J'ai mal à moi-même

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Message par Mad Max le Dim 9 Sep 2018 - 23:17

Bonjour à tous, je viens ici (ça faisait longtemps que je n'avais pas posé les pieds ici tiens) parce que je vais très, très mal intérieurement.

Il y a environs 2 ans j'ai rencontré un mec super intéressant sur internet qui, par ricochet, m'en a fait rencontrer un autre tout autant intéressant que le premier.
Seulement voilà : j'ai l'impression qu'ils sont tous plus intelligents et intéressants que moi. Ils ont des idées que je n'ai pas, des vies remplies (je n'ai pas d'amis) et je découvre juste aujourd'hui qu'ils s'échangent des livres.

Je me dis : Je lis des livres, j'ai pensé, au début, que cela me suffirait pour avoir des idées concises, précises, de bonnes pensées quoi.
Seulement j'ai l'impression de lire mais de ne pas faire quelque chose qu'il me faudrait faire. Je tente de lier des auteurs différents entre eux, j'ai récemment essayé de me plonger dans des livres qui parlaient de sociologie (je dis des livres mais il n'y en a qu'un seul mais bon).

C'est fouillis dans ma tête et j'ai l'impression d'être figée intellectuellement. Je pense comprendre rapidement, et si ce que je ressentais n'était qu'une illusion ? Si ça se trouve je ne comprends rien à rien, j'ai faux sur toute la ligne et je ne suis pas intelligente du tout.
Si je liais entre eux des auteurs qui ne vont pas du tout ensembles ? Si je comprends tout de travers, est-ce que je vaux quelque chose ?
Ce que je dis, est-ce que ça a une valeur ?

Une chose que j'aurais jamais dû faire : jouer à avoir d'autres opinions, mentir sur mes idées politiques sur un fofo. J'ai foutu le bordel à l'intérieur de moi-même à cause de pulsions émotionnelles débiles, du coup toute la confiance et l'estime que j'avais réussi à amasser s'est évaporée, envolée en fumée. Tous mes efforts réduits à néant et j'ai terriblement honte de ne pas avoir suivi mes opinions. Pourtant on est sur internet, personne ne me connaît, je suis une totale inconnue, le seul qui me connaissait était le premier mec dont je vous ai parlé au tout début.

Mon deuxième problème : j'ai eu une histoire qui s'est mal passée avec ce même gars. C'est en partie pour renouer un contact, aussi futile qu'il soit, avec lui que j'ai menti sur mes idées. Le faire réagir pour ne pas qu'il m'ignore une énième fois. Il en a rien à cingler de moi et j'en meurs (moins qu'il y a un an mais je continue sur ma lancée stupide). Mon complexe d'infériorité est plus marqué avec lui. J'aimerais être aussi intelligente que lui mais je n'arrive pas au même niveau que lui niveau philo, politique, religion ou vie.
Je suis dégoûtée, aussi, d'avoir littéralement chié une relation qui aurait pu être bonne.

Dégoûtée de moi, de ma pensée, mes idées, ma manière de vivre, de lire, d'écrire, de tout quoi. Même si je déteste simplifier les choses, je pourrais en ce moment me décrire uniquement comme une salope qui recherche l'attention d'un homme qui l'évite. J'ai honte de ma personne et je sais pas comment sortir de l'impasse. Personne à qui parler, sauf ici sur internet, personne avec qui partager mes idées dégueulasses.
Je pourrais me suicider intérieurement tiens, si ça pouvait m'éviter ce doute qui me pourrit la vie.

Comment m'aimer à nouveau, intellectuellement ? Laisser derrière moi ce complexe d'infériorité, ces doutes ?
Comment passer à autre chose, comment ne plus penser à cet homme que j'adore pour les pensées qu'il partage sur internet, ses idées, son savoir ?
On s'est jamais vus irl et j'ai du mal à comprendre cet attachement que j'ai, en plus.

J'ai besoin d'aide, aidez-moi.
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Message par Meganaram le Dim 9 Sep 2018 - 23:45

Deux questions et une suggestion :

1) Pourquoi vouloir attirer l'attention de quelqu'un (en général, ou dans le cas présent, de lui) ?

2) Ne crois-tu pas que ce que tu ressens vis-à-vis d'eux ("ils sont plus intelligents et intéressants que moi") est peut-être davantage une impression (potentiellement fausse) qu'une réalité ?

s) Si l'on ne veut pas vivre des déconvenues prévisibles, il est inutile d'attirer l'attention des gens  avec quelque chose de fallacieux, superficiel ou creux. C'est ce que tu es vraiment, intimement, ce que tu penses, ce que tu as vécu, ta matière,...bref, tout cet ensemble qui fera qu'on s'intéressera à toi.
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Message par Luw le Lun 10 Sep 2018 - 0:01

Salut Mad Max,

Je ne pense pas que cette personne est plus intelligente que toi, ce qui donne cette impression d'intelligence c'est l'assurance que celle ci a. Elle est persuadé de la véracité de ses propos et est fièrement assis dessus. (à juste titre ou pas)

Quelqu'un qui est sûr de lui ça attire les personnes avec de faible estime de soi car elles sont rassurantes. C'est pour cela que ce garçon t'attire autant, il te donne l'image d'un abris.
Et par tes sentiments + ta très faible estime de toi tu as l'impression que c'est un dieu et que toi tu es une sous merde.

C'est une routine de zèbre tout ça
Je pense que lire et amasser des information ou des idées chez un zèbre ça reste quelque chose d'hyper plus complexe que toutes ces personnes sures d'elles mêmes.

genre tu lis

A+B=C

quelqu'un de sur de lui même va répéter A+B=C

alors qu'un zèbre va être du genre A+B=C ou = c ? ou a+b = C ? ou a+b = c ? ou A+b= C ? ou B+a= c ???


La magie de trop penser... on retourne tellement l'information qu'on finit par se mettre en difficulté.
C'est à double facette il y a des avantages  et les inconvénients.


