S'agitent les électrons...

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Savoirs ancestraux

Message par saxophoneroad le Dim 16 Sep 2018 - 16:51

Tout d'abord, je trouve remarquable la modestie du colibri dont vous faites preuve. Avoir et surtout garder le courage de persévérer dans ce travail de fourmi... Vous avez évidemment parfaitement raison dans vos actions. Elles sont à mesure humaine et finalement c'est ce que nous sommes.
La quête du savoir ancestral est quelque chose que je ne pensais pas trouver dans ce forum. Je crois très fortement que contrairement à ce que veulent développer les scientifiques en tout genre, un retour vers les bases essentielles de l’existence est une solution sinon la solution. Il est vrai malheureusement que ce qui n'est pas nouveau n'intéresse pas les masses. Il est je crois un mouvement général qui ce dit que revenir en arrière est forcément reculer. Utiliser par exemple les semences anciennes, pourquoi? Alors que les semences actuelles sont tellement plus productives... Je crois aussi que les grands lobbys et toutes formes d'industries, qui ont fort à perdre si un retour au vrai valeur prenait de l'ampleur, font tout ce qui est en leur pouvoir, et malheureusement il est grand, pour manipuler les masses et maintenir ces idées du consumérisme comme étant les seules valables si l'on veut s'en sortir dans l'existence.
Vous préconisez à juste titre d'en parler et d'en parler encore, de participer à des pétitions et autres afin de se faire entendre. Oui, mais est-ce suffisant? Lorsque je vois les moyens employer par les puissants pour faire taire tout ce qui dépasse ou qui pourrait devenir dangereux pour eux. Quand j'assiste à la démission d'un Nicolas Hulot qui est un des premiers idéalistes conscients à accéder à un poste aussi élevé et les raisons qu'il invoque. Quand j'ai pu voir comment cette expérience sur les rats soumis ou non au roundup a été réduite à néant par les politiques eux-mêmes, je me pose cette question, et je vous la pose à vous. Vous êtes sans nul doute beaucoup plus cultivé que moi et si vous persévérez c'est que vous avez certainement des réponses à me donner, je l'espère.
Dans l'espoir de retrouver de la force dans cette lutte, au plaisir de vous lire.

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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Dim 16 Sep 2018 - 17:22

@saxophoneroad

Elles sont effectivement à la mesure de ce que nous sommes...
Et, d'autre part, plus que de reculer, réapprendre ce qui a permis à l'humanité à survivre dans des conditions bien moins favorables que les nôtres, en utilisant des produits et matériaux locaux, me semble partir du même principe de survie et de bon sens prévalant à l'époque.

Il a peu, l'ONU s'est fendu d'un rapport en ce sens, mais les médias n'en font pas étalage, bien moins en tout cas que des résolutions visant à étouffer un conflit (avec les résultats que l'on sait...).

Pour ce qu'il en est de l'action d'en parler encore et encore, je doute que cela soit suffisant. Mais, pour reprendre une phrase de Guillaume d'Orange : "Rien ne sert d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer".

Maintenant, contrairement à notre civilisation, pensons temps long : Combien de temps croyez-vous que le capitalisme, déjà prédateur, à pris pour arriver à l'étape auquel il se situe de nos jours ? Son ascension à commencé au moment de la révolution industrielle, alors que ses ferments remontait bien avant, mais que la force ne restait qu'humaine, et donc non suffisante à accumuler les richesses à la vitesse que nous pouvons constater.

Si nous avons prétention à réaliser très rapidement un réalignement sur des méthodes plus en phase avec la survie de l'espèce, il va falloir au moins parier sur un temps au moins équivalent à celui que le capitalisme a mis à se développer, en n'omettant pas que ce dernier à donné un certain "confort" (y compris un faire valoir certain à la paresse : je me fais livrer en un clic de souris) à l'individu lambda.

Alors, je ne vois pas l'aboutissement, tout en constatant que cette fois, contrairement aux autres chutes civilisationnelles, il y aura un manque criant de ressources, et que celles qui resteront encore seront fortement polluées...

Mais revenons-en au temps long : Si cette conscience du temps long revient au centre de notre pensée, nous nous comporterons comme les bâtisseurs de cathédrales, qui savaient que seuls leurs enfants ou petits enfants finiraient l'ouvrage qu'ils avaient entrepris. C'est donc pour eux qu'il nous faut nous "battre", et point pour nous.

Et, au passage, personne ne nous empêche de boycotter les produits que nous savons aller vers un manque total d'éthique...
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"Rien ne sert d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer".

Message par saxophoneroad le Dim 16 Sep 2018 - 17:57

Merci de votre réponse. Very Happy

Effectivement, les motifs d'un combat ne sont ni dans l’espérance ni dans la réussite. Simplement se battre pour un idéal envers et contre tout, même si le résultat n'est pas à notre portée. Prendre une route dont on ne sait où elle mène, seulement parce qu'on la trouve juste et belle. Peut-être avez vous donnez une bonne image du sens de l’existence, en tous cas en ce qui me concerne.
Au plaisir de vous lire encore.
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Dim 16 Sep 2018 - 18:38

De rien Smile

Il semblerait que vous aimiez le saxophone. Alors...



Et puis sans doute reparlerons-nous de l'état du monde...

Quoiqu'il en soit, bonne fin de dimanche.
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Re: S'agitent les électrons...

Message par Invité le Dim 16 Sep 2018 - 23:10

bonjour et merci :-) sujets intéressants toujours

j'extrait ceci

"Par ailleurs, il est possible, au sein du Machine Learning (moteur d'apprentissage d'une AI) d'insuffler des biais cognitifs, de manière involontaire, ou volontaire (une nouvelle forme de hacking en somme). En voici une belle (et mathématique) description (http :// blog.ptsecurity.com/2018/08/machine-learning-good-for-security-or.html#more"

le classement par hyperplane est assez proche des méthodes des distances minimales , en gros ce qui relie est plus fort que ce qui délie et on en déduit un groupe supposé homogène

mais le machine learning parfois déconne lol

je note

"Can an impostor select valid data so that the data would always trigger a malfunction, degrading system performance to the point that the system must be disabled?"

bien évidemment il suffit de cibler la ou les variables qui "portent" la variance intra, les variables clefs , il ya toujours un critère de sélection, la faille est précisément là

si l'amazone classe par recherche précédente et anticipe de ce fait nos besoins, il suffit d'y introduire une valeur non prévue , un brol anecdotique et une branche liée

je suis souvent amusé des choix proposés par ces algos

sur la durée l'ia sera la plus fort quand même...

mais ne gère donc pas bien l'imprévisibilité comportementale

cela rassure sur le fait que n'importe quelle dictature y compris des algos a toujours une faille

même si hélas en moyenne la dictature fonctionne aussi très bien

je ne suis pas certain que les profilages soient même mauvais en soi, ce sont les gens derrières et ce qu'ils en font qui est le vrai problème

oui les photons se dégradent et on peut même se demander si les atomes eux même dans ces machines complexes seront totalement sanctuarisés ?

on peut imaginer une cyber attaque quantique qui consisterait à injecter un ou plusieurs atomes avec un fusil adapté dans l'ordinateur quantique

la science fiction est au moins amusante

j'ai toujours un faible pour les systèmes robustes et simples, comme on s ait tous les systèmes complexes sont soumis aux lois du chaos et donc finissent tous par générer des choses non prévues

étrange d'ailleurs que l'on n'ait toujours pas retenu cette leçon des théories du chaos

je m'"y  réfère souvent car je pense depuis le départ avec le bouquin de gleick

"La théorie du chaos Poche – 13 octobre 2008
de James Gleick "

que c'est une révolution multidisciplinaire puisqu'elle implique toutes les théories à fonctionnement complexe, en chimie, en physique, en économie, en écologie etc

comme toute théorie majeure il faut sans doute des décennies pour qu'elle passe pour acquise

j'avoue ne pas m'être renseigné sur les évolutions les plus récentes mais on a quand même la notion de déséquilibre dynamique

rien ne tient donc si on n'y prend pas garde et plus le système à maintenir est compliqué plus il ya de probabilités qu'il finisse par ne plus faire ce qu'il devait

c'est sans doute la raison profonde pour laquelle la cop21 n'a aucune chance

il faut amener des solutions simples mais avec leviers mondiaux, je considère que l'idée de planter des arbres du prix nobel de la paix est sans doute une idée de génie en ce sens, qui n'a l'air de rien mais dont les effets eux peuvent être effectifs par d'innombrables chemins

si on reconstruit les forets on reconstruit faune et flore, on crée des sanctuaires et on reconstruit aussi les sols, on modifie l'absorption du co2 etc

dans l'esprit des gens rien de compliqué ou d'insurmontable, juste planter et élever des arbres

https :// croire.la-croix.com/Definitions/Figures-spirituelles/Figures-de-justice-et-de-paix/Wangari-Maathai-la-femme-aux-40-millions-d-arbres

si vous voulez changer le monde, trouver donc des choses simples et faciles à adopter

les discours et les voeux politiques eux ne produisent qu'un peu de vent, aussitot oublié

en économie c'est pareil

comprendre la complexité et avoir cette intelligence de la simplicité

et non ce n'est vraiment pas facile de faire cela

mais c'est possible quand même

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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Lun 17 Sep 2018 - 12:15

Merci à toi Wink

ZeZebulon a écrit:mais ça ne gère pas bien l'imprévisibilité comportementale
Deux remarques à ce propos :
- L'individu qui programme l'apprentissage automatique ne peut lui-même gérer cette imprévisibilité
- N'est qualifié donc d'imprévisible l'aléa que du coté de l'observateur ou du sujet de ce dernier. Aucunement sur celui du générateur de la rupture de continuité.

