L'Amour.

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Lun 12 Mar 2018 - 21:21

Je poursuis.
LETTRE DE M. à C.  (Suite)
000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000

Tu me critiques encore : ce que tu penses, toi, (penses-tu) n'engage que toi; je n'aurais,
moi, à me préoccuper que de ma seule inclination, de mon désir pour toi, sincère ou insincère. Tu accepterais les risques au nom de TA vision de TON destin.
Chère C., je ne puis que m'inquiéter.

Car comme il est difficile, voire impossible de t'écrire (ainsi que tu l'as souhaité : je sais que tu attends une lettre de moi) si je dois présupposer que nous avançons chacun sur notre voie propre sans espérer entrer en communication véritable : en partage. Je n'aurais plus rien à te dire. Si nous voulions aller au bout de la vérité nous découvririons peut-être des choses violentes et inutiles. Je n'ai pas envie de te parler davantage de moi : ce que tu sais suffit bien, même si ce que tu crois aimer en moi n'est que la face lumineuse d'une...
Quelle farce ! Ecrivant ceci, je me hais.
Car, en écrivant ces phrases, je suis persuadé que je te refuse l'accès à mon intime, mais toi, toi les lisant, comprends que je suis en train de me confier à toi...
La vie.
.............................................................................................................

(Ici, pour que la.e lectrice.eur comprenne , je poursuis ma lettre, mais sous la forme d'un échange (théâtral ?) entre des personnages. J'aime beaucoup, ces échanges, dia-logues, ils me sont apparus à la lecture de Platon. Et de Diderot. Prétention ? Que nenni, disait l'autre. Simple inspiration. Donc Smile)
La lettre se poursuit ainsi :
................

-Je te l'avais bien dit, s'écrie l'autre femme, tu ne peux trouver aucune solution dans une relation avec un homme -qui plus est encore marié- qui ne cherche qu'à protéger sa liberté.
-Je ne cherche pas de solution, répond la première femme (qui n'est pas toi), je cherche seulement à parler. Comme lui, encore que je ne sache pas si...
-Comme moi, dit l'homme (qui n'est pas moi).
-Ne le crois pas, dit l'autre femme, il cherche bel et bien une maîtresse !
-Peut-être bien, dit l'homme, même si j'ignore être capable d'avoir une maîtresse.
-Ridicule ! Risible ! s'écrie encore l'autre femme, en s'esclaffant. Tu as eu, tu as peut-être encore des maîtresses, et tu voudrais nous faire croire que tu es incapable de...
-Qu'est-ce qu'une maîtresse ? demande l'homme, en coupant la femme et haussant le ton.
-Quoi ? Voudrais-tu philosopher maintenant ? Te faire passer pour sage ? Personne ne sait rien : que voilà une belle idée qui peut tout excuser!  Une maîtresse n'est-elle pas une maîtresse ? Comme la plupart des hommes, tu rêves d'en posséder une, ou plusieurs. Voilà de quoi je suis persuadée !
-Non, ne t'en déplaise, je ne me crois pas capable de "posséder" une maîtresse, intervient un second homme, qui, jusqu'alors, écoutait en silence ,
(comme si la discussion ne le concernait pas, ou ne l'intéressait pas, ou encore comme s'il craignait de s'y mêler). Je n'en ai, personnellement jamais eu. La vie est une question de choix. Ce ne sont pas les miens.
-Même si...(dit l'autre femme), même si...
-Même si...Non, cela ne fait pas une maîtresse.


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Bon, je fatigue un peu à frapper sur les touches.
Soit vous avez quitté la salle.
Soit vous êtes mécontents de ne pas avoir accès à la suite.

Je tenterai de vous satisfaire demain,
si cela vous est d'un quelconque intérêt.

bisous
if

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Re: L'Amour.

Message par Invité le Lun 12 Mar 2018 - 21:30

Je suis là...
I love you

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Lun 12 Mar 2018 - 22:08

if


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Re: L'Amour.

Message par Invité le Lun 12 Mar 2018 - 22:35

Je t'entends oui,
je lis tes textes,
j'écoute
et relève souvent les yeux, pour vérifier
si c'est à moi que tu t'adresses...

Ainsi nous construisons-nous.

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Lun 12 Mar 2018 - 23:18

Ouah.
J'ai tapé un texte de 3 pages, et il semble avoir disparu.

Bon, je verrai demain.

