Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

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Message par I am so sure le Mer 4 Oct 2017 - 14:51

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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Mer 4 Oct 2017 - 14:53

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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Mer 4 Oct 2017 - 21:48

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Message par Tokamak le Mer 4 Oct 2017 - 23:03


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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Mer 4 Oct 2017 - 23:41

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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par Tokamak le Jeu 5 Oct 2017 - 0:01

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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Jeu 5 Oct 2017 - 0:31

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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Jeu 5 Oct 2017 - 13:52

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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Jeu 5 Oct 2017 - 14:35

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J'ai comparé l'effet passé sur moi de personnes dans leur raisonnement de vie depuis dix ans à l'image de la femme de Kennedy essayant de rattraper un bout de son cerveau après impact... ça fait partir ailleurs, à coté et dans le passé...

Je trouve que des personnes anti tout et anti système sont en fait des terroristes de leur vie.

Ca m'explique encore mieux la notion du fait que seul un doué peut aider vraiment un autre doué surtout au niveau du recul à prendre pour voir les choses d'un plus grand entonnoir sinon effectivement il est impossible de penser de soi à reculer d'une vision grand angle...


Je suis bien, encore, dans mes plus grands entonnoirs... je préfère parler de raisonnements en entonnoir qu'en corde à noeuds soi disants.



La musique des titres c'est d'autres personnes, d'autres vécus, relatés. En 45 ans alors j'ai toujours en tête dans une situation, plusieurs titres qui démarrent sur un mot et qui me donneraient alors d'autres suites possibles ? d'autres contextes ? tout sert mais on ne peut pas décider simple à l'instant avec des choses du passé et complexifiés.

La rencontre avait déjà eu lieu et donc on avait posé un plateau en d'autres dimensions, et chacun a vécu les scènes en pouvant voir les différents départs de feu et angles d'attaques... et ça finit comme une pince...










Mini mire, mini pris, ne peut être à son maximum

Aies du tact avec mon con ...



sinon :


Callé dans ton canapé
T'a l'air content
Collé au programme TV
Comme au jupon de ta maman
Les week-ends entre poteaux
Super super
A la Nitendo
T'es le roi des affaires
Scotché devant ton pc
T'as même plus le temps
Plus de libido
Mais qu'est-ce que c'est chiant...

Parler Paul et Mickey
Oui ça tu sais faire
Attiser ton ego
Ca à l'air de te plaire
Les filles te trouvent toujours beau
Et se retournent dans le métro
Oui c'est bien mon chéri
T'es un coup d'enfer
Et dans ta Range Rover
Y a de quoi être fier
Mais j'ai une chose à dire
Va t'faire...
Va T'faire
T'es le meilleur VRP
Very impressionant
Et tes blagues sur les blondes
Trop top au restaurant
Encore mille mercis
Pour tous les anniversaires
les week ends les mois d'août
Au club avec ta mère
Ta maison préfabriquée
ton barbecue tes haltères
Ta collec d'enjoliveurs
Et les cadeaux de ta soeur
Ton caméscope numérique
Avec toutes ses options
Tes rêves d'Amérique
T'es qu'un gros con...

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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Sam 7 Oct 2017 - 21:20

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La douance c'est ça. Tu n'habites pas en Bretagne et tu vas te chercher des frites à la fête des Huîtres en bas de chez toi, parce que t'aimes pas les huîtres (et en plus avec ce forum en plus) et là tu vois le drapeau alors :



tu te marres parce que ton cerveau il démarre la chanson des Picards sur le drapeau et après t'es obligé d'expliquer puisque tu te marres et c'est parti sur vas y vous êtes breton et vous faîtes aussi des drapeaux de pirates, vous irez voir le clip ci dessus, votre stand m'y a fait penser, d'ailleurs je connais un forum... et puis je vais vous prendre un truc mais du coup pas un truc maritime de chez vous pour mettre dans mon maritime de chez moi, un truc plus spécifique de vous, Monsieur, allez trois portes clés pouline en direct de la Bretagne comme c'est au profit de votre asso humanitaire pour le Vietnam... Razz

Voilà grâce à ce forum et à toutes les phrases ici que je n'ai plus à essayer de mettre dans l'ordre, je peux aller manger mes mayos à la frite, du mois, chaudes Smile et non pas du moi, chaude, même s'il est vrai que j'ai plutôt la frite.

Voilà la douance chez moi au quotidien c'est ça, pouvoir dire en partant à ce monsieur,
merci d'avoir été mon con avec un drapeau breton  Razz  Ce monsieur n'a plus la télé mais va probablement passer par ici. Et du coup avec l'existence de ce forum c'est encore mieux, je file votre adresse, ça me fait encore plus d'économies de phrases structurées..

That's all folk.... hors de la zone mondiale, le temps de me concentrer ... que sur moi et ma petite personne et mon petit estomac...  dans plusieurs années qui sait ça fera tout un réseau de personnes qui ont la douance en commun ? non pour ma part ce forum, on dirait on dit ça on dit rien que je vous ai un peu nommé ma secrétaire à l'insu de votre plein gré....

Avec un drapeau breton de pirates,.... vous avez pensé à faire une section, poissons crossing ?


Dernière édition par I am so sure le Sam 7 Oct 2017 - 21:38, édité 1 fois (Raison : Mais non j'habite pas en Picardie sinon c'est moins drôle de perdre le Nord... ou plus du tout du coup...)
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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Dim 8 Oct 2017 - 2:28

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Bon sinon je persiste et signe, que ceux qui n'ont pas pensé à lever les ambiguïtés qu'ils se sont faits tout seul dans leur esprit se démerdent avec moi sans moi... et pour un bisounours j'ai quand même été gentille en leur donnant le plaisir de m'envoyer promener en leur jouant pour leur bien l'amoureuse éplorée transie qui ne rêve que d'eux mais qui du coup a des problèmes psychologiques... (j'avais compris ça avant de le lire et de le découvrir, un le le doué ça se barre si on les mets dans certains contextes, alors si c'est mieux qu'ils se barrent, autant leur donner un coup de main pour leur bien, je sais c'est tordu mais la vie est tordue et alors la douance si on y fait pas gaffe au lieu d'avoir le cerveau en serviette bien pliée sur le bord de la baignoire c'est le monde toute tordue, trempée et presque à faire des noeuds. Et un cerveau c'est comme une serviette ça doit si besoin s'essorer à la main avec délicatesse !

Du coup évidemment ça me fait désormais dans ma ville des personnes dont je suis la pas gentille et forcément c'est de ma faute, parfois j'en croise qui boudent et du coup si c'est un normo pensant qui me demande pourquoi, je dois répondre : laisses c'est un caractériel. ou alors selon le contexte l'inverse, : oh laisses je suis trop caractérielle pour lui, ça s'imagine pas des choses et des organisations pareilles.

C'était tout un peu tordu quand même. D'un coté plein de persuadés que forcément je vais changer d'avis... pendant que moi cool je pensais pertinemment que je ne change jamais d'avis et pour cause encore plus désormais... Heureusement que j'ai du caractère et un coté gars parce que punaise sinon bonjour la guimauve. Cette paix, j'ai l'impression d'avoir enfin casé tous mes "gosses". Ah bon t'as eu des enfants en fait ? non.

C'était aussi marqué dans un des bouquins ça : on sait pas pourquoi mais les doués sont parfois ultra durs entre eux. Venez vivre ma vie et comme moi vous saurez très bien pourquoi. Ca fait vraiment comme des gosses  Razz  et quoi qu'on fasse ça fait quand même comme une connivence à vie. Heureusement que je me suis pas mise pour cause de points communs alors de douance avec tous mes ex potes, on aurait tous été malheureux mais par amour, mais par un autre amour. Ca aurait été con. Cela dit être intelligent pour se rendre plus malheureux à plusieurs intelligences, ça aurait fait un best seller. On aurait été malheureux mais riches  Razz

Du quoi je fais encore l'impasse sur les explications. J'ai envoyé tout le monde ici. Mon plus gros trieur de secrétaire. Je sais pas vous mais pour ma vie, des gars et moi c'est vraiment les "ton pire ennemi et ton meilleur ami". Qu'est ce qu'on a joué avec des configurations. A les étirer parfois à de ces limites de tendus. Ca vient aussi sûrement de là éviter le virtuel et se montrer. Je ne connais que trop aussi la capacité à pouvoir se faire des constructions mentales et d'autres choses et se contrarier ou être blessé pour des choses virtuelles. Et le coté maternaliste ou paternaliste. Personne n'en parle alors qu'est ce que ça compte. Rien n'est pire qu'être fortement doué et s'attirer ensemble pour devoir lutter pour envoyer promener l'autre. Donc oui assumer et ne rien renier et si ça passe pas avec quelqu'un, ben tant pis Smile J'avais eu ça aussi avec mon premier ex et mon pote Smile

C'est drôle parce qu'en fait tous les potes que j'ai rappelé pour leur dire cette découverte à l'époque et leur donner l'adresse d'ici m'ont recontacté ensuite pour me dire les choses de façon structurée, avec des mots dont je savais qu'ils leur venaient d'ici et j'ai fait l'air de rien, oui je comprends, oui tu as raison mais ils ont tous assumé aussi. Ils ont décroché leur téléphone pour qu'on en parle de vive voix même si c'était pas simple de se dire un peu adieu en fait. Combien de fois j'ai du mentir pour dire que tout allait bien pour que des potes ne se prennent pas la tête à essayer de réfléchir à comment me mettre dans leur configuration de vie.
Que de scènes de jalousies je me suis prise quand j'étais en couple et eux pareils.
C'est une vie à faire à l'envers, par déduction, par cloisonnement.

Et alors mon J. Smile Mon séparateur de tout et ma prise de recul et le top secret. Qu'est ce qu'il en a pris pour son grade. Et c'est qui ce gars d'abord ? et pourquoi on peut pas savoir qui c'est celui là. Et ils ont tous cherché. Et personne n'a trouvé Smile Je sais pas de où c'est venu un jour de penser justement à ne pas tout mélanger. Ca peut faire une vie bizarre ou alors ça fait l'inverse, ça fait une vie privée. Ca fait son passé rien qu'à soi. Ca permet alors de cadrer sa douance et ça permet d'aider l'autre à cadre la sienne. Ah ça fait une belle contradiction, je sais tout, tu peux tout me dire, mais justement je ne te dirais pas tout ce que je sais en plus de ce que tu ne veux pas dire et surtout même si ça peut aller vite, ne me racontes pas tout.

Du coup ça fait une vie normale qui a avancé. Et surtout la confiance en priorité.
J'aurai pu devenir dingue si je n'avais pas croisé à chaque fois quelqu'un qui me pige en deux minutes. Du coup à bien y regarder ça m'a toujours fait un cadre qu'avec des doués et un cadre normal. Pencher ou ne pas pencher. Et des jeux. Ca aussi il faut le savoir lorsqu'on peut en quelque sorte provoquer certains hasards. Moi même je n'ai pas trop regardé en arrière, puisque mes vies ne correspondent pas du tout entre elles vu d'ici. Si c'est pour faire du bien, c'est une chance de pouvoir modifier le cours des choses et des ambiances. Mais je confirme pour ma part ce qu'il y a dans le jsf je crois : ne pas prévenir, ne pas intervenir. Ca a donné des phrases du genre : oui je sais que tu sais que si je veux je sais mais tu te démerdes quand même ou alors l'inverse,
je sais que tu peux m'aider mais ne m'aides pas. Je me souviens des choses que j'ai lu ou des films que j'ai regardé et des choses me semblaient impossibles. Je n'y comprenais rien. Mais parfois en fait il faut juste savoir et ce savoir ressort quand on a besoin.

Avec J et des personnes on s'est je pense auto arrêté sur les surplus. Ma liberté s'arrête là où on commence celle des autres. Je viens d'attendre Nirvana et Acdc à la foire d'à coté. Je me souviens plus jeune je serai descendue. Je ne savais pas que ce n'était pas la même compréhension, la même perception, la même profondeur. En regardant ce reportage sur l'atténuation possible des douleurs à l'évocation des souvenirs des scènes d'attentats, j'y ai repensé et je me suis dit qu'en fait je n'aimerai pas ne pas me souvenir. C'est là où il y a vraiment des différences à prendre en compte entre soi et les autres et qui sont. Traverser la douance et traverser la souffrance. Je n'ai jamais trouver que me mettre parfois à part est un rejet de la part d'autres personnes.

Je me suis souvenue aussi donc je le savais mais ça a buggé ensuite, de quelqu'un qui m'avait dit il y a fort longtemps tu dis une chose mais que tu analyses en même temps.Et j'ai arrêté et ça faisait des phrases simples. Je souriais en discutant tout à l'heure avec la quêteuse pour les aveugles. Elle connaît très bien mon chien d'aveugle avec qui on est "amoureux"  Razz Je dois parler le labrador à l'insu de mon plein gré.
Toujours enroulé dans mes pattes sous mon bureau. Ne pas revenir, ne pas intervenir.
Laisser les autres éclore à leur rythme.

Parler c'était la clé ça résout tant de choses, même justement quand on s'engueule,
quand on ne se comprend pas, ça donne des réponses justement sur le fait qu'il ne faut pas insister, sinon on se fait des illusions. Mes tigres paternalistes et en même temps de grands enfants. Sans J et donc sans aller le chercher, je m'en serai jamais sortie. Rien de grave mais j'aurai pas pu inverser des processus. Son recul sur moi donc pour provoquer le mien ainsi que la communication des infos de son angle de vue.

Ca doit être ça mon histoire de labyrinthe de miroirs des fêtes foraines. Sauf qu'on se l'est dit, je ne sais pas d'où c'est venu mais on savait tous en fait qu'on se tendait des miroirs. De l'importance de parler. et de se voir. Se connaître par la douance, par le biais d'intuition, ça n'inclut pas l'autre. On est quelqu'un avant d'être quelqu'un de douancé.

Ma mère a perdu mon beau père d'un cancer et son ami sa femme de la même façon. Leur couple est incompréhensible pour beaucoup. Ca peut ressembler à un espèce de couple glauque, deux vivants, deux morts. Alors que moi je sais que ça ne fait pas ça,
ça fait l'inverse. Ils ne se parlent pas de personnes disparues, ils se comprennent encore plus que des vivants mais ils se jouent parfois la comédie. Et c'est plein de tendresse et de pudeur en fait. Ils se protègent et veillent à ne pas s’abîmer. Ils se savent à l'insu de leur plein gré mais ne se le disent pas justement. Et c'est pour ça que ça ne donne pas une fondue de tristesses mutuelles depuis dix ans.

Ben oui en deux minutes. Quand tu peux ou tu sais que tu peux te faire piger en deux minutes, t'as pas envie de te prendre la tête à te relancer dans des longues explications. On a fait ça avec des personnes. On s'est ménagé, on a veillé les uns sur les autres, sans se le dire, en ménageant nos blessures, nos égos. Du coup j'ai dégagé mes deux connus et en ménageant leurs égos. Ah oui non tu as raison je serai beaucoup trop chiante, je te confirme c'est pas la peine qu'on fasse trop d'efforts.

Ca aussi c'était marqué dans un de ces bouquins. La tronche de Lucas quand comme par hasard je lui ai fait mettre la chanson du gamer heureux de JNEB. Ca analyse vite un surdoué. Là où quelqu'un aurait décortiqué le clip ect, en en discutant, ça a sorti de suite : putain j'ai une vie de merde  Razz

Trop de compréhension tue la compréhension. Trop de surcompréhension tue la surcompréhension. Une vendeuse m'a dit on voit tout de suite que votre cerveau fonctionne bien et analyse et qu'il y a des infos dedans que vous y avez mis. J'adore  Very Happy C'est clair c'est précis, c'est explicite. Elle voit et pour cause mais bref, mes engrenages. Plutôt que "on voit tout de suite que t'as du QI  Razz

Sinon j'ai vendu un jeu de société à une dame et on parlait de cadre hors cadre normal et fixe. Peut être bien que j'ai laissé des humains être humains même des doués parce que je n'ai pas mis ma confiance dans des gens mais dans moi et dans du béton,
du dur. J'ai une grande jetée géniale, un coup je la prends par le bas, un coup pour leur haut, ça dépend de l'humeur, si je me la pête ou si je veux me l'auto faire toute petite.
Et à coté y'a la mer.

Ma jetée et ma mer connaissent Lalanne par coeur. C'est fou ce cerveau, combien de fois j'y suis allée énervée, en colère, triste, sensibilisée et j'ai pris l'habitude de chanter cette chanson, dramatique, promets moi si tu me survis, déjà les boules et ben non, j'ai un bisounours dans la tête donc il modifie toujours le texte,
le ton et de fil en aiguille sans m'en rendre compte alors je me couillonne ou mon cerveau me couillonne ou on le fait ensemble  Razz  Je sais si c'est possible pour tout le monde mais je me suis déjà surprise en revenant de ma ballade à me dire ben merde j'étais partie de mauvaise humeur, qu'est ce que j'ai vu, fait pour que je l'ai oubliée en revenant même parfois une heure après. Faire deux kilomètres pour aller être en pétard ailleurs pour oublier d'être en pêtard c'est con quand même.

Du coup c'est cool, j'avais copié sur des potes, on s'ajoute sur facebook, je me disais punaise c'est dégueu ils mentent  Razz  alors qu'en fait non ils sont jamais sur facebook,
mais ils stockent, ils trient mais en ménageant les susceptibilités. Et du coup chouette j'ai trouvé mieux. Un forum. J'y pensais tout à l'heure en expliquant pas le forum,
en disant au cas, vous y allez et votre cerveau va se réajuster rien qu'à regarder l'écran. Ca vous fait une mise à jour à l'insu de votre plein gré.

Justement pour lutter contre certains effets de la douance, il faut avoir les mots pour mettre de la distance. Ca fait plus de boulot, ça s'attire, il faut avoir les codes pour se désattirer pour se regarder de loin. C'est donc un peu amalgamé, contradictoire, paradoxal et plusieurs d certains échanges entre doués. Il peut y avoir des trucs de douance qui s'attirent et des affinités qui sont pas là. Je trouve que c'est encore plus important pour un doué d'avoir des projets et connaître ses besoins, ça l'aide pour les concessions ou pour justement ne pas en faire.

Je l'ai dit J m'a dit tu donnes beaucoup de toi même. Mais je lui ai dit que je ne dépassais jamais la fin de niveau du générateur de secours. Et comme lui j'ai une boite à outils. et en quelque sorte un répertoire de référents dans la vie. J'imagine souvent pour résoudre des conversations. Je disais on va s'avoir à l'usure et par épuisement et du coup je me disais je vais dire à Lucas mais écoutes on va quand même pas se mettre ensemble pour se dépanner. Et là c'était cool, je me suis souvenue que j'avais dit : je sais pas si ça va me plaire ce truc de se faire capter.

Et bien c'est bien plus que cool. Il y a les projets devant mais il y a aussi le parcours. J'ai eu peur d'ailleurs à un moment de me dire merde je me serai trompée toute ma vie en envoyer ruer dans d'autres brancards des potes. Et cette vue plongeant en perspective en arrière. Cette drôle d'idée. Ben oui rétroactivement sur 30 ans en arrière devoir te dire qu'il faudrait alors que tu rappelles tout le monde pour coucher avec, c'est super bizarre. Et j'en reviens à ma jetée. A un moment donné en y allant je pensais à quelqu'un qui m'avait dit : ben t'as pas peur. Et un instant j'ai regardé avec la vision de cette personne. Mais c'est la sienne et son regard sur moi et sur la jetée, pas ma vision, pas moi, pas mon regard.

Et surtout on fonctionne pas pareil. Ben oui j'en suis sûre, tu vois beaucoup de labradors pour aveugles enroulés sous des bureaux autour des jambes des gens toi ? et ça provient d'une super méthode QI de tectuel pour m'épiler. Ou alors aucun cas qui a dormi avec un labrador n'a eu le courage de me dire que j'avais le poil du labrador.

Tu te demandes où je suis partie ? Ben je suis partie me coucher.  Razz











Sinon c'est cool, j'ai poussé à fond avec ma mère qui m'a dit finalement : oh oui finis plutôt avec le truc drôle ou court.  Razz

C'était bizarre de dire à son frère que je savais qu'en grande partie la vie de Joel et celle qu'il s'était faite était générée par le fait que lui n'était pas hémophile. C'était bizarre après coup de me dire que oui : je suis une feuille morte qui vit en fonction des courants d'airs. Pour qui n'est pas moi ne peut pas comprendre que cette phrase n'a rien de triste. Je suis contente de n'être pas allée me détraquer le cerveau pour rien à me demander comment ça aurait été autrement si tout n'avait pas été comme ça. Ca fait des ricochets qui ont fait des ricochets et le ricochet suivant provient du premier qui provoque un ricochet autre et suivant. Ce n'est pas en regardant le caillou lancé qu'on avance. Je me serai détraquée si j'étais allée me faire tester. Si je ne l'ai pas su avant c'est que ça devait être comme ça, ou que je n'ai pas voulu en savoir plus avant.

Bref je suis tout à fait normale et normée. Quand je veux bien... j'en parlais justement à deux inspecteurs dans une voiture banalisée... qui s'étaient arrêté pour me demander si j'étais perdue et s'ils pouvaient m'indiquer ma route... je leur ai dit non merci c'est gentil ça va, je suis en mode normale/banale et juste à coté de chez moi. Et eux de me répondre : en tout cas, banale, vous n'en avez pas l'air et moi de renchérir : c'est normal je ne suis pas comme vous je n'ai pas de voiture... bonne soirée messieurs. Ah ah bonne soirée Mademoiselle. Vous aviez remarqué Mad Moiselle. C'est si c'est pas une incitation langagière à l'insu du plein gré à avoir un grain....  Razz  Wink

Tu imagines si on vendait les oeufs en global ? genre en arborescence ? oui je sais ça ferait une omelette. Heureusement que la poule est cool et pond pas des omelettes direct. Comment ferait ceux qui préfèrent un oeuf à la coque ? et puis d'abord pourquoi on dit un oeuf à la coq alors qu'il vient de la poule ?

Et tout plein d'autres choses ou rien.
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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Dim 8 Oct 2017 - 15:02

Spoiler:

Ca n'est que dans ma tête. C'était donc les scénarios et les bourrasques. Marrant alors d'incruster des instructions à son mental Smile Ca va passer, tu t'en fous, ne te biles pas.
Jeudi comme prévu ça a été la pré méga angoisse du siècle comme je m'en doutais. Et vendredi l'enfer toute la journée. Marrant de vivre sa journée quand même en marchant et en faisant alors à coté de ses angoisses. A la faveur d'un événement. Et dédaigner alors en quelque sorte son cerveau et son physique, les laisser se débrouiller avec toutes ces sensations, ces pensées. C'est vrai ça passe. Par contre ensuite en soirée j'en ai pleuré 4h d'affilée.

Ca fait 8h au total avec la dernière fois. C'était non pas triste mais de la décompression. Le truc qui veut le puzzle du passé impossible. Et ça part en pleurs. Du coup je suis encore plus on dirait spectatrice extérieure de ce qui se passe dans ma tête. Ca a mixé des événements assez dégueu à mon goût et ce reportage, et ça a lâché sur le fait d'essayer de mettre en forme les événements, me disant en même temps de je ne sais où mais tu pourras jamais résumer dix ans et des événements que tu n'aurais pas du t'imposer. Du coup j'ai laissé la machine se démerder à essayer d'assembler l'inassemblable.

La chose qui n'aide pas non plus c'est le souvenir. Dans le recul désormais je peux faire des superpositions de mensonges de personnes sur plusieurs années et poser les contradictions, les leurs et ça donne un tableau assez incroyable. Sauf qu'une autre partie de mon cerveau me dit tu t'en fous. Car ça n'est pas le même fonctionnement. Sinon ça serait encore à se rendre malade d'incompréhension. Mais si on sait que c'est l'inverse, oubli au fur et à mesure et ce avec quoi je suis assez d'accord dans un de ses bouquins et aussi de ce qui était relaté par ce gars doué au canada, les soi disants dit normo pensants, trient aussi la dévalorisation. Ils se regonflent de suite, là où le doué lucide...... Le recul, en retrait à part. Qu'est ce que c'est con en fait, durant des années si j'y avais fait attention on m'avait reproché souvent ce retrait alors qu'en fait à l'inverse il m'a évité durant des années de me mettre dans des trucs qui n'ont fait que de faire des noeuds. Et sur de la longue durée. Changer sur la forme quand on s'en fout mais ne pas changer sur le fond.

Du coup elle m'a dit oh des nicorette tu vas arrêter de fumer. Ben non mais je me suis dit vite fait que si j'étais hospitalisée en fait comment je vais faire ? tandis que là hop c'est déjà prévu. Jouer avec soi même, jouer avec la vie. Les jours comme des recettes de cuisine, les semaines comme des recettes de cuisine, les mois et la vie complète en fait. Ca fait comme des escalators en fait. Quand l'escalator ne fonctionne pas on prend l'escalier. Du coup au lieu de s'énerver d'un coté parce que ça n'avance pas on va pousser le curseur à coté là où ça avance.

Parler, juste, ou alors parler mais avant traiter l'information, mais aussi avant analyser mentalement son propos et faire des constructions. Le cerveau c'est givré en fait.Je revois Mickael me sortir subitement non je décroche pas c'est pas poli de le faire quand quelqu'un te parle. Le sans éducation prend un tout autre sens. C'est pour cela que je n'ai jamais jugé. Ou que j'ai rapidement dans la vie pris en compte l'avis de personnes qui me disaient : punaise tu démarres par la critique, le détail qui cloche alors qu'on s'en fout. Et c'était vrai dans le contexte on s'en foutait.

Lorsque tu as rencontré plein de gens, tu vois qu'en fait des personnes ont évolué comme ils peuvent dans des terreaux ou bof pas grand chose, aller demander à quelqu'un de faire des efforts sur des choses dont il n'a pas besoin dans la vie juste parce que ça te sera plus agréable à toi et à ta vie et à ta vue. Qu'est ce que tu fais ?
je regarde en avant. Pour quoi faire ? pour regarder en arrière.

Ne pas creuser. Ca ça a été le conseil du siècle. Sinon ça devait être le gros délire en fait  Razz  Evidemment que si l'interlocuteur en face n'a pas conscience de ce que tu fais à son contact, qu'il ne pose pas les limites et du coup ça peut donner la sensation d'approfondir ou d'avancer alors qu'en fait pas du tout. Je ne creusais plus depuis longtemps mais par contre penser à ne pas mettre tout le temps toute la machine en route. Des personnes n'aiment pas les psy et les psychiatres.

Moi j'adore. Ca me repose. Tu en as vu beaucoup ? non mais qu'est ce que j'ai pu y envoyer des gens  Razz Justement connaître son fonctionnement et les limites. Les rapports entre êtres humaines ce n'est pas constamment faire des efforts ou se mettre en route pour résoudre les problèmes de l'autre. Et idem connaître les limites pour les voir pour capter chez l'autre quand il met en route, plus, là où on s'en fout.

Dépasser l'analyse première et ne pas en tenir compte parfois. La comparaison est alors totalement bonne, organiser et ranger son bureau, organiser et ranger son cerveau. Trier et archiver. Est ce que j'aurai cherché et trouvé tout ça me suis je dit,
ces méthodes ? Armoire, dossiers suspendus, petite étiquette qui dit ce qui s'y trouve.Tout le monde n'a alors jamais vu un bureau ? N'a pas archivé des documents ?Perforatrice, deux petits trous, garder pour faire un tas de confettis, listing, dactylographie, listing de tous les documents se trouvant dans ce paquet là, on met le petit truc en plastique et zou classement.

Comme le téléphone c'est vrai que tout le monde ne l'utilise pas souvent. Je me souviens que si je ne parlais pas pour x raisons pendant trois jours, avant de décrocher mon standard sur 4 lignes à la fac, je me répétais ma phrase d'accroche plusieurs fois.Mais je pense que c'est la même chose pour pas mal de gens. Le temps de se chauffer la voix ou de se concentrer. Bon qu'est ce que je veux ? qu'est ce que ej vais dire ? Et alors les jeux de simulation. Qui n'a pas joué ne pense à simuler ? (qui na pas joui ne pense à simuler... oui je sais je l'ai vu aussi mais si je le précise, je vais me déconcentrer de mon propos déconcentré).

Donc en fait on m'a prêté des talents que je n'ai pas. Tu entraînes quelqu'un pour un entretien d'embauche. Tu n'as rien fait d'extraordinaire. Tu l'as mis en situation,tu lui as fait sortir ce qu'il sait, ça le rassure, ça le met à l'aise point.