Ainsi, je te propose de consulter cet ouvrage : "La théorie des jeux" de Gaël Giraud (Flammarion, collection Champs essais, 2009, ISBN 978-2-0812-2906-Cool

ZeZebulon a écrit:oui les photons se dégradent et on peut même se demander si les atomes eux même dans ces machines complexes seront totalement sanctuarisés ?
Regarde, des scientifiques sont parvenus à intriquer des atomes, pas seulement des photons : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/intrication-quantique-intrication-quantique-nouveau-record-500000-atomes-57744/

Ce qui laisse supposer que l'on puisse réaliser (mais c'est une expérience de pensée de ma part), un ordinateur quantique sans piège à photon dans un futur plus ou moins proche, ce qui "simplifierait" la chose : Le spin (moment magnétique) est "plus facile" à déterminer sur un atome que sur une particule bien plus petite, son isolation "plus aisée", etc...

Effectivement, on peut imaginer une cyberattaque quantique. Mais on peut penser aussi aux flux à hautes énergies ceux des tempêtes solaires ou du rayonnement gamma en provenance des supernova ou autres pulsars, ou aux flux de neutrinos, comme facteur de décohérence : Je n'ai jamais lu quoi que ce soit sur l'impact de ces phénomènes hormis sur l'informatique actuelle, et, pour moi, la question reste ouverte.

Comme toi, je suis partisan des systèmes robustes et simples, autonomes (hormis leur substrat commun, substrat dans le sens environnement local leur permettant fonction). Effectivement soumis à chaos, que l'on peut assimiler au vieillissement (donc à l'entropie), ou à la soumission à un changement du substrat précédemment évoqué. Cela est l'essence même de l'évolution (terme pris au sens du changement permanent d'état, sans préjugé aucun de montée vers un haut hypothétique). C'est bien là que je te rejoins sur la théorie du chaos, dont je note la référence fournie pour creuser plus avant.

Je te retrouve aussi sur la simplicité (mais elle n'est pas apparente pour tout le monde n'est-ce pas  ?) d'action et l'étendue qu'elle se devrait de prendre. Cependant, durant ce temps :

- 75% des variétés de semences on disparu en un siècle,
- Si d'autres fusions comme celles des sociétés Monsanto et Bayer sont autorisées, 60% des semences commerciales seront contrôlées par seulemnt 3 sociétés dans le monde
- La quasi-totalité des OGM cultives dans le monde sont des "plantes pesticides"
- 90% des variétés agricoles ne sont plus cultivées par les agriculteurs
- 83% du sojà cultivé dans le monde provient de plantes génétiquement modifiées
- En 2015, 28 paysont utilisé des semences génétiquement modifiées
- 88% des OGM sont semés sur le continent américain, avec en tête les USA, le Brésil, l'Argentine et le Canada
- 77 OGM pour l'alimentation humaine sont autorisés à l'importation en Europe. On peut estimer que 90% du bétail élevé en France peut avoir été nourri avec des OGM. En 2015, 3 millions de tonnes de fèves et de tourteaux de soja génétiquement modifié ont été importés en France.
- Aux USA, la consommation d'herbicide a grimpé de 21% entre 1992 et 2011, alors qu'elle a diminué dans d'autres pays où la culture d'OGM est interdite.
- Aujourd'hui, 478 cas des 'mauvaises herbes" résistantes différentes ont été recensés dans le monde
- Une étude de l'INRA à analysé la littérature scientifique des OGM produisant un insecticide : 40% des publications présentent un conflit d'intérêt financier. Lorsque de tels conflits sont constatés, les conclusions sont, chaque fois, plus favorables aux semenciers.
- En 2010, une étude américaine a montré que 80% du colza sauvage le long des routes du Dakota du Nord étaient devenus transgéniques
- En 20 ans, la surface consacrée à la culture du soja a triplé en Argentine
- Aux USA, en 20 ans, le prix des semences de soja a été multiplié par 4
- En Inde, 300.000 agriculteurs se sont suicidés depuis l'introduction du coton génétiquement modifié en 2002. 80% de ces suicides ont eu lieu dans la zone de culture du coton.
- En 2016, 150.000 hectares de tournesol tolérant à un herbicide ont été cultivés en France, soit 29% de la production. Pour le colza, les chiffres sont de 20.000 hectares
- En Europe, on dénombre aujourd'hui 2.800 brevets sur les plantes.

Et, pour finir :

- Pour avoir le même contenu nutritionnel qu'une pomme des années 1940, il faut en manger 3 aujourd'hui. L'épinard, lui, a vu sa teneur en potassium chuter de 53% et sa teneur en phosphore de 70%. Dans les carottes, le calcium a diminué de 50% et le magnésium de 75%.

Alors, vois-tu, les arbres oui, mais si ce qui les environne empoisonne leur écosystème, il y a des "chances" que le fonctionnement global ne puisse se rétablir...


Dernière édition par ludion le Lun 17 Sep 2018 - 23:19, édité 2 fois (Raison : fautes)
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Re: S'agitent les électrons...

Message par saxophoneroad le Lun 17 Sep 2018 - 13:45

Merci pour le petit break saxophonistique Very Happy

Le sujet est toujours aussi intéressant et soutenu par ZeZebulon et vous Ludion, je reconnais que je me délecte.

Comme je l'ai dit déjà, je n'ai pas votre érudition. Pourtant, j'en arrive toujours,(enfin jusqu'à présent) aux mêmes conclusions. J'ai pour ma part un film de Coline Serreau, (Solutions locales pour un désordre global) comme référence. Je suppose que vous l'avez certainement vu, et si ce n'est pas le cas, il n'est pas trop tard. J'ai hautement apprécié la manière simple et non simpliste avec laquelle tous les problèmes environnementaux sont traités. Claude Bourguignon y parle de trois choses qui m'ont particulièrement choquées à l'époque:
- Les terres cultivées sont à 80% de potentiels déserts.
- 90% des semences utilisées et légales en France (j'imagine que c'est pareil à peu près partout dans le monde) sont des semences hybrides, nécessitant donc un principe agrochimique.
- Il n'existe plus aucune chaire universitaire dans le monde pour former des agronomes.
Ce que je constate aussi, c'est que tous les participants à ce film étaient déjà bien vieux. Qu'en est-il aujourd'hui? Qui sont les fer de lance de la lutte environnementale. Nicolas Hulot est bien gentil, mais je trouve qu'il ne fait pas le poids. Al gore pour ça part me parait pas si mal. Mais les autres? Je ne parle évidemment pas des politiques qui ne font que se gratter le ventre avec leurs arguments écologiques pour endormir le poisson.
Toutes ces questions me viennent simplement parce que je ne comprends pas au vue de l'évidence des énormes problèmes auxquels nous devons faire face, il n'y a rien qui se passe à l’échelle planétaire de grande ampleur. Bien sur, tout le monde sait que la société appartient aux fortunés, que c'est eux qui tirent les ficelles. Seulement je crois aussi que le politique aussi vendu soit-il au système ne peux pas simplement passer par-dessus des mouvements de masse. Mais un mouvement de masse existe-il?
Bref, j'aime assez cette approche de la théorie du chaos, sans l'avoir lue, et à ce que j'en comprends, tout système complexe va engendrer de lui-même des anomalies. Si c'est bien cela, le chaos s'il n'est déjà là, on s'en approche à vitesse grand v.

Ce pourrait-il au vue de tout ce que vous écrivez, que pour une raison ou une autre, type rayonnement solaire accru, ou séisme engendrant un certain désordre électromagnétique, et au vue de la complexité sans cesse en augmentation de tous les systèmes informatiques, ajouter à cela l'omnipotence dont ce croit doter l'être humain à tout dominer, l'on arrive à un énorme bug, engendrant crise économique et chaos mondial?
Ma question est certes naïve, j'en conviens. Mais en même temps je ne doute pas une seule seconde que dans les hautes sphères la question ne se soit déjà posée. Qu'en est-il?

Au plaisir de vous lire encore:)
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Lun 17 Sep 2018 - 20:38

@saxophoneroad

Bonsoir,

En vérité, je ne sais pas si je dispose d'une quelconque érudition que ce soit. Cela fait plusieurs fois que je lis cela dans vos réponses, alors je vais expliciter quel est mon ressenti à ce sujet.