Je sais que c'est hyper douloureux, et que tes sentiments étaient tellement puissants que tes actes sont les premier témoins de tes sentiments qui débordent. Quand on en a trop on finit par faire des trucs débiles car on ne trouve plus de solution rationnelle... C'est idiot mais ça arrive.

Je peux te garantir que si tu arrives à prendre de la distance et passer à autre chose dans 2 mois tu penseras que ce gars que tu vénères est un abruti finis car tu auras un regard dénué de sentiment et tu te rendras comptes que ses propos sont médiocres.

En attendant il faut que tu te reconstruises. Quitte le forum où il est et lance toi dans une autre activité pour compenser. essaye de rendre visite à des amis ou à ta famille pour te changer les idées. C'est difficile tout ça je sais bien... mais c'est la première marche pour aller mieux

courage ♥️
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Message par Lotophage le Lun 10 Sep 2018 - 0:10

Bonsoir MadMax,
Ton message m'a touchée parce que tu es toute jeunette, et que je pourrais être ta mère (Oups...ça ne me rajeunit pas c't'affaire Laughing ). Que de doutes, de dépréciation, de douleur entre ces mots (maux?).
Dis toi une chose, admirer n'est pas aimer, vouloir égaler n'est pas aimer, se renier n'est pas aimer. L'intelligence ne se réduit pas à quelques compétences, fussent-elles brillantes, en philosophie, politique, littérature ou que sais-je encore. Te respecter serait la plus belle preuve d'intelligence que tu pourrais t'offrir, et ton recul sur les choses ne me laisse aucun doute sur ta capacité à le faire!
Si tu aimes lire, lis. Si tu aimes la politique, étudie la politique. Si tu aimes la philosophie, plonge avec bonheur dans Platon, Socrate, Schopenhauer, Arendt et les autres. Mais si cela ne t'apporte pas de plaisir et pire te taraude à l'idée que tu n'es pas à la "hauteur", alors c'est juste que tes centres d'intérêts sont ailleurs, et non pas que tu manques d'intelligence.
Pour ma part, mais cela n'engage que moi, l'intelligence n'est ni un savoir encyclopédique, ni un chiffre de QI, mais c'est juste de savoir reconnaitre ses propres limites et de savoir apprendre de ses propres erreurs.
Quant à l'amour... qui serais-je pour te donner un quelconque conseil... Tout au plus, je pourrais te dire de t'autoriser à être aimée pour qui tu es, et non pas pour qui tu voudrais paraître.
Mais avant tout, prends soin de toi et sois bienveillante avec toi même, comme tu le serais pour une amie en peine.
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Message par Mad Max le Lun 10 Sep 2018 - 3:08

Réponse au premier commentaire :

C'est une bonne question. Disons que j'ai une peur verte de l'abandon, du rejet, de ne pas être reconnue, vue, remarquée. Je crois que l'attention de l'autre est primordiale pour que je puisse exister. Je peux déprimer lorsque l'on m'ignore, que ça soit volontaire ou pas. J'ai besoin que l'autre, si je l'apprécie bien, sache que j'existe et par la même occasion, si je l'aime plus plus, je m'oblige à l'envahir de messages (technique envahissante qui ne marche jamais, j'ai essayé et je pense m'être régulée un tantinet après mon expérience avec ce garçon).
Si tu veux, c'est comme un jeune poulain qui ne sait pas comment se comporter, qui courre dans tous les sens, met des coups de cul ou alors un enfant qui croit devoir suivre tout le temps un ami pour lui montrer qu'il l'aime particulièrement bien mais qui est lourd - le boulet du groupe quoi. C'est une bonne grosse relation étouffante et personne de sensé n'aime ça.
Sur internet (et avant cette expérience) je me comportais comme ça.
Irl, c'est tout le contraire. J'évite d'aller vers les gens, je souhaite qu'ils viennent de leur plein gré pour ne pas, justement, qu'ils ressentent cet ennui de m'avoir toujours dans leurs pattes.
J'ai toujours eu cette peur d'être le boulet du groupe. Déjà qu'à l'école primaire, j'étais la bouche trou (mais peut-être étais-je aussi un boulet et les deux s'imbriquent parfaitement).

Je ne sais pas, tout me semble flou là. Je suppose que mon impression se mêle à la réalité sans pour autant être la "vérité vraie". Bien-sûr que ça peut être faux mais ça pourrait être, un chouïa réel.

Tu as totalement raison sur ce point. Je suis juste désespérée de ne plus pouvoir parler avec lui comme avant. C'est assez difficile de comprendre que rien ne sera plus jamais comme avant avec cette personne qui semblait si chaleureuse avec moi avant que je fasse les conneries que j'ai faites. C'est une chose que je ne suis pas prête d'oublier en tout cas.

Luw : Oui, il faut que je me reconstruise, depuis le temps que je le dois.
(Je ne compte plus les fois où j'ai été idiote d'ailleurs...)

Toujours penser, penser, penser puis douter. Ne jamais se reposer sur ses acquis.

Oui je vais quitter ce forum.

Lotophage : Je garderai en tête ce passage que je trouve très beau : Dis toi une chose, admirer n'est pas aimer, vouloir égaler n'est pas aimer, se renier n'est pas aimer.
Je me plonge avec bonheur dans la lecture de différents ouvrages, cela m'apprends à approfondir ma réflexion en plus de me faire découvrir le monde d'une toute autre façon.
Ce n'est que lorsque je me compare aux capacités des autres que je me sens nulle.

Je vous remercie tous d'avoir répondu à cet appel, merci BEAUCOUP.
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Message par Lyade le Lun 10 Sep 2018 - 12:00

C'est fouillis dans ma tête et j'ai l'impression d'être figée intellectuellement. Je pense comprendre rapidement, et si ce que je ressentais n'était qu'une illusion ? Si ça se trouve je ne comprends rien à rien, j'ai faux sur toute la ligne et je ne suis pas intelligente du tout.
Si je liais entre eux des auteurs qui ne vont pas du tout ensembles ? Si je comprends tout de travers, est-ce que je vaux quelque chose ?
Ce que je dis, est-ce que ça a une valeur ?

