Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Page 1 sur 4 1, 2, 3, 4  Suivant

Aller en bas

Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Dim 23 Sep 2018 - 10:57

Pourquoi vient-on et même revient-on ici, si ce n’est parce qu’on en peut plus de tout garder en soi ?

Pas de quoi être fière, mais c’est un fait.

Donc...  Voici une nouvelle présentation pourtant je ne suis pas nouvelle ici. J’ai déjà eu deux fils, qui tous deux correspondaient à un moment du même genre, entre doutes et espoirs, et ce entre octobre 2017 et mai 2018 où j’ai cessé d’écrire sur le forum, mais aussi de lire et d’aller aux IRL.

Je me suis servie de ces deux fils pour me raconter, me dire, et « grandir ».  Car écrire pour se regarder être est une pratique qui m’aide, véritablement, à comprendre ce qui se passe en moi. Sans compter que j’adore ça, j’en ai même besoin, c’est une respiration, un moyen, excellent me concernant, pour (re)faire circuler l’énergie qui m’habite, et qui m’encombre tellement elle est présente. Ecrire chaque jour comme je l’ai fait ici était une contrainte que je m’étais donnée, mais qui m’a vraiment aidée. Et comme je pense en avoir de nouveau besoin, me revoilà.

Depuis mai dernier, je n’ai pourtant pas cessé d’écrire. Mais, si mes écrits ont toujours été auto-réflexifs, ils sont passés par le filtre de la fiction, du jeu, et plus précisément du jeu de rôle. En effet, je me suis remise à jouer, intensément, lorsque le joueur avec qui j’avais passionnément joué l’an passé est revenu. Depuis six mois on joue quasi tous les jours ensemble, c’est intense et cela me comble. Pourtant depuis plusieurs jours, peut-être parce qu’il n’y a plus de RP (la faute au jeu), j’ai peur que cette relation, ou disons cette amitié particulière, ne mène à rien et m’entrave.

Comme beaucoup, je cherche un Autre unique pour faire une paire. Pendant douze ans, alors que « j’avais tout pour être heureuse » (mari, cinq enfants, vie professionnelle et sociale soit disant idéale) je suis allée chercher mon vrai  bonheur sur un espace virtuel de rôle play qui a pris une place centrale dans ma vie. J’ai « fauté » avec des jeunes gens, suis passée du virtuel au réel et j’ai tout fichu en l’air.

Lorsqu’en février 2017 j’ai rompu avec mon dernier compagnon, rencontré fin 2010 sur ce jeu donc,  j’ai cru pouvoir en retrouver un autre sur ce même espace.

Il y a un an et demie, j’ai rencontré virtuellement un joueur bien plus âgé, cassé par un burn-out, zèbre qui s’ignore et d’une grande sensibilité qui s’accorde à la mienne. A l’automne dernier il a replongé en abysses cafardeux et il a disparu de l’espace de jeu pendant six mois.  Et moi, sans me l’avouer, je l’ai attendu, et c’est comme ça que j’ai atterri ici.

En mai dernier il est réapparu, et nous avons immédiatement renoué, en rôle play mais aussi un peu « en vrai », virtuellement en parlant  de temps en temps de nos vies réelles.  C’est là que j’ai cessé de participer au forum.

Peu à peu, grâce au jeu de rôle qui mettait en scène une amitié amoureuse, il s’est épanoui et il m’a fait part d’un projet qu’il avait imaginé tandis qu’il se débattait dans sa dépression : il voulait créer un personnage qui n’existait pas encore mais serait proposé avec la nouvelle extension du jeu (tout exprès pour le mien ? il ne l’a pas dit mais j’ai voulu le penser, le croire). Ce personnage pourrait alors être un futur « amoureux », avec lequel je pourrais enfin être entièrement moi-même, et il fallait donc ne plus investir sur celui qu’il incarnait à ce moment là. J’ai accepté (pouvais-je refuser ?) et je me suis mise de nouveau à attendre.

Mais cette création de personnage, qui devait se faire en août, n’a pas encore pu avoir lieu, pour des raisons purement liées au jeu. L’attente prévue pour deux ou trois mois est toujours là, lancinante et usante car j’attends de pouvoir exprimer dans cette relation virtuelle et dans les écrits qui accompagnent l’évolution d’une relation RP, le besoin réel d’aimer qui m’habite.

Je pourrais donc attendre encore, après tout j’attends depuis plus d’un an. Mais il est tellement secret, fermé, cassé aussi, même si depuis six mois il a énormément évolué, que je finis par me dire que j’attends pour une complicité qui ne passera probablement pas la barrière du virtuel. N’est-ce pas encore un opposé qui aura « peur » de moi au final. En effet, pour moi cette relation à venir pourrait (devrait) être le prémisse, ou le début d’une vraie relation. Après tout je l’ai déjà vécu trois fois, je sais donc que c’est possible. Mais lui, qu’en attend-il ? Peut-être (sans doute) rien d’autre qu’une relation de fiction amoureuse entre deux personnages. Histoire d’agrémenter sans risque un quotidien morose de célibataire endurci par la dépression, qui n’imagine plus vivre autrement que seul.

Mais moi, j’ai beau passer énormément de temps sur un monde virtuel, j’espère rencontrer un vrai compagnon, pas un amant sur le jeu, c’est absolument clair. Je pense d’ailleurs que le problème est là. Jouant maintenant depuis une douzaine d’années, j’ai peut-être oublié le plaisir d’une vraie rencontre qui ne serait pas passée par le jeu de rôle, d’où ma crainte de m’enliser.

A dire vrai, je m’aperçois en écrivant que cette facilité offerte par le RP du MMORPG (qui permet à une «too much » d’être soi-même sans risque) m’a tellement apporté que je peine à trouver de quoi assouvir mon désir dans une rencontre réelle. Pourtant j’ai essayé, vraiment, certains d’ici le savent. Et j’ai fait de très belles rencontres. Mais je n’ai pas vu, sur le moment, que j’espérais tellement cette complicité du jeu de rôle immersif, créatif et émotionnellement intense, que je me fermais peut-être à une autre complicité.

Non. C’est encore ma trop grande gentillesse qui parle, et mon empathie, et ma crainte de blesser. Je suis restée ouverte et attentive et même plus. C’est même ça qui a posé problème, je crois. C’est très bien exprimé sur un autre fil, « Quand on est trop ». Plusieurs fois je me suis dévoilée, offerte, avec toute l’intensité dont je suis capable, exactement comme je peux le faire sur le jeu sans trop de risques de voir revenir par effet boomerang toute l’énergie que j’ai offerte, transformée en rejet, peur, voire pire. Et ça n’a pas marché, et je suis repartie sur le jeu, avec toute mon énergie. Cette énergie qui justement me pose problème aujourd’hui car je ne sais plus où la mettre...

Bon ! Et bien, après deux semaines d’hésitation, d’écriture par petits bouts de cette « nouvelle » présentation, ce texte a rempli son office, puisque je viens de comprendre ce qui me pose problème.

Je reviens donc ici pour « m’obliger » à réfléchir sur moi, et peut-être réussir enfin à trouver le moyen, la personne, le lieu, le temps, que sais-je encore, qui redonnera du sens à ma folie quotidienne.

Ami lecteur, bienvenue sur mon nouveau fil.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 23 Sep 2018 - 11:55

Bonjour Fleur de Lotus.
Il me semble que vous n'attendez pas vraiment de réponse, néanmoins j'aimerai vous en faire une, quoiqu'assez courte, pour la suffisante raison que votre texte a remué quelque chose en moi.

Vous évoquiez l'écriture comme méthode de réflexion sur soi. Beaucoup la partagent, et il est certain qu'écrire ce que l'on pense est bénéfique, dans la mesure où c'est un exercice ardu de transformer émotions et sentiments en paroles compréhensibles par tous, et permet souvent d'aborder les choses sous un angle nouveau.

Me concernant, je fais des expériences psychiques qui se manifestent métaphoriquement par des conférences ; une conférence de mon moi actuel, face à toutes celles qu'il aurait été possible que je sois à partir d'une date donnée. Par exemple, si quelque chose me gêne à l'instant présent, je prends la version de moi avant l'apparition de ce problème et je fais un arbre de probabilité en changeant à chaque fois un paramètre, pour déterminer quel événement est la cause de ce qui me dérange. Bien régulièrement c'est une considération idiote de ma part, basée sur un préjugé ou des statistiques faites à l'arrache, ou encore une angoisse profonde que je gère encore mal.
Je me permettrai de faire une analogie entre ma méthode et les diverses personnages que vous vous créez, et que vous faites interagir avec le monde extérieur. Je supposerai qu'à travers eux, vous cherchez à vous connaître, et à vous considérer, qui est une tâche tout aussi longue et fastidieuse que de détecter un problème dans sa propre personnalité. Malheureusement, apprendre à se connaître n'a pas de fin...

Beaucoup de personnes finement exubérantes et infiniment marginales ont peine à trouver une personne avec qui il serait simplement possible de communiquer, étant bien trop souvent obligées d'utiliser les mots et les comportements empruntés à d'autres : un personnage. Je m'abstiendrai de parler de faux-self ici néanmoins, puisque cela ne me parait pas pertinent.

Je ne suis pas à même de vous conseiller en matière amoureuse. J'ai des problèmes que je n'arrive pas vraiment à contenir de mon propre côté. A contrario, je peux vous dire que je comprends et compatis au sentiment de vide que vous détaillez, lorsqu'on ne peut partager qu'avec soi ce que l'on est, ce qui nous fait vivre et ce qui nous inspire. Un Autre Unique comme vous le dites.

Au final, je vous dirai qu'il n'y a que deux véritables actions possibles : agir ou penser. Parfois quand l'un mouline, il faut passer à l'autre pour continuer à avancer.

J'espère ne pas vous avoir blessé avec mes mots, ce n'était nullement mon intention ici. Hélas, mon manque de tact et ma froideur apparente ne se résorbent pas.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Dim 23 Sep 2018 - 12:56

Bonjour Dr. Maison, non seulement je ne suis pas blessée, mais je suis réellement touchée par vos mots. Je vais vous vouvoyer, par respect de votre propre vouvoiement, mais sachez que d'ordinaire, je tutoie, même dans la vie réelle, active, je suis professeur de culture générale dans le supérieur et je tutoie tout le monde, parce que cela me correspond, tout simplement.

Mais passons à ma réponse.

Effectivement il ne s'agit ici nullement de faux self [j'en ai un (plusieurs) comme tout le monde, sinon je n'arriverai pas à vivre, j'imagine] mais bien d'une mise en abîme de ma propre personnalité, riche, complexe, intense, j'oserai dire irradiante, que j'exprime au travers de personnages dont j'écris l'histoire, sur des forums ad-hoc, ce qui me permet d'apprendre à me connaître.

Mais contrairement à vous, je ne pense pas du tout que cela soit triste ou malheureux, bien au contraire, c'est probablement, à mon sens, ce qui rend cette vie si passionnante. Il n'y a pas de plus merveilleux voyage qu'en soi-même et il ne me faudrait pas beaucoup de temps pour retrouver une multitude de références philosophiques, anciennes ou récentes, pour étayer cette petite évidence.

J'en viens à votre méthode de "conférence". J'avoue avoir eu du mal à la cerner de prime abord, mais  j'ai finalement compris de quoi il s'agissait... en me remémorant l'une de mes conversations avec mon fils, le second, qui fait de même ou quasiment  !

Le jour où il me l'a expliqué, il était gêné de se dévoiler ainsi, même si la parole est libre entre mes enfants et moi, car, c'est évident, si l'on n'est pas soi-même "atypique", comment appréhender quelqu'un qui raconte qu'il a dans sa tête une assemblée de "personnes", qui sont autant de lui-même, à qui il donne la parole, l'une après l'autre, avant de prendre une décision. Une personne censée dirait de lui qu'il est fou, tout simplement. Mais je sais qu'il ne l'est pas, à 26 ans aujourd'hui il apprend encore, tout comme vous, à être, vivre, aimer, espérer, en essayant d'être au plus près de  lui-même.

Enfin, concernant ce vide, qui est en nous et même nous constitue, j'ai mis du temps à l'appréhender, à le comprendre, à l'accepter, et à le voir comme une chance, un appel vers un plein infiniment dense et bon... à condition de pouvoir le partager.  Ecrire me permet de le faire, c'est déjà ça.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Dim 23 Sep 2018 - 14:10

Le vouvoiement n'est qu'une sorte de code que je m'impose, à titre secret et parmi bien d'autres, et parfois pour le plaisir ou le confort d'une autre personne. Vous pouvez me tutoyer, cela ne me dérange aucunement, plus encore si vous souhaitez que je fasse de même et que cela vous met plus à l'aise.

Il est tout à fait possible d'être sans contraintes dans le monde extérieur (à opposer avec le monde intérieur), si tant est que l'on dilue sa personnalité pour la rendre, si je continue dans la métaphore, plus buvable. Je n'ai pas l'habitude d'utiliser de faux-self, tout simplement parce que faire semblant est un exercice qui m'est très difficile. Quand on me fréquente depuis assez longtemps, on ne remarque plus que je suis occupée à me pencher de trois quarts tout en levant les mains en l'air, en plein amphithéâtre. Je ne m'en rends moi-même pas compte, et les autres finissent par faire de même ou à y devenir indifférent. Me promener avec des habits masculins des années cinquante, être une vraie plaie sociale ou être major de promotion sans réellement pratiquer la matière, est devenu un quotidien qui emprunterait presque l'affligeante banalité que peut être une personne qui va chercher son pain tous les matins.
Il n'y a rien de bizarre, ou d'étrange en ce monde. Une personne soudainement distante, se verra affublée de quelques qualificatifs généralement péjoratifs, alors qu'une personne qui l'a toujours été se verra justifié par ce que l'on juge comme étant une personnalité. Ce qui est, et ce qui devrait être, ou ce dont nous sommes habitués, et dont nous ne le sommes pas.