Tout d'abord, je fais des expériences de pensées, et, à l'aide de ce que j'en déduit, farfouille à la fois sur Internet et dans mes nombreuses lectures. J'en retiens forcément quelque chose, substance toujours en évolution, accompagnée d'un cerveau toujours en recherche, prêt à poser ce qu'il croit avoir saisi. Donc je ne sais pas si l'on peut qualifier cela d'érudition (je pense plus que c'est simplement l'expression d'une recherche permanente de compréhension, avec toute la subjectivité que cela comporte).

Je n'ai pas vu le documentaire dont vous avez fait état, mais je viens de le chercher et de le mettre en signet. par contra j'avais connaissance des points saillants que vous soulevez ensuite, et des raisons de l'appauvrissement des sols, qu'ils serait trop long de ré-évoquer ici, mais sur lesquels nous pourrions échanger au fil de l'eau.

A mon tour de vous offrir quelques sources :

- "Demain", film (https://www.demain-lefilm.com/)
- "2 degrés avant la fin du monde" (sur la chaine YouTube #DATAGUEULE)
- "Aftermath - Les chroniques de l'après-monde", film
- "Petit manuel de résistance contemporaine", livre (Actes Sud / Colibris, 2018, ISBN : 978-2-330-10144-2 ). 15 euros en France, donc je pense autour de 20 CHF chez vous. Je vous suggère vivement de le lire.

En ce qui concerne les flash énergétiques venus du soleil en particulier, et de l'espace en général, voilà par exemple (et sommairement) ce que cela peut donner (sans pour autant mesurer réellement l'impact complet sur nos systèmes d'information) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ruption_solaire_de_1989
https://tempetesolaire.wordpress.com/creation-de-courants-electriques-induits/

Les supernovae :
https://sciencepost.fr/2017/05/a-distance-supernova-pourrait-tuer/
http://iopscience.iop.org/article/10.3847/0004-637X/822/1/6

Les sursauts gamma :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sursaut_gamma
https://www.astrobio.net/news-exclusive/deadly-nearby-gamma-ray-burst/
https://www.livescience.com/49040-gamma-ray-burst-mass-extinction.html
http://vlf.stanford.edu/research/gamma-ray-burst-effects-ionosphere

Les pulsars (https://arxiv.org/pdf/0810.1527.pdf)

Quand au politiques, quitte à passer pour un complotiste doublé d'un paranoïaque, je dirai ceci:

1/ je pense qu'ils sont au courant (il suffit par exemple de se reporter aux différentes éditions de "l'état du monde" publiées par la CIA pour s'en rendre compte).
2/ ils n'ont pas de voie de repli, puisque toutes les structures locales permettant une forme d'autarcie, aussi limitée qu'elle soit, ont été petit à petit démantelées, et que la pollution à envahi nos rivières (et pas que ça) et une partie des nappes phréatiques.
3/ les savoir faire de proximité ont disparu

Donc, on fait patienter le chaland pendant qu'on pose un cautère sur une jambe de bois. La solution ne peut venir des politiques, elle se doit d'émerger de la société civile.
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Mar 18 Sep 2018 - 12:37

A notre époque de nivellement, de destruction de notre environnement, il y a également de pans de savoir qui disparaissent, dans un silence que je qualifierai d'assourdissant. Des langues !
Elles qui se sont construites au plus proche de la nature dans laquelle évoluait leurs créateurs ont développé des vocables leur permettant d'affiner les perceptions et précisions nécessaires à représenter leur écosystème, et, par là même, a se forger une représentation de ce dernier et à en transmettre l'image à leur progéniture ou contacts.

Ainsi apprendre une langue étrangère permet d'étendre à la fois sa compréhension du monde, mais, et cela est à mon avis essentiel, à attirer le regard et l'esprit sur une différence,parfois imperceptible, sur un "objet" qui nous entoure. A ce propos, j'aimerais vous communiquer une liste d'une cinquantaine de mots Inuits utilisés pour représenter la neige :

- Aluiqqaniq, « congère sur la pente d'une colline » ;
- Aneo, « neige pour l'eau » ;
- Aneogavineq, « neige très dure et compacte » ;
- Aniulc, « neige pour l'eau à boire » ;
- Aniuvalc, « neige résiduelle dans les trous » ;
- Aoktorunrzeq, « neige tassée, fondue et gelée, là où un chien a dormi » ;
- Aomyolc, « neige fondante » ;
- Apinngraut, « première neige de l'automne » ;
- Aput, « neige par terre » ;
- Aqidloqaq, « neige molle » ;
- Aqilluqqaaq, « neige fraîche et boueuse » ;
- Auviq, « brique de neige pour faire un igloo » ;
- Ayaq, « neige sur les vêtements » ;
- Ijaruvak, « neige fondue transformée en cristaux » ;
- Ikiartoq, « bloc de neige formé de plusieurs couches de neige qu'on peut couper horizontalement » ;
- Isherearktaq, « neige jaune, comme remplie de fumée » ;
- Isiriartaq, « neige tombante jaune ou rouge » ;
- Kanangniut, « banc de neige formé par un vent du nord-est » ;
- Katakartanaq, « neige croustillante » ;
- Kavisilaq, « neige durcie par la pluie » ;
- Kinirtaq, « neige mouillée et compacte » ;
- Manngomaq, « neige mouillée, presque fondante » ;
- Manngoq, « boue de neige » ;
- Mannguomaq, « neige amollie au fil du temps » ;
- Maoyaq, « terrain qui s'effondre sous les pas » ;
- Masaaq, « neige dans de l'eau » ;
- Masalc, « neige mouillée et saturée » ;
- Masaq, « neige humide qui tombe » ;
- Matsaaruti, « neige pour glacer le traîneau » ;
- Matsaq, « neige humide pleine d'eau sur le sol » ;
- Maujaq, « neige épaisse et molle où il est ardu de marcher » ;
- Miligaq, « fine pellicule de neige pour dissimuler un piège » ;
- Mingoleq, « couche de neige fine » ;
- Mingullaut, « neige fine et poudreuse qui entre par les fissures et et recouvre les objets » ;
- Mituk, « pellicule de neige fine sur un trou de pêche » ;
- Munnguqtuq, « neige compressée qui s'adoucit au printemps » ;
- Nargrouti, « morceau de neige pour boucher un trou qui goutte dans un igloo » ;
- Nateq, « sol d'un igloo » ;
- Naterovaq, « neige légère apportée par le vent » ;
- Nateroviktoq, « il neige finement dans l'igloo » ;
- Natiruviaqtuq, « son des éclats de neige sur le sol » ;
- Niggiut, « banc de neige formé par un vent du sud-est » ;
- Niktaalaq, « neige portée par le vent » ;
- Ninngeq, « neige placée autour ou au sommet d'un igloo pour l'isoler du froid » ;
- Niummak, « neige dure et ondulée » ;
- Nipperqut, « sciure de neige pour absorber l'humidité » ;
- Oqootaq, « rempart de neige pour protéger l'entrée d'un igloo » ;
- Perquservigiva, « neige tombant en spirale » ;
- Perte, « bloc de neige placé devant la fenêtre d'un igloo afin qu'elle ne soit pas recouverte de neige » ;
- Pertorineq, « pellicule de neige molle au-dessus d'un objet » ;
- Pigangnuit, « banc de neige formé par des vents du sud- ouest » ;
- Piqsiq, « neige soulevée par le vent » ;
- Pukak, « neige cristallisée qui s'effrite » ;
- Qaniktak, « neige récemment tombée sur le sol » ;
- Qannialaaq, « neige fine qui tombe » ;
- Qanniq, « neige qui tombe » ;
- Qatserlcutit, « blocs de neige placés les uns sur les autres pour former un objet » ;
- Qeoraliaq, « neige brisée » ;
- Qerlcshoq, « croûte de glace sur la neige après la pluie » ;
- Qiqiqralijarnatuq, « neige qui craque sous les pas » ;
- Qodliti, « dernier bloc de neige de l'igloo » ;
- Qorktaq, « trou dans la neige par un jet d'urine » ;
- Quiasuqaq, « neige qui a regelé et forme une croûte » ;
- Saksaneq, « débris de neige après la construction d'un igloo » ;
- Sermeq, « mélange de neige servant de ciment » ;
- Shiimignatoq, « neige qui freine les patins d'un traîneau » ;
- Sudlesimayoq, « neige piétinée pour un igloo » ;
- Sukerksineq, « glace sur les cheveux, la barbe, ou une pièce de bois » ;
- Uangniut, « banc de neige formé par un vent du nord ouest » ;
- Wuaniaq, « banc de neige rond » ;
- Uqaluraq , « banc de neige graduel ».

Un autre exemple de la possibilité d'entrevoir le monde d'une façon différente est représenté dans mon propos par la langue AYMARA (celle, à priori, des Incas) :

Le peuple Aymara a une conception du temps différente de celle qui prévaut dans les cultures européennes : aux yeux de celles-ci, elle serait une « conception inversée ». Pour l'Aymara, le passé, connu et visible, se trouve devant le locuteur, alors que le futur, inconnu et invisible, se trouve derrière lui. Cela vaut également pour le quechua. Il est à noter que cette conception du temps se retrouve également en Mésopotamie ancienne.

Se fait aussi jour une logique trivalente, alors que celle des langues européennes se base sur une logique binaire aristotélicienne.