Les poulines m'ont fait penser au Vietnam et l'ancienne assistante de mon dentiste,
j'y vais cette semaine. Pour le poids elle m'avait dit ensuite si elle peut le faire je peux,
ben non. Et j'avais raison. Il faut prendre en compte un ensemble d'éléments.



Réactiver ou pas.



Et les divagations mentales ou pas. J'ai souvent vu des doués plonger dans leurs propos et en fait alors activer la mémoire ou le propos triste. Ca rejoint assez le propos de ce que le cerveau a une capacité à détruire ou à approfondir pour forcément arriver au fait que oui la vie c'est con et en plus à la fin on meurt  Razz

Il est vrai que hiérarchiser ses pensées alors pour qui ne l'a jamais appris ou fait ça ne veut rien dire. Désorganisation mentale, désordre affectif. Il faut y penser à ne pas se mettre en route pour ne pas faire du bien à des gens sinon ils te lâchent plus.

Spoiler:
Intellectuel
Un intellectuel est une personne dont l'activité repose sur l'exercice de l'esprit, qui s'engage dans la sphère publique pour faire part de ses analyses, de ses points de vue sur les sujets les plus variés ou pour défendre des valeurs, qui n'assume généralement pas de responsabilité directe dans les affaires pratiques1, et qui dispose d'une forme d'autorité. L'intellectuel est une figure contemporaine distincte de celle plus ancienne du philosophe qui mène sa réflexion dans un cadre conceptuel.
Selon les historiens Pascal Ory et Jean-François Sirinelli, un intellectuel est « un homme du culturel, créateur ou médiateur, mis en situation d’homme du politique, producteur ou consommateur d’idéologie2 ».
Le modèle français de « l'intellectuel » est particulièrement prégnant.
Sommaire  [masquer]
1 « Intellectuel » en France
2 Rôle socio-historique de l'intellectuel en France
3 Les intellectuels et la population
3.1 Selon Noam Chomsky
3.2 Intellectuelles
4 Exportation et retour(s) du modèle français
5 Notes et références
6 Annexes
6.1 Bibliographie
6.1.1 Intellectuels en France
6.1.2 Intellectuels en Europe et dans le monde
6.2 Articles connexes
6.3 Liens externes
« Intellectuel » en France[modifier | modifier le code]
Le nom commun « intellectuel » est « né socialement » avec l’affaire Dreyfus en France3, après avoir été utilisé de manière plus confidentielle dès la décennie 1880, en particulier par la critique littéraire, où il prend déjà une valeur polémique4,5,6. Marie-Christine Granjon évoque une « singularité française » d' « intellectuels engagés et savants de l'engagement ». Dans Pour une histoire comparée des intellectuels paru en 1998, elle écrit : « Depuis le célèbre “J'accuse...” d'Émile Zola, publié à la une de L'aurore le 13 janvier 1898, dont on vient de fêter officiellement le centenaire, l'intellectuel est devenu l'un des hérauts de la geste républicaine française ». Plus loin dans son texte « Une enquête comparée sur l'histoire des intellectuels : synthèse et perspectives », en introduction de l'ouvrage Pour une histoire comparée des intellectuels, qu'elle a codirigé avec Michel Trebitsch, elle écrit : « Dans le sillage de l'Affaire et tout au long du xxe siècle, les intellectuels ne vont pas cesser de s'engager pour ou contre de multiples causes (Front populaire, guerre d'Espagne, fascisme, communisme, guerre d'Algérie, etc.) » 7. M.-C. Granjon, à propos du livre de Louis Bodin, Les Intellectuels existent-ils? (1997), s'interroge également sur cette particularité française: « Des intellectuels scrutant leur propre rôle historique et leur fonction sociale: sommes-nous en présence d'une particularité hexagonale, à nulle autre pareille, d'un exercice narcissique inconnu ailleurs? » 8.
Le mot a été adopté par Maurice Barrès9 et Ferdinand Brunetière10, qui, dans leurs écrits anti-dreyfusards, entendaient dénoncer l'engagement d'écrivains comme Émile Zola, Octave Mirbeau ou Anatole France en faveur de Dreyfus, et sur un terrain – les affaires militaires et l'espionnage – qui leur était étranger.
Rôle socio-historique de l'intellectuel en France[modifier | modifier le code]
Plusieurs conceptions du rôle de l'intellectuel dans la société peuvent être évoquées.
En 1895, Octave Mirbeau définissait ainsi la mission de l'intellectuel : « Aujourd’hui l’action doit se réfugier dans le livre. C’est dans le livre seul que, dégagée des contingences malsaines et multiples qui l’annihilent et l’étouffent, elle peut trouver le terrain propre à la germination des idées qu’elle sème. Les idées demeurent et pullulent : semées, elles germent ; germées, elles fleurissent. Et l’humanité vient les cueillir, ces fleurs, pour en faire les gerbes de joie de son futur affranchissement11. »
Raymond Aron, dans L'Opium des intellectuels (1955), pose cette question du rôle du savant dans la cité, et concernant les grands débats du moment. Pour Aron, l'intellectuel est un « créateur d'idées » et doit être un « spectateur engagé ». À cette conception s'oppose celle du dreyfusard Julien Benda. Dans un essai intitulé La Trahison des clercs (1927), il déplorait le fait que les intellectuels, depuis la guerre, aient cessé de jouer leur rôle de gardiens des valeurs « cléricales » universelles, celles des dreyfusards (la Vérité, la Justice et la Raison), et les délaissent au profit du réalisme politique, avec tout ce que cette expression comporte de concessions, de compromis, voire de compromissions. La référence aux « clercs » (que la tonsure distinguait des laïcs) souligne cette fonction quasi religieuse qu'il assigne aux intellectuels. L'attitude du clerc est celle de la conscience critique (plutôt que de l'engagement stricto sensu).
Jean-Paul Sartre, définira l'intellectuel comme « quelqu'un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas ». C'est celui à qui, selon la formule de Diderot empruntée à Térence, rien de ce qui est humain n'est étranger, qui prend conscience de sa responsabilité individuelle dans une situation donnée, et qui, refusant d'être complice, par son silence, des injustices ou des atrocités qui se perpètrent, en France même ou ailleurs dans le monde (pensons au rôle de Sartre dans le Tribunal Bertrand Russell érigé pour juger les crimes de guerre au Vietnam), utilise sa notoriété pour se faire entendre sur des questions qui ne relèvent pas strictement de son domaine de compétence, mais où l'influence qu'il exerce et le prestige, national ou international, dont il bénéficie peuvent se révéler efficaces. L'intellectuel, pour Sartre, est forcément « engagé » pour la cause de la justice, et donc en rupture avec toutes les institutions jugées oppressives.
Cela l'oppose évidemment à Raymond Aron, son ancien « petit camarade » de l'École normale supérieure, à propos duquel il écrira, en mai 1968 : « C'est le système actuel qu'il faut supprimer Cela suppose qu'on ne considère plus, comme Aron, que penser seul derrière son bureau – et penser la même chose depuis trente ans – représente l'exercice de l'intelligence. […] Il faut, maintenant que la France entière a vu de Gaulle tout nu, que les étudiants puissent regarder Raymond Aron tout nu. On ne lui rendra ses vêtements que s'il accepte la contestation »12. Pour Sartre, l'intellectuel ne peut donc être que « de gauche », à condition d'entendre ce terme dans le sens d'un désir éthique de justice, et non dans un sens purement politique et partidaire.
Pour Albert Camus, l'écrivain « ne peut se mettre au service de ceux qui font l’histoire : il est au service de ceux qui la subissent » : « Notre seule justification, s’il en est une, est de parler, dans la mesure de nos moyens, pour ceux qui ne peuvent le faire. » Mais, ajoute-t-il, il ne faudrait pas pour autant « attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales. La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu’exaltante13. »
Serge Halimi, reprenant une célèbre expression de Paul Nizan14, a qualifié de « nouveaux chiens de garde » du système, par opposition aux intellectuels « dissidents » et « résistants »15, les intellectuels de la fin du siècle. Dans la continuité de Michel Foucault, et selon la définition que celui-ci en a donnée, Pierre Bourdieu était un « intellectuel spécifique »16 et il entendait mettre ses compétences de sociologue au service de son engagement. Des hellénistes comme Jean-Pierre Vernant, ancien résistant, et Pierre Vidal-Naquet ne prétendaient pas avoir de compétences particulières dans leurs interventions sur la scène publique, que ce soit contre la torture en Algérie ou pour les droits du peuple palestinien, et se situaient davantage dans la lignée d'Albert Camus et des intellectuels dreyfusards comme Émile Zola et Octave Mirbeau, qui partaient du principe d'éthique.
Pour le sociologue Laurent Mucchielli, directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), « le rôle des intellectuels est de rompre avec les registres événementiel et émotionnel, qu’ils soient consensuels ou conflictuels, pour tenter d’apporter quelques éléments de réponse au débat collectif »17.
En septembre 2016 paraît une vaste étude collective et interdisciplinaire sur La vie intellectuelle en France de 1789 à nos jours; l'ouvrage en deux tomes, I. Des lendemains de la Révolution à 1914, II. De 1914 à nos jours, sous la direction de l'historien Christophe Charle et du « sociologue et politiste » Laurent Jeanpierre, « a pour projet de faire converger les approches historiques et sociologiques ». Pour le sociologue Luc Boltanski, « la notion floue de “vie intellectuelle” permet aux collaborateurs de cet ouvrage de se tenir entre l'histoire et la sociologie, et entre les “idées” et les “acteurs” dans un espace que l'on pourrait qualifier de médiatique » 18.
Les intellectuels et la population[modifier | modifier le code]
Les intellectuels semblent former un groupe à part de la population.
Selon Noam Chomsky[modifier | modifier le code]
Noam Chomsky – souvent présenté comme un intellectuel d'envergure internationale – est très critique à l'égard de la figure de l'intellectuel telle qu'elle se manifeste dans les médias. Pour lui, elle caractérise les acteurs d'un consensus politique qui étouffe toute critique réelle et efficiente des discours dominants. Dans cette perspective, l'intellectuel est avant tout au service de l'idéologie dominante19. Chomsky considère qu'« il y a le travail intellectuel, que beaucoup de gens font ; et puis il y a ce qu'on appelle la « vie intellectuelle », qui est un métier particulier, qui ne requiert pas spécialement de penser – en fait, il vaut peut-être mieux ne pas trop penser – et c'est cela qu'on appelle être un intellectuel respecté. Et les gens ont raison de mépriser cela, parce que ce n'est rien de bien spécial. C'est précisément un métier pas très intéressant, et d'habitude pas très bien fait »20. Il ajoute : « Ces gens-là sont appelés « intellectuels », mais il s'agit en réalité plutôt d'une sorte de prêtrise séculière, dont la tâche est de soutenir les vérités doctrinales de la société. Et sous cet angle-là, la population doit être contre les intellectuels, je pense que c'est une réaction saine21. »
D'autres auteurs dans la lignée de Chomsky, comme Normand Baillargeon ou Jean Bricmont, défendent cette idée.
Intellectuelles[modifier | modifier le code]
Un groupe de recherche de l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP) du CNRS s'est penché sur l'impact du genre dans l'histoire des intellectuel(le)s22. L'ouvrage issu de ce « groupe de recherche sur l'histoire des intellectuels » (GRHI) « tente de susciter des interrogations inédites, de changer de focale et d’angle de vue en introduisant la problématique du “genre” en histoire des intellectuels »23.
Exportation et retour(s) du modèle français[modifier | modifier le code]
Dans le cadre d'une « histoire comparée des intellectuels en Europe », Christophe Charle analyse quelques retombées d'un certain« aveuglement » des « historiens français » qui « traditionnellement, ont tendance à poser d'emblée les modalités du politique et de l'activité intellectuelle comme universelles »: « Cet aveuglement est d'autant plus répandu que les intellectuels des autres nations ont spontanément, en raison de l'antériorité des évolutions en France, pris cette référence comme modèle, sans toujours avouer ou s'avouer les choix et les déformations qu'ils opéraient à partir de cette matrice simplifiée parce que vue de loin »24
Yvan Lamonde, s'interrogeant sur « le rapport de l'affaire Dreyfus à l'émergence de l'intellectuel au Québec, aux États-Unis ou en Argentine », pose la question suivante: « À quelles conditions l'Affaire est-elle exportable pour comprendre la naissance de l'intellectuel dans d'autres sociétés européennes ou américaines? »25 Michel Trebitsch souligne dans sa « Présentation » de l'ouvrage qu'il a codirigé avec Marie-Christine Granjon Pour une histoire comparée des intellectuels, combien la « boutade » d'Yvan Lamonde: « Peut-on être intellectuel québécois? » révèle « le double-écran auquel il s'est heurté dans sa recherche, l'opposition de la tradition anglophone à la tradition francophone minoritaire, l'obstacle d'une importation de concepts et de méthodes français dans un contexte historiographique dominé, même au Québec, par les sciences sociales américaines »26.
Notes et références[modifier | modifier le code]
↑ Voir par exemple Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942, Paris: Petite bibliothèque Payot, II. La sociologie de l'intellectuel. p. 158 et suivantes disponible [archive] sur Les Classiques des sciences sociales
↑ Pascal Ory et Jean-François Sirinelli, Les Intellectuels en France. De l’affaire Dreyfus à nos jours, Paris, Armand Colin, 2002, p. 10.
↑ Selon l'expression de Maurice Tournier, « Des mots en politique. Les intellectuels, déjà, encore, toujours [archive] », dans Mots, décembre 1993, no 37, p. 106-110.
↑ Trevor Field, « Vers une nouvelle datation du substantif intellectuel», dans Travaux de linguistique et de littérature, 1976, tome 14, no 2, pages 159-167.
↑ William M. Johnson, « The origins of the term "intellectual" in the french novels and essays of the 1890's », dans Journal of european studies, 1974, p. 43-56, cité par Yvan Lamonde, « Les "intellectuels" francophones au Québec au xixe siècle : questions préalables [archive] », dans Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 48, no 2, 1994, p. 153-185. Johnson identifie la première occurrence du substantif sous la plume de Paul Bourget dans un article sur Flaubert datant de 1882.
↑ Voir aussi l'article cité de Maurice Tournier, qui renvoie à Geneviève Idt, « L'intellectuel avant l'affaire Dreyfus », dans Cahiers de Lexicologie, t. 15, 1969, p. 35-46, et à une attestation du substantif sous la plume de Joséphin Peladan en 1891 : « Le devoir supérieur de l'intellectuel réside tout entier dans la manipulation du Divin ».
↑ Pour une histoire comparée des intellectuels (dir. Michel Trebitsch, Marie-Christine Granjon), 1998, p. 21 et 22.
↑ Marie-Christine Granjon, « Une enquête comparée sur l'histoire des intellectuels: synthèse et perspectives », dans Pour une histoire comparée des intellectuels (dir. M-C. Granjon, M. Trebitsch, 1998, p. 19. M.-C. Granjon cite en note 2 Louis Bodin, Les intellectuels existent-ils?, Paris, Bayard Éditions, 1997, p. 9, 11.
↑ Zeev Sternhell, Barrès et le nationalisme français.
↑ Ferdinand Brunetière, « Après le procès » [archive], Revue des deux mondes, 15 mars 1898, p. 420-446, réédité la même année : « Après le procès. Réponse à quelques « intellectuels » . Paris: Librairie académique Didier-Perrin et Cie., 1898.
↑ Article paru le 11 mars 1895 dans Le Journal.
↑ Cité par Annie Cohen-Solal, Sartre, Gallimard, 1989, p. 588-589.
↑ Discours de Suède, Gallimard, 1958, p. 14, 59 et 19.
↑ Les Chiens de garde, Rieder, 1932.
↑ Les Nouveaux Chiens de garde, Liber - Raisons d'agir, 1997, nouvelle édition en 2005.
↑ Pour Michel Foucault, il s'agit d'un « intellectuel qui ne travaille plus dans « l’universel », « l’exemplaire », « le-juste-et-le-vrai-pour-tous », mais dans des secteurs déterminés, en des points précis où les situent soit leurs conditions professionnelles, soit leurs conditions de vie (le logement, l’hôpital, l’asile, le laboratoire, l’université, les rapports familiaux) », Michel Foucault, Dits et écrits, « La Fonction politique de l’intellectuel », no 184, 1976, p. 109.
↑ Laurent Muchielli, « Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? » [archive], 2015.
↑ Luc Boltanski, « Les intellectuels parlent et font parler », dans « Le Monde des Livres », no 22293, daté du vendredi 16 septembre 2016, p.  1-2.
↑ « les intellectuels sont des spécialistes de la diffamation, ce sont fondamentalement des « commissaires politiques », des directeurs idéologiques, et ce sont donc eux qui se sentent le plus menacés par la dissidence. » dans Comprendre le pouvoir, deuxième mouvement, Noam Chomsky (propos recueillis par Peter R. Mitchell et John Schoeffel), éditions Aden, 2006. p. 184
↑ Comprendre le pouvoir, premier mouvement, Noam Chomsky (propos recueillis par Peter R. Mitchell et John Schoeffel), éditions Aden, 2006, p.  185
↑ Comprendre le pouvoir, premier mouvement, de Noam Chomsky (propos recueillis par Peter R. Mitchell et John Schoeffel), éditions Aden, 2006, p. 183.
↑ Nicole Racine et Michel Trebitsch (dir.), Intellectuelles. Du genre en histoire des intellectuels, Paris/Bruxelles, IHTP-CNRS/Complexe, coll. « Histoire du temps présent », 2004.
↑ Cité de: [1] [archive].
↑ Christophe Charle, «  L'histoire comparée des intellectuels en Europe. Quelques points de méthode et propositions de recherche », dans Pour une histoire comparée des intellectuels (dir. M-C. Granjon et M. Trebitsch),1998, p. 44.
↑ Yvan Lamonde dans Pour une histoire comparée des intellectuels (dir. M-C. Granjon et M. Trebitsch),1998, p. 111
↑ Michel Trebitsch, « Présentation », dans Pour une histoire comparée des intellectuels (dir. M-C. Granjon et M. Trebitsch),1998, p. 15
Annexes[modifier | modifier le code]

.../...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Intellectuel



Marrant cette attitude, je me souviens des personnes à qui je l'ai dit. Cet air à me regarder de loin ensuite. Ca fait du bien mais ça fait prendre des distances avec ce qui est plus proche. Comme quoi c'est con et c'est vraiment contradictoire.

Après du coup y'a la facilité. Si on peut poser l'ambiance ou la modifier effectivement on peut aller partout et se sentir bien partout. Les dits nps se foutent la paix comme ça naturellement, j'écrivais avec mon bic grip hier à la terrasse d'un café, avec mon chocolat chaud. Et là forcément le gars sort fumer sa clope et parle d'écriture à son pote. J'ai normo pensé. Comme ça je l'ai pas entendu, comme ça je lui ai pas répondu et comme ça je connais pas encore une personne en plus. Après on m'a reproché aussi de connaître tout le monde. C'est plutôt l'inverse qui est bizarre de connaître personne.

Connaître des gens je trouve ça simple, trop simple, à la limite. Du coup j'ai des lieux dans ma ville où j'ai jamais parlé à personne et où j'ai toujours fait la tronche, comme ça je passe pour une pas sympa et j'ai la paix. Et les lieux où on me connaît. Du coup en fonction de mon humeur ou mon besoin je peux décider. J'ai fait comme ça à force d'expériences sinon c'était déjà fait et je ne pouvais pas faire machine arrière. J'ai par exemple des choses en double, j'ai deux coiffeurs. Une où j'ai normo pensé et une où je me suis ouverte. Comme ça si j'ai juste envie de me faire couper les cheveux en paix pour me détendre j'ai pas à parler.

En discutant hier avec cette dame, on évoquait certaines choses qui m'ont évoquée certains souvenirs chouettes. Mais depuis il s'est passé un ensemble de choses qui font que non pas de retour en arrière parce que des choses étaient chouettes alors que l'ensemble est devenu totalement merdique. De l'intérêt de voir en global et en recul.

Peut être pour ça que des interactions peuvent être épuisantes. Mais bon si j'ai eu envie d'aller danser, je ne me suis pas focalisée sur tout ce que je ne vais pas aimer mais sur ce que je veux faire. Du coup le bruit la clope, les mots des gens, leurs attitudes, m'en fous. Comme les personnes qui veulent avoir le contrôle, tu devrais pas faire comme ça, tu vas pas mettre ça, tu vas pas dire ça. Allo, quoi, je viens pour danser, me lâcher, pas en représentation. Pas sûre mais effectivement y'a une histoire avec les personnes qui focalisent dessus. Il ne faut pas en faire une généralité. Et il faut dépasser ça pour ne pas penser que tout le monde est pareil.

C'est vrai je préfère les entonnoirs à la corde à noeuds, c'est plus parlant pour moi. ou alors une glace. Tu parles à une personne en cornet, si ça passe, tu ajoutes la boule pistache, si ça passe tu ajoutes fraise.

Blablater.



Et là ça nous fait eh show me the cure the way claude françois to the next husky bar, les doors de la perception sauf que ça n'est pas le chien des impôts.

Je trouve pour ma part que je sais pas qui a bien fait d'inventer aussi les normo pensants. Ca fait comme un agenda en fait. Tu peux divaguer tranquille puisque si tu bouges, tu en croises toujours un ou une pour te rappeler les choses. Après tout autant rentabiliser, si des personnes sont obligées d'être concentré tout le temps sur tout ce sur quoi je ne me concentre pas... et à l'inverse je suis leur truc qui pensent aux choses auxquelles ils n'ont pas le temps de penser.

Du coup oui ça m'avait surprise de faire un paquet de normo pensants. Vu le paquet de personnes dans qui je range mes pensées pour en faire moins. Ou alors pour ne pas en faire trop ou en trop profond. Ca donne envie d'écrire l'insoutenable lourdeur du chêne non ?


Aquote1.png
Comme au jeu d'échecs, toute action accomplie dans une relative indépendance représente un coup sur l'échiquier social, qui déclenche infailliblement un contre-coup d'un autre individu (sur l'échiquier social, il s'agit en réalité de beaucoup de contrecoups exécutés par beaucoup d'individus) limitant la liberté d'action du premier joueur
Aquote2.png
Norbert Élias in La Société de cour, p. 152-153.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Sociologie
Spoiler:
Sociogramme
Un sociogramme est un diagramme des liens sociaux qu'une personne possède. Les critères qui servent à établir un tel diagramme sont divers : relations personnelles, relations professionnelles, canaux de communication, etc. Jacob Levy Moreno en a fait la présentation en 1933.
Cet outil permet d'objectiver la dynamique du groupe, afin qu'un animateur ou un enseignant, par exemple, soit moins influencé par ses sentiments et ses préjugés lorsqu'il établit des équipes de travail.
Sommaire  [masquer]
1 École
1.1 Formes de relation
1.2 Statut sociométrique
1.3 Règles de formation des équipes
1.4 Principes à retenir
2 Articles connexes
3 Références
4 Liens externes
5 Sources
École[modifier | modifier le code]
Dans le cadre d'une classe, le sociogramme est un outil précieux pour analyser la dynamique du groupe, laquelle passe forcément par les liens sociaux. À l'aide de cet outil, un enseignant peut influer sur le comportement des élèves à problèmes. Il est idéalement construit à partir des réponses fournies par les élèves, réponses à propos des camarades qu'ils préfèrent ou qu'ils rejettent. Les relations entre élèves dans une classe ont été ainsi théorisées et visualisées par Moreno en 19341:
Sociogrammes de Moreno

CP2


CE1


CE2


CM1


CM2


6e


5e


4e
Formes de relation[modifier | modifier le code]

Un exemple de sociogramme (relations internet)
Dans le groupe, il existe diverses formes de relation
Choix unilatéral : A choisit B, mais pas l'inverse
Choix réciproque : A choisit B, qui choisit A
Dyade : choix réciproque de deux individus, C et D par exemple, selon le même critère
Chaîne : suite de choix unilatéraux, A choisit B, qui choisit C, qui choisit D,...
Triade : groupe de 3 individus qui se choisissent réciproquement
Gang : groupe d'individus qui se choisissent réciproquement
Étoile : groupe d'individus qui choisissent tous une même personne, sans nécessairement avoir de liens entre eux. La personne choisie est le meneur de ce groupe.
Statut sociométrique[modifier | modifier le code]
Étant dans un groupe, chaque membre a un statut sociométrique :
Isolé : il n'est ni choisi ni rejeté par aucun individu (selon le critère donné).
Meneur puissant : il est choisi par des individus ayant un statut sociométrique élevé, c'est-à-dire des individus choisis par plusieurs personnes.
Meneur populaire : il est choisi par des individus à la périphérie du groupe, c'est-à-dire par des individus peu ou pas choisis.
Éminence grise : il est l'individu choisi par le meneur du groupe.
Règles de formation des équipes[modifier | modifier le code]
Le sociogramme devrait être utilisé en conjonction avec des règles de formation d'équipes de travail :
Avant tout, décider de la grandeur de l'équipe.
Commencer par placer les individus isolés, idéalement avec leur premier choix. Sinon, les placer avec leurs deux premiers choix. Ne jamais mettre plus de deux isolés dans chacune des équipes.
Placer ensuite les élèves qui ont reçu un seul choix. Si le choix est réciproque, placer l'élève avec l'individu qui émet cette réciprocité.
Continuer la répartition en partant des élèves qui reçoivent, du plus petit au plus grand nombre de choix. Idéalement, essayer de satisfaire les choix réciproques premiers.
Principes à retenir[modifier | modifier le code]
Pour chacun des élèves, essayer de satisfaire plus de deux choix. Cela constitue une base de sécurité sociale pour les isolés. Il leur est plus facile de s'ajuster au groupe.
Dans les classes où il y a des clivages importants dans les résultats sociométriques (ex., séparation entre les sexes à certains âges), constituer les équipes de manière à ce qu'ils diminuent.
S'il y a des cliques fermées à l'intérieur du groupe, il faut estimer leur influence possible sur les relations sociales des autres élèves. Si elle est indésirable, placer deux ou plusieurs membres de la clique dans des équipes différentes.
Éviter de former des équipes constituées d'individus qui se rejettent mutuellement.
Articles connexes[modifier | modifier le code]
Jacob Levy Moreno
Anne Ancelin Schützenberger
Références[modifier | modifier le code]
↑ Moreno (1934), Who Shall Survive?
↑ Sociogrammes strictement basés sur Moreno (1934), Who Shall Survive?. Source: Grandjean, Martin (2015) Social network analysis and visualization: Moreno’s Sociograms revisited [archive]
Liens externes[modifier | modifier le code]
Sur les autres projets Wikimedia :
les sociogrammes, sur Wikimedia Commons
(en) Free Online tool to make Sociograms. Create your sociomatrix in seconds! Available in English, French, Spanish and Dutch [archive] (www.sometics.com)
(ca) Commercial Software to make Sociograms [archive] (sociograma.bloks.cat)(Le logiciel est disponible en français)
Sources[modifier | modifier le code]
Le sociogramme [archive] (www3.uqar.uquebec.ca)
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Qualitative et quantitative Dialectique · Analyse de réseau · Monographie

Il y a un temps pour tout et une personne quasi pour chaque chose.

https://books.google.fr/books?id=Ma8MCwAAQBAJ&pg=PT121&lpg=PT121&dq=compression+mentale&source=bl&ots=KCJDhTHaix&sig=PEofJl8foE_BGsQWCK9f1rX2gTs&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjChfXjhuHWAhUM1BoKHZwmBCwQ6AEIJzAA#v=onepage&q=compression%20mentale&f=false
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https://www.universalis.fr/encyclopedie/compression-syndrome-d-ecrasement/

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https://www.avogel.ca/blog/fr/loxygenation-du-cerveau-est-importante-manquez-vous-doxygene/

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http://tout-sur-la-memoire.com/manque-doxygene-au-cerveau

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https://www.msn.com/fr-be/sante/medical/11-choses-qui-peuvent-%C3%A9puiser-votre-cerveau/ar-AAcHTyB

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http://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/geologie-paysages-roches-epiderme-notre-planete-972/page/8/

---------------------------------------------------------------------------------

https://static1.squarespace.com/static/547361a4e4b02f4a4c8ce76a/t/56e82f39d210b88679cf3fd4/1458057018167/Blog-Post-Fiche-De-Travail-Comment-D%C3%A9couvrir-Et-D%C3%A9velopper-Vos-Talents_3.2016.pdf

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http://www.educam.be/media/95505/petit_guide_de_croissance_-_educam.pdf

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http://www.unevieextra-ordinaire.com/trouver-sa-passion-le-guide-pdf-a-telecharger

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http://livresnumeriquesgratuits.com/data/documents/Choisir-sa-vie.pdf

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Donc tout le monde ne regarde pas les autres en mode super mario pour voir où ils en sont de leur vie ? naturellement ? et non plus si le gars il est en train de creuser là où il n'y a pas ce qu'il cherche, derrière ?