En fait, j'ai écrit le message précédent en songeant au texte que je venais d'écrire,,
et qui n'apparaît pas.

Ton
"Ainsi nous construisons-nous"
me semble bien perspicace.
Il demande vérification, contrôle, et rapport officiel (j'ai un fils dans l'inspection de la Carsat.... Smile Razz Twisted Evil Suspect )

Bon, sans blague, c'est sérieux, ce truc.
Mon texte aurait disparu ? (pas la 1ère fois)?

Sinon, ton
"si c'est à moi que tu t'adresses"

Oui, c'est à toi que je m'adresse.
Non, ce n'est pas à toi que je m'adressai.
J'ai bien changé de perspective, depuis lors.
L'Amour me semble bien plus sérieux,
plus ludique aussi,
bref plus amusant et complice.
Ainsi nous construisons-nous.
Ou pas (je perds la vue droite... Ou pas.)

I love you if

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Lun 12 Mar 2018 - 23:24

NB. L'Amour est chose sérieuse.
J'ai l'air de m'en amuser, à la relecture.
Non !
ce doit être effet de mon whsiky canadien...

Oui, relève les yeux : oui, c'est à toi que je m'adresse,
mais non,
ce n'est pas à toi, caméléonneandco,
c'est un roman....

Ceci posé : la Vie n'est  PAS un roman.
Oh comme c'est difficile de s'ENTENDRE
par écrit....


Dernière édition par ifness le Dim 27 Mai 2018 - 23:36, édité 1 fois

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Mar 13 Mar 2018 - 2:43

000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000LETTLETTRE DE M. à C. (SUITE)
........................................................................

-C'est vrai, dit le premier homme. S'occuper d'une maîtresse est extrêmement complexe.
Cela demande toute une organisation, toute une expérience, toute une inconscience.
-Peux-tu t'expliquer ? demande la première femme.
-Le désires-tu vraiment ?
-Oui. je veux tout savoir.

L'homme sourit, et dit :
-Je crois que tu es aveuglée par ta propre quête, que tu ne vois pas, ou ne désires pas voir. Celle des autres. des hommes qui desservent leurs obscurs desseins. Sait-on le pourquoi de notre attirance pour les femmes ?
L'autre femme ricane ostensiblement.
-Sais-tu le pourquoi de ton attirance pour les hommes? lui demande-t-il.
-Tu cherches à brouiller les pistes, répond-elle. Les hommes expriment, d'une façon ou d'une autre, un seul et unique désir : celui de cul. Oui, je sais, je parle cru, mais je le crois. Désir parfois obscur ou travesti, mais désir de cul quand-même.
-Je suis assez d'accord, dit, dans un sourire, le second homme. J'appelle moi cela des coucheries et je ne pense pas que l'on peut, de cette manière, satisfaire les "obscurs desseins", comme tu dis si bien. Je crois en la tendresse, et ces coucheries n'en sont que la caricature.
-Et la femme est constamment lésée, dit la femme. Elle n'est qu'un objet.
-La femme...soupire le premier homme. La femme est dangereuse parce qu'elle souhaite récupérer d'une main ce qu'elle offre de l'autre. Si elle se retrouve lésée, c'est qu'elle s'investit dans une sorte de commerce. Mais peut-être ne croyez-vous pas en les multiples voies de l'inconscient ?
-Si ce n'est le cul, que recherche l'homme ? demande l'autre homme souriant encore.
- Je ne vous le dirai pas, car vous n'êtes pas des amis véritables.
En fait, je ne fais part à personne de mes réflexions. Même lui (il désigne l'autre homme) me prendrait pour un fou. Les gens ordinaires ont horreur de se voir contrariés dans leurs principes et leurs illusions. Il peut sembler bien "adolescent" d'affirmer que personne ne me comprendrait. Pourtant le héros de K., qui doit constamment "seller de nouvelles aventures" dit aussi : "Vous vous apercevrez (...)que vous ne saviez pas ce que sont les êtres humains. Ils ne riront pas."
-Aimez-vous K.? demande l'autre femme. Moi, je le déteste.
-Qu'avez-vous lu de lui ?
-La Plaisanterie et la...l'insoutenable raison de...je ne rappelle jamais ce titre !
-L'insoutenable légèreté de l'être.
-J'aimerais le lire, dit la femme.
-K. est affreusement cynique et phallocrate, dit l'autre.
-K. est un être incertain, qui a choisi de se poster en un autre roman dans l'observatoire d'un quadragénaire et de n'affecter de croire qu'en l'art du roman. Vous le connaissez mal et... le....
-Et, coupe la femme, et je ne sais toujours pas pourquoi tu affirmes te sentir incapable d'avoir une maîtresse. Parce que je m'estime en droit de supposer que la maîtresse dont tu parles peut être ...moi, par exemple.
-Toi, ou une autre, c'est...
-Non, c'est moi ! MOI !  Ne tente pas de fuir !
-Encore une fois, je te le dis : tu ne me connais pas. Mes désirs sont beaucoup plus anciens que "le toi et le moi". Ils remontent à la genèse, aux être mythologiques. Ne m'oblige pas à te refuser des explications.
-Pourquoi avoir commencé à parler ?
-Oui, tu es beaucoup trop bavard, dit l'autre homme.
-Oui, dit le premier. Je n'ai pas su abandonner tout espoir...Bon : je ne supporte pas l'idée d'avoir une maîtresse. Parce que je ne supporte pas d'avoir à expliquer. Cela vous va ?
-N'explique rien, dit doucement la femme. Mais ta maîtresse, c'est MOI.
-Ouaaah! rit l'autre. Quelle hypocrisie !
-Ni les séparations, ni les retrouvailles...
-Quelles retrouvailles ? demande l'autre homme.
-J'en ai trop dit.
-Ou pas assez, ajoute l'autre femme en riant.
-Non, j'ai dit beaucoup trop. Je me tais.
Il se tait, en effet, malgré les flatteries et les repentirs, et aucun des trois autres ne parvient plus à le faire parler.