Processus de conservation des aliments :
Les propriétés linguistiques aymara reflètent d'autres spécificités culturelles. Ainsi, outre la taxinomie binomiale en usage chez les Aymara, il existe une dichotomie générale qui range chaque variété, soit parmi celles que l'on peut consommer immédiatement après cuisson, soit celles qui demandent une série de  congélations et fermentations successives. En effet, les Aymara combinent une étude remarquablement fine de leur environnement naturel (plus de 250 taxons usités à partir de 22 espèces principales) à un art de la conservation des denrées développé "à tel point, nous dit Lévi-Strauss citant La Barre, qu'en imitant directement leurs techniques de déshydratation, l'armée américaine a pu, pendant la dernière guerre, réduire au volume de boîtes à chaussures des rations de purée de pommes de terre suffisantes pour cent repas.

Ainsi m'inscrirai-je en faux lorsque d'aucuns "pleurent" sur Babel et l'apparition des la multiplication des langues. Cette émergence linguistique accompagne l'inflorescence du vivant, l'apparition de divers écosystèmes résilients - et  tirant d'un substrat unique l'essentiel de sa subsistance -, l'accompagne dans sa richesse, dans sa diversité, reflète le Réel comme chaque facette d'une boule en verre renvoit un rai différent de lumière.

L'homme dit moderne ne semble pas comprendre que la multiplicité, la différence, tend à solidifier la préhension qu'il peut avoir du réel. Il s'ingénie à détruire ce qui fût au nom de ce qu'il croit devoir être, et impose par la force sa certitude, certainement pour ne pas à avoir à se confronter au doute, à l'immensité, à l’impromptu de l'apparition d'un improbable. Sa soit disant maîtrise n'est un fait qu'un défaut de maîtrise dont l'image se concrétisant ne fait que le faire se raidir...

Tiens, au passage :

- Un forum sur les langues
- Des mots et des merveilles
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Mar 18 Sep 2018 - 14:50

Quand la Science appelle à l’aide pour l’humanité ? Aurélien Barrau, Astrophysicien

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Re: S'agitent les électrons...

Message par Invité le Mar 18 Sep 2018 - 15:13

ah merci j'adore la liste des mots inuit, trop cool si j'ose dire

merduk utuk j'ai pataugé dans l'Matsaq , on n'est pas congelé non lol

et je ne suis pas expert non plus saxophoneroad :-)

et Qorktaq mdrrr... tu rentres bourré igor et bardaf y a un Qorktaq dans le jardin tsss

je suis totalement opposé à la notion de brevet sur le vivant, cette absurdité est due aux multinationales , même absurdité sur les brevets sur l'adn ou pire

l'onu comme chaque fois ne sert à rien

mon corps ne m'appartient donc plus ? ma nourriture non plus ?

pour les semences il ya des résistances locales à ces absurdités, chez nous l'asbl terre et quelques autres disséminent volontairement les semances et plantes anciennes, militantisme

version josé bové et les saloperies ogm

les universités agronomiques je ne sais pas, chez nous on a un organisme universitaire très connu à gembloux nord de la province de namur qui forme des ingénieurs agronomes qu'on retrouve dans le monde entier

ils font aussi de la recherche universitaire

https:// www .gembloux.uliege.be/cms/c_4039827/fr/portail-gembloux

dans une des mes mille vies gamin je vivais non loin de ce lieu

il y aussi des spécialisations dans les biotopes africains et océaniens je pense etc

https: // www .amisdelaterre.be/Main-basse-sur-les-semences

je pense que ce genre de résistance citoyenne existe dans de nombreux pays

parce que bcp comprennent les enjeux réels

la politique elle ne s'y intéresse pas ou est vendue au lobbys

en france cela semble terriblement fort

quand on voit la complexité pour interdire une substance mondialement reconnue comme dangereuse sic...

et surtout le débat sur l'épuisement des sols

https: // fr.wikipedia.org/wiki/Fertilit%C3%A9_des_sols

juste pour le fun c'est le bouillon :-))

https: // fr.wikipedia.org/wiki/Justus_von_Liebig


plus inquiétant

https: // blogs.mediapart.fr/vilmauve/blog/271017/fin-de-la-fertilite-des-sols-dans-le-monde-dici-60-ans

"Mais un rien suffit à balayer ce travail. Les scientifiques s'inquiètent en particulier des dégâts croissants de l'érosion."

c'est le syndrome du déboisement sur couche fine

on peut vraiment créer un désert facilement dans certaines zones c'est cela qu'il faut combattre en priorité

quand la terre fertile est dans des conditions limites surtout on ne touche à rien

et
"Au Brésil, par exemple, la dégradation des sols a pris moins de quatre siècles, avec une érosion multipliée par quatre lors des cinquante dernières années, et des pertes atteignant aujourd'hui 3 milliards de tonnes de terres par an, selon les estimations de la FAO."

sting a foiré son coup..

et eux creveront de faim plus tard

mais il ya des initiatives

https: // www .ladepeche.fr/article/2015/05/12/2102916-l-agriculteur-pionnier-invite-a-la-conference-climatique-mondiale.html


"«Ce n'est pas le sol qu'il faut décompacter, mais les têtes», lance Christian Abadie au comité réuni dans l'une de ses parcelles"

lol

















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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Mer 19 Sep 2018 - 16:31

@ZeZebulon

merci pour les liens et autres infos Smile

Oui, ces mots, je les aime aussi. Ils sont la preuve que l'on peut examiner de près, et substantiver un environnement, car la survie de ceux qui y habitent en dépend. Faire alors disparaître cela supprime également l'attention qui y fut portée, ouvrant au risque, à la nécessité de redécouverte, à l’appauvrissement, à la perte de détail et que sais-je encore...

C'est aussi vrai pour le mapuche, l'iroquois, l'ayamara dont j'ai parlé et tant d'autres vues et savoirs-faire du monde que nous avons passés à la trappe...

Devant alors cette marchandisation du vivant (la France à par exemple passé une loi qui considère le don d'organe comme implicite si monsieur tout le monde ne signifie pas explicitement qu'il refuse !), je rejoins ton analyse : ni ton corps ni ce que tu y fais entrer de nourriture ne t'appartient plus...

Il y a cependant des germes de remise en cause (tout ça en vrac, mais tu feras ton tri) :

http://humanetech.com/

https://bios.fi/bios-governance_of_economic_transition.pdf

http://advances.sciencemag.org/content/3/9/e1700906.full

http://lesakerfrancophone.fr/les-scientifiques-mettent-en-garde-lonu-contre-la-disparition-imminente-du-capitalisme

https://www.theguardian.com/environment/2017/dec/11/tsunami-of-data-could-consume-fifth-global-electricity-by-2025

https://www.eurekalert.org/pub_releases/2018-08/src-ear080118.php

https://www.nature.com/articles/s41561-018-0227-0

Et puis des initiatives :

https://wiki.p2pfoundation.net/French_language

http://www.naturalbuildingblog.com/earthbag-pit-greenhouse-plans/

https://www.theaquaponicsource.com/what-is-aquaponics/

https://www.onecommunityglobal.org/aquapinis-and-walipinis/

Les sols :

https://www.climaterealityproject.org/sites/climaterealityproject.org/files/Soil%20Health%20and%20Climate%20Change.pdf

http://agronomy.emu.ee/vol08Spec2/p08s214.pdf

M'enfin... Sad
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Mer 19 Sep 2018 - 20:46

Joost Merloo a publié, en 1956, un livre, parmi tant d'autres, qui ressort du lot : THE RAPE OF THE MIND: The Psychology of Thought Control, Menticide, and Brainwashing.

Ce livre explique comment le lavage de cerveau est scientifiquement effectué, et affirme que pratiquement personne n'y résiste : "La peur et la pression permanente sont reconnues pour mettre en place une hypnose mensongère. la part consciente de la personnalité ne s'exprime plus. La personne dont le cerveau est lavé vit dans une transe, reproduisant l'enregistrement qu'un autre à gravé en elle".

Vous trouverez ici (en anglais, malheureusement pour ceux qui ne maîtrisent pas cette langue), l'ouvrage en entier librement consultable : http://whale.to/c/rape_of_the_mind.html

Et vous y reconnaîtrez certainement beaucoup de signes qui nous entourent:
- fake news,
- injonctions duales,
- doubles contraintes, comme celle
- peur (terrorisme), et pression (état d'urgence et obligation d'ouvrir sacs et manteaux)
- ...

"Bonne" lecture, et "sortez couverts" ...
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Jeu 20 Sep 2018 - 21:36

George Marshall, dans son livre "Le syndrome de l'autruche : pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique", (Actes Sud, collection « Domaine du possible », 2017 (ISBN : 978-2-330-08029-7)) affirme que sapiens sapiens est guidé par un double appareil cognitif, l'un rationnel et l'autre émotionnel.

Ce n'est donc pas un hasard si ce sont des fictions qui sont à la base des constructions collectives : le "cerveau émotionnel" prend le dessus la plupart du temps. Il est donc nécessaire, plutôt que de vouloir imposer les fictions que nous jugeons positives, de créer les contextes qui réveillent la créativité, stimulent l'empathie, propagent la connaissance et l'enthousiasme.

