Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

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Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par fleurdesel le Mar 16 Aoû 2011 - 11:08

C'est une question qui me trotte en tête ces derniers temps. Parce que je perçois l'inhibition de plus en plus finement à l'oeuvre dans ma vie quand je scanne mon passé et que je me dis que comprendre comment elle s'est formée peut m'aider à m'en libérer. Parce que je suis maman et que je voudrais éviter que mon enfant connaisse cela (qu'elle soit z ou non).

Dans mon vécu, ce que je perçois comme élements m'y ayant conduit :

- une famille dans laquelle être dans la norme est une valeur en soi
- des parents ayant honte de leur niveau culturel et intellectuel (donc ne pas les faire souffrir en brillant)
- être témoin de la souffrance d'autres enfants quand les profs/parents les comparaient à moi (du coup, je me sentais responsable de leur mal-être, parce que si j'avais été moins ceci ou cela, on ne leur aurait pas fait remarquer)
- le fait de ne pas m'intégrer aux autres
- le fait de me sentir en décalage ("si les autres pensent tous ca et moi ceci, c'est bien que c'est moi qui ai un problème")

Je constate en outre qu'aujourd'hui encore, je réamorce le processus quand j'entends certaines phrases :
- "tiens je t'ai dit ca à toi ?" : une personne qui ne se rappelait plus de m'avoir dit quelque chose sur elle 2 ans auparavant, depuis j'ai "perdu" ma mémoire sur les gens, alors qu'avant je retenais leurs anniversaires, ce qu'ils aimaient, ce qu'ils n'aimaient pas, les anecdotes qu'ils racontaient etc
- "mais pourquoi tu te prends la tête comme ca ?", en général ca entretient ma tendance fortement ancrée à fuire mes problèmes (mes émotions) au lieu de les résoudre (les écouter)
- tu fais déjà trop de choses / ça c'est super difficile, il y en a beaucoup qui se plantent / tu t'en demandes trop
- on croirait pas que tu débutes
=> Bref, toutes les petites phrases qui me font percevoir que je ne suis pas normale, avec mon besoin d'apprendre, de stimulation, de réfléxion, ma mémoire (où est-elle, au secours !)

Que vous en souffriez ou non, comment se forme-t-elle à votre avis ?

De ce que j'en déduis de mon parcours, je me dis que permettre aux enfants zèbres de se rencontrer entre eux est une possibilité grandement intéressante pour leur éviter ce déboire.
Pour les adultes, j'ai l'impression que :
- fréquenter d'autres personnes ayant ces caractéristiques, pour se sentir "normal", pourrait permettre de renverser la vapeur (à lire plusieurs témoignages de ce forum),
- savoir que nous sommes effectivement différent pourrait permettre de plus facilement rejeter le discours normalisant d'autrui (des confirmations ?)
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par jmd le Mer 17 Aoû 2011 - 0:16

Que faire pour que ton enfant ne soit pas inhibé :

- l'accepter comme il est
- l'écouter
- le laisser vivre ses propres expériences
- être bienveillant avec lui
- être patiente

Tu peux faire la même chose avec ce qui est à l'intérieur de toi.
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par fleurdesel le Mer 17 Aoû 2011 - 9:42

Cela me semble pertinent.
J'essaie aussi d'avoir ce regard sur moi, je progresse doucement. Et ce sont les valeurs éducatives que nous essayons de pratiquer (car pour certains points nous avons encore à progresser dans la pratique même si nous saisissons la théorie Wink).

Paradoxalement, depuis que je creuse le sujet me concernant, j'ai peur d'être moins dans son accompagnement (la suivre dans son évolution) que dans une certaine guidance (lui montrer un chemin à suivre), parce que je remarque que certaines causes de l'inhibition ne relève pas de nous (les comparaisons avec les autres enfants de la part des adultes). Mais peut-être ai-je du mal à percevoir les interactions entre tous les aspects ?

Je pense qu'en comprenant mieux comment tout se met en place, je me sentirai moins impuissante et que du coup, cette peur n'aura plus de raison d'être.

Hier, je me suis demandé aussi si le niveau économique n'est pas également un facteur : mon expérience est-elle généralisable ?
Voyant que mes parents avaient du mal à boucler la fin du mois, je n'osais pas demander du matériel pour faire les expériences qu'il y avait dans un livre de physique pour enfants, ni de faire de multiples activités (poterie, dessin etc).
Pour ne pas sentir la frustration qui en découle, le mieux est de nier notre besoin de stimulation et notre curiosité, donc construire une inhibition.