Sur calo, effectivement, des personnes vivent sans avoir de bons fondamentaux, ou s'en avoir détruit pour en reconstruire de plus solides. Tu m'étonnes alors que c'était vain de vouloir provoquer des rappels pour faire revenir quelqu'un, si il n'a pas la matière, on peut pas lui rappeler.

http://www.55icones.com/pdf/petit_manuel_poche.pdf
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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Dim 8 Oct 2017 - 16:37

Spoiler:

SEPT COUCHES DE LA PENSÉE - PREMIÈRE PARTIE
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Sept couches de la pensée - Première partie Comme vous le savez, notre esprit peut être parfois très bruyant. Comme ce changement continue à se dérouler et à faire monter plus de "qui-nous-sommes-pas" à la surface et à le faire sortir de nous, la compréhension des étapes ou des niveaux au travers desquels nos pensées se déplacent doit s'avérer utile dans le cadre de leur gestion. Nous nous rendons vers un devenir plus dominateur dans chacune de nos pensées, chacune de nos émotions, chacune de nos actions et ceci à chaque instant. Les pensées se produisent à plusieurs niveaux de volume sonore, en commençant dans le silence complet de cognition jusqu'à devenir cette voix intérieure criarde et antagoniste. Bien qu'il existe de nombreux niveaux ou couches de pensée, nous allons garder les choses simples, et parler des sept couches distinctes disponibles à chacun de nous. Ce faisons, s'il vous plaît ne vous enfermez pas dans ces couches comme des bandes rigides. Il existe en fait une fluidité et de la circulation entre elles. Le débit d'une couche de la pensée à l'autre est similaire à regarder l'aube du jour se lever. Par exemple, vous ne pouvez pas facilement identifier 6h30, ou 6h32 en regardant le ciel. Le soleil se lève et le ciel coule des ténèbres vers la lumière. Il y a un moment où nous étions avant l'aube. Maintenant le soleil est haut et brillant.

Premier niveau de pensée

Le premier niveau de pensée est l'endroit où nous parlons tout simplement sans beaucoup de réflexion à propos de ce que nous disons. Nous voyons cela se produire tous les jours. L'homme à l'aéroport laisse juste s'échapper des commentaires dénués de tout sens. La femme bavarde sans frein. Deux minutes plus tard, ils ne se souviennent plus de ce dont ils parlaient. En fonctionnant dans ce niveau de pensée, une personne est généralement inconsciente d'être inconsciente, et passe sa journée dans un mode par défaut, à contrario d'être consciente et intentionnelle. Ceux qui ne sont pas éveillés spirituellement vivent ici. Mais ceux plus éveillés et conscients, peuvent néanmoins se retrouver également dans cette couche de pensée. Vous pourriez faire un projet de prendre plus conscience quand vous êtes dans cette couche. Notez quand vous faites des commentaires inutiles, des ragots, ou contribuer à une conversation qui est bruyante. Lorsque vous commencez à prendre conscience de cette couche de pensée, vous allez rapidement commencer à ne plus participer à cette rumeur inconsciente. Vous ferez de meilleurs choix sur la façon de vous présenter et dans quelle couche de pensée désirez-vous vivre.

Second niveau de pensée

C'est la couche où vous avez des conversations ou des arguments avec d'autres personnes dans votre tête. Vous allez en arrière dans votre esprit sur la situation, et comment vous aviez raison, que c'était mauvais / faux / mal. Vous grondez l'autre personne sur la façon dont ils avaient tord, qu'ils étaient mauvais / blessants / stupides. La culpabilité et le blâme vivent ici ; de même le ressentiment et la vengeance. Toutes ces pensées peuvent être parfois très, très fortes et très consumantes. Bien que non parlé, ce niveau de pensée a aussi un lien avec la télépathie et la clair -audience; ainsi la conversation que vous avez dans votre tête est bien réelle dans l'instant, et elle a une existence qui lui est propre. Si la personne est à côté de vous ou à un millier de kilomètres de là, la conversation se vit de la même manière pour les deux personnes concernées. Sur le plan de l'énergie, cette autre personne peut sentir l'énergie que vous émanez vers elle. C'est aussi la couche où vous voulez vraiment maudire la personne devant vous: "Vous personne stupide / idiote / imbécile," mais vous souriez agréablement, et continuez à discuter avec elle dans votre tête. Comme la première couche de la pensée, celle-ci a une énorme quantité de mouvements inhérents à elle-même. Dans les deux couches vous êtes toujours "en train de continuer" ou de vous investir dans la situation plutôt que d'y résider de manière neutre et statique.

Troisième niveau de pensée

Cette troisième couche est où vous comprenez les choses, élaborez des stratégies, et résolvez les problèmes. Il y a encore un peu de mouvement ici, et un type de conversation intériorisée faisant les cent pas d'avant en arrière. Il y a encore un degré d'engagement et d'attachement émotionnel.

"J'ai essayé trois choses différentes et je sais que le pas suivant ne fonctionnera pas. Comment puis-je obtenir la compréhension de ce problème d'ordinateur avant cette date de complétion? "

"D'accord, je lui ai dit bonjour, mais elle ne m'a pas vu. Que dois-je faire maintenant pour gagner son attention? "

"Qu'est-ce que ce signe là veut dire? Il semble tellement intéressant. "Bien que cela ne soit pas aussi criard et intense que les deux premières couches de pensée, ci-dessus énoncées, on y trouve encore un peu de concentration sans discipline. Votre esprit constamment rebondit de ça, et là essayant de trouver une réponse. Il y a là une attention portée vers l'extérieur pour découvrir une réponse plutôt qu’un choix de prendre une grande inspiration, devenir calme, et ainsi permettre à la réponse de se rendre disponible à vous.

Quatrième niveau de pensée

Cette couche est un lieu que je vais définir comme méditatif C'est d’être curieux et de s'asseoir sans s'engager dans une situation. C'est la première couche non-engagée, non investie de la pensée. Curieux: "Je me demande bien comment cela fonctionne?" Ou "D'où cela vient-il?" Ou "Quelle possibilité intéressante." Il n'y a pas d'attachement émotionnel, de jugement ou de pré-définition de réponses ou de possibilités. Plusieurs fois, vous arrivez dans cette couche facile quand vous n'êtes pas stressé ni poussé dedans; quand il y a peu de demandes externes sur vous à ce moment-là. Vous pourriez commencer à penser: «Eh bien, c'est peut-être temps d'envisager de déménager. Je me demande où je voudrais vivre? "C'est une question sans réponse définie à son propos. La question est ouverte. La réponse apparaît où cette question non chargé est demandée. Tout ce que vous avez à faire est d'autoriser et ne pas "bouger" de votre pensée pour partir à la recherche de la réponse. La réponse, et les pensées errantes autour de la réponse, ensuite viennent dans votre conscience dans le champ plus large de possibilités: ""Eh bien, si je vais à Portland, Oregon, je vais avoir cette expérience, mais si je vais à Tokyo, je vais avoir cette autre expérience, et alors je pourrais toujours descendre à Perth en Australie et avoir celle là." Le processus se déroule en soi et vous regardez tout simplement le processus d'un lieu de curiosité neutre. Dans cette couche de pensée quelqu'un peut vous dire, "Avez-vous envisagé Boulder Colorado? "Et vous êtes assez ouvert pour le considérer sans rejeter ou juger cette possibilité. Sans opinion. Curieux.

Essayez-le. Sentez la différence - et faites nous savoir ce que vous découvrirez.

Par Jim Self

LE MODE DE VIE DANS LA CINQUIÈME DIMENSION
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Le mode de vie dans la cinquième dimension
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Avez-Vous Perdu Votre Passion?
Le mode de vie dans la cinquième dimensionDans l'article précédent : quelles sont les 3e et 4e Dimensions? nous avons comparé les troisième et quatrième dimensions. Dans cet article, nous amenons la cinquième dimension sur le menu. Passons brièvement en revue les structures des troisième et quatrième dimension.

La troisième dimension fonctionne avec un ensemble spécifique de règles et a certaines caractéristiques, aspects, limites, bordures, mutations et structures. Nous voyons trois principales structures maintenant cette dimension.

Les structures rigides de la Troisième Dimension

1. Dualité: Un double mode de perception: vrai-faux, bon-mauvais, devrait-ne devrait-pas, positif-négatif, haut-bas, noir-blanc.

2.Temps Linéaire: La perception que le temps ne se déplace que dans une ligne droite (une direction) et est vécu comme passé, présent et futur.

3.  L’Esprit Rationnel: Le GPS de la troisième dimension. L'analyse, le raisonnement, le processeur de pensées conçu pour faire des comparaisons, tirer des conclusions, emmagasiner des informations, calculer et prendre des décisions.

Les structures flexibles de la Quatrième Dimension

1. Maintenant Moment: C'est votre point de puissance. Chaque moment est maintenant un seuil vers de nouveaux commencements et de nouveaux choix.

2. Choix: Le pouvoir de choisir consciemment de commencer quelque chose d'autre à tout moment.

3. Paradoxe : Vérités contradictoires. Quelque chose qui était vrai il y a un moment, mais peut-être faux dans le « maintenant moment » suivant.

4.  Alignement / Balance : Un état d'équilibre qui neutralise des forces en opposition.

Dans la Cinquième Dimension, 3-D "réaction" et 4-D "Réponse" cèdent la place à l’intégration

Réintégration: Lorsque vous atteignez la conscience de cinquième dimension vous expérimentez la réintégration avec votre Soi Supérieur. Cette reconnexion avec les parties les plus élevées de vous-même vous apporte la conscience supérieure et vous permet de vous connaître au niveau de votre Âme. Vous commencez à Devenir qui vous êtes venu être ici. Vos capacités spirituelles innées augmentent et se révèlent. Il s'agit notamment de la clairvoyance, la télépathie et l'intuition abstraite.

Accéder à la Sagesse que vous connaissez: La vie dans la cinquième dimension est magnifique parce que vous êtes à nouveau pleinement conscient. Vous êtes conscient et pouvez accéder à la sagesse et l'information disponible au sein de votre être qui réside dans toutes les dimensions. Il n'y a pas de séparation. Vous êtes un avec le Tout et le Tout est vous.

Expérimenter l'énergie supérieure et plus légère - en 5D vous sentez vibrer en vous des sentiments comme le respect, la beauté et de la bonté. Le manteau que vous choisissez de porter chaque jour ne ressemble en rien à celui que vous portiez généralement dans la 3ème Dimension. Et beaucoup de ce que vous ressentez n'est plus exprimé par l'esprit ou au travers des mots (intellect / cerveau) mais se répand du cœur et des sentiments (les sens se recombinent formant un sixième sens). Vous parvenez à créer une connaissance calme.

Un Esprit Supérieur: À ce niveau de vie, quand les corps mental et émotionnel fusionnent, l'union active l'Esprit Supérieur et vous opérez à partir de l'esprit de votre Âme. Vous commencez à connaître ce que l'Âme connaît et ce qui crée les choix guidés de l'Âme.

Temps en Simultané: Vivant dans 5D, vous vous déplacez dans un Temps en simultané qui vous permet de voir une perspective plus large du Tout Ce Qui Est. Toutes les réponses à vos questions se trouvent exactement là où la question est posée et vous êtes capable de voir toutes les possibilités avant de prendre action.

Alors, de toute façon, pourquoi avons-nous choisi de quitter cet endroit merveilleux où tout est connu et aller dans la troisième dimension? Lorsque le Créateur voulait mieux se connaître Il / Elle-même, Il / Elle a demandé des volontaires, et devinez qui a couru à l'avant de la queue en disant "Prenez-moi, prenez-moi!"? Vous l'avez fait! Le Créateur a envoyé les plus brillants et les meilleurs (vous) sur cette quête spéciale pour explorer les régions ultrapériphériques de l'existence. C'était, et c'est, une grande aventure pour laquelle seuls les plus grands, et les plus enthousiastes esprits ont signé.

Pourquoi avons-nous choisi la troisième dimension, et pas une autre? La dualité n'existe pas dans les dimensions supérieures, et la dualité est une partie importante de ce que nous voulions expérimenter. Nos explorations nous ont amenées dans beaucoup d'endroits, mais comme nous nous sommes enfoncés plus loin dans la densité, nous nous sommes finalement trouvés nous-mêmes en train de jouer dans des vibrations plus lentes du monde de la forme (la matière). Ici, nous pouvions plonger dans la loi de cause et effet, et découvrir les résultats de nos choix et de nos actions. Ici, nous avions la volonté libre d'explorer les gammes les plus divergentes des fréquences (y compris la peur, la haine, la colère, la trahison, etc.) Lorsque nous avons signé pour cette aventure, nous ne savions pas que nous allions être immergés là dedans, ou que nous oublierions qui nous sommes, d'où nous sommes venus, pourquoi nous sommes venus, et comment revenir chez nous. Nous avons maintenant l'occasion de nous rappeler qui nous sommes et de rentrer chez nous.

Le "Changement des Âges" tant attendu est à nos portes

Nous avons poussé l'aventure dans la troisième dimension aussi loin que nous le pouvions. Nous avons eu énormément de succès pour ce que nous avons essayé d'accomplir et d'explorer dans cette dense, et diverse dualité. la Terre et ses habitants sont en train d'expérimenter en ce moment une énorme montée des vitesses de vibration (à tous les niveaux). Vous êtes une partie très importante de cette transformation. Vous êtes grands, pas petits. Vous êtes importants, pas négligeables. Vous faites une différence et votre contribution est valorisée par l'ensemble de l'humanité et par Tout Ce Qui Est. Faites bon accueil à ce changement vers un nouveau mode de vie, chers amis, car, ensemble, nous avons commencé le processus pour ramener le Ciel sur la Terre.

Par Jim Self

https://masteringalchemy.com/content/sept-couches-de-la-pens%C3%A9e-premi%C3%A8re-partie
T'imagines le gars qui couple avec Dabrowski ? qu'est ce que tu fais cet aprem ? bah rien de terrible, je pense que je vais désintégrer niveau 6 en 5ème dimension mais il faut que j'ai fini pour 18h pour mon oxygénation journalière dans le réel du présent d'aujourd'hui sinon je ne vais pas réussir à suivre tous ceux qui seront en retard demain lundi, tu vois ? Le décalage, on s'en rend pas compte mais ça se planifie...

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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Dim 8 Oct 2017 - 16:46

Spoiler:

Silence et dimension cognitive : la pensée dialogique dans la pièce
radiophonique Embers de Samuel Beckett
Julie Bénard
Résumé
Embers prend place sur la scène mentale de son protagoniste, comme sur celle de son auditeur :
l’immersion sonore et le non spectacle de la radio stimulent l’imagination et la mémoire. Confinée à la
sphère mentale, l’expérience radiophonique fait sortir la parole du noir mais pas de son silence. Ce
silence est celui d’une parole intérieure et d’une pensée dialogique dont témoigne la structure
discursive de la pièce.
Introduction
Nous associons le silence à l’activité mentale de Henry, l’unique protagoniste de la pièce
radiophonique de Samuel Beckett, intitulée Embers. À travers le dispositif radiophonique, Beckett
rend de manière singulière l’activité solipsiste de son protagoniste. Principalement parce que le
dramaturge met en scène une polyphonie de voix. Celles-ci émanent d’une seule et même source, et
illustrent l’effervescence mentale du protagoniste qui en est l’origine. Ainsi l’auditeur a du mal à faire
la distinction entre les voix que Henry invente au travers de son récit, et celles qui font parties d’une
réalité antérieure, issues de sa mémoire. Beckett réduit donc à priori ces voix à leur confinement
acoustique. En effet si ces voix sont intérieures, c’est parce qu’elles sont produites par une seule
personne, et qu’elles sont de fait confinées à un même espace mental. Et ce d’une manière telle,
qu’entre imagination, mémoire et réalité, elles s’entremêlent et deviennent étourdissantes pour
l’auditeur. Par conséquent, la pièce se caractérise donc par sa dimension cognitive, en faisant jouer
plusieurs catégories, l’imagination, la mémoire et la réalité.
Cependant ces voix sont pour Henry la preuve de son existence, comme à l’image de cet enfant
solitaire dans Endgame, « who turns himself into children, two, three, so as to be together, and whisper
together, in the dark ».
1
L’existence de Henry est sonore. Premièrement parce qu’il est à l’origine de

1
S. Beckett, « Endgame ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.126.
Silence
Journées d’Études Doctorants et Jeunes Chercheurs – Laboratoire ICTT
84
ce concert polyphonique, et deuxièmement parce ce qu’être signifie littéralement être entendu.2 Dès
lors, si l’on peut qualifier le dispositif radiophonique de tournant dans l’esthétique de Beckett, c’est
selon nous parce qu’il met en avant une nouvelle dimension cognitive. Ce tournant radiophonique met
en avant une esthétique de la réception, interne et externe à la pièce : Embers thématise l’esthétique de
sa réception. Henry est à la fois le locuteur et l’allocutaire des voix qu’il entend. Il s’écoute parler, et
brouille chez l’auditeur les opérations cognitives qui lui permettent de reconnaître la nature cognitive
de ces voix. Selon nous, c’est en se sentant désorienté par ces voix, dont l’origine est incertaine, que
l’auditeur peut jouir pleinement de l’expérience cognitive de la radio. En effet, le dispositif sonore de
la radio fait de Embers la pièce même du silence, car celle-ci semble destinée à prendre place sur la
scène mentale de son protagoniste, aussi bien que sur celle de son auditeur. C’est alors une relation
dialogique entre le son et le silence qui s’établit.
Dans cet article, nous chercherons à montrer que l’activité mentale du protagoniste et le
dispositif radiophonique qui s’y prêtre, font apparaître une tension entre le silence et le son, conférant
ainsi à la pièce toute la dimension cognitive de l’expérience de Henry.
Nous verrons d’abord en quoi consiste l’expérience radiophonique et montrerons qu’elle se
trouve thématisée dans Embers. En effet, c’est en rapprochant l’expérience radiophonique de la pièce,
de ce que nous appelons la dimension orale de la lecture silencieuse que nous pourrons comprendre sa
dimension cognitive. De cette manière nous montrerons que l’expérience radiophonique ne donne pas
lieu à une intellectualisation de la pièce, mais permet sa réhabilitation en tant que pur divertissement.
Dans cette perspective qui est celle de l’esthétique de la réception, nous nous attacherons à sa
structure, celle du monologue intérieur, où s’enchâssement différents discours, tels que le monologue,
le dialogue et le récit. Nous nous intéresserons au dialogue, car en servant la stratégie psycho-cognitive
de Henry, liée à sa mémoire, il participe à la désorientation cognitive de l’auditeur, brouillant la
distinction entre mémoire, réalité et fiction. Ceci nous conduira à l’analyse d’une autre structure
discursive, celle du récit. En racontant l’histoire de Bolton et Holloway, Henry parvient à étouffer le
bruit incessant des vagues, et à obtenir un peu de répit, faute de silence. En tentant d’obtenir le silence
par le son, c’est plus une relation dialogique entre le langage et le silence qu’un paradoxe qui s’établit :
l’existence sonore de Henry en dépend.

2
Sarah West cite Enoch Brater, « [t]o be is quite literally to be heard ». S. West, Say It: The Performative Voice in the
Dramatic Works of Samuel Beckett. Amsterdam, New York : Rodopi, 2010, p.66.
Silence
Journées d’Études Doctorants et Jeunes Chercheurs – Laboratoire ICTT
85
L’expérience radiophonique : immédiateté sonore et activité solipsiste
L’expérience de la radio est une expérience solipsiste : « the mind [of the listener] is turned
inwards ».
3
L’expérience est si intime qu’elle plonge l’auditeur dans une immédiateté qui le réconcilie
avec lui-même et son imagination. Alors qu’au théâtre le spectateur est toujours extérieur à ce qu’il
voit. Sa posture est distanciée par rapport à l’espace de jeu scénique dont il est le témoin visuel. Il sait
qu’il est le témoin d’un « réel concret », extérieur à sa propre réalité. On assiste à un « découplage
cognitif »
4
entre la fiction, ce qui se passe sur scène, et les croyances de l’individu relatives à une
réalité quotidienne. Au contraire, le non spectacle de la radio, en ce qu’il prive l’auditeur de la vue, et
le son diffus de son dispositif sonore, tendent à brouiller ce découplage cognitif. L’expérience
radiophonique plonge l’auditeur à la fois au cœur de l’espace de jeu de la pièce et au cœur de ses
propres pensées. Pour expliquer l’immédiateté cognitive de l’expérience radiophonique qui stimule
l’imagination de l’auditeur, Sarah West reprend les propos de Walter Ong, selon lesquels,
l’immédiateté sonore de la radio en est la cause. « [W]hereas sight situates the observer outside what
he views, at a distance, sound passes into the hearer ».
5
Selon nous, ces propos ne suffisent pas à
expliquer de manière intrinsèque l’immédiateté cognitive de l’expérience radiophonique. Si les pièces
radiophoniques stimulent l’imagination de l’auditeur, c’est parce qu’elles sont destinées à être jouées
sur la scène mentale de ce dernier. Si cela est possible, c’est parce que le son de la radio et la pensée de
l’auditeur sont compatibles « du fait de leur immatérialité »
6
. Dès lors, l’immatérialité sonore rend
compte de l’immédiateté de l’expérience radiophonique. Cette immédiateté sonore plonge l’auditeur
au cœur de ses pensées intimes, qu’il manifeste en faisant jouer sa mémoire et son imagination :
« Every radio play is finally assembled in the imaginations of its listeners. The loudspeaker provides
the raw materials, disembodied sounds and silence ».
7
L’expérience radiophonique est donc une
activité solipsiste durant laquelle l’auditeur ne semble connaître aucune autre réalité que celle qui se
déroule sur sa scène mentale.

3
S. West, Say It: The Performative Voice in the Dramatic Works of Samuel Beckett. Amsterdam, New York : Rodopi,
2010, p.72.
4 Expression de J-M Schaeffer reprise par E. Danblon, « Exprimer l’ineffable, une fonction cognitive de la fiction », in C.
Grall (dir.), Récit de fiction et représentation mentale. Mont-Saint-Aignan : Publications des Universités de Rouen et du
Havre, 2007, p.57.
5
S. West, Say It: The Performative Voice in the Dramatic Works of Samuel Beckett. Amsterdam, New York : Rodopi,
2010, p.76.
6 Le discours intérieur est un discours oral car « c’est le langage oral qui possède le plus d’affinité avec la pensée du fait de
son immatérialité ». B-T. Fitch, Le langage de la pensée et l’écriture : Humboldt, Valéry, Beckett. Montréal : XYZ éd.
(Théorie et littérature), 2003, p.77.
7 C. Zilliacus, « Samuel Beckett’s Embers: “A Matter of Fundamental Sounds” ». Modern Drama, vol. 13, n° 2, 1970,
p.219. Nous y reviendrons dans notre deuxième partie.
Silence
Journées d’Études Doctorants et Jeunes Chercheurs – Laboratoire ICTT
86
Embers thématise donc l’expérience solipsiste de la radio en mettant en scène l’activité mentale
de son protagoniste, Henry. La pièce consiste en un monologue intérieur, qui voit s’enchâsser
monologue, dialogue et récit. L’auditeur est alors le témoin auditif d’une suractivité cognitive. En
effet, Beckett situe l’activité mentale de son personnage sur deux scènes différentes, un extérieur de
jour et un intérieur de nuit. Lorsque la pièce commence, l’auditeur entend le bruit des galets et de la
mer, Henry est sur la plage : scène extérieure de jour. Mais le son artificiel8
de la mer et la réplique
suivante de Henry, font que l’auditeur se demande si celle-ci est bien réelle ou inventée de toute pièce,
« I [Henry] mention it because the sound is so strange, so unlike the sound of the sea, that if you didn’t
see what it was you wouldn’t know what it was ».
9 C’est à ce moment là, lorsque la voix de Henry se
fait entendre que l’auditeur entre dans la boîte crânienne du protagoniste : scène intérieure de nuit.
Mais le bruit des vagues est permanent et constitue le fond sonore de la pièce. Le dedans et le dehors
cohabitent chez Beckett. Dès lors, c’est sur cette ambiguïté que repose la pièce, « le personnage a-t-il
une hallucination ou est-il en présence de la réalité ? »
10 C’est en jouant sur cette ambiguïté, en faisant
advenir l’activité mentale de Henry sur deux scènes d’exposition différentes, et en conférant à ses
pensées une dimension orale par le biais du dispositif radiophonique, que Beckett trouble le
découplage cognitif de l’auditeur, celui qui lui permet de faire la différence entre fiction et réalité au
sein de la pièce. Dès lors, si Embers thématise l’expérience solipsiste de la radio, c’est moins en
brouillant le découplage cognitif entre fiction et réalité chez Henry, qui se sert du médium
radiophonique pour faire advenir les voix et les bruits dont il a besoin,
11 que chez son auditeur : happé
par l’immédiateté de l’expérience radiophonique ; celui-ci ne connaît pas d’autre plaisir ou déplaisir
esthétique que celui conféré par la réalité de ce qui se passe sur sa propre scène mentale. Pour appuyer
notre propos et montrer que la pièce Embers thématise sa propre expérience radiophonique, nous
comparerons celle-ci à ce que nous appelons la dimension orale de la lecture silencieuse. De cette
manière nous pourrons saisir toute la dimension cognitive de l’expérience radiophonique.
Lorsque nous lisons, nous nous écoutons parler. La lecture révèle une parole intérieure. C’est
ce que nous appelons la dimension orale de la lecture silencieuse. En fait, c’est de manière générale ce
qui se passe lorsque nous pensons. « [D]ans notre vie mentale, tantôt nous avons l’impression de nous

8
« But the sound of the sea in Embers is not the conventional radio cliché. It is neither a means of establishing an
atmosphere nor an aural short-cut to reality[.] […] A demand for nonrealistic sound is implied in the text ». C. Zilliacus,
« Samuel Beckett’s Embers: “A Matter of Fundamental Sounds” ». Modern Drama, vol. 13, n° 2, 1970, p.221.
9
S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.253. Toutes
les citations suivantes de la pièce se réfèrent à la présente édition.
10 C. Zilliacus, « Samuel Beckett’s Embers: “A Matter of Fundamental Sounds” ». Modern Drama, vol. 13, n° 2, 1970,
p.220.
11 Nous en ferons mention dans notre troisième partie.
Silence
Journées d’Études Doctorants et Jeunes Chercheurs – Laboratoire ICTT
87
écouter tantôt celle de nous parler ».
12 Nous sommes à la fois locuteur et allocutaire. Cette aliénation
se traduit lors de la lecture par le fait que nous sommes l’allocutaire des pensées d’autrui, de l’auteur,
tout en étant le locuteur permettant l’articulation de ces mêmes pensées. « Whatever I think is part of
my mental world. And yet here [when I read a book] I am thinking a thought which manifestly belongs
to another mental world, which is being thought in me just as though I did not exist ».
13 Dès lors, la
parole intérieure qui caractérise notre activité mentale, que nous soyons à l’origine de notre propre
pensée où que nous lisions celle d’autrui, est toujours « dialogique ».
14 C’est ce que nous montre
Embers. La pensée de Henry est dialogique. Il s’entend parler puisqu’il semble avant tout se parler à
lui-même. En effet, si Henry convoque sur sa scène mentale une polyphonie de voix et de sons, c’est
pour se sentir moins seul avec ses propres pensées. Au début de la pièce Henry affirme, « the need
came on me, for someone, to be with me, anyone, a stranger, to talk to, imagine he hears me, years of
that, and then, now, for someone who… knew me, in the old days, anyone, to be with me ».
15 Henry
cherche moins à instaurer le dialogue avec autrui, qu’à être écouté. Dès lors, ses propos sont feints,
tout comme le caractère prophétique qu’ils assumeront dans la bouche de Ada, sa femme, vers la fin de
la pièce : « You will be quite alone with your voice, there will be no other voice in the world but
yours
16
».
17 Le possessif « yours » traduit la singularité de la voix de Henry, en ce qu’elle a d’unique et
plurielle. Elle donne lieu à un concert polyphonique de voix, comme en témoigne celle de Ada dans la
présente réplique, émanant toutes de la même tête pensante, par conséquent celle de Henry. C’est bien
la dimension orale, et donc dialogique, de la lecture silencieuse et de l’activité mentale en générale, qui
se trouve thématisée dans la pièce. C’est l’expérience même de la radio, et sa thématisation à travers
l’activité mentale de Henry, qui provoquent chez l’auditeur sa désorientation cognitive, où ce que nous
avons identifié plus haut, comme étant le brouillage du découplage cognitif entre fiction et réalité. De
par son contenu exclusivement mental et le médium acoustique par lequel celui-ci prend vie, la pièce
radiophonique Embers offre à son auditeur une expérience purement cognitive. Cette expérience
intime permet à l’auditeur de « modaliser » le plaisir esthétique, et par conséquent, de « relativiser » un
tel « choc », non pas tant celui causé par les émotions que la pièce provoque en lui, que celui qui est à
l’origine de sa désorientation cognitive. Ainsi la dimension cognitive de la radio et de la pièce, permet

