Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Jeu 1 Nov 2018 - 23:36

Il faut laisser la rage d'écrire s'écouler dans l'encre. Transformer le stylet qui perce en sculpteur de lignes, laisser sur la feuille vagabonder les mots qui s'alignent et de toute humeur faire sauter les ancres.

Il faut savoir se parler comme étant autre. Dire ce que le passé se voudrait camoufler. Déclamer sur les toits l'abrutissement du monde et son déchirement qui ne cesse de percer. Regarder en face la course des éons et l'humain qui s'agite à ne faire que courir, chimère et fantôme comme seuls compagnons.

Il faut se dégraisser du matériel immonde - celui qui nous entraîne vers l'étang de Narcisse - afin de se trouver. Refonder le mythe qui nous a fait dresser, un jour lointain, pour mirer l'horizon. L’écueil n'est pas dehors, il est dans le perçu, dans cette envie subite de tout posséder. Mais le tout terrestre est fini, contraire de l'esprit qui rêve encore alors que la noirceur se niche au coin du bois. Revenir à nous, à ce qui nous fonde, à ces petits rien qui meublent les secondes. A la proximité, à une main tendue, à la lenteur de la plante qui pousse, aux mouvements des blés dans un champ assoupi dans la chaleur de juillet.

Le monde est grand quand on marche à pied...


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Jeu 1 Nov 2018 - 23:51

Merci Ludion... je te l'ai déjà dit, mais je le redis, j'adore ce que tu fais des mots.
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Ven 2 Nov 2018 - 18:54

Work in Progress


Qu’en est-il de cette bouteille refermée hier soir ?

Elle est toujours pleine, et fermée.

Mais ça bouillonne là dedans. A croire qu’il y a un Djinn qui ne demande qu’à sortir et piaffe d’impatience, tambourine, crie à l’intérieur pour que j’ôte le bouchon de la colère qui l’a refermée.

D’ailleurs j’ai mal au crâne, rien de grave, sinon que c’est désagréable.

Une façon comme une autre de me ramener dans mon corps, de l’incarner, ce corps qui, au final, est bien la seule preuve que je suis vivante, n’en déplaise aux intellos qui ne croient qu’aux idées qu’ils triturent dans tous les sens.  Intello dont je suis, entendons nous bien, et ça turbine d’ailleurs bien trop vite parfois, mais voilà, je suis aussi femme.

Et parce que je suis femme, j’ai porté et donné la vie, par choix, par volonté, par intuition que c’est ce qui me sauverait. Et ça continue de me sauver, en dehors de toute relation avec ces enfants qui vivent leurs vies, tandis que je les vois au mieux deux ou trois fois par an, et encore, pas tous, quelques nouvelles de temps en temps, tout va bien, tant mieux, j’en suis heureuse, mais je n’y suis pas mêlée.

Finalement c’est ce qui ressort de cette mise en bouteille, cette évidence qui me soutient, la Vie passera toujours, elle se fout bien de savoir qui la donne ou la reprend, elle est là, sous forme de déterminisme, ou physiologie ou psychologie, ou n’importe quel terme choisi par l’Homme pour tenter de définir ce qu’il ne comprend pas vraiment, dans son corps, un terme dont le LOGIE ou le ISME terminal,  tamponnera et validera sa belle intelligence.

Allez, Hop !  Un LOGIE ou un ISME, et voilà ce qu’on ne comprend pas vraiment mais qui inquiète, angoisse et perturbe intimement, vite nommé, étiqueté, catalogué, rangé, cadré, bordé, mis à distance et repoussé hors des limites du corps tout entier.

Cette colère qui m’anime est salvatrice, je le sens. Elle réveille en moi la rage de vivre qui m’habite, cet instinct de survie qui me pousse, presque malgré moi, à rester éveillée à ce qui me traverse, et l’exprimer.

Tout ça n’est qu’affaire de Désir.

On peut bien y mettre tous les mots que l’on veut, si nous sommes encore vivants et s’il restera encore des Hommes (toujours cette masculinité du langage) pour vivre sur une planète défoncée, c’est parce que la Vie se fout bien des conditions de sa présence, et qu’elle s’épanouit au travers des Hommes (et des Femmes, allez, pourquoi s’en priver) grâce à l’instinct de survie de chaque individu au milieu d’un nombre plus ou moins grand d’autres individus.

Et cet instinct de survie va entraîner deux besoins distincts mais complémentaires : d’une part le souci de la reproduction, donner naissance à d’autres, pour que se perpétue la Vie, et d’autre part la survie du groupe et donc la coopération, la confiance, l’échange entre les êtres, l’Amour au sens le plus large possible.

Et qu’est-ce qui sous-tend les deux besoins, le Désir.

Platon l’exprime très bien dans le Banquet, où Diotime pour convaincre de l’importance de louer le Dieu Eros, explique à Socrate : « Ne sens-tu pas que c’est à ce moment-là, quand il verra la beauté par le moyen de ce qui la rend visible" [la beauté d’un corps, puis de la personne, puis de plusieurs corps, puis de plusieurs personnes,  puis de la nature, et enfin de la réalité, « la Beauté en elle-même, celle qui est divine, dans l’unité de sa Forme »], "qu’il sera en mesure d’enfanter non point des images de la vertu, car ce n’est pas une image qu’il touche, mais des réalités véritables, car c’est la vérité qu’il touche ».

Pour accéder à la vérité du monde, et de soi, il faut louer Eros, accepter en soi le Désir qui nous porte. Ce Désir, cette pulsion de Vie, que justement certains hommes (sans H) mais aussi certaines femmes, craignent, et repoussent, et relèguent au rang de pulsions à gommer, effacer, renier, dégrader même au rang de « nature » que la culture devrait être en mesure de cadrer, étiqueter, cataloguer, border, brider, brimer, effacer.

Me vient une conversation passionnante avec mon fils, âgé de 26 ans, celui qui a une assemblée dans la tête. Suite au mouvement #Balancetonporc, nous parlions justement de ce fameux Désir, de ces fameuses pulsions, et du discours ambiant sur « les hommes et leur désir », leur soit disant incapacité à gérer leurs pulsions, ce monstre qu’ils abritent en leur corps. « Comment veux-tu » me disait-il « qu’un garçon qui entend dire qu’il devra se contenir, prendre garde à ne pas agresser les filles, se tenir, même si c’est un discours qui se veut bienveillant, comment veux-tu qu’il n’ait pas le sentiment qu’il est potentiellement un monstre. Bien sûr qu’il existe des personnes qui ne savent pas gérer leurs pulsions, qu’il y a des prédateurs et des salauds, mais de laisser entendre que tous les hommes ne savent pas se contenir induit le sentiment que ce que l’on ressent est monstrueux, de l’ordre du sauvage, de la bête, rien à voir avec l’individu socialisé que l’on a envie d'être, que l’on se sent être, même ».

Voilà le problème résumé en quelques mots.

Certains ne savent pas gérer cette pulsion de vie qui les anime autrement qu’en la reléguant au fin fond de leur cerveau, avec quelques LOGIE ou ISME qui les aideront à border ce qui peine à se dire, tandis que d’autres se rendront malades et laisseront une jolie tumeur s’épanouir en lieu et place d’une pulsion toute naturelle.

Et elle peut s’exprimer comment, cette pulsion de Vie ?

C’est très simple, en fait. Accepter d’être un être entier, corps et esprit intriqués, regarder, écouter, goûter, sentir, vibrer, s’aimer, aimer, faire des enfants, leur offrir de quoi grandir en sécurité, échanger, s’entraider, rire, pleurer, en un mot prendre la Vie comme elle vient, dans ce corps qui bouillonne d’une vie qui déborde.

Et j’ai l’outrecuidance de penser que seules ceux et celles qui acceptent d’exprimer sans fard cette pulsion pourront profiter pleinement de ce que la Vie peut offrir, ici ou ailleurs, qu’il fasse trop chaud ou trop froid, qu’il y ait assez de bois ou pas assez d’eau chaude, que l’on soit cent ou mille, que l’espérance de vie soit de trente ou de quatre-vingt dix ans, etc, etc, etc.

Bon, et bien finalement, la bouteille s’est ouverte.

Je vais pouvoir retrouver celui qui joue avec la mort pour accepter de se sentir vivant. Dans quelques jours il pourra créer le personnage avec lequel il se laissera exprimer un besoin d’Amour qu’il n’ose pas dire autrement. Je serai là et j’honorerai la Vie, et donc l’Amour, avec lui, dans la limite de mes moyens, sur un jeu, parce qu’au final c’est bien la seule chose que je sais faire, aimer la Vie.

« En effet » disait Diotime « le vrai chemin de l’amour, qu’on l’ait trouvé soi-même ou qu’on soit guidé par un autre, c’est de commencer par les beautés d’ici bas, et les yeux attachés sur la beauté suprême, de s’y élever sans cesse.. /…/ ce qui peut donner du prix à cette vie, c’est le spectacle de la beauté éternelle ».
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Dim 4 Nov 2018 - 18:47

Changement de pseudo. Marque d’un nouveau départ ? Aucune idée, même s’il y a, depuis peu, une sorte d’acceptation fataliste d’une réalité qui s’impose à moi et qui pourrait se rapprocher de ce que j’ai lu ailleurs sur le déterminisme.

Fleur de Lotus est un pseudo imaginé en octobre 2012,  date de ma première inscription. C’est le nom du tatouage ancré sur ma peau en juin de la même année, réalisé pour une personne avec qui je vivais une folle histoire. Folle histoire qui me mènera au divorce, puis à une vie quotidienne intense mais compliquée avec un FtM, pour finir par une rupture brutale il y a dix huit mois, pour cause d’évolution du Désir entre nous. La Fleur de Lotus symbolisait une renaissance, et le symbole a tenu ses promesses.

Rien à redire à tout ça, j’en ai parlé ici chaque jour pendant des mois l’an passé, je pense en avoir fait le tour.

Mais justement, ce pseudo n’a plus lieu d’être. Non pas que je n’ai plus cette fleur gravée à même la peau, à vie donc, mais elle n’est plus que la trace d’une histoire passée, elle ne me représente pas, si tant est qu’il faille choisir un pseudo représentatif.

Le pseudo Fleur de Cactus a été évoqué par d’autres, avec la petite phrase « qui s’y frotte s’y pique », et cette idée  m’amuse. Et puis cela reste une fleur, qui n’éclot que rarement, la nuit et après de longues années d’attente, pour certaines. La symbolique me plaît tout autant que la précédente.

