Être ou ne pas être... un zèbre?!

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Être ou ne pas être... un zèbre?!

Message par Invité le Sam 3 Juin 2017 - 11:10

Je décide de me lancer… au risque du bannissement pour avoir voulu communiquer. Mais cette volonté de communication est plus forte que moi (et sans vouloir prétendre que cela se reproduira, mais les expériences négatives reste teinté dans nos tentatives. Heureusement, ce n’est apparemment pas tout le monde qui a un esprit étroit).

Longtemps je rêve d’une communication d’égale à égale, où il y a véritable échange sans devoir se retenir de parler de connaissances scientifiques sans provoquer le désintérêt, et sans que la conversation ne tourne en rond sur la narration, souvent négative, de leur vie respective (amenant toujours cet aspect redondant et médiocre d’une vie à la perception étroite sans questionnement de ce qui se trouve à l’extérieur de leur nombrilisme, laissant un goût amer)

Se sentir si… différent. Mais tout le monde me répliquent automatiquement « oui, mais tout le monde est différent..! » Tout le monde est à la recherche d’une différence pour s’en vanter, fière d’être, comme à la recherche d’une parure. Or, cette fierté d’être, cette recherche d’une parure étincelante, n’amène souvent que l’arrogance de se croire « différent ». Mais la différence se vit, se subit..
Moi, je parle d’une différence qui fait mal, qui nous fait se sentir seule parmi les autres par mon simple désir de connaître le pourquoi du comment des choses. Pousser toujours la compréhension plus loin, ouvrir les possibilités sans s’emprisonner dans un dogme. Et ce décalage…
Également cet intense sentiment d’imposture, d’étrangeté…

Dès mon plus jeune âge je lisais des encyclopédies. Je dévorais tout les sujets qui me tombaient sous la main. Je voulais savoir comment les aliments se transformaient en énergie. J’allais chercher un Atlas. Même chose pour tout mes questionnements, de savoir comment on fait des enfants jusqu’à vouloir connaître la formation d’une étoile.
Cependant…
J’étais la seule à avoir ce genre d’intérêt intense, variés.. Car j’aime approfondir sur les sujets, à chercher le pourquoi du comment, à vouloir connaître le fonctionnement des choses. Tout les sujets y ont passés : botanique, astronomie, astrologie, anatomie, biologie, mécanique quantique.. et j’en passe. Moi qui ait cru au début que cela m’aiderait à l’école..
C’est pourtant à l’école qu’il y a eue le plus de difficultés, car je comprends plus vite que la moyenne. C’est une véritable torture que d’attendre après les retardataires pour enfin aborder la prochaine notion. C’est l’une des choses qui m’a dégoûter totalement de l’école (sans vouloir rabaisser ce système qui peut être utile à bien des gens).

Le contact des autres à l’école m’a fait croire à une pathologie de ma part. Je voyais les autres s’intégrer si facilement, sans difficultés, s’adapter. Je tentais maladroitement la même chose, mais je sentais toujours ce décalage qui teintait mes échanges avec les autres. Les groupes se formaient, les amitiés commençaient… alors que je les regardais avec envie… « comment font-ils? »

De plus, cette mémoire me jouait toujours des tours. Je me rappelais facilement, et rapidement, alors que les gens en moyenne oublient.

En grandissant, rien n’avait vraiment changé. Mes intérêts pour les sciences et les art n’a jamais diminué. Socialement… je n’ai jamais vraiment eu de « vie sociale ». Ma vie sociale consistait à aller lire à la bibliothèque. J’ai tenté maint fois d’avoir des amis. On me disait, me forçait, à m’intégrer..
Je n’y arrive pas, je n’arrive jamais à m’intéresser à leur histoire impliquant leurs familles, leurs amis, ce qu’ils font les fins de semaines... Leur nombrilisme me donnait des hauts le cœur (de plus, comment parler à quelqu’un qui ne désire pas nous parler?).

Maintenant dans la trentaine, je me creuse et me prend la tête pour enfin savoir ce que j’ai. Quel est cette pathologie? De tout vouloir savoir, cette soif de connaissances, cette capacité à voir des choses que les gens ne voient pas.. ce décalage… et bien d’autre chose qui est décrit dans un livre connu, et pourtant dont l’auteure ne m’a jamais connu personnellement et qui a pourtant su décrire mon fonctionnement.
Ce serait trop long en une seule fois de décrire toutes mes caractéristiques, mais au moins le début à été défriché.
J’ai tenté de suivre un test par une neuropsychologue, mais aucune de mes caractéristiques n’a été pris en compte… selon ses dires, seul le quotient intellectuel compte pour être considéré « surdoué ». Cela veut-il dire que les caractéristiques de cette « surdouance » est un leurre, un mensonge? Ce qui n’a fait que creuser mon désespoir et ma souffrance, et multiplié mes questions concernant ma pathologie.
Mais alors, comment expliquer ce décalage, ce sentiment d’imposture…? ..pour ne nommer que ces principaux traits. Et pourquoi prendre des médicaments pour ce décalage, cette passion pour les sciences et les arts..?

En souhaitant fort de pouvoir échanger librement sur des sujets variés sans provoquer de montés de boucliers défensifs face à de nouvelles possibilités, ce qui amène à se demander pourquoi, et de quoi, les gens se protègent-ils..
Car, un jour ou l’autre, l’évolution les rattraperas (rien n’est permanent)

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Re: Être ou ne pas être... un zèbre?!

Message par Kadjagoogoo le Sam 3 Juin 2017 - 15:14

StormVault a écrit:Je décide de me lancer… au risque du bannissement pour avoir voulu communiquer. Mais cette volonté de communication est plus forte que moi (et sans vouloir prétendre que cela se reproduira, mais les expériences négatives reste teinté dans nos tentatives. Heureusement, ce n’est apparemment pas tout le monde qui a un esprit étroit).
Pourquoi cet avertissement liminaire ? Tu sembles craindre que la modération ne vienne sanctionner ton geste… Il serait aberrant qu’on condamnât une tentative de communication, a fortiori si bien introduite – si soignée et sensiblement exigeante – sur un forum précisément dédié à celles-ci. A moins que tu redoutes que l’on reconnaisse là, sous un nouvel avatar, une ancienne agitatrice proscrite ? Je ne crois pas que cela soit ça, mais alors, pourquoi tant de précautions à l’adresse de l’instance modératrice avant de prendre – si légitimement – la parole ici ?

StormVault a écrit:Se sentir si… différent. Mais tout le monde me répliquent automatiquement « oui, mais tout le monde est différent..! » Tout le monde est à la recherche d’une différence pour s’en vanter, fière d’être, comme à la recherche d’une parure. Or, cette fierté d’être, cette recherche d’une parure étincelante, n’amène souvent que l’arrogance de se croire « différent ». Mais la différence se vit, se subit..
Moi, je parle d’une différence qui fait mal, qui nous fait se sentir seule parmi les autres par mon simple désir de connaître le pourquoi du comment des choses. Pousser toujours la compréhension plus loin, ouvrir les possibilités sans s’emprisonner dans un dogme. Et ce décalage…
Également cet intense sentiment d’imposture, d’étrangeté…
Le plus émouvant des surdoués sera encore celui qui accusera son syndrome de l’imposteur jusque sur son trône du Royaume des Aveugles ! Quant à l’étrangeté, pour peu qu’elle soit confusément inquiétante, elle est assurément l’une des expériences les plus profitables qui soit, dans une existence digne de ce nom. Pourvu qu’elle soit intense, cette existence… L’ultime critère qualitatif pour mesurer la validité d’une vie et d’une personne : son intensité.

StormVault a écrit:J’étais la seule à avoir ce genre d’intérêt intense, variés.. Car j’aime approfondir sur les sujets, à chercher le pourquoi du comment, à vouloir connaître le fonctionnement des choses. Tout les sujets y ont passés : botanique, astronomie, astrologie, anatomie, biologie, mécanique quantique.. et j’en passe. Moi qui ait cru au début que cela m’aiderait à l’école..
C’est pourtant à l’école qu’il y a eue le plus de difficultés, car je comprends plus vite que la moyenne. C’est une véritable torture que d’attendre après les retardataires pour enfin aborder la prochaine notion. C’est l’une des choses qui m’a dégoûter totalement de l’école (sans vouloir rabaisser ce système qui peut être utile à bien des gens).

