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Message par Mia Le Chat le Ven 15 Déc 2017 - 12:32

Bonjour à tous !

J'ai 40 ans, je suis doctorante en anthropologie dans une Grande École parisienne, mais j'habite le Sud de la France. Je n'entre d'habitude dans aucune case prédéfinie, mais l'univers HP est encore celui avec lequel j'ai le plus d'affinités. Toujours à l'affût de comprendre ce monde étrange aux mœurs étrangères, j'ai passé le test Wais IV auprès d'une neuropsychologue. Elle en a conclu que j'étais zèbre à 100 % avec seulement 107 de QI Razz . Bref, cela ne m'étonne pas du tout, étant donné mon hostilité aux "cases" et aux "prisons" de toute sorte. Les chronomètres et les chiffres m'insupportent car ils donnent de la réalité une seule version rigide. J'aime trop la liberté pour ne pas me sentir mal dans de tels fers sociaux et mentaux.

J'ai donc saboté le test, tout comme je me suis "sabotée intellectuellement" (neuropsy dixit) depuis ma petite enfance, afin de survivre à mon environnement immédiat, ma famille, "mon" milieu social, "mon" école, "mes" différentes professions successives... En gros, tout ce à quoi j'ai toujours été étrangère et qui est si désirable, si banal aux Autres.

J'ai été obligée d'installer très tôt une interface de communication avec ce monde hostile et étrange, ce monde d'exil. Un mode communicationnel qui ressemble à un jeu triste, à un désespoir sans fin, à travers lequel mon "moi" n'était plus un "moi" (qu'est-ce que "moi" ? Ah ce doute !!!), mais un miroir souriant de l'Autre, ce persécuteur si banal. Ma scolarité a été catastrophique. Oh, pas en apparence (je me maintenais grâce à des efforts surhumains dans la moyenne), car je devais faire plaisir et ne pas décevoir les Autres. Les enfants de l'école étaient méchants, me battaient, me tiraient les cheveux, me traitaient de "sale Française" au CP. Je souffrais tellement que je ne disais rien. À chaque récréation pendant plusieurs années, je me suis cachée dans les toilettes. Attendre que ça passe. Attendre et subir les autres, les groupes, les banalités. Les professeurs étaient des tyrans sans joie ou des falots sans passion, et je me fichais pas mal de leurs matières (en particulier les maths et les chiffres envers lesquels je nourris toujours un blocage intense). À 4 ans, je lisais, j'écrivais, je comptais déjà. Mais qui s'en souciait dans les cités marseillaises de merde où j'ai grandi ? Qui ? Je me souviens seulement de la directrice de l'École Corot convoquant ma mère pour l'enguirlander : "Nous avons constaté que votre fille écrit sur ses dessins de Maternelle ! Arrêtez de lui apprendre à lire !!". Donc, retour à la "case Prison". J'ai développé à partir de là une véritable stratégie de sabotage consistant à "faire semblant de ne pas savoir", à ne pas faire de "vagues", à sourire sans arrêt pour montrer que j'étais "forte" quand ma mère a développé son diabète puis est entrée sous dialyse, à penser que si je m'en persuadais assez fort, j'allais enfin disparaître de cet enfer... Moi qui n'avais jamais de place nulle part : c'était un "nulle part" idéel que je convoitais. La paix infinie de ne pas exister. Ne plus ressentir cette colère.

Mes parents étaient de gentilles personnes globalement, mais aucune conversation n'était possible avec eux. Ma mère, intelligente, se limitait à ce que permettait moralement sa religion chrétienne (pas grand chose mis à part une culpabilité permanente de vivre). Mon père, ouvrier, se gavait de jeux télé débiles, s'abrutissait de travail, me lançait chaises ou couteaux quand je voulait attirer son attention sur autre chose. Je ne pouvais ni partir ni rester, ni parler, ni "être". Adolescente, il me restait heureusement les livres (philo, politique, art, littérature, modélisme, etc.), le dessin (huile, acrylique, pastels, bille, expérimentations de pigments, etc.), la musique (classique symphonique et opéra), la solitude (toute relative car ma mère partageait ma chambre), la dépression (constante depuis la petite enfance), l'envie de vivre et de me gaver de savoir !!!!

J'ai quitté le lycée après un Bac non intéressant. J'ai alors travaillé dans ce qui faisait plaisir à mes parents (ménage, secrétariat, vente, etc.) jusqu'à la mort de ma mère. Ensuite, mon père s'est entièrement effondré sur moi, et nous avons fini par faillir nous entre-tuer au couteau. Je suis enfin partie. Continuer ailleurs l'illusion d'un épanouissement dans le travail. J'ai exercé un nombre considérable de professions, je me suis gaspillée à vouloir être heureuse dans un moule, et finalement, je n'ai cumulé que des conflits, des burn-out épouvantables qui m'ont laissée encore plus désespérée. Heureusement que mon compagnon est là. Il a subi tous les dommages corollaires de cette sous-vie en forme de Grand Huit cyclique et sans fin. J'admire sa constance, lui qui n'a jamais vraiment existé non plus pour ses parents. Lui avec qui j'ai partagé ma passion du débat, des livres et du doute fondamental.

Actuellement je fais une thèse. Non financée, évidemment (boire le calice jusqu'à la lie, hein !). Je paie mon loyer comme je peux. Je suis passionnée par ce que je fais, mais je n'ai aucune envie de continuer après dans la Recherche : les us et coutumes de ce milieu repose dans la naphtaline (Dieu ait son âme !). Les manières d'être sont trop "téléphonées", trop prévisibles aussi. Où est le risque scientifique là dedans (mis à part dans le fait qu'il n'y a aucune sécurité de l'emploi) ? Passer ma vie dans des colloques poussiéreux avec de tristes sires ne m'enthousiasme pas plus que d'être caissière. Bref... encore une promesse attendue de départ.

Qu'est-ce que je partage aujourd'hui avec ce monde ? RIEN. Je me suis construite sans lui et sans illusion. J'aime le chant lyrique (pratique de chœur de haut niveau), la nature, la beauté, l'absolu métaphysique, le silence, découvrir l'intensité vraie des choses, le pragmatisme ouvert, apprendre.

Je suis ici parmi vous, mais je finirai aussi par partir. Ne m'en veuillez pas, ma sensibilité-lassitude-envie de voir ailleurs me reprendra un jour, c'est certain. Je ne suis pas sûre de vouloir me lier à qui/quoi que ce soit, mais c'est encore avec les HP que je me sens le mieux.

Quoi dire d'autre ? Posez-moi des questions si vous êtes curieux.

Merci cat


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Message par Invité le Sam 16 Déc 2017 - 22:57

bienvenue :-)

parcours atypique et intéressant

je note

"Les manières d'être sont trop "téléphonées", trop prévisibles aussi. Où est le risque scientifique là dedans (mis à part dans le fait qu'il n'y a aucune sécurité de l'emploi) ? Passer ma vie dans des colloques poussiéreux avec de tristes sires ne m'enthousiasme pas plus que d'être caissière. Bref... encore une promesse attendue de départ."

le risque en anthropologie me semble être tout simplement l'humain dedans

c'est pareil pour les espaces surdoués, le mot ne convient pas, l'aspect "sur" même si évidemment on n'est pas comme la moyenne

mais finalement assumer ce que l'on est est un chemin qui fait avancer

alors de colloque poussiéreux en autres espaces, finalement il reste à y apporter sa touche propre

et ça..c'est pas rien.. cela a de la valeur de le faire même si on n'est pas toujours équipé pour le comprendre

bienvenue donc, il ya matière à analyse anthropologique ici aussi , c'est évident, même si les tribus sont assez étranges finalement ;-)


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Message par Godzilla le Sam 16 Déc 2017 - 23:53

Parcours pas toujours marrant Shocked Bienvenu et bonne continuation pour la thèse - j'ai vécu avec une thésarde, je retrouve dans tes propos ses désillusions sur la fac et la recherche... mais bon courage quand même ! Very Happy

Mia Le Chat a écrit:
Qu'est-ce que je partage aujourd'hui avec ce monde ? RIEN. Je me suis construite sans lui et sans illusion.