Pour autant, je n’ai nulle envie de créer un autre fil ou d’arrêter d’y écrire, pour le moment. J’hésite encore un peu sur la clôture définitive de cette introspection, mais j’ai le vague sentiment que c’est le dernier rempart contre la perte totale de ce que je crois - encore- être ma petite personne. Difficile de se débarrasser de l’Ego.

En même temps, comment accueillir l’altérité, comment l’aimer, si on ne ne sait pas déjà se reconnaître soi-même et s’aimer, et pour ce faire, prendre le temps de se dire.

Ou alors décider qu’il n’y a plus besoin d’altérité pour vivre, évoluer, et même être, et laisser couler ce qui agit en nous sans rien en attendre d’autre qu’étonnement, curiosité, voire émerveillement.

Ne plus rien attendre d’une rencontre avec l’Autre… non, décidément, je ne suis pas prête pour cette vie-là. Me voilà donc obligée de patienter seule, en musiques, écrits, images, rêves, odeurs, textures, couleurs, sourires, captations sensibles et multiples de cette vie qui ne cesse de m’étonner et me combler, malgré tout.

Qui sait, peut-être serais-je définitivement sage le jour où je mettrai le mot Fin sur ce fil.
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 4 Nov 2018 - 18:59

La Chevêchette des saguaros est la plus petite des chouettes du monde. Elle creuse son nid dans les cactus que l'on trouve dans le désert pierreux au sud des USA (en Arizona par exemple).

Peut-être est-ce, de manière imagée, la représentation d'une part de toi qu'il serait bien de laisser s'envoler...


Dernière édition par ludion le Dim 4 Nov 2018 - 19:04, édité 1 fois (Raison : faute)

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Dim 4 Nov 2018 - 19:01

Très belle image ! En plus, cela me donne une idée pour faire évoluer mon tatouage... merci Ludion !
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 4 Nov 2018 - 19:04

De rien Smile

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Biper le Lun 5 Nov 2018 - 8:56

juste pour dire ..mais j'aime trop ton nouveau pseudo Very Happy ... il me colle dans la tête la chanson "le monde entier est un cactus" en plus. Smile bonne journée
Biper
Biper

Messages : 2680
Date d'inscription : 30/10/2015
Age : 45
Localisation : sur le globe

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Lun 5 Nov 2018 - 9:35

Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Lun 5 Nov 2018 - 19:25

Work in Progress

Lundi matin, de retour au travail et je m’ennuie, je m’ennuie tellement… écrire ici est une véritable bouée de survie. En d’autres temps je me serais amusée avec un petit texte de fiction, lié au RP en cours. Mais il n’y a plus de RP, donc plus de fiction quotidienne, et c’est bien triste car j’en ai besoin, de cette dose d’émotions exprimées. Ne me reste que cette misérable analyse de mes émois du moment…


Hier soir j’ai joué avec celui qui a été mon amoureux en RP au cours de l’été 17, puis qui a disparu pendant six mois, en pleine crise dépressive anti-sociale, est revenu au printemps et a très vite envisagé la mise en place d’un nouveau RP amoureux, avec un personnage qui aurait dû voir le jour en juillet et que nous devrons attendre encore jusqu’en janvier 19, si je suis encore là.

Pendant tout ce temps, j’ai patienté. Pourquoi ? Je serai bien en peine de l’expliquer sinon que ce qui s’est passé au cours de l’été 17 a été suffisamment intense et « vrai » pour me donner la motivation, ou la foi, si je porte un regard désabusé sur ma façon de fonctionner. J’étais persuadée qu’il ressortirait de l’abîme dans lequel il avait plongé en septembre 17 et qu’il allait revenir vers moi, pour jouer. C’est bien une sorte de  foi.

Depuis Avril nous jouons un soir sur deux voire plus, normalement avec la communauté RP (lui un vieil intendant, grincheux et atrabilaire,  moi son assistante, une jeune femme accorte et enjouée), mais depuis l’arrivée de la nouvelle extension, en août dernier, plus de RP et donc que du PVE, rien que tous les deux. Quêtes, recherche d’objets, défis, donjons, nous passons d’un personnage à l’autre, virtuellement attentionnés, blaguant énormément, sans aucune référence au réel ou peu, juste assez pour savoir qu’il était vaguement sorti de dépression, avait arrêté les médicaments, dormait très mal puis au contraire tout le temps, tentait une reconversion, devait suivre une formation agricole, envisageait donc de nouveau un avenir moins sombre.

Pendant tout ce temps il est resté caché derrière un masque de dureté, de rage et de cynisme, ne réussissant à montrer son vrai visage (tout à l’opposé) que dans l’humour, les attentions à ma présence, et le temps passé ensemble. Il arrivait donc très souvent qu’il n’y ait aucun dialogue entre nous, et je m’y suis habituée, m’en suis même contentée, avec plus ou moins de bonheur, la lassitude m’éloignant quand même petit à petit de lui, du jeu, de cet espace virtuel à mesure que mon retour sur ZC comblait une grande part de mes besoins de « connexion ». Je me détachais de lui, et cela me semblait sain.

Mais voilà que la vie s’est chargée de le pousser dans ses retranchements, et de l’obliger à tomber le masque. Ce qui me désarçonne, et me bouscule.

Il y a deux semaines, et l’ initiative venait de lui, nous devions jouer un couple en RP lors d’un événement communautaire. J’en ai parlé ici. Ce soir là il m’a annoncé -sous couvert que je ne pose aucune question- qu’il venait de subir une biopsie pour une tumeur. Démerdes toi avec ça en avais-je conclu ce jour-là, dépitée par son laconisme et son enfermement empêchant toute expression d’empathie.

Les jours qui ont suivi, dans l’attente des résultats de la biopsie, il a de nouveau disparu du jeu. Quand il est revenu il m’a informée du caractère cancéreux de la tumeur, d’un message tout aussi laconique, clos sur une *fin de transmission* me laissant sans réaction, et pour cause.

Il s’est de nouveau retranché dans son mutisme ordinaire, dans l’attente d’une nouvelle biopsie, faisant tout de même quelques petites entailles au contrat qui nous lie (silence radio sur le réel, ambiance déconnante, blagues et jeux de mots, aide et conseils sur le jeu), entailles qui m’ont déboussolée chaque fois un peu plus et m’incitent aujourd’hui à me questionner.

Cela a commencé par une phrase simple, écrite entre deux informations concernant le jeu. « Tu sais quoi… « . Silence de plusieurs secondes. « Je me sens vraiment con….  mais j’ai peur ». Ce à quoi, bien qu’étonnée par cette entorse au contrat, j’ai répondu qu’à mon avis, c’était normal.

Le lendemain, il s’est inquiété de savoir si, du fait d’être prof, j’étais en vacances, et donc en mesure de jouer plus tard. Le sur-lendemain,  si je pensais pouvoir faire un peu de RP pour que notre projet reprenne vie dans la communauté en attendant qu’il puisse créer le fameux personnage attendu, terminant sa phrase par un « si le crabe ne m’a pas becqueté d’ici là ». Une autre fois, qu’il en avait assez de jouer son personnage de vieux grincheux (tellement désireux de jouer l’autre personnage en attente). Hier soir il m’a prévenue que subissant de nouvelles biopsies aujourd’hui, il ne savait pas s’il serait en forme pour jouer avec moi, s’en excusant d’avance.

En une semaine il m’a donné plus d’informations « intimes » qu’en un an. De plus, de nombreux signes indiquent que « quelque chose » est en train de changer, sa syntaxe bien plus calme, ses smileys (inexistants auparavant), ses blagues qui ont perdu toute acidité, ses propositions d’aide récurrentes, etc, etc, etc.

Alors que je m’étais faite à l’idée que cette relation n’en était pas une, ou disons que j’étais la seule à y trouver du sens, voilà qu’il semble y prêter une attention que je ne lui connaissais pas, voilà qu’il semble même espérer me retrouver, et le montrer, voilà que tout à coup il me signifie, presque directement, que ma présence à ses côtés revêt un caractère particulier.

De retour chez moi, je termine ce texte écrit tout au long de la journée. En le corrigeant, je raccorde au fil sur le déterminisme et je tâche de me poser, car « tout ça » me déboussole, c’est évident. Même si j’ai bien conscience que « tout ça » est dérisoire et consternant, au regard de sujets bien plus élevés et généraux, qu’ils soient philosophiques, politiques, scientifiques ou autres.

Quoi qu’il en soit, ce soir j’irai jouer, comme prévu. Je ne sais pas s’il sera là. S’il ne l’est pas, je quitterais le jeu pour écrire, très probablement. Et s’il vient malgré sa journée éprouvante à l’Hôpital… j’aimerais juste ne pas replonger dans une relation déséquilibrée, moi transparente et sincère à l’excès, lui opaque et méfiant, tout autant à l’excès. A moins que j’en sois incapable. Alors il me faudra simplement l’accepter et me laisser vivre cette évolution de notre relation, en espérant que je n’en souffre pas trop, plus tard.

Assez simple à écrire, mais pour le reste…
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Mar 6 Nov 2018 - 11:13

Work in Progress

Acceptation, écrit Ludion dont j’apprécie toujours autant les interventions, même si je ne peux pas (ou ne veux pas) suivre tout ce qu’il propose de scientifique, faute de temps, manque d’intérêt pour « le reste du monde » ou frein de mon Ego qui renâcle à se laisser gommer, aucune idée.

Oui, acceptation. Mais jusqu’où ? Je me sens entrer peu à peu dans cette « acceptation », comme jamais, mais reste toujours cette lancinante question d’une solitude non choisie.

Oui, bon, puisque mes actes sont déterminés, je ne peux qu’accepter le non-sens de cette assertion, « solitude non choisie». Cette solitude me pèse-t-elle vraiment ou bien est-ce le sentiment que la vie ne m’a encore suffisamment quittée pour que je me satisfasse de la finir seule.

Bah si ma grande, un peu de lucidité, que diable ! Si tu en es là, c’est que tout ce que tu as fait, dit, pensé, décidé, choisi donc, t’y a amenée. Accepte-le et tu t’en porteras grandement mieux.

Certes. Allons-y alors.

Hier j’ai donc joué,  en RP, pendant deux bonnes heures, et j’en suis ressortie vaguement meurtrie, un peu plus déboussolée, un fond de colère rentrée aussi, et surtout une énorme question qui me tient encore en ce petit matin de calme avant la tempête du monde en dehors, ce monde des autres dont je m’éloigne inexorablement  : pourquoi continuer à jouer avec lui, j’en retire quoi, j’en attends quoi, pourquoi ne pas couper court puisque je n’y suis pas vraiment moi-même, ne pouvant exprimer aucune empathie, aucune émotion qui me traverse, jouant un rôle à l’inverse de ce que j’ai besoin d’exprimer. Je me fais du mal, pourquoi ?