J'ai parmi l'étagère de mes bonnes lectures (en vérité je n'ai jamais acheté de mauvais livres, mais disons qu'il y a tout de même une place pour mes ouvrages de référence, essentiellement covalents avec mes favoris), il y a les essais de Montaigne et l'entièreté de ce qu'a écrit Descartes !
Je suis assurément une fanatique des dissections de l'âme et de l'humeur, d'ailleurs, et il m'appartient à penser que plus on s'identifie en soi, plus on peut s'identifier en l'autre, et donc mieux le connaître. Tout comme un savoir ne sera jamais mieux acquit qu'en le découvrant soi-même. Peut-être avez-vous un potentiel à explorer de ce côté-ci ?

Il est gênant de se dévoiler. Je ne le fais jamais qu'en mes mots, puisqu'ils sont limités par l'auteur, qui écrit à un autre, et le lecteur, qui lit un autre. L'assurance d'une sécurité plaisante. Une assemblée des versions de soi, c'est tout à fait cela. Chacune en exprime une partie, et permet de se voir sur tant d'angles, qu'il est  possibles de se percevoir en entier, et d'être plus à même d'utiliser son ensemble pour prendre la meilleure décision, d'avoir la meilleure réflexion, et tout ce qui nécessite une grande conscience.

Vous êtes chanceuse de l'avoir accepté. Cette réalité m'est insupportable et m'accable souvent le soir et tout le long de la nuit...
Ecrire ici, et parfois être lu. J'ai fait de magnifiques rencontres grâce à ce forum !

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Lun 24 Sep 2018 - 22:03

Je crois au hasard, ou plutôt à la synchronicité. Ce n’est d’ailleurs pas un problème de croyance, c’est une constatation, des centaines de fois vérifiée. Et si j’ai pu, par le passé, y voir un peu de magie ou une preuve de ma folie, j’ai par la suite beaucoup lu sur le sujet et j’en ai fait mon cadre de pensée inconsciente : je sais que j’attire à moi ce qui m’anime, le bon comme le moins bon, je sais aussi que je suis l’auteure de ma vie et que tout ce qui vient à moi a été espéré, voulu, ou trop craint.

Mais si j’en suis arrivée là, c’est que cela correspondait à mon mode de fonctionnement :  je suis indépendante, volontaire, et cela fait bien longtemps que je me pense responsable de tout ce qui m’arrive. Le principal avantage est que je n’attends pas des autres qu’ils agissent pour moi, ce qui m’évite de leur faire porter mes attentes (ou pire mes erreurs), le principal inconvénient est que je peux donner le sentiment de n’avoir besoin de personne, ce qui est totalement faux. Je dirais même que je crève chaque jour un peu plus de cette solitude qui m’a été imposée et que j’ai l’air d’apprécier.

Croyant donc à la synchronicité (même quand elle n’était pas identifiée et nommée), j’ai pris l’habitude, inconsciemment puis petit à petit sciemment, de provoquer le hasard, de suivre mon intuition, en passant parfois par l’écrit, comme je le fais ici.

Je me laisse dire, comme je le faisais en analyse, devant témoin. J’écris dans un mode quasi automatique mais dans un cadre précis (entre une demie heure et une heure pour écrire le texte qui prendra place sur mon fil, par exemple), ce qui permet à mon inconscient (et donc mon désir) de s’exprimer, sur un mode transférentiel, où le transfert est porté par le lecteur potentiel, mais aussi, très certainement, par une autre partie de moi, mon petit ordonnateur personnel de pensée.

Revenir ici, sur cette plateforme, pour recréer un fil et y poser de nouveau le fil de mes pensées, n’est donc pas le « fruit du hasard » mais le résultat d’une évolution qui m’a amenée à vouloir sortir de l’enfermement causé par le jeu et ce que j’en attends.

En m’obligeant à en parler sur le mode réflexif, je m’observe être et faire, je m’oblige à dépasser mon  comportement attentiste, je cesse de (me) mettre la pression,  je sors de mon enfermement, et je m’ouvre à autre chose, voire même à l’Autre.  Je suis donc revenue ici pour provoquer le hasard, accueillir une éventuelle synchronicité qui me remettra en route, ici ou ailleurs.

Ceci étant dit (écrit), et venant tout juste de parcourir certains sujets, je me questionne très sérieusement sur la pertinence de l’endroit choisi pour cette « quête ».


******

@ Dr Maison

Chère amie, votre réponse m’a amusée, et j’espère à mon tour ne pas vous blesser en vous en faisant part.

L’amusement est venu de votre ton, de la langue employée, des petites détails narratifs et du jeu que j’ai cerné derrière tout ça. Car bien que vous annonciez ne pas faire de compromis et ne pas avoir de faux self, le peu que vous décrivez de vos manières d’être et de vivre me laissent à penser que vous avez opté pour un costume bien précis, qui vous permet de jouer de ce faux self pour mieux vous en défaire, quand il vous sied, sans doute assez rarement.

N’y voyez là aucune critique, aucun mépris, mais bien plutôt de la tendresse. Car tout cela m’a ramenée plusieurs années en arrière, lorsqu’à ma façon, somme toute assez proche de la vôtre, je cherchais ma place dans ce vaste monde.

Au plaisir,
FdL
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Jeu 27 Sep 2018 - 17:52

Je ne peux toujours pas me permettre d’exprimer les sentiments que j’éprouve puisque je ne peux pas passer par un RP qui  n’est pas encore joué. Et cela m’oblige à me questionner sur ces sentiments, qui ne reposent que sur des perceptions virtuelles, d’innombrables sessions de RP, des petits bouts de conversations sur la vraie vie, écrites sur le canal de notre communauté où nous ne sommes que tous les deux, par choix, et depuis peu un échange vocal déséquilibré (il m’entend mais n’a pas de micro, il me répond par écrit, semblant apprécier de m’entendre).

Tout ça est illusoire et projectif, j’en ai conscience. Pourtant j’ai du mal à me détacher de ce que j’en ressens. Une perception de lui (une « image » de lui) s’est forgée au fil des jours, des mois, et de ces différents échanges et cette perception me rend de plus en plus sensible à sa présence.

Sans RP pour vivre ces émotions que je recherche, je ne peux les exprimer par écrit. Venir ici me permet d’y réfléchir sans avoir à passer par le RP. C’est certainement bénéfique, d’autant plus que venant ici pour écrire, je pioche ici et là et il se trouve que je suis tombée hier sur un sujet où il était question des addictions aux émotions, et cela m’a bigrement parlé.

Quand je disais, parce que je le pensais, que je suis addicte au jeu, en fait je me trompais. Le jeu n’est que le support des émotions que je peux y trouver. Ces émotions correspondent-elles à une recherche de bien être semi-hypnotique comme certains le décrivent en parlant de musique ? Non. Je vais y chercher de l‘émotion amoureuse, c’est désormais une évidence pour moi. Et c’est ce que j’ai toujours fait, traversant le miroir par trois fois, faisant de mon amant du jeu mon amant dans la vraie vie, et même mon compagnon, puisque le troisième est l’amant pour qui j’ai fait exploser ma vie familiale et avec qui j’ai vécu ensuite pendant près de quatre ans.

Donc ce n’est pas juste de l’émotion amoureuse virtuelle et polymorphe mais bien une émotion élective, intense, qui peut se dire d’abord virtuellement avant de passer l’écran et s’épanouir dans un échange réel.

Et si j’ai autant de mal aujourd’hui à me détacher du jeu c’est que justement il y a, par périodes, des moments teintés de cette émotion qui ont tissé et tissent encore, jour après jour, une relation qu’il m’est bien difficile de définir.

Dans Sciences Humaines n°306 de août-septembre 2018, le dossier sur « Qu’est-ce que l’amour » apporte un regard intéressant. Le philosophe Francis Wolff définit une nouvelle carte du tendre qui mêle amitié / passion / désir. Oscillant entre Tristan et Yseult (Désir), Paul et Virginie (Amitié) ou Roméo et Juliette (Passion), le philosophe propose le modèle de Belle du Seigneur d’Albert Cohen comme modèle d’équilibre à atteindre.  Pour Francis Wolff c’est l’équilibre de ces trois tendances qui peut entraîner la durabilité d’une relation. Cette relation amoureuse varie selon l’âge, le contexte, les étapes d’une vie, en bref selon l’évolution des deux partenaires pris individuellement et celle du couple, mais elle ne pourra être véritablement durable que si, à chaque période, les trois composantes en oeuvre soient réciproques.

En clair, un couple qui fonctionne mêlera idéalement les trois composantes selon un rythme qui s’accorde.

Relisant ce dossier à la lumière de mes questionnements du moment, je constate qu’en effet, si, avec mon dernier compagnon, nous avons longtemps vécu avec équilibre ces trois composantes, son évolution physique (FtM) et la modification de sa personnalité le poussaient sans cesse vers la composante désir, clé de sa transformation, ce qui a fini par déséquilibrer tout l’ensemble. Preuve que l’échec de cette relation était inscrit dans ma volonté de lui permettre d’être lui-même.

Est-ce que tout ça m’aide pour dépasser le sentiment qui m’étreint aujourd’hui…. je ne sais pas. J’ai toujours la même volonté, je ne pense pas pouvoir faire différemment. Or justement, voilà que « ça bouge » enfin positivement pour lui, avec une reconversion qui s’annonce, et avec elle un avenir qui s’éclaircit.  Ai-je ma place dans cette reconstruction, dans la vie réelle (puisqu’il est dit que sur le jeu, c’est prévu). Je n’en sais absolument rien. Je commence à en douter. Peut-être justement parce que j’aimerais tellement pouvoir y croire.

J’en conclus donc que je m’oblige à douter, par peur de souffrir. Mais si je doute,  je continue quand même d’espérer et la douleur ne fait qu’empirer. Cercle vicieux.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Dim 30 Sep 2018 - 0:14

Une fois n’est pas coutume, ayant eu un échange privé avec Dr Maison qui a cru m’avoir blessée par sa réponse en lisant la mienne, je me permets ici d’écrire mon « mot du jour » sous forme d’une petite lettre que je lui adresse, tout en la rendant publique.

Puisque mon but premier est de me dévoiler, et de tenter de me comprendre dans ce rite langagier réflexif (qui peut passer pour exhibitionniste, j’en conviens, mais l’écrivain ne l’est-il pas toujours, à sa façon), je ne pouvais me contenter d’un échange épistolaire privé, même si c’était son souhait. J’espère qu’elle ne ne m’en voudra pas, maintenant que les incompréhensions ont été levées.



Chère amie,

Comme je vous le disais dans ma précédente missive, votre mot m’a mise en joie.

C’est important que je vous le redise clairement puisque je sais que vous vous êtes inquiétée. Vous répondre sur un ton similaire au vôtre n’était pas, de ma part, une sorte de moquerie, mais bien au contraire le plaisir, réel, de rentrer dans votre jeu, de m’y fondre, et d’entrer en résonance avec vous.

Résonance… voilà un mot qui, je crois, va hanter mes prochains textes, ici et là.

En effet une interview d’Hartmut Rosa dans Philosophie Magasine, pour son dernier ouvrage « Résonance. Une sociologie de la relation au monde »  m’avait interpellée, et je me suis procuré cet ouvrage ce samedi matin.  L’introduction, lue tantôt,  m’a mise sur une voie, que je pense être fertile, et dont je veux vous faire part.

L’auteur est passé d’une critique de l’accélération, non solutionnée, à une proposition simple mais construite et étayée : il s’agit, dit-il, d’opter pour une « bonne vie », non pas nécessairement lente ou en décélération, mais dans un rapport au monde et aux autres différent.  Il s’agit ici de choisir une vie qui se passe de l’accumulation de ressources, matérielles, spirituelles, sociales ou culturelles, afin de privilégier la résonance au monde, ici et maintenant.

Or, comme depuis un certain temps je cherche à mettre en mots sensés ma perception du monde et de cette « vibration », vous imaginez combien cet ouvrage m’interpelle !

En vous écrivant l’autre jour, j’avais donc tenté d’entrer en résonance avec vous, ni plus, ni moins.  Mais je ne pouvais imaginer que vous y percevriez de l’aigreur ou de la colère, n’ayant moi-même pas une once de méchanceté (c’est une formule, une expression, mais sachez que me concernant, elle dit vrai). Preuve en est qu’en matière de communication nous ne sommes jamais à l’abri de dissonances.

Heureusement, vous avez su réagir à temps, ne pas laisser ce doute s’installer et nous voici de nouveau en accord, ce qui me met dans un état que j’affectionne particulièrement, la joie, simple, d’entrer en résonance avec un Autre.

Au plaisir donc !

Fleur de Lotus
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Ven 5 Oct 2018 - 21:27

Je n’arrive pas à suivre le rythme d’un mot par jour, pas le temps, ni l’envie d’ailleurs car si l’envie était là, je trouverais le temps. Mais peut-être ne me faut-il écrire qu’un mot par semaine pour qu’opère l’évolution attendue.

Toujours est-il que  je recommence à lire ici et là, voire même participer à quelques échanges, preuve est bien qu’il y a un transfert d’attention, de pression, dont je perçois déjà les bénéfices dans ma vie de tous les jours.

Le principal bénéfice en amène d’autres : je suis de nouveau moi-même au travail, c’est à dire positive, volontaire, attentive, enjouée, ce qui amène à moi sourires, plaisir et joie de vivre, tout un ensemble de signes positifs qui me reviennent en boomerang  en me laissant percevoir le bon plutôt que le mauvais dans chaque situation vécue. Je rentre chez moi pleine de ces vibrations et je prends plus à la légère ce qui se passe en dehors du travail.

Un cercle vertueux se remet donc en place, petit à petit, et il est évident que cela ne peut qu’entraîner du meilleur en tout, d’autant plus que celui que je retrouve chaque jour sur le jeu évolue aussi, dans sa vie dont j’ai des bribes, et avec moi, en étant plus ouvert, plus confiant. De fait je crois n’avoir jamais autant ri de moi, de quelqu’un, de tout et de rien, depuis quelques semaines en sa compagnie.

