Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par ludion le Jeu 1 Nov 2018 - 23:36

Il faut laisser la rage d'écrire s'écouler dans l'encre. Transformer le stylet qui perce en sculpteur de lignes, laisser sur la feuille vagabonder les mots qui s'alignent et de toute humeur faire sauter les ancres.

Il faut savoir se parler comme étant autre. Dire ce que le passé se voudrait camoufler. Déclamer sur les toits l'abrutissement du monde et son déchirement qui ne cesse de percer. Regarder en face la course des éons et l'humain qui s'agite à ne faire que courir, chimère et fantôme comme seuls compagnons.

Il faut se dégraisser du matériel immonde - celui qui nous entraîne vers l'étang de Narcisse - afin de se trouver. Refonder le mythe qui nous a fait dresser, un jour lointain, pour mirer l'horizon. L’écueil n'est pas dehors, il est dans le perçu, dans cette envie subite de tout posséder. Mais le tout terrestre est fini, contraire de l'esprit qui rêve encore alors que la noirceur se niche au coin du bois. Revenir à nous, à ce qui nous fonde, à ces petits rien qui meublent les secondes. A la proximité, à une main tendue, à la lenteur de la plante qui pousse, aux mouvements des blés dans un champ assoupi dans la chaleur de juillet.

Le monde est grand quand on marche à pied...


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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Jeu 1 Nov 2018 - 23:51

Merci Ludion... je te l'ai déjà dit, mais je le redis, j'adore ce que tu fais des mots.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Ven 2 Nov 2018 - 18:54

Work in Progress


Qu’en est-il de cette bouteille refermée hier soir ?

Elle est toujours pleine, et fermée.

Mais ça bouillonne là dedans. A croire qu’il y a un Djinn qui ne demande qu’à sortir et piaffe d’impatience, tambourine, crie à l’intérieur pour que j’ôte le bouchon de la colère qui l’a refermée.

D’ailleurs j’ai mal au crâne, rien de grave, sinon que c’est désagréable.

Une façon comme une autre de me ramener dans mon corps, de l’incarner, ce corps qui, au final, est bien la seule preuve que je suis vivante, n’en déplaise aux intellos qui ne croient qu’aux idées qu’ils triturent dans tous les sens.  Intello dont je suis, entendons nous bien, et ça turbine d’ailleurs bien trop vite parfois, mais voilà, je suis aussi femme.

Et parce que je suis femme, j’ai porté et donné la vie, par choix, par volonté, par intuition que c’est ce qui me sauverait. Et ça continue de me sauver, en dehors de toute relation avec ces enfants qui vivent leurs vies, tandis que je les vois au mieux deux ou trois fois par an, et encore, pas tous, quelques nouvelles de temps en temps, tout va bien, tant mieux, j’en suis heureuse, mais je n’y suis pas mêlée.

Finalement c’est ce qui ressort de cette mise en bouteille, cette évidence qui me soutient, la Vie passera toujours, elle se fout bien de savoir qui la donne ou la reprend, elle est là, sous forme de déterminisme, ou physiologie ou psychologie, ou n’importe quel terme choisi par l’Homme pour tenter de définir ce qu’il ne comprend pas vraiment, dans son corps, un terme dont le LOGIE ou le ISME terminal,  tamponnera et validera sa belle intelligence.

Allez, Hop !  Un LOGIE ou un ISME, et voilà ce qu’on ne comprend pas vraiment mais qui inquiète, angoisse et perturbe intimement, vite nommé, étiqueté, catalogué, rangé, cadré, bordé, mis à distance et repoussé hors des limites du corps tout entier.

Cette colère qui m’anime est salvatrice, je le sens. Elle réveille en moi la rage de vivre qui m’habite, cet instinct de survie qui me pousse, presque malgré moi, à rester éveillée à ce qui me traverse, et l’exprimer.

Tout ça n’est qu’affaire de Désir.

On peut bien y mettre tous les mots que l’on veut, si nous sommes encore vivants et s’il restera encore des Hommes (toujours cette masculinité du langage) pour vivre sur une planète défoncée, c’est parce que la Vie se fout bien des conditions de sa présence, et qu’elle s’épanouit au travers des Hommes (et des Femmes, allez, pourquoi s’en priver) grâce à l’instinct de survie de chaque individu au milieu d’un nombre plus ou moins grand d’autres individus.

Et cet instinct de survie va entraîner deux besoins distincts mais complémentaires : d’une part le souci de la reproduction, donner naissance à d’autres, pour que se perpétue la Vie, et d’autre part la survie du groupe et donc la coopération, la confiance, l’échange entre les êtres, l’Amour au sens le plus large possible.

Et qu’est-ce qui sous-tend les deux besoins, le Désir.

Platon l’exprime très bien dans le Banquet, où Diotime pour convaincre de l’importance de louer le Dieu Eros, explique à Socrate : « Ne sens-tu pas que c’est à ce moment-là, quand il verra la beauté par le moyen de ce qui la rend visible" [la beauté d’un corps, puis de la personne, puis de plusieurs corps, puis de plusieurs personnes,  puis de la nature, et enfin de la réalité, « la Beauté en elle-même, celle qui est divine, dans l’unité de sa Forme »], "qu’il sera en mesure d’enfanter non point des images de la vertu, car ce n’est pas une image qu’il touche, mais des réalités véritables, car c’est la vérité qu’il touche ».