Ce n’est pas la première fois que j’accepte de servir de punching-ball intellectuel ou émotionnel, à un autre qui ne voit même pas la douleur qu’il me cause, insensible à ce qui se passe en terme de Désir, bien trop penché sur sa propre personne. Pourquoi ?

Nous avons donc joué et comme contre toute attente il allait mieux, nous avons donc décidé de RP. Il a choisi l’un de ses anciens personnages, un fermier simple et sans histoires. J’ai choisi de mettre en face de lui une fermière créée dans l’instant, décidant ensemble qu’elle venait de prendre en charge une partie de l’exploitation que nous gérons depuis six mois.

Tout aurait donc dû se dérouler simplement, mais avant de jouer, il a eu quelques mots durs à mon encontre. J’avais posé une question qui n’était là que pour faire du lien, et il me la renvoyée d’un « qu’est-ce que j’en ai à foutre… », preuve qu’il allait mieux puisqu’il retrouvait la dureté du ton, l’absence d’empathie et la sécheresse de coeur dont il fait preuve d’ordinaire.

Mon personnage de fermière est instantanément devenue inexpressive, froide, polie mais sans plus, à peine insérée dans un jeu social que je n’avais plus envie de jouer. Sans l’avoir choisi (ahaha) il s’est alors retrouvé en RP face à une personnalité similaire à la sienne, quelques minutes avant, la rage verbale en moins. Ma colère est souvent froide, rentrée et mon Ego meurtri se cache derrière une barrière lisse d’indifférence silencieuse mais feinte, car je souffre.

Deux heures plus tard nous nous sommes quittés comme peuvent le faire dans la vraie vie deux collègues qui auront effleuré ensemble le jeu social. Rien de transcendant. Et je me suis retrouvée face à mon écran qui s’éteignait avec cette question très simple : A quoi bon perdre deux heures le soir pour rajouter à ce que je subis dans la journée…

Le temps passe, j’évolue, je plie, je râle, je m’observe, je rêve, puis je me moque, je perds mes illusions, je m’attriste, je pleure, je me redresse, j’accepte, puis j’y retourne, je ris, je chante, je recommence à rêver, questionner, sourire, pleurer, écrire, encore écrire, et repartir en guerre contre moi-même.

Avec tout ça je remplis ma page d’un jour, vaillant petit soldat du questionnement sur Soi, gentille petite guerrière d’une bataille éternelle, entre un Moi essoufflé et un Tout indifférent.

Me reste tout de même cette question que personne n’a prise au vol : qu’en est-il du Désir, dans cette acceptation d’un Réel purement imaginaire, simple suite causale d’une infinité de faits, actes, pensées qui sont autant de variantes à l’émergence du moment. N’est-ce qu’imagination ? affabulation du Moi ? encore un mythe pour tuer le temps ? Pourquoi continuer alors, si tout n’est que contes, fables, comptines et faridondaines  ? Ne resteraient que la danse des mots sur le papier, des couleurs sur la toile, des notes sur la corde d’un violon, d’une fragrance au détour d’un chemin … Tout ça, mais rien d’autre.

Si au moins je pouvais l’accepter…
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Mer 7 Nov 2018 - 19:53

Work in Progress

Une journée « libre » dans le planning hebdomadaire, et des milliards de choses à réfléchir, chercher, penser, ou faire. Mais c’est aussi, encore, du temps en solitaire. Cette journée en est-elle encore plus libre ?

Voilà une question intéressante. Une question qui amènerait une réponse qui pourrait me combler et me donner -enfin- le sentiment que si je suis seule c’est, d’une, parce que je l’ai voulu, même inconsciemment, de deux que cela correspond à un besoin, et de trois que je suis bien bête de ne pas en profiter encore plus.

Réfléchissons y donc.

Première constatation, cette journée n’est libre que parce que, ayant bien rempli les autres jours, je ne suis pas obligée d’aller travailler le mercredi pour gagner un surplus, ce qui me laisse donc tout loisir de remplir cette journée comme je le souhaite.

Mais, seconde constatation, je sais dans le même temps que cette journée ne durera pas, qu’elle est unique dans ma semaine, que demain je devrai me lever tôt pour justement aller travailler, et gagner de quoi vivre pour le mois à venir.  Elle est donc limitée dans le temps, et force est de constater que je compte les heures, tâchant de remplir chacune d’entre elles d’un maximum de « choses » extrêmement variées, certaines autour de l’écriture, fiction ou auto-analyse, ou la transformation textile, la création, plusieurs obligations qui s’intercalent par petites touches rapides et pour lier le tout un coup d’oeil régulier sur ZC, source inépuisable d’informations et d’échanges qui me gardent éveillée.

Troisième constatation, je ne me sens pas capable de faire autrement,  j’ai donc besoin d’une multiplicité d’actions, de pensées, d’occupations, pour remplir ma journée. Sans cette multiplicité je m’étiole, ou en tout cas j’ai peur de m’étioler.

Comment analyser ces constatations ?

Ce matin, pour démarrer cette journée libre,  j’ai regardé/écouté, la vidéo de Cyril Dion sur « L’effondrement est déjà là ». J’ai lancé la vidéo et les tous premiers mots, en préambule, m’ont convaincue de la pertinence de la suite.

« Pour moi ce qui cloche, je vais enfoncer une porte ouverte, mais le problème c’est qu’on a peur de mourir, c’est ça le problème. On a tellement peur de mourir, tellement besoin de trouver une explication sur le fait qu’on est sur cette planète et qu’on sait que notre existence va s’arrêter.. qu’on met en place tout un tas de stratégies pour se protéger.. des stratégies qui sont à la fois des stratégies de domination, ou des autres individus ou des autres espèces, et des stratégies pour jouir, donc divertir notre attention de cette terreur /…/. » Cyril Dion.

Je suis foncièrement d’accord avec cette idée de peur de la mort. Pourtant je ne la ressens pas en moi. Mais je ne supporte pas l’idée de la vieillesse telle qu’elle est présentée socialement. Il y a encore peu je criais haut et fort que je refusais l’idée même de la retraite, comme si le travail représentait pour moi le summum de la « vie bonne ». Bullshit, bien évidemment. Ce n’est pas le travail qui est important mais le fait de créer, construire, SE construire.

Quand je zappe d’une activité à une autre, comme aujourd’hui, est-ce que je fuis la mort ? Possible, mais ce n’est pas comme ça que je le ressens. Par contre, et c’est encore Cyril Dion qui le dit plus loin, je suis une indécrottable …. non pas optimiste comme on me l’a si souvent jeté à la figure avec condescendance (et en particulier le père de mes enfants) … mais créatrice, positive quant à l’action que je peux avoir sur moi-même et un peu dans le monde,  donc en construction, et en constante évolution.

Or il est là, mon questionnement du jour, plus particulièrement quand je parcours ZC et que j’observe certains comportements, que je peux avoir aussi, car je n’en suis pas exempte. Il y a une telle dispersion d’énergie à courir dans tous les sens sans aucune production derrière, cela me sidère, et me questionne.

Est-ce que je m’applique à « produire » toutes sortes d’objets (pris au sens large), et donc écrire ici ce billet quotidien, pour justement cadrer, contrer ma peur  ? ou plus simplement pour transformer toute cette énergie qui m’habite ?

Est-ce que la résilience, dont on parle tout de même beaucoup sur ZC et dont je pense être dotée, ce ne serait pas justement cette capacité à transformer la peur de la mort, l’Angoisse donc, en Désir ?

C’est possible, mais alors comment ?

Puisqu’on ne peut guère échapper au déterminisme qui fait de nous les récepteurs/destinataires d’une chaîne causale générale qui nous dépasse, on peut peut-être quand même se questionner sur ce qui sous-tend cette réception du point de vue de l’individu et donc de ce qu’il en est de son Désir.

Nous sommes des êtres de récit. D’après Nancy Huston, dont parle d’ailleurs Cyril Dion, ce qui fait de nous des humains est justement cette capacité de transformer nos peurs et nos questions en récits.

Si, pour tenter de comprendre ce qui nous soutient, on utilise le schéma Actantiel de Greimas, un chercheur en sémantique qui a travaillé sur la structure du récit, on peut voir qu’en effet, sans désir (souvent représenté par la quête que devra assumer le héros) point de récit.

Désir et Angoisse, les deux facettes d’une même notion qui me travaille suffisamment pour m’inciter à écrire ce billet. Est-ce que je serais encore capable d’y réfléchir si je n’étais plus seule ? Je veux croire que oui, même si, c’est évident, j’aurais un autre point de vue. Après tout, ce n’est pas comme si j’y réfléchissais pour la toute première fois.

Mais tout de même, je crois que ce célibat « forcé » m’oblige à réfléchir autrement et qu’il est probablement bien bénéfique que je ne l'imaginais.
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Jeu 8 Nov 2018 - 0:56

Petite expérience de pensée :

Et si l'on prenait l'Univers comme machine à produire du sens ? Que l'on considérait qu'après la mort physique seules les expériences, déductions, souvenirs et autres découvertes ou adaptations du même acabit puissent être extraites de l'Univers pour servir autre part ?

Cette pensée que je viens de formuler n'est pas réservée à l'humain. Un corbeau crée du sens quand il utilise une branche pour extraire une aliment d'un col de bouteille (mais je ne sais pas s'il crée un mythe autour de cela, bien qu'il transmette son savoir faire aux corbeaux qui l'entoure). Un arbre qui émet de phéromones pour prévenir ses congénères d'une attaque parasitaire crée également du sens... Pour autant, je ne crois pas non plus que le mythe influe sur lui pour l'inciter à agir.

N'aurait-on pas bénéfice, en tant qu'être conscients, à nous regarder comme finis en même temps que profondément interdépendants, à la fois de nos semblables et de tout ce qui nous entoure (ce qui gomme bien le sentiment de solitude au passage ^^), en plus que de nous sentir reliés au tout dans l'immensité du temps, non bordés, non contraints par notre enveloppe corporelle limitée ?

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Charv le Jeu 8 Nov 2018 - 1:40

Fleur de Cactus a écrit:
Me reste tout de même cette question que personne n’a prise au vol : qu’en est-il du Désir, dans cette acceptation d’un Réel purement imaginaire, simple suite causale d’une infinité de faits, actes, pensées qui sont autant de variantes à l’émergence du moment. N’est-ce qu’imagination ? affabulation du Moi ? encore un mythe pour tuer le temps ? Pourquoi continuer alors, si tout n’est que contes, fables, comptines et faridondaines  ? Ne resteraient que la danse des mots sur le papier, des couleurs sur la toile, des notes sur la corde d’un violon, d’une fragrance au détour d’un chemin … Tout ça, mais rien d’autre.