C'est pas bien grave d'être figée.
Mieux vaut s'arrêter un temps sur sa route, et se poser mille et une questions concernant la suite du voyage que de suivre aveuglément le chemin des autres...

Quand on touche le fond, il n'y a pas 36000 solutions, soit on reste au fond, soit on remonte.
Le 'pourquoi' du choix que tu feras t'importe. Souvent, le choix se mue en évidence.

Je pars du principe que l'évidence qui se présentera à ton esprit sera de remonter à la surface et de vivre dans ce bas-monde comme tu l'auras décidé.

Le 'comment' est intéressant dans le sens où il n'y a pas de mode d'emploi universel pour cette ascension.

Nous pouvons sortir vite, et fort bien entourés : internet et les livres peuvent nous fournir énormément de prêt-à-penser qui proposent ce genre de mode d'emploi. Ils rassurent et aident les gens qui touchent le fond, ils les aident à sortir de leur puits et les intègrent à leur entourage.
Nombreux sont ceux à faire ce choix, vivants dans l'ombre (de l'idéologie) des autres.

Ou nous pouvons sortir 'à notre rythme', dans une dynamique solitaire, indépendante et constructive.

Mentir aux autres, ça passe. Nous sommes éduqués ainsi, cela fait partie de notre 'moule'.
Mais se mentir à soi-même... Neutral

Comment pouvons-nous à jamais nous connaître nous-même si nous ne commençons pas par nous regarder et nous voir tels que nous sommes dans le miroir ?
Seuls et dans le plus simple appareil, sans l'ombre du regard d'autrui ?


Si je me permets de digresser, c'est parce que tu parles plus de ces mecs que de toi. Alors que ton problème ne vient pas d'eux, mais de la relation que tu entretiens avec toi-même. Et c'est ce sûr quoi je pense qu'il est primordial de se concentrer.

Ce que pensent les autres de toi n'a que la valeur que tu leur donnes. Et elle peut être absolument nulle.
Mais ça, c'est toi qui le décide.

Comment m'aimer à nouveau, intellectuellement ? Laisser derrière moi ce complexe d'infériorité, ces doutes ?
Comment passer à autre chose, comment ne plus penser à cet homme que j'adore pour les pensées qu'il partage sur internet, ses idées, son savoir ?
On s'est jamais vus irl et j'ai du mal à comprendre cet attachement que j'ai, en plus.

Le but est-il de s'aimer ou de se connaître ? D'avoir confiance en soi ou de se comprendre ?

Lorsque l'on commence à se comprendre, et donc à se connaître, on retrouve naturellement confiance en soi et on commence à s'apprécier...

Dire sincèrement que je m'aime m'est impossible, sans toutefois me détester. J'ai appris, et j'apprends encore, à vivre en accord avec moi-même.
Tantôt je m'entends bien avec ce 'moi', tantôt je me prends la tête tout seul...

Tu remarqueras que c'est un fonctionnement assez commun chez la quasi-totalité d'entre-nous.
Tu le vis, je le vis, et beaucoup d'autres aussi, chacun à sa façon...

Au lieu de se demander "comment ne plus penser à telle personne", nous pourrions plutôt nous demander "comment penser à quelque chose d'autre".
C'est plus 'positif'. Ca joue sur l'inconscient.
En me disant de ne pas penser aux éléphants roses, je ne pense qu'à ça.
Par contre, si je pense à plein d'autres choses, les éléphants sont déjà oubliés.

Je pense que tu sais cela, c'est enfantin.

De cette piqûre de rappel, tu peux désormais sécher tes larmes et te relever toute seule.
Au final, tu t'interroges bien et tu te poses des questions utiles. Tu n'as pas besoin des autres pour te construire intellectuellement, émotionnellement et physiquement. Trois choses distinctes et interconnectées ; différentes et indissociables. (corps-coeur-esprit...)

Construire une relation sur du faux - entendre 'avec des masques sociaux' - est comme bâtir une maison sur de frêles fondations.
Elle sera peut-être architecturalement belle et bien décorée, mais elle n'en demeurera pas moins très fragile. Parfois, un coup de vent est assez pour réduire à néant la bâtisse.

T'as le temps pour les mecs... et tu trouveras celui qui te conviendra le jour où tu seras prête à t'accepter telle que tu es. Entière et non fragmentée.
Ainsi tu rencontreras des gens sur les mêmes longueurs d'ondes que toi.

Le complexe d'infériorité ou de supériorité ne sert au final à rien de bon, nous le savons. La plupart du temps, l'individu oscille entre les deux. Mieux vaut laisser ce complexe de côté.

Heureusement, tu parles de comparaison avec les autres...
Ce qui est pour moi le signe que tu as déjà tout compris de ce que je te raconte...

Tu as tous les éléments en main pour avancer.
Personne ne le fera à ta place.
Ça ne tient qu'à toi.

Sur un forum, ou internet, les livres... on trouve des infos.
Le travail à réaliser sur soi, en revanche, ne peut se faire que délester de toutes ces choses.
La solitude est moins une ennemie à fuir qu'une amie à prendre par la main.

Quand tu te sentiras bien seule, peu importe ce que pense de toi le monde, tu trouveras la paix.

Et garde donc le 'doute' malheureuse !!
C'est le garde fou le plus puissant pour des gens qui réfléchissent constamment ! Wink

Bon courage sur cette route que tu as finalement déjà entamée toute seule.
Au moins, tu sais que zc permet de partager tes coups de pompes, lâcher ton souffre...
Une carte à garder qui peut toujours servir.

Salut !

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Message par Mad Max le Lun 10 Sep 2018 - 21:11

Qu'est-ce qu'il faut entendre par se comprendre ?
Savoir pourquoi on réagit comme ça et pas autrement ?

Oui, ça m'a permis de décharger un peu mon mal être et, grâce à vous, de m'analyser un peu plus que d'habitude. Disons qu'il n'y a pas que moi dans la conversation, c'est important.
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Message par Lyade le Lun 10 Sep 2018 - 22:59

Oui, exactement.
Et c'est toujours plus facile à dire qu'à faire.
En gros, c'est simplement de l'introspection. Tu te fais ta psychanalyse...

