Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

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Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Invité le Dim 18 Fév 2018 - 20:38

Ça fait maintenant dix ans que je m’intéresse aux questions environnementales, que je mange bio, que je désire agir pour la protection de l’environnement sans vraiment y parvenir. Je connais grosso-modo les différentes problématiques environnementales actuelles – et elles sont nombreuses – sans pour autant être capable de bien les expliquer, étant donné le degré de précision auquel j’aspire. J’ai suivi quelques MOOC (les cours en ligne gratuits) dans ce domaine et enregistré beaucoup d’autres, sans pour autant parvenir à m’y mettre. Le problème est que ça me déprime.

Le fait est que je souffre d’un trouble anxio-dépressif, mais même avant ça, les problématiques environnementales me touchaient beaucoup. Apprendre les destructions de forêts, les disparitions d’espèces, les pollutions, l’augmentation inexorable des émissions de CO2 et j’en passe, me rend malheureuse. J’aime la nature, je trouve important de la respecter, de la sauvegarder et de chercher une juste place en son sein. Je comprends l’intérêt de l’industrialisation et du confort qu’elle nous apporte, mais je déplore la destruction de la nature qui l’accompagne.

J’ai un temps cru trouver une voie d’action dans le milieu « écolo-alternatif », où des gens un peu fous et surtout très idéalistes tentent de cultiver autrement (petites fermes avec vente directe, en bio, parfois en utilisant la traction animale, ...), d’habiter autrement (éco-construction, habitats légers, éco-hameaux, ...), d’éduquer autrement (plus d’activités manuelles et créatives, plus de lien avec la nature, recherche de coopération et de médiation entre les enfants, ...) et j’en passe. Malheureusement, je n’ai pas trouvé ma place dans ce milieu un peu trop marginal à mon goût. Je recherche plus de lien avec la société dans son ensemble.

Une action positive (sans être idéaliste) me semble nécessaire pour faire face à l’anxiété que génèrent en moi les problèmes environnementaux. Mais quel genre d’action ? Où ? Comment ? Avec qui ? Une chose qui me pose problème est l’accès à l’information sur les problèmes écologiques du monde entier. Mettre beaucoup d’énergie, de travail et d’espoir dans une action locale me paraît presque inutile au regard de tout ce qu’il y a à faire à l’échelle de la planète. L’image du colibri a du mal à me satisfaire. En même temps, je sais bien que très peu de personnes ont la capacité d’agir à une plus grande échelle et que les rares élus sont des personnes plutôt charismatiques, ayant un certain sens de la politique, capables de s’affirmer haut et fort, que des choses qui ne me ressemblent pas.

Ma question, qui s’adresse bien sûr aux personnes sensibles à l’écologie, est donc double :

- comment parvenez-vous à ne pas être découragé, anxieux et/ou déprimé face à toutes les problématiques environnementales qui secouent notre monde ?

- parvenez-vous à agir en faveur de l’écologie et si oui, de quelle façon ? Quelles sont à vos yeux les avantages, les difficultés et les limites de votre action ?


Merci d’avance pour vos partages Smile

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par holokian le Dim 18 Fév 2018 - 21:44

Je préfère agir en amont en premier lieu, même si à mon échelle j'agis déjà un peu : je fais du compost, ça fait déjà longtemps que j'utilise peu d'emballages, pas trop de viande, etc.

Mais le problème des gens n'est pas l'action écologique, mais leur rigidité collective. C'est pour ça qu'ils ne se mettent pas suffisamment à l'écologie. L'humain n'aime globalement pas le changement, sauf si on cultive cette qualité.

Il y a plus de 15 ans que je refuse les sacs de supermarché, mais les gens s'y mettent. Là où je passais pour un extraterrestre, ça devient de plus en plus banal.

Bref, je préfère faire de la pédagogie, aider les gens à changer d'état d'esprit, et le reste viendra plus facilement. Mais chacun ses talents. Quels talents as-tu et quel angle d'attaque direct ou indirect pourrait tu utiliser ?
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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Invité le Dim 18 Fév 2018 - 21:57

Hello Tempête!

Merci pour ce sujet très intéressant. Voici mes réponses à tes 2 questions :

- comment parvenez-vous à ne pas être découragé, anxieux et/ou déprimé face à toutes les problématiques environnementales qui secouent notre monde ?

Parfois je le suis bien évidemment, mais je me concentre sur ce qui a été fait de positif, notamment :
- fin des essais nucléaires dans le Pacifique
- amélioration des moteurs auto
- nouvel Airbus A350, qui va consommer bien moins de carburant
- fin des sacs plastiques dans les magasins
- développement du recyclage dans plein de villes
- meilleure isolation, fenêtres double vitrage

Ensuite je regarde ce qui se fait, et on s'aperçoit que beaucoup de gens sont sensibles, que des petites entreprises ou des initiatives fleurissent à droite à gauche et se font connaître via internet, ce qui n'était pas possible avant.

- parvenez-vous à agir en faveur de l’écologie et si oui, de quelle façon ? Quelles sont à vos yeux les avantages, les difficultés et les limites de votre action ?