Si au moins je pouvais l’accepter…

En vie. Envie.

Le désir, c'est l'écriture d'un scénario.

Ou plutôt : l'écriture du début d'un scénario, d'une histoire "à suivre".

Que la vie réelle va corroborer ; ou non ; ou, c'est peut-être le mieux, transcender, emporter vers des récits inattendus. Seront-ils satisfaisants ? A toi les commandes, en tant que scénariste, pour l'hypothétique, en tant qu'actrice, pour l'effectif, en tant que réceptacle, pour tout ce qui t'agit. Et c'est bien de l'ordre du verbe, d'être "réceptacle". Pas un verbe d'action, un verbe d'état. Mais un verbe, plus qu'un sujet ou un objet.

Mais, toujours : mise en récit. Ce qui fait sens, tant au sens sémantique que directionnel. Le sens de la vie ? mouarf... Trouver le sens, trouver un sens, établir des correspondances, des signifiants, faire des liens, trouver l'omega dans l'omicron, comme en fractale... J'aime la proposition de Ludion : et si tout ça n'était que "producteur de sens" ? Est si tout ça ?
Il semblerait, je reprends l'idée à Tinocco, mais celle-ci était déjà mienne avant de le lire, quoique plus confuse, ignorant que j'étais du fameux écart, puisque ignorant de l'existence même de surdouance, que si les typiques arrivent à se satisfaire (ou non !) d'adhérer aux récits, mythes, contes, que d'autres ont confectionné, et d'y jouer leur rôle, il faille au zèbre se confectionner le sien propre, de récit, de scénar, de mythe. Alors, "réel", "imaginaire", qu'importe ? Avant tout, créer le récit, faire sens, littéralement, et dans tous les sens.

"Ce qui me plaît chez toi, c'est ce que j'imagine."

Et, puissance performative du récit, rétrospectif, prospectif, ou "work in progress", on s'en fout, le dire devient le réel, comme le bateau ivre devient le poème de la mer. Mots sur le papier, couleurs sur la toile, note sur une corde, oui ! Mais cela devient, cela est. Et cela a été. Pour toujours, et de toute éternité. Et cela est bien plus qu'une simple suite causale : une mise en récit. Une invention du monde. Un enchantement du monde. L'histoire de ta vie.

J'aime les histoires. Pas toi ?
Charv
Charv

Messages : 514
Date d'inscription : 15/04/2018
Age : 42
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Jeu 8 Nov 2018 - 21:35

Work in Progress

13 heures, après avoir traversé cahin caha une matinée de travail entrecoupée de pauses qui m’ont permis de suivre la déflagration d’un message qui se voulait pourtant de prévention, j’ai changé de lieu et je dois maintenant me préparer à entrer de nouveau en cours, cette arène que peut constituer un groupe d’étudiants qui sont prêts à vous sauter dessus si vous montrez la moindre faiblesse, ce qui est le cas.

Je suis dans un tel état d’ébullition qu’il me faut absolument chercher, et surtout trouver, la force nécessaire pour me calmer, retrouver cette authenticité joyeuse qui, malgré tout, me caractérise, puis rebondir et me remettre en route.

Respirer, calmer le flux, fluidifier toute cette énergie qui m’envahit, ne pas m’enfermer en moi-même par réaction, ne pas claquer les portes, ne pas -trop- écouter la colère qui bat contre mes tempes, respirer amplement… respirer, téléphone en main  et le décrire, le raconter, tenter d’en faire un récit qui fera sens et m’aidera.

Ecrire pour laisser l’énergie s'écouler.

Je repense aux deux réponses du matin sur ce fil (merci), elles m’incitent à réfléchir plus avant sur ce que le récit représente pour l’individu et donc moi, puisque les autres, il, me semble évident que je dois m’en détacher.

Puis je lis l’article de Libération sur la collapsologie (merci) où là encore il est question de récits qui permettent d’envisager un avenir résilient. Je me focalise sur ce projet que j’ai ressorti l’avant-veille, je prends quelques notes suite à une interview entendue le matin sur France Culture, Steven Pinker et la grammaire universelle de Chomsky, il me faudra creuser de ce côté là.

13h45… C’est bon « ça » se calme et je commence à me remettre en route. Je tâche de sortir de l’ouragan émotionnel qui m’emporte depuis le matin. Je ne devrais pas en être touchée, mais je ne sais pas l’empêcher, d’autant que certains s’en amusent en message privé, histoire d’enfoncer le clou à mes dépens, je suppose.

L’après-midi ne se passe pas bien, je n’ai aucune patience, aucune mansuétude, aucune empathie, ou plutôt si, bien trop d’empathie, je n’arrive plus à gérer et je suis à vif. Tout me hérisse, surtout la bêtise, l’immaturité, le manque de respect, tout m’insupporte et je réussis à grand peine à passer toute l’après-midi avec le même groupe sans exploser.

Enfin je peux repartir. A peine dans ma voiture, je lance sur mon téléphone la conférence sur Lucy et l’obscurantisme qui m’emporte loin de « tout ça » (merci). Partir loin, le plus loin possible de moi-même, me laisser suivre les hommes qui ont fait la science, sourire en l’écoutant parler du film l’Odyssée de l’espèce et surtout de la critique de Télérama.

Rentrée chez moi, je tourne un peu en rond,  j’essaye de jouer mais le coeur n’y est pas, vraiment pas. Autant essayer de dîner, je regarde une demie-heure d’un film démarré hier sur Netflix, The Lobster, une bien curieuse distopie où les personnes qui ne trouvent pas de compagnon finissent en animaux. Etrange comme choix. Ou pas.

Je reviens devant l’ordinateur, je découvre des musiques qui m’emportent à nouveau loin de « tout ça », (merci)  et je me dis que je ne saurais rien écrire de mieux aujourd’hui que cette litanie d’actes et de pensées qui m’auront un peu plus, je crois, détachée du monde, de l’Autre.

J’ai tout à coup le sentiment que le récit qui serait susceptible de faire sens pour moi commence peut-être vraiment ce soir, sur fond de tristesse difficile à nier.
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pabanal le Ven 9 Nov 2018 - 10:48

Ha tiens, comme par hasard la conférence de Picq sur Lucy et l'obscurantisme évoque aussi à plusieurs reprises le récit.

J'ai trouvé l'orateur "poli" ou en retrait de ce que j'ai supposé qu'il pensait réellement de la teneur de certains récits. J'en ai entraperçu une confirmation lors des réponses aux questions de l'assistance. Ce n'est que mon interprétation, mon récit.^^
Pabanal
Pabanal

Messages : 2028
Date d'inscription : 21/10/2017
Age : 62
Localisation : Rodez

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Ven 9 Nov 2018 - 12:11

Personnellement je ne « crois » pas au hasard Wink
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pabanal le Ven 9 Nov 2018 - 12:29

Jusqu'à maintenant je n'ai lu que Charpak qui envisageait positivement la possibilité pour la société d' une compréhension du monde exclusivement  scientifique, celle-ci incluant de façon consciente l'euphorie, un récit d'un autre ordre pour l'avenir, et ce dans une perspective historique.
Pabanal
Pabanal

Messages : 2028
Date d'inscription : 21/10/2017
Age : 62
Localisation : Rodez

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Ven 9 Nov 2018 - 17:20

J'avoue ne pas avoir les connaissances nécessaires pour te répondre sur Charpak. Est-ce qu'il a spécifiquement écrit sur "l'euphorie, un récit d'un autre ordre pour l'avenir, et ce dans une perspective historique" ? Si c'est le cas, alors je suis volontiers preneuse de cette partie de son oeuvre.
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pola le Ven 9 Nov 2018 - 17:21

Fleur de Cactus a écrit:Personnellement je ne « crois » pas au hasard Wink

Écrit à 11:11 !

Pola

Messages : 6058
Date d'inscription : 22/11/2013

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Saxifrage* le Ven 9 Nov 2018 - 17:22

Heu… ze voit 12h11 moi…?
Saxifrage*
Saxifrage*

Messages : 7046
Date d'inscription : 07/06/2018
Age : 36
Localisation : Entre les rochers

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pola le Ven 9 Nov 2018 - 17:23

Hé hé Smile

Pola

Messages : 6058
Date d'inscription : 22/11/2013

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Ven 9 Nov 2018 - 17:26

@Antinéa:

L'heure affichée dépend du fuseau horaire du poste sur lequel l'utilisateur se connecte ou du serveur cache utilisé pour la copie de ZC ou encore du VPN utilisé pour se connecter à ZC

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pola le Ven 9 Nov 2018 - 17:27

Ludion, l’arbre qui cache la forêt Smile

Pola

Messages : 6058
Date d'inscription : 22/11/2013

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Wich le Ven 9 Nov 2018 - 17:28

On est en avance d'une heure sur le soleil...
Wich
Wich

Messages : 2375
Date d'inscription : 15/08/2018

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Ven 9 Nov 2018 - 17:30

Spoiler:
Si vous utilisez Firefox installez le module FlagFox. Il vous dira quel serveur cache vous utilisez lors de votre connexion sur ZC

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pola le Ven 9 Nov 2018 - 17:32

Ça n’existe pas un serveur universel ?

Pola

Messages : 6058
Date d'inscription : 22/11/2013

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pabanal le Ven 9 Nov 2018 - 17:34

@ Fleur de cactus

Pour Charpak il y a de la joie dans la connaissance scientifique, elle peut fédérer. Ca doit faire trois ou quatre fois  que j'en fais la promotion ici, mais faut croire que son Soyez savants, devenez prophètes écrit avec Roland Omnès  a été important dans ma façon de revoir ma perspective, puisqu'il me revient en tête.


Dernière édition par Pabanalitor le Ven 9 Nov 2018 - 17:38, édité 1 fois
Pabanal
Pabanal

Messages : 2028
Date d'inscription : 21/10/2017
Age : 62
Localisation : Rodez

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pola le Ven 9 Nov 2018 - 17:36

Ce qui touche la tête, touche le cœur ?

Pola

Messages : 6058
Date d'inscription : 22/11/2013

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Ven 9 Nov 2018 - 17:38

Spoiler:
Le serveur originel est la plupart du temps dupliqué sur d'autres sites pour équilibrer la charge.