Prendre du recul par rapport aux événements de sa vie apaise l'esprit, qui est dès lors dans les dispositions adéquates pour écouter le cœur et dialoguer avec lui.

C'est pourquoi il est commun de parler de dialogue intérieur.

Réjouis-toi. Tu as déjà conscience de ça du haut de tes 20 balais.

Nous sommes les mieux placés pour nous comprendre nous-mêmes. Nous avons le meilleur point de vue pour analyser le fonctionnement de notre esprit.

La peur fait partie du sac de voyage, autant l'accepter tout de suite. Quand on avance dans l'inconnu, elle est vitale. C'est une sorte d'alarme et boussole améliorées. Elle permet de rester vigilant et sur ses gardes. Tu apprendras à t'en servir et seras au fur et à mesure de plus en plus confiante en toi.

Nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours et les pièges sont aussi nombreux que ceux qui les posent.

C'est pourquoi nous resterons toujours les mieux à mêmes de penser et décider notre vie. C'est ce qui importe, que ces libertés individuelles perdurent encore.

Tu as tous les outils nécessaires à ton chantier.
Maintenant que tu te relèves, il ne te reste plus qu'à t'y coller.

...
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Message par Mad Max le Mer 12 Sep 2018 - 17:47

Je te remercie pour ce message.

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Message par Lyade le Mer 12 Sep 2018 - 22:22

De rien, et félicite toi lorsque tu découvres de nouvelles choses qui te font avancer. Wink

(Le tout, c'est d'être patient. Et c'est d'autant plus difficile pour nous la génération 2.0... mais je demeure convaincu que sortir seul de son propre puits est le meilleur moyen de commencer a façonner sa vie selon ses propres aspirations...
Je suis heureux de savoir qu'il y a une personne de plus sur sa propre voie Smile )
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Message par Mad Max le Jeu 4 Oct 2018 - 20:47

Je reviens avec une bonne et une mauvaise nouvelle.

Soit j'ai réussi à sortir de chez moi, je réussis à penser à autre chose et je me sens peut-être mieux qu'avant.
Cependant je ne me sens pas mieux intérieurement. J'ai repris mes études de droit (je retape la première année) et j'ai reçu la lettre des résultats un mardi, alors que je reprenais espoir quant à mon futur d'étudiante en me disant que j'allais aller en licence de science politique, que le droit ne me convenait pas.
Mes notes officielles, un vrai cimetière. Ils auraient mis "grosse merde" en filigrane en diagonale sur la feuille que ça ne m'aurait pas plus étonnée que ça.

Mes notes officielles, ce sont des 0 partout sauf un 6 ou un 7 qui ont eu la chance d'être capturés sur le blanc du papier, imprimés à l'encre noire.
Officieusement, je n'ai jamais eu de 0 quelque part malgré le fait que presque aucune de mes notes ne dépasse la moyenne. En parlant de moyenne, ma moyenne générale est de 3,04/20. Une catastrophe de chez catastrophe, l'un de mes pires échecs dans ce système et ça détruit un peu mon estime, ma confiance. Quant à mon ego, n'en parlons pas : il fut enterré vivant il y a des siècles de ça, il respire plus.

J'étais remplie d'espoir puis cette simple feuille de papier signée venant de mon université vient juste tuer mes projets dans l'oeuf.
Hier je me suis dit "à quoi bon me relever si c'est pour me retrouver au milieu de ruines ?" et la vie ne pense qu'à me ramener à ma sincère médiocrité, peu importe ce que l'on peut dire sur le fait que ce n'est pas parce que l'on ramène de bonnes notes que l'on est intelligent.
J'aimerais trouver ma voie, je l'aurais bien cherchée en science politique. J'aimerais beaucoup être le genre de personne qui se satisfait de travaux manuels, les artisans, les bouchers, les vendeurs. Faire quelque chose de mes mains et ne pas me soucier de devoir écrire des dissertations afin de faire ce que j'aime.

D'autant plus que l'on ne s'attache pas à moi. Je me sens comme une pomme rougeoyante à l'extérieure mais au trognon en pleine putréfaction. Un cadeau empoisonné, une personne qui tente au premier abord de montrer ses qualités puis qui, ensuite, se laisse choir dans une médiocrité sans bornes. Parce que, encore une fois le même problème, je sais mes remarques insipides, grasses, stupides, incohérentes. Je me sens folle à cause de la méfiance que j'éprouve envers les autres.

Je voudrais vous demander : que penser de quelqu'un qui vous invite 3 jours chez lui, qui vous dit que vous l'aidez à vivre, qui la 2ème nuit vous fait un bisous sur l'épaule puis qui, le lendemain, vous prend dans ses bras (parce qu'il sent que vous avez besoin d'affection) puis vous dit "je ne peux pas aller plus loin parce que j'ai une petite amie" ?
Je suis certainement trop fleur bleue mais j'ai toujours le souvenir du bisou sur l'épaule (qui était inattendu en plus). Je pense que je m'en souviendrai toute ma vie. C'est un souvenir merveilleux et rien qu'à moi, un beau cadeau de l'existence. Même si je ne suis pas trop capable de laisser mes sentiments affectifs sortir (je regrette d'ailleurs de ne pas m'être laissée aller un peu plus que ça Embarassed ).

Voilà mes nouvelles et après avoir ramené ce souvenir à ma conscience, je me sens un peu mieux. J'ai d'ailleurs découvert, il n'y a pas si longtemps, que j'apprécie le fait de faire du bien à l'autre. J'ai besoin de donner de l'amour puis j'ai énormément besoin d'amour aussi. J'ai peut-être laissé ma carapace sur le bord d'un chemin, je sais pas.
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Message par Lyade le Mar 16 Oct 2018 - 0:00

Eh salut !

Content de savoir que ça avance. Pas comme tu le voudrais, certes, mais ça avance.

Si tu en doutais encore, l'Université te fais comprendre que tu es pour le moment inapte à y poursuivre des études dans les branches que tu souhaites.