Par voie de conséquence, je lis autrement ce que je pioche ici et là sur le forum, tout comme je reçois différemment les messages qui me sont adressés.

Tout d’abord pour ce qui est de la rage du troll qui s’est épanché sur un autre fil, essayant de m’inciter à réagir, à coups d’insultes grossières dont il n’est pas avare, cela m’a vaguement amusée, mais j’ai été surtout étonnée par mon absence de réaction négative. Ayant dû subir un premier mari manipulateur aguerri (sans aller parler de PN) j’ai appris à les repérer, puis m’en protéger. Malgré tout, ce genre d’attaque me faisait encore réagir récemment, soit en répondant, rarement, soit le plus souvent en ne disant rien mais en prenant sur moi. Là, rien, si ce n’est l’idée, encore assez floue, que je pourrais participer comme modératrice sur le forum. Je me faisais donc la remarque que l’expérience, et donc l’âge, avait finalement du bon.

Cette toute petite réflexion en a amené d’autres, toujours autour de l’âge, car c’est un fait qui me préoccupe bien plus que je ne le souhaiterais. Je ne fais pas mon âge. Très peu le connaissent, j’ai appris à le cacher lorsque j’étais « jeune maman » de ma cinquième : on me prenait pour une folle. Comment, avec la mine et l’allure d’une gamine, pouvais-je avoir mis au monde 5 enfants qui ne soient pas au mieux des quadruplés conclus par FIV et une petite dernière arrivée par miracle. Mythomane, folle dingo, dérangée ou pire, était ce que je lisais dans le regard méprisant qu’on me renvoyait. Cela m’a tout d’abord désarçonnée, blessée puis finalement satisfaite, et j’en ai pris l’habitude. J’ai donc vieilli physiquement en me sentant de dix, quinze ou parfois même vingt ans ma cadette, quand je suis particulièrement en forme.

Mais le temps passe, je vieillis donc bien quand même, et si ma mine, mon allure, mon goût de vivre n’ont pas changé mais bien au contraire repris de plus belle en reprenant ma vie en mains (monde virtuel, jeu de rôle, jeunes amants, divorce, et tutti quanti), ma peau commence tout de même à marquer le temps, mes cheveux s’argenter, mon corps se fatiguer plus vite, et surtout le regard des autres me peser. Dire mon âge est devenu un risque que je crains de prendre : je n’ai pas du tout envie que l’on me (re)mette dans une case (en l’occurrence celle de ma tranche d’âge).

Comme si l’âge, et surtout ce que cela représente dans la société, entrait en conflit avec mon anti-conformisme.  Pourtant je vis désormais plutôt bien ma différence, mon comportement atypique, mon côté « toomuch » et c’est bien évidemment grâce à mon expérience de vie. Alors, pourquoi ne pas l’assumer ?

C’est un regret actuel, bien présent, que je ne peux imputer qu’à moi-même et ça me questionne d’autant plus que cela a un impact sur mon désir amoureux.

Par exemple, quel âge a celui avec qui je joue et avec qui j’entretiens une relation ambiguë (au sens où j’ai parfois l’espoir qu’elle traverse l’écran). Cinq, dix ou même quinze ans de moins que moi, je n’en sais rien. Est-ce important, dans l’absolu, non, bien évidemment, d’autant que je sors d’une relation encore plus atypique, et qu’il en sait sur moi bien plus que moi j’en sais de lui. Mais cela me perturbe. De même que peuvent me perturber les rencontres d’hommes que je sais être bien plus jeunes que moi et avec qui pourtant le contact est plus qu’agréable, complice, gai et enrichissant. La différence d’âge me freine, qu’elle soit connue ou pas, évidente ou pas. Non pas pour moi, mais pour l’autre, que j’imagine un jour regretter de s’être investi dans une relation sur du long terme avec moi.

Est-ce que je craignais ce genre de choses avant de me séparer de M., en février 17. Non. Mais je n’envisageais pas non plus de divorcer quand je l’ai rencontré.e en 2011 et je pensais peu (un peu quand même) à notre différence d’âge. Cela veut donc dire que d’avoir vécu cette relation, passionnelle jusqu’au bout, m’a tout à la fois libérée (d’une vie conventionnelle où je m’étiolais) mais aussi emprisonnée,  dans la peur de devoir laisser partir celui à qui je me suis donnée entièrement (car je ne saurai pas faire autrement) sur un chemin autre, agrémenté de projets auxquels je ne pourrai plus adhérer. Ce qui est advenu avec M.

Mais si je creuse encore un peu, combien y en-a-t-il de ces projets auxquels je ne pourrais pas adhérer ? Vivre une autre vie, je peux. Partir ailleurs, je peux. Décider de vivre dans un bateau/une roulotte/un tipi/une cabane dans les bois ? Je peux. Créer une entreprise, je peux. Monter un projet artistique, je peux. Changer totalement de vie quotidienne, je peux. Fonder une famille…. je ne peux pas. Car je ne suis plus en mesure d’enfanter, et de toute façon, je n’en aurais pas envie. La famille, les enfants, c’est bon, j’ai donné, je veux penser à moi et à un autre comme moi, avant tout.

On en revient donc à une conclusion que je m’étais déjà faite l’an passé sur mon premier fil : quand il s’agit d’amour, si l’un des deux n’a pas épuisé ce désir de parentalité, soit en ayant des enfants, soit en ayant réellement tiré un trait sur le sujet et ce sans sans regrets, le projet ne sera pas viable.

Bon, et bien s’il ne s’agit que de ça, c’est beaucoup moins grave que je ne le pensais.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Ven 12 Oct 2018 - 15:01

Les choses bougent, pas vraiment comme je l’imaginais, mais c’est tant mieux.

Revenir sur cette plateforme, pour écrire dans un premier temps sur une page que j’ai décidée mienne, m’a incitée à lire les autres sujets, puis réagir en lisant, puis participer, puis m’en amuser, puis le rechercher, puis m’y trouver bien.

Oui, finalement je me sens bien, avec « vous » tous.

Vous n’êtes pas les mêmes qu’il y a un an mais Vous me faites globalement du bien, même dans la contradiction. Je pose des mots, des images, des sons qui me racontent dans ma vérité du moment, et j’en avais besoin, puisque je garde désormais un oeil vaguement amusé, parfois agacé mais toujours curieux, sur ce qui se dit ici et là.

Je suis passée donc d’une attente mono-maniaque (le jeu et celui avec qui je joue de temps en temps) à une diversité de réactions, d’attentes, et de plaisirs. Je résonne à nouveau avec ce qui se passe ici, je réagis, je m’ouvre, et c’est bon pour moi. D’où quelques interventions sur des fils polémiques, interventions peu ordinaires me concernant, car même si je n’en donne pas l’air, écrire sur un fil qui n’est pas le mien et ainsi partager avec des personnes que je ne connais pas (avec tous les retours négatifs potentiels qui vont me blesser), est un risque réel que je ne prends pas facilement.

Par ailleurs je continue à lire, et donc réfléchir, sur la question de la résonance au monde et dans le même temps sur ce que je perçois comme une catastrophe (nationale ? occidentale ?) à savoir l’acculturation des générations nouvelles, que je pense être incitée, sinon désirée, ou pire organisée, par l’économie libérale et leur produit récent, les GAFA. J’essayerai de participer à certains fils, qui tournent autour de ce sujet, mais uniquement quand ma pensée sera plus construite, ce qui m’incite à m’extraire du flot pour mieux y revenir.

Il y a aussi cette histoire d’expérience mystique, clamée et même assenée à coups de références bibliques qui commence à me gêner. Comme si toute expérience qui ne serait pas estampillée « Jésus inside » n’aurait aucune valeur. J’en ai vécu trois, de ces moments qu’on ne comprend pas, qui vous tombent dessus, vous transportent, vous emportent et vous transforment. Pour autant je ne crois pas plus en Dieu qu’avant, même si cela m’a questionnée, effleurée, incitée à chercher de ce côté là. Par contre l’idée que je ne puisse en parler, le partager, uniquement parce que je n’ai pas de références convenues qui ont valeur de « Loi » me trouble de plus en plus. Mais là aussi, c’est la preuve que « ça » remue et que je me remets intimement en mouvement, avec l’envie de le sublimer dans la création, si je ne peux le dire avec ma raison.

Il y a donc à nouveau en moi, grâce à Vous, l’envie, le besoin, de me dire, et c’est indéniablement positif, quand bien même ces paroles peuvent être négatives, ce dont je Vous remercie.

Et pour clore ce billet sur une note « artistique », une petite création récente, que j’ai postée ici pour les amateurs.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Sam 20 Oct 2018 - 15:07

J’ai écrit beaucoup de commentaires, de petits textes réactifs, parfois vaguement analytiques, et même certains très personnels toute cette semaine, et je n’ai donc pas eu le temps, ni l’envie finalement, d’écrire sur ma page. Pourtant je sais aussi que je me suis fixé un objectif auto-analytique et que j’irai au bout de ce parcours, quelle qu’en soit la durée, comme je suis allée au bout des deux autres l’an dernier. Je compte écrire sur ce fil dans la perspective qui était la mienne au départ aussi longtemps qu’il sera nécessaire, c’est une forme de respect que je me dois, difficilement explicable.

J’ai donc finalement entamé un rythme hebdomadaire et je m’y tiens. C’est peu, au regard de mes habitudes d’écriture personnelle, mais c’est probablement signifiant. De fait, il y a un frémissement, une sensation, qui a mûri lentement, au rythme de la semaine finalement, en lien avec ZC, bien sûr, et que j’ai envie d’analyser. Je l’ai d’ailleurs écrit hier soir, tard, après une soirée étrange (dont je parlerai peut-être plus tard), sur un fil où il est question de dire qui l’on est.

Pourquoi j’ai souhaité répondre sur ce fil justement à ce moment-là, après cette soirée étrange et avant d’aller dormir... je pense justement que j’avais besoin de me dire quelque part, et Bimbang avait fait remonter le fil à la surface.  J’ai lu ce qu’elle avait écrit, sur ses cahiers d’enfance, et j’ai eu envie de jouer ce jeu là, parce qu’à ce moment précis de ma journée, ou plutôt de ma soirée que je peinais à clore, j’en avais besoin.

C’est en réfléchissant à la question posée, sincèrement, simplement, que j’ai compris que je vivais une bascule, une révolution, au sens physique du terme. Et de voir, au moment de poster, qu’une autre personne avait posté juste avant, puis de lire ses mots, m’a emmenée vers le sommeil avec un sentiment qui ne m’a pas lâchée depuis et me rend flottante ce matin. Il y a bien bascule, entamée il y a peu, accentuée au cours de la journée puis de la soirée d’hier, et toujours en cours.



Depuis que j’ai créé ce fil, un mois donc, je suis passée d’un lien mono-maniaque (un homme que je côtoie sur un monde virtuel depuis dix huit mois, dont je sais peu de choses, sinon qu’il sort de dépression, zèbre qui s’ignore, peut-être même Aspie, avec qui j’ai développé une complicité rare, sensible, ludique, littéraire, et très vaguement amoureuse) à une multiplicités de liens, certains agaçants, tendres, étonnants, questionnants et d’autres … basculants.

Au moment où j’écris cette page que j’aurais aimé poster avant de sortir prendre l’air, je suis toujours dans un état flottant, comme assommée de l’intérieur, sous le coup d’une forme de sidération, qui m’étonne, me questionne, me donne ce sentiment qu’il me faut poser des mots simples, voire simplistes, pour qu’une forme de libération s’opère.

En même temps que j’écris, j’écoute de la musique, mais je suis aussi sur le jeu, un personnage que personne ne connaît, seule donc, je tape du monstre en même temps, ça me calme. Preuve que, bien qu’assommée, j’éprouve le besoin de me calmer. Preuve que c’est la tempête à l’intérieur. D’ailleurs j’ai entamé un grand ménage dans la cuisine, sous couvert de devoir changer de micro-ondes avant qu’il ne m’explose à la figure et je me connais suffisamment pour comprendre ce qui se passe aussi de ce côté-là. M’activer avec une éponge, grimpée sur une chaise pour atteindre le haut du frigo et tout nettoyer avec vigueur n’est pas une activité que j’affectionne particulièrement. Si je m’y suis mise, c’est que j’en avais besoin. Besoin de m’activer avec mon corps, besoin de canaliser une énergie qui bouillonne en moi. Energie corporelle, énergie des neurones… énergie des émotions, nécessairement.

Oui. Beaucoup, vraiment beaucoup d’émotions d’émotions dans les 48 heures précédentes. Diverses, intenses, décapantes, sidérantes, basculantes.Dévoilement d’un côté, prise de conscience de l’autre, un changement de perspective m’est apparu dans toute son évidence.

Je n’ai plus envie de perdre mon temps à rêver qu’un compagnon de jeu, pour qui j’ai pourtant beaucoup d’affection, devienne un jour mon compagnon dans la vraie vie. Dix huit mois passés à rêver, bêtement, pour rien alors ? Comme une conne ? Non. Le côtoyer à nouveau tous les jours depuis quelques mois m’a obligée à prendre la mesure de ce que je suis. Tellement trop tout. Tellement dérangeante avec mon envie de vivre, quand l’autre en face crève de peur d’être envahi. Mais tellement triste d’être obligée de m’éteindre pour ne pas le déranger, le blesser, le heurter. Depuis des mois je suis face à une bourrique qui refuse de dire deux mots sur lui et surtout me refuse le droit de questionner, comme cela s’est avéré encore hier soir où il m’a annoncé un truc grave à condition que je ne lui pose aucune question à la suite. Maintenant je sais qu’il craint la mort, mais je n’ai pas le droit d’en parler. Démerde-toi avec ça.