Oui, carrément oui. J'ai mis en place les actions suivantes :
- passage d'un véhicule diesel, à un véhicule essence, léger, et peu puissant
- manger moins de viande
- consommer local pour tout ce qui est dispo en local (miel du coin, vin du coin...), vais pas acheter une saucisse corse alors que le Tarn est un temple de la charcuterie
- refus de skier et d'aller polluer la montagne (voiture avec chauffage à fond, industrie du ski polluante)
- recyclage de tout ce que ma commune recycle : carton, papier, plastiques, verre, piles, bouchons
- boycott des entreprises destructrices (Monsanto, Coca...) et des produits ultra transformés
- arrête de tour impression au travail, arrêt de l'usage des gobelets en carton
- changement de banque pour des banques moins polluantes et qui n'investissent pas dans le charbon par exemple (les mauvais élèves étant le Crédit Agricole et la BNP par exemple)
- tri de mes mails (Gmail avance que l'on peut ne rien supprimer, mais la donnée, c'est du serveur, c'est de la chaleur, et c'est dans les zones froides que cela se passe, donc faut limiter la donnée)

Voilà, ensuite, moi qui travaille dans l'industrie de l'emballage, j'ai toujours tout fait pour augmenter les critères environnementaux auprès des fournisseurs. Longtemps en charge de les auditer, j'ai été très pointilleux et leur ai demandé de nombreuses actions, j'ai même refusé d'homologuer des fournisseurs pour raison écolo, les forçant à agir pour avoir le marché. J'ai vu des usines réduire leur consommation d'eau de 50%! Imagine si toutes les usines optimisaient à ce point!!

Ensuite j'ai imaginé des circuits de recyclage atypiques, histoire d'offrir au moins une seconde vie à des déchets. Par exemple, des rouleaux de bandes blanches plastifiées non-conformes (utilisées pour fermer des sacs de croquettes). Je les aient donné à des clubs d'athlétisme qui organisent des courses (pour baliser le parcours).

Dans ma boîte, les blouses papier des visiteurs étaient conservées et données à des entreprises de jardinerie pour couvrir les oliviers l'hiver. J'ai relayé tout ça à tous les fournisseurs. Dans mon job, j'ai vraiment eu le sentiment de peser à plus grande échelle.

Dans la vie perso, je regrette de ne pas pouvoir prendre le train plus souvent, trop cher, trop lent, trop bizarre. J'aurais aimé aussi avoir un job en ville, pouvoir y aller à pieds, ne pas avoir à utiliser ma voiture tout le temps. Comme dans les années 90, tous les services étaient à côté. Dans une ville comme Castres désormais, plein de choses disparaissent, on doit aller des fois à Toulouse pour des trucs qu'on avait devant la porte jadis.
J'aurais aimé aussi aimer un autre sport que le patinage. Mais ça me rend heureux, et quand je suis heureux j'ai de l'énergie pour me battre. Mais ça reste paradoxal au final.

Voilà, j'aimerais aussi en faire plus, plus vite. Parfois j'ai moi aussi envie de vivre sans me prendre la tête, j'en ai parfois marre de faire des effort et de voir qu'à côté de moi certains ne font strictement rien, même pas les choses de bon sens (comme ne pas jeter ses papiers par terre).

Après pour quelqu'un qui a de l'argent et qui est flemmard, on peux acheter pas trop cher plein de terrains non constructibles et veiller à ce qu'il reste arborés, voire y replanter des arbres. Si on est encore plus riche, on peut acheter des vieilles maisons en centre-ville, les tomber et en faire un jardin, réintroduire de la verdure en ville.
On peut aussi avec un plus petit budget acheter des parcelles de forêt en Ecosse.

Voilà pour quelques idées et sentiments plus ou moins en vrac.

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Invité le Dim 18 Fév 2018 - 23:15

Chouette, des réponses Very Happy

@ holokian: je préfère ne pas évoquer mes compétences (je n'oserais parler de "talents" Wink ) pour l'instant, parce que ce que je souhaite avant tout par le biais de ce fil, c'est m'ouvrir l'esprit, agrandir le champ des possibles via les expériences et idées des autres. J'ai fait un petit topo me concernant pour permette aux autres de mieux situer le contexte de mes questionnements mais je ne cherche pas à identifier un projet précis pour l'instant.

@ davidabricot:
- Se concentrer sur le positif: je vais essayer de le faire davantage. J'ai déjà utilisé cette stratégie, je vais tenter de la retrouver.

- Les petites actions personnelles: j'en fais aussi un certain nombre. J'ai pas (encore) changé de banque, mais vu ma richesse, y a pas grand-chose à investir dans le charbon ^^

- C'est super tout ce que tu as réussi à faire via ton boulot! C'est effectivement le genre d'actions qui donne le sentiment de faire plus qu'une "goutte de colibri" je pense. Bon alors, faut que je devienne auditrice (?) dans le domaine de l'emballage et que... Ah non, c'est pas ça. Chacun sa voie, il paraît...

- C'est étonnant ce que tu dis sur Castres et la nécessité d'aller jusqu'à Toulouse, j'avais justement l'impression qu'il y avait partout de plus en plus de zones commerciales avec tout plein de magasins (ce qui est sans doute positif en termes de consommation de carburants, mais pas en termes d'artificialisation des sols).

Je vois que tu es un brin idéaliste toi aussi (cf le patinage par ex) et que tu es parfois découragé par le je-m’en-foutisme des autres. Je crois que c'est ce dernier qui me désole le plus. Il m'arrive de culpabiliser parce que mes actions ne sont pas suffisamment écolos à mon goût, et puis je passe dans une grande surface ou vois des gens avec leurs courses dans le bus, et là je me dis qu'on est bien bien loin du compte. Ce que je fais, et qui me paraît insuffisant, est déjà bien au-dessus de la moyenne!   Mad  

Pour revenir un peu à ce que disait holokian, je crois que "les gens" me dépriment tout autant que les problèmes environnementaux. Il est quand même pas mal question d'environnement depuis une vingtaine d'années, et malheureusement j'ai l'impression que peu de gens sont prêts à agir vraiment. J'ai dans ma famille élargie beaucoup de personnes qui sont à l'aise financièrement (classe moyenne), qui investissent de l'argent dans leurs voitures et dans leurs loisirs, mais continuent à consommer en cherchant toujours à faire les "meilleures affaires" plutôt que de rechercher l'éthique (environnementale et humaine) et la qualité (que ce soit pour la nourriture ou les objets).