Pour accéder à la vérité du monde, et de soi, il faut louer Eros, accepter en soi le Désir qui nous porte. Ce Désir, cette pulsion de Vie, que justement certains hommes (sans H) mais aussi certaines femmes, craignent, et repoussent, et relèguent au rang de pulsions à gommer, effacer, renier, dégrader même au rang de « nature » que la culture devrait être en mesure de cadrer, étiqueter, cataloguer, border, brider, brimer, effacer.

Me vient une conversation passionnante avec mon fils, âgé de 26 ans, celui qui a une assemblée dans la tête. Suite au mouvement #Balancetonporc, nous parlions justement de ce fameux Désir, de ces fameuses pulsions, et du discours ambiant sur « les hommes et leur désir », leur soit disant incapacité à gérer leurs pulsions, ce monstre qu’ils abritent en leur corps. « Comment veux-tu » me disait-il « qu’un garçon qui entend dire qu’il devra se contenir, prendre garde à ne pas agresser les filles, se tenir, même si c’est un discours qui se veut bienveillant, comment veux-tu qu’il n’ait pas le sentiment qu’il est potentiellement un monstre. Bien sûr qu’il existe des personnes qui ne savent pas gérer leurs pulsions, qu’il y a des prédateurs et des salauds, mais de laisser entendre que tous les hommes ne savent pas se contenir induit le sentiment que ce que l’on ressent est monstrueux, de l’ordre du sauvage, de la bête, rien à voir avec l’individu socialisé que l’on a envie d'être, que l’on se sent être, même ».

Voilà le problème résumé en quelques mots.

Certains ne savent pas gérer cette pulsion de vie qui les anime autrement qu’en la reléguant au fin fond de leur cerveau, avec quelques LOGIE ou ISME qui les aideront à border ce qui peine à se dire, tandis que d’autres se rendront malades et laisseront une jolie tumeur s’épanouir en lieu et place d’une pulsion toute naturelle.

Et elle peut s’exprimer comment, cette pulsion de Vie ?

C’est très simple, en fait. Accepter d’être un être entier, corps et esprit intriqués, regarder, écouter, goûter, sentir, vibrer, s’aimer, aimer, faire des enfants, leur offrir de quoi grandir en sécurité, échanger, s’entraider, rire, pleurer, en un mot prendre la Vie comme elle vient, dans ce corps qui bouillonne d’une vie qui déborde.

Et j’ai l’outrecuidance de penser que seules ceux et celles qui acceptent d’exprimer sans fard cette pulsion pourront profiter pleinement de ce que la Vie peut offrir, ici ou ailleurs, qu’il fasse trop chaud ou trop froid, qu’il y ait assez de bois ou pas assez d’eau chaude, que l’on soit cent ou mille, que l’espérance de vie soit de trente ou de quatre-vingt dix ans, etc, etc, etc.

Bon, et bien finalement, la bouteille s’est ouverte.

Je vais pouvoir retrouver celui qui joue avec la mort pour accepter de se sentir vivant. Dans quelques jours il pourra créer le personnage avec lequel il se laissera exprimer un besoin d’Amour qu’il n’ose pas dire autrement. Je serai là et j’honorerai la Vie, et donc l’Amour, avec lui, dans la limite de mes moyens, sur un jeu, parce qu’au final c’est bien la seule chose que je sais faire, aimer la Vie.

« En effet » disait Diotime « le vrai chemin de l’amour, qu’on l’ait trouvé soi-même ou qu’on soit guidé par un autre, c’est de commencer par les beautés d’ici bas, et les yeux attachés sur la beauté suprême, de s’y élever sans cesse.. /…/ ce qui peut donner du prix à cette vie, c’est le spectacle de la beauté éternelle ».
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Dim 4 Nov 2018 - 18:47

Changement de pseudo. Marque d’un nouveau départ ? Aucune idée, même s’il y a, depuis peu, une sorte d’acceptation fataliste d’une réalité qui s’impose à moi et qui pourrait se rapprocher de ce que j’ai lu ailleurs sur le déterminisme.

Fleur de Lotus est un pseudo imaginé en octobre 2012,  date de ma première inscription. C’est le nom du tatouage ancré sur ma peau en juin de la même année, réalisé pour une personne avec qui je vivais une folle histoire. Folle histoire qui me mènera au divorce, puis à une vie quotidienne intense mais compliquée avec un FtM, pour finir par une rupture brutale il y a dix huit mois, pour cause d’évolution du Désir entre nous. La Fleur de Lotus symbolisait une renaissance, et le symbole a tenu ses promesses.

Rien à redire à tout ça, j’en ai parlé ici chaque jour pendant des mois l’an passé, je pense en avoir fait le tour.

Mais justement, ce pseudo n’a plus lieu d’être. Non pas que je n’ai plus cette fleur gravée à même la peau, à vie donc, mais elle n’est plus que la trace d’une histoire passée, elle ne me représente pas, si tant est qu’il faille choisir un pseudo représentatif.