Pourquoi ai-je accepté d’agir à l’inverse de ce que je suis. Pourquoi ai-je mis de côté mon empathie, mon intuition, ma perception de ce qu’il est, ne pouvant l’aider (l’aimer ?) que dans l’attente, la présence rassurante, attentive mais silencieuse, l’adaptation à ses éclats de colère (contre le monde entier, jamais moi), sa rage face à la connerie, son humour au quatrième degré, ses exigences émotionnelles (strictement jamais rien de personnel le concernant, que du jeu).

En arrivant hier soir sur mon personnage, j’ai senti qui allait mal. Comme très souvent, en fait, peut-être un peu plus intensément. Mais surtout il y avait aussi autre chose en moi. Une forme de détachement. Nouvelle sensation. Il allait -encore - mal, je savais qu’il ne me dirait rien, je n’ai donc posé aucune question. Nous avons commencé à joué, à plusieurs, dans le cadre d’une soirée organisée, lui et moi jouant un couple mais incapables de l’incarner, lui pour une raison qu’il me dira plus tard, moi… parce que je n’y étais pas, étonnée de me sentir plus préoccupée de ce qui se passait sur ZC que sur ce jeu qui était pourtant jusqu’ici le seul espace où je me sentais totalement bien.

La soirée s’est déroulée comme à l’ordinaire. Arrivé tendu, fermé, il s’est peu à peu ouvert, détendu, me lâchant une information parcellaire pour que je comprenne son état d’esprit et ne m’inquiète pas sur l’effet de ma présence, bénéfique, je le sais même s’il est incapable de le dire. Il allait bien mieux lorsque nous nous sommes quittés au milieu de la nuit. Cet homme m’aime, sans le formuler,  sans l’accepter, sans pouvoir rien en faire, sans pouvoir le vivre, et sans pouvoir s’en passer. Et moi… j’ai accepté cet état de fait depuis des mois parce que…. je ne sais pas.

Je pleure. C’est très certainement ce qui pouvait m’arriver de mieux. Le couvercle sur la marmite est tombé et la pression va pouvoir redescendre. Il va être temps de sortir. Une page est tournée.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Dim 21 Oct 2018 - 18:42

Parce que c’est dimanche, que j’ai le temps, que je ne peux m’empêcher de faire quinze mille choses en même temps, mais que j’ai besoin de sentir que je « produis » au moins un « truc » fini, que j’ai toujours besoin de fiction, de rêve, d’une expression dite artistique qui, seule, me nourrira pleinement, je me suis dit que je devais, sinon écrire totalement un texte, du moins en reprendre un que je n’ai pas encore posé et l’inscrire dans la durée, ici donc.

C’est un texte écrit l’an dernier, suite à une relation particulière avec un Z, sur deux mois.  Lorsque cet homme a disparu de ZC mais aussi de ma vie, j’ai analysé son retrait comme la peur de ma présence, que pourtant il cherchait auparavant. Encore mon côté Toomuch qui faisait peur, même s’il avait une « bonne raison » de se mettre en retrait. C’est un des épisodes qui m’ont fait quitter ZC. Trop compliqués « ces gens-là » m’étais-je dit. A l’époque je ne voyais pas que j’étais peut-être bien trop en ébullition moi-même.

Quoi qu’il en soit, j’ai aimé écrire ce texte l’an dernier, le reprendre aujourd’hui et j’ai choisi de le mettre en perspective avec une petite phrase tirée d’un livre écrit par une psychanalyste, sur l’amour.

“La rencontre est la métaphore de l'inédit lorsqu'il se pose derrière vous un instant et vous souffle une proposition illicite. (.....). Car tout de même, quelle plus belle expression de l'inédit que l'amour, quand rien ne se passe comme nous l'avions prévu, imaginé, voulu, et que pourtant nous nous sentons délivré du poids de l'attente et enfin reconnaissant" écrit  Anne Dufourmantelle dans En cas d'amour - Psychopathologie de la vie amoureuse, Rivages Poche, page 85.



Je t’aurais bien emmené chez moi ce soir.

Tout au long de la soirée j’aurais aimé m’abandonner à ce qui me trottait en tête.

M’aurais tu laissée m’abandonner ?

Te prendre la main, et y mêler mes doigts, embrasser les petites rides sous les lunettes, t’empêcher de parler en t’embrassant, te regarder au fond des yeux, rire avec toi, embrasser tes mimiques, glisser ma main sur ta jambe, ou ton bras, te toucher avec naturel, tendresse, et un peu plus, poser ma main sur ta peau, prendre ta joue et y amener mes lèvres, sans me préoccuper des autres, oublier le monde.

Plus tard j’aurais aimé jouer plus longtemps avec ce manteau que tu fermais mal, ôter tes lunettes et embrasser tes yeux pour calmer la tension qui te les rendait piquants, t’apaiser en te prenant doucement la main, et vérifier dans la vibration de ta peau ce que je voyais dans tes yeux, ce désir qui n’osait pas se dire.

M’aurais tu laissée t'apaiser ?

Avant de te laisser partir seul, je t’aurais de nouveau pris par la main, je l’aurais serrée tendrement pour m’empêcher de réfléchir et plonger dans ton désir en silence, m’y abreuver, me rassurer et nous calmer d’un baiser au coin des lèvres, furtivement.

Il y avait cette évidence là entre nous, tellement naturelle qu’elle en était étrange, folle, exaltante, presque enfantine. L’as tu ressentie comme moi ? J’aurais du l’écouter, lui faire confiance, ne pas la craindre, juste la suivre.

M’aurais tu laissée t’emmener ?

Je t’aurais proposé de venir chez moi, tremblante, atterrée de ma propre folie, la mettant sur le compte du rhum qui commençait à me faire planer, inconsciente de mes craintes d’hier. Et je t’aurais emmené chez moi. Comment aurais-je survécu au temps de transport, j’avoue que je n’en sais rien.

Il aurait fallu que tu veuilles simplement me ramener, en gentleman. Il aurait fallu que rien ne se passe comme je viens de l’imaginer. Il aurait fallu que tu passes par dessus tes craintes d’en faire trop, d’en vouloir plus, mieux, tout de suite, être simplement toi, tellement similaires dans nos différences.

M’aurais tu laissée te guider ?

Il aurait fallu que tu suives ton instinct, ton désir, ton corps et ton cœur. Il aurait fallu que tu écoutes cette évidence là.

Mais peut-être est-ce bien ton cœur que tu as suivi hier soir, en me laissant décider de ce qui pouvait se passer. Pas par lâcheté, non. Ni bêtise, encore moins. Juste parce que tu es toi, et que tu ne voulais pas décider pour moi.

M’aurais-tu laissée t'emporter ?


Un jour j’aimerais te prendre par la main et t'entraîner avec moi, je t’embrasserai comme si c’était mon tout premier baiser, puis je t’étourdirai, je t’envelopperai, je t’exacerberai, je te mangerai, je te donnerai la vie... je te la reprendrai… et ainsi de suite, jusqu’à te rendre fou. D’amour.

Alors c’est toi qui pourra me prendre, et m’embrasser, et me manger, et m’envelopper, et m’étourdir et m’emmener à ton tour.

Oui, je t’emmènerai bien chez moi, un soir.

Me laisseras-tu m’abandonner ?
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Lun 22 Oct 2018 - 13:53

C’est le bordel. Dans ma tête. Ça part dans tous les sens. Du coup dans mon quotidien aussi. C’est pas nouveau mais là c’est  10 puissance 10 ( je sais pas l’écrire avec mon Mac et il ne faut pas que je me mettre à chercher parce que sinon cela ne va faire qu’ajouter au bordel).

En plus j’ai un rendez-vous important demain matin, très important même, en tout cas suffisamment stressant pour me mettre encore plus en ébullition (premier rencard au tribunal de commerce, je suis la victime, certains ici savent que ça me préoccupe depuis un paquet de mois). Je sais que ce n’est qu’un premier « entretien », une toute première confrontation avec l’avocat « de la partie adverse », que cela ne durera pas plus de dix minutes, mais voilà, je lutte contre un vrai voyou, un mafieux et, en plus du fric (9500 euros, c’est pas rien tout de même) c’est mon honnêteté qui est mise en cause et l’honnêteté, la mienne qui plus est… bah, ça me touche plutôt beaucoup. 

Depuis ce matin je fais, comme d’hab’ mais là c’est quasi du délire, plusieurs choses en même temps, mais j’ai tout de même réussi à écouter vraiment,  oui, vraiment, une conférence sur les mythes, passionnante, ce qui n’a fait au final que me mettre un peu plus en ébullition intellectuelle (note à moi-même, penser à poser quelques part les notes que j’ai prises en même temps ; penser aussi à remercier celui qui l’a posée sur le fil de ZC).

A un moment, entre rangement de papiers, paiement via internet de la taxe d’habituation du local commercial qui m’appartient et que je loue (merde, j’avais oublié la date du 15, heureusement que je suis passée par là ce matin), douche, nettoyage assidu de cette douche, impression de factures impayées,  une ou deux quêtes sur le jeu, un café avalé, deux morceaux de pain, constitution d’un dossier pour une étudiante absente l’an dernier, retour à la conférence, écoute des questions, etc, etc… tout ça dans le désordre, bien sûr, vu que tout est quasiment fait en même temps… à un moment donc je me suis dit que j’allais devoir l’écrire, me poser sinon j’allais juste imploser.

Et puis je me suis entendue (dans ma tête ou à moitié, je ne sais plus, ça devait être sous la douche, j’avais coupé la conf’, donc à moitié en dedans et en dehors) je me suis entendue, disais-je, chanter une vieille chanson populaire et en changer les mots, vaguement, en fait je les cherchais, probablement, c’est pas comme si c’était une chanson qui « me plaît », et puis je me suis dit qu’il me faudrait écrire une autre chanson, avec mes mots, sur le même rythme, la même mélodie, que ça pourrait servir à me poser, à me dire aussi. A me dire surtout.

Je n’en suis qu’à la moitié de la journée, et encore, même pas, tout va dépendre de l’heure du coucher, il faut que je me pose. Donc allons y, me dis-je. Mais pour ce faire, il me faut les vraies paroles. Alors je les cherche. lacoccinelle.net, ils font ça très bien. Je lis.. ah ben. Mais je veux y changer quoi, moi, là dedans. Je voudrais dire quoi, de plus, ou de différent, ou d’autre, ou que sais-je. Merde, j’en sais fichtre rien.





13h50, j’aurais comme vaguement faim, j’ai mis la musique et je danse sur mon fauteuil en simili cuir. Dans l’état d’ébullition où je suis, j’ai peur que ça ne passe pas comme il faudrait. Alors je fais quoi, pour me calmer ? J’essaye d’écrire une autre chanson, ou je vais sur le jeu, excellent dérivatif au bordel intime.

Va pour le jeu, je pose tout ça sur mon fil parce que j’estime que cela fait partie du jeu. Je sais parfaitement que rien n’est anodin, dans cette démarche. J’ai du être russe blanc, dans un autre karma, et jouer ma vie à la roulette. Go !
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Lun 22 Oct 2018 - 14:29

Trop fort ... vraiment trop fort.

Au moment où je poste ici, je reçois un mail de l'avocat que je vais voir demain, celui de la partie adverse.
Il m'annonce qu'il demande un renvoi, pour que je puisse répondre à ses écritures, 5 pages pour expliquer que j'ai tort.
Ca je m'y attendais, bien sûr.

Mais là...

Me voilà potentiellement condamnée (selon sa demande) à devoir payer à mon débiteur "la somme de 1 500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile", ainsi que "aux entiers dépens de l'instance".

Ben voyons !

Allez, la chanson de Claude François est passée, la suite appartient à You Tube.





Elle est pas belle la vie... Vaut mieux en rire, on va dire.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Lun 22 Oct 2018 - 22:04

Je suis en train de dézinguer mon propre projet, ce fil, que j’avais défini comme auto-réflexif, construit  et hebdomadaire. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Bonne raison que je me donne, mais c’est juste pour la frime ; au fond, je m’en fous, des bonnes raisons, j’en ai besoin, point barre.

L’ébullition que j’avais réussi à calmer, ou plutôt qui s’était calmée toute seule dans l’après-midi, a repris à fond les manettes. Je n’aurais pas dû boire ce verre de vin (en plus une merde, un vin venu de chez Ikéa depuis Noel 17, trois bouteilles, je ne vais pas les conserver jusqu’à Noel 18 …) avec le petit bout de gratin que j’avais mis de côté avant hier (un verre, pas deux ou trois, je suis une petite nature, il ne m’en faut pas beaucoup, c’est avantageux, ceci dit).

La faute à demain, 9 heures, je le sais ou disons que je m’endors avec cette idée.

Bah non, tu le sais, que ce n’est pas ça. Tais toi donc.

Enfin si, un peu, disons que ça rajoute au problème, si tant est qu’il y ait « problème ». Je me doute que demain vers 10 heures la pression sera redescendue, méchamment, et que ça ira mieux. Je me doute aussi que pendant l’après midi de cours, étant donné que je vais devoir assister à une séance d’exposés que j’ai moi même initiée, et préparée, et guidée, je vais oublier tout ça, au moins tant qu’eux-mêmes joueront le jeu, tous ces étudiants qui semblent ne faire le minimum que pour me faire plaisir, me voir sourire, rire, partager, m’entendre les remercier.  Comme c’est triste, en fait.

Bref, j’éprouve le besoin de me dire, et comme je suis chez moi, ici, forcément j’en profite. Ce serait tout de même dommage que je ne profite pas d’un espace que je me suis offert à moi-même.

Donc je dézingue, je démolis, je fous tout en l’air, je casse, j’explose, je le pulvérise façon puzzle, mon projet.
Bah, c’est le jeu ma pauvre Lucette. The show must go on. Tu es en train d’exploser en plein vol, tu cries pour le dire, quel mal à ça. Si ça se trouve, il y en a qui vont apprécier. Et puis ça peut être beau, un feu d’artifice. Vu d’en bas.