Voilà la liste  de tous les serveurs qui servent  www.zebrascrossing.net :

www.zebrascrossing.net. 86400 IN CNAME q50.maxns.net.
q50.maxns.net. 50003 IN A 178.33.43.150
q50.maxns.net. 50003 IN A 178.33.44.177
q50.maxns.net. 50003 IN A 94.23.159.185
q50.maxns.net. 50003 IN A 94.23.76.111
q50.maxns.net. 50003 IN A 178.33.115.32
q50.maxns.net. 50003 IN A 94.23.150.222
q50.maxns.net. 50003 IN A 94.23.73.212
q50.maxns.net. 50003 IN A 188.165.2.137
q50.maxns.net. 50003 IN A 178.33.43.178

Remarque : au demeurant cette configuration n'est pas géniale ...


Promis Fleur de Cactus, j'arrête de polluer ton fil Smile

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pabanal le Ven 9 Nov 2018 - 17:45

Du coup je ne peux m'empêcher de mettre ici le texte en quatrième de couverture :

Geore Charpak & Roland Omnès a écrit:« Sans la science, on ne peut rien comprendre aujourd’hui au monde moderne. La démarche scientifique nous conduit à nous interroger sur le sens de l’homme, celui du monde qu’il a construit et de l’Univers qu’il habite, en somme sur les questions fondamentales depuis la nuit des temps. Nous avons voulu, dans ce livre, nous comporter en guides afin de permettre à chacun d’entre nous de jeter un regard sur le spectacle des lois qui président à l’architecture du monde. Parce que nous voulons faire partager ce sentiment, si proche du sacré, nous nous sommes retrouvés sur les terres de la philosophie et de la religion. Un autre ordre du monde ne peut venir que d’une sagesse où la science, ou plutôt ce qu’elle révèle, trouve sa véritable place. Rien n’est plus important que de donner aux jeunes l’éducation dont ils ont besoin, qui fera d’eux des hommes et des femmes libres, capables de comprendre l’Univers qui les entoure et sa signification. Il le faut, d’urgence, avant que des gourous, des marchands, des adorateurs de légendes ou des illuminés aient le temps de s’emparer d’eux. Qu’ils aient des savants le vrai savoir et des prophètes la lucidité et l’action éclairée. »
Pabanal
Pabanal

Messages : 2028
Date d'inscription : 21/10/2017
Age : 62
Localisation : Rodez

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Ven 9 Nov 2018 - 19:19

Work in  Progress


Bien évidemment, il n’y a pas eu « violence à mon endroit » comme j’ai pu l’écrire hier, de même qu’il n’y a eu ni « condescendance», ou « défiance », comme je l’ai écrit ailleurs, mais c’est ainsi que je l’ai reçu. Preuve que malgré l’âge, l’expérience, les événements qui ont pu me marquer, me forger, me structurer et donc me construire, je ne sais toujours pas parfaitement canaliser le flux d’émotions qui m’animent.

Mais… si j’accepte l’idée que ce qui m’est arrivé les jours derniers, ici ou là, et m’a fait réagir, n’est que ce qui devait arriver (déterminisme), que c’est ce qui devait donc m’atteindre, et me blesser et me faire rebondir, alors je me dois de creuser.



Mise en route de cette nouvelle journée avec la voix de Pablo Servigne au sujet de la résilience, vidéo piochée sur le fil de la collapsologie. « L’effondrement est le miroir de nos ombres »… « Il est nécessaire d’affronter nos émotions pour pouvoir rebondir »… je pleure en me mettant en route, la tristesse de la veille ne m’a donc pas quittée. Je n’aime pas me voir dans cet état, je me trouve pathétique. Mais je sais aussi que ça passera, que je rebondirai, je connais intimement ce processus, couler, toucher le fond, donner un coup de pied et remonter. Je le connais viscéralement, dans mes tripes, par coeur presque. Ma force vient peut-être de là.

Est-ce que j’ai mis en place les conditions d’un scénario destiné à me faire plonger pour mieux rebondir ? Il semblerait bien…  Je vais rebondir, je le sais, mais comment ?

Me tourner vers les autres ? Je le fais déjà, mais peut-être pas comme il faut, pas là où il faut, pas avec les bonnes attentes, pas avec les bons outils, ni peut-être les bonnes personnes.

J’ai toujours rebondi seule, je m’en suis sortie seule, mais avec les autres, et plus particulièrement un Autre, à qui j’ai offert les clés de son paradis ou plutôt la mise en oeuvre de son récit.

Et moi là dedans ? Pas important. Est-ce que pour autant je me suis niée ? Non, je ne crois pas. J’ai besoin de l’Autre pour mon propre récit. L’énergie (la Vie, l’Amour, le flux, peu importe le nom) qui me traverse doit être partagée pour être totalement vécue. Et ça me paraît logique, sain, inévitable. Probablement parce que je ne sais pas faire autrement. Preuve alors que c’est bien ainsi que je dois vivre, et être. Voilà pourquoi je ne peux me résoudre à penser qu’il n’y aurait plus de partage.

Mais avec qui alors ? Mes enfants ? Bien sûr qu’il y a partage d’émotions, chaque fois que je les vois, mais ils ont leur vie, ils n’attendent rien de moi, sinon une présence aimante qui sait rester discrète, se tenir prête, oui, mais uniquement quand ils en ressentent le besoin, l’envie. Et il y a du partage, même sans se voir, car nos esprits restent connectés envers et contre tout, et ça nous suffit, même s’ils aimeraient que j’achète une maison dans un coin perdu pour les réunir tous  de temps en temps, et leur permettre de participer à nouveau à ce qui nous a liés si intimenent, la vie de famille, cette communauté joyeuse et aimante que j’ai imaginée, désirée, créée, écrite avec eux, pour eux, et pour moi aussi, bien sûr.

Et cet homme que j’ai aimé passionnément pendant six ans, pourquoi l’ai-je viré de chez moi il y a dix-huit mois ? Peut-être justement parce qu’il avait besoin d’un autre récit de vie, un récit sans moi qui lui avait pourtant permis de mettre en œuvre celui qui l’a vu naître à lui même, FtM passé du Féminin meurtri et éteint au Masculin guéri et flamboyant.

La vie, ma vie, ne serait que partage d’histoires, de récits ? Si je m’y intéresse autant, c’est probablement parce que cela me structure, désormais.

Désormais, ou depuis toujours ? Hasard ou Nécessité ? Déterminisme ou Biologie … Evolution ?

Je laisse la réponse à Carole Châtelain dans l’émission «La méthode scientifique» de Nicolas Martin entendue sur France Culture en rentrant tout à l’heure. A propos des syndromes post-traumatiques, elle évoque une guérison possible…  par le récit.



Explications (tirées de ce podcast vers la 20ème minute):

Lorsqu’il y a événement, il y a production chimique dans le système limbique (amygdale), siège de la mémoire émotionnelle. L’amygdale active alors l’hippocampe, le siège du contexte, décrit comme un GPS. Cet échange chimique nous permet donc de relier émotions et contexte. C’est alors là qu’intervient le cortex, la partie supérieure de notre cerveau, qui prend les commandes et régule en triant, classant, remettant ce lien émotion/contexte en perspective avec d’autres liens similaires,  passés au rang de souvenirs, ceci afin de calmer l’amygdale, l’avertir qu’il n’y a pas à s’inquiéter, pas de danger, pas de peur à avoir, puisque c’est connu et donc sous contrôle. La chimie corporelle régule le tout, les échanges baissent, le coeur cesse de s’emballer, les hormones de tempêter, les émotions de nous faire perdre pied. L’évènement peut alors devenir souvenir, et prendre sa place parmi les autres souvenirs dans la mémoire longue.

Par contre lorsqu’il y a syndrome traumatique (événement traumatisant majeur qui s’imprime très durablement), le cortex est court-circuité. L’amygdale est tellement sollicitée par le flot d’émotions inconnues que l’hippocampe est bien en peine de resituer l’événement dans un contexte. Il y a surchauffe, l’amygdale est sur-activée,  le cortex ne peut plus reprendre le contrôle, la régulation ne se fait pas et donc le souvenir ne s’engramme pas comme il devrait l’être. Chaque fois que la personne traumatisée va se retrouver dans un contexte lui rappelant, même vaguement (fumée, odeur, son, lumière, etc), le choc passé, le souvenir va resurgir avec toute l’intensité de la première fois.

Comment essaye-t-on de soigner ces personnes (protocole CNRS) ? En leur donnant une molécule (propranolol) censée empêcher le système de s’emballer, et en associant cette prise de molécule à une mise en récit de  l’expérience traumatisante, ce qui permet de faire transiter les émotions de l’amygdale au cortex via l’hippocampe. En réitérant plusieurs fois l’expérience, petit à petit le souvenir vivace non régulé, et donc hyper douloureux voire incapacitant, va être transformé, puis rangé dans la mémoire longue, apportant mieux-être et guérison.



Le récit nous sauverait donc, voire nous constituerait en tant qu’être humain.

Et pour finir, je rebondis sur Charpak. J’ai réellement éprouvé une forme d’euphorie à écouter, puis réécouter pour le retranscrire, cet épisode de la « Méthode scientifique » qui m’a ouvert l’esprit et me donne l’envie, joyeuse, de le partager.
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Dim 11 Nov 2018 - 0:24

Work in Progress

Curieusement ce midi je me disais que je n’aurais rien à écrire ici aujourd’hui.

Une journée sans histoire, à écouter Jean-Philippe Smadja raconter pendant trois heures l’Histoire des religions. Délicieux, drôle, cultivé, intelligent, cet homme là me ravit (et je remercie celui qui a posé le lien).

Mais de là à en faire un billet, c’était tout de même une gageure.

C’était sans compter sur le double psychodrame du jour, auquel j’ai failli être mêlée, ayant réagi au premier,  mais n’ayant pas vraiment compris l’emballement du second, même si j’ai été témoin de « l’événement ».

Au final c’est une chance d’avoir été occupée intelligemment ailleurs et de l’avoir donc évité. Je suis restée en dehors du flux émotionnel qui a dérapé, j’ai appris des tas de choses sur les religions, j’ai ri en écoutant cet amuseur savant et j’ai même avancé sur le bricolage de mes cadeaux de Noël.

Voilà donc une journée constructive, à tous points de vue.
Il aurait été dommage de ne pas la clore d’un billet.