Ça veut pas dire que tu es c***e, ou nulle, ça veut juste dire que tu n'as pour le moment pas les connaissances requises pour avancer.

Je ne vois pas 36 solutions. Soit tu te mets à bûcher sévère pour te remettre à niveau, soit tu te prépares à quitter les sentiers universitaires pour en emprunter d'autres.

C'est une intersection sur ta route, ou un rond-point.
Tu peux te garer sur le bas-côté, et prendre le temps d'y voir les directions indiquées.

Rappelle toi que c'est toujours toi au volant.
C'est toi qui décide où tu vas.

Neutral

Concernant le monde 'interieur'...

Les sentiments que l'on éprouve pour soi-même peuvent autant nous détruire que nous construire.
Souvent, ce sont les deux qui se passent.
On detruit pour bâtir du neuf.

Et c'est précisément ce que tu fais.

On ne peut éprouver autant de dégoût pour soi-même que 'nu' face à son propre miroir.

Tu as entamé ton chantier.
Félicitations. Courbette

Tu avances.

(Tu as fait, si j'arrive à assez bien lire entre tes lignes, les premiers pas les plus difficiles. En quoi, un mois ? C'est cool, mais attention : tu vas commencer à te connaître et finir par t'aimer.   cat )


Enfin, a propos du mec, je ne serai trop quoi en penser, tout dépend de la dynamique dans laquelle tu te trouves.

Si tu veux y voir plus clair, essaye peut-être de reprendre du recul - apaisant l'esprit - et de papoter calmement avec ton cœur dans l'antre de ta solitude. Peut-être préfère t-il éviter les situations qui le bouleverse trop...

Comme beaucoup d'autres coeurs... Wink

Bref. Allez, je file...

C'est que j'ai un dodo a faire.
Et bien dormir, c'est déjà repartir de bon pied !

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Message par siamois93 le Mar 16 Oct 2018 - 0:38

J'ai lu récemment que les mots (et les pensées) sont à double sens, cela agit autant à l'extérieur qu'en nous. C'est pour cela qu'haîr quelqu'un nous détruit, et que quand on sème on aime aussi à l'extérieur.
J'aime bien cette notion de double sens. Smile
Pour moi le souci c'est les faux-selfs, tous ces personnages que je porte comme des costumes de théâtre, et parfois j'oublie de les retirer en sortant.
Donc dialoguer avec ses faux-selfs ça ne mène pas à grand chose. Encore que ça peut être sympa ces rôles, c'est tout le piège.
En fait je n'ai jamais été vraiment moi-même qu'en aidant d'autres gens.


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Message par Mad Max le Dim 23 Déc 2018 - 4:16

Bonsoir, bonjour, je fais nuit blanche afin de reprendre un rythme (à peu près) normal, d'où l'heure tardive (ou il fait tôt, peut-être).
Voilà donc des nouvelles :

Niveau études, j'ai passé mon premier semestre en réussissant à surmonter la peur de disserter // de commenter les textes.
D'autant plus que ce semestre a été cool vu que j'avais validé des matières (pas beaucoup mais ça a allégé quand-même) ce qui m'a permis de ne me concentrer que sur une seule matière et de ne pas me mettre trop la pression avec tous les devoirs à faire.
Je me retrouve donc avec des notes largement au dessus de la moyenne, la dernière en date n'étant pas la plus haute mais la plus réconfortante grâce à une remarque très encourageante de ma chargée de TD (elle a écrit sur ma feuille que je l'ai éblouie, j'en suis pas peu fière Cool )

Niveau relationnel, j'ai presque fini mon deuil de la relation impossible dans laquelle je me suis foutue. Mais j'y pense encore, j'espère encore malgré l'évidence que c'est fini.

Puis ce mouvement GJ est venu. Mouvement envers lequel je suis très méfiante. On clame partout que la majorité des français supportent ce mouvement en invoquant les résultats de sondages effectués sur un échantillon de 1000 personnes plus ou moins.
Je me suis découvert une âme conservatrice. Je ne soutiens pourtant pas le gouvernement. Je ne soutiens personne en fait.
J'ai bien adhéré au groupe des foulards rouges mais je ne m'y retrouve qu'un peu, franchement.
Où est la vérité, sérieux ? J'entends que ce mouvement annonce de grands changements, ça me rend folle, et j'entends ça de PARTOUT.

Vous savez quoi ? Ce mouvement m'a fait découvert que je n'ai jamais rien connu au monde. J'ai toujours parlé sur lui. Il m'est arrivé, souvent, de construire de belles phrases sur ce monde. Des phrases ornées des plus beaux mots, qui décrivaient les plus grands maux de l'époque actuelle.
J'ai découvert, avec ce mouvement, ma non-volonté de changement, cette lâcheté qui fait tout abandonner.

Je suis lâche parce que je reste terrée chez moi. Je vais pas à la rencontre de ce monde alors que d'autres y vont. Et je me permets de parler du monde. Je reste dans le théorique, je me risque pas à la pratique. Je suis qui pour juger ce monde, alors ?

M'est aussi apparue la pensée que j'étais faite pour guider les autres dans ce monde d'idées. S'il faut qu'il y ait une révolution, je ne voudrais pas que l'on trompe les personnes avec des idées qui mèneraient à quelque chose de dangereux. Je suis aussi hostile aux GJ parce que j'ai vu les images et les vidéos, je vois les gens qui s'affolent à cracher sur les forces de l'ordre, le système en place, le président. Avant, je critiquais le système. Aujourd'hui, c'est devenu trop facile de le faire. Je n'aime plus tenter les jeux de mots, les jeux d'idées pour critiquer ce système. C'est devenu injuste, en quelque sorte.
D'autant plus que je n'ai jamais aimé faire partie de la majorité.
Bref, je suis entre deux eaux, ce que je n'assume pas du tout, mais alors pas du tout. Encore une fois, j'ai l'impression d'avoir viré de bord mais complètement. Mon esprit critique s'est littéralement désintégré, j'aurais dû être du côté du peuple avec tout ce que j'ai dit sur Macron et le gouvernement et ce que j'ai appris un peu à la va-vite. Je suis la pire des putes de changer d'avis comme ça, une vraie girouette Evil or Very Mad
J'avais pourtant construit une certaine voie, qui m'était assez ouverte pour que j'y entre et prenne ma place ? Je gâche tout, toujours, je scie ma propre branche en me rebellant contre ceux qui devraient être mes plus grands amis, mince. Ce qui est drôle, c'est qu'IRL je suis super tolérante, j'expose jamais mes idées politiques et j'écoute celle des autres avec attention sans ressentir de dégoût. Je pose les questions qui me passent par la tête, la personne répond (ou pas) (j'avoue chercher aussi la petite bête mais c'est moins poussé, de plus je ressens le malaise de la personne Embarassed ). Mais sur internet, je deviens une certaine furie, toutes mes émotions sont multipliées x1000. No

