S'agitent les électrons...

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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Dim 30 Sep 2018 - 20:25

L'article suivant est extrait des Cahiers de Psychologie politique

Colère et temps, Peter Sloterdijk

Cet essai politico-psychologique est écrit par Peter Sloterdijk qui peut être considéré comme l'une des grandes figures de la philosophie contemporaine allemande.

Parmi de nombreuses traductions en français nous avons accès à « Règles pour le parc humain » (Mille et Une Nuits, 1999), « Essai d'intoxication volontaire » (Calmann-Lévy, 1999), et surtout sa trilogie : « Sphères I - Bulles » (Pauvert, 2002), « Sphères III - Écumes » (Maren Sell Éditeurs, 2005).

Après avoir analysé, dans « Sphères », les phases de constitution de l'espace humain, et avoir décrit, dans « Le Palais de cristal », les différentes étapes de la construction de cette sphère de confort et de " gâterie " que s'est offerte l'Occident, Peter Sloterdijk se penche, dans « Colère et Temps », allusion polémique à « Etre et Temps » de Heidegger, sur ce qui constitue selon lui le moteur principal de la civilisation occidentale : la colère.

Elle s'enracine dans une longue tradition philosophique et constitue en fait une partie intégrante de la personnalité humaine. Platon a été le premier à la décrire dans « La République », lorsqu'il note que l'être humain est constitué de trois composantes : une partie désirante, une partie raisonnante et une partie qu'il appelait thymos, ou esprit de vie. C'est cette dernière qui pousse l'homme à chercher la reconnaissance de sa propre dignité ou celle des objets (biens, principes, communauté.. ) qu'il investit de dignité.

D'Homère à Lénine, de la Bible au Petit Livre rouge, de Caïn à Freud, Sloterdijk démonte les mécanismes de ce sentiment pulsionnel et pourtant manipulable. Il montre comment la colère, d'abord instinctive, se transforme peu à peu en une " banque mondiale de la vengeance", où l'on utilise les sentiments de révolte des opprimés comme une monnaie qui permet d'arriver au pouvoir " un système qui a forgé un millénaire durant l'histoire de l'Occident ".

Il analyse les formes bibliques, anarchistes, léninistes, fascistes et maoïstes de la colère et de son expression, la vengeance. Il s'interroge sur le rôle actuel de l'islam politique dans cette histoire. Et Sloterdijk annonce avec bonheur la faillite de ces organisations revanchardes, pour l'avènement d'un monde « au-delà du ressentiment »

On devine en Sloterdijk un grand lecteur, familier de Hegel, de Nietzsche ou de Heidegger, du symbolisme allemand, de la phénoménologie, de Foucault ou de Lacan également, et de tant d’autres… Mais les chemins qu’il trace lui sont spécifiques. Dans sa trilogie : « Sphère », il renouvele l’anthropologie philosophique en fondant une analyse de l’homme sur la dialectique de l’intime et de l’extérieur (y compris les extérieurs sociaux : couple, famille, nation…). Cela lui permet d’aborder la philosophie politique avec un appareil théorique que nous pourrions qualifier de « psychopolitique ». C'est en effet, et c'est là ce qui pour nous fait son originalité, une philosophie politique qui s’intéresse aux affects, aux liens et aux passions autant – sinon plus – qu’aux institutions et aux idéologies.

La condition humaine entre thymos et eros : Les affects « thymotiques »

« Colère et Temps » analyse les conséquences d’un fait simple, mais qui est peut être un perdu de vue actuellement : l’homme n’est pas seulement animé par les affects "érotiques" (jouissance, possession), mais tout autant par les affects "thymotiques" (fierté, colère, vengeance), et dans ces deux familles d’affects cohabitent le positif et le négatif.
Pour Sloterdijk, les affects « érotiques » (au sens platonicien qui établit une convergence entre eros et avidité) vont bien au-delà de la sexualité. Ce sont des affects fondés sur le manque et sur l’idée qu’une possession ou une action pourraient le combler. En ce sens on peut dire avec G. Bataille que l’économie a une dynamique érotique (ce que je désire, je peux en offrir un équivalent - argent, travail ou autre bien - et en avoir la jouissance). Il est évident que notre siècle de psychanalyse, de triomphe du spectacle et de théories de l’acteur rationnel, privilégie la perception de ces affects érotiques.
Mais les affects "thymotiques" (du grec thymos , courage, colère sentiment de fierté, vengeance ), qui sont tellement occultés aujourd’hui, sont largement aussi importants dans la psychologie humaine contemporaine. Occultés de la pensée académique, des théories du pouvoir, des discours sur le monde, mais présents, à un point jusqu’alors jamais atteint, dans la littérature populaire et dans le cinéma d'action. Ils sont un moteur important des activités et des engagements politiques. D'ailleurs, quand on veut bien le regarde,r on découvre que ce sont les fiertés, et les révoltes qui expliquent la plupart de ces engagements ainsi que bien des conflits.

Le premier chapitre de Colère et Temps rappelle à quel point la colère de l’Antiquité gréco-romaine est un affect incompréhensible aujourd’hui. Cette colère, l’Iliade nous la décrit en ouverture "Cette divine colère d’Achille, le fils de Pelée, chante la nous, Déesse " Elle est relatée comme un véritable souffle prophétique, c’est l’âme même du héros, soit la seule force qui fait que le monde n’était pas une simple nature. Le héros, et son rhapsode, s’opposent au néant, pour que "sous le soleil se produise davantage que l’indifférent et l'éternellement identique". Ils le faisaient "pour que le monde croisse par du neuf et du glorieux."

Les affects thymotiques : leur gestion religieuse

Cette colère a posé problème à l'homme et tous les efforts de culture, de morale et de civilisation vont s’employer à la domestiquer. Avec succès peut-il nous sembler dans un premier temps. "Honneur, ambition, fierté, haut sentiment de soi-même – tout cela a été dissimulé derrière un mur épais de prescriptions morales et de "connaissances" psychologiques qui revenaient toutes à mettre au ban ce que l’on appelle "l’égoïsme" C’est ce que Nietzsche avait déjà perçu.

La domestication progressive de la colère, a d'abord été essentiellement métaphysique, depuis les fondements bibliques jusqu’à l’économie du salut de la doctrine chrétienne. Sloterdijk rappelle la violence par exemple des psaumes :

   "Ô Dieu, brise en leurs bouches leurs dents
   (…) Qu’ils s’écoulent comme les eaux qui s’en vont
   Comme l’herbe qu’on piétine, qu’ils se fanent !
   Comme la limace qui s’en va fondre
   Ou l’avorton de la femme qui ne voit pas le soleil" (Psaume 58).


On est loin de la morale de l'humilité que le christianisme essaye de diffuser de nos jours !