Nota : J'en profite pour faire une petite bibliographie pour une éducation visant l'accompagnement de l'enfant :
- J'ai tout essayé, d'I Filliozat, pour les enfants de 0 à 5 ans, donne des comportements adaptés pour les parents à adopter et surtout, les raisons (notamment développement du cerveau) expliquant certains comportements difficiles à vivre des tout petits). Facile à lire, avec des dessins
- Ecouter pour que les enfants parlent, Parler pour que les enfants écoutent, de Faber et Mazlich : si je n'en avais qu'un ce serait celui-ci. Facile à lire (texte+ BD) et très pragmatique. Pour les enfants de > 2 ans jusqu'aux grands enfants que nous restons adultes Very Happy
- Apprendre l'auto discipline aux enfants, de Thomas Gordon, où les règles de l'écoute sont davantage poussées que dans le précédent. Il y a notamment les 12 barrages à l'écoute qui m'ont permis de bien progresser sur le sujet
- Une amie aime beaucoup celui ci que j'avais apprécié mais sans plus : au coeur des émotions de l'enfant d'I. Filliozat.
- Mon bébé comprend tout (oui, le titre pue) d'Aletha Solter : m'a beaucoup aidé quand elle était bébé à lâcher prise par rapport à ses pleurs que je cherchais à arrêter, mais à réserver aux parents déjà orientés vers du maternage de proximité (beaucoup de parents qui le lisent sans être dans cette approche se sentent culpabilisés)
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par MissMiaouw le Mer 17 Aoû 2011 - 10:12

AMHA, elle se forme quand on ne s'accepte pas... Et c'est assez difficile quand on vit dans un envirronnement hostile à ce que vous êtes.
Le problème réside souvent que l'enfant zèbre, comme tous les enfants du monde et malgré sa force intérieure, est plastique et considère son monde (constitués de cercles concentriques qui s'ajoutent les uns aux autres : parents, famille élargie, école, amis, promotion, etc) comme lui renvoyant une image juste de ce qui Est et de ce qu'il est. En fait, le monde lui renvoie l'image...qu'il peut, qu'il supporte (ce qui revient souvent à dire l'image qui n'est pas trop menaçante pour lui).
C'est une fois plus grand, lorsqu'il s'est reconnu des capacités de penser par lui-même qu'il peut entamer le chemin de déconstruction de ce qu'il pensait Juste et Vrai avant de repartir dans l'autre sens pour construire SA Justesse et SA Vérité.
En fait, je pense qu'un enfant différent/négligé dans son individualité fait 3 fois le trajet de l'indépendance et de la conquête de soi.
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par jmd le Mer 17 Aoû 2011 - 10:17

"Hier, je me suis demandé aussi si le niveau économique n'est pas également un facteur : mon expérience est-elle généralisable ?
Voyant que mes parents avaient du mal à boucler la fin du mois, je n'osais pas demander du matériel pour faire les expériences qu'il y avait dans un livre de physique pour enfants, ni de faire de multiples activités (poterie, dessin etc).
Pour ne pas sentir la frustration qui en découle, le mieux est de nier notre besoin de stimulation et notre curiosité, donc construire une inhibition."

Je ne pense pas que ce soit une question de niveau économique mais une question d'attitude, ici de la part des parents. La question principale est de savoir si l'enfant peut formuler sa demande, pas celle de savoir si la demande peut être satisfaite.

Vos parents auraient pu vous répondre : "Je sais bien que tu aimerais bien avoir ce matériel et je suis de tout coeur avec toi, mais pour le moment c'est vraiment difficile". Vous auriez su alors que vous pouviez avoir ce genre de demande et que vous pouviez être acceptée même dans cette demande.

C'est du moins ce que j'en pense.
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par jmd le Mer 17 Aoû 2011 - 10:26

AMHA, elle se forme quand on ne s'accepte pas... Et c'est assez difficile quand on vit dans un envirronnement hostile à ce que vous êtes.

Tout à fait d'accord. L'enfant que vous étiez avait le droit de demander du matériel (même si cette demande ne pouvait être satisfaite, mais cela c'était aux parents de voir).

Essayez d'accepter la part de vous qui se sent inhibée, celle qui a des craintes à ce sujet. Alors elle pourra changer d'elle-même.
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par fleurdesel le Mer 17 Aoû 2011 - 11:36

MissMiaouw a écrit:AMHA, elle se forme quand on ne s'accepte pas... Et c'est assez difficile quand on vit dans un envirronnement hostile à ce que vous êtes.
Le problème réside souvent que l'enfant zèbre, comme tous les enfants du monde et malgré sa force intérieure, est plastique et considère son monde (constitués de cercles concentriques qui s'ajoutent les uns aux autres : parents, famille élargie, école, amis, promotion, etc) comme lui renvoyant une image juste de ce qui Est et de ce qu'il est. En fait, le monde lui renvoie l'image...qu'il peut, qu'il supporte (ce qui revient souvent à dire l'image qui n'est pas trop menaçante pour lui).
C'est une fois plus grand, lorsqu'il s'est reconnu des capacités de penser par lui-même qu'il peut entamer le chemin de déconstruction de ce qu'il pensait Juste et Vrai avant de repartir dans l'autre sens pour construire SA Justesse et SA Vérité.
En fait, je pense qu'un enfant différent/négligé dans son individualité fait 3 fois le trajet de l'indépendance et de la conquête de soi.