Ma question principale : OU SE TROUVE LA VÉRITÉ ?

@Siamois93 : Oui, pour aimer il faut s'aimer en tout premier, c'est le plus important ça. Je pense apprécier aussi ce double-sens.
Je comprends moins l'idée des faux-selfs, tu peux l'expliquer s'il-te plaît ?

@Lyade : J'espère continuer sur ce chemin.


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Message par siamois93 le Dim 23 Déc 2018 - 9:54

Bonjour Mad Max (je pense à cette chanson «Il est libre Max»)
Le faux self c'est un personnage qui se construit discrètement, quelqu'un que j'essaye d'être comme le «bon en math». Pour moi ça vient dans un domaine où j'ai un intérêt et où je suis assez bon sans trop de difficulté. Alors me vient comme une focalisation là-dessus, au point également d'oublier d'autres parties de moi, d'autres domaines d'activité, comme si je devais n'exister qu'en étant excellent quelque part, et pas moyen partout. Mais être moyen partout c'est toujours être. Quand je me focalise trop sur ce faux personnage, ce faux moi-même, forcément au bout d'un moment il y aura des dégâts. Ma diversité n'est pas facile à vivre. Même quand je cherche un point commun à toutes ces choses qui m'intéressent, j'ai toujours l'impression qu'il y a plusieurs personnages en moi et que c'est soit l'un, soit l'autre. Par exemple j'ai assez de facilité dans les domaines techniques pourtant j'adore tout ce qui est artistique, ce qui crée une vraie dissonance par rapport à l'ingénieur standard.
La furie de l'informatique ? L'excitation vient du clavier, de sa disposition, et de la position du corps lorsque l'on frappe (oui on frappe, c'est plutôt brutal pour nous et le clavier, on ne le caresse pas) sur le clavier, et puis également le fait de pousser les touches, en plus de ces polices de caractères qui ne nous correspondent pas. Bref tout est fait sur un ordinateur pour que tu t'excites, que tu sois agressif, d'autant plus si tu te sens agressé par la machine ou le lieu où tu t'en sers.
Guider les autres c'est ne pas s'affirmer. Tu as sans doute à travailler cela, fais un petit stage éventuellement pour te rendre compte. Je sais que ça me concerne également.

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Message par ♥ Kiss Jong-il ♥ le Dim 23 Déc 2018 - 17:21

d'avoir littéralement chié

Au-delà de la vulgarité qui me met toujours très mal à l'aise.....
je voudrais ici faire part de mon désarroi sur cette mode consistant à utiliser l'adverbe "littéralement" même quand on utilise le verbe au sens figuré et, précisément, PAS au sens littéral. On utilise une expression MAIS ON AJOUTE QUAND MÊME le mot littéralement.

Je ne comprends pas. Qui peut m'aider à comprendre ?

D'après le wiktionnaire, il y aurait deux sens au mot littéralement :
le premier = au pied de la lettre
le second = totalement, absolument (familier).

On dirait qu'ils ont été obligés d'entériner ce mauvais usage d'exagérateur Marseillais.

Voilà ma CONTRIBUTION.

PS : Mad Max, où vis-tu ? Es-tu belle ? Je suis passionné par tout ce qui est jolies filles donc merci de me faire signe au plus vite en cas de disponibilité mentale.




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Message par MoojiKadja le Lun 24 Déc 2018 - 3:30

J’espère que tu ne feras pas une seconde nuit blanche consécutive qui te permettrait de lire ce qui suit sans délai, parallèlement à celle, anxieuse, que je m’apprête encore à faire… Bref, voici pour t’aider (à mieux assumer celle que tu es profondément ?), si possible, car ton retour-intervention m’a touché dans son désir vibrant d’éclairage :

Mad Max a écrit:Vous savez quoi ? Ce mouvement m'a fait découvert que je n'ai jamais rien connu au monde. J'ai toujours parlé sur lui. Il m'est arrivé, souvent, de construire de belles phrases sur ce monde. Des phrases ornées des plus beaux mots, qui décrivaient les plus grands maux de l'époque actuelle.
J'ai découvert, avec ce mouvement, ma non-volonté de changement, cette lâcheté qui fait tout abandonner.
Je suis lâche parce que je reste terrée chez moi. Je vais pas à la rencontre de ce monde alors que d'autres y vont. Et je me permets de parler du monde.
Bravo pour cette confession pleine d'humilité – voire d’une saine contrition – qui m’a immédiatement capté et incité à poursuivre ma lecture. Pour une fois, quelqu’un témoigne à propos d’un sujet-débat sociétal pour dire qu’il ne sait plus quoi penser, et plus trop comment critiquer, par extension… Ouf ! Je lisais justement ça, il y a deux nuits : « Aujourd'hui, je ne sais plus trop bien où en est la critique. Je crois qu’elle a accédé à une certaine prétention d’elle-même. Nous savons ; c’est ce qu’il y a de pire. Je suis contre le Savoir et pour la Connaissance, même s’il faut savoir pour accéder à la Connaissance. Mais le Savoir doit se fondre dans la Connaissance. » (Jean Douchet)
Aime cette lucidité qui te vient « enfin » (si j’ose dire, à quelqu’un qui a seulement 20 ans !) pour t’avertir d’une soi-disant illégitimité à prendre part au débat critique, au motif que tu ne sais finalement encore rien du monde, auquel tu ne participes pas (pour l’instant ? Ou bien auquel tu ne voudras jamais guère participer – c’est toujours envisageable, a fortiori lorsqu’on est réellement HP).