Dans cette entreprise, le judéo-christianisme s’employa d’abord à transformer la colère en un attribut divin, qui fut lui-même progressivement "civilisé". Il construisit des manières de "parler" cette colère, d’en faire une histoire collective, ensuite il introduisit la dynamique apocalyptique. Pour P. Sloterdijk : « le deuxième siècle avant J. C. doit effectivement être considéré comme une ère clé, parce que depuis cette date l'esprit d'insatisfaction radicale est placé devant un choix …... Les colériques disposent de l'alternative historique entre l'option des Macchabées et celle de l'Apocalypse, en un mot entre l'insurrection anti-impériale séculaire et l'espoir religieux ou para-religieux dans la chute globale des systèmes ». (P. 130)

Le christianisme introduit deux innovations majeures dans l’histoire naturelle de la colère : un renvoi de la vengeance vers l’au-delà et un arbitre divin et omniscient intervenant au jour du jugement dernier pour rétablir les équilibres. Ensuite l'auteur nous entraine dans une passionnante réflexion sur la mise en place par l'Eglise de ce processus, mais cela déborderait le cadre de cet article. Il conclut par une réflexion sur Luther et sa critique du trafic des indulgences en montrant comment « le commerce de l'angoisse eschatologique » va stimuler le commerce dans le début de la modernité et favoriser l’émergence du capitalisme.

Les banques de colère

Ce premier effort d’accumulation et de mise en avant de la colère conduit Sloterdijk à introduire un concept qui va se révéler essentiel dans sa description : celui de « banque universelle de la colère ».
Pour l'auteur "la fonction bancaire couvre un secteur de phénomènes beaucoup plus large que celui des transactions monétaires. Des processus analogues à ceux de la banque interviennent partout où des entités culturelles et psychopolitiques – comme les découvertes scientifiques, les actes de foi, les œuvres d’art, les contestations politiques et autres – s’amassent pour passer, à partir d’un certain degré d’accumulation, de la forme du trésor à la forme du capital".

Si on considère le "trésor" comme l’accumulation statique d’une valeur, quelle qu’elle soit, reposant sur l’attente du coup dur rendant son utilisation nécessaire, le "capital", au contraire, est un trésor investi qui "travaille", qui prend des risques pour produire des dividendes. Corollaire de cet emploi dynamique, le capital est difficile à mesurer et nécessite des méthodes d’établissement de bilan et des outils sophistiqués de mesure comptable. Il est donc fiduciaire c'est à dire reposant sur la confiance.
Pour P. Sloterdijk de même qu'il existe des banques qui transforment en capital le trésor des particuliers, il existe des "banques de colère" qui sont nées à tâtons à partir du mouvement de sécularisation et de laïcisation des Lumières.

La gauche et le rêve d’une banque mondiale de la colère

A partir de ce raisonnement on peut penser une nouvelle définition psychopolitique des « partis de gauche" : de fait, ils doivent être perçus comme des banques de la colère qui, si elles connaissent leur affaire, font avec les placements de leurs clients des profits relevant de la politique du pouvoir et de la thymotique."

Partant de ce postulat P. Sloterdijk parcours la longue, terrible et sanglante saga des Révolutions, des mouvements anarchistes et socialistes, ainsi que des expériences communistes, dans des pages précises, dures, sans compromis ni illusions. Il serait impossible de résumer ici cette longue relecture historique, contentons-nous d’en relever quelques aspects :

   La stratégie partagée de mouvements qui doivent activer, puis capter, les pulsions thymotiques et jouent pour ceci sur des ressorts archaïques (amour de la patrie, peur, rejet de l’autre) ainsi que sur une grande discipline.

   Il montre les contraintes liées à la concentration de la colère : il faut des militants disciplinés, capables de différer leur vengeance, pour que la révolution ou la prise du pouvoir aient une chance d’advenir. Il y a donc tout un travail d’éducation, de disciplinarisation importante de ces militants qui, in fine, place ces mouvements en réel danger de dérapage dictatorial.

   Il rappelle la contradiction intrinsèque de mouvements qui, prétendant gommer toutes les injustices, oublient qu’il est impossible, dans "le parterre d’un théâtre de placer tout le monde au premier rang"

   Il souligne les similitudes terribles, dans la gestion des affects thymotiques, entre le communisme d’un Lénine ou d’un Staline et le fascisme ou même le nazisme. Sans confondre, bien sûr, les deux idéologies, Sloterdijk pointe, de manière extrêmement convaincante, les convergences de méthodes et de dynamiques psychopolitiques, tout en mettant à jour des mécanismes ayant réellement servi de point de contact dans l’élaboration de ces deux systèmes terribles du XXe siècle.

   Il fait un portrait sans fard et sans concession des systèmes communistes, considérés comme des banques centrales de la colère, prétendant devenir des banques mondiales, procédant par "extorsion de fonds" (captation de la colère des peuples, ou d’une apparence légitimité à en être le dépositaire, par un habile mélange de terreur et de rabaissement permanent des individus ; entretien de la guerre extérieure ou civile, les thymos nationalistes étant plus faciles à mobiliser).

   Au passage, Sloterdijk rappelle avec fermeté quelques vérités historiques : l’incroyable "classicide" des Koulaks, qui fit plus de 9 millions de morts autour de 1930, les 30 millions de mort du "Grand bond en avant", l’indécence de ceux parmi nos philosophes français qui ont dansé sur ces monceaux de cadavres, qu’ils se le soient autopardonnés, comme André Glucksman, ou qu’ils persistent, comme Alain Badiou. Il rappelle que le "classisme " a fait encore plus de victimes que le racisme au cours du siècle passé et que les complaisances à son égard sont absolument inacceptables - mais compréhensibles, en revanche, à travers cette lecture "thymodynamique". »

Notre époque

L'étude des utilisations psychopolitiques des affects thymotiques lui permet d’aborder avec brio plusieurs aspects de notre époque.
Actuellement pour Sloterdijk, la colère a renoncé à l’intelligence. Plus de constructions théoriques, plus de banques centrales : la colère s’égaye et s’éparpille. « La radicalité ne joue plus de rôle dans l’hémisphère occidental qu’en tant qu’attitude esthétique, peut-être encore comme habitus philosophique, mais plus comme style politique. Faisant preuve d’une grande cohérence, le centre, le plus informe des monstres, a compris la loi du moment et s’est proclamé acteur principal, voire unique artiste de la scène post-historique. Ce qu’il touche lui ressemble aussitôt : bienveillant, sans caractère, despotique. Les agents de l’impatience historique d’antan sont au chômage, l’esprit du temps ne leur propose plus de rôles. A présent, on réclame des gens ennuyeux auxquels on peut faire porter le fardeau. »

La question est de poursuivre l’examen du traitement politique des affects thymotiques en laissant au politique le soin de relever un nouveau défi : "si l’une des leçons du XXe siècle a été que l’universalisme depuis le haut est voué à l’échec, le stigmate du XXIe siècle pourrait être de ne pas réussir à former à temps, depuis le bas, le sens des situations communes".

Dans les éruptions de violence des banlieues l’auteur ne perçoit que des mouvements tellement brisés qu’ils sont en deçà même du nihilisme, et n'ont aucun potentiel de "capital thymotique" dans la mesure où « toute espèce de coopération ciblée avec leurs pareils représenterait le pas vers la transcendance, la non-lassitude, la non-défaite et ne pas faire ce pas est leur vengeance la plus intime contre la situation."