Je te remercie de ton intervention, ca me fait bien cogiter Smile

Je corrige, dis-moi si c'est bon : "elle se maintient quand on ne s'accepte pas" et/ou "elle se forme quand on n'est pas accepté". Parce que sinon, c'est en contradiction avec ce que tu écris sur l'enfant qui se définit avec ce que les autres lui renvoient de lui.

Ton propos sur le "une fois plus grand" me rappelle quelque chose que je trouve étrange dans ma construction : petite je me percevais comme intelligente, disons jusque vers 10 ans. Ce n'est qu'après que j'ai commencé à avoir de moi une vision déformée, à "intégrer" les discours parentaux me concernant etc. Est-ce parce qu'auparavant, les émotions que j'avais à refouler étaient relativement faibles et qu'à 10-11 ans, j'ai vécu 2 événements fort émotionnellement -quoique je n'ai manifesté aucune émotion dessus- et que du coup mes protections contre ces discours ne pouvaient plus tenir ?

3 fois c'est :
- je me construis en fonction de ce que me renvoient les autres
- je déconstruis
- je me construis en m'écoutant, en m'observant

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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par fleurdesel le Mer 17 Aoû 2011 - 11:44

jmd a écrit:
AMHA, elle se forme quand on ne s'accepte pas... Et c'est assez difficile quand on vit dans un envirronnement hostile à ce que vous êtes.

Tout à fait d'accord. L'enfant que vous étiez avait le droit de demander du matériel (même si cette demande ne pouvait être satisfaite, mais cela c'était aux parents de voir).

Essayez d'accepter la part de vous qui se sent inhibée, celle qui a des craintes à ce sujet. Alors elle pourra changer d'elle-même.

En fait je ne me serais pas faite grondé si j'avais demandé, peut-être même qu'on m'aurait acheté ce que je désirais.
C'est plus que j'entendais en permanence un discours ambiant du type "on est obligé de se priver" "les fins de mois sont difficiles"

Mais effectivement sur l'aspect financier, je me dis que c'est simplement la manifestation du fait que mes parents ne résolvaient jamais AVEC moi les problèmes, je n'étais pas une partie prenante, mais "quelque chose" à gérer. D'où le fait de ne pas faire de demandes, puisqu'elles ne sont pas prises en compte.


Arg, je suis obligée de partir, train, et après accès internet très limité (voire pas) pour quelques jours Sad Zut, j'ai la tête en ébullition (positivement Smile)
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par MissMiaouw le Mer 17 Aoû 2011 - 11:53

Alors, je précise : elle se construit quand on est pas accepté (petit) et se maintient quand on ne s'accepte pas (petit et/ou grand mais plus souvent grand parce que la conscience de soi et la pensée indépendante demande une maturité affective qui s'acquiert avec un temps plus ou moins long selon les gens).
Je ne perçois pas la contradiction... Tu peux m'en dire plus, que j'essaye d'affûter?

P-e que "avant l'évènement", c'était simple. P-e aussi que l'attitude du monde a changé ou que ta façon de le percevoir a changé, en lien (ou pas) avec tes évènements traumatisants. P-e aussi que tu étais résistante et que tu as tenu 10 ans avant de lâcher.

Oui, les trois trajets sont ceux-là.

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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par jmd le Mer 17 Aoû 2011 - 14:57

Je pense aussi que c'est bien de demander de temps à autre à son enfant :

- qu'est-ce qui te ferait plaisir ?
- de quoi est-ce que tu as envie ?
- est-ce que tu voudrais ceci ou cela ?

Même si l'on est pas en état de le lui donner, qu'au moins cela puisse être exprimé.

Le fait que vos parents aient pu vous sembler impuissants vous a peut-être découragée d'exprimer vos souhaits car cela aurait ouvert une blessure qu'ils préféreraient laisser fermée.
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par fleurdesel le Dim 11 Sep 2011 - 5:04

>Jmd : oui, l'expression me semble essentielle, mais même si elle est écoutée, il me semble aussi essentielle qu'elle soit un minimum de fois suivie de satisfactions, sinon, je ne suis pas certaine que l'enfant (ou même l'adulte) continue de s'exprimer.

Je reviens d'ailleurs sur le niveau économique, car je me dis : supposons que les parents acceptent leur enfant et ses demandes mais ne peuvent suivre ses attentes en terme d'achat (matériel pour faire des expériences et des activités, inscriptions à des ateliers et à des activités, voyages, etc). La frustration de savoir qu'il existe tout un possible de choses à découvrir mais auquel il ne peut accéder faute de moyens me semble quand même pouvoir conduire au déni des besoins (de stimulation intellectuelle) et donc à de l'inhibition intellectuelle. Non?

MissMiaouw a écrit:Alors, je précise : elle se construit quand on est pas accepté (petit) et se maintient quand on ne s'accepte pas (petit et/ou grand mais plus souvent grand parce que la conscience de soi et la pensée indépendante demande une maturité affective qui s'acquiert avec un temps plus ou moins long selon les gens).
Je ne perçois pas la contradiction... Tu peux m'en dire plus, que j'essaye d'affûter?