Le pseudo Fleur de Cactus a été évoqué par d’autres, avec la petite phrase « qui s’y frotte s’y pique », et cette idée  m’amuse. Et puis cela reste une fleur, qui n’éclot que rarement, la nuit et après de longues années d’attente, pour certaines. La symbolique me plaît tout autant que la précédente.

Pour autant, je n’ai nulle envie de créer un autre fil ou d’arrêter d’y écrire, pour le moment. J’hésite encore un peu sur la clôture définitive de cette introspection, mais j’ai le vague sentiment que c’est le dernier rempart contre la perte totale de ce que je crois - encore- être ma petite personne. Difficile de se débarrasser de l’Ego.

En même temps, comment accueillir l’altérité, comment l’aimer, si on ne ne sait pas déjà se reconnaître soi-même et s’aimer, et pour ce faire, prendre le temps de se dire.

Ou alors décider qu’il n’y a plus besoin d’altérité pour vivre, évoluer, et même être, et laisser couler ce qui agit en nous sans rien en attendre d’autre qu’étonnement, curiosité, voire émerveillement.

Ne plus rien attendre d’une rencontre avec l’Autre… non, décidément, je ne suis pas prête pour cette vie-là. Me voilà donc obligée de patienter seule, en musiques, écrits, images, rêves, odeurs, textures, couleurs, sourires, captations sensibles et multiples de cette vie qui ne cesse de m’étonner et me combler, malgré tout.

Qui sait, peut-être serais-je définitivement sage le jour où je mettrai le mot Fin sur ce fil.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par ludion le Dim 4 Nov 2018 - 18:59

La Chevêchette des saguaros est la plus petite des chouettes du monde. Elle creuse son nid dans les cactus que l'on trouve dans le désert pierreux au sud des USA (en Arizona par exemple).

Peut-être est-ce, de manière imagée, la représentation d'une part de toi qu'il serait bien de laisser s'envoler...


Dernière édition par ludion le Dim 4 Nov 2018 - 19:04, édité 1 fois (Raison : faute)
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Dim 4 Nov 2018 - 19:01

Très belle image ! En plus, cela me donne une idée pour faire évoluer mon tatouage... merci Ludion !
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par ludion le Dim 4 Nov 2018 - 19:04

De rien Smile
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Biper le Lun 5 Nov 2018 - 8:56

juste pour dire ..mais j'aime trop ton nouveau pseudo Very Happy ... il me colle dans la tête la chanson "le monde entier est un cactus" en plus. Smile bonne journée
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Lun 5 Nov 2018 - 9:35

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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Lun 5 Nov 2018 - 19:25

Work in Progress

Lundi matin, de retour au travail et je m’ennuie, je m’ennuie tellement… écrire ici est une véritable bouée de survie. En d’autres temps je me serais amusée avec un petit texte de fiction, lié au RP en cours. Mais il n’y a plus de RP, donc plus de fiction quotidienne, et c’est bien triste car j’en ai besoin, de cette dose d’émotions exprimées. Ne me reste que cette misérable analyse de mes émois du moment…


Hier soir j’ai joué avec celui qui a été mon amoureux en RP au cours de l’été 17, puis qui a disparu pendant six mois, en pleine crise dépressive anti-sociale, est revenu au printemps et a très vite envisagé la mise en place d’un nouveau RP amoureux, avec un personnage qui aurait dû voir le jour en juillet et que nous devrons attendre encore jusqu’en janvier 19, si je suis encore là.

Pendant tout ce temps, j’ai patienté. Pourquoi ? Je serai bien en peine de l’expliquer sinon que ce qui s’est passé au cours de l’été 17 a été suffisamment intense et « vrai » pour me donner la motivation, ou la foi, si je porte un regard désabusé sur ma façon de fonctionner. J’étais persuadée qu’il ressortirait de l’abîme dans lequel il avait plongé en septembre 17 et qu’il allait revenir vers moi, pour jouer. C’est bien une sorte de  foi.

Depuis Avril nous jouons un soir sur deux voire plus, normalement avec la communauté RP (lui un vieil intendant, grincheux et atrabilaire,  moi son assistante, une jeune femme accorte et enjouée), mais depuis l’arrivée de la nouvelle extension, en août dernier, plus de RP et donc que du PVE, rien que tous les deux. Quêtes, recherche d’objets, défis, donjons, nous passons d’un personnage à l’autre, virtuellement attentionnés, blaguant énormément, sans aucune référence au réel ou peu, juste assez pour savoir qu’il était vaguement sorti de dépression, avait arrêté les médicaments, dormait très mal puis au contraire tout le temps, tentait une reconversion, devait suivre une formation agricole, envisageait donc de nouveau un avenir moins sombre.