Et il se passe quoi, qui vaille de tout faire exploser ?

Cette pression que je sens en moi et qui ne veut pas descendre. D’où le verre de vin, d’ailleurs. Sauf que pour que ça m’assomme il en faudrait plus. Et je n’en suis pas là.

Au final c’est pire. Le vin à petite dose me désinhibe. Heureusement que cela reste écrit, sur mon ordi, que je peux relire, corriger et poster si je le souhaite. Sauf que… je me connais. J’ai un gout immodéré pour la provoc’, mais uniquement quand je suis la seule concernée. Je me pousse. C’est une histoire entre moi et moi. Pas cap’ je me dis. N’importe quoi, je suis cap’ de tout, me concernant, surtout avec un verre de vin dans le nez. Je le sais. Combien de fois ai-je ainsi écrit ce que je ressentais, faisant fi des conséquences … des centaines de fois. Mais toujours par écrit, la plupart du temps en jeu de rôle.. Lâche… ou simplement joueuse. La vie est un jeu, ce n’est pas moi qui le dis.

Je pourrais donc attendre demain, que ce fichu rendez vous soit passé. Attendre d’être plus calme, plus posée, plus sereine aussi. Et puis ? Je ferais alors ici comme si tout ça n’existait pas ? Non. Non, non, non. Ce n’est pas la règle de base de ce projet, de ce fil qui est censé me dire.

Auto-réflexif, on a dit. Pas cadré, coincé, bâillonné. Regard sur toi. C’est pourtant simple à comprendre.



Ah… je vois ce qui se passe, il serait peut-être temps, ceci dit…

Bien, je vais devoir employer des gros mots, mais tant pis, j’assume.

Ne rien dire ce soir, attendre, faire genre que rien ne se passe, ce ne serait pas du tout, mais alors pas du tout, en accord avec le principe même de ce fil, même si je ne l’avais pas encore énoncé. Tout simplement parce que je n’y avais pas pensé.

Ma démarche est foncièrement artistique. Je l’ai découvert sur mon premier fil. J’en ai entériné le principe sur le second, bien plus court. Je suis donc dans la suite logique de ce que j’avais entamé l’an dernier.

Retournement de situation. La faute au vin merdique de Noel. Mais retournement salutaire, j’en ai l’intime conviction. Me dire ici, au fil des heures si c’est ainsi que je le sens, c’est la plus belle expression de moi, au sens artistique du terme. Vraie, libre, femme, déjantée à certains moment, très sérieuse à d’autres, toujours sincère, volontaire, intense.

Et bien voilà ! Je suis mon propre sujet d’étude et je me tire le portrait. Probable que je ne pouvais pas le voir tant que j’étais coincée ailleurs. Preuve qu’il y a bien eu bascule.

CQFD.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Mar 23 Oct 2018 - 11:07

Non mais... Mr Univers où qui que tu sois...  sans déc’... je suis joueuse, c’est vrai, mais bon.

Me faire le coup de la panne de voiture juste au moment où je dois me mettre en route pour le tribunal, c’est fort de café, j’avoue !!! Heureusement que pour une fois, je n’avais pas calculé au plus juste !

Remarque, d’avoir été obligée de réagir au quart de tour et d’aller fissa jumper dans un métro, c’est clair que ça m’a sacrément remuée. Changement radical de paradigme. Ma seule préoccupation est devenue l’heure. Et bien évidemment, ça n’a pas raté, j’ai loupé une correspondance. Pourtant je le savais que sur cette station il fallait tout traverser pour reprendre un tunnel plus loin, stupidité de l’affichage qui ne le dit pas, ou mal. Mais là encore, tu t’es chargé de me remettre dans le droit chemin. Allez hop ! Prends donc 10mn dans les pattes, ça va te stresser un coup de plus et tu ne penseras pas à ce qui te préoccupe.

Arrivée pile à l’heure, enfin non avec 5 mn de retard mais je passais en second, je le savais pour avoir pratiqué deux mois plus tôt ce que je sais fort bien faire, même si chaque fois je balise, discuter, échanger, fraterniser... avec les fonctionnaires du tribunal pour me faire expliquer la procédure.

Donc assise en salle d’audience publique à 9h05, c’est là que j’ai commencé à t’écrire, histoire de ne pas monter en régime inutilement.

Quinze minutes plus tard on m’appelle. A la barre, enfin je ne sais pas si c’est le bon terme vu que j’étais tout contre le comptoir face à la procureure (ça se dit ça ?), une agréable jeune femme qui m’avait l’air de bien comprendre ma situation, à la barre donc je me suis retrouvée à côté d’une grosse, moche, vieille, débile en robe noire (oui, bon, je me lâche, mais j’ai le droit, c’est la partie adverse, l’ennemie). Même pas un bonjour, un regard, sans aller demander un sourire. Un simple grouillot (une grouillotte ?) envoyée là pour renvoyer l’affaire. Piste bleue et je suis gentille. N’empêche qu’elle suintait l’incompétence, et ça m’a donné une bonne idée de ce que je représente pour l’avocat qui ne s’est pas déplacé.

Renvoi au 18 mars donc. J’ai le temps de changer de vie, d’ici là. 6 minutes pas plus pour me faire expliquer toute cette procédure que je découvre.

La procureure a été parfaite, j’ai tout compris, et j’ai pris la mesure de la Justice Française. En fait c’est un mot dénué de sens, ici. Où est la Justice d’un Etat qui considère que le fournisseur de services que je suis (prof en auto-entreprise = fournisseur de services) devrait à chaque cours qu’il donne conserver les traces (preuves) de ce qu’il a fait, liste d’émargement des étudiants, cours dispensés, copies du calendrier mois par mois, copies des mails échangés avec le service pédagogique et j’en passe, tandis que de l’autre côté, il suffit au mafieux de dire « Nous n’avons pas pu valider les heures de Mme Z., elle ment, triche, et nous demandons donc au Tribunal de la condamner aux dépens».

Enfin bon. Une bonne chose de faite. Il me reste à m’occuper de ma voiture. Purée, ce que ça m’emmerde, ces histoires de bagnole. Pour le coup je ferais bien hurler ma fille, la seconde, la féministe, en te disant que pour ça aussi j’aimerais un mec.

Oui, c’est bon ! Je charrie ! Ça fait six ans maintenant que je gère tout, toute seule, m’emmerde pas. J’ai même été capable de monter un lit double en mezzanine de chez Ikéa TOUTE SEULE ! Vas y, essaye, tu verras, même que c’est écrit sur le mode d’emploi que c’est impossible  ! Bon, j’en ai chié, je dis pas, mais je l’ai fait !

Non, en fait, tu sais quoi ? J’aurais tout de même bien aimé retrouver un mec en rentrant. On aurait pris un café, je lui aurais raconté mes mésaventures, on aurait ri, on aurait déconné, et puis on aurait fait l’amour, pour fêter tout ça. Tu vois, j’en demande pas tant.

Ah tiens, au fait ! Ma lettre de l’an dernier, tu sais celle en prévision des cadeaux de fin d’année, J’ai vu qu’elle était remontée sur le dessus de la pile. Je l’avais oubliée, j’avoue. Mais de recevoir une notification (tout de même, qu’est ce qu’on ferait sans tout ça) me l’a remise en tête. Alors, je ne sais pas si tu t’en souviens, mais pour mes cadeaux, j’avais déjà envisagé que tu ne puisses rien faire avant fin 2018. On y est là. Donc, si tu pouvais t’y replonger, ce serait sympa. T’es dans les clous, il te reste tout juste deux mois.

Allez, à plus. Je sais comme t’es overbooké, je t’embête pas plus longtemps.
FdL
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Mer 24 Oct 2018 - 19:04

Me revoilà. Il se trouve que la pression ne redescend pas. Ce n’est pas désagréable, ceci dit, même au contraire, mais il faut impérativement que j’en fasse « quelque chose » sinon, je le sais, je le crains, ou plutôt les deux, je ne vais plus savoir gérer, « ça » va bouillonner, tourner en rond dans ma caboche, m’épuiser et au final me mettre mal.

Le souci n’est pas l’ébullition, puisque c’est ma nature, la vraie, celle que j’ai trop longtemps cachée, mais si je ne « produis » rien de concret et fini, avec une visée « artistique » (au sens d’expression de soi), ça n’ira pas.

Et quoi de mieux qu’un simple billet sur mon fil pour assouvir ce besoin. D’autant plus que j’ai toute latitude pour l’écrire, en fonction de mes envies. Soit j’y passe une demie heure en une seule fois, je me pose et je me laisse suivre le fil du Désir (avec un grand D), un moment généralement intense, fait dans l’urgence émotionnelle, presque impérative. Soit je l’écris au fil des pauses (quand je travaille), ce qui donnera un texte plus raisonné. Soit encore je m’y mets, comme à l’instant présent, ce qui va faire émerger un point que je sens crucial (la production journalière ?), puis je repars m’occuper à côté pour laisser «  du temps au temps », c’est à dire laisser ce point crucial s’épanouir gentiment, avant de revenir et finaliser ce qui avait été lancé une heure ou cinq heures plus tôt.

Là tout de suite, cela me fait penser à un mythe dont on m’a parlé récemment, mythe des origines où l’enfant, avant de naître, est cette petite graine que l’on met dans un terreau fertile avant de l’arroser. Je pose une petite graine sur une page de Notes, un traitement de texte Apple, que j’ai donc sur mon smartphone, mais aussi mon Mac de bureau et le portable que je trimballe en cours. Je transporte la petite graine avec moi.  Et de temps en temps j’y repense, j’écris et ainsi je l’arrose. Le point crucial ne serait donc pas cette fameuse production journalière, mais ce qu’elle représente pour moi. Une petite naissance à moi-même. Une par jour donc. L’idée me plait.

Une bonne heure plus tard, tout en m’activant sur du rangement, j’ai eu le temps d’écouter jusqu’au bout une conférence de Jean-Loïc Le Quellec, une autre,  celle sur les mythes de la préhistoire que Pabanalitor a posée sur le fil dédié aux conférences.

L’anthropologue parle de ce qu’il pense être le mythe le plus ancien du monde, qui se trouve encore raconté, dansé, travaillé aujourd’hui en Amérique Centrale. C’est le mythe des origines du monde mais pour eux elle n’est pas, comme pour nous, seule et unique ; elle est au contraire recréée chaque jour (grâce en particulier à la danse) ceci afin d’éviter que le monde ne disparaisse.  

Je sens qu’il y bien un lien entre cette conférence et ma réflexion. Je m’avance dans la journée. J’ai tout mon temps, la moitié de mes étudiants sont en vacances. Par force, je suis donc à moitié en vacances. Je lis un très joli texte de Ludion, sur sa difficulté à percevoir l’entièreté du monde, qui finit sur la notion de mythe (« La condition de l'homme confine à un survol temporaire d'un paysage qu'il n'arrive à nommer que quand il y plaque un mythe »).

Un mythe, du grec muthos, est le récit d’un fait, d’une explication, d’une perception de la réalité, et non une fable (merveilleuse, factice, irréelle) comme l’entend aujourd’hui le sens commun. C’est donc une histoire qui raconte la vérité, telle qu’elle est pensée, vécue, expérimentée dans une partie du monde, un peuple, un individu pris à tel endroit, à tel moment. Je ne pense pas, me concernant, que je plaque un mythe sur ce que je ressens du monde, mais que j’écris chaque jour une histoire, celle de mon origine, que j’inscris comme mythe en le partageant.

Je connecte toutes ces impressions tandis que je suis passée à du bricolage avec des petits bouts de tissu. Ce qui se passe au bout de mes doigts n’est semble-t-il que la mise en œuvre colorée et textile de ce qui se passe dans mon cerveau (si tant est que cela soit le siège unique de tout ce brassage d’informations, ce dont je doute). Il y a bien, ici, dans l’écriture d’un billet quotidien, une forme de travail sur l’origine, création de moi sans cesse renouvelée,  « naissance », qui me construit, et m’ouvre au monde, via la création, l’écriture, l’art dans son acceptation la plus simple, l’Amour.

Je finis mon après-midi en repassant tout en écoutant la conférence d’Yves Corneau posée par Hortense. Je fais l’exercice avec le public. Je laisse venir ce manque qui m’habite. Je pleure. J’ai compris quelque chose, j’en ai déjà parlé mais c’est un nouveau regard. J’en parlerai peut-être demain. Il y aurait bien des histoires à raconter là-dessus.

Je n’ai pas envie de terminer ce billet sans un peu de fiction. Il y a ce texte sur une rencontre, celle de l’homme que j’aurais aimé emmené un soir, pour de vrai, l’an dernier. La rencontre est toute aussi réelle, je l’ai écrite le soir même, pour moi seule, ne pouvant la faire lire sans me dévoiler. Il y a prescription et j’aime ce texte.

Ce jour-là aussi, je suis née à moi-même. Le voilà donc.


* * * * * *  *
Premier rendez vous

Dans le café où ils se sont posés sans du tout se connaître, ils discutent, de tout et de rien, ils se racontent et échangent leurs ressentis, et le temps passe, sans qu’ils y prêtent attention. Entre ces deux inconnus du matin une étonnante complicité s’est installée, naturelle, fluide, légère, et tout à la fois tendue, vibrante, mélange de désirs qui ne se disent pas, encore, ou peut-être jamais.

Lui s’échauffe un peu à parler, tandis qu’elle se détend à l’écouter. Il est excessivement tendu, inquiet, impatient, vibrant peut-être d'espoir qui ne peut se dire. Elle le laisse s’épanouir, apaisée et attendrie par ce qu’il dégage d’excitation juvénile et d’attention mature mêlées. Il semble pouvoir enfin se dire, être enfin reconnu, par elle, une inconnue. Et elle en est touchée, sans pour autant réussir à savoir ce qui précisément la touche. Ce qu'elle voit de lui ou ce qu'il lui renvoie.