P-e que "avant l'évènement", c'était simple. P-e aussi que l'attitude du monde a changé ou que ta façon de le percevoir a changé, en lien (ou pas) avec tes évènements traumatisants. P-e aussi que tu étais résistante et que tu as tenu 10 ans avant de lâcher.

Oui, les trois trajets sont ceux-là.



Là c'est bon, je ne perçois plus de contradiction, c'était le "elle se forme quand on ne s'accepte pas" qui me dérangeait, car je vois mal comment petit on pourrait ne pas s'accepter, c'est quelque chose qui se produit plus tard.

Pour les événements, je les cite ce sera plus simple : mon père est parti à la guerre (du Golfe) puis à son retour nous avons déménagé (et même si j'ai signalé que je n'avais pas envie de déménager, ma mère l'a vécu comme une agression de ma part ("tu n'auras qu'à revenir vivre ici plus tard").
Je penche plus sur l'idée de la résistance, et que là cela a été les gouttes d'eau...
Mais je pense aussi à autre chose : c'est le début de la puberté.
Or, j'ai compris que petite j'avais perçu que "intelligence = homme" et "femme = bête", autant par la façon dont mes parents agissaient entre eux. Alors est-ce que voyant que mon corps me "trahissait", je n'ai pas abandonné mon intelligence ? scratch

D'ailleurs, en pensant à cela, je me faisais la réflexion sur les causes d'inhibition chez les femmes : l'absence de modèle féminins.
Franchement, à l'école, de combien de femme ayant marqué l'histoire entendons-nous parlé ? à l'école primaire je peine à aller à plus de 5 : Marie et Catherine de Médicis, Jeanne d'Arc, Marie Curie. Je ne me rappelle même pas si Olympe de Gouge je la dois à mon instit du CM2 ou à ma prof du collège.
Bref, ne faudrait-il pas pour nos filles revisiter un peu l'histoire sous un angle un peu plus féminin pour les autoriser à "prendre leur place" ?
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par CatsM le Dim 11 Sep 2011 - 9:42

En fait, je pense qu'un enfant différent/négligé dans son individualité fait 3 fois le trajet de l'indépendance et de la conquête de soi.

Oulah, ça me parle, tout ça. Cela m'interpelle et va alimenter pas mal ma réflexion. Merci, MissMiaou. Smile

J'adhère aussi à ce que tu dis, Fleurdesel, lorsque tu parles de ces non dits que l'on perçoit enfant et qui peuvent avoir des conséquences importantes sur le psychisme.

Dans ma famille, ce sont les garçons qui sont le centre d'attention. Le garçon poursuit la lignée et porte le nom de la famille (sic).
La fille doit être belle et se taire. Elle a une moindre importance.

Mes parents ont essayé de beaucoup stimuler mon frère, qui ne demandait qu'à rester tranquille et s'amuser avec ses copains. Il n'a jamais aimé apprendre et n'était pas curieux. On l'a forcé à faire du piano, on lui a fait essayé de nombreux sports, on lui a fait faire des cours de dessin, etc., ce qui a fini par le braquer. Ses relations avec nos parents, en particulier notre mère, n'ont cessé de se dégrader au fil du temps.

Quant à moi, on m'a inscrite à la danse classique, et un point s'est tout. J'ai bien compris le message. Contente toi de ce qu'on te donne.
De plus, il y avait des jeux de fille et des jeux de garçon. On m'a interdit de jouer à des jeux qui m'intéressaient: le kit du petit chimiste, par exemple. A ma demande d'explication, on m'a dit: tu es trop petite, c'est un jeu pour ton frère (sous entendu, pour garçon), et puis c'est trop difficile pour toi. Ce que j'ai intégré à ce moment là (aussi en regard avec d'autres petites choses du même genre), c'est que je devais être déficiente et qu'il y avait des domaines pour filles et des domaines pour garçons (les sciences dures, notamment). Plus tard, je me suis interdit de faire un grand nombre de choses pour ces raisons, suivant le "pattern" que je percevais autour de moi. Surtout que d'autres facteurs m'ont fait me penser limitée.

Ce type d’inhibition, lié à un certain type de formatage (je déteste ce mot, mais en même temps il pointe exactement ce qu'il faut) je pense qu'un grand nombre de femmes doivent le vivre - que que soit son potentiel (maintenant peut-être que pour celles qui sont HP les souffrances occasionnées sont plus spécifiques? ) . Tout comme les hommes subissent une certaine forme de formatage sociétal: un garçon, ça ne doit pas montrer ses émotions et il ne doit s'intéresser qu'à certains domaines (imaginez la réaction de la plupart des parents si leur petit garçon joue à la poupée et demande à apprendre à coudre pour leur créer des habits).

Je partage aussi ton avis, Fleurdesel, lorsque tu dis que les filles manquent de modèle féminin de référence dans notre société. Le "sois belle et tais-toi" a hélas encore sa place.
La mère a de ce fait un rôle très important à jouer vis à vis de ses filles.

Nombres d'adultes ne se doutent pas à quel point les enfants peuvent percevoir les choses et les intégrer. Je crois que les non-dits ont un impact majeur dans la construction de l'individu.



