Quand faut y aller...

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Quand faut y aller...

Message par Liillou le Mer 26 Juil 2017 - 9:26

Bonjour à tous!


Je vais tenter de me présenter aussi brièvement que possible, histoire de signaler mon arrivée sur le site sans trop prendre de votre temps! Wink

Je suis une grande adolescente de bientôt 18 ans.
Depuis ma plus tendre enfance j'ai présenté des caractéristiques zébresques et ai donc été élevée comme telle par mes parents, puis par mes enseignants. Cependant, ma mère a toujours refusé de me faire tester, estimant que m'attribuer un nombre de QI reviendrait à me réduire à une "étiquette" qu'il me serait peut être difficile à supporter par la suite.
J'ai toujours eu une scolarité facile et d'excellents résultats, car par chance, j'ai grandi dans un milieu propice à l'apprentissage et au goût des études. Très curieuse, j'ai pratiqué de nombreuses activités extrascolaires diverses : danse, chant, piano, GRS, voile... Néanmoins, j'ai toujours ressenti un certain décalage avec les autres personnes de mon âge, même en ayant sauté une classe.

C'est à mon entrée au collège que mon mal-être est apparu et s'est intensifié.
Perte de repères, socialisation difficile, recherche identitaire propre à l'adolescence, j'ai peu à peu abandonné mes activités extrascolaires pour en arriver à être monocentrée sur les études , quitte à les laisser devenir une réelle obsession. En parallèle, de par mon hypersensibilité notamment (caractéristique zébresque majeure), j'ai donc développé une dépression qui s'est intensifiée durant mon adolescence, débouchant sur une anorexie mentale restrictive sévère qui me pousse à mettre de côté mes études pendant une durée de 4 mois afin de subir une hospitalisation à temps plein.

A mon retour au lycée pour effectuer mon année de Terminale, ma panique m'envahit : impossible pour moi de retourner à temps plein dans ces murs, témoins de ma dégradation pendant plus d'un an; moi qui ne tenais que par mes études, me voilà déboussolée par ce qui a pu être mon refuge. S'en suit alors une année assez chaotique, où je tente tant bien que mal à assister partiellement à mes cours au lycée et tentant de travailler le reste à la maison, afin d'obtenir à la fois mon bac et mon entrée dans une prépa BL, seul réel moteur de ma vie depuis bientôt 3 ans.

Cependant je me rends bien vite compte que tout semble me dépasser, et pourtant mes résultats, contrairement à mes grandes craintes d'échec les premiers temps, restent stables. Mais préférant, à terme d'une loooooooongue et éprouvante réflexion, faire les choses bien plutôt que vite, je me résouds à demander une année que j'appelle de "semi-césure" dans laquelle, en parallèle d'une année de licence 1 Histoire et Sciences Politiques, je compte me remettre somatiquement sur pied afin d'attaquer ma prépa de manière optimale l'année suivante, le directeur m'ayant affirmé que mon profil ne pouvait en aucun cas être académiquement refusé. J'essaie toujours à ce jour de me convaincre que c'est la meilleure des options possibles, et que ce ne sera pas une année de perdue, mais mon obstination naturelle et mon impatience me torturent encore quelque peu.
Dans le même temps, j'ai passé mes épreuves du baccalauréat ES, sauf les mathématiques que je passerai en Septembre, ayant bénéficié d'un aménagement et étalement d'épreuves au vu de ma condition physique et de mon parcours scolaire... assez atypique!

Je fais sans cesse de nombreux liens entre ma douance présumée et mes troubles actuels, l'un et l'autre étant des terrains glissants s'alimentant l'un l'autre. Je suis tentée de me faire tester pour avoir des résultats fiables une bonne fois pour toute à la place de pures spéculations extérieures, mais je me suis tellement attachée à cela et à mes troubles afin de me définir que je crains une perte de mon identité propre : "si je ne suis pas un zèbre, qui suis-je? Ai-je été une imposture tout au long de ma vie?" Il est en effet triste de devoir ainsi trouver des étiquettes pour se rassurer quant à sa légitimité d'exister, je le sais, et, bien que nettement moins présentes et douloureuses qu'il y a 2 ans auparavant, ces questions reviennent quelquefois s'immiscer dans mes réflexions.

... J'avais dit une brève présentation, c'est ça? Shocked


Je me suis donc inscrite sur ce site après un an de réflexion (ah ben oui, je suis trèèèès indécise, aussi) pour pouvoir échanger avec cette communauté dans laquelle je me retrouve très étrangement malgré tout : l'hypersensibilité, la sur-réflexion, le décalage, l'identité, l'intellectualisation... Entre autres. J'espère également pouvoir partager mes projets : en effet, je suis à la (re)découverte de mon monde en ce moment et je suis friande de toute expérience humaine; je détaillerai sûrement ça dans le topic approprié quand je trouverai à la fois les mots... et le courage. Razz


Merci de m'avoir suivie jusque là...
- Sleep
- Eh non réveillez-vous enfin j'ai bientôt fini promis!!