Mad Max a écrit:Je reste dans le théorique, je me risque pas à la pratique. Je suis qui pour juger ce monde, alors ?
 Une future philosophe, peut-être ? Les penseurs dignes de ce nom sont par définition restreints dans leur champ d’action, voire contraints à l’inaction. Pour un BHL qui s’en va faire le zouave en terrain sensible, au Moyen Orient, quitte à mettre stupidement en péril sa vie et celles de son aréopage, l’essentiel des observateurs (sociologues, anthropologues, ethnologues) sont, donc, logiquement en retrait de la société qu’ils scrutent ainsi à bonne distance, non pas par lâcheté mais par sagesse. De la nécessaire prise de recul lorsqu'on prétend bien parler d’un phénomène, d’un principe, d’un événement.
La carrière philosophique débute sans doute très tôt, dans la cour d’école, quand on ne vous choisit pas dans la formation des équipes et que vous devez ainsi regarder le match depuis les bords du terrain, dans un précieux mélange de frustration et de fascination pour ces congénères qui s’agitent allègrement là, loin de s’inquiéter des tenants et aboutissants de leurs actes, forts et insouciants qu’ils sont de leur spontanéité dénuée d’interrogation ; tandis que nous autres, « philosophes » en puissance, exaspérons notre conscience pour mieux saisir l’absurdité apparente de la fourmilière. Nous sommes effectivement ces abeilles restées plus ou moins volontairement à l’écart pour mieux ausculter « l’esprit de la ruche ».

Mad Max a écrit:M'est aussi apparue la pensée que j'étais faite pour guider les autres dans ce monde d'idées. S'il faut qu'il y ait une révolution, je ne voudrais pas que l'on trompe les personnes avec des idées qui mèneraient à quelque chose de dangereux. Je suis aussi hostile aux GJ parce que j'ai vu les images et les vidéos, je vois les gens qui s'affolent à cracher sur les forces de l'ordre, le système en place, le président. Avant, je critiquais le système. Aujourd'hui, c'est devenu trop facile de le faire. Je n'aime plus tenter les jeux de mots, les jeux d'idées pour critiquer ce système. C'est devenu injuste, en quelque sorte.
D'autant plus que je n'ai jamais aimé faire partie de la majorité.
Ah ! La majorité… Quand j’étais très jeune (14 ans), j’écoutais en boucle les chansons-slogans de Patrick Bruel – c’était générationnel : en 1991, rien n’avait tant d’écho que son superbe album live, parachevant ses imparables singles. Son album s’ouvrait notamment sur ce soi-disant morceau de bravoure ardemment repris – « par cœur » – par une assistance conquise de midinettes en transe  :



Voilà sans doute tout ce que tu ne seras jamais : susceptible de tomber dans ces facilités là, ces pièges de l’injonction à se révolter « parce que », à clamer ses revendications à la figure « des puissants » qui nous oppriment forcément, systématiquement, méthodiquement.
Je pourrais aujourd'hui être le père de l’ado sans nuance qui écoutait alors Bruel, en adhérant sans réserve à sa dialectique démagogique, à sa révolution de hit-parade, apparemment très à l’aise de son costume de révolté de bazar qu’il partageait alors avec l’autre Che Guevara d’opérette français, j’ai nommé Florent Pagny. Les Inconnus ont d’ailleurs génialement tourné en ridicule leurs prétentions « révolutionnaires » avec cette parodie dénonçant gentiment la tiédeur de nos leaders pop, qui ânonnent des slogans insipides et sans enjeux devant des foules ravies, si faciles à manipuler sentimentalement :



La réalité sera toujours infiniment plus complexe que ce que les médias et, même, les artistes, pourront bien nous la transmettre en prétendant la réduire à une formule simpliste.
J’en parlais encore récemment dans le cadre d’une correspondance nouée ici-même : j’ai du respect pour la figure du grand mathématicien et physicien américano-hongrois John von Neumann, auteur de deux citations que j’aime à partager, car elles disent bien, non sans malice (!?), combien nous sommes fous de savoir quand il s’agit de connaître – c’est-à-dire d’admettre l’insaisissable essence des choses, tout juste capables de conjectures hasardeuses à l’endroit du mystère : « Si les gens ne croient pas que les mathématiques sont simples, c’est uniquement parce qu’ils ne réalisent pas à quel point la vie est compliquée. » ; « En mathématiques, on ne comprend pas les choses, on s'y habitue. »

