Capacité d'adaptation excessive ?

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Message par WadeWeirderO le Mar 4 Sep 2018 - 13:28

Bonjour, voilà alors déjà, je viens tout juste de m'inscrire ici, je maîtrise pas encore très bien toute l'interface du site, tout ça.
Voilà, alors, d'abord, pour être parfaitement sincère, je n'ai pas (encore ?) de "diagnostic" officiel de "zébritude" mais... Bref je parlerai peut-être de cela dans une autre rubrique.
Je ne suis pas trop trop à l'aise à l'idée d'écrire ici... Mais je crois que j'ai besoin de parler à des gens qui, potentiellement, ressentent la même chose que moi...

Alors voilà
Pour planter le décor : Je suis plus que probablement zèbre (disons que y'a pas vraiment de doute, mais j'ai peur de passer par un truc officiel pour tout un tas de raisons), j'ai 21 ans, et c'est via le livre de J. Siaud Facchin que j'ai lu il y'a à peine neuf mois, que j'ai réalisé que moi, c'était ça. Ce sentiment en lisant que tout est absurde et en même  temps si lourd de sens (pour reprendre les mots d'une personne à qui j'en ai parlé). Ce sentiment de SE lire, d'être à découvert, ce sentiment que enfin, quelqu'un sait, connaît ce que je vis... Bref
J'ai une relation depuis presque six ans avec une personne de mon âge
Relation fusionnelle avec des hauts, des bas, des moments très compliqués, mais qui, depuis ma lecture, s'est transformée (le fait de me et le comprendre a disons, permis de résoudre pas mal de situations auparavant conflictuelles)
On s'est toujours compris "dans le fond", même si la surface est par moments truffée d'incompréhensions, ce sentiment d'être avec quelqu'un "comme nous", d'être compris, de comprendre pas comme on comprend et analyse les gens lambdas, mais vraiment, de comprendre parce qu'on le vit, ressent aussi. Je pense que cette personne est aussi zèbre... J'ai eu autant l'impression de me lire que de la lire, dans l'ouvrage en question. Quand je lui ai évoqué cette possibilité, la réaction n'a fait que conforter ma pensée : "mais, c'est pas possible, ça expliquerait beaucoup trop de choses, de souffrances dans ma vie"... Voilà
Bref

C'est difficile d'expiquer brièvement...
De part son enfance (aucun cadre rassurant, mère (trop) présente mais qui n'a jamais rien compris à sa personne, qui le dénigre sans cesse, harcèlement scolaire...), sa personnalité... mon ami a des comportements que je trouve irrespectueux avec les gens, peu importe leur statut, amis, parents, moi... quand il se sent attaqué (il ne supporte aucun reproche, a l'impression qu'on dévalorise ce qu'il est, qu'on dénigre son entité propre), et, parce que ses parents ne lui ont jamais laissé la possibilité d'être autonome, il gère très dfficilement les responsabilités (organiser un déménagement, gérer le stress...), il est très vite débordé, submergé, angoissé, bref, et réagit donc de manière "excessive" dans ces moments, pour des "détails" (qui n'en sont évidemment pas pour lui) (uniquement dans ces moments, car en dehors c'est un véritable amour, attentionné, concerné, bienveillant... )
Il est très charismatique (même s'il doute énormément de lui) et sait prendre le dessus sur les gens (comme la plupart d'entre nous je suppose, puisque nous "sentons" qui ils sont et comment ils fonctionnent parfois mieux qu'eux, il est très facile de leur faire faire ce que l'on veut. Mais j'y reviendrai justement).