Pendant tout ce temps il est resté caché derrière un masque de dureté, de rage et de cynisme, ne réussissant à montrer son vrai visage (tout à l’opposé) que dans l’humour, les attentions à ma présence, et le temps passé ensemble. Il arrivait donc très souvent qu’il n’y ait aucun dialogue entre nous, et je m’y suis habituée, m’en suis même contentée, avec plus ou moins de bonheur, la lassitude m’éloignant quand même petit à petit de lui, du jeu, de cet espace virtuel à mesure que mon retour sur ZC comblait une grande part de mes besoins de « connexion ». Je me détachais de lui, et cela me semblait sain.

Mais voilà que la vie s’est chargée de le pousser dans ses retranchements, et de l’obliger à tomber le masque. Ce qui me désarçonne, et me bouscule.

Il y a deux semaines, et l’ initiative venait de lui, nous devions jouer un couple en RP lors d’un événement communautaire. J’en ai parlé ici. Ce soir là il m’a annoncé -sous couvert que je ne pose aucune question- qu’il venait de subir une biopsie pour une tumeur. Démerdes toi avec ça en avais-je conclu ce jour-là, dépitée par son laconisme et son enfermement empêchant toute expression d’empathie.

Les jours qui ont suivi, dans l’attente des résultats de la biopsie, il a de nouveau disparu du jeu. Quand il est revenu il m’a informée du caractère cancéreux de la tumeur, d’un message tout aussi laconique, clos sur une *fin de transmission* me laissant sans réaction, et pour cause.

Il s’est de nouveau retranché dans son mutisme ordinaire, dans l’attente d’une nouvelle biopsie, faisant tout de même quelques petites entailles au contrat qui nous lie (silence radio sur le réel, ambiance déconnante, blagues et jeux de mots, aide et conseils sur le jeu), entailles qui m’ont déboussolée chaque fois un peu plus et m’incitent aujourd’hui à me questionner.

Cela a commencé par une phrase simple, écrite entre deux informations concernant le jeu. « Tu sais quoi… « . Silence de plusieurs secondes. « Je me sens vraiment con….  mais j’ai peur ». Ce à quoi, bien qu’étonnée par cette entorse au contrat, j’ai répondu qu’à mon avis, c’était normal.

Le lendemain, il s’est inquiété de savoir si, du fait d’être prof, j’étais en vacances, et donc en mesure de jouer plus tard. Le sur-lendemain,  si je pensais pouvoir faire un peu de RP pour que notre projet reprenne vie dans la communauté en attendant qu’il puisse créer le fameux personnage attendu, terminant sa phrase par un « si le crabe ne m’a pas becqueté d’ici là ». Une autre fois, qu’il en avait assez de jouer son personnage de vieux grincheux (tellement désireux de jouer l’autre personnage en attente). Hier soir il m’a prévenue que subissant de nouvelles biopsies aujourd’hui, il ne savait pas s’il serait en forme pour jouer avec moi, s’en excusant d’avance.

En une semaine il m’a donné plus d’informations « intimes » qu’en un an. De plus, de nombreux signes indiquent que « quelque chose » est en train de changer, sa syntaxe bien plus calme, ses smileys (inexistants auparavant), ses blagues qui ont perdu toute acidité, ses propositions d’aide récurrentes, etc, etc, etc.

Alors que je m’étais faite à l’idée que cette relation n’en était pas une, ou disons que j’étais la seule à y trouver du sens, voilà qu’il semble y prêter une attention que je ne lui connaissais pas, voilà qu’il semble même espérer me retrouver, et le montrer, voilà que tout à coup il me signifie, presque directement, que ma présence à ses côtés revêt un caractère particulier.

De retour chez moi, je termine ce texte écrit tout au long de la journée. En le corrigeant, je raccorde au fil sur le déterminisme et je tâche de me poser, car « tout ça » me déboussole, c’est évident. Même si j’ai bien conscience que « tout ça » est dérisoire et consternant, au regard de sujets bien plus élevés et généraux, qu’ils soient philosophiques, politiques, scientifiques ou autres.

Quoi qu’il en soit, ce soir j’irai jouer, comme prévu. Je ne sais pas s’il sera là. S’il ne l’est pas, je quitterais le jeu pour écrire, très probablement. Et s’il vient malgré sa journée éprouvante à l’Hôpital… j’aimerais juste ne pas replonger dans une relation déséquilibrée, moi transparente et sincère à l’excès, lui opaque et méfiant, tout autant à l’excès. A moins que j’en sois incapable. Alors il me faudra simplement l’accepter et me laisser vivre cette évolution de notre relation, en espérant que je n’en souffre pas trop, plus tard.

Assez simple à écrire, mais pour le reste…
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Mar 6 Nov 2018 - 11:13

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Acceptation, écrit Ludion dont j’apprécie toujours autant les interventions, même si je ne peux pas (ou ne veux pas) suivre tout ce qu’il propose de scientifique, faute de temps, manque d’intérêt pour « le reste du monde » ou frein de mon Ego qui renâcle à se laisser gommer, aucune idée.

Oui, acceptation. Mais jusqu’où ? Je me sens entrer peu à peu dans cette « acceptation », comme jamais, mais reste toujours cette lancinante question d’une solitude non choisie.