L'objectif n'est pas d'essayer de créer un système idéal, mais de proposer un cadre dans lequel un maximum de personnes peuvent agir par elles-mêmes

Alors sans doute, dans ce que nous affrontons là, faut-il opter pour la voie du kaizen :."choisir des batailles assez importantes pour compter, mais assez petites pour les gagner".
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Ven 21 Sep 2018 - 11:13

Rabelais disait, dans Pantagruel : "La sagesse ne peut pas entrer dans un esprit méchant, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme."

Alors, que pensez-vous de ça : https://www.boundless.ai/


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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Ven 21 Sep 2018 - 19:48

Nous parlons déchets, nous parlons réchauffement climatique, nous parlons épuisement des ressources, nous parlons énergie, nous parlons des russes et de chinois qui polluent...

Mais il y a aussi ça, qui, curieusement, passe en Europe sous silence :

http://www.thedrive.com/the-war-zone/23704/heres-what-a-sinister-looking-giant-black-pyramid-is-doing-at-an-abandoned-military-base

http://www.geologicnow.com/39_CLUI.php
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Sam 22 Sep 2018 - 15:08

Langues, perceptions et conceptualisation

J'évoquais l'autre jour la langue Aymara et l'inversion du regard de cette dernière sur les notions de passé et futur.

Si je place ma réflexion purement au point de vue physique, au sens scientifique du terme, je m'aperçois de ce qui suit :

Ce que je crois voir du soleil, par exemple, n'est que l'image de lui il y a plus de 8 minutes. Je vois donc son passé, récent certes, mais passé néanmoins.
Ce que j'entends comme voix, comme bruit, est aussi passé, car la propagation du son induit un retard, encore rallongé par (comme la perception lumineuse d'ailleurs) le temps mis à transporter l'impulsion du récepteur vers le cerveau et le temps de traitement du signal.
Suivent alors d'autre phénomènes, comme la mise en corrélation de ces perceptions avec souvenirs, émotions, réflexes, apprentissage... avant même que la pure conscientisation ne s'effectue...

Je n'entraperçois donc que le passé, encore une fois récent, mais le passé quand même...
En ce sens donc, je m'identifie plus au dire Aymara, qui prétend que j'ai le passé devant moi et que "j'avance" vers lui en tentant de percevoir.
Une autre image, pourtant, me vient à l'esprit, sans pour autant drastiquement invalider la précédente : Et si je marchais à reculons ?

En adoptant momentanément cette image, je peux faire l'expérience de pensée suivante :
Le recul que j'opère ainsi induit un écartement par rapport à la source émettrice et étire donc le temps mis à percevoir (puisque, même physiquement (et là en tant que corps), je suis en mouvement, aussi bien matériellement que mentalement - le mental, concentré sur un sujet, ne percevant plus complètement d'autres influx, et ignorant donc des "informations" complémentaires (eh oui, ma finitude se concrétise là aussi...))
et
Tournant le dos au futur, je m'avance à l'aveugle (d'où, par exemple, une certaine crainte, la naissance d'un doute, le besoin d'une croyance...)

Cette conceptualisation Aymara me donne donc une vue alternative, de laquelle mon intuition se rapproche plus.

De plus, venant en collision frontale avec notre conception du vecteur temps, elle met en exergue le phénomène auquel nous sommes à présent confrontés, et qui me semble se résumer en ce qui suit :

Nous serions les uniques créateurs de notre futur, le passé n'ayant plus aucune importance, et devant être bouleversé pour enfin nous libérer de nos chaînes. Bouleversé car représentant un boulet devant les désirs d'innovation dont certains se réclament, en plus que d'y aspirer comme étant une libération de toutes les contraintes.

Cette conception occidentale de notre orientation par rapport au vecteur temps induit, à ma perception, la négation d'une forme plurimodale d'expérience, en prive ainsi "l'actuel" de ressources de pensées, d'imbrications entre écosystèmes locaux et de moyens d'en tirer symbiotiquement partie (intégration collaborative).

De plus, en rejetant les modes de pensée alternatifs, la conception occidentale prive "l'existant" à la fois d'une altérité, des adaptations mentales systémiques ayant fait leurs preuves au sein d'un microcosme intégré, de la représentation de ce dernier au travers d'un langage adapté à une situation environnementale où ce dernier fût "travaillé" afin de représenter au mieux son essence, collant ainsi à l'interopérabilité de l'humain et de l'écosystème local où il se sent évoluer (en quelque sorte, traduisant ainsi le désir d'une forme apaisée de péréquation).

La conceptualisation "la plus étendue possible" se trouve ainsi privée de ressources, ressources ayant pour autant permis une existence ayant laissé des traces effectives et utilisables (puisqu'elles sont encore constatées comme telles, et parfois même encore employées). Mais employées de manière utilitaires à finalité immédiate et financiarisées, et donc décorrélées de leur ontologie, de leu systémique, de leur représentation du monde de leur vecteur de transmission, de leur investissement en tant que cadre d'exploration et d'adaptation, etc...

C'est cette richesse figurative, descriptive, adaptative, réflexe, collaborative, existentialiste... dont nous nous séparons. C'est de ce devoir d'intégration, d'utilisation raisonnée, d'inscription dans une limite ... dont nous nous éloignons.
C'est de ce devoir de réflexion, de l'ardu de la compréhension des échanges entre l'humain et les écosystèmes ... dont nous nous éloignons.

Sans doute parce que, devant la facilité actuelle de tendre la main pour prendre, nous pensons que le chemin s'est arrêté là, et que ce que nous vivons est l'apothéose de la conquête, de la domination de sapiens sapiens sur son environnement.

Nous voulons aller vite, nous voulons laisser le passé derrière nous (encore à l'envers ce ce que les Aymara représentaient). Nous considérons que le temps est disjoint, que chaque seconde est consommée dès qu'elle est achevée, que le résidu de sa "combustion" n'est qu'un déchet au lieu que d'être expérience...

Je suppose qu'en tant que passage d'un train rapide ou d'une voiture sur l'autoroute, vous avez regardé l'extérieur à grande vitesse, et aperçu le flou du paysage proche.
Si vous y avez prêté attention, vous vous êtes aperçu de l'impossibilité à en saisir les détails, et, peut-être, ressenti comme moi combien il était impossible de saisir la moindre once de la réalité que l'on traverse à ces instants forme suprême s'il en est d'éloignement. Nous survolons donc, en un sens nous nous éloignons. Nous fuyons presque. Et cette fuite nous prive des moyens de comprendre l'impact de nos actions, en plus que de ne plus permettre au langage que nous utilisons de représenter cet écart...
Les boucles de rétroaction se font dans le temps long, et nous ne nous les représentons plus ...

(à suivre...)
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Sam 22 Sep 2018 - 22:39

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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Mar 25 Sep 2018 - 21:03

J'aime les livres parce que j'aime me confronter à l'altérité dans le silence et le recueillement. J'aime les livres car il m'évitent l'instantanéité, cette instantanéité que me rappelle l'image du paysage qui défile à toute vitesse derrière la fenêtre d'un train.

J'aime les livres de part l'image changeante qu'ils me renvoient de moi quand je les relis. Quand je perçois, à travers cette relecture, combien ma position a pu varier, muter, se réorienter, comprendre, apprendre, et mon regard ainsi se dessiller...

J'aime les livres dans le temps long qu'ils représentent, dans les couches d'histoire qu'ils constituent, dans les visions du monde qu'ils esquissent, dans les pulsions qu'ils manifestent, dans les cris qu'ils poussent, dans les alertes qu'ils lancent...

J'aime les livres dans les replis humains qu'ils explicitent, dans le regard aiguisé de leurs auteurs sur l'essence de leur ressenti, dans les pieds-de-nez des circonvolutions qu'ils empruntent pour dévoiler leur cheminement...

J'aime les livres pour la patience qu'ils ont nécessitée lors de leur construction. Pour ce travail de fourmi qu'ils cachent, pour ce repli impalpable - préalable à leur élaboration.

J'aime dans les livres le temps qui court; la condensation de ce dernier; car il se compte en heures chez le lecteur alors qu'il s'écoule parfois en années chez l'auteur, voire même s'étale sur une grande partie de sa vie.

J'aime l'offrande que les livres représentent, forme d'ode à la vie. J'aime le présent de l'auteur qui s'accorde le temps de penser le legs de ce qu'il a croisé sur sa route avant même que de l'offrir.

J'aime les livres et les expériences qu'ils recouvrent: à la fois expérience humaine et expérience d'humanité...

J'aime la non-nécessité de réponse que j'ai devant eux, sur l'instant. J'aime le fait de devoir prendre des notes, de poser mes révoltes, incompréhensions, acrimonies reproches, approches, dénis, refus, acceptations... par écrit. Et m'y confronter à nouveau dès que la vague est passée. De me remettre en face de l'ouvrage et de mes éclats en ayant au passage réfléchi et compilé d'autres écrits, en ayant suivi d'autres sentes, en ayant par la même humé d'autres saveurs...

