Malaise des mots

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Malaise des mots

Message par Beth le Mar 26 Sep 2017 - 20:14

Bonjour à tous !

Il m'arrive de bien m'exprimer lorsque je m'adresse par écrit, j'aime employer les bons mots pour que ces derniers fassent écho à l'intensité et l'intégrité de mon message... Forcément employer les bons termes, ça nécessite d'utiliser le panel de vocabulaire mis à disposition...
Évidemment si je commence mon sujet comme cela, on pourrait s'attendre à ce que j'ai un talent de rédaction... Et bien non, il ne faut pas s'y attendre.
Relire et relire puis relire son écrit pour s'assurer qu'il n'y ait pas un mot qui correspondrait mieux, à la virgule près. Maniaque. Dans un premier temps, j'aimerais savoir si certains sont dans mon cas ?
Lorsque je me sens satisfaite ou que je me fatigue, je me lance puis je plonge ensuite dans un trouble identitaire "De quoi vais-je avoir l'air?", "J'en fais trop", "Tu donnes trop", "J'ai l'air à côté de la plaque", "On va me trouver bizarre" et jusqu'à en douter de soi, de son propre bien-fondée ; Et si j'étais entrain de me donner un genre... Pourquoi ? Cela fait-il parti du syndrome de l'imposteur ?  Arrow
J'ai un problème similaire à l'oral, indirectement lié au premier cas selon moi. Par moments, je suis bloquée, selon le degré de confiance en mon interlocuteur c'est à dire que les mots ne sortent pas, c'est le bazar ou bien encore, je me flagelle de ne pas m'exprimer correctement, manger les mots et ne pas utiliser la bonne syntaxe me tracassent. L'inconvénient à l'oral est ne pas pouvoir utiliser le dictionnaire ni appuyer sur la touche suppr par contre on reçoit instantanément l'interprétation de son interlocuteur.

Ça m'use. Ça peut paraître anodin et pourtant avoir trop souvent le cul entre deux chaises devient un handicap.

Enfin, peut-être quelqu'un s'identifiera à mon message pour se sentir moins isolée et moins fou.


Dernière édition par Beth le Mar 26 Sep 2017 - 20:18, édité 1 fois (Raison : J'ai étoffé)

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Re: Malaise des mots

Message par Paradoxa le Mar 26 Sep 2017 - 20:23

Sortir les bons mots . Les bons mots selon qui selon quoi !? Il n'y a aucun barème . La seule chose importante est de vivre pleinement ton émotion , ton émotion te fera ressortir l'intensité de ce que tu veux écrire ou alors dire à l'oral . " en faire trop " " donner trop " " paraître bisard " je connais tellement ca. La seule barrière est en toi dans le sens où tu te fixes un barème , une frontière en fonction de qui tu as en face de toi . Adaptation !? Peut être . Mon message la tu vois est décousu , je me demande même si tu vas en comprendre le sens mais peu importe je vais quand même l'envoyer lol . Vis et parle . Ressens et écris . À partir du moment où tu l'as fais , la manière dont laquelle sera reçue ce que tu donnes , ne t'appartiens plus . Ton message m'a fait écho et c'est tout ce que j'ai réussi à te répondre ..

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Re: Malaise des mots

Message par Fab. Fabrice le Mar 26 Sep 2017 - 20:48

Tu n'est pas seule Beth, dans une moindre mesure pour moi. Il m'arrive de revenir 3 fois pour modifer un mot par un plus signifiant, parfois je laisse les deux, séparés par un slash (/) afin de lfire comprendre l'ambiguité du choix à faire par ma pe,nséee
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Re: Malaise des mots

Message par cyranolecho le Mar 26 Sep 2017 - 21:25

Ô combien

faire attention aux autres, un peu, ou trop, c'est autre chose qu'une flux sans fin de rhétorique apprise, de vocabulaire adéquat

j'ai beau essayer de m'en fiche, c'est un peu comme celui qui essaye d'éviter de ne pas marcher sur des fissures dans le trottoir, c'est pareil

ce n'est pas un défaut que d'essayer d'être le mieux compris que possible par les autres

c'est du panache à l'ère de la pensée automatique

mais ce n'est pas une bonne technique pour reconnaitre ses vrais amis, à mon avis

un vrai ami comprend ta fatigue et te passe tes défauts

le bon mot et la bonne phrase n'existent pas, à plus forte raison à l'oral, quand l'attitude communique plus que les mots

avoir peur du jugement, chose qui ne m'épargne pas, je pense que c'est faire la part belle aux donneurs de leçons, aux techniciens de surface, aux amateurs de certitudes

ici peut être on te comprendra mieux qu'ailleurs, mais tes mots ne suffiront jamais à ce qu'on te comprenne pleinement, ce qui est impossible et serait au final malheureux, il ne servirait plus à rien d'en discuter, les faits seraient établis, froidement

en tout cas, beth, je trouve ton attitude autrement plus belle que celle qui consiste à mettre le cerveau en prise directe avec la langue, même si parfois cela peut être utile, donc parfois, pas constamment.
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Re: Malaise des mots