Les partis de gauche dans un monde érotique

La lecture psychopolitique de Sloterdijk nous paraît éclaire d’un jour nouveau les partis de gauche, notamment Français et Italiens en dépassant les analyses sommaires sur les responsabilités des uns ou des autres. "Ce qui est en jeu dans la modernité économique, c’est tout simplement le remplacement du pilotage thymotique des affects (qui n’a que l’apparence de l’archaïsme), en même temps que ses aspects incompatibles avec le marché (qui n’ont que l’apparence de l’irrationnel), par la psychopolitique, plus conforme à l’époque, de l’imitation du désir et de la culpabilité calculatrice. Cette métamorphose ne peut être obtenue sans une profonde dépolitisation des populations – et, liée à celle-ci : sans la perte progressive du langage au profit de l’image et du chiffre. Les partis de la gauche classique, notamment, dans la mesure où ils sont en soi des banques de colère et de dissidence, ne peuvent, dans ce nouveau climat, se faire remarquer que comme des reliques dysfonctionnelles. Ils sont condamnés à lutter, avec des discours laids, contre les images de belles personnes et des tableaux de chiffres durs ce qui est une entreprise vouée à l’échec. En revanche, les social démocraties du type New Labour, évoluent comme des poissons dans l’eau dans l’élément de l’érotisme capitaliste – elles ont abdiqué leur rôle de partis de la fierté et de la colère, et ont pris le virage menant vers la primauté des appétits.".

Cette situation est d’autant plus complexe que, pour l’auteur, les victoires de la sociale démocratie ont été acquises grâce à l’effet de repoussoir des dictatures communistes de l’Est (au grand dam de ces dernières qui avaient plus de haine envers les réformistes qu’envers le capital lui-même), et que, depuis 1979 (Thatcher, Afghanistan, Iran…), le capital a entrepris un vaste audit sur le coût de la paix sociale et a conclu à la possibilité de la maintenir à moindre prix.

Et maintenant

La conclusion de P. Sloterdijk nous laisse un peu sur notre faim même s'il propose quelques pistes de travail pour une politique de notre temps.
« Nous sommes persuadés que la colère (avec ses frères et sœurs thymotiques, la fierté, le besoin de se faire valoir et le ressentiment) représente une force fondamentale dans l’éco-système des affects, que ce soit d'un point de vue interpersonnel, politique ou culturel ».

Certes la colère ne sera plus universelle comme dans le communisme, sa collecte sera régionale.

Pour Sloterdijk ce qui est dépassé : c'est la culture judéo chrétienne du ressentiment. Mais elle a permis grâce à son effondrement l'émergence de « ce phénomène, hautement improbable qu'est « la critique » pour autant que l'on entend par là, l'esprit enflammé par un ressentiment devenu génial, de l'insoumission aux faits purs, et plus précisément aux faits de l'injustice » (P. 316)

Et il ajoute plus loin : « le souci de Nietzsche visait le remplacement de cette figure toxique qu'est « l'humilité vengeresse » par une intelligence à laquelle on ne peut parvenir sans une culture ouverte de l'ambition. Celle-ci devrait être post-monothéiste en ce qu'elle brise radicalement les fictions de la métaphysique de la vengeance et de ses reflets politiques. »

Ce texte foisonnant très riche en réflexions et en connaissance précises des recherches politiques, philosophiques et sociologiques contemporaines est écrit dans une langue fluide, excellemment traduite par Olivier Mannoni. La qualité pamphlétaire de l'auteur rend parfois la lecture jubilatoire, ce qui est assez rare dans ce genre d'essai.

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Re: S'agitent les électrons...

Message par Fleur de Lotus le Lun 1 Oct 2018 - 12:32

J'aime les livres, moi aussi. Même si je l'oublie parfois.

J'aime donc énormément ce que vous en écrivez et voulais vous en remercier.

J'ai souvenir d'un livre qui en parlait, mais uniquement du point de vue de la fiction romanesque, de mémoire. Il s'agit du "Don des morts" de Danielle Sallenave, peut-être cela vous intéressera-t-il.

Merci en tout cas, et bonnes lectures.
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Lun 1 Oct 2018 - 18:40

Bonsoir Fleur de Lotus

Merci pour vos mots.

Je ne sais que dire en réponse à vos propos. J'ai toujours l'impression de coucher malhabilement ce qui m'habite, de n'effectuer qu'un pénible survol des idées qui me hantent. Alors peut-être comprendrez-vous que, si tant est que je prête quelque importance à ce que j'ai posé, c'est bien plus en la vue du partage de ressentis qu'en la "qualité" intrinsèque de l'écrit...

Je ne connais pas l'écrivain que vous citez. J'ai donc cherché et suis tombé sur ça :

http://www1.udel.edu/fllt/faculty/thibault/c_wind~1.pdf

Thèse sans doute. Mais qui donne fortement envie de lire cet auteur.

Merci pour le filon et au plaisir.
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Lun 1 Oct 2018 - 21:37

Parfois, les photos "parlent" plus que les mots...



Glacier MENDENHALL, Alaska, 2007



Le même, en 2015 (il a reculé de 550 mètres)







Glacier SOLHEIMAJOKULL, Islande, 2007



Le même, en 2015 (il a reculé de 625 mètres)







Glacier STEIN, Suisse, 2006



Le même, en 2015 (il a reculé de 550 mètres)







Glacier TRIFT, Suisse, 2006



Le même, en 2015 (il à reculé de 1700 mètres)







Glacier QORI KALIS, Pérou, 1978



Le même, en 2016 (il a reculé de 1140 mètres)







Glacier COLUMBIA, sud-ouest de l'Alaska, 2009



Le même, en 2015 (il a reculé de 6500 mètres)

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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Lun 1 Oct 2018 - 22:15

Continuons la série par des documents, articles et photos.

La moitié des forêts tropicales mondiales ont été détruites d'après la FAO !

Les forêts ne couvrent plus que 30% de la surface terrestre (émergée s'entend)

La Terre voit disparaître plus de 7 million d'hectares de forêt par an

En 2016 la perte de surface forestière à battu un record : Plus de 29,7 millions d'hectares ont disparu !
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Re: S'agitent les électrons...

Message par Antinéa le Mar 2 Oct 2018 - 22:54

Un petit bonsoir en retour ! Tchao Very Happy
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Jeu 4 Oct 2018 - 0:07

Salut Antinéa et merci. En espérant que ton repos est réparateur et que tu vas mieux Smile
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Jeu 4 Oct 2018 - 4:13

Les choses qui "fâchent" (suite).

Les Nations Unies ont commandité un rapport, à paraître en 2019, sur la poursuite du capitalisme tel qu'il est pratiqué à l'heure actuelle. Le rapport précise que ce mode de fonctionnement va s'achever et qu'il faut se préparer à une transition.

Vous pourrez prendre connaissance du draft de ce rapport ici : https://bios.fi/bios-governance_of_economic_transition.pdf

D'autre part, une étude sur la consommation électrique des télécommunications (réseaux, datacenters, IoT, etc), parue en novembre 2017, lance un cris d'alarme : La consommation pourrait atteindre 20% de l'électricité produite en 2025 ! Vous pourrez voir l'étude ici : https://www.researchgate.net/publication/320225452_Total_Consumer_Power_Consumption_Forecast

Brillant avenir que nous nous préparons si nous ne décidons pas, chacun, à revoir à la baisse nos prétentions...