Pour ce qui est de la nourriture, on entend souvent dire que "le bio, c'est cher", que tout le monde ne peut pas se le payer, mais si déjà ceux qui le peuvent le faisaient, ça serait un grand pas! Perso, ça fait 6 ans que je vis en dessous du seuil de pauvreté et que je continue de manger presque à 100% bio. Par contre, je mange assez peu de viande ou poisson, je n'achète pas de plats préparés, je ne mange jamais au resto et n'achète pas de nourriture à emporter. Manger bio, c'est sans doute plus une question de mode de vie et de choix de dépenses que de réelles possibilités financières (sauf dans les cas de pauvreté extrême, bien entendu).

Bref, tout ça pour dire que j'ai l'impression que l'écologie n'intéresse les gens que s'ils y trouvent un intérêt personnel. S'ils ne sont pas convaincus que ça peut améliorer leur confort de vie, leur plaisir, leur santé ou que sais-je, la plupart s'en tapent. À mon avis, la surconsommation actuelle des ressources est un très mauvais calcul, mais peu de personnes ont une vision à long terme. Et dans tous les cas, les solutions ne sont pas évidentes à trouver, dans notre système mondialisé mené par l’économie.

Bon, je rajoute à la liste de conseils à me donner : réduire mon échelle d’analyse. Il doit bien y avoir quelque chose de satisfaisant et accessible entre la part du colibri et l’échelle mondiale... Smile

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par holokian le Dim 18 Fév 2018 - 23:51

Alors pour le côté plus écolo en soi, voici des trucs que je fais :

S'intéresser aux initiatives locales comme par exemple, un magasin zéro déchet (on vient avec ses bocaux). Je privilégie le local également, pour éviter les transports inutiles. Je suis pour la récupération, un maximum de ce qui est fonctionnel, plutôt que d'acheter du neuf.

Mes connaissances sur le bien-être psychologique montre également que les gens vont chercher le bonheur au mauvais endroit, car ils sont influencé par la pub et la société.

J'aime l'idée de privilégier le temps qu'on a, sur les possessions.
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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Invité le Lun 19 Fév 2018 - 23:28

Je voue rejoins sur les attitudes outrancières des "gens". J'arrive à concevoir que certains ne fassent pas trop, c'est malheureux, mais la consommation, tout ça ne poussent pas vraiment dans le sens de l'écologie. Pour autant, je n'arrive toujours pas à comprendre les comportements les plus abusés :
- jeter les papiers par terre
- les gens qui roulent avec des voitures qui font des nuages noirs
- les gens qui prennent la voiture pour aller à 1km : il y a 2 semaine j'ai vu une femme prendre sa voiture, pour la bouger d'un magasin au magasin d'à côté, soit 30m. J'ai attendu, histoire de voir si elle avait un pied dans le plâtre ou non. Et rien! Et le pire, c'est que le magasin 1 était Grand Frais, et le 2 un magasin bio...

Bref, comme les 4x4, enfin les "SUV" qui pullulent partout. Et les gens qui disent que l'essence est chère, alors qu'ils roulent à 150km/h sur autoroute...

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par chuna56 le Lun 19 Fév 2018 - 23:47

Avec 1h de trajet pour aller à mon travail, difficile d’être ecolo Embarassed

À côté de ca, j’essaie de faire passer le message à mes élèves, je me dis que je plante des graines.
Si un jour je ne suis plus dépassée par les événements de ma ciel, j’essaierai de mener des actions concrètes.

En attendant, je fais des petits efforts, « comme tout le monde ».

Je trouve que les mentalités changent douvement, même si c’est pas assez vite, mais ça change qd même.

Pourquoi ne pas commencer par partager tes connaissances et conseils sur des réseaux sociaux par ex ?
Vu tes compétences, tu serais capable de faire des exposés de vulgarisation scientifique qui seraient très utiles à tout le monde.

Je suis naïve, je crois fortement aux actions individuelles multiples.
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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Invité le Mar 20 Fév 2018 - 0:05

Je suis d'accord chuna56, même si des petites actions peuvent paraître petites, au final, si elles étaient appliquées par le plus grand nombre, je suis sûr que l'on vivrait déjà dans un monde meilleur.

Pour la voiture, c'est râlant, mais le monde actuel fait qu'il est difficile de ne pas rouler, surtout pour le travail. Après, on peut rouler "écolo", à savoir :
- petite voiture, essence, moteur peu puissant
- faire correctement ses vidanges, changements de filtre
- avoir une pression de pneu adaptée
- ne pas rouler comme un débile

La mesure des 80km/h est une bonne chose en ce sens, pour peu que quelqu'un la suive... mon aller/retour Castres-Cognac ce jour, sur autoroute à km/h en régulateur à me faire doubler par 90% des voitures me laisse pas très optimiste... à moins que ce soit mon régulateur qui déconne...

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Invité le Mar 20 Fév 2018 - 0:40

@ chuna: la sensibilisation est effectivement ce qui me trotte dans la tête, mais j'ai le sentiment d'avoir des connaissances trop éparses et pas suffisamment maîtrisées pour la faire correctement. D'où mon envie de suivre des MOOC pour consolider mes connaissances et me mettre à jour. Mais je n'arrive pas à m'y mettre.

J'ai eu un projet de blog sur l'agriculture et la consommation responsables il y a un peu plus d'un an, mais je l'ai vite laissé tomber. J'étais un peu trop seule dans mon coin pour faire ça aussi, faudrait que je réintègre un réseau écolo pour pouvoir échanger, faire relire ce que j'écris, ce genre de choses.

À voir si j'arrive à me remotiver, en faisant un projet un peu moins ambitieux que celui que j'avais en tête, peut-être.

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par chuna56 le Mar 20 Fév 2018 - 11:16

Tu sais miss, des connaissances, tu en as, et à mon avis largement assez pour commencer. J'ai pas de doute là dessus.

Après, je comprends la difficulté de se lancer. J'ai la même (et sans la dépression), je sais à quel point des fois c'est sur, sans trop qu'on sache pourquoi même.

La taille gigantesque des projets est une des raisons, parfois, je pense ^^

T'as pas de difficultés sociales, toi, si ? (au delà de ton état actuel je parle)
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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par holokian le Mar 20 Fév 2018 - 11:56

Une technique possible, c'est de faire un pas après l'autre. Se dire, je vais me former, ça peut réveiller toute sorte de commentaires, qui vont nous bloquer. Au contraire, il est possible de se concentrer sur le premier pas, la première action, le premier mooc, ignorer les commentaires intérieures, et juste faire ça.

Et d'autres commentaires intérieurs risquent de surgir, c'est pas grave, tu pourras te concentrer sur le deuxième pas.
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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Invité le Mar 20 Fév 2018 - 12:34

Aller, puisque l'on parle de formation, je vais vous parler d'un sujet (le mien), mais ça peut vous déprimer : le carton.

Notre ami le carton est donc obtenu à partir de fibre, de pin par exemple (dans les Landes). Lorsque l'on travaille la fibre "vierge", on va obtenir du papier kraft. La fibre est longue, forte, et on va monter un carton (avec cannelures, tout ça) très résistant, notamment à l'humidité.
Ce type de carton est largement utilisé dans l'industrie pour convoyer tout type de produits, notamment en Asie (humidité, transport long). Ensuite, les carton kraft sont recyclés, et on fabrique avec des cartons également très résistants, mais un peu en deçà des performances du kraft (les méthodes de recyclages, chimiques, ou mécaniques, altèrent la qualité des fibres initiales).
Et ainsi de suite, on recycle le carton plusieurs fois, en obtenant chaque fois un carton de moindre qualité, jusqu'à arriver à la boîte à œufs par exemple ou autre éléments de calage.
Il y a 10 ans, on recyclait un carton une dizaine de fois, désormais on approche de la vingtaine! C'est donc une bonne nouvelle, une fibre "vierge" va avoir presque le double de cycles de vie.

La mauvaise maintenant, c'est que les grands groupes, veulent du carton "recyclé", histoire de faire de l'écolo-marketing. Mais comme on l'a vu plus haut, cela n'a rien d'écologique, puisque le fameux carton recyclé est en fait un ancien kraft, pas plus naturel qu'autre chose. Vous me direz, que ceux qui ont besoin de kraft le prennent, et que ceux qui ont besoin de carton légèrement moins performants, prennent le carton recyclé et donc par voie de conséquence les déchets des autres.
Mais le monde n'est pas une si joyeuse coopération. Tellement de monde veut se la jouer green washing, que bientôt on commandera plus de carton recyclé que de kraft. La peur qui est la mienne, c'est qu'au final les cartonniers, produisent du kraft, qu'ils recyclent de suite, pour proposer du recyclé aux clients. Au final, d'un produit qui peut avoir 20 vie, on en ferait un produit qui en aurait 19, bousillant la première sur l'hôtel du commerce...
Sans compter qu'un carton recyclé, pour assurer les mêmes performances qu'un kraft, va être plus épais, ne va pas se mécaniser pareil sur ligne de conditionnement, etc... Ce qui veut dire que cela peut éventuellement modifier le nombre de produits par cartons, etc...

Donc l'opération n'est pas vraiment écologique pour toutes les entreprises qui la tente. Bon, pour terminer ce cours sauvage sur le carton, une bonne nouvelle quand même : on colle désormais à plein d'endroit le carton avec de l'amidon de maïs, colle maison, préparée à la rache, mais très efficace et ne mettant plus en danger les opérateurs par rapport à l'utilisation de colles très industrielles. Et le carton garde l'intégralité de son potentiel recyclable et ne réclame pas les mêmes traitements (d'où la capacité à le recycler plusieurs fois!).

Bref, du coup, lorsque vous voyez, dans les magasins bio notamment, des produits e carton, bien marron, avec un aspect tout doux et style "récup", posez-vous des questions. Tout comme les produits bio avec plein de couleurs. Un vrai produit bio, devrait avoir un emballage simple, avec seulement 2 couleurs, point. Et aujourd'hui, un seul label intègre des exigences de ce type au niveau de l'emballage : les produits Nature & Progrès. Alors d'un point de vue marketing, ils sont pas folichons, mais d'un point de vue emballage, ils ont une action écolo qui correspond vraiment à la philosophie.

Voilà, bon, la moralité est qu'il faut en effet essayer de constamment apprendre. Car si on sait facilement que le bio n'est pas forcément bio et que c'est surtout du marketing, il est plus difficile de savoir ce qui se passe dans la vie industrielle. Du coup, on peut sans le savoir avoir un comportement qui ne colle pas à nos valeurs. Le risque est d'être démoralisé par contre et de se sentir cerné par de la malveillance.

Voilà si quelqu'un a des explications sur l'envers du décors d'autres secteurs, je suis preneur!

pS: le mois dernier j'ai fait plein de recherches sur les banques, leur empreinte écologique, et j'avoue que je me suis fait peur...

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par misoshiru le Mar 20 Fév 2018 - 14:30

Je crois que c’est important de montrer l’exemple. je pense que ça peut vite devenir contagieux et donc pour se motiver il faut se dire que c’est peut être plus important que ce qu’on pense, que ça va peut être donner envie à quelqu’un qui donnera envie à quelqu’un etc... Et ne pas culpabiliser de ne pas en faire assez.


Désolé si je suis HS j’ai juste lu le titre.

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Invité le Mer 21 Fév 2018 - 0:16

@ chuna:
chuna56 a écrit:T'as pas de difficultés sociales, toi, si ? (au delà de ton état actuel je parle)

Tu me demandes si avant d'avoir mon trouble anxio-dépressif j'avais ou non des difficultés sociales? Malheureusement la réponse est oui, même si j'arrivais globalement à m'en sortir. Par ex, passer les coups de fil administratifs, c'était déjà l'horreur. Demander une précision ou un coup de main à quelqu'un dans le cadre du travail, c'était difficile. Quand il fallait faire du travail à plusieurs à la fac, je me serais bien débarrassée de mes coéquipiers la plupart du temps Razz  Etc.

M'enfin bon, j'ai aussi fait pas mal de trucs coopératifs, et quand ça passe bien avec une personne ou un groupe, ça marche très bien.

Pourquoi donc?


@ holokian:
T'as un truc pour finir le pas resté en suspens? Genre un MOOC sur lequel j'étais bien lancée en novembre, j'en ai fait les 3/4. Puis grosse chute de moral et il est resté en plan. Je viens de regarder, il me reste 5 vidéos à visionner, c'est trop bête de pas le finir! Aller, je vais essayer de boucler ça, euh... bientôt... Wink


@ davidabricot:
Ça va, je m'attendais à pire pour l'histoire du carton. Le greenwashing est une catastrophe, évidemment! Quand je vois à Leclerc (pour ne pas le citer) de grandes affiches vantant les producteurs locaux, copiant ainsi sans vergogne Biocoop, ça me fout carrément en rogne!! Je suis tout à fait d'accord sur le fait que même dans les magasins bio, le bio est loin d'être parfait, mais certains ont tout de même une éthique et une recherche en lien avec des valeurs que les grandes surfaces n'auront jamais!

Pour ce qui est d'essayer de constamment apprendre, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne solution, justement. Ou disons qu'il faut aussi savoir s'arrêter. Parce que rien n'est parfait, certaines filières de production ou de conditionnement n'existent même pas en France, et surtout il est impossible de connaître toutes les implications qu'ont nos achats, alors à un moment je trouve que c'est bien pour des idéalistes comme nous de juste faire "au mieux". Non?

Et quand on peut acheter ses légumes directement auprès des (petits) producteurs, ça reste ce qu'il y a de mieux je trouve (je sais, il était pas question de légumes dans ton post, mais j'avais envie de le dire ^^ ).


@ misoshiru:
Malheureusement, certains résistent très bien au virus de l'écologie! Mais bien sûr, on fait ce qu'on peut et c'est déjà pas mal (processus d'auto-persuasion on)... Wink

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par holokian le Mer 21 Fév 2018 - 0:53

Oui, le truc c'est pareil. Se concentrer sur le prochain truc, sans donner trop d'importance à sa tête qui dit "mais non, c'est trop tard, ça sert à rien blablabla".

Voilà juste rester concentré sur le prochain truc. Même éventuellement, le prochain truc, c'est juste retrouver la page sur lequel tu dois repartir. Déjà tu fais ça et tu penses même pas à la suite.

Ça me fait penser à une technique anti procrastination, qui consiste seulement à se forcer pendant 2 mn. Si après 2mn y en a marre, on s'autorise à arrêter. Mais la grande majorité du temps, une fois lancé on s'arrête plus.
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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Stitchette le Mer 21 Fév 2018 - 10:10

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Dernière édition par Stitchette le Sam 17 Mar 2018 - 13:51, édité 1 fois

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Invité le Jeu 22 Fév 2018 - 15:53

Alors, qu'est-ce que je fais pour l'environnement ? Je ne suis pas à proprement parler écologiste, je dirais plutôt décroissante (ça, ça me passionne).
Je prends le tram en ville, mais plus parce que j'ai peur de la conduite des gens à Nantes (surtout sur les ronds-points !). facepalm J'évite de prendre la voiture sur de courts trajets, sauf pour aller faire les courses.
Je trie, recycle, donne beaucoup : vêtements, livres, objets en bon état, tout ça part en containers d'associations ou Emmaüs. J'achète des livres à Emmaüs aussi, c'est mon régal. Mais enfin, c'est aussi économique. J'adore le concept des boîtes à livres :




Je ne mange pas bio, mais fruits et légumes de saison le plus possible, et surtout local. Je tiens beaucoup à acheter des oeufs de "poules élevées en plein air". J'aime bien l'agriculture raisonnée.
Je n'aime pas spécialement jardiner des fleurs, mais j'aurais bien aimé planter un potager.
Enfin, je rêve qu'il y ait un bug gigantesque (pétrole, électricité), qu'on ne puisse plus aller bosser (oh mince...!!) et qu'on vive en autarcie, comme dans ce livre :




Voilà... Je ne sais pas si je t'ai aidée...


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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par chuna56 le Jeu 22 Fév 2018 - 22:44

@Tempête :

Tu me demandes si avant d'avoir mon trouble anxio-dépressif j'avais ou non des difficultés sociales? Malheureusement la réponse est oui, même si j'arrivais globalement à m'en sortir. Par ex, passer les coups de fil administratifs, c'était déjà l'horreur. Demander une précision ou un coup de main à quelqu'un dans le cadre du travail, c'était difficile. Quand il fallait faire du travail à plusieurs à la fac, je me serais bien débarrassée de mes coéquipiers la plupart du temps Razz  Etc.

M'enfin bon, j'ai aussi fait pas mal de trucs coopératifs, et quand ça passe bien avec une personne ou un groupe, ça marche très bien.

Pourquoi donc?


Franchement, des fois, je me dis qu'ici, on est tous faits dans le même moule Rolling Eyes Razz

Je pensais plutôt la relation avec les autres, travailler en groupe, toussa.
Je reste persuadée que c'est la clé de beaucoup de choses.

Je me dis qu'il serait judicieux que tu ailles dans une asso et que tu t'y impliques. Entrainée par les autres, tu surmonterais ton désappointement sur l'utilité des petits gestes.
Je suis certaine que tu aurais mille idées, bénéfiques aux autres si tu ne peux toi même pas tout mener à bout.

Maintenant, qd on a du mal à se lever le matin, c'est pas évident d'intégrer ce genre de communautés, et encore moins de s'impliquer.
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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Invité le Ven 23 Fév 2018 - 0:59

Personnellement je trouve que le plus dur est le conflit de valeurs par rapport au travail. Moi qui évolue dans l'industrie, plutôt grosses boîtes, tantôt je me dit que ma place est dedans pour essayer de bouger des choses. Tantôt j'ai envie d'en partir pour ne plus être associé à ces choses qui au fond me dérangent.

Là je fais face à des propositions de job dans des groupes d'alcool. Alors ils vendent ça, façon spiritueux hyper classe et cher, mais au fond on sait tous très bien que c'est de l'alcool pour type ultra riche ou pour jeune qui vont se déchirer avec. Ce qui ne me satisfait ni en terme de valeur, ni en terme d'écologie...

Mais en même temps, il y a si peu de jobs valoro-écolo-compatibles...

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par holokian le Ven 23 Fév 2018 - 1:35

Le mieux qu'on puisse faire, ce n'est pas forcément soi-même sortir de ce système. C'est parfois simplement ne pas empêcher les autres d'en sortir. Déjà si tu es ouvert d'esprit, c'est déjà beaucoup Smile

Aujourd'hui, il y a une pression sociale forte pour ne jamais être "hors boulot". Or il y a des gens prêts à se casser les dents avec ça, prêt à la misère pour essayer d'inventer d'autres choses, d'autres chemins. Mais inventer c'est long, ça prend du temps, c'est pas forcément rentable là tout de suite. Et même que parfois ça prend des décennies.

Il faut permettre à ces gens de le faire.

De toute façon le chômage ne restera qu'un problème du clou qui chasse l'autre (un jeu à somme nulle dit autrement où le boulot pris par l'un est perdu par l'autre), si il n'y a pas d'autres voies qui sont inventées, si on ne pose pas un autre regard sur notre monde qui se fissure.

Il y a une barque trop petite, et dés qu'une personne est à l'eau, on lui prête une bouée temporaire en la sommant de remonter au plus vite, sinon fini la bouée. Sachant que dès qu'elle est remontée, de l'autre côté de la barque, une personne en tombe.

Alors voilà si on arrêtais simplement de filer des coups de rames aux gens dans l'eau, ça irait beaucoup mieux et on pourrait progressivement réinventer la barque sur lequel on est.

(toute ressemblance avec ma propre vie... n'est pas du tout une coïncidence)
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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Invité le Sam 24 Fév 2018 - 22:17

@ zebra sara:
zebra sara a écrit:Je ne suis pas à proprement parler écologiste, je dirais plutôt décroissante (ça, ça me passionne).

Pourquoi est-ce que le concept de décroissance te parle/passionne plus que celui d'écologie? Les deux vont très bien ensemble je trouve.

zebra sara a écrit:Enfin, je rêve qu'il y ait un bug gigantesque (pétrole, électricité), qu'on ne puisse plus aller bosser (oh mince...!!) et qu'on vive en autarcie, comme dans ce livre

Tu as déjà vécu à la campagne, en faisant ton potager et un certain nombre d'autres activités manuelles?

Je n'ai jamais rêvé d'un bug gigantesque, mais j'ai eu ce rêve de vie à la campagne avec une bonne part d'autoproduction au niveau alimentaire, le chauffage au bois, etc. Le problème est que j'ai essayé de réaliser mon rêve. Mon potager était chouette hein, mais il aurait été loin de nous nourrir toute l'année (à moins de faire une cure de courges en hiver, et une autre de salades en été). Le feu, j'avais souvent un mal de chien à le démarrer. Et surtout, être perdue dans la pampa, ça m'a vite gênée. On trouve en fait plein de trucs chouettes en ville: des conférences, des festivals, de super médiathèques, des gens (des fois c'est bien), du multi-culturalisme,...

Ce que je veux dire, c'est que quand on a grandi dans le confort de la société industrielle, et qu'on est plutôt d'une nature intellectuelle, le rêve d'une vie "saine" à la campagne peut vite virer au cauchemar. Si en plus on rajoute l'absence de pétrole et d'électricité, je crois que tu n'imagines pas les difficultés que ça créerait. En tout cas, moi ça m'évoque plutôt un cauchemar.

Pour connaître d'autres personnes qui font des potagers, elles y passent beaucoup de temps et ne sont pas pour autant auto-suffisantes en légumes (sans parler du reste).

Perso, j'ai donc revu mes projets d'avenir et je préfère habiter à la campagne mais près d'une grande ville (Nantes tant qu'à faire), en faisant un potager sans pour autant viser l'autarcie alimentaire. Pour le reste je verrai en temps voulu, selon les opportunités et possibilités.


@chuna:
chuna56 a écrit:Je pensais plutôt la relation avec les autres, travailler en groupe, toussa.
Je reste persuadée que c'est la clé de beaucoup de choses.

C'est ce sur quoi je t'ai répondu dans deux exemples sur les trois que je t'ai donnés. Pour parler plus largement, je suis capable de coopérer ou travailler en groupe mais ça me demande pas mal d'énergie et ça a tendance à me taper sur le système, surtout quand ça implique une vie communautaire. J'en ai donc conclu que j'en avais besoin, mais de façon modérée.

chuna56 a écrit:Je me dis qu'il serait judicieux que tu ailles dans une asso et que tu t'y impliques. Entraînée par les autres, tu surmonterais ton désappointement sur l'utilité des petits gestes.
Je suis certaine que tu aurais mille idées, bénéfiques aux autres si tu ne peux toi même pas tout mener à bout.

La boîte à idées, c'est plus toi que moi je crois Wink

Je n'entrerai pas dans les détails de mes expériences associatives, mais il n'est pas si évident que ce soit l'idéal pour moi. Ça n'a jamais été probant en tout cas. En grande partie parce que j'ai du mal à m'exprimer devant un groupe et parce que j'ai eu du mal à vraiment m'impliquer dans des projets associatifs. J'ai adhéré récemment à une nouvelle asso, en lien avec les livres jeunesse, je vais déjà voir ce que ça donne cette fois, si ça tient dans la durée.

Avant j'étais super enthousiaste quand j'allais à un événement autour de l'écologie, où de nombreuses initiatives sont mises en avant, mais maintenant ça ne me fait plus le même effet. Il y a sûrement un effet de la dépression, mais je crois que mon parcours y est aussi pour quelque chose. Découvrir plein d'initiatives locales m'a servi un temps de "psychologie positive" mais c'était visiblement un effet à durée limitée.

Ce que je constate en tout cas en lisant vos témoignages, c'est que je suis beaucoup plus touchée que la plupart d'entre vous par les problématiques environnementales. Je vais essayer de mieux comprendre pourquoi et de trouver des façons de me détacher un peu.


@ davidabricot:
Je comprends ton dilemme. Mais dis-moi, tu changes souvent de boulot, non? C'est parce que tu ne trouves que des CDD?


@holokian:
holokian a écrit:De toute façon le chômage ne restera qu'un problème du clou qui chasse l'autre (un jeu à somme nulle dit autrement où le boulot pris par l'un est perdu par l'autre)

C'est vrai ça, et je peux arrêter de culpabiliser de ne pas travailler! En fait je suis super altruiste: je permets à une autre personne d'avoir le travail que je ne prends pas! Je vais me le répéter en mantra tous les soirs Smile

holokian a écrit:Il y a une barque trop petite, et dés qu'une personne est à l'eau, on lui prête une bouée temporaire en la sommant de remonter au plus vite, sinon fini la bouée. Sachant que dès qu'elle est remontée, de l'autre côté de la barque, une personne en tombe.

Alors voilà si on arrêtais simplement de filer des coups de rames aux gens dans l'eau, ça irait beaucoup mieux et on pourrait progressivement réinventer la barque sur lequel on est.

On leur lance des bouées ou on leur fout des coups de rames, aux gens qui sont dans l'eau? Un peu des deux effectivement: on donne des aides, mais on soupçonne de frauder, de se laisser aller, de profiter. On culpabilise les chômeurs. On rejette les pauvres et les marginaux (les personnes au RSA). C'est un sacré méli-mélo, comme souvent.

Et alors, comment tu réinventerais la barque sur laquelle on est? Sacrée question, quand même!

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Invité le Sam 24 Fév 2018 - 22:27

J'ai fait un CDD, un CDI finit par plan social, puis un CDD dont la promesse de CDI s'est cassé la gueule suite au rachat de la boîte, avec un plan social direct par le nouveau groupe. Puis un CDD avec embauche en Pologne, où je n'ai pas voulu aller... voilà, depuis c'est des milliers d'entretiens, avec des trucs totalement surréalistes, des CDD, des trucs où je suis pris, puis en fait non, des trucs hors de mon domaine... bref un genre de compilation de l'absurde.

Le tout à des endroits qui mettraient un dépressif en surdepression.

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par holokian le Sam 24 Fév 2018 - 22:37

En fait je suis super altruiste: je permets à une autre personne d'avoir le travail que je ne prends pas! Je vais me le répéter en mantra tous les soirs

Si j'ai réussi à t'inspirer un tant soit peu, c'est chouette Smile

on donne des aides, mais on soupçonne de frauder, de se laisser aller, de profiter.

Oui c'est ça, et du coup on internalise cette culpabilité.

Et alors, comment tu réinventerais la barque sur laquelle on est? Sacrée question, quand même!

J'aurai effectivement beaucoup à dire... Pour commencer, je dirai qu'il faut arrêter d'utiliser l'heure travaillée comme indice du service rendu à la société.

On peut travailler et pourrir le monde, la planète, et tout ce qu'on veut... et être intégré et être bien vu. On peut ne pas travailler, faire tout le contraire et être marginal.

Donc revoir la notion de travail en premier. Et en second, mais ce serait long à tout expliquer : arrêter de croire que le chômage est un problème en soi. On est de nouveau sur une remise en question (systémique) de la notion de travail.

bref un genre de compilation de l'absurde.

Oui, je te comprends. Pas évident ce sentiment de non sens...
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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par Invité le Sam 24 Fév 2018 - 23:03

@ davidabricot: Ouch! Ah oui, pas facile comme situation!

@ holokian: Je suis d'accord pour la remise en question de la notion de travail. J'ai tenu un blog quelques temps, et mon dernier billet était justement sur cette question. J'en mets la fin ci-dessous, si ça t’intéresse.

HS sur le travail:
(...)
Ainsi, le travail est aussi une activité qui appelle de la reconnaissance. Reconnaissance de notre propre part, qui se traduit par de la fierté à contempler ou évoquer la tâche accomplie. Et reconnaissance de la part des autres, qui se traduit par des remerciements, des compliments, voire des encouragements à poursuivre. Cette notion de reconnaissance me paraît essentielle. Dans nos sociétés, il est sous-entendu que la reconnaissance du travail accompli s'effectue par le biais de l'argent. Pour un travail rémunéré, il faut donc se contenter de cette reconnaissance matérielle, qui peut parfois sembler bien maigre au regard des efforts fournis… Pour un travail non rémunéré, c'est encore pire : il faut souvent se contenter de sa propre satisfaction à avoir effectué telle ou telle tâche, et faire une croix sur toute reconnaissance sociale ! Or à mes yeux, c'est cette reconnaissance sociale qui est la plus importante psychologiquement, car elle permet de se sentir appartenir à la société. Elle permet de se sentir véritablement utile, unique, à sa place.

Pour ma part, cela fait bientôt six ans que je n'ai quasiment pas effectué de travail rémunéré. Si cela me pose des soucis d'un point de vue financier, mon principal manque se situe bien au niveau de la reconnaissance sociale. Même si je suis intimement convaincue que le long travail sur moi et les recherches que j'ai effectuées par moi-même ces dernières années sont aussi utiles, sinon plus, que bien des activités rémunérées, je souffre d'être à peu près la seule à le penser. De ne pas appartenir à un groupe qui comprenne, cautionne et encourage le genre de travail que j'ai réalisé. Je souffre du fait que, parce que je n'ai pas gagné d'argent grâce à ces activités, je ne puisse pas les présenter comme du travail à part entière. Je souffre de la fermeture d'esprit de notre société à l'égard de ce que l'on peut considérer comme du travail...

Si l'on s'offrait réciproquement de la reconnaissance sociale pour des activités non rémunérées, peut-être n'aurions-nous pas besoin d'autant travailler pour de l'argent ? Peut-être nos besoins en apparence matériels seraient-ils réduits, parce que nous serions nourris de façon psychologique, sociale, sensible ? Si l'on s'offrait, tout simplement, de la reconnaissance pour les tâches et activités du quotidien, peut-être notre vie reprendrait-elle de ses couleurs ? Peut-être arrêterions-nous de courir d'un projet à l'autre, d'un travail à l'autre, d'un lieu à l'autre, en quête de lien social, de sens, et finalement, de reconnaissance...

Que l'on s'occupe de ses enfants, que l'on effectue un travail de recherche ou que l'on construise un abri pour les vélos et les outils, il serait donc bon que l'on trouve toujours au moins une personne pour regarder et cautionner ce que l'on a accompli. Pour nous encourager, nous féliciter, nous remercier. Pour partager, ainsi, le travail effectué ou son résultat. Pour partager les œuvres sociales, intellectuelles ou matérielles que nous avons réalisées. Pour partager, finalement, ce qui rend concrète notre humanité…

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Re: Comment ne pas se décourager quand on est écologiste ?

Message par holokian le Sam 24 Fév 2018 - 23:50

Merci pour ce partage, et déjà bravo pour ce bel extrait Smile

Même si je suis intimement convaincue que le long travail sur moi et les recherches que j'ai effectuées par moi-même ces dernières années sont aussi utiles, sinon plus, que bien des activités rémunérées, je souffre d'être à peu près la seule à le penser. De ne pas appartenir à un groupe qui comprenne, cautionne et encourage le genre de travail que j'ai réalisé. Je souffre du fait que, parce que je n'ai pas gagné d'argent grâce à ces activités, je ne puisse pas les présenter comme du travail à part entière. Je souffre de la fermeture d'esprit de notre société à l'égard de ce que l'on peut considérer comme du travail...

J'adore vraiment ce passage. Et je suis très content de me sentir moins seul également.

Même si je suis intimement convaincue que le long travail sur moi et les recherches que j'ai effectuées par moi-même ces dernières années sont aussi utiles, sinon plus, que bien des activités rémunérées, je souffre d'être à peu près la seule à le penser.

Je zoome sur cette phrase pour dire, que j'aurai pu écrire EXACTEMENT la même chose. (sauf le "la seule" en "le seul Wink). Donc y compris sur le long travail sur moi et les recherches, ainsi que ce sentiment de solitude...
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