12 B. Fitch, Le langage de la pensée et l’écriture : Humboldt, Valéry, Beckett. Montréal : XYZ éd. (Théorie et littérature),
2003, p.103.
13 G. Poulet, « Phenomenology of Reading ». New Literary History, vol. I, no 1, 1969, p.56.
14 B. Fitch, Le langage de la pensée et l’écriture : Humboldt, Valéry, Beckett. Montréal : XYZ éd. (Théorie et littérature),
2003, p.102.
15 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.255.
16 Nous soulignons.
17 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.262.
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de vivre et de réhabiliter celle-ci comme un pur « divertissement ».
18 C’est ce que semble confirmer,
malgré elle, Kristin Morrison :
Listening to a radio drama is more like reading a book than sitting in a theater: at any
moment interruptions, distractions, boredom, disgust, outrage, any number of personal
motivations, can make the listener turn off the set without hesitation or qualms, as easy as a
book. Theater, on the other hand, captures its audience more variously: the plot may be
foolish but the heroine beautiful, the words may be stilted but the stage effects interesting; or
there may simply be too many long legs between the restless spectator and the aisle to make
early escape feasible.
19
Contrairement à la radio, le théâtre fait vivre aux spectateurs une expérience sociale. Le plaisir
esthétique du spectateur dépend d’une expérience commune qui est contrainte. L’auditeur, lui, est seul
avec ses pensées. Il ne connaît pas d’autre réalité dramatique que celle qui a lieu sur sa scène mentale.
Le non-spectacle de la radio offre un autre spectacle visuel : celui alimenté par le son de son dispositif
et dispensé par le silence de la représentation mentale de l’auditeur. Dès lors, l’auditeur est plus libre
de modeler son propre plaisir ou déplaisir esthétique. Contrairement à ce qu’affirme Zilliacus, « The
choice is [and is not] between sound and silence ».
20
Si nous nous sommes intéressés à la dimension cognitive de l’expérience radiophonique, à
l’esthétique de sa réception, il est maintenant temps de comprendre comment celle-ci rend inévitable la
structure discursive de la pièce. Nous verrons qu’elle résulte d’une stratégie psycho-cognitive, liée à la
mémoire, et mise en place par Henry.
Feintise mimétique : dialogue et stratégie psycho-cognitive
L’expérience radiophonique de Embers se caractérise par l’immédiateté du son et du dialogue.
Le dispositif sonore de la radio confère au dialogue toute sa dimension orale, comme le dialogue
confère à l’expérience radiophonique toute sa dimension cognitive. En effet le dialogue que Henry
entretient avec Ada, ainsi que tous les passages dialogués dans le récit Bolton/Holloway, comme dans
les apartés monologués de Henry à son père, sont feints. Embers consiste en un monologue intérieur
caractérisé par un mode diégétique que Beckett pare d’un simulacre dialogal. En effet le dialogue

18 Selon Catherine Grall « l’expérience cognitive de la fiction, doit aussi concerner la relativisation du choc esthétique
[celui que provoquent nos émotions] – ce qui signifie simplement la réhabilitation du divertissement ». C. Grall, « Le jeu de
l’émotion dans la réception de l’œuvre littéraire de fiction », in C. Grall (dir.), Récit de fiction et représentation mentale.
Mont-Saint-Aignan : Publications des Universités de Rouen et du Havre, 2007, p.101.
19 K. Morrison, Canters and Chronicles: The Use of Narrative in the Plays of Samuel Beckett and Harold Pinter. Chicago :
University of Chicago Press, 1983, pp.74–75.
20 C. Zilliacus, « Samuel Beckett’s Embers: “A Matter of Fundamental Sounds” ». Modern Drama, vol. 13, n° 2, 1970,
p.221.
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Journées d’Études Doctorants et Jeunes Chercheurs – Laboratoire ICTT
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assume une fausse immédiateté qui ne lie plus le langage au contexte dans lequel il est proféré (la
plage de galet sur laquelle Henry se trouve), mais le personnage à sa parole intérieure. Le dialogue est
une feintise mimétique 21 qui sert la stratégie psycho-cognitive de Henry. En convoquant d’autres voix
que la sienne, notamment celle de Ada, et en les faisant s’incarner dans un dialogue, Henry peut
explorer une mémoire douloureuse sans se noyer dans les eaux troubles d’une activité mentale
sinueuse, signifiée par le bruit constant des vagues. Dès lors, l’auditeur ne sait pas s’il a affaire à de
vrais interlocuteurs, comme Ada, et s’il peut ou non prendre comme repère la plage sur laquelle Henry
est censé se trouver. L’auditeur est désorienté dès les premières minutes d’écoute, et entend se jouer en
contrepoint le fond sonore des vagues et des galets, et l’activité mentale de Henry, ce dont témoignent
les différentes formes de discours auxquels ce dernier a recours, et opérant par là-même un brouillage
entre mémoire, réalité et fiction. L’auditeur se sent vite désorienté car il se trouve transporté d’une
scène mentale à une autre, alors qu’il pense être le témoin cartésien de deux réalités autonomes. C’est
ce constat général, qui nous invite à supposer qu’une telle désorientation chez l’auditeur est inévitable
et nécessaire, compte tenu de la structure discursive de la pièce et de son dispositif sonore, sans lequel
elle ne pourrait prendre forme, et assumer toute sa dimension cognitive. Bref, selon nous, il y a
corrélation entre la structure discursive de la pièce et son expression radiophonique. Dès lors, « form is
content, content is form ».
22
L’expression radiophonique demande au dramaturge de prendre en compte deux niveaux de
production du texte : celui de son enregistrement et celui de sa diffusion. Sa réception en dépend. En
effet, les propos suivants de Zilliacus nous montrent que le non-spectacle de la radio, et le son brut de
son dispositif permettent à l’auditeur de raffiner et de concrétiser le texte à travers le filtre de son
imagination :
Every radio play is finally assembled in the imagination of its listeners. The loudspeakers
provide the raw materials, disembodied sounds and silence. Filtered through the listening
imagination, they are integrated into a new whole, individually conditioned and quite
dissimilar to the product created in the recording studio. Most experienced radio dramatists
write with this fact in mind. Radio art has, however, been improperly yoked to theater
traditions. Monologues, so structured that a listener takes them for articulated speech, are
often used when an interior monologue would have served the purpose better.23

21 Dans Pourquoi la fiction ?, Jean-Marie Schaeffer utilise l’expression « feintise ludique » pour qualifier les jeux
fictionnels, nécessaires à la construction psycho-cognitive de l’enfant, c’est à dire à la construction de sa propre vie
mentale. Nos activités quotidiennes sont mimétiques et passent par la pratique de la fiction. Selon Schaeffer, c’est en en ces
termes que l’on peut comprendre la fiction et éprouver un plaisir esthétique pour ses formes « artistiques les plus
complexes », et donc pour les arts mimétiques. Nous y ferons allusion dans notre troisième partie. J-M. Schaeffer,
Pourquoi la fiction ? Paris : Éd. du Seuil (Poétique), 1999, p.18.
22 S. Beckett & R. Cohn, Disjecta: Miscellaneous Writings and a Dramatic Fragment. 1st Grove Press Ed. United States of
America : Grove Press Edition, 1984, p.27.
23 C. Zilliacus, « Samuel Beckett’s Embers: “A Matter of Fundamental Sounds” ». Modern Drama, vol. 13, n° 2, 1970,
p.219.
Silence
Journées d’Études Doctorants et Jeunes Chercheurs – Laboratoire ICTT
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L’expression radiophonique invite à une écriture solipsiste, elliptique mais ininterrompue, offrant à
l’auditeur une partition qu’il doit jouer sur sa scène mentale. Cet investissement cognitif de l’auditeur
est à mettre au compte de la structure discursive de la pièce, que requiert l’expression radiophonique.
En effet, en termes de pratique générique réservée à la prose, le monologue intérieur a cet avantage sur
le monologue, celui d’un discours sans spectateur ou auditeur, et dont l’expression continue des
pensées intimes est plus ou moins clairement formulée. De cette manière, l’auditeur a l’impression de
ne pas être légitime, et d’écouter aux portes. Cependant, c’est cette immersion sonore qui lui permet de
vivre l’expérience immédiate de la pièce. L’auditeur devient alors légitime, car il fait advenir la pièce,
et donc sa dimension cognitive, en la concrétisant sur sa propre scène mentale. Il fait aussi advenir sa
dimension psychologique en articulant les pensées intimes de son protagoniste. Beckett l’a bien
compris, « l’expression radiophonique exige une écriture particulière. On écrit autrement pour elle : la
parole sort du noir… ».
24
Henry donne autant l’impression de se parler à lui-même, par le biais du monologue et du récit,
qu’il donne l’impression de tenir une conversation avec sa femme Ada, par le biais du dialogue. En
réalité la structure discursive de la pièce met en forme la pensée dialogique de Henry. En fait, si cette
pensée dialogique prend forme à travers la structure discursive de la pièce, c’est parce que cette
dernière sert la stratégie psycho-cognitive de Henry. Celui-ci multiplie les différentes formes de
discours pour se sentir moins seul, mais aussi pour révéler et cacher une réalité passée, cause de son
présent isolement psychique. Cette réalité passée est celle liée au suicide de son père qui s’est noyé.
Cet abandon paternel révèle une relation père/fils purement biologique, ce qui amène Henry à
questionner sa propre relation avec sa fille Addie. À l’échelle macroscopique de la pièce, ces pensées
intimes constituent le monologue intérieur de Henry. Mais à l’échelle microscopique de la pièce, elles
prennent la forme d’un dialogue, ce qui permet à Henry autant de rompre avec la solitude et le silence,
que cela lui permet de confiner une mémoire trop accablante, comme encombrante. Et en même temps,
c’est le caractère faillible de la mémoire, et de fait sa familiarité avec l’imagination et une réalité
passée, qui permet à Henry de se servir de celle-ci comme d’un instrument heuristique et poétique,
multipliant ainsi différentes formes de discours. Ce que nous souhaitons analyser dans ce qui suit, c’est
la corrélation entre la feintise mimétique qu’est le dialogue, et la stratégie psycho-cognitive à laquelle
elle répond, et qui concerne la mémoire.
Dans Embers, la feintise mimétique tient principalement au dialogue qu’entretient Henry avec
sa femme Ada. Cependant même si cette voix est distincte de celle de Henry, elle constitue un
simulacre car elle est imaginée par ce dernier. C’est le silence de sa présence corporelle qui nous

24 C. Zilliacus, « Samuel Beckett’s Embers: “A Matter of Fundamental Sounds” ». Modern Drama, vol. 13, n° 2, 1970,
p.225.
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l’indique. Ainsi lorsque Ada se trouve au côté de Henry sur la plage de galets, l’auditeur entend
« [[n]o sound as she sits] ».
25 Le dialogue avec Ada intervient dans la pièce lorsque le monologue de
Henry arrive à bout de souffle. Ce monologue ouvre la pièce et se trouve composé d’une polyphonie
de voix, celle de son père, de sa fille Addie, et des personnages de fiction Bolton/Holloway que Henry
met en scène dans un récit. Le monologue intérieur de Henry se caractérise donc par son mode
diégétique et son caractère fortement dialogique. C’est le récit qui rompt le mode diégétique du
monologue fait advenir la feintise mimétique du dialogue. Dans ce dialogue, Holloway, un docteur, est
venu au chevet de Bolton. Il fait froid dehors et Holloway demande à entrer, mais Bolton répond par
un râle supplicié. « Holloway : “My dear Bolton, it is now past midnight, if you would be good
enough—”, gets no further, Bolton ».
26 Le dialogue est plus remarquable pour sa mise en forme que
pour son contenu. En effet, il permet à Henry de se libérer pendant un très bref instant de la prose
paratactique, haletante et suffocante du récit. Dans l’adresse monologale de Henry à son père, la
feintise mimétique du dialogue amène Henry à imiter la voix de ce dernier, ainsi que celle de sa fille,
dans un souvenir parallèle lié à cette évocation paternelle. Mais le monologue est syntaxiquement plus
cohérent que le récit, et le dialogue bien que feint, assume une charge émotionnelle de par l’action
mimétique qu’il engage, l’imitation des voix d’autrui par Henry.
L’on se rend compte que si Henry a recours à ce simulacre, c’est parce qu’on ne l’a jamais
écouté. Henry a besoin d’un auditeur idéal. Cette personne c’est Ada, sa femme, qui circonscrite à sa
sphère mentale, est avant tout une hypostase psychique de ce dernier, « Ada: […] Are you afraid we
might touch [Pause.] Henry. / Henry : Yes ».
27 En effet, si Ada représente pour Henry l’auditeur idéal,
c’est parce que son statut psychique fait d’elle une entité abstraite et malléable. Ada n’est pas une
entité psychologique à part entière dans la pièce, car elle n’a d’existence que celle qu’Henry lui donne.
Dès lors son rôle cognitif est idéationnel, et se distingue par sa fonction mnésique. Elle aide à la fois
Henry à se rappeler certaines scènes du passé, et à prévenir certaines de ses errances. Ces souvenirs ont
un dessein psycho-cognitif pour Henry. Ainsi lorsque celui-ci n’arrive pas à se rappeler si Ada et son
père se sont rencontrés, c’est parce qu’il dit avoir oublié tout souvenir lié à sa femme. Réel oubli ou
hiatus volontaire servant seulement à entretenir le dialogue, la réponse de Ada n’est pas claire.
Cependant, elle donne une caution empirique au trouble psychique de Henry. Paradoxalement, si
Henry a oublié, c’est parce qu’il n’était pas présent, et que son absence a fait manquer la rencontre
entre son père et sa femme. Dès lors les faits passés n’ont de vraisemblance que celle accordée par les
présentes explications de Ada. L’une des dernières phrases qui clôture les souvenirs de Ada, exprime

25 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.257.
26 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.255.
27 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.260.
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paradoxalement aussi bien l’incapacité de cette dernière à signifier la pertinence des faits, que son
incapacité à les inventer pour pallier leur banalité : « no detail you could put your finger on and say,
How very peculiar! No I could never make it out ».
28 Par conséquent la pertinence des faits n’est pas
signifiée par la vraisemblance de son contenu mais par celle de son mode, le dialogue. La feintise
mimétique mise en place avec Ada, permet à Henry à la fois de révéler et de passer sous silence une
mémoire trop accablante, comme encombrante, et dont le contenu ne pourrait être contesté dans un
discours strictement monologal. Ainsi, lorsque Henry se rappelle les leçons de piano et d’équitation de
sa fille, celles-ci sont remémorées sous la forme d’un dialogue entre les maîtres et l’élève. Encore une
fois, la pertinence de ces souvenirs ne réside pas dans la vraisemblance du contenu, mais dans celui du
mode mimétique, le dialogue. Il s’agit d’un aparté dialogué dont l’efficacité psycho-cognitive dépend
de sa fonction dramatique : celle de la double énonciation. En effet, à la fin de ces évocations, le
dialogue reprend avec Ada, qui n’a rien entendu, « You are silent today »
29, ou encore, « What are you
thinking of? »
30 Ici, la double énonciation et la double structure dialogale dans laquelle elle s’insère,
permettent à Henry à la fois d’évoquer et de passer sous silence ses pensées les plus intimes, de leur
donner un sens distancié, comme de signifier l’insignifiant. Dans la psyché de Henry, Ada a une
fonction mnésique, mais aussi poétique, de par la feintise mimétique que représente le dialogue, et la
stratégie psycho-cognitive qui est à son origine : Ada permet à Henry, à travers le dialogue et les
souvenirs qu’ils évoquent, d’explorer les méandres de son activité mentale sans s’égarer.
Tout comme le dialogue, le récit que raconte Henry, celui de Bolton et de Holloway, est une
feintise mimétique. Il a une fonction psycho-cognitive mais aussi heuristique. En se racontant une
histoire, Henry parvient à étouffer le bruit incessant des vagues, et à obtenir un peu de répit faute de
silence. Mais en tentant d’obtenir le silence par le son, c’est plus une relation dialogique qu’un
paradoxe qui s’établit entre le langage et le silence. En effet, l’existence sonore de Henry en dépend.
Le récit : voix narrative et fonction cognitive
Morrison écrit : « [Henry] prefers imaginary relationships, fictional events, conjured voices,
absent faces rather than actual ones: narrative rather than life ».
31 Ce que Zilliacus résume par, « The

28 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.263.
29 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.259.
30 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p259.
31 K. Morrison, Canters and Chronicles: The Use of Narrative in the Plays of Samuel Beckett and Harold Pinter. Chicago :
University of Chicago Press, 1983, p.93.
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fiction is Henry’s life, his life is a fiction ».
32 Par opposition au terme « narration », qui désigne l’acte
de narrer, l’emploi du terme « narrative » indique une interprétation de son contenu narratif à partir
d’un thème commun à la pièce, celui de la mort. Le récit met en scène un médecin, Holloway, venu
« mettre fin » aux souffrances de son patient Bolton, ce qui fait écho au suicide du père de Henry.
Cette interprétation thématique du récit, permet une interprétation psychologique de la pièce, à partir
de son contenu narratif. Cependant un peu en amont, Morrison indiquait : « the story seems in fact, to
be an escape from that memory [the suicide of Henry’s father], a more acceptable distraction, or
perhaps a disguised way of thinking about his father’s death ».
33 Associée à la citation de Zilliacus
mentionnée plus haut, cette citation de Morrison et la précédente, laissent sous entendre une
interprétation psycho-cognitive de la pièce, à partir du contenu narratif et de la technique narrative du
récit. Elles laissent sous entendre l’importance du récit dans notre perception du monde. En effet, il
serait permis d’envisager le récit comme une configuration cognitive dans laquelle nous pourrions voir
une (ré)organisation possible du monde, nous poussant ainsi à interagir avec lui.34 Dès lors, le récit
serait à l’origine de l’activité intellectuelle de l’homme, faisant bien plus que représenter une
(ré)organisation possible du monde. Le cognitiviste Mark Turner montre qu’au quotidien nous pensons
en nous racontant des histoires. C’est ainsi que l’homme peut mettre en forme son expérience dans le
monde, agir sur celui-ci, et le comprendre. Jerome Bruner, lui, confère au récit une fonction
prospective et rétrospective, qui permet à l’homme d’anticiper ou de revenir sur des événements passés
pour comprendre ce qui n’a pas fonctionné.
35 C’est alors moins le contenu de l’histoire qui compte que
l’acte de narrer. Dans Embers, si le contenu narratif du récit fait sens grâce à sa familiarité thématique
au sein de la pièce, c’est l’analyse de ses instances narratives qui explique sa fonction au sein de la
pièce, et qui permet son interprétation. Ainsi Ruby Cohn remarque d’abord ceci : « Henry’s story is
spliced to his extrafictional world: Ada mentions twice Holloway; fictional Holloway has a
panhysterectomy at nine, and near the end of Embers Henry reads from his notebook “… plumber at
nine […]” ».
36 Puis plus loin, elle analyse les intrusions narratoriales et auctoriales de Henry,
37 mais

32 C. Zilliacus, « Samuel Beckett’s Embers: “A Matter of Fundamental Sounds” ». Modern Drama, vol. 13, n° 2, 1970,
p.223.
33 K. Morrison, Canters and Chronicles: The Use of Narrative in the Plays of Samuel Beckett and Harold Pinter. Chicago :
University of Chicago Press, 1983, p.90.
34 « la psychologie cognitive va justement offrir un moyen de voir dans la fiction un organisation, ou réorganisation de la
perception du monde ». C. Grall, « Le jeu de l’émotion dans la réception de l’œuvre littéraire de fiction », in C. Grall (dir.),
Récit de fiction et représentation mentale. Mont-Saint-Aignan : Publications des Universités de Rouen et du Havre, 2007,
pp.93-94.
35 J-S. Bruner & Y. Bonin, Pourquoi nous racontons-nous des histoires ? Paris : Retz (Forum éducation culture), 2002.
Cette fonction prospective du récit ne semble pas fonctionner dans Embers, « In the final phase of the play Henry leaves his
past to take measure of his future. (“Little book” […] “All day all night nothing. [Pause.] Not a sound.” […]) Beckett
suffers from a future fixed in the present, a state thta Beckett has analysed in Proust ». C. Zilliacus, « Samuel Beckett’s
Embers: “A Matter of Fundamental Sounds” ». Modern Drama, vol. 13, n° 2, 1970, p.218.
36 R. Cohn, Just Play: Beckett’s Theater. Princeton (N.J.) : Princeton University Press, 1980, p.85.
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passe à côté de la fonction cognitive du récit pour ce dernier38
: « Author-Henry composes a scene in
which Bolton-pleading-with-Holloway apparently fictionalizes Henry-pleading-with-his-father.
Henry’s father is silent but Holloway is loquacious ».
39 Cohn conclut : « Henry’s last narrative phrase
“no good” embraces narration and narrator »,
40 et ajoute : « Embers is a paradigm of most Beckett’s
subsequent author-character combinations »,
41 ce qui fait du récit de Henry une sorte d’autofiction.
Son interprétation, comme celle de Morrison, se borne au final à une analyse psychologique de la
pièce. D’après nous, si la fonction du récit au sein de la pièce dépend de sa technique narrative, c’est
parce qu’au même titre que le dialogue, le récit est une feintise mimétique plutôt qu’une fiction au sens
consensuel du terme. En effet, le récit Bolton/Holloway est un jeu fictionnel, qui par sa pratique
intellectuelle comme narratologique, répond à la fonction cognitive que Turner, Bruner mais aussi
Schaeffer lui attribuent : penser consiste à se raconter des histoires et participe à la construction
psycho-cognitive de l’individu, c’est à dire à la construction de sa vie mentale.
Cependant, si penser consiste à se raconter des histoires, c’est au prix d’une parole intérieure
par définition silencieuse. Le risque est donc que le récit arrive à bout souffle. Dès lors, en réifiant
cette parole intérieure par le dialogue, le récit ne peut être épuisé par ses propres ressources, et Henry
ne peut-être réduit au silence par le son de sa propre voix. Par conséquent, l’enjeu pour Henry est
moins d’être entendu que de pouvoir imiter des voix. C’est en ce sens que Beckett peut écrire, « once
there is speech, no need of story ».
42 Dans le récit, Henry fait jouer le statut de la voix narrative.
L’exercice des fonctions narratoriales et auctoriales permettent des passages dialogués entre Holloway
et Bolton avant de céder à un discours indirect libre comme direct libre. En effet, à la fin du récit,
l’emploi inhabituel de la seconde personne semble indiquer que l’auteur s’adresse à Bolton autant qu’à
lui-même, projetant sur celui-ci son propre désir de silence.43 Mais comme Henry, l’auteur ne peut pas
se taire et se retrouve à imiter des voix, celle de ses personnages, se fondant dans celle du narrateur et
révélant au final sa propre voix.

37 R. Cohn, Just Play: Beckett’s Theater. Princeton (N.J.) : Princeton University Press, 1980, pp.84-86.
38 Cohn se contente de dire, « In a deeper respect, however, fiction is a strategy to circumvent soliloquy on the part of
Hamm, Henry, Winnie, Mouth, the old man, the pacing daughter, and the radio writers ». R. Cohn, Just Play: Beckett’s
Theater. Princeton (N.J.) : Princeton University Press, 1980, p.77.
39 R. Cohn, Just Play: Beckett’s Theater. Princeton (N.J.) : Princeton University Press, 1980, pp.84-85.
40 R. Cohn, Just Play: Beckett’s Theater. Princeton (N.J.) : Princeton University Press, 1980, p.86.
41 R. Cohn, Just Play: Beckett’s Theater. Princeton (N.J.) : Princeton University Press, 1980, p.86.
42 S. West cite Beckett, Text for Nothing 4 in R. Cohn, Just Play: Beckett’s Theater. Princeton (N.J.) : Princeton University
Press, 1980, p.91.
43 R. Cohn, Just Play: Beckett’s Theater. Princeton (N.J.) : Princeton University Press, 1980, p.85.
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« Holloway: If you want a shot say so and let me get to hell out of here. » [Pause.] « We’ve
had this before, Bolton, don’t ask me to go through it again. » [Pause.] Bolton: « Please! »
[Pause.] « Please! » [Pause.] « Please, Holloway! » [Pause.] Candle shaking and guttering
all over the place, lower now, old arm tired takes it in the other hand and holds it high again,
that’s it, that was always it, night, and the embers cold, and the glim shaking in your old fist,
saying, Please! Please! [Pause.] Begging [Pause.] Of the poor.44
L’auteur du récit trahit sa propre voix mais pas celle de Henry dans la pièce. Comme Ada, l’auteur est
une hypostase psychique qui au final ne fait que confirmer la figure de conteur de Henry au sein de la
pièce. Cette maîtrise de la technique narrative nous montre le lien entre jeux fictionnels et arts
mimétiques,
45 que ce soit par le présent récit, le monologue – Henry imitant la voix de son père et de
sa fille – et dans l’absolu, par le dialogue avec Ada, « Henry: Keep on, keep on! [Imploringly.] Keep it
going, Ada, every syllable is a second gained ».
46 C’est en ce sens que dépend l’existence sonore de
Henry et c’est en ce sens que la fonction cognitive du récit se trouve légitimée. En effet, si elle se
caractérise par un passage à l’acte dans le monde, ce monde, chez Henry, est circonscrit à sa scène
mentale, et ne prend vie qu’à travers les feintises mimétiques qui l’animent.
Par la parole intérieure, Beckett définit et problématise la relation dialogique entre le langage et
le silence. En se racontant une histoire, Henry arrive à faire taire le bruit incessant de la mer. « When
this fiction really succeeds the sea is kept off for a while ».
47 Toute « [Pause.] », qui permettrait au
bruit de la mer de s’engouffrer et de menacer le récit, est absente, ce qui n’est pas le cas lorsque Henry
entame son monologue intérieur, comme en témoignent les didascalies : « [Sea. Voice louder.] […]
[Sea, still faint, audible throughout what follows whenever pause indicated.] ».
48 C’est donc le récit, et
par conséquent le son, que Henry parvient à obtenir un peu de répit, faute de silence. Encore une fois,
c’est une relation dialogique plus qu’un paradoxe qui s’établit entre le langage et le silence. En effet
sans le bruit de la mer, il n’y aurait pas de récit. Il en serait alors fini de l’existence sonore de Henry.
Ce bruit objective une activité mentale confuse et la fascination de Henry pour la mort de son père,
« Ada: I don’t think you are hearing it. And if you are what’s wrong with it, it’s a lovely peaceful
gentle sound, why do you hate it? [Pause.] And if you hate it why don’t you keep away from it? »
49
Le récit calme l’emprise psychique qu’exerce la mer sur Henry et l’empêche d’être submergé par les
remous de son activité mentale, au même titre que le bruit de la mer motive et tient à flot le récit. En