PS : Certainement un livre à lire : https://www.leretourauxsources.com/essais/19-leffondrement-des-societes-complexes.html
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Jeu 4 Oct 2018 - 13:14

Bah, je sais...

Le fil ou j'écris ne parait sans doute pas être un fil de présentation dans la mouvance ...
Sans doute peu de vidéos, d'images, de "déconne". Rien de bien révélateur sur mon propre passé, mes cicatrices, mes doutes et mes errances...
Bien plus de faits, "d'alertes", ... en quelque sorte des choses ne m'appartenant pas en propre, ne s'extirpant pas de ma plume...

Et pourtant j'ose croire que ceci dévoile une part de moi (tout en étant le cadet de mes soucis, car ce que je suis n'a pas plus d'importance que ce qu'est un autre dans son altérité).

Cela dévoile, de manière indirecte, vers quoi je tends, ce que je recherche; plus obscurément sans doute les liens que j'établis entre les choses...
Cela dévoile encore que je cherche à regarder en face ce qui se profile sans que l'angoisse ne me saisisse  la gorge, comme elle le faisait auparavant. Il me semble avoir fait du chemin, ce chemin qui m'a appris que la peur consomme une énergie folle, énergie qui pourrait être bien mieux placée à pratiquer à la mise en place d'un chemin alternatif.

Mon métier m'a montré (mais je devais sans doute en avoir les ferments pour le concevoir) qu'une analyse fouillée et documentée est le préalable nécessaire à une action qui se veut tendre vers un résultat concret. Et que, par là-même, ne pas regarder ce qui dérange (pour tout au moins en saisir l'envergure des effets), ne pratique qu'à un constat tronqué, donc met en risque les conclusions et le parcours en découlant...

Si j'en reviens au "monde" et a ses ressorts, je me dis que culture, musique, histoire, poésie, pensée, écrits, et tout ce que l'homme génère de différence et d'enrichissement (ce dernier terme n'étant en aucun cas économique), n'a de possibilité de croître que si l’écosystème est là pour le lui permettre.

Je ne fais donc pas fi de ces derniers, mais pense que le focus doit se centrer sur cette problématique, afin de trouver les moyens de continuer à les porter, à leur permettre de germer et d'éclore.

Ainsi ce fil pourrait paraître ressembler à un blog, a une suite de posts décousus issus d'un chemin chaotique, au parcours en zigzag d'un renifleur erratique. Sans doute y a-t-il de ça...

Ceci est donc ma manière d'être au monde. J'essaye d'apporter une vue, et me nourris aussi de celle de mes semblables quand je crois sentir que l'ouverture ne tend pas à la confrontation mais au partage donnant lieu à une commune réflexion...

Aparté : Une alerte de plus sur les mouvements de fond de notre civilisation et sur les risques systémiques qui y sont liés : https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-10-03/the-tyranny-of-the-u-s-dollar


Dernière édition par ludion le Jeu 4 Oct 2018 - 14:28, édité 2 fois (Raison : fautes)
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Re: S'agitent les électrons...

Message par Invité le Jeu 4 Oct 2018 - 13:48

merci ludion pour Peter Sloterdijk

voir les institutions religieuses et la politique comme essayant de contenir une violence naturellement codée est un regard intéressant et presque provocateur

jusqu'à endormir la violence dans un cocon matérialiste ou sexuel

la société actuelle a sa propre religion en somme et sa propre politique de containment

mais le modèle de containement déconne

"Actuellement pour Sloterdijk, la colère a renoncé à l’intelligence. Plus de constructions théoriques, plus de banques centrales : la colère s’égaye et s’éparpille."

c'est donc que le container matérialiste n'apaise plus la violence thymotique

c'est marrant ce terme parce que le thymus est en fait non pas une base de violence mais un stock des attaques et des réponses du corps humain

je me dis depuis des années que si on pouvait transferer l'info stockée dans le thymus de patient à patient on soignerait en masse

les vaccinations et attaques de la grippe sont stockées d'année en année dans le thymus ? ou me trompais je ?

en transférant la réponse, un individu non vacciné pourrait quand même répondre

pour la mémoire de la violence collective ou individuelle, pourquoi pas

il est clair que la mémoire ets un facteur clef dans la violence collective, sans mémoire on ne se bat plus pour les causes anciennes, on oublie les rancoeurs et les choses impardonnables qu'elles soient absolues ou relatives

devoir de mémoire diront les autres mais alors assumer le risque de guerre éternelle ou de vendetta sur x génération

si la violence actuelle tend à s'exprimer sans le moindre frein, il faut aussi probablement parler de la programmation incessante des merdias et des jeux videos, films.. tout autant que l'usage croissant de drogues de plus en plus dures et ou de médicaments, anti dépresseurs, et autres merdes de l'univers psy

ces medicaments ou drogues peuvent avoir un effet ponctuel , rarement sur la durée et hélas souvent avec une courbe en rebond négative

on le dit pas aux gens, sans oublier le risque d'accoutumance ou d'assuétude

puis certains sont accros à la violence, il faut bien le dire aussi

est ce maladif ou la partie animale que chacun possède , cerveau reptilien toussa

merde je fus un reptile ? la vache.. meuh

https://sante-medecine.journaldesfemmes.fr/faq/12362-cerveau-reptilien-definition

'Le cerveau reptilien est considéré comme l'un des trois niveaux d'évolution du cerveau humain. Il correspondrait ainsi au cerveau ancestral, celui régissant la régulation des fonctions vitales (respiration, rythme cardiaque, tension artérielle?), les besoins naturels (boire, manger, se reproduire) et les comportements primitifs (peur, haine, instinct de survie?).

De nombreux animaux vertébrés (poissons, oiseaux, amphibiens, reptiles) sont également régis par ce cerveau reptilien. Chez l'humain, il correspond d'un point de vue anatomique au tronc cérébral et au cervelet. '

j'extrait

"et les comportements primitifs (peur, haine, instinct de survie?)."

étrange.. l'agressivité est une survie en soi

doit on en déduire que la société est devenue invivable pour que l'on aille puiser dans ces réflexes ?

cela n'excuse pas

à chacun de passer au dessus de ses instincts

test du ghom jabbar

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gom_Jabbar

"Le Gom Jabbar est un dispositif fictif décrit dans le cycle de Dune, de Frank Herbert. Le Gom Jabbar est une aiguille empoisonnée employée par les sœurs du Bene Gesserit. Ce nom signifie littéralement « le Haut ennemi ».

Le Gom Jabbar tue les non-humains, c’est-à-dire les hommes qui n’ont pas maîtrisé leurs réflexes animaux. Le Gom Jabbar est utilisé conjointement avec une boîte qui produit une douleur intense par induction nerveuse. Seul un humain est capable de résister à cette douleur. Celui ou celle qui échoue au test meurt instantanément car il se pique sur l’aiguille empoisonnée. "


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Re: S'agitent les électrons...

Message par Invité le Jeu 4 Oct 2018 - 13:51

d'ou le motto du jour

ne fais pas ton reptilien !