Et c'est là qu'arrive le coeur de mon message, nous nous sommes dernièrement disputés et cela a entraîné chez moi une reflexion. Je me pose des questions par rapport à moi, surtout, mais cela touche aussi à notre rapport. Je me permets de vous copier ici une réflexion que j'ai eue hier (envoyée à une amie, mais pas dans le but de recevoir une réponse, je sais qu'elle n'a pas les outils pour comprendre, simplement parce que c'est ma manière de poser ma réflexion) :

----------------
Moi j'ai fréquement eu, et encore aujourd'hui, le sentiment de pouvoir manipuler (que ce soit de manière bienveillante ou non. Je sais que je *peux* le faire si j'en ai envie. (Heureusement quand je le fais, c'est avec un dessein bienveillant, mais plus jeune je le faisais surtout à but égoïste. Je pouvais manipluler les gens à ma guise, sachant parfaitement ce qu'il fallait leur dire, comment le dire, pour obtenir ce que je voulais)
Ça me pose un problème éthique et moral : parfois j'ai conscience de manipuler et même si ça n'a aucune conséquence et que tout le monde le fait inconsciemment, moi je le sais, et je veux pas faire ça, et souvent ça me pousse dans des positions à l'extrême inverse : ne rien imposer, tout accepter (puisque je sais que si je donne mon avis je le tournerais de manière à ce qu'il soit entendu)
Mais
Lisant et comprennant facilement les gens, il est très difficile de se dépatîr de ça
C'est comme avoir des chaussures turbo avec des ressorts là où la plupart ont des chaussures normales, et essayer de ne pas se servir de ces ressort et de ce turbo pour faire la course
Bref
Donc je pense que je suis tombée dans l'excès avec lui, c'est à dire à vouloir courir normalement, m'être finalement mise à marcher au pas
C'est à dire à ne rien lui demander pour ne pas risquer de le "manipuler"
Mais
Lui étant comme moi
Il a aussi une grande facilité à savoir comment obtenir ce qu'il veut
Le problème étant que de part son vécu et ses souffrances, et sa personnalité
Il s'en sert
Par protection
Défense aussi
Et donc, je le laissais consciemment faire ce qu'il "voulait" (inconsciemment ?) de moi
J'ai aussi une grande capacité d'adaptation (Pour le meilleur et pour le pire)
Ce qui fait que "ça ne me pose pas de problème" et, m'adaptant, mon seuil de tolérance est haut
Et donc j'ai pas ce truc
Ce sentiment qui fait que "non mais oh, je suis pas une merde, me traite pas comme ça"
Enfin si
Mais faut vraiment abuser quoi, aller contre mes valeurs (liberté, tout ça. Ca aussi ça pose problème : étant donné que je choisis de rester (peu importe la situation, pas forcément en couple), puis-je vraiment dire que c'est la personne qui abuse ? Puisque je laisse faire ? Puisque "je m'adapte" ?)
Donc
Je suis incapable de savoir si la manière dont les gens (en général, pas seulement en couple) me traitent est bien ou pas
Enfin, incapable, pas complètement quand même, disons que ma limite est loin
D'ailleurs un jour je me souviens avoir posé la question  à un ami : mais tout le monde me dit que c'est important de se respecter soi-même, mais ça veut dire quoi concrètement ? Comment on sait si on se respecte soi-même ?
Par exemple si je choisi de rester dans une situation quelconque, ou de faire quelque chose, c'est un choix, mon choix. Donc, c'est en accord avec moi-même, donc je me respecte, non ?
Mais
Étant donné que je m'adapte à à peu près tout, elle est où la limite acceptable ? Comment je sais si je vais trop loin pour moi ou pas ? Est-ce que, parce que la majorité des gens refuse de le faire, je dois moi aussi le refuser ? Qu'est ce qui relève de mon choix propre et qu'est ce qui relève d'une adaptation ?
La manière qu'il a de nous parler quand il est blessé
Je pensais que je l'acceptais par choix, par compréhension
Mais est-ce que c'est le cas ou est-ce que c'est encore une adaptation ?

Du coup là, c'est un peu le bordel. Qu'est ce que j'accepte, qu'est-ce qui ne me pose *réellement* pas de problème, et qu'est-ce que j'ai accepté par adaptation ? Je sais pas
Ça veut pas dire que c'est la dernière des ordures, on a tous des comportements que certains tolèrent et d'autres refusent, c'est pas parce que je refuse un comportement que ledit comportement est objectivement mauvais.
-----------
Voilà ma réflexion

Puis, comment faire la part des choses entre ce que je comprends et peut accepter, et ce que je comprends mais ne dois quand même pas accepter ?