J'aime dans les livres la distance, l'intuition qu'ils demandent au lecteur d’exercer, le ressenti vibratoire qu'exerce la sémiotique au delà de la sémantique...

J'aime les livres. J'aime exercer ce choix qui m'est donné de tendre la main pour comprendre et non de me faire imposer un chemin par un influx circonstancié. J'aime retrouver, par le cheminement de mes pensées, une brisée déjà explorée d'une manière qui m'est toute autre, chaque point relevé dessinant un tableau à la manière impressionniste...

J'aime les livres car ils me semblent représenter l'écoulement du temps à l'intérieur de l'humain et sa difficulté à en tirer l'essence...



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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Mar 25 Sep 2018 - 21:21




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Re: S'agitent les électrons...

Message par Hortense le Mar 25 Sep 2018 - 21:25

"Nous réalisons que ce que nous accomplissons n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan. Mais si cette goutte n'existait pas dans l'océan, elle manquerait."
Mère Thérésa.
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Mar 25 Sep 2018 - 21:50

Hortense a écrit:"Nous réalisons que ce que nous accomplissons n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan. Mais si cette goutte n'existait pas dans l'océan, elle manquerait."
Mère Thérésa.

Certes.
Je me demande de plus, et pas qu'à ce sujet d'ailleurs, si la somme des parties ne fait pas plus que cette dernière. Autrement dit, si nous sommes capables ne serait-ce que d'entrevoir où la somme des interactions nous mèneraient. Et si, comme, dans les mouvements browniens, des facteurs comme la température et/ou la pression (température = énervement chez l'humain, pression = contingences chez l'humain) influent sur le résultat de la sommation ou si encore la quantité "énergétique" locale de notre écosystème humain est "homéostatique" et que l'entropie est par là-même limitée...
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Mer 26 Sep 2018 - 19:38

Plusieurs nuages menaçants semblent désormais s'accumuler au dessus de l'humanité :

- Diminution inquiétante de la biodiversité,
- Changement climatique que l'on attribue (je pense à raison pour grande partie en nos temps) à sapiens sapiens, mais que l'on a constaté également dans d'autres périodes géologiques,
- Surexploitation des ressources

Cette prise de conscience, ce constat, ne semble pas se produire uniquement de manière intellectualisée. L'instinct primal lui aussi parait intervenir : protection du territoire, repli sur soi, désir d'autonomie voire d'autarcie, recherche de sens, remontée des intégrismes (aussi bien politiques que religieux)... recherche en quelque sorte d'un abri devant la tempête qui s'annonce.

L'urgence ressentie, conscientisée ou non, devant le déluge d'informations (certainement si énorme qu'à la fois ni le temps ni la capacité de préhension d'un cerveau humain n'a capacité à le saisir en entièreté, sans parler des interdépendances), s'image comme pouvant ressembler aux éructations et borborygmes d'un volcan sur le point d'éjecter son magma par l'effet de l'intense pression exercée en ses entrailles...
Puis la matière brûlante sort alors avec fracas et fureur, sa retenue par le bouchon de lave durcie surplombant sa caldeira ayant encore augmenté le coefficient de compression et ainsi la puissance de l'éruption.

Cette agitation liée à la perception de l'urgence , humainement parlant, me semble s'exprimer de différentes façons :
- Par un désir de penser à autre chose, de rire, d'ironiser, de détourner le regard.
- Par le désir d'alerter, de crier au loup, de targuer l'autre d'aveugle ou d'incompétent
- Par le rejet systématique
- Par le désir de contrôle, par l'appropriation du résiduel
- Par des arguties, visant à s'assurer d'une domination sur ses semblables, miroir aux alouettes voilant l'impossibilité de l'auteur à prévoir et conceptualiser une voie de sortie autre que l'affaiblissement de ce à quoi il croit et ne veut voir disparaître.

La grande majorité, si ce n'est la totalité de ce que je qualifierai de "réflexes intuitifs", d'incapacité même à nommer la peur afin de l'affronter en face, peut se deviner là. Tout cela me semble correspondre à des manifestations d'une angoisse prenant seulement des teintes différentes...

Ces mouvements de surface masquent certainement un autre ressenti ontologique ; "Que puis-je faire ?". Ils les masquent pour, sans doute, plusieurs raisons dont la liste suivant n'est qu'un pâle, incomplet et faillible survol :
- Parce que, de nos jours, il n'est pas bon de dire que l'on ne sait pas
- Parce que, de nos jours, faire front ensemble n'est plus de mise, l'individualité étant mise au pinacle
- Parce que l'histoire, et l'expérience apportée par celle-ci ne fait plus recette
- Parce que, pendant plusieurs générations, il n'a plus été nécessaire de se confronter à quelque hébétude que ce soit en nos contrées : faim saisonnière, guerres, épidémies ravageuses etc. Et que l'empreinte dans la chair, avec l'expérience qu'elle grave en l'esprit, n'est plus que de l'ordre du cauchemar ou de la dystopie...
-Parce que, dans la perception de la chute, de la régression, d'aucuns se raccrochent à certains chants de sirènes, à des expériences de pensées, à des projections scientifiques, lesquelles, examinées à l'aune de leur possible réalisation révèlent que leur plus grand mensonge est d'occulter la quantité dantesque d'énergie qui serait nécessaire à leur réalisation...

Il y a deux choses, hors religiosité (qui l'apportait à sa manière au demeurant), que l'homme moderne - en majorité - a occultées, ignorées sciemment ou non, évacuées de son esprit et de sa réflexion : Sa petitesse conjointe à sa finitude.

Il a assimilé l'évolution de sa civilisation à un escalier sans fin, s'éloignant à chaque marche qu'il édifiait de la fondation sur lequel celui-ci reposait. Ne remettant jamais en question le poids que chaque degré posait sur l'édifice, la charge ajoutée minant peut-être le soubassement...

Le choc de la prise de conscience - ou d'une forme de réveil instinctif - le fait en quelque sorte surréagir à chaque stimulus qui remet en cause ses certitudes, ses analyses locales et focalisées, son credo,... car il ne se conçoit plus comme étant en interdépendance, comme étant le réceptacle d'une infime parcelle de connaissance, connaissance à jamais passée au moment ou elle vient à conscience...

L'homme n'a jamais été aussi solitaire qu'en nos temps, en plus que de ne jamais avoir été aussi dépendant de l'altérité pour se nourrir, se vêtir, subvenir à ses besoins primaires. Il a intégré réflexivement ce fait, sans en mesurer l'incommensurable fragilité, sans plus même se préoccuper de ce qui permettait à l'écosystème de lui fournir ce nécessaire, et du temps (long !!) que l'environnement prenait à édifier cet état métastable...

L'homme donc réagit à l'écume de choses... Non pas à ses fondements. Il regarde la vague du tsunami comme un spectacle affligeant quand il n'y est pas pris. Il ne sait en grande partie pas que le relief sous-marin participe plus au phénomène meurtrier que la puissance de l'onde générant le mouvement originel... Il va donc s'écharper, se prendre le bec, sur l'angle de vue que son prochain évoque, sur la fatuité que celui-ci peut exprimer, sur le manque de référence, sur la contradiction apportée par une science exploratoire n'ayant pas atteint sa maturité etc.... Mais très rarement sur la possibilité de tenter quelque chose en commun, afin de valider par les sens et la pratique la "possibilité d'une île" (pardon à Michel Houellebecq pour mon plagiat ^^).

L'homme a facheuse tendance à confondre le message et le porteur du message, à dériver du questionnement de base vers l'attaque "ad hominem". A remplacer l'abord multiple de l'outil commun par le sophisme...

Alors...

L'intuition n'est rien sans l'intelligence; elle pousse par l'agitation, quand son alerte est anxiogène, à la violence. L'intelligence n'est rien sans l'intuition, car elle n'est en aucun cas raccordée au système d'autoprotection du vivant et se comporte donc hors sol creusant au sein même de l'être qui la porte cette dichotomie un déchirement qui ne sait alors se dire...

Ne serait-il pas temps de faire taire tout ce brouhaha, de faire retomber les gouttelettes de ce brouillard qui nous aveugle, d'admettre que nous faisons fausse route ?  Et que le temps que nous passons à nous écharper pourrait être utilisé à bien d'autres choses nettement plus primordiales ?

La citation suivante est dans ma signature mais je la remet ici car j'y prête grande attention :

L'attention c'est regarder la totalité de la vie sans le centre de l'intérêt personnel.” - Jiddu Krishnamurti
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Mer 26 Sep 2018 - 20:56

Voulez-vous voir l'agriculture du 21ème siècle et le traitement des animaux ? Quelques exemples :

Aux USA
En Europe
L'huile de palme
Comment nourrir 9 milliards de personnes

Sans oublier le changement climatique

Les photos sont bien plus parlantes, parfois, qu'un long discours...