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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Jeu 4 Oct 2018 - 14:10

ZeZebulon a écrit:'Le cerveau reptilien est considéré comme l'un des trois niveaux d'évolution du cerveau humain. Il correspondrait ainsi au cerveau ancestral, celui régissant la régulation des fonctions vitales (respiration, rythme cardiaque, tension artérielle?), les besoins naturels (boire, manger, se reproduire) et les comportements primitifs (peur, haine, instinct de survie?).

De nombreux animaux vertébrés (poissons, oiseaux, amphibiens, reptiles) sont également régis par ce cerveau reptilien. Chez l'humain, il correspond d'un point de vue anatomique au tronc cérébral et au cervelet. '

Oui, j'ai lu ça et il semble que beaucoup de neuro-scientifiques observent la même chose. Il y a à ce sujet un livre que je trouve très intéressant : "L'intelligence du stress" de Jacques Fradin, qui donne une grille de lecture intéressante (à mon sens) de l'interpénétration des différents composantes de notre cerveau - composé selon lui du reptilien, du limbique et du néo-cortex. Il fournit ainsi quelques outils qui permettraient - en quelque sorte - de pratiquer nous-mêmes à une forme de "déprogrammation", suivi d'une "reprogrammation" tentant de "rééquilibrer" notre vue du "réel".

Le stress ici, est perçu par le reptilien. Fradin hiérarchise les trois composantes par ordre de rapidité dans la réponse apportée en notre sein :

1/ le reptilien
2/ le limbique
3/ le néo-cortex

Il explique que le stress de l'homme moderne n'est plus trop lié à des agressions extérieures (quoiqu'en nos temps cela revienne en force), mais très souvent à l'opposition entre limbique (stockage d'expériences, souvenirs, apprentissage) et néo-cortex (analyse, constatation). Si le néo-cortex et le limbique se trouvent en opposition, le reptilien s'active et produit une réponse thymotique comme si une événement "agressif" avait lieu à l'extérieur. D'où l'apparition d'une expression de colère, l'envie d'une fuite, d'un besoin de repli, etc...


Dernière édition par ludion le Mar 9 Oct 2018 - 20:27, édité 1 fois
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Sam 6 Oct 2018 - 8:54

Chroniques de l'ordinaire

Je suis dans la rue et regarde une Citroen C3 avec un seul phare allumé. Et je me souviens qu'il faut démonter une partie de la calandre et le pare-choc avant pour accéder au phare et changer l'ampoule... et qu'un  PV nous pend au nez si nous roulons dans ces conditions...

Le possesseur de cette voiture a l'air agé, avec peu de moyens semble t'il. Il est six heures et il va au travail, un samedi, rejoignant la nationale. Il n'a certainement pas les moyens de s'acheter les outils nécessaires, ni le temps à passer pour démonter et remonter. Et il risque d'être "puni" pour ça. Payer ou payer. Parce que quelqu'un, quelque part, à décidé de rendre complexe le changement pour entretenir la rivière à euro, qui coule dans un seul sens... Et parce qu'un autre, dans un autre bureau, a décidé que, quoi qu'il en soit, un phare doit fonctionner, indépendamment des aléas.

----

Je suis près de la gare. Il est encore 6h du matin d'un autre jour. Les bus se vident et une cohorte interminable en sort. Les gens courent, chacun voulant se mettre au bord du quai, à vouloir prendre - le premier - d'assaut le train qui rentre en gare, afin d'être assis et de récupérer un peu de sommeil en retard...

Les visages sont fermés. Certains cherchent à s'évader en écoutant la musique. D'autres écrivent fébrilement sur leur PC portable, comme si leur vie en dépendait, ou encore qu'elle ne se reflétait que par leur assiduité à se livrer à une tâche qui est devenue leur vie, ce qui revient, en somme, au même...
D'autres encore, je le lis dans leur regard, semblent écrasés... par le temps qui passe et les choses à faire qui n'y rentreront pas, en tout cas tels que planifié (ah, la planification... une réminicence du GosPlan ???)

Je regarde à l'extérieur les maisons qui défilent... Les zones industrielles dont les parkings se remplissent... la suite ininterrompue de fourmis industrieuses qui ont quitté un "nid" vertical pour rejoindre, la tête baissée, un autre "nid", cette fois horizontal.

Je regarde le plan des transports dans la région. Il ressemble au schéma d'un corps avec ses vaisseaux sanguins, où ces derniers transportent le sang vers le cœur, ou les globules rouges vont ensuite être propulsés vers les poumons pour se recharger en oxygène et expulser le gaz carbonique. Mais là, les hommes et femmes entassés auprès de moi sont les globules, et l'oxygène le pognon...

S’enchaînent les idées... et me saute aux yeux, entre autre, le manque de résilience. Chaque être humain possède son propre réseau sanguin. la vie peut donc être résiliente en ce sens qu'un humain peut, peu ou prou, avec plus ou moins de temps et d'efficacité, en remplacer un autre. Mais ce n'est point le cas dans ce réseau sanguin artificiel...

(à suivre)
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Sam 6 Oct 2018 - 9:15

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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Sam 6 Oct 2018 - 20:28

Mes pérégrinations sur la toile me font parfois tomber sur ce que je qualifie (vu le peut de résonance qui leur est accordée par les médias "mainstream") de signal faible. Faible est-il de par l'écho qu'il suscite. Fort est-il pour autant par les assertions qu'il démontre !

Notre environnement extérieur se corrompt. Notre environnement intérieur aussi (sans même évoquer ce que l'intellect subit sous l'assaut incessant d’âneries et de bâtardises) :

Le microbiote humain un nombre immense de bactéries, de micro-champignons, d’archées et de virus remplissant des fonctions extrêmement importantes. Leur présence en quantité suffisante a un effet positif sur la santé de l’homme, tandis que leur déficit lui fait courir des risques.
Les chercheurs confirment que l'industrie alimentaire dégrade fortement le microbiote parce que les produits qu'ils nous délivrent sont raffinés et qu'ils contiennent des antibiotiques. Ils mettent aussi en avant que la baisse de l'allaitement par les mères produit une influence négative sur ce dernier.

Cette diminution/altération du microbiote aurait pour conséquence l'augmentation des maladies immunitaires et métaboliques, en sus que d'avoir un effet négatif sur les fonctions cognitives.

Voilà le lien de vers l'article (en anglais) : http://science.sciencemag.org/content/362/6410/33.full
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Re: S'agitent les électrons...

Message par saxophoneroad le Dim 7 Oct 2018 - 11:55

Réf.: Carlos Tinoco, "Intelligents, trop intelligents.

Je cite cette référence en premier lieu, car elle est la source de ma réflexion.