Je reste ouverte à toute discussion ou toute question, n'hésitez surtout pas : j'espère bien apprendre à vous connaître au fil du temps!
En attendant, je vous remercie encore de votre attention ("Mais c'est une véritable épreuve d'endurance, ce message! Et une course d'orientation aussi, vu le caractère brouillon du contenu affraid ") et attends avec impatience vos réponses!


Liillou


Dernière édition par Liillou le Mer 26 Juil 2017 - 9:56, édité 1 fois

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Re: Quand faut y aller...

Message par Invité le Mer 26 Juil 2017 - 9:35

Et bienvenue à toi. J'espère que tu pourras trouver réponses à tes questions.

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Re: Quand faut y aller...

Message par L'Homme qui Sait le Mer 26 Juil 2017 - 9:54

Salut et bienvenue !

Est-ce que dans tes activités extra-scolaires (et autres centres d'intérêts) il y a des choses qui te passionnent en particulier ?
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Re: Quand faut y aller...

Message par izo le Mer 26 Juil 2017 - 10:07

Bienvenue ici.
Je vais droit au but, mais il me semble qu' hypokhâgne soit sur ta ligne de mire, elle seule et seulement elle, si je puis dire, comme devant servir ce que tu es où du moins ce qui est attendu de toi.
tu ambitionnes donc de réussir l'ENS, la prépa etant un moyen.
C'est donc que ton projet professionnel est indéfectible.
Est-ce le cas ? Tu peux en effet te construire à partir de tes propres passions et non à partir de prescriptions implicites.
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Re: Quand faut y aller...

Message par PrShadoko le Mer 26 Juil 2017 - 12:51

Bienvenue ici ! Tu devrais pouvoir trouver des personnes, des sujets, et des échanges qui devraient te permettre de grandir et de t'aider à définir ce que tu veux, et comment y arriver, amuse-toi bien ! q:
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Re: Quand faut y aller...

Message par Liillou le Mer 26 Juil 2017 - 14:10

Ouah, merci de tous vos messages!


Bubulle : je l'espère aussi! Very Happy

PrShadoko : Merci, j'y compte bien! Very Happy

L'Homme qui Sait (quel pseudo honorable  Idea ) : Tout d'abord merci!
Ensuite, à ce jour, je dévore des bouquins par dizaines (les bibliothécaires de ma ville semblent abasourdies à chaque fois que je reviens pale ), j'écris beaucoup aussi, je sors voir des expos, j'apprends un peu l'allemand et le japonais, et je commence à goûter aux joies de sortir entre amies le soir... Vive l'été  Cool
J'adorerais reprendre la danse et essayer enfin l'escrime, que je n'ai jamais pu expérimenter, mais aussi tenter des choses que je n'aurais pas du tout envisagé de faire de mon plein gré; partir à la découverte de nouvelles expériences et, qui sait, de facettes enfouies en moi...
Bref, un programme bien chargé!

izo : Tout d'abord merci!
Avant de répondre, je tenais à te dire à quel point ton message m'a pour ainsi dire interpellé, dans le sens où il a résonné en moi de manière plus importante que je ne l'aurais prévu.
En effet, comme tu l'as très justement remarqué, mon projet professionnel est ancré en moi (depuis très longtemps maintenant) et est en quelque sorte un phare qui me pousse à avancer. Et oui, très justement encore, il est vrai que mon souhait ultime serait de réussir le concours de l'ENS.
Me définir au travers de mes passions et ambitions a longtemps été pour moi un objectif, et je pense d'ailleurs avoir arrêté mes activités extrascolaires par crainte des évolutions et des changements d'intérêts qui arrivent au cours d'une vie, bref, des repères changeants, pour me rabattre sur le travail scolaire puis professionnel, un terrain que 1- je maîtrise et 2- qui est immuable (du moins dans ma conception des choses à cette époque).
Maintenant que j'avance, je tente de ne plus me définir, ou du moins plus de manière précise, car la somme d'éléments, aussi précis et nombreux qui soient, ne font finalement pas un ensemble homogène, une vraie personne, mais une description, presque une liste, qui, sans aller jusqu'à la déshumanisation, transforment tout de même quelqu'un en une entité objectivement analysable.
En ce moment, je suis sur un moment de réel envol, ce que j'appelle ma "renaissance" : je remets tout à zéro et prends un nouveau départ pour essayer justement de ne pas être dans une course effrénée à la meilleure description de moi, mais en essayant, simplement, de vivre, pour appliquer concrètement l'adage de Tonton Sartre où "l'existence précède l'essence". J'ai trop longtemps été dans du rêve, du passif, du regret du passé, du déni du présent et du refus, car de la terreur, de l'avenir. J'en ai eu assez, et je tente de vivre. Activement.
Est-ce que j'ai été trop loin? Je suis un peu hors sujet, non? Si c'est le cas, désolée, signale le moi et je tenterai d'être plus précise et objective Embarassed Embarassed

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Re: Quand faut y aller...