Ton témoignage me parle, et me renvoie à une difficulté croissante, chez moi : je m’impatiente toujours plus dans les simples conversations, aussitôt que j’ai compris où mon interlocuteur voulait en venir – c’est-à-dire quasiment dès qu’il a commencé ; et je trépigne souvent avant de pouvoir l’interrompre, afin d’injecter un nouvel élan impulsif dans ce qui tournerait sinon au ronron lénifiant, au suicide programmé de toute discussion ayant eu quelque ambition initiale. Bête intolérance à la frustration ? Mieux que ça : je suis un idéaliste jusque dans mes conversations privées, et mon temps est précieux – quand bien même j’en aurais à revendre ; et il m’est de plus en plus pénible de le gaspiller à faire mine de placer poliment des mot les uns après ceux des autres, pour figurer socialement l’aptitude à la discussion superficielle et inconséquente, insignifiante (small talk). J’en deviendrais presque passif-agressif à réclamer ainsi plus ou moins tacitement à mes interlocuteurs de hausser sensiblement le niveau pour nous permettre un échange plus stimulant et nourrissant. Anecdote cuisante, la semaine passée, avec une copine célibataire (qui vit donc seule – c’est important pour la suite de l’histoire) qui m’a fait souffrir le martyre en m’infligeant une « conversation » de vingt minutes sur les affres existentielles que lui valait son dilemme cornélien du moment : acheter un lave-vaisselle ; et, surtout, savoir où et comment le caser dans son appartement feng-shui…. J’ai alors frôlé la mort cérébrale, ou à tout le moins la descente de QI (comme il en va des descentes d'organes) ; et face à cette panique psychosomatique, je me suis permis de lui signifier gentiment – avec tact et dérision – que ce n’était manifestement pas là le climax de notre discussion, ce qui était d’autant plus dommage qu’une célibataire pouvait peut-être pouvoir se passer d’un [maudit] lave-vaisselle [sale bobo indécrottable, va !]… « On parlera philo, après ça, pour contrebalancer, hein ! Huhu » J’affectais d’en rire, mais mon souci de rééquilibrage, de compensation, pour ne pas dire réparation, était bien réel, et même assez vif. Symptomatique.

StormVault a écrit:Le contact des autres à l’école m’a fait croire à une pathologie de ma part. Je voyais les autres s’intégrer si facilement, sans difficultés, s’adapter. Je tentais maladroitement la même chose, mais je sentais toujours ce décalage qui teintait mes échanges avec les autres. Les groupes se formaient, les amitiés commençaient… alors que je les regardais avec envie… « comment font-ils? »
Tu décris là les prémices de ta carrière, déjà ancienne, de « philosophe », d’observatrice extérieure, de spectatrice attentive aux opérations sociales, d’enregistreuse plus ou moins consternée des activités des actifs – qui s’agitent vainement sous nos yeux de passif voluptueux. Il faut chérir une telle vocation naturelle, instinctive, plutôt que la déplorer.

StormVault a écrit:De plus, cette mémoire me jouait toujours des tours. Je me rappelais facilement, et rapidement, alors que les gens en moyenne oublient.
Hypermnésique moi aussi, j’imagine que tu ironises en présentant ta mémoire comme capricieuse, comme défaillante, alors que, au contraire, elle est suréfficiente. Jusqu’à indisposer les autres, peut-être ? Je songe ici à ma propre expérience, dans cette vie qui est la mienne, irriguée par cette veine géante et palpitante qu’est ma mémoire phénoménale, qui incommode jusqu’à mes proches : « Tu mets les gens mal à l’aise » m’avait autrefois avoué ma pote, après que j’ai une fois de plus rappelé un souvenir oublié à l’une de nos connaissances communes, qui avait mal vécu l’expérience de se voir déposséder de son bien – sa mémoire – par ce sorte de mutant pratiquant allégrement l’ingérence. C’est arrivé si souvent, dans mon parcours ; je crois toujours, ce faisant, faire plaisir aux gens à qui je veux raviver la mémoire… Grave erreur de ma part ; tragique naïveté, chez moi – même pas touchante, donc.

StormVault a écrit:En grandissant, rien n’avait vraiment changé. Mes intérêts pour les sciences et les art n’a jamais diminué. Socialement… je n’ai jamais vraiment eu de « vie sociale ». Ma vie sociale consistait à aller lire à la bibliothèque. J’ai tenté maint fois d’avoir des amis. On me disait, me forçait, à m’intégrer..
Je n’y arrive pas, je n’arrive jamais à m’intéresser à leur histoire impliquant leurs familles, leurs amis, ce qu’ils font les fins de semaines... Leur nombrilisme me donnait des hauts le cœur (de plus, comment parler à quelqu’un qui ne désire pas nous parler?).
A ton instar, j’ai naturellement passé tant de temps dans le confinement sécurisant des bibliothèques que j’en ai fait mon métier… Sauf que mon refuge est finalement devenu ma prison, car je m’y suis enfermé, en quelque sorte – les livres nous ouvrent des mondes, mais l’horizon social nous toise et nous requiert, malgré tout. Souffrance de ne pas appartenir à ce que l’on essaie de mépriser.
Quant à forcer les interactions sociales, cette stratégie kamikaze engendre le plus souvent rejet, jusqu’à la violence, même. Cf. ce film inouï de Mike Leigh, Naked, dans lequel le discours socratique prisé par le héros HP (Johnny) se fracasse aux murs lisses d’une réalité imperméable à ses besoins affectifs, à ses désirs communicationnels. (Le film est disponible sur YouTube, mais sans sous-titres français, hélas – et ça cause pas mal, avec un méchant accent cockney, de surcroît ! Procure-toi le DVD : tu ne le regretteras pas, je crois.)

Allez, je décanille sans plus tarder : j’ai déjà suffisamment salopé ton fil de présentation avec mes propres turpitudes, au risque de voler la vedette à tes vicissitudes.

Bienvenue ici, où tu trouveras, je te le souhaite, matière à consolation dans la désolation.

Kadja


Dernière édition par Kadjagoogoo le Sam 3 Juin 2017 - 15:25, édité 1 fois
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Re: Être ou ne pas être... un zèbre?!

Message par Godzilla le Sam 3 Juin 2017 - 15:22

StormVault a écrit:
Se sentir si… différent. Mais tout le monde me répliquent automatiquement « oui, mais tout le monde est différent..! » Tout le monde est à la recherche d’une différence pour s’en vanter, fière d’être, comme à la recherche d’une parure. Or, cette fierté d’être, cette recherche d’une parure étincelante, n’amène souvent que l’arrogance de se croire « différent ». Mais la différence se vit, se subit..
Moi, je parle d’une différence qui fait mal, qui nous fait se sentir seule parmi les autres par mon simple désir de connaître le pourquoi du comment des choses.

Mais bien sûr Very Happy Car ceux qui sont différents sur le mode "pas de la bonne couleur", homo, trop petits, trop grands, trop ceci ou pas assez cela, c'est uniquement pour se faire remarquer. Les transexuels en Turquie, par exemple, ne le sont que pour se faire bruler (ça étincelle).
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Re: Être ou ne pas être... un zèbre?!

Message par Invité le Dim 4 Juin 2017 - 17:52

À Kadjagoogoo, en réponse à ton message (et désolé, je ne sais pas comment cité alors j’utilise des paragraphes)


En effet, je crains que mon désir d’échanger ne soit sanctionner comme cela a été le cas bien souvent. Car, si légitimité de communiquer il y a, alors pourquoi me sanctionner pour cette raison? Normalement, une légitimité n’est pas censé apporter une sanction.
Un échange digne de ce nom est-il vraiment si menaçant? Mon désir de communiquer fut récompensé par un bannissement et – ô surprise – un courriel mentionnant que c’était purement « égoiste ». Où est cet « égoisme » de vouloir communiquer – et d’échanger une vrai communication (par exemple en parlant de la grande tache rouge de Jupiter)? Le seul égoisme qui tiendrait est leur droit à leur nombrilisme et que toute échange sortant de ce sujet et le moindrement nourrissant est banni.
Je ne souhaite pas donner de nom ni accuser qui que ce soit, je souhaitais seulement un court instant partager mon mécontentement afin de – je l’espère – pouvoir l’apaiser et peut-être ouvrir les esprits à la réalité d’esprits étroits et d’élargir les horizons. En espérant que ce forum, qui semble abriter des gens comme moi, puisse m’apporter cette nourriture qui m’affame depuis si longtemps.