............................................................................................................................
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
(still [i]to be continued
to finish.)
Sorry.
All my love.)
[/i]

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Mar 13 Mar 2018 - 2:54

NotaBene.

J'ai relu, et je sens que je suis très cru, en ce texte.
Je l'ai rédigé il y a quelques années.
En ces temps, n'existait pas encore de censure morale.
C'était le temps de Wolinski, assassiné par les soi-disants djihadistes.
Pauvre vieux Wolinski, presque assassiné par Cabu.
Oui, il y eut, en Charlie, les chouchous et les oubliés.
Est-ce parce que Wolinski était vieux ?

Ce texte est un hommage involontaire à Wolinski. Et à sa compagne, Maryse.

Voilà. C'est tout.
A suivre.

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Jeu 15 Mar 2018 - 19:07

Fin de la lettre.
On doit la lire comme une lettre de roman.
Après cette fin doit venir (en principe) un éclairage, une explication, une sorte de démenti  à la "tragi-comédie" qu'est ce "courrier". Ce vrai/faux courrier.
______________________________________________________________________

...Je n'aime pas les cadeaux, ce don (en apparence) gratuit qui me fait ployer sous le poids d'actes ou d'Etre dont je refuse de porter la responsabilité ou les conséquences.
Par ces cadeaux, l'Autre me signifie le réalité de mon existence, et de nos relations. Tu peux certes dire : le cadeau est aussi gratuit que l'acte le fut; mais je ne te crois pas.
De quoi me remercierais-tu ? Alors je fuis, craignant comme la peste le poids de mes actes. L'érotisme peut-il jamais retrouver l'inconséquente légèreté des désirs enfantins ?

Pourquoi ? Pourquoi t'écrire ceci ? Pourquoi est une énigmatique et lugubre question, telle la question d'une sphinge, que je pose, au carrefour de l'obstination, de l'innocence, de la puérilité. C'est une question que posent les enfants. Et je n'aime pas l'innocence lorsqu'elle ne vient pas d'un enfant.

Je croyais aimer la sincérité. J'exprime des différences. Je fais mal en même temps que je me fais mal. En serais-je secrètement, voire perversement heureux ? Non, les rapports humains ne naissent pas de la sincérité : ils sont plutôt parents des jeux de théâtre. Chacun endosse le costume d'un obscur personnage (l'enfance fut un long entraînement pour ce rôle, une "imprégnation") ou bien se plaît à jouer (maladroitement) une composition hasardeuse. Et je m'aperçois (je "comprends", écrirait K.) qu'il m'est définitivement impossible de t'écrire ce que je pense. Un certain quadragénaire de mes amis savait bien qu'il était vain de désirer mettre son âme en partage, fût-ce par la poésie.

Rapprochements miraculeux, pas même fragiles puisque par postulat inconséquents, bulles portées par une brise de futur, bulles éphémères, décors provisoires pour notre théâtre.

Je ne t'ai rien appris.
Je t'embrasse.
___________________________________________________________________

P. relève les yeux. La lettre se termine là, mais M. a rédigé trois feuillets supplémentaires : certainement des réflexions a posteriori. P. hésite à les lire.

- Dois-je poursuivre ? demande-t-il .
-Si tu veux, dit M. en riant.

P. sourit, et poursuit sa lecture.

____________________________________________________________________

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Sam 17 Mar 2018 - 18:47

Inspiré par quelque référence indéfinie, je me laissé aller au jeu de la Parabole.
Oui, vous savez, ce jeu que pratiquait Jesus de Nazareth, ou ceux qui transcrivirent sa vie. Un jeu qui se rapproche de celui de l'allégorie, ou du "mythe" socratique.
J'ai retiré de la lettre ceci :
....................................................................................................
Géographie aléatoire du rapprochement : ainsi s'assied le meneur de chameaux le long des chemins du désert à l'ombre des murs d'un sérail, et savoure, solitaire, la fraîcheur de la halte; personne jamais ne connaîtra la volupté enclose dans l'esprit de cet homme,
entre mots secs et journées de marche, tandis que la caravane obstinée transmet les paroles et les rêves venus d'ailleurs, des objets de vie, ou de luxe, que des êtres mercantiles vont vendre au prix de l'or; les marchands ignoreront la halte du chamelier,
ils ignoreront sa soif, son plaisir, sa passion de la marche lente à travers le désert, jusqu'à sa mort, peut-être; cet homme n'aura rien dit, il aura simplement abandonné son âme à l'âme du sable."


J'ai eu honte. J'ai eu honte qu'un tel exercice pût trouver place dans une lettre à une telle femme. J'ai pu avoir l'impression de prostituer mon âme.
...(........)....
...truqués les mauvais essais pseudo-philosophiques; truqués les dialogues; truquée la tentative poétique; car si ce fatras sortait bien de l'âme du rédacteur (qui avait pu, ainsi, avoir l'impression de procéder à un exercice constructif), il ne devait pas pour autant trouver place en une telle lettre, destinée à une telle femme.

Tout était truqué. Tout était mensonge.
Sans doute est-ce, d'ailleurs, la raison pour laquelle j'ai parlé, dès l'abord, de sincérité.
Je [b]savais
qu'il ne s'agissait, en aucun cas, de sincérité.
Tout au plus s'agissait-il de tentative de vie.
Et il s'avère désormais qu'il s'agit de : solitude.
.............................................................................................................
La vie du récit continue.
M. se tait. Il sirote un alcool. P. reste songeur quelques minutes.
Puis la vie reprend.
Ainsi que leur dialogue.
............................................................................................................................
(Le Roman se poursuit.)
Smile  Laughing  Embarassed  Suspect  Poète  Fou
[/b]

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Re: L'Amour.

Message par Invité le Lun 19 Mar 2018 - 21:45


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Re: L'Amour.

Message par Invité le Lun 19 Mar 2018 - 23:39

-


Dernière édition par Hyaden le Lun 3 Sep 2018 - 0:06, édité 1 fois

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Mer 4 Avr 2018 - 19:52

.....................................................................................................................


Marc approche du bureau de tabac. Il est sorti pour acheter des cigarettes. : en réalité (Anne n'a pas été dupe, qui lui a dit "encore !" et sait bien qu'il lui cache une autre raison de sortir, elle s'en attriste, car elle croit qu'il désire la fuir) en réalité il veut retourner vers l'appartement éclairé.
Trois jeunes gens invectivent violemment le gérant du bar. Un taxi attend au bord du trottoir, la portière arrière droite ouverte.
"T'as pas intérêt à appeler les flics. sale con ! Pédé ! On t'encule, hé, pédé! "hurle l'un d'entre eux. Et il fait un geste du doigt pour confirmer ses paroles.
Sur le trottoir, le gérant, les mains dans les poches, l'air triste, comme résigné, ne réagit pas.
"On te dit que c'est pas nous, dit un autre. Mais vas-y, appelle-les ! Je te promets qu'on revient pour casser ta baraque !"
Ils sont excités, ils sont en rage, ils rient, ils ont bu, ils sont jeunes, beaux, et bronzés. Ils montent dans le taxi. Le premier en redescend aussitôt et hurle encore : 
"Fais gaffe à ta baraque ! On te la casse, hein ! Sale pédé, on te pisse dessus. Oui, c'est ça, on te pisse dessus." Et il fait le geste de lui pisser dessus.
Ils sont tous montés dans le taxi, qui démarre doucement. Par une vitre ouverte on entend encore crier : "Pédé ! Ferme ta gueule !" et on voit passer un bras d'honneur.
Le gérant rentre dans son bar, les mains dans les poches, le visage étonnamment calme.
Marc entre derrière lui.
-Que s'est-il passé ?
-Oh, répond l'homme, ils ont cassé la vitrine de l'agence.
Marc paie ses cigarettes et sort. La soirée n'est plus ce qu'elle était.


La scène à laquelle il vient d'assister est en totale contradiction avec le crissement de la neige gelée sous ses semelles, avec la nuit sur la montagne, avec son précédent monologue.
A dire vrai, il semble qu'elle appartient à un autre monde. Néanmoins, elle a eu lieu.
En quelque sorte, si la réalité est représentée par la "beauté" de la petite station s'endormant sous la neige, l'obscène agressivité des jeunes gens peut sembler n'être qu'un cauchemar absurde. Si, au contraire, l'altercation peut être considérée comme composante normale de la vie en ce monde, la sérénité d'une rêverie (bien que troublée par la présence dérangeante d'une femme) se révèle si fragile que quelques minutes d'une bêtise navrante peuvent la détruire à jamais. Seul, peut-être, un gérant de bar parvient à maintenir l'unité du monde, un précaire équilibre entre la laideur et une illusoire douceur d'être.


.........................................................................................................................

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Re: L'Amour.

Message par Invité le Ven 6 Avr 2018 - 11:23

Absence de peur
Magie des âmes-sœurs
Oubli des pleurs
Utopie des cœurs
Rêve de fleurs

Un jour d'AMOUR vaut plus que mille de SOLITUDE.

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Ven 6 Avr 2018 - 22:45

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Re: L'Amour.

Message par Invité le Ven 6 Avr 2018 - 23:07

Je t'aime.
Qu'importe le fil.
Qu'importe le sang.
Je t'aime.

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Ven 6 Avr 2018 - 23:14

i


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Re: L'Amour.

Message par Invité le Mer 11 Avr 2018 - 20:06

Avec tout ça ...Mes écrits sont à sec...Où est donc passé la source...Une fuite p-ê...Rien ne coule...

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Mer 11 Avr 2018 - 20:22

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Re: L'Amour.

Message par Invité le Mer 11 Avr 2018 - 20:47

Perdue dans les affres de mes pensées...

Je puise à la passoire.

J'ai bien tenter de raconter une de mes expériences de femme,
sur l'autre fil,
Tu n'as vu que le suivant.
Dommage, j'étais curieuse de ton avis...

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Ven 29 Juin 2018 - 1:22

J'ai abandonné ce fil.
On l'a abandonné.

Comme une métaphore de la vie.

J'ai envie de le réutiliser.
Car plutôt que "je t'aime", ce fil est porteur de légèreté (mis sous le signe de Johnny, d'entrée, ce qui ne porte pas à la philosophie) et de liberté de ton.

Rien de bien prévu.

L'amour est enfant de bohême
il n'a jamais jamais connu de loi
si tu ne m'aimes pas je t'aime
et si je t'aime prends garde à toi

prends garde à toi


Ce sera tout pour aujourd'hui.
if

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Ven 29 Juin 2018 - 1:50

Elégie.

on
a écrit, jadis, sur ce fil 
"Je suis là" suivi d'un coeur.

on
a écrit ces lignes fortes  :
"Je t'aime.
Qu'importe le fil.
Qu'importe le sang.
Je t'aime."


Ensuite : le vide. le néant. L'univers à perte de vue. Les étoiles lointaines.

Est-ce étonnant, que je me sente seul ?
Est-ce étonnant, que du sang au sable sec du désert je ne trouve rien à boire ?
Est-ce étonnant si un sentiment affreux m'étreint ?
Est-ce étonnant si la Mort elle-même, la belle Faucheuse, rôde ?

Non.

Parce que, le Vide succédant au Plein, rien ne vient combler.
Parce que le paysage, si grand soit-il, ne parle pas : il est muet.
Du haut de Força Real la nuit je vois mille lumières
jusqu'au Canigou, montagne sainte, 
et ces lumières sont muettes.
Si muettes qu'il ne me reste plus qu'à pleurer
des larmes d'aveugle.
Aveugle j'ai été, 
aveugle je serai.

(ou : on en revient toujours à Homère.)

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Re: L'Amour.

Message par MarcelDucon le Ven 29 Juin 2018 - 18:35

ifness a écrit:Johnny est mort.
C'est un fait avéré.

Non, je n'ai jamais été fan de Johnny.
Néanmoins : il manque. Pourquoi ?

Je vous laisse, lecteurs ou lectrices, répondre à votre manière,
c'est à dire totalement librement,
à cette question qui n'en est pas une.

Non, cette question n'en est pas une,
parce que je n'ai jamais cru en l'Existence de cet Amour que décrivait Johnny.

Cet Amour faisait vibrer les foules,
il fait encore, et fera, vibrer les foules (je pense aux concerts prévus de.... et de.....)
Mais la Vérité se situe au-delà.

Lecteurs ou lectrices, je vous attends.

Je sais bien que l'Amour est un des thèmes majeurs de la création,
des Chansons et des Gestes,
il le fut, il le reste.
Et c'est un grand mystère.
Oui, c'est un grand mystère que l'Amour.

Je vous attends, nombreuses et nombreux,
sur ce thème,
sur ce
"t'aime"

qui a eu succès sur "Je t'aime"
(et n'est pas clos : ne me désertez point I love you )

So long, girls & guys.
If.

Je me suis fait virer de facebook parce que le jour de la mort de Johnny j'ai spammé cette chanson partout.

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Ven 29 Juin 2018 - 18:41

Oui, mais t'es con, Marcel !

(bon, facebook aussi)

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Lun 2 Juil 2018 - 19:16

.
.....................................Un désordre amoureux.....................................................


Vendredi 16 janvier 2015

Il y a deux jours de cela, je suis arrivé à Château-Baron. 
Et puis, il y eut ces assassinats, chez Charlie-Hebdo.*
Pleurs. Oui, pleurs et larmes.
Je suis à Château-Baron, j'y suis, je ne sais que penser.
Car tout se mêle et s'entremêle : l'entropie fait son oeuvre. Et plus aucun paradigme ne régit mon vécu.
Sinon celui-ci : comme il est doux de me retrouver de nouveau avec F. !
Et comme je retrouve  cette sensation de "blocage" que j'avais laissée, dans cet appartement, il y a trois ans déjà.
Ce n'est pas F. que j'ai fuie, jadis ! Non ! Résolument non !
F. : dieux que F. est belle !


Cette fois-ci, j'ai laissé mes mésanges, mes chardonnerets, mes pinsons, mes visiteurs inconnus, sur mon terrain, autour de ma maison, près de leurs postes de nourrissage d'hiver, 
cette maison en laquelle je me suis détruit depuis les deux mois que C. est partie visiter notre fils à l'autre bout du monde.
Et c'est ainsi que cette story commence, d'une certaine manière, à la case "Départ", puisque le sentiment d'un "remake" s'impose en mon esprit : remake d'il y a trois ans déjà. Non, quatre***. Ou trois. Je ne le sais plus. Tout est tellement présent, en ma mémoire !


Lundi 19 (je crois) janvier 2015
3 h 45 environ
jour--après-midi-- soir
le lendemain du jour pendant lequel nous avons discuté, C. et moi, autour de ma liaison recommencée avec F. et de ses conséquences.
C. est rentrée lundi soir 12 janvier à l'aéroport de Lyon-St Exupéry, vers 22 h, et nous sommes allés l'y chercher, Y. mon fils, et moi.
J'ai attendu le mardi, ou plutôt le mercredi, oui, c'est cela, le mercredi, pour faire mon "coming out", l'aveu d'un fait récent, puisque presqu'exactement contemporain du massacre de Charlie-Hebdo, qui eut lieu une semaine auparavant.
C. n'a pas vécu ces événements comme nous les avons ressentis, nous, ici : elle était géographiquement très éloignée. Et bien que nous ayons une fille qui vit à Paris, il faudra quelques mois pour que son témoignage porte haut, il faudra hélas les attentats du 13 novembre, pour que nous prenions l'exacte mesure du ressenti de notre fille.
Moi, je pleure particulièrement le vieux Wolinski, qu'on oublie un peu, me semble-t-il.