Message par L'Homme qui Sait le Mer 26 Juil 2017 - 14:20

Et tu es inquiète de tes "troubles" ? Ou de ton avenir ?

Enfin. Je veux dire, en profondeur : en y réfléchissant bien, tu sens qu'il y a de vrais risques pour ton avenir et possible bonheur ?
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Re: Quand faut y aller...

Message par izo le Mer 26 Juil 2017 - 14:26

Merci pour ton retour, tu mentionnes les activités extra scolaires. elles te sont probablement primordiales. C'est elles le moteur.
Pourquoi ai- je réagi ainsi ? J'ai une amie qui dès la sixième connaissait la droiture de son parcours. Au moment attendu elle a intégré une prépa (hypokhâgne donc) dans un lycée prestigieux en conformité avec les vœux pieux émis ca et là. Elle a même réussi le concours. Honneurs, félicitations etc .. un été ravissant.
Pourtant une semaine avant la rentrée, des crises d'angoisses l'envahissaient au point de provoquer sa démission. S'apercevant sur le tard de l'inadéquation à tous niveaux entre elle et ce beau parcours. À toi d'aménager cette prépa pour y grappiller de quoi satisfaire ton appétit intellectuel (elle me rendait compte de ses cours que je goûtais avec joie (philosophie notamment)), et de prendre le temps nécessaire pour envisager ton avenir et devenir selon ton seul point de vue, afin de t'y installer bien par la suite.
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Re: Quand faut y aller...

Message par Liillou le Mer 26 Juil 2017 - 16:00

L'Homme qui Sait : aaaaah, ça...
J'aimerais tellement, tellement pouvoir te dire que oui, je sais que ça peut entraver mon bonheur, mon futur, que je sais que c'est ça qui me terrasse et que c'est bien ça que je dois combattre de toutes les forces qui me restent pour pouvoir être libre... Je le sais. Mais des fois encore je ne le sens pas. Cependant je m'accroche à ces fusées de détresse qu'une infime partie de moi arrive quelquefois à m'envoyer, et ce de plus en plus souvent...
A une époque, j'ai évidemment été attachée à ce trouble. J'y trouvais une certaine ivresse du vide. A force de trop réfléchir, je me sentais mal; en ne pouvant plus le faire, je ne sentais rien. A ce moment là, c'était mieux que de souffrir, dans ma conception. Mais souffrir de quoi? Sûrement d'un idéal que je ne pourrais jamais atteindre, la perfection ultime comme je la concevais. Cet être inhumain que je fantasmais, sans défauts, sans subjectivité; un être inchangé, inchangeable, infini, atemporel. Je ne souhaitais être qu'un esprit et renier mon humanité. Je refusais mon existence en tant que personne. J'ai donc essayé de m'enlever tout ce qui se rapportait à de la satisfaction de besoins naturels, pour disparaître peu à peu et atteindre mon idéal.
Assez sombre, hein? Je suis désolée, mais oui, ce trouble a été quelque chose que je percevais comme un sauvetage. Il n'en est rien maintenant. Je tente peu à peu de retourner la rage et la frousse de la vie que j'ai pu avoir contre ce parasite, et m'accorder le droit de vivre, d'être. Y'a du boulot, je sais... Mais je suis une tête dure, tu peux me faire confiance sur ce point là!
Pour résumer et essayer de répondre à ta question (il faut que j'apprenne à arrêter de m'éparpiller quand même Mad ) : J'ai appris à croire en l'avenir, aussi incertain soit-il, donc pas d'inquiétude maladive sur ce point là à présent. Pour ce qui est de mon trouble et de la barrière qu'il représente, je me le figure de plus en plus, et j'avance, certes trop lentement pour moi (fichue impatience, quand tu nous tiens  bounce ), mais je fais le chemin. Et j'y crois! Courbette

izo : Il y a de ces messages, de ces témoignages qui nous parlent et nous font réfléchir sur notre parcours. Celui que tu m'apportes, il me semble, fait partie de ceux-là pour moi. Pour aller dans le sens de prendre son temps pour choisir sa vie, je tente également d'affirmer mon souhait d'intégrer cette prépa en m'imposant justement cette semi césure : s'il s'avère qu'au terme de cette rupture, ce désir de faire ma prépa est toujours aussi attaché à moi, je verrai cela comme une confirmation de plus quant au caractère personnel et adapté de cette décision. Après, qui vivra verra : j'attends d'expérimenter tout ça et me laisse (enfin!) la place au changement, à l'adaptation, à la flexibilité; à la vie!  Wink
D'autre part, quel a été le parcours étudiant et professionnel de cette jeune femme, finalement? A-t-elle trouvé son bonheur ailleurs?

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Re: Quand faut y aller...

Message par izo le Mer 26 Juil 2017 - 16:10

Je n'osai dire la suite mais la voici. Mon amie également anorexique, s'est inscrite en fac en histoire qu'elle enseigne au collège en zep. Après quelques dépressions, elle a assouvi sa soif d'absolu auprès de dieu qu'elle sert étant très impliquée dans cette voie.
Elle est donc heureuse.
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