Ceci étant dit, passons à un autre sujet.
Malheureusement, le syndrome de l’imposteur est bien réelle et apporte de la souffrance dans la vie quotidienne. Ce syndrome de l’imposteur est la conséquence de l’échec à s’adapter comme tout le monde est capable de le faire (et on revient sur : « comment font-ils? »)
Par contre, il m’est immensément difficile d’imaginer en quoi ce sentiment d’étrangeté – cette souffrance – puisse apporter quelque chose de profitable.
Cette ultime critère qualitatif : une intensité. Cela me parle si fortement, s’imbibant jusque dans mes fibres. Ma vie, ma perception, tout est une si grande intensité qu’il m’est difficile de trouver quelqu’un possédant cette même intensité. Les gens me regardent souvent d’un grand étonnement – parfois avec mépris et dégoût, épicé d’une incompréhension – face à mon intensité émotionnelle et conceptuelle. Lors d’un concept parti dans ma tête, je la partage avec enthousiasme, enchaînant les idées qui l’a engendré et expliquant toutes les possibilités que ce concept peut apporter. Malheureusement, cette intensité n’est accompagné qu’avec incompréhension et froideur, retournant trop souvent à leurs concepts restreints et scolaire, à une conformité et uniformité qui donne mal au cœur tellement ce sujet a été mâché et régurgiter pour qu’on le mémorise (et c’est pourquoi je désire écrire un récit. De cette façon, je peux rester à flots dans mes idées sans me faire restreindre parce que ça ne rencontre pas la conformité. Cette intensité est une souffrance, car on y est toujours seule..).


---- Ton témoignage me parle, et me renvoie à une difficulté croissante, chez moi : je m’impatiente toujours plus dans les simples conversations, aussitôt que j’ai compris où mon interlocuteur voulait en venir – c’est-à-dire quasiment dès qu’il a commencé ; et je trépigne souvent avant de pouvoir l’interrompre, afin d’injecter un nouvel élan impulsif dans ce qui tournerait sinon au ronron lénifiant, au suicide programmé de toute discussion ayant eu quelque ambition initiale. Bête intolérance à la frustration ?

Cela me renvoie à ma propre expérience, de même qu’avec cette histoire de « lave-vaisselle » à installer dans un appartement feng shui. Anecdote intéressante, voir amusante mais tristement typique d’une « conversation » aucunement nourrissante.
On a-t-il point besoin de demander à quelqu’un, durant 20 minutes, où l’on pourra placer cet électroménager? À croire que si.
L’on remarqueras avec amusement que, souvent, cela n’est qu’un désir de remplir un vide – une genre de compensation? – à parler pour ne rien dire, car en fait, on revient bien souvent au même point qu’au début de la conversation. La seule chose qu’on y gagne au final, c’est la perte de temps, même pas une petite solution à la fin bien souvent.
En effet, on voudrait ensuite un rééquilibrage et une compensation, une forme de réparation. Je ne l’aurais pas mieux décrit, car en effet ces descriptions sont le reflet de ce que j’essayais de décrire.


Ma mémoire n’est aucunement défaillante. Au contraire. Il n’y avait aucune ironie (ou tentative d’ironie). J’ai tentée – maladroitement j’en conviens – de mentionner que j’ai TROP de mémoire (du moins lorsque je tente d’échanger avec les gens). Par exemple, je me souviens de nombreuses expériences par le passé, (cela peut être ce qui s’est passé avec Untel la semaine passé, ou ce que j’ai vu et entendu il y a un mois mais qui a laissé une empreinte teinté d’une sensation tactile et olfactif bien définie, positif ou négatif. Parfois c’est une sensation visuelle avec des couleurs et des sons) et lorsque je le partage avec quelqu’un, il est si surpris que je m’en souvienne. « Hein, tu te souviens de ça?! » qu’il me réponde, comme s’il y avait un problème, ou plus précisément quelque chose qui se produit qu’ils ne comprennent pas. Et moi de me demander ce qu’il y a d’aussi extraordinaire de se souvenir. À se demander si les gens sont capable de mémoire…


Oui, en effet, ce n’est qu’à la bibliothèque que l’on obtient une vrai nourriture, ouverture vers d’autres mondes. Là au moins, on n’est pas forcée à parler quand on n’a pas envie, ou quand c’est l’autre qui n’a pas envie.
Si forcer les interactions sociales est kamikaze, alors pourquoi ces gens l’exigent-ils? Cela entraîne effectivement rejet et violence, mais pourquoi alors forcer à parler aux gens? Cela ne fait que nous rendre plus anxieux avec les autres, sans parler de la souffrance.. Même encore maintenant, mon pauvre cerveau épuisé cherche encore apparemment à le comprendre.


Je te remercie, Kadja, pour ce petit entretien ô combien enrichissant,
Au plaisir d’échanger à nouveau dans un futur plus ou moins proches,

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Re: Être ou ne pas être... un zèbre?!

Message par Kadjagoogoo le Sam 10 Juin 2017 - 18:46

StormVault a écrit:Malheureusement, le syndrome de l’imposteur est bien réel et apporte de la souffrance dans la vie quotidienne. Ce syndrome de l’imposteur est la conséquence de l’échec à s’adapter comme tout le monde est capable de le faire (et on revient sur : « comment font-ils? »)
Par contre, il m’est immensément difficile d’imaginer en quoi ce sentiment d’étrangeté – cette souffrance – puisse apporter quelque chose de profitable.
Cette ultime critère qualitatif : une intensité. Cela me parle si fortement, s’imbibant jusque dans mes fibres. Ma vie, ma perception, tout est une si grande intensité qu’il m’est difficile de trouver quelqu’un possédant cette même intensité. Les gens me regardent souvent d’un grand étonnement – parfois avec mépris et dégoût, épicé d’une incompréhension – face à mon intensité émotionnelle et conceptuelle. Lors d’un concept parti dans ma tête, je la partage avec enthousiasme, enchaînant les idées qui l’a engendré et expliquant toutes les possibilités que ce concept peut apporter. Malheureusement, cette intensité n’est accompagné qu’avec incompréhension et froideur, retournant trop souvent à leurs concepts restreints et scolaire, à une conformité et uniformité qui donne mal au cœur tellement ce sujet a été mâché et régurgiter pour qu’on le mémorise (et c’est pourquoi je désire écrire un récit. De cette façon, je peux rester à flots dans mes idées sans me faire restreindre parce que ça ne rencontre pas la conformité. Cette intensité est une souffrance, car on y est toujours seule..).
Je suis logiquement tenté de botter en touche pour te répondre, à la manière d’Albert Jacquard expliquant à cette élève comment devenir intelligent – ou, plus précisément et a contrario, comment devenir assurément stupide.



Je pourrais donc commencer, pour t’inviter à tuer méthodiquement, chez toi, toute l’intensité potentielle, à prendre un abonnement à Netflix. Ma pote taraudée par ses affres lave-vaisselliques en possède justement un, sans comprendre que sa véritable carence n’est pas matérielle mais spirituelle : elle manque cruellement d’intensité vitale ; et la fuite en mode binge-watching est encore le meilleur moyen d’escamoter les vrais questionnements et la profondeurs existentielle.

Je devrais paresseusement m’arrêter là, sur cette stigmatisation d’une culture de l’évitement (évitement du face-à-face avec soi-même, surtout), pour m’épargner une longue plage d’écriture pour laquelle je ne suis pas sûr d’avoir à disposition, ce soir, les ressources énergétiques requises. Mais ta problématique (ton cri, ta cause) et la fébrilité dans laquelle tu es manifestement plongée dans ce souci d’avancer ne me laisse pas de marbre, tant s’en faut. Aussi, je vais me fendre d’une tentative pour t’aider en ce sens, que j’espère pouvoir rendre suffisamment limpide et intelligible malgré la complexité apparente du domaine que nous abordons là.