Attention Pour ceux qui ne connaissent pas la manip, cliquez sur le mot en bleu gras pour ouvrir le lien
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Sam 29 Sep 2018 - 18:12

Au lieu d'un grand texte de ma main, quelques liens ...

https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/netflix-facebook-google-notre-cerveau-adore-les-neurosciences-expliquent-pourquoi-41588

https://www.science-et-vie.com/archives/2-amazon-tinder-les-gratifications-immediates-flattent-notre-systeme-limbique-41590

https://www.science-et-vie.com/archives/3-netflix-youtube-les-contenus-sans-fin-enfievrent-toujours-plus-notre-cortex-visuel-41594

Cela rapporte, donc continue, encore et encore : https://www.boundless.ai

Bon weekend Wink
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Re: S'agitent les électrons...

Message par ludion le Dim 30 Sep 2018 - 20:25

L'article suivant est extrait des Cahiers de Psychologie politique

Colère et temps, Peter Sloterdijk

Cet essai politico-psychologique est écrit par Peter Sloterdijk qui peut être considéré comme l'une des grandes figures de la philosophie contemporaine allemande.

Parmi de nombreuses traductions en français nous avons accès à « Règles pour le parc humain » (Mille et Une Nuits, 1999), « Essai d'intoxication volontaire » (Calmann-Lévy, 1999), et surtout sa trilogie : « Sphères I - Bulles » (Pauvert, 2002), « Sphères III - Écumes » (Maren Sell Éditeurs, 2005).

Après avoir analysé, dans « Sphères », les phases de constitution de l'espace humain, et avoir décrit, dans « Le Palais de cristal », les différentes étapes de la construction de cette sphère de confort et de " gâterie " que s'est offerte l'Occident, Peter Sloterdijk se penche, dans « Colère et Temps », allusion polémique à « Etre et Temps » de Heidegger, sur ce qui constitue selon lui le moteur principal de la civilisation occidentale : la colère.

Elle s'enracine dans une longue tradition philosophique et constitue en fait une partie intégrante de la personnalité humaine. Platon a été le premier à la décrire dans « La République », lorsqu'il note que l'être humain est constitué de trois composantes : une partie désirante, une partie raisonnante et une partie qu'il appelait thymos, ou esprit de vie. C'est cette dernière qui pousse l'homme à chercher la reconnaissance de sa propre dignité ou celle des objets (biens, principes, communauté.. ) qu'il investit de dignité.

D'Homère à Lénine, de la Bible au Petit Livre rouge, de Caïn à Freud, Sloterdijk démonte les mécanismes de ce sentiment pulsionnel et pourtant manipulable. Il montre comment la colère, d'abord instinctive, se transforme peu à peu en une " banque mondiale de la vengeance", où l'on utilise les sentiments de révolte des opprimés comme une monnaie qui permet d'arriver au pouvoir " un système qui a forgé un millénaire durant l'histoire de l'Occident ".

Il analyse les formes bibliques, anarchistes, léninistes, fascistes et maoïstes de la colère et de son expression, la vengeance. Il s'interroge sur le rôle actuel de l'islam politique dans cette histoire. Et Sloterdijk annonce avec bonheur la faillite de ces organisations revanchardes, pour l'avènement d'un monde « au-delà du ressentiment »

On devine en Sloterdijk un grand lecteur, familier de Hegel, de Nietzsche ou de Heidegger, du symbolisme allemand, de la phénoménologie, de Foucault ou de Lacan également, et de tant d’autres… Mais les chemins qu’il trace lui sont spécifiques. Dans sa trilogie : « Sphère », il renouvele l’anthropologie philosophique en fondant une analyse de l’homme sur la dialectique de l’intime et de l’extérieur (y compris les extérieurs sociaux : couple, famille, nation…). Cela lui permet d’aborder la philosophie politique avec un appareil théorique que nous pourrions qualifier de « psychopolitique ». C'est en effet, et c'est là ce qui pour nous fait son originalité, une philosophie politique qui s’intéresse aux affects, aux liens et aux passions autant – sinon plus – qu’aux institutions et aux idéologies.

La condition humaine entre thymos et eros : Les affects « thymotiques »

« Colère et Temps » analyse les conséquences d’un fait simple, mais qui est peut être un perdu de vue actuellement : l’homme n’est pas seulement animé par les affects "érotiques" (jouissance, possession), mais tout autant par les affects "thymotiques" (fierté, colère, vengeance), et dans ces deux familles d’affects cohabitent le positif et le négatif.
Pour Sloterdijk, les affects « érotiques » (au sens platonicien qui établit une convergence entre eros et avidité) vont bien au-delà de la sexualité. Ce sont des affects fondés sur le manque et sur l’idée qu’une possession ou une action pourraient le combler. En ce sens on peut dire avec G. Bataille que l’économie a une dynamique érotique (ce que je désire, je peux en offrir un équivalent - argent, travail ou autre bien - et en avoir la jouissance). Il est évident que notre siècle de psychanalyse, de triomphe du spectacle et de théories de l’acteur rationnel, privilégie la perception de ces affects érotiques.
Mais les affects "thymotiques" (du grec thymos , courage, colère sentiment de fierté, vengeance ), qui sont tellement occultés aujourd’hui, sont largement aussi importants dans la psychologie humaine contemporaine. Occultés de la pensée académique, des théories du pouvoir, des discours sur le monde, mais présents, à un point jusqu’alors jamais atteint, dans la littérature populaire et dans le cinéma d'action. Ils sont un moteur important des activités et des engagements politiques. D'ailleurs, quand on veut bien le regarde,r on découvre que ce sont les fiertés, et les révoltes qui expliquent la plupart de ces engagements ainsi que bien des conflits.

Le premier chapitre de Colère et Temps rappelle à quel point la colère de l’Antiquité gréco-romaine est un affect incompréhensible aujourd’hui. Cette colère, l’Iliade nous la décrit en ouverture "Cette divine colère d’Achille, le fils de Pelée, chante la nous, Déesse " Elle est relatée comme un véritable souffle prophétique, c’est l’âme même du héros, soit la seule force qui fait que le monde n’était pas une simple nature. Le héros, et son rhapsode, s’opposent au néant, pour que "sous le soleil se produise davantage que l’indifférent et l'éternellement identique". Ils le faisaient "pour que le monde croisse par du neuf et du glorieux."

Les affects thymotiques : leur gestion religieuse

Cette colère a posé problème à l'homme et tous les efforts de culture, de morale et de civilisation vont s’employer à la domestiquer. Avec succès peut-il nous sembler dans un premier temps. "Honneur, ambition, fierté, haut sentiment de soi-même – tout cela a été dissimulé derrière un mur épais de prescriptions morales et de "connaissances" psychologiques qui revenaient toutes à mettre au ban ce que l’on appelle "l’égoïsme" C’est ce que Nietzsche avait déjà perçu.

La domestication progressive de la colère, a d'abord été essentiellement métaphysique, depuis les fondements bibliques jusqu’à l’économie du salut de la doctrine chrétienne. Sloterdijk rappelle la violence par exemple des psaumes :

   "Ô Dieu, brise en leurs bouches leurs dents
   (…) Qu’ils s’écoulent comme les eaux qui s’en vont
   Comme l’herbe qu’on piétine, qu’ils se fanent !
   Comme la limace qui s’en va fondre
   Ou l’avorton de la femme qui ne voit pas le soleil" (Psaume 58).


On est loin de la morale de l'humilité que le christianisme essaye de diffuser de nos jours !

Dans cette entreprise, le judéo-christianisme s’employa d’abord à transformer la colère en un attribut divin, qui fut lui-même progressivement "civilisé". Il construisit des manières de "parler" cette colère, d’en faire une histoire collective, ensuite il introduisit la dynamique apocalyptique. Pour P. Sloterdijk : « le deuxième siècle avant J. C. doit effectivement être considéré comme une ère clé, parce que depuis cette date l'esprit d'insatisfaction radicale est placé devant un choix …... Les colériques disposent de l'alternative historique entre l'option des Macchabées et celle de l'Apocalypse, en un mot entre l'insurrection anti-impériale séculaire et l'espoir religieux ou para-religieux dans la chute globale des systèmes ». (P. 130)

Le christianisme introduit deux innovations majeures dans l’histoire naturelle de la colère : un renvoi de la vengeance vers l’au-delà et un arbitre divin et omniscient intervenant au jour du jugement dernier pour rétablir les équilibres. Ensuite l'auteur nous entraine dans une passionnante réflexion sur la mise en place par l'Eglise de ce processus, mais cela déborderait le cadre de cet article. Il conclut par une réflexion sur Luther et sa critique du trafic des indulgences en montrant comment « le commerce de l'angoisse eschatologique » va stimuler le commerce dans le début de la modernité et favoriser l’émergence du capitalisme.

Les banques de colère

Ce premier effort d’accumulation et de mise en avant de la colère conduit Sloterdijk à introduire un concept qui va se révéler essentiel dans sa description : celui de « banque universelle de la colère ».
Pour l'auteur "la fonction bancaire couvre un secteur de phénomènes beaucoup plus large que celui des transactions monétaires. Des processus analogues à ceux de la banque interviennent partout où des entités culturelles et psychopolitiques – comme les découvertes scientifiques, les actes de foi, les œuvres d’art, les contestations politiques et autres – s’amassent pour passer, à partir d’un certain degré d’accumulation, de la forme du trésor à la forme du capital".