Je lui ai plusieurs fois et de plusieurs manières différentes dit qu'il pourrait parler à un psy, que ça lui ferait du bien, pour régler ces problèmes qui le bouffent, ses rapports familiaux, ses souffrances, avec lui-même, avec les gens... Il est en master de psychologie, il sera donc obligé de passer par là dans son parcours, mais j'ai peur de sa réaction à ce moment, s'il se prend tout "dans la gueule" d'un coup

Contrairement à moi qui oublie très vite quand on me cause du tort, qui excuse très facilement, lui est très rancunier
Cela cause un déséquilibre entre nous deux, il souffre toujours d'erreurs anciennes que j'ai comises, n'efface pas l'ardoise, là où moi je passe très facilement l'éponge sur ce qu'il peut me dire de blessant
(attention, en dehors de ces réactions, c'est une personne gentille (trop), et avec beaucoup de fragilités, droite, intelligente, perfectionniste, drôle, qui comme moi se questionne sur le sens du monde et la vacuité de la vie, avec qui j'ai une très grande complicité, nous nous comprenons sans paroles, il m'idéalise énormément... (d'ailleurs je pense qu'il est très dans le clivage de représentation, à nous voir soit comme des gens parfaits, soit comme des monstres affreux))

Je ne veux pas être la énième personne de sa vie à l'abandonner, à être faillible, à laisser tomber, cela le détruirait... je veux le soutenir, me battre à ses côtés pour qu'il s'épanouisse, qu'on s'épanouisse, si on en a une c'est lui mon âme soeur, je veux qu'on avance ensemble, qu'on surmonte tout ça parce que je sais que ses comportements qui me blessent sont issus de problèmes qu'il peut surmonter, c'est pas comme s'il était profondément méchant, non, je *sais* d'où viennent ses réactions et qu'il peut aller mieux, être plus serein. Je sais que je peux davantage le comprendre, le soutenir, comprendre ses réactions... S'il en parlait... Alors, quand on voit le problème, qu'on sait que des solutions sont possibles, peut-on vraiment laisser tomber sans scrupules ?
Je commence à fatiguer, à tomber, je suis nerveusement à bout, là, aujourd'hui, depuis notre dernière dispute
Lui a l'air de très mal le vivre également
Je ne sais pas si c'est en réaction à ma distance apparente ou s'il regrette sa décision. Nous nous sommes fait souffrir mutuellement, mais nous nous construisons grâce à l'autre, nous évoluons l'un avec l'autre, l'un par l'autre, il m'a appris à grandir autant que je l'ai fait pour lui... Nous nous comprennons...
Bref, je ne sais pas s'il a dit "c'est fini" en le voulant réellement...
Je me sens comme... J'ai beaucoup pleuré le jour même, puis depuis, j'ai le coeur anesthésié
Mais le voir si mal, si triste, si malheureux (comme quoi même dans cette situation nous sommes incapable de perdre l'autre de vue trop longtemps)... ça me touche et me rend triste

Bref, je n'arrive pas à faire la part des choses entre mon seuil de tolérance (après tout, nous en avons tous un différent, et le mien est un peu haut, est-ce que pour autant je dois le rabaisser pour entrer dans la moyenne ?) et une adaptation excessive (comme un "instinct de survie" en situation difficile, un mécanisme de défense en somme)
Je ne sais plus qui ou quoi croire
Moi, je ne veux pas le lâcher. Mais est-ce que je suis capable de nous porter encore, le temps qu'il prenne conscience qu'il n'est pas obligé de souffrir, ou est-ce que mon comportement finira par nous détruire parce que je m'oublie (et dieu sait que j'ai moi aussi des choses à régler avec mon for intérieur...) ?
Je ne m'attends pas à plein de réponses précises, juste... Des avis différents, des pistes, peu importe, juste quelque chose... En fait, je sais même pas si je sais vraiment ce que j'espère avec ce post

Je sais que mon post est long, brouillon, alors déjà merci d'avoir lu
Je sais aussi que tout n'est pas expliqué très clairement (je voulais pas faire trop long non plus, même si c'est un peu raté), et que c'est du bon gros racontage de vie, qui risque de ne pas intéresser grand monde, mais, si jamais, je répondrai bien sûr sans problème
En fait, je crois que j'ai surtout besoin d'en parler à des gens qui peuvent me comprendre, je me sens tellement... Enfin, ce sentiment de solitude quoi, quand on est un alien que personne n'a jamais su comprendre, même avec la plus grande bienveillance du monde... Et que la seule personne apte à nous comprendre et à nous faire réfléchir, à qui on se confie d'habitude en sachant qu'elle nous fera évoluer, est justement la cause de notre questionnement !