J’ai une théorie, qui vaut ce qu’elle vaut : j’aime à croire qu’on ne choisit pas son pseudo en pur hasard, par-dessus la jambe. En tout cas, je me dis que les esprits inspirés ont naturellement une prédilection pour les noms qui les dévoilent et les trahissent – plus ou moins consciemment – en même temps qu’ils les dissimulent (vertu de l’anonymat conféré par le nom d’emprunt). Et, en l’occurrence, tu as opté, à l’occasion de ta résurrection empreinte d’une aspiration nouvelle ou, en tout cas, renforcée à l’authenticité et à l’essentialité, pour ce pseudo composite : « StormVault ». C’est à dire : « Storm +Vault » = « Tempête + Chambre forte ». Cette observation-traduction pour dire que je suis attendri de devoir expliquer ce principe d’une intensité existentielle, vécue au quotidien, précisément à une personne qui s’est choisi ce beau nom évocateur de « Tempête », certainement emblématique d’un trait de caractère prégnant chez toi, d’un tempérament tempétueux, orageux (pour le meilleur comme pour le pire, sans doute) ; une caractéristique que viendrait donc compléter, en le contrebalançant assez idéalement, cette notion de « Chambre forte », en cela que la forteresse vient là incarner le contre-point stable, solide, indéboulonnable, quand la « tempête », elle, suggère puissamment l’intensité potentiellement (auto ?) destructrice, le passionnant mélange… Très beau choix de pseudo pour le psychanalyste en mal de divan que je suis (apparemment !?), en tout cas. Voici mon hypothèse ; dis-moi la tienne, si toutefois elles diffèrent. Et si j’ai touché là du doigt ton intime vérité, alors ce qui suit risque de te parler davantage encore. Je l’espère, en tout cas.

L’intensité procède essentiellement d’un dérèglement, d’une frustration, d’une panique ou encore d’un désir vindicatif. Honoré de Balzac, dans Splendeurs et misères des courtisanes : « Plus sa vie est infâme, plus l'homme y tient ; elle est alors une protestation, une vengeance de tous les instants. » Et cultiver cet esprit revanchard en réaction à l’ignominie (en l’occurrence : le rejet social systématique), c’est exactement ce qu’il nous faut prétendre à faire, pour y puiser toujours plus de puissance à apprendre, connaître et ressentir en profondeur ; un esprit de revanche comme tu le pratiques probablement déjà en te vengeant de cette interminable quarantaine, de cette mise à l’écart des autres, par la Connaissance, par la Beauté, ces conquêtes frénétiques et transies dans lesquelles je veux voir une protestation permanente contre la bêtise, une manière implacable de pourfendre la médiocrité ambiante, de transcender l’instinct grégaire dans la volupté narcissique, et de dépasser ainsi la vexation malencontreuse de ne pas faire partie de cette tyrannique culture du groupe, de ne pas pouvoir souscrire allègrement à la mythologie de la tribu et à ses vertus spécieuses, d’être exclu de ces joyeusetés qu’on soupçonne être l’apanage du clan, le privilège exclusif du troupeau. Rien d’inique dans cet ostracisme, mais seulement de la logique. Car ta sensibilité exacerbée et « bipolaire » (tempétueuse et farouche – la tornade et la chambre forte au sein d’une même personnalité écartelée) et ton idéalisme prégnant (aspiration au sublime en toutes choses, écho à cette haute exigence morale si caractéristique du HP) compliqueront fatalement tes élans vers le groupe lambda.
Pour m’appuyer encore sur Balzac, je vais te dire une chose qui ne te surprendra pas, je l’espère : tu ne seras jamais une courtisane bien introduite (!), ni la reine du bal vers qui se tournent les regards éblouis ; tu n’as pas les bons outils à disposition, et ta surréfficience innée ou ta compétence acquise à la surcompensation ne serviraient qu’à te faire souffrir d’une crise de caméléonite aiguë dans un vain exercice de pénétration d’un monde instinctivement hostile, dans lequel tu perdras en intégrité morale ce que tu gagneras très hypothétiquement en intégration sociale. Harassée par la duplicité à laquelle tu risquerais d’être alors acculée en forçant ainsi ton adaptabilité, déprimée par cette virtuosité mobilisée dans cette malléabilité socialement réclamée à nous autres, « monstres », débilitée par ces mêmes exigences d’une plasticité à tout rompre, écœurée des ressources inouïes de ton nuancier saturé et déboussolée par la diversité affolante de tes masques (faux-selfs) – qui te feront même regretter la variété des étiquettes passablement ingrates que tu pouvais te coller avant d’en découvrir une plus valable et sympathique (« zèbre ») : tu souffriras par cette volonté à « faire comme si » – comme si tu n’étais pas différente, singulière, spéciale. Et comme disait le chanteur populaire, « c’est ta chance, le cadeau de ta naissance ; il y a tant d'envies, tant de rêves qui naissent d'une vraie souffrance, qui te lance et te soutient / C'est ta chance, ton appétit, ton essence, la blessure où tu viendras puiser la force et l'impertinence, qui t'avance un peu plus loin / C'est ta chance, pas le choix […], ta force, ta dissonance : faudra remplacer tous les "pas de chance" par de l'intelligence / C'est ta chance, ta source, ta dissidence : toujours prouver deux fois plus que les autres assoupis d'évidence ; ta puissance naîtra là... »
Et la chanson prévient encore, avec une conviction persuasive : « Il faudra que tu apprennes
A perdre, à encaisser / Tout ce que le sort ne t'a pas donné, tu le prendras toi-même. Oh, rien ne sera jamais facile ; il y aura des moments maudits / Oui, mais chaque victoire ne sera que la tienne, et toi seule en sauras le prix... » A fortiori si des forces contraires semblent travailler à t’accabler, à te dénigrer, à te décourager, à te plonger dans la désolation et aux portes du désespoir, même.
Pour que tu sois enfin acceptée, il faudra d’abord t’accepter toi-même, dans ce tempérament soucieux et exigeant, aimer ce que tu es avec justesse et en pleine conscience de ta nature ; il faudra absolument assumer cette angoisse dont tu ne pourras jamais réellement te déprendre. Et d’ailleurs, il ne faudra pas aspirer à renoncer à l’angoisse existentielle qui te caractérise : ce serait comme te nier, et nier la possibilité de la nécessaire exaspération, condition sine qua non à l’intensité.

Exaspérer [un sentiment, un état de conscience] : Rendre/devenir plus intense. Exaspérer le désir de qqn. (Quasi-) synon. accroître, augmenter, aviver, exacerber ; anton. apaiser, calmer, modérer. C'était comme une fureur qui s'exaspérait. (Loti, Mon frère Yves,1883, p. 130). C'est le moment où s'exaspère notre clairvoyance. (Rivière, Corresp. [avec Alain-Fournier], 1906, p. 272). Le grondement s'enfle, s'exaspère. (Duhamel, Notaire Havre,1933, p. 52)
Cette dernière citation exemplaire : « Le grondement s'enfle, s'exaspère », ne semble-t-elle pas adéquatement s’appliquer à un pseudo « tempétueux » tel que le tien ? Quant à la précédente, elle convoque ce principe de la clairvoyance qui nous réunit tous ici : nous sommes lucides, avant que d’être heureux – trop clairvoyant pour être heureux ? « L'éternité est là et moi je l'espérais. Ce n'est plus d'être heureux que je souhaite maintenant, seulement d'être conscient. » — Albert Camus, L'envers et l'endroit

Au commencement était l’Angoisse, de laquelle participe le Doute (philosophique), autre prérequis à une existence moins ordinaire, plus digne et fondamentale. « L’Angoisse était déjà un produit courant au temps des cavernes. On se figure le sourire de l’homme de Néandertal, s’il eût prévu que des philosophes viendraient un jour en réclamer la paternité. » — Cioran, Syllogismes de l’amertume

Bon. Je brasse laborieusement ces quelques concepts annexés à la notion d’intensité, et je devrais sans doute relire scrupuleusement tes lignes afin de réduire le risque d’une réponse vaine et malavisée, vouée à l’asymptote (j’écris cela par intermittence, depuis quelques jours, dans le sillage d’une unique lecture de ton second post, dans la croyance qu’on réagit mieux à un tel questionnement ontologique en s’appuyant sur la persistance « impressionniste » d’une seule lecture sensible plutôt qu’en empruntant la voie scolaire d’un commentaire circonstancié). J’avais pris cette note en achevant ma lecture : le confort matériel et la sécurité affective ont un coût exorbitant en terme d’intensité existentielle. J’aurais sans doute pu (dû ?) m’en tenir à cette seule aperception péremptoire, et mon message n’aurait pas été moins juste ; il aurait en tout cas été plus digeste, plus limpide, qu’ainsi délayé et dilué par des fragments empruntés à une sagesse extérieure. Dommage que cette trahison logorrhéique contre-productive.