Oui, bon, puisque mes actes sont déterminés, je ne peux qu’accepter le non-sens de cette assertion, « solitude non choisie». Cette solitude me pèse-t-elle vraiment ou bien est-ce le sentiment que la vie ne m’a encore suffisamment quittée pour que je me satisfasse de la finir seule.

Bah si ma grande, un peu de lucidité, que diable ! Si tu en es là, c’est que tout ce que tu as fait, dit, pensé, décidé, choisi donc, t’y a amenée. Accepte-le et tu t’en porteras grandement mieux.

Certes. Allons-y alors.

Hier j’ai donc joué,  en RP, pendant deux bonnes heures, et j’en suis ressortie vaguement meurtrie, un peu plus déboussolée, un fond de colère rentrée aussi, et surtout une énorme question qui me tient encore en ce petit matin de calme avant la tempête du monde en dehors, ce monde des autres dont je m’éloigne inexorablement  : pourquoi continuer à jouer avec lui, j’en retire quoi, j’en attends quoi, pourquoi ne pas couper court puisque je n’y suis pas vraiment moi-même, ne pouvant exprimer aucune empathie, aucune émotion qui me traverse, jouant un rôle à l’inverse de ce que j’ai besoin d’exprimer. Je me fais du mal, pourquoi ?

Ce n’est pas la première fois que j’accepte de servir de punching-ball intellectuel ou émotionnel, à un autre qui ne voit même pas la douleur qu’il me cause, insensible à ce qui se passe en terme de Désir, bien trop penché sur sa propre personne. Pourquoi ?

Nous avons donc joué et comme contre toute attente il allait mieux, nous avons donc décidé de RP. Il a choisi l’un de ses anciens personnages, un fermier simple et sans histoires. J’ai choisi de mettre en face de lui une fermière créée dans l’instant, décidant ensemble qu’elle venait de prendre en charge une partie de l’exploitation que nous gérons depuis six mois.

Tout aurait donc dû se dérouler simplement, mais avant de jouer, il a eu quelques mots durs à mon encontre. J’avais posé une question qui n’était là que pour faire du lien, et il me la renvoyée d’un « qu’est-ce que j’en ai à foutre… », preuve qu’il allait mieux puisqu’il retrouvait la dureté du ton, l’absence d’empathie et la sécheresse de coeur dont il fait preuve d’ordinaire.

Mon personnage de fermière est instantanément devenue inexpressive, froide, polie mais sans plus, à peine insérée dans un jeu social que je n’avais plus envie de jouer. Sans l’avoir choisi (ahaha) il s’est alors retrouvé en RP face à une personnalité similaire à la sienne, quelques minutes avant, la rage verbale en moins. Ma colère est souvent froide, rentrée et mon Ego meurtri se cache derrière une barrière lisse d’indifférence silencieuse mais feinte, car je souffre.

Deux heures plus tard nous nous sommes quittés comme peuvent le faire dans la vraie vie deux collègues qui auront effleuré ensemble le jeu social. Rien de transcendant. Et je me suis retrouvée face à mon écran qui s’éteignait avec cette question très simple : A quoi bon perdre deux heures le soir pour rajouter à ce que je subis dans la journée…

Le temps passe, j’évolue, je plie, je râle, je m’observe, je rêve, puis je me moque, je perds mes illusions, je m’attriste, je pleure, je me redresse, j’accepte, puis j’y retourne, je ris, je chante, je recommence à rêver, questionner, sourire, pleurer, écrire, encore écrire, et repartir en guerre contre moi-même.

Avec tout ça je remplis ma page d’un jour, vaillant petit soldat du questionnement sur Soi, gentille petite guerrière d’une bataille éternelle, entre un Moi essoufflé et un Tout indifférent.

Me reste tout de même cette question que personne n’a prise au vol : qu’en est-il du Désir, dans cette acceptation d’un Réel purement imaginaire, simple suite causale d’une infinité de faits, actes, pensées qui sont autant de variantes à l’émergence du moment. N’est-ce qu’imagination ? affabulation du Moi ? encore un mythe pour tuer le temps ? Pourquoi continuer alors, si tout n’est que contes, fables, comptines et faridondaines  ? Ne resteraient que la danse des mots sur le papier, des couleurs sur la toile, des notes sur la corde d’un violon, d’une fragrance au détour d’un chemin … Tout ça, mais rien d’autre.

Si au moins je pouvais l’accepter…
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Mer 7 Nov 2018 - 19:53

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Une journée « libre » dans le planning hebdomadaire, et des milliards de choses à réfléchir, chercher, penser, ou faire. Mais c’est aussi, encore, du temps en solitaire. Cette journée en est-elle encore plus libre ?

Voilà une question intéressante. Une question qui amènerait une réponse qui pourrait me combler et me donner -enfin- le sentiment que si je suis seule c’est, d’une, parce que je l’ai voulu, même inconsciemment, de deux que cela correspond à un besoin, et de trois que je suis bien bête de ne pas en profiter encore plus.

Réfléchissons y donc.

Première constatation, cette journée n’est libre que parce que, ayant bien rempli les autres jours, je ne suis pas obligée d’aller travailler le mercredi pour gagner un surplus, ce qui me laisse donc tout loisir de remplir cette journée comme je le souhaite.