Dernière édition par CatsM le Dim 11 Sep 2011 - 14:10, édité 4 fois (Raison : Corrections orthographiques)
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par Invité le Dim 11 Sep 2011 - 11:33

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Dernière édition par Brutus le Jeu 12 Jan 2012 - 14:21, édité 2 fois

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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par Invité le Dim 11 Sep 2011 - 12:03

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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par Bonkers le Dim 11 Sep 2011 - 22:53

Je me posais cette question récemment justement.

Je plussoie Brutus. Je me rappelle très clairement mon changement d'attitude en entrant dans l'adolescence. Je me vois me disant : "Les autres sont bien plus à l'aise que moi dans les relations humaines. A quoi me sert mon intelligence si ils arrivent à faire des rencontres sympas, à se faire apprécier et pas moi ? En fait ce sont eux qui sont intelligents. C'est quoi mon problème ?"
Suivi par des années à essayer de m'intégrer parmi les autres et de trouver ce qu'ils avaient et pas moi. Ca m'a épuisé.

Une autre possibilité pour expliquer l'inhibition intellectuelle : les longues journées passées sur les bancs d'école à attendre que ça passe. Je me rappelle de la prodigieuse énergie que je dépensais pour rester assis. Je bouillais intérieurement et si le cours était vraiment barbant je passais l'heure à me tordre dans tous les sens sur ma chaise. A force d'utiliser mon énergie pour réprimer mes envies de faire quelque chose de vraiment intéressant, ça m'est peut-être resté comme réflexe.
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par fleurdesel le Jeu 20 Oct 2011 - 0:45

hum, j'ai un peu honte. J'avais emprunté un livre sur les inégalités hommes femmes parce qu'il y avait un chapitre qui semblait fort intéressant sur l'éducation, je m'étais dit que ca pourrait m'aider à comprendre des choses et à alimenter ce sujet et... je ne l'ai toujours pas lu!
Bon, si je l'écris c'est un peu pour me pousser à lire :p

@La Montagne : ce que tu écris sur l'intégration avec les autres m'évoque des souvenirs, mais je ne suis pas sûre que mon évolution aurait été la même si je n'avais pas déménagé. En déménageant,j'ai été confronté à des collégiens qui avaient des référentiels en terme de comportements très différents de celui que je connaissais. Je me sentais complétement en décalage. Peut-être de ne pas comprendre ces nouvelles règles (basée sur de la jalousie et sur les apparences) me suis-je sentie stupide ?
Je ne me suis pas alors posé les choses aussi clairement que Bonkers, mais j'ai eu cette démarche/quête : qu'ont donc les autres que je n'ai pas ?
Oups, ca m'évoque, puisqu'on parlait d'éducation, et que là je parle de collège, que j'étais persuadée en CM2 que le collège se passait d'une certaine façon, et j'ai soutenu cela face à ma cousine qui me disait le contraire...et elle avait raison. Or dans ma famille, la règle est de ne jamais reconnaître qu'on a tort. Là j'ai bien été confrontée au fait que j'avais tout faux.

=> Du coup, autre raison potentielle d'inhibition : ne pas avoir eu le droit à l'erreur dans son enfance et ne pas avoir eu de modèles d'adultes reconnaissant leurs erreurs de façon constructive ou tout au moins pas dramatique ?
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par Boq-Boq le Lun 31 Oct 2011 - 14:57

fleurdesel a écrit:3 fois c'est :
- je me construis en fonction de ce que me renvoient les autres
- je déconstruis
- je me construis en m'écoutant, en m'observant
Oups là, ça je le prends en plein dans l'estomac.

Merci pour ce fil.

♥ Brubru la castagne ♥ a écrit:Pour moi, le fait de vouloir sortir de l'inhibition, c'est aussi cela: c'est la frustration grandissante de gâcher son potentiel, certes, mais aussi de ne pas être reconnu à sa juste valeur.
Je plussoie vigoureusement aussi.
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par des palmes et un bec le Lun 31 Oct 2011 - 17:28