Dernière édition par WadeWeirderO le Sam 29 Sep 2018 - 19:32, édité 1 fois

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Message par riverrun le Mar 4 Sep 2018 - 14:18

je comprends ton attitude et tes questionnements (je suis bien bien passée par là ; encore l'an dernier ) et j'ai 37 ans aujourd'hui ! je commence seulement à vivre en pensant à moi, disons en pensant à moi d'abord ! en premier quoi ...
j'ai grandi et évolué sur le mode de "l'autre d'abord" "même s'il me donne rien ou pas grand chose"
eh bien , j'ai mis le temps (et le chemin est pas fini, va falloir rester vigilante) mais je sais que c'est la bonne voie ... se dire qu'on passe en premier, qu"on mérite le respect , la reconnaissance etc etc etc .... c'est primordial !

alors si tu peux commencer à travailler la dessus des maintenant , tu gagneras ptet du temps ! ça fait 20 ans que je fais ça (voire plus) (de penser aux autres avant moi) et ça ne m'a apportée que tristesse et déception ... même si j'ai construit des trucs et que j'ai aidé des gens .. je vois que c'est pas le bon chemin ; on peut aider l'autre sans s'oublier , sans se mettre de côté ... on a autant de valeur !

j'ai compris l'importance d'être avec des gens qui sont gentils, qui me traitent avec autant de bienveillance que je le fais ...

c'est mon chemin de vie, et ton témoignage me touche. J'ai envie de t'inviter à poser des limites claires avec les autres ; j'apprends à le faire depuis peu, et ça fait un bien fou ! j'aurais aimé le faire bien plus tôt dans mon existence ... je t'avoue qu'à cause de ce manque d'estime de moi meme, j'ai fait de la depression et un burn out ... je ne cherche pas du tout à t'inquiéter mais je pense que mon témoignage peut t'aider à voir l'importance du self respect , des limites ....

je vois exactement les processus internes qui résident dans tous ces comportements, mais ce n'était pas juste. je l'ai fait avec tout mon entourage ; je ne cherchais finalement qu'à être aimée à tout prix ...

et je sais aujourdhui qu'on est vraiment aidant quand on s'aide d'abord soi même ... quand on s'aime d'abord soi même .. ?...... :-)

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Message par WadeWeirderO le Mar 4 Sep 2018 - 21:00

D'abord merci d'avoir pris le temps de répondre Smile

C'est qu'en fait, moi au contraire j'ai grandi (enfin disont mes 10 premières années) sur le mode du "tout pour moi", égoïsme et compagnie
Je n'ai pas vécu mon enfance dans un cadre rassurant non plus et c'était ma manière à moi de me protéger (c'est pour ça aussi peut-être que j'ai beaucoup de mal à ne pas me sentir concernée par les problèmes de monsieur), puis à dix ans, de part ma grand-mère très catholique, j'ai radicalement changé, du tout au tout, pour devenir l'extrême inverse, la dévotion complète
Donc ce mode "tout pour les autres", je l'ai appris consciemment, lui
Heureusement aujourd'hui, je suis moins dans l'extrême, et question religion, disons que j'applique le rasoir d'Ockham et que, bon, je trouve plus raisonnable de me positionner dans le "je ne crois pas".