Mais, seconde constatation, je sais dans le même temps que cette journée ne durera pas, qu’elle est unique dans ma semaine, que demain je devrai me lever tôt pour justement aller travailler, et gagner de quoi vivre pour le mois à venir.  Elle est donc limitée dans le temps, et force est de constater que je compte les heures, tâchant de remplir chacune d’entre elles d’un maximum de « choses » extrêmement variées, certaines autour de l’écriture, fiction ou auto-analyse, ou la transformation textile, la création, plusieurs obligations qui s’intercalent par petites touches rapides et pour lier le tout un coup d’oeil régulier sur ZC, source inépuisable d’informations et d’échanges qui me gardent éveillée.

Troisième constatation, je ne me sens pas capable de faire autrement,  j’ai donc besoin d’une multiplicité d’actions, de pensées, d’occupations, pour remplir ma journée. Sans cette multiplicité je m’étiole, ou en tout cas j’ai peur de m’étioler.

Comment analyser ces constatations ?

Ce matin, pour démarrer cette journée libre,  j’ai regardé/écouté, la vidéo de Cyril Dion sur « L’effondrement est déjà là ». J’ai lancé la vidéo et les tous premiers mots, en préambule, m’ont convaincue de la pertinence de la suite.

« Pour moi ce qui cloche, je vais enfoncer une porte ouverte, mais le problème c’est qu’on a peur de mourir, c’est ça le problème. On a tellement peur de mourir, tellement besoin de trouver une explication sur le fait qu’on est sur cette planète et qu’on sait que notre existence va s’arrêter.. qu’on met en place tout un tas de stratégies pour se protéger.. des stratégies qui sont à la fois des stratégies de domination, ou des autres individus ou des autres espèces, et des stratégies pour jouir, donc divertir notre attention de cette terreur /…/. » Cyril Dion.

Je suis foncièrement d’accord avec cette idée de peur de la mort. Pourtant je ne la ressens pas en moi. Mais je ne supporte pas l’idée de la vieillesse telle qu’elle est présentée socialement. Il y a encore peu je criais haut et fort que je refusais l’idée même de la retraite, comme si le travail représentait pour moi le summum de la « vie bonne ». Bullshit, bien évidemment. Ce n’est pas le travail qui est important mais le fait de créer, construire, SE construire.

Quand je zappe d’une activité à une autre, comme aujourd’hui, est-ce que je fuis la mort ? Possible, mais ce n’est pas comme ça que je le ressens. Par contre, et c’est encore Cyril Dion qui le dit plus loin, je suis une indécrottable …. non pas optimiste comme on me l’a si souvent jeté à la figure avec condescendance (et en particulier le père de mes enfants) … mais créatrice, positive quant à l’action que je peux avoir sur moi-même et un peu dans le monde,  donc en construction, et en constante évolution.

Or il est là, mon questionnement du jour, plus particulièrement quand je parcours ZC et que j’observe certains comportements, que je peux avoir aussi, car je n’en suis pas exempte. Il y a une telle dispersion d’énergie à courir dans tous les sens sans aucune production derrière, cela me sidère, et me questionne.

Est-ce que je m’applique à « produire » toutes sortes d’objets (pris au sens large), et donc écrire ici ce billet quotidien, pour justement cadrer, contrer ma peur  ? ou plus simplement pour transformer toute cette énergie qui m’habite ?

Est-ce que la résilience, dont on parle tout de même beaucoup sur ZC et dont je pense être dotée, ce ne serait pas justement cette capacité à transformer la peur de la mort, l’Angoisse donc, en Désir ?

C’est possible, mais alors comment ?

Puisqu’on ne peut guère échapper au déterminisme qui fait de nous les récepteurs/destinataires d’une chaîne causale générale qui nous dépasse, on peut peut-être quand même se questionner sur ce qui sous-tend cette réception du point de vue de l’individu et donc de ce qu’il en est de son Désir.

Nous sommes des êtres de récit. D’après Nancy Huston, dont parle d’ailleurs Cyril Dion, ce qui fait de nous des humains est justement cette capacité de transformer nos peurs et nos questions en récits.

Si, pour tenter de comprendre ce qui nous soutient, on utilise le schéma Actantiel de Greimas, un chercheur en sémantique qui a travaillé sur la structure du récit, on peut voir qu’en effet, sans désir (souvent représenté par la quête que devra assumer le héros) point de récit.

Désir et Angoisse, les deux facettes d’une même notion qui me travaille suffisamment pour m’inciter à écrire ce billet. Est-ce que je serais encore capable d’y réfléchir si je n’étais plus seule ? Je veux croire que oui, même si, c’est évident, j’aurais un autre point de vue. Après tout, ce n’est pas comme si j’y réfléchissais pour la toute première fois.

Mais tout de même, je crois que ce célibat « forcé » m’oblige à réfléchir autrement et qu’il est probablement bien bénéfique que je ne l'imaginais.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par ludion le Jeu 8 Nov 2018 - 0:56

Petite expérience de pensée :

Et si l'on prenait l'Univers comme machine à produire du sens ? Que l'on considérait qu'après la mort physique seules les expériences, déductions, souvenirs et autres découvertes ou adaptations du même acabit puissent être extraites de l'Univers pour servir autre part ?