En déménageant,j'ai été confronté à des collégiens qui avaient des référentiels en terme de comportements très différents de celui que je connaissais. Je me sentais complétement en décalage. Peut-être de ne pas comprendre ces nouvelles règles (basée sur de la jalousie et sur les apparences) me suis-je sentie stupide ?
il me semble que c'est la caractéristique principale du comportement des collégiens.
Ce sujet de l'inhibition m'interpelle aussi beaucoup, merci à toi Fleurdesel de l'avoir lancé.
Témoignage supplémentaire:
Spoiler:
Je garde un merveilleux souvenir de la maternelle (seule période de ma vie je crois où j'étais parfaitement intégrée!). J'ai déménagé à 5 ans et le 1er jour d'école, en grande section, je me rappelle avoir été très choquée par le niveau de langage de mes camarades. En plus ils se connaissaient tous, je me suis sentie exclue d'entrée de jeu. Je me souviens avoir passé les années qui ont suivi à apprendre leur langage: phrases mal construites, très peu de vocabulaire, mauvaise prononciation. Je ne supportais pas les fautes de français donc pour les éviter sans passer pour une "intello" j'ai choisi la simplicité extrême des phrases, voire le silence, c'est encore mieux! Wink
Au collège ça ne suffisait plus. J'ai nié tout ce que j'étais, à commencer par la sortie de l'enfance, puis ma féminité, puis mon intelligence. Mais j'avais toujours de bonnes notes. Alors je me suis construit une identité de "un peu rebelle" et "rigolote", et les notes ont "enfin" baissé: ma mémoire est devenue de moins en moins performante, mes capacités de concentration sont devenues presque inexistantes, la communication orale un calvaire. J'ai "réussi", en milieu de 3ème, à enfin être acceptée par les plus "cools" du collège, mais à quel prix...
Je n'ai pas la chance d'être maman, mais je me suis dit, comme toi Fleurdesel, que je veillerais attentivement à ce que ça n'arrive pas à mes enfants. Je crois que l'inhibition chez moi a été déclenchée par mes relations à l'école, et non par mes parents.
En revanche
=> Du coup, autre raison potentielle d'inhibition : ne pas avoir eu le droit à l'erreur dans son enfance et ne pas avoir eu de modèles d'adultes reconnaissant leurs erreurs de façon constructive ou tout au moins pas dramatique ?
mes parents entrent bien dans ce schéma.
Alors comment éviter que cela se produise?... Voici où j'en étais de cette réflexion
1- L'écoute -> pour déceler le mal-être conduisant à terme à l'inhibition
2-La réponse -> message selon lequel il est important de toujours faire de son mieux (plus important que le résultat). Cela permet de ne pas courir après une relative réussite, de ne pas culpabiliser (soit d'échouer, soit de réussir sans avoir travaillé) et enfin de ne pas inhiber ses capacités car il est indispensable de les utiliser pour faire de son mieux.
J'ai trouvé cette solution en me concentrant uniquement sur mon expérience personnelle (d'où le côté tout à fait simpliste, en sachant que je n'ai même pas d'enfant Embarassed )
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par Kronos le Lun 31 Oct 2011 - 23:08

A parler d'inhibition on peut se poser la question de la responsabilité des parents. Je viens de lire une série d'articles concernant les différentes possibilités de parcours scolaire du surdoué non détecté...Ce que j'ai lu me correspondait tellement que j'en suis devenu songeur. Car je sais que mon parcours chaotique et ma détresse intellectuelle autant que morale sont directement lié à mon environnement familial. J'ai toujours eu des rapports conflictuels avec mon père car il ne pouvait accepter que je sois plus intelligent et plus cultivé que lui. Adolescent ce n'était pas trop problématique pour lui car discréditer un ado est très facile. Aujourd'hui il ne peut désamorcer les situations que par l'humour mais le pire n'est pas la...c'est le silence. Combien de fois suis-je resté silencieux car aucun de mes arguments étaient compris ? Combien de fois ais-je subi les railleries général sans avoir l'impression de pouvoir me défendre ?
Excusez le ton un peu victimaire mais aujourd'hui encore j'ai subi cet "affront" et depuis lors je suis un peu au fond du trou.

Voilà une phrase tirée d'un article que j'ai lu qui m'a frappé en plein cœur :

On le disait aussi "bête", et tellement difficile à comprendre à côté de ses camarades ou de ses frères et sœurs, tout de même plus faciles à éduquer ; il demeure un mystère pour lui-même, un mystère pour les autres.


Ayant deux frères et une sœur la notion de "plus difficile à éduquer" m'est plus que familière...J'ai toujours eu beaucoup de rancœur contre mes parents parce qu'ils n'avaient jamais essayé de me comprendre. J'ai toujours su que ça avait contribué à me brider intellectuellement aujourd'hui que je peux le conceptualiser cela renforce mon ressentiment. Je voulais savoir comment les gens dans un cas un peu similaire, c'est-à-dire d'un cadre familial problématique, avait géré cela ?

Je m'excuse pour le ton global de mon post mais réussir à identifier l'origine d'une vingtaine années de souffrance incompréhensible ne laisse pas indifférent...
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par Lena le Mer 2 Nov 2011 - 4:46

sujet très intéressant, je suis en plein dedans : comment identifier les sources de l'inhibition puis rectifier la tir pour s'en débarrasser en tant qu'adulte.

En ce qui me concerne je pense que c'est beaucoup lié d'une part aux parents d'autre part à l'école (et au rapport entre les deux)

Mon père discréditait l'école, et donc par association (en tous cas dans ma compréhension d'enfant) mes bons résultats qui ne veulent rien dire (si l'école c'est nul et que je suis bonne à l'école alors je suis nulle quand même...).
>>> En tant que zèbre, parent ou enfant, on voit bien les failles du système scolaire, les frustrations, les injustices qu'elle génère, les profs incompétents, etc ... mais les discréditer ne sert à rien et n'aide pas du tout l'enfant. Je pense qu'il est plus important d'apprendre à l'enfant à caler la considération qu'il a de lui même sur des critères qui ne sont pas liés à l'école, sans pour autant discréditer celle ci. L'école est un système, il faut s'y conformer, mais ça ne détermine pas si on est "bon" ou "mauvais", intelligent ou pas, et il faut trouver des sources de gratification ailleurs, et notamment dans sa propre satisfaction à apprendre.