Tu dis "je ne cherchais qu'à être aimée à tout prix", j'avoue qu'en ce qui me concerne je ne m'étais jamais posé la question. Par contre quelque chose m'a sauté à l'esprit : c'est sûrement pour m'aimer moi-même, que je me comporte comme cela. Pour trouver grâce à mes yeux (oui, parfois j'ai l'impression d'être deux personnes... La publique, avec ses actes et son apparence, et celle intérieure, sans genre, ni forme, ni couleur... Juste moi, sans étiquettes, mais qui juge, réfléchis, ressens... Un peu comme un/une secrétaire intérieur(e)), pour daigner aimer mon moi d'apparence pour accepter mon moi intérieur (hum, je ne sais pas si c'est compréhensible)

Ce que tu dis mets le doigt je pense sur un problème que j'ai du mal à voir : accepter de m'aimer... Je peux pas m'empêcher, quand il s'agit de moi, de trouver ça tellement orgueilleux et prétentieux... "Qui suis-je pour oser aimer ma propre personne !" dit mon moi intérieur
Mais en même temps, ce comportement, c'est pas un peu orgueilleux justement, dans le fond ? se considérer tellement particulière ?
C'est qu'en fait j'ai parfaitement conscience que, oui, je fais des bonnes actions, mais comme tout bonne action, elle a un fond égoïste : se valoriser soi-même, ou au moins se sentir valorisé(e) dans les yeux d'autrui. Et ça c'est pas une volonté digne, une volonté vraiment bonne. Donc, pas de raison de me féliciter.
Enfin, tout ça est très intriqué dans beaucoup d'autres choses problématiques... Je sais pas trop par quel bout commencer pour démêler et résoudre tout ça
Parfois j'ai envie d'être fataliste, juste qu'on me foute la paix, qu'on me laisse, moi et mon fonctionnement, j'aimerais juste qu'il soit normal et accepté de se prendre la tête et de trop réléchir, juste qu'on me foute la paix
Et puis parfois, je me dis que quand même... Ce serait bien si c'était plus simple, si j'avais pas autant conscience de toutes ces choses... (jai l'impression de me vanter en disant ça, mais je pense que tu comprends ce que je veux dire)

L'idée de se poser des limites, quand je t'ai lue, je l'ai perçue comme une liste d'objectifs (pas comme une notion floue), et de cette manière, je trouve ça faisable. Après tout, pourquoi ne pas voir ça comme ça, et me dire, "ok, alors là, j'ai pas envie de répondre à telle demande, alors non, je le fais pas cette fois, j'annule pas ma sortie pour rendre service aujourd'hui" ou bien "cette fois, je laisse pas l'autre choisir parce que j'hésite. Non, cette fois, c'est moi qui choisis"
Je pense que de cette manière, petit à petit, ça peut se faire, sans la peur de retomber encore dans l'excès inverse de l'égoïsme (pour avoir testé les deux extrêmes j'avoue préférer trop donner que trop penser à moi. Peut-être (certainement même) parce que ça me donne un rôle plus acceptable, un rôle de victime, plus facile à vivre dans le regard des autres et dans le regard qu'on se porte à soi qu'un rôle de bourreau...(je sens que je vais repartir dans une réflexion intense là))

En fait, je me suis trop dit que ce qu'il me fallait, c'étai quelqu'un qui se dévouait comme moi
Comme ça, moi je lui donne, je me donne entièrement, lui ou elle me donne, se donne entièrement, et chacun a ce qu'il faut, apporté par l'autre
Mais... Mouais
Disons que je le sens pas comme quelque chose de très sain, au final, de dépendre autant de l'autre
Donc, j'essaye, même si c'est loin d'être évident, d'apprendre à refonctionner de manière plus saine, plus équilibrée entre moi et les autres
J'ai la chance d'être encore assez jeune (même si j'ai l'impression d'avoir des siècles derrière moi parfois, et que la vie passe beaucoup, beaucoup trop vite) et donc de pouvoir agir maintenant, avant de construire ma vie, avant d'avoir un engagement, des enfants, tout ça
Je peux, j'ai la chance de pouvoir me construire avant de construire d'autres vies, je sais que je dois le faire maintenant, saisir la chance que j'ai