Cette pensée que je viens de formuler n'est pas réservée à l'humain. Un corbeau crée du sens quand il utilise une branche pour extraire une aliment d'un col de bouteille (mais je ne sais pas s'il crée un mythe autour de cela, bien qu'il transmette son savoir faire aux corbeaux qui l'entoure). Un arbre qui émet de phéromones pour prévenir ses congénères d'une attaque parasitaire crée également du sens... Pour autant, je ne crois pas non plus que le mythe influe sur lui pour l'inciter à agir.

N'aurait-on pas bénéfice, en tant qu'être conscients, à nous regarder comme finis en même temps que profondément interdépendants, à la fois de nos semblables et de tout ce qui nous entoure (ce qui gomme bien le sentiment de solitude au passage ^^), en plus que de nous sentir reliés au tout dans l'immensité du temps, non bordés, non contraints par notre enveloppe corporelle limitée ?
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Charv le Jeu 8 Nov 2018 - 1:40

Fleur de Cactus a écrit:
Me reste tout de même cette question que personne n’a prise au vol : qu’en est-il du Désir, dans cette acceptation d’un Réel purement imaginaire, simple suite causale d’une infinité de faits, actes, pensées qui sont autant de variantes à l’émergence du moment. N’est-ce qu’imagination ? affabulation du Moi ? encore un mythe pour tuer le temps ? Pourquoi continuer alors, si tout n’est que contes, fables, comptines et faridondaines  ? Ne resteraient que la danse des mots sur le papier, des couleurs sur la toile, des notes sur la corde d’un violon, d’une fragrance au détour d’un chemin … Tout ça, mais rien d’autre.

Si au moins je pouvais l’accepter…

En vie. Envie.

Le désir, c'est l'écriture d'un scénario.

Ou plutôt : l'écriture du début d'un scénario, d'une histoire "à suivre".

Que la vie réelle va corroborer ; ou non ; ou, c'est peut-être le mieux, transcender, emporter vers des récits inattendus. Seront-ils satisfaisants ? A toi les commandes, en tant que scénariste, pour l'hypothétique, en tant qu'actrice, pour l'effectif, en tant que réceptacle, pour tout ce qui t'agit. Et c'est bien de l'ordre du verbe, d'être "réceptacle". Pas un verbe d'action, un verbe d'état. Mais un verbe, plus qu'un sujet ou un objet.

Mais, toujours : mise en récit. Ce qui fait sens, tant au sens sémantique que directionnel. Le sens de la vie ? mouarf... Trouver le sens, trouver un sens, établir des correspondances, des signifiants, faire des liens, trouver l'omega dans l'omicron, comme en fractale... J'aime la proposition de Ludion : et si tout ça n'était que "producteur de sens" ? Est si tout ça ?
Il semblerait, je reprends l'idée à Tinocco, mais celle-ci était déjà mienne avant de le lire, quoique plus confuse, ignorant que j'étais du fameux écart, puisque ignorant de l'existence même de surdouance, que si les typiques arrivent à se satisfaire (ou non !) d'adhérer aux récits, mythes, contes, que d'autres ont confectionné, et d'y jouer leur rôle, il faille au zèbre se confectionner le sien propre, de récit, de scénar, de mythe. Alors, "réel", "imaginaire", qu'importe ? Avant tout, créer le récit, faire sens, littéralement, et dans tous les sens.

"Ce qui me plaît chez toi, c'est ce que j'imagine."

Et, puissance performative du récit, rétrospectif, prospectif, ou "work in progress", on s'en fout, le dire devient le réel, comme le bateau ivre devient le poème de la mer. Mots sur le papier, couleurs sur la toile, note sur une corde, oui ! Mais cela devient, cela est. Et cela a été. Pour toujours, et de toute éternité. Et cela est bien plus qu'une simple suite causale : une mise en récit. Une invention du monde. Un enchantement du monde. L'histoire de ta vie.

J'aime les histoires. Pas toi ?
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Jeu 8 Nov 2018 - 21:35

Work in Progress

13 heures, après avoir traversé cahin caha une matinée de travail entrecoupée de pauses qui m’ont permis de suivre la déflagration d’un message qui se voulait pourtant de prévention, j’ai changé de lieu et je dois maintenant me préparer à entrer de nouveau en cours, cette arène que peut constituer un groupe d’étudiants qui sont prêts à vous sauter dessus si vous montrez la moindre faiblesse, ce qui est le cas.

Je suis dans un tel état d’ébullition qu’il me faut absolument chercher, et surtout trouver, la force nécessaire pour me calmer, retrouver cette authenticité joyeuse qui, malgré tout, me caractérise, puis rebondir et me remettre en route.

Respirer, calmer le flux, fluidifier toute cette énergie qui m’envahit, ne pas m’enfermer en moi-même par réaction, ne pas claquer les portes, ne pas -trop- écouter la colère qui bat contre mes tempes, respirer amplement… respirer, téléphone en main  et le décrire, le raconter, tenter d’en faire un récit qui fera sens et m’aidera.