Ce matin, je l’ai écrit quelque part mais c’est passé à la trappe avec toute cette agitation, je me suis réveillée avec l’idée que je ne devais pas abandonner mon rêve de partage mais que je me trompais peut-être de projet. Certes, j’aimerais bien trouver « mon chacun » (comme dit sur le fil en question) mais avec l’idée qu’alors, une fois cet autre trouvé, je saurais enfin (bah oui, saurais, pas pourrais, car je peux déjà) passer à autre chose, c’est à dire m’occuper du monde.

J’ai donc évoqué l’idée d’une communauté « de vieux fous » quelque part dans la campagne. Cela me semblait une bonne idée, ce matin, au réveil, d’en parler ici. Mais voilà… la journée n’a pas été sans histoire, ici.


"Mmh"... si j’étais dans le jeu, dans une session de RP, mon personnage montrerait sa perplexité, grâce à la description de son visage, ses yeux vaguement plissés, ses sourcils arqués, une moue dubitative, une main sur le menton peut-être ... le « Mmh » prendrait tout son sens dans le langage para-verbal.

Si j’étais dans une session de RP, une fois cette perplexité exprimée littérairement, je changerais de sujet, gracieusement, d’une pirouette, dans un rire, en m’appuyant sur le côté un peu naïf de mon personnage. Ou peut-être qu’au contraire, sous un autre personnage, doté par exemple d’une assurance de dominatrice, j’évacuerais tous ces enfantillages d’un regard noir et laisserait planté là mon interlocuteur abasourdi.

Toujours est-il que je passerais à autre chose, en me disant que le jeu à venir me permettra de toute façon de profiter des échanges futurs.

Mais je ne suis pas dans un jeu et il me faut faire avec ce qui est.

Et qu’est-ce qui reste au milieu des décombres… Un sentiment de gâchis, c’est certain, qui se perçoit dans certains textes, certaines images. Mais au final, rien qui n’ait abîmé tout le potentiel de ZC, toute cette intelligence, cette culture, cet humour, ces idées, ces questions, ces émotions même, qui transitent par ici et nous nourrissent tous un peu.

Ne plus y avoir accès, voilà ce qui me rendrait triste.

Pour le reste…. « Bah ! » aurait sans doute poursuivi mon personnage.
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 11 Nov 2018 - 0:37

Je suis aussi passé renifler l'odeur de poudrière qui règne ici à la veille du centième anniversaire de l'armistice de la grande guerre...

L'âge sans doute fait que je prends du recul, et que je juge ces épisodes à l'aune de ce que je vois de notre monde hyperconnecté qui transforme tout être humain en "homme sandwich" publiant à qui mieux mieux sa propre photo...

Exister n'est pas s'opposer. Exister me semble juste aller vers là où une lumière brille en soi, en faisant son possible pour ne pas écraser les pieds de ceux qui nous environnent à moins que ces deniers n'essayent de le faire en premier et à répétition...

Exister est aussi à ce que j'en imagine, non pas se sentir aigri ou désabusé par ce qui se trame en se réfugiant dans le rire jaune, dans l'ironie mordante ou l’opprobre dont le fiel se dissimule sous une couverture de soie, mais bien plus partager ce qui de notre monde ne file pas droit en essayant autant que faire ce peut de redresser la barre afin que nos successeurs puissent y trouver un endroit où se permettre d'évoluer comme nous le fîmes.

Il me semble n'être donné qu'aux "riches" (occidentaux) de pleurer sans rien faire, et de regarder le train passer en ronchonnant sur leur congénère qui leur gêne la vue...

Combien d'énergie est-elle donc engouffrée afin d'entretenir conflits de chapelle alors que la cité brûle ??



Dernière édition par ludion le Dim 11 Nov 2018 - 16:53, édité 1 fois (Raison : fautes)

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pabanal le Dim 11 Nov 2018 - 0:53

Bonsoir Fleur de Cactus

je ne me sens pas en mesure de critiquer des gens qui travaillent sur leurs thèses depuis si longtemps mais force est de constater que ceux que je présente peuvent se contredire et Jean-Philippe Smadja ne parle pas des phases "ancêtres" puis "esprits" ni de leur efficacité socialement structurante qui me semble logique dans la construction du récit mystique bien avant l’avènement des dieux. D'après moi seulement, ou presque,  les chamanes sont devenus les prophètes inopinément et sont à l'origine de la verticalité des sociétés, pas les chefs, qui selon lui sont des chefs de guerre qui sont devenus rois. Mais qui suis-je ? ^^ Mais j'ai des arguments dont on peut discuter en comité restreint.
Pabanal
Pabanal

Messages : 2028
Date d'inscription : 21/10/2017
Age : 62
Localisation : Rodez

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Dim 11 Nov 2018 - 13:57

Pabanalitor a écrit:D'après moi seulement, ou presque,  les chamanes sont devenus les prophètes inopinément et sont à l'origine de la verticalité des sociétés, pas les chefs, qui selon lui sont des chefs de guerre qui sont devenus rois.

J'ai effectivement noté  sa propension à tout expliquer par cette montée en puissance des chefs de guerre (et y compris des hommes vs femmes - alors que, par exemple il y a eu chez les Celtes la princesse de Vix qui était bien femme ET chef d'un peuple, vers - 550, "preuve" qu'il y a probable dérapage ou extrapolation  dans l'explication) mais je crois surtout qu'il s'est appliqué à démonter les soit disant textes sacrés, et qui dit texte, dit .... écriture, bien évidemment.

Or si on remonte plus loin dans l'histoire, avec l'étude des mythes fondateurs, portés éventuellement par des chamans devenus prophètes, comme tu en as l'intuition, il n'y a pas encore (pour ce qu'on en sait) d'écriture et donc de textes à poser en "lois" qui seront interprétées avant que d'être décortiquées. D'où l'absence de travail de recherche sur le sujet (par le chercheur dont parle Smajda).

Si j'en reviens à ce que tu dis, il faudrait donc qu'il y ait, soit dans l'énonciation des mythes fondateurs, soit dans les recherches archéologiques, des traces de ces liens entre chamans, prophètes et verticalité des sociétés. Comme tu dis avoir des arguments, je suppose que tu as quelque idée sur ces liens. On en parle en comité restreint si tu le souhaites ;-)
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pabanal le Dim 11 Nov 2018 - 14:13

Oui enfin mon intuition globale ne s'est pas manifestée à ce moment là, mais à un moment j'ai bien eu l'intuition que je trouverai surement une formulation partielle de ce que je pressentais à lire  La société contre l'Etat de Pierre Clastres. Et c'est lui qui argumente au mieux cette thèse dans son étude d'indiens d'Amazonie, les Guaranis si j'ai bonne mémoire.

Est ce que la stratification sociale, quand il y en a eue,  s'est déroulée partout sur ce mode de fonctionnement ? J'ai seulement tendance à le croire, il peut, il doit y avoir des variantes, plus ou moins importantes.

Mais pour moi en retour, ça fonctionne bien dans mon interprétation de l' individuation au quotidien, dans ma grille de lecture.
Pabanal
Pabanal

Messages : 2028
Date d'inscription : 21/10/2017
Age : 62
Localisation : Rodez

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 11 Nov 2018 - 15:50

Oui le récit.

Le récit pour soi, par soi et qui finit pour les autres. Pour que d'autres trouvent d'autres pistes.


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 11 Nov 2018 - 15:52

Et puis le silence.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Dim 11 Nov 2018 - 20:40

Work in Progress


L’heure tourne, je passe d’une vidéo à une autre, d’un reportage à un autre, d’une idée à une autre et bientôt viendra l’heure de préparer mon sac pour demain. Et ça me désespère d’avance. J’ai peine à quitter le bain dans lequel je nage avec délices depuis plusieurs heures, dans l’euphorie de la découverte, de la connaissance et de la compréhension.

Pourtant, en dehors de cette contrainte qui m’oblige à reprendre le cours « normal »  de ma vie en cette veille de lundi, je m’aperçois que c’est l’écriture de ce billet quotidien qui me permet de me recentrer, ne serait-ce que le temps de rendre compte de ma journée.

Et j’en ai besoin. Car si les règles que je m’oblige à suivre (ranger, laver, repasser, me coucher avant telle heure,  préparer un cours, corriger des copies, remplir tel papier, etc, etc, etc) m’assurent un quotidien social normé et donc acceptable, elles ne me tiendraient pas en vie longtemps et ne me permettraient sans doute pas d’affronter le jeu social, correctement armée.

Ce n’est donc pas tant la contrainte sociale qui me permet de m’arrêter intérieurement, me recentrer, me repenser, mais le fait d’écrire ce billet.

Me repenser ? J’aurais donc besoin de me repenser, de me raconter, pour être ?  Complètement. Et je pense que c’est la clé de voûte de ma personne. C’est en rendant compte de l’évolution de ma pensée, que je prends forme. C’est en laissant ici trace de mon récit, que j’existe.

Qu’en est-il de cette expression narrative dans la capacité d’être au monde ?
Qu’est-ce qui fait de nous des Humains ? le sens ? le langage ? ou le récit ?

Certes le corbeau créé du sens en utilisant une brindille pour extraire un aliment d’une bouteille, l’arbre créé du sens en émettant les phéromones qui vont prévenir ses congénères d’une attaque parasitaire, et nous créons du sens en montrant à nos enfants comment tenir une fourchette, parler ou exprimer nos émotions.

Mais peut-être n’est ce pas juste de sens dont il s’agit ?

Le récit est la mise en images, sons, gestes, paroles, expressions diverses et variées,  du sens que l’Humain veut transmettre.  Le langage ne serait alors que le moyen d’offrir le récit qui fera sens pour l’individu et les écrits sacrés seraient le récit qui fera sens pour la société.

Mais qu’est-ce qu’un récit ? C’est le point de vue raconté d’un évènement auquel est confronté l’individu.

Ma journée a passé, j’ai réalisé diverses choses, eu diverses pensées, idées, rêves, etc. Tout cela a été malaxé par ma chimie personnelle, émotions, souvenirs, mises en perspective, intuitions, des milliards d’informations ont transité dans mon corps au gré des différentes activités de ma journée.

Mais « tout ça » n’aurait aucun sens si je ne venais pas ici en rendre compte. Car il n’y aura pas silence, après le récit de soi, par soi, et pour les autres, mais bien au contraire production de sens. D’une part parce que ce récit sera suivi d’un autre, qui englobera le premier ou lui fera suite, et ainsi de suite tant que je voudrais me sentir vivante, et d’autre part justement parce que ce récit est lu par d’autres, qui vont l’accepter ou le refuser, le transformer, l’interpréter, et le faire vivre, à leur manière. Ils vont y apporter leur point de vue, même silencieux, ils en feront une part de leur propre récit et c’est ce qui fera sens, pour eux.