Par ailleurs la facilité de l'école (jusqu'au bac au moins) fait que ça la discrédite en elle même, c'est des exos "pour les singes", il faut recracher puis tout oublier : du coup ça a discrédité le savoir et l'apprentissage en globalité, et tout ce qui est de près ou de loin scolaire ou académique.
>>>> Je pense que si mes parents m'avaient accompagnée vers d'autres types d'apprentissage en complément de l'école, ça aurait changé ma vie et ce que je sais aujourd'hui (en gros je me considère plutôt intelligente mais très ignorante, donc au final pas si intelligente : je sais rien mais je comprends vite)

Résultat contre processus : ça tous les articles sur la fainéantise des surdoués le disent : c'est que la plupart du temps l'école et les parents valorisent le résultat au lieu du processus, de l'effort fourni. Du coup comme au début tout est facile pour le surdoué, il prend l'habitude de ne pas devoir fournir d'efforts soutenus. Et par ailleurs s'il n'a pas besoin de travailler pour obtenir de bon résultats scolaires, il ne peut tenir en haute estime ce que l'école a à lui offrir, et ne peut également s'en servir comme école de la vie (car tôt ou tard vient un moment ou pour obtenir de bons résultats il ne suffit pas d'être surdoué mais il faut aussi fournir un effort soutenu et long terme, et là c'est la grosse torture et la procrastination pour le zèbre).

Dans ma famille il y a l'idée que quand on est une fille faut choisir son camp, soit intelligente soit belle, et disons qu'intelligente c'est plus valorisé. Du coup à la puberté ça pousse à dénigrer les signes de la féminité, en gardant cette vision fausse de "il faut choisir son camp". Par ailleurs je me souviens m'être surprise à rêver sincèrement de pouvoir être "une pouffe" à l'adolescence, car tout serait si simple alors quand on pense peu, mais malheureusement il ne suffit pas de le décider : on peut s'habiller et se comporter comme "une pouffe" mais on ne peut se forcer à être volubile et superficielle.
>>> pas seulement fournir des modèles de femmes intelligentes, mais tout simplement ne pas lier ni opposer féminité et intelligence, car ça n'a rien à voir.

Quand on va trop vite on se fait détester de tout le monde, surtout à l'école.
On a la réponse avant tout le monde, alors la maîtresse nous dit de nous taire ou ne nous interroge qu'en dernier recours sans qu'on comprenne vraiment pourquoi (en plus en tant qu'enfant souvent réaction affective). On pose une question et le prof nous dit "oui c'est le sujet qu'on abordera la semaine prochaine" ou "oui j'y répondrai dans 1h", parfois ça les énerve, alors on arrête de poser des questions. Aussi on pose des questions pertinentes auxquelles les profs n'ont pas la réponse, si ils sont intelligents ça les stimule, si ils sont bêtes ça les agace car ils se sentent ridiculisés (c'est plus souvent le cas). Bref c'est comme ça qu'au final à l'école on arrête de répondre aux questions et on arrête d'en poser, mais on peut pas s'empêcher de bouillonner intérieurement et d'être frustré, donc on fait se son mieux pour être et apparaître stupide et éviter toute stimulation intellectuelle qui nous ferait démarrer sur les chapeaux de roue à cause de l'excitation difficilement contrôlable de découvrir et apprendre. Ma solution à moi c'était de décrocher totalement : lire, rêver, faire de jeux, bref être ailleurs. Par ailleurs parfois on peut être un peu brusque avec les camarades et se montrer agacé par la lenteur ou leur incompréhension ... ça n'aide pas à se faire des amis, donc au final on fait du mieux qu'on peut pour se mettre "au niveau" et donc s'inhiber intellectuellement.
>>> il faut apprendre à l'enfant à être patient, et patient aussi bien avec les autres enfants qu'avec les adultes (c'est ça le plus délicat je pense)et à garder certaines choses pour lui. Lui expliquer que c'est pas "mal", mais qu'il y a des choses qu'il doit garder pour lui, des questions auxquelles il doit répondre par lui même, des réponses qu'il doit garder pour lui même. Il faut l'accompagner dans la recherche des réponses (plutôt qu'il prenne l'habitude de laisser tomber) et lui donner l'occasion à la maison de montrer ce qu'il sait (lui faire raconter ce qu'il a appris ce jour là, ce qu'il en pense, etc ...)