Au risque de bâcler, j’en termine donc brusquement en t’invitant à découvrir cette épatante mini-série française diffusée sur Arte la semaine passée : 3x Manon, prolongée par sa suite Manon 20 ans, que j’ai découverte il y a trois jours sur le replay de la chaîne, si opportunément. Car elle est effectivement venue à point féconder cette réflexion sur le principe essentiel de l’intensité, avec ce personnage viscéral, Manon, jeune femme exaspérée par une vie saccagée, si animale et instinctive dans sa crise déclarée, en proie à l’angoisse primitive (néandertalienne) qui injecte inexorablement fureur, violence et clairvoyance dans son quotidien de bête blessée, effarouchée et soi-disant irrécupérable. Les causes perdues n’ont plus rien à perdre ; et les « monstres » conscients de leur prétendue monstruosité prennent un malin plaisir à s’illustrer dans le sublime inattendu (non-prévu au programme existentiel des laissés-pour-compte). De quoi songer que l’intensité est un vecteur de connaissance intime à celui qui saura discipliner ses déflagrations publiques, apprivoiser ses orages internes, domestiquer son chaos personnel et canaliser cette énergie vitale dans la direction privilégiée de l’intériorité. La véritable combustion, salutaire, est une affaire privée, comme nous l’enseignait la poétesse russe Marina Tsvétaïeva, dont la biographie s’intitule emblématiquement Vivre dans le feu. Sa digne fille, Ariane Efron, n’était pas en reste dans la conflagration lyrique : « La vie ne m'a pas figée, je suis prête à m'embraser, et je brûle généreusement sur tout un vaste horizon ; il me semble n'être qu'un parcelle de l'incendie. »
De l’intensité pure et inductive, incandescente et vitaliste.

Au plaisir de poursuivre le dialogue, à peine amorcé là ; ton long post mériterait assurément que j'y revienne – ce que je ferai peut-être ultérieurement, car j'estime que ton retour ici, pour discret qu'il est, se doit d'être encouragé par de tels échos dilatés. Twisted Evil
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Re: Être ou ne pas être... un zèbre?!

Message par Major Lazer le Sam 10 Juin 2017 - 20:33

TLDR sauf la prez' initiale.

Mieux vaut une stormvault qu'une shitstorm

Tu as l'air parfaitement à ta place ici

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Re: Être ou ne pas être... un zèbre?!

Message par Invité le Mer 14 Juin 2017 - 3:01

La vidéo fut grandement intéressante et je rejoins son point de vue, sauf sur le point où des gens – comme moi – comprennent vite ne sont que des bluffeurs. Je n’ai pas l’impression que je bluffe lorsque j’ai compris qu’une métaphore est une figure de style bien utile et son utilisation. Cela n’est point sorcier et nul besoin de l’expliquer durant une heure et demi, moi assis à mon pupitre trépignant d’impatience d’aborder la prochaine notion. Cela n’étant qu’un exemple de cette malédiction.

Pour l’invitation à l’abonnement à Netflix, je préfère décliner, ne vous en déplaise. Toute cette histoire de devoir rester devant une télévision à regarder des séries, des films ne m’enchante pas du tout, pour la simple raison que je préfère cultiver mon esprit et à le nourrir de connaissances dont la soif ne s’éteint jamais. Dommage que dès que l’on se sent déprimé, tout le monde réplique que regarder une bonne vidéo la fera disparaitre comme par magie. Où est passé le contact humain?
J’ai cette incapacité à rester passive devant un écran, cet esprit qui finit toujours de me bombarder de questionnement et de possibilités de créer – que l’on appelle « inspiration » (n’est-il pas intéressant de noter que « inspiration » est le moment où l’artiste ressent une onde positive et son esprit se remplit d’idées, de concepts, de couleurs, dépendant son domaine, avant de créer son œuvre… et c’est également le même mot que l’on emploie pour prendre une grande respiration, appelé « inspiration ». Comme quoi l’art est une respiration, et tout ce qui respire est la vie.)

Ainsi, quelqu’un a très bien analysé mon pseudo. Quelle analyse précise, apportant des petits détails qui reflète ma personnalité, uniquement par analyse de mon pseudo. J’en suis à la fois charmée et impressionnée, non habitué à ce genre de lucidité et de clairvoyance.
En effet, je ne l’ai pas choisi au hasard. Je désirais quelque chose qui puisse refléter ma personnalité, tout en la dissimulant, par 2 mots (j’aime concevoir que 2 mots vaux mieux que 3 ou plus pour un nom d’emprunt, car plus facile à retenir. Il y a également une autre raison..). Mais commençons par le début, à savoir le mot « Storm ».
Oui, l’orage m’a toujours fasciné. Voir la foudre s’abattre au sol et déchirer le ciel a toujours provoqué en moi de l’admiration au forces de la Nature, de la fascination (et bien entendu de la peur, un peu, de par ce colossal libération d’énergie dans l’atmosphère), et j’irais même jusqu’à admettre ma faiblesse – ou serais-ce la force? – de vouloir voler pour voir l’orage de plus près. Un désir de m’approcher de cet orage. Cacher dans les nuages, les ailes dans le vent, avec cet intense désir de ne faire qu’un avec la foudre. Une énergie à la fois destructrice et bienfaisante. Tout de suite on peut remarquer les 2 pôles, une dualité qui n’est en fait que la même énergie.
J’admets avoir un tempérament quelque peu orageux (bien des gens me côtoyant ou m’ayant côtoyé m’ont déjà témoigné ma facilité à la colère que je contrôle plus ou moins, car quelque fois on ne la soupçonnerais même pas, tapis dans les souterrain du subconscient mais grondant). Tout comme l’éclair et le tonnerre, mes mots cinglants ont de quoi impressionner les gens et les paralyser dans un immobilisme muet qui, malheureusement, creuse toujours plus la confusion et l’incompréhension de l’état émotionnel que je souhaite partager, qui n’est pas forcément de la colère mais une tentative maladroite de communiquer mais qui finit en colère dans les 2 camps, apparemment. Et causer par un manque d’éducation à mon égard concernant les relations sociales (on ne m’a pas appris comment parler avec les gens. On s’est contenté de « m’enfermé » quelques années, puis de me pousser vers les autres dans le but de « socialiser » sans aucune explication ou du pourquoi ce revirement si soudain).

Quant à « Vault ».. = « chambre forte ». Reflétant la stabilité, le contrepoid parfait qui complète le premier mot apportant une nuance plus « terre-à-terre » dans cette tempête. Cette chambre forte d’où rien ne sort, on peut penser également « hermétique », reflétant par là mon interdit de partager mes connaissances dans ce monde fermé aux nouvelles possibilités. Cette caractéristique peut sembler négative. Fermeture au monde? Assurément. Autant utiliser cette fermeture pour un travail sur soi. Comme se disais durant l’antiquité à l’époque grecs : « connais-toi toi-même et tu connaitras l’Univers et les Dieux », par Socrate.
Lorsqu’on a quelque chose de précieux et de haute valeur, ne la cache-t’on pas dans une chambre forte? Cette chambre qui assure protection, sécurité mais recelant également une grande quantité de biens de valeur. Et cette richesse cachée, enfermé, servira assurément à une collectivité. Car la chambre forte est également le lieu où tout le monde met son argent en lieu sûr et pouvant le retirer à tout moment, assurant protection, sécurité. C’est le lieu de l’hermétisme, du travail intérieur, qui apportera richesse à la collectivité (il est intéressant que ces caractéristiques rejoint mon signe astrologique du Verseau, le verseur d’eau qui nourrit en versant l’eau de la connaissance).
Seule l’inspiration m’a guidé dans ce choix de pseudo. Inconsciemment? Souvent c’est l’inconscient qui me guide, me donnant des intuitions au bon moment, des coups de pouces dans les moments les plus noirs.