En réaction à ce que vous écrivez sur votre fil, je me pose une question: est-ce que finalement, son but intrinsèque au milieu de toute cette dénonciation sur les absurdes de notre société n'est pas d'y trouver une raison d'être?
Je ne veux pas faire un résumé synthétique de ce que vous écrivez, loin de moi cette idée, car je sais bien que premièrement je n'en suis pas capable, et deuxièmement, que vous traiter de tant de choses que ce serait réduire à bien peu de choses l'amplitude de vos réflexions. Cela étant, Carlos Tinoco soulève une question que je crois être primordiale. Est-il possible pour nous surefficient de trouver un sens à notre existence au sein d'un monde dont on ne fait qu'en voir toute son absurdité. Est-ce que les bases qui nous sont transmise sur l'essence même de la vie ne s'avère pas être un absurde complet, et que finalement vouloir sans cesse à grand coup de psychothérapie et autre analyse en tout genre nous intégrer à un système de pensée normalisé n'est pas simplement une négation de ce à quoi notre désir aspire depuis notre naissance?
Nous sommes tributaire d'un système de pensée ou tout ce résume à l'idée de ce faire une place au soleil par un accès dirigé par une hiérarchisation établie sur la valeur des acquis et qui s'exprime par une richesse supérieur à une autre. La valeur de l'être humain ce résume à être plus qu'un autre en quoi que ce fusse. Pourtant, et vous m'en avez donné un élément de preuve lorsque vous m'avez fait comprendre que vous aviez du mal à accepter l'érudition comme une de vos qualités, je crois que le zèbre se refuse obstinément à ce sentiment de supériorité. Il se refuse à être plus qu'un autre, car il y voit, je crois, un absurde profond. J'ai imaginé que cela pouvait être une réponse à la situation que l'on peut vivre depuis enfant, où notre catégorisation fait d'une manière ou d'une autre comme sujet supérieure en intelligence à provoqué beaucoup de souffrance et de solitude face à nos congénères. Mais je me plais à croire que quelque chose de bien plus profond réside dans notre être, et que ce quelque chose rejette en bloc toute forme de quête de supériorité quelle qu'elle soit. Et tout cela s'exprimant par le mal-être qui je crois est assez généralisé et cela pas seulement chez les surefficients.

Je crois aussi, que le zébre de par son incapacité à faire taire sa pensée et surtout par sa quête permanente de réponse en corrélation avec son être profond est un dénonciateur né, car incapable de faire autrement. Il est comme une épine dans le pied de la société. On a d'abord simplement nié son existence, ensuite voulu le faire taire à grand renfort de médicaments, et aujourd'hui les psys ne pouvant plus nier son statut ne peuvent que tenté de lui faire comprendre son inadaptation social et quelque part le rendre coupable de son mal-être, car il se doit d'être capable de s'adapter au système. Faire autrement serait accepter que les bases du fondement de notre société sont fausses et donc les remettraient (les psys) en cause eux-même ce qui est totalement inacceptable, en tous cas pour la plupart.

Mon impression actuelle est que pour me construire je ne peux que me dégager de tout ce qui fait notre monde, faire le vide afin d'écouter ce qui bat au plus profond de moi et ainsi donner droit à l'existence de mon moi et ainsi créer mes propres bases, les vrais fondements de ma vie. C'est à mes yeux une tâche titanesque, d'autant plus que j'ai le sentiment d'une énorme solitude dans ma quête. Je reconnais que l'origine même de ma question première sur votre fil est ce secret espoir que je ne suis pas seul.

Au plaisir de vous lire toujours et encore Very Happy
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Dim 7 Oct 2018 - 14:01

Bonjour saxophoneroad

... et que ce quelque chose rejette en bloc toute forme de quête de supériorité quelle qu'elle soit.

Je ne crois pas que cela soit un rejet, tout au moins de ma part. Je dirais plus que c'est une inanité. Ce que nous exprimons, tous, n'est que l'épiphénomène résultant des bouillonnement intérieurs. Nous arrivons à nommer ces derniers, peu ou prou, mais si rarement le moteur et l'essence des bouillonnements eux-mêmes, qu'il me semble présomptueux de qualifier de supériorité ou d'infériorité ce que quelque être produit ou renvoie, et cela à l'aune de l'épiphénomène que j'évoquais plus haut.

Pour autant, ne rien dire me semble impossible, car cela serait, quelque part, se nier. Se dire, c'est en quelque sorte pouvoir se contempler, mais aussi se soumettre à l'angoisse vis à vis d'une potentielle réponse.
D'un autre coté, désirer s'exprimer, c'est s'exposer, et donc rencontrer son ontologique singularité. Faire cela, c'est également se confronter à son irréductible solitude, à la méconnaissance de soi et à une immense cohorte de faits et de faire que nous n'avons jamais croisés.
Sans doute est-ce là la raison de la construction d'un discours qui fait illusion aux autres (à soi-même en premier lieu ?). Qui plus est, si ce discours est identique à la celui de la mouvance majoritaire, il en deviens bien plus confortable. Ainsi, il est bon de rester sourd et aveugle à tout ce qui pourrait détruire l'illusion : Il me semble que c'est ce qui se produit actuellement dans le monde, qui fonctionne majoritairement par déni et refoulement.

C'est donc plus ce refoulement et ce déni qui nous écrasent, et que beaucoup cherchent à réguler en ingurgitant (ou en faisant ingurgiter) moult substances... ou encore cherchent à gommer, expier ou vomir - en exprimant haut et fort leur révolte auprès de leurs semblables en revendiquant positionnement et singularité si longtemps écrasée...

Là encore, une forme plus évoluée de discours collant à un autre forme de mouvance se fait jour, cette fois amplifiée par la verve et le "savoir", et des clans et une Loi renaissent, transposition et perpétuation, récits et mythes... et encore inanité...
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Dim 7 Oct 2018 - 22:08

Des neuro-scientifiques viennent de mettre au point une nouvelle fonte de caractère permettant de mieux se remémorer ce que l'on lit. Elle a la particularité d'inclure des espaces vides dans le tracé des lettres, forçant ainsi l'esprit à se concentrer afin de mieux déchiffrer les caractères, et, par effet rebond, d'inciter le cerveau à mémoriser plus profondément.

Premier parallèle : Ceci me rappelle la trouvaille de Yann LeCun (expert en IA), qui s'est aperçu qu'en omettant un pourcentage (environ 10%) des poids des neurones artificiels du niveau 2 et 3 (4 couches à la base), le résultat de la reconnaissance de caractères devenait plus précis...

Deuxième parallèle : Carlo Rovelli, physicien co-auteur er co-rédacteur de la théorie de la gravité quantique à boucle (avec Lee Smolin), induit le postulat que l'espace est discret, c'est à dire que ce dernier serait composé de grains séparés par un écartement totalement vide. Cet postulat permet aux calculs qu'il effectue de pouvoir éliminer les quantités infinies obtenues par le modèle standard quand celui-ci cherche à mesurer ce qui se passe juste avant le Big Bang, donc quand les valeurs des constantes de Planck sont excédées à la baisse .

Cela fait donc trois fois que l'apparition ou la prise en compte d'un "vide" (je mets vide entre guillemets, car, du coup, il est significatif par son effet... alors, par extension, non-vide de sens... ^^) permet "d'affiner" le déroulement d'un processus. Curieux, non ?

Voilà le lien vers le site de la fonte (où l'on peut la télécharger) : http://sansforgetica.rmit/

Puis la la vidéo associée :

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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Jeu 11 Oct 2018 - 3:11

Chroniques de l'ordinaire (suite)

Manger bouger...

Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour...


Alors voyons un peu...