Message par potiron le Mer 27 Sep 2017 - 11:03

Ah ah moi aussi je mets souvent des plombes avec les mots. Il me faut déjà un quart de siècle pour appréhender ce que je ressens et connaître mon opinion sur un nouveau sujet, puis un autre quart de siècle pour arriver à le formuler intelligemment (alors à l'oral bonjour le délai, surtout quand les sujets pleuvent les uns après les autres). Par contre quand c'est un sujet que je connais déjà je le retiens visiblement quelque part et ça vient beaucoup plus vite...

Pourtant pour maîtriser le sens d'un mot c'est facile il suffit d'ouvrir un dictionnaire, en ayant pris soin de sélectionner l'éditeur et l'année la plus appropriée à la situation, d'en lire la définition, qui ironiquement est elle-même constituée d'autres mots, puis de faire la même chose pour chacun de ces autres mots et ainsi de suite jusqu'à imploser dans une horrible accumulation interne de lettres insipides et de points d'interrogations perturbateurs (sauf peut-être pour Eminem qui a visiblement l'habitude de manier plus de vocabulaire que Shakespeare).
Une fois remis de cette implosion passagère, un petit détour du côté des raçines grecques, latines et autres est nécessaire pour bien comprendre les déviations qu'ont subi à travers le temps les concepts originaux qui volaient jadis dans les têtes des érudits tandis qu'ils buvaient leur cocacolum sur la terrasse swag du coliseum.
Et finalement puisque chacun aime s'approprier les mots à sa manière et leur donner un sens plus ou moins proche de celui qui leur avait été donné au départ en grande pompe par les hommes de lettre qui en avait clâmé la paternité, il convient de faire une courte analyse des probabilités d'interprétation selon son audience, le contexte, le degré d'alcool et le moment de la journée.
Finalement les mots sont probablement tout aussi énigmatiques que les signes non verbaux, et moi je bénis les dieux du dialogue que les deux soient souvent là pour que j'arrive à m'en sortir avec une interprétation plus ou moins valable (sauf avec cet outil sorti tout droit des enfers qu'est le téléphone : à la fois synchrone et uniquement verbal, l'horreur ultime).

Bref je pense qu'il n'est pas totalement faux de dire que dire une phrase c'est un peu comme lancer en l'air un paquet d'étiquettes qui tentent désespéremment de cibler des référentiels conceptuels vaguement communs parmi les interlocuteurs (ou au moins qui présentent quelques traits similaires), puis de compter sur la culture et la cafféine pour que ces gens les associent plus ou moins de la même manière et s'approchent de ce qu'on a voulu exprimer au départ. Et même si j'admets que c'est relativement jouable de viser les concepts phares dans lesquels tout le monde baigne, ça devient très vite compliqué d'exprimer des concepts qui s'écartent de la culture ambiante. Puis en plus il suffit d'un petit instant d'évasion et BAM! c'est toute une phrase qui s'éloigne inexorablement vers les limbes de l'incompréhension. Ensuite bonjour pour la rattraper, parce que sinon c'est toute la chaîne de la conversation qui déraille vers l'anarchie totale. Les stocks de mots détachés s'empilent alors misérablement par terre, au risque que ce soit l'ensemble de la ligne de production qui se casse la gueule dans le mur du malentendu.

(bon j'ai plus ou moins ressorti ici un vieux post à moi que je trouvais à propos, comme je l'ai dit plus haut je fonctionne pas mal avec des mots précalculés)
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Re: Malaise des mots

Message par Beth le Jeu 28 Sep 2017 - 23:52

Bonsoir,

Je vous remercie à chacun de m'avoir répondu. Je n'ai pas répondu dans la foulée, je n'ai pas su quoi répondre mais je vous ai tous lu. Cela m'a apaisé et m'aide à accepter mes "tocs".

@Paradoxa "À partir du moment où tu l'as fais , la manière dont laquelle sera reçue ce que tu donnes , ne t'appartiens plus." Je pense que tu as mis le doigt dessus... La perte de contrôle, mais il reste aussi, je crois, cette exigence que l'on s'inflige.

@cyranolecho "ce n'est pas un défaut que d'essayer d'être le mieux compris que possible par les autres" Je ne suis même pas sûre, finalement, être dans la quête d'être le mieux compris parce qu'il me semble possible de faire passer le même message en s'exprimant avec d'autres termes, peut-être moins exactes mais similaires. Ma compulsion des mots frôle une certaine obsession.