Tout à coup, emporté par ses propres mots, il effleure sa main, à peine, pour appuyer ses dires. Imperceptiblement elle tressaille, mais ne recule pas sa main. Il ne semble pas percevoir son émoi. Pourtant son visage doit montrer de l’étonnement, tandis que son regard surpris s’attarde sur la main qui repart vers le chandail de cet inconnu tout à coup tellement proche. Toute sa gestuelle est naturelle, sa main lui a comme échappée, mais elle croit percevoir une pointe de désir inconscient et se demande si elle aurait aimé qu’il laisse sa main sur la sienne, un peu plus. Ridicule, il s'agit juste d'un besoin naturel de tendresse, de partage. Elle évacue la question, sans trop de difficultés.

Dans le café légèrement bondé, la musique varie, mélange de vieux standards, de variété un peu ringarde et de pop plus actuelle. En sourdine la musique ponctue leurs échanges, parfois comme un clin d’oeil qu’elle pense être la seule à entendre, ce qui l’amuse. Il y est souvent question de rencontres. Une vieille chanson de variété emplit l’espace et elle en suit la mélodie, en murmures amusés. Sans cesser de parler il sourit et secoue la tête en signifiant qu’elle ne doit pas, pas sur cette musique, trop nulle à son goût. Il pose alors un doigt sur sa main, pour de nouveau appuyer ses dires dans un petit geste de refus. Elle observe cette main masculine qui vient de nouveau de pénétrer son espace intime, et se demande encore ce qu’elle aurait fait si la main s’était attardée. De nouveau elle pousse l’idée saugrenue tout au fond de son cerveau et l’oublie. Et puis les paroles fusent, pas le temps de décortiquer ce qui sous-tend et traverse leur échange.

La clientèle du café a encore changé de style, elle s’en rend compte en voyant l’homme âgé qui la dévisage à un mètre d’elle. Accoudé au comptoir avec d’autres, c’est manifestement un habitué de l’apéro qui semble évaluer ses chances. Une inconnue, peut-être potentiellement quelqu'une à rencontrer, semble-t-il se dire. Les regards de l’inconnu au comptoir la réveillent alors. Il doit se faire tard, si on en est à l’heure de l’apéritif. Il serait sans doute temps de se quitter. Mais elle n’est pas sûre d’en avoir envie. Elle hésite, elle le regarde qui s'anime toujours. A cet instant présent, elle pense que tout est possible, mais là encore elle évacue.

La conversation reprend, il écoute ses questions, attentif à y répondre avec précision. Elle aime la tension qui l’anime et sa façon de se contrôler avant de parler, cette gestuelle vive et douce à la fois, les efforts qu’il fait pour rester calme, dans le ton de la conversation. Peu à peu cet inconnu se faufile en elle et s'y installe, sans qu'elle ne puisse s’en défendre. Elle regarde son visage, parcouru de mimiques et se prend à imaginer qu'elle le caresse. Poser sa main sur sa joue, très simplement, et le voir réagir, stupeur, tension, puis détente et apaisement. D’un geste, elle pourrait le faire taire. Non pas qu’elle avait envie qu’il se taise, non. Mais elle aimerait que le temps s'arrête et pouvoir gouter à ses lèvres, là, maintenant. Juste goûter.

Attention danger. Risque de bascule, dans un sens ou dans l’autre. Tout va très vite, elle y pense puis elle oublie. Encore une fois elle écarte l’image pour se concentrer de nouveau sur les paroles, l’échange. Mais son esprit s'envole de nouveau, au gré des vibrations qu'elle perçoit.

Toutes ces mimiques sur son visage, c’est étonnant, amusant, mais c’est une mobilité qui cache le trop plein d’émotions qui le traversent, elle en est certaine.  Est-ce qu’il serait aussi mobile, son visage, après l’amour. Encore une drôle de question qu’il vaut mieux, là aussi, mettre de côté. Elle tâche de se concentrer sur ce qu’il dit, d’autant qu’elle le trouve réellement passionnant, étonnamment cultivé, d’une richesse de langage rare. Etonnant pour quelqu’un qui n’a pas cette culture acquise comme d’autres. Cela donne une densité à son discours qu’elle capte par à coups, entre les images réelles de sa mobilité et celles, imaginaires, de leurs mains jointes immobiles et de son visage apaisé après l'amour.

Tout à coup, elle a la certitude que si elle ne part pas, là, très vite, elle prend le risque de vouloir l’emmener chez elle pour la nuit. Mais elle se sait incapable d’une telle affirmation de son désir. Et quand bien même elle le serait, elle n’est pas sûre d’en avoir envie. Une alarme s'est déclenchée tout au fond de son cerveau. Il est vraiment temps de partir.

Encore quelques instants de complicité, il est tellement attendrissant, pourquoi le quitter. Mais elle est groggy, elle a perdu le contrôle d’elle-même, tout son être est en panique, elle doit vite s'enfuir. Il sera bien temps d'y réfléchir plus tard. Ils se séparent enfin, avec promesse d’une autre rencontre, un jour, plus tard, peut-être, sûrement.

Elle soupire d'aise sur le chemin du retour, heureuse d'être enfin seule. Mais le mal est fait, il est là, en elle, quelque part sous sa peau, dans ses rêves à venir. Il la hante déjà, les regrets se forgent dans les méandres neuronaux de son cerveau en ébullition, et ils débarqueront dans la nuit, sans prévenir, pour la tenir éveillée, atterrée.  Armée de ses coordonnées elle sait pourtant qu'elle ne reprendra pas contact s'il ne le fait pas. Mais elle en rêve. Désormais dans l’attente, elle ne sait plus si elle doit espérer ou craindre ce second rendez-vous éventuel.

Aura-t-elle conservé la mémoire réelle de ce visage qu'elle aurait tant aimé observer, après l’amour.
Ou bien n'est-il déjà plus que fantasme et rêves ?
Il n'y a plus qu'à attendre, et peut-être un jour, savoir.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Jeu 25 Oct 2018 - 19:43

7h30 dans le petit matin. C’est reparti. Métro, ma voiture est inutilisable, batterie morte à changer, à croire que c’est moi qui ait ponctionné toute son énergie. Je suis toujours comme une cocotte-minute sur le point d’imploser. D’ailleurs ça se voit, ça se lit, je n’ai pas su hier matin m’empêcher d’écrire un petit texte acide, et surtout répondre le soir même, sur un mode que je n’aime pas, que j’évite ordinairement, mais qui là m’a échappé.

Ça turbine tellement là dessous que je me suis réveillée bien avant l’heure, dans un état d’excitation intellectuelle tel que j’ai eu l’impression d’être sous LSD (ou peut-être une autre substance tout aussi nocive, mais c’est la seule que j’ai testée, il y a bien longtemps).

J’ai posté ici et là, puis tenté de me rendormir mais impossible. J’ai quand même dû somnoler, monter dans tous les TGV neuronaux qui circulaient simultanément dans ma tête, trier, classer, visionner des centaines de courts métrages métaphoriques, remettre à jour tous les dossiers en cours,  puisque la vérité sur ce qui se passe m’est apparue comme une illumination lorsque le réveil a sonné une heure plus tard : une porte s’est ouverte sur ce plan qu’on ne sait pas nommer, et c’est un appel d’air tellement intense qu’il me shoote et me déstabilise.

Mais cette porte n’était pas ouverte avant ? Si, bien sûr, impossible de la fermer complètement, c’est l’accès à l’infini qui m’habite, que j’ai appelé « ma cave » l’an dernier.  Mais d’un, je ne m’en rendais pas compte et je dirais même que j’en avais presque oublié l’existence. Et de deux elle n’était probablement qu’entrouverte et il a suffit d’un événement pour la faire sauter, disparaître, me plonger dans cet état de sur-voltage étrange, avec le sentiment  que je suis l’extra-balle d’un flipper en délire.

Tout au long de la journée, longue, compliquée, fatigante, je tâche de me poser quelques minutes, par intermittence, pour mettre quelques mots sur ce billet qui a pris place sur mon smartphone.

Je parcours ZC régulièrement, presque frénétiquement, je me vois faire mais je ne sais pas m’en empêcher. Tandis que je suis de nouveau dans le métro vers 12 heures, je tombe sur le post de quelqu’un qui parle d’un pic de zébritude. Amusant, c’est comme s’il décrivait mon état. J’ouvre une autre petite note et je prépare une réponse.

Au moment de poster cette réponse deux heures plus tard, je tombe sur un autre sujet qui traite du même problème. Je réponds dans la foulée, tout résonne, le flipper clignote et l’extra-balle ne cesse de rebondir … de bumper en bumper. Le titre de mon tout premier fil, ouvert en 2012. Dingue, tout ça est dingue.

Retour à la case départ alors ? Non, bien évidemment, mais c’est le même état qui m’habite, puisque je le métaphorise de façon identique.  

Il se passait quoi, quand j’ai créé ce fil qui n’aura duré que quelques jours avant d’être repris quatre ans plus tard. J’entamais ma vie de future divorcée, et M. n’avait rien trouvé de mieux que de déclarer qu’il nous fallait une pause, qu’il devait s’effacer pour me laisser vivre libre…. alors que je venais de tout casser. J’étais folle, hors de moi, abandonnée, seule….

C’était insupportable. Le sentiment d’avoir perdu mon air, d’être en état d’asphyxie mortelle… en fait j’avais perdu la connexion totale avec un.e Autre comme moi. Je ne vivais pas avec lui, puisque j’étais encore mariée avec un futur ex-mari qui dormait dans le canapé. Mais je baignais dans cet infini de connexions chaque fois qu’on jouait ensemble, chaque fois que l’on se voyait, chaque fois que nous étions en présence, même virtuelle. Je m’étais souvent demandé si je n’étais pas amoureuse de l’Amour, et non de lui. Je prends conscience que c’est cette connexion qui m’emportait, qui me hante encore, et me manque.

17h30, dans le bus du retour, les informations se mettent en place. C’est donc cette connexion oubliée qui resurgit. Pourtant j’ai un compagnon de jeu et je sais qu’il y a connexion. Mais cela n’a rien à voir. Elle est là, en effet, mais sous forme de potentiel. Si je n’avais pas suivi mon intuition et si je n’étais pas aussi patiente, elle n’aurait jamais vraiment émergé. Or c’est cette incroyable magie qui explose en moi depuis quelques jours, et elle est en lien avec ZC, et ce(ux) que j’y trouve.

C’est aussi en lien avec ce que j’ai ressenti hier en écoutant la conférence de Guy Corneau, cette douleur qui m’étreint depuis la petite enfance, liée à mes parents, apparemment normaux, mais toxiques car ils sexualisaient toutes leurs relations, toute leur leur vie, et donc la mienne, me privant d’un Amour simple, pur, dénué de désir, de séduction.

Enfin rentrée je me coule dans le jeu, j’en ai besoin, ça doit encore décanter.

Mes doigts s’agitent sur le clavier, je me concentre sur ma pratique du jeu, voleur finesse ce n’est pas facile mais une fois qu’on maîtrise à peu près, c’est jouissif, intellectuellement, difficilement explicable. Petit à petit le puzzle prend forme. Je comprends pourquoi j’ai voulu mettre ces textes écrits l’an dernier. Ils racontent cette sensation, totale, immédiate et donc folle, d’être dans le flux avec un Autre, et le trouble que cela peut causer en moi si je mélange connexion, désir, sentiment amoureux, manque d’Amour.

Bon…. ça commence à s’éclaircir. Envie de musique particulière, je cherche. Un choix qui accompagnait un texte posé l’an dernier. Tension, Désir, Expression, Jeu, Narration, Mouvement,  j’avance.

avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Ven 26 Oct 2018 - 22:39

La pression est légèrement redescendue, sans doute parce que je suis en vacances, pour de bon cette fois-ci, et pour une semaine. Le temps ne compte plus, je peux remettre à plus tard ce que j’aurais dû faire malgré l’absence d’envie, etc, etc, etc.

Mais si l’emballement du rythme physiologique semble s’être régulé, il n’en est rien des questionnements, de la béance émotionnelle ouverte par ma conclusion d’hier soir, du doute qui m’étreint tout à coup.  

En effet, avoir le temps, sans autre obligation que de suivre ses envies, son instinct ou sa flemmardise, permet de se laisser être sans devoir se cacher derrière le « je dois, il faut » et donc de se trouver devant la vacuité de sa propre vie.

Sauf que… je ne ressentirais pas cette vacuité si je ne me retrouvais pas seule chez moi, ou si j’étais concentrée sur un projet de livre comme j’ai pu l’être (mais.. à ce moment là je ne vivais pas seule), ou si, justement, je ne m’obligeais pas à produire « quelque chose » qui me donne le sentiment que ma vie n’est pas vide. D’où ce billet.

Mais, car il y a toujours un mais.

Il se trouve qu’aujourd’hui, ce billet ne suffit pas vraiment à me satisfaire. Pour une raison que j’identifie comme la peur de devoir me faire une raison sur cette solitude que pourtant j’apprécie quand elle n’est pas assortie d’un vide sentimental.

Donc ce serait le vide sentimental qui me pose problème ? Possible.

Mais qu’est-ce que le « vide sentimental » ?  Je vais chercher quelques définitions, pas question de partir tous azimuts sans un peu de sérieux, et puis ça occupe mon cerveau. Je trouve pas mal de définitions sur le vide existentiel. Pas pour moi. Le vide émotionnel. Pas vraiment non plus. L’ennui, encore moins. Alors ? Quoi ?

Je reviens au flux dont je parlais hier soir, décidément c’est incontournable. C’est un espace - je ne trouve pas d’autre mot- que je « connais ». C’est en moi, ça m’habite, ce n’est pas moi, ou pas que, et j’y accède lorsque je suis en connexion avec un Autre « comme moi ».