Cela ressemble fortement à l’analyse de mon pseudo, que je remercie. Cela prouve bien qu’il y a des gens pouvant voir des choses que je vois. Serais-je de ceux « trop clairvoyant pour être heureux »? Déjà, ma vie semble être – écho de ma souffrance - « trop intelligent pour être heureux ».

Sensibilité exacerbée et « bipolaire », personnalité écartelé, exaspération..
Tout cela est bien vu. Il reste cependant un pas pour découvrir mon secret : il n’y a aucun équilibre. Toute cette sensibilité, cet exaspération d’un monde qui ne m’appartient pas, ce désir d’être « comme tout le monde », de m’intégrer, mais aussi de garder cette joie d’accumuler des connaissances, écho à l’aspiration du sublime – inspiration? - qui pourtant m’éloigne de groupe. Tout ce mouvement d’un pôle à l’autre, tel un extrême manège d’un parc d’attraction digne des plus fortes sensations. Venez en grand nombre, le manège touche les hauts cieux avant de redescendre dans les abysses infernales. Haut-le-cœur assuré. Plaisir garanti, ou remboursé (petit humour concocté à ma façon).
Ce cri à l’aide, personne ne l’entend. Personne ne peut même le comprendre. Moi qui tend vers le Cosmique, embourbé dans la boue de mes ténèbres les plus noirs.

Peut-être que le dernier ingrédient qui calmeras cette tempête est justement s’accepter soi-même. Mais comment peut-on s’accepter si l’on ne peut s’intégrer à un groupe? Si l’on se sent si… « différent », « pas dans la norme », voir un « problème », un trouble pour les autres.. etc?
Au lieu de s’accepter, on a l’impression d’une pathologie. Comment accepter cette maladie mentale qui m’empêche justement d’être heureuse, comme tout le monde semble si facilement atteindre? Sans compter qu’on n’a jamais aucune réponse pour le moins satisfaisante. Au pire on est attardé, au mieux c’est un trouble de personnalité.


Petit clin d’œil, effectivement vaut mieux « StormVault » qu’un « shitstorm ». XD
Seulement, suis-je vraiment à ma place ici?
Y a-t'il vraiment des gens avec l'habileté d'amorcer des sujets nourrissants?


Au plaisir de pouvoir continuer ce dialogue intéressant,

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Re: Être ou ne pas être... un zèbre?!

Message par Kadjagoogoo le Mer 21 Juin 2017 - 19:27

StormVault a écrit:Pour l’invitation à l’abonnement à Netflix, je préfère décliner, ne vous en déplaise. Toute cette histoire de devoir rester devant une télévision à regarder des séries, des films ne m’enchante pas du tout, pour la simple raison que je préfère cultiver mon esprit et à le nourrir de connaissances dont la soif ne s’éteint jamais. Dommage que dès que l’on se sent déprimé, tout le monde réplique que regarder une bonne vidéo la fera disparaitre comme par magie. Où est passé le contact humain?
J’ai cette incapacité à rester passive devant un écran, cet esprit qui finit toujours de me bombarder de questionnement et de possibilités de créer – que l’on appelle « inspiration » (n’est-il pas intéressant de noter que « inspiration » est le moment où l’artiste ressent une onde positive et son esprit se remplit d’idées, de concepts, de couleurs, dépendant son domaine, avant de créer son œuvre… et c’est également le même mot que l’on emploie pour prendre une grande respiration, appelé « inspiration ». Comme quoi l’art est une respiration, et tout ce qui respire est la vie.)
Je tiens d’emblée à dissiper un fâcheux malentendu : lorsque j’écris que « je pourrais donc commencer, pour t’inviter à tuer méthodiquement, chez toi, toute l’intensité potentielle, à prendre un abonnement à Netflix », je ne crois pas faire de la publicité à ce géant américain des séries télévisées, grand abrutisseurs des masses – au contraire. Car j’enfonçais le clou en précisant que « ma pote taraudée par ses affres lave-vaisselliques en possède justement un, sans comprendre que sa véritable carence n’est pas matérielle mais spirituelle : elle manque cruellement d’intensité vitale ; et la fuite en mode binge-watching est encore le meilleur moyen d’escamoter les vrais questionnements et la profondeurs existentielle. »
Je suis navré par cette méprise, chez toi, qui t’aura valu t’enfoncer une porte ouverte avec ce paragraphe que je comprends Ô combien, puisque je n’ai de cesse, moi-même, de condamner ces pratiques favorisant le divertissement généralisé, l’évitement systématique de la zone d’inconfort – la seule qui promet l’élévation spirituelle, par l’accroissement de conscience et l'expansion de notre adaptabilité et de notre capacité de renouvellement foncier (le renouvellement d’un abonnement Netflix étant, a contrario, la négation de ce même renouvellement métaphysique que je prône et valorise là.)
Je vais encore citer pour étayer mon propos, en l’occurrence l’écrivain sensible et spirituel entre tous, Christian Bobin, qui, dans son Autoportrait au radiateur (!), avoue : « C'est l'imprévu que j'espère, et lui seul. Partout, toujours. Dans les plis d'une conversation, dans le gué d'un livre, dans les subtilités d'un ciel. Ce à quoi je ne m'attends pas, c'est cela que j'attends. » Le même Bobin, dans son Éloge du rien, prolonge cette réflexion : « Sans doute l 'avez-vous remarqué : notre attente – d'un
amour, d'un printemps, d'un repos – est toujours comblée par surprise. Comme si ce que nous espérions était toujours inespéré. Comme si la vraie formule d'attendre était celle-ci : ne rien prévoir, sinon l'imprévisible. Ne rien attendre, sinon l'inattendu. »

Des séries dont on se goinfre passivement (binge-watching) comme pour s’épargner de vivre sa propre existence, en « vivant » par procuration, celle de personnages plus ou moins écrits, insérés dans une fiction plus ou moins réaliste, en prise avec des enjeux plus ou moins plausibles, en proie à des conflits humains plus ou moins émouvants. Non, je ne te recommanderais certainement pas de t’exposer à ces simulacres automatisés ; ces programmes (tout est dans le terme, accablant !) télévisés où absolument rien ne procède de l’imprévu ou de l’inattendu ; il n’y a rien de transcendant ou d’exaltant à attendre de ces produits lisses, conformes et normatifs.
Cette transcendance ou cette exaltation, si désirables – le maître-mot : le désir – seront davantage l’exclusivité d’une conversation pleine d’esprit, dans les suaves anfractuosités d’un dialogue dense et mobilisé – qu’il t’occupe avec un interlocuteur inspiré (comme tu peux l’être toi-même, n’est-ce pas), ou bien avec un auteur absent (la littérature est ce perpétuel rendez-vous manqué, entre un écrivain s’adressant à un lecteur potentiel et virtuel, imaginaire et pas encore là, et ce lecteur qui viendra ultérieurement recueillir ce désir de communication laissé en souffrance par l’auteur déjà reparti ailleurs...), à la faveur d’une lecture supérieure. A propos de moments de lecture suprême, Jeffrey Eugenides, dans un de ses trop rares romans (ils sont majeurs et jalonnent d’éclats brillants la littérature contemporaine), Le Roman du mariage, fait dire à l’un de ses personnages perçants (antithèses de ceux, mal fichus et bâclés, des séries TV) : « Il y avait des livres qui traversaient le tumulte de la vie pour vous prendre par le col et vous dire des choses essentielles. » Il assène encore, toujours dans ce livre magistral (dix ans passés à le composer : cela signe une certaine exigence et une probité artistique qui devraient te parler) : « C'était la stupidité des gens beaux et heureux, de tous ceux qui obtenaient ce qu'ils voulaient dans la vie et en devenaient quelconques. »