Si on considère le "trésor" comme l’accumulation statique d’une valeur, quelle qu’elle soit, reposant sur l’attente du coup dur rendant son utilisation nécessaire, le "capital", au contraire, est un trésor investi qui "travaille", qui prend des risques pour produire des dividendes. Corollaire de cet emploi dynamique, le capital est difficile à mesurer et nécessite des méthodes d’établissement de bilan et des outils sophistiqués de mesure comptable. Il est donc fiduciaire c'est à dire reposant sur la confiance.
Pour P. Sloterdijk de même qu'il existe des banques qui transforment en capital le trésor des particuliers, il existe des "banques de colère" qui sont nées à tâtons à partir du mouvement de sécularisation et de laïcisation des Lumières.

La gauche et le rêve d’une banque mondiale de la colère

A partir de ce raisonnement on peut penser une nouvelle définition psychopolitique des « partis de gauche" : de fait, ils doivent être perçus comme des banques de la colère qui, si elles connaissent leur affaire, font avec les placements de leurs clients des profits relevant de la politique du pouvoir et de la thymotique."

Partant de ce postulat P. Sloterdijk parcours la longue, terrible et sanglante saga des Révolutions, des mouvements anarchistes et socialistes, ainsi que des expériences communistes, dans des pages précises, dures, sans compromis ni illusions. Il serait impossible de résumer ici cette longue relecture historique, contentons-nous d’en relever quelques aspects :

   La stratégie partagée de mouvements qui doivent activer, puis capter, les pulsions thymotiques et jouent pour ceci sur des ressorts archaïques (amour de la patrie, peur, rejet de l’autre) ainsi que sur une grande discipline.

   Il montre les contraintes liées à la concentration de la colère : il faut des militants disciplinés, capables de différer leur vengeance, pour que la révolution ou la prise du pouvoir aient une chance d’advenir. Il y a donc tout un travail d’éducation, de disciplinarisation importante de ces militants qui, in fine, place ces mouvements en réel danger de dérapage dictatorial.

   Il rappelle la contradiction intrinsèque de mouvements qui, prétendant gommer toutes les injustices, oublient qu’il est impossible, dans "le parterre d’un théâtre de placer tout le monde au premier rang"

   Il souligne les similitudes terribles, dans la gestion des affects thymotiques, entre le communisme d’un Lénine ou d’un Staline et le fascisme ou même le nazisme. Sans confondre, bien sûr, les deux idéologies, Sloterdijk pointe, de manière extrêmement convaincante, les convergences de méthodes et de dynamiques psychopolitiques, tout en mettant à jour des mécanismes ayant réellement servi de point de contact dans l’élaboration de ces deux systèmes terribles du XXe siècle.

   Il fait un portrait sans fard et sans concession des systèmes communistes, considérés comme des banques centrales de la colère, prétendant devenir des banques mondiales, procédant par "extorsion de fonds" (captation de la colère des peuples, ou d’une apparence légitimité à en être le dépositaire, par un habile mélange de terreur et de rabaissement permanent des individus ; entretien de la guerre extérieure ou civile, les thymos nationalistes étant plus faciles à mobiliser).

   Au passage, Sloterdijk rappelle avec fermeté quelques vérités historiques : l’incroyable "classicide" des Koulaks, qui fit plus de 9 millions de morts autour de 1930, les 30 millions de mort du "Grand bond en avant", l’indécence de ceux parmi nos philosophes français qui ont dansé sur ces monceaux de cadavres, qu’ils se le soient autopardonnés, comme André Glucksman, ou qu’ils persistent, comme Alain Badiou. Il rappelle que le "classisme " a fait encore plus de victimes que le racisme au cours du siècle passé et que les complaisances à son égard sont absolument inacceptables - mais compréhensibles, en revanche, à travers cette lecture "thymodynamique". »

Notre époque

L'étude des utilisations psychopolitiques des affects thymotiques lui permet d’aborder avec brio plusieurs aspects de notre époque.
Actuellement pour Sloterdijk, la colère a renoncé à l’intelligence. Plus de constructions théoriques, plus de banques centrales : la colère s’égaye et s’éparpille. « La radicalité ne joue plus de rôle dans l’hémisphère occidental qu’en tant qu’attitude esthétique, peut-être encore comme habitus philosophique, mais plus comme style politique. Faisant preuve d’une grande cohérence, le centre, le plus informe des monstres, a compris la loi du moment et s’est proclamé acteur principal, voire unique artiste de la scène post-historique. Ce qu’il touche lui ressemble aussitôt : bienveillant, sans caractère, despotique. Les agents de l’impatience historique d’antan sont au chômage, l’esprit du temps ne leur propose plus de rôles. A présent, on réclame des gens ennuyeux auxquels on peut faire porter le fardeau. »

La question est de poursuivre l’examen du traitement politique des affects thymotiques en laissant au politique le soin de relever un nouveau défi : "si l’une des leçons du XXe siècle a été que l’universalisme depuis le haut est voué à l’échec, le stigmate du XXIe siècle pourrait être de ne pas réussir à former à temps, depuis le bas, le sens des situations communes".

Dans les éruptions de violence des banlieues l’auteur ne perçoit que des mouvements tellement brisés qu’ils sont en deçà même du nihilisme, et n'ont aucun potentiel de "capital thymotique" dans la mesure où « toute espèce de coopération ciblée avec leurs pareils représenterait le pas vers la transcendance, la non-lassitude, la non-défaite et ne pas faire ce pas est leur vengeance la plus intime contre la situation."

Les partis de gauche dans un monde érotique

La lecture psychopolitique de Sloterdijk nous paraît éclaire d’un jour nouveau les partis de gauche, notamment Français et Italiens en dépassant les analyses sommaires sur les responsabilités des uns ou des autres. "Ce qui est en jeu dans la modernité économique, c’est tout simplement le remplacement du pilotage thymotique des affects (qui n’a que l’apparence de l’archaïsme), en même temps que ses aspects incompatibles avec le marché (qui n’ont que l’apparence de l’irrationnel), par la psychopolitique, plus conforme à l’époque, de l’imitation du désir et de la culpabilité calculatrice. Cette métamorphose ne peut être obtenue sans une profonde dépolitisation des populations – et, liée à celle-ci : sans la perte progressive du langage au profit de l’image et du chiffre. Les partis de la gauche classique, notamment, dans la mesure où ils sont en soi des banques de colère et de dissidence, ne peuvent, dans ce nouveau climat, se faire remarquer que comme des reliques dysfonctionnelles. Ils sont condamnés à lutter, avec des discours laids, contre les images de belles personnes et des tableaux de chiffres durs ce qui est une entreprise vouée à l’échec. En revanche, les social démocraties du type New Labour, évoluent comme des poissons dans l’eau dans l’élément de l’érotisme capitaliste – elles ont abdiqué leur rôle de partis de la fierté et de la colère, et ont pris le virage menant vers la primauté des appétits.".

Cette situation est d’autant plus complexe que, pour l’auteur, les victoires de la sociale démocratie ont été acquises grâce à l’effet de repoussoir des dictatures communistes de l’Est (au grand dam de ces dernières qui avaient plus de haine envers les réformistes qu’envers le capital lui-même), et que, depuis 1979 (Thatcher, Afghanistan, Iran…), le capital a entrepris un vaste audit sur le coût de la paix sociale et a conclu à la possibilité de la maintenir à moindre prix.

Et maintenant

La conclusion de P. Sloterdijk nous laisse un peu sur notre faim même s'il propose quelques pistes de travail pour une politique de notre temps.
« Nous sommes persuadés que la colère (avec ses frères et sœurs thymotiques, la fierté, le besoin de se faire valoir et le ressentiment) représente une force fondamentale dans l’éco-système des affects, que ce soit d'un point de vue interpersonnel, politique ou culturel ».

Certes la colère ne sera plus universelle comme dans le communisme, sa collecte sera régionale.

Pour Sloterdijk ce qui est dépassé : c'est la culture judéo chrétienne du ressentiment. Mais elle a permis grâce à son effondrement l'émergence de « ce phénomène, hautement improbable qu'est « la critique » pour autant que l'on entend par là, l'esprit enflammé par un ressentiment devenu génial, de l'insoumission aux faits purs, et plus précisément aux faits de l'injustice » (P. 316)

Et il ajoute plus loin : « le souci de Nietzsche visait le remplacement de cette figure toxique qu'est « l'humilité vengeresse » par une intelligence à laquelle on ne peut parvenir sans une culture ouverte de l'ambition. Celle-ci devrait être post-monothéiste en ce qu'elle brise radicalement les fictions de la métaphysique de la vengeance et de ses reflets politiques. »

Ce texte foisonnant très riche en réflexions et en connaissance précises des recherches politiques, philosophiques et sociologiques contemporaines est écrit dans une langue fluide, excellemment traduite par Olivier Mannoni. La qualité pamphlétaire de l'auteur rend parfois la lecture jubilatoire, ce qui est assez rare dans ce genre d'essai.
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