C’est un espace que j’ai découvert seule, par deux fois, et ça tenait plus de l’expérience mystique. Puis je l’ai réouvert une première fois avec M., violemment, avec une intensité qui m’a bouleversée, dans une session de RP où  nous faisions l’amour (oui c’est possible virtuellement, surtout en RP, cela s'appelle de l'ERP, émotionnel RP). C’est ensuite un espace  dans lequel je me suis baignée chaque fois que nous étions en connexion, lui et moi, sans trop le comprendre. Pour finalement plonger dedans allègrement dès que je suis en relation avec un.e Autre qui m’ouvrira la porte.

L’Autre qui m’ouvrira la parte… Mince, alors je ne peux pas y aller seule ? Voyons voir ce qui se passe.

J’accède à cet « espace » en échangeant avec mes enfants, toujours, intensément, même si je les vois peu, très peu même.
J’y accède aussi face à mon petit-fils, un bébé de 18 mois, que je vois très très peu, il est loin, mais suffisamment pour que ça me saute à la tête.
J’y accédais avec M., ce compagnon avec qui je reste en Amour, même si nous ne sommes plus en contact.
J’y accède de temps en temps avec mon ami de jeu actuel, mais de moins en moins car il n’y a plus de RP et surtout il a de nouveau plongé en dépression.
Et puis, et c’est ce qui me préoccupe aujourd’hui, lorsque je viens sur ZC et que j’échange avec certaines personnes.

Je ne saurais pas expliquer ce qui se passe en moi, mais c’est là, je le sens, et ça me trouble. Pire, ça me fait partir en vrille émotionnelle si je n’y prends pas garde, et je me retrouve avec ce sentiment « qu’il se passe quelque chose » alors qu’il n’en est sans doute rien.

Donc c’est ce « il se passe quelque chose » qui me pose problème ?

Oui. Clairement, oui. Et ça l’a toujours été. Enfin, pas lorsque je vivais « La grande histoire merveilleuse de la famille idéale ». A cette époque, je refusais consciemment de me poser toute question de cet ordre. Mieux, je le revendiquais.

Et qu’est-ce que je revendiquais ? Que je ne voulais pas entendre parler du Désir me concernant (autre que le désir cadré et réglementé de la relation maritale, que je me suis pourtant laissée mettre à mal). Et il y en avait déjà, avant que ça finisse mal. Mais je refusais de l’écouter, quand bien même je l’entendais. No pasaran !

Donc il s’agirait finalement de Désir ?

….

Ce que je peux me détester quand j’applique à moi-même cette logique imparable de la décortication du discours,  comme lorsque je m’allongeais sur un divan. En même temps, si j’écris ce genre de billet, c’est pour ça, me pousser au cul, m’obliger à écouter « ce qui se dit » à l’intérieur.

Bah oui, voilà.

Et là je suis suffisamment blasée pour avoir envie de clore. C’est bien assez pour aujourd’hui. Go play, là au moins tout est simple. Il suffit de jouer avec des touches et de taper sur les pixels. Et puis ça calme…
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Sam 27 Oct 2018 - 19:09

Choc au réveil, dès 8 heures trente ce matin. Je prends mon téléphone, je regarde mes mails. Je surveille le fil des conférences et je vois donc qu’il y a une nouvelle vidéo. Je clique sur le lien.

Le Blob…. mon coeur se retourne. Une faille spatio-temporelle s’ouvre en moi et je m’y engouffre, sans même prendre la peine d’ouvrir la vidéo. Il me faudra un long moment pour me reprendre et aller voir ce qui se dit, passionnant d’ailleurs, probablement en lien avec le fil de Godzilla sur l’exobiologie.

Que s’est-il passé, qui va me hanter toute la journée, me mettre à fleur de peau (tiens, je n’avais pas fait le lien avec mon pseudo, je suis sûre, là, qu’il y en a un, d’autant que j’envisage très sérieusement de le transformer en fleur de cactus), bouillonner un peu trop et même m’inciter à réagir un peu durement sur un sujet, ce qui n’est pas dans mon habitude.

C’est en fait l’image de lancement de la vidéo ou apparaît en gros le titre « le blob » qui m’a désarçonnée. Pourquoi ? Parce que ma vie d'adulte (avant je m'en souviens quasiment pas), la structure même de ma pensée, tout le travail que j’ai été obligée de faire pour m’en sortir … tout cela tourne autour du Blob.

Petite explication.

Mon premier mari était (est toujours) un superbe manipulateur. PN, je ne sais pas, c’est tout de même fort, mais, sous des dehors lisses et « benoits », il est malin, retors, fuyant, faux derche, et il m’a pourri la vie pendant 7 ans (en cela il ne faisait que suivre le même chemin que ma propre mère mais c’est une autre histoire).

Je cherchais à me débarrasser de lui, vraiment, mais je n’y arrivais pas, j’avais beau faire, il revenait toujours. J’étais jeune, complètement à côté de la plaque, et j’ai eu l’idée saugrenue de faire un enfant, un soir, alors que plus rien ne se passait de ce côté là. Un « coup d’un soir », et bing, ça a marché, un bébé. Pas de quoi être fière, mais c’est factuel. Mon fils l’a toujours su. Une fois enceinte, on m’a mariée, je ne voulais pas, mais j’ai laissé faire, j’étais à l’ouest, et jeune, et naïve. Une fois mère, j’ai commencé à me réveiller, et c’est pour « sauver mon fils » que j’ai réussi à le quitter, voyant dans quel état il me mettait. Alleluia.

Sauf que… il est allé draguer la soeur de mon nouveau petit copain de l’époque .. celui qui deviendra mon second mari. Marié avant moi, père de nouveau avec cette soeur qu’il a bien manipulée (une psychiatre…) qui s’est donc mise à me détester, à pourrir nos vies, à tout faire pour me couper de sa famille, ma belle famille, à salir mon image, etc, etc, etc. Quinze ans de belle galère. Psychanalyse pour moi, enfer pour mon fils chaque fois qu’il allait chez eux, un enfer dont il aura eu du mal à s’extirper.

Il m’a fallu tout décortiquer pour m’en sortir (on peut donc en conclure que sans lui je serais toujours une vraie petite dinde…. possible). Au plus fort de cette histoire, qui me plombait mais ne m’empêchait quand même pas de vivre, un soir je vais voir « Le blob » au cinéma, pas celui de Steve Mac Queen mais un remake plus récent. Révélation !!! Le nom de famille de ce premier mari commence par un B. De ce moment, je n’en ai plus parlé qu’en terme de Blob.

Comme je travaillais beaucoup la question de son comportement à mon égard, j’ai développé une vraie théorie sur « Le Blob » avec des exemples connus comme Détritus dans Astérix ou… Mitterand. J’en parlais sans cesse, je remaniais ma théorie, je voulais même écrire un livre… c’était en quelque sorte constitutif de mon histoire… carrément un mythe…. jusqu’au jour où j’entends une émission de radio qui parle des PN … ma théorie sur le Blob était donc connue, c’était un cas médical attesté et cela portait un nom.

Le temps a passé, ça s’est tassé, mon fils a grandi, s’est même marié, le jour du mariage j’ai donc revu mon premier ex (en présence du second ex, déjà remarié… ma vie n’est pas un long fleuve tranquille), tout allait dans le meilleur des mondes, j’avais totalement oublié le Blob … et ma galère passée.

Et là… paf.  Une image ici et c’est le retour arrière sur tout un pan de ma vie, plus ou moins occulté. Souvenirs, questions sur ce que je pouvais en faire, réflexion sur ce livre qui s’écrit en filigrane dans mon cerveau de nouveau en ébullition, peut-être une idée à creuser.

Je ne sais pas, mais ça m’aura fait le billet du jour, et c’est toujours ça de pris !
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Dim 28 Oct 2018 - 23:54

Work in Progress

C’est désormais clair, je suis partie pour un billet quotidien, auquel je réfléchis en permanence et qui me permet d’avancer. Me revoilà donc dans une démarche de « travail », que je préfère nommer Work in Progress, avec un transfert vague mais pourtant présent qui s’opère via le lecteur potentiel.

C’est donc comme le fil de l’an dernier, je ne sais pas combien de temps cela durera, mais ça n’a aucune importance. L’essentiel est de me dire, pour me comprendre et aller mieux. Cela veut-il dire que je vais mal ? Non, mais j’ai besoin de ce soutien, maintenant. Pourquoi m’en priver.

Depuis ce matin je tourne autour de la notion de « production ». Si je n’ai pas le sentiment de produire, de créer, grandit en moi une impression de manque, voire de mal être.  Un dimanche, début d’une semaine de vacances, j’ai tout mon temps, aucune obligation, je visionne des films, je suis d’un oeil ce qui se passe sur ZC, je bricole mes cadeaux de Noël en même temps et je m’observe réfléchir à ce manque.

La semaine passée, plusieurs petites phrases piochées ici et là m’ont interpellée et je les ai engrangées, rangées sous l’étiquette « Il y a juste à être » ou autrement dit,  pas de mission à remplir, pas de sens de la vie, pas d’attente à combler, personne à sauver, juste être là, ici et maintenant et prendre ce qui vient de façon égale.

Certes. Mais je ne suis pas prête. Ceci dit, intellectuellement, j’aimerais bien, réussir à me dire que je peux laisser couler, mais pour le moment, c’est impossible. Qu’y a-t-il dans ce manque, celui que j’éprouve lorsque je ne « crée » pas, qui ne puisse être dépassé, ou contourné ?

Deux choses. La première, simple mais stupide, je m’en veux. Une instance en moi me morigène, pas méchamment mais difficile d’y échapper. Culpabilité. La seconde est plus existentielle, et aussi bien plus intime, j’ai le sentiment de « passer à côté de ma vie » ou de ne pas exprimer un talent (mais ai-je véritablement ce talent, bonne question).

Bien, j’avance, car les deux sont liés. Je me sens coupable de ne pas écrire, vraiment écrire. J’ai écrit des tas de choses, pour la plupart publiées, et pas à compte d’auteur, mais je n’ai pas écrit de roman, de vrai roman, pour adultes (parce que des romans jeunesse, si).

Et cette idée que je n’ai toujours «rien » écrit me bouffe. C’est comme si cette idée m’empêchait de profiter du reste.

Pourquoi ai-je cette idée, l’ai-je toujours eue, d’où vient-elle. Ecrire est aujourd’hui un besoin mais il s’est construit petit à petit. Ecrire de la littérature est une idée qui accompagne mon roman familial. Comme dans toutes les familles, il y a des secrets, des personnalités remarquables, des événements qui se racontent aux repas de famille. Et la mienne n’en manque pas. J’ai porté dès ma naissance le poids d’un roman familial qui attendait celui ou celle, mais surtout celle car nul ne pouvait dépasser mon grand-père, qui relèverait le drapeau, porterait de nouveau très haut le nom de famille, le redorerait, avec son intelligence et son art. Des femmes de tête, artistes, féministes ou pionnières, une gloire éphémère, une grandeur passée, tout ça m’a été offert, répété, rappelé, demandé… imposé.

Imposé ? Non. Personne ne m’a rien demandé concrètement. Il fallait juste que je suive le chemin déjà dessiné, pour être une bonne fille qu’on aimerait. D’ailleurs, j’ai réussi. Il n’y avait pas plus fier que mon père lorsque mon premier livre est paru chez Flammarion. Mais moi je me disais alors que ce n’était pas « de la vraie littérature ». C’est moi qui me suis déçue.

Nous y voilà. Donc, je serais déçue de moi-même ? Il me semble. Et c’est pour cette raison que je ne sais pas me contenter de mes petites productions actuelles ? J’en ai bien l’impression. Est-ce que je serais réellement plus heureuse, ou fière de moi si, enfin, je produisais de la littérature, ce que moi je considère comme de la littérature, un style, une voix, qui serait publiée. Bigre … je n’en suis même pas certaine.

Mais qui est ce « je » qui se dit déçue… moi, là, en ce moment, ou celle d’avant qui tente désespérément d’exister encore. Bonne question.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Lun 29 Oct 2018 - 23:58

Work in Progress

C’est reparti pour la turbine à plein régime.  Mais je gère, d’une part en écrivant ce billet au fil de l’eau, texte qui est comme un garde-fou à ma culpabilité de ne « rien » produire, et d’autre part grâce au jeu, puisque c’est permis,  jour de vacances.

D’un oeil je suis donc ce qui se dit sur ZC, je parcours des articles ou des vidéos donnés en lien, je mets parfois mon grain de sel, et de l’autre,  je fais passer un nouveau personnage de 110 à 120, soit disant pour un métier, mais en fait c’est juste pour passer le temps, je le sais, basta, je m’occupe donc au clavier et sur l’écran, tout en moulinant en arrière fond sur ce que j’ai écrit ici hier soir, plus un autre sujet qui vient se greffer là dessus, des recherches sur le fétichisme, l’anarchie,  les mythes, l’auto-fiction, ce genre de choses, ce qui correspond à  la (re)mise en route d’un projet qui traîne depuis un moment.

Hier je me questionnais sur cette culpabilité de ne pas produire, ou plutôt créer. Et j’ai l’intuition qu’il me faut raccorder cette idée à la solitude, sachant qu’il me faut faire la différence entre une solitude liée à un célibat, ou une solitude choisie alors qu’il y a quelque part un Autre avec qui on est en connexion, vaguement amoureuse, aimante,  en tout cas suffisamment particulière et intime pour qu’elle complète, au moins en partie, le sentiment de vide sentimental.

Si donc je regarde ce sentiment de culpabilité de ne pas créer, assez ou vraiment, via le prisme de cette solitude différenciée, ça change quoi ?

Et bien … en fait ça change tout. Et c’est assez logique.

L’an dernier, ayant déjà pas mal réfléchi sur le sujet, j’en étais arrivée à la conclusion que j’avais besoin de me sentir en Amour, avec un grand A, car je le vivais comme un media. J’ai besoin d’Aimer, c’est viscéral. Est-ce que c’est traumatique, névrotique, psychique, métaphysique, mystique… ou simplement physiologique, je n’en sais rien, et à dire vrai, je m’en tamponne, car c’est un fait que je ne peux plus nier.