Tu seras peut-être lasse de me voir sempiternellement convoquer à la tribune de grands auteurs pour illustrer et articuler mon propos. Et tu aurais sans doute raison de l'être et d'exprimer. Car il n’y a pas forcément besoin d’aller quérir la sagesse édifiante et la méthode du bonheur chez nos illustres écrivains ou philosophes. Une gamine de 16 ans peut parfaitement nous instruire, opportunément, sur la question, comme je l’ai encore récemment découvert sur ce topic : http://www.zebrascrossing.net/t26980-vos-procedes-pour-etre-heureux#1296594
Son post, pour bref qu’il est, n’en est pas moins intensément exemplaire pour décrire ses procédés personnelles pour être heureuse. (Ce qui est intense ne peut être que bref, cette loi universelle.) Examinons-le ensemble :
laula a écrit:je dirais aimer. parce que c'est notre seul vrai raison de vivre. moi par exemple, je regarde une interview d'un artiste que j'aime beaucoup (peu importe, écrivain, acteur...). Ou alors lorsque j'en ai la possibilité, je vais au café et j'engage une discussion "profonde" avec un ami.
Laula, qui est admirablement passée maîtresse dans l’art de créer des rituels propices à la joie heuristique (bonheur de découvrir, art de trouver), nous dit « aimer », un verbe que j’associe systématiquement à « comprendre ». Et pour comprendre, il faut s’exposer à la Connaissance, avec humilité et discipline ; et donc, accepter que des gens ont vécu, avant nous, pour nous léguer témoignages et enseignements susceptibles de nous aider à vivre, de nous édifier, et de nous réconcilier avec cette existence si déroutante lorsqu’on ne l’aborde pas avec de telles balises – qui sont parfois « balises de détresse », et que la compagnie d’esprits éclairés (sages) nous permet de transmuer en valises de voyage. Et, plus on avance dans la vie, plus on comprend qu’il n’y a de voyage que celui, souverain, que l’on effectue dans ce mouvement circulaire retournant inéluctablement vers soi-même, boomerang rejoignant perpétuellement son point de lancement – non sans avoir prélevé, au passage, quelques lambeaux de désir pour enrichir sa vie.
J’espère que la figure du boomerang – qui déchire le ciel, à l’instar de ton cher orage – te parlera. J’aime l’idée du tranchant que cet instrument de chasse (ici, au figuré : la chasse aux désirs), qui semble convenir à l’image que j’ai déjà de toi, à te lire ici depuis quelques semaines. Le dictionnaire nous donne cette définition du verbe trancher : « a) Qqc. tranche (avec, sur qqc.). Se découper avec netteté (sur quelque chose), former un contraste (avec quelque chose). b) Au figuré. − Qqn tranche au milieu de, sur qqc. Se faire remarquer, se distinguer nettement, par contraste avec l'entourage. »
Et effectivement, j’ai le sentiment que tu souffres de te distinguer dans la nuée, de te faire remarquer (ou de ne pas savoir le faire – ce qui revient au même : l’invisible et le trop voyant, le fuyant et celui qui fait « son intéressant » sont également ostracisés, stigmatisés par le groupe), que tu crèves de l’indifférence que tu réserves la foule, avec laquelle tu tranches, donc. Il faudrait que je développe encore, sur des pages et pages, mon propos, en m’appuyant sur des exemples puiser à la source de mon expérience – ce que je ferais là, non pas par exhibitionnisme, mais par souci d’obligeance, pour t’aider à épargner les années que j’ai perdues en m’épuisant dans l’illusion (chimères amicales, aveuglements amoureux, cécité à ce qui était juste et nécessaire). Je vais donc, commodément, m’économiser et te ménager, en m’en tenant à deux nouvelles citations, assez imparables, pour détruire ce mirage culturellement ancré et socialement cultivé que la véritable amitié et richesse se trouveraient à l’extérieur de soi (« on n’est riche que de ses amis », allègue l’apodictique adage populaire) : « On ne comprend rien à la civilisation moderne si on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. » — Georges Bernanos ; un appel tacite à la sédition qu’avait préfiguré Nietzsche, dans Ainsi parlait Zarathoustra, lorsqu’il faisait proférer au prophète du Surhumain : « Je voudrais que tous ces prochains et leurs voisins vous deviennent insupportables. Il vous faudrait alors créer par vous-mêmes votre ami au cœur débordant. […] Je vous enseigne l’ami qui porte en lui un monde achevé, une enveloppe du bien, — l’ami créateur qui a toujours un monde achevé à offrir. »
Là encore, j’espère que cette notion de sédition te parlera suffisamment. Elle est sensuellement belle, je trouve, notamment lorsqu’on prolonge l’examen de sa définition : « − Par analogie : Sédition corporelle. Agitation, trouble du corps, lorsqu'il est saisi par une émotion. L'émotion joint sans distance le choc de la pensée et la sédition corporelle dans cette continuité vitale de l'âme et du corps. (Ricœur, Philos. volonté, 1949, p. 256). » Où je retrouve cette puissance à exister, chez toi, dans l’impulsivité d’une vitalité organique recoupant les révoltes plus métaphysiques de ton précieux handicap social. Je dis bien « précieux », oui, car c’est précisément parce que ta vie sociale a été contrariée, empêchée, entravée, que tu as pu développer ce sens de l’observation qui est l’apanage du spectateur, de celui qui, en marge de l’agitation et du tumulte, peut aiguiser à bonne distance critique son esprit d’analyse et cette sagacité qui est la signature des philosophes. Si « toute pensée dérive d'une sensation contrariée » (Cioran), on pourrait envisager, par déclinaison du principe, que toute intériorité dérive d’une sociabilité contrariée ; voire, toujours par extension, que toute intensité dérive d’une superficialité contrariée – la superficialité promise par l’euphorie fabriquée du groupe, oui.
Une grande amie (celle-là même qui m’a jadis affranchi sur la zébritude) m’a envoyé ce lien, hier :
http://www.nightlife.ca/2017/06/20/le-detesteur-lettre-ouverte-aux-gens-heureux-cessez-de-mentir
Elle s’est contentée d’y joindre ce petit mot pour expliquer son geste : « Je vois que tu as déserté Facebook, et ne puis que supposer que c'est dans la continuité du sain recentrage que tu me décrivais dernièrement. Tu me raconteras sûrement ce voyage un jour, et ça me suffit pour sourire. C'est donc par e-mail que je t'envoie juste cette petite pensée, aujourd'hui, car j'ai cru t'entendre dans cet article. » Où l’on reparle de « voyage » (intérieur et soi-disant « immobile », absolument), de désertion (une autre forme de sédition), d’évitement de la foule hallucinée d’euphorie factice (celles des réseaux sociaux et autres joyeusetés « hashtaguées »). Tu te sentiras peut-être toi aussi en empathie avec ce garçon salutairement révolté face à ce système, cette «  conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure » dont nous devrions célébré comme un progrès et une aubaine mêlés. Je vais, moi aussi, assumer mon ingratitude face toutes ces joyeuses « potentialités », qui m’éloigneront plus sûrement de ma vérité et de l’authenticité que l’isolement draconien du goulag.

Tout cela me ramène logiquement – selon ma logique – à ton pseudo, dont je suis heureux (joie heuristique !) d’avoir été si bien inspiré en : 1) trouvant son double-sens sublimé par la contraction-combinaison de deux mots caractérisant cette belle dichotomie, chez toi ; 2) te soumettant le produit de la réflexion, pour une complicité augmentée dans ta satisfaction de te sentir bien lue et décryptée.
Je vais enfin partager cet intense (et nécessairement bref, donc !) poème d’Emily Dickinson (une grande solitaire/handicapée sociale, elle aussi, qui en a fait le laboratoire de sa prodigieuse poésie), qui me semble si emblématique de ce potentiel tempétueux si perceptible en filigrane de tes propos, qui sont comme autant de fulgurations (mal) contenues, cet orage latent qui gronde déjà sourdement en ton for intérieur et promet de s'exaspérer dans un déchaînement libératoire, dont la formidable véhémence ne trahira pas seulement la pétulance bridée (par nécessité, le temps d'amplifier adéquatement la charge énergétique requise), mais encore la maturité s’acceptant (assomption essentielle), le foudroyant accomplissement tranchant la féconde tension :

Se charger à l'extrême, comme le Tonnerre —
Et puis – alors que toute chose
Se terre – éclater grandiose
Voilà – qui serait Poésie —


(On ne reprend pas décemment la parole après le poète ; et je vais donc en achever là, pour revenir plus tard, lorsque l‘orage sera passé – car les forces primitives bouillonnent également en moi, oui, sans quoi je n’en parlerais pas avec tant d’éloquence et d’inspiration, qui ne sont ici que l’expression d’une connaissance intime de ces phénomènes élémentaires qui te bouleversent… naturellement.)
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Re: Être ou ne pas être... un zèbre?!