J’en arrive à la conférence de David Elbaz (que je résume plus loin) qui a coloré l’ensemble de mes pensées du jour. Pendant une heure trente, cet astrophysicien qui se définit comme observateur et non pas théoricien, refait l’histoire des sciences pour inciter le public à participer à l’élaboration des nouvelles connaissances qui ne vont pas manquer, selon lui, de révolutionner notre perception du monde et donc nous mêmes.

Mais si sa conférence m’a autant passionnée ce matin, ce n’est pas tant parce que j’en ai compris les grandes étapes qui sont autant de blessures narcissiques pour l’Homme,  mais bien parce que j’ai saisi, viscéralement, combien notre perception du Réel n’était qu’illusion ou du moins, parcellaire. Je suis passée d’une perception intuitive à une compréhension plus … « scientifique ».

Le monde n’est que ce que j’en perçois, à l’instant T. Si je suis fatiguée, joyeuse, ouverte, attentive, triste, désabusée, indifférente, etc, etc, etc, le monde ne sera pas le même. Selon l’endroit (physique, émotionnel, intellectuel) d’où je l’observe, mon point de vue aura changé et le réel sera différent.

Or lorsque j’en fais le récit, je lui donne consistance, il cesse d’être une illusion, j’en fais ma vérité. Je le transmets à autrui, il l’interprète, cela devient sa vérité. Le récit passe d’une oreille à l’autre, il est accepté et cela devient LA vérité… le temps qu’une autre vérité soit racontée et reprise par d’autres, ailleurs, plus tard.



Je ne sais pas trop où va me mener ce billet qui m’aura demandé plus de construction intellectuelle consciente que de laisser-aller inconscient, mais ce que j’en ressens, c’est que j’appréhende différemment demain, et les contraintes professionnelles qui pourtant me gavent d’avance. Comme si une porte venait de s’ouvrir,  en moi. Comme si j’étais sur le seuil d’un chemin dont je ne sais rien, mais face auquel j’éprouve une forme d’exaltation qui me rend joyeuse. Et je serais bien bête de bouder mon plaisir.


Un résumé, forcément biaisé, de cette conférence intitulée "L'univers est-il une illusion » par David Elbaz à Rennes.

L’histoire scientifique telle qu’elle est racontée par Elgaz est une suite d’étranges coïncidences, qui, après observation et théorisation, nous ont blessés et remis à notre place.

Première étrange coïncidence, les planètes tournent de façon synchrone. Copernic, comprend alors que c’est nous qui nous déplaçons. Implication de son observation : découverte de  la gravitation universelle. Grâce à Copernic on est passés d’une étrange coïncidence à un changement de paradigme.  

Deuxième étrange coïncidence, il y a une analogie parfaite entre la gravité et l’accélération. Le nouveau point de vue permet d’observer que la gravité dépend du mouvement. Implication de cette seconde observation, la gravité est liée à l’espace temps, ce qui donne la théorie de la relativité générale d’Einstein.

Troisième étrange coïncidence : les étoiles et les galaxies se déplacent trop vite, ce qui induit que la gravité change et devrait nous entraîner vers la découverte d’une nouvelle théorie de la gravité.

Quatrième étrange coïncidence  : l’exploration de l’Univers nous révèle aujourd’hui que la matière dont nous sommes faits (ou ce que l’on voit autour de nous) ne forme qu’une parcelle insignifiante du système cosmique.

Première blessure narcissique : la révolution copernicienne, qui induit que nous ne sommes plus au centre géographique du monde.

Deuxième blessure narcissique : la révolution darwinienne qui nous démontre que nous ne sommes pas au centre historique du monde, nous ne sommes que le produit d’aléas et non pas l’aboutissement final d’un Grand Dessein.

Troisième blessure narcissique  : avec la psychanalyse et l’inconscient, l’Homme découvre qu’il n’est pas le capitaine de ses émotions, qui sont commandées par l’inconscient.

Quatrième blessure narcissique : Nous sommes fait de « rien » au regard de la totalité de l’Univers.

Conclusion : « Nous sommes à la veille d’une nouvelle révolution scientifique qui va complètement révolutionner notre point de vue ».
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 11 Nov 2018 - 21:23

Le récit n'est-il pas également exprimable dans l'acte, hors de toute parole ? Le récit comme impulsion, comme induit énergétique, comme rebond d'un réel ontologique qui exprime son effet par induction ?
Le récit une fois posé n'est-il pas la résultant d'actes l'ayant précédé et par cela mis en stase, car reflet d'un passé qui échappe au lecteur ? Donc une décorporation, sorte de suspens dans le temps, sorte de collision qui renvoie par le choc même émetteur et récepteur dans des directions séparées à la recherche de leurs propres conclusions augmentées, l'élan étant le préalable à la prose ?


Dernière édition par ludion le Dim 11 Nov 2018 - 23:23, édité 1 fois (Raison : faute)

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 11 Nov 2018 - 21:41

Le silence n'est pas tant le silence des mots que le silence émotionnel, cette sorte de transe intérieure qui signe comme autant de coquilles parsemées sur la route des pèlerins, que nous sommes sur la bonne voie, la nôtre. Une sorte de douceur, de tendre joie intérieure, c'est cela que j'aime nommer silence.
Si Dieu existait, c'est de cet habit-là que j'aimerais le reconnaître vêtu.
J'aime taire ma vie le temps de retrouver celle de ceux que j'aime dans le présent ou dans le souvenir.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Dim 11 Nov 2018 - 21:52

@ Ludion :
Mais quand je parle de récit, je ne parle pas (parler ^^') nécessairement de textes. C'est mon mode d'expression, mais une peinture est un récit. Une musique est un récit. Une sculpture est un récit. Une icône est un récit. Un rite est un récit.


@ Cuicui :
Ce silence là me parle, et me plaît. Et je pense qu'il est effectivement présent dans l'élaboration du récit intérieur qui suit celui que l'on a entendu de l'Autre. Le temps d'incorporer, s'approprier,  ce qui a été exprimé, narré, et donc de ... "l'incarner" en quelque sorte.


Mais je réagis intuitivement, et je m'en vais de ce pas y réfléchir plus avant.
Merci de vos réactions, quoi qu'il en soit, car elles m'aident à avancer.
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 11 Nov 2018 - 21:58

Je n'ai pas lu ton texte en le réfléchissant. Il est tellement bien écrit que je me suis laissée porter et j'ai écouté l'echo qu'il avait en moi et j'ai tenté d'y apposer quelques mots.
Merci à toi.


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Mar 13 Nov 2018 - 0:01

Work in Progress.

Je ne pouvais pas laisser passer le jour sans poser quelques mots ici. Mais rien ne me venait, qui ne soit déception, ou tristesse. Alors j'ai eu envie de poser un texte déjà écrit il y a quelques années. Je l'ai totalement repris, pour le faire mien aujourd'hui. Je me dis que si j'ai eu envie d'y passer la soirée, c'est qu'il était important pour moi, ce soir.



Un vieil homme marchait seul sur une terre aride. Cheminant seul il se traînait, les épaules basses, le front soucieux, la barbe longue et grise, s’épuisant à chercher son chemin. Désespérant de le trouver il s’enfonçait chaque jour un peu plus dans sa triste condition.

Un soir de lassitude extrême, assis au coin d’un feu qu’il avait préparé pour la nuit, il décida de s’adresser à ceux qui, sûrement, décidaient de Tout. Sur le sol dur et sec il leva les bras et s’écria en s’adressant au ciel. « Eh ! Vous là haut ! N’avez vous donc pas pitié de moi, vous qui m’observez du haut des cieux ? Ne voyez-vous pas que je suis là depuis des mois, peut-être même des années, seul, et sans soutien ?  Pourquoi restez-vous silencieux ? Je cherche le Chemin, si vous existez, montrez-le moi !».

Il resta quelques secondes à regarder le ciel étoilé, puis, persuadé de son insignifiance, il soupira en jetant une poignée de terre sur le feu. Maugréant contre cette vie qui n’avait aucun sens, il ressassait sa peine.« A quoi bon, à quoi bon » répétait-il dans sa barbe, les yeux rivés sur le feu. « De toute façon, je n’y arriverai pas. Je le cherche depuis si longtemps, j’aurais déjà dû le trouver. C’est évident, ce chemin n’existe pas ».

Replié sur lui-même, il ne vit pas le drôle de petit personnage qui semblait prendre forme au coeur des étincelles. Lutin ou farfadet, korrigan ou chimère, c’était à n’en pas douter un être venu du fond des âges. « Quel chemin cherches-tu donc ? ».  Le vieil homme redressa la tête et s’adressa au vent. « Mais !!!! Celui de la Vérité, quelle question ! » Il tonnait dans la nuit et le son de sa voix sembla alimenter le souffle du feu qui se mit à crépiter un peu plus.  

Un rire tintinnabula dans le silence de la nuit. L’homme tonna encore plus fort et le son de sa voix résonna dans le désert. « Cesse donc de te moquer ! Pourquoi viens-tu m’importuner, au lieu de me montrer le Chemin ! ».

Le cœur de l’homme était maintenant submergé de colère, il s’emportait pour se donner du courage, celui d’affronter les éléments, le temps, l’espace et même les dieux qui l’avaient abandonné. Le rire fit place à une toute petite voix, comme celle que l’on entend du fond de son abîme intérieur. « Et pourquoi est-ce si important, de trouver ce chemin ? ». Le vieil homme haussa les épaules et laissa échapper un souffle de rage mal contenue. « Tout le monde sait bien que nous sommes ici pour connaître la Vérité et qu’il faut pour cela trouver le chemin ! Mais d’où sors-tu donc, pauvre ignorant ! ».

La petite voix reprit. «  Et si je te disais que tu es déjà sur ce chemin ? Et que tu perds ton temps à chercher des signes qui te rassureront ». Un grand éclat de rire mauvais souleva le corps de l’homme et réchauffa son cœur meurtri. "Que me chantes-tu là ? Mais si j’étais sur ce chemin, depuis le temps,  je le saurais, pauvre idiot que tu es ! ». Le feu crépita et la petite voix s’éleva de nouveau. « Ah oui ? Et comment le saurais-tu ? ».

La main de l’homme passait et repassait  dans sa longue barbe grise, la perplexité le gagnait. « Et bien, cela se saurait, je veux dire, je le sentirais ! Je le verrais ! Quand on regarde quelqu’un dans les yeux avec attention, on peut savoir s’il dit la vérité ou pas. Et bien, c’est la même  chose, si j’étais sur le vrai chemin, le mien, celui de ma Vérité, je le verrais, c’est aussi simple que ça ! ».