Enfin, par ma réponse, je réalise que je suis presque paradoxale. Je vais réfléchir davantage à vos analyses. Il y a quelque chose que je n'ai pas su fixer. Il faut se comprendre pour comprendre les autres.

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Re: Malaise des mots

Message par LiliColibri le Dim 19 Nov 2017 - 21:08

Beth,
Ton message et les commentaires qui suivent sont un écho de ma propre vie (et souffrance..). Une révélation également, car vous avez mis des mots sur mes ressentis.

J'ai le même problème que toi. Je suis étudiante en sciences politique donc autant de dire que chaque dissertation, chaque exposé est un épreuve. On me dit que les zèbres sont vifs d'esprit et bien pour moi, j'ai l'impression que c'est le contraire. Je suis peut-être vive dans la réflexion et l'analyse mais mettre en mot ce que je pense me ralenti à un point inimaginable, ce qui fait que, et pour moi, et pour les autres, je me sens leeeente. Et particulièrement frustrée de ne pas réussir à m'exprimer comme j'aimerai. C'est un "perfectionnisme des mots" qui est lié au sens, chaque phrase véhicule un ressenti, au delà même d'une idée. D'où l'importance de choisir le bon mot, le plus communicatif, le plus précis. Or, ils ne viennent pas toujours, ni à l'oral, ni dans l'urgence. Ca bouffe la vie effectivement....
Je passe deux à trois fois plus de temps qu'une personne normale sur mes travaux écrits, je cherche la syntaxe parfaite, que les idées s'imbriquent les unes aux autres de la manière la plus logique possible. Quand Potiron écrit "je mets souvent des plombes avec les mots. Il me faut déjà un quart de siècle pour appréhender ce que je ressens et connaître mon opinion sur un nouveau sujet, puis un autre quart de siècle pour arriver à le formuler intelligemment" et bien, voilà, c'est exactement ça.
Et à l'oral, je galère, non pas que je ne suis pas capable de m'exprimer correctement mais mon perfectionnisme fait que je bute sur les mots, balbutie et finis par employer le premier mot de vocabulaire qui me vient à l'esprit (car il ne faut pas "perdre l'interlocuteur") soit un mot pas du tout adapté à ce que je pense réellement. Je me sens donc "nulle", incapable d'exprimer ce que je pense et je ressens une réelle frustration.

Je ne sais pas pour toi mais c'est véritablement vecteur de frustration. Et je pense que ce phénomène nous touche en retour dix fois plus, car ça participe à casser l'idéalisme que l'on se fait d'un conversation ou d'un rapport à l'autre, voire du rapport à nous même. C'est tellement frustrant quand les mots ne suivent pas ni la pensée, ni les ressentis.

Bref, pour parler du côté positif de la chose et surtout pour trouver des solutions, je pense que le premier travail est de se distancier du regard des autres, et s'affirmer en "osant". Plus on s'exprime, plus on aura de facilité à le faire, plus on se fait confiance, plus communicatif on sera. La spontanéité a du bon.

J'ai remarqué qu'étant donné que j'ai une vision des choses très affectives, mon vocabulaire est également affectif. Par conséquent, quand je parle spontanément et que je retranscris véritablement ce que je pense, sans barrière, ça sort tout seul, je trouve les mots.

Je te souhaite bon courage en tout cas, merci encore pour ton message Wink

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Re: Malaise des mots

Message par Beth le Dim 19 Nov 2017 - 22:20

Super LiliColibri, ce n'est pas évident de se lancer dans une discussion, on décide de porter toute l'attention sur nous, ça demande du cran !
En tout cas, j'apprécie de savoir que tu n'es pas seule et ce serait un régal de rencontrer des personnes aux mêmes difficultés pour voir si une révélation survient ! Une symbiose linguistique, une patience bienveillante, une aide à poser le bon mot.
Pour ne pas être interceptée dans le choix de mon vocabulaire et la fluidité de mon élocution, j'ai adopté une attitude qui me permet de me concentrer calmement, tu pourrais essayer... Je ferme les yeux lorsque je parle d'un sujet qui exige une longue réponse (afin de ne pas être frustrée comme tu le dis si bien). Peu importe de paraître perché car je prends une plus grande satisfaction à réussir ma conversation. Je ne regarde jamais dans les yeux lorsque je m'exprime alors je ne suis plus à ça près Razz ... La spontanéité ne me réussit pas toujours, justement parce que je me retrouve à manger les mots et ça m'horripile. Fermer les yeux est à ce jour ma solution pour me distancier et réunir mes idées.

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