Oui, tout s'entremêle de manière diffuse. Les événements politiques (un peu lointains) et les événements privés, encore illisibles, 
tout semble décidément illisible, en ce moment.


Du temps a passé. C. a subi. J'ai laissé les vents d'hiver assainir les esprits.


Hier, j'ai proposé de parler. C. m'a répondu n'attendre que cela.
Parler de quoi, donc ? De ce que j'envisageais de faire, pardi !
Je n'envisage rien. Je suis sonné, comme le boxeur au bord du ring. Rien, sinon : vivre avec F.


Voilà pourquoi je suis debout, voilà pourquoi j'écris.
Je me suis réveillé, et sont revenues très rapidement à ma conscience 
(trop rapidement pour que je puisse me rendormir)
les conséquences de ce que m'avait asséné hier soir C.
Non, elle ne vendra pas la maison. Non, elle refusera le divorce.


Plus inquiétant encore, au moins sur l'instant : elle me contraindra à emporter toutes mes affaires, jusqu'aux cartons de souvenirs de famille, et tous mes livres, et tous mes documents, et tous les objets (des artefacts curieux aux roches symboles) que j'ai accumulés, en armoires, cave et grenier, depuis ces années.
Et cette nuit je pense : je ne pourrai pas. Pas les emporter. Pas payer leur transport et les frais de garde.
Et quid des véhicules, dont le remboursement à crédit est loin d'être terminé ?


Ainsi je veille, j'ai tort, la nuit accentue les angoisses
et se sont jointes à elles les incertitudes concernant la sincérité de F., encore un truc idiot de plus, 
je me suis levé, je fonctionne désormais à l'Ouzo et à l'Alprazolam.
Peut-être vais-je en mourir.
Mourir depuis l'amour.


Oui, il se fait tard, il se fait vieux**, personne n'évoque ces choses, hormis C., qui pense à elle.
Que pourrai-je dire, demain (aujourd'hui !) à F., au téléphone ?
(F. ne m'a pas envoyé un seul message, ce week-end. Je n'ai pas confiance. C'est imbécile : elle me laisse libre. Mais si , si je lui accorde confiance, je ne crois pas en son sens des réalités actuelles. Elle voit le monde depuis sa fenêtre. Et son monde est plus simple que le mien.)


.....................................To be continued...................................................

*Oui, il y eut ces drames. Je ne rentrerai pas dans leur complexité, j'omettrai des faits, 
je les cite parce qu'ils ont contribué à la complexité de ressentis dans laquelle l'auteur, le "je", se débattait.
Le contexte sociétal est donc exact et référencé.
...J'en profite, Ndl'A, pour préciser que ceci n'est pas une autofiction, mais bien une reconstruction à partir de sentiments vécus.
Les sentiments sont exacts (certifiés par un journal de bord), les personnages et autres événements particuliers sont romancés, de la manière dont Kundera conçoit le "roman".

**Toute allusion liée à l'âge des personnages (hormis les faits avérés : ils ont, ou pas, des enfants; adultes; ou pas encore; etc...) reste subjective.
Un personnage de 45 ans peut se sentir "vieux" (il ne l'est pas) quand un autre, de 65 ans, s'inscrit dans la "vieillesse", alors qu'il n'y est pas contraint. Picasso était-il "vieux" , à 65 ans ?
La vieillesse est un ressenti subjectif (on lira souvent ce mot, dans ma prose).
De même que la "jeunesse"...!
Seul compte le "vécu", qui reste lui encore fort relatif. Des personnes de 40 ans ont un "vécu" bien plus riche que d'autres de 80 ans ! Nous avons changé de monde, ne l'oublions pas, et ne vivons plus dans le cadre de ces "sociétés sauvages" autour desquelles mon maître Levi-Strauss a construit sa réflexion et son oeuvre.

***Cet écrit étant à épisodes, je tiens à préciser que le personnage a initié sa story plusieurs années auparavant.
Je reviendrai sur ce passé, qui ne sera pas partie du récit lui-même Simplement allusions, ou, comme on dit au cinéma : "flashbacks".
 Ce passé/passé, pour le récit-en-soi, mais déterminant. Il me fallait le préciser, pour la clarté du propos, je pense.






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ifness

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Re: L'Amour.

Message par ifness le Mar 3 Juil 2018 - 23:00

<il y a de l'orage,
je n'ose pas poster.

Ma connection est fragile.

Bisous.

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