant sur le net - que je suis dans un train qui fonce dans le vide, ou dans un mur, à très vive allure, debout, seule, dans un wagon bondé de gens qui ne voient rien, ou s’en foutent, et moi qui ne sais plus que faire.

Est ce que je dois dire ce que je ressens ?
Et si oui, où, comment, pour moi seule, à voix basse, ou un peu plus fort, dans le wagon, ou sinon dans tout le train ?
Ou bien dois-je m’asseoir sagement dans un coin et attendre de voir ce qui va se passer ?

C’est dit l’air de rien, mais je me pose très sérieusement la question.

Je ne sais plus comment être face aux étudiants, je ne sais plus faire semblant, je ne sais plus parler de demain sans dire qu’on va dans le mur, je ne sais plus leur transmettre de l’espoir, je ne sais plus… y croire, tout simplement. Et ça ne me ressemble pas.

Bascule ? Effondrement ?
J’ai le sentiment de vivre dans ma chair ce qui se passe dehors.
Et c’est difficile, là, vraiment.

En rentrant tout à l’heure, ou peut-être hier, je ne sais plus, sur France Culture, une nième émission sur « tout fout le camp », ici, là, partout, faune, flore, climat et tutti quanti. Le scientifique, constatant avec le journaliste que toutes ces informations forment un fond sonore permanent que l’on n’entend plus, dit alors, désespéré, « De toute façon, maintenant, le sursaut ne pourra se faire que lorsque les gens le comprendront avec leurs tripes ».

Je ne suis pas scientifique.
Je n’ai aucun poids, culturel, social, économique ou politique.
Je ne suis experte en rien, sinon mes propres émotions, à force de les disséquer.

Je sais un peu écrire.
Est-ce que c’est ce que je dois faire ?
Mais où ? comment ? pour qui ? pour quoi ?

Je ne sais plus. Et j’en pleure, là. Vraiment.
Et je me trouve très conne, bien évidemment.
Foutue sensibilité inutile.

J’imagine que ça passera, comme le reste.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Mer 14 Nov 2018 - 23:27

Work in Progress

La sidération a laissé place à un flottement, plutôt doux, vaguement désabusé. Je ne sais pas plus où je vais, mais j’en suis moins triste.

Hier soir, n’étant capable de rien, je suis allée sur le jeu, histoire de passer le temps. Seule, mais je savais que cette déambulation virtuelle aurait des vertus calmantes.

Alors que je ne m’y attendais pas, j’ai vu débarquer mon compagnon de jeu, désireux de communiquer. Il faut dire aussi que nous ne nous étions pas croisés depuis une dizaine de jours.  De fait il était en veine de détails sur sa maladie, son opération à venir, son chat à caser, sa vie chamboulée. Plus d’une heure d’échanges auxquels je ne croyais plus. Et même si je suis restée assez peu impliquée, bien moins que par le passé, par crainte d’en avoir mal, cela m’a quand même fait du bien, puisque je me suis couchée moins triste, et réveillée de même.

Pendant la matinée j’ai réfléchi à une évolution de ma quête, ou je ne sais quel nom lui donner, avec les crapauds fous. Mais c’est probablement une impasse, c’est en tout cas ma conclusion du moment.

Puis, lors de mes pérégrinations sur ZC, je suis tombée sur une petite vidéo de critique littéraire à propos du roman de Georges Perec, "La vie mode d’emploi ».C’est un roman que j’ai lu, il y a longtemps, et dont je connaissais le principe, mais sans en connaître tous les détails mathématiques, amusants. Cela m’a inspirée et j’ai passé une bonne partie de l’après-midi à bricoler en y réfléchissant.

De la contrainte peut naître la créativité, pour peu que l’on tienne la distance.

La clé reste la motivation, ou autrement dit le Désir. Et celui là reste encore un mystère à élucider. Mais finalement c’est ce qui me garde en questionnement et donc en vie. Cela ne peut être que positif.

Au final, j’ai le sentiment qu’il va me falloir changer de vie, arrêter ce boulot qui me pèse chaque jour un peu plus, quitter cette ville qui coûte cher, retrouver un mode de vie qui tourne autour de l’écriture.

Idée récurrente, mais qui prend ces jours-ci un parfum de nouveauté. Peut-être suis-je au seuil d’un renouveau. J’ai envie d’y croire.


Dernière édition par Fleur de Cactus le Jeu 15 Nov 2018 - 14:41, édité 1 fois (Raison : Erreur sur le titre du roman.)
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus Hier à 19:21

Work completed


L’idée initiale est née d’une vague colère, a mûri lentement en déception tout aussi vague, est passée par un questionnement sur ce qui me manquerait si j’arrêtais de passer régulièrement par ici, puis, le constat s’étant avéré assez maigre, cela s’est transformé en une relative indifférence.

Un vrai travail de deuil.

Je peux donc désormais m’éloigner, sans tambour ni trompette. Pas d’effacement de compte ou de textes, pas de cris, pas d’annonce, juste une mise en veille temporaire, ou définitive, de ma présence sur ZC.


Voilà ce que j’ai écrit ce matin, complété ce midi, corrigé au cours de l’après-midi.

Voilà donc ce que je poste une fois rentrée chez moi, n’ayant pas évolué sur l’idée de base, mais me questionnant tout de même sur la pérennité de mon ressenti par rapport à l’ensemble de cette plateforme.

En effet, il y a quand même des sujets qui continuent de m’interpeller, des contacts que j’aimerais conserver, et des questions toujours sans réponse.

Mais il y a aussi le sentiment d’avoir épuisé un Désir, sans être capable de le définir, peut-être est-ce le sentiment d’être arrivée au bout d’une histoire, sans pouvoir en imaginer une nouvelle, ici, pour le moment.

Peut-être est-ce la fin de ce fil, tout simplement.

De quoi demain sera fait, ici ou ailleurs, je n’en sais rien.
Mais je pense que cela n’a finalement pas beaucoup d’importance.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Antinéa Hier à 20:09

Le passage de Lotus à Cactus était donc peut-être les prémisses d'un plus grand changement…

Te lire a été un plaisir silencieux jusque là, je me permets de me montrer avant ton absence. Courbette
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par ludion Hier à 20:58

"La vérité est ailleurs" Fox Mulder... C'est ce que je me dis aussi, elle doit être quelque part sur la sente que je parcours...

Fleur de cactus a écrit:En effet, il y a quand même des sujets qui continuent de m’interpeller, des contacts que j’aimerais conserver, et des questions toujours sans réponse.

Eh bien tu peux les lire sans être connectée (pour la plupart). Pour les contacts, un petit MP de partage de coordonnées. Et pour les questions sans réponse, un peu de patience, un peu de lâcher-prise pour réorienter l'énergie : On ne voit pas, parfois, parce que notre regard n'est pas libre, focalisé qu'il est sur un passé qu'on ne peut changer...

Bonne route, c'est ce que je te souhaite.
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