En tant qu'enfant on est tout le temps confronté aux limites de la place qu'on nous donne du fait de notre statut : "c'est des discussions d'adultes", "va te coucher" lors d'un débat à l'heure du dîner, etc ... Mais en tant que surdoué, tout en étant un enfant on se sent déjà si adulte. Je pense que pour les parents ça doit être vraiment dur de trouver le juste milieu pour leur petit zèbre : reconnaître la part "adulte" en lui et l'autoriser à la cultiver tout en lui permettant de garder et laisser grandir doucement la part "enfant". Par ailleurs en étant parent d'un surdoué on ne peut pas faire les raccourcis habituels bien pratiques avec d'autres enfants : ce qu'on dit sera gravé, analysé, contrasté, etc ... donc il faut se retenir de faire ces raccourcis, et être prêt à expliquer/argumenter avec son petit zèbre plutôt que "parce que c'est comme ça" ou "tu comprendras quand tu seras grand" ou "c'est des bêtises" ou "tu m'fatigues".

Purée ça doit être effrayant d'avoir un zébrillon, je sais pas comment vous faites. Very Happy

Pour ce qui est de combattre l'inhibition en tant qu'adulte, j'ai pas la recette magique, mais comprendre d'où elle vient et "déconstruire" les fausses idées accumulées pendant l'enfance c'est un premier pas. Puis moi je me plonge dans des bouquins de neuro sciences et kinésiologie pour en quelque sorte ré-apprendre à apprendre. Et je me force à apprendre à faire des efforts et à apprécier ça.
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par fleurdesel le Mar 24 Juil 2012 - 22:46

Je reviens sur le sujet. J'ai une propension à fonctionner par vagues.

Je viens de comprendre quelque chose qui a pu pour beaucoup à contribuer à mon inhibition intellectuelle.
CP, CE1, CE2 (1er et 3è trimestre), CM1 : 1ère de la classe
CM2 : 3è de la classe au 1er trimestre. Stimulation : il faut que je travaille pour reprendre "ma" place. 2è trimestre : 2è : Youpi (pris 1 place) et déception (pas 1ère). Réaction de mes parents : néant. L'important n'est pas que je cherche à utiliser mes capacités, mais que je ne leur pose pas de problèmes, cad que je passe dans la classe supérieure et que j'ai la moyenne. 3è trimestre : 3è.
Collège : dans le premier tiers de la classe.
Alors oui Lena, complétement d'accord avec toi : le fait que mes parents s'interessent au résultat, qui plus est à un résultat qui n'était pas le même que celui que moi j'attendais m'a plombé.

Lena a écrit:la plupart du temps l'école et les parents valorisent le résultat au lieu du processus, de l'effort fourni. Du coup comme au début tout est facile pour le surdoué, il prend l'habitude de ne pas devoir fournir d'efforts soutenus. Et par ailleurs s'il n'a pas besoin de travailler pour obtenir de bon résultats scolaires, il ne peut tenir en haute estime ce que l'école a à lui offrir, et ne peut également s'en servir comme école de la vie (car tôt ou tard vient un moment ou pour obtenir de bons résultats il ne suffit pas d'être surdoué mais il faut aussi fournir un effort soutenu et long terme, et là c'est la grosse torture et la procrastination pour le zèbre)

De mon côté, j'ai toujours dû un minimum travailler. Mais un minimum, et en comptant plus sur ma capacité à reconstituer les choses par la logique que sur ma mémoire (je ne connais toujours pas ma table des 4). Par contre, c'était clairement loin de la difficulté que nous annonçait certains profs. Et du coup, ce que j'en ai tiré, c'est que je ne "mérite" pas ce que j'obtiens car je n'ai pas fourni des efforts pour et que je considère comme normal du travail de qualité (ce qui m'a vallu de croire qu'on était gentil avec moi en me proposant un poste à la fin d'un stage et à ne pas saisir la perche tendue parce que je n'y croyais pas !!! Crying or Very sad )
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par fleurdesel le Lun 10 Sep 2012 - 2:02

Suite à ma participation à un sujet et au malaise qui s'en est suivi, je me demande dans quelle mesure la sensibilité est une cause d'inhibition intellectuelle. La compréhension de certaines choses, l'empathie peuvent s'avérer très difficiles à vivre, alors vivre en deça de ce qu'on peut pour éviter cette souffrance sans voie d'issue ? Est-ce que certains ont l'impression de fonctionner ainsi ?
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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par Invité le Lun 10 Sep 2012 - 2:07

Cet article retrace point par point l'enfer que j'ai pu vivre durant ma scolarité :


http://pedagogie.ac-toulouse.fr/garsep/gauvrit.htm


Il t'apportera des éléments de réponse, fleur de sel.

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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par fleurdesel le Lun 10 Sep 2012 - 2:41

Merci, intéressant globalement Smile. Dommage la coquille Miller / Nuler.
Avec le milieu (paragraphe SE DÉFENDRE OU S'INTERDIRE ? Smile j'ai du mal par contre : trop de références à la psychanalyse pour moi (j'ai tendance à y aller avec des pincettes avec cette approche car j'ai souvent l'impression d'"avaler des couleuvres" par exemple l'érotisation de l'intelligence ou le refus du cadeau fécal, humhum)


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Re: Comment se constitue l'inhibition intellectuelle ?

Message par Invité le Lun 10 Sep 2012 - 2:47

Je dois dire que mes matières fécales sont omniprésentes dans mon travail.

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