Il y eut un silence puis la petite voix s’anima dans le crépitement du feu. « Il se trouve que j’ai là un morceau de roche aussi poli qu’un miroir. Voudrais-tu le prendre ? ». Immédiatement l’homme retrouva sa colère. « Prendre ce caillou, et pour quoi faire ? ». Mais tout en vociférant, il se pencha et prit avec précaution le morceau de roche qui brillait sur le sol. « Oui, et alors ? » commença-t-il exaspéré tandis que son regard était attiré par un éclat.

« Qu’est-ce donc que ceci ? » pensa-t-il en son for intérieur, le regard perdu sur la surface polie. "On dirait un fanion dans la nuit, une sorte de guide, ou un appel". L’homme s’affaissa sur lui même, sans prendre garde au feu qui reprenait de plus belle avant de bientôt s’éteindre. « Dis moi, toi qui sais si bien lire la vérité au fond des yeux, que lis-tu dans les tiens ? » reprit la voix avec douceur. L’homme opinait lentement, silencieux, le regard perdu dans son reflet.

La petite voix continua. « Tu cherches la Vérité, mais elle est déjà en toi. C’est là le vrai chemin. Il n’en existe nul autre. Cela ne sert à rien de rager seul dans ce désert. Assieds toi, et laisse toi être. Toi seul sait comment être vrai ».

Assis dans la nuit auprès de quelques braises, un vieil homme esseulé découvrit que la Vérité était là, juste là, au milieu de nulle part. Tout simplement.
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Mar 13 Nov 2018 - 0:12




L'utilité de l'inutile - Nuccio Ordine:

Il n'est pas vrai – pas même en temps de crise – que seul ce qui est source de profit soit utile. Il existe dans les démocraties marchandes des savoirs réputés « inutiles » qui se révèlent en réalité d'une extraordinaire utilité. Dans cet ardent pamphlet, Nuccio Ordine attire notre attention sur l'utilité de l'inutile et sur l'inutilité de l'utile. À travers les réflexions de grands philosophes (Platon, Aristote, Tchouang-tseu, Pic de la Mirandole, Montaigne, Bruno, Kant, Tocqueville, Newman, Heidegger) et de grands écrivains (Ovide, Dante, Pétrarque, Boccace, L'Arioste, Cervantès, Lessing, Dickens, Okatura Kakuzô, García Márquez, Ionesco, Calvino), Nuccio Ordine montre comment l'obsession de posséder et le culte de l'utilité finissent par dessécher l’esprit, en mettant en péril les écoles et les universités, l’art et la créativité, ainsi que certaines valeurs fondamentales telles que la dignitas hominis, l’amour et la vérité. Dans son remarquable essai traduit pour la première fois en français, Abraham Flexner souligne que les sciences, elles aussi, nous enseignent l’utilité de l’inutile. Ainsi, s’il élimine la gratuité et l’inutile, s’il supprime les luxes jugés superflus, l'homo sapiens aura bien du mal à rendre l’humanité plus humaine.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Mar 13 Nov 2018 - 20:27

Work in Progress


Depuis ce matin je suis dans un bien curieux état, sidération, au bord de l’implosion pour cause d’absence d’interlocuteur, profonde tristesse qui augmente avec l’heure qui tourne et mes survols de ZC.

Depuis hier, j’ai le le sentiment - très net encore tout à l’heure, mais qui s’efface à mesure que j’oublie le monde du dehors en navigant sur le net - que je suis dans un train qui fonce dans le vide, ou dans un mur, à très vive allure, debout, seule, dans un wagon bondé de gens qui ne voient rien, ou s’en foutent, et moi qui ne sais plus que faire.

Est ce que je dois dire ce que je ressens ?
Et si oui, où, comment, pour moi seule, à voix basse, ou un peu plus fort, dans le wagon, ou sinon dans tout le train ?
Ou bien dois-je m’asseoir sagement dans un coin et attendre de voir ce qui va se passer ?

C’est dit l’air de rien, mais je me pose très sérieusement la question.

Je ne sais plus comment être face aux étudiants, je ne sais plus faire semblant, je ne sais plus parler de demain sans dire qu’on va dans le mur, je ne sais plus leur transmettre de l’espoir, je ne sais plus… y croire, tout simplement. Et ça ne me ressemble pas.

Bascule ? Effondrement ?
J’ai le sentiment de vivre dans ma chair ce qui se passe dehors.
Et c’est difficile, là, vraiment.

En rentrant tout à l’heure, ou peut-être hier, je ne sais plus, sur France Culture, une nième émission sur « tout fout le camp », ici, là, partout, faune, flore, climat et tutti quanti. Le scientifique, constatant avec le journaliste que toutes ces informations forment un fond sonore permanent que l’on n’entend plus, dit alors, désespéré, « De toute façon, maintenant, le sursaut ne pourra se faire que lorsque les gens le comprendront avec leurs tripes ».

Je ne suis pas scientifique.
Je n’ai aucun poids, culturel, social, économique ou politique.
Je ne suis experte en rien, sinon mes propres émotions, à force de les disséquer.

Je sais un peu écrire.
Est-ce que c’est ce que je dois faire ?
Mais où ? comment ? pour qui ? pour quoi ?

Je ne sais plus. Et j’en pleure, là. Vraiment.
Et je me trouve très conne, bien évidemment.
Foutue sensibilité inutile.

J’imagine que ça passera, comme le reste.
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Mer 14 Nov 2018 - 23:27

Work in Progress

La sidération a laissé place à un flottement, plutôt doux, vaguement désabusé. Je ne sais pas plus où je vais, mais j’en suis moins triste.

Hier soir, n’étant capable de rien, je suis allée sur le jeu, histoire de passer le temps. Seule, mais je savais que cette déambulation virtuelle aurait des vertus calmantes.

Alors que je ne m’y attendais pas, j’ai vu débarquer mon compagnon de jeu, désireux de communiquer. Il faut dire aussi que nous ne nous étions pas croisés depuis une dizaine de jours.  De fait il était en veine de détails sur sa maladie, son opération à venir, son chat à caser, sa vie chamboulée. Plus d’une heure d’échanges auxquels je ne croyais plus. Et même si je suis restée assez peu impliquée, bien moins que par le passé, par crainte d’en avoir mal, cela m’a quand même fait du bien, puisque je me suis couchée moins triste, et réveillée de même.

Pendant la matinée j’ai réfléchi à une évolution de ma quête, ou je ne sais quel nom lui donner, avec les crapauds fous. Mais c’est probablement une impasse, c’est en tout cas ma conclusion du moment.

Puis, lors de mes pérégrinations sur ZC, je suis tombée sur une petite vidéo de critique littéraire à propos du roman de Georges Perec, "La vie mode d’emploi ».C’est un roman que j’ai lu, il y a longtemps, et dont je connaissais le principe, mais sans en connaître tous les détails mathématiques, amusants. Cela m’a inspirée et j’ai passé une bonne partie de l’après-midi à bricoler en y réfléchissant.

De la contrainte peut naître la créativité, pour peu que l’on tienne la distance.

La clé reste la motivation, ou autrement dit le Désir. Et celui là reste encore un mystère à élucider. Mais finalement c’est ce qui me garde en questionnement et donc en vie. Cela ne peut être que positif.

Au final, j’ai le sentiment qu’il va me falloir changer de vie, arrêter ce boulot qui me pèse chaque jour un peu plus, quitter cette ville qui coûte cher, retrouver un mode de vie qui tourne autour de l’écriture.

Idée récurrente, mais qui prend ces jours-ci un parfum de nouveauté. Peut-être suis-je au seuil d’un renouveau. J’ai envie d’y croire.


Dernière édition par Fleur de Cactus le Jeu 15 Nov 2018 - 14:41, édité 1 fois (Raison : Erreur sur le titre du roman.)
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Jeu 15 Nov 2018 - 19:21

Work completed


L’idée initiale est née d’une vague colère, a mûri lentement en déception tout aussi vague, est passée par un questionnement sur ce qui me manquerait si j’arrêtais de passer régulièrement par ici, puis, le constat s’étant avéré assez maigre, cela s’est transformé en une relative indifférence.

Un vrai travail de deuil.

Je peux donc désormais m’éloigner, sans tambour ni trompette. Pas d’effacement de compte ou de textes, pas de cris, pas d’annonce, juste une mise en veille temporaire, ou définitive, de ma présence sur ZC.


Voilà ce que j’ai écrit ce matin, complété ce midi, corrigé au cours de l’après-midi.

Voilà donc ce que je poste une fois rentrée chez moi, n’ayant pas évolué sur l’idée de base, mais me questionnant tout de même sur la pérennité de mon ressenti par rapport à l’ensemble de cette plateforme.

En effet, il y a quand même des sujets qui continuent de m’interpeller, des contacts que j’aimerais conserver, et des questions toujours sans réponse.

Mais il y a aussi le sentiment d’avoir épuisé un Désir, sans être capable de le définir, peut-être est-ce le sentiment d’être arrivée au bout d’une histoire, sans pouvoir en imaginer une nouvelle, ici, pour le moment.

Peut-être est-ce la fin de ce fil, tout simplement.

De quoi demain sera fait, ici ou ailleurs, je n’en sais rien.
Mais je pense que cela n’a finalement pas beaucoup d’importance.
Fleur de Lotus
Fleur de Lotus

Messages : 975
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Saxifrage* le Jeu 15 Nov 2018 - 20:09

Le passage de Lotus à Cactus était donc peut-être les prémisses d'un plus grand changement…

Te lire a été un plaisir silencieux jusque là, je me permets de me montrer avant ton absence. Courbette
Saxifrage*
Saxifrage*

Messages : 7046
Date d'inscription : 07/06/2018
Age : 36
Localisation : Entre les rochers

Revenir en haut Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ? - Page 2 Empty Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Jeu 15 Nov 2018 - 20:58

"La vérité est ailleurs" Fox Mulder... C'est ce que je me dis aussi, elle doit être quelque part sur la sente que je parcours...

Fleur de cactus a écrit:En effet, il y a quand même des sujets qui continuent de m’interpeller, des contacts que j’aimerais conserver, et des questions toujours sans réponse.

Eh bien tu peux les lire sans être connectée (pour la plupart). Pour les contacts, un petit MP de partage de coordonnées. Et pour les questions sans réponse, un peu de patience, un peu de lâcher-prise pour réorienter l'énergie : On ne voit pas, parfois, parce que notre regard n'est pas libre, focalisé qu'il est sur un passé qu'on ne peut changer...

Bonne route, c'est ce que je te souhaite.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum