Sur les cimes du désespoir

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Sur les cimes du désespoir

Message par etyinnnn le Mar 21 Nov 2017 - 23:50

Bonsoir à tous,

Je m'excuse par avance pour un post si navrant au titre évocateur (certains d'entre vous saisiront la référence). Je pense qu'il est dans un premier temps nécessaire de me resituer dans mon contexte actuel.

Etienne, 19 ans, ayant récemment passé ce fameux WAIS-IV durant lequel j'ai enchaîné les épreuves tant bien que mal, ayant obtenu un score total de 143, avec cependant des disparités importantes entre les différents domaines. Sur le papier, mon esprit s'affaire à dépasser ses propres limites, tandis qu'au moment où arrivent les résolutions mathématiques ainsi que les suites de chiffres à retenir, je me distrais, peine à focaliser mon attention sur les suites de chiffres prononcées à toute vitesse par la psychologue, réagis tant bien que mal ; j'ai comme l'impression que ma pensée prend un malin plaisir à m'isoler de ce qui m'entoure. A chaque minute, chaque seconde qui s'écoule, l'absurdité du monde dans lequel j'évolue pèse sur mes épaules, s'immisce entre deux bribes de conversation. Cela fait pourtant quelques mois que ça dure, mais je n'y peux rien, penser est pour moi devenu un réel fardeau.

Plutôt que de m'accabler ainsi sur mon sort, j'aimerais vous laisser vous exprimer, me dire si vous avez déjà connu de réels passages de crise existentielle, de désespoir intense et indicible.

Je ressens également ces derniers temps, une forte hostilité vis-à-vis de l'autorité, presque même un rejet de celle-ci ; une absurdité du monde universitaire (puisque oui, je suis étudiant) qui, selon moi, spécule sur des notions de savoir plutôt qu'il ne les intellectualise réellement (plaisir vain de la connaissance pour la connaissance), mais également d'une incompréhension totale du rapport de la société à l'intelligence : je peine à voir comment l'on peut envisager que celle-ci soit un don et non un fardeau qui vous pousse dans vos retranchements.

Si vous avez réussi à tenir jusqu'ici, félicitations ! ♥

Non, car je ne voudrais pas que vous me voyiez comme quelqu'un de mal intentionné sur ce forum, tentant de répandre le mal et le chaos.

En réalité, je suis plutôt actif, j'adore la musique (je compose), l'Art en général et j'ai de l'humour. Je suis souriant et gentil.
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Re: Sur les cimes du désespoir

Message par ZebMcKay le Mer 22 Nov 2017 - 1:22

bienvenue :-)

des questionnements on en a plein

pour l'univ j'ai toujours considéré que c'était le lieu ou on apprenais à apprendre, et non à accumuler un savoir qui forcément serait obsolète à peine acquis

on apprends donc toute sa vie selon moi et y a pas de diplomes et ou de voies, on fait ce qu'on veut

l'intelligence n'est pas un fardeau, c'est un outil , il sert ou pas selon les cas mais si on prend le temps de le comprendre et de l'affiner il peut devenir un ami dans de nombreux cas

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Re: Sur les cimes du désespoir

Message par Tempête le Mer 22 Nov 2017 - 1:45

Bienvenue etyinnnn

Est-ce que tu as envisagé la possibilité que tu vives une dépression? Les difficultés de concentration et le désespoir font partie des symptômes.

Est-ce que tu parviens à suivre tes cours malgré ces problèmes? D'ailleurs, qu'étudies-tu? Est-ce que tu as un projet professionnel clair derrière? Car cela aide à donner du sens à ce que l'on apprend. Ou peut-être qu'il te faudrait quelque chose de plus concret, appliqué que l'université?

Et sinon oui, on est quelques-uns ici à avoir déjà connu crise existentielle, désespoir, dépression... Je suis en plein dedans mais je n'en dirai pas plus pour l'instant Wink

Bon courage à toi Smile
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Re: Sur les cimes du désespoir

Message par Simplex-un-Sim-Complexe le Mer 22 Nov 2017 - 11:59



Salut Etienne!

Peut-être es-tu en train de vivre une "dépression existentielle" propre aux personnes douées ?

Si tu parles anglais, y a pas mal d'infos à ce sujet sur le web. Elle est dénommée "existential depression" et tu peux trouver des choses bien intéressantes en cherchant carrément "existentiel depression gifted". Il y a pas mal de travail qui a été fait, notamment par un mec appelé Dabrowski.

Je ne sais pas si ça fait sens pour toi ?, mais, à mon impression, la dépression existentielle propre aux personnes douées est très axée sur un besoin d'appartenance, de cohésion ainsi que d'harmonie de société et des relations.
Ça peut concerner une harmonie sociale évidente : des attentats, des agressivités entre figures politiques, une atmosphère sociale d'un pays donnant l'impression que les gens sont très fermés, frustrés, comment les gens qui t'entourent se comportent ou n'importe quel truc de cette ampleur, ça peut être assez subjectif.
Mais ça peut aussi être très subtil : comment une université ou une école traite ses étudiants implicitement, comment tu pourrais en avoir marre d'être face à des affiches publicitaires partout qui jouent sur la manipulation et le fait de créer le manque chez les autres, etc. Un exemple comme un autre: il y a quelques temps, j'étais dans une université qui me donnait l'impression d'être un numéro à jeter d'une pichenette dans une poubelle elle aussi jetable, ce qui me mettait incroyablement mal à l'aise et me démotivait vachement au point que j'aie arrêté; je loupais tous les cours et ne me voyais pas étudier comme ça car j'ai une valeure subjective par laquelle j'ai besoin que l'enseignement soit une expérience humaine. Ensuite, j'ai été dans une autre université qui mettait l'accent sur l'être humain tout en restant super rigoureuse, et j'ai eu l'impression d'appartenir à tel point que je dirais volontiers que je vis le fait de louper un cours comme un drame d'une ampleur "alerte planétaire, attaque d'aliens" !

Du coup, du fait que ces dépressions existentielles dépendent dans le fond de choses du monde "qui ne  fonctionnent pas bien et qui devraient", ce que ces dépressions dénoncent d'une certaine façon, je dirais un peu en allant chercher l'extrême ou le paradoxe que si t'es existentiellement déprimé, que ce que tu vois du monde t'es en ce moment difficilement supportable, c'est que tout fonctionne bien chez toi de base ! Au moins une bonne nouvelle ! Ceci en le sens que tu es profondément affecté par la partie du monde ayant des aspects véritablement troublants ( ça, c'est la mauvaise  Surprised ), parfois très subtils et à peine discernables, parfois moins subtils et juste évidents. Y être indifférent, ça serait pas bon signe...

Bien sûr, il est aussi possible de voir ces choses et même de les vivre directement sans être déprimé et même en étant soi-même heureux! Mais, et c'est très humain, certaines personnes, souvent très sensibles, peuvent passer par cette dépression existentielle.

Alors pour commencer, je dirais que ce qu'il ne faut surtout pas faire c'est :
1. Minimiser la situation : "Oh, aller, je dois juste être plus positif, au placard tous ces sentiments d'inconfort !" car c'est jeter de l'huile sur le feu. En général, une dépression vient quand on a trop de sentiments négatifs pour tous pouvoir les vivre à la fois, ou dans le même genre quand on réprime des sentiments.
2. Laisser les autres minimiser tes émotions : "Tu dois voir le bon côté des choses et ensuite ça ira mieux ! Accepte juste les choses telles qu'elles sont, oublie tes émotions négatives et bouge ! "

De toute façon, d'autant plus en tant que personne douée, et comme tu le montres toi-même dans ta présentation, on a cette forte faculté de richesse de la nuance de nos impressions, de nos ressentis ; on peut tout aussi bien au même moment être ému de voir une personne venir en aide à une autre dans la rue qu'être troublé par un conducteur qui grille un feu rouge alors que quelqu'un était sur le point de traverser.

Bref, on a sans doute chacun-e sa façon de gérer ce genre de dépression existentielle mais, en tout cas, ce qui a marché pour moi, c'est d'avoir commencé à définir mes valeurs ou des valeurs que je trouve belles, et de les opposer à des valeurs que je trouve intolérables et inbuvables. J'ai créé un "carnet de valeurs", j'y mets des images mais un musicien pourrait par exemple y relier des musiques, un danseur imaginer des pas, ou n'importe quoi, ce qui fait sens, ou juste des mots, ou juste en parler avec quelqu'un. En plus de ça, je vois une psy (elle aussi douée) qui m'aide énormément à comprendre le monde, à mettre des mots sur ma souffrance existentielle ! Être aidé par une personne qui apporte réellement quelque chose peut être un méga plus.

L'important serait, à mon sens, et je ne sais pas si ça peut t'être utile cependant ou si ta dépression existentielle est liée à l'appartenance et la cohérence de société en soi, c'est de bien prendre le temps d'agir vis-à-vis de toi, avec respect et compréhension pour toi-même (c'est toujours plus simple envers les autres mais c'est vraiment important pour soi-même aussi), de définir tes valeurs et de les opposer à celles que tu trouves inacceptables. C'est un truc que je fais encore actuellement et par lequel je me sens de mieux en mieux, et je finis par me sentir en colère (saine) plutôt qu'effondré comme autrefois. Je me sens aussi acteur de ma propre vie, finalement, même quand j'observe le monde ; je ne suis plus spectateur de la vie des autres.

Et, petit à petit, j'apprends aussi à laisser hors de ma zone de contrôle ce pour quoi je ne peux rien faire (je peux pas changer la mentalité élitiste de cette ancienne université par exemple, ou les formes de discrimination en société, ou ceci ou cela), et je transforme ce que j'ai sous la main : moi-même. C'est dans le fond en me rendant heureux et en évoluant toujours plus constructivement que je pourrai peut-être, si le coeur m'en dit, agir par de grands projets ; mais surtout, en dehors des idées en grand format, une personne ayant des valeurs bien ancrées ne peut qu'apporter des choses à ce monde et aux autres par sa simple façon d'être et faire la différence à son échelle, par son respect et par ses perspectives sur le monde harmonieuses.

Je sais pas si tout ça a pu t'être utile en quelque chose...

Bienvenue à toi, en tout cas !  Smile  

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Re: Sur les cimes du désespoir

Message par Odrad le Mer 22 Nov 2017 - 12:57

salut etyinnnn (mais pourquoi tant de n What a Face )

à propos de ton dernier paragraphe, je crois que c'est tout à fait naturel tout ce qui t'arrive quand on a un haut niveau de lucidité tel que le tien. c'est vrai que c'est énervant ce monde mal foutu, simplex parle très bien de la chose ^^

sinon qu'est ce que tu composes en musique ? tu nous fait écouter ?

et bienvenue Smile
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Re: Sur les cimes du désespoir

Message par etyinnnn le Sam 25 Nov 2017 - 0:31

Bonsoir à tous!

Je tiens avant toute chose à m'excuser pour cette réponse fort tardive, j'ai été très occupé ces jours-ci. Je vous remercie d'avoir pris le temps de me répondre, je tiens à répondre individuellement à chacun d'entre vous (en espérant que vous ne vous soyiez pas complètement désintéressés du sujet entre-temps Smile).

Premièrement, je tiens à modérer mon point de vue concernant l'université, qui me semble après relecture un peu erroné. Si certes, certains enseignements que je reçois me semblent absurdes par une "intellectualisation" à outrance (qui paradoxalement n'en est pas une), ce n'est sûrement pas le cas de la majorité des cursus qui nécessitent bien évidemment des connaissances poussées et approfondies, et c'est bien normal. Donc oui, cette absurdité, qui n'est qu'un ressenti global, est doublement conditionnée : d'une part par la formation choisie, et d'autre part par les méthodes d'enseignement qui sont appliquées et qui différent d'un endroit à un autre.
Nous y venons donc, j'étudie la Gestion des Entreprises et des Administrations, après une réorientation l'année dernière (je suis initialement issu d'une formation scientifique, ayant même entamé l'année dernière une classe préparatoire scientifique). Pourquoi avoir choisi de se ré-orienter dans un tel domaine? Influence familiale, sans doute. Plusieurs membres de ma famille ont suivi un cursus économique, que ce soit en IUT ou en école de commerce, dont mon père qui a par ailleurs récemment ouvert une franchise.

Tempête a écrit:

Est-ce que tu as envisagé la possibilité que tu vives une dépression? Les difficultés de concentration et le désespoir font partie des symptômes.

Oui, très clairement. Même si ces incertitudes existentielles pré-existaient et m'avaient déjà taraudées par le passé, l'enfer a commencé il y a quelque mois à la suite d'une rupture amoureuse, qui a été l'élément déclencheur d'une descente catastrophique (jamais vécue auparavant), de la simple tristesse amoureuse jusqu'à l'abîme sans fond.. je prends des antidépresseurs depuis juin, et je dois tout de même dire que mon quotidien s'est nettement amélioré, j'arrive à présent à le gérer et à établir des projets.

Tempête a écrit:

Est-ce que tu parviens à suivre tes cours malgré ces problèmes? D'ailleurs, qu'étudies-tu? Est-ce que tu as un projet professionnel clair derrière? Car cela aide à donner du sens à ce que l'on apprend. Ou peut-être qu'il te faudrait quelque chose de plus concret, appliqué que l'université?

C'est intéressant (j'ai répondu plus haut concernant mon domaine d'étude) : je n'aime pas parler ainsi de moi-même, mais je dois tout de même dire que je parviens désormais à suivre mes cours (ce qui n'était encore pas le cas en septembre), et ma capacité de concentration s'est nettement améliorée. Pour ce qui est du sens que je trouve dans ce que j'étudie, non pas réellement, si ce n'est qu'ayant un père commerçant, je peux plus facilement concevoir ce que j'apprends à l'université. Effectivement, je te rejoins dans le sens où l'application tangible d'une connaissance permet de donner une signification plus puissante à celle-ci (je tiens à préciser que cette affirmation de ma part résulte d'un constat personnel, bien que je n'y adhère totalement sur un plan théorique).

Enfin, pour finir sur la question du sens, je crois bien qu'il faut n'être joyeux, pour ne pas dire heureux, sans qu'il y ait une autre finalité quelconque que la joie elle-même : la vie destinée à une fin est dangereuse dans la mesure où si cette raison de vivre venait à s'effondrer, c'est vous-mêmes qui vous vous effondreriez. L'Art ne permettant pas selon moi de donner un sens absolu à une vie humaine (ah, lucidité, hmhm), il faut je crois se contenter d'être modeste.
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Re: Sur les cimes du désespoir

Message par etyinnnn le Sam 25 Nov 2017 - 1:27

Simplex-un-Sim-Complexe a écrit:


Salut Etienne!

Peut-être es-tu en train de vivre une "dépression existentielle" propre aux personnes douées ?

Si tu parles anglais, y a pas mal d'infos à ce sujet sur le web. Elle est dénommée "existential depression" et tu peux trouver des choses bien intéressantes en cherchant carrément "existentiel depression gifted". Il y a pas mal de travail qui a été fait, notamment par un mec appelé Dabrowski.

Je ne sais pas si ça fait sens pour toi ?, mais, à mon impression, la dépression existentielle propre aux personnes douées est très axée sur un besoin d'appartenance, de cohésion ainsi que d'harmonie de société et des relations.
Ça peut concerner une harmonie sociale évidente : des attentats, des agressivités entre figures politiques, une atmosphère sociale d'un pays donnant l'impression que les gens sont très fermés, frustrés, comment les gens qui t'entourent se comportent ou n'importe quel truc de cette ampleur, ça peut être assez subjectif.


Bonsoir à toi (je suis désolé, j'ignore ton prénom) !

Il est intéressant de voir comme ton point de vue est centré sur la société dans laquelle évolue l'individu ; je crois que ce que tu décris révèle une sensibilité accrue à certains maux éthiques et sociétaux, vulnérabilité dans laquelle je ne me reconnais pas forcément, au risque de te décevoir.

J'ai effectivement déjà entendu parler de cette fameuse dépression existentielle. Crois-tu que la non-réciprocité de pensée et la non-conformité des valeurs de l'individu avec celles mises en exergue par la société détient le monopole du mal-être existentiel ? (c'est une vraie question, je ne cherche pas à démentir ton propos Smile)

Je te rejoins sur le besoin d'appartenance, qui je crois, permet à l'homme de donner un sens, une essence à sa vie (ça me fait penser à Sartre).

Simplex-un-Sim-Complexe a écrit:


L'important serait, à mon sens, et je ne sais pas si ça peut t'être utile cependant ou si ta dépression existentielle est liée à l'appartenance et la cohérence de société en soi.


Comme je l'ai dit plus haut, non, ma souffrance n'est pas, ou peu (je ne nie pas qu'elle puisse l'être, inconsciemment), liée à de telles problématiques.. effectivement, il y a des choses que j'aimerais voir autrement, des comportements que je ne comprends pas, des êtres humains dans lesquels je ne reconnais pas mon semblable, mais ces gênes ne sont pas vectrices de passions négatives chez moi (au pire, un peu de frustration). Je souffre, au regard d'une mise en lumière face à des problématiques élémentaires de l'existence, de questionnements qui n'ont pas trait à la société ni l'époque dans lesquelles je vis. Je m'étonne simplement ici et là, d'envisager la brièveté de mon existence dans l'infinité des temps écoulés et ceux qui adviendront. C'est à chaque fois, un réel choc, un vertige que j'éprouve face à l'inéluctabilité de ma mort, d'où l'impression d'une certaine absurdité de la vie. Si je peine à contrôler l'anxiété qui résulte de ces considérations, j'en viens généralement à la conclusion que nous ne pouvons de toutes façons envisager cet état de non-être, de néant, et j'essaye alors de ne plus y penser.

PS : Je trouve ça fantastique la manière par laquelle tu décris ta vision de l'éducation comme une "expérience humaine" Very Happy Qu'étudies-tu, si ce n'est pas indiscret?
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Re: Sur les cimes du désespoir

Message par etyinnnn le Sam 25 Nov 2017 - 1:35

Odrad a écrit:salut etyinnnn (mais pourquoi tant de n What a Face )

à propos de ton dernier paragraphe, je crois que c'est tout à fait naturel tout ce qui t'arrive quand on a un haut niveau de lucidité tel que le tien. c'est vrai que c'est énervant ce monde mal foutu, simplex parle très bien de la chose ^^

sinon qu'est ce que tu composes en musique ? tu nous fait écouter ?

et bienvenue Smile

Tout est question de point de vue, je suis content de ne pas m'être fait lapider là-dessus à mon arrivée (on sait jamais, il doit y avoir des maîtres de conférence sur ce forum, non?) Wink

Autrement, je mets mes musiques en ligne sur soundcloud.com, j'essaye d'intégrer un lecteur à mon message là mais ça a pas l'air de marcher.. Any tips?
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Re: Sur les cimes du désespoir

Message par Zarbitude le Sam 25 Nov 2017 - 7:15

Hello !
Le désespoir est souvent représenté comme une descente, une plongée dans l'obscurité.
Du coup, si tu te situes sur la cimes c'est que tu n'es pas tout à fait dans le fond Very Happy
Tout est question de point de vue.....Parole très sage! Mais que faire avec cette sagesse?
Changer son point de vue ? Mais oui bon sang Very Happy
Comme par exemple regarder tout ce qui va bien dans ta vie.
Si tu aimes l'art, je ne peux que te proposer de mettre un peu de couleurs dans ta vie.
C'est quel genre, ta musique ?
Peut-être es-tu trop "nouveau" sur le forum. Du coup, on ne peut pas mettre de liens...
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Re: Sur les cimes du désespoir

Message par ZebMcKay le Sam 25 Nov 2017 - 11:26

on peut simplifier l'adresse en la rendant textuelle

genre https://fr.wikipedia.org/wiki/Joie_de_vivre


htt ps: / / fr.wikipedia.org/wiki/Joie_de_vivre

l'emploi des espaces rend l'adresse non lisible web mais en texte oui
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Re: Sur les cimes du désespoir

Message par ortolan le Sam 25 Nov 2017 - 11:42

.


Dernière édition par ortolan le Jeu 7 Déc 2017 - 20:34, édité 1 fois
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Re: Sur les cimes du désespoir

Message par Simplex-un-Sim-Complexe le Dim 26 Nov 2017 - 15:34


Bonsoir à toi (je suis désolé, j'ignore ton prénom) !

Il est intéressant de voir comme ton point de vue est centré sur la société dans laquelle évolue l'individu ; je crois que ce que tu décris révèle une sensibilité accrue à certains maux éthiques et sociétaux, vulnérabilité dans laquelle je ne me reconnais pas forcément, au risque de te décevoir.

J'ai effectivement déjà entendu parler de cette fameuse dépression existentielle. Crois-tu que la non-réciprocité de pensée et la non-conformité des valeurs de l'individu avec celles mises en exergue par la société détient le monopole du mal-être existentiel ? (c'est une vraie question, je ne cherche pas à démentir ton propos Smile)

Je te rejoins sur le besoin d'appartenance, qui je crois, permet à l'homme de donner un sens, une essence à sa vie (ça me fait penser à Sartre).

Simplex n'est pas le plus doux et le plus mélodieux des prénoms, mais ça peut faire l'affaire!

Ah non, aucune déception, chacun a ses choux de Bruxelles à manger. En lisant que tu avais quelques soucis à supporter certaines infrastructures de société, et vu que je discute avec des personnes ayant eu une dépression existentielle de ce type que j'ai décrit (c'est un peu mon point de référence du moment), je me suis interrogé s'il était possible que ce soit ce que tu traverses. J'espère que ça n'a pas sonné comme deux mains jointes qui te priaient de saisir le pain sacré.

Les crises existentielles ont plusieurs formes et autant de visages qu'il y a de diversité humaine dans les événements, les vécus et même les émotions ou manières de ressentir. De plus, j'ai vu plus haut que t'as vécu une rupture, ce qui, en effet, doit faire l'effet d'une sacrée bourrasque et ne pas laisser les neurones en paix pendant un sacré bout de temps par la suite... (it sucks).
Ce qui répond à ta question... Mais je pense qu'il y a tout de même un malaise général assez énorme lié à comment nos sociétés fonctionnent parfois contre l'aspect humain, ce qui me semble perçu a minima par beaucoup de gens doués ou pas, même si ça ne débouche pas forcément sur des crises, dépressions et autres, et même s'il est possible de vivre une vie sympa à côté quelque soit l'ampleur de l'inconfort.

Quant à Sartre, c'est un boss sur le sujet de l'appartenance au monde, sa perspective est assez unique. Je me souviens de son livre "La Nausée" dans lequel il va jusqu'à se désensibiliser de tout ce qui l'entoure en scrutant tellement le monde qu'il perd toutes ses définitions... c'est assez fort comme démarche, et c'est intéressant de voir qu'il l'a apparemment fondée sur l'idée qu'une étiquette confère tout le sens au monde, comme si sans elles les choses n'étaient pas sensées ou comme s'il n'avait jamais pu observer sans penser ou ressentir ce que les autres avaient déjà pensé ou ressenti.

Bref, blabla, et toi, tu répondrais comment à ta question?

Je souffre, au regard d'une mise en lumière face à des problématiques élémentaires de l'existence, de questionnements qui n'ont pas trait à la société ni l'époque dans lesquelles je vis. Je m'étonne simplement ici et là, d'envisager la brièveté de mon existence dans l'infinité des temps écoulés et ceux qui adviendront. C'est à chaque fois, un réel choc, un vertige que j'éprouve face à l'inéluctabilité de ma mort, d'où l'impression d'une certaine absurdité de la vie. Si je peine à contrôler l'anxiété qui résulte de ces considérations, j'en viens généralement à la conclusion que nous ne pouvons de toutes façons envisager cet état de non-être, de néant, et j'essaye alors de ne plus y penser.

Ok, ouais, je vois... ces questionnements sont les petits cadeaux des dieux mis sur les épaules des humains ; on les ouvre et on se retrouve avec ces écouteurs tout emmêlés ; le temps qu'on les démmêle, la musique est finie.
Et c'est vrai qu'on ne peut pas l'envisager ; tout ce que l'on sait par exemple de la mort, dans le fond, c'est de quoi l'absence de vie a l'air. On ne sait pas réellement ce qu'est l'absence de vie vu qu'on doit vivre pour la constater ; on peut tout juste la nommer ou la voir par des trucs glauques comme ce qui se passe une fois qu'un corps est vide ou simplement sentir l'absence de personnes... ça n'apporte pas plus de réponses. Comme disait Sophie Davant (de l'émission Toute une Histoire, désolé pour la réf') : "La vie a un début et une fin. Tout le reste, c'est ce que vous en faîtes".


PS : Je trouve ça fantastique la manière par laquelle tu décris ta vision de l'éducation comme une "expérience humaine"  Very Happy  Qu'étudies-tu, si ce n'est pas indiscret?

Nan, c'est pas indiscret rabbit : j'avais en tête d'étudier de l'ingénieurie, des neurosciences (associées à de la physique) et de la robotique mais c'est pas tout à fait possible de fréquenter une université qui ait une approche pas des masses scolaire, donc jai pris un chemin différent en commençant par la biochimie. Il n'y a qu'une enseignante qui est fichtrement basée sur l'élitisme à ses heures perdues, mais les autres sont comme les guides d'une parc d'attraction tout en étant plutôt pédagogiques...

Par enseignement humain, j'entends style du cours et le fait que la personne en charge d'enseigner s'adresse aux étudiants par ces méthodes de plus en plus recherchées : l'immersion, la narration (presque), l'échange. Si y a rien de tout ça, ça passe encore, un peu platement, mais l'opposé (ultra-scolaire, récitation du livre, monologue autocentré) ne fonctionne pas des tonnes.

(À ce sujet, y a par exemple la Finlande qui est le premier pays du monde à bannir les cours par branches et enseigner par "événements de vie" (et qui est accessoirement la mieux classée au monde en matière d'enseignement), par exemple : "Ouaich, je suis à l'étranger au café. Du coup, je vais apprendre les mathématiques, l'anglais aussi et l'économie".

Et toi l'enseignement humain, comment tu le vois ? Et t'es pas trop satisfait en commerce, donc ?

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