Mad Max a écrit:Bref, je suis entre deux eaux, ce que je n'assume pas du tout, mais alors pas du tout. Encore une fois, j'ai l'impression d'avoir viré de bord mais complètement. Mon esprit critique s'est littéralement désintégré, j'aurais dû être du côté du peuple avec tout ce que j'ai dit sur Macron et le gouvernement et ce que j'ai appris un peu à la va-vite. Je suis la pire des putes de changer d'avis comme ça, une vraie girouette  Evil or Very Mad
J'avais pourtant construit une certaine voie, qui m'était assez ouverte pour que j'y entre et prenne ma place ? Je gâche tout, toujours, je scie ma propre branche en me rebellant contre ceux qui devraient être mes plus grands amis, mince. Ce qui est drôle, c'est qu'IRL je suis super tolérante, j'expose jamais mes idées politiques et j'écoute celle des autres avec attention sans ressentir de dégoût. Je pose les questions qui me passent par la tête, la personne répond (ou pas) (j'avoue chercher aussi la petite bête mais c'est moins poussé, de plus je ressens le malaise de la personne  Embarassed ). Mais sur internet, je deviens une certaine furie, toutes mes émotions sont multipliées x1000.  No
Ne sois pas trop dure envers toi-même en jugeant hâtivement cette propension à la versatilité, laquelle est le propre des meilleurs penseurs : ceux qui ont appris à penser à l’encontre d’eux-mêmes – et même à aimer cela, se pousser soi-même dans des affres de contradictions, s’acculer à d’irréconciliables paradoxes. La vie est un paradoxe absolu, quand on y songe ; pourquoi faudrait-il prétendre à la totale cohérence ?
« J’en suis même arrivé à comprendre qu’en voulant être rigoureusement conséquent, on ne parvenait qu’à se limiter, à s’appauvrir, à se scléroser. Je prenais même un malin plaisir à m’abandonner à tous mes possibles. J’y trouvais une voluptueuse satisfaction de liberté et de richesse intérieure. » — Roger Martin du Gard
L’existence détrompée – lorsque la lucidité nous prive de la naïveté propre aux bâtisseurs enthousiastes – est une formidable entreprise de déconstruction, une perpétuelle invitation à interroger nos valeurs préconçues et autres préjugés pour mieux les déconstruire, mieux dépasser les clivages réducteurs.
Une autre citation dont tu feras ce que bon te semble, qui donne « curieusement » (!?) la parole, ici, à un théoricien du théâtre (mais la vie est-elle autre chose qu’une vaste comédie/tragédie ?!) :
« Le chemin créatif est de faire une multitude de constructions provisoires en sachant que, même si on a l’impression d’avoir trouvé le personnage un jour, cela n’est que temporaire. La vraie forme est une naissance ; la vraie forme n’est pas comme la construction d’un bâtiment, la suite d’une série d’actions constructives et logiques ; au contraire : le vrai processus de construction est en même temps une sorte de démolition. » — Peter Brook, Propos sur le théâtre

C’est fou comme ce discours semble, à mes yeux, parler encore du processus à l’œuvre dans l’édification d’une pensée créative éclairée chez l’individu indépendant, délivré des contingences sociales visant à nous formater, à conduire limitativement notre esprit critique, à nous laisser croire que le processus régissant l’émergence d’une pensée est strictement progressif – vers et dans la construction – et non pas régressif – vers et par la déconstruction des acquis initiaux – comme il conviendrait idéalement de le suggérer, comme une modalité du parachèvement dans la réalisation personnelle.
Je plains sincèrement ceux et celles qui se targuent d’être cohérents dans leurs analyses, ceux et celles qui se prévalent d’avancer uniquement, sans jamais se retourner  avec plus ou moins de radicalité contre leurs croyances passées. C’est Socrate qui doit se retourner dans sa tombe en songeant à ceux-là !

Mad Max a écrit:Ma question principale : OU SE TROUVE LA VÉRITÉ ?
La vérité – objective, factuelle, absolue, mais néanmoins discutable – ne sera jamais aussi alléchante à mes yeux que la justesse – subjective, contextuelle, émotionnelle, sensorielle, même. Le champ de la justesse – cette vérité circonstancielle, donc – m’attire davantage que celui de la vérité, bien trop rigide et contestable – là où la justesse d’une sensation est absolument irréfutable.

Puisque la quête de la sacro-sainte Vérité restera toujours l’affaire du mental et de ses trompeuses déterminations (désirs, idées, valeurs et autres données volatiles), cherche plutôt du côté de la justesse, et prioritairement de TA justesse – que ressens-tu comme « vrai » en fonction de ton instinct, des tes intuitions et de tes moyens cognitifs du moment ? Que ressens-tu comme « vrai » viscéralement, à l’aune de ce que te dictent tes tripes, ton cœur, ces instances impropres au mensonge ? Voilà, il me semble, la question judicieuse et sensée.

Je ne reviendrai pas sur ce fil (je vais manquer de rigueur et d’assiduité Twisted Evil ), mais ma boîte MP reste grande ouverte pour poursuivre cette discussion ou t’apporter quelques développements supplémentaires si tu le souhaites. Ninja
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Message par Chuna le Lun 24 Déc 2018 - 10:59

Au-delà de la vulgarité qui me met toujours très mal à l'aise.....

Mad Max, où vis-tu ? Es-tu belle ? Je suis passionné par tout ce qui est jolies filles donc merci de me faire signe au plus vite en cas de disponibilité mentale.
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Message par ♥ Kiss Jong-il ♥ le Lun 24 Déc 2018 - 16:08

oui ?

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Message par Le Don qui Chante le Lun 24 Déc 2018 - 16:20


Je suis en prison dans mon corps.
Dans la vie.
Dans la société.
Dans l'esprit des gens.
Je n'ai aucune échappatoire. Et comme je refuse la pétoire je me dois d’accepter cet état de fait.  
J'ai un mioche, j'ai été marié, j'ai divorcé, j'ai aimé une pendue, je suis alcoolique, j'ai écris un livre, je fais des collages, j'aime la musique mais je ne sais pas en jouer, je fais des sculpture à la pâte à modeler, je cuisine, je jardine, je ne peux plus lire, cerveau en pâte à mâcher, j'aime le Ruynart, je voyage, j'arbitre des matchs de foot, j'écris des poèmes pornographiques, je fais des feux dans mon jardin, je pleure seul dans ma maison vide, j'ai une maison, une voiture, je n'ai pas de chat, mes posters de films qui ornent ma chambre sont accrochés à l'aide de punaises, j'ai des dessins d'enfants aussi, derrière eux se cachent des phrases que j'ai recopié de Z.C., demain je soufflerai une bougie de plus, je vais de temps à autre dormir sur la tombe de mon grand-père au cimetière, dans ma voiture aussi face à la mer, je crache sur les étoiles, je suis prof, je gagne ma vie, je fais de la politique, du syndicalisme, j'ai testé toute les drogues existantes, j'ai la phobie des aiguilles, je me masturbe sur Pornhub, les chaussures sont pleines de terre, je nettoie ma maison aux lingettes citronnées, j'adore manger des tripes... mais si on me demande qui je suis, je ne sais pas quoi répondre...

Une erreur qui aurait voulu avorter de sois-même il y a de cela 41 ans.
Le psychiatre me dit que j'ai une pathologie. Et que c'est ainsi.
So be it...

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