44 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.264.
45 J-M. Schaeffer, Pourquoi la fiction ? Paris : Éd. du Seuil (Poétique), 1999.
46 J-M. Schaeffer, Pourquoi la fiction ? Paris : Éd. du Seuil (Poétique), 1999, p.262.
47 C. Zilliacus, Op. cit., p.223.
48 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.253.
49 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.260. Ou
encore à la page 258, du propre aveu de Henry, « Henry: Some old grave I cannot tear myself away from?” [Pause.] Listen
to it! ».
Silence
Journées d’Études Doctorants et Jeunes Chercheurs – Laboratoire ICTT
96
effet, si comme le remarque Morrison, la mer symbolise la mort du père,
50 elle ne signifie par pour
autant l’envie de mourir du fils. Cependant, le silence absolu n’est pas possible car il serait synonyme
de mort acoustique pour Henry. « It’s only on the surface [of the sea], you know. Underneath all is as
quiet as the grave. Not a sound. All day, all night, not a sound ».
51 Dès lors, le récit se présente comme
un moyen d’idéaliser le silence, « dead silence »,
52
« white world, not a sound »,
53
« [o]utside all still,
not a sound ».
54 Comme nous sommes au cœur de l’activité mentale de Henry, cette idéalisation lui
permet, d’un point de vue psycho-cognitif, d’accorder la perception avec la réalité.55 Ainsi, c’est en ces
termes que la pièce se termine, lorsque Henry consulte ce qui semble être son emploi du temps :
Little book. [Pause.] This evening… [Pause.] Nothing this evening. [Pause.] Tomorrow…
tomorrow… plumber at nine, then nothing [Pause. Puzzled.] Plumber at nine? [Pause.] Ah
yes, the waste. [Pause.] Words. [Pause.] Saturday… nothing. Sunday… Sunday… nothing
all day. [Pause.] Nothing, all day nothing. [Pause.] All day all night nothing. [Pause.] Not a
sound.56
La présence de nombreuses pauses nous indique que la mer se fait de plus en plus intrusive et pourtant,
Henry prend le temps de consulter son calepin. C’est ici, à la fin de la pièce que le récit assume toute
sa fonction cognitive. Réduit à un petit livre qui ne porte pas le nom de sa fonction, le récit énumère ce
qui tient encore lieu d’une vie quotidienne même vacante. C’est ainsi que perception et réalité peuvent
s’accorder, nous faisant dire précisément qu’il n’y a pas d’autre réalité que celle qui anime la vie
mentale de Henry.
Conclusion
Dans Embers, la parole intérieure anime l’activité mentale de Henry. C’est celle qui, grâce à
l’expérience sonore de la radio, reste confinée à la sphère mentale de son protagoniste comme à celle
de ses auditeurs. C’est une parole intérieure qui reste par conséquent silencieuse et n’a d’autre réalité
que celle à l’origine de sa création, c’est à dire mentale. Confinée au silence de l’activité mentale, la
parole intérieure ne doit pas arriver à bout de souffle, en épuisant ses ressources, c’est à dire sa voix.
Dès lors, elle se fait plurielle et fait jouer une polyphonie de voix. C’est ce dont témoigne la structure

50 K. Morrison, Op. cit., p.92.
51 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.261.
52 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.255.
53 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.255.
54 S. Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.254.
55 Morrison parle de « ideal state ». K. Morrison, Canters and Chronicles: The Use of Narrative in the Plays of Samuel
Beckett and Harold Pinter. Chicago : University of Chicago Press, 1983, p.93. Mais tout comme Cohn, elle passe à côté de
la fonction cognitive du récit au sein de la pièce pour Henry.
56 Beckett, « Embers ». The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass. : Faber and Faber, 1990, p.264.
Silence
Journées d’Études Doctorants et Jeunes Chercheurs – Laboratoire ICTT
97
discursive de la pièce : monologue, dialogue et récit donnent corps à ces voix, qu’elles soient distinctes
de celle de Henry ou qu’elles soient imitées par ce dernier. Sans ces feintises mimétiques, Henry ne
pourrait mettre en place une stratégie psycho-cognitive et faire de son activité mentale la seule réalité
possible et tangible. Le dispositif sonore de la radio confère à la polyphonie des voix sa dimension
orale, comme la structure discursive de la pièce confère à l’expérience radiophonique sa dimension
cognitive. L’auditeur est alors troublé, car il ne sait pas s’il est, ou s’il n’est pas en présence de vrais
interlocuteurs. Cette ambiguïté suspend en partie son interprétation de la pièce. En effet, pour
l’auditeur, comme pour Henry, ces voix se sont vidées de leur discours en se réifiant. La
vraisemblance de leur contenu dépend de la structure discursive qu’elles assument. Mais si pour le
premier elles brouillent la distinction entre une réalité passée et ce qui est pure invention, pour le
second, cette distinction ne compte plus. Le texte peut ainsi préserver toute l’ambiguïté cognitive qui
caractérise la nature acousmatique de ses voix sans origine concrète. Elles sont abstraites du fait de
leur nature cognitive. Cependant grâce au dispositif sonore de la radio, leur vocalité témoigne de leur
matérialité. Cette ambiguïté résulte de la relation dialogique entre le langage et le silence qui articule la
parole intérieure, pensée dialogique à la fois silencieuse et sonore. De par leur nature cognitive et le
son brut de la radio par lequel elles prennent vie, ces voix acousmatiques s’humanisent sans pour
autant perdre leur caractère primitif, leur primitivité cognitive. C’est en cela qu’elles questionnent la
possibilité même de leur représentation. Comme l’écrit Peter Williams, « [They mark] the limit point
of language and representation. […] For Beckett this is the point where language encounters silence
rather than silence simply being the absence of language ».
57
_________________________________
Julie Bénard
Université Paul Valéry III
Laboratoire d’Études Montpelliéraines du Monde Anglophone – EA 741

57 P. Williams, « Unsaying and the categories of discourse in Samuel Beckett’s gestural texts ». Samuel Beckett
Today/Aujourd’hui : An Annual Bilingual Review/Revue Annuelle Bilingue, « After Beckett/ D’après Beckett», vol. 14,
2004, p.615.
Silence
Journées d’Études Doctorants et Jeunes Chercheurs – Laboratoire ICTT
98
Bibliographie
BECKETT, Samuel, The Complete Dramatic Works. London, Boston, Mass.: Faber and Faber, 1990.
BECKETT, Samuel & Ruby COHN, Disjecta: Miscellaneous Writings and a Dramatic Fragment. United
States of America : Grove Press Edition, 1984.
BRUNER, Jerome Seymour & Yves BONIN, Pourquoi nous racontons-nous des histoires ? Paris: Retz
(Forum éducation culture), 2002.
COHN, Ruby, Just Play: Beckett’s Theater. Princeton (N.J.) : Princeton University Press, 1980.
FITCH, Brian Thomas, Le langage de la pensée et l’écriture : Humboldt, Valéry, Beckett. Montréal :
XYZ éd. (Théorie et littérature), 2003.
GRALL, Catherine (dir.), Récit de fiction et représentation mentale. Mont-Saint-Aignan : Publications
des Universités de Rouen et du Havre, 2007.
MORRISON, Kristin, Canters and Chronicles: The Use of Narrative in the Plays of Samuel Beckett and
Harold Pinter. Chicago : University of Chicago Press, 1983.
POULET, Georges, « Phenomenology of Reading ». New Literary History, vol. I, no
1, 1969.
SCHAEFFER, Jean-Marie, Pourquoi la fiction ? Paris : Éd. du Seuil (Poétique), 1999.
TURNER, Mark, The Literary Mind: The Origins of Thought and Language. Oxford : Oxford
University Press, 1998.
WEST, Sarah, Say It: The Performative Voice in the Dramatic Works of Samuel Beckett. Amsterdam,
New York : Rodopi, 2010.
WILLIAMS, Peter, « Unsaying and the categories of discourse in Samuel Beckett’s gestural texts ».
Samuel Beckett Today/Aujourd’hui : An Annual Bilingual Review/Revue Annuelle Bilingue, « After
Beckett/ D’après Beckett », vol. 14, 2004.
ZILLIACUS, Clas, « Samuel Beckett's Embers: “A Matter of Fundamental Sounds” ». Modern Drama,
vol. 13, n° 2, 1970.
http://ictt.univ-avignon.fr/wp-content/uploads/sites/9/2016/08/7-Benard.pdf

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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Dim 8 Oct 2017 - 17:05

Spoiler:

La nuit transforme-t-elle la pensée ? À partir de Blanchot
Hugues Choplin
p. 200-216
TEXTE NOTES AUTEUR
TEXTE INTÉGRAL

1 Blanchot Maurice, Thomas l’Obscur. Première version, 1941, Paris, Gallimard, 2005, p. 85.
« Elle regarda avec stupeur cette figure tour à tour plongée dans le feu, dans l’eau glacée, ruisselante et en fusion […]1 ».

2 Cf. Grossman Evelyne, « Les anagrammes de Blanchot. Une lecture de Thomas l’Obscur », in Europe, n (...)
11. Feu et flammes, eau et mer, air et vent, terre et boue : les éléments travaillent l’écriture de Thomas l’Obscur. Ce roman de Blanchot s’attache en effet aux rapports singuliers qui s’établissent entre ces différents éléments et les êtres, tels Thomas ou Anne – plus précisément peut-être : aux métamorphoses2 que connaissent les uns et les autres dans ces rapports.

3 Qu’il nous suffise ici de souligner combien l’ouvrage sollicite également des dimensions telles qu (...)
4 Nous reprenons ici le problème posé par Marlène Zarader à propos de Blanchot. Cf. Zarader Marlène, (...)
5 Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., p. 62.
22. Dans L’Espace littéraire, Blanchot interroge la manière dont de telles dimensions élémentaires transforment l’écriture et l’écrivain eux-mêmes3. Qu’en est-il de la pensée ? En quel sens peut-elle, elle aussi, être transformée par ces dimensions, que nous désignerons ici, de façon privilégiée (et en cohérence avec le titre même du roman Thomas l’Obscur), par le terme de nuit4 ? Dans L’Entretien infini, Blanchot problématise ainsi – depuis l’exigence d’une découverte de « l’obscur5 » – la possibilité d’une pensée non métaphysique. Précisément, nous proposons ici de traiter la question suivante : la transformation de la pensée par la nuit blanchotienne obéit-elle à la critique de la pensée métaphysique déployée par la philosophie française contemporaine – ou peut-elle bien plutôt instituer une pensée qui soit affranchie des ressorts de cette critique elle-même ? Ce texte soutient que c’est seulement quand Blanchot considère la nuit comme un milieu, qu’il parvient à instituer une pensée soustraite aux invariants du régime contemporain, pensée que nous proposerons de caractériser, toujours à partir de Blanchot, comme question quotidienne.

L’atmosphère et le vide
Première voie : la nuit comme atmosphère qui inspire la pensée
6 Ibid., p. 97.
« […] il la plongeait dans une atmosphère irrespirable en la maintenant à trente brasses au-dessous de la vérité parmi des mots brillants et vains6 ».
7 Ibid., p. 45.
« […] alors que le mot Il et le mot Je montaient sur lui comme de gigantesques cafards et, juchés sur ses épaules, commençait un interminable carnage, il reconnaissait le travail de puissances indéfinissables qui, âmes désincarnées et anges des mots, l’exploraient. La première fois qu’il distingua cette présence, c’était la nuit7 ».
8 Blanchot Maurice, L’Espace littéraire, op. cit., p. 240. Nous soulignons.
9 Cf. Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., p. 68-69.
10 Ibid., p. 581.
11 Que la recherche de Blanchot conduise à faire valoir de nouvelles formes de forces ou de puissance (...)
31. La nuit désigne une atmosphère qui inspire la pensée : telle est la première voie que l’œuvre littéraire et théorique de Blanchot indique. De ce point de vue, la nuit investit ou habite la pensée, la sollicitant ou l’invitant à répondre. Cette inspiration – en tous les cas celle de l’écrivain – est décrite en tant que telle dans L’Espace littéraire. Après avoir considéré l’autre nuit – soustraite au primat du jour (ou du couple jour/nuit) –, Blanchot aborde en effet l’inspiration comme ce qui requiert l’écriture au point même où l’écrivain est débordé : « L’inspiration apparaît alors peu à peu sous son vrai jour : elle est puissante, mais à condition que celui qui l’accueille soit devenu très faible. Elle n’a pas besoin des ressources du monde, ni du talent personnel, mais il faut aussi avoir renoncé à ces ressources, n’avoir plus d’appui dans le monde et être libre de soi8. » En tant qu’elle inspire – en tant qu’atmosphère –, la nuit, impersonnelle, engage donc un renversement de rapport de force : loin de procéder d’une force propre à l’écrivain, l’écriture relève en effet d’une puissance – celle de la nuit – qui vient inspirer l’écrivain, « devenu très faible ». Dans L’Entretien infini, Blanchot reprend ce motif à propos de la pensée, en particulier quand il met au premier plan l’exigence de répondre à l’impossible9 – l’impossible désignant ce qui, pour se refuser au pouvoir (au possible) d’un acteur, relève encore d’une puissance (ou d’une « puissance souveraine10 »)11.

12 Sur l’autorité et la puissance, en tant qu’elles désignent les deux types de force inventés par le (...)
13 « Penser dépend des forces qui s’emparent de la pensée » (Deleuze Gilles, Nietzsche et la philosop (...)
14 Cf. Grossman Evelyne, L’Angoisse de penser, op. cit. Relevons que les analyses de Grossman font bi (...)
15 « Quiconque en fait l’expérience, fait l’épreuve d’une puissance anonyme, impersonnelle, celle d’u (...)
16 Dans un paragraphe intitulé « Le déshumain », Grossman écrit à propos des contemporains : « Nul do (...)
42. Une pensée inspirée – ou encore une pensée répondant à une force (ou une puissance) impersonnelle – : nous touchons ici à ce qui paraît constituer un invariant de la philosophie française contemporaine. Y obéissent des auteurs aussi différents que Lévinas ou Deleuze : pour chacun d’eux en effet, la pensée a pour charge non plus de constituer le sens (comme chez Husserl par exemple) mais de répondre à une force – autorité du visage (Lévinas) ou puissance des devenirs (Deleuze)12 – hétérogène aussi bien au sujet qu’à la pensée13. Que l’idée d’inspiration – ainsi comprise comme réponse à une force impersonnelle – soit déterminante chez les contemporains, c’est ce que confirme Evelyne Grossman. Travaillant sur les philosophes et écrivains contemporains (dont Blanchot), elle en vient en effet à rattacher l’angoisse de penser à des mécanismes – impersonnels ou dépersonnalisant – d’aspiration et d’inspiration14. L’idée d’angoisse paraît ici précieuse : elle indique en effet l’épreuve que doit supporter la pensée si elle veut répondre à cette force impersonnelle15 susceptible de l’inspirer16.

17 Cf. Badiou Alain, Conditions, Paris, Éditions du Seuil, « L’ordre philosophique », 1992.
18 Nous divergeons ici des analyses d’Isabelle Thomas-Fogiel, selon lesquelles ce poids de la lit-tér (...)
19 Cf. par exemple Blanchot Maurice, Le Livre à venir, Paris, Gallimard, « Folio/Essais », 2005, p. 3 (...)
5Plus encore, le terme même d’inspiration suggère la manière dont la philosophie française contemporaine semble, depuis Heidegger, conditionnée par l’art ou la littérature. Empruntée à Alain Badiou17, cette idée de condition indique non pas que la philosophie contemporaine devient elle-même littérature18, mais plutôt qu’elle se déploie d’une manière qui est profondément affectée par le régime littéraire (contemporain). Pour notre part, nous émettons l’hypothèse suivante : c’est précisément sous l’impact de ce conditionnement par l’art que les philosophes français contemporains en sont venus à faire valoir la puissance ou la force d’une épreuve débordant le sujet, et il est fort probable que, sur ce point, l’influence de Blanchot – et de ses descriptions de l’épreuve de la nuit (telle que l’écrivain peut l’endurer)19 – ait été significative.

63. Du point de vue de notre question directrice, cette première analyse atteste d’emblée que la recherche de Blanchot participe du régime de la philosophie française contemporaine. Certes, en tant qu’atmosphère, la nuit blanchotienne transforme la pensée mais cette transformation obéit à un renversement typiquement contemporain : désormais, conditionnée par la littérature, la pensée, loin de se constituer elle-même comme une force (par exemple de connaissance), répond à, ou est inspirée par, la force – ou la puissance – de l’épreuve impersonnelle de la nuit.

Deuxième voie : la nuit comme vide qui interdit la pensée
20 Blanchot Maurice, Thomas l’Obscur, op. cit., p. 69-70.
« Seule dans cet abîme Anne résistait. Morte une fois, dissipée dans le milieu le plus proche du vide absolu […]20 ».
21 C’est nous qui choisissons ici de privilégier ce terme, parfois utilisé par Zarader Marlène, L’Êtr (...)
22 Ibid., par exemple, p. 18, 80.
23 Blanchot Maurice, L’Espace littéraire, op. cit., p. 243. Nous soulignons.
24 Tout se passe comme si, avec ce type d’événement ou de débordement de la pensée, celle-ci, en s’in (...)
25 « Dans la nuit ne règne que la nuit. En elle ne se réserve nul appel susceptible de nous éveiller  (...)
71. Du point de vue de Marlène Zarader, la nuit blanchotienne désigne un vide21 qui interdit la pensée. Comment ici distinguer le vide de l’atmosphère ? Les analyses de Zarader décrivent en effet la nuit impersonnelle avec des registres – en particulier ceux de l’épreuve et de l’événement22 – qu’il est également légitime de rattacher à l’atmosphère et aux invariants contemporains qu’elle engage. La différence tient en fait précisément à ceci : en tant que vide, la nuit ne requiert pas la pensée. Autrement dit, à la différence de l’atmosphère, le vide est trop dépourvu de sens pour que son débordement de la pensée puisse encore la convoquer, la solliciter ou l’inspirer. Affranchie de « l’appel de l’inspiration23 », la nuit recèle alors une épreuve ou un événement qui en aucune manière n’appelle à penser24. Selon Zarader, c’est précisément cet événement sans appel – cet événement silencieux – que décrit l’œuvre littéraire de Blanchot. Mais c’est aussi, de son point de vue, cet événement que Blanchot perd quand il propose de déployer une pensée de la nuit (ou du neutre). Car selon Zarader, l’alternative est irréductible : soit on respecte la spécificité de la nuit et alors il n’est pas possible de la penser ; soit, au contraire, on la pense et alors elle est perdue : penser la nuit, n’est-ce pas en effet lui accorder une capacité – ou une autorité – à appeler la pensée, dont elle ne saurait être pourvue25 ?

26 Ibid., p. 297, 299. Une analyse comparable (même si elle conduit à promouvoir la philosophie, plut (...)
82. Selon Zarader, cette alternative est aussi une alternative entre Blanchot et les philosophes contemporains. À la différence de ces derniers, et en particulier de ces phénoménologues post-husserliens que sont Heidegger, Marion et Lévinas – qui justement relèvent la nuit par du sens ou par un appel –, Blanchot s’attache, selon Zarader, à décrire avec rigueur – littérairement – le phénomène de la nuit, du moins quand il n’emprunte pas à ces auteurs l’exigence – philosophique – de penser la nuit et, partant, le registre de l’appel. Car cette alternative – qui est aussi celle du vide et de l’atmosphère – est, enfin, pour Zarader, une alternative entre le Blanchot écrivain et le Blanchot philosophe (ou penseur) : « La nuit engage moins la pensée à se modifier qu’à s’interrompre. […] On peut bien accorder à Blanchot que la nuit, parce qu’elle est indicible, suscite par défaut l’ensemble de la littérature. Mais elle ne pourrait donner lieu, dans le champ de la pensée, qu’à un seul mot – et il est déjà de trop26 ».

27 Zarader Marlène, L’Être et le neutre, op. cit., p. 297.
93. On comprend dès lors que le vide ne saurait satisfaire à l’exigence d’une pensée neuve, affranchie du régime contemporain. Certes, Zarader rattache bien le geste de relève de la nuit – auquel selon elle Blanchot se soustrait – au renversement, typiquement contemporain, de la force de la pensée en une faiblesse de la pensée27. Mais pour Zarader, refuser l’exigence contemporaine d’une pensée faible, refuser autrement dit de soumettre la pensée à l’autorité d’un appel – ou d’une inspiration – ne conduit nullement à ouvrir la pensée à de nouvelles possibilités. Refuser ce renversement, c’est en effet pour elle, plus radicalement, disqualifier la pensée elle-même – comme si la pensée devait nécessairement s’inscrire dans des rapports de force ou de faiblesse, comme s’il n’y avait que deux manières de penser : constituer ou bien répondre, comme si, autrement dit encore, il n’y avait pas de pensée qui puisse s’affranchir à la fois du régime dit métaphysique et du régime contemporain (qui le renverse ou le déconstruit).

10Au regard de ces premières analyses, il semble bien en effet que l’exigence d’articuler à la nuit une pensée d’un nouveau type s’avère impossible à satisfaire. Seules deux voies paraissent légitimes : soit promouvoir une pensée inspirée – selon la puissance de l’épreuve impersonnelle de l’atmosphère (voie de la philosophie française contemporaine) ; soit considérer la nuit comme vide, qui, parce qu’il est dépourvu de l’autorité de l’appel, ne saurait susciter, d’une manière ou d’une autre, la pensée (voie de la littérature selon Zarader).

Le milieu de la nuit comme question quotidienne
28 Blanchot Maurice, Thomas l’Obscur, op. cit., p. 81.
« Tout ce qu’il y a de calme dans l’univers se condensait autour d’elle […]. Elle se sentait enveloppée par cette grande pensée silencieuse, caressée comme une main silencieuse et déjà séduite par cette profonde immobilité qui pesait sur elle28 ».
Le concept de milieu
111. Nous proposons pourtant d’explorer une troisième voie. Faire valoir une authentique pensée délivrée du régime contemporain (comme de celui de la métaphysique) : c’est bien en effet dans cette perspective – aussi ambitieuse soit-elle – que nous proposons de considérer la nuit comme un milieu.

29 La teneur de cette traversée mériterait d’être explicitée. Précisons seulement que le milieu se di (...)
30 Des échanges avec François-David Sebbah nous ont conduits à considérer la manière dont la demeure (...)
31 Si nous devions rattacher ce milieu à un élément (aquatique) mondain, nous proposerions – en nous (...)
12D’une part, tout comme l’atmosphère et le vide, le milieu, impersonnel – ou plus exactement trans-personnel –, déborde le sujet et la pensée. Mais d’autre part, il se distingue à la fois de l’atmosphère et du vide (du moins dans la mesure où celui-ci recouvre bien encore une puissance événementielle) sur un point précis : ce débordement ne procède pas d’une puissance ou d’une autorité. Précisément, de notre point de vue, le milieu désigne cela même que traversent les rapports de forces, de puissance et d’autorité29. Il se définit donc par un double refus : du lieu subjectif – qu’il ouvre (alors que l’atmosphère et le vide le percent avec puissance ou autorité)30 – et des rapports de force – qui le traversent. Cette ouverture et cette traversée engagent bien, semble-t-il, les deux dimensions propres à l’idée même de milieu31.

32 Complexité particulièrement attestée par le texte « Le rapport du troisième genre. Homme sans hori (...)
33 « L’impossible n’est pas là pour faire capituler la pensée, mais pour la laisser s’annoncer selon (...)
132. Ne peut-on penser que le milieu, ainsi défini selon ces deux dimensions (ouverture et traversée), peut rendre compte (au moins partiellement) de la complexité de l’espace nocturne (ou neutre) blanchotien32, et en particulier à la fois de la dimension de l’« entre » valorisée par Blanchot – par exemple dans ses analyses de la relation avec autrui, en tant qu’elle relève d’un entre-tien – et de l’illimitation de la nuit (ou du neutre – lesquels ne sauraient bien sûr être positionnés entre deux points) ? Plus précisément encore : l’idée de milieu ne peut-elle rendre compte de la manière dont, en faisant valoir cet espace complexe, Blanchot s’attache à libérer la pensée à la fois de tout rapport à soi – l’entretien ouvrant ou débordant le (narcissisme du) sujet – et de tout rapport de force (ou de pouvoir)33 – lequel traverse, sans les constituer, l’illimitation ou la profondeur de cet espace ? C’est bien en tous les cas toujours avec Blanchot qu’il est possible de caractériser le rapport entre le milieu, ainsi défini, et la pensée.

La question quotidienne
34 Blanchot Maurice, Thomas l’Obscur, op. cit., p. 35.
« Il savait qu’autour de son corps sa pensée, confondue avec la nuit, veillait34. »
35 Consacré à Merleau-Ponty, le travail d’Emmanuel Alloa conduit également à promouvoir l’idée de mil (...)
141. Loin d’inspirer ou encore d’habiter, d’investir ou de hanter la pensée, le milieu de la nuit l’enveloppe (ne disposant pas de la capacité d’appel, de l’autorité ou de la puissance pour l’inspirer, l’habiter, l’investir ou la hanter). Comment caractériser ce rapport d’enveloppement que le milieu peut entretenir avec la pensée sans l’inspirer (comme l’atmosphère) ni l’interdire (comme le vide)35 ?

36 En ce sens, l’homme est du côté de la réponse plutôt que de celui de la question. Cf. Meyer Michel (...)
15Ce rapport convoque en premier lieu une question. On sait que, pour Merleau-Ponty et Michel Meyer, la question authentique s’institue précisément au point où l’homme est débordé : cette question n’est donc pas celle que pose l’homme, mais plutôt celle – non humaine – qui le met lui-même en question36. Est-il possible de considérer qu’une telle mise en question procède non pas d’une puissance qui déconstruirait l’homme (ou le sujet) mais bien plutôt du milieu transpersonnel (dépourvu de puissance ou d’autorité) ? Blanchot semble précisément aborder cette mise en question singulière dans son texte : « La question la plus profonde ».

37 « La question la plus profonde a disparu, mais elle a disparu en l’homme qui la porte et en ce mot (...)
38 Ibid., p. 25.
39 Ibid., p. 17. Nous soulignons.
16Tout d’abord, Blanchot rattache cette mise en question aux deux dimensions du milieu que sont l’anonymat37 (ou l’ouverture du lieu subjectif) et l’illimitation. N’est-ce pas cette dernière que Blanchot donne en effet à penser quand il décrit la profondeur de la question ou encore son « espace »38 ? Bien plus, Blanchot décrit en tant que tel le rapport avec la pensée que peut engager la question (ainsi définie depuis le milieu) : « Elle [la question] nous prend à partie sans nous concerner. […] elle fait en sorte qu’elle ne nous importe pas. […]. Interrogation qui n’interroge pas, ne veut pas de réponse et semble nous attirer dans l’irresponsabilité et l’esquive d’une fuite tranquille. Cela peut être indiqué d’une autre manière : le pouvoir de questionner ne lui suffit pas39 ».

40 Ibid., p. 21.
17Blanchot pointe bien ici un rapport de questionnement qui n’est plus un rapport de pouvoir, de force ou d’autorité. Question qui, aussi paradoxal que cela puisse paraître, « ne se pose pas40 », la question de la nuit – en tant que milieu – questionne mais sans force, sans interroger, sans appeler réponse ou responsabilité. De ce point de vue, la rupture s’avère nette avec Lévinas et les penseurs de l’autorité de l’appel (auquel il faut répondre). Ces lignes blanchotiennes paraissent également bien marquer un écart déterminant relativement aux analyses de Zarader. Elles conduisent en effet à se soustraire aux concepts typiquement phénoménologiques de l’appel, de la réponse ou encore de la responsabilité, tout en préservant l’exigence de question et donc, la possibilité de la pensée. N’attestent-elles pas ainsi qu’il est bien possible de penser non seulement sans constituer (ou sans connaître) mais également sans répondre – ou sans inspiration ?

41 Ibid., p. 17 et, par exemple, Lévinas Emmanuel, Dieu, la mort et le temps, Paris, Le Livre de poch (...)
42 Zarader Marlène, L’Être et le neutre, op. cit., p. 296.
182. Dans la mesure où l’idée de question demeure chez les contemporains – et dans ce texte même de Blanchot – inséparable de l’invention de puissances ou d’autorités41, il paraît nécessaire de franchir un pas supplémentaire pour caractériser cette question qui n’a pas la force suffisante pour convoquer la pensée à répondre. Nous proposons de la qualifier de question quotidienne : c’est le quotidien qui désigne ainsi, selon nous, le rapport engagé par le milieu, la manière dont sa question peut envelopper la pensée. Ce registre marque combien, à la différence de l’atmosphère et du vide, le milieu s’affranchit de tout événement. Loin de transgresser ou d’emporter la pensée à la manière d’un événement – toujours autoritaire ou puissant –, le milieu l’enveloppe – quotidiennement. Le quotidien instaure ainsi peut-être un rapport d’un nouveau type : le problème n’est plus de savoir si la transgression de la nuit requiert ou non la pensée – si « l’événement de la nuit42 » inspire ou non –, mais bien plutôt s’il est possible d’instituer la pensée depuis une transgression qui n’en est plus une, depuis une ouverture qui se refuse aussi bien à l’autorité qu’à la puissance. Événement qui inspire (en tant qu’atmosphère) ou événement qui interdit la pensée (en tant que vide) : loin d’être ultime, cette alternative n’est-elle pas précisément disqualifiée par la question quotidienne ? N’est-ce pas seulement celle-ci qui, bien plus que le vide interdisant la pensée, peut se soustraire aux limites de la philosophie française contemporaine ?