La plupart des fruits et légumes que nous consommons ont été cueillis avant même que d'être mûrs, ce qui signifie que leur teneur en vitamines et en sucre (fructose en l’occurrence), n'est pas à son optimum
Les terres sur lesquelles ses fruits poussent son des monocultures, ce qui signifie que leur environnement n'est plus alimenté par les produits issus de la décomposition des végétaux les environnant de manière naturelle, mais par des engrais surajoutés
Les pesticides et autres produits phytosanitaires pénètrent bien au delà le leur peau ou membrane, et sont absorbées par nous qui les cuisinons ou cherchons à les déguster.

Et puis vient le "bio" (dérivé du mot biologique, n'est-ce pas?). Mais, dites voir... Est-ce que tout fruit ou légume, même traité, n'est pas biologique à la base (bio : vivant, logos : mot. Donc, biologique : mot décrivant le vivant) ?

Alors, ce bio (hérésie doucereuse qui cherche encore et encore à induire en nos têtes des biais cognitifs on ne peut plus nocifs)... n'est-il pas exposé en pleine nature ? N'hérite-t-il pas, ne serait-ce que par les eaux de ruissellement, d'une partie des pesticides des champs alentour ? N'est-il-pas, au delà de la dose de produit chimique réduite, issu des mêmes pousses que les plantations industrielles, dont les semis sont catalogués comme étant consommables par notre cher ministère de l'agriculture ?

Heureusement que le ridicule ne tue pas (en tout cas moins que les saletés que l'on nous fait avaler), car le consommateur ne serait pas la seule victime...

Mais à part ça, pour notre santé, il faut manger 5 fruits et légumes par jour...

et puis regardez ça :

Pour votre santé, mangez 5 fruits et légumes par jour...

Notez deux choses ici, encore passant comme innocentes...

Pour votre santé : à part l'hérésie dont j'ai souligné l'inanité (produits chimique, etc.), n'est-ce pas prendre les gens pour de fieffés imbéciles que de leur rappeler cela (tout en ne le disant pas clairement), de sorte de faire naître, ou même entretenir une certaine forme de culpabilité ?

mangez : L'impératif est utilisé... comme dans un ordre. En permanence asséné. Si vous y prêtez attention, la plupart des publicités ou annonces sont passées, doucereusement, à l'utilisation de cet impératif :

- Pour votre sécurité, éloignez-vous du bord du quai
- Cédez à la modernité, Achetez le dernier téléphone (je ne cite volontairement pas de marque Wink )
- Vous finirez sans doute cette liste assez facilement... et en tirerez vos conclusions...

(A suivre)
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Jeu 11 Oct 2018 - 4:34

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Re: S'agitent les électrons...

Message par chuna56 le Jeu 11 Oct 2018 - 7:09

Ah, tu es la, j’ai cru que tu étais parti....... Smile
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Jeu 11 Oct 2018 - 12:06

Bonjour chuna56

Merci de ta visite Smile

Non, je ne suis pas parti. je suis juste pas mal occupé, et préfère de loin lire un livre dans le silence et le recueillement que de parcourir des lignes sur un écran de PC. Ceci étant, il y a des fils que je consulte avec attention (surtout la nuit, quand les rédacteurs se font rares), et sur lesquels j'interviens avec modération (sans parallèle aucun avec celle du site hein ^^).

Je dois cependant avouer que certains mouvements tectoniques régnant ici me surprennent. Une parabole à ce sujet : Ils dégagent lave et scories, parfois nuées ardentes. Mais, contrairement à ces explosions titanesques, tout en rayant la vie, ils ne permettent en rien de fournir un substrat sur laquelle cette dernière peut reprendre racine...
Je me pose donc la question de l'apport réel de l'action. Non pas au sujet des dégâts collatéraux (ils sont là, et force est de les constater), mais au rapport bénéficiaire que cela peut apporter à l’initiateur. Cela, toute mesure gardée mais avec beaucoup d'emphase, pourrait ressembler à outrepasser ce que la doctrine MAD (Mutual Assured Destruction) préconise afin éviter la guerre nucléaire.

Parfois, pour certains, cela me rappelle ce que disait Montesquieu d'Attila :

Il ne faut pas croire que ce fut par modération qu'Attila laissa subsister les Romains ; il suivait les mœurs de sa nation, qui le portait à soumettre les peuples, et non pas à les conquérir
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Re: S'agitent les électrons...

Message par Invité le Jeu 11 Oct 2018 - 13:05

"Je dois cependant avouer que certains mouvements tectoniques régnant ici me surprennent. Une parabole à ce sujet : Ils dégagent lave et scories, parfois nuées ardentes. Mais, contrairement à ces explosions titanesques, tout en rayant la vie, ils ne permettent en rien de fournir un substrat sur laquelle cette dernière peut reprendre racine..."

la destruction créatrice est devenu en effet une denrée rare, certains se focalisant sur la destruction sans apporter ce substrat ou ces bases pour reconstruire autrement

il m'arrive moi aussi d'arriver aux limites MAD, en ce sens que je n'ai alors plus envie de reconstruire mais de me délester de ma hargne , il n'est alors plus question de construire quoi que ce soit

fort heureusement je n'ai jamais permis à ce dragon là d'en faire à sa tête, la plupart du temps il dort

je crains qu'à force un jour je ne puisse plus le maitriser à force de provocations,de déceptions, de rancoeurs, de tous les brols du diable en somme

le mal est terriblement puissant et parfois on perd pied

merde on est humain quand même , pas superhéro



certains adorent détruire, c'est codé en eux , comme une sorte de pis aller , de nécessaire soupape pour leur propres vapeurs

quand on regarde les grands criminels, les chefs de guerre, les guerres , massacres, tortures, armes, faits divers et d'été on sait combien la barbarie est humaine et insuportable mais elle est

la voie MAD on ne peut pas dire qu'on ne sait pas ce qu'elle génére, on comprends aussi que ceux qui y sombrent ne sont ni purgés ni reconstruits, ni heureux en somme

malgré les facades on y voit surtout de la honte, du remord et une stupeur d'avoir fait quelque chose de définitif

MAD porte bien son nom

mad scientist, evil genius, le risque est que le mal soit plus grand, plus impardonnable encore

la sensibilité est une bonne chose mais un accélérateur dangereux dans certains cas

la maitrise de soi dénote sa propre humanité et si on est tenté de devenir un monstre sans même le savoir , posséder ce recul, cette ironie ou cette moquerie de ce qu'on est reste salutaire

c'est le rappelles toi que tu n'es qu'un homme répété sans cesse par l'esclave porteur du laurier de césar sur son char, ce sont les injures du peuple au même passage de ce char, toi césar ? non juste un rat.. les chroniques ont gardé trace de cette douche psychiatrique ou mentale qui sauve du MAD les plus puissants

c'est un peu le fou du roi et ses grelots aussi qui se permet , comment oses tu bouffon ? de se moquer du Prince

et qui au passage ose des vérités

qui se souvient de triboulet ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Triboulet

"Triboulet ayant ignoré un ordre de François Ier qui lui interdisait de se moquer des dames de la cour ou de la reine, le roi le condamne à mort. Cependant, parce qu'il l'a bien servi durant sa vie, le roi lui accorde le privilège de choisir la manière dont il va mourir. Plein d'esprit, Triboulet répond ceci : « Bon sire, par sainte Nitouche et saint Pansard, patrons de la folie, je demande à mourir de vieillesse. » Le roi, forcé de rire face à la vivacité d'esprit de son bouffon, commua la peine de mort en bannissement1,2. "




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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Jeu 11 Oct 2018 - 14:21

hello ZeZebulon Wink

Je crois effectivement qu'une part de l'humain reste en sommeil dans l'attente d'actionner un détonateur. Sans doute la part d'autodestruction qui semble, de tout temps et de tous lieux, emplir l'Univers (de la mort d'une étoile à la disparition d'un amibe). Ne semblent rester que ces atomes qui hantent les temps et l'espace, à jamais présents, à jamais recombinés...