Ecrire pour laisser l’énergie s'écouler.

Je repense aux deux réponses du matin sur ce fil (merci), elles m’incitent à réfléchir plus avant sur ce que le récit représente pour l’individu et donc moi, puisque les autres, il, me semble évident que je dois m’en détacher.

Puis je lis l’article de Libération sur la collapsologie (merci) où là encore il est question de récits qui permettent d’envisager un avenir résilient. Je me focalise sur ce projet que j’ai ressorti l’avant-veille, je prends quelques notes suite à une interview entendue le matin sur France Culture, Steven Pinker et la grammaire universelle de Chomsky, il me faudra creuser de ce côté là.

13h45… C’est bon « ça » se calme et je commence à me remettre en route. Je tâche de sortir de l’ouragan émotionnel qui m’emporte depuis le matin. Je ne devrais pas en être touchée, mais je ne sais pas l’empêcher, d’autant que certains s’en amusent en message privé, histoire d’enfoncer le clou à mes dépens, je suppose.

L’après-midi ne se passe pas bien, je n’ai aucune patience, aucune mansuétude, aucune empathie, ou plutôt si, bien trop d’empathie, je n’arrive plus à gérer et je suis à vif. Tout me hérisse, surtout la bêtise, l’immaturité, le manque de respect, tout m’insupporte et je réussis à grand peine à passer toute l’après-midi avec le même groupe sans exploser.

Enfin je peux repartir. A peine dans ma voiture, je lance sur mon téléphone la conférence sur Lucy et l’obscurantisme qui m’emporte loin de « tout ça » (merci). Partir loin, le plus loin possible de moi-même, me laisser suivre les hommes qui ont fait la science, sourire en l’écoutant parler du film l’Odyssée de l’espèce et surtout de la critique de Télérama.

Rentrée chez moi, je tourne un peu en rond,  j’essaye de jouer mais le coeur n’y est pas, vraiment pas. Autant essayer de dîner, je regarde une demie-heure d’un film démarré hier sur Netflix, The Lobster, une bien curieuse distopie où les personnes qui ne trouvent pas de compagnon finissent en animaux. Etrange comme choix. Ou pas.

Je reviens devant l’ordinateur, je découvre des musiques qui m’emportent à nouveau loin de « tout ça », (merci)  et je me dis que je ne saurais rien écrire de mieux aujourd’hui que cette litanie d’actes et de pensées qui m’auront un peu plus, je crois, détachée du monde, de l’Autre.

J’ai tout à coup le sentiment que le récit qui serait susceptible de faire sens pour moi commence peut-être vraiment ce soir, sur fond de tristesse difficile à nier.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pabanalitor le Ven 9 Nov 2018 - 10:48

Ha tiens, comme par hasard la conférence de Picq sur Lucy et l'obscurantisme évoque aussi à plusieurs reprises le récit.

J'ai trouvé l'orateur "poli" ou en retrait de ce que j'ai supposé qu'il pensait réellement de la teneur de certains récits. J'en ai entraperçu une confirmation lors des réponses aux questions de l'assistance. Ce n'est que mon interprétation, mon récit.^^
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Ven 9 Nov 2018 - 12:11

Personnellement je ne « crois » pas au hasard Wink
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pabanalitor le Ven 9 Nov 2018 - 12:29

Jusqu'à maintenant je n'ai lu que Charpak qui envisageait positivement la possibilité pour la société d' une compréhension du monde exclusivement  scientifique, celle-ci incluant de façon consciente l'euphorie, un récit d'un autre ordre pour l'avenir, et ce dans une perspective historique.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Cactus le Ven 9 Nov 2018 - 17:20

J'avoue ne pas avoir les connaissances nécessaires pour te répondre sur Charpak. Est-ce qu'il a spécifiquement écrit sur "l'euphorie, un récit d'un autre ordre pour l'avenir, et ce dans une perspective historique" ? Si c'est le cas, alors je suis volontiers preneuse de cette partie de son oeuvre.
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pola le Ven 9 Nov 2018 - 17:21

Fleur de Cactus a écrit:Personnellement je ne « crois » pas au hasard Wink

Écrit à 11:11 !

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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Antinéa le Ven 9 Nov 2018 - 17:22

Heu… ze voit 12h11 moi…?
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pola le Ven 9 Nov 2018 - 17:23

Hé hé Smile

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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par ludion le Ven 9 Nov 2018 - 17:26

@Antinéa:

L'heure affichée dépend du fuseau horaire du poste sur lequel l'utilisateur se connecte ou du serveur cache utilisé pour la copie de ZC ou encore du VPN utilisé pour se connecter à ZC
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Pola le Ven 9 Nov 2018 - 17:27

Ludion, l’arbre qui cache la forêt Smile

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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Wich le Ven 9 Nov 2018 - 17:28

On est en avance d'une heure sur le soleil...
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Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par ludion le Ven 9 Nov 2018 - 17:30

Spoiler:
Si vous utilisez Firefox installez le module FlagFox. Il vous dira quel serveur cache vous utilisez lors de votre connexion sur ZC
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