43 Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., respectivement p. 365, 360.
44 Ibid., p. 365.
45 Ibid., p. 363-365.
46 Ibid., respectivement p. 359, 362, 358, 358.
47 Ibid., p. 363.
19Est-il donc légitime de qualifier la question la plus profonde blanchotienne de question quotidienne ? Il est en tous les cas remarquable qu’ici encore, touchant le quotidien, il soit possible de s’appuyer significativement sur Blanchot. Tout d’abord, dans son texte « La parole quotidienne », ce dernier caractérise explicitement le quotidien depuis un « milieu » « sans limite43 ». De surcroît, si ce texte fait certes valoir la « puissance de dis-solution44 » de ce milieu – convoquant ainsi les forces propres aux épreuves que désignent l’atmosphère et le vide –, il rattache également le quotidien aux traits de la question que nous essayons ici de décrire. Celui-ci s’affranchit ainsi non seulement du sujet et de l’événement45, mais aussi de toute « responsabilité » et « autorité », de toute « force d’atteinte » ou toute « relation active46 ». N’engage-t-il pas dès lors le rapport sans force – sans appel ni réponse – qu’implique la question en tant qu’elle procède du milieu de la nuit ? N’est-il pas particulièrement significatif que le quotidien suppose, selon Blanchot, « une interrogation qui ne se pose sur personne47 » ?

48 Sur l’incessance du quotidien, ibid., p. 361, 363.
49 « Vivre quotidiennement, c’est se tenir à un niveau de la vie qui exclut la possibilité d’un comme (...)
50 Françoise Collin a souligné cette importance du thème de l’incessance ou de la répétition et, plus (...)
20Insistant dans l’œuvre blanchotienne, le thème de l’incessance semble également nettement faire signe vers la spécificité du rapport que le quotidien peut instaurer48. Que la nuit ou le neutre soit incessant, cela n’indique-t-il pas en effet qu’ils se refusent à la transgression événementielle – toujours unique – ainsi qu’au type de rapport engagé peut-être par la métaphysique, rapport de fondation par un commencement49 (ou par une fin comme chez Hegel)50 ? Finalement, est-il donc inenvisageable de considérer que l’incessance de la question quotidienne rend possible une recherche susceptible de s’affranchir des invariants propres à la philosophie française contemporaine sans pour autant revenir, en deçà de ses inventions, à des conceptions de type métaphysique ?

Entre philosophie et littérature ?
51 Bien entendu, il conviendrait ici d’argumenter une définition aussi rapide de la philosophie (ou d (...)
52 Olivier Harlingue pose également, à partir de Blanchot – et de la problématique non-philosophique (...)
53 Par cette formule, nous cherchons à indiquer que les forces contemporaines – qui posent question – (...)
54 Laruelle François, Principes de la non-philosophie, Paris, PUF, « Épiméthée », 1996.
55 Blanchot Maurice, « Notre compagne clandestine », in Textes pour Emmanuel Lévinas, Laruelle Franço (...)
211. Si elle se soustrait aux invariants contemporains, la question quotidienne relève-t-elle donc encore de la philosophie ? Et/ou de la recherche littéraire ? Tout dépend bien entendu des définitions que l’on propose de ces deux régimes. Pour notre part, nous estimons, tout d’abord, que dans la mesure a) où la question quotidienne se soustrait, en tant qu’elle procède du milieu, à la fois aux rapports à soi et aux rapports de force et b) où la philosophie se définit précisément par la dénonciation et par l’invention de ces deux types de rapport51, cette question ne saurait relever de la philosophie. Pour autant, on se gardera de considérer qu’elle suppose une déconstruction de la philosophie52 ou encore qu’elle obéit à une non-ou une anti-philosophie. Sur quelle force ou sur quelle puissance pourrait-elle donc encore s’appuyer pour procéder à de tels gestes ? Peut-être objectera-t-on que le questionnement définit la philosophie et qu’en ce sens la question quotidienne ne saurait s’y excepter. Mais ne pourrait-on soutenir aussi que la philosophie a toujours vocation à répondre à la question qui la définit, serait-ce, comme chez les contemporains, sous la forme d’une réponse à une question… sans réponse53 ? Cette analyse s’apparente à celle de Zarader, à ceci près toutefois : nous estimons qu’entre la question de la philosophie contemporaine – toujours subordonnée à une réponse (requise par l’appel de cette question) – et l’absence de pensée propre à la littérature, il est possible de faire-valoir ce qui, loin d’appeler la pensée, l’enveloppe : une question sans appel ni réponse comme question quotidienne. Car si la question est quotidienne, n’est-ce pas aussi parce qu’incessante, elle ne saurait trouver de réponse ? En ce sens, il conviendrait finalement de soutenir que la question quotidienne relève moins de la philosophie que de ce qui l’accompagne quotidiennement, celle-ci ne cessant de traverser celle-là – sans pour autant que la question quotidienne ne la transgresse ou ne la fonde (serait-ce sous le mode non-philosophique – toujours puissant – inventé par Laruelle54). Serait-il possible de lire en ce sens cette affirmation de Blanchot : « La philosophie serait notre compagne à jamais, de jour, de nuit55 » ?

56 Blanchot Maurice, Le Livre à venir, op. cit., p. 270.
57 Ibid., p. 282.
58 Par exemple : « Le travail et la recherche littéraires – gardons ce qualificatif – contribuent à é (...)
59 Sur une telle approche, Thomas-Fogiel Isabelle, Le Concept et le lieu. Figures de la relation entr (...)
60 Schulte Nordholt Annelise, « Le vrai bilinguisme », in Europe, n° 940-941 (« Maurice Blanchot »), (...)
61 Sur la spécificité de l’« entre » deleuzien, cf. Deleuze Gilles, Parnet Claire, Dialogues, Paris, (...)
62 Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., p. 320.
222. Mais la question quotidienne ne saurait non plus relever de la littérature. De ce point de vue, notre divergence paraît de prime abord nette avec Blanchot. Celui-ci ne soutient-il pas que la littérature « détient » une « question propre56 » ? Mais Blanchot ne précise-t-il pas également que la littérature doit conduire « à ce point d’absence où elle disparaît57 » ? Plus précisément peut-être : la littérature n’a-t-elle pas, pour Blanchot, ceci de spécifique qu’elle conduit à mettre au premier plan un écrire ou une recherche dépourvue de toute appartenance disciplinaire58 ? Faut-il alors positionner cette recherche entre philosophie et littérature ? Difficile, ce questionnement suppose une approche spatialisante des disciplines et de leurs relations59 que nous ne saurions ici problématiser. Mentionnons toutefois, d’une part, que ce positionnement « entre » philosophie et littérature a peut-être l’avantage de rendre compte du travail d’écriture propre à l’œuvre de Blanchot, dont on peut penser qu’il engage l’entre-deux de ses deux versions de l’écriture que sont l’écriture littéraire et l’écriture de type philosophique60. Mais il a l’inconvénient de tendre à localiser la question quotidienne au milieu de la littérature et de la philosophie, comme une question qu’elles partageraient ou à propos de laquelle elles pourraient collaborer. Or, l’idée de milieu désigne aussi ce qui ne saurait être localisé (par exemple dans un point milieu), ce que traverse tout processus de collaboration – plus encore : ce que traverse la puissance qui, chez Deleuze (et peut-être aussi chez Derrida), pousse l’« entre » de la philosophie et de la littérature dans des processus de délocalisation hétérogènes à la collaboration elle-même61. N’est-ce pas seulement ce refus de l’« entre » ou encore de l’entretien de la philosophie et de la littérature – que cet entretien soit entendu comme collaboration ou comme devenir deleuzien – qui peut libérer la pensée – « l’illimité de la pensée62 » – de son conditionnement contemporain par la littérature (ou l’art) ?

Écrire en confiance
63 Blanchot Maurice, Thomas l’Obscur, op. cit., p. 157.
« Il lui fallait dans un délai très bref parvenir à une solution sur une énigme qu’elle avait sentie autour d’elle pendant tout le voyage tantôt comme un soleil confiant qui l’éclairait tantôt comme un rayon unique qui brûlait lentement sa vue63. »
231. Atmosphère, vide, milieu : dans son œuvre littéraire comme dans son œuvre théorique, Blanchot conjugue donc, selon nous, ces trois types d’élément. Cette lecture peut-elle suggérer la complexité des dimensions qui travaillent la recherche blanchotienne ? Toujours est-il qu’elle montre combien celle-ci est difficile à positionner ou, plutôt, combien sa spécificité tient peut-être précisément à ce qu’elle participe de plusieurs positionnements. En effet : en tant qu’atmosphère qui inspire – ou appelle – la pensée, la nuit relève du régime de la philosophie française contemporaine, conditionné par la littérature (ou l’art) ; en tant que vide, elle engage une interdiction de penser – un silence –, qui requiert spécifiquement la littérature ; enfin, en tant que milieu qui, sans autorité ni puissance, enveloppe la pensée d’une question quotidienne, elle annonce, pensons-nous, un nouveau type de recherche, soustrait non seulement à la philosophie – contemporaine ou non – mais aussi à l’entretien de la philosophie et de la littérature.

64 Sur ce problème de la confiance, tel qu’il peut être formulé à partir de Blanchot (et de Lévinas)  (...)
65 Sur l’articulation du quotidien et de la rumeur, cf. Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit (...)
66 Cf. par exemple Foucault Michel, La Pensée du dehors, Montpellier, Fata morgana, 2003, p.13-14.
67 Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., p. 389.
242. C’est cette troisième et dernière perspective que nous entendons déployer en tant que telle. Ce texte visait en effet à suggérer la possibilité d’amorcer – à partir de Blanchot une recherche spécifique, que nous proposons de désigner par cette exigence : écrire en confiance, la confiance s’opposant en particulier à la force – à l’autorité ou à la puissance de l’épreuve contemporaine64. La confiance plutôt que l’épreuve, le quotidien plutôt que l’événement, le milieu plutôt que le rapport de force (ou de faiblesse) : peut-on, finalement, identifier ce qui, en dernière instance, nous distingue des contemporains – et de Blanchot ? Le primat du langage : tel est peut-être, en définitive, notre point principal de divergence. On sait combien ce primat caractérise la pensée contemporaine. Chez Blanchot, c’est bien aussi le langage qui constitue les éléments et la nuit : leur appel, leur silence ou encore leur rumeur65. Ne peut-on émettre l’hypothèse selon laquelle c’est lui (le langage) qui est porteur de la logique contemporaine66 et, en particulier, de l’entretien de la philosophie et de la littérature qui semblent la déterminer en profondeur ? Écrire en confiance – « hors langage67 » comme le soutient aussi Blanchot – : ce serait dès lors, non pas bien entendu revenir à un langage « neutre » (et ignorer les acquis contemporains) mais écrire depuis ce qui – ni dicible, ni indicible, ni appel, ni silence – se refuse peut-être à toute puissance ou autorité langagière : la question quotidienne que pose, sans rumeur, le milieu de la confiance.

NOTES
1 Blanchot Maurice, Thomas l’Obscur. Première version, 1941, Paris, Gallimard, 2005, p. 85.

2 Cf. Grossman Evelyne, « Les anagrammes de Blanchot. Une lecture de Thomas l’Obscur », in Europe, n° 940-941 (« Maurice Blanchot »), août-septembre 2007.

3 Qu’il nous suffise ici de souligner combien l’ouvrage sollicite également des dimensions telles que la nuit, l’air, la mer – ou encore des idées comme celles d’« obscurité élémentaire » (Blanchot Maurice, L’Espace littéraire, Paris, Gallimard, « Folio/Essais », 1999, p. 300) ou de « profondeur élémentaire »(ibid., p. 297, souligné par Blanchot). De ce point de vue, Blanchot retrouve le problème, posé par Bachelard, d’une participation spécifique du poète à des éléments (tels que l’eau). Cf. Bachelard Gaston, L’Eau et les rêves. Essai sur l’imagination de la matière, Paris, Le Livre de Poche, « Biblio/Essais », 2005. Dans son texte « Vaste comme la nuit », Blanchot propose une analyse des forces et des limites de cette problématique bachelardienne. Cf. Blanchot Maurice, L’Entretien infini, Paris, Gallimard, 2004, p. 474-475.

4 Nous reprenons ici le problème posé par Marlène Zarader à propos de Blanchot. Cf. Zarader Marlène, L’Être et le neutre. À partir de Maurice Blanchot, Lagrasse, Verdier, « Philia », 2000, p. 32.

5 Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., p. 62.

6 Ibid., p. 97.

7 Ibid., p. 45.

8 Blanchot Maurice, L’Espace littéraire, op. cit., p. 240. Nous soulignons.

9 Cf. Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., p. 68-69.

10 Ibid., p. 581.

11 Que la recherche de Blanchot conduise à faire valoir de nouvelles formes de forces ou de puissances, c’est aussi ce que soutiennent Zarader et Evelyne Grossman. Cf. Zarader Marlène, L’Être et le neutre, op. cit., p. 272 ; GrossmaN Evelyne, L’Angoisse de penser, Paris, Les Éditions de Minuit, 2008, p. 136-137.

12 Sur l’autorité et la puissance, en tant qu’elles désignent les deux types de force inventés par les contemporains, cf. Choplin Hugues, L’Espace de la pensée française contemporaine, Paris, L’Harmattan, « Nous, les sans-philosophie », 2007. Nous considérons dans ce texte Lévinas et Deleuze comme deux témoins exemplaires des invariants contemporains.

13 « Penser dépend des forces qui s’emparent de la pensée » (Deleuze Gilles, Nietzsche et la philosophie, Paris, PUF, « Quadrige », p. 123). Lévinas travaille explicitement l’idée d’inspiration – et d’expiration. Cf. Lévinas Emmanuel, Autrement qu’être ou au-delà de l’essence, Paris, Le Livre de proche, « Biblio/Essais », 1990, p. 220 et sq.

14 Cf. Grossman Evelyne, L’Angoisse de penser, op. cit. Relevons que les analyses de Grossman font bien également explicitement valoir l’importance, au regard de l’écriture, d’éléments tels que la poussière ; ibid., p. 127.

15 « Quiconque en fait l’expérience, fait l’épreuve d’une puissance anonyme, impersonnelle, celle d’un événement qui, étant la dissolution de tout événement […] » (Blanchot Maurice, L’Espace littéraire, op. cit., p. 323. Nous soulignons). Blanchot rattache explicitement l’idée d’épreuve à la figure de la nuit ; ibid., p. 213.

16 Dans un paragraphe intitulé « Le déshumain », Grossman écrit à propos des contemporains : « Nul doute qu’ils durent faire preuve d’une exceptionnelle capacité à en supporter la force destructrice avant de pouvoir la transfigurer en travail de la pensée » (Grossman Evelyne, L’Angoisse de penser, op. cit., p. 25. Nous soulignons).

17 Cf. Badiou Alain, Conditions, Paris, Éditions du Seuil, « L’ordre philosophique », 1992.

18 Nous divergeons ici des analyses d’Isabelle Thomas-Fogiel, selon lesquelles ce poids de la lit-térature est à rattacher au thème contemporain de la mort de la philosophie elle-même. Cf. Thomas-Fogiel Isabelle, Référence et auto-référence. Étude sur le thème de la mort de la philosophie dans la pensée contemporaine. Paris, Vrin, « Analyse et philosophie », 2005.

19 Cf. par exemple Blanchot Maurice, Le Livre à venir, Paris, Gallimard, « Folio/Essais », 2005, p. 335.

20 Blanchot Maurice, Thomas l’Obscur, op. cit., p. 69-70.

21 C’est nous qui choisissons ici de privilégier ce terme, parfois utilisé par Zarader Marlène, L’Être et le neutre, op. cit., p. 83.

22 Ibid., par exemple, p. 18, 80.

23 Blanchot Maurice, L’Espace littéraire, op. cit., p. 243. Nous soulignons.

24 Tout se passe comme si, avec ce type d’événement ou de débordement de la pensée, celle-ci, en s’interrompant, était dissipée dans les éléments – dans le vide.

25 « Dans la nuit ne règne que la nuit. En elle ne se réserve nul appel susceptible de nous éveiller » (Zarader Marlène, L’Être et le neutre, op. cit., p. 298. Nous soulignons).

26 Ibid., p. 297, 299. Une analyse comparable (même si elle conduit à promouvoir la philosophie, plutôt qu’à en dénoncer les limites) a déjà été formulée à l’encontre du dernier Merleau-Ponty. Ainsi Eran Dorfman se demande-t-il si, en s’attelant à décrire, dans Le Visible et l’invisible, une dimension élémentaire impersonnelle, celui-ci n’interdit pas le déploiement de la pensée phénoménologique. Dorfman suggère, comme Zarader à propos de Blanchot, qu’à ce niveau – élémentaire – seule la littérature peut légitimement se déployer – comme l’attesteraient les « descriptions vagues » ou les « métaphores » (Dorfman Eran, Réapprendre à voir le monde. Merleau-Ponty face au miroir lacanien, Dordrecht, Springer, « Phaenomenologica », 2007, p. 145) merleau-pontiennes. Cette dimension élémentaire décrite par Merleau-Ponty relèverait-elle donc du vide ? Mais n’est-il pas significatif que Merleau-Ponty s’emploie à rattacher cette dimension – qualifiée tour à tour, dans Le Visible et l’invisible, d’élément, d’atmosphère ou de milieu – à l’exigence d’un renouvellement de l’interrogation philosophique ? N’est-ce pas le signe que, loin d’interdire nécessairement la pensée, cette dimension peut la susciter ? Pour notre part, nous formulerions volontiers l’hypothèse selon laquelle cette réalité élémentaire merleau-pontienne conjugue – comme la nuit blanchotienne – les trois types d’élément ici décrits comme atmosphère, vide et milieu.

27 Zarader Marlène, L’Être et le neutre, op. cit., p. 297.

28 Blanchot Maurice, Thomas l’Obscur, op. cit., p. 81.

29 La teneur de cette traversée mériterait d’être explicitée. Précisons seulement que le milieu se distingue de plusieurs concepts scientifiques : l’environnement – toujours pris dans des jeux d’interactions – ou encore le milieu au sens scientifique du terme dans la mesure où, à la différence de ce dernier, le milieu de la nuit ne conditionne pas le déploiement de forces. En tant qu’il se refuse à la fois au lieu et au rapport de force, le milieu de la nuit s’oppose également – trait pour trait – au concept de champ de force, lequel recouvre, au contraire, à la fois une localisation (un champ) et des forces (par exemple magnétiques).

30 Des échanges avec François-David Sebbah nous ont conduits à considérer la manière dont la demeure au sens de Lévinas peut faire signe vers cette ouverture (sans force) du lieu subjectif – ouverture que Sebbah désigne comme l’utopie du lieu. Il est vrai que, pour Lévinas, la demeure est à la fois rattachée aux éléments de l’il y a – à son « milieu » (Lévinas Emmanuel, Totalité et Infini, Paris, Le Livre de poche, « Biblio/Essais », 1992, p. 167) – et à une douceur (nous dirions volontiers une confiance), qui relève d’un apaisement de l’épreuve de l’il y a, ibid., p. 164, 169, 171. Mais de notre point de vue, la demeure préserve le primat de l’exigence du lieu et d’un rapport à soi, primat qu’atteste l’idée lévinassienne de familiarité (ibid., p. 165-166) – que, pour notre part, nous distinguons soigneusement de celle de quotidien.

31 Si nous devions rattacher ce milieu à un élément (aquatique) mondain, nous proposerions – en nous appuyant sur Bachelard (Bachelard Gaston, L’Eau et les rêves. Essai sur l’imagination de la matière, op. cit.) – l’élément de la rivière. En effet, celle-ci se refuse à la fois au lieu (à la différence d’un étang ou d’un lac) et à la puissance (que peut engager la mer – par exemple celle, agitée, qui sert de référence à certaines analyses de Deleuze).

32 Complexité particulièrement attestée par le texte « Le rapport du troisième genre. Homme sans horizon ». Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., p. 94-105. Relevons que, dans ce texte, Blanchot revendique le vide en l’opposant au néant (lequel désigne en fait peut-être le vide au sens où nous proposons de l’entendre ici). Ibid., p. 97.

33 « L’impossible n’est pas là pour faire capituler la pensée, mais pour la laisser s’annoncer selon une autre mesure que celle du pouvoir. […] En viendrons-nous donc jamais à poser une question de ce genre : l’impossibilité, ce non-pouvoir qui ne serait pas la simple négation du pouvoir, qu’est-ce que c’est ? Ou bien nous demanderons-nous : comment découvrir l’obscur ? » (Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., p. 62, souligné par Blanchot).

34 Blanchot Maurice, Thomas l’Obscur, op. cit., p. 35.

35 Consacré à Merleau-Ponty, le travail d’Emmanuel Alloa conduit également à promouvoir l’idée de milieu – par opposition à celle de vide (et de transparence) – dans la perspective de l’institution d’une phénoménologie dite du diaphane. Alloa Emmanuel, La Résistance du sensible. Merleau-Ponty, critique de la transparence, Paris, Kimé, « Philosophie en cours », 2008.

36 En ce sens, l’homme est du côté de la réponse plutôt que de celui de la question. Cf. Meyer Michel, Pour une histoire de l’ontologie, Paris, PUF, « Quadrige », 1999 et Merleau-Ponty Maurice, Le Visible et l’invisible, Paris, Gallimard, 2004, p. 46-47.

37 « La question la plus profonde a disparu, mais elle a disparu en l’homme qui la porte et en ce mot – l’homme – par lequel il lui a été répondu » (Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., p. 22).

38 Ibid., p. 25.

39 Ibid., p. 17. Nous soulignons.

40 Ibid., p. 21.

41 Ibid., p. 17 et, par exemple, Lévinas Emmanuel, Dieu, la mort et le temps, Paris, Le Livre de poche, « Biblio/Essais », 1993.

42 Zarader Marlène, L’Être et le neutre, op. cit., p. 296.

43 Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., respectivement p. 365, 360.

44 Ibid., p. 365.

45 Ibid., p. 363-365.

46 Ibid., respectivement p. 359, 362, 358, 358.

47 Ibid., p. 363.

48 Sur l’incessance du quotidien, ibid., p. 361, 363.

49 « Vivre quotidiennement, c’est se tenir à un niveau de la vie qui exclut la possibilité d’un commencement » (ibid., p. 366).

50 Françoise Collin a souligné cette importance du thème de l’incessance ou de la répétition et, plus encore, l’a rapproché du quotidien (ou du langage quotidien) ; Collin Françoise, Maurice Blanchot et la question de l’écriture, Paris, Gallimard, 1986, p. 182-183, 69-71.

51 Bien entendu, il conviendrait ici d’argumenter une définition aussi rapide de la philosophie (ou de la métaphysique). Contentons-nous ici de suggérer que la spécificité des philosophes contemporains tient peut-être, d’une part, à ce que leur remise en cause de la métaphysique fait système avec une contestation des rapports à soi qu’elle a pu faire valoir (que l’on songe, par exemple, à la déconstruction derridienne de la présence à soi) et, d’autre part, que cette critique contemporaine procède elle-même de l’invention de rapports de force (d’autorité ou de puissance) singuliers – invention qui atteste, pensons-nous, de la continuité qui relie, malgré tout, les contemporains à la métaphysique.

52 Olivier Harlingue pose également, à partir de Blanchot – et de la problématique non-philosophique de François Laruelle – le problème d’un rapport à la philosophie qui soit soustrait aux gestes – à ses yeux encore philosophiques – propres aux déconstructions (heideggérienne ou derridienne). Harlingue Olivier, Sans condition. Blanchot, la littérature, la philosophie, Paris, L’Harmattan, « Nous, les sans-philosophie » (à paraître).

53 Par cette formule, nous cherchons à indiquer que les forces contemporaines – qui posent question – débordent probablement toute réponse, sans pour autant remettre en cause le primat de l’exigence de réponse. Chez Lévinas, par exemple, la question du visage, si elle relève d’une transcendance qui déborde toute réponse, toujours immanente, n’engage pas moins une réponse, celle de la responsabilité éthique du soi pour autrui. Lévinas Emmanuel, Dieu, la mort et le temps, op. cit.

54 Laruelle François, Principes de la non-philosophie, Paris, PUF, « Épiméthée », 1996.

55 Blanchot Maurice, « Notre compagne clandestine », in Textes pour Emmanuel Lévinas, Laruelle François (dir.), Paris, Jean-Michel Place éditeur, 1980, p. 80. « Contre la philosophie, donc, mais tout contre elle » ; Rabouin David, « la philosophie pour compagne », in Magazine littéraire, n° 424 (« L’énigme Blanchot, L’écrivain de la solitude essentielle »), octobre 2003, p. 62 : voilà la formule proposée par David Rabouin pour caractériser le rapport blanchotien à la philosophie.

56 Blanchot Maurice, Le Livre à venir, op. cit., p. 270.

57 Ibid., p. 282.

58 Par exemple : « Le travail et la recherche littéraires – gardons ce qualificatif – contribuent à ébranler les principes et les vérités abrités par la littérature » (Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., p. VI).

59 Sur une telle approche, Thomas-Fogiel Isabelle, Le Concept et le lieu. Figures de la relation entre art et philosophie, Paris, Éditions du Cerf, « La nuit surveillée », 2008.

60 Schulte Nordholt Annelise, « Le vrai bilinguisme », in Europe, n° 940-941 (« Maurice Blanchot »), août-septembre 2007.

61 Sur la spécificité de l’« entre » deleuzien, cf. Deleuze Gilles, Parnet Claire, Dialogues, Paris, Flammarion, 1996.

62 Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., p. 320.

63 Blanchot Maurice, Thomas l’Obscur, op. cit., p. 157.

64 Sur ce problème de la confiance, tel qu’il peut être formulé à partir de Blanchot (et de Lévinas) ; cf. Choplin Hugues, « Au-delà du pouvoir ? Lévinas, Blanchot et la philosophie contem-poraine », in Emmanuel Lévinas, Maurice Blanchot : penser la différence, Hoppenot Éric, Milon Alain (dir.), Nanterre, Presses universitaires de Paris Ouest, 2007, p. 226-228.

65 Sur l’articulation du quotidien et de la rumeur, cf. Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., p. 362-363.

66 Cf. par exemple Foucault Michel, La Pensée du dehors, Montpellier, Fata morgana, 2003, p.13-14.

67 Blanchot Maurice, L’Entretien infini, op. cit., p. 389.

AUTEUR

Hugues Choplin
Hugues Choplin est enseignant-chercheur en philosophie à l’université de Technologie de Compiègne où il dirige le département « Technologie et Sciences de l’Homme ». Sa recherche s’appuie sur une analyse critique aussi bien de la philosophie contemporaine que du mouvement qui, aujourd’hui, traverse les entreprises et les organisations. Il a écrit trois livres sur Lévinas et Laruelle dont L’Espace de la pensée française contemporaine. À partir de Lévinas et Laruelle (L’Harmattan, 2007). Il a dirigé le numéro Au-delà du pouvoir ? À partir de la philosophie française contemporaine de la Revue de Métaphysique et de Morale (2008/4, PUF).
©️ Presses universitaires de Paris Nanterre, 2010
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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Lun 9 Oct 2017 - 19:07

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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Lun 9 Oct 2017 - 21:23

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Les meilleurs repères du monde c'est moi qui les aies, j'ai de la chance Smile

et j'ai trois couilles en couleurs en pouline Razz comme porte clés pour ne pas me perdre Razz Smile
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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Lun 9 Oct 2017 - 21:51

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09 octobre 2017



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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Lun 9 Oct 2017 - 23:49

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Je trouve que cette série de films est le meilleur des tests. Je devrais peut être tous les regarder de nouveau en entier alors ?
Mais tu les as pas vus ? si, enfin euh, en fait ça doit être les seuls films où comment dire j'ai des parties audio, des parties visuelles, les scènes où les gens ils ont mal je les ai pas en entier, enfin disons entre 5 doigts.

Je trouve que ces films sont les meilleurs tests du monde. Tu peux tester ta curiosité sur comment le gars est ingénieux avec ces histoires de choisis comment tu préfères avoir mal tout en évaluant ton empathie avec la personne qui souffre, voir même souffrir avec rien qu'au son, ou parfois tout se mélange, tu retires tes doigts un peu sur ta figure, pour voir comment il fait et ce qui correspond à l'audio, pendant deux secondes t'as plus mal pour le gars parce que tu trouves le système ingénieux et que tu l'analyses, ensuite tu te souviens de nouveau que c'est crade et là tu te dis prends du recul c'est un film et puis ensuite ça doit passer à une autre zone de ton cerveau et là tu t'analyses en te disant je serai quand même pas un peu psychopathe ? ect. En fait ça fait plusieurs films dans le film.

Du coup je comprends mieux pourquoi mon jeune pote Edouard m'avait dit je les avais vus j'avais beaucoup aimé mais depuis que je les ai vus avec toi, quand je les regarde de nouveau je m'ennuie, il se passait beaucoup plus de choses en les regardant avec toi, ben tu m'étonnes  Razz
Faites les tests, regardez les tous de façon variable de façon à solliciter différemment ou indépendamment vos sens, vos émotions, et votre cerveau et ses différentes cases de fonctionnement et voyez si vous arrivez en même temps quasi à vous mettre à la place de tous les personnages, ou à les profiler tout en suivant l'intrigue  Razz



Asso d'idées j'ai une histoire avec Constantine... sur la sensibilité qui peut se bloquer chez un gars. Il était mort de rire et dès le coup de la voiture au début, il est resté blanc et en stress pendant tout le film. J'étais pliée.  Razz

Ca tombe c'est pour ça que ça marche pas avec moi le coup du ciné : elle va avoir peur et se blottir dans mes bras ?

Spoiler:
Rassurez moi, on est bien d'accord, Panic Room c'est nul ? (y'a une fille qui commente sur you tube en disant que c'est un chef d'oeuvre ?)




Par contre celui là à 17 ans par le trou de la serrure de la porte du couloir... 30 ans après il me laisse encore pas bien....



Sinon on trouve des films super sympas sur Chrétien TV...  Razz




Enfin bref moi et le monde moderne hein


J'avais commencé en vrac celui là mais j'ai :


Pourquoi l'homme ne trouve-t-il jamais rien dans le frigo ?
Publié le 23 juin 2006 par Juliette

Soyons clairs (et contrairement aux apparences), j’adore les hommes ! Il est vrai cependant que je suis fascinée par nos différences et que je pense sincèrement que l’homme est une race à part, avec une prodigieuse capacité à semer sur son passage chaussettes sales et traces de dentifrices, à se glisser dans la vie comme si elle était taillée sur mesure, à croire que l’organisation domestique s’opère par la force du Saint Esprit. Je me suis donné pour mission de comprendre, de respecter et de soutenir cette race. Certes l’indispensable bible « Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus » fournit déjà un salutaire mode d’emploi, mais j’ai voulu aller plus loin. C’est pourquoi je tenterais régulièrement de démontrer de façon pragmatique, voire scientifique, que les travers constatés chez nos amis les hommes ne relèvent pas de leur légendaire mauvaise volonté mais d’une différence de configuration qui peut être aisément corrigée.
Au programme aujourd’hui, donc : pourquoi l’homme ne trouve-t-il jamais rien dans le frigo ?
Pour comprendre ce dysfonctionnement, il faut remonter au temps des cavernes, quand Monsieur Cro Magnon allait chasser pendant que Madame Cro-Magnon gardait le foyer. Alors que Madame perpétuait une vision « périphérique » grand angle, indispensable pour repérer le prédateur s’approchant du nid, Monsieur a développé une vision « en tunnel », pour viser sa proie sans se laisser parasiter par l’environnement. Résultat : il voit parfaitement de face et de loin mais mal ce qui est pourtant sous son nez.
De plus, la survie de l’espère dépendait jadis de la rapidité de la réaction de Monsieur. Aujourd’hui où logiquement, l’utilisation de son cerveau aurait du remplacer celui de sa musculation, l’homme a gardé les mêmes réflexes. Il est génétiquement programmé pour aller droit au but, le plus vite possible, et pour peu qu’il ne trouve pas tout de suite le beurre dans le frigo, c’est la débandade : stress, poussée d’adrénaline, pic de tension, ulcère, voire infarctus !
Alors si vous voulez préserver la santé et le bien être de votre compagnon, voici la solution :Sollicitez son hémisphère droit et faites-lui un plan. En effet, grâce à son organisation cérébrale, avec deux hémisphères droit et gauche bien séparés, l’homme bénéficie d’une excellente perception spatiale. Donc, la prochaine que vous êtes tranquillement en train de bruncher un dimanche matin, ne dites pas à votre homme avec un brin de condescendance « tu peux aller chercher le beurre dans le frigo s’il te plaît », dites lui plutôt : « O toi sans qui je ne serais qu’une petite chose affamée, tu veux bien aller dans la cuisine, ouvrir le frigo, prendre la troisième clayette en partant du haut, longer les petits suisses sur ta gauche, tourner à droite après la mayonnaise et rapporter le beurre, garé entre le fromage et les cornichons ».

http://www.lemondedejuliette.net/article-3092357.html

la théorie de Roméo qui aurait le home studio mais pas la vision grand angle qui a subitement resurgie... ça remet tout en question et en perspective, je retourne réfléchir..
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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Mar 10 Oct 2017 - 15:37

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« N'émoussez pas votre coeur, enragez-le ! » (William Shakespeare, Macbeth, 1605)
Publié le 26 novembre 2015 par Juliette

« N'émoussez pas votre coeur, enragez-le ! » (William Shakespeare, Macbeth, 1605)
Voilà un moment que je cherche quelque chose de positif, de gai et d’entraînant à partager avec vous et je crois que j’ai trouvé ! Je suis allée au cinéma hier soir et j’ai vu le film Feel Good par excellence, celui où rien qu’avec le titre tu sens que tu va t’éclater et te bidonner : Macbeth ! Deux heures de mornes plaines, de hautes trahisons, de sanglantes batailles, de familles entières livrées au bûcher. Le tout sous une météo typiquement écossaise, à se faire battre par les vents et la pluie, à patauger en guenilles dans la boue, à grelotter entre les murs froids des forteresses. Heureusement, j'avais mon mari à mes côtés, dont le sens du sacrifice n'a jamais connu plus noble expression qu'en m'accompagnant ce soir-là. Pour parfaire cette expérience, tous les dialogues étaient en authentique Shakespeare dans le texte, si bien que parfois, même les sous-titres en français, je ne les comprenais pas ! Enfin, pour couronner l'entreprise, le film se clôt sur une morale remonte-moral des plus guillerettes : « [La vie] est un récit conté par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien »

Mais pourquoi diable suis-je allé voir ce film, me direz-vous, pourquoi ajouter ainsi de la dépression à la dépression ? Essentiellement, pour Mickaël Fassbender, dont la sensualité, la profondeur, la façon inédite de jouer avec son corps et de porter la tragédie sur ses épaules siéent particulièrement bien au film d’époque. Curieusement, ce film cruel et sanguinaire – dans l’absolu, pas du tout mon genre – m’a finalement fait du bien. Moins pour Fassy – qui me semble avoir perdu en félinité ce qu’il a pris en muscle – que pour son niveau d’exigence, justement... A l’inverse de certains films qui distraient mais s’oublient aussitôt vu, celui-ci s’imprègne en vous, par son atmosphère et la puissance de sa mise en scène. Par la tragédie qu’il relate aussi. Car après tout, Macbeth illustre l’importance d’être fidèle à ses valeurs, de ne pas compromettre son intégrité, au risque sinon de se perdre soi-même. Quoi de plus actuel ?
Publié dans Nos Amis les Hommes

http://www.lemondedejuliette.net/2015/11/n-emoussez-pas-votre-coeur-enragez-le-william-shakespeare-macbeth-1605.html
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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Mer 11 Oct 2017 - 19:03

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Le rationnel et l’irrationnel  
Accueil  Corrigés de philosophie  Corrigés de dissertations  Le rationnel et l’irrationnel
Plan
Résumé: Avertissement : En général on ne peut vous donner au bac des sujets de cette forme (non interrogatif) ; cependant, votre professeur pourrait juger bon dans l'année de vous donner ce type de sujet ; en effet, c'est un très bon entraînement qui vous apprend à conceptualiser et qui vous apprend également à traiter les sujets du genre : "faut-il opposer ... ?"
Introduction

I- Analyse des deux notions et surtout de leurs différences

A- Caractérisation de l’irrationnel

B- Caractérisation du rationnel

C- Conséquence : le rationnel et l’irrationnel sont deux notions irréductibles l’une à l’autre et entretiennent entre elles un rapport d’opposition, de conflit

II- En quoi le rapport qu’entretiennent entre eux le rationnel et l’irrationnel est un rapport de conflit

A- L’irrationnel humilie la raison

B- Le rationnel exclut de soi l’irrationnel

III- Le rationnel et l’irrationnel n’entretiennent-ils pas plutôt un rapport dialectique, d’engendrement réciproque ?

A- L’irrationnel comme moteur du rationnel

B- Il n’y a pas de rationnel en soi

C- Il n’y a pas non plus d’irrationnel en soi ; les notions de rationnel et d’irrationnel sont donc relatives (et relatives l’une à l’autre)

Conclusion
Corrigé
Introduction

Il s’agit ici de saisir quel type de rapport peut se penser et s’organiser entre deux concepts, ceux de rationnel et d’irrationnel.

Si le rationnel désigne en général ce qui est conforme à la raison et à ses normes, et désigne dès l’abord un idéal, une valeur, l’irrationnel est quant à lui une notion marquée négativement ; il suppose donc une négation, qui est celle, en l’occurrence, de ce qui relève de la raison. Ainsi l’irrationnel désigne ce qui est irréductible, étranger, ou contraire à la raison. Est-ce que cela signifie que ces deux domaines seraient essentiellement en rapport de conflit? Il le semblerait bien, puisque nous sommes en présence d’une notion qui est négative et axiologiquement négative, et d’une autre qui elle, est positive et axiologiquement psitive. Nous serions donc apparemment en présence de deux domaines complètement opposés et irréductibles l’un à l’autre, dont l’un menace l’autre.

Mais le fait qu’il y ait de l’irrationnel est-il vraiment un obstacle à la raison? On le voit à travers cette question, ce qui pose problème dans l’intitulé du sujet, c’est le présupposé selon lequel les limites entre ces deux domaines sont bien discernables. En effet, répondre à la question que nous venons de poser, nécessite que l’on sache quelles sont les limites (exactes) de chacun de ces deux domaines, et présuppose que ces deux notions sont absolues, non relatives. Si l’irrationnel est ce qui limite le rationnel, cela ne présuppose-t-il pas avant tout que la raison soit toujours identique à elle-même, comme la philosophie classique le présupposait? Or, ne voit-on pas à travers l’histoire que la raison a connu des progrès, qu’elle n’a cessé de changer? Dès lors, cela est-il si évident de dire que ces deux domaines sont complètement opposés l’un à l’autre? Et le propre d’une raison non plus "immuable" comme l’ont cru les classiques, mais plastique et dynamique, n’est-il pas au contraire de dialoguer avec son autre? -On le voit, ce qui est en jeu dans le sujet, c’est la nature même de la raison, qui semblerait bien dépendre des rapports qu’elle entretient avec l’irrationnel.

I- Analyse des deux notions et surtout de leurs différences

Avant de pouvoir déterminer si le rapport envisageable entre les notions de rationnel et d’irrationnel est de conflit ou bien de dialogue, et donc, s’il y a unité ou opposition entre les deux, il nous faut d’abord caractériser précisément ces deux notions et voir quelles peuvent être leurs différences.

A- Caractérisation de l’irrationnel

Qu’en est-il, tout d’abord, de l’irrationnel? Cette notion est loin d’être simple.

On y trouve d’abord un rapport aux règles fondamentales de la logique, que ce soit dans nos démarches cognitives ou dans le domaine de l’action. L’irrationnel en effet se caractérise comme une déviance par rapport à celles-ci. Il signifie l’illogique, l’incohérent. Par exemple, un comportement est caractérisé comme étant irrationnel quand on y constate un désaccord avec soi-même ou quand on agit contre ses propres principes, ou encore, quand on croit à la fois une chose et son contraire.

On peut notamment se référer à l’intempérance (acrasia) dont nous parle Aristote dans le livre VII de l’Ethique à Nicomaque. L’agent sait dans ce cas où est le meilleur pour lui, mais agit contre ce principe : par exemple, il sait que manger trop de gâteaux au chocolat est dangereux pour la santé, et il est tout à fait d’accord avec ce principe, qu’il veut prendre comme principe de sa conduite ; pourtant il se met à manger une multiplicité innombrable de gâteaux au chocolat : il y a ici contradiction entre l’action effective et le principe de cette action.

Dans le domaine de la croyance, on peut croire qu’il existe des soucoupes volantes, alors qu’on sait par ailleurs que c’est impossible.

Enfin, dans le domaine proprement cognitif, l’irrationnel semble s’apparenter à une démarche ne respectant pas le principe de contradiction, ou faisant une inférence complètement illogique. Exemple :  tous les chats sont noirs, or Putsinus est un chat donc Putsinus est gris est un jugement irrationnel car il est logiquement faux.

Bref, l’irrationnel nous renvoie d’abord à un domaine de la faute logique, du manque d’adaptation des moyens à fins. On est mené directement à dire que l’irrationnel, c’est ce qui n’est pas guidé par la raison. Il a rapport avec ce qui, dans notre être, semble naître d’autre chose que de la rationalité, ou des facultés intellectuelles les plus élaborées ou réfléchies. C’est donc le domaine des productions spirituelles échappant au contrôle logique. Il nous renvoie alors à ces manifestations crépusculaires de notre être que sont la folie, l’inconscient, l’affectivité, etc.

Enfin, il semble qu’un des sens fondamental de la notion d’irrationnel soit qu’il est la limite permanente à l’intelligibilité. Ce qui le caractérise c’est l’absence de sens, d’intelligibilité. En effet, on emploie souvent le mot d’irrationnel pour désigner ce dont on ne saurait rendre raison, ce qui par définition ne saurait être formalisable ou déductible, ce qui ne se laisse pas mettre en concepts. Ainsi par exemple le fait même de l’être ou de l’existence, les événements historiques, ou encore Dieu, ne se laissent pas déduire par la raison. C’est donc ce qui est inaccessible par nature à l’intellect, l’injustifiable, le contraire d’un système déductif et achevé.

B- Caractérisation du rationnel

Au contraire, le rationnel ne serait-il pas par essence le domaine de ce qui est déductif ? Ne peut-on pas dire qu’il culmine dans la rationalité logique et mathématique, où, n’ayant affaire qu’à elle-même et à ses propres normes, la raison ne risque pas de rencontrer l’erreur? Alors que l’irrationnel nous ramenait à l’absurde, à ce qui dans notre être ou dans le réel est non maîtrisable, le rationnel nous renvoie, comme on peut le voir dans l’étymologie du terme raison, "ratio" (calcul), au domaine de la pure cohérence, du maîtrisable, de l’intelligible. C’est ce qui peut être expliqué, mis en rapports, ce dont on peut assigner les raisons... Loin de la sphère obscure qui caractérisait l’irrationnel, nous sommes ici dans ce qui est clair et transparent à l’homme.

Le seul problème est que si on définit le rationnel comme ce qui relève de l’exercice de la raison, ou, comme nous le disions dans notre introduction, comme ce qui est conforme à la raison et à ses normes, alors, il nous faut définir précisément quelles sont cette raison et ces normes. Or, cela ne se révèle-t-il pas impossible? La raison, demandions-nous dans notre introduction, n’est-elle pas une notion qui a connu, à travers l’histoire, une évolution? Avant d’en venir à traiter ce point qui est évidemment le coeur du problème soulevé par notre sujet, nous pouvons quand même essayer de caractériser un peu plus avant le rationnel en nous dirigeant vers ce qui est communément considéré comme étant une pensée rationnelle ou ce qui correspond selon la tradition classique, à l’idéal rationnel.

On considère en général que la pensée rationnelle culmine dans le discours scientifique. Qu’est-ce que cela signifie? Que la pensée rationnelle est une pensée objective, qui a renoncé à faire usage des facultés ou qualités occultes, communément utilisées chez Aristote ou au moyen-âge pour rendre compte des phénomènes ( on disait par exemple que l’opium fait dormir parce qu’il a une vertu dormitive ; ou encore, que le mouvement est du à des sortes de petits esprits internes à la matière, etc.) ; elle ne fait pas appel à ce qui en nous est de l’ordre du préjugé, de l’incommunicable, etc. Elle désigne une connaissance méthodique et efficace du monde, rigoureuse, ayant recours à l’abstraction ; elle est communicable, universelle, c’est-à-dire, qu’elle n’est pas propre à chaque esprit.

C- Conséquence : le rationnel et l’irrationnel sont deux notions irréductibles l’une à l’autre et entretiennent entre elles un rapport d’opposition, de conflit

Cette caractérisation générale (et, nous l’avouons, sommaire, mais, comme le dit bien Granger dans son essai sur La raison, cela n’est-il pas dû au fait que la raison est l’un des complexes culturels les plus complexes qui soient?) des deux notions de rationnel et d’irrationnel nous mène à dire que les deux termes semblent se repousser l’un l’autre, et ce, irréductiblement.

En effet, le domaine de l’irrationnel nous renvoie à ce qui échappe à la raison et à ses normes, et même, à ce qui en dévie, alors que le rationnel nous renvoie à ce qui est le plus clair dans les productions de l’homme ou dans le réel -on peut ici évoquer que la figure du rationnel semblerait s’identifier ici avec la lumière du Bien, du suprêmement pensable et du plus connaissable, que Platon évoque à la fin du Livre 6 de La République. Le rationnel est pure raison alors que l’irrationnel est raison dévoyée ou, même, son autre.

II- En quoi le rapport qu’entretiennent entre eux le rationnel et l’irrationnel est un rapport de conflit

Le rapport entre le rationnel et l’irrationnel semble donc être d’opposition. Cette opposition semble se manifester sous la forme d’un antagonisme et d’une lutte que rien ne saurait arrêter. C’est-à-dire que nous sommes en présence de deux domaines exclusifs, ne pouvant par essence dialoguer ou communiquer (former une unité, etc.). Comme nous allons le voir, l’irrationnel humilie et menace la raison, et le rationnel exclut de soi l’irrationnel.

A- L’irrationnel humilie la raison

D’abord, l’irrationnel est un obstacle pour la raison, et limite son exercice ; et ce, autant dans le domaine de l’action que dans celui de la connaissance.

Voyons précisément ce qu’il en est dans le domaine de la connaissance. Si en effet l’irrationnel se définit comme la limite permanente à l’intelligibilité, son existence n’humilie-t-elle pas la raison au sens où celle-ci dès lors ne saurait rendre raison de tout? Cela ne signifie-t-il pas la faiblesse du rationnel, alors que communément on s’entend à dire que la raison est la faculté de discerner le vrai et le faux? C’est, littéralement, le domaine où la raison abdique, et doit, même, abdiquer si elle ne veut pas abandonner ses normes.

Ainsi Kant avait-il soin, dans sa Critique de la raison pure, de délimiter le domaine du rationnel, afin de pouvoir déterminer les limites qu’elle ne saurait franchir sans contrevenir à ses propres exigences, et à tomber ainsi dans le domaine de l’irrationnel. Ainsi la raison commet une sorte de suicide quand elle se met en tête de vouloir connaître le moi, le monde et Dieu. En effet, ce désir qu’elle a de saisir ce qu’il en est de l’absolu lui fait oublier, d’abord, qu’il y a des limites à ce qu’on peut savoir de la chose en soi ; et, surtout, ensuite, la raison commet alors l’erreur de méthode qui consiste à prendre le canon de l’entendement, qui ne fait que donner les règles de l’usage logique de l’entendement, et que Kant a défini dans l’Analytique transcendantale, pour un organon, c’est-à-dire, pour une extension des connaissances ; elle oublie par là que la pensée rationnelle consiste à appliquer les catégories (comme la causalité, la substance, etc.) à ce qui est objet d’expérience possible, ce qui est déterminable dans le temps et dans l’espace.

Mais le fait de dire que l’irrationnel humilie la raison et que la raison doit pour son salut, renoncer à rendre raison devant certains faits ou certaines questions (comme : pourquoi il y a un univers plutôt que rien), mène à terme à dire que ces faits sont accessibles à une autre faculté plus adaptée et plus puissante que la raison, bref, cela mène, ce qui était contraire à l’entreprise kantienne, à des dérives irrationalistes (dans un sens proche de ce qu’on entend par "mystique").

On se rappelle de Pascal recourant à la faculté du "coeur" pour pallier aux insuffisances de la raison à saisir les principes premiers du raisonnement, dans le fragment 110 des Pensées (Ed.Lafuma) ; et, plus proche de nous et postérieur à Kant, de Bergson, qui, par exemple, dans L’évolution créatrice, estimait saisir par la faculté de l’intuition, l’élan originaire du monde, son origine...

Retenons donc pour notre développement ultérieur qu’il faut se méfier de la thèse selon laquelle il faut que la raison se taise devant ce qu’on qualifie d’irrationnel, et renonce à chercher à rendre raison sous prétexte qu’il n’y aurait pas ici de réponse rationnelle possible. Pour le moment, nous devons bien reconnaître que le domaine de l’irrationnel apparaît bien au premier abord constituer une véritable expérience des limites de la raison, et être pour elle une entrave. Ne faudrait-il pas dire qu’il est la marque de la faiblesse de la raison elle-même?

B- Le rationnel exclut de soi l’irrationnel

De même que l’irrationnel est la limite que la raison ne saurait franchir, la raison elle-même semble exclure de soi l’irrationnel. Elle refuse de chercher à s’appliquer à son autre, car il est définitivement et par nature hors de sa portée et rebelle au sens.

Le fait que la raison exclut hors de soi l’irrationnel signifie bien que le rationnel et l’irrationnel sont deux domaines séparés, autonomes.

Ainsi Platon, notamment dans un passage du livre 4, 439b, de la République, exclut-il du domaine rationnel de l’âme, le domaine de l’irrationnel. Certains effets constatables ne peuvent sans contradiction être dus au principe rationnel de l’âme, il faut donc qu’ils soient dus à un autre principe en désaccord et en lutte avec le premier, et on le nomme irrationnel en tant qu’il est déviance par rapport à ce qui doit être le meilleur dans le comportement. Par exemple, pour rendre compte du comportement de quelqu’un qui en même temps a soif et s’interdit de boire, il faut dire, en vertu du principe de contradiction, qui stipule que deux effets contraires renvoient nécessairement à deux éléments distincts, qu’il y a conflit entre un principe qui commande de boire, et un autre qui le lui interdit. Il y a donc conflit entre le rationnel et l’irrationnel, et le premier est maître du second, ou doit en tout cas se l’assujettir. L’autre de la raison, l’irrationnel, est ici pensé sur le modèle de la disposition maladive, et comme une force qui nous fait littéralement perdre l’équilibre -que le principe rationnel est seul à même de rétablir et d’assurer. Ce n’est donc pas la raison qui tombe parfois dans une non observance de ses propres règles, et qui faillit, mais c’est le principe irrationnel qui l’emporte...

Si on a donc affaire à deux domaines séparés, on rencontre toutefois ici le problème de savoir s’ils sont vraiment autonomes. A dire vrai, ne faut-il pas admettre que le principe irrationnel empiète incessamment sur le principe rationnel, et que le principe rationnel est en lutte avec le principe irrationnel -qui, il faut le préciser, correspond chez Platon à l’affectif , au désir déréglé et incontrôlé parce que non informé par la raison, ou non spontanément accordé avec la raison-?

On est donc finalement porté à se demander si assigner des limites à la raison, ce n’est pas inviter trop hâtivement, comme nous l’avons évoqué, à démissionner devant ce qui demeure à portée de compréhension et de maîtrise. Et cela n’est-il pas une dénaturation même de la notion de rationnel que de dire qu’elle ne peut qu’être en conflit avec son autre, ou, que c’est ce qui l’empêche parfois d’être adéquate à soi-même, comme cela arrive dans certains comportements qu’on interprète comme tellement déviants par rapport à ce qu’on rapporte à la raison, qu’ils ne peuvent que se rapporter à un principe autre que la raison, mais co-existant de façon non pacifique avec celle-ci? N’est-ce pas oublier que la raison se définit comme l’unité la plus haute, comme pouvoir d’unification synthétique suprême, comme le dit notamment Kant dans l’Appendice à la Dialectique Transcendantale (op.cit.)?

III- Le rationnel et l’irrationnel n’entretiennent-ils pas plutôt un rapport dialectique, d’engendrement réciproque ?

Ainsi, le rapport entre le rationnel et l’irrationnel, centré initialement sur une opposition entre eux, se transforme progressivement en relation dynamique. Comme on a pu le voir implicitement, en effet, le rationnel et l’irrationnel ne s’appellent-ils pas l’un l’autre? Ne seraient-ils pas finalement en relation dialectique, si bien qu’ils formeraient une sorte d’unité ou au moins dialogueraient entre eux?

A- L’irrationnel comme moteur du rationnel

Ne peut-on en effet voir, finalement, à travers le texte de Platon, que le rationnel ne s’exprime finalement jamais aussi bien que quand il s’exerce sur une "matière", en l’occurrence, sur son autre? C’est là que le principe rationnel de l’âme humaine fait preuve de sa dignité, et se manifeste.

L’irrationnel est donc à penser sur le modèle hégélien du "travail du négatif": il se révèle en effet comme étant le moteur du rationnel. Il faut à celui-ci des résistances, afin de pouvoir s’exercer ; ces obstacles sont les données mêmes sur lesquelles sa vertu s’exerce, ce qui lui permet de sortir de soi et de dire qu’on n’a pas affaire à une rationalité morte. Le rationnel, pour reprendre les mots de Hegel, ne se réalise qu’en s’opposant. Pour progresser, rien ne vaut d’avoir des opposants énergiques! Ainsi on peut dire que même l’irrationnel comme "limite permanente à l’intelligibilité", celui donc qui avant tout a rapport aux sciences (on pourrait le nommer "irrationnel épistémologique"), est ce sans quoi le rationnel ne saurait être conforme à lui-même, ou, ce sans quoi il serait condamné à tomber dans l’inertie et à devenir quelque chose comme une tradition ou un préjugé. Il semble en ce sens que l’irrationnel soit finalement la raison d’être du rationnel, le principe de possibilité du rationnel.

L’attitude préconisant de renoncer à rendre raison devant certaines manifestations appelées dès lors irrationnelles, revient à empêcher la raison de progresser ; on est donc amené ici à répondre à Pascal qu’il est faux de dire qu’il "n’y a rien de si conforme à la raison que son désaveu", comme il le disait dans le Fragment 182 (op.cit.). En effet, on peut constater à travers l’histoire des sciences que la présence de l’irrationnel est bien ce qui a permis à la raison de changer ses méthodes, ce qui veut dire pour elle, à être effective, puisque l’on sait que depuis Parménide, la raison se définit comme une puissance dialectique, comme une non adhérence à soi, une non-accoutumance.

B- Il n’y a pas de rationnel en soi

Ainsi il semble bien s’imposer que le rationnel n’existerait pas, sans l’irrationnel. Ce qui signifie, évidemment, qu’il ne saurait y avoir de "rationnel en soi", immuable, identique à soi, n’ayant besoin de rien d’autre que lui pour exister, pour reprendre la définition spinoziste de Dieu qui figure dans la première partie de l’Ethique.

Nous ne faisons ici que reprendre le constat qui s’impose devant la physique contemporaine, à savoir, que le rationnel a perdu son privilège absolu, et dialogue avec son autre, ou avec l’irrationnel. La raison a du changer ses méthodes face à des phénomènes comme le chaos, le complexe, le probable ; alors que si on avait décrété que, ayant à faire ici avec de l’inintelligible, de l’irrationnel, il n’était pas du devoir de la raison de s’en occuper, on n’aurait pas progressé d’un pas devant certains traits fondamentaux du réel qui étaient profondément voilés par une raison sacrifiant tout à son idéal de simplicité.

La raison n’est pas, loin s’en faut, un instrument tout construit, et il faut donc avoir l’audace, même si pendant un certain temps la raison se voit en crise, ou en déséquilibre, comme on peut le voir aujourd’hui, de s’affronter directement à ce qui semble rebelle au sens, en se disant : et pourquoi ne serait-ce pas à elle de se plier à ce qui se présente comme irrationnel? Pourquoi ne devrait-elle pas chercher à s’y adapter? Et si elle changeait ses méthodes?

Dès lors, on le voit, la question de savoir ce qui constitue une réponse rationnelle ou une méthode rationnelle de résoudre des problèmes, change constamment, et nous projette dans l’historicité. L’idéal rationnel change au cours de l’histoire : on sait bien par exemple que la révolution galiléo-newtonienne a profondément transformé l’idéal rationnel aristotélicien! La raison n’a donc vraiment pas à abdiquer devant l’irrationnel : elle doit dialoguer avec lui et se développer à son contact. Plutôt que de s’en tenir aux normes classiques et déclarer irrationnel tout ce qui s’y révèle contraire, il faut adapter la raison à ces nouveaux faits ; ainsi s’explique que ce qui aurait été considéré comme un scandale par les rationalistes classiques, n’est plus du tout aujourd’hui considéré comme irrationnel, mais au contraire comme le summum de la raison : à savoir, cette raison accepte comme explications rationnelles des modèles explicatifs comportant des éléments de pure fiction, des structures multiples, des enchaînements moins déterminés (c’est le règne de ce qu’on appelle la "pensée complexe").

C- Il n’y a pas non plus d’irrationnel en soi ; les notions de rationnel et d’irrationnel sont donc relatives (et relatives l’une à l’autre)

Bien entendu, s’il n’y a plus de rationnel en soi, il convient de dire que réciproquement, il n’y a pas d’irrationnel en soi. Nous sommes donc en présence de deux notions relatives, et relatives l’une à l’autre. Si le rationnel prend en compte, incessamment, l’irrationnel pour améliorer ses méthodes et progresser, alors cela implique évidemment que les "limites" de l’irrationnel sont sans cesse amoindries. L’irrationnel d’hier est le rationnel d’aujourd’hui, et réciproquement, le rationnel d’hier est peut-être, aujourd’hui, irrationnel.

Ce qui signifie que ce à quoi on mesure la conformité ou non à la raison n’est jamais que la raison de son temps, qu’on a tendance à objectiver (c’est-à-dire qu’on a tendance à s’abandonner à l’illusion de croire que toute la raison, ou le rationnel, s’identifie avec la raison devenue, ou avec une certaine forme de la raison).

On peut prendre comme exemple, pour le premier cas, la méthode scientifique des péripatéticiens, qui n’était qu’une synthèse en même temps subtile et vague des données du sens commun ou des impressions premières, car purement spéculative et s’appuyant sur les évidences immédiates, qui pour les Anciens, représentait l’idéal rationnel, complètement irrationnel pour nos savants et philosophes contemporains.

Pour le second cas, on peut dire par exemple que pour Kant il était irrationnel de faire des recherches cosmologiques, ce qui aujourd’hui constitue pourtant un domaine scientifique (notamment Einstein estime avoir rendu rationnel le problème de savoir quelle est l’origine de l’univers).

Ainsi s’il est irrationnel, aujourd’hui, de recourir à des "facultés" ou encore à des " causes finales " pour expliquer l’origine d’un phénomène, nous n’avons pas le droit de dire que ça l’est "absolument" : car il ne faut jamais oublier que quelque chose n’est rationnel ou irrationnel qu’eu égard aux circonstances historiques.

Dès lors, y a t-il même lieu de parler d’irrationnel? Le rationnel devenu soi disant irrationnel, n’est quand même pas une absence totale de la raison?

Comme le dit bien A. Petit dans son article sur La Rationalité (in Les notions de philosophie, Folio Essais), ne confond-on pas bien souvent l’irrationnel avec ce qui n’est que du rationnel inexercé, ou plutôt, ne se sachant pas, n’étant pas encore "devenu", transformé, ou conscient de soi?

Pour prendre un exemple, nous pouvons évoquer ici le changement d’attitude qui caractérise la pensée contemporaine par rapport aux attitudes dites "primitives". On disait au début de ce siècle encore, que les primitifs n’avaient qu’une pensée mythique ou magique, et ne faisaient pas preuve du tout de ce qui caractérise la raison, et les normes fondamentales de celle-ci. On a pu parler de pensée "participative", qui romprait totalement avec le principe de contradiction. On a dit que la "pensée sauvage", pour reprendre le titre d’un ouvrage de Levi Strauss, était donc exclusive de la raison : elle est irrationnelle. Or, selon cet auteur, il est erroné de croire que ce qu’on appelle bien péjorativement les primitifs pensent ou ont une attitude exclusive de toute rationalité, puisqu’ils ont bien une logique, mais celle-ci n’est pas reconnue pour ce qu’elle est, et est concrète ; et, de plus, ils connaissent bien plus profondément le réel que nous, et cette manière de penser ou de connaître le réel a des effets tout aussi efficace que la nôtre.

Comment expliquer l’erreur d’interprétation de la pensée sauvage? Tout simplement en disant que ce qu’on prend pour de l’irrationnel n’est bien souvent, comme on l’a dit ci-dessus avec A. Petit, que de l’irrationnel inexercé. En l’occurrence, ici, on croit ne pas avoir affaire à la raison tout simplement parce qu’on n’y constate pas ce qui manifeste au plus haut degré, pour nous, le rationnel : à savoir, l’abstraction, la logique déductive, etc.

Nous disposons donc maintenant d’un critère plus conforme à la nature de la raison, pour discerner quand nous sommes vraiment en présence de l’irrationnel (et, tout aussi bien, du rationnel). Ou, plutôt, ce critère nous permet de voir qu’en général, l’irrationnel ne l’est pas tant que ça, et de même peut-être pour le rationnel. Les frontières de l’un et de l’autre sont vouées à se transformer sans cesse. Celles du rationnel, car il n’est pas conforme à sa nature qu’il ne s’adapte pas, celles de l’irrationnel, car son domaine est évidemment dépendant de ce qu’on estime être rationnel, d’abord, et, ensuite, parce qu’il semble qu’il renvoie ultimement à la rationalité implicite qu’il habite -ne serait-ce déjà que du fait que l’irrationnel ne s’applique qu’à un être rationnel, comme Aristote le montrait dans le Livre 1, chapitre 13, de l’Ethique à Nicomaque.

Il faut prendre comme modèle pour le rationnel quelque chose de plus souple et de plus adapté à ce qui est conforme à la raison ; il nous semble que le critère que donne A. Petit (op.cit.) à savoir, que le rationnel est un continuum, dans lequel il y a des degrés, allant du minima qui se trouve par exemple dans les comportements acratiques, et dans les mythes ou la magie, au maximum, qui se trouve dans les oeuvres mathématiques et logiques, c’est-à-dire, les plus abstraites.

Selon ce critère, il se révèle que même l’affectif se révèle être rangé dans le domaine du rationnel : on a ici affaire à du rationnel implicite.

En effet, que ce soit dans le comportement acratique décrit par Aristote (cf.supra), qui semble être une victoire de l’affectif sur le rationnel, ou dans l’affectif platonicien, siège des désirs "déréglés", qu’on peut exemplifier par l’hédonisme callicléen de son dialogue intitulé le Gorgias, il n’est pas si évident de dire qu’on est ici en présence de l’irrationnel.

En effet, à l’analyse, ces comportements se révèlent ne pas être exclusifs de la rationalité : nous n’avons pas d’abdication de la raison.

Dans le premier cas, en effet, il convient de dire que les acratiques délibèrent, même s’ils ne persistent pas dans leur décision ; de plus, on peut comprendre ce qui se passe dans un tel comportement, à savoir, qu’il y a inadéquation entre une prémisse universelle et un cas particulier. Il y a donc bien présence d’une forme de rationalité, en l’occurrence, d’une rationalité instrumentale ou calculatrice, ce qui ne nous donne pas le droit de qualifier ce comportement d’irrationnel. Si on peut à la limite le dire tel, ce sera seulement en tant qu’il y a perte d’exactitude dûe à la contingence, ou à l’application de la raison au devenir ; bref, cela signifie seulement que nous ne sommes pas pure rationalité (et que le rationnel à l’état pur n’est peut-être qu’une idée, au sens kantien d’un concept auquel ne correspond nulle intuition).

Quant au second cas, où l’affectif s’affirme nettement comme étant exclusif de toute rationalité, il faut dire que, d’abord, il y a bien ici aussi présence d’une forme de rationalité, à savoir, instrumentale, et surtout, il faut dire que l’affectif n’est rendu possible que par référence à la raison comme fin dernière. En effet, comme le montre bien Socrate (op.cit.) sans référence à une rationalité suprême, qui est la fin commune englobant toutes les fins particulières, qui sont ici les désirs en nombre illimité, il n’y aurait pas réalisation possible de ces désirs et l’hédonisme callicléen, qui se donne pour but de satisfaire tous ces désirs, serait impossible.

Finalement, on peut donc voir que si les concepts de rationnel et d’irrationnel se repoussent l’un l’autre, ils sont également en unité et forment un couple. Ces deux idées s’impliquent l’une l’autre. Le rationnel exige l’irrationnel sans lequel il ne serait rien, et l’irrationnel renvoie irréductiblement, ou implicitement, au rationnel... Si on ne peut nier que les résistances à la rationalité existent, ce n’est toutefois en dernière analyse que du rationnel inexercé, ne coïncidant pas avec soi.

Conclusion

Nous pouvons donc dire que l’analyse des rapports qu’entretiennent entre eux le rationnel et l’irrationnel nous a permis de voir quelle définition correcte du rationnel, ou de la raison, on devait accepter : c’est celle d’une raison devenant et se faisant en, ou grâce, à son autre. Et, puisque la raison n’est pas muable, alors, le rationnel et l’irrationnel ne sont pas définitifs. On voit donc toute la difficulté initiale, pour envisager les rapports du rationnel et de l’irrationnel, qu’impliquait le fait de définir le rationnel comme conforme à la raison et à ses normes. Tout ce qu’on est en droit de dire, c’est qu’il y a, plutôt que des normes, des exigences -on échappe ainsi au fixisme qui se cache derrière le mot de "norme". Le rationnel n’est pas identique à soi, il prend donc plusieurs formes à travers l’histoire. Pour lui, le crime suprême serait de confondre, avons-nous vu, une objectivation de lui-même à un moment donné, avec toute la raison, ou avec l’idéal de la raison, bref, de le prendre pour ce qui est rationnel. Car alors elle fait preuve d’une attitude non critique qui la fait exclure de soi des oeuvres relevant bien du rationnel, mais d’un rationnel s’exprimant sous une autre forme. On invitera donc la raison à respecter sans cesse ses exigences et à faire preuve d’esprit critique face à ce que trop rapidement nous apparaît comme de l’irrationnel, et, bien sûr, de ne pas s’abîmer devant le danger le plus risqué pour son existence, à savoir, celui de se fossiliser, et de disparaître...

http://www.philocours.com/new/corriges/diss/diss-raison.html
Bien pire que faire le pont là où ce ne serait pas son rôle, il y aurait faire le pont là où d'autre part il n'y aurait pas de limites...je me réserve la préférence d'accepter ou non des invitations vers l'infini mais selon des assisses définies au préalable. Ca ressemble parfois à un jeu de chaises musicales sans chaises. Dans certains cas, être un fossile me va toujours bien, mieux vaut être ringarde que sur un ring sans cordes Razz
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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Jeu 12 Oct 2017 - 1:53

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Spoiler:
♪ Politiquement Correct ♪
J'aime mes parents,
j'aime mes enfants,
c'est bien pensant
J'aime pas la guerre ni la misère,
c'est énervant.

Tu trouves ça peut-être
politiquement correct
Mais moi j't'emmerde!
Je ne suis pas raciste,
je suis droit de l'hommiste,
j'porte pas d'fourrure.

Je ne regrette pas la guillotine,
je ne suis pas misogyne,
j'trie mes ordures

Je suis, je le répète:
politiquement correct
Mais moi j't'emmerde!

Je n'ai rien contre les mosquées,
je ne me sens pas menacé par les minarets
Je ne crois pas que les homos
ne sont pas normaux
ou forcément coquets,

Je suis une tapette,
politiquement correcte
Et moi j't'emmerde!

Victime de la pensée unique, je suis,
je l'avoue laïc pendant qu'j'y pense
Je précise que je ne crois pas
qu'il y aie trop d'juifs
dans les médias ou la finance

Je risque de te paraître,
politiquement correct
Mais moi j't'emmerde!

Ça va te sembler démagogue
mais je déconseille la drogue
même aux mineurs
Je milite pas tiens toi bien
pour l'extinction des dauphins
j'veux pas qu'ils meurent

Tu trouves ça naïf et
bête politiquement correct
Et moi j't'emmerde

Je ne parle pas à la à la concierge
ni à la femme de ménage
comme à des chiennes
Il faut respecter tous les gens
je l'enseigne à mes enfants
pour qu'ils deviennent

Un jour comme je le souhaite
politiquement correct
Et on t'emmerde.
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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Jeu 12 Oct 2017 - 16:31

Spoiler:

La vie est belle, mon nouveau plombier doit être normo pensant, il m'a donné rendez vous, il est venu, il sait pas tout faire, il était propre, rasé, énergique, il m'a pas dit je vous appelle pour me rappeler trois semaines après pour me dire : je suis débordé, je sais pas.

Question philosophique du jour : peut on se permettre de tels jugements sur un surdoué qui peut être souffre ? n'est il pas violent avec cette petite chose fragile de ne pas lui laisser le temps ? ect toussa toussa ?

Oui quand on a une fuite et qu'on paye oui Smile Je laisse aux belles âmes le soin d'ouvrir un service d'assistanat social avec une secrétaire pour les pauvres plombiers surdoués qui savent tout faire et je garde mon plombier (qui peut est surdoué quand même mais bon parler de l'usine de pampers et l'exploitation qui sait de jeunes loin de ce pays pour parler robinet et mettre fin à une fuite, hein, je laisse cette questions aux débats des grands philosophes et tectuels testés avec du bac et des mathématiques dedans).

Voilà et dans une heure je vais mon médecin qui me proposait que l'on travaille ensemble sur ma santé il y a un an, du coup il va être content, sa patiente pète la forme, eh oui il va me faire une ordonnance juste pour des miansérine 10, petit anti dépresseur de chochotte alors que je pourrais m'acheter de la drogue sur le deep bidule du dark vador net qui pourrait me rendre moins net encore plus. Cela dit je devrais peut être lui proposer de créer un service de deal ? un gros traffic de MM's et de Pin's pour la lutte contre le cancer ?

Tout ça pour dire que moi j'aime bien la norme, j'imaginais du coup un monde que de création, tu prendrais des rendez vous avec des gens qui viennent bien mais intelligents, les journées commenceraient à l'heure où ils se lèvent en variable. Secrétaire c'est un peu gamelle de croquettes de la cuisine et non je n'aurai pas fait ou laisser des dits doués même diplômées 50 fois me dégommer mon rangement de croquettes quand ils veulent et comme ils veulent. La norme c'est bien, vive la norme, grâce à elle, chaque jour et ses participants je me bouge le cul et grâce aux personnes surdouées sûrement que j'ai choisi pour mes services dans la vie et de santé, je me bouge le cul deux fois plus  Razz

Et comme en plus ma philosophie de vie c'est d'être moins le chat qui revient quand il veut ou pas à sa gamelle de croquettes...

Voilà je suis contente j'ai encore fait avancer aujourd'hui le monde de la recherche sur la douance à mon petit niveau Smile

Le résumé en mode doué destructuré : dent plombée, plombier, robinet, fais chier,
y'en a marre de l'oppression, luttons camarades, on ne peut rien faire tranquille dans cette vie.

Aveu de péché du jour bien que ça soit contre la charte de sincérité du bon doué :
et ça fuit depuis quand ? oh la semaine dernière (ben quoi ? rien m'oblige à dire que je vais des tests d'endurance pour m'amuser.

C'est bien cette histoire de douance, désormais ça sert d'assise à mon dentiste par exemple ou alors j'ai fait un pont, il me parle plus la norme de vous savez et donc,
mais direct vous avez une dentition atypique en étant atypique du coup ça va mieux,
ça va plus vite et forcément quand même à un moment ça va être le bordel où il va falloir reposer de la norme, de la grosse norme bien chiante avec de la politesse,
des codes sociaux, du propos hiérarchisé pour reprendre des distances pour mieux se rapprocher ensuite. Ca colle bien avec TIPEH ou apprendre à faire simple quand t'es compliqué.

Le le doué il lui faut un cadre pour l'envoyer promener ou quelque chose de plus tordu que ça sinon c'est pas assez complexe...
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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Ven 13 Oct 2017 - 21:32

Spoiler:




et les deux suivantes

Plus particulièrement le témoignage de la dame à 30.07.

On y retrouve d'ailleurs dans une une intervention de JSF en tant que psychologue clinicienne. et aussi le témoignage de la femme de Johnny Hallyday sur l'adoption, les sensations d'abandon.

Avec ces trois émissions et les autres, en fait un dit np peut en savoir plus d'un chercheur en psycho en thèse,

Spoiler:











ça parle des émotions, de leur fonctionnement, de parcours de vies sacrément résilience comme ce chef d'entreprise bédoin, qui rejeté par ces parents en Syrie, et un jour enterré vivant car sa mère répudié et devenu un énorme chef d'entreprise humain avec ses salariés.
et les suivantes.

Peut être mon cercle vertueux est d'avoir eu la chance d'être élevée jeune par un monsieur rapidement malade du diabète contraignant, d'avoir vécu le cancer en famille à 27 ans. Et au milieu de personnes qui savent comme ces gens le disent qu'on peut tout perdre à tout moment ou des personnes alors comme m'avait dit aussi mon beau père : capter l'essentiel. Et ne pas s'encombrer de détails de façon à rester en forme, optimiste, et combative pour les gros combats dirais je. Ne pas laisser les futiles être sa priorité d'attention dans la vie, sinon c'est vivre par rapport à eux et donc en fait devenir encore plus futile.....
Je trouve que penser et repenser régulièrement selon ces bases là permet justement de se canaliser, de se caler, se calmer, se recentrer entre d'autres choses.
-----------------------------------------------------------------------

L'auteur, autodidacte qui aime explorer et voir la vie sous différents aspects, accompagne les gens, depuis une dizaine d'années dans des soins apportés aussi bien par l'imposition des mains, la lecture de l'aura et par sa médiumnité, mais également au travers des cours ou des conférences qu'il donne sur le développement personnel. Ce livre relate son vécu d'éducateur spécialisé ayant passé une année exceptionnelle en compagnie de personnes handicapées.?

"Voici mon vécu d'éducateur spécialisé ayant passé une année exceptionnelle en compagnie d'handicapés, dont Romuel (infirme moteur cérébral), Soriel (autiste) et Léa (traumatisée crânio-cérébrale). C'est par cette expérience riche en découvertes et pleine d'amour et de magie que j'ai pu découvrir le quotidien des êtres handicapés et en même temps comprendre que de nombreuses facultés sont endormies chez l'être humain. Quelle surprise par exemple que de découvrir que je pouvais communiquer avec eux sans paroles et que des rencontres hors du corps étaient possibles... Si on ne cherche pas à mieux comprendre ces personnes, elles nous ramènent à l'incompréhension et au manque de connaissance que nous avons de nous même..." - Stéphane Bruchez "Notre monde du handicap n'est vu qu'avec les yeux physiques et ce livre apportera une vision de l'esprit. Le quotidien de millions d'êtres handicapés se dévoilera peu à peu dans le coeur des personnes qui liront ce livre jusqu'au bout ! Ce que les sens physiques ne perçoivent pas, les sens du coeur le reconnaissent. Voir au-delà des corps physiques, de la matière ou des différences quelconques, c'est reconnaître la vraie valeur de la vie..." Romuel



J'ai de la chance j'ai pu courir plus vite que le malheur, j'ai pu trouver le bonheur quand même là où il n'était pas là. Et plein d'autres choses aussi.


J'aime bien un des commentaires ci en dessous :

"et m^me ça décrédibiliserait tou, tin!!! des banques , des assurances!!! en avant première de nos survies psychiques j'ai grave du mal mais je vais quand même ecouter après les 5,05 voir si c honnete ☼"


Spoiler:

le gars ça lui décrédibilise tout !!! les professionnels de santé, les gens qui soignent tous les jours, l'accès aux soins, celui qui va le soigner, payer si il est malade... donc après avoir supprimer toutes ces personnes trop longues à dénombrer en personnes et en actions dans la vie, lui on sait pas qui sait mais il va donner son avis  à lui tout seul pour dire si plein de monde est honnête... ça c'est le genre de connard de base que je faisais attendre une heure pour x raisons pour bien lui démontrer qu'en fait ceux que je faisais passer avant lui avaient plus de valeur... parce que justement les gens qui savent qu'ils peuvent avoir besoin des autres ne pensent pas leur temps à prétendre aux autres que tout est décrédibilisé. J'appelle ça depuis tout temps des parasites pollueurs destructeurs et il n'y a pas que moi. D'ailleurs il n'a rien à partager sur son you tube que son avis là négatif à négativer tout et sur une conférence sur la sérénité.
C'est important de le savoir parce que ça ne s'imagine pas des personnes qui consacrent leur vie à polluer et à salir uniquement mais ça existe et on notera la nouvelle expression : tout tin !!! J'aime bien poser ce parallèle. Car évidemment travailler sur soi à être serein si c'est pour se retrouver en contrepartie à nourrir ou se laisser pourrir par ce type de personnes qui tournent à rien et à vide peut être rapidement épuisant pour de plus arriver nulle part. C'est sûrement plus particulièrement par rapport à ce type de personnes que je suis aussi pro cadre. Sinon ce type de personnes peut embarquer dans son irrationnel. C'est très intéressant de voir les fonctionnements de plus en plus variés des personnes. Very Happy

----------------------------------------------------------------------------------

Qui est Ilios Kotsou ?


Passionné par tout ce qui touche à l’humain, et plus particulièrement par la richesse que donnent à nos vies les émotions, Ilios Kotsou intervient sur les thèmes de l'intelligence émotionnelle, du bonheur, du changement et de la pleine conscience (Université Libre de Bruxelles, Louvain School of Management).
Formé à l’approche de Palo Alto et à la mindfulness (MBSR et MBCT), il a travaillé pendant plus de quinze ans en tant qu’expert et formateur dans le domaine du management a été chercheur pendant quatre ans à la Faculté de psychologie de l'UCL.
Auteur de divers ouvrages sur les émotions et la psychologie positive, il s’intéresse de près aux interactions entre la science fondamentale et la mise en pratique.

Biographie

Titulaire d'un master en sciences du travail et formé à la thérapie brève, Ilios Kotsou a travaillé pendant plus de quinze ans en tant qu’expert et formateur dans le domaine de la gestion des conflits et du changement (notamment pour Médecins Sans Frontières).

Il est cofondateur de l’association Emergences qui vise à partager les connaissances scientifiques et à financer des projets humanitaires. Auteur d’ouvrages sur l’intelligence émotionnelle et la psychologie positive, il consacre ses recherches aux émotions et à leur impact sur notre bien-être individuel et collectif.

Description
Collaborateur scientifique de l'émission Leurs Secrets du Bonheur, Ilios Kotsou est passionné par la psychologie des émotions. Il a été chercheur pendant 4 ans à l'UCL et collabore avec des universités telles que ll'ecole de commerce Solvay (Bruxelles) ou la Louvain School of Management (Belgique).

Son approche

Lors de la conférence du 29 novembre, nous aurons le plaisir d’aborder avec Ilios Kotsou le thème de l’intelligence émotionnelle

Qu’entend-on par Intelligence émotionnelle et par émotions ?

Pour y répondre laissons parler notre intervenant :

« Dans notre vie quotidienne, comme dans la littérature, les émotions sont souvent classifiées en deux catégories : bonnes ou mauvaises, utiles ou inutiles, souhaitables ou à éviter. Il s’agit pourtant d’une confusion importante et regrettable. Joie, peur, colère, tristesse, surprise, gratitude, émerveillement,… : toutes les émotions sont utiles. Que seraient nos vies sans ces guides inestimables, ces GPS venus d’autres temps ? En revanche, certains effets de nos émotions sur nous-mêmes ou sur autrui peuvent être qualifiés de négatifs, à travers les comportements qu‘ils engendrent.
Les émotions peuvent éclairer notre jugement, renforcer notre système immunitaire, nous aider à nous protéger des risques, ou nous faire prendre de bonnes décisions. Mais elles peuvent aussi nous conduire à des situations difficiles, des états de stress, des conflits, des souffrances psychologiques ou physiques.
Elles agissent principalement à trois niveaux : celui de nos pensées, de nos comportements et de nos relations sociales. L'intelligence émotionnelle peut être définie comme un ensemble de compétences qui nous permettent de prendre conscience et d'observer nos émotions et celles des autres, de comprendre ces émotions, et de d'agir de manière flexible et adaptée dans les situations émotionnelles.
L'intelligence émotionnelle n’a pas pour but de contrôler nos pensées ou d’éliminer certaines émotions au profit d’autres. L’intelligence émotionnelle consiste plutôt en la capacité à mieux vivre avec ses émotions et celles des autres, à changer notre relation à ces émotions, pour pouvoir, même dans les moments les plus difficiles de notre existence, continuer à construire un chemin de vie harmonieux, riche et plein de sens. »

Disponible sur le site d’émergences : Intelligence Emotionnelle

Ses livres


Petit cahier d'exercices de pleine conscience. Jouvence, 2012

Qu'est-ce que la méditation de pleine conscience ? La mindfulness (comme on l'appelle aussi) est un état de conscience qui résulte d'une attention au moment présent. C'est une manière d'être ouvert à la vie telle qu'elle se présente à nous, à nos émotions, à notre corps et ce, d'instant en instant. Selon le Prof. Jon Kabat-Zinn, vivre en pleine conscience, c'est embrasser la vie dans toute sa richesse en y trouvant un espace pour grandir tant en force qu'en sagesse. Exit le pilotage automatique, retour à son être profond !

Ilios Kotsou vous propose ici de nombreux exercices qui vous aideront à utiliser et à approfondir cette pratique aux multiples vertus, reconnue par les plus grands scientifiques : parmi ses bienfaits, celui d'arriver à gérer et réduire le stress ou encore à prévenir la rechute dépressive. Étape par étape, il vous apprendra à vous reconnecter à tous vos sens. Utiliser la pleine conscience au quotidien, c'est chercher à porter sur la vie un regard neuf pour l'apprécier dans toute sa richesse !

«Prendre conscience de là où nous nous trouvons afin d élargir nos possibilités de manière créative»



Petit cahier d'exercices d'intelligence émotionnelle. Jouvence, 2011

Nos émotions nous servent de signaux face à notre environnement positif ou néfaste. Elles ont pour effet d'éclairer notre jugement, de renforcer notre système immunitaire, de nous protéger des risques, de nous faire prendre de bonnes décisions ; mais elles ont aussi le pouvoir de nous conduire à des situations difficiles, des états de stress, de conflits, des souffrances psychologiques ou physiques. Voilà le message essentiel de l'intelligence émotionnelle. Des exercices. questionnaires, tests, quiz, etc., nous incitent ici à nous interroger sur notre façon d'accueillir et de gérer nos émotions ; ils nous apprennent à pratiquer l'intelligence émotionnelle pour arriver à modifier des rapports souvent conflictuels avec nos troubles. Voici le premier Petit cahier pour nous aider à mieux vivre avec nos émotions et avec celles des autres. pour nous construire un chemin de vie plus harmonieux et plus riche de sens !


Psychologie positive: le bonheur dans tous ses états. Jouvence, 2011

De tous les temps et dans toutes les traditions, le chemin vers le bonheur a toujours passionné l'être humain. Coordonné par Ilios Kotsou et Caroline Lesire, cet ouvrage explore ce thème sous l'angle innovant de la psychologie positive.
Sa spécificité ? Se consacrer à l'épanouissement et au fonctionnement optimal des individus, des groupes et des institutions en reliant les niveaux individuels et collectifs. Produit d'échanges nourrissants entre les auteurs, ce livre nous propose un tour d'horizon depuis les origines de la psychologie positive jusqu aux aspects les plus spirituels de la recherche du bonheur. Christophe André y décrypte les mécanismes du bonheur, Isabelle Filliozat nous parle des relations parents enfants, Thomas d'Ansembourg nous propose de remettre l'harmonie au coeur de nos relations, Eric Lambin souligne comment le bien-être humain est lié à celui de l'environnement naturel et Matthieu Ricard éclaire le versant spirituel de la recherche du bonheur notamment par une réflexion sur l'entraînement de l esprit. Ecrit dans un style simple et direct, chaque chapitre continent des petits exercices pratiques ou des propositions d'applications concrètes.

Et bien d'autres encore ....

https://www.regards-croises-hp.be/les-conf%C3%A9renciers/ilios-kotsou/
Enfin bref simple partage. En tout cas c'est bien ce que disait, j'ai toujours été dedans  Razz Si t'es pas assez hp bien c'est que tu regardes pas assez la télé... ?  Razz T'es pas assez dans le cadre, t'es pas assez normo pensant, donc t'arrives pas à être bien doué et heureux. Tu m'étonnes que mon cerveau il arrivait pas à des phrases, je procratisne j'écoute celle de plein d'autres, ça me fait des économies de réflexion ?  Razz C'est pour ça que des doués trouvent pas de doués, ils sont dans le cadre  Razz   Razz


Spoiler:
Je vous largue tout comme ça je sais mais je suis crevée aujourd'hui et puis aussi il faut que je m'évite de la surcharge cognitive Razz
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Re: Go west... (Continuité, déviations, et parfois points de suspension...)

Message par I am so sure le Sam 14 Oct 2017 - 19:16

Spoiler:
La douance c'est aussi quand tu réponds par texto à Star Wars Lucas : je te respecte contre ton gré. tu mérites un meilleur plan cul que moi.
Je devrais peut être chercher un éditeur ? non ? j'ai l'art de la formule de politesse, non ? Smile
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