Je me posais une question sur ce que nous appelons le "mal", encore une fois en pesant le mot comme anthropocentré (car je n'ai pas l’impression qu'un animal, ou encore une forme différente de vie que la notre, puisse aborder ce concept). Sans doute doivent-elles, ces formes de vie différentes, éprouver la souffrance, mais "jugent"-elles de l'intentionnalité ?

Je dirais ainsi que souffrance conjointe à intentionnalité égale mal dans l'esprit humain. Et, de plus, que certains d'entre nous ressentent ce "mal" alors qu'ils n'en souffrent pas directement, qu'ils perçoivent cette souffrance et l'intentionnalité qui l'accompagne, comme étant la matérialisation d'une nocive et mortifère action surmontée d'un vouloir particulier.

D'autre part, j'imagerai ma pensée à ce sujet, sous forme de règle, des graduations étant positionnées des deux cotés de l'objet, avec la position 0 (zéro) au centre, le positif à droite, le négatif à gauche. On comprendra facilement que, sur l'autre coté de la règle, le négatif et le positif sont inversés.

Cette image, aussi réduite qu'elle soit, me permet d'éclairer la totale relativité du mal entre un humain et un autre, quand deux aux moins (c'est le cas pour cette règle citée en exemple) pratiquent à une lecture orientée et simultanée des gradations...



ZeZebulon a écrit:la voie MAD on ne peut pas dire qu'on ne sait pas ce qu'elle génère, on comprends aussi que ceux qui y sombrent ne sont ni purgés ni reconstruits, ni heureux en somme

Effectivement, il semble y avoir là un hiatus énorme et purulent qui demande instamment à être comblé. L'image déformée, l'avatar du dieu Mot (https://www.britannica.com/topic/Mot)?

Alors oui, comme toi, j'ose penser que la maîtrise de soi confine à cultiver ce recul et cette autodérision salvatrice, et de toujours garder un œil sur l'immensité de l'espace qui nous surplombe...
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Jeu 11 Oct 2018 - 16:14

Le silence est mon ami. Il est l'écuelle dans laquelle gouttent les secondes, l'hypostase précédant puis enrobant ma pensée. Il est, tel au vide quantique, lieu de l'émergence d'un éclair de lucidité, étincelle fugace de l'être-au-monde.
Il est l'enrochement sur lequel mon cheminement prend appui, la glaise par delà laquelle se matérialise mes mots. Il devient l'écho d'un borborygme, le réceptacle d'une excrétion, recevant cette dernière sans jamais en juger.

Il est matière que l'on ne sait nommer. Il est de l'extérieur comme de l'intérieur, répondant de lui-même, rompant sa tessiture par le besoin de s'écouter. Il est l'envol d'un battement lorsque sa pureté se perd, et c'est là qu'il se révèle...

Il est le cocon moelleux où le cœur s'observe, le satin d'un matin qui magnifie le chant de l'oiseau. Il est le sacre d'une âme en peine ou d'une âme en joie, où cette dernière est l'intruse, solution de continuité dans son immensité.

Il compte les éons sans jamais les retenir, les accueille en son sein comme ses passagers égarés à la recherche d'un havre, compagnon du temps qui passe.

Il est ce don qui résonne en l'absence de son. Question en suspend pour l'éternité.
Il est la porte ouverte qu'il s'agit de franchir... Il est sans être et sans avoir été...

Il est dans la recherche et dans la vacuité. L'impermanence l'habille et lui donne contour. Il est de cette pâte qui se modèle sans jamais ne se déformer. Vouloir le saisir n'est que s'en échapper...

Il est un compagnon, pour toujours à l'écoute. Une fleur qui pousse là où pousse le doute. L’abîme aux questions qui jamais ne l'emplissent.

Il est ce complice qui me pousse au bout. Au bout de mon être et même au delà. Il est l'amer marin auquel je lie ma drisse, l'instant de paix dans les flots déchaînés...

Il est ce don sublime que l'on se fait à soi, et le miroir ultime dans lequel s'entrevoir...
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Ven 12 Oct 2018 - 19:42

J'évoquais précédemment le vide (curieux d'ailleurs que ce mot ne change que d'une lettre de vice, le vide (dans la plupart de ses acceptations (sens, amis, contacts, but,...) corrompant parfois la vie d'un être...) et ses placements en différentes sciences, recherches, perspectives ou prospectives.

Postérieurement, le silence m'environnant fut l'occasion d'évoquer mon rapport à lui. Tout en l'écrivant, je fis tangente avec le vide, sous couverture d'un "espace à meubler", forme subtile, soutien à l’ontogenèse de l'esprit.

Il me parait ainsi que toute béance, toute solution de continuité, se fait niche d'un pourquoi ou d'un comment, statuaire incommensurable du questionnement de l'Homme.

Et qu'en ces représentations d'un vide, dont la formulation vocalisée ou scripturale ne reflète que l'intégration dans le présent de la manifestation perceptible au sujet, ne se manifeste en rien l'essence profonde, la racine commune, qui en est ici l'absence d'un in-qualifié (en somme et vulgairement : "il manque un truc mais je ne sais pas quoi").

J'évoquais donc, parlant du vide dans certaines recherches scientifiques, l'aspect "accélérateur", ou "porteur" que ce dernier pouvait prétendre à tenir.
Il est sans doute bien plus facile d'évoquer cela de manière pragmatique, avec une démonstration scientifique de l'effet. Cette démonstration permet d'aborder le doute qui à mené à cette inclusion et son effet, et de manifester sa joie ou sa satisfaction d'avoir ouvert un horizon.

Mais ici, "l'objet" éclairé par la trouvaille de l'utilité du vide n'est pas ontologique. Il est certes lié au découvreur, mais n'exerce aucune pression de l'être vers l'être, car la recherche aboutie ne vise qu'à l'expression la plus fine de l'environnement étudié et dans lequel le chercheur évolue.

Si maintenant le vide examiné est intérieur, aucune démonstration partageable de son effet ne peut être incluse dans une formule à la portée d'autrui, ni "validable" par quelconque démonstration reproductible... pas plus que les grains d'espace de la formulation de la "mousse de spin" de Carlo Rovelli ne pourraient "expliquer" l'origine du hiatus insécable les séparant...

Là encore, ce que nous qualifierions de vide prend différentes teintes sémiotiques, et nous ne faisons qu'entrevoir les jets épars (ces mots qui fuient, qui fluent et qui transmutent) d'un cours dont nous ne remonterons sans doute jamais à la source...
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