Tu ne m'inquiètes pas, tu sais enfant j'ai souvent voulu mourir, alors..
Pas forcément parce que je souffrais de manière douloureuse, consciente (enfin, pas tout le temps), mais simplement parce que la vie ne m'apparaîssait pas comme quelque chose de chouette, de bien, pour moi ça n'étais qu'un amas de malheurs, de solitudes, de gens malheureux, de drames, d'injustices, partout, tout le temps, et chez moi, dans ma famille, je n'y étais même pas bien, ce n'était même pas un cocon de bienveillance, que c'était injuste aussi, bref, non, autant arrêter tout de suite si c'est ça
Ado, j'aurais aimé arrêter de vivre pour arrêter de souffrir, pour le coup
Aujourd'hui, aucune envie de quitter le monde "avant l'heure", au moins par curiosité de voir justement le monde, puis j'ai soif de voir, ressentir, apprendre, vivre encore plein de choses. Parfois si, j'ai envie d'arrêter de vivre mais seulement pour arrêter de penser. Pas par envie de mourir
Mais bref, je sais pas pourquoi je parle de ça
De toute façon, j'ai pas de trop bons souvenirs de mon enfance. Quelques uns, mais j'ai l'impression de l'avoir toute vécue de l'intérieur. Tous mes souvenirs sont des émotions, des "ambiances", des états d'esprits dans lesquels je me trouvais, mais pas des scènes de vie ou de partage, enfin très rarement, avec quelques personnes

En fait je voulais répondre un truc bref mais je crois que je vais abandonner l'idée, à chaque fois d'autres choses me viennent, d'autres questions, d'autres sentiments, et comme je me sens enfin le droit de le dire, ça part tout seul...

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Message par I am so sure le Mar 4 Sep 2018 - 23:23

On a pas le droit de peter, c est dans la charte  Razz

C est parti tout seul a la lecture du " ça part tout seul". Plus sérieusement, vous lire m a donné envie de vous dire bon courage et que vous trouverez comment vous équilibrer au fur et a mesure que vous apprendrez a vous cerner et via les interactions bonnes ou mauvaises. Contact. Kyo. You tube. N'oubliez pas de vivre et de vous laisser vivre. C est en forgeant qu on ...et les expériences sont le chemin, et la vie c est le chemin, et ce qui crée les souvenirs. Et puis personne n est et n a a être parfait.

Si non encore lu : imparfaits libres et heureux. Christophe André. cat
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Message par WadeWeirderO le Mar 4 Sep 2018 - 23:44

Haha, j'avoue j'ai ri (mais je suis bon public hein :p )

Merci beaucoup de votre message d'encouragement ! "vivre" et surtout me "laisser vivre", oui je devrais y penser plus souvent à ça Rolling Eyes

Je prends note de la lecture qui a l'air d'être tout à fait intéressante, merci du partage Wink

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Message par riverrun le Mer 5 Sep 2018 - 14:04

oui en fait, c'est exactement ça l'histoire des limites ... c'est dans la matière que ça se travaille ; telle situation, telle posture
jauger à chaque fois (mais ça c'est tout le temps et avec tout le monde je crois)
et se positionner ... dire oui ; dire non .

et oui je crois que le fond est toujours pour tous aussi la question de l'amour de soi .... on cherche à être aimable, aimé, aimant ... pour notre propre regard , notre ptit juge intérieur qui prend toute la place et sait se faire tyrannique ...

et tant qu'il dirige (le tyran intérieur) on tombe sur des personnes qui mettent le doigt sur nos trucs bidules pas réglés ... pour nous faire avancer , et bosser sur nos failles ...

c'est c'que j'crois !

et s'aimer soi meme c'est la base de la vie en fait ... alors si tu te dis qui suis je pour oser m'aimer ?! eh bien aussi cliché soit-il, il en sera de même dans les rencontres ... c'est en tout cas ce que j'ai pu expérimenté moi même ; j'attends de l'autre l'amour que j'ai pas pour moi ? bim bam je trouverai qq'un qui me renverra cette faille en pleine tronche ! de manière claire ou détournée ...

je dis tout ça , c'est mon chemin aussi , tu avais compris ! :-)
c'est au quotidien que ça se travaille l'amour de soi, sans complexe, sans scrupule, juste avec bienveillance ... et j'y bosse j'y bosse study

et Christophe André, c'est mon idole :-)

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Message par I am so sure le Mer 5 Sep 2018 - 14:18

Mais c est quoi ce forum ou les membres répondent a leurs questions dans leurs réponses. Ah ben c est un forum d echanges et d interactions pour être so sure .diantre que nenni nonobstant plaît il, ils veulent tous devenir moi. Je suis une idole. Leo Ferré. You tube.