Message par Invité le Sam 1 Juil 2017 - 22:00

Pendant un instant, lorsqu’il a été fait mention d’un malentendu à propos de l’abonnement sur Netflix, j’ai tout de suite cru que c’étais sérieux et que je devais m’y atteler. Que je me devais de devenir passive et de m’abrutir devant l’écran. Ce qui, je le répète, ne m’intéresse pas (pourquoi toute cette fuite de la réalité devant la télé et à regarder des vidéos? Qu’y a-t-il de si mal à vouloir obtenir une conversation intéressante et nourrissante pour changer? Les gens savent-ils qu’une télévision ne peut montrer de chaleur humaine?).
Il n’y a eue aucun malentendu sauf de penser qu’il y en avait un, à moins que la suggestion ne soit vrai. Sûrement que je me suis mal exprimée, comme d’habitude. Ce don de déguisée par figures de styles que j’en oublie que les gens ne comprennent que par aspect direct, ce goût âpre qui n’a plus aucune couleur ni signification. Lorsque j’ai exprimé « Pour l’invitation à Netflix, je préfère décliner, ne vous en déplaise. », c’était uniquement de l’ironie, une façon moqueuse (et maladroite, puisqu’elle n’a pas été comprise en ce sens, apparemment) pour soulever le caractère néfaste de ce genre d’abonnement qui ne nous pousse qu’à rester devant un écran (sans vouloir rabaisser une quelconque compagnie). De plus, le terme « ne vous en déplaise » est une expression empruntée des fables de La Fontaine, ce qui aurait dû démontré le caractère ironique de ma réponse.


En effet, je suis d’avis que ces séries ne sont que du genre de fast-food, ingurgité et régurgité tant de fois que cela laisse un goût trop amer avec un arrière goût de répétition, d’abrutissement. Rien d’inattendu, rien qui ne sorte de la structure lisse. Tout est si prévisible que l’on devine aisément la suite.


Rien n’est pénible dans le fait d’invoquer de grand poètes, ou auteurs pour illustrer son propos. Cela démontre une grande richesse de connaissances et de vocabulaires, et insérée dans un dialogue, cela est nourrissant et d’une si grande inspiration. En autant que ces mots et phrases provenant de ces grands esprits soit afin d’illustrer ce qu’on dit, et non un prétexte pour se cacher derrière un semblant de sagesse, comme tant de gens ont trop tendance à faire. Car, ils ont l’air bien sage de rapporter et répéter, tel des perroquets bien dressé, les paroles de grands auteurs, le problème commence lorsqu’on leur pose des questions pour nourrir cette sécheresse. Tout à coup, bizarrement, ils ne peuvent expliquer pourquoi ils s’en inspirent, pas plus qu’ils ne connaissent la définition de ce mot que ces pseudo professeurs essaient de nous « apprendre » (ingurgité).
De plus, pour répondre à cette réponse de cette Laula, il m’importe d’ajouter que je ne crois plus au mot « aimer », qui résonne trop comme « besoin » dans cette société avide de divertissement dans la fuite et de surconsommation à outrance. Aimer, dans cette société, c’est consommer (ce dont je ne suis pas d’accord, mais qui écoute? L’on doit se taire et souffrir en silence en attendant que l’esprit humain soit prêt pour des conversations plus nourrissantes). De même, il est impossible d’avoir une conversation « profonde » avec un ami. Pour avoir essayer durant des années, j’en sais quelque chose. Les gens sont hermétiquement fermé à toute forme de nourrissement, préférant répéter ce qu’ils apprennent comme des perroquets, et oubliant le reste.

En effet, l’image de ce boomerang ajoute une couleur jamais vu auparavant. C’est ce passage qui me parle le plus – « Se faire remarquer, se distinguer nettement, par contraste avec l’entourage. » (cette simple petite définition – ce tranchant du boomerang – révèle et pénètre exactement ma vie au complet, ramenant cette souffrance au premier plan. Une souffrance qui – étrangement – est vu comme de la chance, certains l’admire. Comment le fait de comprendre plus vite, d’avoir une grande mémorisation, peut être considéré comme de la chance alors que l’on me martèle sans répit pour que je comprenne ce que j’ai déjà compris?)
Soit je suis remarqué – de la mauvaise façon – soit je suis totalement invisible. Mais peu importe le penchant de cette balance, je semble toujours pouvoir me distinguer de la nué. Dans un cas ou l’autre, la majorité essaient de m’intégrer dans une norme qui ne me correspond pas. Lors des échecs inévitables, on accuse le manque de volonté, l’obstination, la « tête dure »… autant d’excuse utilisé pour ne pas nous apprendre comment agir socialement. Comment peut-on deviner ce qui est dans leur tête et connaître leurs intentions qu’ils refusent de nous dévoiler? Comment peut-on ouvrir une serrure si on ne possède pas la clé? Même avec la meilleure volonté au monde, une serrure ne s’ouvrira pas sans la clé pour l’ouvrir.


Seulement, à la lumière de ton commentaire, cette « sociabilité contrarié » aurait été bénéfique à certains égards, permettant entre autre l’intériorité et l’esprit d’analyse. Jamais je ne l’avais vu de cette perspective. En effet, cette société nous miroite un bonheur qui ne se trouve qu’à l’extérieur. Ô bonheur éphémère, chimères insondables. Si notre bonheur dépend de l’extérieur, on dépend donc des autres, baigné dans un courant qui ne nous correspond pas, essayant d’attraper des moments fugaces de satisfactions. Cet esprit d’analyse peut être aiguisé – tel le boomerang, comme j’aime cette image – mais, une fois lancé, revient toujours vers nous-mêmes, avec la même énergie qu’on a envoyé. Attention donc aux jugements. Les autres nous reflèteront souvent ce mouvement souterrain de notre inconscient, éternel miroir. Pour cette raison, un esprit d’analyse est une qualité que l’on cultive, mais également une malédiction, car on voit ce que d’autres ne voient pas alors ils ne nous croient jamais. Au pire, on est ridiculisé. Alors on est coincée à observer les autres s’empêtrer dans une situation évitable dans laquelle ils plongent tête baissée. Peut-être cela fait-il partie d’un cycle où ils doivent apprendre de leurs erreurs? C’est juste quelque peu agaçant de les voir, tel des moutons affolés - enchevêtrer dans une croyance erroné de « bien paraître » - courir vers le précipice malgré les conseils de suivre une autre voie qui leur apporteront plus de calme.


Pour finir en beauté ce déjà très long commentaire, j’ai pris un moment pour lire l’article de ce garçon : http://www.nightlife.ca/2017/06/20/le-detesteur-lettre-ouverte-aux-gens-heureux-cessez-de-mentir,
Cet article résume bien ce que je pense de cette société baigné dans une illusoire bonheur. J’ai longtemps eue cette même contrariété que cette personne décrit. Cela prouve bien que je ne suis pas la seule à trouver cette société un peu bizarre, vide de sens et toujours tourné vers un bonheur éphémère et fugace.
Je trouve cette description intéressante, et pour le moins fascinant « conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure ». Cela amène inévitablement la question : pourquoi? Car c’est comme une conspiration, donc quelque chose de forcément « menaçant ». Qu’y a-t-il donc de si « menaçant » dans cette espèce de vie intérieure? Il est intéressant de remarquer que la « supériorité » – provenant des autorités, du gouvernement, etc.. – est quelque chose « à l’extérieur ». La menace est peut-être que si les gens cultivent leur intérieur, les autorités perdraient de leur pouvoir. À méditer..

Oui, finalement j’ai été bien inspirée en créant ce pseudo. Bien plus que je ne l’aurais cru. C’est une joie d’avoir pu être comprise et décryptée. Joie de ne plus se sentir seule à comprendre ce genre de chose.
Il me fait tant plaisir de lire tant de poésie inspirante, de connaissances certaines (plus que la moyenne, déjà, car allant dans d’autres sentiers que « métro, boulot, dodo »). Tes commentaires emmènent donc un rafraichissement d’oasis – exotique pour je ne sais trop quelle raison - dans ce désert si (trop) connu.
Je retourne dans cette tempête bouillonnante pour y puiser l’énergie nécessaire pour continuer.
Au plaisir de ton prochain commentaire, qui se promet sûrement d’être la prochaine vague fraîche si nourrissante,

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Re: Être ou ne pas être... un zèbre?!

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