Ca ça m'a fait tilté Smile C'est une phrase que je pourrais dire (et en fait je m'en prive pas ^^), mais qu'on y réfléchit... est-ce qu'il n'y a pas un poil de vanité la dedans ? Même quand on se sent très loin du monde (ici = la société humaine), on est totalement dépendant de ses infrastructures et mode de fonctionnement. Et plus influencé qu'on le voudrait par sa (ses) cultures...
Et on a toujours des illusions, on croit avoir fait le tour et ... comme chantait Mano Solo, "il y a toujours plus profond que le fond".
Bon je pinaille et c'est pas une attaque, mais plutôt un ressenti Wink
Et je deviens déprimant, alors bon, de la musique ce sera mieux (puisque tu ne détestes pas le beau ^^)

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Message par noixdecajou le Dim 17 Déc 2017 - 0:28

Bienvenue Mia Le Chat ! Au plaisir de te lire Very Happy

(message on ne peut plus basique)
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Message par Mgns le Dim 17 Déc 2017 - 7:01

noixdecajou a écrit:Bienvenue Mia Le Chat ! Au plaisir de te lire Very Happy

(message on ne peut plus basique)

Alors y a un potentiel comique avec les mots solution, acide, citron/citerons mais ça dévie fortement du sujet donc risque de panpan.

-----

Bonjour Mia Le Chat !

Je suis curieux de savoir le ou les états d'esprits qui ont pris place lorsque le message a été rédigé parce que je pense que certains passages peuvent devenir sentimentalement ambigus dans l'interprétation, des fois j'ai du mal à savoir si je dois percevoir de l'effroi, de l'indifférence ou du dédain voire même du cynisme.

Sinon je reprendrais le même passage que Godzilla car il me semble soulever un questionnement assez intense.

Comment ou qui serais-tu si ce monde avait été différent ? Au final, ne serait-tu pas indissociable de ce monde tel qu'il est ? Ne pourrait-on pas dire que vous avez en commun que ni l'un ni l'autre ne soyez capable d'interagir avec l'autre ? Est-ce qu'en réalité ce monde aurait partagé avec toi l'unique notion de rien ? Que le fait qu'il ne t'ai rien offert soit justement la seule chose qu'il ai partagé avec toi et qui a fait de toi ce que tu es ?

En fait, quel est le véritable sens de ce "rien" pour toi ? "Rien" a bien des interprétations, il peut être confondu avec le vide, le néant. Il peut être pas grand chose, le contraire de tout.

Je terminerai avec ceci : Ne serait-ce pas l'ironie qui se dégage de cette présentation ? J'y lis une "hostilité aux "cases" et aux "prisons" de toute sorte" puis je constate que finalement, ce n'est pas toutes les prisons et toutes les cases qui sont concernées. La fonction première de ces deux entités est d'isoler, de délimiter, d'enfermer. Hors ça commence avec les toilettes et ça se termine avec les HP en passant par la catégorisation de "l'autre".

Encore une fois, c'est le ton des mots qui peut donner un sens tout autre car en effet tu sembles avoir une certaine plume donc il serait fort étonnant que l'on est à faire à de vulgaires maladresses d'expression. Me voilà condescendant maintenant... Oops. Smile

A bientôt !
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Message par Invité le Dim 17 Déc 2017 - 19:07

Bienvenue Mia Le Chat Like a Star @ heaven

Mais après tout, les départs, ce n'est pas si grave. La passion guide tes études, malgré toute la déception qui pointe dans tes propos (que je peux comprendre). La recherche est constante, c'est un chemin qui dure toute la vie. A un moment donné, je pense qu'on trouve (de façon inattendue) quelque chose de l'ordre de la sérénité (je ne sais pas si cet état dure longtemps) ; il est le fruit de toutes ces recherches et découvertes, de ces départs pour continuer la route, d'une meilleure connaissance de soi-même, d'un regard plus détaché sur le monde (quoique, la colère est toujours là, mais elle cohabite avec la joie, drôle de mélange).

En tout cas, une thèse en anthropologie, je trouve ça génial ! C'est une discipline que j'ai vaguement découverte pendant mes études d'histoire et le peu que j'en ai approché m'a ouvert des horizons. Je lis quelques bouquins, trop peu, mais il y tant à lire par ailleurs.

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