Si pas lu : l expériences des limites. Du frère de Bertrand Cantat.
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Message par the kick inside le Mer 5 Sep 2018 - 16:04

WadeWeirderO a écrit:Du coup là, c'est un peu le bordel. Qu'est ce que j'accepte, qu'est-ce qui ne me pose *réellement* pas de problème, et qu'est-ce que j'ai accepté par adaptation ? Je sais pas
J'en sais rien
Ça veut pas dire que c'est la dernière des ordures, on a tous des comportements que certains tolèrent et d'autres refusent, c'est pas parce que je refuse un comportement que ledit comportement est objectivement mauvais.

Quand j'avais ton âge, je fonctionnais exactement de la même façon. L'intellect peut tout expliquer, justifier, il peut peser indéfiniment le pour et le contre (encore plus nous concernant probablement) sans parvenir à trancher. A la fin, seule la sensibilité peut trancher. Je n'aurais qu'un conseil à te donner par rapport à ça: écouter davantage ce que tu ressens, sans chercher à les contrebalancer par des explications rationnelles. Ses comportements ne sont pas objectivement mauvais, mais toi qu'est-ce que tu ressens dans ces situations ? Reconnais-tu tes émotions comme légitimes ou as-tu toujours besoin de les valider intellectuellement ?
Je dirais que l'on a tendance à se suradapter par notre capacité d'analyse et notre mental, mais renouer avec ses émotions et faire davantage confiance à son coeur sont la clé pour éviter de se retrouver dans des situations potentiellement toxiques.


Puis, comment faire la part des choses entre ce que je comprends et peut accepter, et ce que je comprends mais ne dois quand même pas accepter ?e ne veux pas être la énième personne de sa vie à l'abandonner, à être faillible, à laisser tomber, cela le détruirait... je veux le soutenir, me battre à ses côtés pour qu'il s'épanouisse, qu'on s'épanouisse, si on en a une, c'est lui mon âme soeur, je veux qu'on avance ensemble, qu'on surmonte tout ça parce que je sais que ses comportements qui me blessent sont issus de problèmes qu'il peut surmonter, c'est pas comme s'il était profondément méchant, non, je *sais* d'où viennent ses réactions et qu'il peut aller mieux, être plus serein. Je sais que je peux davantage le comprendre, le soutenir, comprendre ses réactions...

L'aimes-tu pour ce qu'il pourrait être ou pour ce qu'il est actuellement ? Sache que dans le premier cas tu n'as absolument aucun contrôle et c'est une perspective qui peut faire un peu peur quand on a l'habitude de fonctionner énormément par le mental.
Et puis, si tu le quittais, qu'il devait traverser une période très difficile, peut-être qu'au bout il en ressortira grandi. Ou bien il retombera sur une personne auprès de laquelle il sera confronté aux mêmes leçons, jusqu'à ce qu'il comprenne et évolue vers la meilleure version de lui même. Tu ne peux pas faire naître cette meilleure version malgré toute ta volonté, ça viendra uniquement de lui, chacun est responsable de sa propre croissance, lui comme toi. Ce qui signifie aussi que tu n'as aucune culpabilité à avoir, mais la responsabilité de comprendre pourquoi tu ressens celle-ci.

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Message par WadeWeirderO le Mer 5 Sep 2018 - 19:17

I am so sure a écrit:Mais c est quoi ce forum ou les membres répondent a leurs questions dans leurs réponses

Ah tiens, on doit parler de moi ! Rolling Eyes

the kick inside a écrit:L'intellect peut tout expliquer, justifier, il peut peser indéfiniment le pour et le contre (encore plus nous concernant probablement) sans parvenir à trancher.  A la fin, seule la sensibilité peut trancher.

Ça, c'est quelque chose qu'on ne m'avait jamais dit (on dit souvent l'inverse, d'ailleurs), et je crois que c'est pourtant pile ce dont j'avais besoin. Prendre conscience que non, tout ne se détermine pas par réflexion... Bon, maintenant y'a plus qu'à le mettre en pratique ! Suspect

the kick inside a écrit:L'aimes-tu pour ce qu'il pourrait être ou pour ce qu'il est actuellement ? Sache que dans le premier cas tu n'as absolument aucun contrôle et c'est une perspective qui peut faire un peu peur quand on a l'habitude de fonctionner énormément par le mental.