Je suis comme ça et je n’ai même plus l’intention de changer ni même d’essayer. Quand je me sens en Amour, et la notion est assez vaste pour me satisfaire d’assez peu, je rayonne, je vibre, je ris, je chante, je créé dans la joie, sans me prendre la tête, et je pourrais, presque littéralement, déplacer les montagnes… ou ouvrir la Mer Rouge. Je me sens dans un tel état d’exaltation joyeuse, que tout me parait possible. Et le pire est que ça marche, à mon petit niveau.


Fin d’après midi, je vois débarquer celui avec qui je joue, qui va mal. Il avait disparu du jeu depuis l’annonce de cette maladie dont je ne sais rien, sinon qu’il a passé un IRM et une biopsie et qu’il attend les résultats pour mercredi. Il a cessé de jouer, mais il est passé en mon absence, dans la nuit probablement, et il a mis des petits messages, pour me tenir au courant, et ne pas me laisser sans nouvelles.

Puis ce soir il est réapparu et il a joué un peu. Pas longtemps. Je n’ai rien demandé, pris ce qu’il pouvait me donner, quelques objets dans le jeu, qu’il m’a offert en remplacement de paroles, quelques jeux de mots, qui m’ont faire rire et, j’en suis certaine, l’ont un peu rassuré, des petits riens, qui font lien. Dans son abîme de solitude et de désespoir, Il reste sensible, complice, « aimé et aimant », humain pour au moins une personne, moi. Il prend soin de moi, à sa façon et selon ses possibilités.

Je forme avec lui un couple sur le jeu, en RP, de temps en temps, de moins en moins. Est-ce que je me pense pour autant en couple ? Non, bien évidemment. Mais il est là, j’ai écrit avec lui, et pour lui, plusieurs histoires, trois BD, des textes, nous avons eu une activité de création ensemble, et c’est très important pour moi. Il est intervenu comme média de cet Amour qui m’habite et que j’ai besoin d’exprimer. Quand il va bien, ou pas trop mal, et que nous jouons ou créons ensemble, je ne ressens pas du tout cette culpabilité. Je me fous de savoir si j’ai « exprimé mon talent » et si ma vie a un sens. Elle en a un, simple, savoir qu’il est heureux en ma présence.

Voilà, tout est là. Ce n’est pas le fait d’être seule, physiquement, puisque je le suis, derrière mon écran. Ce n’est pas non plus le fait d’être «en couple », puisque je ne le suis pas. Mais c’est le fait d’être en Amour, en lien, en connexion, dans le cadre de cette relation particulière, unique en quelque sorte, qui nous rend la vie plus belle, à lui comme à moi.

Bon… ceci dit, est-ce que cela me satisfait pleinement ? Non. j’en voudrais plus. Pas nécessairement physiquement (quoique), mais dans la perception que j’en ai. J’aimerais me penser être « son » Autre. Je pense que d’une certaine façon, je le suis.  Mais ce n’est pas dit, et surtout ça n’a aucune réalité, dans la vraie vie, et donc aucun avenir. Tout simplement parce que lui n’y croit pas. C’est une relation particulière que je sais être vouée à disparaître, dans un laps de temps plus ou moins long, mais j’en retire tout ce que je peux.

Donc, pour revenir à ma question de départ, est-ce que le fait d’être « célibataire » ou pas, change ma perception de culpabilité, ou de sens que je donnerais à la vie ?

Ce n’est pas tant le célibat qui compte, mais ce sentiment de n’être pas seule à rêver, à créer, à vivre. Il me faut du Désir avec et pour un Autre, avec qui  je peux partager des rêves et des projets. Et quand il est « là », pas nécessairement à côté de moi mais quelque part avec moi, en pensées, en projets, et donc en Désir, je me fous complètement de savoir si je passe à côté de ma vie ou pas. Je vis, et c’est bon.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Mer 31 Oct 2018 - 2:05

Work in Progress

Tout le monde ici connaît ce sentiment de dispersion qui n’est en fait qu’un besoin de suivre toutes les idées qui circulent dans nos neurones, souvent à partir d’un point de départ récurrent, une idée que l’on se fait de soi, ou du monde, ou de soi dans la monde.

En ce qui me concerne, je l’analyse comme une recherche de vérité, la mienne tout d’abord, puis par extension celle du monde, tel que je perçois. C’est mon côté chercheur de trésor, ou découvreur. Et je pense que c’est un trait que l’on retrouve chez beaucoup d’atypiques.  Quoi qu’il en soit, lorsque ça m’anime, je jubile, car je passe en mode surmultiplié, en extension de mon potentiel, et je me sens alors vivante, totalement et fondamentalement vivante.

Depuis quelques jours j’ai de nouveau envie de réfléchir et produire, c’est à dire créer, un « objet » dont je ne connais pas encore la forme mais qui devrait me permettre d’évoluer, de grandir, me soutenir et me propulser chaque matin, pleine d’allant et d’envie d’être, comme aujourd’hui.

En effet, grâce à une impulsion, ou des impulsions, ressenties via ZC, je suis de nouveau en train de phosphorer sur une idée qui m’a tenue en haleine quasiment toute ma vie, même si cela a pris des formes diverses, et qui pourrait se définir en deux grandes parties : l’une sur la pérennité sociologique et psychologique de l’être humain qui reste globalement le même que celui qui vivait il y a 2000, 4000 ou même 12 000 ans, si ce n’est le fait de pouvoir bénéficier de techniques et technologies différentes ; l’autre sur la question de l’Univers tel qu’on le perçoit individuellement, et toutes les théories générales qui sont proposées.

Une évidence m’est venue dans la nuit.

Toute ma vie durant, je me suis conformée à ce que l’on attendait de moi, grande soeur responsable, bonne élève, gentille camarade, épouse aimante, mère de famille exemplaire, professionnelle concernée… non seulement j’ai coché toutes les cases du « Manuel de la femme idéale » mais j’ai vendu cette vision de la femme à mes enfants, mes filles, avec passion, sincérité, joie de vivre et volonté. Femme soumise à une Loi dont je ne voulais pas voir les ficelles, je me suis transformée en modèle… jusqu’à imploser et décontenancer tout le monde, moi y compris.

Ce matin, je me suis donc réveillée avec l’idée que je devais reprendre des notions déjà travaillées il y longtemps mais en les relisant à l’aune de ma nouvelle perception du monde, des autres et de moi-même, une perception moins auto-centrée et plus créative, puisqu’en dépassant mes questionnements personnels, je m’ouvre alors au monde et je créé.

Parce qu’on m’en a parlé récemment, me voilà donc depuis matin à reprendre « La domination masculine » de Bourdieu, livre un peu vieilli, écorné, caché derrière une pile d’autres plus récents, que j’ai donc déjà lu je ne sais quand, mais que je découvre, littéralement comme une toute première lecture. Comment ai-je pu passer à côté de ce que j’en comprends aujourd’hui… j’avoue que cela me sidère, et me met en joie face à la découverte.

Bien sûr que cette société dans laquelle je vis n’a rien à envier à celles dont j’ai suivi la trace, des mois et des années durant, comme par exemple les Celtes, dont j’ai retracé l’histoire, lu les mythes connus et tenté de comprendre l’organisation sociale  pour en faire un roman que j’ai abandonné pour cause de fuite dépressive dans le jeu. Il y a bien un invariant entre toutes ces sociétés, que Bourdieu analyse parfaitement. A chaque époque, des êtres humains racontent des histoires qu’ils rendent vraies pour imposer une organisation qui les arrange. Mythes fondateurs offerts au peuple qui y mêle ses petites histoires personnelles pour s’inscrire dans la société du moment.

Je me suis moulée dans l’histoire de la famille idéale telle qu’on me l’a racontée. J’y ai cru, j’y ai adhéré, je pense aujourd’hui que c’est probablement ce qui m’a sauvée. Qu’aurais-je pu vivre d’autre, qui ne m’exclut pas de la communauté qui m’avait mise au monde. J’ai été parfaite dans ce rôle, pendant plus de 25 ans, on peut tout de même dire que c’est une réussite. J’en ai payé le prix, je le paye encore d’ailleurs, puisque je n’ai plus aucun lien familial et affectif en dehors de mes enfants, absolument aucun.

Il est peut-être temps de décortiquer tout ça et de devenir, enfin, celle que je peux être.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Mer 31 Oct 2018 - 23:44

Work in Progress


Je sors de plus de deux heures d’écriture, j’ai faim,  je sais que sur le jeu on m’attend et pourtant je me dois d’écrire ce billet. C’est désormais évident, c’est un exercice devenu quotidien et qui le restera tant que je serais pas passée à autre chose, même si je suis incapable aujourd’hui de définir cette autre chose.

Je ne saurais pas jouer avec celui qui m’attend si je n’ai pas « réglé » cette petite affaire du billet quotidien car je sais qu’une fois sur le jeu, tout comme hier soir, il me happera, et m’entrainera à sa suite dans des quêtes ou des combats qui lui feront perdre la notion du temps car il en a besoin.

Hier en fin d’après-midi , me voyant arriver sur le jeu, il a écrit cette phrase lapidaire : « Bon, j’ai eu les résultats : tumeur cancéreuse, d’autres biopsies prévues à cause de l’IRM *fin de transmission*  »,  et il est immédiatement passé à une question à propos du jeu.

J’ai répondu «message bien reçu » et j’ai enchaîné comme lui, comme si de rien n’était.  Ensuite Il a dû se déconnecter pour téléphoner au médecin.

Lorsque plus tard il est revenu, rien n’a filtré de cet appel. Il a proposé de m’emmener dans divers endroits du jeu, j’ai accepté et je l’ai laissé être. Il a pu blaguer, se moquer de mon style de jeu, j’ai rétorqué dans le même ton, l’échange est rapidement passé au doux-acide, mais toujours bienveillant, amusant, au second voire troisième degré, comme nous avons en avons désormais l’habitude.

Nous avons joué ensemble toute la soirée, il a eu du mal à me laisser partir, me proposant sans cesse de nouveaux défis, toujours pour améliorer mon personnage. Quand je l’ai quitté à deux heures du matin, il allait presque bien, même si je pense qu’il a du passer une nuit blanche.

Jouer avec lui ce soir aurait donc dû être ma priorité.

Or  je viens de passer toute la soirée à répondre à une question, par écrit, ce qui, bien évidemment, me questionne.

Comment se fait-il que je privilégie une réponse personnelle, intime,  faite à quelqu’un que je ne connais pas plus que ça, alors qu’un autre m’attend.

Peut-être parce que cela faisait bien longtemps que l’on n’avait pas ainsi mis mon esprit en ébullition.

Peut-être aussi parce que l’attention que l’on porte à la première réponse, puis à la seconde qui va venir plus tard, me donne le sentiment de pouvoir être vraie, bien plus vraie que dans le jeu où je joue un rôle, celui de l’amie attentive et patiente, ce que je suis, mais seulement en partie puisque je me contraint à nier, ou du moins rester sourde, à toute connexion intuitive.

Peut-être alors parce que cela répond à un certain besoin de connexion, puisqu’il s’agit de ça,  connexion qui dépasserait en intensité celle que j’entretiens avec le joueur.

Sûrement pour ces trois raisons, et peut-être d’autres encore, car jamais je n’aurais imaginé agir de la sorte.

Il faudra que je réfléchisse plus avant sur ce sujet de la connexion à l’autre, car de toute évidence « ça » me travaille.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Fleur de Lotus le Jeu 1 Nov 2018 - 23:02

Billet du soir, bonsoir.

Je ne l’écris que parce que je me suis mis en tête d’écrire chaque jour tant que je n’aurais pas décidé d’arrêter, purement et simplement.
Or, pour le moment, j’hésite.
Donc j’écris.

Peut-être vais-je me contenter de piocher ici et là et lire.
Peut-être que de trop me remuer les synapses n’est pas bon.
Peut-être que j’ai eu mon compte de remue-méninges.
Peut-être que demain je penserai différemment.
Peut-être.

Avec des si, on mettrait Paris en bouteilles, dit-on.
Avec des peut-être, que peut-on peut mettre en bouteilles.
Les émotions, probablement.

Demain, je saurais peut-être comment les exprimer.
Demain, j’ouvrirai la bouteille et je verrai.
Demain, peut-être alors, j’écrirai.
avatar
Fleur de Lotus

Messages : 755
Date d'inscription : 30/11/2012
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Oui, mais non. Ou alors peut-être ?

Message par Invité le Jeu 1 Nov 2018 - 23:36

Il faut laisser la rage d'écrire s'écouler dans l'encre. Transformer le stylet qui perce en sculpteur de lignes, laisser sur la feuille vagabonder les mots qui s'alignent et de toute humeur faire sauter les ancres.

Il faut savoir se parler comme étant autre. Dire ce que le passé se voudrait camoufler. Déclamer sur les toits l'abrutissement du monde et son déchirement qui ne cesse de percer. Regarder en face la course des éons et l'humain qui s'agite à ne faire que courir, chimère et fantôme comme seuls compagnons.

Il faut se dégraisser du matériel immonde - celui qui nous entraîne vers l'étang de Narcisse - afin de se trouver. Refonder le mythe qui nous a fait dresser, un jour lointain, pour mirer l'horizon. L’écueil n'est pas dehors, il est dans le perçu, dans cette envie subite de tout posséder. Mais le tout terrestre est fini, contraire de l'esprit qui rêve encore alors que la noirceur se niche au coin du bois. Revenir à nous, à ce qui nous fonde, à ces petits rien qui meublent les secondes. A la proximité, à une main tendue, à la lenteur de la plante qui pousse, aux mouvements des blés dans un champ assoupi dans la chaleur de juillet.

Le monde est grand quand on marche à pied...


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 4 1, 2, 3, 4  Suivant

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum