Avant j'adorais marcher en ville et manger une gourmandise en admirant l'architecture, maint'nant j'regarde par terre et ça paye!

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Message par SyndromeChinois le Ven 19 Jan 2018 - 19:07

Je jette ces mots ici car force est de constater qu'un tel monologue est difficile à place en société, même auprès de proches que l'on accepte encore de fréquenter parmi ceux qui acceptent encore de me fréquenter. Il faut dire que d'habitude – sur ce sujet - je met moins les formes, que j'aborde cette exaspération subitement sans prévenir et sans subtilités, un peu à la manière d'un râle soudain, un grognement hors contexte tellement l'idée venue sans prévenir me presse de l'exorciser immédiatement auprès de mon interlocuteur. Une sorte de "rahhhhha mais putain mais j'en ai raz le derche de voir ses.." .. mais attendons un peu, de quoi on parle ? Je recommence.

Avant tout il faut comprendre que pour moi, c'est un réel bonheur, même hiver par temps sec, de se promener dans en vielle-villes pour admirer ces anciens bâtiments, la beauté naturelle de leur délabrement ou les mystères sculptés que certains édifices arborent et que peu soupçonnent même s'ils passent devant tous les jours. La cerise sur le gâteau est de profiter de ces instants calmes de contemplation en s'offrant une petite viennoiserie (ou tout autre écart sucré) à déguster en marchant ainsi.
J'adorais faire ça, avant.

Malheureusement, le temps des cerises et de gâteaux c'est fini. Terminé ces petites escapades gourmandes et culturelles, et ça l'est non pas parce-que j'habite enfin en rase campagne, ni parce-que j'ai perdu toute faculté ou motivation à marcher, ni même encore que les vielles pierres et toitures secrètes désormais m'indiffèrent mais à cause d'un réel fléau, un mal absolu qui règne au cœur des cités et qui de répand telle une maladie infecte tant dans leur artères principales qu’au plus profond des plus sombres ruelles.
C'est une peste qui a pris des proportions énormes, et qui peut s'expliquer par la même proportion inquiétante que femmes et hommes ont à devenir de plus en plus seuls, une maladie vicieuse trahissant du plus francs et sincère barbarisme qui infecte ce vivre-ensembles, un mal absolu qui mine le quotidien du promeneur, qui viole l’innocence du curieux et ruine les tentatives d'évasion romantiques des amoureux qui se promènent.. ..je parle des déjections animales.

Avant tout, soyons précis sur les mots. Si la déjection est animale on devrait plutôt fustiger le maître qui traîne sa connerie au bout de la laisse de son canidé et non l'inverse, mais avouons que parler de déjections humaines porterait techniquement à confusion alors que dans le fond il s'agit bel et bien de déjections humaines. Nos amis les bêtes ne sont que l'instrument de ce crime immonde, victime de l’incivisme ordinaire et qui restent prisonniers d’une existence urbaine malsaine qui ne devrait pas être la leur. Ce n'est pas la bête que j'incrimine donc ici mais bien le bête, cet idiot, mon voisin, mon autrui ce voyou propre sur lui trop feignasse pour accepter des solutions plus saines.

Avant je marchais en ville les yeux en l'air, rêveur. J'ai ainsi parfois découvert des gargouilles méconnues du grand nombre, des frontons centenaires ornés de naïades sublimes, des portiques antiques ouvragés d’arabesques habiles, des colombages moyenâgeux oniriquement déformés par le poids des âges et de pierres cuites que les pluies polluées ont érodés paradoxalement des plus belles manières mais.. ..mais le prix à payer devint finalement un peu trop élevé. L'espace public n'est plus que colombins aux colorimétries psychédéliques car désormais les déjections humaines polluent nos divagations tous les cinq mètres et parfois plus encore.. sans compter ces "spots" sauvages ou tous les records son battus..
..cet espace surpeuplé et confiné .. où ma tolérance et la compréhension de la nature détestable de mon prochain atteint ses imites une fois de plus.. ..sur un sujet de plus.

Lorsque je marche en ville, je n'admire plus rien. Mon seul souci n'est plus d'ordre "touristique", il a été atrophié à la seule victoire de pouvoir rentrer sain et sauf sans aucune bactéries fécales comme souvenir de mon expédition. Les cartes postales d’Épinal ont laissé places aux itinéraires savants, slaloms ingénieux de haute voltige et pas de danse extrême d’échappées belles du dernier moment. Je suis devenu un vrai danseur, on me croirait empoisonné par je ne sais quelle tarentule virulente dans certaines situations, mais à ce bal fécal point d'érotisme ni de grâce, juste le pure instinct de survie. Les masques sont tombés.

La mascarade est sadique, le paradoxe lorsque l'on veut éviter de tomber dans la merde c'est de devoir vivre avec et l'observer sans cesse, de loin, à moyen terme et parfois, je dois l'avouer, presque de près tant la taille, la masse et la densité est effrayante. Je me suis souvent demandé à quel type de chien pouvait appartenir de telles quantités, j'ai cru même une fois qu'un bœuf était passé par là.. quel type d’estomac ou d’anus pouvait libérer ça ?
Mais c'est bien connu, les bœufs en ville ça n'existe pas ou alors ça ne s'écrit seulement qu'en ajoutant un "a" et ils ne marchent pas à quatre pattes.

A défaut de me demander à qui appartient quoi je me demande souvent alors, "mais sérieux.. ils ont quoi dans la tête les gens ? pour avoir des animaux et vivre en ville ?". En Suisse l'honnête citoyen qui se bécote jamais sur les bancs publics est soucieux de son prochain et les élus locaux servent cet intérêt commun en plaçant ici et là des distributeurs gratuits de petites sacs plastiques pour récupérer ses oscars du bon goût délivrés par nos amis les chiens mais ici en France ..oh non faut pas demander ça aux citoyens en culotte courte, trop révolutionnaires ces braillards de petite révolution pour leur demander de prendre à la main - avec un sac plastique prévu à cet effet – le destin de leur petit substitut de bonheur. Qu’importe la cause, ce serait vain de corriger la faute : ici au pays des lumières personne n’est responsables des petites bêtes car après tout, chacun sa merde !

Je ne sais pas où vous vivez mais dans mon trou du cul de fin fond de pays, la ville, pourtant hautement touristique en été, est littéralement livrée aux excréments canins au point que je constate régulièrement plusieurs livres de cette masse brunâtre, jaunâtre, parfois rougeoyante, jusque devant nos portes citadines..
A croire que le maître est un sérieux psychopathe pour être témoin et auteur de ces abus.. et il me vient alors cette réflexion, devenu fantasme : que ferait cet esclave de la connerie si, alors que sa câline créature décharge son instinct premier devant mon rez-de-chaussée, je baissais mon froc pour à mon tour éclabousser ses belles chausses hypocrites et sur son pantalon bien lissé ? Porterait-il plainte ? ..mais en quels termes ? Je serais heureux d’être confronté au tribunal pour une telle affaire.. Une tribune pour éclabousser à mon tour quelques vérités malodorantes et, aux frais du contribuable!
J'ai aussi parfois envie de prendre des gants, sans mettre pour autant dans la forme, afin leur balancer à la figure ce qu'ils laissent échouer devant nos foyers, "retour à l'envoyeur ! Ah ah dans ta tronche" .. Putains de gens ..

Désormais, lorsque je marche en ville je suis écœuré, je ne mange plus ma viennoiserie en regardant les belles architectures. Je n’admire plus tant que ça, une fois de plus, le sens humain.
Je regarde par terre, et vous savez quoi ? Véridique, je ne perd pas au change et pas seulement car j'économise de la javel pour mes semelles mais car depuis que je le fais je trouve de l'argent par terre souvent, et pas seulement des centimes (ça vient de m’arriver pour ces raisons exposées ci-dessus y a deux heures, ce qui motive ce coup de gueule à la noix - dsl les gens - improvisé..).

L'ironie dans cette histoire c'est que si je n'éprouve plus aucun intérêt à arpenter nos rues d'un point de vue culturel, mais que je m’enrichit d'une toute autre manière..

Avant j'adorais marcher en ville et manger une gourmandise en admirant l'architecture, maintenant je regarde par terre et ça paye..
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Message par Invité le Sam 20 Jan 2018 - 10:02

Et les fientes, parce que ça tombe aussi d'en haut, je me souviens d'une virée nocturne en Dax, je me baladais sur l'avenue, le cœur ouvert à l'inconnu, à petits coups de poignée de gaz, lorsque PAF, un truc pas humain recouvre entièrement la visière de mon casque qui heureusement était fermée, et me voilà comme dans Mario Kart avec les taches d'encre devant les yeux sauf que là c'est blanc à zigzaguer sur la route. Je suis entièrement moucheté, pour lâcher un machin pareil, j'estime l'envergure de la bestiole à quatre mètres ou un pigeon constipé qu'avait pas chié depuis un an, quand vous roulez en deux roues, vous regardez toujours par terre, afin d'éviter tout ce qui pourrait vous faire perdre le contrôle de votre machine, la chute est souvent douloureuse dans le meilleur des cas, mais rouler la tête en l'air pour éviter les attaques aériennes, c'est suicidaire ! Dent pétée

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Message par Bimbang le Sam 20 Jan 2018 - 10:12

Cernés par les crottes ! Dent pétée
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