Ben, c'est une chose justement, sur laquelle je m'interroge depuis peu. D'un côté, j'ai passé plus de cinq ans à l'aimer tel qu'il est sans jamais me dire "il doit changer sinon je pourrais pas", sans me poser de questions. J'aime sa personne, j'aime qui il est au fond, je l'ai pas "choisi" pour qu'il change. De l'autre, depuis que j'ai compris les causes de certains de ses comportements, j'ai commencé à me dire que, lorsque ses problèmes n'en seront plus, il sera forcément plus serein, mieux dans sa tête et donc moins torturé, plus posé... Et cette perspective m'apparaît de plus en plus comme... Nécessaire ? Je sais pas si c'est le bon mot. Dans tous les cas je peux pas dire que je rejette l'idée  Neutral  

Je veux pas qu'il change qui il est, j'aime qui il est. J'aime ce que je ressens, connais de lui, ce que je lis en lui, dans son regard, sa façon d'être, de voir les choses, le fait qu'il soit étourdi, bordélique, tout ça, j'aime aussi son côté impulsif oui, ça fait partie de la personne que j'aime ! Il est comme ça, je ne veux pas qu'il fasse disparaître ses "défauts", je l'aime tout entier...
Mais je supporte moins ses "colères" (je trouve ce terme un peu infantilisant mais j'en trouve pas d'autres) depuis que j'ai conscience que ces réactions si extrêmes, si blessantes aussi, pendant lesquelles il oublie complètement à qui il parle, aveuglé par le sentiment d'injustice et de persécussion qu'il ressent, ne sont pas euh.. bah ne font pas partie irrémédiablement de lui mais peuvent être disons calmées, et donc qu'on pourrait éviter de subir, lui comme moi, ces réactions destructrices.
Parfois, il me donne le sentiment qu'il est un enfant, un enfant bloqué dans un corps qui grandit, qui vieillit, mais à l'intérieur de lui, au fond de lui, c'est comme un enfant désorienté, un peu tyranique des fois, qui doit faire face à des choses qui le dépassent, des choses d'adultes, un enfant complètement perdu dans un monde absolument pas fait pour lui
C'est vraiment pas péjoratif comme sentiment, c'est aussi ça qui me plaît chez lui, vraiment, pouvoir lâcher prise, avoir le droit de ne pas être tout le temps adulte... Retrouver de l'insouciance. C'est quelque chose de merveilleux quand on a l'impression d'avoir toujours été un vieux sage (enfin ça, ça reste à prouver Laughing ) d'une centaine d'années. Moi je me suis défendue en devenant trop vieille trop vite, en chassant mon insouciance mise à mal dans ce monde un peu nul, lui il s'est défendu en ne grandissant jamais, comme un rempart d'insouciance. Sauf que pour lui comme pour moi, bah voilà, quand c'est pas bien dosé ça pose problème !

Ça me fait beaucoup de bien de lire " Ce qui signifie aussi que tu n'as aucune culpabilité à avoir, mais la responsabilité de comprendre pourquoi tu ressens celle-ci.", ça remet les choses à leur place dans mon esprit.


riverrun a écrit:et s'aimer soi meme c'est la base de la vie en fait ... alors si tu te dis qui suis je pour oser m'aimer ?! eh bien aussi cliché soit-il, il en sera de même dans les rencontres ... c'est en tout cas ce que j'ai pu expérimenté moi même ; j'attends de l'autre l'amour que j'ai pas pour moi ? bim bam je trouverai qq'un qui me renverra cette faille en pleine tronche ! de manière claire ou détournée ...

Ça c'est un principe que je devrais me rentrer dans le crâne de force, tellement ça a du mal à rentrer...  Embarassed
J'espère réussir moi aussi à cheminer comme tu le fais, ça demande tellement d'énergie

J'ai lu un pdf présentant le plan détaillé du livre de C. André, effectivement, je pense qu'il faut que je lise ce bouquin !

WadeWeirderO

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